Barré
2. Sur l'idée de l'infini et sur le mot, V. de l'Esprit, Disc. I, ch. iv,
tant de Strasbourg nommé Jacques guttemberg qui selon les historiens d*hoIIande ne fit que la perfectionner frederic 3 la comprit au rang des prospérité de son règne louis 1 1 fut son introducteur a Paris ce prince établit aussy les postes
idée a remplir que les loix, les mœurs des peuples dépendent de causes phisique. traité le démontrer par l'histoire^ a comparer les différents gouvernements
scavoir pour cela s'il y a une histoire universelle des mœurs, et des situations des pais
que tout esprit est propre a tout dans la même proportion ou il est propre a une chose partir de l'idée que tout vient par les sens traité^
Epitre a Voltaire 3 que j'ose le louer etc. dire qu'il est la source de l'humanité qui doit entrer dans les cœurs
sçavoir si un roy a plus a craindre d'une société d'athées que de crethiens il seroit plus en seureté puisque le seul appas qui feroit tuer un Roy ne subsisteroit pas. les citoiens aimeroient mieux leur amis puisque leur cœurs ne seroient pas partagés entre deux amours les amants leur maitresse et les Rois seroient plus grands parcequ'un vil porteur d'eau dit qu'il sera interrogé au jour du jugement 4
1. Cette note et les deux suivantes sont, comme on le voit, des plus importantes. Hclvetius se cherche. Cette physique, cette histoire naturelle des mœurs, il l'entreprendra .dans V Esprit. — Après le mot histoire, il y a un renvoi et on lit dans la marge : d'où Von pourrait prouver le fatalisme.
2. En effet, s*appuyant sur le sensualisme, et sur les résultats de l'éducation dans le sens le plus général du terme, Helvetius montrera dans VEsprit et dans VHomnte que tout esprit est propre à tout. C'est là sa thèse fondamentale, son paradoxe favori, si l'on veut.
3. Dans l'Epître sur V Amour de l'Etude il y a un éloge pompeux de Voltaire, comme savant et comme moraliste. Ni Montesquieu, ni Buffon, ni Condillac ne sont cités ici. Voltaire seul est nommé trois fois.
4. On comprend pourquoi Voltaire s'effrayait de la hardiesse intellectuelle de son élève et lui conseillait de se saigner, comme ayant trop de sang!
il faut sans comparaison plus de douze fois plus d'esprit pour rendre ses idées ^ que pour les avoir (ou en sont tous les hommes qui se croient tant d'esprits pour avoir de certaines idées ou en sont les ministres qui même ne les ont pas) tout cecy est prouvé par la quantité de gens qui passent pour avoir de l'esprit et qui font de si mauvais ouvrages
faire des lettres sous le titre d'amour propre expUquer tous les cas possibles de morale avec cela ^
montrer par l'enchainement nécessaire des chose physique l'enchaînement nécessaire des choses morale qui n'arrivent point sans cause phisique
donner un plan des états possibles calculer les probabilités pour le bonheur des hommes 5
Peinture fait sortir les grands hommes du tombeau fait les vivre[s] aux yeux et rend présent le passé
Esprits comme les bons esprits voit que notre nature est condamnée a l'ignorance et qu'ils ne peuvent connoitre aucune des causes ni avoir aucune idée de l'essence des choses il restroient sans rien dire4 s'ils ne s'occupoient a rire des
1. Helvetius écrivait avec le plus grand soin et remaniait sans cesse ses ouvrages. Morellet le vit suer à Voré devant sa tâche. S'il manquait de spontanéité et accordait tout au travail et à la méditation, il avait le plus noble souci de la probité nécessaire à l'écrivain qui se respecte.
2. Ceci encore est essentiel. Helvetius n'écrira pas ces lettres, mais il fondra tous ses projets philosophiques et littéraires dans le livre de VEsprit.
La Bruyère, Vauvenargues, après La Rochefoucauld, avaient appelé l'attention sur Tamour-propre. Le but systématique d'Helvetius sera, en codifiant et en développant par l'analyse des faits et des idées les observations contenues dans les Maximes, d' « expliquer tous les cas possibles de morale avec cela ».
3. Créer une science exacte de la vie morale et politique des hommes et des peuples, tel était le but d'Helvetius. C'est une idée très moderne.
4. L'auteur de VEsprit fut accusé d'impiété, d'athéisme, de spinozisme, de déisme, d' « indifférentisme ». On voit bien, d'après ces Notes, quelle est, quelle sera son attitude intellectuelle à l'égard des problèmes d'origine et de fin.
sottises des sots qui croient tout découvrir et entendre ainsy les sots sont nécessaires aux gens d'esprit
Esprits ceux qui veulent sçavoir et écouter toutes les différentes opinions sont bien plus propre a connoitre la vérité^ comme un cheval qui a traversé un pais en tous sens le connoit mieux que celuy qui attaché a une roue n'a jamais parcouru qu'un petit cercle
les gens d'étude qui [n'Jont pour patrie non seulement l'univers présent mais l'univers passé ne sont pas si facile a s'asservir aux opinions d'un peuple et chaque lui paroit proprement comme une cotterie a un autre homme ^
Esprit celuy de D.3 etoit déjà puissant dans un âge ou les autres peuvent a peine penser il avoit rapproché les tems les plus reculés de sa vie
les grands esprits atteignent également aux grands vices et aux grandes vertus 4
les bons esprits sont parmy les autres hommes comme une belle voix seroit dans un concert composée de sons faux et aigu une voix si sonore seroit discordante
1. Si dans ses traités Heîvetius réduit le jugement à la sensation," il y voit, du moins, la perception d'un rapport, d'une comparaison. Celui qui sait le mieux juger est celui .qui sait le mieux comparer. — Barré.
2. V. de VEsprit. D. II, ch. xviii, De l'Esprit considéré par rapport aux siècles et aux pays divers (t. II, p. 280) et ch. xx De l'Esprit considéré par rapport aux différents pays (t. III, p. 48). — Barré.