‹ Notes d'un voyage dans le Midi de la FranceChapitre 3 sur 18 · partie, voûte ogivale · texte numérisé non relu

partie, voûte ogivale

'■ — des bas-côtés 7 50

— «^du portique des Catéchumènes. 19 43

du chœur * • 21 10

11 me roftte à parler àm dégradations époayan*» tables qu'a subies oetle magnifique église. Les murs soat déjetés, fendus , pourris par rhumidité. On a peine à comprendre que la voûte toute crevassée subsiste encore* Lorsque je dessinais dans régtise ^j'entendais à chaque instant des petites pierres se détacher et tomber autourde moi» La toiture est dans un ëtat iiitoyable; enfin il n'est aucune partie de ce monument qui n*ait besoin de réfmrations.

La ville de Vezelay, qui n'a guère qu un miiii^ d'habitans, est pauvre, sans industrie, élaignëe de grandes routes , dans unepomtion peu accesnble. U lui est impossible de subTcnir. je ne dis pas aux réparations nécessaires , mais mène i celles qui n'auraient pour but que d'empêcher les progrès de la destruction. Aussi le mal s accroît tous les jours. Si l'on tarde eneoffe à donner des secours à la Madeleine , il faudra bientôt prendre le parti de l'abattre pour éviter les accidens.

J'ai demandé des secours à M* le Ministre de l'Intérieur et à M. le ministre des Cultes, mais les ressources qu'ils ont à leur disposition sont limitées , et doivent être réparties sur toute la France. Le conseil-général du département de rioime devrait apporter aussi sa quote part dans les frais de réparation , et se conserver ainsi Tua de ses plus anciens et de ses plus beaux monumens*

Très près de Vezelay , dans la vaiiee, est ie village lie SaÎDt-Père , oà fat fondé ^ diton , en 669, par Giirard de Ronssillon , et par Berthe, fille de Pépin, roi d'Aquitaine, le premier monastère de Veselay, qui, détroit bientôt âprès, fatrebAti snrle haut dn rocher, oii Von voit maintenant la Mttdel^neé A cette époque , il n'était pas prudent de MUr en pleine, et les lienx de difficile accès étaient, avec de hautes murailles, les seules garanties contre les ravages des pillards de tontes Mfions , qui se raaient sur la France.

J'ai cherché vainement quelques restes de Tan-^ eim monastère. Je n'ai ti^nvé qu'une assez jolie

église des derniers temps du g^othique, dont le portail ressemble en beau et en petit à celui de Veaelay. Getle église a comme la Madeleine un vestibule ou narthex, qui précède la nef. Ces deuxresseiàblances me prouvent que, dans toutes fies provinces, il y a eu certains types qui ont «xcroé leur influence sur leur voisinage, types qnVm a toujours tâché d'imiter, malgré la diffé* renée des temps et des styles d architecture.

Pont-Aubert, qu'on rencontre à une lieue de Veactay , sur la route d'Avalon , a' aussi un vestt^ bule à sa petite église.

Oa m'a montré quelques i>luiues et un grand

nombre de fragmenâantiquesproyenantdefoiulle» faîtes au Montmarte^ prèsde Vault, village situé à une lieue à peu près d Avalon. C'est en lÔââque ces fouilles furent commencées. On découvrit d abord les substructions d'une enceinte carrée , d'environ cinquante pieds de coté , dans laquelle est inscrite ime autre enceinte également carrée» mais beaucoup plus petite. Le sol antique paraît avoir été composé d'une couche de glaise bat* tue; je ne crois pas qu'elle ait été recouverte d'une mosaïque, car on n'a pas trouvé aux environs un seul petit cube de pierre ou de marbre* Cétait, suivant toute apparence, un temple entouré d'une galerie couverte, conjecture qui se trouve fortifiée par sa position sur le bord delà voie romaine qui mène d'Avalon à Auxcire. Un bâtiment considérable était contigu à ce temple» vis-à-vis la porte de la première eneeinte. Plusieurs détails de construction me font croire que ce bâtiment est moins ancien que le temple* Quant à son usage, il est difficile de le deviner d'après quelques pouces de murs au-dessus du sol antique* Peutétre était-ce une maison, une hà»

tflOerie, oa bien le logemenl des prêtres. — Il

est certain qu'un grand nombre de statues étaient réunies dans le temple, car, -entre plusieurs sta- 'taes entières, m a^ircfwé nne mnltitnde de fragmens qui ne se rapportent point les uns aux antres* Mnrienrs sont d'un beau marbre à eristal- Hsatîon saccharoïde , tel que le marbre grec ou celui des Pyrénées. — Une statue en pierre , de sept pieds de haut, revêtue d'une longue drap»»

rie , ruprësentaiit prol)ablement un llainine ; une belle téte de vieillard , et une autre statue de dieu ou de héros, également en pierre; une troi*^ sième, moins grande, en marbre, et représentant une lenune casquée , qui peut être une Minerve , nne Bellone, on plutôt la déessé Rome ; voilà les morceaux que j'ai le plus remarqués dans cette coUaction. La déesse surtout est d'un travail gracieux , mais qui n'est point exempt de manière. Les autres statues sont médiocres. — J'ai observé, dans le flamine, qae les parties supérieures n'é-taient , pour ainsi due , qu'ébauchées à l'effet ; comme si cette statue avait été Mte pour être vue de hna dans une nicbe élevée. An contraire , les jambes sont étudiées et rendues avec beaucoup de finesse* Parmi des débris d.*amphores, de eonaldies en marbre, ^s clous, etc., on a découvert une de ces pierres dures, tranchantes et taillées en fanne de coin, qu'on appelle vulgai-

renient des haches sceltiques. Sa présence dans un temple i*omain m'a fort surpris*

Une flonfe issoriptîan, eaoore fort wdomiia-

gee , a été U ouvée daub les fouilles, YQipi :

DEO*Nf ne E&lre le N et le R , on voit

EX-STIPÏBU eomme le bas d'uû t. On V. UVI. avait dabord touIu liie Deo Merourio , mais la quatrième letti^ est bien décidément un N« Peut-être s agit-il d'un Dieu topique encore ineonnn» Je ne saît abaolument que

faire du reste de l'inscription.

Dans le& touiller, on a trouvé des médaiUefii en mm grand nombre, dont la plus anoianneetit de ' Trajan, et la plus uioderne de Valentinien. II parait que k destruction de oe monument a été •ondaine , car la plupart des statues portent la marque de umtilatious aucicanes et faites a dessein. Probablement les chrétiens auront ùii main basse sur tontes les statues au moment ou leur culte a prévalu dans le pays.

L'église de Saint«Lazam on SainMiadve a été

reconstruite presque entièrement aux xm*" et xiv' siècles. Le portail est roman ^ et m'a ^ru de la seconde moitié du xn^ sièole« Il a deux porte'» fiwrt ornées de belles archivoltes, de moulures élégantes et de colonnes engagées* Probablement une • troisième porte, celle de» gauche, a été démolie lorsqu'on a élevé la tour gothique qui flanque le portail. Le tympan de la porte principale a été détruit; celui de droite contient un bas-relief tellement mutilé, qu'il est méconnaissable. Les fûts

des colonnes sont très variés ; quelques-uns sont torses, d'autres cannelés, octogones, couverts d urueiiicns imbriqués. J'en ai remarque uu , entre autres, qui semble un paquet de grosses cordes à nœuds , tortillées sur elles-mêmes. Quelques-uns sont monolithes. Ce portail me parait un type de rŒgération du style bysantin à Fépoque de M décadence.

Un &o<Uaque est sculpté autour du tympan ^ les signss eommenoent à droite , m Bélier, et se continuent sans interruption jusqu'au Capricorne, qui occupe le sommet de la courbe* Viennent ensuite plumeurs médaillons avec les bas-reliefii lëgoriques qni nccompagnent d'ordinaire les zodiaques ( enfin, à gauche et plus bas, sont le Verseau , les Poissons et un duplicata du Sagittaire. J'ignore si cette disposition bicarré est l'effet de rignorance des ouvriers, qui ne savaient comment assembler tous ces médaillons sculptés d'avance , ou bien s'il y a là-dessous une intention que je ne comprends ^m*

Une autre église, appartenant à Tépoque de transition entre le roman et le gothique , celle de Saint-Martin , est depuis long-temps abandonnée et tombe en ruines^ elle est en forme de croix grecque. Les voûtes et quelques-unes des ouvertures sont ogivales, les chapiteaux hisloiies. Le chc^ur 4ist orné de quatre colonnes de cîpolin , que je erois antiques.

Je ne me suis arrêté qu'un monieut à Saulieu. Sou église , du style roman de transition, est belle et assez bien conseryée , sauf qu'elle est salie de rhorrible badigeon blane dont on se croit obligé de eouvrir toutes nos églises, sans doute d'iq^rès ce principe du médecin de M. de Pouiceangnae : AQmm estdisgregativum t^tMs* Les colonnes torses du portail et plusieurs des chapiteaur sont d'une rare élégance , mais ce qui frappe le plus dans cette église, ce sont les pilastres canelés, tout semblables à des pilastres antiques, mais surmon<tés de chapiteaux historiés. La même singularité se retrouve dans la cathédrale d'Autun , et la elle 8*explique fiicilement.

Slutuu*

Lorsqu'on voit ce qui reste d*Autun , et qu'on se rappelle les catastrophes épouvantables que cette ville a éprouvées , Timagination a peine à se figurer ce qu'elle devait être au temps de sa splen-

deur. A la fin du iii^ siècle, et lors de la révolte des Bagaiides, elle fiit saeeagëe et brûlée; ses temples et ses édifices publics furent renversés pour la plupart. Attila poursuivit Tœuvre de dé- Tastation, lôrsqa'il s'en empara au milieu du v* siècle ; puis les Bourguignons et les Huns se disputèrent ses ruines; enfin RoUon et ses Nor* mands trouTèrent encore quelque chose à détruire 5 et leur passage fut le dernier et le plus terrible coup porté à cette ville malheureuse.

Le premier monument antique qu'on aperçoit en entrant dans Autun , est un édifice ruiné qu'on a nommé, je ne sais d'après quel motif, le temple de Janus. 11 n'en reste que d^ux pans de muraille, épais, fort élevés, percés de deux rangées d^ouTertnres. Sur les deux faces on voit des fenêtres d'une forme étrange. Le haut est cintré; de diaque côté est une niche , ou une portion de fenêtre bouchée, dont Tamortissement est décrit par un quart de cercle, qui vient aboutir à la naissance du cintre de la fenêtre. L'archivolte qui entoure le haut de lu fenêtre et les deux niches , ressemble exactement aux archivoltes trilobées si firéquentes dans les monumens des xn* et xiii^ siècles. C'est le seul monument romain où j'aie renc<Mrë cette forme que je croyais particulière aux édifices du moyen*àge.

Je suppose que sa construction date des bas temps de Tempire. Elle est d'ailleurs exécutée avec le plus grand soin, revêtue à Tintérieur et à Fexté-

rieur d'un parement de petites pierres disposées par assise» parallèles et pariaiiemçnt taillées. Le miHea, opuê ineerhimy se compose, eoninie h plupai*t des édifices romains , d'une masse de petites pierres irréguUèreSi unies par un oiiawl d'une dureté extraordinaire. A Fintérieur, ce parement parait avoir été revêtu de stuc ou de cuU ment. Au milieu de Feneeinte , qui est étroite, vu rëlévation des murailles , on découvre Touverture d'un caveau voûté, maintenant comblé de pierres* En examinant les su]»tructions, on reconnaît que le plan du temple était un carré.

Le temple de Janus est maintenant au milieu d*un champ de.porames de terre appartenant à un particulier, qui préférerait sans doute un terrain moins classique etmoins pierreux. Heureusement jusqu'à ce jour on lui a persuadé qu'il n'avait pas le droit de disposer de cette ruine. Il serait liien à désirer que la Tille en fit l'acquisition , car mi propriétaire qui connaîtrait ses droits, et qui aurait besoin de matériaux, ne seferaitpas scrupule d'aciherer rœuYre d'Attila et de RoUon. — A peu de distance du temple de Janus, mais de 1 autre côté de la mute, on voyait encore » il 7 a quel*» ques années les fondations et quelques pans de murs d'un temple de Pluton. U n'en reste plus de traces aujourd'hui.

Les deux portes antiques d Autiin sont trop connues pour qu'il soit nécessaire d'en damner une nouvelle description. Il paridt probable qu'elle^

— tt —

oaâalé eoutnàlM en ném tenpi , e t pdnt^tw par

le luême arcliitecte *. Leur principale différence OQiMi«te efk C6 que la porte d'AnxMsix a des piiaatm çqrmf hinii tandis que eeax de la porte Saiut^André sont ioniques. De plus , les quatre paaaageB aoat aor la même ligne à la povtQ d'Ar<- FOU» tandis que dam ceUn de Saint^Andté, lea deux principaux sont en retraite par rapport aux dans phif petitf , deatînéa sans dénie an piéCona. — Les galeries supérieures de ces deux portes semblent avoir sei'vi à continuer Le ckemin de rande qni deralt rëgn«r le long des remparts «.

Auprès de la porte d'Arroux, on voit des restes de murs romaina ; ils sont à petit appareil, et d^nne assez grande épaisseur. Une construction serai»circulaire 9 d'un diamètre étroit et de maçonnerie romaine, qu^on remarque à ganehe de eette perte, passe ponr a'voir été Fapside d^une très anciefuie église chrétienne ; cela est possible , mais je croi* rais plnlèi qne sa première destination a été dtr

< Ce qni rend peu vraisemblable Thypothèse qui en fait

des arcs du triomphe. Comment expliquor, dans ce cas, quHls ait5nt éié élevés simultanément et sur deux routes presque parallèles ? Les raiimre& qui oat «ervi à la maaoBUTre de la herse «ehèvent encore de prouver leur destination*

^ On a restauré la porte de Saint^André dVne manière asses malheureuse. On a consolidé les pilastres au prepiier étage par des barres de fer longes et larges , qui nuisent a l'effet génurui en interrompuul liésajgpréableq^Qat les lignes de la construction antique.

biyuizoa by GoOglc

servir de cage d'etoalîer pour loimter à la galerie^ de la porte , ou bien 9QT le eheuuii de vonde» L^eaœinte actuelle d'Autim appartient à pluflieurs Roques différentes , la plupart pea éhn* gnées de nous. Cependant on voit çà et là queK ques parties basses des murailles fort anciennes , et qui peurent avoir été élevées après le dernier

sac de la ville.

Je suppose que la ville gauloise de Bibracte ocoupait , à peu près comme la ville moderne , le sommet de la hauteur. Puis la domination romaine, amenant la tranquillité, elle s'étendit vers la plaine , surtout du cèté qu'on appelle maintenant les Cités, où Ton trouve tant de fragmens aatiqnes *•

Dans les premiers siècles de notre ère , la nécessité de se préserver des invasions des barbares et des guerres civiles , obligea les habiftans à aban* donner la plaine pour se retirer sur la hauteur qu'on pouvait défendre plus lacilement. Telle est , je crois, Tbistoire de la plupart des villes an* ciennes, A leur origine et à leur décadence , les mêmes nécessités ont fait rechercher les positions de difficile accès.

Tout amateur des arts qui s*arrête à Autan doit

visiter la belle collection d'antiquités de M. Jo-

> CTett là qu*on a découvert les ruinei dVn théâtre dont

les gradins sont trè§ visibles ; le mur de la scène est entièrement détruit. Un peu plus loin était un amphithéâtre (ou une naumachie), maintenant recouTert de terre.

▼et, bihliodliéoaire de la Tîile, qui « fait les

honneurs avec la plus grande complaisance. — Une rmagaifique mosaïque , représentant le combot de Belleiefikon eontre la Chimère , fat dé»

couverte , il y a peu d'années , hors des murs de la YÎUe, dans nn lieu qui , d'après tons les indices , devait avoir été le bean quartier de Fancien Au* gustoduuum. M. Jovet sollicita auprès du conseil municipal l'acquisition du terrain , et demanda que des fouilles y fussent faites. Il ne put rien obtenir* Auprès de la société archéologique il ne lut pas plus heureux, et ne put parvenir i réaliser une souscription pour conserver le trésor dont il venait de révéler Texistence» Alors, n'écoutant que son amour pour les arts, il acheta lui-même le terrain qui couvrait la mosaïque, et pour mieux la conserver, il éleva au-dessus une petite maison. Ses généreux efforts ont été récompensés par la possession d'un des plus beaux n^orceaux de l'art antique , par la découverte d'autres mo*saîques voisines, et de nombreux fragmeus, dont quelques*uns sont très importans*

Telle était la richesse de l'habitation sur laquelle est assise maintenant la maison de M. Jovet , que dans la iedble étendue de terrain qu'il a &it fouil* 1er, pour construire, il a trouvé plus de vingt pierres gravées, dont quelques-unes d'un magni* fique travail.

La collection de M. Jovet renferme une grande quantité d'ustensiles antiques, servant a diSereus

usages, qui jettent ie plus grand ^our sur Tia* diuliie et fasartede la période fomaiiie, phuneni

statuettes chai mantes, de belles poteries, des bmnm rares S enfin beancmp d'objets dtt iili»yeii*âge û*m fpmnd intéiét , mtre antres une partie du tombeau et l'iuscriptioa de Bruiiebaut,* déco«rart8 réofonment, lorsqu'on a démoli i'ab-* baye de Saint-Martin

aa joH tamesu ds broms ^ À troii cornst , Irèi liisa travaillé* Il élail rdafenné dani ua creux pratiqué dan« un cippe ; sur le socle on Ut cette inscription :

AVG. SACRVi\l.

BOlîORïX.

DM âVA PËCVJVU {Sic^.

* On^SDnsâTTeA k nairÎB une astes nche oelleofiea de mtf-

dailles ^ et quelques belles pierres g^ravées , trouvées toutes à Autuu ou dans ses environs. Nul doute que des fouilles bien dil'i{j;t'es ne produkisscul de grands résultats. C'est dans les localités qu'une catastrophe brusque a bouleversées , c(a*mK a Pespérance fcnéée de faire «ne rioke naiiaoa arebéo* lag&fue, non dans Itt nflot mal se sent appavmos p^t 4 petit , qui sont mortsi de langueur, pour ainsi dire. Àutun est dans le premier cas. Malhenreuseinent on ne s'est pAs occupé avec suite ni avec méthode des travaux de déhlaicnient. Croirait-on ( ju'nn «""a pensé que depuis un nn n fnirç un plan des fouilles , afiu d^ ne pas sVtposer à ttafaiiâer deux Ms de suite dans le aiémie lieu ? Il fautledire avMÎ ^ on as trouve pas à Autua beaucoup de goût pour ces sortes d'entreprises» Bien des personnes riches savent que sons leur pré il existe des mosaïques, des débris précieux, et elles n'ont pas la curiositéjde les posséder. J\ii entendu accuser quelquefois le gouvenieiuent ou radmim^tration locale de ne pas

— tt» —

Avant de quitter rAutnn antk]ue , il me reste à

dire un mot sur ua monument étrange , situé à peu de diftlauee de la ville , dans le village de Couard; c'est une pyrtimide portée sur une base carrée, élevée d'environ cinquante pieds. Elle est crastroite de pierres assex grosses , irrégn^ lières , liées par un ciment très dur. Le parement est détruit partout. On a essayé à différentes hauteurs de fouiller Tintérieur de cette pyramide, mais oii a trouvé partuut une masse solide. Ces tentatives Font fortement endommagée. D'ail*

encouraser ce9 recherches. Que peut faire le goavernemeat ? Accorder une somme pour des explorations ? D*abord les res-

souices dont il dispose sont tit-^ limitées; puis, comment cet argent seruil-il employé? — i/adminisfralion a* liète le terrain plus cher qu'un particulier ne le ferait. £lie prend des ouTTiers sur les Ueax, et leur ooi&inaBde de rapporter tout ce qu^ils trouveront. Personne ne les surveille. li en résulte que rien ne se trouve. A Orange , dans le déblaiement du théâtre , on n*a pas eu une médaille , les ouvriers les dérobaient toutes. Un particulier, au contraire, qui entreprend les fouillei? , les fait avec amour ; il surveille lui-même les travailleurs , et prend soin que rien ne se perde*

Pourquoi , dans ce siècle de spéculations, n^eu ferait-on pas une pour la recherche des monumens antiques? Bans UBS ville comme Autan , par eiemple , on pourrait ouvrir une sousoription pour des IboîlleB dont les résultats seraient partagés par les souscripteurs. Qu^en donnant 50 fr., on n^ent que quelques débris de vases, des pierres gravées t L ([uelques médailles, ce serait encore une loterie qui vaudrait bien Fautre. £n Italie , dans une foiile de lieux, on calcule ([ue cette espèce de spéculation rapporte au moias de 30 à 40 p. ItfO.

leurs , les kabUaas de Couard , depuis très long* temps, s'en senrenloomme d'une carrière inépuisable , pour bâtir leurs maisons. Sa hauteur a dû être beauooup plus considérable autrefois, car, outre la quantité de pierres qu'on en a retirées , il est probable que le sol antique était moins élevé qu'il ne Test aiyourd'hui. Il est à regretter qu'on n'ait fait aucune tentative pour déblayer sa Lase. C'est là seulement qu'on peut espérer aujourd'hui de trouver quelques renseignemens sur son usage. En attendant , on dispute sur son origine. Les uns rappellent un monument gaulois, et ne font nulle difficulté d'y ensevelir Divictiacus, parce que, à Autun, Divictiacus, c'est le grand nom qu'on donne à toutes les grandes choses. D'autres, au lieu d'un tombeau , en font un phare , une tour de signaux, romaine et non gauloise* Tout en disputant sur son nom et sur son ori-

ginc , les habitans d'Autun ne jirenueiit aucun ■ soin de sa conservation , et le trou qu'on y a pra* tique pour la sonder, est maintenant occupé par une famille de porcs.

Autun était célèbreautrefoispar le nombre et la magnificence de ses édifices religeux, mais la révolution et ses suites les ont fait disparaître suooessivement presque tous. On vient d'achever la destruction de l'un des plus importans , l'abbaye de Saint-Martin, et l'onn'en trouve plus maintenant . le moindre vestige. Aujourd'hui la cathédrale est la seule église qui offre de l'intérêt. C'est un no-

lile et vaste édifice, que sa position élevée, doiui* nant la ville , rend encore pin» imposant* A la première vne , on y reconnaît plusieurs époques bien distinctes: la première , la plus ancienne ,est oelle la transition entre rarchitecture romane et Farchitecture gothique. — Cette transition s'est opérée en France de diverses manières. Là vrai* semblablemeat où se trouvèrent des diefini'ceaTre du style ancien , l'art nouveau a du s'introduire tardivement et avec peine , et même , lorsque eu'* fin il a obtenu la prëëminenee , il a conservé longtemps quelques-uns des détails, quelques-unes des formes antiques que les artistes du siècle pré* cèdent eireellaient à reproduire.

La nef de la cathédrale est de 1132 — Le

chœur a éprouvé un grand nombre de restaura-

lions successives qui en ont plus ou moins altéré le caractère. Aulreibis , l'apside principale , pro*baUement contemporaine de la nef, était édurée par des fenêtres cintrées, dont on voit encore les traces À rextérieur. Des ogpves lancettes les ont remplacées. La nef ofire le mélange de l'ogive et du plein cintre ; mais ce qui mérite d'être noté, c'est l'emploi qu'on a fait de l'ogive , seulement dans les parties qid avaient besoin d'une grande

' Cette date est celle du commencement des travaux, qui n*oat piobabiement été terminés qu^en 1 148 , ou plutôt avancés de manière à permettre la célébration de» offices. C*est à cette époque que les retiques 4e saint I^oare furent solennel* lement déposées dans Téglise.

ej —

soK^té. Ainm , les TOÙtds et les arcades qui unissent les piliers , sont og;ivales tandis que les fenêtres de la nef sont cintrées. On a reconnn , je

crois , fie bonne heure , la solidité de l'ogive , et c'est cette propriété qui d'abord l'a fait adopter dans rarohiteoture religiense. D'ailleurs , il parait évident qu'on n'a découvert que plus taid tout le parti qu'on en pent tirer pour la décoration , et quL*imi*révélé les gracieuses et svèltes constructions des xiii"^ et xïv° siècles ; en effet, Saint-Lawire est lourd, massif^ 8eniMable,.en un mot, aux édifices romans qui Font préeédé : Fogive y est seulement un détail de construction, et n'est point encore devenue forme caractéristique*

Comme à Saulieu , fies pilastres cannelés, s'élevaat les uns au-dessus des autres , remplacent les colonnes engagées qu'on voit dans presque toutes les églises antérieures à la 1 1 ua issance. Dans une autre ville , rexplication de cette décora^n tout antique serait difficile ; mais on ne peut entrer à Autun sans remarquer les pilastres cannelés qui supportent Tentablement des portes d'Arroux et do Saint-André. Les architectes dumoyen-af^e les voyaient et les admiraient comme nous. Ils

* Chaque fenêtre est accompagnée de deux arcades bouchées ; ainsi il y a un grand espace plein entre clia<tue<mver-

. turc. On observe le contraire dans les nefs j^othiques , mais on n^obtient cette légèreté qu'au moyen des nrcs-boulfins , qui ne se flont introduits qu^asaez tard dans l'architecture du moyeii-4ige.

on| imité le modèle qu ils avaient sous les yeuit , mak, pou soadueax den rhigm de rart antique , ils n'ont pas tronyé assez riches à leur f^ré les ohapiteaux corinthîeiis et ioniques des portes ronaines, et Ms les ont remplM^és par oewx qui étaient alors à la mode. Successivement cette innovaticNi (d'ordinaire noos appdons innovation nn retonr i des formes antiques) , a pris feveiir et a été imitée à son tour par les villes voisines , pour lesquelles Autan était une eapitale « un centre de eiiriBsâlion« Les é^^ises des petites ville» qui Fentourent , celles même des villages de sa jurisdietion immédiate, dut dé semblaiiies pilastres. Cette fîro^ressioii (riiiii talion se retrouvedans toute la l^rance, car dans chaque province Sy-a un «entre qui , pendant un tempà, a dodn^ la mode , à laquelie les localités de moindre importance se sont soumises avec empresseinent*

La fiiçlide de Sénnt^Laitire mërileld'étre remarquée. L'église éta^t située sur une pente rapide il ièsaX monter un assex grand nombre* de mareimpour entrer dans la nef. Le portail est flanqué de deux tours dont le haut parait être du xiv^ ou XV* èiècie. L'ardiiyolte ogivale de la porté, en-* tourée d un lodiaque assez raal exécute, repose sur des ^colonnes torses ou cannelées , couvâtes dVnmeititos Taries, ekécutës avec gotft, et en général d'un hou phet. Quelques-unes sont comme recouvertes d*un tissu- de natles , d'au^ de rin-^ ceaux délicats. — Je crains détre partial pour

Tarchitecture de cette époque ; mais je ne puis m'empécher d'avouer que, si elle manque de cette imposante flërërité qui distmgae Fardiitecture antique , elle attire forcément l'attention , et la captive par la variété et le iini des détails. Les chapiteaux du xi^ siècle; chargés de baf iriiefs ou composés de plantes ima|^iuaires , u oni i^t^ . ]'en ccHiTieDs, la- noblesse et la simplicité d'un ckapi* teau dorique ou la grâce d'un chapiteau corinthien; mais une Ibis qu'on a passé par-dessus rétrangsetë des formes , il est impossible de ne pas s'arrêter avec plaisir devant ces compositions capricieuses qui avaient tant de charmes pour nos ancêtres. PenM>nne n'entre dans la cathédrale d'Autun sans contempler pendant quelque temps le loup et la cicogne à côté d'Androclès et de son lion , sculptés sur les deux cfaapitoanx du côté gauche.

Les jolies chapelles latérales de la nef lui sont, conftne m le pense bien , très postérieures. Plusieurs , décorées avec une rare élégance , offrent des modèles gradeux d'un style qne M. A» Le^ picvost a nommé, avec justesse, gothique flam^ bayant. On peut citer en ce genre la porte de la sacristie , d'un fini admirable. Je n'en puis dire autant des espèces de festons de pierre qui pendent au-dessous de j'orgue; cela est fort lourd, et la seule sensation que l'on éprouve en voyant ces pierres suspendues , c'est la crainte qu'elles ne viennent à se délAohiHr .et ne vous tombent sur la tète. -

Dans la chapelle qui sert de baptiftère, on voit

un charmant bas-relief représentant la Madeleine el Jëiiia-Cfanst» Ce momaa, que je crois Too- Trage d'un artiste allemand , est de cette époque où le sentiment du beau , que la renaissance ra^* menait, se trouvait encove mêlé ayec la naïveté de la période gothique. La Madeleine est une figure délicieuse, mais point idéale; c'est peutétre un portrait. La forme des yenx , dont la pan* pière inférieure se courbe en arc légèrement couYese, rappelle les jolies têtes de Germain Pilon et de Jean Goujon. On a peine à croire que l'artiste qui a ei^écuté cet admirable morceau ait eu la patience , si l'on yeut , le mauvais goût, de-

limer sa pierre c\\cr. des outils délicats, de la creuser à force de temps et d'adresse , de manière à rendre presque an naturel la souplesse et la légèreté des étoffes. Ou dirait que le voile de la Madeleine est un linge plongé dans ces eaux qui couvrent d'un dépôt calcaire tout ce qa*enes touchent, et qui semblent ainsi les convertir en pierre. — Le cadre de pierre, qui entoure le basrelief, est également un chef-d'œuvre surprenant de patience et de travail. Je ne puis voir ces lieuil' les de dbardon , ces dais gothiques , ces pinacles si minces , si délicats , si détachés de la pierre , sans éprouver une certaine émotion en pensant au chagrin que l'artiste aurait éprouvé si, par une distraction , il avait donné un coup de marteau plus fort que les autres. Mais les artîstei de

«e Imips4& ftWiaent pm dedbtraolioiis, et f aime i <aroire qu'ils prenaient plaisir à ces merveilieutes bagateiloi* Mus «slnee là le but de l'avi? — Pourquoi faut-il que cette charmante composition ait été barbouiliée , oou pas d'un badigeon à la ocdie , nais «me ëpaiase eoMhe de peinture -k l'huile ! En certains endroits , l'épaisseur du blanc de plomb et^de rkuiie remporte certainement aur edie de la piem»

La chapelle de Saint-Nazairc , et une autre dct nrime eèté^ sont les seules qui atenides vitraus^ aneiem. Les couleurs en sont adtnbrableei. La néaiogie de la Vierge, dans la chapelle de Saint- Nasuure exécutée par mite d'un legs de deu eha«^

noines , doit être eouiptëc pariui les meilleurs tableaux sur verre, i 'ai particulièrement admiré Fart a:rec leqatA les joints qui unissent les ê^Sé-^ rens morceaux de verre sont distribués dans les parties <^i8cnfes , on disposés de manière A dessi* ner arantageusement les contours principaux.

Dans une chapelle voisine . j'ai remarqué deux tableaux à Thuile , du xvi* siècle , d'un style dur, mais assez correct. Je les crois de l'école flamande. La conservation des couleurs est parfaite.

La tour de gancbè est surmontée d'une flèebcf très élevée , dimt l'exécution est un chef-d'œuvre de Wgfnrelé et d'éléganee de proportions ; elle est construite en piem et entièrement erense A l'intérieur» Dans les parties basses , son épaisseur n'M que de cinq à « pouces. On se demande

' GOimieiit k» arehiteotee du xvi*. sièele ëlevment

leurs éciiafauds, et quels ouvriers ils avaient pour exéovter prodiges de hardiesse* Si, waime on le dit, cette flèche a été bâtie par le cardinal RoUin , pendant le temps de son ëpiscopat , elle a dâ être achevée tiés pvompteiiient, car il n'a occupé le siège (r Antiin que pendant une année.

Voeà Tintériour, cette flèche, qu'on appelle la grande Irompe , parait d'one immense hauteur. Involontairement ou attribue sa Ibijuc pyramidale f| un efifet de perspective, et l'on se croit daDS «ne immense oolon^e creuse , si longue qae l'oDi ne peut en apercevoir l'ouverture. A l'extèneur, die. est garnie de crosses tfa crochets sur taotes ses arêtes ; ces crosses servent a la d'oruemens et de degrés où se guindent les maçons pour Y faire des réparations.

Je suis parti d'Autun pour me rendre à Tanfnus, nem'arrétant qae quelques heures à Châlons; j'y ai remarqué une assez belle colonne antique en granit, élevée sur une des places publiques.

La cathédrale parait appartenir au commencement du xni^ siècle, autant que j'en puis juger par

la forme de ses ogives et de ses ehapiteaux romaiis

à feuillages bizarres , dont le cai aclère est beaucoup plus facile à reconuaitre qu'à exprimer. — Il me semble qa*au eoromenceraent et à la fin de cette renaissance qui se manifesta vers le commencement du XI® siècle jusqu'à la fin du xn®, les ornemens végétaua^ ont ëtë en usage. La première époque imita le galbe corintbien ou composite ; les èhapiteanx de la seconde, dont les feuillages sont plus variés et copiés d'après natare , annOn- ' cent la révolution que Tarchitecture gothique allait introdoire dans la système d'omementalien»

Le chevet de Téglise se compose de trois apsides. Cette forme se rencontre fréquemment dans les églises de Boui [^ogne. 11 y a en outre une apside à chaque extrémité des transsepU , parallèle à celles du chevet.

On préparait le portail de cette Cathédrale et les deux tours qui ilaiiquent la façade* Cette restauration m'a paru faite avec goût.

L'hôpital, bâti en 1828, a des vitraoz asses remarquables , mal placés, dans une salle où Ton a besoin d'une clarté vive . On devrait les transporter dans la cathédrale , qui n'a que des fenêtres garnies de verres blancs.

A peu de distance de Tournus , dans la oom^ mune de Vignères, on voit deux Penlvans d*à peu près quinze pieds de haut ; les pierres ont été apportées d'assez loin. On m'a dit qu'on trouyait aux environs quelques autres luonumens semblables.

Sur une place de la ville s'élève une colonne de pierre, dont le fàt, d'une domaine de pieds de haut, est antique; il a été trouvé df^ns la Saône, ii y a quelques aiiuécs.

L c^îi^o de S<ûut-riii]ibert , ou l'ancien! ne ./h- Lrsve de Tournus, est un monu ment d'un liaut intérêt* Fondée dans le ix** siècle, FabbayeAit détruite aeui lois j d'abord vers la fin du x® siècle par les Hongrois , puis en 1006 par un incendie fortuit

L'église , dans son état actuel , a la forme d'une croix latine, terminée par trois apsides. Deux

tours carrées s'élèvent aux côtés du portail; un

I Gallia X'^. Le grand nombre d^incendies rapportés par rhittoire ne tend-il pas à faire croire que la plupart des basiliques n^ont eu, pendant long-temps, que des plafonds en bois au Ueu de Yoûtes ?

clocher bas , de uième forme , est placé à Tiiitersection des transsepts et de la nef.

Le transsept gauche , fort alongé , se tennine par une grande chapelle avec sou apside dirigée parallèlement à Taxe de la nef. Le collatéral du même côté à été élargi pour receToir une rangée de chapelles gothiques* La nef est précédée par une espèce de natihea ou yestibule , bas et divisé comme elle par deux rangs de piliers. Trois portes (les deux latérales sont bouchées) communiquaient du vestibule à l'intérieur de Féglise.

Sous le chœur est une crypte , ou plutôt une chapelle souterraine, qui a aussi trois apsides éclairées par des soupiraux. — Il n'existe plus rien des bàtimens de Tabbaye.

On distingue facilement dans cet ensemble plusieurs constructions snccesstyes* Le vestibule et la nef frappent d'abord par la rudesse et la grossièreté de leur archictecture. Les piliers du vesti* bule , très bas et d*nn énorme diamètre (huit à neuf pieds), soutieiiucnt une voûte d'arétes cintrées, assez mal construite. On n'y voit nulle trace d'ornemens : un qtos tore , au lieu de chapiteau, termine ces énormes piliers. Au-dessus est une vaste salle , soutenue également par des piliers ronds , dont la yoùtc atteint la hauteur de celle de la nef.

Dans la nef, huit piliers fort gros, tout d'une venue, mais iniinimeut plus élevés (environ douze, pieds) , soutiennent une voûte cintrée en berceau

dans la nef principale, et d'arètes pour les collatéraux. Comme ceux du vestibule , les piliers n'ont point de chapiteaux. A partir de la retombée des arcades infiSrieures, s*élèYent des colonnes engagées, plus minces qui vont rejoindre les ares dou~ bleaux de la voûte principale ; elles ont pour chapiteaux nne espèce de pyramide tronqnëe et renversée, dont les angles sont arrondis, sans aacun ornement. Les fenêtres sont petites , ëtroites et cintrées par en haut. Il est ini])ossiblc de voir rien de plus massif, de plus lourd et de plus so* lide en même temps , que toute cette partie de Téglise.

Les piliers des transsepts sont formés par une * de ces énormes colonnes , renforcée encore d^un massif carré , qui s'y joint d une manière irrégulière» Les collatéraux sont séparés des transsepts par nn mnr dans lequel une porte est prati(|uée, A gauche , elle est ogivale ' ; à droite elle est cintrée. Au-dessus de chaque potte, on remarque deux espèces de fenêtres cintrées. — C est là une autre espèce de screen dont je n'ai pas retrouvé d^exemple.

Une fois qu'on a dépassé ces portes , il semble qn*on entre dans tin autre édifice bien différent du premier.

< La fonne do cette ogive est très peu proiiource , et d*ail> leurs je ne sais si ces murs de refend io»% dn même temp» que la nef ou le chœur; TépaU badigeon qui les couvre^em* pécherait de Toir les traces de répaT«lion, s'il y en existe.

Âu milieu des transsepts s'élève une coupole ovoïde, décorée dans le bas d'arcades Itoachées, retombant sur des colonnes ou des pilastres à cha* pUcaux ornés de feuillages ou de festons. Le chœur aatrefoisétaitentouré de colonnesbasses et minces, dont les ni ondes laissaient voir les apsides cjui terminent 1 église. Ces arcades ont été bouchées, sans doute pour mettre les officians à Fabri des vents coulis , et les apsides servent de magasin pour ]es chaises, les balab et les ustensiles profimes de réglise. Les fenêtres, en plein cintre, éclairent le chœur^ elle sont entourées d ciéganles archivoltes à rosaces , soutenues par des colonnes minces et courtes , cannelées ou ornées de chevrons creusés le long du fût. Quelquefois ces colonnes sont sé* parées par une espèce de pilastre recouvert de rinceaux et de rosaces. Les chapiteaux très variés présentent les différentes formes végétales de Té* poque romane, quelquefois aussi des figures grimaçantes et fantastiques. A Textérieur du chœur et au-dessus des fenêtres règne un cordon composé d'une rangée de losanges surmontées de triangles rouges, incrustés dans la pierre blanche. Le clocher., qui surmonte le chœur, est carré et à deux étages. Le premier, comme le reste de l'église, est bâti de pierres moyennes assez irrégulièrement disposées. Il n*y a pas d'ouvertures, mais ses quatre faces présentent une arcature composée de six cintres égaux en hauteur et de peu de saillie, séparés de trois en trois par une plate-bande qui se

répète aux ang^Ies du clocher. Une petite avance carrée, du côté de l'apside principale, eoatient Tescalier de cette tour. Le second étage d'un autre appareil , à raœllons taillés rét^ulièrement , est percé sur chaque face de trois fenêtres polylobéeSt présentant une espèce de dentelure empruntée à rarchitecture iiiores{[ue.

De grands pilastres séparent les fenêtres et vont toucher le toit qui repose sur quelques modillons. il n'est pas douteux que ce second étage ne soit fort postérieur au premier , et la forme orientale de ses fenêtres, ainsi que l'emploi des pilastres, ne permet pas de leur donner une date plus ancienne que le milieu du xn* siècle*

Revenons à la façade. Le portail, qui forme le * plus ridicule contraste avec le reste du monument, est du xvn^ ou xm^ siècle. Il ne mérite pas qu'on s'y arrête.

* La tour de gauche est la plus élevée , et , comme le clocher, elle porte le cachet de deux constructions différentes.

De ses quatre étages « le premier , qui ne s'élève

pas au-dessus do la nef, n'a pas d'ouvertures, et porte exactement le même ornement que le premier étage du eloeher. Le second en est séparé par une grande moulure double à dents de scie ; la rangée supérieure parallèle, et l'autre perpen«* dicnlaire à la muraille sur laquelle elle est appliquée. 11 est percé de quatre fenêtres inscrites .ans deux arcades plem-cintre; une hàtièie termme

cette partie de la coa«»truction, évideiiimeiit ooti* temporaine du premier étage du clooher.

Ou a raccordé ces deux étages avec les supérieurs, au moyen d^une rangée de petites arcades bouchées qui s'élèvent jusqu'au sommet des deux frontons de la bàtière. Au-dessus, deux archivoltes en plein cintre entourent chacune deux fenétre$ é{ifalcment cintrées, flanquées de colonnes et de pilastres» h» dernier étage n'a que trois fenêtres i dont les lurehivoltes sont supportées par des colon* nés très ornées, quelques-unes torses; des ligures lie saints grossièrement sculptées sont appliquées aux quatre angles de cette tour , que termine une flèche pyramidale à quatre pans , couverte en ardoises*

L'autre tour est semblable à la première , mais lie s'élève pas plus haut que la hutièrc dont j'ai parlé.

L'absence d'urueuiens , le caractère de lourdeur et de rudesse de la nef et du vestibule me font croire que ces parties de Féglise sont les plus anciennes. Je n'hésite pas a penser qu'elles datent du riècle* L'mcendte qui dévasta le luonastfae a dû être impuissant contre ces masses énormes,

JLa restauration de Bernier, en 1019 , se homa probablement i substituer dans la nef des voûtes aux plafonds. Le chœur me paraît également de la même époque, (Le chceur primitif, soutenu vraisemblablement par des colonnes minées , aura été détruit. ) — La crypte a du être con^»truite

eiï même temiis , on , si Ton veut , refaite. Le

nombre de ses apsides ne permet guère de suppoier qu'elle 9oiL antérieure auxi^ sièele. Eufiii, le premier étage du elocher et les deux éta[];es inférieurs des tours me paraissent dater à peu près du même temps , c'efit*à*dire de 1019.

Le renforcement des piliers des transsepts anra SAOs doute eu lieu lorsqu'on s'est avisé d'augmenter le poidfl da clocher en Texhanssant S Ce dernier étage et les étages supérieurs des tours , présentant Uint d^analogie dans leurs détails, qui! est impossible de ne pas croire qu'ils ont été bâtis simultanément. Quant à la date de cette dernière construction , je crois devoir la placer dans le xn* siècle diaprés les motifs suivans : 1® la régu* larité de l'appareil; 2" la ioraie des cintres dentelés du clocher ; 3^ enfin, l'emploi de pilastres, au lieu de colonnes. Si, comme il est vraisemblable, ces pilastres sont une imitation de ceux d'Autun , on aura pour date probable le milieu du ïu^ siècle. Je ne parle pas de la cUapelle du

> Si eea piliers aTsient été renforcés à Tépoque où Von a élevé le premier étage de la tour , il n^est pas probable qu'on leur eût donné la forme bizarre et irrégulière qu'ils ont , puisqu'il s'ajjissiiit alors d'une resfuuration complète , et qu'on pouvait , s'il est permis dY'mployer cette expression triviale , tailler eo plein drap, çontraire, dans l'autre hypothèse, l'église étant d^jaété terminéeà rintérieiir, on ne pouvait penser i un boiderersement complet. D'ailleurs, Vétage inférieur de ce clocher est si léger , que les piliers ronds étaient bien ' suffisanspour lesotitentr.

transsept gauche , ni de celle qu'on a consiniite le long du collatéral du même oôië. Ces eonstructions , relativement très moderne» , n'ofirent aucun intérêt.

' La bibliotlicque de Tuurnus a été ctrangeraent dilapidée* Plusieurs manuscrits qu'elle possédai! ont dispara. Le plus remarquable est une vie de saint Valérien , du xts' siècle , je crois. Ce livre était autrefoia magnifiquement relié en velours, aveO des ornemens en argent. Ces omemen» ont été Yolés depuis peu d'années. Le fameux Aabellum , qui faisait autrefoia partie du trésor de l'abbaye , a également disant. Je dirai comment je l'ai retrouvé à Lyon chez un marchand de curiosités.

Laplus ancienne église de Mâcon, Saint-Vincent, son ancienne cathédrale , est maintenant divisée en plusieurs propriétés particulières , et presque complètement défigurée. La porte principale de la &çade est surmontée d'une ogive du xv® siècle; c'est une restauration , mais les deux portes latérales sont cintrées et iianquées de colonnes romanes , dont les chapiteaux conservent encore des restes de coloration. Dans l'intérieur , on observe un mélange d'ogives et de pleins-cintrea, quiindi*

q lient des restaurations anciennes *. Plusieurs, coloimes et quelques pilastres dont les chapiteaux bysantins sont fort ornës et d'un bon style , mëri« teraient d'être conservés avec soin. — Probablement oette ^lise, oomme celle de Tounma, était I»ëeédée d^une espèce de Testibale. — Les deiu tours, qui subsistent encore ,sontde deux époques j la partie inférieure , à petit appareil îrrégulier , appartient à la période romane , tandis que le haut parai t du xm-xiv^ siècle. L'une de ces tours avait une flèche en pierre, maintenantdétmiteen partie. Oji y monte par une ponte douce, comme à la Giralda de Sé ville. Son couronnement, légèrement évasé , est d'une grande élégance. U a été question dernièrement d'abattre ces tours dont on craignait la ruine i mais le maire de la ville et lea gens iustruifs s'y sont opposés , et en ont obtenu la conservation: on va les réparer pour y placer unehorlorgew

J'ai visité quekfues collections particulières de peu d'importance ; elles se composent particulièrement de médailles , de statuettes et de quelques ol\jets tfivoire du moyen-âge. Je m'attendais à trouver dans ces collections une grande quantité de fers de flèches * • mais il parait qu'ils sont ici aussi rares qu ailleurs.

» La |)lupart doivent dater du temps de Philippe-Auguste, qui répara la TÎUe , dota se§ é^ses , et Tentoura d^une en^ ceinte fortifiée, dont U ne reste presque «ucnne trace.

> Les Tomains avaient établi à Hâçon une fidiriffue de chea coaatdéroble.

L*mtîque et riche abbaye de Clnny a dispara»

11 lie reste desou église que deux, tours octogones du même temps que les étages supérieurs des tours de Toumus , quelques pans de murs et une chapelle du siècle, dite de Bourbon , médiocrement ornée de consoles, soutenues par de grands pn>*

pliètcs 0 ini-corps; sculpture lâchée et sans efiet.

On conserve dans la même chapelle quelques chapiteaux bysantins d'une grande dimension, quelques cercueils de pierre sans ciselures , plusieurs coffres anciens , des fragmensd*inscriptions, enfin un modèle en relief de Tancienne église. Ce modèle et trop petit et évidemment trop grossièrement fait pour inspirerune grande confiance. On peut cependiint s'y rapporter pour le plan général, qui est remai^qunble , Té^jUse ayant cinqneiset des transseptsdoubles , qui forment ainsi une croix de Lorraine. On dit qu'il n'existe actuellement en France qu'une seule église à doubles transsepts.

La ville s*est élevée sur les ruines de Tabbaye, et les bâtimeiis anciens qui ont été épargnés sont maintenant habités par des particuliers, ou consacrés àdes usages publics. Le cloître du xy i*^ siècle, remarquable d ailleurs, seulement par son immen-

• Placées à Feilrémité des traussppls de droite.

aiiéi e&t devenu une espèce de place publique en* tonrée de cafés et de boutiques. D^autres dépendances du monastère soiit occupées par le collègue, £afin , une £edble portion du palais abbatial a été achetée par un ami des arts , M* Ancliier , qui s'y est logé pour y réunir les fragmens oubliés pai: les démolisseurs. J'ai remarqué particulièrement de Leau\rioceauxd'unstyle très élégant, sculptés sur des plaques d'albàtrc.

En parcourant la ville, on rencontre à chaque pas une foule de débris provciiant la plupart des ruimis de l'abbaye : là , c'est un bas-relief roman » Ici une colonne à chapiteaux historiés; {)Ius loin^ des têtes plates, des animaux sculptés^ des portions d'archivoltes et de pilastres.

J'ai visilc rapidement les deux, églises actuellement consacrées au culte. Notre-Dan^c , gothique fleuri, avec des chapiteaux à feuilles de vigne, est lourde et sans grâce. Elle n a pas de portail , et je n*ai pu savoir s'il avait été détruit ou s'il n'avait pas été terminé. L'autre église, dédiée i saint Marcel, est une basilique romane du x(-xii° siècle. Clocher octogone , surmonté d'une flèche en pierre très bien evécutée. Li\ cuve des fonts baptismaux m'a paru ibrt aucieuue: elle est soutenue par quatre colonnes terminées par des têtes de chérubins joufSus. Je la crois du eoiumeucement du XI'' siècle* »

L'Eglise de Notre-Dame de Brou appartient aux derniers temps du gotliiqae; c'est en quelque sorte le dernier mot de oe style* Commencée en 1311, elle a coûté 2, 200, 000 fr., somme énorme pour le temps , et vingtHîinq ans de travail aux

artistes de tous les pays , rciiiiis par ses nobles fondateurs. Je n'essaierai pas de la décrire après le P. Rousselet qui en a donné um très bonne histoire. Ceux qui n'ont pas vu Notre-Dame de Brou, peuvent chercher dans son ouvn^e et dans celui de Guichenon , le détail minutieux de tous les tours de iorce accomplis parles sculpteurs et les ciseleurs qui ont décoré ses chapelles. Qu'il rae suflBse de dire que tout ee qui semblerait difficile à exécuter en métal a été exécuté en marbre; qu'on y voit des rinceaux , des fleurs , des feuil* les de vigne d'une délicatesse inouïe, saillant de trois pouces du bloc dans lequel elles ont été taillées, soutenues par des tiges, en marbre aussi, tellement Unes , tellement fragiles qu on ne peut comprendre comment le poids seul n'apas suffi pour les rompre. Comptez les pétales des marguerites, tous détachés les uns des autres, tous taillés dansle même bloc; mesures leur épaisseur et vous conviendrez qu'un bon fabricant de fleurs artificielles ne pourrait faire mieux avec ses fils de fer et

sa batiste» Les matériaux à Brou sont le marbre. Qu'on se figure encore que tout ce chœur, long dequatre-Tingt-dix^sept pieds, ses chapelles, son jubé , ses fenêtres, etc . , sont décorés de la sorte et l'on aura une idée de la patience, de l'adresse et de la résignation des artiste du xti^ siècle. Les trois mausolées des fondateurs de l'église , Marguerite de Bourbon, Philibert^'le-Beau , son fils, et la fenune de ce dernier , Marguerite d'Autriche , offrent la réunion dp toutes les impossibilités vaineues , qn'tin trouTe éparses dans le reste de Fé-? glise , et, ce qui vaut encore mieux , de très bonnes statues, où le mérite de l'artiste n'est pas éclipsé par son adresse ou sa patience. On admi* rera la grâce , la naïveté des poses de ces ligures de pleureuses , la tète voilée , sur le soubassement du tombeau de Marguerite de Bourbon; puis si i on se couche à terre et qu'on porte une bpugie sous leurs voiles , enverra des tètes charmantes refouillées à une assez grande profondeur pour ne pouvoir être ap^çues que de la panière incoroiDode que je viens de dire. — Deut génies d'une magnifique exécution, qui décoraient le même tombeau y ont été volés , me dit-on ou bien détruits : j'espère qu'ils n'ont été que volés.

Les mausolées de Marguerite d'Autriche et de Philibert, les représentent chacun deux fois ; d'abord vivans, revêtus d'habifcs de parade et endormis sur la table qui couvre leur cercueil , puis morts et enveloppés de leur linceul sur le soubas*

sèment des tombeaux. C était la mode da temps.

On voulait sans doute rappeler ainsi au spectateur lo néant de la vie humaine par le rapprochement brusque damages si différentes. Ces statues sont

très bonnes. Je trouve un peu maniérés les génies

groupés autour du oomte de Savoie, mais les ehairs sont admirablement bien tendues ; yoilà bien les

êpirantia marmora. — Leur niuliLé n'avait choqué personne jusqu'en l'année 18iâ, que les sémina-^ ristes de Brou s*en sont scandalisés ; ils y ont brutalement porté remède à coups de marteau

Je ne puis m'expliquer comment un artiste capahle de composer et de sculpter ces belles statues, pouvaits'ètro donné, ainsi de gaieté de cœur, tant de difficultés matérielles d'exécutiop qui, en réalité, n'ajoutait rien à son mérite artistique.

Vambelii, Onofrio Campitoglio, Itahcns; Con* rad et Thomas Meyt, Suisses; Benoit Serins^ Fran* çais, et plusieurs autres, se sont associés ])our ec monument. Je suppose que les Italiens ont fait rébauqhe , et que les Suisses et les Français Font terminée. Que penser de la patience et des outils de gens qui taillaient une garde d'épée en filigrane dans le même bloc qu'une figure en pied ; qui imitaient en marbre des vrilles de vignes , des pétales de marguerite , des pédoncules de fleurs. Ces

• La statue de Philibert, les six génies qui Pcntourent, son ras([ue , ses gantelets, le lion à ses pieds, et une fouie d'urnenicns et d'attributs, tout cela est fait de cin4| morceaux de marbre blanc.

gam-iàue dcvcùeut pas tousser , ne pensaient pas» n'aTaient pas ime seconde de disiraclion* Un ooup de marteau donné mal à [u opus , et les voilà obligés de t4Mit xecoBimencer. £a somme on se dcK mande si le résultat obtenu est proportionné à h peine qu*on s'est donnée , et la réponse n est pas enoaufageant^ pour eenx qui youdraîent imiter Clonrad Meyt*

La fille de l'auberge où j étais logé , grosse paysanne de Bresse , m'a mieux parlé de Brou que le père Rousselet : « C'est » , dit-elle, u très superbe M et bien joli. » Superbe est le premier mot qu'on prononce , mais on le corrige bien TÎte par lemot

joli.

Ces prodiges d'adresse et de patience ne sont pas de Tari* Puis , cette ornementation est trop coquette et trop mignarde pour une église. £n aortant, on éprouTè contre Marguerite de Savcne la même mauyaise humeur qu^on ressent après avoir parcouru la maison d'un parvenu qui étale on luxe insolent.

Un autre trait de recherche a achevé de me brouiller avec cette princesse. £lle voulait entendre la messe à son aise<» et ne pas se mêler aux ho^

bereaux du piiys. Il lui lai lut faire une chapelle à part , avec une arcade de biais qui lui permit de Toir le prêtre à Fautel , tandis qu'elle était assise auprès d'une cheminée, priant et servant Dieu confiMlaUement. Cettearcade de biais, dont on trouve un autre exemple dans l'église de Saint-Pierre , a

Saamur, est un problême de stéréotomie habilement résolu.

Les vitraux sont très beaux, moins remarquables cependant que ceux d'Âutun. Les rouges et les jaunes sont pins faibles de ton.

Devant le portail est un cadran solaire singulier 9 OÙ Tobservateur se sert de stèle à lui-même. Sur une longue dalle est tracée une ligne méri^ dienne, de chaque côté de laquelle on lit les noms des mois de l'année. Autour de cette pierre» Tingt^ quatre bornes, portant le nom d'une heure du jour, sont disposées en ellipse et inégalement espacées. Pour saToir Fbenre , il suffit de connaître dans quel mois de l'année on se trouye , et se placer sur le nom de ce mois. L'ombre que projette le corps de Tobservateur se porte alors sur une des bornes , et lui ftit connaître ainsi l'heure , un peu approximativement il est vrai. ( f^oir un Mémoire de l'aeinmome de Lalande ^ ce ca^ dran,)

L'église de Bourg , qui s appelle Notre-Dame, Comme celle de Brou, paridt avoir été construite à peu près dans le même temps. Sa façade, plus moderne , est lourde et sans grâce. L'intérieur est de la dernière époque gothique; Comme â Brou au lieu de colonnes en faisceaux , on ne voit que des nenrures, qui partent du pavé pour se croifler sons les voAtes. J'aime mieux les colonkies minces du xm"^ et du xiv® siècle , interrompues pas des moulures qui les divisent, et surtout Tél^ant

càapiieau de ieaiUagei qui&outieat les retombées des arcades.

Une chapelle a des vitraux assex remarquables représentant Iç aiartyrededeoxsaintsipi'onbrule^ qii*on noie inittileqienty et qu*on décapite pour en finir*

Ma picaiîèrc journée a été employée tout entière à visiter une partie des aqueducs romains; H. de Gasparin , fils du préfet du Rhône , et ingé* nieurdes ponts-ct -chaussées, a bien voulu ui'accompagmr. Depuis plusieurs mois il étudte ces travaux (gigantesques , et à forcede patience et de recherches, il est parvenu à recoimaitre toute la ligne qu'ils parcouraient. M. de Gaqpariu te pro^ pose de .jbubUeàr le résultat de ses explorations : elles jetteront sans doute un grand jour sur les procëdéshydraubquesdesanoieiis; car toutes les dîffi* cnUés que pouvait présenter la nature- MnUent avoir étéréuniesauxabordsde la ville, comme p(Hit çiontrer que.le.géttîede» Homains pouvait triom^ pher de tous ]cs oLstacles, ' • ' .. .

L'ànoîen Lugdunum était bâti en grande partie sur le*orteau do Folirviè^ v ^ Imw duquel «ouïe la Saône. Pxest^ue devant ce coteau , elle se réu-

niisait au Hhône} maïs le point de jonction s'eal recalé sueceBsiyement par suite des attërissenienf qiri ont formé la longue presqu'île de Perrache , doBtrextrémité est maintenant presque hors de là tille. Des sources existent sur le eotean de Foufw vière. Mais ce n'était point encore assez pour les Romains que deux grands fleuves et des sources abondantes. Telle était leur délicatesse en fidt d'eaux, qu'ils ont entrepris des trayaux prodigieux pour amener dans leurs murs celtes de sourees éloignées de douze lieues. On se trouve bien petit quaud, après avoir visité ces ruines superbes, on assiste 4 une séance d*nn oimseil monieipal *oà Ion discute la dépense qu'occasionera lërection d'une borno-ibntwne.

Poqr amener i Lyon Teau des montagnes du Forez, il fallait d abord faire des travaux de ni* veUement , opération teajoum difficile el qno rimpefffeotite des inMranens antiques , tendut ime espèoe de divination» Je ne puis comprendre ^neotfe ixMuneni ib en venAient à h&oA. Afin de Qonserver à Teau ses bonnes qualités, on Ta fait couler sous terre autant que les localités le perneltftieiit* M. de Gasparin a suivi 4Wtte ligne aaii*

terraine dans les caves des maisons , le long des chenâns , partout où des excavations modernes avaient mis à découvert k bàtine «litige» ILa'é* tait si bien pénétré du système des ingénieurs roumm^ qtfil le fa èi ai l km travail tonvenl aaw anlra indication que à&m doner a Jni-niiKie'i

— aï

résoudre le problème qatih s'étaient protHNië. Ce dttt être îm vif plaisir potrr loi que 4e YOïr leél iuuiiios qu'il dirigeait, confirmer toujours ses prë-> irwiûiis.

Lorsque des vallées forçaient raqucduc à sortir de terre, une espèce de pont, d'une construction dont la solidité a bravé les efforts ides temps et des hommes, réunissait les deux collines, et transportait l'eau souvent à de grandes distances. Si' hi vallée était trop profewde pour qif on pût y élevèf des arches, on pratiquait des syphons, dont les tuyaux de .plomb d*ane immense étendue feisaient MQdonfer Teau jusqu'au point où elle pouvait reprendre son cours horizontal. On voit a Chaponttean Touverettre de ces syphons, la réservé d'eau, et jusqu'aux trous où les tuyaux de plomb s'engageaient dans la maçonnerie. Souvent encore en tronve des fragmens de ces tnyaax, et Ton

pense même que ce pourrait être une opération lucrative que de fouiller la vallée pour en extraire le* métal enfoui.

Les portions d'aqueduc encore debout n'ont aaevm ornement. Leurs proportions immenses lenr donnent un caractère de grandeur , que les détails les plus beaux ne pourraient produire. Partout la eonstnietion est . uniforme : c'est une masse de pierres brutes noyées dans le ciment et revêtue iHuu parement iie petite» pierres taillées

^ Ou fuit (léiivur ce uofn de cajput aiiuarum,

eo losanges , et apji^eiUëes avec une précisioa exte^onlimire. De quatre pieds en quatre pieds , Ja maçonnerie est interrompue par une eouche de deux briques posées à plat , sans doute, afin de mieux conserver rhorixontalité des assises S Le ciment qui liait ces petites pierres était tellement solide , que sur plusieurs points les piliers se sont renversés tout d'one masse. Dans ce cas , on oh* lierve que partout c'est la brique qui a cédé aux çffbrt» du temps et des banunes»

Le canal intérieur est revêtu d'une couche très épi4/N$e de ciment, coijaposé de brique pilée et de chaux ; les angles ont été arrondis et reafittcés par une épaisseur plus considérable. En examinant ce canal on voit avec surprise qu'il n'offre aucune

trace de dépôt aqueux, et l'on se demande s'il' a

Jamais servi? Peut-être faut-il cliercher la cause de cette singularité dans la nature des eaux. M. de Gasparin s*occupait à en faire l'analyse afin d*é* claircir ce point important.

Des hauteurs couronnées par ces aqueducs on a une vue admirable des montagnes de la Suisse» Ce jour- là le soleil couchant et un ciel d orage rendaient le spectacle encore plus magnifique* Pourtant je ne pouvais ni'rjupèclicr de faire intérieurement une comparai^n entre les ouvrais

■ Les oraklToltes sontdiYÛéetperpendiGttUûreiBeat par dw briques alternant arec les masrifs de petites |Herres , faisant office de claveaux.

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des hommes et ceu\ de la nature, et j*étais peutn êfite iiQtt^to pa«r la nature*

Pour éludinr Jjyon antique , il fiiut deacendre dans les caves, et y ciiercher une grande quan** Ut4 de subftruclîona romaines , intéressantes par le caractère varié des appareils. La belle carte publiée par M. Ârtaud est le iruit de longues et aaTantes investigations* Après lui, il serait ridicule à moi d*entreprendre le même travail.

J'avais espéré trouver à l'ile Barbe une église eaiiovmgienne; mais des battmens de l'antique

abbaye, il ne reste plus aujourd'hui qu'un petit licjubre. de débris incertains , encastrés dans des eomiroclions plus on moins modernes*

Auprès du nouveau ponton voit quelques restes de|i massiis de rancien pont qni.communiquait de nie a la rive droite de la Saône. Si Ton s'avance vers ia pointe de Tiie en amont, sur la rive droite, on trouve dans une muraille un bas-relief qui paraît avoir occupé Tintérieur d'un tympan. Il représente trois personnages debout , revêtus de longues draperies , la tête entourée d'un nimbe , les pieds appuyés sur des animaux que je crois des lions. Sur rarcbivolte qui surmonte le bas-relief est nne inscription en lettres onciales, disposée sur deux lignes et presque indéchiliVablc. La ffrossièreté du travail , la forme dos lettres, et l'exécution des draperies ' pourraient fiiire présumer que

I Bien que très mal sculptées, ces draperies sont plus larges

cette sculpture remafltonu-delà du xi'^ »iècle; mais la mauvaise conservation ée ee moaiunemt , qui pvratt wfiÂf été ébmigé de plaee , dt dotitIVigtne ei^ tout-à*»fait ineonnue , ne ]}crmot que des con* jeelttrè» très vaf^s. On rmt à o&lé une inscription rattmine , tumidaire » enoasirëe dons la môme mu*

' Hus km , dans un jaidin 9 sont les raines d*oiie

église romane , qui parait avoir été réparée dans la période gothique. La portion de ces ruines qui est romane ^ ofta eUe-mènie des fra^nens qni m'ont paru plus anciens qu'elle. Ce sont des médaillons d'au médiocre diatmètre, tebque ceux qui d ordi« . naire acoMipagnent lea sodiaqaeB. Le tMividl M est extrêmement grossier. L'un d^eux représente un animal , qae j'anrais pris ponr nn chien, sans la pv^cautîon de ^artiste de ftdre connaître son espèce par cette inscription :

BVC...«. LLVS £QVS ALEX.

On sait qu^il existait autrefois à File Barbe un

zodiaque sculpté du temps de Charlemagne; il est possible que ces médaillons en aient foit par* tie. D'autres médainons, absolument semblsJblea pour la barbarie de Texécutiou, ont été transportés de nie à Vaize, où ils décorent une maison

«{lie eelles (fu*oa obwrve da^ It» bas-rdiafr byiantîat i allai

se rapprochent de celles des dyptiquet des premiers siècles.

« On trouve sur la rive droite de la Saône plusieurs autres, inscriptions romaines , toutes très li ustes.

ÛOllVellement balle à rentrée de ce faubourg ' ik k pointe.de VUe^ en amont de la Saône» s*ëlè¥e le château, construit sur des recbm» On y modlMf un payilloa dans lequel Charlemagne , me dit-on , Rasseyait pour voir défiler son armée sur la rii^ g;aacbe. Oiarlèmagne, passant une revue assb/riè me plaît guère, et le pavillioa, d'ailleurs, rt!*albii Fair d'afvoir été bâti i la fin du x^" siècle^ Je ne me fie pas dilvànto^ à fa tradition' qui attribue ft eet empereur ie puits remarquable de 1 ile Barbe, CMUsë aiu bas des rœkeré w&t lesquels e^fondé le

château. Une espèce de pont jeté au-dessus , per-^ met d'y puiser sans descendre jusqu'à sa margelle. - ' lA-diapelte que fim r&kt dans Tile porte les ca*^

ractères crun édifice delà fin du sièele parlé mélange d'ogives et de picins-cintres , et le carac*^ tère dé son oraemMtation ^'mais elle a été m sou^ rent restaurée , badigeonnée , elle a reçu tant de fragmens anciens, que toutes ses parties doivent bispirer une grande défiance. J'y ai remarqué vtne

'LesGf^noiix sont représentés en buste, de face, tenant chacun une l«uce4Jiaouûn« U est impossiblo d^imagiuer rica d« plus informe que ces sculp^rei ; lei liras sont plus min^ ces que les doigts ; on dirait cef bous hommes que les eafims èhaibonneiit sur les murailles* Les lettres qui donnent Feip pficsiionde eiuique méMlon , sont dSs posées souvent sur une li^ne perpcndicaiaire ; d^autrcsfois elles suivent les cott» tours des figures , occupant les espaces vides du fond. MaîlicLireusenient , hi plupart de ces fragmens sont scellés à une si grande hauteur ^ qu*il est^diiBcUe de les observer convenablement.

iircade en ogîve, donfi Parddyolle estdievtwnëa ou taiUée.eu deal^ de scia^ fiien de plus laid que cette 6moG bjmrre»

En résumé, si File Barbe renferme encwebeau- GQ^4e^agniens, que i on peut croire antérieurs i^ux -sS et xif aiàolqs , déplaoea pour la plupart et

plus ou moins défigures ])ar des restaurations ancûenAeis y ils u- Qffrent plus de renseignemena suffis sans pour recevoir um date certaine. Jl est pro-^ bablc que plusieurs de ces débris ap])ar tiennent à répoque carloyingiei^ue^ mais aucun ne {pourrait être désigné partjisulièrçment. ,

L église d'Ainay, AiJuinacum ^ qui appartenait autcefoisi à rab)iayo<de vieikt.d'étre répa-

réa. L'ardiûteete^^^ans saTestciafatioii, a copié assez cxactenu^nt ce qui restait de 1 édifice ancien» Cep^ndapi le§.prënQi^ax qui sunoonteojt sa laçadia me paraissent de sa part une invention asseiK mal* heureuse* Ou doit lui sayoir gré tpM'tefois d'avoir conservé tous les anciens fi*agmens.de Tabbaje qu'il a pu réunir. Ils ont été soigneusement encas* très dans la façade ' ' ' ' L'église d'Ainay a été consacré en 1 107 ; cette âate est attestée par un titre incontestaUé , 'mais vraisemblablement cette consécration n'a pas eu^ lieu à l'occasion jfl*une constructioa BOUveUa el complète^ mais seulement d'une restauration con^

« Le bas-i ( lu f antique dee déo8S6s-mèred| décrit pur Millin^ a été tiaiisportc au Musée,

sidërabie. En ettet , on a conservé la tradition de phuietiTS antres réparation» aniiérienrefi, entre autres, d'une qui eut lieu en 937 ^ Sans doute la crypte, une partie des murs, et peut-être même les quatre fianeoBes colonnes de granité dn choMir, existaient dès cette époque.

On dit que-ces colonnes proviennent du temple élevé à Auguste par cent nations de la €anle , et l'on n'a, pour appuyer cette tradition, que le témoignage des médailles de Lyon, qui représentent ce temple, orné en effet déliantes colonnes. GellesK;!, ajoute-t-on, ont été coupées en deux pour qu'elles se prétittsent anx proportions plus modestes de l'église chrétienne.

Je ne nierai pas qu'elles ne soient antiques ; mais j'ai de la peine i admettre qu'elles aient été divi* sëes. En effet, si de deux colonnes on en avait fait quatre comme on le prétend , il y en aurait denx plus minées' que les antres, cellea qui provie»*^ draieut de la portion la plus voisine du chapi-* teau* Or les ecdonnes d' Ainay sont toutes de même diamètre* On pent dire, à la vérité , qu'après les avoir sciées, on a pu les tourner de nouveau , mais il me parait peu pn^bte que ceux qui traitaiegst avec cette barbarie des ouvrages antiques , se donnassent beaucoup de peine pour obtenir une régularité qn'on prisait.asses peu d'aitteurs dans la période romane. — Leuis cbapitauv courts et

■ T. GaUîi X" j tom. IV. Afkaïuiciiiii.

écrasés oOreut comme une ébauche de lacorlicille emnthienae, et je œiai» rnowe «Ufi^olcé éàJm nttribufir au xf' siàeley ai loutefoi» ik M «oui pu» |4u& anciens.

/ lia laçade d'Àinay est ornée d'ancovdon de lor tsmgeB incrastés, en cooleiir ronge. A Textérieur^ rapside présente un appareil varié , compoi»é de pierres taiUéeaen louages , carrées , ete, , doalk forme se dessine au moyen d'incrustations sera- Uiibies* — La ilèclie qui termine la tour qui s*élàY« liu-dessas de la porte principale , aussi bien que les angles relevés qui donnent à cette tour ([uelque obose de Taspect d'un tosnbeau, me paraissent postérieurs à la construction primitive* Quant i la porte principale , qui est en ogive, elle appiutient , je orois, à une restauration du xm"* siè<dt^»

Plusieurs des chapiteaux historiés de la nef okt un caractère antique. Au milieu de icuiUage^ assez nat vendus , on Toit des masques qui rappeUant la sculpture du bas^^empire*

L'éfjlise amaintenaut la forme d'une basilique; nài» il est probable que wt plan primitif était celui d'une croix latine. Ljic chapelle gothique du xv^ sièole a été bâtie sur son transsept gaucbâf et l|u sacristie occupe le transsept droit. C'est par oette sacristie qu on descend maintenant dans la ovypta ^ etensée dans une partie de cette saUe> sens le ohoBur et la piînmpale apside»

I Jo m sarhc pas qiiNm connàisse de rrypfe qui t^éfende

. Cette erypte , qu'on dit awir servi de prison à saint Polli^ et à Manie BImdine , n'est qu'une

petite cave de huit pieds sur quatre , caoununiqimnl à d'autres careaux de même grandeur par des ouvertures carrées où Ton ne peut entrer qu'en rampant. Il est évident ([(ic le sol a été très eAansaéy earlas xetombëeidela yoàte tondant presque à terre, el un liomme de raa taille s'y tient debout avec peine. Malgré la sainteté du lieu, on en a lait aujourd'hui un magasin de charbon de terre et uu cellier

Uneceste presque phis rien de la moiaiqpie qui représentait ^ dit^on , le pape Pascal II ; et la plus grande partie des lettres de riuseription, qui était auore intacte du temps de Miliia , a disparu aujourd'hui

L'église de Saint-Pierre est toute mod^ne à l'intérirar* Il n.'en reste plus qu'une jolie porte romane , qui probablement n'était pas la pi inci-

mtétjà d0 VmmM9 omatar^e ioa é^Use. C«it coite or- CQDsIaoce qui me fait penser que TéglUe d'Ainay avait prinùtivementla forme d^nne croix.

' Le sacristain me dit que cette crypte communiquait par UM 'Souterrain pratiqué sous la Saône avec Téglise de Saiut- Irénée, que Jules-Géwir avait creusé ce tunnel, qu'il s*ea servait pour y faire paMereoo armée , etc. Cette ahrarde tradition, qui n*ad*aiUe|ir8 aucun fondement , se retrouve dans une foule de lieux. A Vienne, Maroeille, on m*a fait leméme récit»

« ïïùc hùc , flecte j^enu , veniens quicumque precaris. Hic pai est , hic vita , salus ; hic sanctificaris , etc.

pale , avec un porche intérieur orné d élégantes oolonnes engagées , sarmonlées de chapiteaux , dont quelques-uns oflrent une imitation évidente, mais un peu libre , des chapitaux corinthiensXes imitations se rencontrent fréquemment dans les villes où il a existé des monumens anlicjucs.

— Depuis peu de temps , ces colonnes ont été peintes à f kuile* Passe tmcore pour le badigeon à la colle.

On voit à Saint^Paul des preuves d'un vandalisme encore plus extraordinaire. Les piliers , qui

étaient à pans octogones, dit-on, ont été transformés en grosses colonnes rondes, au«noyen d'une épaisse couche de plAire. Les chapiteaux , historiés , eux-mêmes , ^ont été recouverts de plâtre et transformés en détestables doriques. On a peine, à comprendre comment , sans nécessité , on prend plaisir à dénaturer un monument remarquable.

— Comment la dépense de ce replâtrage n'a-t«lle pas arrêté ceux qui en ont eu l'absurde idée?

— Aujourd'hui cette église tombe en ruines. Ses tours se sont écroulées , son toit est lézardé de toutes parts ; il est probable qu'on sera furcë delà démolir. Dans l'état où ou Ta mise , elle ne peut guère inspirer de regrets , cW comme un malade désespéré , dont la mort doit terminer sa douloureuse agonie.

L'église de Saint-Irénée a été si complètement restaurée , qu'elle n'oiire plus le moindre vestige de sa haute antiquité. La crypte seule a été con»

sevffe: use petite chiqpelleMHitenve par des

coloimea très simples , avec un tore au lieu de de chapiteau^ lies arcades sont en plein cintre, légéraneot venirant , de manière à présenter la

forme d'un fera cliLval. Le pavé en mosaïq'Ue grossière, composé de carrés et de triangles alternaCiyemjeni noirs et blanos , a été fort détérioré parles pmtestansdu baron des Adrets, qui le boule versèiceni en 1^2, pour y chercher les trésors qa*ik y croyaient enfouis

Au ûiilieu de la crypte , on montre rouverlure 4'an troa rond ou d'un puits dans lequel on a recueilli les, o^es dixHnéuf mille martyrs égorgés à Lyon par ordre de Septime Sévère* A ce compte , le puits doit être trèt profond^

Saint-lean-Baptistc , la cathédrale de Lyon , a été comment dans le&premièrea années^ du xiii*^ fiiècie , ou dans les demièrea d» xn". Elle n'a été terminée que sous Louis XI ; sou portail date de fiiOn époque, du moins la partie supérieure* .

Ceat un édifice i^othique , asses noUe, ou Ton retiouve encore quelques souvenirs, du stylo roman, qui n'a disparu oomplèteroent, dans le midi, qu'è Tépoque de la renaissance. On remarque autQw* dç i ap&ide priixcipale , c'est la partie la plus ancienne , une espèce de frtseon deoordon

* La moMiIque de TégUse • upérieure , dont il restait encore quelques fiqgmeat, Iiks du passage de Millûi , wnt d*dtro re» faite îneiiCi,

d*iiicro0Maoii rouge «ar fond de imiribm Uanc , dont tes waemam «mt teat-4-f«)t b^finntlns. Les

arcades de la galerie, qui fait le tour du chœur,' portent sur éds colonnes et des pilastres très or* nés, ou plutôt très tourmentés , apparteimiU à la dermère période du stylo roman. Paut^tre proyiennMt-ils 4e l'aneienne église sar les ruines de laquelle la cathédrale actuelle aurait été bâtie.

Sa iiaçade , autrefois décorée dW grand nombre de statues , a beaucoup soufiert du fiuoistisrae des protestans , qui n*ont pas laissé aux iconoclastes de 9S un seul saint à décapiter. Pourtant les Tonssnres desportesoffirentencoreuifgrand nonbbre de petits bas-reli^ très curieux , surtout par la variété des ^pstnmes qu'ils repiésentent» Ce sont ces costumes qui me font penser que cette partie de la façade remoute plus haut que le xt" sièele. En e£^ , on oinerrmi que tous les guerriers sculptés dans les médaillons des entrecolonnemeus du portail sontrevétusde cottes de mailles, oomne an xm* rioèie , tet non d^armnres foi^gées. I! est vrai que par la même raison que nos artistes d'aujourd'hui copient leurs prédécesseurs , eenxd'antrefois ont pu fiiire la mémo chose. Ton* iefois , la grande ressemblance de plusieurs de ces bas-reliefii avec ceux des portes de Notre- Dame de Paris , me persuade quHIs sont contemporains.

Les Lyonnais montrent avec orgueil aux étran» gers la jolie chapelle de Bourbon , bâtie par le

CMdiad de oe Mm ^ et ion firèro

bon, gendre de Louis XL Elle se distingue par des ornemeits d'une delioaiesse d'un précieux qui m'ont WÊippelé les imm do hné de* htm. Le»

chardons , ( on écrivait autrefois cherdons ), qui

96 roproduûeiit dans tous iies ornemeus, sont un jeu de nMt en aeulplBre* On ^teed qiitr Pierre de Bourbon voulait exprimer ainsi que le roi lui avait fait nikcherdon eu lai donnant sa liile* Le calembonrg est détestable, mais la ciselure est merveilleuse.

A droite de la oathédiale , en voit les reste» dVm bâtiment nommé La Bianéeanteiie , dont le iaçadeest ornée d'incrustations rouges et de quelques baMrelie& d nn style tréf anoien. •Malhen-' reusèment des réparations tontes modevnes ei» ont déjà altéré le caractère. Il faisait autreiois partie de ranshevèehé* ie le crois eontempofaki de l'église d'Ainay *.

L'église de 5aint-Niïier, bâtie au xiv° siècle sur rempkeemeBt d^une basiiiqne romane est, avec

la cathédrale, le plus intéressant monument gothique que j'ai vu à Lyon ^ son portail est de la renaissancOé II a été construit par Mnlibert De Lorme* On admire ses proportions élégantes, mais il forme mu contraste désagréable pour le style avee le reste de l'édifiée. La crypte a étéeomplètement restaurée, ou plutôt refaite M x^i'' siècle*

* Quelques antiquaires le croient du vm^ ou ix<^ sièeler

IM

. Le iDiuéedeLyon fenfeniie ngniiidM defragiiieii8a»ti«[iie0 de la plus honte importraee»

Qui ne connaît la liarangue de Gaude, gravée sur deatubJca cto: bronze, la ooune de oha» ei leti aulm mùÊÊSqmê placées dans la falerie des tableaux? C est aux soins de M. Artaud que la ville doitjoette belle coUeotion qni , souisadirectioti, s*e8t formée presque entièrement de morceaux découverts à Lyon même, ou dans les localités voi* flînes*

La galerie de tableaux est extrêmement intéressante par le nombre et la variété des ouvrages qu'elle renfeime* L^ascention dn Pérogin, donnée ;\ la ville do Lyon par Pic Vïl , est 1 un des plus estimés Le earac^re des figures et les poses sont admirables de naïveté ei de noblesse; mais le dessin est sec et dur comme celui des premiers peintres greos. La Vierge , qui occupe le miliett du tableau, n*est pas une femme. Il me semble qn'i cette épuque on ne savait ce que c'était que la composition, ou bien qu^on ne faisait aucun cas de oet art. Les figures sont fdaoées an hasard à côté les unes des autres , et pourraient être déplacées sans que le tableau en souffrit.

Un magnifique Rubens m*a frappé davantage.

Le sijyet est bizarre : c'est saint Dominique et saint François protégeant le monde contre JésnsrChrist qui veut le punir. Jtbus-Clirist , presque au, on

» Il a été pendant quelque temps au Musée royal de Paris.

le prendrait pour un Jupiter furieux , tient le

foudre et va réduire iu terre en cendres. La Vierge, belle Flamande , fraidbe ei dodue , interoède et lui mimtre tmei inutikment ^ comme il parait, le sein qui l'a oqurri. Dans un côté du tableau , le Père, enveloppé dans un grand manteau rouge , parait garder la neutralité; .un groupe de saints et de saintes s iucliiie et demande grâce. Mais saint François et saint Dominique ne s'amusent pas à de vaines prières, ils pensent au plus pressé ; ils étendent Tun sa robe , l'autre sa main devant la terre, qui est un beau globe bleu , et ont Tair de dire à Jésus-Christ ; Laucc , si tu l'oses ! Lorsqu'on a repris son sérieux, quou ne peut garder en voyant des saints traiter ainsi le Bon Dieu comme un enfant en colère quuii tance vei tenient quand il fait tcop de bruit, on admire sans xésen» Fordonnance de la composition, Tharmonie des couleurs , la vérité et la vie de tous les personnages. Rien de plus beau que les tètes de saint François et de saint Dominique : il est impossible de voir uu tableau plus splendide , plus riche de tons. 11 semble avoir été fait à coups de balai , ei cependant les étoffes et les chairs sont admira-* blement rendues.

Je citerai encore un autre Rubens, l'Adoration des Mages , qui parait une première pensée du grand tableau du Musée de Madrid : un magni* jfique saint François d'Assise mort, et les yeux ouverts comme en extase, de Uibeira: uu Ter-

bQTf , un Hirenrdt; pldêienrs LntsA Olordiina,

Teniers, etc. , etc. Si je pouvais choisir dans cette belle coUecUon , je prendraûi un petit portrait représentant, dit-on, la maîtresse dm Padouan; c*est la tête la plus ravissante , où Ton ne sait ce qu'on doit le plos admirer, de la beauté des traitg on de Texpressimi* II semble que la forme et Tàme sont également rendues. Je ne crois pas que la peinture puisse s'élever plus haut.

La galerie et carrelée en marbre , ce qui entretient une humidité fâcheuse pour les tableaux* En outre, les jours étant mal ménagés, les tableaux reflètent la lumière, et il est impossible de les voir convenablement dans leur ensemble. — Un architecte moderne définissait un musée : « Une galerie ornée de tableaux. ^ Beaucoup de ses collègues semblent avoir pris sa définition au pied de . la lettre, et croient que les tableaux lie sont qu'accessoires et destinés à décorer les murailles qu'ils bâtissent. On oonstruit maintenant une nouvelle salle, éclairée par en haut, parquetée, infiniment plus commode. On m'a dit qu elle était destinée exclusivement aux peintres lyonnais. A la bonne heure ; c'est un trait de patriotisme que je respecte ; mais ne pourrait-on pas donner une petite place à côté d'eux aux Pérugin, aux Rubens,

surtout à la jolie uiaitresse du Padouan?

Dans le même local se trouve une bibliothèque contenant environ douze mille volumes , une cinquantaine de manuscrits » et un assez grand nuni-

— lOS —

bre de portefeulles de grtrares rares. G*esl mne

des piuâ belles bibiiuthèc^i^s spéciales qu'il y ait en firovînoev car presque tons ees livres sont de ceux qu'un artiste a besoin de consulter.

Oa s'occupait à former un cabinet d'histoire natmdle ; il ëtati encore fort ea désordre et fort

pauvre. Quelques singes mal empaillés , ci quelques peauK puantes et rongées des vers, composaîeiit cette coUectîcHi. €*est la passion de tontes les villes , d'avoir un musée dliistoire naturelle, lime semble que l'argent qn'ii coûtera seraitmieux employé à augmenter la bibliothèque ; car on ne peut espérer de composer jamais une coUectton bien intéressante , à moins de dépenses eonsi*^ dérsUes, et nne vingtaine d*aninianx empaillés ne SQtat bons qu'à amuser quelques badauds oisifii,

L'éeole des beanx^arts "de Lyon a produit plusieurs artistes célèbres* £Ue a un style à elle , et elle possède nn mérite Tare dans oe temps <, eehu

dechercherune imitation exacte et consciencieuse. J'ai assisté à la distribution des prix , et j'ai été frappé de la jeunesse de la plupart des élèves qoe l'on a couronnes.

Le plus grand nombre étaient des tils d'ouvriers qui , an bout d^ an oa deux d'étndes , deviennent dessinateurs d'omeraens dans une des nombreuses fiibriqnes d*éto£fes de Lf<m. Plusieurs de ees jeunes gens allaient aban^nner leurs études pour se consacrer à cette profession , que Ton dit

fort faieratiTe. l'csnai tu qnelquefli-iins qui asinoiw faient de telles dispositions , qu'on regrettait de leur voir abandonner une carrière qu*ils auraient parcourue avec distinction. Mais c'est la destinée

des arts , dans le temps où nous Tirons , de se montrer à la suite et comme auxiliaires de Tindustrie^ Au x^i^fAèéke unB»Tenuto Cellini ciselait unyase

qui devait décorer la table d'iiu prince. Aujourd'hui nous n'avons pas de Benvenuto , mais cent dessinateurs qui travailleni pour autant de fabft*

(ans de plaqué ^ et leurs ouvrages sont sur tous les iiufiets^

J*ai tronvé ebes M • Erun , marchand de^ enrio-»

sités sur la place des Terreaux , le fiahellum de Toumus qui est pai^enu entre ses mains à la suite de je ne sais quelles ayentures : sa conserration est parfaite. C'est une espèce d'éventail en parchemin , de la forme de cés écrans circulaires qui se développeat en sortant d'un étui qui les renferme. Le xuauelie en ivoire esôt d'un travail très précieux et mieux composé qu*oii ne peut Tattendye d'un meuhle du xi* siècle. C est une suite de petites £igure& saintes ou grotesques , diversement groupées , dont quelques-unes ont un air antique, que je ne puis ^n 'expliquer qu'en lessupposai^t copiées diaprés des dyptiques des premiers temps du christiaBisme. Le parchemin est orné de miniatures de saints fort inférieures pour l'exécution aux sculptures du manche. Les couleurs ont çQP^enré encore leur^éclat; les vertaet le& ronges »

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qui d'ordinaire s'altèrent facUement , a'ont rien perda deieur vivacité.

La ville moderne , avec ses rues tortueuses eit ses maisons mal bâties, ne mérite plus Fépithète de Pulchra, donuée à la Vienne antique* £n revanche , sa position est admirable : assise sur le penchanl de coteaux qui dominent le cours du Rhône, elle est entourée de montagnes, les unes pelées , les autres couvertes de végétation , dont les profils variés terminent son panorama de la manière la pliis pittoresque. Du sommet du mont Salômoki , couTOiané par les raines d^un C^iàteau du moyen âge , îa vue se promène sur un ravissant amphithéâtre de collines et de montagnes , qui semblent s*être séparées par une catastrophe V iule aie , pour laisser passage au ûeuve qui coule en âmont de la ville , comme prisonnier entre de hantes murailles.

Wa première visite fut pour le musée , établi à pfeséiit dians un petit temple antique ' , autrefois Convèftieli église, èl horriblement défi<^uré. Les colonnes qui entouraient la cdla ont été engagées

« Cest ropinion 4e SfiMi et de 8eiuim4eri

dans une ignoble maçonnerie , et commesi ce n'était pas assex de barbarie , on a rogné les cannelures des colonnes 9 afin de les faire entrer dans raligiienicnt de ce mur de clôture.

Dans ce musée sont réunis un grand nombre de fragmens antiques , parmi lesquels on remarque quelques tronçons de colonnes d'un diamètre énorme qui supposent des monumens de proportions gigantesques. Plusieurs morceaux d'une belle frise, des rinceaux gracieux, et des chapiteaux composites d'une belle exécution , sont déposés à côte de débris de statues colossales , malheureusement bien mutilées. Eu voyant ces prodigieux débris , on est tenté de croire que les Romains étaient une race de géans.

On mène d'abordles étrangers devant un groupe parfaitement conservé , qui représente deux enfans , (lontTun tient un oiseau , l'autre clierclic à le lui enlever , et le luord an l)i as pour l'obliger à le lâcher. Sur les troncs d'arbre obligés, sont scnlplcs an serpent et un Iczard. Oii a voulu voir dans ce groupe u^e allégorie morale, le bon et le mauvais génie , ou la lutte du bien et du mal. Il faut supposer , en ce cas , qu'il est bien d'attraper les petits oiseaux, que le lézard est une bonne béte et le serpent une méchante* N^est^il pas plus naturel d'y voir simplement une étude d'artiste ' ?

■ Peut-être ces animaux sout-ils une marque de l'artiste , uneinanicrQ de rappeler son no» aurait eu de Tanalogie

£lle est d'ailleurs un peu maniérée. — Une cbar« mante letMIe en mailm bkne, mérite encofe

d*être citée. On Fa restaurée maladroitement ; la tète , qui était détachée du corps y a été replacé^ de la manière la pins disgrâoietiie» — Lei pattes

et le corps sont rendus avec une rare perfec-

Sur le penchant de la hauteur da Pipet, dam

un jardin particulier, on voit des gradins et des aoatemina antiques. On a dm long-temps qu'un amphHhëitreaTaitd&sté danseelien.M. Delorme^ conservateur du musée , qui avait la bouté de me servir de guide t pense , aveo bien plus de raisyi , qne ces gradins ont appartenu à un théâtre. Elu admettant Thypothèse d'un amphithéâtre , il fau* drait stqqpeser un prodigieux travail pour élever à une hautenr correspondante les gradins oppo* ses, et Ton ne trouve pas de vestiges de cette construction» De plus , du côté de la ville , dans le bas du jardin , on a découvert les substruc tioiis d'une muraille qui ferme le demi-cercle formé par les gradins, ce qui ajoute une probabilité da plus à Popihion de M. Delorme. La seule objection que Ton puisse foire à son système , c*est qu'il exista à peu dfedistauoe , ctes ruines encore très reconnais* sables , d'un théâtre, et qu'il parait peu croyable

aTSc ceux de ces reptUes. Quelques exemples très connus «utorîseiit cette opinion.

> La belle téle de fanne du Musée d« Piris a été trtUTéc à

Vienne.

que Vienne en ait eu deux a la fois. Tout peut se cGoeilier en supposant qne ces deux édifices n'ont

pas existé bimultanëiuent , mais a des époques dit* iereutes.

Au*dessus du théâtre, dans la partie la plus

élevée de la ville , on trouve une vaste enceinte flanquée de tours de distance en distance, .qui suit les contours du plateau du Pipet. Elle parait avoir servi de caïup ou plutôt de citadelle* C'était sans doute là que logeaitk garnison romaine avant que le pays des Allobroges eût perdu entièrement sa nationalité. Plus tard, dans le moyen-âge, les n^ymilles ont été exhaussées , mais le système de fortification n'a pas été changé.

Les évéques de Vienne nommaient le gouverneur de ce fort et celui du château Salomon. C'était toujours un chanoine de la cathédrale, qui avait un lieutenant , homme d'épée j ce privilège a duré fort long-temps.

Les aqueducs romains de Vienne sont souterrains* Le plus grand est depuis long*lemps abandonné. Les dimensions de la partie que l'on a reconnue ' sont colossales : c'est une galerie assez large pour que deux personnes y marchent de front. DUIleurs la forme du canal , son revêtement et la nature du ciment qui le compose , tout cela est absolument semblable â ce que j'ai vu dans les

> Une portion do cet aquodac sert de magasin de Taf^ots à un boulanger.

aqueducs de Lyon. — Deux autres aqueducs plus^ petits ont étë découverts depuis quelques années.

Au moyen de légères réparations , on les a mis en étal de fournir à la ville Teau nécessaire aux besoins dea habitans*

Au-delà du château on rencontre une voie antique , faisant partie de la voie Aurélienne , taillée à mi-côte , et remarquable par son pavé , summa cruéia, composé de gros blocs de granit irréguliers, mais assemblés avec soin, de manière que les interstices soi( ut aussi étroits que possible. Je ne comprends rien à ce système de pavage , qui me parait des plus incommodes ; outre la difficv^ que les chevaux devaient avoir a s'y soutenir, Topératioa matérielle du transport et de la pose de ces pierres énormes devait être tràs pénible et très coûteuse. Il est vrai que la durée de ces matériaux est indéfinie, et le peuple singulier qui les cm* ployait semble avoir cbercbé 9 avant tout , à transmettre à la postérité le souvenir ineâaçable de sa puissance.

Deux arcades et une portion de voâte , extrêmement ruinées , voilà ce qui reste des portiques qui bordaient le forum de Vienne* On y reconnaît la trace d'une restauration antique. Cet édifice m'a paru lourd et mal exécuté. Ses proportions colossales, comme celles de presque tous les monumens antiques de Vienne, le rendent cependant imposant* il est probable qu'il date de la décadence diBsarts dans les derniers temps de l'empire.

Toat auprès B*ëlèveiit les rampes d'un immeiiBe escalier. Les pierres en sont eneora si bien assem*

blëes , qu'on ne croit pas d'abord Toir une ruine , mais le conmieneenient d'une consiraction mo-* derne. De tous les restes de la grandeur passée de Vienne, c'est cette rampe que j'ai le plus admirée et qui m'a donné la plus haute idée de la splendeur de la ville antique.

£a sortant de la ville par la route du Dauphiné , et à peu de distance des dernières maisons du fau** bour^, on trouve un munumeiit singulier, qu'on appelle l'Aiguille ou la Pyramide. C'est une pyranS9e à quatre pans , creuse dans une partie de sa bauteur , posée sur une base élevée , carrée , percée de quatre arcades flanquées chacune de deux cck tonnes engagées. Leurs chapiteaux ne sont qu'ëbauchés; ce ne sont que des cônes tronqués et renversés* De là , et de l'absence de moulures à la base de Funé des huit colonnes , on peut conclure que le monument n'a jamais été terminé; car on sait que les Romains ciselaient les détails d'arehi-' tecture sur place. Le dessous de la pyramide , le plafond de sa base , si l'on peut s'exprimer ainsi , est formé par cinq pierres plates d^une très grande proportion. — Tout le monument est bati de pierres de taille admirablement appareillées. Nulle part on n'aperçoit de traces de ciment ; mais il parait que les blocs étaient réunis par des crampons de métal; car on wit les trous profonds qu'on a pratiqués autrefois pour les extraire. Beaneoup de

constructions romaines ont été ainsi mutilées par le même motif. D'ailleurs , il ne parait pas que ces erampona fiuaeat bien utiles , paiaqae la solidité

de la constructiou na paâ iîouiiert de leur enlè* Tement'.

On ehereherait en mn iim inseription sur ce

singulier monument qui m'a rappelé la pierre de Couani, mats en beaa. On ne Toii pas même de ces trous diaprés lesquels fimagpnatioK s'exefêe à deviner les lettres de bronze qui s'y incrustaient. Le tradition Tnlgaire en a fait le tombean oa le eënotaplie de Venerins , fondateur de Vienne , i peu près aussi authentique que Francus , papier roi des Fraiies. Toutefois, Timpossibilité de tim^er une autre destination a cette pyramide donne lieu de penser quelle a été élevée, en effet, pour servir de cénotaphe, et Tiatemiption du traycil pourrait s'expliquer , dans cette hypothèse , par nue des révolutions si fréquentas. dans l'empire, qui faisaient oublier ou poursuivre la mémoife d'uu personnage à qui l'on avait rendu les bon* neiurs divius* Quant an nom du personnage , on m peut trouver vingt aussi probables les uus que

' H y a quelque! années , le propriétaire du diamp oû se

trouve la pyramide voulut Tubattre , et Toeuvre de destruction fut commencée. Jl en fut empêché par les magistrats de Vienne. Aujoui'4'liui ce terrain e^t unepropri^t^té muuicipale. Oo devrait s^occuper de donnerde Técoulement aux eaux qui y forment une mare profonde en hiver, et qui pourrissent le# fondationt . Un fossé etune rigole suffiraient.

les aulres, ou si ron remi tout antsi improbables.

Celui (l'Alexandre Sévère a prévalu.

J*ai terminé lecataloguedes monumena romains que j'ai visités , je passe à eenx du moyen-âge. La plus ancienne église , eu apparence , est celle de Saint-Pierre, qui tombe en ruines et qu'on a dépouillée de tous ses omemens. A Textérieur, les archivoltes des fenêtres et les claveaux, sont de9* sinés par des briques entrmiélées aux moellons, appareil qu'on observe souvent dans les anciennes oonstructions romaines. Il m'a semblé que le plan général était celui d'une basilique ; mais un charron^ëtabli ses ateliers dans la nef, elle est si encombrée , tellement entourée de amures modernes , que je n*ai pu Fexaminer de près. — Dans une rue voisine , on m*a montré deux lions de marbre , fort mutilés* Ils décoraient autrefois le portail de Saint-Pierre et servaient , m*a-t-on dit, de bases à des colonnes. Ce sont probablement les mêmes que Millin a décrits. 11 parait les regarder comme un ouvrage antique. J'ai peine à le croire ; au reste , ils sont dans un si triste état qu'on ne peut pas se flatter de reconnaître leur origine par le style de la sculpture. Tels (ju ils sont , ils mériteraient cependant un peu plus d'égards , et j'ai demandé pour eux une place dans le musée.

Saiut-Aiidré-lc-Bas m'a paru à peu près contemporain de l'église d'Ainay à Lyon. Le cloître , qui présentait des détails charmans , sert maintenant de cour dans une maison particulière, et ses

charmantes colonnes sont cachées dans une iiiaçouaerie grossière — L*ëgliso a été restaurée tout réoeminent. On sait ce qu'on doit entendre jMirceiiiot restaurer. Mais ici on a poussé les choses un peu loin. Ce n'est pas un badigeon ordinaire qui recouvre les murs, mais bien des fresques dans le goût des enseigner de cabarets. Il faut savoir que tous les ans des essaims de barbouilleurs italiens se répandent dans les dëpartmiens du midi , et couvrent les murs de nos églises de leurs ignobles compositions. Si Ton ne proscrit ces gensla , je ne sais où ils s'arrêteront. Ils ont peint à Thuileies pdas{.res et les colouuch de Saint-Ajdré en couleur de marbre , et les chapiteaux historiés, dont plusieurs sont d'un travail curieux et délicat, en couleur de bron^. Ce n'est pas tout , l'inscription du duc Ancemond * , si remarquable par sa date, est maintenant masquée par une chaire i[vi*on a plantée devant. Quand donc les curés comprendront-ils qu^il est de l'intérêt de la religion de conserver à ses temples leur caractère antique , si grave , si imposant , si chrétien ? S'ils barbouillent les églises comme les cafés , n'est-il pas à craindre ^ue Textréme ressemblance de lieux d'un usage si différent ne porte les gens a se mettre à leur

* M. Thierriat, professeur de peinture au Musée do Lyuu, a fait un joli lublcuu de ce cloître avanl qu^il fût déUguré. Je crois qu^il existe dans la galerie du Roi.

3 Uic jacet dux Ancemundus , NuUi virtutc «ectindus. Yoh* le foc êimth dans Touvrage de M. Rpy.

aise aussi bien dans les uns que dans les autres?

La tour de Saint- André est un chef-d'œuvre de grâce et de légèreté. Elle ee compose de quatre étages; les trois premiers, percés de deux fenêtres; le dernier en a quatre. Ua sont séparés par une areatuie dMsée en Crois parties par autant de tétet grimaçantes qui Lienneut lieu de consoles. Les fe* nètres «ont cintrées aree des ardÛToltes saillantes r otonliaii t «ur des colonnes à larges chapiteaux. Un toit, extrêmement plat, couronne parfaitement cette tour élégante» Cest une des plus élevées que j'aie vues dans une construction romane, le ne la crois pas cependant de beaucoup postérieure à 1 100; elle a été certainement ocmstruite dW seul jet.

L'église cathédrale, Saint-Maurice, est presque entièrement gothique ; mais le défaut d'harmonie que Ton y remarque en entrant , la largeur de ses trois nefs et ses proportions un peu lourdes , attestent que le plan primitif a été modifié à plusieurs reprises. 11 y a peu d'églises , en efiét, dont la construction ait duré plus long-temps t die fci coBuneneée en 1081 , et ce n^est ^le vers le milieu du XVI* siècle qu'elle a été terminée. C'est de cette dernière époque que date le portail et la partie de la nef qui y touclie. On reconnut alors que la largeur de Téglise était hors de proportion avec sa longueur , et on allongea la nef autant que la disposition du terrain en pente pouvait le permettre.

8é forme est celle d'une basilique terminée par trob êiféàea» Lté hait pmûar» ptUens da chaque cAtë à partir êe Fafiaide , appartiennent an eommeacemeat du XH^ siècle, et à l'exception des bn^ démens, et peut-être d'une crypte dont on MMip« çoune l'existence , mais qu'on n*a pas reconnue , q'eit çe qu il y a dt^ piu£ ancien dans la oonstrucr

tiOQt

A rintërieur de la nef, ces piliers sont dëeorés de pilastres cannelés et rudentés; des colonnes en^' gagées soutiennent les retombées des arcades; et

les chapiteaux des uns et des autres sont historiés

et de style bysautin. Les arcades de la néf , en ogive et entourées de bilettes, indiquent une épo* que de transition par l'emploi d'une forme nou-»

ayeo des ornemens très anciens.

im ofois ces aroadesde 11H0 à peu près.

Une galerie percée d a^-cades ogiv^des , règne autovur de la et du choeur. Autour du chœur, elles reposent sur des colonnettes gothiques, mais dans le reste de la galerie les colonnes sont remplacées par des nervures* Ainsi oette portion de la galerie est bien postérieure à la première, qui, eil^iuème , Test évidisnun^nt à Téreotion des pilievs à chapiteaux romains dont je viens de par-r 1er. Au-dessus et au-dessous de la galerie, mais dans le cèieur seulement , on^ observa w oordon ou bwB d'ornemens tohcpm formant des dessins bizarrei> , mais assez gracieux , ibrt semblables i ceux de la cathédrale de Lyon. Des palmettes,

des figiires iThoiniiies et d'animaux , une infinité

d arabesques impossibles à décrire;, composent cette firise. Le dessin en est gprossier, mais Texéoution parfaite* A quelque distance Feffet est excellent.

Les YoAtes de l'église n'ont été tenninées qu'au xYi* siècle. Elles sont peintes en amr avec des étoiles d'or ; mais elles sont maintenant horriblement crevassées , et si Ton ne se hâte de les réparer, elles compromettront bioutôt la conservation de rédibce.

La façade tout entière appartient au gothique fleuri. Les voussures des portes sont remplies par de.charmantes statues, dont plusieurs portent encore la trace desmutilations du baron des Adrets. Il est iiupossible de trouver sur les bords du Rhône une église qui lui ait échappé. — Le fronton ou pinacle qui encadre l'ogive de la porte principale, est interrompu par la première galerie ; je ne sais s'il a jamais été terminé. £n prolongeant les lignes de ses côtés , on arriverait au-dessus de la at>isée qui surmonte la porte.

. Le portail de gauche est orné, à Fintérieur,

d'un zodiaque dispose sur une seule ligue droite, commençant au verseau, sans addition de hgures allégoriques, accessoires presque inséparables dél zodiaques. On remarque , des deux côtés de cette porte et de celle qui lui correspond, des colonnes antiques en marbre blanc , enlevées sans doute à des monumens romains. Les chapiteaux sont mo-

dernes Le cloître a été abattu. A Textérieur, quantité d'inscriptious sont inorlisiëes dans les murs , quelques-unes du xii^ sièclei On aperçoit aussi des traces d*ancieiiiieâ peiutures , maintenant presque entièrement effacées«

Le parvis, fort ëlevë au-dessus de la rue, est de la même époque que le portail. Sa balustrade , très élégante, a beaucoup souffert, et la ten'asse penche maintenant sur la rue d'une manière menaçante. Des fonds sont alloués pour sa réparation, mais je doute qu'ils soient suffisans. — On peut se convaincre combien autrefois on faisait j)cu de cas de cette symétrie à laquelle aujourd'hui on attache tant d'importance ; non seulement les deux côtés du parv is sont inégaux, mais son alignement n'est pas parallèle à celui du portail .

datnte^slmnbe*

En face do Vienne, de Tautre côté du Rhône, s'élève une tour carrée , arrondie aux an^es, qui parait avoir été bâtie vers le xvr^ siècle pour àé-

' A côté sont quelques iMis-reliefs curuniiL de la fin du xii<^ siècle ou du comiEicncement du xui". lU mériteraient d*étre conserrés avec soin .Des tombeaux ayecdes inscriptioiui fort anciennes sont déposés dsns la nef. ( Voir leur descrip-. lion dans FouTra^e de M. Bey.)

fendre rancieii pont. Si j'en juge par des di ssins faits il y a plusieurs années^ aon oouroûnement a été fort altéré. Telle qn'eUe ett^ elle produit en* corc un cfict inagiiifique. De son summet on jouit de la plus belle vue du monde* C'est maintenant Un café dont le maître, devenu one espèce d*antiquaire , sans doute pour être propriétaire de cette tour vénérable , joint à son commerce de bière et de liqueurs, celui de vieilles cruelles, d*aiines rouillées et de médailles romaines.

«l'ai traversé le Rhône aujourd'hui (7 septmbre) pour voir le cabinet d'antiquités et d'objets d'arts de madame Michoud. Son château est situé dans le village de Sainte-Colombe^ qui formait uik bourg de la Vienne antique. Pendant plusieurs années elle a fait faire des fouilles avec persévérance dans une de ses propriétés où l'on trouvait à la surface de la terre une grande quantité defragmens de marbres antiques. Ce lieu s'appelait le Miroir dans le pays, et ce nom et la présence de ces fragmens ont fait penser à madame Michoud qu un établissement romain avait existé en ce lieu , et que son nom francisé pouvait bien avoir pris son origine du revêtement brillant de ses murailles. Le succès le plus complet a couronné ses reeiiepches ; non seulement ses fouilles ont misa découvert les fondations d'un édiiice considérable^ qu'on serait tenté de regarder comme des thermes , une immense quantité de marbres précieux , des conduits souterrains , etc. $ mais encore des tronçons

niches^ et, ce qui est Lien plus précieux, deux «taiiieft en maitee blanc de grande praportiou el Àhm tivrail trèt lemanfeable* L'une teprëiente

une femme couverte d'une longue draperie dont

serpent radié autenr de ioa bras indique que

tait une Uygie; la présence d'une image de cette difinitétendbie confirmer Topinioa que j*ai vap* portée sur la destination du monument où die a été trouvée. Le travail est un peu lâché, mais il a de la gfandenr. le crob qoe cette staine a été iaite ponr être vue a distance , car elle n*e$t point de celles dont on peut dire castigata ad unguem» Les plb seul pvoibndémemt fouillés , mais on ne remarque pas ce fini et ee précieux dans les détails, qui distinguent beaucoup d'onvrages antiques» Le marbre est d*uB blanc tirant sur le bien ^ à gros grains el à cassure sacchaïaïde. Je le crois grec ou des Pyiénées.

L*aatffe statue est encore plua remarquable* C'est à mon sentiment, le morceau antique le plus

eitsaordinmre qn'on puisse Toir.

Jusqu'alors j'avais pensé que les anciens avaient toujours subordonné l'imitation de la nature à un eertain type idéal du beau absolu, ce qui les a conduits souvent à des résultats extraordinaires f'dr parti , si Ton veut bien me passer ce terme il'aielier« Nous voyons en effet que les Grecs n'ont Jamais représenté les enfans avec leurs membres

— ISO —

grêles et leur grosse tète. Us ea ont &it de petits hommes bien proportionnés. Un peu nMÛns scrupuleux que leurs maîtres , les Romains ont cependant toujours idéalisé leurs modèles, et même en figurant des monstres fantastiques , ils ne se sont pas écartés entièrement dm beau. Leurs Cei^ taures par exemple sont de beaux hommes entés sur de beaux cheveaux. Si parfois ils ont voulu exprimer la laideur , ils se sont attachés à la rendre ierrildef évitant qu'elle parût dégoéian4e* D'ailleurs^ les rares exemples du laid antique se réduisent à Texagératiou de quelques traits de la face , et u la &ee. dans une figure nue n'a qu'une importance secondaire »

La statue que je vais décrire est faite d'après un tout autre système , car il est évident cpie l'artiste n'a reculé devant aucun des détails d*une iuiitation complète et exacte. C'est un démenti éclatant à la règle générale , et qui prouve que, dans , tous les temps, il s'est trouvé des hommes qui, à tort ou à raison , ont cherché un moyen de succès dans le contre-pied des opinions reçues. Ce. ùit suffirait seul pour attirer TaUention sur la statuo

» Voir la description d'un haiii tle femmes turques dans les Leltrei de Lady M. Montagne. — En relisant ce qui précède^ je me suis rappelé un passage de Lucien (Dialogue du Menteur), où il est question d*une statue difforme. Mais Pexemple n*est pas concluant puisqu'il s'ajjit d'un portrait, celui de PéUcus , capitaine corinthien , par Béraétrius , qui le représenta avec un groê99nfrB et des eeiiies ênfiéeê.

de madame Miehaud; la beauté, la finesse de

réxcculioii,ceje ne sais quoi de grand, qu'un habile statuaire donne à tous ses ouvragea, la rendent encore- pins ouiieuse et plus remarquable*

Cest une femme agenouillée . dont la position rappelle celle de la Vénus à la tortue. La tète, les bitselles pieds, ont été bri8ës;mai8 il est facile de juger par le mouvement du eol , que la tète était tournée i4lroile* Le bras droit était dirigé Ters la terre du eAté opposé» Les seins , dont l'un est dé* primé fortement par le bras droit , sont gros , un peil pendans el semblent gonflés de lait ; ce sont erax d'une belle nourrice qui n'en est pas à son premier enfant ; la cuisse gauche est un peu plus reloTée que Tautre; et le mouTement général du corps le porte en avant , le centre de gravité passant par la hanche et le genou droit.

Le modèle était une femme de vingt-sept à vingthuit ans , un peu grasse , avec des formes solides et charnues qui commençaient à perdre de leur élasticité* Par suite du mouvement du corps , les flancs donnen t lieu à des plis de graisse, et le ventre, d'ailleurs fort gros , a aussi des plis , aocidens malheureusement assez communs dans la nature , mais que le statuaire a toujours négligés. £nfin , je ne saurais donner une meilleure idée de cette statue qu'en priant le lecteur de se représenter en marbre la Syrène de Rubens , qui ofire des perles à Marie de Méctieis dans le tableau du départ de cette princesse pour la France j mémo excès d embonpoint,

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