LE 21 AOÛT
Messieurs,
M. le ministre de l’instruction publique et des beaux-arts regrette vivement qu’il ne lui ait pas été possible de répondre à votre invitation. Il eût été heureux de féliciter ici, au nom du gouvernement, au nom de l’Université et de la science, M. Despoyrous qui, par une générosité sans exemple, élève seul cette statue et dont le nom est désormais associé pour toujours à celui de Pierre de Fermât. Il eût voulu aussi se féliciter avec vous du caractère que vous avez donné Il cette solennité et que vous avez marqué en termes excellents, avec un esprit si élevé de patriotisme, dans la lettre que vous lui avez
DISCOURS d’inauguration
adressée. Vous avez compris qu’il fallait associer à cette fête de la science les pouvoirs publics, les corps élus ; vous avez tenu à montrer, par une nouvelle et importante manifestation, combien vous avez à cœur l’union de jour en jour plus étroite de la haute culture intellectuelle et de la démocratie. Vous vous êtes inspirés. Messieurs, des sentiments qui animent le pays tout entier.
L’année dernière, à pareille époque, la ville de Clermont inaugurait la statue de Pascal. La Touraine a honoré du même hommage la mémoire de Descartes. Leur contemporain, leur émule, leur rival. Fermât, voü’e compatriote, est maintenant uni à eux dans la reconnaissance nationale, comme il leur a été associé autrefois dans la tâche qu’ils ont remplie, dans les services qu’ils ont rendus à la France et à Tespi’it humain.
M. Guillaume a fait revivre les traits de Pascal ; M. Falguière, ceux de Fermât. Pascal et Fermât n’ont rien à s’envier l’un à l’autre; l'inspiration et le succès des statuaires ont été dignes de l’œuvre si noble et si délicate qui leur était confiée.
Le culte des gloires du passé est un des signes de ce temps. Combien la démocratie, depuis quelques année.s, n’a-l-elle pas élevé de statues à nos hommes illustres ! Les noms sont dans toutes les