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La science s'acquiert par l'étude réfléchie

Etudier, c'est ensemencer l'esprit.

Etudier, c'est augmenter tous les jours les richesses intellectuelles.

Etudier, c'est habituer l'esprit à la réflexion, le principe de tout bien intellectuel et moral — c'est

par la réflexion, donner à l'esprit plus de justesse, au jugement plus de force...

Etudier, c'est apprendre à connaître les hommes et les choses,

c'est puiser — dans les bons et beaux livres, des principes pour sa propre conduite et celle des autres,

c'est se rendre tous les jours plus capable de faire du bien — c'est s'approcher de Dieu, le Dieu des sciences, le Dieu qui sait.

Etudier, c'est conserver les connaissances acquises.

L'étude est à la science ce que l'huile est à la lampe — ce que la boussole et les voiles sont à un navire — ce que l'arme est à un soldat.

Sans étude — l'esprit devient un outil qui se rouille et s'use dans l'inertie.

Il devient un terrain demeuré inculte qui ne produit que de folles herbes. — 11 résistera plus tard aux efforts... il sera stérile...

Etudiez donc toujours. — La maîtresse qui abandonne l'étude parce que, elle sait, deviendra superficielle — amusera peut-être, mais cessera d'être utile et son esprit vieillira avant l'heure.

Celui qui ne saurait juste que ce qu'il doit enseigner risquerait fort de n'être ni compris ni écouté.

Nous dirons, en parlant de Y Institutrice, comment on étudie.

Le savoir d demi rapetisse l'âme et enfle l'esprit.

Le savoir vrai est modeste. Il ne fait pas parade de ce qu'il sait, mais ce qu'il sait rayonne comme une auréole autour de la maîtresse qui enseigne et la fait resplendir aux yeux de ses élèves. — Elle n'y pense pas, mais les élèves Técoutent avec bonheur. — Elle est pour elles un oracle.

D'ailleurs, notre intelligence, est un don de Dieu et nous n'avons pas le droit de la laisser dans l'inaction et dans l'imperfection.

Elle est, comme l'a si bien dit une femme supérieure :

L'agent le plus actif de notre perfectionnement — plus on connaît Dieu, plus on Yaime, plus on connaît le devoir, mieux on Yaccepte.

L'agent aussi de notre mission d'cdxicatrice.

Aux trois vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance, certains ordres enseignants ajoutent le vœu à' instruction — c'est presque faire le vœu d'appartenir à l'aristocratie intellectuelle — dès lors, toute infériorité devient un non sens.

M""" Barrât, femme d'esprit, ce qui ne l'a pas empêchée d'être béatifiée et bientôt canonisée, disait à ses filles :

Mes sœurs, nous sommes asse^ sottes par nature, ne le devenons pas par grâce, cest inutile.

Vraiment cela est si simple ; pourquoi prendre la peine de le répéter r

C'est une grande chose, dit M^'' Dupanloup, que la direction des études dans un pensionnat de jeunes filles. — Et s'adressant directement à une maîtresse générale, il lui dit :

«Vous voilà jetée dans beaucoup d'études et de travaux ; il faut vous occuper non seulement de la grammaire et des éléments, mais de tout ce qui se doit enseigner : histoire, littérature^ poésie, rhétorique^ science^ philosophie même...

«Il vousfaut lire beaucoup, faire des plans d'études, examiner et décider quels sont les meilleurs auteurs à mettre entre les mains soit des élèves, soit des maîtresses de classes... Ne redoutez rien au point de vue de votre âme et de votre vie religieuse. — Il v a des saintes, de grandes religieuses, des femmes qui étaient en même temps de la plus haute naissance et de la plus haute vertu qui travaillaient et étudiaient comme probablement ni vous ni bien d'autres aujourd'hui, ne le ferez jamais. »

2. L'expérience... a démontré que l'esprit ne peut resterstationnaire. — Il faut qu'il avance so\x% peine de reculer — qu'il s'enrichisse sous peine de s'appauvrir.

L'Educatrice, qui doit aussi être Institutrice, doit chercher par un travail constant, à ajouter tous les jours à son savoir acquis àt nouvelles connaissances.

Il faut qu'elle apprenne, qu'elle étudie pour ne pas se trouver un jour au dépourvu devant ses supérieurs, même devant ses élèves.

Avec le temps, la mémoire s'affaiblit et se perd, si elle n'est pas cultivée.

Retrempez-vous donc dans vos livres d'études.

Lisez quelques publications pédagogiques.^ très nombreuses aujourd'hui — n'acceptez pas sans contrôle tout ce qui est dit, mais soyez au courant de tout. — Procurez-vous quelques ouvrages modernes. — Assiste^ quand vous le pourrez à des conférences. — Cause^ avec vos compagnes des choses de la classe. — Et, l'occasion se présentant, soyez heureuses de demander et de connaître ce qui se fait dans d'' antres maisons...

Aimez non à disputer mais à discuter.

3. On disait d'un savant professeur, qui étudiait toujours : // semble, à le voir lire, réfléchir, analyser, écrire, qii il n'a pas fini ses études.

Ce mot doit être vrai d'une bonne éducatrice et institutrice qui a appris d'un ancien (Sénèque) ce précieux conseil : Pas un jour sans avoir lu quelque chose d'utile.

Tous les jours, vous devez donner à votre jugement plus de puissance, plus de force, plus d'étendue et de rectitude.

Tous les jours, vous devez cultiver votre goût, qui vous fait discerner en tout ce qu'il y a de plus vrai, de plus beau, de plus délicat.

Tous les jours, vous devez tendre à acquérir le tact, qui vous apprend à manier et à former les caractères.

Soyez bien convaincues que plus vous aurez une science profonde et variée, plus vos paroles porteront de lumière dans l'esprit de vos élèves — plus vos méthodes seront simples et pratiques, plus vous saurez captiver l'attention, pénétrer dans les esprits, élever et enrichir les intelligences...

Ne vous fiez donc pas trop ni à vos diplômes, ni à vos connaissances acquises — ne vous bornez pas à la science acquise dans un manuel — c'est un guide, ce n'est pas le trésor où vous devez puiser — faites vous des cahiers d vous — prene:^ des notes.

4. Il est des maisons où, chaque mois, dans des réunions familières, les maîtresses rendent compte de ce qu'elles ont fait — de ce qu elles ont lu — on appris...

Chaque mois, les classes, à tour de rôle, donnent à toutes les élèves, une séance littéraire, artistique, amusante... ce sont des scènes de nos grands classiques — ce sont des poésies — des devoirs de classes lus en public — des chants qui entraînent, qui égaient — exercices de déclamation... C'est la vie intellectuelle qui se développe, s'épanouit.

En résumé, éducatrices et institutrices :

Ne vous négligez pas. — Perfectionnez-vous.

Ne vous enrontinei pas dans les mêmes devoirs à donner — et les mêmes paroles à dire.

Vivez — marchez en avant sous une direction prudente — ne végétez pas...

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