‹ Notes de pédagogieChapitre 51 sur 102 · LA PIÉTÉ · texte numérisé non relu

LA PIÉTÉ

La piété est en général le sentiment qui, nous mettant en rapports habituels et intimes avec Dieu, nous porte à faire avec générosité tout ce qu'il demande de nous.

— CO- NÇUS avons parlé de la piété à inspirer aux enfants. — La piété de réducatrice a quelque chose de plus spécial.

Dieu l'a choisie pour la mission si importante et si délicate de la formation des âmes d'enfant.

Il l'a mise dans des conditions favorables qui, petit à petit, ont éclairé et enrichi son intelligence.

Il a fortifié sa volonté.

Il l'a entourée des soins lesplus minutieux dans une maison où rien ne lui manquera sous aucun rapport.

La voilà donc sous la direction de Dieu.

Il y a entre elle et Dieu des rapports spéciaux d'intimité, de dépendance, de dévouement.

I. Elle va à Dieu chaque wat'ni comme la servante va à son maître, lui disant : me voici, mon Diexi^ servci-vons de moi.

Elle sait ce qu'elle a à faire par l'ordre établi, et elle continue, chaque jour, l'œuvre de la veille.

Elle n'est jamais sans savoir ce qu'elle a à faire.

Et si un accident arrive, elle va, si elle le peut, demander conseil — • et si elle est seule — se sentant la servantede Dieu, elle regarde un instant au dedans d'elle, et elle agit comme elle peut sans trouble et sans découragement.

Après un insuccès, elle se maintient ferme, cherche à réparer, si c'est possible, et reprend sa vie ordinaire.

Le bon Dieu n'est-il pas avec elle ?

2. Elle va à Dieu chaque soir, apportant à son maitre son travail da )our, ses fatigues, ses peines, ses déceptions, ses lâchetés, ses succès aussi... lui demandant avec sa bénédiction, une parole de paix, de pardon et d'amour.

3. Elle va à Dieu chaque fois que se présente une difficulté ou même simplement quand elle a un travail spécial à faire.

Voyez comment un éminent professeur, Ollé Laprune, comprenait le besoin d'être éclairé par Dieu, quand il devait faire une de ses leçons à l'Ecole Normale :

« Je passerai cette journée dans le recueillement — écrivait il un matin — je reverrai ce discours sous vos yeux, ô mon maitre — je le prononcerai ce soir pour vous et, s'il parait accueilli avec faveur, vous me défendrez contre la vanité.

« ...Aujourd'hui, fête de saint Jérôme, écrivait-il une autre fois, je veux l'implorer tout spécialement ; que son âme soit d'accord avec ma foi. Quel bonheur d'avoir à enseigner 1 Enseigner, communiquer la vérité, exercer une action sur les âmes... que je le fasse avec respect et avec amour 1

« O Jésus ! Maître divin, enseignez-moi à enseigner ! »

4. On peut dire que la vertu la plus essentielle à une éducatrice est la piété, c'est-à-dire la vie avec

— 14= — Dieu — la vie pour Dieu — la vie qui s'emploie à servir Dieu et à le faire servir — la vie de famille avec Dieu.

Oh I la piété 1 comme elle relève, comme elle ranime, comme elle redonne la vie, surtout à ces âmes découragées dont nous avons parlé et qui n'en pouvant plus, ne trouvant ni auprès de leurs enfants ni auprès des personnes qui les entourent rien qui les soutiennent, veulent tout abandonner.

Ecoutez, ce que dit le P. Judde, à une de ces âmes :

« Tous ceux qui, voués à l'éducation, se dégoûtent de leur état et veulent en sortir, ont toujours commencé par ite plus faire oraison.

« Nous osons défier qu'on nous en montrât un seul bien exact à ses exercices, à l'oraison surtout — qui fut mécontent de son état. »

\^enez donc chaque matin, pauvre âme découragée, vous exposer au rayonnement divin de Jésus dans l'Eucharistie. — Ouvrez-vous pour recevoir ce pain qui donne et entretient la vie.

Rappelez à la bonne Sainte Vierge que vous êtes à elle et que vous voulez travailler pour faire connaître et aimer son Jésus-Christ.

Page 1