‹ Notes d'une infirmière, 1914Chapitre 19 sur 33 · SOUS LE REGIME MARTIAL · texte numérisé non relu

SOUS LE REGIME MARTIAL

Les déclarations de guerre ont parfois des conséquences inattendues. Une pauvre femme, très malheureuse en ménage, pleurait, hier, en répétant : u Si, au moins, les soldats faisaient encore la police ! Ah ! si les soldats faisaient la police! " Gomme on lui demandait le motif de cette exclama-

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tion, elle répondit : « Voilà, c'est que, pendant la mobilisation, un soir, mon mari me battait, dans la rue, comme il le fait souvent, quand une patrouille de turcos passa par là : « Qu'est-ce que tu fais donc? » demandèrent-ils à mon mari. Il leur répondit : « Laissez-moi tranquille, il s'agit de ma femme, ça ne vous regarde pas. — Ça nous regarde très bien, au contraire. Quand les soldats font la police, on ne bat plus sa femme, et la preuve, c'est que tu vas nous suivre au poste. » Et, en l'emmenant, ils m'ont dit : Ça ne se fait jamais chez nous!

Les turcos ont des affirmations un peu osées. . . Mais ils montrent si bien, en face de l'ennemi, comment ils savent défendre le bon droit, qu'il ne faut pas trop chercher s'ils l'appliquent toujours strictement dans leurs propres foyers.

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