SAINT-SAUVEUR
ractère de son origine. Piliers, arcades,. fenêtres , ornementation y presque tout appartient à V^ poque bys^itine. J'ai examiné plusieurs chapi* teàux d'une magnifique exéeution (i), et qui, par l'excellent. goût de leurs entrelacs, rappellent les plus élégants chapiteaux moresques. Sans doute , a^vant la restauration de l'église, une galerie ré** gpait Iç long des transsepts unissant la nef au chœur; aujourd'hui , il ne reste plus que les mo* dillons ou les cpnsoles qui soutenaient cette galerie. Très ornées^t pour la plupart historiées > eU^ jHfésentent une foule de motifs bizarres, mais d'un travail très curieux.
Successivement des chapelles se sont ajoutées à la nef, quelques-unes , où j'ai ol^ervé quelques détails bysatitins ou de transition^ n'avaient point, on le pense bien , une semblable destination dans le plan original : c'étaient, je le suppose, des es« pèces de vestibules pour des entrées latérales. Gela ne me semble pas douteux pour une chapelle don* nant dans le collatéral Nord, et remarquable par une rpse eh forme de roue percée dans la muraille du fond.
Parmi les colonnes engagées dans les piliers de la nef, on en voit un assez grand nombre tronquées à la base , et cela sans aucun égard pour la symétrie. Si cette disposition étrange n^est pas
(i) D'autres chapiteaux beaucoup plus grands et encore. {)lus remarquables peut-être, déposés à terre dans des chapelles, proviennent de Tancien porche, si màHieareasemeuE d^rtiiCi
152 FIGMC.
primitive, elle est du moins fort ancienne, car plusieurs de ces colonnes se terminent par des consoles historiées , d'un style qu'on ne peut guère rapporter qu'à l'époque de transition, supposé qu'elles ne soient pas encore antérieures.
En &ce du transsept Sud est une grande chstr pelle un peu plus basse que l'église qui, peutêtre, servait autrefois de salle capitulaire^ Deux colonnes isolées reçoivent les nervures de la voûte. I^ruCTaentation de la chapelle, d'ailleurs assez médiocre, se rapporte au xiv^ sièlAe, et, si telle n'est pas la date de sa construction , 41 Êiut croire au moins qu'à cette époque elle a reçu une réparation très considérable.
Bien que l'amortissement des murs extérieurs porte les traces de restaurations successives , on remarque, avec Quelque surprise, un cordon de modillons fantastiques d'origine bien évidemment bysantine, qui règne le long de la corniche. Je ne puis m'expUquer leur présence qa^ea supposant qu'ils ont été toujours replacés dans les différentes restaurations, avec un soin qui n'est pas âans exemple , car tel est le cas pour plusieurs églises , notamment Sainte-Radegonde , à Poitiers.
J'ai lu dans le chœur cette étrange inscription . peinte «ur un arc doubleau : Dieu m'a ornée 1 54o. Dieum'a rqmrée 1761. Nulle trace d'une décoration telle qu'on pourrait l'attendre du xvi* siècle ; quaftt aux réparations du xviii®, elles ne sont malheureqsement que trop évidentes.
OBÉLISQUE. 15a
Au Nord de SaiQt-Sauyeur cm voit une petite ^lise qui n'en est séparée que |>àr uile rue àssess étroite; Autrefois , ni Vt-on dit ,^ c'était un^t égli^ paroissiale : maintenant c'.est une propriété particulière j et eUe sert de magasin. SD'après sa position , j'aurais* peiisé qu'elle . avait fait partie de* bâtiments de FAbbaye. Construite au %s^ siècle, elle n'offre à l'intérieur rien qui m/érite d'être cité ; mais sa façade est remarquable par une immense ogive très ornée et qui en occupe çrésque* toute i'éteridue. Dans l'intérieur de'oiNtté ogive sont percés une porte j et au-dessus, une rose d'un travail très délicatr • .
En partant pour Villefrançhe , j'ai, i^emarqué, sur la montagne qui domine Figeac un obélisque octogone très élancé , construit de moellons et fort semblable à plusieurs, monuments de ce genre qu'on rencontre souvent dans les cimetières du' Limousin et du Languedoc. La tradition populaire veut qu'ils aient été bâtis par les Anglais et qu'ils serviissent à porter un fanal. Quant au premier fait, l'apparence de ces obélisques , presque tous du XIV® ou XV® siècle, le rend assez probable. Le second est parfaitement absurde , car , pour atteindre au sommet, il faudrait non point une immense échelle, mais un échafaud. Entièrement isolé de toute habi^ tation , loin de toutes ruines, l'obélisque de Figeac n'a rien qui indique sa destination ; aucune inscription n'y est gravée et la date en est inconnue. Quelques antiquaires pensent, non sans probabilité,
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qu'A indiquait au moyen-âge la limite d'une cer« taine jucidictkmy «elle des magistratscle Figeac par esemplf. ' , t ^ **
TILLBFRANGHE.
Gralide église du'xy^ticvi® siècle sans caractère et presque dépourvlieL d'ortiemeutation , malgré l'e.ceUence<k h pi^re du payf qui par sa dùn^té. et la finesse de son grain est merveilleusement propre à la sculpture. Pourtant, grâce à sa position sur une place entourée d'arcades , elle produit un meillfur e£fet qu'on n'en pourrait attendre de son architectuie. La * façade en raison |le sa hauteur y et peut--étre aussi par quelques faibles tentatives de décoratioUy est la partie la plus remarquable, ^ pourrait dire la seule remarquable de tout l!édifice. £lle se ccnnpose d'une tour élevée ^ suppose par d'énonnes contreforts obliques; à sa base est un porche auquel on accède de trois cÀtés par autant d'arcades 9 toutes fort élevées y et dont les archivoltes ornées de quelques moulures pénètrent les piédroits , suivant te sjar terne ordinaire dans la décadence du gothi^pie. . Au-dessus de l'arcade qui précède la porte {)rificipale de l'église, on voit une £métre gémin^^e^assez ^ étroite et qui le parait davantage au milieu de la
YILLEFRANCHE. . v lâS
graiMle surface lisse* où eUe se trouveu ï)es contre* forts obliques dont j'ai parlé y part une balustrade flamboyante régnant aurdevant d'une (errasse qui ^ marque le niveau du secoild étage. Une porte aer* vaut aussi de fenêtre y car son amoriiisserpent est une 'grande ogive géminée , communique à cette terrasse et éclaire le havit de la tour un peu en retraite sur sa base. Vient ensuite une assez large plateforme sur laquelle , mais fort en retraite, s'âève un petit clocber en bois^ addition toute nfoderne'en apparence. Quelques clochetoiï^ très médiocrement ornés gamisseift les angles des con* treforts y mais déguisent mal leurs proportions exagérées Rien , selon moi, ne caractérise mieux l'étrange transformation qui s'opéra au xv^ siècle dans le système gothique, que l'énorme saillie qu'on donna alors aux contreforts des tours, Désorlnais elles perdirent l'apparçnce de légèreté qui les distinguait et que les architectes du xiii* siècle s'étaient étudiés à donner à toutes leurs constructions. Quelquefois, il est vrai, un grand luxe d'ornementation déguise un peu la lourdeur de leurs masses , et nous en avons vu un exemple remarquable dans la tour de Beurre à Bourges. Mais ici rien ne rachète ce défaut , et l'absence de tous détails qui pourraient détourner l'attention, le rend mêtne phis sensible. .
Le choeur, qui m'a paru la partie la plus ancienne de l'église , n'est éclairé que par des fenêtres trèsétroites et, au lieu d'arc^^boutants , des contreforts