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Fig. 146.
sur une console placée en encorbellement pour recevoir la retombée de l'arc. Une colonnette, renforçant les piles du transsept et placée sur chaque face, supporte les arcs dosserets. De grandes fenêtres isolées éclairent les travées étroites; dans les travées larges, au lieu d'une fenêtre
simple, c'est une fenêtre triple qui a été percée. Ces fenêtres descendent jusque sur le bandeau de couron-
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lig- 147.
nement des arcs des bas côtés, mais leur partie supérieure seule s'ouvre sur le dehors, la partie inférieure éclaire une galerie, sorte de triforium pris dans la hauteur du comble des bas côtés ; des arcs logés sous les bas combles, dont ils supportent la charpente, contrebuttent la poussée des voûtes de la nef.
Le clocher surmonte l'entrée, il forme le grand
motif de la façade principale (ûg. 148) et se divise en trois
Fig. i48.
étages, traités différemment suivant la destination qui
leur est assignée : d'abord le porche, puis le fenestrage de la tribune des orgues, et enfin les hautes fenêtres du beffroi, au-dessus desquelles prend naissance la flèche en charpente ; des fenêtres triples, rappelant celles de la nef, éclairent le transsept, et une rosace percée dans le mur de l'abside carrée termine l'édifice.
Les matériaux à employer sont la brique et la pierre blanche pour la maçonnerie, la tuile pour la couverture et le bois pour la charpente ; le fer n'est pas encore en Allemagne d'un emploi aussi fréquent que chez nous, et ses applications sont assez rares.
Maintenant que nous avons décrit l'ensemble général de cette église, monument important dans une ville qui compte peu d'édifices , nous allons en quelques mots analyser sa forme et l'esprit de sa construction.
L'auteur du projet de l'église catholique de Hambourg, ayant à couvrir un vaste espace, a pris le parti de le voûter ; il était en effet peu pratique de couvrir une grande surface par un plafond, le métal lui-même se prête peu à la décoration en pareil cas, à moins de le dissimuler sous un enduit en plâtre, combinaison fâcheuse à tous les points de vue. Les voûtes une fois admises, l'architecte en a déduit les dispositions d'ensemble et de détails de son édifice. Ces voûtes, nous l'avons dit, sont bandées sur plan carré et appareillées en briques sans nervures apparentes; en renforçant les arêtiers par une double brique, on pourra ne donner aux grands triangles que om,n d'épaisseur. La naissance des voûtes de la nef est descendue assez bas et celle des bas cotés élevée au contraire assez haut, ce qui permet de loger dans les combles des bas côtés des arcs-boutants prenant naissance sur les contre-forts extérieurs et destinés à contre-butter les voûtes de la nef. Cette disposition impose
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aux travées une proportion un peu lourde et un peu trapue , mais offre l'avantage de laisser réaliser une véritable économie, en permettant de diminuer la hauteur de la nef sans pour cela la rendre obscure , puisqu'elle peut être éclairée par des jours ouverts directement audessus des combles des bas côtés. Un inconvénient à redouter en pareil cas est de voir la poussée d'un des petits arcs, divisant les travées des bas côtés, venir renverser la pile isolée placée dans l'axe des grandes travées; mais, pour remédier à cette difficulté, il est facile de donner au sommier de cet arc un appareil reportant la poussée non plus dans le corps de la pile, mais dans la masse du triangle formé par la rencontre de deux arcs, masse qui charge la partie pleine, réservée au-dessus de la rencontre de l'appui de la fenêtre, et lui donne la force de résistance nécessaire.
Ce système de voûtes paraît donc très-franc et trèsraisonné, quant aux points d'appui qui les supportent; leurs formes ne sont pas non plus le résultat du caprice, mais sont imposées par le rôle qu'ils doivent remplir ; l'examen du plan montre que leurs dimensions sont bien calculées pour supporter la charge qui s'élève au-dessus, et ces dimensions s'augmentent au sommet des piles, par le moyen d'encorbellements destinés à donner plus d'assiette à la surface des sommiers sur lesquels prennent naissance les arcs dosserets.
Bien d'autres dispositions de cet édifice .mériteraient l'examen, mais il faudrait, pour les faire ressortir, entrer dans des détails exigeant un grand nombre de croquis et de dessins ; or nous ne voulons ni ne pouvons faire les monographies des monuments dont nous parlons ; notre rôle plus modeste doit se borner à les indiquer et à les signaler.
Ajoutons qu'il est impossible de ne pas reconnaître entre l'église de Hambourg- et cerïaines églises françaises modernes un rapport de famille, un lien de parenté qui s'accuse en plusieurs points, et, cependant, cet édifice n'est pas une copie ; il reproduit des souvenirs, des réminiscences; c'est une adaptation si l'on veut, mais ce n'est pas une servile reproduction 5 et, si l'étude des dispositions de ce monument montre les traces incontestables de l'influence d'une autre époque ou d'un autre pays, c'est dans le principe dont il est inspiré, c'est dans l'application rigoureuse d'une idée suivie et raisonnée qu'on les trouve , mais non pas dans la stérile reproduction de profils ou de détails dont l'exécution seule, du reste, permettrait d'apprécier l'importance et la véritable valeur.
Depuis que Hambourg a commencé à se relever de ses ruines, elle a remplacé l'une après l'autre les églises détruites en 1842; l'une d'elles, la plus importante, est l'église Saint-Nicolas construite , disent les guides , dans le plus pur style gothique, par M. William Scott, architecte anglais, dont le nom jouit d'une juste célébrité dans le Royaume-Uni.
M. Scott est l'architecte de l'Albert Mémorial de Hyde-Park : c'est lui qui eut cette idée au moins bizarre d'élever un monument gothique à la mémoire d'un prince son contemporain. Ce monument est, de plus, tellement surchargé de détails, tellement couvert d'ornements de toutes -sortes, de sculptures refouillées, incrustées, peintes ou dorées, qu'il ressemble à une châsse bonne à mettre sous verre et pas du tout à une construction devant, pour perpétuer la mémoire de celui qu'elle rappelle, braver les siècles et l'intempérie des saisons. Cette
remarque sur une autre conception de M. Scott nous est venue à l'esprit en voyant son église Saint-Nicolas. C'est une œuvre d'archéologue consciencieusement élaborée, laborieusement produite; rien ne choque, il est vrai, mais on y cherche en vain une idée créatrice, un produit de l'imagination ; c'est l'exacte copie d'une de ces églises saxonnes du xivn siècle dont les types se rencontrent si fréquemment en Angleterre. L'appareil ne se fait sentir que dans les lignes verticales, les meneaux et les colonnettes sont des fuseaux, les pignons sont suraigus et décorés d'entrelacs grêles et évidés, les têtes des contre-forts s'accusent par des pinacles pointus, les arcatures sont sans saillie et la sculpture sans relief, enfin des arcsboutants déplorablement maigres escaladent les combles des bas côtés pour contre-butter les voûtes de la nef. Tout cela est bien construit, bien combiné ; mais, comme il arrive presque toujours en pareil cas, ce monument est la charge plutôt que la copie de celui qui a été pris pour modèle. Puis, quand on copie, le moins qu'on doive faire est au moins de bien choisir son modèle : c'est ainsi que bien des gens croient faire du gothique, parce que, impuissants à créer et à concevoir, ils reproduisent des formes et des profils sans comprendre qu'ils laissent de côté l'esprit et les principes appliqués par le's puissants constructeurs du moyen âge.
L'école gothique anglaise ne suit pas toujours la voie la plus simple. Nous aurons peut-être un jour l'occasion d étudier les productions gothiques de l'Angleterre, et nous verrons alors que, — si elles ont une grande valeur et prouvent de la part de leurs auteurs un savoir incontestable, joint à une grande habileté développée par l'expérience et la pratique pour arriver à la complète satisfaction du programme imposé, — elles laissent souvent
un peu trop de côté les règles de la logique et du raisonnement et s'attachent à la vaine recherche de formes exagérées et de silhouettes pittoresques.
Les autres monuments de Hambourg méritent peu d'attirer l'attention d'un architecte. La Bourse, par exemple, fait grand bruit dans le monde, mais ce n'est pas son mérite architectural qui lui vaut cette notoriété et qui l'en rend digne. En face, est l'hôtel de la Banque, élevé à la place de l'ancien hôtel de ville — dont nous ne tenons à parler que pour rappeler qu'il servit, en 1810, de préfecture au département des Bouches-de-FElbe, qui avait alors Hambourg pour chef- lieu; c'est là aussi que résida le maréchal Davoust pendant le mémorable siège de 18 14. La synagogue, édifice moresque, est regardée comme une des plus vastes de l'Europe. Dans la Schulgebaude, sorte d'école professionnelle, se trouvent réunis une bibliothèque contenant 25,000 volumes, un musée d'histoire naturelle et d'antiquités locales. Les bâtiments dans lesquels se trouvent ces divers services sont séparés les uns des autres par des cours entourées de portiques, sortes de cloîtres, établissant des communications faciles et servant d'abri aux jeux des élèves. Malheureusement les dispositions intérieures des salles ne répondent pas à la bonne impression que font concevoir les façades extérieures.'
La construction des maisons d'habitation, on le comprend sans peine, s'est singulièrement développée dans une ville' qu'il a fallu reconstruire en partie et dont la prospérité croissante augmente chaque jour.
Les maisons des quartiers du centre, là où le terrain est le plus cher, où l'espace manque, sont des maisons à
loyer, élevées de plusieurs étages. Celles de ces maisons construites aussitôt après l'incendie de 1842 n'ont pas de caractère tranché, elles se rapprochent, sauf quelques détails, de tout ce qui se voit en général en pareil cas dans les grandes villes, à Londres, Paris, Vienne. Le croquis que nous avons donné de l'ensemble d'un des quais de l'Alster (fig. 104) peut donner une idée du parti le plus généralement adopté, mais celles de ces maisons au contraire qui ont été élevées plus récemment, et surtout celles qui se construisent en ce moment, ont subi d'une part l'influence de l'école gothique allemande, de l'autre celle du voisinage de l'Angleterre, avec laquelle Hambourg entretient des relations commerciales très-importantes pour les deux pays x.
Les briques forment l'élément constitutif de ces constructions : elles sont employées avec recherche et suivant toutes les combinaisons auxquelles elles peuvent se prêter, elles sont de tons différents, offrent en certains cas des moulures et des profils spéciaux, reçoivent la forme particulière nécessaire à l'emplacement auxquelles elles sont destinées, puis des plaques émaillées détruisent par endroits la monotonie pouvant résulter de l'appareil uniforme de tous ces petits cubes et accusent certaines parties de l'édifice, comme le dessous des bandeaux qu'elles soulignent, l'appui des fenêtres qu'elles accusent, ou le sommet des pignons qu'elles décorent.
Les figures 149 et 1^0 représentent les plans et la figure 151 donne l'élévation d'une de ces maisons à loyer
1. Hambourg est le principal port du nord de l'Europe où viennent aboutir, au départ ou à l'arrivée, toutes les marchandises qui, d'Angleterre et d'Amérique, sont expédiées en Allemagne, en Russie, etc.
destinées au commerce et à l'industrie. Le sous-sol se compose de salles voûtées, occupées par des tavernes et des
Fig. 1+9. — Plan du rez-de-chaussée
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Fig. 150. — Plan du premier étage.