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LE ZÈLE

Le icle met en action, sous la direction et sous l'influence de la piété, toutes les facultés de l'âme — toutes les ressources de l'esprit — toutes les forces des membres. C'est qu'il s'agit ici de grandes et nobles choses : Redresser et diriger le jugement des enfants — former et élever leur cœur — tremper leur volonté — polir leurs mœurs — leur donner des habitudes d'ordre, de travail...

Le zèle est insatiable — il ne dit jamais asse^. Le zèle s'étend à tout ce qui peut donner à une enfant le goût d'abord de la vertu, puis V acquisition de la vertu.

Il est ingénieux pour profiter de toutes les circonstances.

Il est sage e\. prudent dans son action. Il prie — il réfléchit — il demande conseil avant d'agir. Il Q%\ ferme dans sa manière d'agir.

Il Q.'àX. géncfctix et persévérant dans ses efforts — ne se laissant :

ni rebuter par la fatigue, ni dominer par la timidité, ni décourager par les échecs.

Il est patient^ sachant souffrir — temporiser à propos et attendre avec calme la réalisation de ses espérances.

Pour exciter votre zèle, rappelez-vous la parole que la fille de Pharaon disait à la mère de Moyse en lui remettant ce petit enfant qu'elle avait sauvé des eaux :

Acceptei-le, nourrissez-le pour moi ; je vous recompenserai largement.

C'est la parole que vous dit N. S. J. C. chaque fois que vous est amenée une nouvelle élève:

Reçois-la, le cœur ouvert^ les bras ouverts, aie soin d'elle, garde-la pure... c'est moi qui te récompenserai.

Ne sentez-vous pas votre âme tressaillir ?

C'est le zèle...

Le zèle a pour but trois choses :

i" Empêcher l'offense de Dieu ; 2° Réparer l'offense faite à Dieu ; 3° Faire connaître, servir et aimer Dieu.

1. Pour empêcher l'offense de Dieu, le zèle est surtout vigilant — disons plus simplement veillant à tout, veillant toujours ; d"où le nom de surveillantes donné aux maîtresses.

Veillant dès la première heure pour que le lever des enfants soit modeste et actif,

pour que, au dortoir, rien n'éveille la moindre pensée ni de légèreté, ni de désordre, ni d'indiscipline, ni de manque de propreté. — Au dortoir le silence est de rigueur... on ne peut parler qu'aux maîtresses et encore à voix basse.

Au moment du réveil, Le cœur à Dieu est donné à haute voix par la maîtresse — redit à haute voix et lentement par toutes les élèves.

Au dortoir — aide mutuelle sous la direction des maîtresses.

Veillant dans les allées et venues de la maison où peuvent se rencontrer deux élèves seules...

Pendant les études — ne permettant pas, sur les bureaux, d'autres livres que ceux à étudier au moment présent — ni d'autres devoirs que ceux indiqués.

Vous mêmes, pendant votre surveillance, ne vous occupez pas à îin travail qui vous absorberait même quelques minutes — ne lise^ pas — ne cause^ pas — ne vous laissez pas absorber par quelques enfants qui détourneraient votre attention de l'ensemble des élèves.

Visitez les bureaux, pendant l'absence des enfants, pour en constater l'ordre et voir s'il n'y. a rien de

caché — visites fréquentes, toujours à l'insu de rélève, au dortoir, à la lingerie, dans les poches.

Veillant pendant les récréations.

Obligeant toutes les enfants à jouer — mettant les jeux en train — mais ne jouant que superficiellement pour ne pas laisser la surveillance.

Ne permettant pas de petits rassemblements — ni des intimités à deux.

Allant dans les différents groupes, les différents jeux, sous prétexte de les animer — ne s'arrétant à peu près nulle part — voyant tout — entendant tout — devinant tout.

... Le détail de la surveillance serait bien long...

C'est que les ruses pour tromper une maftresse et pour échapper à ses regards sont... presque infinies. Vous en découvrirez toujours de nouvelles.

Soyez donc tout yeux, tout oreille, voyez tout, entendez tout, devinez tout.

Les enfants se parlent des yeux — s'entendent par signes — se passent des billets — se prêtent des livres — se communiquent des cahiers — se font des cadeaux en cachette.

Certes, ne soyez pas taquines, minutieuses, inquisiteuses...

Ne vous effarouchez pas d'un sourire, d'un serrement de main — ne voyez pas du mal en tout — ne harcelez pas vos enfants — ne reprenez pas avec impatience — ne punissez pas pour un rien...

— Comment faire ?

Dernande^-le an bon Dieu — soyez avec Dieu — Dieu sera avec vous.

Mettez-vous à même de pouvoir le soir dire à Dieu — il me semble, ô mon Dieu, que mes enfants ne vous ont pas offensé.

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