‹ Notes et causeries sur l'art et sur les artistes parChapitre 22 sur 40 · COROT · texte numérisé non relu

COROT

Si c^est une tâche toujours difficile que celle <■ juger un artiste célèbre, cette tâche devient presc[i. trop lourde lorsqu'il faut la remplir devant une tomb Le respect qu'on doit à des douleurs si récentes d< vrait, cerne semble, imposer silence pendant quelque semaines au moins à la critique, et suspendre les droîi dont le public l'arme souvent malgré elle. Mais 1 temps marche vite aujourd'hui pour les morts, on ei obligé de parler d'eux avant que l'indifférence impU cable des vivants , même pour les plus illustres, U enveloppe, et la postérité doit -prendre la voix poi^ ainsi dire au bord du lit des mourants.

Corot était un enfant de Paris. Il y naquit en 179^ Ses parents tenaient un petit commerce et le faisaiet prospérer en attendant que le fils pût leur succéder Ce fut chez un drapier, oti ils le mirent en apprentÎJ sage , que s'éveilla la vocation du futur chantre dfi églogues printanières, et c'est par les carreaux sombr® d'une boutique qu'il s'apprit à regarder le soleil.

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Ce père prudent, comme tant d'autres, et qui ne pouvait rien comprendre aux ambitions d'un enfant si peu semblable à lui, enchaîna pendant vingt-six ans la liberté d'un fils, trop tendre pour n'être pas soumis. Mais, en admettant qu'il ne dût faire qu'un mauvais peintre, il était plus évident encore que Jean- Baptiste ne serait qu'un détestable marchand. Le père rendit la main et lâcha le rebelle dans le monde, avec i,ooo francs de pension par an. Il ne se résigna à les doubler que vingt-cinq ans après. Corot avait alors cinquante ans ; mais il venait d'être décoré. — Les biographes racontent que Corot reçut ses premières leçons de Michallon. Ce n'était pas un peintre sans mérite, bien que son nom soit à peu près oublié aujourd'hui. Les tableaux signés de lui, que l'on rencontre dans les musées , laissent apercevoir un talent d^àsûr, un praticien habile. Sans une mort préma- ^rée, il eût été peut-être, il pouvait devenir un artiste original. Le contraste est frappant entre la manière du maître et celle de l'élève. Mais les conseils de Michallon laissèrent leur trace, et il est facile d'en retrouver plus d'une. Il y a du classique dans le pseudo-réaliste Corot. Que de fois, croyant retracer les pauvres contours des collines de Ville-d'Avray, il ^^3l fait un paysage d'Arcadie! Que de petites malins blanches perdues dans la feuillée il a déguisées ^li temples antiques! Michallon aimait les lignes bien "^lancées : il violentait la nature; forcément, sous sa ^aîn , elle prenait l'aspect d'un décor de théâtre ; on

y trouvait inévitablement un premier plan , rivière o u rocher, avec les coulisses nécessaires qui repoussent J^ fond aux formes tourmentées. Cette tradition ét^ ^^ demeurée vivace dans i'École française depuis que ^^ grand Poussin y avait mis l'empreinte de son géni ^* On en peut signaler encore Pinfluence dans les scèn^^^ auxquelles se plaira de préférence Fimagination c^^^ Corot.

Qu'on examine presque tous ses tableaux , surto^K-Jt les plus importants , ceux-là mêmes auxquels il ^^^ appellera pour se mieux justifier : voilà bien, à droi "^c et à gauche, le gros arbre ou la futaie sombre; E Js sont chargés de faire valoir la limpidité du lac trai quille et la fuite vaporeuse des horizons : c'est la coi lisse. Dansle fouillis oti le regard s'aventure incertai'ti, n'est-ce pas un rocher que le spectateur croit aperce* voir? Pierre moussue ou buisson épineux, c'est le pc"^' mierplan, et si les collines du fond sont trop hund' blés pour servir de marchepied aux yeux d'un Olympe païen, cette concession, que les adeptes salueront comme un acte d'indépendance, ne suffit pas à changer la physionomie de ce paysage naturellement académique. La couleur est plus pâle, moins pâteuse; c'est du Michallon en grisaille.

Ce qui fit l'originalité de ce novateur sans le savaîï ce furent moins les tendances de son goût que la rtis nière imprévue dont il se servit pour en témoigne Cette manière, la nature la lui imposa peut-être, était né malhabile, et il commença trop tard une éd

ation dont les mieux doués ne se passent pas plus acilement que les au très.. L'indépendance d'allures [u'il montra quelques années après son premier 'oyage en Italie était peut-être moins l'effet et la onséquence d'un parti pris, l'envie naturelle à un lébutant d'attirer l'attention par d'audacieuses incorections, — on était alors en plein mouvement de éaction contre le style des successeurs de David, — ^u^elle ne tenait à son impuissance native; et il ne Faudrait pas croire qu'il ne s'efforçât pas d'en guérir. A son arrivée sur la terre classique, lorsqu'à Rome il tâtonne encore et cherche son procédé, ses premiers ouvrages laissent voir, avec un sentiment personnel <iui se révèle vite et qu'il serait injuste de nier, un effort marqué pour atteindre le fini du morceau, pour rendre la forme particulière du détail. Il y a telles de ces petites toiles qui rappellent pour l'exactitude et la naïveté les études que Bidault peignait dans la campagne romaine avec une simplicité dénuée d'artifice, niais non pas d'art, et à laquelle, par un retour des choses d'ici-bas, inévitable lorsqu'il est juste, on commence à trouver du prix. Quand la sincérité les rapproche, tous les artistes ont leur point de ressemblance. Corot renonça bientôt à lutter contre ses Wblesses. Cette lutte lui coûtait trop. Ce ne fut pas cependant sans en garder une sorte de honte, et cer- ^nement quelques regrets. Plus tard, au fort de sa gloire, avec cette bonhomie qui le servait si bien, quoiqu'elle ne fût certes pas calculée , surtout lorsqu'il

soupçonnait les arrière-pensées du spectateur, il pir^« nait les devants, et, sans y être poussé par quelquxe remarque insidieuse, il s'accusait de ses défauts. « CZe n'est pas assez fait, vous le trouvez, n'est-ce pas? J e le vois bien, mais ce n'est pas ma faute, c'est X^ sienne. » Et il montrait sa main. On déguisera, ^] l'on veut, sous le nom de modestie ce sentiment qu^^ faisait ainsi parler un homme soutenu de tant c:^^ louanges, et que l'éloquence de ses amis défenda ^^ contre ses propres défiances; il n'en est pas moins fo probable que Corot sentait son mal, et son gémi ment venait de là.

Les défauts de Corot, cependant, l'ont bien servi d —^ son vivant. Dans un temps comme le nôtre, où toi^^^ les révoltés ont des chances de gain, les rebelles à 1 — ^ grammaire sont mieux accueillis des esprits ignorant:^^^ et paradoxaux que ceux qui lui restent soumis. L — ^ succès pouvait se faire attendre, mais il était cenaii^*-- Il vint chercher Corot quand il était déjà vieux, :mI est vrai ; mais jusqu'aux dernières heures de sa vie i ^ lui demeura fidèle. L'avenir y contredira-t-il? Quo^ qu'il arrive d'un doute toujours permis, on ne peU-^ nier sans injustice que, par certaines parties de scp^ talent, Corot n'ait approché quelquefois du plu^^ grand art. Le peintre chez lui a fait trop souvent toi*^ au poëte, mais le poëte est presque toujours prescrit dans l'œuvre du peintre. C'est encore lui qui trionOphait quand la main trahissait le sentiment. Que ^^ fois ses adversaires eux-mêmes s'arrêtaient mal^^^^

.X devant Pœuvre qui les irritait, et, séduits par le arme indéfinissable qui s^échappait de cette toile •nfuse, noire, invisible, ne pouvaient s'empêcher de re avec une sympathie pleine du souvenir de leurs opres émotions devant la nature : « Quel domage î cela pourrait être si beau ! » En effet, le bleau était bien disposé, avec le goût d'un esprit licat qui sent les beautés du rhythme , et qui pugne aux niaises et laides exigences du réalisme; 5 tons, fondus dans une gamme sourde, mais haronieuse, ne manquaient pas d'une finesse savante ; ut était prêt pour que le tableau fût complet à peu î frais; mais, hélas ! le tableau restait presque touurs à exécuter.

Parce qu'un grand peintre s'écria un jour, dans un :cès de mauvaise humeur contre un bavard ignomt, que la peinture sentait mauvais et qu'elle n'était is faite pour être regardée à bout de nez, il ne s'enlit pas que cet aphorisme railleur, malgré son sens cai , soit un argument décisif. Les myopes sont de mauvais juges; mais que dire de ceux qui exécutent Urs tableaux comme s'ils étaient myopes eux-mêmes ? foire temps est le premier qui ait inventé le moyen s se passer du métier et trouvé un brevet de génie ins l'inexpérience présomptueusement hâtive et la ialadresse de naissance que le travail lui-même ne ^ut redresser. — Mais on chercherait vainement ^ns le passé l'exemple et la justification de théories

commodes et si dangereuses. Les tempéraments

diffèrent, et chaque artiste a le droit, le devoir mênr-^ p d'être lui. Qui le niera? On ne peut exiger d' i» n Rubens, tout de sève et de jet, ces longues caressi du pinceau que le placide Léonard promena sur forme; le fougueux Frank Hais est un grand portn tiste à côté du froid Van der Helst, et les exquisi finesses d'un Claude Lorrain ne repoussent pas voisinage des aspects tourmentés de Ruysdaël. Mî ce que ces grands artistes n'auraient jamais admis c'est qu'on pût se soustraire à ces conditions rigoi reusement nécessaires sans lesquelles Tart, qu'on pi tend servir , n'est plus de Tart. Les intentions , de hautes sources qu'elles proviennent, l'inspiratioi même, ont besoin de se plier, pour être comprises, ^ ces lois qui seules les rendent intelligibles, et 1 -^ beauté n'existe pas sans une forme définie. Toutn'e^^^ pas dans le fini, cela est vrai; mais un fini insuffisant^- ^ arrête et suspend le jugement. L'œil attend, c'est 1 seule concession qu'il puisse faire ; mais on ne pei demander qu'il recommence tous les jours.

Nous l'avons dit, il y a de grands maîtres que leu^ vivacité domine et qui semblent peindre avec uiu ^ impatience fiévreuse. Mais, paraissant abandonna leurs premières touches, ils ont su se faire un mérita de leur fausse nonchalance. Nulle hésitation, nul^ surcharge; leurs retours sur un rapide travail, ils 1^ prévoient et les préparent, et d'un trait décisif lei— pinceau court sur la toile comme la pointe du pi* leste crayon. Cela s'appelle l'esprit de la touche,

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c^est le triomphe de Thabileté , qui est aussi une des faces de Tart , sinon la plus noble. Mais par quelle longue éducation il faut accepter de passer avant d'arriver à cette sécurité dans l'audace! On n'est point Watteau parce que la nature vous a donné bénévolement une main admirablement souple et adroite, mais parce que , sans découragement, on a vingt ans peiné avant de peindre le voyage à Cythère. L'éducation, voilà donc ce qui a manqué à Corot. Avec elle , il eût fortifié ces dons charmants qui lui ont fait sous nos yeux de si chauds admirateurs; mais nos descendants, qu'aucun souvenir ne rendra indulgents, qu'aucune précaution ne gênera,. et qui ne demanderont à nos artistes d'autres vertus que celles dont leur talent se sera augmenté, auront-ils pour lui toute la tendresse , toutes les complaisances qui semblent si naturelles et si justes à ceux qui ont vécu à ses côtés et vu ses œuvres dans leur première fraîcheur? Lorsque le temps aura passé son doigt malicieux sur ces silhouettes déjà si molles , lorsque ce voile qu'il jette avec une égale insouciance sur les plus belles œuvres et sur les plus faibles, obscurcira ces couleurs brouillées au hasard du pinceau sur une ébauche fatiguée , que restera-t-il de ces aubes et de ces crépuscules , et de ce charme encore vainqueur aujourd'hui da tant de reproches? Les interprétations et les dithyrambes seront tombés dans le vaste oubli qui attend nos jugements précipités et nos engouements, et l'artiste, presque désarmé, res-

tera à côté de ses rivaux plus forts que lui, Marilha Decamps, Troyon, Jules Dupré, en face d^un publ qu^on ne pourra plus surprendre ni forcer d'à] plaudir.

Chose étrange , quoique assez ordinaire , et qi prouve bien tout ce qu'il y a de factice dans certain) louanges et de réserves secrètes derrière les symps thies les plus hautement proclamées : Corot a e beaucoup d'élèves; beaucoup d'artistes, du moin depuis de longues années , se sont glorifiés d'avo écouté ses leçons et l'ont appelé leur maître, et presqi tous, vis-à-vis de ses enseignements et à côté de S( exemples, ont gardé une indépendance presque irre pectueuse, à tout le moins peu d'accord avec l'adm ration qu'ils témoignaient à leur professeur. Ce par le côté idéal de son talent que Corot finit pj prendre une place si imposante dans Tart contemp( rain; c'est à Taide de l'idéal qu'on a défendu s< œuvres, et c'est l'idéal que l'école nouvelle semb dédaigner avec le moins de remords. Corot aimait! belle ligne, il faisait son choix dans le vaste paysaj de la nature; on affecte aujourd'hui des prédilectior agressives pour les plus laides réalités. Il noyait dai un flou général ses arbres et ses figures; on pousse l'extrême le scrupule de l'exactitude. L'herbe ve doyante, sous le grand chêne, est l'objet d'une éta aussi consciencieuse que les vastes ramures qui l'oj bragent. Quant à ses figures, le plus hardi de î admirateurs tremblerait qu'on ne comparât

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siennes aux nymphes et aux satyres que Corot dessinait avec une gaucherie sans gène, en leur donnant, il est vrai, pour excuse ces lueurs du crépuscule qu'il avait de bonnes raisons pour préférer au franc soleil de midi — gaucherie sans gêne , nous Tavons dît, non inconsciente. N'est-ce pas le peintre luimême qui , dans cette lettre pleine d'humour et de poésie qu'on a appelée le manuel du paysagiste, nous a rapporté si naïvement le jugement du paysan Simon? « Ohé, Simon, comment trouves-tu ça? — Ah! m'sieu, dame, c'est ben biau. — Qu'est-ce que j'^ai voulu faire, Simone — J'ie vois ben, m'sieu, c'est un gros rocher. — Eh non, béta, c'est une belle vache, w — De Corot ou de Simon, lequel avait la meilleure vue ?

11 fallait bien chercher une qualité qui forçât la foule résistante à laisser tomber sur le peintre aimé une absolution définitive, sans s'acharner à examiner ses défauts. Un des amis de Corot l'a trouvée sur sa tombe dans un de ces mots qui ont plus de brillant que de clarté : « Il a peint, dit-il, l'âme de la nature. » Ne pourrait-on pas demander au poëte qui Ta prononcée l'explication de cette mystérieuse définition? L'âme n'a pas de contours visibles. Est-ce que , par l'effroi que la précision inspirait à Corot, celui-ci a jnieux réussi qu'un autre, dit-on, à fixer cette chose inipalpable, flottante dans l'éther, et qui n'en circule P3S moins sous l'écorce du chêne et dans l'onde des torrents? Mais le Poussin, qui recueillait en se pro-

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36o NOTES ET CAUSERIES

menant les cailloux de la route pour les copier ensuite avec plus de fidélité, n'a-t-il pas réussi à peindre à son tour Tâme de la nature? Cette âme a-t-elle déserté les champs ensoleillés ou les marines furieuses de Ruysdaël? Est-ce que ces deux élèves de Corot, M. Français, qui poursuit d'un œil si scrupuleux le modèle du feuillage et l'ossature des arbres, M. Daubigny, avec sa rude et sincère coloration , n'ont pa voulu exprimer à leur tour Tâme de la nahire? 0 bien est-ce qu'en supprimant, par une logique com mode, le corps des êtres dont il essaye de nous rendr la ressemblance, le peintre arrive plus sûrement nous faire apercevoir leur âme ?

Corot ne fut point de l'Académie. On en a fait m. reproche à Pillustre corps. C'était prévu. Il est pr bable que Corot s'en étonna moins que ses amis. Il avait trop de fierté pour ne pas vouloir éviter um refus, et trop de clairvoyance pour ne pas le prévoir. Sans doute il y avait dans T Institut plus d'un artiste tout prêt à la justice et à la franchise , et capable de reconnaître et de signaler dans les œuvres de Corot les qualités qui y sont. Mais on semble oublier que l'Académie n'est pas seulement un corps chargé d^ décerner à ceux qui le méritent l'honneur, secrètement envié de tous, de siéger dans son sein, et qu'elle est encore, qu'elle est surtout une sentinelle; or une sentinelle n'a pas le droit d'oublier son mot d'ordre; le sien, elle le proclame par ses choix : c'est le respect et la sauvegarde des enseignements que lui ont lègues

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les grands maîtres de tous les temps. Si c*est là une tyrannie, elle laisse une suffisante liberté à l'imagination. Ceux-là seuls qui la subissent ont le droit de protester, quand leurs efforts passent sans récompense. Aux autres, quel besoin ont-ils d'un titre dont ils font bon marché, et quelle valeur commerciale ce tîtrre ajouterait-il à leurs tableaux? Mais à qui fera- ^^on croire que des artistes comme MM. Meissonier, f^^rôme, Robert -Fleury, Cabanel et leurs collègues fo.3sent incapables d'apprécier la valeur de Corot? Q.vii pourra supposer qu'en protestant par une exclusion systématique contre un talent dont Péclat les gênait, ils aient laissé voir une secrète et mesquine i^-lousie?

La vie de Corot a été longue. Elle offre cependant peu d'incidents. La bonté, une bonté parfaite, jette seule sur ces soixante-dix-neuf années de travail constant un nouveau reflet; il suffit pour en éclairer ^^ honnête uniformité. Mais la bonté est modeste et silencieuse, et la bonté, c'est toute une partie cachée de Texistence et de Tactivité de celui qu'on appelait SI justement « le bon Corot ». Que de jeunes gens — ^^ l'a su quelquefois par eux — il a aidés à ne pas se décourager, à devenir des artistes, même des littérateurs! Il n^était pas plus exclusif dans sa sympathie que dans sa charité. Que d'autres dont il a adouci la vieillesse! Il aimait consoler et il aimait à donner. "^^ dernière action fut une bonne action. On sait boniment, si peu de temps avant d'aller rejoindre son

ami Millet, il vint en aide à sa veuve et à ses enfants. Aussi, pourquoi s*étonner qu'après avoir été si longtemps l'apôtre et l'exemple des vertus évangéliques, il soit mort comme il voulait, comme il avait mérité; de mourir, en chrétien? Cest un titre durable : i"; s^ajoute utilement à nos gloires éphémères; il e^ plus facile de le railler que de chercher à s'en rend^-digne.

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