‹ Notes d'un voyage en AuvergneChapitre 32 sur 70 · VILLEFRANCHE · texte numérisé non relu

VILLEFRANCHE

saillants achèvent de lui donner une ressemblance frappante avec les églises de la Creuse et de la Haute-Vienne, bâties dans un système gothique bâtard, que j'ai déjà eu plusieurs fois roccasion de signaler. Malgré la hauteur des voûtes , les arcsboutants sont inutiles dans ce systèifie , en raison du peu de vides laissés dans les murs latéraux. JTai déjà parlé de l'absence presque complète d'ornementation dans l'église de Yîllefranche ; la porte occidentale présente seule une suite de voussures assez 'riches remplies de dais bien travaillés , espacés régulièrement, mais laissant entre eux une trop forte proportion de parties lisses pour produire un effet d'ensemble satisfaisant. On remarquer^ de plus qu'il n'y a pas une juste relation entre la grandeur de la porte et ses ornements beaucoup trop petits et trop détaillés.

On voit à ViUefranche , particulièrement dans la grande rue , plusieurs maisons des xv^ et XVI® siècles ; quelques-unes assez jolies. Une , entre autres , m'a frappé par l'originalité de sa façade. Au-dessus de la porte s'élève une tourelle carrée, en encorbellement, portée par un groupe de monstres fantastiques. Les chambranles des fenêtres, couverts de feuillages et de rinceaux d'assez bon goût, le style général de toutes les sculptures., me paraissent se rapporter à l'époque de Louis XII.

(BiUhenœ.J

La cathédrale de Rodez y située sur le point le plus élevé de la ville , s'annonce de loin par sa masse imposante. Vue de plus près , elle ne justifie pas l'impression qu'elle avait produite à distance, et) malgré sa, grandeur et l'élégance de quelquesuns de ses détails y elle ne peut soutenir la comparaison avec les églises bâties dans les beaux temps du système gotfa^ique. C'est pourtant au xixi^ siècle qu'elle fut commencée; mais sa construction^ poursuivie avec lenteur , dura fort'longtemps : dile n'est point encore achevée ftfjourd'hui (i). ' - ; *

. Son plan est une croix latine ^ avec des trans* septs si courts , qu'ils ne dépassent pas les murs extérieurs des chapelles latérales. Elle a deux autels opposés, l'un k l'Orient, l'autre à l'Occident;

(i) Les fondements furent jetés par Tévêque Raymond P^'yCn 1174 G* X*. Acprimitm càm videret eccleûam penè collabeniem, novi templi longé ampUorîs quaU nunc vhitur fundamenta jecit..,, Fajrdittu JtÂigrefeuiUe (t364) dédit ad ecclesiœ snrla tecta facienda mediam partem fruetuum btneficiorum vacartûtim. Guillaume lien fit de même en 1404. Gmllelmus prœ ceteris episcopis eccleske fahricam diu antea inchaatam auxit, Turrim adhitc superstitem œdificavît (t444)*

Bertrandus de Chalancon (1470) absohendœ majorû ecclesiœ animum attendit et partent , œdiam episcopalium quœ huic operi obicem ponebat cvertàt, etc.

158 BODËZ.

mais cette disposition n'a qu'une apparence commune avec celle qui caractérise la plupart des églises rhénanes. De même qu'à Saihte-Cécile-d'Alby 9 les chanoines s'étaient .réservés ici l'autel à l'Orient; la partie occidentale de l'église est attribuée au servicç de la psfroisse. Une autre circon*^ stance ei^qué la position d'un autel à l'Occident. Autrefois /dit-on, ia façade de ce coté était en- •cUvée dans les reipparts de la ville, notamment les deux tours . inachevées qu'on voit à. l'extrémité Ouest de la nef. Sans doute, la destination rhilitaire de cette partie de l'église empêcha de plaeer Tétitvée principale sur un point ûatureitement exposé , et qui , d'ailleurs , étaifà cette époque hors de la*?ille (i).

La«dîsposition du choeur et celle de la^nef sont stmb^ables. Des piliers éfevés, mais lourds, les séparent des collatéraux. On se représentera la forme de ces piliers , en supposant un noyau cylindrique flanqué de quatre colonnes engagées, qiti viennent s'y souder et s'y fondre insensiblement. 'De loin, cette forme n'est nullement agréable ,' peutêtre parce que l'œil a peine d'abord à s'en rendre compte. Au lieu de lignes nettes et fortement tranchées, comme celles que produisent des colonnes c^i se détachent franchement de leur noyau , on ne voit ici que des ombres vagues , et

(x) Raymond d'AigrefeuîUe renouvela et répara , en x35x , les remparts de Rodez.

qui ne de&^iQent pas le pilier. Point do^ ch^pk^ux^ mais se^lemenl une moulupe, qui^ 'suivant les contours du piliei*, rap(>elle un peu, par ses ressauts bigarres, les ornements contournés du xYiii^ siècle» Au-dessus des hautes** arcades que portent ces piUer8,^gnç une galerie tiop basse et trop étroite pour la grandeur des arcades in£^ rleures, défaut de proportion analogue à celui .que je remarquais dans la cathédrale de Bourges, et su/ lequel je ne reviendrai pas. Des moulures perpendiculaires j .dans*le style anglais, encadrent chaque ogive de cette galerie. Uj!ie seule fenêtre, médiocrement large, éclaire le h^ut^de chaque travée. U faut noter son tympan flamboyimt et très tourpnenté , dont les courbes {tracer jjy prolongetnehts des meneaux, commencent bien, .avant la naissance de l'ogive maîtresse. . ,

Ce n'est qu'aux portails latéraux ^u'U faut^ chercher une ornementation véritabiement riche et él^ante. Bien que mutilées, leurs portes offrent encore une foule de jolis détails , d'une ^Kécution très précieuse , et qui font regretter la perte dé toutes les figurines qui remplissaient les voussures.* It ne reste plus que des clochetons élancés , de jolis dais, peut-être trop capricieusement découpés , mais en soiàme de l'effet le plus agréable. Cest , je pense , à la fin du xiv® siècle qu'ont été. construits les deux portails , Nord et Sud.

En dehors de l'église, un peu au-delà du trânssept Nord s'élève une grosse touç carrée, qui passe

à Rodée ^Qur le plus beau monument dé la ville ; mais ihon admiration ne répondit point à Fattente que Ton m'en avait fait concevoir. Bien que les étages supérieurs soient tout à jour^ et d'une construction très hardie, l'aspect n'en cause pas pour cela plus de surprise ^ et même l'impression de lourdeur est la première que l'on éprouve. Pour apprécier le mérite dé cette tour, il faut, ou la coptempler de fort loin , des montagjals qi^i environnent Rodez , et voir le jour passer -à travers ses*découpures , ou bien encore, il faut ^pi avoir visité l'intérieur; mais alors, cest le ra^nnement, en quelque sorte , et nçtn la yjié , qui en fait concevoir la légèreté réelle. Ô'uné base carrée, flanquée de tournes aux angles , partent huit piliers réunis par plusieurs rangs' d'arcades , et décorés d'une profusion de pinacles et. d'ornements flamboyants. Ces piliers portj^nt la plateforme. Rien de plus léger, sans doute ; mais on a craint pour leur solidité, et l'on a àe& devoir les renforcer d'arcs-butants et de contreforts décorés également de clochetons, de dais, de bouquets de feuillages (i). pans cette multitude de détails ,. qui , comme un réseau, entourent* l'octogone central, l'œil ne peut démêler ni plan ni symétrie. Rien ne se détache nettement sur le ciel ; on ne sa^it pas une forme régulière ou qui explique le plan de l'architecte : on ne voit qu'une massa confuse , dont

(i) Ils sont trop grossiers pour produire un bon effet, même de loin. .

on ne peut démêler le profil. Au centre de l'octogone t s'élève un escalier en hélice qu'on ne voit que de l'intérieur , et qui a l'inconvénient de boucher les arcades jetées entre les huit piliers ; en sorte que l'ensemble forme une mass^ noire ^ au lieu de ces fines découpures. à jour, que les premiers architectes gothiques ménageaient avec tant d'art dans les tours du xiii* siècle. Par cet escalier , on arrive à la plateforme supérieure , entourée d'une balustrade bizarre ^.et si haute qu'on devrait plutôt l'appeler un mur ou une cloison travaillée à jour. Rien, dans un édifice ^ ne produit tin aussi mauvais effet qu'une chose dont la forme est en contradiction absolue avec sa destination. Or, je le demande , qu'est-ce qu'une balustrade tellement faite que, pour regarder en bas, il faille l'escalader? — Un lanternon, sur monté d'une statue de la Viei^e , patronne de la cathédrale, couvre la cage de l'escalier , et , comme il se trouve fort en retraite sur la plateforme, il ne paraît jamais à son avantage, même de loin, sinon quand on l'aperçoit d'un point aussi élevé que l'est la plateforme. Sur le couronnement du lanternon , on lit ces mots : Consummatum est i53i. A la hauteur des toits de la nef, une autre inscription encastrée dans la tour rappelle que, ruinée par la foudre (i) en 1 5oo, le 4 ^^^ kalendes de mai , elle fîit rebâtie,

(i) La toar était surmontée d'an clocher en bois. François de Stains le fit remplacer par un clocher en pierre qui ne fut termiaé qu'après sa mort.

en 1 5 1 9, par l'évéque François de Stains ^ dont les armes se trouvent partout répétées.

A tous les étages de cette tour , l'exécution des ornements est extrêmement grossière et négligée^ et Ton pourrait citer, comme un exemple de la plus détestable sculpture , les statues des apôtres et des évangélistes, juchées sur des clochetons , et tellement g^ojtesques et mal ajustées j que, malgré la hauteur à laquelle elles soi^t placées , on s'apeiv çoit de leur incorrection.

On doit au même évéqu^ , François de Stains , qui avait fait réparer cette tour, d'aiitres^ travaux exécutés dans l'intérieur de l'église et vraiment dignes d'éloges. Déjà un de ses prédécesseurs, Bertrand de Chalançon, avait construit lé jubé (i), qu'on voit à l'entrée du chœur, et qui , malgré de nombreuses mutilations , étonne encore par Taf dresse surprenante avec laquelle on a refouiUé dans la masse une profusion de feuillages tour* mentes, d'une extraordinaire légèreté, et suspendus pour ainsi dire à de fragiles tenons de pierre. François de Stains entreprit d'achever l'isolement du chœur, par la construction d'une clôture qui devait se lier à ce jubé ; mais la mort le surprit au miUeu de ce travail immense , qui fut alors abandonné. Aujourd'hui l'on a transporté, dans une des chapelles latérales , un fragment de

(i] Je suppose que tel est le sens du mot odeum : Odeum ndrd artc construendum curavit. G*. X*.

cette clôture, qui paraît avoir beaucoup souffert de ce déplacement L'ornementation, d'une richesse e:Ktréme, présente un mélange assez gra*> cieux du style gothique et de celui de la Renais* sance , mais qui tient cependant beaucoup plus du second que du premier. On admirera surtout des arabesques d'une très belle composition et parlaitementsculptées : de petites têtes fort gracieu^s, et une foule de menus détails qu'il serait trop long d'énumérer. Je ne puis approuver pourtant des rinceaux entremêlés de figurines , et découpés à jour de manière à former une espèce de grille ea pierre. C'est comme un bas-relief dont le fond aurait été enlevé. Malgré le précieux du travail , les ornements sont lourds , et l'on sent que l'artiste qni a exécuté ce tour de force , s'est proposé une difficulté qu'il n'a pu entièrement surmonter; car, enfin , on ne peut jamais donner à la pierre la sou^ plesse et la légèreté que comporte le métal ( i )*

Les boiseries du choeur , exécutées par les ordres de Bertrand de Chalançon , se font remarquer par

(i) L'iDscriptiou suivante accompagne ces sculptures :

Franciscus claro Stannorum sanguine natus

Egregium Chris to hoc eedificavit opus.

Serius in ceUstîa si Deus régna iwcasset

' iFidisses omni Ulia tema cboro, Sed tandem in Domino feUci morte sepuUus

Post fa tum ista dédit pignora cara sut, M 5 3 x .

Les armes de Staîns sont trois fleurs de lis , données, dit-on, par Philippe-Auguste à l'un des ancêtres de Tévéque, qui lui avait sauvé la vie à la bataille de Bouvines.

un très beau travail ^ et par leur singulière conservation; malheureusement Févêque actuel s'est avisé de les faire peindre àFhuile. On remarque surtout Félégance et la richesse du trône épiscopal , surmonté d'un dais fort élevé , et d'une légèreté surprenante. Le style général de l'ornementation appar* tient aux derniers temps du gothique, et, comme on lepe^j^se bien, les courbes flamboyantes y sont multipliées. Parmi les fantaisies bizarres sculptées sous les stalles , suivant l'usage , il y en a d'assez indécentes, moins pourtant que celles de Saint-Léonard. D'après le caractère de ces sculptures et les costumes des figurines, je suis tenté de troire qu'elles ont été exécutées par des artistes flamands.

Entre plusieurs chapelles décorées avec plus ou moins de magnificence , on en distingue une surtout où s'élève un très grand retable, que je crois du commencement du xvi^ siècle , en raison du mélange des styles classique et gothique qui $e confondent dans sa composition. Deux sujets principaux occupent le centre du retable, Fenterrement du Christ et sa résurrection ; en outre, nombre de figures de ronde-bosse ou de bas-reliefs sont jetées çà et là partout où elles ont pu trouver place. Ce n'est pas tout; des arabesques , des feuillages sculptés couvrent les piédroits, les* archivoltes, les frises, en sorte qu'on aurait peine à découvrir une partie lisse dans toute cette masse de sculptures. Les arabesques ne manquent pas d'élégance, mais toutes les figures sont courtes et gau-

chement agencées. A côté de motifs de la Renais* sance^ on en voit d'autres gotluques, qui contrastent . assez maladroitement avec les premiers; on dirait une suite de pièces de rapport. Il n'est pas impossible , au surplus , que ce retable ait été déplacé comme le fragment de clôture dont je parlais tout à l'Ueure , et la manière dont il est engagé dans le miu* de la cbapelle, confirme cette supposition. En effet , quelques ornements ont été sacrifiés et appliqués contre les murailles; une partie même d'une grande inscription tracée sur la frise supérieure est devenue illisible par sa position, et cela est d'autant plus à regretter que peutêtre eUe contenait une date. Cette' inscription est tracée en assez grandes lettres mêlées et réunies par groupes bizarres ^ à la manière des monogrammes anciens :

DEVS OMNIPOTENS GVALIMARDI MISERERE RVFFY QVl STRVCTVRI HANC OB TVI FABRI-

CAVrr HONORE EIVS PECCATIS TOTVS

MONDI PARCE VT EffiE TVA VIVA

Tout le retable a été peint et enluminé assez récanment , comme il paraîtrait ; mais on retrouve dans quelques parties les restes d'une coloration très ancienne , qui semble avoir été seulement retouchée ou ravivée, Devant là chapelle se trouve une clôture en pierre de style gothique flam-

boyant, travaillée à jour et supportant des mc^es, des clochetons et quelques dais curieuseftieiit refouillés. Le Christ et quatre Sibylles scidptés de ronde bosse, aussi maniérés que possible, occupent l'intérieur des niches. Il y avait sans doute autrefois plusieurs autres statues, mais il ne reste aujourd'hui que les cinq que je viens de citen

La boiserie de l'orgue est magnifique et dansiin bon état de conservation. Je suppose qu'elle date du commencement du xvii* siècle. Pour la perfection du travail, on ne peut rien voir de mieux, mais , dans les ornements , perce le mauvais goût qui commençait à s'introduire dans les arts.

On conserve dans quelques-unes des chapelles plusieurs tombeaux dont quelques-uns sont antérieurs à la construction de la cathédrale. Le plus ancien , qui remonte peut-être au rv* siècle , est orné de figures en bas-relief, placées sous une arcature à la manière des sarcophages qu'on trouve en si grande quantité dans les environs d'Arles. — Un autre tombeau que recouvre la statue d'un évêque est celui de Guirbert, mort vers la fin du XIV® siècle. La statue, bien que fort mutilée, m'a paru d'un bon travail. Elle est taillée dans une pierre calcaire qui a la propriété d'attirer l'humidité, au point qu'elle est toujours mouillée, ^r- Je citerai encore, parmi les objets curieux que renferme la cathédrale, une tablé de marbre blanc, longue de cinq à six pieds , avec un petit rebord garni de

moulures bysantines. C'était autrefois un autel ( ùtk sait que la forme de nos autels est assez moderne ) y comme l'indique Tiliscription suivante gravée en lettres onciales.

HANG AUAM DEVS DEDFr EPS INDIGNVS FIERI IVSSIT.

Deux évêques nommés tous les deux Dieudonné, Deus dédit ^ ont gouverné le siège de Rodez ; l'un à la fin du vi^ siècle, le second de 900 à 93 5. C'est au premier /faussement à mon avis, que l'on attribue cet autel 9 car le style de son ornementation me ferait croire qu'il n'est pas antérieur au xi® siècle. Depuis long-temps cette table de marbre , sur laquelle on a peinfune vierge ( dans le xvii*^ siècle probablement ) , sert de retable à l'autel d'une des chapelles du chœur.

n me reste un mot à dire d'une chaire qu'on vient d'élever dans la cathédrale. Une statue, qu'au bandeau qui lui couvre les yeux on reconnaît pour une personnification de l'hérésie, soutient le ^ siège du prédicateur, au-dessus duquel s'élève une autre statue de la religion si lourde et si massive qu'on n'a pas de peine à comprendre qu'elle écrase l'hérésie. Il était impossible de trouver quelque chose plus en désaccord avec tout le reste de l'édifice, quelque chose qui fut plus complètement laid et ridicule. Cependant, cette ignoble construction a coûté fort cher , et le chapitre de Rodez y a dépensé des fonds qu'il aurait pu consacrer à res-

taurer^ le jubé ou quelques-unes de ses jolies chapelles. Jusques à quand laissera-t-on aux évéques et au clergé la faculté de gâter nos plus beaux édifices y par des restaurations * ou des additions maladroites? Ne pourmt-on pas, sans manquer aux égards dus aux ministres du culte , borner leur pouvoir en matière de réparations et de constructions?

Tai repiarqué à Rodez un assez grand nombre de maisons des xv^ et xyi*" siècles y dont le premier étage, en général, s'avance en encorbellem^it, porté sur une suite de consoles réunies par de petites arcades appliquées en ogive à contrecourbe. Il y a même quelques maisons plus anciennes si j'en juge par leurs corniches ornées de.billettes et de damiers, t^rès de la place du marché on en voit une dontles consoles historiées, d'un travail grossier et d'ime composition assez indécente, m'ont paru appartenir au xii* siècle.

Aucun voyageur ne doit manquer de visiter une charmante maison de la Renaissance ( sur la place de l'Omet) occupée aujourd'hui par un notaire. Elle a conservé des pilastres couverts d'arabesques, des médaillons richement encadrés , enfin quantité de détails d'une admirable exécution. Au-dessus du premier étage, qui s'avance légèrement en encorbellement , on observe une rangée de consoles fantastiques , parmi lesquelles il y en a plusieurs si différentes du reste par leur forme et leur style que je n'hésite pointàles croire rapportées,et enlevéesà

un écMpe plus ancien, du xiv* siècle probabléhient. Cet emploi de matériaux anciens dans une oon* struction moderne y me fait souvenir d'une église de Rodez dont j'avais oublié de parler. C'est Sainte Amand. Complètement rebâtie en 1 754^ on est sur* pris d'y tiiouver encore des chapiteaux historiés de style bysantin. Us appartiennent à l'ancienne église, et on les a fait servir dans la reconstruction de celle-ci. A part ces chapiteaux et peut-être aussi quelques-uns des piliers , tout est moderne dans Saint- Amand y et rien d'ailleurs n'offre le moindre intérêt»

(Conehœ»)

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