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COROT

Si c'est une tâche toujours difficile que celle de juger un artiste célèbre, cette tâche devient presque trop lourde lorsqu'il faut la remplir devant une tombe. Le respect qu'on doit â des douleurs si récentes devrait, cerne semble, imposer silence pendant quelques semaines au moins à la critique, et suspendre les droits dont le public l'arme souvent malgré elle. Mais le temps marche vite aujourd'hui pour les morts, on est obligé de parler d*€ux avant que TindifiFérence implacable des vivants , même pour les plus illustres, les enveloppe, et la postérité doit prendre la voix pour ainsi dire au bord du lit des mourants.

Corot était un enfant de Paris. Il y naquit en 1796. Ses parents tenaient un petit commerce et le faisaient prospérer en attendant que le fils pût leur succéder. Ce fut chez un drapier, oîi ils le mirent en apprentissage , que s*éveilla la vocation du futur chantre des églogues printanières, et c*est par les carreaux sombres d'une boutique qu'il s'apprit à regarder le soleil.

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Ce père prudent, comme tant d'autres, et qui ne pouvait rien comprendre aux ambitions d*un enfant si peu semblable à lui, enchaîna pendant vingt-six ans la liberté d'un fils , trop tendre pour n'être pas soumis. Mais, en admettant qu'il ne dût faire qu'un mauvais peintre, il était plus évident encore que Jean- Baptiste ne serait qu'un détestable marchand. Le père rendit la main et lâcha le rebelle dans le monde, avec 1 ,000 francs de pension par an. Il ne se résigna à les doubler que vingt-cinq ans après. Corot avait alors cinquante ans; mais il venait d'être décoré. — Les biographes racontent que Corot reçut ses premières leçons de Michallon. Ce n'était pas un peintre sans mérite, bien que son nom soit à peu près oublié aujourd'hui. Les tableaux signés de lui, que l'on rencontre dans les musées , laissent apercevoir un talent déjà sûr, un praticien habile. Sans une mort prématurée, il eût été peut-être, il pouvait devenir un artiste original. Le contraste est frappant entre la manière du maître et celle de l'élève. Mais les conseils de Michallon laissèrent leur trace, et il est facile d'en retrouver plus d'une. Il y a du classique dans le pseudo-réaliste Corot. Que de fois, croyant retracer les pauvres contours des collines de Ville-d'Avray, il en a fait un paysage d'Arcadie! Que de petites maisons blanches perdues dans la feuillée il a déguisées en temples antiques! Michallon aimait les lignes bien balancées : il violentait la nature; forcément, sous sa main , elle prenait l'aspect d'un décor de théâtre; on

y trouvait inévitablement un premier plan, rivière ou rocher, avec les coulisses nécessaires qui repoussent le fond aux formes tourmentées. Cette tradition était demeurée vivace dans TÉcole française depuis que le grand Poussin y avait mis l'empreinte de son génie. On en peut signaler encore l'influence dans les scènes auxquelles se plaira de préférence l'imagination de Corot.

Qu'on examine presque tous ses tableaux , surtout les plus importants, ceux-là mêmes auxquels il en appellera pour se mieux justifier : voilà bien, à droite et à gauche, le gros arbre ou la futaie sombre; ils sont chargés de faire valoir la limpidité du lac tranquille et la fuite vaporeuse des horizons : c'est la coulisse. Dans le fouillis oîi le regard s'aventure incertain, n'est-ce pas un rocher que le spectateur croit apercevoir? Pierre moussue ou buisson épineux, c'estle premier plan, et si les collines du fond sont trop humbles pour servir de marchepied auxyeux d'un Olympe païen, cette concession, que les adeptes salueront comme un acte d'indépendance , ne suffît pas à changer la physionomie de ce paysage naturellement académique. La couleur est plus pâle, moins pâteuse; c'est du Michallon en grisaille.

Ce qui fit l'originalité de ce novateur sans le savoir, ce furent moins les tendances de son goût que la manière imprévue dont il se servit pour en témoigner. Cette manière, la nature la lui imposa peut-être. U était né malhabile, et il commença trop tard une édu«

cation dont les mieux doués ne se passent pas plus facilement que les autres. L'indépendance d'allures qu'il montra quelques années après son premier voyage en Italie était peut-être moins TefFet et la conséquence d'un parti pris , Tenvie naturelle à un débutant d'attirer l'attention par d'audacieuses incorrections, — on était alors en plein mouvement de réaction contre le style des successeurs de David, — qu'elle ne tenait à son impuissance native; et il ne faudrait pas croire qu'il ne s'efforçât pas d'en guérir, A son arrivée sur la terre classique, lorsqu'à Rome il tâtonne encore et cherche son procédé, ses premiers ouvrages laissent voir, avec un sentiment personnel qui se révèle vite et qu'il serait injuste de nier, un effort marqué pour atteindre le fini du morceau, pour rendre la forme particulière du détail. Il y a telles de ces petites toiles qui rappellent pour l'exactitude et la naïveté les études que Bidault peignait dans la campagne romaine avec une simplicité dénuée d'artifice, mais non pas d'art, et à laquelle, par un retour des choses d'ici-bas, inévitable lorsqu'il est juste, on commence à trouver du prix. Quand la sincérité les rapproche, tous les artistes ont leur point de ressemblance. Corot renonça bientôt à lutter contre ses faiblesses. Cette lutte lui coûtait trop. Ce ne fut pas cependant sans en garder une sorte, de honte, et certainement quelques regrets. Plus tard, au fort de sa gloire , avec cette bonhomie qui le servait si bien , quoiqu'elle ne fût certes pas calculée , surtout lorsqu'il

soupçonnait les arrière-pensées du spectateur, il prenait les devants, et, sans y être poussé par quelque remarque insidieuse, il s'accusait de ses défauts. (( Ce n'est pas assez fait, vous le trouvez, n'est-ce pas? Je le vois bien, mais ce n'est pas ma faute, c'est la sienne. » Et il montrait sa main. On déguisera, si Ton veut, sous le nom de modestie ce sentiment qui faisait ainsi parler un homme soutenu de tant de louanges, et que l'éloquence de ses amis défendait contreses propres défiances; il n'en est pas moins fort probable que Corot sentait son mal , et son gémissement venait de là.

Les défauts de Corot, cependant, l'ont bien servi de son vivant. Dans un temps comme le nôtre, où tous les révoltés ont des chances de gain, les- rebelles à la grammaire sont mieux accueillis des esprits ignorants et paradoxaux que ceux qui lui restent soumis. Le succès pouvait se faire attendre, mais il était certain. Il vint chercher Corot quand il était déjà vieux, il est vrai ; mais jusqu'aux dernières heures de sa vie il lui demeura fidèle. L'avenir y contredira-t-il? Quoi qu'il arrive d'un doute toujours permis, on ne peut nier sans injustice que, par certaines parties de son talent, Corot n'ait approché quelquefois du plus grand art. Le peintre chez lui a fait trop souvent lort au poëte, mais le poëte est presque toujours présent dans l'œuvre du peintre. C'est encore lui qui triomphait quand la main trahissait le sentiment. Que de fois ses adversaires eux-mêmes s'arrêtaient malgré

eux devant l'œuvre qui les irritait, et, séduits par le charme indéfinissable qui s'échappait de cette toile confuse, noire, invisible, ne pouvaient s'empêcher de dire avec une sympathie pleine du souvenir de leurs propres émotions devant la nature : « Quel dommage ! cela pourrait être si beau ! » En effet, le tableau était bien disposé, avec le goût d'un esprit délicat qui sent les beautés du rhythme , et qui répugne aux niaises et laides exigences du réalisme; les tons^ fondus dans une gamme sourde, mais harmonieuse, ne manquaient pas d'une finesse savante ; tout était prêt pour que le tableau fût complet à peu de frais; mais, hélas ! le tableau restait presque toujours à exécuter.

Parce qu'un grand peintre s'écria un jour, dans un accès de mauvaise humeur contre un bavard ignorant, que la peinture sentait mauvais et qu'elle n'était pas faite pour être regardée à bout de nez, il ne s'ensuit pas que cet aphorisme railleur, malgré son sens vrai , soit un argument décisif. Les myopes sont de mauvais juges; mais que dire de ceux qui exécutent leurs tableaux comme s'ils étaient myopes eux-mêmes ? Notre temps est le premier qui ait inventé le moyen de se passer du métier et trouvé un brevet de génie dans l'inexpérience présomptueusement hâtive et la maladresse de naissance que le travail lui-même ne peut redresser. — Mais on chercherait vainement dans le passé l'exemple et la justification de théories si commodes et si dangereuses. Les tempéraments

diffèrent, et chaque artiste a le droit, le devoir même d'être lui. Qui le niera? On ne peut exiger d^un Rubens, tout de sève et de jet, ces longues caresses du pinceau que le. placide Léonard promena sur la forme; le fougueux Frank Hais est un grand portraitiste à côté du froid Van der Helst, et les exquises finesses d'un Claude Lorrain ne repoussent pas le voisinage des aspects tourmentés de Ruysdaël. Mais ce que ces grands artistes n'auraient jamais admis, c'est qu'on pût se soustraire à ces conditions rigoureusement nécessaires sans lesquelles Tart, qu'on prétend servir, n'est plus de Tart. Les intentions, de si hautes sources qu'elles proviennent, l'inspiration même, ont besoin de se plier, pour être comprises, à ces lois qui seules les rendent intelligibles, et la beauté n'existe pas sans une forme définie. Tout n'est pas dans le fini, cela est vrai; mais un fini insuffisant arrête et suspend le jugement. L'oeil attend, c'est la seule concession qu'il puisse faire ; mais on ne peut demander qu'il recommence tous les jours.

Nous l'avons dit, il y a de grands maîtres que leur vivacité domine et qui semblent peindre avec une impatience fiévreuse. Mais, paraissant abandonner leurs premières touches, ils ont su se faire un mérite de leur fausse nonchalance. Nulle hésitation, nulle surcharge; leurs retours sur un rapide travail, ils les prévoient et les préparent, et d'un trait décisif leur pinceau court sur la toile comme la pointe du plus leste crayon. Cela s'appelle l'esprit de la touche, et

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c'est le triomphe de Thabileté , qui est aussi une des faces de l'art , sinon la plus noble. Mais par quelle longue éducation il faut accepter de passer avant d'arriver à cette sécurité dans l'audace! On n'est point Watteau parce que la nature vous a donné bénévolement une main admirablement souple et adroite , mais parce que , sans découragement , on a vingt ans peiné avant de peindre le voyage à Cythère. L'éducation, voilà donc ce qui a manqué à Corot. Avec elle, il eût fortifié ces dons charmants qui lui ont fait sous nos yeux de si chauds admirateurs; mais nos descendants, qu'aucun souvenir ne rendra indulgents, qu'aucune précaution ne gênera, et qui ne demanderont à nos artistes d'autres vertus que celles dont leur talent se sera augmenté, auront-ils pour lui toute la tendresse , toutes les complaisances qui semblent si naturelles et si justes à ceux qui ont vécu à ses côtés et vu ses œuvres dans leur première fraîcheur? Lorsque le temps aura passé son doigt malicieux sur ces silhouettes déjà si molles, lorsque ce voile qu'il jette avec une égale insouciance sur les plus belles œuvres et sur les plus faibles, obscurcira ces couleurs brouillées au hasard du pinceau sur une ébauche fatiguée , que restera-t-il de ces aubes et de ces crépuscules , et de ce charme encore .vainqueur aujourd'hui de tant de reproches? Les interprétations et les dithyrambes seront tombés dans le vaste oubli qui attend nos jugements précipités et nos engouements, et l'artiste, presque désarmé, res-

tera à côté de ses rivaux plus forts que lui, Marilhat, Decamps, Troyon, Jules Dupré, en face d'un public qu'on ne pourra plus surprendre ni forcer d'applaudir. •

Chose étrange, quoique assez ordinaire, et qui prouve bien tout ce qu'il y a de factice dans certaines louanges et de réserves secrètes derrière les sympathies les plus hautement proclamées : Corot a eu beaucoup d'élèves; beaucoup d'artistes, du moins, depuis de longues années , se sont glorifiés d'avoir écouté ses leçons et l'ont appelé leur maître, et presque tous , vis-à-vis de ses enseignements et à côté de ses exemples, ont gardé une indépendance presque irrespectueuse, à tout le moins peu d'accord avec l'admiration qu'ils témoignaient à leur professeur. C'est par le côté idéal de son talent que Corot finit par prendre une place si imposante dans l'art contemporain; c'est à l'aide de l'idéal qu'on a défendu ses œuvres, et c'est l'idéal que l'école nouvelle semble dédaigner avec le moins de remords. Corot aimait la belle ligne, il faisait son choix dans le vaste paysage de la nature; on affecte aujourd'hui des prédilections agressives pour les plus laides réalités. Il noyait dans un^oM général ses arbres et ses figures; on pousse à l'extrême le scrupule de l'exactitude. L'herbe verdoyante, sous le grand chêne, est l'objet d'une étude aussi consciencieuse que les vastes ramures qui l'ombragent. Quant à ses figures, le plus hardi de ses admirateurs tremblerait qu'on ne comparât les

siennes aux nymphes et aux satyres que Corot dessinait avec une gaucherie sans gène, en leur donnant, il est vrai, pour excuse ces lueurs du crépuscule qu'il avait de bonnes raisons pour préférer au franc soleil de midi — gaucherie sans gêne , nous l'avons dit, non inconsciente. N'est-ce pas le peintre luimême qui , dans cette lettre pleine d'humour et de poésie qu'on a appelée le manuel du paysagiste, nous a rapporté si naïvement le jugement du paysan Simon? « Ohé, Simon, comment trouves-tu ça? — Ahîm'sieu, dame, c'est ben biau. — Qu'est-ce que j'ai voulu faire, Simon? — J 'le vois ben, m'sieu, c'est un gros rocher. — Eh non, bêta, c'est une belle vache. » — De Corot ou de Simon, lequel avait la meilleure vue ?

Il fallait bien chercher une qualité qui forçât la foule résistante à laisser tomber sur le peintre aimé une absolution définitive, sans s'acharner à examiner ses défauts. Un des amis de Corot l'a trouvée sur sa tombe dans un de ces mots qui ont plus de brillant que de clarté : u II a peint, dit-il, l'âme de la nature. » Ne pourrait-on pas demander au poëte qui Ta prononcée l'explication de cette mystérieuse définition? L'âme n'a pas de contours visibles. Est-ce que , par l'effroi que la précision inspirait à Corot, celui-ci a mieux réussi qu'un autre, dit-on, à fixer cette chose impalpable, flottante dans l'éther, et qui n'en circule pas moins sous l'écorce du chêne et dans l'onde des torrents? Mais le Poussin, qui recueillait en se pro-

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menant les cailloux de la route pour les copier ensuite avec plus de fidélité, n'a- 1- il pas réussi à peindre à son tour l'âme de la nature? Cette âme a-t-elle déserté les champs ensoleillés ou les marines furieuses de Ruysdaël? Est-ce que ces deux élèves de Corot, M. Français, qui poursuit d'un œil si scrupuleux le modèle du feuillage et l'ossature des arbres, M. Daubigny, avec sa rude et sincère coloration , n'ont pas voulu exprimer à leur tour l'âme de la nature? Ou bien est-ce qu'en supprimant, par une logique commode, le corps des êtres dont il essaye de nous rendre la ressemblance , le peintre arrive plus sûrement à nous faire apercevoir leur âme?

Corot ne fut point de l'Académie. On en a fait un reproche à l'illustre corps. C'était prévu. Il est probable que Corot s'en étonna moins que ses amis. Il avait trop de fierté pour ne pas vouloir éviter un refus, et trop de clairvoyance pour ne pas le prévoir. Sans doute il y avait dans T Institut plus d'un artiste tout prêt à la justice et à la franchise , et capable de reconnaître et de signaler dans les œuvres de Corot les qualités qui y sont. Mais on semble oublier que l'Académie n'est pas seulement un corps chargé de décerner à ceux qui le méritent l'honneur, secrètement envié de tous, de siéger dans son sein, et qu'elle est encore, qu'elle est surtout une sentinelle; or une sentinelle n'a pas le droit d'oublier son mot d'ordre; le sien, elle le proclame par ses choix : c'est le respect et la sauvegarde des enseignements que lui ont légués

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les grands maîtres de tous les temps. Si c'est là une tyrannie, elle laisse une suffisante liberté à l'imagination. Ceux-là seuls qui la subissent ont le droit de protester, quand leurs efforts passent sans récompense. Aux autres, quel besoin ont-ils d'un titre dont ils font bon marché, et quelle valeur commerciale ce litre ajouterait-il à leurs tableaux? Mais à qui ferat-on croire que des artistes comme MM. Meissonier, Gérôme, Robert -Fleury, Cabanel et leurs collègues fussent incapables d'apprécier la valeur de Corot? Qui pourra supposer qu'en protestant par une exclusion systématique contre un talent dont l'éclat les gênait, ils aient laissé voir une secrète et mesquine jalousie ?

La vie de Corot a été longue. Elle offre cependant peu d'incidents. La bonté, une bonté parfaite, jette seule sur ces soixante-dix-neuf années de travail constant un nouveau reflet; il suffit pour en éclairer l'honnête uniformité. Mais la bonté est modeste et silencieuse , et la bonté, c'est toute une partie cachée de l'existence et de l'activité de celui qu'on appelait si justement « le bon Corot ». Que de jeunes gens — on l'a su quelquefois par eux — il a aidés à ne pas se décourager, à devenir des artistes, même des littérateurs! Il n'était pas plus exclusif dans sa sympathie que dans sa charité. Que d'autres dont il a adouci la vieillesse! Il aimait consoler et il aimait à donner. Sa dernière action fut une bonne action. On sait comment, si peu de temps avant d'aller rejoindre son

ami Millet, il vint en aide à sa veuve et à ses enfants. Aussi, pourquoi s'étonner qu'après avoir été si longtemps Tapôtre et l'exemple des vertus évangéliques, il soit mort comme il voulait, comme il avait mérité de mourir, en chrétien? Cest un titre durable : il s'ajoute utilement à nos gloires éphémères; il est plus facile de le railler que de chercher à s'en rendre digne.

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