EN QUÊTE D'UNE SITUATION
ÿ uvuis conservé, dans un repli du couvert de mon livre de prières, quelques pièces d'or apportées du Canada, et qui, de cette sorte, avaient échappé à la confiscation générale opérée à bord du Bufalo : à cette ressource s'ajoutaient les quelques schellings de salaire qui m'avaient été payés par les confiseurs,
du couvert pièces d'or cette sorte, 1 générale e ressource de salaire seurs,
Les causes de cette crise tenaient au mode de colonisation, adopté depuis quatre ou cinq ans par le gouvernement, et à la rage de spéculation ani s'était an cnnañananaa amnaréa da natta population pleine de convoitises, avide des jouissances matérielles, et que ne retenait guère le souci de la religion.
Jusqu'à l'époque que je viens de mentionner, le gouvernement anglais donnait les terres, par lots considérables souvent, à tous les colons sujets britanniques et aux forçats libérés. L'An-
pour regagner le logis; où nous ne devions trouver ni souper, parce que nous avions mangé à midi toute la pitance accordée pour toute la journée moins quelques morceaux de viande que nous ne pouvions toucher, ni lit pour nous coucher.
D'après l'ordre récemment reçu, on ne devait rien nous donner, en fait de couvertures, de hardes et de chaussures qu’au premier de mai. Nous étions suffisamment munis de hardes; mais nos chaussures furent bientôt hors de service: les cinq mois et demi d'usure pendant notre passage à travers l'Atlantique et le Pacifique étaient déjà quelque chose, l'usage auquel elles étaient soumises sur les cailloux et les ro- Cailles de la carrière de Long-Bottom en eut bientôt presque tout à fait raison.
Pour ma part, ayant à marcher constamment sur les pierres concassées, je me vis bientôt presque pieds nus, ce dont j’eus à souffrir beaucoup, comme il est facile de l’imaginer, surtout dans les premiers jours : souvent le sang sortit des plaies et des ampoules dont mes pauvres pieds étaient couverts.
La monotonie des occupations d’un prisonnier ne prête pas aux récits; aussi la description que je viens de faire de nos occupations et de nos misères d’un jour peut-elle convenir à toutes les journées qui s’écoulèrent depuis notre arrivée à l'établissement de Long-Bottom jusqu'au jour où il nous fut permis de le quitter, sauf la va-
1e devions ons mangé ur toute la de viande pour nous
n ne devait ertures, de er de mai.
de hardes ; 1ors de serre pendant , et le Pacisage auquel 1x et les rotom en eut
pnstamment vis bientôt buffrir beauher, surtout ) sang sortit es pauvres
a prisonnier description tions et de nir à toutes otre arrivée
squ'au jour sauf la va-
NOTES D'UN CONDAMNÉ POLITIQUE. 145 riété créée par les quelques rares événements que je vais signaler.
Le premier Mai eut lieu pour nous la distribution des habillements fournis par l'Etat: ces habillements consistaient en une chemise de coton grossier, un pantalon, une veste et une casquette de drap gris, de gros souliers à fortes semelles garnies de clous à tête large (on ne nous donna pas de bas). Tous ces effets portaient cette marque de l'Ordonnance qu’on appelle patte-d’oie, et en divers endroits les lettres initiales du nom àe l'établissement L. B.
Le monde était changé du tout au tout pour nous dans ces climats : le temps de l'été était devenu le temps de l'hiver, les yents du sud remplaçaient pour la froidure nos vents du nord ; car pour n'avoir pas de neige ces latitudes ne sont pas exemptes du froid ; les productions de la nature étaient tout autres que celles auxquelles nous étions accoutumés dans notre cher Canada ; les mœurs, les habitudes de la population, autant que nous pouvions en juger par nos rares rapports avec le monde extérieur, tout nous paraissait étrange et tout nous faisait pousser vers la patrie des soupirs et des vœux.
Une seule chose conservait le même caractère que dans notre cher pays du Canada, la religion ! Nous retrouvions dans l'excellent missionnaire, qui nous visitait de temps à autre, le P. Brady (depuis fait évêque en Australie), la même doctrine, les mêmes sentiments, la même charité, jusqu’à la même langue que dans notre
clergé canadien. Aussi quelle fête pour nous, quand ce bon prêtre nous arrivait !
Monseigneur Polding vint lui-même nous voir deux fois, pendant notre s'jour à Long- Bottom, et, chaque fois, il célébra la sainte messe: à notre établissement. Le Sauveur des hommes est venu au monde dans une étable, et c’est encore dans une étable qu’il est venu visiter les exilés canadiens de Long-Bottom. Ce rapprochement, qui me frappa alors, me rendait ces douces heures plus délicieuses encore ! Je m'explique.
Il y avait, parmi les constructions qui entouraient nos logements, une petite remise dont j'ai oublié de parler plus tôt, laquelle servait à la fois d’étable pour les chèvres et de salle à dîner pour nous. C'était le seul de nos édifices que nous pussions convertir en chapelle, et ce fut dans cette étable, nettoyée et décorée par nous, que deux fois pendant notre séjour à Long- Bottom, le Dieu-Sauveur descendit, à la voix de son apôtre l’Evêque de Sydney.
Pour chacune de ces deux grandes occasions, nous nous sommes ingéniés à décorer cet humble réduit, après l’avoir nettoyé de notre mieux. De grandes fougères recueillies dans la forêt décoraient de leur verdure tout le contour de notre chapelle : le pan d’une des extrémités, où s'élevait l'autel, était couvert d’un drap de coton orné de toutes les petites images de piété, présents de nos familles apportés du Canada dans vws valises. Une table composée de pièces
ur nous,
ne nous à Longte messe hommes et c'est isiter les > TAPPTondait ces:
ore | Je
qui entounise dont ervait à la le à diner ifices que
et ce fut
par nous,
à Longla voix de
occasions orer cet de notre es dans la e contour xtrémités, drap de
s de piété, Canada de pièces
de bois recouvertes d’un drap de coton, formait l’autel sur lequel on mit un crucifix et deux chandeliers portant des cierges, apportés de Sydney par monseigneur Polding.
Ce fut dans ce temple improvisé que nous eûmes la consolation de participer au saint sacrifice de la messe et de recevoir, comme nourriture, le pain des anges, de la main de monseigneur l’Evêque de Sydney.
Dans ces généreuses visites de monseigneur Polding et du révérend père Brady, ces dignes apôtres ne manquaient pas de passer avec nous le plus de temps possible, pour nous consoler et nous exhorter à accepter avec patience, en vue de Dieu, toutes nos misères. Ils s’intéressaient aussi à notre sort temporel et essayaient tous les moyens possibles de nous procurer quelques soulagements ; mais le gouverneur, Sir George Gipps, pour une raison ou pour une autre, ne ressentait, paraît-il, aucune sympathie pour nous, et, depuis qu’il avait accordé à monseigneur Polding la grâce de nous admettre dans la Nouvelle-Gailes du Sud, au lieu de nous réléguer à l’Ile Norfolk, il se croyait sans doute quitte de tout sentiment de charité à notre égard.
Dans une de ses visites à notre établissement, le père Braïy eut la peusée de goûter à notre diner qu'il trouva très-mauvais et insuffisant. Poussé par l’idée de nous être utile, en réveillant en notre faveur les sentiments d'humanité qui pouvaient exister au sein de la population
du pays, le bon missionnaire envoya à un journal de Sydney, dont le nom a malheureusement disparu de mes notes et que j'ai oublié, une correspondance dont voici la traduction.