LE KOORNBROG, L HOTEL DE VILLE
Les chemins de fer hollandais ne connaissent pas l'usage des salles d'attente, malheureusement si fort en honneur chez nous. Nous nous félicitions donc, chemin faisant, d'avoir pu quitter la Haye avec le droit de circuler, d'entrer ou de sortir à notre gré de la restauration quand un grave Hollandais, notre compagnon de route, nous expliqua, avec le plus grand sérieux, que de telles libertés ne pourraient être accordées au public, dans notre pays, sans exposer les Français aux plus graves accidents à cause de leur fougue naturelle ! ! !
Il est certain que le calme invraisemblable et la placidité avec lesquels un Hollandais monte ou descend de wagon contrastent avec notre hâte et notre vivacité. Mais cette lenteur n'accélère pas le voyage, et comme les pays à parcourir sont identiquement les mêmes que les pays parcourus, que la plus effroyable monotonie règne partout dans la nature comme dans les œuvres des
hommes, un trajet au milieu de ces interminables prairies habitées par les mêmes troupeaux blancs et noirs, arrosées par les mêmes canaux, animées par les mêmes moulins à vent, finit bien vite par paraître long-.
Kg- 3 5-
Heureusement voici Leyde, avec sa ceinture de canaux, ses maisons vertes, son burg, le souvenir des anabaptistes, des Elzévirs et du fameux siège de 1574, pendant lequel les assiégeants employèrent les pigeons pour donner et recevoir des nouvelles.
Quand nous avons vu Leyde, nous l'avons trouvé triste et solitaire ; mais depuis... nous avons vu Utrecht, et maintenant Leyde paraît dans nos souvenirs pleins de vie et d'animation. C'est du reste une ville intéressante, dominée par une forteresse en ruines qui fut son berceau. Ces ruines sont tout ce qui reste de l'ancien burg,