‹ Notes et discours, 1873-1884Chapitre 15 sur 38 · DE LA STATUE DE PIERRE DE FERMAT · texte numérisé non relu

DE LA STATUE DE PIERRE DE FERMAT

siècles de travail n’ont pu ni le dépasser ni toujours le comprendre. Ce génie n’est pas de ceux qui sont intelligibles pour nous tous; consolonsnous, Messieurs ; Pascal s’inclinait devant lui et se déclarait incapable de le suivre, capable seulement de l’admirer. D’Alembert, Lagrange, Laplace, Arago ont témoigné de la même admiration; l’Allemagne a voulu publier ses œuvres complètes ; les Chambres, sur la proposition de MM. Laisant, Paul Bert et Hervé-Mangon, ont déclaré que cette publication serait faite aux frais de la nation. M. Ferry, plus heureux que M. Yillemain qui avait eu la même pensée, après avoir demandé et obtenu que la loi fût votée, est sûr que la résolution des Chambres sera réalisée à bref délai. L’hommage des pouvoirs publics et ceux que vous rendez vous-mêmes en cet instant ne s’adressent pas à des mérites accessibles à tous, mais vous comprenez et le pays comprend avec vous que ces mérites importent au pays tout entier et que toute la nation y trouve grand profit.

Aucune époque n’a plus fait que la nôtre pour l’instructionpopulaire. L’opinion publique a compris que là était un de nos devoirs les plus impérieux, mais elle a compris aussi qu’il était impossible de séparer dans ses sympathies l’en-

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seignement primaire des parties les plus difficiles et les plus hautes de l’enseignement supérieur. Les mêmes conseils municipaux qui bâtissent sans compter des écoles pour les enfants, en moins de cinq ans ont résolu de reconstruire toutes nos Facultés. De concert avec l’État, mais en prenant à leur compte presque toujours des sacrifices beaucoup plus considérables que ceux que l’Etat peut s’imposer, ils ont entrepris de refaire les laboratoires, les bibliothèques, les salles de conféi’ence ; ils ont rendu possibles les créations de chaires que les Chambres ont multipliées, des observatoires, une foule d’établissements nouveaux consacrés à la science pure. La postérité dira que dans le court intervalle que nous traversons, tout l’outillage de la plus haute instruction a été renouvelé et que cette œuvre est celle d’une démocratie qui n’a voulu l’enseignement obligatoire qu’avec une forte instruction supérieure. C’est qu’en effet si l’enseignement primaire est indispensable à tous, si l’enseignement secondaire doit être offert à tout élève de l’école primaire qui peut le recevoir utilement, l’un et l’autre risqueraient de s’arrêter ou de s’affaiblir s’ils ne recevaient de l’enseignement supérieur des principes toujours nouveaux d’activité et de vie; ils sont la conséquence de l’en-

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