n sait que l'a long du wallon ardennais est devenu a en
lis, 0 en verviétois. Les écrivains verviétois représentent ce
-•mi par au presque toujours. Dans notre texte, sur 27 cas, M écrit
i au, 2 fois ;< : parli (i et malheur 83, ce dernier dans une
herches historiques sur les communes île Stembert et de -. Remacle, 1890.
expression plutôt française: par malheur ; 1) au contraire présente 14 fois a et i3 t'ois au. 11 n'y a point de système dans ce départ opère par D; il se contredit inconsciemment, écrivant a uy teins 6 et au deu costé 122, autou 118, parly 6 et paurlez io5, ahimen 62 et auheemen 110. Le modèle copié par I) avait-il a partout '.' ("est peu probable, et, quand cela serait, le l'ait resterait sans importance. La graphie a s'est imposée si longtemps par la force de la tradition, en dépit du changement qui s'était produit dans la voyelle, qu'on ne pourrait en cela conclure de la graphie au son. Mais, quant au son, les Verviétois du \\n siècle prononçaient comme ceux d'aujourd'hui. Les mots du langage ordinaire ne le prouvent guère, parce qu'ils apparaissent francisés dans les acte-, mais les noms propres conservent parfois dans l'écriture la trace de la prononciation originale. Ainsi, pour choisir un exemple du même temps que notre épisode, dans une pièce verviétoisede i654 (M, le même nom revienl deux fois, d'abord sous la forme Pasquay Thiry, puis sous la forme Thiry Pauquay. La première est étymologique, la seconde est celle de la prononciation courante. Au reste ce trait doit remonter beaucoup plus haut, si l'on peut ici juger par analogie, puisqu'on trouve déjà de nombreux exemples de ;*// au \i\ siècle dans Henirieourt (2). — Notons l'exception de gvoV) 117 (dj'vô) el cellede ote M 34(fr. autre .
2. Le traitement actuel de a entravé dans des conditions spécifiées!) ne se décèle que dans deux mots : sege 35 1) et35 M (fr. sage) et essé ."S 7 M, qui correspond a assez 5g I). Les pièces ne contiennent aucun mot du suffixe -aticum : èdje. On trouve woigy M 65 qu'il faut peut-être prononcer wèdji conformément aux autres graphies en oi, mais 1) G- a en regard wogy qui est équivoque, Vi ayant peut-être été omis; el d'ailleurs le verviétois actuel dit encore wadji, tandis tpie Polleur prononce wèdji. Des deux seuls exemples surs on peut conclure que Verviers connaissait déjà cet è correspondant à un a liégeois, mais non qu'il avait déjà étendu ce traitement à un grand nombre de mots. — Nous n'avons pas
(') .1. Lejear. Fortifications de Veroiers, dans Bull, de la Soc. nerniétoise d'Archéologie et d'Histoire, t. II. p. 128 et 1129.
(2) Georges Doulrepont, Etude linguistique sur Jacques île Henirieourt et sonépoque. MÉM. COURONNÉS ET AUTRES MÉM. p. p. l'Acad. l'oy. île Belgique, t. XL VI (1891), nos (i. S. 120, 78.
(3) Georges Doutrepont et Jean Ilaust, Les parlera du Nord et du Sud Est de la Province de Liège, dans MÉLANGES Wu.motti:. p. 14.
cité tchèt {cattum), qui rentre dans la même règle, parce que cette forme esl d'un usage beaucoup plus général.
1 ),, counaîl l'amour du verviétois pour le son ;i, qu'il substitue souvent à Vo tonique ardennais et liégeois. Il substitue de même ,., |ono à " liégeois, Ô de Stavelot, dans les mots de suffixe ura et d'ant res analogues. < Jhacun de nos textes contient quinze exemples de cette aature, en y comprenant ûawe qui est une forme d'un usage plus étendu, el Limbàr{ Limbourg). Sur ces quinze exemples, M h :l que trois lois 0 et I) deux l'ois; et encore on peut croire que par inadvertance, la graphie française en mm, nn étant substituée à la wallonne: comme D 28, D 66, M 64, donne M 57. Une seule fois com, M 97, contre cinq ou six cam dans chaque pièce, donne à penser que la langue hésitait entre corne et came, mais elle l> fait encore aujourd'hui. Les autres mots sont cawe D 28, 107, écrit cae M 28 et ca'ê M io5, par impuissance a noter le w ou pour imiter une vieille graphie; balawe 1) 108 et M 106; lenbar D 70; lembar M 68; (Inné I) 5g, donne M 57; cal (colle) I) 80 et M 78, deux mots particuliers à M : fae 36 = faye (feuille), et val 112 (vole), qui dans l'usage actuel est plutôt vole (pie vale. On peut doue dire que le changement verviétois de o en a était accompli à l'époque de la composition même de la satire; sans quoi nos deux copistes n'auraient pas atteint cette quasi-uniformité dans l'emploi de a, et, surtout pour des formes d'origine si diverse.
}• < bi peut en dire autant de cet u atone qui remplace à Verviers
l'i liégeois dans les monosyllabes proclitiques, dans les préfixes,
dan- les mois commençant par deux consonnes. Ici les exemples
nnent des //;/, du, quu, su, lu (je, de, que, si et son, le).
Plus marquants sont kiimeii D 46, cumin D 55, cumen M 46:
juhan D65 (Jean); sucrit M 36; sufaite M 32, D 32; luwengne
I» 23, luengne M 23 (anc.-fr. lorgne adj.) ; scuvin ou skiwin
(échevin). Sur environ 80 exemples, on trouve i quatre fois : di
et 1 rois fois si tnssin I) 82, 94, M 80, lequel est pour Sitassin =
Stassin, nom dérive «le Stasse Eustache.
. l'n cinquième caractère de la région verviétoise est la déliassât ion partielle ou totale des voyelles an, in, on. Elle se l'M'ie assez mal dans l'écriture. Actuellement encore nos auteurs souvent des nasales qu'ils ne prononcent pas. 11 ne faut s'attendre a rencontrer dans des écrits d'il y a deux • exactitude qu'on n'observe pas aujourd'hui. Xéande dénasalisation que nous fournissent nos deux a -ullisance que le phénomène est ancien. Nous
ne ferons pas état de même M 3o, 3i, D 3o, 3i, qui peut être influencé par le français, niais de cam omohet M 28 ( = comme on moxhei I> 28), de ô foëant M 11 = on foean D 11), de la graphie ridicule et pourtant significative russol = et sole M 3g (lisez rassôlé essaie, rassembles ensemble), de èssole D 3g, de Irole M et 1) 4" (tremble), toutes formes qui nous montrent ô pour on; enfin de vaidou I) 7"), qui est nenriou dans M 7 3 (vendu), et de saifa D 112. qui est sen/a dans M 114 (sentit), formes qui nous montrent a/, c'est-à-dire è, pour eu voyelle nasale de ê.
6. Le phénomène contraire qui fait dire au verviétois actuel manhon pour mâhon maison) se rencontre aussi : I) 34 donne onte pour ôte (autre) qui esl oie ilans M ^4, et M à son tour nous offre si'ohhe eo3 et ionhe 104. qui demeure yonhe dans I) io5, 106 (s'il eût, il eût). Ces formes nous présentent l'o fermé long- assombri jusqu'à la oasali ation parce qu'il a été prononcé trop ferme. On pourrait y ajouter liiwengne M 23, luengne I) 23 (prononcez liuegn si ces graphies n'étaient en contradiction avec luegnrée M 20. luwogrée I> 26.
7. Le traitement ancien du suffixe -nia s'observe dans un seul exemple : roelee \\ M, en désaccord d'ailleurs avec I) 44 qui écrit roelaie ( rôyelêye, rayée,, ai de roelaie indiquant un ê ouvert. On trouve plus d'exemples pour la finale correspondant an français -ie, qui est aujourd'hui en liégeois -èye avec è bref, et qui en verviétois tend à se confondre avec -êye de -utu. Ces finales sont toutes en -ée dans nos texte- : soirée M et I> 23; luegnrée M 26 = luwogrée I) 26; filosophée M 47. D 4<): vessée ou vessées M. 48, 95, 120, I) ~m>, 61, [ 19 ; drolrée M co8 ; rouuée M 95, I) 97 (j'oublie); ajoutons-y, par analogie, uêe M 4- (voir) aujourd'hui uéy, /ee M 1 (fois) aujourd'hui /"ère, l'énigmatique d'eoée M 11 ^ t/e uee D n. Un seul mot se montre avec un accent grave, crée M 121, mais nous n'oserions rien induire du plus ou moins d'obliquité d'un accent !
La prononciation verviétoise se rapprochait-elle alors de celle qui existe encore à l'est et au sud de Ver\ iers, où l'on prononce -ee et même -é? Ou bien était-ce Stembert, patrie probable de l'auteur de la satire, qui présentait des traits du Sud-Est, comme Dison aujourd'hui, aux portes de Ver v iers, a les traits du pays de Hervé? Ces deux raisons peuvent coexister. Nous sommes persuadé, sans pouvoir encore en fournir la preuve palpable, que le dialecte de Verviers tend, depuis soixante ans, à se rapprocher du liégeois. D'autre part il est reste dans une de ces pièces une forme,
, seule, qui est nettement du Sud-Est : c'est ahimen I) 62
1 u regard de auheemen D eio, auheimens M 60 et Hiiheimen M 112, cel ahimen, précédé d'un premier essai raturé indique un retour à la graphie de l'original. Or, comme auhèvemint ne peul être issu de ahimint, bien entendu en ce qui concerne i ère, il faut admettre que Verviers et Stembert, ou gtemberl seul, avaient en ni^i cette forme âhimint, et le féminin â/i/, et les autres formes de féminin corrélatives de celles-ci, qui Boni aujourd'hui reléguées au sud-est de Verviers. s. La valeur de oi es1 fournie par la rime de saq uoi a,vec efiet
I Stenbiei l> 3i.
Dana le domaine de la morphologie, il y a peu de différences a signaler.
1. Plus d'imparfaits ont l'ancienne forme en -eu. A côté de juréve M 69, poirtéve M 1 13, dhéue M 102, /eue D i5, estent, aveut, savent (passim), conformes à l'usage actuel, on trouve poleu I) 17, /a/en M 53, 78, qui sont remplacés par poléue, faléve. C'est un Bigne d'évolution analogique toute normale.
•j. Aux trois personnes du pluriel des temps du passé (imparfait ri prétéril de l'indicatif, conditionnel, imparfait du subjonctif), on trouve aujourd'hui uniformément r; la forme de nos deux documents esl toujours la nasale in, sauf qu'il n'y a pas d'exemples pour la deuxième personne. S'il y en avait, je ne doute pas qu'ils ne fussent en i(z). Voici les témoins recueillis de l'ancien usage, qui s'esl modifié a Liège à peu près vers le même temps qu'à Verviers el qui existe, encore intact dans tout le Sud et l'Est wallon. Imparfait : d' morin D 9, M 9, estin I) 10, (>(>, 89, M 10,66, .tnin M 38, D 38, fin (faisaient) I) 89. —prétérit : not leterreins nus l'ètèrins) M 19, no le terin I) 19, pririn ti I) 11. y prirint . su h- terin ti (su V ètèrint -i) D 12, su Lettereint-il M 12, — eonditionnel : rarin (rauraient), M 128, I) 124: narin (n'auraient) D 126.
''• Rien «le particulier dans le reste de la conjugaison, saut que a diphtongaison de vierret (verrai M 58, uieret D 60 a disparu a \ erviers en !';i\ cm- de retire.
'■'' pronom démonstratif reit.x est aujourd'hui en wallon
. plus rarement ci(s). La l'orme de nos textes est
rô. diversement écrit : set d'Verui et set dinant M 3, D3;
P V. M 21, D 21; se <li SI. D 3i ; conte tôt set M 66; conte
du Stainbiet M 127; ses! du St. I) 12."-!. Ces existe'
: ;i Verviers même, il est encore la seule forme
eès-ci, cès-Ia, cès-vo-ci, cès-vo-la.
5. Le pronom ce est toujours su avec u, sauf une fois sou D 60. Aujourd'hui cou a détrôné eu presque complètement.
(i. Le pronom leur (datif) est lès et non lèzi : les vad' né M 110; les r'prochy M i3o, le rprochi D 126; gii'i7 za vaidou /' chet D ~5, qu'il zh vendou M 7! ( = <jui Us a.); <}iïil za (F né M 74, ou bin il za dné I) 76.
7. Les pronoms il, ils devant un verbe commençant par une voyelle, se réduisent à un i qui ue forme même plus syllabe, mais se change en semi-consonne y. Les exemples sont trop nombreux pour avoir besoin d'être cités. Le compte des syllabes prouve que ce y existait déjà du temps de l'auteur.
8. L'adverbe ni a une fois la forme ni M 7, I) 7, et une fois la forme ne, écrite net M 10, I) 10. Cette dernière est la prononciation ancienne, aujourd'hui disparue. Remarquez que ni et né ont pu coexister, comme aujourd'hui du et dé (qu'a-t-i dé fé?, qu'i n'est né de duo.
9. Signalons pour finir la forme diskia (jusqu'à) I) n5, qui est jusqu'à dans M 117. Le dictionnaire de Lobetne donne que duska et celui de Remacle diska.
Il va presque sans dire que l'idée de soustraire un corps pesant à l'action de la pesanteur a l'aide d'un gaz plus léger que l'air n'était pas une idée si ridicule en soi. L'expérience ne réussit pas, parce «pie les conditions nécessaires pour en assurer la réussite étaient inconnues. Aussi 1 s rieurs eurent beau jeu. En dépit des railleries, cependant, il ne faut point pousser le scepticisme ou le désir de justifier les Verviétois jusqu'à nier la réalité du fait. Notre satire croque trop bien sur le vif les gestes, les attitudes et les paroles des personnes qui participèrent à cette expérience pour laisser aucun doute a cet égard. On a d'ailleurs retrouvé dans les archives de l'époque les traces des personnages cités. M. Henri Angenot dans Wallonia xvn, p. 002, les a identifiés d'après le manuscrit De Sonkeux et d'après Renier, Histoire de l'Administration communale de Verviers. M. le Dr Lejear, qui connait à fond le dépôt d'archives de Verviers, m'a fourni d'après ses notes les noms et dates qui suivent :
Lovegné, qui avait déjà été bourgmestre en i63o, prête serment comme bourgmestre le 25 novembre ibJfi- H est mort le i5 juin 1649. La date du 24 novembre prouve qu'il est impossible que l'événement ait eu lieu à l'époque de la dédicace, comme l'affirme
5), ou à la Pentecôte, comme le dit la pièce française
No1 1 •■ fête Bera de demain en huit jours (vers 75).
11 fallait se hâter à cause de la fête (v. 247).
Quoi ? n'est-ce pus le jour de votre dédicace ? (v. 4$4)-
Il ne sera pas dit qu'un jour de Pentecôte... (v. 619).
Tout le monde venu à notre dédicace... (v. 663). -1 donc après le 25 novembre que l'affaire se passe.
Jehan Michel, cite seulement dans la pièce par ses prénoms, selon l'ancien usage, s'appelait Jean-Michel Hanlet. 11 apparaît comme commissaire à la date du 17 octobre 1637 et comme bourgmestre au 9 novembre 1637. Il est mort le i\ avril 1666.
De Sonkeux cite Jean de Malempré, notaire à VervierS ; Jacob Mangam, échevin.
Colin le dèmieu, appelé aussi Colline! dans la pièce française
vers . \ esl rite comme originaire de Sfcembert, ou, plus
exactement, de Keusy, qui dépendait alors de Stembert (v. 37).
lionne dans cette même pièce française comme l'inspirateur
«le l'expérience : niais n'est-ce pas un écho amplifié de la pièce
w allonne ?
Detrooz «lit que l'apothicaire chargé d'alléger le pauvre chat par des clystères se nommait Saroléa.
M. Weber ;i démontré l'existence. d'un pharmacien Saroléa à Verviers. Comme celui-ci s'est marié seulement en 1667 ('), il n'est pas impossible, mais il est peu probable qu'en 1641 il exerçât déjà les fonctions de pharmacien. M. Weber en conclut qu'il faut reculer la date de l'événement. Mais la date de 1641 est trop bien établie pur les notes historiques qui précèdent pour autoriser cette solution. S'il y a incompatibilité entre la date de 1641 et le nom de Saroléa, il tant plutôt renoncer au nom, lequel n'a d'autre garant que l'affirmation de Detrooz. Dans notre pièce wallonne, l'apothicaire est appelé Sitassin, Stassin, nom qui peut se déformer en Tassin. Saroléa portait le prénom de Toussaint, écrit Vossin dans le compte que cite M. Weber. Est-ce cette quasiité de prénom qui a créé sur le tard cette identification de roléa ? C'esl possible Ce point n'a d'ailleurs d'impor-
mee que relativement à la date de 1641, que le nom même de isait contester. Ce nom devenant pins difficile à admètrejeter, nous sommes dégagé vis-à-vis de lui et nous
liure citée île M. \\ eber, p. 7.
plaçons l'événement à la date où Lovegné était bourgmestre et où
Jehan Michel avait exerce des fonctions publiques.