ACTIVITÉ VOLONTAIRE
I. La volonté est le pouvoir par lequel l'àme se détermine, avec parfaite connaissance de ce qu'elle fait, à accomplir un acte.
La volonté a une puissance immense. '
Elle agit stir le corps — et par l'exercice, par l'hygiène, par la sobriété — elle le rend pins souple et plus apte aux opérations intellectuelles.
Elle agit sur Y intelligence en affaiblissant et même en annihilant les sensations, les imaginations, les désirs vagues qui affaibliraient sa puissance.
Elle est la principale source du mérite et du démérite. — L'homme ne vaut pas en raison de ce qu il pense, mais en raison de ce qu'// veut. — Elle rend responsable.
Elle forme Vhomnie de caractère, celui qui a des principes et qui les suit — celui qui n'agit pas au hasard de ses impressions, de ses humeurs, des préjugés, des opinions, de la mode.
— Les hommes sont des volontés, a dit saint Augustin.
Ce qui manque, c'est moins la vue du bien et même la propension à l'accomplir, que Yénergie qui commande aux sens, — fait taire les passions — dit à tout obstacle non et va malgré tout au devoir...
2. La volonté — un acte volontaire — renferme quatre actes différents :
i" La conception, c'est-à-dire la pensée de l'acte qu'on veut faire,
2" La délibération, c'est-à-dire l'examen des motifs qui poussent à cet acte — des raisons d'agir ou de ne pas agir — des avantages ou à.QS inconvénients (\\i'\ résulteront de cet acte,
3° La détermination, c'est-à-dire la résolution vraie, sérieuse d'agir ou de ne pas agir,
4° Inexécution, c'est-à-dire la production de l'acte. — L'exécution ne fait pas partie de l'acte volontaire ; elle en est l'effet extérieur et final. — La valeur de l'acte volontaire est dans la détermination. — L'exécution aggrave le mal ou augmente le bien.
3. Formation de la volonté chei V enfant. Cette formation consiste :
1° à incliner et assurer la volonté de l'enfant.
La volonté chez l'enfant, n'a pas encore la puissance et la ténacité qu'elle aura plus tard. — Il faut l'attirer vers ce qui est beau, ce qui est bon, ce qui est utile,
— 2^9 — ce qui est vrai — le lui faire apprécier, désirer, demander.
Lui donner tout ce qu'on lui a promis,
Lui faire mériter — et par conséquent, vouloir ce qui a fait, une première fois, plaisir : à ses yeux par sa beauté — à son goût par sa douceur — à son CiViir par les caresses qu'il a obtenues... Il voudra peu à peu tout ce qui lui a plu,
Lui montrer ce qui est mal ; s'il ne le comprend pas, le lui faire sentir d'une manière délicate, pour qu'il ne le veuille pas...
Lui répondre avec paix, en le raisonnant un peu — le laisser quelquefois seul au milieu d'objets différents, le faire choisir — et lui demander pourquoi il préfère l'un à l'autre. — Le surveiller et lui dire ce qu'il a fait de bon ou de répréhensible.
Cette forrration consiste :
2° à fortifier la volonté Je l'enfant, et pour cela :
L'accouiumer à obéir sans murmurer, sans lambiner.^ Lui faire comprendre ce qu'est le dtvoir. — Le devoir, c'est tout ce qui est dû à son père, à sa mère, à ses maîtresses, aux pauvres, à Dieu surtout. — Le devoir, c'est tout ce qui est commandé par ceux qui ont autorité sur nous.
Lui montrer ce qu'il y a de beau, de grand à ne pas faire ce qui déplaît à son père ou à ses
- 26o — maîtresses. — Lui demander, de temps en temps, de petits sacrifices.
Cette formation consiste :
3° à habituer l'enfant à réfléchir — c'est-à-dire à se demander : ce que je veux, fera-i-iî plaisir â ma maîtresse ? ne fera-t-il de la peine à personne ?
Apprendre à réfléchir, est le premier objet d'une éducation virile. — Un enfant qui ne délibère jamais, ne réfléchit jamais, ne sera propre, plus tard, qu'à obéir lâchement aux choses ou aux personnes qui le domineront.
Cette formation consiste :
4° à exiger la soumission de l'enfant doucement, affectueusement, mais résolument.
Ne laissez jamais un enfant, prendre son repos le soir, sans avoir réparé un devoir négligé, ou avoir sérieusement promis une réparation dès la première heure du lendemain et sans avoir demandé pardon d'une désobéissance...
Mais prenons garde : ne brisons pas une volonté, cherchons à Vassouplir. — L'affection, dit Fénelon, est le grand éducateur de la volonté.
Faites-vous aimer, montrez-vous juste, bonne, généreuse, tout en étant ferme — vous finirez par dompter la volonté la plus rebelle.