‹ Notes de la main d'Helvetius [microform]Chapitre 13 sur 79 · Ce don du ciel, ajouté · texte numérisé non relu

Ce don du ciel, ajouté

3. Si Helvetius n'a point les désespoirs des grands et douloureux Romantiques, il peint les joies naturelles de l'amour avec un enthousiasme qui ne manque pas de lyrisme jusque dans le ton réaliste du peintre et les réflexions cyniques du moraliste.

l'amour est insatiable de plaisirs et ses souhaits occupent la place des forces

l'amour dans les plaisirs s'élance de leur veines

la richesse de leur pères converty en rubans

l'essence de l'amour est de n'être jamais heureux la jalousie le trouble la perte des biens, on a dit du bien et du mal de cette passion, pour être heureux il ne faut pas connaître l'amour passion mais l'amour volupté ^

lire lucreçe Comme l'amant déifie les défauts de sa maitresse trouve la noire brune etc. (vol. 2) pag. 144. pag. 96

Moines qui ont la triste singularité de se priver des plaisirs sans faire moins de crimes

opinions. Souvent leur changement que l'on regarde comme l'effet de la raison n'est qu'un changement d'humeur que l'âge a amené 2

et voltaire indigné se tait devant un moine

chinois il ne reste plus de traces de sciences que les sciences qu'ils ont perdues

opiniâtreté c'est le sujet qui la distingue de la fermeté l'opiniâtre soutient obstinément le mensonge et l'homme ferme la vérité

logique flambeau de l'erreur non de la vérité

lucreçe soutenoit que le soleil n'etoit ni plus ni moins grands qu'il le paroissoit on voit de loin un flambeau et il ne paroit pas plus petit [que] qu'il ne l'est eff"ectivement

la plus belle couronne des Rois est celle qu'a tisse l'amour des peuples 3

1. Grimm signale cette opinion du « Code Helvetius ». Buffon pensait de même. Evidemment, la passion avec ses extases et ses deuils est -bien plus noble et pathétique. Mais comme ceci, en tout cas, est exact !

2. L'auteur de V Esprit s'efforcera de rechercher les causes des événements moraux et sociaux, causes souvent très obscures et très négligées, bien qu'essentielles.

3. Helvetius est Tennemi implacable du despotisme. Quoique le grand

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que les rois ravage la terre etc. pourvu qu'ils me laissent ma Silvie'

l'amour de la gloire ^ rechaufe souvent la vertu fait braver les rois les suplices mars la volupté et les richesses

les lois doivent leurs forces aux mœurs 3

La gloire des poètes ce monument que les doigts de fers du tems ne peuvent ébranler

sa gloire s'elevoit audessus de celle des autres comme le pic de tenerif dont le sommet frappe les cieux^ s'eleve audessus des autres montagnes de la terre

les rois disent qu'ils aiment le vray mais malheur a qui les croit sur leur parole

la gloire et la renommée qui avec une voix plus forte publie chaque siècle la louange des grands hommes morts publira toujours la sienne

jouir de la gloire sans s'en enivrer

la pitié en son cœur triomphe de la gloire il ne tonne pas pour fraper

• il veut que le trophée de la clcmcnçe soit plus haut que celuy de la victoire

preferre aux lauriers sanglants l'olive pacifique

Frédéric pût se plaindre d^avoir trouvé dans VHomme la folle idée d'une république française, il était beaucoup moins l'adversaire du roi que du tyran. II est vrai que dans un roi il y a nécessairement, lorsque la monarchie est absolue, l'étoffe d'un tyran. Avant tout, il s'agissait pour Hclvetius de réaliser la prospérité la plus grande possible du plus grand nombre dans l'état, transformé par l'éducation et la législation.

1. C'est la pensée qu'exprime d'abord Elidor à Netzanire dans le Poème du Bonijeur (Ch. iv, t. XIII, p. 77). Mais ensuite le spectacle de la douleur humaine l'accable jusque dans les bras de son amante.

2. Il conviendra donc que la société le stimule par des récompenses, puisqu'il lui est utile.

3. Peu à peu dans le poète-philosophe on voit naître le moraliste politique.

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