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Je commence les portraits des Officiers de l’Orénoque

18. — Je continue les portraits des Officiers de VOrênoque. Le Prince doit aller à Marseille par terre. La mer, en ce moment, est effroyable. Le port dans lequel nous sommes, bien qu’entouré de montagnes, est agité comme par un gros temps. Pour sortir, il nous faut une éclaircie. Le vent souffle avec une grande violence; il est très-froid, et mon petit costume d’été rend ma position peu récréative. Je fais le portrait d’un Officier du bord, et celui du Prince qui part le soir. Je t’écris.

19- Je fois 1® portrait de Madame Colon , femme d’un commissaire qui est à bord.

20- Je Ie portrait de M. Colon; je retouche tous les autres portraits. L’après-midi, je vais me promener avec le docteur, M. Laure, aux environs de Collioure; très-jolie vue. Nous revenons par une autre porte et nous montons sur une colline qui nous permet d’embrasser, d’un seul coup d’œil, l’ensemble du port qui est très-pittoresque. Sur des hauteurs, en arrière, est la tour du Diable, et plus loin celle de Massans. Au-delà de cette dernière, il y a un bois de chênes superbes. Rentré de bonne heure. Départ à onze heures et demie; c est regrettable, car la fête de Port-Vendres a lieu demain, et déjà la musique se fait entendre. La mer est calme; il fait un clair de lune magnifique.

21 ■ Nous arrivons à Marseille à neuf lieures. Nous attendons le Prince qui est arrivé la veille et rentre à dix heures. Il part pour Florence à midi; MM. de Sainson et de Valabrègue à cinq heures. Je ne partirai que le 23, par le Virgile , qui s’arrête à Gênes et à Livourne. J’ai le temps d'aller chercher ta lettre à Toulon où doit s arrêter 1 Orénoque. Le Prince m’a demandé d’aller le rejoindre à Florence, où je visiterai sa propriété et les galeries de peinture. J’y passerai seulement quelques jours.

22. Je me lève à six heures du matin pour voir lever le soleil. Nous allons bien; nous longeons la côte qui est très-desséchée. Nous arrivons à Toulon à dix heures. Je fais mes adieux à l’état-major de VOrênoque. Tous ces messieurs ont été charmants pour moi, et les dix jours passés à leur bord n’ont été qu’une partie de plaisir. Ils m ont tous engagé à venir en Afrique dont ils vont prendre le service, et mon passage est assuré sur cette côte. Je vais à la douane; je reviens faire le portrait de M. Auban. J’avais été auparavant chercher ta lettre que j attendais avec impatience. Je pars de Toulon à huit heures du soir. L’état-major de VOrênoque était là; nous nous sommes tous embrassés en nous disant au revoir.

23. Je suis de retour à Marseille à cinq heures; j’ai dormi trois heures. Je suis allé au bateau retenir ma place et chez M. Puget. Je vais à midi à bord du bateau à vapeur le Virgile. J’occupe la cabine n° 24, qui est très-propre. Nous partons le soir; la mer est très-calme. 11 fait un clair de lune superbe; le temps est un peu froid, mais tres-clair. Nous suivons la côte à peu de distance.

24- Le lever du soleil est magnifique. Nous suivons la côte de Sardaigne, qui est superbe; les Apennins sont couverts de neige. Nous passons devant une foule de villages, devant Savone, et nous sommes enfin au fond du golfe de Gênes où nous entrons. Il y a un superbe phare à l’ouest de la ville, et deux plus petits pour indiquer la passe. L’aspect de la ville est assez beau, mais j’avoue que, d’après tout ce que j’ai lu sur les Génois, je croyais la ville plus imposante. Je me figure difficilement comment les flottes des Doria se plaçaient à laise dans ce port. Nous débarquons. Je loge à l’Hôtel français; j’occupe une petite chambre sur le devant, d’où je t écris. . Au delà est une vue magnifique sur la Promenade de mer, cette muraille qui entoure tout le port, et sur laquelle on vient prendre le frais. Je suis allé chez le Consul, mais il a la grippe; j’y retournerai demain matin. Je me promène dans la ville. L’extérieur de la Cathédrale est très-original; il est revêtu de bandes de marbre blanc et noir qui s alternent. Je vais dans deux ou trois belles rues anciennes qui ont un grand caractère. Elles sont bordées, je crois, de vieux palais ; je verrai cela demain au jour. Toutes les maisons sont hautes, et, en général, les rues sont tres-etroites, au point de pouvoir quelquefois toucher les deux côtés de la rue avec la main. Il y a un grand mouvement dans la ville, .beaucoup de mendiants. On voit quelques beaux visages, mais, ordinairement, ils sont fatigués comme des gens vivant dans l’ombre et dans l’humidité. Ce n’est plus la grâce et 1 élégance espagnoles. Les soldats sont bien tenus, les officiers aussi. Ils ressemblent un peu à nos troupes. Ils portent comme elles le petit schako. et la tunique bleu de roi, ainsi que le pantalon, qui a un charivari de la couleur du collet et des parements. Ils ont trois rangs de six boutons sur la poitrine et une chenille sur 1 épaule comme les Anglais; rouge pour les grenadiers, verte pour les voltigeurs. Buffleteries noires, un ceinturon, le fusil à piston comme les nôtres, à bretelle noire. Les officiers ont un manteau gris-bleu. Ils portent lépée avec une ceinture bleue; la poignée ressemble à celle de l’épée russe; ceinturon noir. Le schako est garni d une chaînette, d un écusson couronné, au centre duquel il y a une croix. Je suis allé au théâtre, qui est assez beau, mais mal éclairé. Il y avait peu de monde; les officiers dominaient, ce qui nuit et nuira toujours au succès dun théâtre. Je rentre le soir, à dix heures, par un clair de lune superbe. Je cherche à me retrouver à travers un dédale de rues tortueuses et d’allées qui sont presque toutes en pente, celles du moins qui vont à la mer.

2). — A sept heures, j’allai chez le consul de France chercher une lettre que le Prince avait laissée pour moi, et dans laquelle il m’indiquait les galeries curieuses à voir. Il y a là un nombre infini de bons tableaux, dont je n’avais aucune idée. Je pris un domestique de place et je commençai par visiter le port et l’église de Carignan, d’où l’on a une vue magnifique du port et des montagnes couvertes de neige qui bordent le fond. Je remarquai que le prêtre qui nous faisait voir l’église avait une soutane dans la forme de la robe blanche des femmes tatares. Il y a, dans la chapelle de droite, une peinture de Piola, Martyre de Saint Biaise, assez bien composée; mouvement sans vérité. Un autre tableau d’autel, de Piola, est assez faible. Au centre de la nef, il y a à chaque angle une statue. Deux d’entre elles sont du Puget, et son Saint Sébastien surtout est fort beau. Parmi les autres tableaux, Saint Pierre et Saint Paul guérissant les paralytiques, faible ; la Vierge, Saint François et un autre Saint, de Procaccino, dur et sans vérité, quelques jolies choses dans les enfants; Saint François, du Guerchin, bien composé, bon sentiment, jolie couleur. Du haut du dôme de l’église, le ruban de montagnes qui se déploie est extraordinaire. Je vais à la promenade, l’Acquasola, qui est très-belle, et très-originalement coupée. Je rencontrai en route le convoi d’un cardinal dont j’avais vu l’exposition hier; il y avait beaucoup de troupes et de population. J’y ai vu les Frères de la Miséricorde. Devant eux, ils portent une croix plantée sur trois têtes de mort; ils ont tous des cierges st sont couverts de robes à cagoules noires. Sur le devant de ces robes, sont peintes une croix et une tête de mort; c’est effrayant à voir. Je vais à l’église des Capucins. J’ai parlé au Frère portier, et je suis entré dans l’intérieur du couvent, puis dans l’église qui est très-bien tenue. Il y a une chapelle curieuse, mais sans caractère. Lorsque je suis sorti, plusieurs femmes étaient à l’entrée du couvent, près d’une petite chapelle, pour se faire arracher des dents. J’ai visité la cathédrale Saint-Laurent, qui est très-curieuse, bâtie en marbre noir et blanc. Il y a une Vierge du Puget. Je vais ensuite au palais Durazzo, qui est splendide. Il y a un Portrait d’évêque, par Strozzi; un Enfant Jésus, par André del Sarte; un Portrait de Van Dyck; Rubens, par lui-même; un portrait de Dura\\o, par Rigaud; un Enfant, par le Guide; Tobie, par Van Dyck; un Enfant en habit blanc, par le même; Philippe IV, par Rubens; un Saint Sébastien, de Zampieri ; un Philosophe, Démocrite, par Ribera. Ces tableaux sont tous très-bons et très-beaux. Je vais de là au palais Brignole, à l'Albergo des Pauvres, où je vois une sculpture de Michel-Ange, et un maître-autel du Puget. Eglise St-Stephano, martyr ; au maître-autel, peinture dont la partie supérieure est de Raphaël, et la partie inférieure de Jules Romain, très-belle. Église Saint-Ambroise (Jésuites), bons tableaux. Palais Pallavicini, un Raphaël; grotte, mosaïque. Palais des Jésuites, belle architecture; les peintures sont détruites. Je rentre très-fatigué. Gènes a beaucoup plus d’attraits que je n’avais d’abord pensé. Le bateau part à six heures.

26. — Arrivée à Livourne à cinq heures du matin. Libre pratique à huit heures. Nous attendons le Prince à l’hôtel. Départ par le chemin de fer pour Lucques.

27. — Partis le matin pour la propriété du duc de Lucques. Campagne superbe. Pluie.

28. — Départ pour Pise à huit heures du matin; arrivée à neuf heures et demie. Promenade à la Cathédrale, au Campo Santo, au Baptistère, très-beau. Départ à trois heures pour Florence par le chemin de fer, jusqu’à Empoli, où l’on prend des voitures. Nous n'arrivons qu’à sept heures et demie à San Donato; magnifique habitation.

29. — Je visite San Donato avec le Prince; c’est superbe. L'après-midi, je sors avec M. Morelli. Nous visitons la galerie Pitti, la place du Grand-Duc, le Duomo, le Baptistère, le Campanile, le Palais de justice.

30. — Je vais aux Offices. Ce sont deux énormes galeries parallèles, de 400 pieds de longueur, et jointes sur un des côtés par une autre petite galerie. Elles sont garnies dans leur longueur de statues et de bustes antiques. Sur le mur, on a appliqué des tableaux depuis le Cimabue jusqu’à l’époque moderne, pour donner l’histoire de l’art. Sur les côtés des galeries, il y a des salles qui renferment des tableaux, des statues ou des bronzes. Les tableaux que j’ai remarqués sont par André Rico, de Candia, le Cimabue, Giotto, Giottino, Angelico da Fiesole, Filippo Lippi, Paolo Uccello (celui-ci a une bataille d’hommes couverts d’armures, et qui sans être très-bien, est cependant d’un intérêt très-grand, par la vérité des costumes et des poses), Bronzino, Francesco Rossi. Dans la Salle de Niobé, il y a deux tableaux de Rubens, dont l’un n’est qu’ébauché. C’est la Bataille d'Ivry, qui est le mieux, et Y Entrée de Henry IV, à Paris, qui est assez bien. Il y a aussi une statue ébauchée par Michel-Ange, très-belle. Dans la Salle des bronzes modernes, c’est-à-dire de la Renaissance, on voit le modèle en cire du Persée de Cellini, et un autre modèle plus avancé en bronze ; puis le Mercure de Jean de Bologne. Dans la Salle des bronzes antiques, il y a, en grandeur naturelle, une Minerve, un Jeune homme debout, un Orateur et un grand Torse brisé. Ces quatre choses sont magnifiques de vérité, de mouvement et de simplicité. Tout cela est étrusque et a été trouvé à Arezzo ; l’Orateur a été trouvé à Trasimène. Salle du Baroccio ;

P01 ti ait de la première femme de Rubens, elle a les yeux relevés sur les côtés ; une autre Tête de femme du môme, un Met\u, joli, charmant. La Salle des peintres est la réunion d’un grand nombre de portraits de peintres connus de tous les pays, et peints par eux-mêmes. C’est fort curieux ; il y a là les portraits de Quintin Metsis, le forgeron, et celui de sa Maîtresse. Dans la Salle des inscriptions où il y a plusieurs antiques, se trouvent 1 Hermaphrodite, et le premier ouvrage de Michel-Ange, un Faune. Je verrai la Salle vénitienne demain, car il est midi et c'est aujourd’hui demi-fête.

Au couvent de San Marco, trois fresques de Boschi ? (l’une d'elles représente des femmes entrant à l'église ; il y a un raccourci de bras qui est une chose merveilleuse) ; sept fresques de Poccetti ; sept d’Angelico dans le premier cloître ; trois de Mateoro Catti ? Superbes; Y Espérance et la Foi de Yanni ; une grande salle du chapitre tout entière à fiesque par Angelico da Fiesole. Dans ce cloître, les tombes sont appliquées au mur. Dans l’église du même couvent, chapelle particulière de Serragli ? fresque de Poccetti. Dans l’église même, fresques de Giacomo Christi de Passignano; deux statues de Jean de Bologne, d’autres par ses élèves; tombeau de Pic de la Mirandole et de son ami Politien ; une Transfiguration de Poggi; un Christ de Giotto ; tableau d’autel de Fra Bartolommeo; tombeau de 1 ami de Savonarole, Nicolo Tupi ; statue du premier archevêque de Florence, Saint Antonin, de Jean de Bologne, et deux mauvaises fresques du Français Parrocel. La bibliothèque. Dans l’intérieur des corridors où sont les cellules, une fresque d’Angelico de Fiesole, Y Annonciation. Intérieur d’une petite chapelle, le Christ et saint Dominique, du même. Deux autres fresques dans le corridor, la Vierge, le Christ et les martyrs. La cellule de Savonarole, sur laquelle est l’inscription suivante : Has cellulas P. F. Hieronymus Savonarola , vir apostolicus inhabitavit.

Nous allons à la Santissima Annunziata. Sur la porte du tabernacle de la chapelle de l’Annonciation, il y a une admirable Tête du Christ, peinte par Andrea del Sarto. Tombeau d’Orlando de Medici, chapelle de Baccio Bandinelli. Coupole de Volterrano, très-mauvaise. Tableau du Pérugin et un autre. Dans le cloître, la Madonna del Sacco d André del Sarte, très-belle. Dans le même endroit, la chapelle de l’Académie des Beaux-Arts, tableau d’autel de Vasari, mauvais, et un tableau de Paolo da Pistoia.

J avais été présenté le matin à M. le marquis del Monte, qui nous avait donné M. Burci pour nous conduire dans le palais Pitti.

2 Décembre. — Je pars à pied pour Florence, car la voiture n’est pas là, et il fait très-beau. En allant chez M. Morelli qui veut bien me servir de cicerone, je passe devant le palais Strozzi qui est très-imposant et qui n’est pas plus grand que la cour du palais Pitti. Je vois aussi,- aux loges du Marché neuf, le Sanglier en bronze de Jean de Bologne. Nous allons d’abord aux Offices, voir l’école florentine que je n’avais pas terminée. Voici la nomenclature des tableaux que j’ai vus ; ceux qui sont marqués d’une petite étoile sont du premier mérite. 'Saint Jacques et deux enfants de confrérie, d’André del Sarte. 'Saint Yves de Jacopo Empoli; d’une très-belle couleur. Miracle de saint Zanobio (lorsqu’on transporta son corps, il toucha un arbre presque mort qui était près du Baptistère et qui refleurit aussitôt. Il y a une colonne qui consacre le souvenir de ce miracle.) Ce tableau est de Ridolfo Ghirlandaio. Un tableau d’Angelico, * la Vierge, le Christ entourés d’anges et de saints qui chantent leurs louanges, peinture sur fond or, naïve et attachante. Un petit tableau de Lorenzo Credi, faible. Une Judith coupant la tête à Holopherne, par Artemisia Gentileschi de Pise, très-énergique. Beau tableau, bien étudié, d’Angelo Bronzino, le Christ qui ramène les âmes des limbes. Il y a aussi de lui quatre Portraits, deux d’hommes et deux d’enfants, qui sont très-beaux. La Chasteté de Joseph, de Giovanni Biliberti, élève de Cigoli, assez bien. Un Ottavio Vannini. Une Sainte- Famille de Biliberti. Un beau portrait de Laurent de Médicis, par Giorgio Vasari. Une Adoration des Mages, par Allori. Nous allons des Offices au palais Pitti par de longs corridors, où il y a encore d’assez jolies choses, entre autres un Giovanni Mannozzi. Il s’est peint le jour de ses noces et recevant sa femme dans son lit, qui est orné de roses. C’est drôle, et d’une assez jolie couleur. Dans ce corridor qui va des Offices au palais Pitti, il y a une très-grande quantité de grisailles qui servaient aux fêtes de la ville. Quelques-unes sont curieuses. L’une des dernières est un Poccetti, très-beau, peint à la détrempe ; c’est la Consécration de l’église Saint-Jean. Nous allons aussi voir la Fornarina, qui est en réparation. C’est une des perles de Raphaël, disent les fanatiques. Il est de fait qu’il y a des qualités de peinture extraordinaires mais cependant il y a bien à dire. Le cou est mal construit par le haut et l’ombre sous le menton est trop noire. La bouche est fort belle, mais le haut du nez et les enchâssements des yeux ne sont pas bien. La main est aussi mal construite, mais d’un joli ton. C’est cependant une fort belle chose, qui laisse à désirer sous bien des rapports. Ce tableau porte la date de ijia.

Palais Pitti. Salon de l’Iliade. Je te marque les meilleurs, à mon avis. Caravagio, Amour endormi, très-belle couleur. André del Sarto, son Portrait , jeune, très-beau. Giorgione, Concert. Paul Véronèse, le Baptême de Jésus-Christ, belle couleur. André del Sarte, Assomption de la Vierge, presque grand comme nature admirable de toute façon. Jacopo Francia, Portrait d’homme. Paul Véronèse, Saint Benoît en extase entouré de plusieurs saints. Velasquez , Portrait d'homme , très-beau caractère. Cranach, Sainte-Famille. Titien, Philippe II, roi

d’Espagne, figure entière, magnifique. Titien, portrait du cardinal Hippoif ie de Médicis, en costume hongrois, une masse d'armes à la main ; très-largement fait. Angelo Bronzino, Portrait de femme et Portrait de François de Médicis. Léonard de Vinci, Portrait d’un orfèvre , très-beau. Frère Barthelemi délia Porta, la Vierge sur un trône entourée de saints, bien composé. Bronzino, portrait du Grand-Duc Corne Ier de Médicis. Titien, Portrait d’homme en pied, costume noir. Paul Véronèse, Daniel Barbaro. Salvator Rosa, portrait à mi-corps d’un Homme couvert d’une armure ; très-beau. Pietro Perugino, Y Enfant Jésus adoré par la Vierge et petit saint Jean. École du Titien, portrait d’une Dame de Bentivoglio, daté de 1320. Giorgione, Portrait de femme avec un gant; bien. Holbein, Portrait d’homme. Ghirlandaïo Ridolfo, portrait de Femme. André del Sarte, Assomption de la Vierge, autre composition, mais ressemblant un peu à celle du n° 191 ; admirable. Anonyme, le Sauveur, demi-figure. Anonyme, Portrait de femme ; admirable de tous points. Rubens, Sainte-Famille.

Nous allons voir le superbe jardin Boboli qui touche le pàlais Pitti, et d’où l’on découvre tout Florence.

A gauche, sur une colline est la tour où Galilée faisait ses expériences. Très-beau jet d’eau, groupe en marbre de Jean de Bologne. Au bout du jardin en bas, est une statue en marbre de Persée assis sur un dragon. Nous allons à la Porte romaine (ainsi appelée parce que c’est le chemin qui conduit à Rome), et au Poggio impériale, promenade qui mène à un château du grand-duc Léopold II. Je rentre le soir à- pied, très-fatigué, et je vais dîner chez le Prince.

4 Décembre. — Été à Saint-Laurent, revu les Donatello, bronzes. Chapelle des Médicis en pierres dures. Chapelle de Michel- Ange, entièrement construite par lui.

Palais Ricardi, 1430 ou 1470. Le bas est rempli de vieilles et bonnes sculptures ; grand salon de 74 pieds sur 22, le plafond à fresque, par Luca Giordano.

Revu à Pitti, la galerie d'Apollon, 41 tableaux, 11 bons et 6 excellentissimes.

16. — Visite aux croquis et dessins de maîtres, Pérugin, Raphaël, Michel-Ange.

17. — Dessin des détails d’un Costume de maja Valencienne. Déjeuné à San Donato. Portrait.

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