‹ Notes et causeries sur l'art et sur les artistesChapitre 19 sur 35 · E. FROMENTIN · texte numérisé non relu

E. FROMENTIN

On dît que l'herbe pousse moins vite que l'oubli sur la tombe des morts. Ne calomnions pas les vivants, ils ont plus de mémoire; mais il faut mériter leur souvenir; les réputations de mauvais aloi seules doivent trembler devant le lendemain. E. Fromentin pouvait attendre avec confiance la justice de Tavenir. Elle ne consacre pas toujours les gloires, elle en réduit souvent les proportions ; la sienne sera durable parce qu'elle était à la proportion de son effort et.de son rêve.

On a réuni à l'Ecole des Beaux-Arts une partie de son œuvre considérable. Elle suffit à le faire juger. Elle légitime la place qu'on lui avait faite au milieu de l'école contemporaine.

Dans le genre moyen oti se renferment les artistes aujourd'hui, il s'était résigné, non sans regret peutêtre, à se renfermer lui-même ; au moins personne ne l'y serrait de trop près. S'il n'était pas le seul premier entre ses voisins, personne du moins ne lui fai-

sait ombre. De plus, il avait su se montrer original en peignant le soleil d'Orieni après Decamps, Marilhat et Delacroix.

Son originalité, c'était sa sincérité. Jusqu'à lui, le public avait dû accepter comme unique et comme vrai le portrait d'un pays surnaturel où, sous un ciel incandescent, le jaune étendait sa nappe illimitée, où tout brûlait, les palmiers et les rochers, oîi Peau n'apparaissait que comme un accident de convention, sans que jamais une buée bienfaisante vînt attendrir l'outremer profond du ciel de midi ou le pourpre ensanglanté du soleil couchant.

Fromentin lui-même s'était d'abord laissé prendre au charme. Il eut son moment de foi derrière des guides faits pour enchaîner leurs disciples; puis, un beau jour, les liens se brisèrent. Il entendit dans la solitude du désert d'autres confidences, il aperçut d'autres horizons, vit avec ses yeux, peignit avec son propre pinceau, et il créa, ce jour-là, ce que nous appellerions volontiers l'Orient humide, puisque, par une convention indiscutée, l'Algérie, c'est encore l'Orient.

A vrai dire, il créa l'Algérie. En ce sens, il est presque un peintre national; il nous a fait connaître une terre devenue française, il nous a appris à l'aimer, et la sympathie qu'inspire son talent se double .presque, à l'étudier, d'une vive reconnaissance. Combien sont partis, sur les promesses de l'artiste, visiter cette région plus lointaine, plus inconnue que l'Egypte,

et dont le premier il leur avait révélé la grâce hospitalière et la variété inattendue !

Sans doute l'écrivain de premier ordre auquel on doit ce beau livre : Un été dans le Sahara, comprenait aussi bien que personne les grands effets de ce soleil dont il avait, disait-il, gardé la nostalgie. Cependant, ce n'est pas à lui qu'il doit ses meilleures inspirations d'artiste; on l'aime mieux suivant au passage d'un gué la tribu des nomades, s'arrétant à la source oîi les cavales viennent rafraîchir leurs naseaux, ou bien quand il chevauche sur la plaine marécageuse où le chef arabe a lancé son faucon. Une lumière plus douce s'épanche sur des terrains qui nous semblent plus vrais. Rien de heurté ni de violent ; l'artiste charme le regard par des artifices dont on ne suspecte pas les secrets, et, à la vue de ces Arcadies africaines qui nous rappellent la verdure de nos prairies de France, on n'est pas tenté de s'écrier • Celui-ci encore ment comme un peintre !

Il ne faudrait pas s'y tromper d'ailleurs : Fromentin ne possède pas le tempérament absolu des novateurs ; son talent a plus de facettes qu'il n'a de face; il poursuit toutes les qualités qui font les grands peintres, il ne s'attache pas à en fortifier une seule. Dessinateur, il le sera par la justesse du mouvement, la réalité de la silhouette, non par le détail consciencieux, par le choix exclusif de la belle forme. Coloriste, on ne le verra pas combiner des rencontres imprévues de ton, associer des harmonies de grand style

et se plaire dans la finesse du clair- obscur. Les ombres seront noires sans qu'il s'en méfie, le reflet leur prêtera rarement sa transparence bienfaisante, et le choix de ces notes d'éclat, faites pour se jouer sur la surface d'un tableau comme les fleurs sur le vert d'un gazon, ne révèle pas ces trouvailles de naissance, cette imagination de l'oeil qui ne doit rien à l'éducation ; c'est un éclectique, ou plutôt, si l'on peut lui appliquer une épithète à la mode, c'est un réaliste, mais dans la précise signification du mot, non pas dans le sens révolutionnaire et agressif qu'on lui prête , et dont l'auteur aristocratique des Maîtres d'autrefois eût répudié, malgré sa politesse, l'honneur banal et compromettant.

Lorsqu'on a lu les livres d'E. Fromentin, il est impossible de les oublier. On se les rappelle plus vite encore à la vue de ses tableaux. Dirons -nous qu'on s'étonne de trouver l'artiste et l'écrivain préoc cupés d'un idéal si différent : le premier n'ayant d'autre ambition apparente que de fixer sur la toile l'image brillante et fugace d'une sorte de cavalcade, de défilé d'acteurs dont il nous montre les vêtements scintillants, les fiers coursiers, plus rarement l'âme et le visage, heureux surtout de faire respirer au spectateur l'air libre des grands espaces et des ciels rafraîchis, et se disant alors comme à dessein : Tu n'iras pas plus loin ; l'autre, au contraire, philosophe mélancolique, analyste épris du sujet qu'il fouille, jamais satisfait dans sa poursuite minutieuse

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de rinconnu qui se remue au fond de tout cœur humain, que ce soit celui d'un grand artiste comme Rubens ou Rembrandt, ou celui d'un servant d'autel, naïf et pieux, comme Hemling ou Van Eick, touchant à l'histoire et à l'homme avec une passion de frère, un penseur, en un mot, et un penseur qui aide à penser?

Comment ces deux natures vécurent-elles un demisiècle côte à côte sans que Tune subjuguât l'autre, sans que le rêveur pût forcer l'artiste à élargir son horizon et à se risquer à peindre autre chose que des •costumes et des décors? C'est là une question dont Fromentin n'a pas livré la réponse. Peut-être la trouverait-on cependant en interrogeant les premières années de sa vie et en feuilletant avec attention son livre des Maîtres d'autrefois.

Ce que l'on sait le mieux est ce que l'on apprend jeune. Mais si la vocation se révèle d'ordinaire à l'aube des premières années, il peut arriver trop souvent que cette vocation n'éveille que la méfiance chez ceux qui ont mission de la diriger; trop souvent le petit ruisseau est endigué avant de pouvoir répandre ses flots en liberté. Tous les pères n'ont pas l'orgueil de leur œuvre. Il en est de trop prudents comme il en est de présomptueux. Chose assez bizarre, les prudents sont quelquefois ceux qui ont infusé à leurs enfants les qualités dont ils les accusent. On dit que le père de Fromentin, peintre à ses heures de loisir, ne pouvait supporter l'idée que son fils aurait un jour la réalité du talent dont lui-même n'avait eu que

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Tombre ; il Teût voulu avocat. Ce n'était pas manque de clairvoyance : le jeune homme prêtait matière à toute sorte d'espérances. On le força à recevoir une éducation complète ; il accepta complaisamment cette tyrannie, il faut le croire, car Fromentin savait le grec et le latin à étonner les lauréats du grand concours, et Partiste asservi noua avec les poëtes de tous les temps des entretiens consolateurs et de plus en plus intimes. Il y eut des vers échangés. Tout alla bien jusqu'à Tâge de la liberté. A ce moment, l'esclave entendit sonner l'heure de la révolte : il déserta et passa, avec armes et bagages, de Tétude de M* Denormandie à l'atelier de Rémond ; il avait vingt et un ans.

C'était commencer tard; en art, on ne répare jamais complètement le temps perdu . il faut semer à temps pour que la récolte soit complète, et tous les efforts de Tâge réfléchi n'atteignent pas ces fruits d'or que la main du jeune homme cueille en se jouant. Fromentin était trop clairvoyant pour ne pas se prédire à lui-même certains insuccès en cas de trop grande audace. Cependant, il eut ses instants d'espérance. Qui l'eût cru écrivain si expert avant le Sahara? Était-il peintre d'histoire? Il se risqua et fit les Centauresses. Ce n'était qu'une imprudence. L'artiste ne la renouvela pas et se résigna en apparence à n'être qu'un peintre de genre. Après tout, ne valait-il pas mieux prendre tête de rang parmi les seconds que de ne jamais trouver place en haut lieu?

Puis Fromentin n'avait pas demandé des leçons à la nature seule : il cultivait les maîtres; il en étudiait les qualités autant que les procédés. A prendre leur mesure, il trouva la sienne. La modestie est le plus souvent habile conseillère; il Técouta et s'en trouva bien. Que d'artistes se sont brisé les ailes en voulant atteindre l'Olympe, oîi régnent les dieux! Après tout, c'est bien quelque chose que d'avoir le droit de s'asseoir à mi-côte du Mont Sacré et de contempler de là, non sans un légitime orgueil, tous ceux qui s'efforcent de gravir la pente glissante, tous ceux qui la redescendent découragés, tous ceux qui retombent dans la vaste foule, meurtris, inconnus, bafoués.

Ne l'appelons donc pas un a grand peintre », comme des voix trop complaisantes se sont empressées de le surnommer. Ne diminuons pas la taille de l'homme en faisant sa statue trop élevée. Fromentin fut un artiste de haute valeur, disons-le. Cela suffit à sa mémoire. Ce n'est une louange ni médiocre ni banale. Il le fut par la probité de l'étude et de l'exécution, par une vue personnelle des choses, par une certaine finesse de faire, s*étant formé de ces qualités, moyennes si l'on veut, une originalité incontestable. C'est avec ce bagage, assurément bien fourni, que nous Tavons vu se présenter aux expositions depuis vingt années, et nous le retrouvons tout aussi riche aujourd'hui dans ce rendez-vous qu'il donne au public du fond de cette tombe si prématurément ouverte, dans laquelle sont ensevelies tant d'espérances

€t qu'entourent aujourd'hui tant de regrets. A cette louange tout le monde souscrira. La meilleure preuve, du reste, de la solidité de son talent, c'est que l'artiste est sorti yictorieux de cette épreuve à laquelle on soumet trop facilement aujourd'hui les exilés de la vie. L^exposition de ses œuvres ne l'a pas diminué. C'est l'effet contraire qui se produit d'habitude. On Ta bien vu en des circonstances récentes, qu'il -est inutile de rappeler.

Il y a quatre-vingt-douze tableaux de Fromentin rassemblés en ce moment à l'Ecole des Beaux-Arts; c'est peu, assurément, pour représenter l'œuvre entière d'un artiste qui travaillait avec une sorte d« fièvre continue. Mais, comme nous le disions, cela suffit à le montrer tout entier. On le voit à ses débuts, lorsque, tout plein des enseignements et des exemples de M. Cabat, il s'essayait à peindre, d'un pinceau sec et timide, une ferme aux environs de la Rochelle. Plus tard, changeant à la fois de site, de procédé et de modèle, il s'essayera dans la manière de Marilhat, qu'il a copié un moment avec une surprenante adresse. Delacroix l'éblouit à son tour. Toutefois, les traces de cette admiration pour le peintre des Convulsionnaires de Tanger et du Sultan Abdehr roman sont plus visibles dans ses livres que dans ses tableaux. Il le vante avec plus de confiance qu'il ne le regarde. A peine trouve-t-on l'exemple de Delacroix saisissable dans cette Tribu arabe en marche, qui est datée de 187 5. Mais, à ce moment, le peintre

a depuis longtemps trouvé sa voie, et c'est peut-être la combinaison fortuite et plus éclatante, plus osée des tons , qui amène seule le critique à signaler ici un rapprochement qui échappa probablement à Fromentin.

C'est ainsi qu'on pense à Decamp devant cette belle ébauche d'un Abreuvoir de Laghouat. Voilà son sentiment de la ligne, son goût pour ks terrains assombris et pour les murs blanchis s'enlevant en douteuse silhouette sur Topale du crépuscule. Est-ce à dire qu'il y ait ici un plagiat nouveau? Le souvenir chez le peintre se mêle inconscient à l'invention, et ce serait limiter maladroitement son essor que de le mettre à chaque tentative en garde contre des ressemblances impossibles à prévoir et qu'il serait oiseux de chercher à éviter.

La toile la plus importante et la plus admirée de cette belle assemblée de- tableaux, c'est la Chasse au héron; la manière limpide du peintre se déploie là dans toute sa fraîcheur. Impossible d'unir avec une plus juste harmonie les terrains, les eaux, le ciel et rhorizon.

Fromentin aime les nuages et leurs belles formes. On sait comme il en a recommandé l'étude à ses collègues de la palette, trop dédaigneux aujourd'hui de ces coquetteries de la nature, autrefois si chères aux peintres hollandais. Mais sur le ciel oh règne en maître le vent du désert, il est difficile d'en saisir et d'en exprimer les intéressantes transformations; k

peintre excelle du moins à rendre cette humidité laiteuse, qu'ils laissent flotter comme un voile au front des montagnes et dans les profondeurs de l'horizon; il en aime les molles transparences de préférence aux aveuglantes clartés du soleil, et c'est sur cette trame adoucie et comme trempée de rosée qu'il enlèvera , d'un pinceau vif et spirituel, la croupe blanche des chevaux et le burnous flottant des seigneurs féodaux du désert.

On se rappelle cette admirable et presque émouvante description de l'heure de midi à Laghouat, une des plus belles pages de ce beau livre : Un été dans le Sahara. Comment se fait-il que l'écriture n'ait pas entraîné le peintre à lutter avec lui ? Fromentin croyait-il qu*il y a des effets que le pinceau se doit interdire de reproduire? Cette pleine lumière, tombant d'aplomb sur une scène dont elle chasserait toutes les ombres, lui paraissait-elle en exclure la beauté, qui ne se révèle pas en art sans le secours de certaines conventions? Nous ne le voyons guère se prendre corps à corps avec ces difficultés que vers la fin de sa carrière, lorsqu'il peignit la scène dramatique que le catalogue appelle le Pays de la soif.

Voilà bien cette lumière de l'heure terrible, lumière blanche et froide comme celle que projette Tétain en fusion. Loin de dessiner les objets avec netteté, elle les enveloppe- d'un gris monotone. Le sable d'or en pâlit, et les horizons se noient dans une sorte de brume indéfinissable faite de ces vibrations d'atmo-

sphère qu'on voît se jouer parfois, en nos climats humides, sur la surface de la terre brûlée par Tété. Ce n'est pas le désert plat, infini, étendant devant M son insondable profondeur. Le sol est raviné; des roches noires, en deuil de toute verdure, saillissent çà et là, et au pied de ces espèces de pierres tombales s'étendent des cadavres qu'elles n'ont pu protéger contre l'astre meurtrier. Le problème est abordé sans peur. Pas une ombre ne dessine la silhouette des victimes ; la forme aiguë de ces immenses cailloux délave et de fer s'accuse seulement par leur couleur sinistre, et c'est bien ainsi qu'a dû s'offrir le désert à l'observateur intrépide quand, du haut des remparts de Laghouat, ramassé sous l'ombre étroite de son parasol, il plongeait son regard enivré dans l'azur flamboyant et sur les dunes fumantes. Le tableau est saisissant, composé sans charlatanisme; mais c'est le fait seul qui émeut le spectateur, la cause lui échappe. Le coloriste, avide de la vérité, ne nous a montré que les horreurs de la nature physique. .

Nous avons vanté, et bien d'autres l'ont fait avec nous, l'intuition particulière qui recommande Fromentin aux partisans du dessin avant tout. 11 a sa manière de le comprendre; elle n'a guère de parenté avec celle des maîtres, mais elle lui appartient, et, dans l'ordre des infiniment petits, il dépasse ses prédécesseurs et beaucoup de ses émules de toute la finesse de sentiment qu'il ajoute à la finesse de Texécution. On peut citer comme des modèles de ce

genre : les femmes de la Traversée du gué, les bateliers du Nil et les chevaux de la Halte des muletiers. Rarement on a vu la forme avec plus de précision; rarement on l'a reproduite d'un pinceau moins labo-. rieux ; c'est la grâce séduisante du premier jet. Wouvermans semble lourd et monotone en comparaison de Fromentin; il y a entre ces deux artistes, dont le rapprochement se fait involontairement devant certains tableaux, toute la différence qui sépare l'esprit de la conscience, le Français du Hollandais, et la facilité radieuse, épanouie, réjouissante, du travail patient, obstiné et trop souvent ennuyeux.

Fromentin a des défauts. Aucun artiste n'échappe à cette fatalité, le? plus grands la subisssent ; il y a joint trop souvent ceux de son temps. Ses contemporains lui ont imposé des complaisances de jugement dont il a porté la peine. Peut-être n'était-il pas permis au panégyriste de P. Potter et de Ruysdaël de se laisser dominer par des engouements qui étonnent les lecteurs de ses livres. Il aurait profité en laissant à d'autres le bénéfice entier de leurs systèmes. Les paradoxes se suffisent; c*est leur rendre trop d'hommages que de faire un choix parmi eux. Pourquoi ces feuillées sans feuilles, ces collines sans forme? Ne valait -il pas mieux laisser ces négligences à ceux qui les ont inventées? Et quand on peut être Fromentin, quel caprice ou quel calcul vous pousse à imiter Corot?

Fromentin a beaucoup voyagé. Il vit TÉgypte et il

vit r Italie. Il planta sa tente aux pieds des hypogées de Memphis, et il arrêta sa barque en face de la Piazzetta. Mais mal lui prit toutes les fois qu'il s'avisa de faire infidélité à sa chère Algérie. Pour ceux qui n'ont pas vu le Nil, il semble avoir regardé d'un œil ennuyé les flots du grand fleuve. Nous en croyons plus volontiers Marilhat, Gérôme et Belly. Leurs copies, plus séduisantes, nous semblent plus convaincantes, et quant à Venise, on en peut jurer par Canaletto et par nos propres souvenirs, la fille des doges apparaît plus coquette, plus riche et plus belle, quand, au soleil couchant, elle lève au-dessus des flots de l'Adriatique son front couronné de pourpre et d'or. Nous ne poursuivrons pas, en face d'une série de tableaux où plus d'une fois le maître se répète et se joue sur un thème dont il connaît toutes les modulations, un examen inutile pour déterminer leur valeur et pour éclairer un public dont le dilettantisme aujourd'hui a presque droit d'indépendance. Chacun fera son choix au gré de son caprice; mais nul peutêtre ne nous contredira, et personne, nous l'espérons, ne nous accusera d'injustice et de partialité lorsque nous résumerons notre critique en disant que, dans toute l'œuvre de Fromentin, peintre et écrivain, ses deux chefs-d'œuvre demeureront encore le Sahel et le Sahara,

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