CHAPITRE PREMIER
Qualités d'une bonne Édueatrice.
îNE bonne édueatrice doit posséder :
1° Un grand bon sens.
2" Un puissant amour du bien pour les enfants. 3" Un bon caractère.
4" Une science suffisante et même supérieure à l'enseignement qu'elle donne.
Mais, disons-le, dès les premières pages, il faut que ces qualités soient en quelque sorte : Alimentées par un cœur de mère.
Or, un cœur de mère est un cœur, qui rayonne l'amour, qui imprègne tout de son amour, qui a la puissance et le savoir de faire comprendre son amour.
Nous aurons à en parler plusieurs fois, c'est si important.
Mais l'amour de Veducatrice, n'est pas celui de la mère.
Il est avant tout, plus que tout, surnaturel, et va directement à l'âme de l'enfant.
Cet amour est impartial.
Il ne distingue pas l'enfant pauvre de l'enfant riche — la jeune fille savante, de l'ignorante — l'être aimable, gracieux, caressant, de l'être timide et peu attrayant.
A tous, il se donne, parce que tous lui ont été confiés par Jésus-Christ.
Cet amour est fort, il résiste à l'ingratitude, à l'entêtement, à l'indiscipline — certes il souffre, mais il ne se lasse pas — il recommence toujours les mêmes soins avec la même patience. Et quand il lui semble qu'elle n'en peut plus, elle va reprendre force et courage auprès du bon Dieu... Oh ! le tabernacle la voit souvent à genoux, cette pauvre mère des âmes !
Cet amour est ing'^niciix — il essaie toujours quelque moyen nouveau pour s'attirer les enfants et les mener ainsi à Dieu.
Cet amour est généreux — il aime à se donner et à se sacrifier.
Cet amour est saint surtout. Il cherche le bien 4es enfants, mais ne les gâte pas par la flatterie.
Cette maîtresse, que les enfants appellent souvent mère, n' impose pas le travail, mais elle l'indique, le commence avec les enfants, le leur rend agréable et le fait aimer.
Elle se mêle à leurs jeux,
Elle sourit à tous.
Elle les caresse aussi, mais avec quelle bonté, quelle dignité, quelle affection céleste I
Elle punit les fautes, certes, mais après avoir épuisé tous les moyens de douceur ; et son regard sait toujours discerner la fragilité de la malice...
Ecoutez, avant de commencer l'énumération de vos devoirs, ces paroles adressées par un prêtre à des maîtresses pour qui il écrivait, comme j'écris moi-même :
«r Si vous ne sentez pas en vous l'amour des enfants et des âmes. — Si les sacrifices vous coûtent, retireivous ; vous n'êtes point appelée au ministère de l'éducation.
Si vous éprouvez tin attrait divin pour l'enfance, — si le :^èle des âmes fait battre votre cœur, — si le désir de. vous sacrifier vous transporte : Dieu vous appelle. Alle^, enseigne^.
C'est au dévouement et à l'esprit de sacrifice que le Ciel donne la bénédiction et la puissance. »
ARTICLE PREMIER Première qualité d'une bonne Institutrice.
Un grand bon sens.