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CHAPITRE TROISIEME

Défauts que doit éviter

une bonne Édueatriee.

^Hous ne parlons pas des défauts de caractère de '^^ l'éducatrice, parce que l'application de chacune d'elles à pratiquer les vertus indiquées dans le chapitre précédent, les rendra vigilantes sur ellesmêmes.

Nous indiquons seulement quelques-uns des défauts qui nuiraient certainement à leur mission.

LE DÉSIR TROP ARDENT d'aPPRENDRE ET DE SAVOIR.

Oh! ce désir de savoir, comme il avait quelque chose d'entraînant pendant ces jours, où sous une

- i63 direction sage et expérimentée, on se préparait à l'enseignement !

On vivait alors dans une atmosphère pleine de vie littéraire. — Des maitresses étaient là, nous montrant, dans tout leur éclat, le beau rayonnement des œuvres qu'on avait choisies avec discernement et qui nous enthousiasmaient.

Des livres étaient là, nous faisant — trop peutêtre — oublier le niatcriel de la vie et nous transportant dans lin idéal... qui nous semblait le réel de l'avenir.

Des compagnes étaient là, avides comme nous de tout ce qui élevait l'âme et charmait l'imagination.

L'heure est venue où doit cesser cette vie qui n'était qu'un apprentissage de la vie qui s'ouvre devant vous.

Voilà le travail pour les autres — voilà des leçons à donner à de petits enfants — voilà des cahiers à corriger — voilà des soins matériels qui absorberont toutes vos heures — voilà une surveillance qui prend, ce que vous appelleriez si volontiers, vos moments libres.

Certes, ce n'est pas sans un vrai serrement de cœur que vous renoncerez, momentanément au moins, à cette vie de Vesprit si attrayante, mais vous le devez :

A votre santc qui n'est plus complètement à vous, mais à l'œuvre à laquelle vous vous êtes donnée et que des études en dehors des classes — et que des veilles prolongées affaibliraient. Sachez jouir des récréations qui vous sont off"ertes. — Sachez vous égayer et redevenir enfants... Plus tard vous reprendrez vos bons et beaux livres d'autrefois.

Vous le devez :

Pour acquérir par la pratique ce que ne vous donneraient que difficilement et incomplètement les livres les plus en renom. Ne les dédaignez pas ces livres de pédagogie, qui ont ouvert à votre intelligence tant de délicieux horizons, mais laissez-les quelques temps en repos. — Ecoutez au début de votre carrière, les conseils de maîtresses expérimentées; faites la classe sous leur direction. Elles vous apprendront ce que vos livres n'ont pu vous apprendre et leur conversation, aux heures de repos, vous donnera les joies de Tesprit et du cœur dont vous avez besoin.

Vous le devez :

Pour conserver, vous qui êtes à Dieu, Vesprit de recueillement et de prière.

Les études faites, en dehors des devoirs, et uniquement pour être plus savantes vous suivraient dans vos prières ; et vous vous sentiriez moins avec le bon Dieu.

- i6', - Les distractions causées par la classe n'empêchent pas l'union à Dieu. — Devant Dieu vous n'êtes jamais seule. — Il y a toujours vous et vos enfants...

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