M. Cuypers, architecte
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l'est bien davantage dans un pays où la monotonie est si en faveur, où les mêmes formes se répètent et se reproduisent sans cesse. Aussi n'est-ce pas un faible sujet d'étonnement que de voir, au milieu des constructions environnantes, la variété que M. Cuypers, un artiste qui a beaucoup vu et su voir, a introduite dans son œuvre ; la silhouette est heureuse, la différence de hauteur des murs pignons des combles est justifiée par la dimension de ces murs dans leur partie inférieure ; la flèche est solidement assise sur sa base et file bien jusqu'à son extrémité.
Les voûtes en briques creuses, et par conséquent très-légères, sont contre-butées directement par des contre-forts ou des arcs logés sous les combles inférieurs. La coupe (fig. 66) indique la hauteur des colonnes portant les arcs des bas côtés, celle des voûtes, ainsi que le système général de la construction; une lanterne occupe le centre .de la flèche, grandit et allège la coupole du transsept.
Nous donnons (fig. 67) le détail de la flèche à son point de départ. Cette flèche est dès sa naissance établie sur plan octogonal; quatre des fermes qui forment ses arêtiers sont posées sur les faîtages des pignons du transsept; les quatre autres, dans les noues qui séparent ces pignons; des fermes inférieures, appuyées directement sur les piles et formées de contre-fiches reliées par des moises, soutiennent les fermes principales, les plus hautes formant un nouveau plan octogonal réduit aux dimensions de la base de la pyramide de la flèche; les angles des faces de cette flèche sont construits au moyen de poteaux doubles et, par suite, complètement rigides ; de longues contre-fiches qui vont rejoindre le poinçon, âme de l'ossature principale, maintiennent ces poteaux dans un plan vertical ; des fiches secondaires relient également
les parties supérieures de ces faces avec ce même poinçon ; outre ces fiches qui assurent le contreventement des fermes entre elles, des croix de Saint-André moisées
Fig. 67.
(Échelle de om,oo4. pour mètre.)
sur les poteaux rigides servent au contreventement des faces. Les huit angles de la flèche sont donc portés sur des points fixes, libres et indépendants, mais cependant solidaires les uns des autres, en sorte que tout mouvement de torsion (cause ordinaire de la ruine des flèches en charpente) qui viendrait à s'exercer sur une des faces
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se répartirait sur les voisines et leur permettrait d'y résister.
Les tenons et mortaises sont supprimés et remplacés par des moises, les bois loin d'être affamés conservent ainsi, au contraire, une résistance considérable ; le fer n'est employé que comme boulons, à l'exclusion des crosses, étriers , etc., qui enlèvent aux assemblages l'élasticité nécessaire; l'équarrissage des bois diminue en raison de la hauteur à laquelle ces bois sont placés : le poids des parties hautes est donc allégé, et celles-ci sont mieux assises sur une base plus robuste.
Quant à l'aspect extérieur et à la silhouette, l'architecte savait que, suivant leurs formes et leurs proportions, les objets qui se détachent sur le ciel perdent ou acquièrent facilement une importance relative; il a tenu compte de cette expérience acquise, et toute son attention s'est portée sur la silhouette des masses, de façon à conduire l'œil du spectateur de la base au sommet de la flèche sans que, dans ce parcours, la moindre disproportion choque le regard.
C'est dans la. Mut s-T or en qu'est installé le grand carillon de la ville. A minuit, quand ont sonné les douze heures, éclate tout à coup une brillante fanfare : c'est d'abord comme un bruit d'engrenages qui se déroulent, un murmure confus, puis les accords se modulent, aux graves accents des bourdons se mêle le gai habillement des clochettes, tous les sons s'accordent, se fondent en une cascade de notes aiguës, graves ou légères. Le grand silence de la ville endormie est pour un instant troublé, chaque cloche fait sa partie, se joint ensuite à sa voisine et disparaît dans l'ensemble ; c'est une harmonie brillante aux sons métalliques, nets et précis, qui se répand au
loin, rappelle un vieux refrain national, évoque de gais et joyeux souvenirs auxquels sourit le dormeur à demi éveillé; puis, tout à coup, comme il a commencé s'éteint brusquement ce concert, dont les dernières vibrations seules sont encore un moment répétées dans les airs.
Le Palais de Cristal est construit en verre et en fer. Il a la même destination que notre palais de l'Industrie, mais sans avoir son aspect monumental 5 les matériaux employés, le mode de construction, la simplicité de sa construction ou plutôt l'absence de décorations , lui donnent l'aspect d'une grande halle.
Le plan (fig. 68) se compose d'une nef avec doubles bas côtés, d'un transsept surmonté d'une coupole oblongrie à la croisée. Les moyens d'accès sont faciles et nombreux : des portes principales placées aux extrémités et, en cas de besoin, des portes supplémentaires ouvertes sur les faces latérales permettent à la foule de s'écouler rapidement, puis, condition excellente, trop peu appliquée dans nos édifices publics, les voitures entrent sous une galerie couverte et fermée, tandis que les piétons pénètrent par une entrée spéciale et séparée,' sans se trouver exposés aux atteintes des chevaux, ni mêlés à l'encombrement des équipages. Les escaliers qui montent aux galeries supérieures n'ont pas assez d'importance; du reste, le bois de sapin employé à leur construction fait supposer que les escaliers actuels ne sont que provisoires.
Les façades de ce palais sont plus mouvementées que ne le sont en général les monuments hollandais, et leur silhouette rompt un peu l'uniformité environnante (ng. 69).
La coupe (ng. 70) montre le système de la construc-
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tion : les grands cintres de la nef reposent sur deux étages de colonnes accouplées en fonte; ces points d'ap-
pui, placés à 6m,jo de distance, sont reliés par des arcs sur lesquels s'assemblent de petites fermettes secondaires.
La couverture des combles est en verre, la maçonnerie des murs d'enceinte en briques, mais sans épaisseur,
ce qui rend l'atmosphère intérieure très- sensible aux variations de la température.
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Enfin, circonstance dontj nous pourrions faire notre profit, l'érection de ce vaste édifice est due à l'initiative privée. Le promoteur de l'entreprise est un simple parti-
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culier, le docteur Sarphati et l'architecte, l'ingénieur Outshoorn.
L 'Amstel- Hôtel , également construit par l'architecte
Fig. 70.
Outshoorn, est une œuvre privée, non moins digne d'intérêt que le Palais de cristal.
La construction des grands hôtels de voyageurs est trop à Tordre du jour, d'ailleurs, pour qu'il ne soit pas utile d'entrer dans quelques détails à propos de celui d'Amsterdam.
L/Amstel-Hôtel diffère des grands hôtels de Paris, Marseille, Nice, Vienne, Genève, etc., en ce qu'au lieu d'offrir comme ces derniers une cour centrale servant de
A MSTERDAM.
vestibule, où pénètrent les voitures et autour de laquelle rayonnent les services et les chambres des voyageurs, — il comprend un porche couvert et fermé pour l'entrée des voitures et le dépôt des bagages, puis un grand vestibule sur lequel aboutissent les services généraux et les esca-
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Fig. 71 — Rez-de-chaussée.
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i. Portier.