‹ Notes et documents pour servir à l'histoire de LyonChapitre 10 sur 26 · REMONTRANCES DES CONSULS ÉCHEVINS DE LYON A MGR DE MANDELOT · texte numérisé non relu

REMONTRANCES DES CONSULS ÉCHEVINS DE LYON A MGR DE MANDELOT

Les consuls échevins de la ville de Lyon ayant entendu de vous, Mgr, la volonté du roy sur l'exécution et entretenement de son dernier édit de pacification et cogneu, parla communication qu'il vous a pieu de leur faire des lettres que sa majesté vous escript, l'amour et l'affection qu'elle porte à ses subjects, et le désir qu'elle a qu'ils soyent réunis en toute bonne amytié les ungs auec les au lires, vous supplient très-humblement de faire entendre de

leur part a S. M. le tèle et affection qu'ils ont toujours eue ù l'observation de ses édits et ordonnances au bien, repos et seureté de ladite ville , pour la* quelle comme cy-devant ilsse sont employez pour contenir les manans et habilans de ladite ville sous l'obéissance de sa majesté et en l'observation de ses e'dits; ils espèrent de continuer de mieux en mieux; de quoy et de leur fidélité, obéissance et affection extrême qu'ils ont a son service, vous estes le juge et tesmoing, comme celuy duquel les commandements ont touiours été reeeus de si bonne volonté qu'ils n'ont oncques été défectueux pour l'exécution d'iceulx; cl ce qui pourroit altérer et troubler le repos public de la ville et y causer pour l'avenir quelque défiance des citoyens les ungs avec les anltres, scroit si S. M., sur l'exécution de son édit de pacification, y cstablissoit l'exercice de lu nouvelle opinion en ladite ville ou fauxbourgs d'ieelle, pour estre ville frontière, une des principales clefs du royaulme de France et de grande garde pour le cours que les estrangers y ont à cause des foires y eslublies; et par ce, vous supplient, Mgr, d'en faire remontrances a S. M. par votre procès-verbal, et rejeter, s'il est possible, ledit exercice de tout le pays de Lyonnois, attendu que toutes les villes et plat pays sont catholiques, quoiqu'il soit, qu'il soil mis au plus loing de la ville. S.

1577. — Décembre 21. Olivier de la Porte prononce l'oraison doctorale en lutin et en français. — Ces deux discours furent publics l'année suivante par les soins de ltenoît du Troncy, qui les dédia à llicrosme de Cliastillon, président au parlement de Dombes, etc.. (D. de Lyon, 76, a34i5, tom, 3**, n° 25). Le discours fiançais est intitulé : Apologie pour la ville de Lyon et autres tilles franches deFrance, et c'est sous ce litre que mention en a été faite dans la Bibliothèque du P. Lelong, n° 5^36o. Il a été attribué par erreur à Etienne du Tronchet dans le Catalogue de Secousse. "Vovez les Mélanges de M. Bit'ghot , p. 3y3. — Olivier de la Porte , conseiller au présidial de Lyon, avait épousé Etiennette de Musino, qui mourut avant le 10 mai 1678, dans la maison de feu M. le procureur de lu Cessée , vers St-Jcan; son corps fut porté à St-Paul , accompagné des processions de St-Jean et de St-Paul et des cinq mendiants. S.

1577. — Décembre 24. «La veille de Noël, a vêpres, commença le jubilé et pardon de plénière rémission à tous vrais confès et répenlants qui visiteront les églises St-Jean, les Minimes , l'Hôpital et les deux couvents de St-Honaventure et de l'Observunce, l'un des deux, par l'espace de deux mois finissant le 25 février suivant. » S.

Décembre 20. «Le jour de Noël, Mons. de Lyon dit la grand'messe à St-Jean, et prêcha à une heure après midi dans la même église où il y eut un peuple infini ; car il prêcha fort doctement. » S.

1577. — François Gérard, grand prévôt de l'église de Bourg, lègue sa librairie au collège de la Trinité. Cochard , Description de Lyon, p. 1 ig.

1577. — Mort, à Paris, de Philibert de l'Orme (et non Delorme) , célèbre architecte, né à Lyon, aumônier d'Henri II et de Charles IX, etc. Biogr. lyonn. , art. Delorme, Lorme (de), el Oqme (de I').

1577. — Création d'un bureau de finances composé de cinq présidents et de a5 trésoriers ou gens du roi. — Ce bureau siégeait au palais de Roanne Arch. du lih. , lut* 27»

1577. — Le Consulat ordonne que la confrérie des mariés qui siégeait dans l'église collégiale de Fourvières sera transportée dans l'église des Minimes où sera érigée une chapelle qui sera appelée la chapelle de la ville. Sont

nommés courriers de celle confrérie nobles Antoine Guillin de Sala, seigneur de Montjustin , capitaine de la ville, et Claude du Fenoil, gentilhomme ordinoire de la chambre du roi et sergent-major de la ville. — <• Le 8 août de la même année, le Consulat élut encore pour courriers du côté du Rhône de la confrérie de St-Thomas qui a été naguère transportée de Fourvières aux Minimes, les sieurs Philippe Galand et Charles Neyrac. » S. ; M. l'abbé Cahour, N. D. de Fourvieres.

1577. — Publications. Bref et ttile discours sur l'immodestie et suptrfluitè d'habits. Arec une fidelle traduction françoise de deux oraisons latines prises de Tite-Liue : Tune de M. Porcius Cato, Consul roininaiu; l'autre de L. Valerius, Tribun du peuple. Par M. H. D. C. P. A. L. (M. Hierosme de Chasttllon, président à Lyon). A Lyon , par Antoine Gryphius. M. I). LXXVII. In-4°de 71 pages; dédicace de l'auteur à Madame Leonor ftobertet, femme de Messine François de Mandelot gouuerueur et lieutenanl-general à Lyon , etc. A la fin du livre se trouvent les ordonnances d'Henri II et d'Henri III , Sur le faict et ta reformation des habits. Le président de Chastillon se fait l'apologiste de ces ordonna nées qui, en interdisant les étoffes de soie aux roturiers et à leurs femmes, durent être funestes aux manufactures de Lyon.

1577. — Actio judicialis ad Sénat nm Lugdunensem in ungueniarios, pestiientes et nocturnos jures qui civitalem in praedam siln proposnerunl , et edictum praetoris negteserunt. Auctore Petro Tolctn, doctmc medieo , etc. (Lugd. absque nomine typogr.J In-8' de 24 f. non chiffrées. — Ce discours est précédé d'une Epistre à M. de Mandelot, et d'une dédicace a Jérôme de Chastillon. Voyez les Nouv. Arch. . 1, 194, la Revue du Lyonn. , 11, ii5; la Biogr. lyonn.y art. Tolet, et ci-dessus au 28 mai 1571.

1577.— Traité très utile demonstrant si l'église qu'on dit caluiniste peut estre la vraye église de Dieu, par le iugement de Caluin meume. Par M. Gabriel de Saconay, doyen et conte de Lyon. A Lyon, par ttenoist lligaud, 1077, in-8\ — L'auteur, dans son avis au lecteur, nous apprend qu'il se trouvait en i5()i au Château de Villencufve, près la ville de St-Honnel le Chastcl, pays de Forest, avec André de Saconay, son frère , chevalier de l'ordre du roi et lieutenant de l'une des gardes de S. M. , etc.

1677. — Jean Gerson, de l Imitation dé Iesvscjirist, livres lUl.Nouuetlement rrueu , conféré avec le Latin et corrigé. A Lyon^ par Michel loue et Jean Pillehotle , ,à l'enseigne de IeMis. 1577. In-iti de huit feuilles non chiffrés et de 367 pages (B. de M. Cbastelain) Une gravure au recto du second feuillet représente le Christ entouré d'un grand nombre de fidèles portant une croix ; au verso du même feuillet se trouve un portrait de Gerson, en costume de Chancelier. Voici quelques passages de l'avis du libraire qui commence ainsi : « Voyant le grand protifit qu'a apporté ce petit traicté aux amateurs de vertu en si peu de temps, J'ay bien voulu (avec la plus grande diligence qu'à esté à moy possible) le communiquer à ceux de nostre nation, en nostre propre langage, parce moyen espérant faire perdre et oublier la coustume plus que dommageable et pernicieuse au salut des aines, de lire Hures farcis et remplis, non seulement de sentences enuenimées de poison mondain, mais aussi d'heresies, par lesquelles, et l'hoonestclé des bonnes mœurs a esté corrompu (sic), »;t la Iby et vrave religion intéressée et grandement brouillée, pour ce que chacun se licentic et donne congé de lire toutes choses qui se présentent, ne prenant gardit de mettre la main au plat plein de viandes venimeuses, et, eu mâchant, uuailcr le morceau qui empoi-

îonne cl détruit la vie de la foy et de l'ame. » — Le savant auteur du Dictionnaire des ouvrages anonymes et pseudonymes, feu M. Barbier, a décrit sous le n° 891 1 de ce Dictionnaire , une traduction de l'Imitation de J.-C. , publiée à Lyon en 1 5^8 , et qu'il croit n'être qu'une réimpression de l'ancienne traduction retouchée par Mmnr Hennequin, et imprimée à Paris en i573. Celte édition de 1 5^8, ne diffère probablement que par la date de celle de 1577, dont j'ai eu un exemplaire sous les yeux. Outre l'avis du libraire au lecteur dont parle M. Barbier, on trouve également à la fin du volume,2i pages non chiffrées offrant le sommaire des choses principales de la religion chrétienne,ensuite Les Tentations du diable avec la défense du bon anpe. — M. Barbier avait d'abord pensé que la traduction de 1 573, reproduite en 1578, pouvait bien être du père Emond Auger, à qui Sotwel attribue, sans lui assigner de date , une version de l'Imitation (voyez la Dissertation sur soixante traductions de l'Imitation, pages 14 et 1 1 5); mais il changea d'opinion et se rectiBa luimême, lorsqu'il décrivit dans son Dictionnaire des Anonymes, la traduction de 1D78. Je crois qu'il a raison , et je pense comme lui, que cette traduction est réellement celle de l'Evêque de Rennes , dont il a cité les premières lignes page 148 de sa Dissertation. Voici les premières lignes de celle de 1577 : v Qui me suit ne chemine point en ténèbres : mais il aura lumière de vie. « Voylà les paroles de .lesus-Christ nostre Dieu et Seigneur par lesquelles « sommes admonestés d'ensuiure sa vie et ses mœurs si vraiement voulons « estre illuminez et deliurez de tout aueuglement de cœur : partant nostre « souveraine affection soit d'atlentiuement penser à la vie de Jesus-Christ : « car sa doctrine, etc. * — Les différences qu'il y a entre ce début et celui de l'édition de 1 573, cité par M. Barbier, sont si légères, qu'on ne peut se dispenser de conclure que l'un et l'autre sonl sortis de la même plume. — Il existe une réimpression de l'édition de 1577, sous ce litre :

lean Gerson de l'Imitation de Iesvs-Christ. Diuisé en quatre iiures. Confère auec le Latin, reueu et corrigé de nouneau. Edition dernière. A Lyon, Povr lean Didier. MDCIX. In 16 de 8 feuillets et de 368 pages (B. de M. F. Z. Collombet).

Nous n'avons remarqué dans celte édition dernière, d'autres corrections que dans l'orthographe de quelques mots; par exemple: dans l'avis du libraire au lecteur, au lieu de prou fit on a écrit proffit,au lieu de corrompu on amis corrompue, etc. — M. de Nolhac a cite' l'édition de 1577 dans un opuscule qu'il a publié sous ce titre : Du livre de l' Imitation de J és us-Chris t , et du siècle dans lequel vivait son auteur» Lyon, 1 84 1 > in-8°. Dans cette savante dissertation, il s'attache à prouver que l'auteur de V Imitation est un moine, et que ce moine, qui pourrait bien être un disciple de S. Bernard, vivait longtemps avant Gerson et Thomas-à-Kempis. 11 cherche aussi h démontrer que V Imitation a été écrite en latin , et que nous possédons cet ouvrage tel qu'il a été primitivement composé. A l'appui de cette thèse, il cite plusieurs passages qui portent avec eux l'empreinte d'une originalité qui ne saurait être le fait d'un traducteur. « Que l'on dise , s'c'crie-l-il , quel est l'original de ces mots « du chapitre 9e du livre deuxième : S limiter equitat quem gratia Dei portât y « etc. Ce mot hardi equitat n'est-il pas visiblement inspiré par un besoin de « rendre énergiquement sa pensée? serait-il supportable dans une traduc- « tion ? et qui aurait osé le hasarder ?» — Nous ferons observer que l'auteur de Y Imitation ^ quand il a si heureusement fait l'emploi du mot equitat, s'est peut-être souvenu d'Horace , qui a dit (1. III , Od. 1 , vers 40) : Post cquilem sedet atra cura. Il serait aussi très-possible que les mots signalés par Mi de iNolhac n'appartinssent pas à l'auteur du Second Evangile , cl qu'ils se

Rissent offerts à sa plume comme une vieille tradition de couvent ; que même dès l'invention des vers léonins, un moine quelque peu versificateur eût mis en circulation , cet aphorisme dévot :

Suaviler i!le equilat Dnmini quem gratia portât.

Le vieux translateur de 1377, en traduisant Yequiiat de V Imitation par chevauche, nous semble avoir trouvé le mot propre : * Celuy cheuauche bien « à son aise , qui est porté par la grâce de Dieu. » Il est fâcheux que ce mot ait vieilli, et que l'abus qu'on en fait dans le style marotique ne permette pas de le remettre en usage (1). Au reste, le livre de l'Imitation n'est pas le seul qui ait fait naître la question de savoir s'il a été primitivement composé en latin on en français. Il a , par exemple , cela de commun avec le Songe du V ergier composé du temps de Charles V, roi de France, et dont on ne sait pas encore quel est le véritable auteur. Voyez encore la Bibliographie lyonnaise du XVe siècle n° XLI.

1577. — Les doctes et subtiles responces de Harthclemi Taegio, jurisconsulte

et lecteur en droit au collège de Milan mises d'Italien en François par

Antoine du Verdier... A Lyon, par Barthélémy Honorât. M. D. LXXVII. In 16. — Dédicace du traducteur à François de'lielle-Forest , ornement de la langue françoise ; suivie d'un sonnet à la louange de du Verdier, portant pour signature : YnFÉ. H. d. b. Les six derniers vers de ce sonnet sont assez bien tournés :

Le marbre ny le enivre animé du ciseau

Ne peut éterniser ny tirer du tombeau ;

Seule, la Muse peult de scienee parce Nous faire estre immortel/ , niais il faut Je rertu

Estre, mon du Verdier. en tout temps revestu:

Car , rien sans la vertu n'est ça bas de durée.

Le chapitre le plus curieux de ce petit volume est celui qui a pour litre : De la Commodité des amants. En voici un passage :

« ... Qui est celle femme laquelle lisant les nouvelles ou contes de Boccace ne s'enflamme de luxure estrange? Si vous voulez savoir combien peut la logique à combattre une femme honteuse, craintive et honnête, lisez la faille de Myrrhe en Ovide. Que dois-je dire des sciences mathématiques? Ne proviennent de l'Arithmétique que les jeux qui servent merveilleusement au ruflianisme. La musique avec la gayelé de la douce voix et avec les délectables accords et harmonies des mstrumens n'allume-t-elle les affections de la luxure, n'amollit-elle l'esprit à toute laseivie.? Que dirai-je des dances et des balz qui surtout servent au ruflianisme pour la commodité qu'ilz donnent de deviser, de toucher et de taster, et quelquefois de baiser les filles et femmes? Mais où laisse-je l'architecte géometrieu lequel baille échelles de cordes pour monter de nuit aux fenestres des favorites ? Où est le serrurier qui ne baille clefs contrefaictes pour ouvrir toute serrure qu'on voudra? Que dirai-je de la peinture, laquelle avec ses images, pourlruictz et figures lascives ne corrompt moins l'esprit par les yeux, que ne faicl la

musique par les oreilles? Quel jugement fcra-t-on de la médecine laquelle

est si commode au ruflianisme que plus ne le sauroit estre : maisons ne se

(1) La traducteur italien de 1 5 6 4 a rendu mot pour mot le suaciter eqnitnt , rte.: « ... Soav émeute eavalea quelb , il quale porta la tjiuua di Uio . . « li. de Lyon, loy, 5503.

trouvent si bien fermées, ny monastères si bien clos, ny prisons si bien gardées qu'un médecin ruûlen n'entre dedans, lequel souventes fois obtient son intention et accomplit son désir avec les simples filles pendant qu'il leur promet de les faire retourner vierges lorsqu'elles se marieront, leur donnant des receptes pour ne devenir enceintes , pour restreindre les mamelles et les garder de croistre, et autres telzmechans moyens? Et aue

dira-t-on des lavandières et des pauvres qui vont mendians par toutes les maisons, et portent lettres pleines de ruflianerie ? Quelles choses croyezrous que soient les jouxtes, tournois et autres combats et jeux militaires, sinon un hameçon des dames à aimer ? Et que dirons-nous de l'or qui est le

meilleur m de tous les susdits? Par sa lueur et couleur, le mari

jaloux est aveuglé : par or sortent les pauvres femmes détenues prisonnières en leur» maisons par la jalousie de leurs maris par or est toute chambre ouverte.... Mais que dys-je? Ou m'égare- je? Où est-ce que l'humeur a transporté la langue à dire choses contraires au cueur, lequel désire vostre bien, et ma langue augmente le feu de vostre désir. Pardonncz-moy , que j'èslois hors de mny-même, et asseurez-vous que je souhaicte de vous voir guéry de la maladie d'amour : Et pour ce faire, je vous exhorte à fuir Poysiveté, cause productrice d'icellc, et trouve louable que vous vous adonniez à l'honneste exercice des armes ou des lettres, dont vous en ayez gloire, et vos amys contentement.... »

liarthélemi Taegio, né à Milan en i55o, est auteur de plusieurs ouvrages dont on trouvera la liste dans le Teatro de Ghilini et dans le Dizionario de liassano.

1578. — Janvier 14. Le Consulat, averti de certain édit fait sur les hôteliers et cabaretiers de ce royaume, et craignant que l'exécution d'icelui n'engendre quelque sédition populaire et désordre, d'autant que lesdits hôteliers craignant la rigueur des peines dudit édit, ne veulent recevoir les marchands étrangers qui viennent à la foire qui se tient présentement, et que les cabaretiers font difficulté de bailler du vin a pot aux pauvres habitants de Lyon qui n'ont le moyen d'en tenir en cave : ce qui n'a jamais été vu ni pratiqué en ladite ville, privilégiée d'ancienneté tant pour être limitrophe et ville frontière, que pour les foyres y établies ; considérant aussi quelques rumeurs du peuple offensé des défenses faites en jugement auxdits hôteliers et cabaretiers de vendre et débiter, sinon en satisfaisant aud. édit, les d. S" échevins comme pères du peuple et désirant la tranquillité publique et empêcher par tous moyens toute sédition et émotion populaire, ont résolu que S. M. sera très-humblement suppliée que ayant égard aux privilèges de ladite ville par elle confirmés, il lui plaise la déclarer exempte de l'effet et rigueur* dud. édit. Ordonné qu'à ces fins les députés en cour seront chargés de faire ladite remontrance et de s'opposer pour la ville de Lyon et fauxbourgs à l'exécution dudit édit, et cependant que Messieurs les commissaires exécuteurs dudit édit seront requis de surseoir à ladite exécution , et en cas de refus, protester à ('encontre d'eux de tous dommages et scandale qui en pourroit advenir. — Le 5 février suivant, il y eut quelque rumeur au liourgchaniu, au mi jet du refus que faisaient les cabaretiers de vendre du vin à porte pot. Le Consulat pria les commissaires du roi de surseoira l'exécution de IVdit, etc. S.

1578. — Janvier a5. M. de MandtJol étant sur son parlement pour aller en cour, fit mander près de lui les sieurs echevins, lesquels se sont rendus auprès de lui pour recevoir ses commandemens comme représentant la per-

sonne du roi. 11 leur dit que, obéissant au commandement qui lui a été fait par S. M., il s'étoit résolu de l'aller trouver et partir bientôt ; mais que auparavant il désiroit mettre si bon ordre en son gouvernement, que pendant son absence il n'y survint chose qui préjudiciât à S. M. et au bien et repo* publics : el parce que le principal des affaires de ladite ville est tz mains et pouvoir desdits échevins, il les exhorte d'y avoir l'œil et de faire et procurer que tous les habilans soient unis et bien d'accord, à ce que par leur désunion, quelque mauvaise entreprise qui pourroit être sur la ville ne réussit , leur recommandant le devoir de leurs charges. Sur ce lesdits sieurs échc\ins l'ont Irès-huinblement remercié de l'honneur qu'il leur a fait de leur faire entendre son parlement, promettant que de leur part, toutes choses seront et demeureront paisible en l'obéissance de S. M. Toutefois, d'autant qu'il y a différend entr'eux pour raison de la séance, lequel différend est tellement accru que les affaires du public le plus souvent en demeurent en arrière, ils désiroient que son bon plaisir fut d'y pourvoir. A quoi Mon», de Mandelot leur a répondu qu'il a un très-grand regret de les voir ainsi désunis el discordans pour une si légère cause que la séance y même en un temps si critique. 11 les a exhortés avec prière de s'en accorder aniiablement , et jusques que autrement il fut ordonné ou par le roi ou par le parlement de Paris, auquel ledit différend est dévolu par appel , afin que les affaires publiques de la ville ne soient différées et laissées irrésolues, comme il s'est bien apperçu qu'elles ont été depuis led. diflérend; mais lesd. sieurs échevins, surtout les intéressés, lui firent verbalement entendre qu'il leur seroit impossible de pouvoir s'accorder entr'eux, pour ne préjudicier respectivement à eux et leurs successeurs, ni moins aud. procès, sinon qu'il lui plût y pourvoir par son autorité, se remettant la plupart d'eux à ce qu'il en ordonnera. Sur ce ledit Seigneur a protesté qu'il ne veut et n'entend être ni juge ni arbitre d'un tel diflérend; mais que pour ne laisser en son absence le Consulat en trouble et désunion , il en baillera volontiers son avis; lequel il prie tous lesd. sieurs échevins pour Je bien du public de suivre et effectuer sans toutefois, le tirer à conséquence, ni préjudicier aux droits et prétentions de chacun d'eux : lequel avis il leur a déclaré être que la séance desd. sieurs échevins qui sont présentement en lad. ville sera , savoir : le premier lieu de la séance à noble M. Antoine Grolier, sieur et baron de Servieres, conseiller «lu roi, trésorier de France et général des finances, etc. ; après lui, à la dextre, à noble Claude Plattet, sieur de Vaux; le 3* lieu à la gauche,à noble André Mornieu , élu ; le 4" à noble Guillaume Koville, à la dextre, et à la gauche pour le 5* lieu, à noble Jean Ravot sieur de Moiffons; le 6 à la dextre, à noble M. Ant.de la Porte,seigneur de S. Bernard, conseiller du roi, receveur général des finances, etc.; le 7e à la gauche, à noble Alexandre Polaillon; le 8e à la droite à noble J. B. Bruno , seigneur de la Duchière, et a la gauche pour le 9* rang à noble Me Jacques Teste, receveur du tnillon ; pour le 10e à la dextre, à noble Fr. Benoist, et pour le 1 1" à la seoestre, a nobleJacques Jacquet.

Et lesd.sieurs échevins, par déférence pour led.seigneur,et sans tirer le fait à conséquence et sous les protestations susdites, se sont contentés dud. avis, et l'ont agréé sans préjudice de leurs droits, ni de la sentence donnée par M. le Sénéchal , de même que de l'appel interjeté d'icelle au parlement, etc.

Fait au logis dud. seigneur Gouverneur le 7.5 janvier 1 578 : présents M de la Manthe et M. Jean Guichard, conseiller, etc. S.

1578. — Février 5. Mgr de La Manthe, gouverneur et commandant pour S M. en la citadelle de Lyon, et Lieutenant au gouvernement de Lyuunois,

«n l'absence de M. de Mandelot,... voulant pourvoir,! la sûreté de la ville , «Pautant qu'il y a quelque avis que l'on votdoit mettre le feu à quelques endroit* de la ville, pour ce, pendant que le peuple s'amuseroit à secourir les maisons embrasées et éteindre le feu , se saisir de ladite ville , et aussi parce que, sous le prétexte de la foire qui finira demain, il y a plusieurs étrangers en ladite ville, même quelques-uns qui ont eu charge pendant les troubles pour ceux de la R. P. R. , a été avisé et résolu de faire ce soir une recherche par tous les penonages de ladite ville, et que, pour obvier à l'entreprise du feu , sera publiée l'ordonnance suivante : De par le Roy.

Parce que, depuis quelque temps, celte ville est plus sou vent affligée de feu que de coustume, et que nous auons esté adverlis que quelques vagabonds et gens sans aveu, soubz prétexte d'aller secourir les maisons bruslautes, y vont pour les piller et sa?cager. nous désirant pourveoir à la seureté publique et particulière et obvier aux larrecins qui se commettent en tels actes , avons enioinct et enjoignons aux penons et quaterniers de ladite ville , de sortir en armes avec ceux de leurs penonages es rues et places de leurs quartiers, sans en bouger, sitôt qu'ils oiront crier au feu ou le tocquessin, et aux massons et charpentiers avec les varlets et chambrières du quartier où sera le feu, et non à aultres, d'aller au secours desdites maisons, et affin qu'il n'y ait aucun désordre, et que l'on puisse plus aisément et librement aller par la ville, si cela advient la nuict, est fait commandement à tous les chefs des maisons de mettre des chandelles aux fenestres, sur peine de 4 escus d'amende contre les contreveuans. Fait aud. Lyon le 3 iour de febvrier i5y8. Signé de la Manthe. S.

1578. — Mars io. Le Consulat écrit à M. le Cardinal de Pelvé et a M. Dabin, ambassadeur du roi près S. S., les priant de vouloir bien s'employer pour une œuvre digne de Dieu et fort importante pour le rétablissement de la foi catholique en ces quartiers, sachant le bon devoir que font partout ceux de la compagnie de Jésus à l'institution de la jeunesse, en piété et bonnes lettres et autres offices agréables à Dieu, et profitables au peuple chrétien, en ce temps misérable. Le Consulat avoit appelé en cette ville les Jésuites, et uvoit cherché par tous les moyens de fonder le collège qu'il leur avoit donné , afin qu'ils eussent le moyen d'entretenir personnes suffisantes eu nombre et doctrine, pour l'aide et soulagement de lad. ville; mais, ne pouvant faire d'avanlage de son côté, il s'agissoit d'obtenir la confirmation de la réunion du prieur*? de Tcnse en Vivaraîs au collège des Jésuites de Lyon, et d'obtenir par M. de Montdenys qui s'en étoit dessaisi , l'indemnité ou îa valeur des pensions qu'il s'etoit réservées sur led. prieuré.

Le Consulat en avoit adressé, au Pape môme , une supplique qui ne se trouve pas. S.

1578. — Mars i3. Le Consulat arrête qu'il sera écrit « à Messieurs les J urats et secrétaire de la ville de Bourdcaux pour les prier de faire chercher en leurs archives, les anciens titres et monumens de 'cette dicte ville (de Lyon) , que l'on dict y auoir esté transportez par les Gotz et Visigotz , et les ayant trouvez, ou quelque partie d'iceulx, eu faire faire vidimus aux dépens dudict Consulat. » — Le 28 février 1 58 1 , nouvelle délibération sur le même sujet, et ordre « d'escripre à MM. les maire et juratz de la ville de Bourdeaux pour les prier de faire chercher en leurs archives, les anciens privilèges de ceslediote ville (de Lyon) que l'on dict y avoir esté portez par le moyen des guerres qui furent du lemps de Charles Mirlel, et d'en prier Monseigneur

«lu Btllievre qui y est présentement pour les affaires du roy. » — On ignore si les ordres du Consulat furent exécutés , et quel en fut le résultat. ^rcA. duRh. XIII, 55a.

1578. — Avril i. Mardi de Pâques. « Pierre Bollo, docteur de Paris, de Tordre de S. Dominique , qui avoit prêché le Carême à Ste-Croix, où il avoit attiré un peuple infini, quoique ses sermons durassent parfois deux grosses heures, fait son dernier sermon , et prend son congé fort doctement bien. Mesdames Ducloz et de TourVéon qui avoient commencé à demander pour lui, dès le dimanche de la Passion , lui rendirent près de aoo livres qu'elles avoient amassées. » S.

1578. — Atril ao. Dimanche. Procession des pauvres. Le sermon fut fait à S. Jean par le Père Gardien de l'Observance. S.

1 578. — Avril 29. Les sieurs Vianney et Rolin s'offrent pour faire l'Oraison doctorale de la S. Thomas prochaine. — Le 9 octobre suivant, le Consulat arrête que le sieur Rolin, premier reçu avocat à Lyon, fera ladite oraison à la S. Thomas prochaine, et ledit sieur Vianney, avocat de la police, pour l'année 1579. S.

1578 Mai 3. Jour de l'Invention de la Croix Après vêpres Messieurs les Battus sont venus en procession dans l'église de Sle-Croix, pour gagner les pardons, en bonne dévotion et compagnie, environ cent et davantage.... » S, On appelait Battus, une confrérie de pénitents ou flagellants. Henri III, pendant son séjour à Avignon, assista, en décembre 1574, à la procession des Battus, et se Ct recevoir dans leur confrérie. Lestoile, Journal de Henri III.

1578. — Mai 5. Lundi, ieï jour de Roysons (rogations). « Les processions ont été faites comme de coutume , Mons. l'archevêque y a assisté tout au loog... Le mardi, la procession fut iusquesen Vaise,et s'en retourna par eau. — Le mercredi.... MM. (de S. Jean) s'en retournèrent de S. Nizier par tene. ....Les trois jours de Roysons, le Lion a été porté par Benoît Maréchal , la Croix par Carteron, le Taix (lest) par Durand, et la Muse faite par Me Pierre Garet, comme vicaire de Me Àmyot, custode de Sle-Croix , se trouvant, pour cette année, semainier à S. Jean. » S.

1578. — Mai 8. Jour de C Ascension. Le sermon fut fait à Ste-Croix par M. l'archevêque de Lyon, fort doctement, et tint près de deux heures. S.

1578. — Mai 11. DimancJte. La procession de la Baiocht fut faite ce jour par MM. les custodes de Ste-Croix, leurs vicaires et marguilliers, avec plusieurs autres prêtres et elergeons de S. Jean. Elle sortit de S. Âlban, passa devant S. Jean par la brèche,... et revint à S. Alban par la grande rue. Les Auguslins précédoient les custodes de Ste-Croix. M. du Soleil, un des custodes, dit la grand'messe à diacre et sous-diacre; mais ce ne fut pas sans difficultés; caries Bazochiens ayant de nouveau transmué leur confrérie de S. Nicolas à S. Alban , prétendoient et vouloient absolument que les Auguslins fissent la procession et l'office, comme ils avoient coutume de le faire en leur couvent. Mgr de Lyon (après avoir ouï le différend des parties, à savoir de MM. les doyen, chanoine et chapitre de Lyon y présents, M. le président Chastillon , M. de Tourveon , M. de Villars, le Prince et autres notables procureurs et Bazochiens du siège présidial) ordonna que les processions, offices et autres cérémonies seroient fuites désormais dans l'église de S. Alban par les custodes de Ste-Croix, leurs vicaires et marguilliers, et autres clercs et elergeons de S. Jean, attendu que l'église de S. Alban est située dans la

piroUse de Stc-Croix... S. — L'année suivante, la procession se fit le dimanche 17 mai; ce fut le Sr Amyot, custode, qui célébra la grand'messe i S. Alban, assisté de douze prêtres ou clercs et clergeons. S.

1578. — Mai 21 . Mardi de Pentecôte, à 4 heures du soir, un tremblement de terre se fait sentir à Lyon et aux environs. Desrues, Descript.de laFr., p. 54». S. Voyez ci-après, année i584.

1578. — Juin 3. Le Consulat arrête qu'il se rendra en corps aux portes de la ville pour recevoir M. de Mandelot qui revient présentement de la cour. — On fut le recevoir en corps jusques hors le faubourg de Vaize avec les 200 arquebusiers de la ville, flfres , tambours, etc. — Le Voyer avoit été envoyé jusqu'à Mûcon au devant de lui. S.

1678. — Juin 8. Ai. de Mandelot, revenant de la cour , arrive à Lyon. S.

1578. — Juin 19. Le Consulat, informé que le roi avoit accordé un nouveau subside sur les marchandises et autres denrées entrant et sortant du royaume par le pays de Dauphiné, arrête d'envoyer un homme exprès en cour pour supplier S. M. d'abolir led. subside comme préjudiciable aux foires de Lyon. — Cesubside , disoit-il, excédoit de moitié ies droits de la douane de Lyon , etilen détruisoit les revenus; il éloigneroit les marchandsétrangersqui déjà menacent de se retirer; il feroit profiter les villes de Gênes et de Chambery des ruines du commerce de Lyon; les habitants même de Lyon, qui vivent des fabriques et manufactures seroient obligés d'aller s'établir ailleurs. Il est hors de toute équité et raison que les marchandises payent deux fois l'impôt, et aussi d'en mettre un sur les vivres, comme huile, poisson, sel, fromage , etc. etc. S.

1578. — Juin 5o. Funérailles dans l'église de Ste-Croix de Pierre Langlois, libraire lucquois, établi à Lyon. S.

1578. — Juillet 12. Mandelot, commis pour l'exécution du dernier édit de pacification , convoque en son hôtel les principaux des deux religions, et leur donne lecture de ses lettres portant que l'édit sera publié dans tous les carrefours de la ville. Les protestants et les catholiques s'opposent à cette proclamation « attendu que la ville est déjà en paix; ils s'en remettent à la prudence de M. de Mandelot pour tout ce qui concerne l'exécution de l'édit. J. Morin, V, 281.

1578. — Septembre 4. Le Consulat arrête que les meuniers ne prendront que 2 s. pour la mouture de chaque fmée de froment. S.

1578. — Octobre i4« Le Consulat arrête qu'il se transportera au lieu on le sieur Lieutenant de Langes prétend faire à ses dépens une boucherie en la paroisse de S. George, pour voir l'assiette du lieu et la commodité qu'en recevroit la ville. — Le 6 octobre 1579, M. de Langes avoit fini de bâtir celte boucherie aboutissant à deux rues, tt fermant à clefs. Il y avoit déjà eu plusieurs ordonnances de justice pour contraindre les bouchers à venir s'y établir. M. de Langes pria le Consulat de s'adjoindre à lui pour les y forcer; il offrit même d'échanger ladite boucherie avec quelque autre objet en faveur de l'hôpital. Le Consulat promit d'en délibérer. S.

1578. — Octobre 3o. Le Consulat accorde aux pauvres religieux de l'ordre de S. François de Paule de Lyon, vulgairement appelés Minimes, 16 écus d'or sol et 48 s. tournois en monnoie, pour 6 Anées bled froment, à raison de 28 s. le bichet, dont est fait aumône auxdits Minimes pour partie de leur nourriture, eu considération de leur très-grande pauvrulé et nécessité. S. Voyez ci-apre» a.u 2-2 novembre i58i.

1578. — Notembra 17. Les imprimeurs font une Cheoauchée A l'occasloa d'un martyr du quartier de S. Vincent qui avait été battu par sa femme. — Le Recueil de cette Chevauchée fui publié la même année par les trois supports de l'imprimerie lyonnoise, Guillaume Testefort, Pierre Ferdelat et Claude Bouilland. Il en a élé donné une nouvelle édition par trois bibliophiles, MM. C. B. , G. D. et A. P., Lyon, Barret, 1829, in-8°. Voyez ci-dessus, septembre i566; les Arch. du Rhône, XI, 53 et 188; les Ephémerides du 1er septembre dans le tome a de la Revue du Lyonnais; la Biographie Vaudusienne de M. Harjavel , t. 1 , p. uo; , etc.

1578. — Décembre 18. Séance consulaire. On charge deux dese'chevins de prier Mgr le reverendissime Archevêque, et Mgr de Mandclot, gouverneur pour le roi, d'assister dimanche prochain , fêle de S. Thomas, à l'oraison qui se dira le matin , en l'église de S. Nizier, suivant l'usage. — Même invitation est faite à M. de la Manthe , gouverneur de la citadelle, et à MM. de la justice. — On fit payer à Me N. Kolin, qui prononça l'oraison doctorale , 8 écus et i/5. S. Voyez ci-dessus au 29 arriL

1578. — Décembre a3. Séance 'consulaire. On arrête que ceux qui ont été échevins,le sont ou le seront, jouiront durant leur vie seulement de l'exemption du subside de 6 blancs par botte de vin , et de celui du poids des farines, comme ils en jouissoient pendant leur échevinage. S.

1578. — Décembre... Le Consulat accorde à Me Jean Pozzebonnet, docteur médecin de Lyon, un certificat du bon office et service qu'il a fait à la ville, en la maladie de peste de l'an 1577. — On le qualifie d'homme de bien , bon catholique , et bien expert en son art, etc. S.

1578 circa. — Mort de Guillaume des Autelz, littérateur et poète, né 4 Charolles, en 1629, lequel fit un long séjour â Lyon et y publia la plupart de ses ouvrages. Biogr. lyonn. Voyez ci-dessus , annt'e i55o.

1578. — Pcblicàtions : Statuts et ordonnances synodales de l'église métropolitaine de Lyon, etc., traduictes en langue francoyse pour l'instruction des curez, etc., par mandement et aulhorilé de Mgr le Reverendissime archevêque conte de Lyon (Pierre d'Epinac) , primat des Gaules , publiées au sena (synode) de S. Luc M. D LXXVII, etc. A Lyon, par Jean Slratiusy M. D. LXXVIII. Imprimé à Lyon, par Pierre Roussin. In-4*.

1578. — Antonii Guberti Costani I. C. regiiq. Tholome Scnatoris, de sponsalibus et matrimoniis commentarius , etc. Lugd. , apud Ant. Gryphium . M. D. LXXVIII. Pet. 8°.— C'est à l'invitation de Claude du Pré, avocat n Lyon, qu'Antoine Gryphe publia ce traité; c'est ce que nous apprend cet imprimeur dans son avis au lecteur qui commence par ces mots : Cogitanti mihi ac persepe animo volutanii, etc. Cicéron avait aussi commencé par le» mêmes mots ses Dialogues de C Orateur , et Mînucius Félix, son Octavius. — Du Verdier, dans son Suppl. à la Jlibliolh. de Gesner, cite plusieurs ouvrages d'Ant. Gubert qu'il appelle Guiberlus, mais il a omis le traite de Sponsaiibus , etc., traité du même genre que la Sylva nuptialis de Jean de Névisan , ou le Cupido Jurisperitus d'Etienne Forcadel. — Gubert ou Guibert n'a pas d'article dans la Biogr ^ toulousaine.

1578. — Les deux premiers livres de Chistoire de Procopie (sic) de Cœsarce, da la guerre des Gots, etc. trad. par Guillaume Paradin. Lyon, Benoist Rigaud\ 1678. In-8° ( Du Verdier). — La Bibliothèque de la ville de Lyon possède un exemplaire de V Histoire secrète de Procope de Césai'ee, traduite par L. de M. (Leonor de Mauger). A Paris, chez Guillaume de Luynes, lôfig, in-isk, de

a88 page» (i). On trouve sur la garde de ce volume une clë dont l'écriture se rapproche asset de celle de l'avocat Claude Brossette. Voici cette dé :

« L'Empire romain, la rames.

« Justinien, louis xiv.

« Théodora , madame de maintknon.

« Alexandrie , lyow.

« Page a53 (2) Paul, favl de'wevfville archevêque de ltoh.

« Constantinople, eabis.

« Le livre finit en 1709 ou 1710.»

L'auteur de cette clé se proposait-Il de donner une nouvelle édition de P Histoire secrète ? Nous l'ignorons. Mais nous avons de fortes raison de croire qu'il était Lyonnais, et que ce n'était pas un des partisans de Louis XIV.

1579. — Janvier 9. Noble Philippe Galand, bourgeois de Lyon, demande permission de faire construire en sa maison neuve appelée la Maison ronde* sise devant l'église de St-Niiier, 4 tournelles, selon le modèle el portrait qu'il a présenté au Consulat, à la charge que ledit Galand baillera en aumône 100 écus sols pour la construction d'un arc et banc de boutique, en la boucherie qui se bâtit a présent ù oeuf prés l'Hôtel-Dieu , pour le profit dudit hôpital, et encore sous la réserve que là où il surviendroit quelques procès pour raison desdites tournelles, que ce sera aux risques et périls dud. Galand, sans que le Consulat soit tenu à aucune éviction ni garantie; et led. Galand a accepté ces conditions. S.

1579. — Janvier i5. «Les difficultés sur le rang que dévoient avoir entr'eux les échevins, eu égard à leurs charges civiles ou de judicalure, avoient été suspendues, mais n'étoient pas réglées. Le Sr Teste conseiller du roy, receveur général du taillon , réprésente que de même que le Sr de Servières, par sa qualité de trésorier de France, précède même le SMieutenant de Villars, encore que ci-devant les gens de robe longue eussent prétendu devoir précéder tous les autres, que sadite qualité lui devroit apporter même prérogative comme aux autres en fait de ladite séance, par rapport à ceux qui ne sont officiers du roi, devant tenir le même rang qu'il avoit eu l'année passée et qui lui fut accordé par M. le Gouverneur, et ainsi précéder tous les six échevins nouvellement élus ; cependant, pour l'amitié et particulier respect qu'il porte aux S" Valleton et de Graveins et Sr de Liergue, il leur accorde volontiers d'être assis après eux, n'entendant céder que par droit d'amitié et non par aucune prérogative, faisant toutes protestations pour l'atenir, etc.

De même le S. de Villars, conseiller du roi et lieutenant particulier en la sénéchaussée, el aussi conseiller et garde des sceaux au parlement de Dombes, somme Je Sr Grollier, trésorier, de lui déclarer s'il entendoit tenir la place de celui qui doit présider au Consulat : celui-ci lui répond qu'elle Jui appartient, attendu sa qualité de trésorier général de France; ù quoi led-

(1) Ce livre a échappe à M. Barbier, et le nom de Manger a été omis dans la Biographie univericlle. Outre Y Histoire secrète^ il a draduit deux autres ouvrages de Procope ; de la guerre contre les Perses , sous lettre à'OEuvre de Procope deCe'sarée , et de la guerre contre tes Fondâtes.

(2) On lit à cette page: « Pour bien commencer je dirai d'abord qtrïi avoit donné ira cer* « tain Paul pour evesque à la ville d'Alexandrie. Dans le mesme temps que Rlwdon^ qui est oit « natif de Phénicie, en estoit gouverneur, auquel il écrivit de faire tout ce que Paul jugeroit à « propos , et qu'il ne manquait pas k donner main forte à ce prélat , par l'industrie duquel il « espéroit d'attirer tous les principaux d'Alexandrie, etc.»— Eu 1709, Lyon avait pour gouverneur François de Neuville, duc de "Villeroi maréchal de France; l'archevêque de ï.yon , François Paul de Neuville était sou ûb.

S' de Villars lui a remontré que , pur les statuts et anciennes coutumes de ta ville , il n'y a personne qui se puisse dire privilégie pour tenir le premier lieu audit Consulat que ceux de la robe longue, quelle qualité qu'ils aient d'office, encore* qu'ils ne fussent que avocats ou médecins, lesquels, étant élus échevins, précédent tous les autres sans aucune contradiction; que c'est suivant ce privilège que naguéres il a été jugé conlradictoirement , et avec connoissance de cause, que ledit de Villars, outre sa qualité d'avocat au parlement de Paris , avoit exercé, depuis 35 ans, l'office de magistrat en cette ville, tellement que lesdiles qualités, accompagnées de sa vieillesse, mériteroient de tenir le premier lieu aud. Consul \t. Cependant, pour éviter tout différend qui pourroit nuire au bien public et aux affaires de la ville, led. S* de Villars ne veut pour le présent entrer plus avant en la dispute de ladite préséance protestant que la tolérance qu'il en fait, est en considération de l'amitié particulière qu'il porte audit Sr Grollier, et n'a entendu ni entend que cela puisse tirera conséquence et préjudicier à lui et à ses successeurs, ni au règlement qui pourra sur ce intervenir; lequel Sr Grollier a remercie led. Sr Villars de l'amitié qu'il lui porte, lui déclarant qu'elle est réciproque, et a été donné acte audit Sr de Villars de ladite protestation. S.

1579. — Février lu. Noble. Humbert Grollier , fils de feu M. François Grollier, secrétaire du roi , remontre qu'on lui controverse par-devant le vénérable sénat de Savoye sa qualité de noble , pour laquelle vérifier, enlr'aiitres choses, il était besoin avoir attestation et sommaire à prise desdits échevins comme quoi ledit noble M. François Grollier et son aïeul M. Antoine Grollier avaient été plusieurs fois échevins , et comme ceux qui ont été' échevins par privilèges octroyés par les rois de France sont déclarés nobles, encore qu'ils ne le fussent d'ailleurs, et que lesdits Grollier ont toujours vécu noblement, tenus et réputés pour nobles et extraits de noble race.

Sur quoi ledit Humbert est sorti , et aussi le sieur trésorier Grollier. Le Consulat, après avoir vérifié dans les anciens régistres, déclare que ledit feu François Grollier a été par huit diverses fois consul-échevin de lad. ville, et M. Antoine Grollier, son père, trois fois, et que , outre ce , ladite maison des Grollier est tenue et censée pour noble en ladite ville ; que d'icelle sont issus plusieurs grands et notables personnages qui ont vécu noblement sans faire acte dérogeant à la noblesse, comme encore continuent les enfants dudit feu secrétaire, et que d'ailleurs, au moyen de ce que led. père et aïeul ont été consuls de celte ville par plusieurs fois, ils ont acquis tout droit de noblesse jusqu'à pouvoir parvenir aux grands honneurs et dignités, comme de pouvoir être honorés du collier de l'ordre de chevalier de France, ainsi qu'il a été et est encore de présent pratiqué, et comme il est porté par les privilèges confirmes de règne en règne, nommément par le roi à présent régnant; dont a été ordonné être fait le présent acte consulaire aud. Sf Humbert Grollier, etc.

1579. — Février i5. «De parle Roy et monseigneur le Gouverneur etc., sur la remontrance à nous faicle par les consuls eschevins de ceste ville que pour donner à l'avenir quelque ordre et police aux guets, gardes et visites qui se font par les manans et habitans de la ville de Lyon pour la tuition , deffense et conservation d'icelle sous l'obéissmce de S. M., ils ont arresté en leur Consulat les articles suivants, sauf toutefois le bon plaisir du roy et le nostre , nous suppliant de les vouloir aulhoriser aux fins qu'ils soient à l'advenir garder, et observez. Après que lecture nous a été faicte desdits articles , ayant trouvé le contenu en iceulx fort utile et profitable pour le service du roy et seuretéde ladite ville, nous avons ordonné que par lesdits eschevins en sera

baillé un double à chacun desd. penons, aux fins que nul n'en prétende cause d'ignorance , et est enjoinct ù tous les manans et habitans de ladite ville deles garder et observer de poinct en poinctsur les peines y contenues, le tout par provision et jusqu'à ce queaultreinent soit ordonné suivant l'exigence du cas.

Cette ordonnance est contenue en 26 articles :

Parle ier pour reconnoîlre le bon devoir et vigilance des penons, ils seront honorez par cy après du nom et titre de capitaine des penonages de cette ville.

En chaque penonage, y aura quaterniers etdizeniers qui obéiront auxdits capitaines penons pour le faict de la garde , etc.

Afin que pour s'exempter du service de la garde personne ne puisse se prétendre faussement du nombre des arquebusiers, ceux-ci seront réduits au nombre ancien de 200, et leur rôle sera remis chaque année au Consulat.

L'enseigne des 200 arquebusiers sera de telle couleurqu'il plaira aux échevins , bigarrée d'une longue arquebuse, et ne se pourra dire colonelle.

Dénombrement des penonages deux fois par an , après Noël et après la St-Jean.

La garde se battra depuis Pâques jusqu'à la fin d'Aoust, de 8 à 9 h. , et de Septembre à Pâques, de 6 à 7 heures du soir, et elle sera levée le malin a 4 h. en été , et à 6 en hiver.

Toutes personnes tenant à la garde pourront se faire remplacer, excepté en cas d'éminent péril.

Chacun obligé de se pourvoir d'armes.

Peines contre les contrevenants.

Ceux qui blasphémeront le nom de Dieu, en garde, ou qui déroberont, querelleront ou feront acte scandaleux seront punis par les penons.

Le produit des amende» employé en achat d'armes.

La montre générale se fera une fois l'année, a l'ordre du Consulat.

Quand les capitaines penons marcheront en garde en propres personnes, tous les chefs de maisons qui seront sous leurs charges seront tenus de s'y rendre si l'âge , qualité ou dignité ne les en excuse.

Pour donner aux quaterniers occasion de mieux s'employer à faire le devoir de la garde , le premierquaternier sera désormais appelé lieutenant du capitaine du penonage, et le 2e aura le titre d'enseigne.

Fait et arrêté au Consulat de ladite ville par nous Antoine Grollier , etc. , etc. , consuls échevins, le jeudi i5 février 1679. Signé Mandelot.

1579. — Mars 5. Nobles Claude de Plattet , seigneur i}e Vaux, Jacques de Grymo, Simon Court, et Antoine Baignol, commis et députés au sujet de la fabrique du portail de St-Nizier demandent au Consulat qui le leur accorde de faire faire en la place devant l'église de St-Jacquême, une loge ou atelier pour la retraite des maçons et tailleurs de pierre qui seront employés à ladite fabrique, laquelle loge sera fermée de nuit, et il commet ceux des échevins chargés de la voierie de visiter les modèles et desseins de cette fabrique et d e donner les mesures qui seront convenables.

Quant à l'aide et don demandés par lesdits sieurs Plattet et autres, ils sont priés de la part du Consulat de considérer le peu de moyens que la ville a d'y pouvoir contribuer en aucune chose , ne sachant par quels moyens acquitter les grandes dettes en lesquelles la ville est constituée ; mais pour ce qui concerne la demande de la pierre du temple de dessus les terreaux, et la pension de 3o livres due à la ville par la fabrique de St-Nizier sur les boutiques neu-

\cs a l'cntour de l'église, en compensation de semblable pension que la fille paye annuellement ù l'exécuteur de la haute justice, pour l'abolition <U l'exaction qu'il souloit faire chaque jour de marché sur tes coyves ou baie t s qui se vendoient chaque jour de marché auxdites places publiques , lad. pension demandée par lesd. sieurs Plattet^ etc. , pour aider à ladite fabrique, pourtant et si longtemps qu'elle demeurera à être construite et parachevée , le Consulat a remis à en délibérer et en répondre à une plus grande assemblée des sieurs échevins et notables bourgeois de ladite ville.

Le 2 i avril , le chapitre et les paroissiens de St-Nizier demandèrent de nouveau les pierres des murailles (étant encore en nature) du temple que ceux de la religion, auparavant les troubles de 1667, avoient édifié sur les fossés de la lanterne, pour les employer à partie de l'édifice qu'ils ont entrepris faire en ladite église pour le service divin, décoration d'icelle église et embellissement de la ville , et que, en considération des grand* frais qui seront à faire en ladite structure, il plût aux échevins de remettre à ladite église ladite pension de 5o livres. Le Consulat arrête que les murailles, qui sont encore en nature au temple, ne seront point encore démolies, niais demeureront dans l'état actuel pour le service du public et bénéfice de la ville jusqu'à ce qu'autrement, pour quelqu'autre occasion y soit pourvu, et néanmoins ayant égard à la structure et décoration de ladite église et aux grands frais à y faire, et en considération de ce que ledit hôtel de ville est de ladite paroisse et vis avis d'iceile église, on remet à ladite église ladite pension de 5o livres pour dix ans, à moins que ladite ville n'eut moyen par c\après de bailler une fois la somme de 1 00 écus , et alors ladite pension revi vroit avant les dix ans. S.

1579. — Août 6. Jour de la Transfiguration- Le P. Emond Auger, jésuite, fait le sermon à Ste Croix , devant une fort belle audience. S. — Le 16 du même mois, il y eut procession générale «pour respect delà fête de « St-Rocb. » Ce fut encore le même Jésuite qui fit le sermon , lorsque la procession fut rentrée à St-Jean. S.

J579. — Septembre 8. MM. les Battus vont en procession à St-Jean et à Ste-Croix où le P. Emond Augcr leur fit un petit sermon qui ne dura que demi heure. S.

1579. — Septembre 19, Samedi. La reine-mère venant du côté de Grenoble, arrive à Lyon et va logera Ainay. S. — Elle était accompagnée du cardinal de Mourhou . de la princesse douairière de Condé , etc. Pendant son séjour à Lyon,« elle fut jusques àMontluel ou le duc de Sauoye luy amena le mareschal de Belle-Garde qui faisoit le mal-content, mais elle le contenta, auec des promesses qu'elle n'eust pas grand peine de luy tenir, car il mourut bientôt après. • Rubys^p. 429. J. Morin , v 280. Voyez aussi Barnaud, Miroir des François , p. 1 44 * et^a -Biogr. univ. , iv , 102. — Nous voyons figurer en tête de* demandes qui sont adressées à Catherine de Médicis par les échevins , !• qu'il soit refusé un prêche à ceux de la religion prétendue réformée; -a' que la citadelle soit démolie. C'était, dit M. Morin , le sommaire de toutes les réclamations de la ville ; la reine-mère y prêtait l'oreille, mais sa politique lui défendait d'y faire aucune réponse précise. Hist. de Lyon , v, 280. — Pour s'opposer à l'établissement d'un prêche protestant dans la ville ou dans les «nvirons , on alléguait qu'il y en avait déjà un au château de St-Lager , en Beaujolais , distant de 4 ou 5 petites lieues de Lyon.

1579. — Septembre 27. Dimanche. Procession générale pour la santé du

roi. On partit de St-Jean à 7 heure» du matin pour aller ù N. D. de Confort, où il y eut sermon et grand'messe. La reine-mère s'y trouva et fit dire su messe par ses chantres. Après la procession ,1a reine-mère alla dîner avec sa compagnie chez M. le gouverneur. S.

1579. — Décembre 2. Le P. Emond Auger écrit de Rome à Messieurs les consuls et echevins , administrateurs du grand Hôtel Dieu de !a ville de Lyon :

« Messieurs j'auois bien tousiours conçeu telle opinion de rostre piété qu'elle n'auoit besoin d'autre motif pour la faire continuer le seruice des pourcs de vostre illustre et noble ville , toutes fois nostre S. Père, qui vous aime singulièrement, m'a commandé de vous faire tenir ces beaux pardons qu'il vous plaira communiquer premièrement A Monseigneur l'archeuesquc , à Messieurs ses vicaires, et nommément a Monsieur le suffragant, afin des les faire publier par la voie qu'il convient à vostre peuple , mesmes a ce? bonnes festes de Noël , ce que j'eusse'faict pour ma part , si je n'eusse este retenu ici plus longuement que je ne pensois par de ça , mais ce sera , Dieu aidant, pour ce caresme que j'ai reçu par commandement de sa sainteté et de nostre gênerai, d'emploier en leur paroice (sic), parmi tant d'autres excellens prédicateurs que vous auez tousiours eu, m'estimant des moindres de tous en moien de yous seruir , mais riche de volonté de longtems , et attendant de vous reuoir bien tost , je vous dirai seulement que vostre ville a une trèsgrande réputation de par deçà , tant pour ses actions de pieté envers les poures que pour la constance en la foi et religion catholique qui est aussi plus nécessaire que jamais , au tems qui court, ainsi que tousiours y veille Monseigneur le gouverneur au grand contentement de N. S. Père et de tous ces Seigneurs qui n'admirent pas moins les rares qualités de Monseigneur l'archeuesque et le grand et rare zèle de tous, vous. Messieurs, tant unis avec vostre graue et noble clergé, suppliant nostre Seigneur, après vous auoir présenté continuation de mes petits seruices, vous donner en sa protection , accroissement de ses parfaites bénédictions et à tout vostre aimable et deuotieux peuple. — A Rome, 2 de décembre 1579. — Vostre humble et ancien serviteur selon Dieu , Emond. » Autographe de la collection d'A. P.

1579. — Les échevins font imprimer 700 petits livrets destinés aux dames honorables de Lyon pour les instruire de C ordre qu'elles doivent tenir à visiter Us pauvres de Chospital , etc. Arch. du Bh, , m , 24 5.

4580. — Janvier 5. Le roi écrit à Mandelot que, voulant pourvoir ù la disette et nécessité des monnoies, il avoit consulté ses officiers des monnoies qui lui avoient présenté trois moyens , mais que chacun d'eux tirant après soi quelque incommodité et conséquence, il a aussi désiré en avoir l'avis des bonnes villes du royaume; rn conséquence il luiordonne de faire à Lyon une assemblée du plus grand nombre de personnes notables de tous états, pour aviser lequel des moyens semblera le plus commode et le moins dommageable. S.

1580. — Février 5. Le Consulat déclare, dans sa réponse aux consuls de Dijon, qu'ily a à Lyon un poids général établi auquel tous les autres poids particuliers delà ville sont échantillés, et toutes marchandises pesées de nécessité, le droit duquel a de tout temps appartenu et appartient encore à Messieurs les archevêque, doyen, chanoines et chapitre de l'église de Lyon, qui ont Aces fins deux lieux établis , l'un deçà et l'autre de la la rivière où les marchandises sont conduites et puis pesées. S.

1580. — Février ta. Aujourd'hui a été enterré, a N. D. de Confort , par la

grande procession «le S. Jean , avec trois glas , locquant la grosse, honorable «lame Dyamunle de la Voulpe, femme à M0 Claude Rubys, procureur général de la ville. — Le i(\ juin suivant, llubys épousa Françoise Buatier, fille de feu noble Sympborien Huatier, sieur de Monjoly , de la paroisse de Ste-Croix. Le mariage se fit à St-Thomas de Fourvières , par M. le custode Amyot. S.

1580. — Février ai. Dimanche des Brandons. Il y eut ce jour là une grande mascarade ort les imprimeurs furent principalement remarqués. Voyez Les plaisants devis des snpposts du Seigneur de la Coquille, récitez publiquement 4e il feburier i58o. A Lyon , par tes trois supposts. In-i6.

1580. — Mars i"r. Le Consulat prenoit alors de grandes précautions pour l'entrée dus marchandises venant des lieux suspects de contagion. — On ordonne à sieur Hilario Jienedicti, Génois , de faire déposer à S. Laurent , i5 caisses de velours venant de Genève, pour y être essorées pendant 4o jours , et les personues chargées de les essorer tenues de faire encore 4o autres jours an même lieu , aux frais de ce Génois.

Bernard de Ilarbigia , Martin Couvet, Matthieu Bartholomci , Nicolas Spina et Jean-Baptiste Cenami, marchands florentins, avoient l'ait venir par Marseille des balles de coton, soie et laine , ainsi que des balles d'épiceries et de raisins de Damas qui étaient déposées au lieu de la Mothe , faubourg de la Guilloliére. On ordonne que les cordages et les premières sarpilières des balles d'épiceries et de raisins seront ôtées et brûlées, et qu'on laissera les balles à l'air pendant 40 jours ; quant à ( elles de laine , coton et soie , qu'elles seront ouvertes et déployées aussi pendant 40 jours pour leur purgation , en attendant qu'on ail nouvelles certaines de la santé de Marseille. — Depuis , attendu que les halles d'épiceries ne s'ouvrent pas a Marseille , et qu'elles ne sont pas susceptibles d'être infecte'es, on accorde que, le< cordages et sarpilières brûlés, lesdites marchandises essorées pendant quelques huit jours, pourront entrer en ville.

Les 1 5 caisses de velours avoient été déposées dans une chambre del'flôtelde- Ville ; cela avait occasionné quelques rumeurs populaires, et l'on fut obligé d'employer des arquebusiers pour les faire enlever et conduire à Si - Laurent. — Le iimars sur les certificats des échevins de Marseille, on permet à Barthélémy Balhani et à Martin Couvet de faire entrer à Lyon les marchandises venues de Marseille et retenues à la Mothe. — Le 39 marj, 00 permet l'entrée des i5 caisses de velours qui avoient été bien essorées à St-Laurent, sans aucun accident, etc. S.

1580. — Mars a8. Il se tient, en la maison de Mmdelot, une assemblée présidée M. Michel-Antoine de Sallusses, sieur de la Manthe, commandant en l'absence de M. deMandelot, présents M. Antoine Camus , trésorier général «le France, M. Jeau Laurencin, officiai, M. Jérôme de Chûtillon, président, 1 M. de Langes , etc.

Les échevins proposent , pour la conservation de la ville sous l'obéissance rie S. M., démettre en considération les avertissements que l'on a journellement de toutes parts des entreprises et conspirations qu'ont faites ceux de la prétendue religion reformée et autres mal affectionnés au service de S. M. et repos du public sur cette ville et empêcher l'exécution des desseins de tous malins esprits, attendant le retour du sieur de Mmdelot , pour ce*, de pourvoir au guet et garde de la ville , et faire vuider d'icellc tous vagabonds , fayneants et autres personnes quelles qu'elles soient, qui seront trouvées suspectes.

Sur quôy il est ordonné que tous ceux qui seront dans cette ville tenus pour * 8

suspects , seront tenus de vuider dans 24 heure» , et aussi les scr? iteur* qui seront trouvés chez les maîtres en plus grand nombre qu'auparavant seront pareillement tenus de vuider ladite ville , sous peine de la bart.

Les gardes seront renforcées suivant la déclaration qui en sera faite par lesd. échevins au sieur de la Mante et au sergent-major de la ville.

Aux principales portes de Ja ville , seront mis des corps de garde , outre ceux qui y sont déjà , qui seront fournis par les penons a leur tour et rang.

Que la visite sera faite exactement parles penons, quarteniers et dizeniers et sera baillé, le lendemain, par lesd. penons, aux échevins, les rôles de tous les suspects, pour être présentés au sieur de la Mante.

Du côté du Rhône , iront tous les jours deux penons en garde, dont l'un sera mis* moitié au corps de garde du Peyrat, sur les Terreaux, l'autre moitié en la place des Cordcliers ; l'autre penon ira par moitié à la place Confort , l'autre moitié' aux chaînes d' Ainay et à Ste-Hélène.

Les capitaine , lieutenant et sergent-major de la ville, iront savoir des penons le nombre des suspects , mal intentionnés an service du roy et repos public, ensemble des serviteurs nouveaux venus es maisons des suspects, pour les faire sortir ensuite de la ville.

Lundi de Pâques, 5 Avril. Semblable assemblée.

Les échevins remontrent qu'ils ont eu avis par un exprès envoyé de Limoges, qu'une entreprise devait Ctre exécutée sous peu de jours contre la ville ; qu'à cet effet plusieurs soldats passoient fil à fil , que des troupes conduites par de grands seigneurs prenoient le chemin de Lyon (1). Qu'en conséquence il seroit très-nécessaire de faire vuider soldats, capitaines, artisans et autres venus depuis trois mois en cette ville , et de se saisir des suspects , sans respect de ta religion, et de quelque qualité qu'ils soient , etc.

Sur quoy il est ordonné que les corps de garde de la ville seront continués; que, du côté de Fourvière, seront mis en outre deux penons, et, du côté du Rhône , trois, aux lieux ordonnés, avec les 69 arquebusiers.

Que, jusqu'au retour de M. de Mandelot, les portes de S. George et de S. Just seront fer. nées, et qu'il n'y aura, du côté de Fourvière, que celle de Vaize ouverte.

Les grandes portes du Rhône et de S.Vincent seront renforcées des penons, oulreles Suisses, etc.

Il est enjoint aux capitaines, penons , quarteniers et dizeniers de faire les recherches bien étroitement et exactement , sans acception de personne», de se saisir des vagabonds, gens suspects de la qualité susdite, pour les faire vuider, ou bien les amener vers M. de la Manthe qui y pourvoira. — Le Prévôt des marchands sera envoyé en personne du côté de la Bordeliere (2) où l'on dit qu'aucunes desdites troupes seroient arrivées, pour donner avis incontinent de ce qu'il aura trouvé. — Nuit et jour seront faites des rondes par les sieurs consuls échevins , selon le département qu'ils se sont fait entre eux , et , pour cet effet, ils prendront des penons et des forces de la ville tels qu'ils aviseront.

M. Durand , avocat-général au parlement de Toulouse, avoit aussi envoyé un messager exprès pour avertir le Consulat qu'il se brassoit une grande entreprise sur cette ville et sur la citadelle.

(1) M. de la Valette, venant en poste de Piémont, avait apporté à Lyon, la nouvelle de ces menées et entreprises. 8.

(2) Ou La flourdelière, hameau dans la paroisse de St-Laurent-de-Chamousset , en Lyonnois , sur le chemin de Lyon à Feuis, à 6 lieues de Lyon et 4 de Feurs. Alm. de Lyon p«ur J760 , p. 30 , seconde partie.

Le Consulat envoya *in courrier à M. deMandelot, qui «toit a Tournon , pour l'informer de ces nouvelles.

Les habitants de Lyon faisoient la garde de dix en dix jours. — Il paroit que cette garde extraordinaire cessa vers le ?8 avril. Les arquebusiers ne firent plus que la garde ordinaire. On ne put obtenir que les nations contribuassent aux frais de garde. L i paye des arquebusiers coûta , pour deux mois , 65o écus. S.

1580. — Avril 10. Dimanche de Quasimodo. Procession générale pour la paix et prospe'rite' du temps, suivie d'un sermon par maître Croyssant , docteur de Paris, qui avoit prêché le carême à Ste-Croix , et qui prit sou congé. S.

1580. — îa. Séance consulaire. On ordonne que, pour vendre et décharger des bleds qui ont été ci-devant achetés par la ville , afin d'en secourir le peuple en son besoin , les deux maîtres gardes boulangers de cette année et autres seront appelés au Consulat, mardi prochain, pour leur être fait commandement de prendre lesdits bleds, pour les faire moudre et cuire pour le peuple. S.

1580. — Avril 14. Le Consulat instruit que la peste recofnmençoit à Marseille , renouvelle les défenses de recevoir aucune marchandise venant do cette ville. S.

1. 80. — Avril 16. Le Consulat , après avoir exposé dans une lettre au roi sous cette date , les bons effets qu'a produits sur le peuple de Lyon , la certitude du rapport de l'édit d'un nouveau surtaux sur la douane, ajoute : « ce qui a fait qu'au lieu d'être comme auparavant morne et rétif pour -faire la garde ordinaire , il (le peuple) y va a présent gaîment, encore que ce soit une ou deux fois la semaine , et que ladite garde soit chaque fois de 5 à 600 hommes, dont Ied. sieur de Mandelot et tous les autres reçoivent merveilleux contentement , en sorte que l'ennemi, s'il n'a autre moyen de se sabir de cette ville, que par les forces et intelligences qu'il pourroit avoir dedans , peut bien s'adresser ailleurs, car nous protestons tous d'y laisser plutôt J-n vie. Mais nous craignons bien fort du côté de la citadelle. Ce n'est pas que le sieur de la Manthe ne soit un capitaiue lidelle et affectionné au service de S. M. autant qu'aucun autre ; mais ce n'est qu'un homme qui ,par le mécontentement des soldats de diverses nations qui sont dedans, pourroit être forcé par une nuit, comme il est advenu plusieurs fois, etc. Ce qui fait supplier trèshumblement S. M., ou de faire abattre ladite citadelle (avec récompense condigne du Ions: et fidèle service dudit sieur de la Manthe), ou de faire payer lesdits soldats et obvier à Jeur mécontentement , etc. , etc. S.

1580. — Avril a6. Pressé par re sieur Pericaud de Chfllon , qui demandoit son payement, et la crainte que les bleds ne se gâtent, le Consulat ordonne que les boulangers de la ville s'en chargeront, et ne cuiront d'autres bled* que ceux-là ne soient employés, et il leur sera permis de cuire à raison de 4* sous le bichet. S.

1580.-3/^* 19. Séance consulaire. La maison du sieur Guy Pouldret , située à l'un des coings de la rue tendant de la Grenette en rue Mercière , venoit d'être incendiée fortuitement; le propriétaire la vouloit rebâtir, mais craignant d'être obligé de reculer d'une toise et plus, selon l'alignement des autres maisons (celles des enfants de M. Olivier Rolans) rebâties à neuf depui « peu dans la rue Chalamont^ il demande, ou de reconstruire sur les anciennes fondations, ou qu'on lui donne une juste indemnité. — La Consulat nomme

de» commissaires pour •'informer de l'état des lieux*, et juger quelle seroit la récompense à faire sur cela.—- Le 9août suivant, on lui accorda ao livres de pension annuelle pour indemnité à cause de l'élargissement extraordinaire desdites rues , etc.

1580. — Juin. « À l'entrée de ce mois , le peuple fut de rechef affligé de cette maladie populaire que le vulgaire appelle la coqueluche , en laquelle les médecins ne voyent goutte , et y eust peu de maisons en la ville qui en fussent exemptes : toutes foi* peu de gens en moururent, et trouva-t-on par expérience que le meilleur et plu» expédient remède estoit de n'y rien faire, sinon tenir le lit , et se faire suer, s'il estoit possible , s'abstenir de vin , à cause de la fièvre, et ainsi le fit , par l'advis de cet ancien médecin et lors doyen des médecins de Lyon, maistre Pierre Tolct, et m'en trouvai bien. » Rubys, p. 429> —On lit dans les Actes consulaires, sous la date du G juin : « Comme il règne une maladie appelée vulguairement coqueluche , laquelle, quoique non mortelle, est cependant contagieuse, on arrête de suspendre les jeçons du collège des Jésuites. » S.

1580. — Juin 18. Par ordonnance faite au conseil d'état tenu au logis de M. de Mandelot, il fut dit que, comme, depuis quelque temps, étoit survenue certaine maladie qui a surpris la plupart des habitans de la ville, et que encores que, au commencement, elle se soit trouvée mortelle , si est-ce que depuis quelques jours, plusieurs personnes signalées sont décédées, soit de ladite maladie ou d'autres , et qu'il est très-que nécessaire d'y pourvoir pour obvier à plus grand inconvénient, les médecins de la ville seront assemblés, et il leur sera enjoint à tous , de quel Age , qualité et condition qu'ils soyent ; de se trouuer demain sur les 9 h. du matin au bureau de l'hôpital , pour conférer ensemblement et se résoudre sur la cure de ladite maladie et les préservatifs d'icelle , à peine de 5o écus d'amende contre les défaillants et ceux d'entr'eux qui ne se voudroient résoudre sur la guérison et préservatifs d'icelle maladie, d'être chassés de la ville , comme ennemis de la santé publique et inutiles h la république ;

Que les capitaines penons , quateroiers et dizeniers s'informeront des malades de leur penonage pour savoir quelle en e»t Pespece,afin que si leurs maladies se trouvoient douteuses, d'en avertir le voyer pour y être pourvu ;

Défenses aux curés des églises paroissiales d'enterrer ni recevoir les corps, des décédés dans leurs églises et cimetières , sans la certification des penons;

Enjoint h tous les habitans de faire enlever de leurs maisons étables toutes immondices et fyam qui y pourroient être et de tenir les rues nettes ;

Aux notables d'aller aux portes et s'y tenir tout le jour sous peine de 5 écus i/5, pour ne laisser entrer en la ville qui que ce soit sans bulletin de la santé des lieux d'où ils viennent;

Enjoint aux manans et habitans des faux bourgs de la Guillolière , Vaize et S. Just et la Croix-Rous>e de ne recevoir ou loger aucun étranger sans bulletin;

Commandement à tous caymans, gueux, vagabonds et gens sans aveu, de vuider la ville promplemcnt, sous peine de fouet, et aux bedeaux de la ville d'y tenir la main ;

Tous jeux, quilles et berla/tds sont défendus sous la même peine, et est enjoint aux juges delà police d'y pourvoir, et aux lieutenant et archers de robe courte de les assister de forces nécessaires;

Est aussi ordonné que les consuls échevins de la ville députeront trois

d'entre eux , chaque mois, pour avoir intendance sur la santé, auxquels le Tojer assistera pour l'exécution de leurs ordonnances.

Le a5 juin, le Consulat écrivoit aux magistrats de la santé* de Metz, que cette maladie de coqueluche ne s'éloit trouvée ni longue ni mortelle.

Le 1 1 juin le sieur Paulmier, agent de la ville à Paris, écrivoit qu'il y avoit à Paris, depuis 8 jours, 5o a 60,000 malades de la maladie appelée la coqueluche , les uns avec une forte fièvre ardente et forte toux, qui sont quasi au mourir, les autres avec une lassitude de membres, qui Jes laisse sans aucune force. Dans beaucoup de maisons de cette ville, tous ceux de lu même maison sont malades. La maladie a si grand cours qu'elle a fait perdre le grand bruit de la peste qui étoit à Paris , etc. , etc. S.

1580. — Juin a3. Funérailles de noble Antoine Guillin Sala , sieur de Montjuslin, capitaine de la ville. Il fut inhumé à S. Paul, auprès de son oncle, mort en i5;5. MM. de S. Jean ne parurent pas à la procession , et il n'y eut point de glas , parce que les battus voulaient y assister. S. — Il avait Micce'dé en i56q, à Fr. Sala dans la charge de capitaine de la ville ; il fut remplacé par Imbert Grollier, sieur du Soleil. Biogr. lyon.

1580. — Juin 2j. M. de Mandelot, assiste* de trente notables par lui choisis, termine par une ordonnance qui fixe l'ordre du rang et de la piesèance entre les consuls échevins, le différend qui , depuis plusieurs années divisoit les échevins , et pour lequel il y avoit procès pendant au parlement. S.

1580. — Juin a8. Mort de* Philippe Tinghi , Florentin, libraire a Lyon dè » «573. Il avait en , en i5y8, un procès avec la demoiselle Giunti pour la marque qu'il prenait sur ses livres. L'édition qu'il publia en 1573 du Thésaurus iinguae laiinae, 4 vol. in-fol., est de'diée a Pierre d'Ausserre, avocat du roi à la sénéchaussée de Lyon, un des fauteurs des Vêpres lyonnaises, llenouard, Annales des Aides t p. 377; Biogr. lyonn.

1580. — Juillet 5. Symphorien Beraud et Etienne Michel, libraires de Genève, avoient obtenu, sur une requête qu'ils avoienl présentée au roi, conjointement avec Philippe Tinghi, des lettres patentes qui leur permettaient de vendre à Lyon et dans le royaume, des livres non prohibés imprimés hors du royaume , sous le nom de Lyon , et qui les déchargeoient de toute amende ou peine à ce sujet ; les échevins en ayant été informés demandèrent au parlement que ces lettres patentes leur fussent communiquées pour déduire leurs moyens contre leur vérification , attendu « qu'elles e'toient « grandement préjudiciables à la ville de Lyon. » S. Vojez ci-dessus , 19 mars 167a.

1580. — Juillet 7. Le Consulat, dans une lettre au roi pour lui demander l'exemption de la subvention de 1679, s'exprime en ces termes : «...Ceste « ville est vng Lion duquel la leste e;>t le clergé, et le corps qui sont les nations « qui y habitent soubz le privilège des foires, ne contribuent ni ne payent « aucuns subsides, tellement qu'il n'y a que la queue qui est le pauvre et « menu peuple, voz très humbles et naturels subjeetz qui en sont gre- • vez. » S.

1580. — Juillet 14. Séance consulaire. Les quatre maîtres des métiers de l'art de la soie pour celte année rapportent que, faisant les visites ordonnées, ils ont trouvé une pièce de velours tramée en fil au lieu de soie, ce qui est un deshonneur et grand scandale à cette ville, et qui dénigre grandement sa réputation. Le Consulat ordonne que le règlement fait par lettres patentes du roi, et dont la connaissance leur appartient, sera suivi et exécute, el il

commet deux échevius et le receveur de Masso pour en connoître. — L« 18 octobre suivant, on signala aux échevins une autre contravention : Pierre Gonin, veloutier, qui avoit substitué ù une trame de soie, une de lin. L'étoffe tut saisie et donnée à l'hôpital. Le Consulat accorda par don ù Henri Bourgeat, qui uvoit fait fabriquer, une indemnité de 8 écus d'or, et lui réserva son action contre Pierre Gonin. S.

1580. — Juillet 20. Le Consulat écrivoit à M. du Luc, au Luc, qu'il avoit si bonne opinion de sa fidélité , que, loin de l'avoir pu croire capable d'entreprendre quelque chose de sinistre sur cette ville , au contraire, si elle se trouvoit en danger, et que ceseigneur fut assez proche pour, avec commodité, la pouvoir secourir, il seroit celui de tous les gentils hommes de la connoissance du Consulat dont il employeroit plutôt le secours. Le bruit qui avoit couru d'une entreprise sur cette ville, et qui avoit fait remuer laviile plus que de coutume, à cause des fréquents avertissements que l'on avoit de toutes parts, avoit été occasionné par un certain capitaine qui avoit un nom approchant de celui dudit sieur du Luc, lequel mourut bien près de Lyon où il avoit rodé avec sa compagnie pèndant longtemps, ayant commis une infinilé de concussions , voleries , exactions indues sur le peuple; mais quant audit seigneur, jamais le Consulat n'a eu semblable idée de lui, etc. S. .

1580. — Juillet 2$. Procession générale pour la paix et le Jubilé. — — Le duc de Mayenne et M. de Mandelot y assistèrent. Il y eut sermon par le P. Emond Auger. S. ,

1580.— Août 3. Mort, à la CarrauJière, près St-Symphorien-lc-Chastel > où il fut inhumé, de Gabriel de Saconay, doyen du chapitre de l'église de Lyon , auteur de divers écrits de controverse religieuse pleins de faits curieux pour l'histoire de son temps. Biogr. lyonn.\ Guichenorç, Hist. de Bresse, continuation de la 3e partie, p. 348-9; Arch. duBh., VI, g5; Audin, Hist. de Calvin 9 passim ; Notice sur la Biblioth. de Lyon , édit. de 1837. Voyez cidessus, année i56i, et ci-après au 23 août.

1580. — Août 8. On avoit écrit, la veille, au secrétaire en cour, l'accident advenu , parle moyen du tonnerre sur la tour où étoient les poudres de la ville, qui yavoient été brûlées et perdues. On le charge d'instruire le roi decet accident ainsi que de la ruine du pont de la porte de Vaize. Act. cons. S.

1580. — Août 23. Le duc de Mayenne part de Lyon pour aller en Dauphiné. — M. de Mandelot partit le 25 pour le même pays, et ne revint à Lyon que le i5 novembre suivant. S. — Ces deux faits tirés de nos registres consulaires, se trouvent aussi consignés dans le poème De Tristibus Franciœ, p. 116. Nouvelle preuve que l'auteur de ce poëme n'est pas Gabriel de Saconay, mort, comme on l'a vu , le 3 de ce mois.-— Soulevés contre les nobles , les paysans du Dauphiné avaient pris les armes et se disposaient à piller et à brûler les châteaux, lorsque Mandelot reçut l'ordre de se mettre à la tête des troupes qui comprimèrent cette révolte, connue sous le nom de Ligue des Vilains. Kubys, qui, par erreur (p. 43o de son Hist. de Lyon), place cet événement à l'annc'e i58i , rapporte que Mandelot, après avoir désarmé les séditieux à Moyrans où il les avait cçrnés, les renvoya chacun chez eux avec un bâton blanc à la main. Chorier, Hist. du Dauphiné , 1 1 , 697 ; Mezeray , Hist. de Fr., III, 422 (édit. de i65i); A. P. Notice sur Mandelot , p. 7.5 ; J. Morin , V , 28 1 .

1580. — Septembre 2. M. de Montconys avoit envoyé son neveu h l'université de Bourges pour ) faire son droit; il avoit été séduit par son hôte pour

se marier avec sa fille. Le Consulat en écrivit aui echevins de Bourges , leur remontrant la pernicieuse conséquence, et le tort que cela feroit à la réputation de leur ville, si les jeunes écoliers encore sous la garde de leur tuteur se licentioient de faire de semblables action*. Il n'y auroit enfant de maison qui y seroit envoyé. Il le prie donc d'empêcher, en tant qu'il sera en eux, ledit mariage , etc. S.

1580. — Septembre 12. Lettre du Consulat à M. de Mandelot : « Monseigneur, repassant par cette ville le sieur Guerin , présent porteur, nous nous sommes asseurez sur sa suffisance' et fidélité d'une résolution que nous avons prise avec Mgr de la Manthe, pour, durant ces troubles, et soubz prétexte d'iceulx, nous oster vne espinc qui, comme vous sçauez, nous est grandement nuysible, et luy ayant faict entendre les moyens que l'on pourra tenir pour nous purger de ceste vermine, soubz toulesfois le bon plaisir et autorité de Mgr le duc de Mayenne et la vostre , nous vous supplions de le croyre et de nous faire entendre sur ce ce que vous en ingérez pour le plus expédient, mettant en considération les protestations de S. M. de ne vouloir rompre son édict,et, d'autre part , la contravention et entreprinse des villes que, au preiudice dud. edict, l'ennemy a iusques icy faicte, et attendant sur ce vostre intention pour l'exécuter, et nouvelles de vostre santé, que nous desirons plus que nostre propre salut , nous ne vous ferons plus longue lettre, mais prierons Dieu qu'il vous donne, etc., etc. De Lyon ce 1a ?bre i58o. .S.

1580. — Même jour 1a septembre. Le Consulat écrit au duc de Mayenne : * Monseigneur, les catholiques de vostre gouvernement de Mascon et nous, avons une espine qui nous picque tellement que, tant qu'elle sera verdoyante, nous ne serons asseurez de nostre repos, et pour ce que, il ne se pourra peut-estre de longtemps, présenter plus belle occasion de l'arracher que présentement que nous sommes rentrez aux troubles, et que quelque déclaration et protestation, voyre quelque debuoir que le roy ayt faict d'obseruer son edict de pacification et de n'y contrevenir, l'ennemy pour cela ne laisse de surprendre les meilleures et plus fortes villes qui, soubz le bénéfice dud. edict, vivoienten paix sanssoubçon, comme Mende et Cahors, nous nous sommes resoluz d'y pourvoir par les moyens que M. de la Manthe et nous avons dict de bouche au sieur Guerin , vostre secrétaire , pour les vous faire entendre, afïin que si V. £. trouve qu'ils se puissent exécuter sans altérer In bonté et sainte intention du roy, nous nous mettions en debuoir d'y remédier, selon le coinmandemeot que nous en recepurons de vous et de Mgr de Mandelot, sans lequel commandement nous ne voulons attenter ni innover aucune chose. Nous vous supplions, Monseigneur, croyre led. Guerin en ce qu'il vous dira de nostre part, et de nous faire entendre sur ce vostre bonne volonté, attendant laquelle nous vous baisons très humblement les mains, priant Dieu, etc., etc. De Lyon ce îa 7bre i58o. » S. ; J. Morin, V, 280.

1 580. — Octobre 19. François du Colombier, neveu de M. de Mandelot , est tué au siège de La Mure. — Ses restes mortels furent apportés à Lyon , où ils furent inhumés dans l'église de S. tionaventure. Son épitaphe mutilée et déplacée pendant le règne de la terreur, se trouve maintenant au milieu de la nef avec plusieurs autres pierres tumulaires qui ont servi à paver l'église. Voyez les Grands Cordeliers de hyon^ par M. l'abbé Pavy.

1580. — Novembre i5 (dimanche). Le Consulat se rend à la Guillotière pour recevoir M. de Mandelot revenant blessé du camp du Dauphinc. — Ils

dînèrent ensemble au logis de Laurent Ferragus, hôtelier de la Guilloiière, auquel le Consulat fit payer 5 ecus pour ce dîner. — On avoit fait présent de (\ ponsons vin, deux de blanc et deux de clairet, acquis d'Antoine Scarron , à M. le duc de Mayenne , à son passage en cette ville pour conduire l'armée que le roi envoyoit en Dauphiné (voyez ci-dessus au a5 août). — M. de Mandelot occupoit , depuis environ un an , la maison de noble Pierre de Ballion (ou Baglioni), en rue S. Jean , joignant celle dudit seigneur. S.

1580. — Décembre m, M. l'avocat de Roehefort prononce l'oraison doctorale.— On lui fit payer pour cela 8 écus a,/3 d'or sol. S.

1580. — On bâtit sur la montagne, du côlé de Vaize, vis-a-vis le fort S. Jean , une tour dont on voyait encore, en 1 789, les restes assez bien conservés , avec un mur le long de la colline , aboutissant à une première porte qui était défendue par un fossé et un pont le vis. On y avait mis les armes di: la ville et celles de France au-dessus , entourées du cordon de l'ordre du S. Esprit institué , l'année précédente , par Henri III. On y remarquait cette inscription : un Dieu, unroy, une fay , une loy, avec la date de i58o. Arch. du Eh., V, 436.

1580. — « L'archevêque de Lyon , Pierre d'Espinac , requiert les conseillers-recteurs de faire exhumer le corps de Noël Dupin , protestant, qui avait été enterré dans le cloître de PHôtel-Dieu, et d'enlever la pierre placée sur sa tombe. » Dagier , H lit. de /' Hôtel-Dieu de Lyon^ I, 121. — En 1 58a, nous dit le même auteur, p. ia5, la mère des filles repenties ou religieuses se plaignit de ce qu'on faisait enterrer a l'hôpital, sans aucune rétribution, grand nombre d'habitants de la ville et surtout de calvinistes. Alors les conseillersrecteurs arrêtèrent qu'à l'avenir, tout habitant qui aurait « quelques petits moyens pécuniaires » ne serait pas enterré au cimetière avant qu'on ne payât pour sa sépulture la somme de deux cents écus au soleil (1). — En i586, dit encore M. Dagier , I, 141 5 plusieurs calvinistes avaient été enterrés dans la galerie de l'Hôpital entretenue aux frais de In confrérie de Sainte-Croix ; quelques confrères ayant demandé aux recteurs que les ossements des calvinistes fussent enlevés et jetés en terre profane, les recteurs répondirent que ces individus n'avaient été enterrés dans celte galerie que par l'ordre exprès de M. de Mandelot , gouverneur de la ville , et en .présence des courriers de la confrérie de Sainte-Croix. Il fut cependant arrêté à l'archevêché où se rendit le Consulat que les catholiques seuls seraient enterres dans la galerie de l'Hôtel-Dieu , mais que les inhumations qui y avaient été faites seraient respectées.— En 1602, les recteurs informés que les protestants sont enterrés au cimetière de l'Hôtel-Dieu , quoiqu'ils ne soient accompagnés que par des soldats du guet , ordonnent aux serviteurs de la maison de ne permettre à l'avenir aucune inhumation de ce genre , que sur la représentation d'un ordre écrit de M. de la Guiche , gouverneur de Lyon (page 186). — En 161 a , on continue d'enterrer les protestants au cimetière qui leur est réservé dans le jardin de l'Hôtel-Dieu (p. a 16). Voyez ci-dessus, au 4 février i56a , et ci-après Mars 1698.

1580. — Mort d'Amédée de Baronnat , chantre et chamarier de S. Paul en i56a. Il avait été député par le clergé de Lyon pour informer le roi des ra-

(1) Cette circonstance nous explique pourquoi le poète Tonng paya la somme de 7*9 livres 12 sols pour les frais de 1'ealerreroent de sa fille, qui fut iuhumée le 10 octobre 1736 , à l'Hôtel-Dieu, daus le cimetière de Messieurs de la religion prétendue réformée de la nation suiue. C. B. Nouv. Mél. , p. 363.

vnges commis à Lyon par les huguenots. — H fut, ajoute Peroetti auquel nous empruntons ce fuit ( I , 58a) , abbé de Joug-de-Dieu , en Beaujolais, et de Lachassaigne, en Bresse; mais, s'il faut s'en rapporter aux auteurs du Gallia Christiana (IV, a83 et 5o2) , Amédée de Baronnet n'aurait été abbé de ces deux monastères qu'en 1590. Pernettt se serait donc trompé sur la date de sa mort.

1580. — Jean Beauchcsnc , parisien , après avoir parcouru la plus grande partie de l'Italie pour se perfectionner dans l'art de l'écriture , vint , à son retour, s'établir à Lyon où il prit son domicile en rue Mercière , ù l'enseigne de la Trinité; il y exerça la profession de maitre écrivain , et publia Le Trésor d'escritnre auquel est contenu tout ce qui est requis et nécessaire d tous amateurs dudit art. Ce livre cité par du Verdier, a été longuement décrit par Papillon ( Traité de la gravure , I, 254 ) > mai* ni l'un ni l'autre n'en donnent le format. Salomon Bernard , suivant Papillon , aurait dessiné et grave* le quaclre d'ornements et la figure qui entoure le titre de ce volume , que son auteur de'dia h M. de Mandelot.

158t. — Janvier 5. Séance consulaire. A la demande de M. de Villars, président du Consulat, ou arrête que , sous le bon plaisir de M. de Mandelot, il sera permis à tel chasse-marte qui se voudra présenter, d'aller en Pile de Martigues ( Provence ), et en rapporter, en c«'tte ville, de la marée , pourvu qu'il n'aille en lieu suspect de contagion, et qu'il rapporte certificat, à chaque voyage, deslieux où il se sera arrêté. Il lui sera donné par le Consulat des lettres de provision , en l'orme de déclaration ; enfin il lui sera permis de faire à ses dépens, et de porter, en ses voyagea, des couvertes aux armoiries de la ville. S.

1581. — Janvier 7. Le Consulat « ayant advis de bonne part que les ennemys et pertubateurs du repos public, soubz prétexte d'ung parler de paix et suspension d'armes, ont machiné une entreprise sur cette ville,.... » en informe M. Mandelot, qui rend une ordonnance, portant, entr'autres dispositions, qu'il sera fait commandement « à tous vagabonds et autres gens sans adveu de vuider lad. ville dans trois heures après la publication des présentes sur peines et punitions corporelles.... »

1581. — Janvier 19. Séance consulaire. Le Sr du Soleil remontre les abus qui se commettent sur l'ordre et l'heure des séances, les uns venant trop tard , ce qui fait qu'on ne peut vaquer aux affaires. Il est arrêté, d'un commun accord, que tous les echevins se trouveront, les joursordinaires, au Consulat, entre a et 5 de relevée , en sorte qu'ils y soient tous avant le coup de 3 heures , sur peine d'un teston pour chaque fois , <jue le défaillant sera tenu de mettre a la boè'te des pauvres, tous empêchements sauf les légitimes cessants*. Quant à ceux qui manqueroient en entier la séance , n'ayant prévenu de ses légitimes empêchements, ils seront tenus de mettre deux testons en ladite boëte. S.

1581. — Janvier a5. Guillaume Paradin dédie ses Epigrammata (Lugd., Ant. Gryphius , in-40. ) à Pierre de Nagut , précenteur de l'église de Lyon. M. Collombel a fait connaître ce volume daus ses Etudes sur les historiens du Lyonnais (p. 46-8 et p. xx); nous n'en extrairons qu'une pièce , la seule do toutes qui puisse êtro considérée comme une épigramme :

ÏN HCTINCM EBII09VIT.

Tonnes.

Totus aqualiculus , quin verius amphora vixit ,

Pernicies , gurges , exitiumque meri Ebricusbaoc auimani bibulas rectavit ad umbras:

Dcsiit et primuni viverequam bibere.

Les mêmes idées se retrouvent dans la Secchia rapita de Tassoni , cli. it , st. 28 et 29.

1581. — Février 14. Le Consulat nomme trois des échevins sortis Tannée dernière , savoir les sieurs Valleson , Pierre Searron et Pelletier , pour avoir l'œil et intendance, sous le Consulat, et avec deux échevins actuel*, sur les affaires de l'Hôtel- Dieu , gouvernement et administration d'icelui. Ils seront pries, de la part du Consulat, de se trouver au bureau dimanche prochain pour commencer à vaquer à ladite charge. S. — Cette nomination de recteurs de l'Hôtel-Dieu n'est pas la première, on en trouve un autre exemple dans nos actes consulaires, au 20 mai 1579.

1581. — Février 14. M. de Mayenne devant séjourner quelque temps à Lyon , le Consulat arrête que l'on continuera à lui présenter du vin blanc et clairet. — Il demeura cinq semaines à Lyon , et en partit le i3 Mars. — Ou lui offrit du vin deux fois par jour jusqu'à son de'part. S.

1681. — Février 29. Séance consulaire. On arrête d'écrire à Messieurs les Maire et Jurais de la ville de Bourdeaux « pour leur prier de faire chercher en leurs archives les anciens privilèges de celte ville (de Lyon) que l'on dit y avoir été portes par le moyen des guerres qui furent du temps de Charles» Martel: et d'en prier Monseigneur de Bellièvre qui y est présentement pour les affaires du roy. » Jetés cçns. — En conformité' de cette délibération , le Consulat écrivit aux Maire et Jurats de Bordeaux la lettre que voici :

« Messieurs, Nous croyons asseurement qu'il n'y a ville en ce royaulme à laquelle les troubles n'ayent apporté perte et dommage, et celles qui ont été, par malheur, surprises des ennemis du repos public, s'en sont beaucoup plus ressenties que les autres qui ont eu celle spéciale grflee et faveur de Dieu que d'avoir demeuré en leur entier. Or, enlre toutes celles qui , en l'année i5i>2, furent les plus mal traitées, celle-cy se peut bien dire la première , en ce principalement qu'elle a élé spoliée de toutes les pancartes et aultres litres et enseignemens qu'elle avait des privilèges qui lui ont esté baillez par les roys : car des aultres qu'elle avoit auparavant que la couronne tombast ù Charlcsinagne , elle en avoit esté privée et dessaisye, et le tout porté ci* toi archives , où , comme chose digne d'estre conservée pour son antiquité , elles ont esié jusques icy soigneusement et fidellement gardées, ainsy que nous avons, longtemps a, entendu de bonne part : ce qui nous auroit meu de vous prier par deux diverses lettres qu'il voqs plaise nous favoriser de tant que de nous en accommoder, ou, pour le moings, de vidimusauthenticques, faictx h nos despens sur les propres originaux, s'il ne vous plaisoitde vous dessaisir desd. originaux qui ne vous concernent en rien, et qui nous pourroient beaucoup servir pour (a conservation de nosd. anciens privilèges , et parce que nous n'avons eu aucune response de nos précédentes lettres , ce que nous croyons estre advenu par l'empire du temps, nous vous avons bien voulu faire encore ceste recharge par ce porteur, M. le contrôleur Pcrdrigeon no-

tre concitoyen, cl tous prier de nous esconduire en cestie nostre tant juste requeste , de laquelle nous nous revancherons tousiOurs en cas semblable , avec aultant d'affection que nous présentons nos recommandations, etc. A Lyon ce 2 mars 1 58 1 . »

Le Consulat écrivit en même temps a M. de Bellièvre , conseiller du roy en son privé conseil et superintendant de ses finances pour l'engager à s'intéresser « pour une affaire qui est de très-grande importance pour l'honneur « et réputation de celte ville , assavoir de nous estre favorables envers « MM. les maires et jurais de Bourdeaux , à ce qu'il leur plaise de remettre

• au sieur Perdrigeon les pancartes et anciens privilèges de ceste dite ville , « que l'on nous a dit y avoir été transportées du temps de* guerres qui fu- « rent sous Charles Martel. C'est une antiquité qui ne peut apporter aucun

• profit à lad. ville de Bourdeaux et nous pourra beaucoup servir, ne fuut- « ce que pour monstrer qu'elle esloit ceste ville en ce temps là , etc. , etc •

La lettre envoyée par le Consulat ne se trouva pas signée par hasard ; .le maire de Bordeaux y eut peu d'égard , mais, à la recommandation de M. de Bellièvre qui se trouvoit pour lors à Bordeaux, les jurats de Bordeaux ordonnèrent que l'on feroit la recherche, pour ensuite être délivré aud. S' Perdrigeon, tout ce qui serait retrouvé.

Le Consulat informé de cela, en écrivit de nouveau aud. maire etjuratset » M. de Bellièvre. S. — Le recueil ins des privilèges de la ville de Lyon , dont le Consulat faisait alors la recherche, a éle' retrouvé à Antun en 1826, et réinte'gré dans les archives de la mairie de Lyon, qui en a fait l'acquisition moyennant une somme de mille francs.

1581. — Murs 18. Le Consulat ordonne « que pour l'entretenement de la sante qu'il a plu à Dieu donner à la ville, et empescher qu'elle ne soit altérée, les ordonnances qui ont esté cy-devant faictes pour le faict de la sante seront réitérées , et qu'au prochain Consulat , il sera pourvu à nouvelle élection des députes pour le faict de la saute. » Ad. cons.

1581. — Mars 5i. Pose de la première pierre de la chapelle de S. lloch. — Voici le procès-verbal que le Consulat ût dresser a celte occasion :

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