‹ Notes et discours, 1873-1884Chapitre 14 sur 38 · DE LA STATUE DE PIERRE DE · texte numérisé non relu

DE LA STATUE DE PIERRE DE

mémoires. Elle semble s’être donné à tâche de réparer les oublis de ceux qui nous ont précédés, ou plutôt de faire ce que les circonstances ne leur ont pas permis d’accomplir. Elle paye les dettes de ses pères. Ce n’est pas l’État, ce sont les corps élus qui s’imposent ce devoir et qui le remplissent. Représentants de l’opinion publique, ils sont sûrs de répondre à ses vœux les plus chers, en recherchant à travers les siècles les grands serviteurs du pays, à quelque temps qu’ils appartiennent, pour les signaler à la reconnaissance de tous. Ainsi la démocratie affirme la solidarité du passé et du présent; elle dit hautement qu’elle sait ce qu’elle doit à ses ancêtres : le génie national et la patrie sont leurs œuvres ; nous ne faisonp que continuer la tâche qu’ils ont commencée, où ils ont mis le meilleur de leur intelligence, toutes leurs forces et tout leur cœur. Ils ont travaillé et souffert pour nous; nous jouissons des bienfaits qu’ils nous ont acquis ; nous éprouvons pour eux la piété affectueuse que les fils ont pour leur père. Il n’est pas de sentiment qui fasse plus d’honneur à la démocratie ; il n’eu est pas non plus qui soit ni plus juste ni plus fortifiant. Si l’état actuel du pays, sans rapport avec le passé, était l’invention d’un jour, un instant pourrait le détruire comme un

DISCOURS d’inauguration

instant l’aurait créé ; mais si les idées dont nous vivons et qui inspirent, chez nous, tous les actes de la vie publique, ne sont que la suite d’un progrès non interrompu ; si la solution de continuité est nulle entre les différents actes de notre histoire nationale, cette histoire même, ce long et vaste travail des siècles, sont une base sur laquelle rien ne peut être construit qui soit éphémère. La démocratie n’a point l’idée mesquine de confisquer les gloires du passé à son profit ; mais elle se tourne vers ce passé avec gratitude et avec respect : il nous a fait ce que nous sommes ; la période actuelle n’est que la suite et la conséquence de toutes celles qui ont précédé. Si grande que soit la différence entre les siècles, si éclatants qu’aient été les changenaents survenus dans l’ordre social et politique, changements qui ne sont que des évolutions naturelles, malgré des jours d’erreur et de défaillance, l’unité de la patrie dans la succession des âges est une de ces vérités fondamentales auxquelles la France contemporaine ne renoncera jamais. Elle le saitbien : un peuple sans passé ne peut avoir qu’un avenir incertain.

Fermât a contribué à l’invention du calcul des probabilités, il a été le véritable inventeur du calcul difl'éreuLiel ; sur bien des points, deux

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