PRATIQUE POUR FAIRE AIMER LE BEAU
Dès les premiers âges — à l'heure où se manifeste la curiosité de l'enfant pour voir et poar savoir :
Écarter de ses yeux tout ce qui est défectueux — tout ce qui est laid — tout ce qui est grotesque —
tout ce qui est de nature à éveiller un sentiment de peur ou peut exciter la moquerie ou la répugnance : gravures, albums pour rire.
Il y a, certes, un rire qui est digne, même un bon et franc rire qui épanouit, ravive, redonne au sang comme une puissance nouvelle — mais ce n'est jamais le laid qui le produit.
C'est par la lecture que le beau rayonne dans l'intelligence, l'illumine, la pénètre, la force à chercher.
Ayez donc, en classe, un recueil de ces pages littéraires qu'on n'entend jamais sans se sentir plus vivant et plus entraîné au bien.
Il y a un âge où la poésie peut sembler un luxe, mais pour l'enfance et la jeunesse, la poésie est une sorte de pain quotidien.
Accoutumez les petits enfants à mettre partout un peu d'ordre... Le sentiment de Tordre et le goût de l'ordre sont la base d'où s'épanouit le beau.
Qu'elles plient leurs vêtements de leurs petites mains et les placent à l'endroit indiqué.
Qu'elles ne souffrent aucune déchirure, sans désirer la réparer et se mettre à l'œuvre tout de suite.
Qu'elles sachent serrer leurs jouets.
Ne les laissez jamais sortir d'une chambre sans avoir réparé le désordre qu'elles ont causé. — Apprenez-leur à aimer tout ce qui est bien rangé à sa place...
Cet esprit d'ordre forme à l'amour du beau et à l'amour du bien.
Voilà comment à un enfant on peut en quelque manière, apprendre le beau, par Vordre avant tout. Mais c'est peu. — Il faut le faire pénétrer en lui. Le montrer à ses yeux par des images.
Le faire entendre à ses oreilles, par des chants
harmonieux.
Le faire admirer à son imagination par des récits
vivants, colorés.
Le graver dans sa mémoire par l'étude de vers, de
pensées, de pages, écrits avec goût.
Le faire reproduire par des compositions, créées par l'enfant à mesure que, grandissant, il sent le besoin de montrer ce qu'il peut... de redire ce qu'il sent et ce qu'il a vu...
— C'est dans une classe de litt'''rature qu'on étudie le beau et qu'on le fait aimer... Heureuse l'intelligence qui, aux premiers jours de son épanouissement, a été entourée et nourrie par le beau.
INCLIXATIONS RELIGIEUSES.
Kous les indiquons à part, ces inclinations, parce que ce sont celles qui représentent le mieux les aspirations de l'être humain vers cet idéal du vrai, du bien, du beau, auquel il tend de toute sa puissance et que les choses créées ne peuvent lui faire atteindre. Nos inclinations religieuses nous portent :
à désirer Dieu,
à chercher Dieu,
à posséder Dieu,
à vivre avec Dieu.
' L'âme est naturellement pieuse, c'est-à-dire qu'elle s'ouvre comme instinctivement pour accepter la pensée de Dieu comme la poitrine s'ouvre instinctivement pour accepter l'air.
La pensée de Dieu, dans ce qu'elle a de plus général, pre'nd le nom de piété et la piété, dit Bossuet, est le tojit de l'homme.
La piété se compose de trois éléments :
L' in si ru et ion religieuse,
La prière,
La réception des sacrements.
L'instruction religieuse est la racine de la piété. —
Elle en pose les fondements.
La prière est la rosée de la piété. — Elle la fait
grandir et fleurir.
Les sacrements, — la Sainte Communion surtout,
sont le soleil de la piété. — Ils la font mûrir et
porter des fruits.