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conrl à produire un effel détermin ». C'est d'une symétrie parfaite et bien séduisante, .l'avoue que ces titres abstraits me déroutent un peu; je leur préférerais 'les phrases descriptives des phénomènes, niais c'est sans doute une infirmité de mon esprit de ne pouvoir se luire une idée claire du sens d'une expression comme destination de moyen. Glissons donc sur ce point pour aborder le principe même de division.
Est-ce que vraiment la préposition à signifie tant de choses? Vest-on pas victime d'illusions? Vat t rilme-t -on point à ee seul mot ce qui appartient a toute l'expression ? Kt comment reeonnaître, dans toutes ces ramifications, un tronc et des branches, c'est-à-dire une signification Fondamentale et une filiation de sens?
Le Dictionnaire général donne, il est vrai, a la partie historique de l'article, des indication- sur le sens originel. On y dit que ad latin a pour sens propres direction et proximité ; que, dans le latin populaire, s y SOnl ajoutes deux sens nouveaux, {'attribution et la situation; qu'en outre, un emploi spécial de au (coïncidence) amenant l'idée de conséquence (ajd cantum galli exper gisci), \i>;i marqué l'instrument (occiderere a d lanceas). ( !e sont donc déjà en la) in presque toutes les significations reconnues dans le français; la complication n'est pas diminuée et nous ne sommes guère plus avancés. Nous apprenons seulement par la que la diversité d'acceptions de à remonte plus liant qu'on ne l'aurait cru.
Faut-il se résigner à enregistrer cette diversité s;ms chercher de filiation? Mettre une singularité comme oc ci d ère ad lancea s sur le inclue pied que ire ou mittere ad aliquem? Nous croyons au contraire qu'il est légitime, même pour un article sur à français, de critiquer un peu les données du dictionnaire latin. au est une préposition qui accompagne l'accusatif, c'est-à-dire le cas de l'objet auquel aboutit une action; ad signifie donc tendance ou direction vers quelque chose. Que le latin ad ait servi à d'autres usages, nous en doutons; ou lutôt la question est mal posée, il y a en elle un malentendu, le même que quand il s'agit de déterminer les sens de ci : on attribue abusivement a la seule préposition un sens qui est celui de toute l'expression; on l'ait une analyse incomplète ou superficielle.
Un exemple montrera le danger qu'il y a a tabler sur l'apparence seule : Liftré, sur la foi d'expressions comme arracher uux flammes, ôter au roi su couronne, a cru que la préposition à avait une double origine, qu'elle provenait tantôt de ad, tantôt de au.
La phonétique s'y oppose autant (pie le bon sens; mais la leçon à tirer de cette méprise, c'est que, si L'esprit pratique se hâte de comprendre aux flammes on ad lanceas en bloe d'une certaine façon, l'esprit philologique doit se garder d'endosser aux préposî t ions ai», à cette signification.
Mais comment procéder pour créer une classification qui explique et justifie la diversité actuelle en luisant saillir la primitive unité? Poser îles exemples et les comparer, nos devanciers l'ont l'ait, et, si le procédé était infaillible, ils ont dû trouver la solution. Si nous jugeons qu'ils ne l'ont pas trouvée, e'est que l'analyse et la comparaison ne valent (pie par la façon dont on les emploie.
Nous devons donc nous contenter de la même méthode : comment nous en servir mieux?
Prenons au hasard deux exemples, comme aller à cheval et a//er à Paris. Nous sentons dés l'abord que les compléments introduits par la préposition n ne sont pas de même nature. Le premier répond à» la question comme nt'/, le second à la question où'/. On peut s'en tenir là, créer des rubriques moyen et lieu pour ces deux cas, et procéder de même pour tmis les exemples divers rassemblés. Mais, en agissant de la sorte, on n'a vraiment l'ait qu'une banale constatation, au point de vue logique pur; on a fixé grossièrement l'idée, sans se préoccuper d'étudier comment le langage arrive à produire ce sens. Pourtant on voit dans ces deux exemples que le langage parvient par des éléments identiques à des résultats très différents. N'est-ce pas là ce dont il faut s'étonner, ce qu'il faudrait expliquer? Si le vrai problème consiste dans la confrontation de la logique et du langage, je n'ai presque rien fait en constatant que à cheval marque le moyen, à Paris le lien. Est ce .pie la différence de sens proviendrait des substantifs cheval et Parist Serait-ce le petit mot à qui a changé de signification? ou le verbe a//er? Décider à priori que c'est la préposition, n'est-ce pas commettre un illogisme? J'en conclus qu'il est néeessaire d'examiner les choses de plus près, de remplacer l'analyse idéologique de plus haut par une vraie analyse linguistique.
Mais cette analyse, par quel bout la prendre? Analyser quoi? In esprit peut rester rivé à ces trois termes aller, à, cheval ou Paris, et ne pas saisir nécessairement que, ce qu'il doit étudier, ce ne sont, pas tant les mots que les relations entre les mots. 11 faut que, peu a peu, d'autres exemples l'y amènent. S'il s'aperçoit que être à cheval et mouler à cheval ne donnent pas non plus le même sens pour un complément identique; que aller ù Veau peut
signifier diverses choses, comme se disposer à se baigner, faire sa provision d'eau, ou choisir Veau comme boisson; il en conclura que le sens est, souvent, beaucoup plus dans ce qu'on omet que dans ce qu'on exprime, et, dès lors, il reconnaîtra que, ce qu'il faut surtout étudier, ce sont des rapports.
Quels rapports y a-t-il a étudier dans le cas présent delà préposition à ? 11 nous semble qu'il y en a deux, ni plus ni moins : i° le rapport établi par l'esprit entreà et son régime; 2° le rapport établi par l'esprit entre ce complément et un premier terme dont il dépend. Littré l'avait bien reconnu : il noie que, comme toute préposition, à exprime un rapport et ne peut être bien apprécié indépendamment des deux termes qu'il lie, aussi bien l'antécédenl (pie le conséquent. Au lieu île la classification par significations, ajoute-t-il. ou peut adopter une classification d'après les deux termes du rapport ou à ligure, le sens étant aussi bien déterminé en beaucoup de cas par le mot qui précède que par le mot qui suit ».
Cependant il ne suffil pas encore de reconnaître qu'il y a deux rapports a étudier, il faut encore savoir exactement où ils gisent, par quels mots de la phrase ils sont représentes, et, d'abord, s'ils sont représentés dans la phrase par des mots. Ainsi le beau préambule île Littré ne l'a pas empêché de s'arrêter a la superficie des (dioses et d'aboutir a des divisions purement mécaniques : à entre un substantif et un substantif, à entre un substantif et un pronom, à entre un substantif et un verbe, etc. Sans s'en apercevoir, Littré part de cette impression que les deux termes du rapport sont les mots qui précèdent et qui suivent a. Qu'il en soit souvent ainsi, c'est vrai, et c'esl bien pourquoi sa division n'apparaît pas trop mauvaise; mais ce sont précisément les autres cas qui sont intéressants et qui ont besoin d'explication. La division de Littré manque de profondeur et court le risque de rapprocher des cas disparates comme aller a Paris et aller a cheval et de séparer des cas identiques comme pèche à la ligne et pécher a la ligne. Cette division, Littré devait la faire, mais préalablement et uniquement dans son laboratoire pour analyser les cas qui se présentaient. C'était un classement d'attente lui permettant les opérations nécessaires pour un classement définitif.
Montrons qu'il y a des cas où les termes du rapport ne sont pas dans les mots exprimes ou plutôt n'y sont que très indirectement.
Dans son sens étymologique, à marque la direction vers quelque chose. Quand l'objet vers lequel tend le mouvement est un lieu,
un édifice, une personne ou un être quelconque établi dans un lieu, iiin- unité «le temps assimilée par analogie à une unité de l'espace, un objel même considéré par l'esprit comme localisé quelque pari, alors le rapport entre la préposition et sou régime apparaîl très uettement, sans complication; ("csi le cas de à Paris, à la tuer, à la côte, à Uécole, à l'abîme, adieu, à demain, à lu ruine, à la perfection. L'objet auquel aboutit le mouvemenl est directement exprimé et le rapport est- clair. Mais le lieu, l'objet, le temps peuvent être notés indirectement, par des locutions indiquant plutôt la distance, l'éloigiiement. A quatre pas ne signifie point uers quatre pas. Quatre pas n'est le régime de à que par une ellipse hardie. L'expression signifie vers un endroit ou un point — distant de quatre pus. De même remettre à huit jours ou ù huitaine signifie remettre à un moment — distant de huit jours. L'imagination, plus vive que la logique, a signifié un point de l'espace ou du temps en exprimant la distance qui la sépare de ce point. Ne pas tenir compte de eelte bracliylogie, c'est se cou damner d'avance a découvrir que ù marque la distance. Ainsi procède le Dictionnaire de Mozin, qui attribue à la préposition à, en vingt-six numéros, les sens plus hétéroclites.
D'ordinaire, l'expression formée avec à est mise en rapport avec un premier ternie. Si ce premier terme est un verbe on un sub stantif verbal indiquant aussi, comme à, la direction vers l'objet régime, il y a concordance parfaite : aller ù Paris peut graphiquement être figuré par -» — > o. Mais le langage dit souvent moins que ce que l'esprit veut savoir. Ce qui prouve que aller à l'école exprime seulement l'action de marcher vers un édifice, c'est que cet ie locution peut se dire à la fois, indépendamment du but, et de l'élève qui va étudier, et du maître qui va enseigner, et du père qui va demander des renseignements au dit local, et du maraîcher qui va sonner au même lieu pour vendre ses légumes à la femme • h' l'instituteur, et du domestique qui va balayer l'école et allumer les feux. L'esprit interprète et spécifie suivant le contexte ou le ton ou la personne qui parle, mais il ne faut point charger de ces sens divers ni le verbe aller, ni la préposition à, ni le substantif école. De menu1 aller ù Veau, mettre aux fers, courir aux armes peuvent avoir des sens divers, précisément parce qu'ils n'expriment que l'action, la direction de cette action et l'objet de cette action, nullement le but de l'action. Dans aller aux noisettes, aux cerises aux légumes, le but n'est pas exprimé. C'est notre esprit, coutumier du lait, qui voit dans l'expression plus qu'elle ne contient.
Notre esprit sait que les noisettes, les groseilles, les cerises ne sont point abordées pour être regardées ou habitées, mais pour être cueillies, mangées, emportées : il conclut doue a une tendance vers un but, selon le mot du Dictionnaire général, mais rien n'exprime ce but. Quand le latin dit ad ponia colligenda, il va bien un mot énonçant le but, qui est colligenda, il n'y en a point quand il se contente de ad poma. Veux-je insinuer par là qu'il est mauvais de noter et de classer les rapports si variés que l'esprit l'ait comprendre avec des tours de langage très simples ? Nullement, mais on gâte tout lorsque, confondant la stylistique et la syntaxe, on affirme que le sen> ou rapport perçu appartient en propre à tel mot particulier.
Mais la grande difficulté, créatrice des pires malentendus d'analyse, provient de ce que le premier terme peut ne pas indiquer la direction vers Pobjet-régime. Aller à table se comprend de soi, comme aller a Paris ; mais que ïere/.-vous de être a table, de assis à table ? ("est ici «pie les analyses des grammairiens sont le plus oublieuses du sens primitif. Nous touchons donc au point délicat. On décide que, être ou assis marquant le repos, la situation, à table marque donc aussi la situation. 11 n'y a plus de mouvement, plus de direction, la préposition à a changé de sens. C'est bien là la doctrine ordinaire, et, qu'il s'agisse du latin ad tabulam ou du français à lable, on décide que ad, à marquent la situation. Il nous semble, au contraire, (pic à table n'a pas changé de sens, que c'est le rapport entre à table et cire ou assis qu'on interprète mal. En réalité, à table ne dépend pas directement de être ou de assis, il dépend de l'idée du aller. Ce qu'on appelle en ce cas premier terme n'est que dans un rapport indirect avec le complément, ("est un faux premier terme et le vrai est inexprimé. L'analyse doit dissocier les deux expressions. Être à table, c'est, étant allé a table, y rester.
Il était à pleurer peut avoir deux sens : i° il était, en train de pleurer, 2° il était (stupide, sot, abimé, mal arrangé) an point qu'on en eût pleuré. Puisque c'est le même à pleurer de part et d'autre, et le même il était, pourquoi peut-on aboutir a deux sens aussi divergents ? Parce que, si les phrases sont semblables par les choses qu'elles expriment, elles diffèrent par les choses qu'elles n'expriment pas. Autrement dit, le premier terme de part et d'autre est omis, et n'est pas le même des deux côtés.
Qu'on ne m'accuse point de ressusciter par là l'ancienne doctrine des mots sous-entendus, doctrine chère à Sanchez, qui posait
on principe des constructions logiques bien sages et bien régulières et qui notait les écarts de ces constructions idéales comme des aberrations et des monstruosités, les mots omis comme des absents à l'appel. On part ici d'un principe tout opposé, à savoir < l u c le langage est une œuvre de sentiment et de vivacité. On essaie seulement d'expliquer — par des mots, il le faut bien — tout ce qu'il y a dans le discours d'inexprimé, d'obscur et d'incomplet, de hardi et d'aventureux.
Quand il y a désaccord entre le sens du complément et le sens «lu prétendu premier terme, on ferait mieux de constater bravement qu'il y a désaccord. L'esprit a jeté un pont entre des rives opposées : être — à table, installé - a la fenêtre, demeurant — à à Paris, assis — à l'ombre, exposé — à la pluie, dormir — au soleil. Le lexicographe, lui, définissant le sens de la préposition, invente le titre proximité, situation par rapport à un lieu, à un but. Au lieu île constater le désaccord, il s'ingénie à chercher quel rapport logique déniait exister entre les deux termes, et, le sens ainsi trouvé, il l'impose à la préposition. Etre à table lui révèle qu'on n'est pas dans la table, mais à côté. Cette précieuse différence lui tait noter le sens de proximité, mais être lui rappelle ensuite qu'il y a situation. C'est ainsi que à revêt tour à tour les couleurs de ses voisins, marquant la direction dans noter au feu, la situation et la proximité dans être au feu, l'extraction dans arracher au feu. Que se produit-il en réalité? Quelle est la vérité historique et philologique, qui est du ressort du dictionnaire, en opposition avec ces apparences ?
Le langage a inventé une expression qui signifie la direction vers, à table. Son emploi est naturel avec un verbe qui signifie aussi la direction : aller à table, se mettre à table, uenir à table On l'emploiera de même au passé, alors que l'action du verbe est terminée et qu'il en est résulté un repos, être venu à table, et enfin ;i \ ce des verbes qui indiquent une situation sans envisager d'action antérieure : être — à table. La pensée établit à la longue entre le verbe nouveau et le régime un rapport que le langage n'exprime pas réellement. Mais on devrait se garder de charger la préposition elle-même, qui est innocente, de toutes ces significations de rapport survenues par suite de l'inexprimé du langage.
c< La belle avance ! » dira-t-on. « Le dictionnaire ne .peut se contenter de noter le sens premier, fondamental, unique à votre point de vue, de telle ou de telle préposition. Il doit avertir (pic tel rapport logique se rend par tel artifice de langage. C'est donc
une nécessité d'en passer par la complication et même par les disparates. Vous devez, noter l'actuel et vous faites de l'archéologie ! Des rapports nouveaux se sont établis dans la suite des siècles, vous ave/ à les enregistrer, objectivement. Par dessus le rapport primitif, l'esprit saisit d'emblée ces rapports nouveaux qui diffèrent suivant la nature des nouvelles alliances de mots. 11 semble au vulgaire que c'est une humble préposition qui s'est enrichie de toutes ces significations : on doit lui donner raison si on tient compte de la différence des temps et des points de vue. Puisque le lexicographe s'attache au présent, l'ait l'inventaire du présent, c'est la variété qui le frappe, c'est elle qu'il doit classer et catalogue!', si cette variété vous gène parce qu'elle vous empêche de voir l'unité primitive, c'est que vous êtes un historien, curieux d'évolution du langage, un étymologue, bref un homme du passé qui essaie de ramener la multiplicité à l'unité, ou un homme d'enseignement qui espère pouvoir faire mieux comprendre la multiplicité présente en la réduisant au minimum par comparaison avec la simplicité originelle. »
Voilà finalement, si je me suis bien l'ait mon procès a moimême, les deux tendances, opposées l'une a l'autre et remises a leur place : l'une, historique, orientée vers le passé ; l'autre, pratique, orientée vers le présent. Voilà deux méthodes en présence, oui ; mais l'une, purement descriptive, serait celle de la stylistique exposant les cléments émotifs du langage et celle de la logique préoccupée des idées avant tout, satisfaites quand elles ont acte (pie telle idée, tel sentiment se rendent par telles locutions dont l'analyse ne les intéresse point ; l'autre prenant le problème à revers, partant des mots, du mot, des éléments des mots et montrant comment les rapports et les alliances de mots parviennent à exprimer les idées, ("est cette dernière méthode, ce me semble, qui est celle du dictionnaire. Ou plutôt, pour dire plus vrai, il n'y a pas d'antagonisme entre les deux méthodes, elles se complètent. Quand le logicien, partant de l'idée et aboutissant aux expressions, veut mettre de l'ordre dans les résultats nombreux et encombrants qu'il aréunis,s'il invente une classification d'après les apparences. il court le risque de rencontrer mille difficultés sans en bien résoudre aucune. Le grammairien, partant des mots et des locutions et aboutissant aux idées, doit évidemment tenir compte du sens actuel des symboles, doit évidemment dénombrer, définir et classer la sémantique actuelle. Son exposé serait-il plus mauvais parce qu'il laisserait entrevoir la vraie genèse des expressions ?
[1 en sérail meilleur, j'imagine. On étranger qui constaterait le sens presque invariable de la préposition à dans les centaines d'expressions soumises a son attention dans un article, n'aurait plus le sentiment d'une sémantique protôiforme et insaisissable ; il apprendrait à faire la part «le l'usage, des associations de termes ; il sciait plus tranquille en l'ace des rapports établis fortuitement quand il verrait où gît exactement la difficulté. Un français n'ira guère chercher dans un article sur// des façons de s'exprimer. 11 est pins riche de son fonds que l'article lui-même. Ce qu'il voudra connaître, c'est encore une fois le sens fondamental et la classification. Concluons donc de la qu'il n'est pas insensé ni inopportun de vouloir introduire pins de rigueur et de vérité historique dans un tel article.
On pourrait objecter encore : ce Votre article, quoi que vous lassiez, ne sera pas historiquement vrai. Vous agissez comme si vous croyiez que chaque sens nouveau a été créé, chaque fois, en partant de la signification fondamentale. Vous aboutisse/ a votre insu à nue classification empirique». — Non, répondrons-nous, nous ne voyons pas la généalogie de sens de cette façon simpliste. et nous ne substituons pas un râteau à un arbre. Il est bien évident que c'est l'analogie qui est la cause de l'extension du sens d'un mot ou d'une expression, que l'analogie a toujours exercé son action de proche en proche, en travaillant sur les résultats déjà obtenus sans remonter a la source. Elle invente aller à bicyclette parce qu'elle possède1 aller à chenal, et aller en bicyclette parce qu'elle p (ssède a//er en voiture ; mais elle ne pourrait passer directement de l'expression aller à Paris à l'expression char-à-bancs. 8i on pouvait faire le tableau exact des inventions analogiques, on verrait comment, par quelles voies la multiplicité naît de l'unité; on saurait le moment et le lieu où chaque extension de sens est née, et de quel rameau. Ce serait l'idéal. Mais ce qui est possible pour un mot de signification concrète et précise est radicalement impossible quand il s'agit d'une particule impalpable comme le brouillant. D'ailleurs, ce serait encore trop simpliste de croire à une monogénèse de chaque sens, qui se répandrait ensuite à travers le monde. Qui fera le départ de ce que les esprits reçoivent en l'ait de sémantique et de ce qu'ils recréent , après d'autres, à côté d'autres ? <>r, si la polygenèse doit être admise, le tableau généalogique levient impossible, et, tout ce qu'il esi possible de rechercher, c'est, indépendamment des circonstances particulières et fortuites de l'apparition du sens, dans quel rapport est ce sens avec le sens
fondamental. Ce rapporl existe toujours. Est-il vrai qu'on ne saurait rien d'utile parce qu'on ne connaîtrait pas tons les intermédiaires ? On ne peut dire, a la vue d'un fruit, par quelle branche, par quel rameau, par quelle lambourde a passe la sève qui a nourri ce fruit; ou quel voisin il a eu dans sa longue maturité; ou a quelle hauteur il a mûri ; sous quelles feuilles, par quels vents il a été bercé ; niais qu'importe ? Ce qui importe réellement, e'est de reconnaître sou origine. Nous ne rechercherons donc point, pro blême sans issue par combien d'étapes, par combien d'esprits et de détours le langage en est arrive a dire pièce à tiroirs ou pèche u la ligne. Puisque cela dépasse le pouvoir de l'investigation historique, nous nous ('(intenterons de rechercher, en raccourci et schématiquement, comment tel sens final découle du sens initial.