LA FERMETÉ
La fermeté est la persévérance dans l'accomplissement d'un bien à faire, quand ce bien est réel et nécessaire et, qu'il n'a été entrepris qu'après réflexion et conseil.
La termeté n'est opposée ni à la bonté, ni à la charité, ni à la douceur,
Elle est le complément de ces vertus.
Elle les conserve et les défend contre la faiblesse, contre rinsconstance, contre la molle condescendance.
Le mot vertu signifie force^ et c'est la fermeté qui fait la force.
La fermeté fait partie essentielle de tout bon gouvernement.
Nous venons d'indiquer les difficultés de Talliance de la bonté et de la fermeté, elle est cependant possible, à moins de cas bien exceptionnels.
La fermeté doit se montrer, dès les premiers jours de l'entrée dans une maison d'éducation, et se montrer à tout le monde — mais/^rw^ ne veut pas dire impérieuse dans le ton surtout.
Que tous les élèves sachent :
Ce qu'il y a à faire et la manière Je le faire.
Qu'une maîtresse indique même comment il faut faire — aide à faire — apprenne à réparer ce qui a été mal fait.
Soit toujours bienveillante pour ce qui n'est pas bien fait., par manque d'expérience ou de savoir — et encourage par ces paroles si vraies : « Vous ferez d'abord moins bien., puis un pe7i mieux, ■puis tout sera bien... » mais exigez l'application — exigez le travail fini — le travail fait de la première à la dernière ligne — du premier point de couture au dernier point.
Il y a un pli à donner à une maison... ne le laissez pas se déformer.
Non certes, le règlement d'une maison d'éducation n'est pas une barre de fer !
C'est un cordon fortement tissé — bien directement tendu, mais sans raideur. Il peut, par moment,
légèrement dévier, mais il doit pouvoir — par lui-même — reprendre son niveau et ne se briser jamais. — Nous parlerons plus loin des punitions.
l'union entre les membres de la même maison.
Rien que vous deviez demander avec plus d'instance au bon Dieu, que cette union entre vous toutes, qui travaillez à la même œuvre.
Cette union constitue l'esprit d'une maison — et seule peut rendre cette maison prospère.
Elle assure aux enfants l'uniformité de direction, qui fortifie le caractère.
Elle entretient, entre les maîtresses, la paix, la joie, le bien-être, l'amour de la vocation.
Elle fait naître la gaîté — et la gaîté sans dissipation, fortifie la santé du corps, entretient la paix de l'âme et développe les facultés de l'esprit. — La gaîté n'est pas la dissipation qui trouble; elle est joyeuse, toujours digne ; elle est le signe d'une maison heureuse.
Elle développe les connaissances intellectuelles : chacune des maîtresses étant heureuse de faire part de ce qu'elle a appris — et de prêter ce qu'elle possède.
— i6o — Une maison unie par les liens de l'âme, du cœur, de l'intelligence — est un foyer qui rappelle le foyer paternel et donne même des jouissances que ne donnait pas ce foyer des premières années qu'on aime toujours.