MAISON DE L'ABBÉ
dëcoraiion porte le cachet de l'époque de Louis XU, si chérie des amateurs. Des porcs-épics , sculptés au-dessus des chambranles, donnent même à cette date un nouveau degré de certitude, et sont moins contestables que les moulures qui se pénètrent perpendiculairement , les fenêtres surbaissées du rezde-chaussée, les feuillages frisés et toutes les fantaisies qui couvrent la façade. L'édifice a quatre étages \ ' percés chacun de deux fenêtres (i) ; celles du rez- ^ de-chaussée étant très larges, la plus grande partie de la façade se trouve porter à faux ; mais l'épaisseur et la solidité des murs ont prévenu les accidents que devait entraîner ce vice de construction. Deux tourelles flanquaient l'édifice ; mais elles ont été rasées au niveau du toit, aussi bien que la galerie qui les réunissait selon toute apparence. Quant aux dispositions intérieures , elles n'offrent plus le moindre intérêt. Il faut en excepter une chambre du dernier étage où j'ai aperçu des fresques plus qu'à demi effacées par la poussière et l'humidité, et auxquelles les propriétaires de la maison n'avaient jamais fait attention. Sur la paroi la mieux conservée], on voit un saint Christophe portant l'enfant Jésus. Sur les autres , oh distingue avec peine comme une procession de guerriers à cheval conduits chacun par un page. Toutes les figures sont au moins de grandeur naturelle. Au-dessus de l'une
(i) Il y a en outre deux fenêtres au rez-de-chaussée et deux autres pour éclairer Fescalier.
4'eU^ , Tai lu le nom de Roland , ce qui m'a Êdt çupposer que peut-être lé peintre avait voulu rçpjçé- §enter les pairs de Charlemagne. le doutée fortipiei même avec tous les soins possibles, on parvînt à ntyi- Yer][es couleurs; mais il seraitintéressantdel'essayer. Vai^te et située au centre de Tulle , cette maison serait Ipie^ appropriée à un hôtel de ville. Le propriétaire , M. Sage , consentirait à la céder pour la faible somme de 1 7,000 fr. D'un ^utre ^é , on se plaint tous les iours de Tincommodité et de FinsufEsance de la Maison commune actuelle; en sorte que cette translation serait agréable à tout \ monde. Je yous prierai, Monsieur le ministre, de vouloir bien appeler sur cette affaire l'attention de SI. le préfet de la Corrèze , qui , d'ailleurs, apprécie toas les avantages que présente la Maison de Vjibhé. 4-u besoin même, je n'hésiterais pas à vous proposer de prendre , à votre charge , une partie de la dépense ; car la nouvelle destination donnée à ce monument serait la meilleure manière de le conserver; ce serait aussi une occasion de le réparer convenablement, ce qui pourrait se faire à très peu de frais.
Toutprès de cette maison, on montrelabase d'une très ancienne tour ronde (on la dit du ix® siècle), seul vestige des anciennes fortifications de Tulle. Rien de remarquable, si ce n'est la grossièreté de l'appareil et l'épaissçur de. la maçonnerie.
DKSJHEK DE CLÂIBFAGE. t3S
DOIiHEIt DE CLMRFA6E ,
[mqo^rns db roc-ds-tul '
Mon désappointement, dans la recherche dés moBuments celtiques, aux environs de Mehun^ ne m'eiopédha pas d'entreprendre une excursion dans lo méliiebu^ à queliipies lieues de Tulle. On m^an»nançait une foule dé monuments gigantesques , plusieurs <s<o|nlech*s , des rochers taillés de main dfhQmme, ^ip. Je vis, en e£fet, cpianfîté de pierres, quelques-unes fort pittoresquement groupées ou isnqarquabfes' de loin par leur forme , mais toutes incontestablement Fœuvre de la nature: non point toutes pourtant, et ma longue promenade ne fut pas aussi infructueuse que celle de Mehun ; car je vismï dolmen bien authentique et assez bien conservé , et en outre, une enceinte d'origine inconnue, hrt curieuse et différant, à plusieurs égards , de tous les camps que j'avais observés jusqu'alors.
Le dolmen (au hameau de Glairfage) est cdnnu sous le nom de Peyrelevade^ c'est le nom généri-^ que dans le pays de tous les monuments de cette espèce* Itest fort enterré, n'ayant pas plus de trois j^eds^ aiMtessus du. sol ^ mais on l'a répemm^it creusé^ 2^ l'intérieur, sans arriver pourjtant à la base des impostes , de manière qu'on peut se tenir facilelement debout sous la pierre horizontale^ Quatre pierres le composent, trois enfoncées en terre, et
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fortement inclinées en dedans, assemblées à angle droit et recouvertes par une quatrième un peu inclinée vers Uentrée du dolmen. Cette dernière a sept pieds dans son plus grand diamètre ; mais la forme en est tout à fait irrégulière : son épaisseur varie de deux pieds à dix pouces. Suivant Tusage, le dolmen est fermé à l'Ouest et ouvert à l'Est. Peutêtre autrefois était-il plus considérable, car quelques fragments épars à l'entour me donnent liea de croire que d'autres pierres existaient vers l'entrée. Nulle trace de travail sur les parois ni sur la table. Ce sont de larges blocs de granit à peu près plats, irréguliers et tout à fait bruts.
L'enceinte entoure le sommet d'une montagne qu'on dit la plus élevée du département et nommée le Puy-de-Roc-de-Vic. Elle se termine^ par un petit plateau tout hérissé de rochers et dont la forme se rapproche d'un cercle ou plutôt d'une eUipse. D'un côté, les pentes qui mènent au plateau sont couvertes de rochers éboulés, et confusément entassés les uns au-dessus des autres; ailleurs, bien que raides, elles sont accessible^ aux chevaux du pays. Sur ce plateau, je devrais dire, en raison de sa surface accidentée, sur ce sommet, se trouvent les ouvrages que je vais décrire., Un fossé l'entoure, large de quinze à vingt pieds, profond encore aujourd'hui de plus de cinq. Là, seulement, où les masses de rochers formaient une barrière naturelle et infranchissable , le fossé est interrompu , mais reparaît bientôt au-delà. Partout, les terres ont été
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rejetées à Tintérieur de l'enceinte , et son développement m'a para d'environ six cents mètres. Un passage assez étroit qui traverse le fossé indique l'ancienne entrée.
Vu de loin , le Puy-de-Roc-de-Vic paraît avoir deux sommets très rapprochés , l'un formé par des masses de granit fendues et déchirées de cent manières bizarres ; l'autre , par un mamelon conique SËSsez régulier, ayant à peu près cinquante pieds de diamètre à sa base. Celui-ci , en face de l'entrée du retranchement, est élevé de main d'homtne, et se compose de pierres toutes de moyenne grosseur, entassées pêle-mêle avec un peu de terre. Si l'on veut, ce sera la principale, redoute du camp, une sorte de citadelle intérieure. On reconnaît, sur le sommet de cette éminence artificielle, les substructions d'une espèce de tour de forme singulière; c'est un carré tangent à un cercle. On peut prendre cela pour un observatoire ; car, si cette tour eût été destinée à servir de défense , je doute qu'elle eût pu renfermer plus de quatre ou cinq combattants.
* Jusqu'ici j'ai supposé que cette enceinte avait été un camp , ou bien un oppidum de refuge pour quelque peuple encore bien sauvage ; mais cette supposition est à peu près gratuite, car elle ne s'appuie que sur une analogie assez vague avec quelques enceintes ou romaines ou barbares, que l'on considère généralement comme des ouvrages militaires. Celle-ci s'en distingue d'abord par son
m ROC m yio.
de forme çoiuque, i^nÊa pw la V^K^f qui k wiH jwpt^f l^ çboixi d^ MeoMf qne $aii iiiégsilîté m^ détestable pour camper , et l'éloigOQiQeQt dst^ïesH^ sçm% dçs 9i:gum^m[is a^^sez forte conjtw sa <fealUiatjiop milil^r^. Ce que j'ai d'a]K>rd appelé une itts doute, pourrajit fort bien être up tu^lulwL^ «» gâlgâl^ wi tombeau ayaut à sou aomioat vam petite fpur au U^u d'un, st^le ou d'iw peulvao , ooianft on eu xoit ea Bi^etagne. Le fossé ne serait qpi'uBe Q^ceinte aapcéei comme celte de Stone Henge* IIsecait^ Imn. k désira qus'on, C^uillat le cçsie de pierres* Jusqu'à, ce qu'o^ ait découyecb dans l'eiH qemte <pielques. <^jet;^ cara^téd^ques , comme sûmes 9 poteries, ossemenis, etc* y je cirois praident de s'abstenir de coiiïjectures sur son oirigine.
A quelquest lieues de Tulle? sur la route dlAu^ riUac., on yoit, auprès d'une mfû^Qa. i^olée^ une pierre plate, d.'uQ mètrjç. à peu. p^ de côté , isr clinée sur une autre pierre yerticale» mais très bs^se ou fvQ£on^pmm% enpdrré^. Ce Im sluppelle
Peyre Levade. Sans ce nom remarquable» je n'auraîs &it aupuxie attention aces pierre^, qui, peutêtre ont fait partie d'un dolmen , détruit depuis long-temps., c^r on n'en connaît poinl^ d'^utrQ' aux environs^ qui ait pu. dpnnc^ un nom à ceVf^ localités
Plus, loin 9 entre Argentat et SaintrMauMA, j'ai observé, près de la route, deux émimaices^ qui m'ont paru des.tumulu&;maisla nuit venait et je
AUBILUC. \^
nç p^ 1^ ezamiiper ^nyeçablei^çiit ^^'im, ^ ^uche de 1^ ^oi^te , mç çenable bieij^ stut^eii|ti({uç ^ l'autrç y plus éloig];ié , i^'inspire dj^ 4ou,te$. D^ piçn^es lassez grosses, au sommet d^e ces petjites émixi^^cesy sont peut-être les débris de dolmen^ au bien de peulvens, comme oçi^ en tjrouye beaucoup sur les tumulus des cbamp^ ^ Çarn^^c e^ d'Erdeven.
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Dévalées pendant; les g^uerres de religion , l^s églises d' Aurillac ont en grandes partie perdu, leur caractère primitif. Saint-Géraud, la plus ancienii^ (car la fondation de l'abbaye est fort antérieure à l'exiAeficç de la ville) , rebâtie vers la Çn du xv^ siècle , ou au commencepient du siècle suivant^ offre tous les défauts du style gothique lors de sa décadence : piliers sans chapiteaux pé* nétr^ par les; nervures de la voûte, ornementation flamboyante , d'ailleurs des plus mesquipes. Il ne reste de la première église d'Âurillaf:, ou plutôt d& relise bâtie dans le xi^ siècle , que quelques ppi*tions de murs , et des colpnn^ engagéies^ oubliées dans la restauration duxv®. Le chœur seulçment^t les dernières trayées de 1^ nef sont tea:i)[^inésy et un