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EFFETS DU DÉVOUEMENT

Effets dît dcvonement sur la personne qui se dévoue :

1° Il réjouit. — Il fait éprouver des joies intimes qui sont comme un avant-goùt du ciel.

L'éducatrice dévouée comprend, sait, est sûre que, par elle, se fait tottt le bien que sur la terre peut faire une pauvre créature.

C'est le bien de Dieu, à qui elle donne ce que Dieu demande avant tout : des aines.

Ames d'enfants qu'elle forme à la piété et à la pureté, qu'elle préserve — qu'elle prépare pour la lutte — qu'elle relève — qu'elle soutient. C'est le bien de l'Eglise à qui elle prépare des enfants fidèles qui la consoleront, des apôtres qui la défendront.

— lOI —

C'est le bien des familles dont elle fera des sauveurs. — La femme chrétienne, celle que vous formez, éducatrices dévouées, est la force de la famille — la vie chrétienne de la famille.

Ecoutez ce qui se disait dans une de ces assemblées présidée par l'Esprit du mal, qui portent le nom de franc-maçonnerie et qui ont pour but de chasser Dieu des âmes :

Il y a un rempart qui nous arrête, c'est la femme chrétienne. Otei à la femme la pensée de Dieu, la crainte de Dieu, Vamonr de Dieu ; nous serons les maîtres.

La comprenez-vous la grandeur de votre dévouement :

Garder Dieu dans l'âme des enfants?

2° Le dévouement embellit et donne à la personne qui se dévoue, un rayonnement qui a quelque chose de divin et qui attire.

On a dit que le dévouement était l'action de Dieu vivant dans une âme et se manifestant par les actes extérieurs de cette âme.

Une personne dévouée n'aurait-elle pas extérieurement des attraits qui charment, attirerait toujours à elle par quelque chose de divin — elle reposeraitl'âme.

3° Le dévouement utilise la vie.

Oh la vie 1 on a dit ingénieusement de la santé ■qu'elle était l'unité faisant valoir tous les ^éros de la vie — on peut le dire, avec autant de justesse, du dévouement.

Une vie sans dévouement, à quoi est-elle bonne, même sur la terre, bonne surtout pour le ciel ?

L'âme dévouée est une âme qui va, par la vie, semant partout la bonté de Dieu, la lumière de Dieu, \z justice de Dieu; et elle peut toujours dire : je semé le bien.

— Ce qu'il nous faut pour nous sentir utiles, dit le P. Lacordaire, c'est la certitude de travailler à quelque chose d'éternel.

Or, n'est-ce pas là le but principal de votre vie, éducatrices chrétiennes ?

4' Le dévouement augmente la puissance d'aimer et dirige cette puissance.

L'effet du dévouement est d'épanouir le cœur, de l'ouvrir, de l'obliger en quelque sorte à verser dans un autre cœur tout ce qu'il a en lui de bon et de saint pour que le cœur devienne meilleur.

C'est là ce qu'on appelle aimer.

L'effet de l'égoïsme, l'opposé du dévouement, est de resserrer le cœur, d'attirer tout à lui. — L'égoïsme tue le cœur.

L'effet du dévouement, c'est d'établir entre Dieu et l'âme des rapports d'intimité, et de rendre plus semblable à Dieu. — Or, Dieu est amour, il donne toujours. — Et le cœur qui vit en Dieu prend quelque chose de la nature de Dieu. // donne — et plus il donne, plus il veut donner... donner jusqu'à s'épuiser.

V emblème du dévouement est un flambeau allumé. La devise du dévouement est : Je tue consume,

mais j'éclaire.

Or, après le prêtre, qui donc se dévoue autant qu'une maîtresse de classe ?

Q.UALITÉS DU DÉVOUEMENT.

Le dévouement doit être fort et constant — généreux — prudent.

Le dévouement doit être fort et constant.

Le dévouement, comme tout ce qui tient à la nature humaine, est sujet à s'affaiblir comme s'affaiblissent la force du tempérament et la vigueur de l'esprit.

— La principale cause de l'affaiblissement du dévouement est le découragement.

I. Le découragement est l'état d'une âme qui n'a en quelque sorte plus de ressort pour la soutenir dans son action. — Cette âme s'affaisse comme le travailleur à demi paralysé.

Le découragement annihile toutes les facultés de l'âme.

L'intelligence qui comprenait ce qu'il y a de beau, de grand dans la formation d'une âme, ne voit que

ce qu'il y z de pénible, d'impossible ; et la pauvre découragée se dit :

Les enfants sont inintelligents, dissip-'s, inattentifs...

Les études sont arides ; elles n ont plus de charmes... Ce rî'est pas ce que j'avais rêvé.

Ll ny a rien à faire...

Le cœur qui aimait tant les enfants, qui les trouvait si attrayants, si gracieux, de qui il attendait tant de reconnaissance — ne voit plus en eux que des êtres superficiels, égoïstes, oublieux, exigeants. — Les parents eux-mêmes ne comprennent pas la peine qu'il faut se donner...

La volonté si généreuse, aux premiers jours, est à demi morte — elle voudrait mieux, mais elle ne peut plus — rien ne la soutient, rien ne la relève, rien ne l'excite. — Elle dit :

A quoi bon me dévouer ? Je ne puis pas, je ne sais pas faire.

Oui, triste, bien triste état que le découragement.

2. Le découragement est ordinairement produit par des difficultés qu'on n'avait pas prévues : difficultés dans /« soins à donner aux enfants — qui exigent une sollicitude constante et un travail souvent pénible.

difficultés dans la formation des enfants rebelles, sans énergie, sans bonne volonté, sans bon esprit, sans intelligence pour le plus grand nombre, difficultés dans les exigences des parents, difficultés dans le peu de succès quon a.

Le découragement est produit encore

par la lassitude morale ou physique qu'il ne faut pas sans doute négliger, maisqu'ilfautaussi essayer de dominer avec paix — qu'il ne fautpas cacheràceuxqui peuvent y remédier... se montrant soumis et dociles pour accepter les soins et les remèdes qui sont proposés. 3. Le d-^conragement est allégé et disparait : 1° par une piété vraie,

plus solide qu'éclatante,

plus simple que compliquée,

plus vivante dans l'action que dans

le sentiment, plus éclairée^ comprenant qu'elle consiste avant tout dans l'accomplissement du devoir sous le regard de Dieu et avec le secours de Dieu invoqué, piété intime avec Dieu et filiale dans les moments de la prière — même bien courte, régulière sans ténacité, sans inquiétude, quand elle ne peut tout faire.

— io6 — 2° par la fidélité envers ses supérieurs : leur demandant conseil, leur confiant les peines — les déceptions —

les insuccès... qui inquiètent.

acceptant les soulagements qu'ils accordent;

3° par Tentretien dans l'esprit d'un peu de gaîté.

La gaité est le soutien du dévouement, — la

compagne de la santé du corps et de l'âme. — Elle

met de l'entrain dans une classe par les fêtes, les

récréations... et la joie des enfants se communique

à la maîtresse.

4 ' par les douces joies de l'amitié à qui on confie ses ennuis et qui par sa douce intimité les dissipe. Ne portez jamais seule, par un sentiment d'amourpropre ridicule, les peines ni de l'âme ni du cœur.

Il y a dans l'amitié d'une âme qui vit avec Dieu, et dans l'affection d'un cœur dévoué, des remèdes à toutes les maladies, à toutes les faiblesses, à toutes les blessures.

Le dévouement doit être généreux.

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