ACTIVITÉ HABITUELLE
I . L'habitude est la faculté de faire des actes qu'on a faits souvent — de les faire même sans se rendre compte qu'on les fait — d'en venir même à être entraîné à les faire.
L'habitude est — on l'a dit — iiytc seconde nature: Elle nous fait agir à la façon de r/;?5//'/r/ sans le concours de la volonté.
11 est donc d'une immense importance de faire prendre aux enfants de bonnes habitudes et de veiller à ce qu'ils ne prennent pas l'habitude du mal, quelque léger que paraisse ce mal.
Il y a trois sortes d'habitudes à donner aux enfants :
i" Habitudes physiques :
Elles consistent à exercer les organes des sens : la vue, le gont, le toucher... afin qu'ils servent simplement et utilement au but pour lequel Dieu nous les a donnés. — Vhygiêne donne sur les fonctions de nosorganes des détails que nous n'avons pas à donner ici. — Une maîtresse ne peut se passer d'étudier quelques notions d'hygiène.
Les habitudes physiques consistent encore à avoir un règlement — c'est-à-dire des heures^ des rpoqites, des temps, des manières d'agir^ pour les différents actes de la vie domestique et familiale : le lever, le coucher, les heures de travail, de repos... Rien sans doute, de trop précis — on tomberait dans les manies — mais ne pas vivre a:i hasard...
La régularité dans la vie est un principe de bonheur et même de santé.
2° Habitudes intellectuelles :
L'esprit a besoin de prendre de bonnes habitudes comme le corps. — C'est dans les maisons dVdncation qu'elles se prennent... et si, après les années de pensionnat, ces habitudes se continuent avec des modifications, sans doute, dues à la position, on peut être assuré que la vie sera, au milieu même de ses peines, heureuse et utile.
Nous n'avons pas ici à indiquer un règlement.
Les grandes lignes sont fixées partout :
Heures de prières — heures de travail — heures de récréation — heures de repos.
Et, dans le travail — régularité sans monotonie — c'est la lecture à haute voix — c'est la composition — c'est le problème — c'est le récit historique — c'est la science — c'est Y amusement de l'esprit — c'est la causerie vivante, animée.
... Et tout cela se fait sans encombrement, et tout cela se classe dans Vesprit^ qui ne se remplit pas^ mais se meuble comme un appartement dans lequel tout est en ordre.
3" Habitudes morales :
Elles se forment — et nous indiquons ici, rapidement, ce qui est dit dans les livres <,péciaiix avec beaucoup de tact et beaucoup de méthode.
Elles se forment par la pens-^e de Dieu qui est toujours là... de Dieu a qui, tous les jours, on va s'oflfrir — de qui on attend tout ce qui est nécessaire — à qui on demande tout.
Elles se forment par les actes de bonté de tous les jours, qu'on reçoit et qu'on donne,
par les services quotidiens rendus aux compagnes, • par les sacrifices qu'on s'impose pour faire son devoir.
Règle générale pour contracter une habitude morale surtout :
faire pratiquer, faire aimer, faire comprendre.
ARTICLE SECOND La Sensibilité.
1. La sensibilité est la faculté que possède l'âme d'éprouver des émotions et d'avoir des sentiments.
Les émotions de l'âme diffèrent des émotions produites par les sens qui sont des sensations.
Les émotions de l'âme s'appellent simplement inclinations on penchants ; les inclinations sont ordinairement passagères, les penchants persistent ; ils attirent, en quelque sorte, vers ce qui est conforme à la nature, et il faut une certaine force pour résister.
2. Il y a, en chacun de nous, trois inclinations ou penchants différents :
1° Inclinations ou penchants personnels, ceux qui produisent dans l'âme des émotions qui la portent à se satisfaire elle-même. — Ils prennent le nom à' amour-propre ou plus exactement à' amour de soi.
2° Inclinations ou penchants sociaux, ceux qui produisent dans l'âme des émotions résultant de nos rapports avec les autres.
3° Inclinations ou penchants supérieurs, ceux qui produisent dans l'âme des émotions par la vue et la connaissance du bien, du beau, du vrai.
On peut dire que l'éducation de la sensibilité morale n'est que l'éducation du cœur : Elle consiste à donner une règle à notre besoin d'aimer.
Voyez, comme ce besoin d'aimer est la source de tous nos penchants.
1. Amour de soi, c'est-à-dire estime et confiance personnelle — sentiment de l'honneur, de la gloire, du succès, du bien-être.
2. Amour so-ial, c'est-à-dire affection de la famille, amour filial, amour fraternel — amitié — amour de la patrie — amour du pauvre — dévouement — don de soi et de ses biens.
3. Amour supérieur, cest-à-d'ire savoir, connaitre le vrai, le bien, le beau — Dieu avant tout. — Le posséder, le produire...
Et Dieu pour nous aider à la recherche et à la possession de ce que désire notre cœur, a attaché à la satisfaction de nos inclinations, une émotion agréable, un plaisir . — Ce plaisir ne doit être quun moyen et non une fin. — 11 faut l'accepter, non pas le rechercher uniquement — (question importante à traiter ailleurs).