‹ Notes et croquis de RaffetChapitre 17 sur 22 · Je vais chez le général · texte numérisé non relu

Je vais chez le général

Le soir, avec le général Oudinot, n® 75.

cela est assez pittoresque. Il y a

et beaucoup de médiocres, quoique antiques. Dans la journée, (N08 76, 77.)

général, puis à celui de la 3e division, trouve en rentrant le pauvre baron dans la nuit à une heure du matin, ment que moi, et avait été atteint imprudemment découvert dans la

le pauvre mort, pour laisser un de V Artillerie.

en chef, au 22® léger et aux chasseurs, je visite le Vatican aux flambeaux; dans ce musée de fort belles choses, croquis de Paysannes et de Chasseurs.

22. — Été dessiner un Lieutenant de génie. Je vais au château Saint-Ange, où l’on fait manœuvrer devant moi une pièce de siège. Retour chez le Général Régnault de Saint- Jean-d' Angely , dont je fais le portrait ; de là, aux chasseurs.

23. — Dessiné des Artilleurs chez M. Toussaint, ensuite des Chasseurs à pied. Le soir, je vais au Capitole, dans la Salle des bustes, voir la cérémonie de la réception du général Oudinot, comme citoyen romain.

24-2^. — Je vais dessiner à la villa Pamfili. Je fais les portraits du Général Mollière et de son État-major . Été chez le général Ch. Levaillant.

26. — Je vais terminer le portrait du Général Ch. Levaillant , et celui d’un Officier du 32e. Je ne puis faire d’autres portraits, à cause de la réception qui a lieu chez le général Rostolan, nommé général en chef. Je vais aux tranchées qui commencent à être comblées ; un violent orage me force à rentrer.

27. — Je vais à six heures du matin dans les tranchées ; j’y dessine toute la journée.

Batterie 11° 1, un peu en avant de la Maison aux six volets verts. Batterie n° 2. Batterie de brèche n° S. Intérieur des bastions , profil de l'attaque et de la défense. En revenant, Musiciens assis. (N° 78.)

28-3 1 . — Jevais à Frascati avec le général Mollière. La position est charmante. On découvre toute la campagne de Rome et la ville au milieu :

c’est un très-bel effet. Je vais à l’état-major du général Gueswiller. Été le soir, voir tirer le canon de îetraite.

1" Septembre. — Je vais, le matin chez le général Jean Levaillant. Après déjeuner, nous allons au palais Borghese voir les antiques, mais le gardien nous fait attendre inutilement. Je reviens faire un croquis, d'après le Général Gueswiller. Je vais après dîner, voir l'enterrement d'un prêtre, aux flambeaux, hors la ville.

2-7. — Je dessine les Généraux Rostolan et Jean Levaillant. Portraits du Colonel de Noue, du Général Morris, qui, le n juin, à la tête de quatre escadrons de cavalerie, poussa une reconnaissance jusqu à Frascati. Portraits à la préfecture.

8. — Départ à onze heures, par la diligence pour Naples, où lé Prince doit me procurer la facilité de dessiner les personnages de la cour de Rome dont j'ai besoin. Nous passons par Albano, Genzano, Velletri, où je revois des Espagnols ; leur tenue n’est pas très-bonne. On a ajouté une petite capsule en cuivre sur le devant de la buffleterie qui soutient la giberne ; elle ressemble à une grosse salière. L’épinglette y est attachée. Cela fait un grand relief du plus mauvais effet sur la poitrine. Dans la nuit, nous traversons les marais Pontins sur une fort belle route. Le pays que j’aperçois au clair de lune a beaucoup de caractère; il y a de très-beaux arbres.

Nous arrivons dans la nuit à une douane qui précédé Portella. Nous changeons de diligence. Arrivés à Portella, nous attendons quelque temps.

q. — A trois heures et demie du matin, nous sommes obligés d’attendre, à Portella, que le chef de la Santé soit arrivé : il ne vient qu’au bout d’une heure. Croquis d’une Carriole. (N° 79.) Nous entrons dans le royaume de Naples. Le costume des habitants est pittoresque, mais la misère paraît très-grande. n° 79.

Dans l’après-midi, le prince Volkonsky prend une

voiture de poste, afin d’arriver le soir même à Naples, en nous aidant du chemin de fer. Nous y sommes à sept

heures et demie, et nous nous installons à l’hôtel de Rome qui a vue sur la mer.

I0. — Vue prise de l’hôtel de Rome. Je fais avec le Prince plusieurs courses dans Naples, qui est

très-animée dans l’après-midi. Nous allons à Castellamare chez le prince de Lieven, qui habite une très-belle propriété. Au moyen de lunettes, on découvre, sur le versant gauche du Vésuve, les ruines de Pompei.

n. — Nous allons à Portici chez le cardinal Antonelli. Je fais le portrait du Major de Yongh, des Suisses. Nous revenons à Naples.

12. — Je vais avec le prince Volkonsky chez le Saint-Père. Je commence un croquis d après lui ; la séance est d’un quart d’heure. Nous revenons à Naples, et nous faisons une promenade dans la ville.

ANNÉE 1849 s9

x3- — Nous allons à Portici, le Saint-Père ne peut poser. Le Cardinal Antonelli pose. Je reviens à Naples, et je fais le portrait de M. de Rayneval , ambassadeur de France à Naples.

I4“I f - — Je retourne faire le Portrait du Saint-Père , qui pose pendant un quart d’heure, et je m’embarque ensuite sur un vapeur français. Il est onze heures; nous ne partons qu’à quatre heures, et nous arrivons le lendemain, à midi, à Civita Vecchia. Je viens au-devant de ma femme et mes enfants, pour les conduire ensuite à Rome. Ils étaient arrivés à Florence, dès le 12 août; comme je suis obligé, à cause de mes travaux, de prolonger mon séjour à Rome et à Naples, je les fais venir à Rome, près de moi. Je serai, cependant, probablement obligé de revenir passer quelques jours à Naples sans eux. Je vais loger à l’hôtel Orlandi. Je rencontre le capitaine Menessier avec qui je dîne.

I(5. — Le matin, je vais faire le portrait de Y Amiral Tréhouart, et ceux de son État-major. Y ers huit heures et demie, je vois entrer dans le port le San Giorgio , venant de Livourne, et sur lequel sont ma femme et mes enfants. Je vais les chercher dans une barque. Après déjeuner, je retourne finir les portraits. Le soir, nous faisons une promenade en mer ; nous voyons la forteresse bâtie par Michel-Ange.

17. — Je vais terminer les portraits. A midi, nous montons en voiture. Nous passons à San Severo, à Palo., Castel di Guido. Nous arrivons à Rome à huit heures; il est nuit. Le pays que nous avons parcouru est dépouillé et aride, mais pittoresque. Dans l’obscurité, nous distinguons le château Saint-Ange, Saint-Pierre, l’Obélisque. Les rues ont un aspect étrange ; les fritures en plein vent répandent une odeur très-forte. Nous nous installons chez M. Squanquerillo.

18. — Je fais des démarches pour retourner à Naples; j’obtiens mon passe-port, mais il n’y a pas de voiture. La diligence est partie ce matin, et ne repartira plus que samedi. Visite de Duhousset.

19. — Nous sortons le matin prendre des informations à la poste, à la diligence. En passant, nous voyons l’église de Sainte-Agnès, la place Navone, la colonne Antonine, le Panthéon d’Agrippa. Nous visitons Saint-Pierre, que nous trouvons vaste, pompeux, magnifique, mais pas de très-bon goût. Je fais quelques Portraits à l’état-major Sauvan.

20. — Je fais deux Portraits à l’état-major Chadeysson. Le soir, je pars pour Naples par le courrier dont le départ est retardé d’une heure et demie. Nous ne quittons Rome qu’à six heures trois quarts.

21. — Nous sommes le matin dans les marais Pontins qui sont très-pittoresques ; il y a beaucoup de vapeurs, il fait froid. Nous arrivons à Terracine. Vers neuf heures, nous prenons une petite voiture jusqu’à Fondi ; là, une autre nous emmène à Gaetano. Tout cela coûte très-cher. A Gaetano, nous en prenons une troisième pour Capoue, d’où une dernière nous mène à Naples, où nous arrivons à minuit.

22-23. — Je fais les portraits de M. Baudin t de M. Reynaud , commandant de YAriel et d’un Secrétaire de l’ambassade d’Autriche. Visité la grotte du mont Pausilippe ; danses pittoresques.

24. — Je fais le portrait du Prince Volkonsky. Je vais à l’ambassade de France pour en faire d’autres, mais le bateau à vapeur qui doit emporter la correspondance tient tout le monde occupé. J’apprends chez M. Baudin que je suis décoré ; je n’ose y croire, mais je sens que je voudrais bien que cela fût vrai.

2L — Le matin> MM- Squanquerillo et Cappello partent pour Rome; je leur donne une lettre pour ma femme. Je finis les portraits du Prince Volkonsky , et du Secrétaire d'ambassade d’Autriche ; je fais ceux du Ministre de Naples et du Comte Ester ha^y.

26. — Je vais chez le Saint-Père, qui ne me donne encore que douze à quinze minutes. Je dessine ensuite son Frère, son Neveu et un Camêrier. Nous allons ensuite à Castellamare et à Sorrente, où nous ne trouvons pas la famille de Spaur. Nous couchons à Sorrente.

27. — Nous revenons le lendemain jeudi, à Castellamare, et de là à Naples où je dessine le Comte de Spaur et son fils. Je commence le portrait de M. Skariatine.

28. — Je fais le portrait de M. Honan, correspondant du Times, celui de M. Chreptomch, et celui de la Comtesse de Spaur.

29. Je vais avec le prince Demidoff dessiner à Portici le Comte Mastai , puis M. de Boutenieff \ M. Skariatine , et le Secrétaire de la légation de Naples.

^o. — Je vais par le bateau à vapeur YAriel , à Ischia, faire le portrait de l’ Amiral Baudin. Je reviens sur un bateau pêcheur jusqu’à Pouzzoles. Là, je prends une voiture qui me ramène à Naples.

i"-3 Octobre. — Je fais le portrait du Général Gross , gouverneur de Gaëte, puis je vais à l’ambassade d’Espagne. Je dessine le Nonce du pape , le Comte Schouvaloff, le Capitaine Schumacher , de Gaëte, et M. de Lieven.

4. — Nous partons pour Rome par le chemin de fer. Nous arrivons à Capoue, où nous prenons une voiture de poste, qui nous mène à Mola di Gaëte. Je vais à Gaëte, où il y a une revue en l’honneur du fils du roi de Naples, dont c’est la fête. Je reviens à Mola.

3. — Je retourne à Gaëte le lendemain, où je fais un croquis de la Maison habitée par le Pape. Nous repartons de Mola pour Terracine, où nous arrivons le soir à cinq heures, et où nous couchons.

6. — Nous partons de Terracine de bonne heure. Nous passons par Velletri, où nous rencontrons les Espagnols qui font un désarmement. Nous arrivons pour dîner à Rome.

7. — je fais deux petits Portraits. Nous sortons tous quatre pour aller, au Vatican, visiter l’église de Saint-Pierre, et admirer les fameuses mosaïques. En passant, nous apercevons la Douane dans laquelle sont enclavées les onze colonnes de la façade du temple d’Antonin le Pieux. Ma femme avait été le matin avec les enfants, visiter l’église de Santa Maria in Minervâ qui est en réparation. Elle n’avait pu voir que la statue du Christ debout tenant la croix, par Michel-Ange, et le mausolée du pape Benoît XIII, Orsini. Elle était aussi entrée dans l’église du Gesù, très-riche d'ornements, et où l’on chantait très-bien ; puis dans celle de San Clemente, via di San Giovanni, où il y a une belle mosaïque du xin0 siècle, et une chapelle peinte par le Masaccio.

8. — Je vais faire le portrait de M. de Corcelles , chargé d’affaires de France, et celui du Général Régnault de Saint- Jean-d’ Angêly .

9. — Je retourne finir les Portraits commencés hier. Visité Saint-Louis des Français, Dans la chapelle de Sainte-Cécile, à droite de la porte d’entrée, sont trois belles peintures du Dominiquin, et une copie de la Sainte Cécile de Guido Reni. Dans la chapelle suivante, Sainte Jeanne de Chantal, par le Parrocel, puis deux tableaux remarquables de Michel-Ange de Caravage. Sigalon est enterré dans cette église. L’église de San Antonio de Portoghesi n’a rien que de médiocre : deux sarcophages contiennent des corps de martyrs. Été à l’église de San Agostino, sur le maître-autel de laquelle est une Madone dite de Saint-Luc. Groupe de marbre représentant Saint Thomas de Villeneuve faisant Y aumône, par Ercole Ferrata. Dans l’avant-dernière chapelle, un groupe de la Vierge avec saint André, tenant sur ses genoux l’enfant Jésus, par Andrea Contucci da Sansovino. Sur la troisième colonne à gauche en entrant est le Prophète Isaïe, de Raphaël; on le retouche aujourd’hui.

11. — Je vais dessiner au 22e. Nous partons ensuite tous les quatre en voiture pour voir la manœuvre. La pluie nous fait descendre du mamelon sur lequel nous étions placés. Nous voyons le général Levaillant et le général Rostolan, gouverneur de Rome. Après la revue, nous visitons la source de l’Aqua Acetosa, elle a le goût de l’eau de Sedlitz. Nous allons ensuite au Ponte Molle, que l’on répare en ce moment, mais nous y voyons encore la mine qui avait été préparée pour empêcher les Français d’arriver à Rome. Nous traversons le pont. Sur l’autre rive est la maison où l’on a résolu de proclamer la République. Auprès est une auberge où nous goûtons d’excellent vin d’Orvieto. En revenant, nous voyons le beau portique de Vignola qui a servi d’entrée à la via Giulia. Nous entrons un instant à l’église San Agostino qui est illuminée.

12. — Dessins au 220. Été ensuite au Vatican voir les Loges de Raphaël; nous visitons Saint-Pierre, et nous allons ensuite sur le mont Vatican, examiner les fortifications.

13. — A huit heures et demie nous sortons pour aller au Vatican visiter les Loges de Raphaël, les Stanze, les Salles du temps de Léon X, où sont les fresques de YÉcole d’Athènes, la Dispute du Saint-Sacrement, les Batailles de Constantin, Apollon et les Muses, Saint Pierre délivré de prison. Vu ensuite les Salles où sont les tableaux de la Transfiguration, la Communion de saint Jérôme, la Vierge au Donataire, la Madone de Foligno, la Sainte

Madeleine et le Saint Thomas du Guerchin, le Martyre de San Processo et de Saint Martinien du Valentin, le Martyre de Saint Érasme du Poussin, un Doge du Titien, et un autre tableau de lui, la Vierge, Saint Sébastien, et plusieurs autres Saints. Les fresques les plus remarquables, selon moi, sont le Miracle de Bolsena et l 'École d’Athènes; il y a de belles choses dans les autres, mais elles sont moins complètes. Le tableau capital du Musée me paraît être la Transfiguration ; vient après la Communion de saint Jérome du Dominiquin. Plusieurs compositions des loges de Raphaël sont très-belles, mais ne méritent pas tout à fait leur réputation. Visité ensuite les tapisseries du Vatican, d’après Raphaël, Gli Arazzi. Nous parcourons ensuite rapidement les salles de sculpture. Remarqué Y Apollon du Belvédère, le Torse de même nom, le Laocoon ; de beaux pavés de mosaïque, des inscriptions chrétiennes intéressantes, de belles baignoires trouvées dans les thermes de Caracalla. En revenant, nous entrons dans l’église de San Salvator in Lauro, via de' Coronari, où il y a une belle Déposition de croix. De là, je vais faire quelques Dessins au 36e.

14. — Nous sortons à huit heures et demie. Nous entendons la messe à Saint-Louis des Français, où il y ades troupes françaises. La pluie tombe avec abondance; nous entrons dans la Rotonde, puis nous prenons une voiture qui nous mène à San Pietro in Vincoli. Là est le Tombeau de Jules II, exécuté par Raffaello de Montelupo, sur les dessins de Michel-Ange. La figure de Moïse est aussi de ce maître, et reste comme la plus haute expression de la puissance artistique. Dans la sacristie, on nous montre la chaire de saint Pierre, une peinture de Guido Reni, 1 ''Espérance, et une chapelle du iv" siècle, à colonnes torses en mosaïque. De là, nous allons à

Saint-Jean de Latran, église vaste et imposante., sur la place de laquelle est le plus grand obélisque de Rome.

L’église a cinq nefs; la voûte au-dessus du grand reliquaire est ornée de mosaïques curieuses, deux cerfs et de grandes figures de Saints dont les noms sont écrits en hauteur. Devant cet autel, est le tombeau du pape Martin V, Colonna, qui est très-beau. Nous visitons la chapelle Corsini, et son souterrain où est la Pietà du Bernin. Dans le cloître, très-ancien et très-joli, soutenu par des colonnettes dépareillées, se trouvent une table de marbre rouge, où les soldats jouèrent aux dés les vêtements de Notre-Seigneur ; la colonne du temple qui s'est fendue en deux à sa mort; un petit baldaquin de pierre, soutenu par quatre colonnes, que l’on dit être la mesure de sa hauteur; puis toutes sortes de colonnes, de débris de l’ancien palais de Constantin et de l’église

de Saint-Jean de Latran, lors de sa première fondation. Beaucoup de colonnes composées de deux fûts et torses;

le siège papal de saint Silvestre, qui baptisa Constantin. On nous montre la table de bois où s’est faite la sainte Cène; elle est encadrée, mise sous verre, et a été autrefois recouverte d'argent. La grande porte de l’église est antique, tirée de la basilique Æmilia au Forum. Nous allons ensuite à Sainte-Marie-Majeure, après avoir visité la Scala Santa. Nous admirons les panneaux de mosaïque au-dessus des colonnes, et celles de la tribune. Les fonts baptismaux sont contigus. Nous nous dirigeons de là vers la roche Tarpéienne; elle est dans la cour de l’hôpital des Prussiens. Nous descendons la rue Tor de Specchi pour la voir d’en bas. Le terrain est tellement changé que l’on ne peut se retracer ce qu’elle a été. Nous gravissons l’escalier de cent vingt-quatre marches qui mène à l’Ara Cceli, à gauche de la place du Capitole, et qui est formé de débris antiques. Les colonnes de la nef sont toutes antiques. A l’extrémité de ladite nef sont deux chaires en pierre (ambons), ornées de mosaïque, et un tombeau de la famille Savelli dans le même goût. 11 y a une chapelle du Pinturicchio et des sculptures de l’école du Sansovino. Nous entrons à San Martino aile Monti, vieille chapelle dans les thermes de Titus. On y voit le vase qui a contenu les entrailles de San Martino. 11 y a des paysages du beau-frère du Poussin. Nous descendons dans le souterrain qui a été temple de Mars, et où est une mosaïque de l’an 324. Pierre de Cortone y est enterré. Il y a un fauteuil de marbre du n° siècle de l’ère chrétienne. Visité Saint-Côme et Saint-Damien, ancien temple de Romulus et de Remus. Le vestibule est la Cella de l’ancien temple. Il est éclairé par le haut, ainsi que la voûte au-dessus du maître-autel où est une mosaïque représentant des Romains en toge, de grandeur naturelle. Cette mosaïque est très-ancienne et très-curieuse ; les détails du costume sont précieux. A Santa Francesca Romana, on voit une mosaïque antique, un beau tombeau de Grégoire II, les deux pierres sur lesquelles s’est agenouillé saint Pierre lors de la chute de Simon le Magicien. Sur le mont Palatin, nous visitons le monastère de Saint-Bonaventure, où il y a un tableau du Christ en croix qui ressemble à celui de Prud’hon.

if. — Je vais dessiner au 36* de ligne. Portrait du Capitaine Tiersonnier. Duhousset vient voir des dessins.

16. — A neuf heures, sortis tous quatre, accompagnés de M. Squanquerillo. Nous allons à la villa Albani que les révolutionnaires ont un peu dévastée. Nous voyons un magnifique appartement de très-bon goût. Très-belle galerie de marbres précieux. Il y a plusieurs antiques intéressants, entre autres, un fragment d’un bas-relief du Parthénon, de beaux tableaux, le tout formant un ensemble très-harmonieux. Beaux vases chinois. De là, nous allons à Santa Maria degli Angeli, dessinée et construite par Michel-Ange, dans une portion des Thermes de Dioclétien; le vestibule est complètement antique. On a profité de plusieurs des anciennes colonnes qui sont restées à leur place. Les restes de saint Bruno sont dans un sarcophage antique. Tombeau de Salvator Rosa, le

Napolitain. Nous voyons la porta Pia, puis nous allons au musée de Saint-Jean de Latran. Dans les appartements, nous voyons un très-beau tableau de Sasso Ferrato, Madone ayant à ses pieds saint Dominique et sainte Thérèse. Dans le musée des antiques, une mosaïque représentant des lutteurs et leurs portraits, des bas-reliefs très-curieux, le Sophocle, deux torses étonnants de femmes drapées. Je vais ensuite au y 5% de une heure à cinq heures. Après dîner, nous allons voir les Burattini di Siena. On donnait les 99 Disgrazie di Pulcinella; c’est fort drôle.

17. — Après déjeuner, nous allons visiter la chapelle Sixtine de Michel-Ange; nous restons longtemps à admirer le Jugement dernier et la Voûte; il y a quelques fresques du Pérugin. Nous allons ensuite à la chapelle Pauline, où l’on voit la Conversion de saint Paul et le Crucifiement de saint Pierre, peints par Michel-Ange à l’âge de quatre-vingts ans; relativement, cela n'est pas très-bien. Nous entrons à la Bibliothèque du Vatican, où nous voyons plusieurs choses très-curieuses. Une plaque d’argent ciselée par Benvenuto Cellini, guerre des Géants; de beaux camées anciens et modernes; des crocs et instruments de supplice; les premiers crucifix trouvés dans les catacombes ; nous voyons un portrait de Charlemagne. Nous allons ensuite visiter les vases étrusques, les copies des chambres sépulcrales des Tarquins, la collection des objets en or, en bronze, trouvés dans les fouilles, entre autres, colliers, boucles d’oreilles, un char de bronze entier, etc. Parcouru les galeries de sculpture. Je vais faire des Croquis au y 30.

18. — Été visiter la place du Quirinal, les Quattro Fontane, la fontaine de l’Aqua Felice, l’église des

Sacramentaires, vilaine chapelle. Vu l’église de Saint- André, de forme ovale, construite par le Bernin. Dans la chapelle de Saint-Stanislas Kotska, est son tombeau, tout en lapis. Entrés un instant à l’église de Saint-Bernard, qui est une des salles des Thermes de Dioclétien. Dessiné au 53°.

19. — Été dessiner au 5:3° de ligne. Visite de l’abbé de Mérode. Été dîner chez le prince Volkonsky.

20. — Nous partons avec Duhousset et un soldat. En passant, nous entrons dans l’église de Sainte-Cécile. La messe se célébrait derrière le maître-autel, dessous lequel est la statue couchée de Sainte Cécile, par Carlo Maderna. Nous arrivons à neuf heures à la villa Santucci, quartier général de l’armée française pendant le siège. Je dessine les Pins d’Italie de la villa, Y Emplacement du camp de cavalerie, chasseurs et dragons. Nous rentrons à sept heures. Sur la route, nous rencontrons des Femmes couronnées de pampres et jouant du tambour de basque. (N° 80.) Une voiture dont les chevaux sont emportés passe au milieu de la foule, deux des vendangeuses sont blessées.

21. — Nous allons à la poste. De là, nous entrons dans l’église Saint-Marcel où est exposée une Vierge très-vénérée; puis nous allons place de Venise. L’extérieur du palais de Venise est très-imposant, bâti avec les pierres du Colisée. Été voir le tombeau de Bibulus, contemporain de César, enclavé dans des maisons, via di Marforio. Nous visitons l’église San Marco, bien tenue, propre, garnie de marbre et ornée de sculptures rococo. Au-dessus du maître-autel est une mosaïque très-curieuse qui doit être excessivement ancienne. Il y a des figures de saints, une rangée d’agneaux et des inscriptions; le tout assez barbare d’exécution. Été dessiner au palais Chigi.

22- — Je vais dessiner au 36e et au 66*, après avoir visité la Basilique des SS. Apostoli. Plafond ayant des raccourcis remarquables; sous le porche, tombeau du graveur Volpato, par Canova, et en face une aigle romaine.

23- — Eté au Capitole. On monte à la place de ce nom par beaucoup de marches. Au fond, est le Palais sénatorial moderne; à gauche et à droite sont deux monuments dessinés par Michel-Ange, pour Paul III. Cette place est couverte de statues antiques découvertes à différentes époques. Au centre est la statue de Marc-Aurèle Antonin en bronze. Nous tournons autour du palais, et nous arrivons à la prison Mamertine qui a été construite par Ancus Martius, quatrième roi de Rome, dans une ancienne carrière. Jugurtha y mourut de faim; les complices de Catilina y furent enfermés; les apôtres saint Pierre et saint Paul y ont été retenus neuf mois. Nous descendons dans le deuxième souterrain, et nous voyons la colonne où ils furent attachés. Nous goûtons l’eau de la source qui est dans cette prison. En face, est l’arc de Septime Sévère, assez bien conservé. On voit aussi la colonne de Phocas, les trois colonnes du temple de Jupiter Tonnant, érigé par Auguste, etc. Nous revenons ensuite au musée du Capitole. Nous voyons l’ancienne louve romaine frappée de la foudre à la mort de César, les fragments du plan de Rome, un vase de bronze donné par Mithridate, roi de Pont, une très-belle mosaïque, etc. Été ensuite à Santa Maria di Loreto, construite par Antonio di San Gallo ; remarqué la statue de Sainte Suzanne, par François Duquesnoy, il Fiammingo. (A Rome, les statues modernes célèbres sont : Santa Agnese, par l’Algarde; Santa Cecilia, par C. Maderna; Santa Martina, par Menghino; Santa Su^anna, par Duquesnoy; Santa Bibiena, par le Bernin.) En revenant, nous visitons le mausolée d’Auguste, via di Ripetta. Un cirque et un théâtre ont été bâtis dans la principale salle, et les trois chambres sépulcrales qui restent encore sont converties en écuries. Dessiné au 66*, avec Duhousset.

24- Je va‘s à Albano, où je dessine le Capitaine Serrand, et d’autres Officiers et soldats. Ma femme et mes enfants vont dans le Velabre. Ils voient le temple de Vesta, la maison qui fut habitée par Cola di Rienzi, et qui est du xiii0 siècle. Vu à l’extérieur le temple de la Fortune Virile, l’arc de Giano Quadrifonte, le petit arc de marbre blanc de Septime Sévère, qui tient à l’église de Saint-Georges en Velabre dans laquelle ils ne peuvent entrer. En face, est l’entrée de la Cloaca Massima, bâtie par les Tarquins. Ils y pénètrent et voient la source d’eau très-limpide qui se jette dans cet égout; de fort belles herbes couvrent ces ruines. Visité l’église de Santa Maria in Cosmedin, où est la Bocca délia Verità. Ils prennent la via de Cerchi, passent entre les ruines du palais des Césars, et celles du grand cirque et des Thermes du Caracalla. Ils arrivent à la ’vigna Sassi, où sont les tombeaux des Scipions. Ils y descendent et voient les copies des inscriptions tumulaires, aujourd’hui au Vatican, et la place d’où fut enlevé le grand sarcophage de Lucius Scipion Barba, vainqueur des Samnites et des Lucaniens. Là, ils continuent la voie Appienne jusqu’à l’arc ruiné de Drusus et la porte Saint-Sébastien.

2). — Retour à Rome. Je vais dessiner au 32°. Vu l’église de San Lorenzo in Lucina.

26. — Été en voiture à la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs. Nous voyons en passant le mont Aventin, le mont Testaccio, le temple de Vesta, la pyramide de Caius Cestius. La basilique de ^Saint-Paul ayant été incendiée, on la reconstruit. Elle sera entièrement revêtue de marbre à l’intérieur. La mosaïque de la voûte du maître-autel est conservée ; ce sont des figures grandes comme nature. Elle a été faite sous Honorius III. Le cloître, très-joli, rappelle celui de Saint-Jean de Latran. Nous allons ensuite à l’église de Saint-Grégoire, située sur l’emplacement de sa maison. Nous visitons trois chapelles situées sur une terrasse, d’où l’on voit de fort près les ruines du palais des Césars. Ces chapelles sont intéressantes, elles renferment quelques peintures du Guide et du Dominiquin. Nous visitons le couvent, dont les moines sont absents à cause de l’air vicié. De leurs croisées, l’on découvre Frascati ; la campagne est belle, moins aride qu’ailleurs. Nous avons rencontré des troupeaux de buffles et des cavalcatori. Été ensuite au 36°.

27. — Je vais visiter le palais Spada, où est la statue de Pompée, au pied de laquelle a été tué César.

Le héros est nu, sauf un manteau ; sa main droite est étendue, et l’autre tient une boule. Je vais ensuite au 36',

et ma femme va à la villa Borghese.

28. — Je fais le portrait du Fils du prince Volkonsky. Nous allons ensuite tous les quatre à Acqua Acetosa, pour assister à la Grande revue. (PI. 34, fi g. 1.) Nous voyons les généraux Rostolan, Levaillant et Niel.

29. — Le matin, nous allons à l’église Santa Maria in Trastevere, qui est réellement intéressante. Au-dessus

du portail est une mosaïque de 1139, sous Innocent II. Sous le portique sont de curieuses inscriptions et

pierres tumulaires. L’église a trois nefs; elle est décorée de colonnes ioniques et corinthiennes. Les colonnes ioniques proviennent d’un temple d’Isis et Sérapis, car les chapiteaux ont la figure de ces divinités et celle

d’Harpocrate parmi leurs ornements. Le plafond est riche et de bon goût ; au centre est une Assomption du Dominiquin. La voûte de la tribune du maître-autel est ornée d’une très-belle mosaïque de 1143 ; celles placées au-dessous sont plus récentes. Le fauteuil pontifical paraît antique. A droite de l’autel est un candélabre byzantin. Dans de petites niches, se voient les pierres attachées au cou de saint Calixte et autres martyrs. A droite, en entrant, est une vieille peinture représentant la Vierge. Je vais ensuite au 32e, et, le soir, je dessine M. Dutheil.

30. — Nous allons à San Pietro in Montorio. Nous voyons les dégâts causes par un boulet dans une des chapelles de l’église ; le caveau ouvert par les révolutionnaires pour exhumer un des cercueils de plomb et en faire des balles ; la chapelle d’où ont été retirés deux tableaux précieux qu’on n’a pu encore retrouver. Deux moines ont la complaisance de nous ouvrir les deux chapelles du joli temple éleve par Bramante sur 1 emplacement du Crucifiement de saint Pierre. Été derrière l’église voir la belle fontaine Pauline, dont l’eau est apportée par les anciens aqueducs romains. Je reviens ensuite faire un croquis du Fils du prince Volkonsky ; je vais aux chasseurs à cheval, et je finis M. Dutheil.

31. — Dessiné la Vivandière du i3e léger , commencé le croquis de Y Abbé Vaures , qui a servi d’émissaire pour la cour de Rome pendant le siège. Été aux chasseurs à cheval. Duhousset et M. Toussaint viennent voir des dessins.

icr Novembre. — Visite au Colisée avec Duhousset. En passant dans le cirque, nous entendons un fragment de sermon prononcé par un capucin; il est entouré d’individus portant des cagoules. La voix de l’orateur s entend parfaitement d’un bout à l’autre de l’amphithéâtre. Nous avons aperçu en passant la Torre delle Nulizie, et celle bâtie sur l’emplacement de la tour où Néron chanta l’incendie de Troie. Je vais ensuite aux chasseurs à cheval. Le soir, viennent plusieurs officiers..

2. — Nous allons à Santa Maria dell’ Orazione, ou Chiesa délia Morte. Un évêque officiait ; on chante le Dies irœ. De là, nous allons dans une salle tapissée d’ossements ; dans des niches sont des squelettes portant des inscriptions. Dans la salle suivante est un théâtre, où des figures de cire de grandeur naturelle et habillées représentent Nabuchodonosor pillant le temple. Nous allons ensuite à l’hôpital, c’est-à-dire au cimetière de San Spirito. Quelques Français, victimes du siège, y sont enterrés. Nous remarquons des croix sur la tombe d’un lieutenant de Garibaldi et d’un homme tué sur les barricades. Été ensuite aux chasseurs à cheval et au 36°.

3. — Nous allons avec le prince Volkonsky à l’établissement de mosaïque russe. Je vais dessiner à la Gendarmerie et au 66e.

4. — Le matin, nous sortons par la porte Saint-Pancrace. On voit encore les dégâts de la guerre, des maisons mises à jour par les boulets. Nous suivons les murs extérieurs, et nous rentrons dans la ville par la porte Cavalleggieri. Près du lieu où l’on dit que saint André reçut le martyre, est une croix et quelques pierres indiquant que le corps d’un soldat français y est enterré. Nous allons ensuite visiter l’église de Saint-Onuphre, dans laquelle est le tombeau du Tasse ; on y voit sa tète peinte à l’huile. D’assez belles peintures décorent la tribune du maître-autel. Du plateau où est située l’église, on a une admirable vue de Rome. Été ensuite au 68° et à la préfecture.

3. — Nous allons à l’église Trinità de Monti, peu intéressante; Claude Lorrain y est enterré. Je vais à la préfecture ; je dessine deux Abbés et des Officiers. Le soir, visite de MM. de Linières, de Cappe et Sainte-Marie.

6. — Je dessine des Soldats du 68°, à la préfecture, Palazzo del Governo. Le soir, je montre mes dessins à Mgr Luquet, évêque d’Hesebon, à M. Desloges, au prince Volkonsky.

7. — Nous allons visiter Santa Croce, une des sept basiliques de Rome. Sous l’autel est une cuve ou baignoire antique en basalte, où sont renfermés les corps des martyrs saint Césaire et saint Anastase. Nous visitons la porte Majeure, qui est sur l’emplacement de la voie Labicane, et bâtie par l’empereur Claude pour décorer son aqueduc. Nous longeons les murs de la ville qui renferment encore les anciens canaux des eaux, que l’on entend souvent couler. Nous arrivons à la porta San Lorenzo. De là, nous allons à Sainte-Marie-Majeure, et nous revenons en passant près de la colonne Trajane (101 de J.-C.). Elle est surmontée de la statue de saint Pierre, et est placée -dans le forum de Trajan, enclos couvert de ruines. Été ensuite dessiner des Officiers et Soldats, à la préfecture.

8. — Je vais au Palazzo del Governo; je dessine de Y Artillerie, des Officiers et des Soldats d’infanterie , 68°.

9. — Je fais le portrait de Mgr Lnquet , je vais avec lui sur le terrain du 30 avril. Je fais différents croquis. Terrain suivi par le capitaine Fabard et sa colonne. Terrain où a été tué le capitaine Fabard, le 30 avril. Le corps du capitaine Fabard était sur le premier plan, son képi à quelques pas de lui; plus loin, sur la route, son cheval. Une pièce dont les chevaux ont été tués, plus les chevaux d’une pièce qui était gardée par des canonniers et les soldats du 36°, abrités par le talus, capitaine Tiersonnier. Le général Thiry, commandant l’artillerie, m’envoie une autorisation pour dessiner le matériel romain qui se trouve dans le fort Saint-Ange.

10. — Je termine le portrait de Mg\' Luquet. Je dessine des Chasseurs , des Guides d’état-major , des Gendarmes à pied et à cheval.

ir. — Nous allons à la villa Pamfili, magnifiques jardins, pins et chênes-lièges superbes. Je fais une Vue de la position que les Français ont attaquée le 3, à trois heures du matin. Nous revenons à six heures, dans le petit tilbury de M. Squanquerillo.

12. — Le matin, je fais le croquis du Cheval du général Gueswiller. L’après-midi nous allons à la villa Corsini, mais on ne nous laisse pas nous y installer. Nous allons alors à la villa Pamfili.

13-14. — Je vais dessiner au bastion 6, Casa Barberini. Nous allons ensuite place d’Espagne, aux voitures de Naples. On ne partira peut-être pas.

15;. — Je dessine un officier de gendarmerie, M. Goy, un Chirurgien et un Mulet d’ambulance. Nous retenons nos places à la diligence de Naples, pour mardi.

16. — Dessiné des Soldats d’ambulance. Nous allons à la Bibliothèque du Vatican. Entre autres choses curieuses, nous remarquons un siège consulaire; des inscriptions chrétiennes tirées des catacombes de Rome; une chevelure de femme entière, natte attachée par une longue épingle, trouvée dans le tombeau des Scipions ; des peintures à fresque, découvertes sur le mont Esquilin, près l’arc de Galien; un très-beau triptyque gréco-russe, du xii“ siècle; de la toile d’amiante provenant d’un tombeau antique; beaucoup d’ivoires sculptés venant des catacombes; des pierres gravées, d’autres couvertes de caractères et venant de Babylone; des palimpsestes, parmi eux, une copie d’un manuscrit de Cicéron qui a été lavé et sur lequel on a écrit un ouvrage de saint Augustin; un Térence du v° siècle; un fragment des Géorgiques et de l'Énéide avec miniatures. Nous visitons aussi les appartements Borgia dont les plafonds ont été très-bien décorés par le Pinturicchio. De là, j’ai été dessiner au 2 50 léger.

17. — On vient nous avertir qu’un cordon sanitaire est établi, et que nous ne pouvons aller à Naples. Nous allons retirer nos places à la diligence. Le soir, je vais chez M. de Corcelles.

18. — Nous allons à S. Andrea délia Valle, au Gesù, à Santa Maria in Cosmedin, à San Giorgio in Velabro, et à l’Ara Coeli. Vu en passant le théâtre de Marcellus. Le soir, le général Rostolan me dit qu’il n’est pas vrai qu’il y ait un cordon sanitaire.

19. — Été visiter le palais Torlonia, qui est riche et de bon goût. On peut décidément arriver à Naples. Nous retenons des places.

20. — A onze heures, nous partons par la diligence, nous traversons Albano, Genzano. A six heures, nous sommes à Velletri; à une heure du matin à Cisterna.

21. — Nous prenons le café à Terracine. Nous arrivons à Naples, à une heure du matin.

22. — Déjeuné au café de l’Europe. Nous allons au Musée royal. Nous voyons les peintures tirées de Pompei ainsi que les sculptures. Plusieurs de celles-ci, notamment la famille des Balbi, sont très-intéressantes; quelques peintures sont très-bien touchées. Nous allons ensuite au monastère de Saint-Martin (la Chartreuse) ; les femmes n’y entrent pas. J’y vois la Pietà de Ribera, qui est un chef-d’œuvre. Nous faisons ensuite une course autour du port, nous dînons dans un café italien, et le soir,’ nous nous promenons rue de Tolède.

23. — Nous allons au Musée royal. Nous visitons les vases d’argent, de bronze, de terre cuite, trouvés à Pompei, à Herculanum et ailleurs. En sortant, nous visitons l’église de San Paolo de Gerolimini, la chapelle du couvent de Sainte-Marie de Constantinople; le Duomo.

24. — Nous sommes réveillés à six heures par le bruit du tonnerre, nous regardons l’effet de l'orage sur la mer. Nous allons au Musée. Nous visitons la galerie des tableaux dont plusieurs sont fort beaux, tels que la Danaé du Titien; nous retournons aux bronzes. Nous allons ensuite en voiture visiter la Grotte du Chien, où la pauvre bête tombe presque en convulsions. Nous voyons ensuite la grotte d’ Ammoniaque, le lac d’Agnano, les ruines de la villa de Lucullus, les bains sulfureux. Nous traversons la grotte de Pausilippe, et nous passons devant le tombeau de Virgile. Nous rentrons dîner à Naples, à la Couronne de fer, et le soir nous allons au théâtre de San Carlino voir une pièce intitulée : l’Appassionnata di Rinaldo. Cela n’est pas assez comique.

3f. — Je vais à l’ambassade de France. Nous visitons ensuite l’église du Carminé Maggiore, où est le tombeau de Conradin. Au-dessus du maître-autel, est une Madone byzantine dans une espèce de cellule. Nous allons de là à l’Annunziata, belle église toute revêtue à l’intérieur de marbre blanc. Le soir, nous allons à San Carlino; peu amusant.

26 . — Nous prenons le chemin de fer de Nocera, qui nous dépose à Torre dell’ Annunziata. Là, nous prenons avec le commandant Escoffon deux calessini qui nous conduisent à Pompei. Nous visitons la ville, à l’exception de l’amphithéâtre et du quartier des soldats. Le temps nous manque. Nous imaginons de passer la nuit à l’auberge, afin de terminer notre visite demain, mais le temps devient affreux dans la nuit.

2 y. — Le sommet du Vésuve s’est couvert de neige. La pluie et le brouillard sont si forts que nous sommes contraints de retourner à Naples par le convoi de neuf heures et demie. A une heure; nous allons en voiture visiter l’église de Santa Chiara. Derrière l’autel est un beau tombeau du roi Robert, terminé en i3fo, par Masuccio ; celui de son frère Charles et de plusieurs personnes de sa famille. Celui de la petite Marie, fille de Charles l’illustre, est charmant de simplicité et de naïveté. A côté de la petite porte est un tombeau de jeune fille Antonia Gandino, par Giovanni di Nola. Nous visitons ensuite San Pietro ad Aram. L’ancien autel, où la tradition rapporte que saint Pierre dit à Naples sa première messe, et où il baptisa Candide et Aspienne, est conservé dans cette église, caché sous un revêtement de marbre. Dans cette église est un bas-relief de Giovanni di Nola la Sainte Vierge et des âmes du purgatoire , et une statue du même artiste, Saint Michel. Nous allons ensuite à l’église du Gesù Nuovo, qui est très-riche, mais qui n’est pas d’un goût très-pur. Le soir, je vais chez le général Rostolan qui est à Naples.

2g. Le matin, le temps est affreux. Nous partons pour Portici à midi. Je vais chez le major Yongh, et

ensuite nous allons tous aux ruines d’Herculanum. Nous visitons le théâtre et plus loin les nouvelles fouilles (la maison d’Argo) ; les murailles déblayées ; ce qu’on appelle la prison. Tout cela est fort curieux. Nous nous promenons au bord de la mer, et nous revenons à Naples. Je vais chez M. de Rayneval. Le soir, visite de M. Escoffon et de M. Sauvan fils.

29. — Le Vésuve se détache entièrement sur un ciel pur, mais il est couvert de neige. Nous prenons une voiture pour aller à Portici. Je vais chez le major Yongh et ensuite chez le cardinal Antonelli. Nous allons ensuite voir la mer sur la jetée. A midi, nous prenons le chemin de fer jusqu’à Pompei. Nous allons voir l’amphithéâtre qui est très-beau ; il est ovale. Nous visitons le quartier des soldats, et nous parcourons la rue de

la Fortune, et autres voies. Nous voyons les portes de Stabies, de Nola, d’Herculanum ; nous visitons la rue des Tombeaux. A cinq heures, nous prenons le chemin de fer, et une heure après nous sommes à Naples. Après dîner, nous allons au théâtre Fenice, où est un polichinelle fort drôle.

30. — Pluie froide et violente ; à peine pouvons-nous aller déjeuner au café d’Europe. Nous revenons en voiture. Je retouche quelques croquis, et ma femme me traduit un petit ouvrage italien sur Pompei. Le soir, nous allons au théâtre Sebeto; le Polichinelle y est très-comique. (N° 8r.)

1" Décembre. — Nous allons visiter le Campo Santo Nuovo, sur la colline de Lautrec, d’où l’on a une vue magnifique. On nous ouvre le cercueil d’un prêtre dont on refait la tombe, et qui est inhumé depuis quatorze mois ; il est bien conservé. Nous allons ensuite au Campo Santo Vecchio. C’est un grand cloître carré, dans

lequel 365: fosses sont pratiquées ; chacune ne sert qu’un jour de l’année. Je vais à Portici commencer un nouveau portrait du Cardinal Antonelli.

2. — Je vais de bonne heure à Portici faire le croquis du Major Yongli. Je reviens et nous montons à une petite église, sur la Chiaja, pleine de lazzaroni. Nous allons ensuite nous promener rue de Tolède. Nous rencontrons l’enterrement d’une duchesse. Des individus revêtus de cagoules portaient un magnifique sarcophage de velours cramoisi et or. Derrière, venait le cercueil porté à bras avec des bâtons ; il était en bois verni et doré. Des dames vêtues de noir, un voile sur la tête, suivaient, puis une foule d’hommes portant des petits triangles de papier avec une tête de mort peinte dessus, ensuite un cortège de belles voitures. Nous visitons l’église de Montoliveto, où sont plusieurs belles tombes et de jolies sculptures de Giovanni da Nola. En sortant de là, nous allons à San Domenico Maggiore. 11 s’y trouve aussi de très-belles tombes de 1 j'oo, entre

autres celles de la famille de Rota. Nous remarquons la pierre tumulaire de la fille de M. Duchâtelet, duchesse de Monténégro, morte à vingt-huit ans. Nous allons à la tombe de Virgile ; nous traversons encore une fois la grotte du Pausilippe, et nous rentrons. Nous avons aussi visité la basilique de Saint-François-de-Paule, belle construction imitée du Panthéon d’Agrippa, à Rome. Les peintures sont mauvaises. Croquis de Moines. (N° 82.)

3. — Je vais faire le portrait de la Comtesse Sclafani ; puis, à trois heures et demie, je vais à Portici continuer celui du cardinal Antonelli.

4. — Le matin, je vais au bord de la mer ; croquis de Matelots grecs. (N° 83.) Je vais chez la comtesse Sclafani, puis à Portici, chez le major Yongh et le Cardinal Antonelli , qui pose cette fois en costume rouge. A mon retour, nous parcourons la rue de Tolède, et la rue des Tribunali. Nous visitons Santa Restituta ; nous y voyons les dix-sept colonnes du temple d’Apollon. Dans une chapelle est une très-belle mosaïque du ive siècle, nommée la Madonna del Principio; deux bas-reliefs byzantins très-curieux. Nous sortons de Santa Restituta, par la cathédrale ; nous entrons dans la chapelle de Saint-Janvier qui se trouve ouverte. Nous allons ensuite à San Lorenzo Maggiore, où nous admirons, à l’autel, les sculptures de Giovanni da Nola.

5 ;-6. — Grande pluie. Je vais faire le portrait du Général B araguey-d' Milliers, puis je vais dessiner rue de Tolède. Le soir, je vais chez M. de Rayneval.

7. — Nous allons chez le Coronaro (marchand de chapelets). De là, nous nous rendons à Santa Maria del Carminé, qui est fermée. Nous rentrons, puis je vais faire les portraits des chargés d’affaires du Portugal et du Brésil, MM. de Figueiredo et de Venda da Cru{.

8. — Le canon nous réveille à six heures. A dix heures, nous allons voir la cérémonie religieuse qui a lieu sur la place du Palais et de la basilique de Saint-François-de-Paule; nous voyons arriver le Saint-Père en voiture. Je parviens à me placer sous les galeries de la basilique.

Le Pape sort donner la bénédiction à la porte de l’église. Nous voyons défiler les troupes devant le roi de Naples, après la cérémonie. Nous faisons ensuite une promenade en bateau dans la rade de Naples. Nous faisons le- tour de plusieurs bâtiments et entre autres du Mississipi, vapeur américain que nous visitons. Il est de la force de mille chevaux, et il a des canons de 120. Croquis d’un Abbé. (N° 84.)

9. — La pluie est si violente que nous ne pouvons aller qu’un instant rue de Tolède.

Je vais à Portici terminer le portrait du Major Yongh.

10. — Je termine le portrait de la Comtesse Sclafani , et celui du chargé d’affaires de Sardaigne, M. de Spinola.

11. — Nous allons revoir San Domenico Maggiore. Nous y remarquons les sculptures de Giovanni da Nola et d’Agnello del Fiore, puis nous allons à la Chapelle délia Pietà de’ Principi di San Severo, où nous admirons le Christ voilé. Les autres églises sont fermées, excepté pourtant San Lorenzo Maggiore. Je termine ensuite M. de Spinola, et je travaille à un croquis pour Mrao de Rayneval.

12. — Nous allons à la diligence arrêter des places pour samedi. Nous visitons ensuite l’église de San Pietro Martire. A gauche, au dehors, bas-relief curieux de 1361; vieux tombeaux. Nous allons à Santa Maria la Nuova. Dans la grande chapelle de Saint-Jacques de la Marca, élevée par Gonzalve de Cordoue et située à la gauche de l’église, est le tombeau d’Odet de Foix, seigneur de Lautrec, mort de la peste au siège de Naples, au Poggio, au pied de la colline qui a retenu le nom de Lotrecco. Il y a dans cette église d’autres mausolées fort beaux. Je fais ensuite le portrait du Chargé d’affaires de Prusse.

13. — Nous sommes réveillés par des pétards tirés à l’occasion de la fête de Santa Lucia. Nous allons à la diligence faire remettre nos places à mardi prochain. De là, nous allons à San Severino e Sossio où est la première œuvre de Giovanni da Nola, les trois Sarcophages des jeunes San Severino empoisonnés par leur oncle Ascanio, en 15:16, et sa dernière, une Pietà inachevée, mais terminée par Domenico d’Auria. Il y a aussi un beau bas-relief de Michel Angelo Naccarini, Notre-Dame-des-Grâces. Nous allons ensuite à San Giovanni a Carbonara, où il y un magnifique Tombeau du Roi Ladislas, dont la statue couronne le monument, sculpté par Andrea Ciccione, en 1414. Le roi est sur un cheval caparaçonné, il tient son. épée à la main. L’arcade de ce tombeau

donne entrée à la chapelle des Caracciolo del Sole. En face, est le Monument de Ser Gianni Caracciolo , poignardé le 23 août 1432, dans le Castel Capuano; il est aussi sculpté par Andrea Ciccione. A gauche, nous admirons la belle chapelle des Caracciolo Rossi. Nous sommes entrés aussi dans l’église de San Angelo à Nilo, où, parmi d’autres objets intéressants, on voit le Tombeau de Rainaldo Brancaccio, 1427, sculpté par Donatello, par ordre de Corne de Médicis. Nous voyons au palais des Tribunali (le Castel Capuano), huit têtes de criminels, exposées dans de petites cages de fer. Je fais ensuite les croquis des Ministres de Toscane et de la République de l’Équateur. Dessin d’une Mendiante. (N- 8f.)

14. — Le matin, nous allons à Santa Maria del Carminé., que nous visitons en détail, sans pouvoir découvrir la tombe de Masaniello. Nous y voyons bien cette fois la peinture vénérée de Sainte Marie la Brune, au-dessus du maître-autel et surmontée de la tombe -de Conradin. De là, nous allons ensuite au Purgatorio del Mercato, où nous

ne trouvons pas la colonne érigée en l’honneur de Conradin, ni le billot. Nous visitons ensuite l’église de San Eligio Maggiore qui n’a de bien que le vieux portail. Nous arrivons alors au Duomo que nous visitons avec soin. Précisément le trésor de Saint Janvier était étalé dans la chapelle de ce saint. Quarante-cinq bustes d’argent massif des patrons de la ville étaient posés sur des supports; les statues de Saint Michel et de Saint Raphaël, de chaque côté du maître-autel; la Sainte Vierge au milieu, et sur l’autel même, à l’angle de droite, le buste en argent doré de Saint Janvier renfermant son crâne. Je vais ensuite au palais de Caserte, où je réussis à voir le Roi qui me reçoit très-bien, et examine mes dessins avec intérêt ; au moment de partir, on me rappelle pour montrer mes dessins à la Reine.

13. — Nous allons à l’église de Montoliveto, et à Santa Restituta. Nous entrons au Duomo, où nous visitons la chapelle souterraine de Saint-Janvier; nous allons ensuite voir le trésor qui est encore exposé. Nous faisons les courses pour le passe-port, et nous rencontrons un enterrement d’officier supérieur ; le corps est découvert et revêtu de son uniforme.

16. — Nous sortons le matin, pour visiter le palais du roi, le Castello. Il est vaste, simple, riche, mais renferme beaucoup d’objets de très-mauvais goût. De là, nous allons à San Giacomo degli Spagnuoli. Nous voyons le Tombeau du vice-roi, Pierre de Tolède, par Giovanni da Nola. Les figures du vice-roi et de sa femme sont belles, les bas-reliefs moins bien. Nous retournons ensuite au Duomo, et nous entendons la messe à la chapelle de Saint- Janvier. Aujourd’hui, la mitre du buste est ornée de diamants et d’émeraudes; il a un collier composé des memes pierres. Nous voyons aussi les deux fioles du sang. Nous assistons à la translation de ces reliques dans le Duomo, un cardinal officie. On nous fait baiser les fioles après les avoir agitées pour faire voir que le sang est figé. Je rentre faire un croquis d’après deux Joueurs de % ampogne , pour le Prince. Le soir, je vais faire des visites à l’ambassade de France et à celle de Russie.

17. Nous allons à 1 arsenal privé du roi. Nous y voyons le Casque et le Bouclier que l’on dit avoir appartenu à Roger le Normand. Sur l’écu est un sujet en relief qui représente la prise d’un pont. Il y a de belles choses dans cette collection, mais elle n’est ni classée ni étiquetée.

18. A huit heures, nous sommes au bureau de la diligence. Nous partons à huit heures et demie, et à neuf heures nous sortons de Naples. Nous passons à Aversa, Capua, Sparanisi, Santa Agata, Garigliano, Mola di Gaëte.

ïq. A une heure nous sommes à Terracine, États romains. Nous cherchons en vain un logement ; tout est occupé par 1 armée espagnole. Je voudrais rester pour dessiner des soldats espagnols; on me fait alors un lit dans le corps de garde romain, et ma femme continue sa route jusqu’à Rome, avec les enfants.

20-21. — Dessiné des Espagnols. Rencontré un Troupeau de bœufs avec des cavalcatori. (N° 86.) Je reviens à Rome.

22-23. — Je dessine des Dragons , Piazza del Tritone. Je vais chez le prince Volkonsky. Nous allons au Forum, puis à Saint-Côme et Saint-Damien.

24. — Je vais dessiner aux Dragons. M. Balleydier vient demander des dessins pour son ouvrage sur le siège.

2). Nous visitons 1 église de lAra Cceli, où il y a un Presepio ou crèche de grandeur naturelle. De là nous allons à Sainte-Marie-Majeure, où est exposé le berceau, la Culla. Nous assistons à la cérémonie; un archevêque officie. Les cardinaux Patrizzi et délia Genga sont présents.

26. — Le matin, je dessine le Costume de Felicetto Neri, qui a fait partie de la troupe de Garibaldi Lancieri del alto Reno. J’en termine les détails le soir. L’après-midi, je dessine des Dragons , et ensuite je vais chez le général Cordova, qui prend jour pour poser.

27- - Courses pour différents achats, mais les boutiques sont fermées. Je vais chez M. Mangin préfet de Rome, et chez M. Volkonsky. Je fais ensuite le portrait de M. Santi , chirurgien-major du 66' de ligne.

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