‹ Notes de pédagogieChapitre 60 sur 102 · II. Les causes de la négligence peuvent être · texte numérisé non relu

II. Les causes de la négligence peuvent être

Dans un malaise physique qui se prolonge sans avoir rien de grave, mais qui paralyse les forces et atténue la vigueur de l'intelligence...

— i68 — Sans doute, il ne faut pas qu'une maîtresse s'inquiète outre mesure de l'afïaiblissement momentané de sa santé — mais elle doit prendre toutes les précautions nécessaires dès qu'elle se sent moins de vie et moins d'activité.

Une autre cause de négligence dans Vemploi, est un affaiblissement de Vâme.

La prière ennuie un peu, elle est pénible... et on la laisse.

La pensée de Dieu — le recours à Dieu ne vient plus à l'esprit — et on s'en inquiète peu...

Les enfants sont plus pénibles, plus indifférentes...

On ne les abandonne pas sans doute, mais on s'en dégoûte un peu — et on fait juste le nécessaire. — Il est des cas oit le nécessaire n'est pas suffisant.

Oh ! comme une prière un peu plus accentuée, — comme une confession plus humble, plus complète surtout et plus soumise, — comme une communion pendant laquelle on s'offrirait plus généreusement au bon Dieu, — comme un recours plus filial à la Sainte Vierge, — comme surtout une bonne parole, forte, dévouée, dite par une compagne, remettrait la pauvre âme qui se laisse aller à la dérive — dans le vrai chemin du dévouement !

LE MANQ.UE d'oRDRE ET d'exACTITUDE.

Si le manque d'ordre et d'exactitude est dans la nature d'une personne, on ne doit jamais lui confier une classe — encore moins la direction d'une maison.

Une classe — une maison sans ordre ne pourraient subsister. — Nous n'insistons pas : Dieu nous dit que r Enfer est le lieu sans ordre...

I. Dans toute maison bien ordonnée : il y a ce qu'on appelle un horaire ou indication de l'emploi de la journée.

L'horaire ne laisse rien — à V imprévu — rien à V aventure — rien au caprice et à la fantaisie de la maîtresse.

Grâce à l'horaire :

aucune branche de l'enseignement n'est oubliée, aucun exercice n'est négligé.

Tout se fait dans la mesure voulue, sans empiétement irrationnel d'un exercice sur un autre.

Par le secours de l'horaire :

La maîtresse est délivrée du souci et de la fixation de l'ordre du jour et de la préoccupation du lendemain. — L'horaire lui amène tout à point.

dans un ordre sagement réglé. — Il doit être pour la maîtresse comme un ordre sacre.

2. Dans toute maison bien ordonnée : il y a une méthode d'enseignement.

C'est-à-dire, un plan qui doit être suivi dans l'enseignement à donner aux élèves.

Ce plan prend l'élève à son entrée, trace, année par année, — trimestre par trimestre, — semaine par semaine — ce qu'on doit apprendre dans chaque classe.

Il indique les livres à étudier ou à lire — la manière d'étudier, de réciter, d'expliquer...

Nous n'avons pas à parler ici des différentes méthodes à employer — mais nous demandons à la maîtresse de s'assujétir scrupuleusement à la méthode qui lui a été imposée.

Qu'elle ne se croit pas autorisée à modifier, à retrancher, à ajouter — qu'elle n'introduise pas dans sa classe les innovations que lui suggérerait la lecture de quelques journaux pédagogiques.

La maîtresse peut — doit même — prendre des notes pour elle-même — rédiger ses impressions... mais elle n'a pas le droit d'innover dans sa classe.

Peu de personnes sont capables de rédiger un plan d'études. Il faut pour cela : de la science, de l'étendue dans l'esprit, un bon jugement — une grande expérience surtout. Et ce n'est que peu à

peu — année par année — qu'on parvient à tracer un plan réellement utile.

Heureuse la maîtresse qui, entrant dans une maison, trouve tin ordre établi et n'a qu'à le suivre.

3. L'ordre qui doit régner dans une maison et qu'une bonne maîtresse doit s'appliquer à maintenir, — doit se montrer : dans les allées et venues — dans la tenue en rang — dans la manière de marcher — dans la ponctualité à faire une chose commandée — à arriver et à partir à l'heure fixée — dans les jeux en récréation qu'une maîtresse vigilante doit toujours suivre des yeux... — dans la disposition matérielle des objets dont on a l'usage, dans la toilette toujours simple, mais toujours agréable — dans l'arrangement d'un bureau — dans la manière dont sont classés les devoirs sur les cahiers : da4e du jour — titre bien en vue — marges bien marquées — corrections faites avec soin — propreté — livres soigneusement recouverts.

Détails sans doute, mais qui tous, mis en pratique, indiquent la bonne tenue d'une maison — l'intelligence pratiqué d'u'ne maîtresse habile — et forment l'enfant à la vie utile.

Le manque d'ordre, entraîne le manque de suite, c'est-à-dire la constance dans le règlement imposé — et le manque de persévérance dans les méthodes

imposées, dans la manière de donner et d'expliquer les leçons, de corriger les devoirs, de donner publiquement les notes.

On ne forme ni un caractère, ni une intelligence, ni une âme, sans une grande persévérance dans les moyens employés et même sans un peu de monotonie.

Page 1