G. R. 12: D. II
Diè-wàde, dègne mère et li e'pagnèye :
Les andjes nos ont dit des mèrvèyes.
Nos ont fait si binàhes.
Du cist-èfant quu nos v'nans vèye.
Vu plait-i bin qu' djèl bâhe ?
IV. (G. R. i3; D. II. i5.) (La Vierge.) — Oh oui ! bergère, en l'adorant.
Baisez les pieds de cet enfant Qui est né entre les bètes.
Il est le fils du Tout-Puissant :
Honorez bien sa fête.
Houle/ donc, mère, qu'ile parole bin!
Loukis cissc boke, ei bê maintien .'
Nu diri/ \ e nin on aixlje ?
Neimi, ciele. mère, 11'enn' alans nin.
Vssians-nos so eisse plautche.
X (B. ii.I'. 1 1. ('. 9.)
Apres la crèche vient le tableau des rois mages. Le texte Bourguignon, qui en est au tableau iu, se contente de l'annoncer en trois mots : Voci l'adoration des mages : les trois rois mages arrivent avec leurs présents.
Le texte Poetgens (tabl. 11) entre davantage dans le détail : Voci lès treùs rwès : Gaspar, Menchale et Balthazar. I sot v'nou tos les treùs po-z adorer Vbô Diè. I s'sôt rèscôirés tos lès treûs po n'ini n Bethléem, et vola lu steûle h caive oui lès i a aminés. I pwèrtint tos les trais <lès présints, du Vôr, du Vencens, et d'ia myrrhe. L'eu- c'est po mostrer qu'il est rwè, l'encens c'est po mos- Irer qu'il est dieu, et la myrrhe po mostrer qu'il èst-homme. — Lu rwè Hérode lèsi n dit d'èl vini r'vèye tôt r'passant. Mais comme i savèi qu'i voreût tourner Vbô Diè, i-ènnè r'vonl p'one aute vôye.
Olosset cahier, tabl. 9 : Voci les treùs saints rwès Gaspar, Melchior et Balthazar, apwèrtant turtos leûs présints, Vôr, Vencens et In myrrhe. Y-a Vchameau et Vdômesti<iue la-podrî.
La copie de 189.3 intercale comme ci-dessus la signification des trois présents ; a la fin, (die ajoute la recommandation d'Hérode et la décision contraire des mages dans les mêmes termes que plus haut.
Enfin notre texte de 1897, plus laconique, se contente d'énumérer les noms des rois et leurs présents : Voci le treùs saints rwès qui n'nèl adorer Vèfant Jésus, Melchior, Gaspar et Balthazar, qui-ofrèt à Vèfant Vôr, l'ècins et la mère (myrrhe).
Pendant ce temps, le choeur se hâte de liquider le reste des couplets qu'il tient en réserve, relativement à la naissance de Jésus, car les tableaux qui suivent n'ont plus rien de gai et ne permettenl guère la joie et les chants. Les autres versions ne parlent plus de noëls, sauf le cahier Closset qui lui consacre le tableau 10. Celui-ci -..représente des bergers assis. On dit le couplet suivant : Qwand n's ârans stu u deus treùs messes... Gloria in excelsis I eo 1 voyez, plus haut). Notre copie des chœurs, qui contient eu tout quatorze couplets, dont les derniers sont réservés pour la
fin du spectacle, a donc encore quatre couplets en réserve pour cette circonstance. Ce sont, d'abord le même que dans le cahier Closset, Qtvand n's ârans stu... Gloria in excclsis Z)eo, puis les trois suivants (Grandmont et Remacle, n° 22; U. 1, 3, 7 ; Doutrepont II]
Vous-se vini. cuzène Marèye, A Bethléem avou mi ?
Nos i veùrans dès mèrvèyes, si c'est veûr ç.ou#qu'ô m'a dit.
— Po qwèfé? ]to wiee aller?
Qu'i-ny-a-t-i qu'èst-arrivé?
L'ange Gabriel amèy-nute Aux tchamps l'zi a-t-anonci, È< le- antljes avou leùs flûtes Djowit del musique à l'mi.
Grand Dieu, dj'ènnè saveù rin, Djans. eorans 1 tôt vitemint.
Bondjoù, binamé gros mâye El binamé gros godon.
Sèrè-t-i vos qui frè nosse paye.
Qui nos obtinrè l'pardon?
Mei-e di Diu. èl voléve bin.
Qui djèl bàhansse ô momint.
Ces fragments de noëls wallons montrent assez qu'il n'y a pas tin lien indissoluble dans le Bethléem entre les chants et les paroles : on pouvait ajouter facilement à ces couplets ou en retrancher. L'essentiel était d'égayer le spectacle avec un certain a propos.
XI (B. i3, P. i3, C. 11.)
Ce tableau, dit le prospectus, représente le « temple de la circoncision »; mais, la circoncision, étant une cérémonie dont le peuple n'a nulle idée, disparait, et ce tableau est tout simplement, dans l'esprit populaire, « lu ramèssèdje » (les relevailles) de la sainte Vierge.
Bourguignon (t. i3) : Voici la grande église de la Purification. Saint Siméon tient l'enfant Jésus dans ses bras et dit : Maintenant, Seigneur, vous pouvez laisser mourir votre serviteur en paix. Le plan du Bethléem Bourguignon contient en outre cette description : « L'autel est tout garni. S'y trouve une couple de jeunes tourterelles. Saint Siméon tient l'enfant Jésus sur ses bras. La Vierge
et saint .Joseph sont là qui attendent. Il y a aussi un enfant de chœur ».,
Poetgens t. 12) : Voci la sainte Vierge <jui r'va a messe. Cèstalôrs quil l'saint vieillard Simèon dit tôt Vnant l'èfant Jésus : (Test maintenant... paix. Vos vèyez so l'âté deùs tourturèles : c'èsteùt I' présint <}u<> fève du ci-timps-la qwand ô-z alléve rumèrei l'bô Diu.
Closset (cahier 1. 11): Représente le temple de la circoncision. — Voci l'église de /' purification. Sainte Marie met' si èfantso l'âté. — \'<>s vèyez les deux p'titès tourtèrèles a eosie.
Closset (copie pour 1893) : Voci l'église du saint Siméon,wicequu la sainte Vierge va rnmèssi. Ile met' si èfant so l'âté. C'èsUalôrs quu saint Simèon dit : ... paix. Vos vèyéz so Vâté ... bô Diu. 1 Y. plus haut, version Poetgens.)
La version de 1897 se contente de «lire : Voci Saint-Simèon, wice quu V sainte Vierge a s'tu ramèssi. La bonne vieille qui dépêche le boniment dit Saint-Siméon comme nous disons Sainte- (indule ou Saint-Remacle. Cela devient un nom d'église.
Ici l'ancien Bethléem Bourguignon introduisait encore un petit intermède de mœurs wallonnes : Ici se trouvent cousine Garite et son mari, assis à une table. Il y a un j>lat de boudin, une bouteille et deux verres. Il est à peine besoin d'ajouter que cette cuzène Garite est un personnage connu par les noëls wallons, et sans doute autrefois le choeur chantait encore en cet endroit quelques couplets.
XII (B. i5, P. i3, C. 12.)
Bourguignon, i5 : Voici la maison de la sainte Vierge. Vous noyez ici qu'elle coud, file sur son moulin à cariot, lit dans son livre de prières en berçant l'enfant Jésus.
Poetgens, i3 : Voci lu manèdje du la Vierge. Voz vèyéz corne i fait net ! C'èst-one leçon j)os vos autes, mes èfants, quu, qwand vos serez grands, vos d'véz avou tére tot-a-fait bé prôpe.
Closset, cahier, 12 : représente la maison de la sainte Vierge. — l'or/ V manèdje du la sainte Vierge. Vos vèyéz qu'i n'i manque rin. )' a minme lu pot d'tchambe duzo Vlétf (Trait effacé au crayon comme étant de mauvais goût, mais bien authentique.) Mes enfants c'est pour vous moirer à travailler. Voyez la sainte Vierge qui file su lin et bosse l'èfant Jésus avec sô pied.
Closset (copie i : Voci l'manèdje.du la suinte Vierge. Vos vèyéz corne i fait net ! La suinte Vierge file sô lin et hosse Vèfant Jésus noce sô pied. C'èst-one leçon po vos unies, mes èfants, qwand vos serez grands. C'est p<> v's aprinde à travailler et à tére tot-a-fait bé prôpe.
1897 : Voci l' million de Vsainte Vierge. Vos vèyez comme i fait prôpe. Lu sainte Vierge fait l'cylin et hosse Vèfant Jésus avec son pied. — Lu seule cupagnèye de i sainte Vierge èst-on tchèt s'one passète (un chat sur un escabeau). Outre ce dernier trait réaliste, mon transcripteur en a introduit un autre par contre-sens. NC connaissant ni le lin ni le filage du lin, au lieu de fêle su lin, ee brave fils de repasseuse et de couturière a compris fait l'cylin, fait la calandre, repasse du linge à la machine à ealandrer! J'ai conservé son interprétation pour montrer comment des choses très simples peuvent se dénaturer dans l'esprit populaire, dès que les mœurs ne servent plus de commentaire vivant et impérieux à une expression.