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Un recueil de notes ne comporte ni résumé, ni analyse. Il n'y a qu'a indiquer, sommairement, en suivant Tordre adopté, ce qu'on y trouvera.
Clergé. — Pellot devait surtout s'occuper des grands établissements religieux, évêchés, abbayes et prieurés.
Il note leur revenu global; parfois, trop rarement, il déterminera, pour les abbayes, la part prise par l'abbé et celle laissée aux religieux. Ces chiffres se peuvent trouver ailleurs, il n'y en a pas moins grand intérêt à les rencontrer ici, (qu'ils concordent ou non avec ceux puisés autre part), dans une source qui paraît sûre. On ne voit pas, en effet, quel sentiment, conscient ou inconscient, aurait pu porter Pellot, ou ses correspondants, à majorer ou à diminuer le revenu de ces établissements.
Quelques appréciations sur les titulaires pourront être recueillies avec profit par leurs biographes, ou par les historiens de ces maisons religieuses.
La valeur des canonicats s'y trouvera aussi. Pour quelques régions, le revenu maximum et minimum des cures édifiera sur la situation pécuniaire du clergé inférieur (1) ; en même temps que le nombre des communiants renseignera sur le chiffre des habitants des villes.
Gentilshommes et terres principales. — Indépendamment du désir de savoir, une préoccupation de défense militaire hante l'esprit de Pellot. Elle s'explique non seulement parce que les attributions du Parlement s'étendaient aux choses de l'armée ; mais, en plus, à raison des circonstances du moment. En 1674, on redoutait une descente des ennemis sur les côtes normandes. Le duc de Roquelaure fut envoyé en Normandie « et il y fit armer la noblesse et les paysans d'une manière
que les ennemis n'osèrent y faire descente (1) ». Pellot portera donc ses vues de ce côté. 11 notera que les officiers des Eaux et Forêts des environs de Rouen, fourniront, en gardes ou en gentilshommes, plus de deux cents bons hommes; qu'au Havre « on peut mettre 4 ou 5,000 hommes sous les armes, gens agueris » ; qu'à Trévières, dont il est seigneur, on en mettra bien deux cents (2).
Ceci a trait à l'armement général.
Mais c'est surtout aux services militaires des gentilshommes que s'attache Pellot, et sur ce sujet que ses notes sont intéressantes.
Il remarquera ceux qui n'ont pas servi, ceux qui ont servi plus ou moins longtemps, qui ont eu des parents tués au service. De telles mentions ne constituent pas seulement un brevet de service pour les familles ; elles ont, bien que le fait soit connu, une portée historique. Par leur nombre — car on les rencontre non seulement à chaque page, mais plusieurs fois dans la même page, — par un mot bref d'éloge, elles sont une sorte de livre d'or des nobles de la Normandie. La noblesse, ancienne ou récente, de petite robe ou de ville, servait volontiers, — rappelons-nous les fils de Pierre Corneille, — les Notes de Pellot en fournissent d'autres preuves.
Dans la vicomte de Bayeux, après une énumération de vingt-neuf personnes, on lit « quasy tous ont servy et la pluspart de leurs fils servent actuellement » (3).
... « Le bourg d'Orbec a de tout temps fourny quantité de gens de guerre pour le service du Roy. Il y en a présentement beaucoup dans le service » (4).
(1) Histoire sommaire de Normandie... par le sieur de Masseville. Rouen, 1688-1704, in-12 ; t. VI, p. 473.
Ailleurs, des gentilshommes sont notés comme pouvant servir avec quatre, cinq, six, huit enfants ou parents (1).
Ne l'oublions pas, ces temps sont loin des nôtres. Servir n'était pas, alors, une obligation, mais une option spontanée, option qui entamait plus ou moins le patrimoine, à cause des dépenses qu'entraînait le service militaire ; option d'une élite, de « cette partie de la nation qui, dit Montesquieu, sert toujours avec le capital de son bien ; qui, quand elle est ruinée, donne sa place à une autre qui servira avec son capital encore ; qui va à la guerre pour que personne n'ose dire qu'elle n'y a pas été (2). . . ».
Mais, il y a des ombres au tableau ; à côté de ceux qui sont fort sages, fort accrédités et considérés dans leur canton, un petit nombre de gentilshommes s'endettent, se ruinent (3).
Il y en a un contre qui le continuateur de Pellot accumulera les accusations les plus graves ; il est, lit-on : « fou furieux, gascon, emporté, a servi sans succès, ne passe pas pour brave et se pique de grand air (4) ».
Un autre « est un misérable, ruiné, nulle considération ; sa femme. . . a aydé à le ruiner » (5).
Officiers de justice. — Du président à mortier jusqu'à ce que Saint-Simon (6) appelle, trop dédaigneusement, la « vile robe, telle qu'un procureur du roi ou un juge royal de justice très subalterne », tout le monde judiciaire passe sous les yeux de Pellot.
Dans l'exercice de leurs fonctions, les uns sont indécis,
(2) Esprit des lois, 1. XX, c. 22.
(6) T. IX, p. 411.
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timides (1), d'aulres, au contraire, entiers dans leurs opinions, entêtés, trop persuadés de leur mérite (2).
Ceux-ci n'apprécient leur charge que parce qu'elle leur rapporte, aiment trop le sac (3), tandis que cet autre arrange les affaires criminelles pour ne point avoir à les instruire (4).
A côté de ceux qui ont le caractère doux, cordial, commode, quelques-uns Font chagrin, difficile, rude ou bizarre (5).
Au point de vue des opinions religieuses, il y a les dévots, ceux qui sont trop dévots, et ceux qui contrefont les dévots (6).
Quelques magistrats sont gens de condition (7) ; d'autres veulent se faire passer pour tels (8), ou ont « plus les manières d'un cavalier que d'un juge », « trop de fierté et de vanité » (9).
Ceux-ci savent vivre ; ceux-là savent peu vivre, ont « peu de monde », sont très peu polis (10).
Plusieurs sont notés comme « débauchés » (11) ; deux ou trois comme adonnés au vin (12).
L'un vend la justice (13).
Un autre a été accusé de fausse-monnaie (14).