‹ Notes et documents pour servir à l'histoire de LyonChapitre 9 sur 26 · C. Claude de Jussieu. Ant. Charverie · texte numérisé non relu

C. Claude de Jussieu. Ant. Charverie

Loys Riberol. Ant. Gojon. 38.

Desquels en comparurent les 9 ou i o ci-dessus marqués en marge d'un C.

Après que ledit gouverneur eut fait entendre la volonté du roi, portée par ses lettres à ladite assemblée, et les eût exhortés à vivre ensemble en bonne paix, lesditséchevins ont déclaré et protesté que, quant à eux, ils veulent et entendent vivre en paix et union sous l'obéissance du roi, priant ceux de la religion prétendue reformée de faire de même et de n'entreprendre chose

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nui puisse altérer le repos public. Apres, lesdîta Guillaume Durier , Fr. de la Camélia, Jean Nazy, Christophe Couchaud et Ant. Perrin ont remontré que l'on le.ur fait tort de les avoir appelé? avec ceux de ladite religion, parce que, combien qu'ils en ayent fait autrefois profession, si est-ce que depuis qu'il a plu à Dieu de les inspirer à se réduire et professer la foi et religion catholique , ils n'ont jamais fait ni pensé de faire chose, comme aussi ils ne veulent faire à l'avenir, qui contrarieroit au bien et repos public, volonté du roi et diminution de ladite religion catholique , dont-ils ont requis leur être expédié acte, pour n'être ci-après mis au r le desdits de la religion; et parce que tous ceux quiavoient été mandés n'avoient comparu, ledit sieur gouverneur a ordonné qu'ils se rassembleront de nouveau en son logis pour leur f.iire entendre ce que dessus ; et à ces fins leur a assigné mardi 1 8 de ce mois, à 9 h. du matin. S.

1576. — Décembre 18. Le Consulat certifie et passe procuration pour affirmer que «ei années i56^, J568 et 1 56g , les consuls-cchevins n'ont manié ni reçu aucune chose de la vente des biens , soit des frères Darut ou de quelque autre que ce soit de la religion prétendue réformée, mais qu'il en a été entièrement disposé par et selon les ordonnances de M. le Gouverneur. ... » S.

Même jour. — Le Consulat ayant eu communication d'une requête présentée de la part de Mgr. l'Archevêque de Lyon à Mgr. le Gouverneur, tendant aux fins que, suivant l'éditde pacification, il plût audit S. Gouverneur, lever la garnison qui est au château de Pierre-Scise, appartenant de toute ancienneté audit sieur Archevêque, et le réintégrer en la jouissance dndil château, déclare qu'il n'a que dire pour empêcher que ledit Sgr. Archevêque ne soit reintégré en la jouissance dudit château à la charge d'y établir par ledit sieur Archevêque , un capitaine qui soit agréable à mondit S. le Gouverneur et à ladite ville, et d'y tenir garnison non suspecte, lors et quand la nécessite' des affaires le requérera. lin même temps le Consulat fait écrire aux députés iux états pour empêcher «le tout leur possible que la justice ordinaire de Lyon ne soit rendue par le roi à Monseigneur l'Archevêque de Lyon.

On ordonne de faire un présent de confitures, jusqu'à 20e.ua sol , au Seigneur de la Mante , capitaine de la citadelle. S.

1576. — Décembre. M. de ÎUandelot vient communiquer au Consulat «certain* articles d'une ligue ou association qui se dresse entre les princes, seigneurs, -genlilhommes et autres, tant de l'état ecclésiastique que du tiers état du royaume, pour l'honneur <le Dieu, extirpation des hérésies, et manutention de la couronne en la maison de Valois.» — Les conseillers déclarent n'y rien voir a qui ne soit â l'honneur de pieu et à la fidélité qu'ils doivent ait roi, ». Mais ils arrêtent que, pour donner a l'adoption de la ligue une plus grande solennité, on appellera au Consulat les plus apparents des catholiques.— Il n'y eut qu'une voix , dans cette nouvelle assemblée, pour louer Dieu d'avoir inspiré cette sainte ligue aux princes^et aux seigneurs; alors, d'après l'avis de.* notables, les conseillers, comme représentant le corps commun de la ville, se déclarent tous membres de l'association, en signent les articles , jurent de les observer et de les lenir secrets. Toutefois , sur l'observation de M. de Chastillon, on arrête que l'on s'informera comment les échevins de Paris se sont conduits dins cette même circonstance. J. Alorin , v, 275.

4576. — Le Consulat veut établir le marché de la cuiralerie dans la rue Juivciie ; les recteur* de l'Aumône et quelques particuliers s'y opposent. La

contestation csl portée au parlement de Paris. Dagier, Uitt (U VHviei-Diea

1576. — Jusqu'à présent en avait t rouvé quelques lambeaux des copies des letres écrites par le Consulat à des époques diverses, sans suite et sans ordre. C'est sur la fin de cette année que le nouveau secrétaire de la ville, Benoît de Troncy, recueillit le premier, en un registre, les lettres du Consulat. En tête de ce registre est la lettre suivante :

A Messieurs les consuls eschevins de lu ville de Lyon, Benoist du Troncy, leur très-humble secrétaire et serviteur, Salut.

Messieurs, la mémoyre des actes heroicques cl aultres choses dignes de remarque des siècles passez ne lut jamais parvenue jusqu'à nous, si ceux qui étoient de ce temps là ne les eussent laissez par eseript, les ungs par forme de discours et annales, et les aultres par epistres et lettres missives que les atnjs sVntreeripvoient les vngs aux aultres pour s'en donner reciprocque<ment advis des occurrences de leur temps. Je ne veulx icy comprendre les epistres de Sl-Pierre, de Sl-Pol, et aultres apôtres, ni celles de St-Hierosme, St-Cyprian, Sl-Augustin, Sl-Ambroisc et aultres docteurs de l'esglise, lesquelles servent ànolre édification et instruction en noslrc l'oy et religioncalljolique : mais je parle de celles qui concernent les affaires d'cslal, police et gouvernement des républiques , comme, entre les Grecs , celles d'Tsocrate et Platon, entre les Romain», cellesdc Cicéroo et de Pline second, et sur le déclin de l'empire, celles de Symmaque, Cassiodore, Sidonius et Ennodius, et de ce siècle assavoir, depuis cent ans en eà, celles du cardinal Sadolet, de Budé, d'Erasme et de Vives, et, du temps présent, celles de l'Advocat Pasquier qui, par icelles, faict un sommaire discours, quasi romme ung diairt, de tout ce qui s'est passé en France depuis l'an 54 jusqu'à l'an 86. Celte considération m'a meu de conserver à la postérité, toutes ou pour le moings la plus part des lettres missives que, depuis le moys d'octobre 1676, que j'ay eu cet honneur que d'eslre pourveu (combien indigne) du secrétariat de ceste ville, ont esté escriples et envoyées au nom d'icelle au Pape, au rov et aultres princes et personnages illustres, villes et communauléz , par lesquelles, encores que couchées en fort bas style et ineple, vovre si mal limées qu'elles ne méritent d'estre veucs, si est-ce que la postérité Icslis.int, pourra pour le moings recognoistre les grandes et insupportables charges que vous avez eues sur les bras depuis ledit temps, et par là pourront juger que si la ville a esté endebtée comme elle est en grandes et excessives sommes, que la nécessité des affaires et la malice du temps en a été l'origine cl seule cause. Je vous présente doneques, Messieurs, ce mien recueil, ou plustôt soigneuse garde que i'ay laicte des dites lettres missives qui comprendra deux ou troys gros volumes, dont cesluv-cy est le premier que ie vous prie recepvoir d'aussi bon cœur que i'ay eu "de soing de le vous conserver. » A. P., Variait hist., p. 5o.

1577 Janvier iG. Le Consulat écrit à ses députe's,lcs sieurs de Masso

et Scarron :

« Nous receusmes hier seulement voz lettres du 4 d" présent, par lesquelles nous vous discourez de la diversité des opinions que l'on a eues en vostre assemblée du tiers estai pour la ligue. Nous vous avons prié, par nostre dernière depesche, de nous faire certains de ce que Mrs. les Prévost des marchands et échevinsde la ville de Paris avoient sur ce résolu, pour nous y conformer, et attendant sur ce vostre responce , nous n'avons voulu délivrer noslre résolution sur ce prinse et conclue.... Au reste, on nous souffle «UX oreilles la guerre de toutes paris, et semble que Je Forez veuille eslre

de la pari je, à lu sollicitation Je quelques ungsdo la noblesse malconlens. M. de Mandelot y auoit envoyé e nlr'aullres son trompette; mais ils n'en sont encore point retournez. Dieu veuille donner bonne vssuë à ce maulvais commencement, et assister ledit Sgr. de Mandelol, lequel s'est résolu y aller en personne avec vue petite troupe de soldats volontaires qui l'ont suivy, attendant que la ville puisse lever vne ou deux eompaignies bien armées qui aillent à son secours , comme nous nous sommes bien résoluz de faire, préuoyant bien que nostre repos dépend de ccluy de nos voysins, etc., etc. De Lyon ce 16 janvier. » S.

1577. — Janvier 17, Pierre d'Kspinac prononce, aux états de Blois, un discours qui fut imprimé la même année; Paris, Pierre CHuiltier, in-8".

1677. — Janvier a5. Le Consulat écrit à ses députés , les sieurs de Masso et Scarron :

«....Nous espérions avoir bientôt response de celles que nous vous avons escrites pour le faict de la ligne et pour le désir que nous avons d'entendre au vray ce qui a esté résolu dans vostre assemblé sur le faict de la religion, d'uultunt que delà dépend la paix ou la guerre. Nous ne laissons cependant de continuer la garde et de faire lu recherche des estrangiers , à cause do l'absence de M. dcMandclut que nous espérons eslre en brief de retour du pavs de Forez, lequel i! a dextrement rendu pacifique.,. De Lyon le 2D janvier 1577. » S.

1577. — Juuvitr, î5. Le Consulat écrit à Mgr. l'Archevêque de Lyon, primat de France :

• Monseigneur, ayant eu advis de noz depputez qu'au cayer gênerai du tiers estai , il a voit esté résolu que S. M. seioit suppliée d'octroyer un g parlement an gouvernement de Lyonnois, nous avons conceu une grande espérance de l'obtenir par la faveur de laquelle vous nous pouvez assister. Ce sera (oullre l'obligation perpétuelle que cette province vohs debvra)ung accroissement de tout heur et félicité à vostre grandeur, estant primat de France et premier conaeiller-ne audit purtement, pour lequel obtenir nous vous supplions de nous aider de tous vos bons moyens , desquels nous nous tenons du tout asscurez, qui faict que nous ne vous en faisons plus longue lettre; mais après avoir présente nos très-humbles recommandations à votre bonne grâce, prierons Dieu, Mgr., vous donner, bonne santé, trèsheureuse et longue vie. De Lyon , ce a5 janvier 1576. Vos très-humbles et Irès-attectionnés serviteurs, etc., etc.»

Semblable lettre à M. le Chancelier de Birague, o\\ on lit que depuis que cette ville eut l'honneur de l'avoir eu pour gouverneur, elle l'a tenu comme le père de cette province, etc.—- Autre à M. J'Iivêque de Paris, où il est dit : « Monseigneur, cesle ville n'a jamais eu tant de felicilé du temps de l'empire romain, pour avoir esté la mère nourrice de Claiulius, empereur, qu'elle a eu d'honneur en ce temps turbulent, que vous et Mgr. votre frère y avez prins nativité, d'uultanl que, par vous deux, elle a éLo j?ecourue et soulagée ou les occasions se sont présentées, comme nous espérons qu'elle sera encore présentement, etc., etc. — Autre enfin ù M. Dellièvre, conseiller du rov, superintendant de *es finances, où se trouvent ces mots : «... L'asseurance que nous avons que ne défaillerez en cest endroict à vostre patrie » S.

1577. — • Janvier 5o. Publication de la déclaration du roi (de juillet 1576) sur le faict et reformation des habits. — On lit dans le préambule de cette déclaration que les simples Gentilshommes se montrent par chacun jour au-

tant superbement parés,- comme s'ils estoyent ducs ou barons,... qu'il n'y a à présent aucune distinction entre les roturiers et les nobles, etc. Le roi défend, entr'autres dispositions, aux femmes des non nobles de porter l'habit et accoustrement de damoiselle et atour de velours , etc. — A celle occasion, le président de la sénéchaussée de Lyon, Hierosme de Chastillon, publia un Bref et vtile discours dont nous parlerons ci-après.

1577. — Févriet* s. Mort de Jean Ma heu , proies des Dominicains de Lyon, dans le couvent desquels il était entré en 15-29. — Il était liés versé dans les langues hébraïque, grecque et latine, et on conjecture qu'il fut un des disciples du célèbre orientaliste Santé Pagnino, mort dans le même couvent, le a4 aoûl i536. Maheu se distingua par l'ardeur infatigable avec laquelle il combattit les Calvinistes dans ses prédications. Rubys, qui le compare à une lumière ardente qui éclairait l'église de J. C, nous apprend que, conjointement avec son confrère, le bon père Pyrns (Jacques Périer), il ne cessa point par ses doctes discours et parles écrits qu'il faisait courir parla ville, de s'opposer au progrès de l'hérésie , et de « rembarer les assaux que les tni- • nistres (protestants) donnoyent à l'Eglise catholique.» Hist.dt Lyon, p. 3qi, voyez aussi la Biblioth, scriptor ord. praedicator., 11, 246.

1577. — Février 7. Le Consulat écrit à ses députés, les sieurs Scarron et de Masso :

«Messieurs, en attendant, en bonne dévotion, la résolution que nous désirons avoir de vous pour le faict dont nous vous avons écripl par tant de foys, et pour l'exécution duquel M. de Mandelot est présentement en Beaujolois, nous vous dirons que ceulx du plat pays se font entendre avoir obtenu arrest du privé conseil... Vous aurez aduis que la publication de l'édit faict sur le règlement du port des habits de soye, a atteint beaucoup de personnes et notamment les notables bourgeois de teste ville qui ont à honneur d'avoir esté eschevins ou qui sont nez de pères eschevins, lesquels nous en ont fait une bien grande reinonstrance , et nous n'avons pu leur refuser nostre protection, tant parce que lesdites défenses générales préiudicieroient à nos privilèges d eschevins, etc., que à cause du désordre et mescontenlement que cela pourroit engendrer dans le peuple, pour le regard même des femmes qui, depuis 10, 12, l5 et 20 ans, voire de tous temps, ont porté Yatourde velloux, qui est vue costume invétérée en cesle ville

Ce que nous vous prions de remontrer très-humblement à S. M., et la supplier de nous accorder semblable déclaration que celle du feu roy Charles dernier,décédé, en laquelle vousy ferez comprendre ceux qui ont esté eschevins, et les femmes qui de tout temps ont porté le chapperon de velloux , et ce pour lu regard dutlil atour tant seulement, etc., etc. » S.

1577. — Février 17. Le Consulat écrit aux sieurs de Masso et Scarron, députés à Blois :

«Messieurs nous vous escripvismcs hier comme M. le Gourverneur se proposoit d'aller avec forces en Forestz, pour ernpescher la descente de l'ennemy, lequel s'approche de Montbrison, «'estant saisy de la ville d'Amberl, et que ledit Sgr. nous Heinandoit secours de 200 hommes de pied. Nous convocquasmes une assemblée générale au Consulat, ou partie des plus notables bourgeois mandez comparut, l'aullre partie n'y daigna venir pour le despit el le mécontentement qu'ils ont eu de l'édict de la reformation des habits, lequel edict et ung aultre, qui fui le jour d'hier publié, des francs fiefs et nouveaux acquests sont directement contraires el derugalifs à noz privilèges : ce que mesme quelques ungs.qui assistèrent à ladite asscmblée,sceurcntliès-

Lien remonstrer, disant que la ville s'étoit tousiours gardée ù ses dcspcns contre l'entreprise de Pennemy, sans que les finances du roy ayent été diminuées, et néantmoyns, pour toute récompense, au lieu de sçauoir gré aux habitants de la bonne volonté qu'ils ont toujours eue au service de sa majesté, on leur ostc les privilèges donnéz par ses prédécesseurs roys,eton les

expose à la domination et rapine d'ung las de sergents royaux et aultres

gens semblables; tellement que si nous n'eussions promis en ladite assemblée, de supplier S. M. qu'il luy plaise revocquer les dits édicts pour le regard de ceste ville, il ne s'y fut rien faict ; et, à la vérité, il nous semble que nous ne sommes pas au temps que le roy, à Pappetist de quelques particuliers qui font partv sur tels édictz, deust mescontenler ses meilleurs et plus loyaulx subiecls , même ceulx qui ont les moyens de subvenir aux affaires qui se présentent, estant l'édict des habits plustôt procédé de la malicieuse invention de Sathan et de ses ministres que d'ung bon zèle et réformalion de kuperûuilé : car, voyant Sathan la saincte résolution prinse aux estais, de chasser ses ministres hors du royaulme, pour n'y auoir que la vraye religion catholique, apostolique et romaine, il a suscité ung de Castella et aultres ses semblables de brasser ledit edicl et en poursuiure l'exécution , affin que les riches et opulents catholiques qui exposèrent leur vie et biens pour l'exécution de ladite résolution des estais, soient tellement mécontents et dépitez, comme à la vérité nous voyons qu'ils sont, que se laissant aller a leurs passions (lesquelles ne sont pas hors de raison), ils souffrent couler leurs affaires comme elles pourront, dont S. M. pourra recepvoir cent fois plus de dommage que les partisans (t) ne retireront de profit des amendes qui procéderont de l'infraction dudit édict. Ce qui faict en effect trouver plus aigre l'exécution dudit edicl, est le parti/ que l'on dict auoir esté faict par quelques-vngs sur les amendes qui en proviendront, et par là l'on cognoist que, soubz prétexte de vouloir reformer un luxe ou superfluité (ce que tous désirent estre doucement et modestement faict), l'on veult attaquer ung chacun par graves et insupportables amendes desquelles le roy ne tirera jamais un liard. Sou? vous prions donc de remonstrer tout cecy à S. M. . incontinent la présente reçue, et la supplier d'y remédier promptement, soit par révocation , sursoyance, déclaration particulière, comme la ville de Paris a eue, et plus ample , s'il est possible, même pour ce qui concerne Yatour de vcllonx que , de tout temps et ancienneté , les femmes issues de bonne et ancienne maison ont porté. Tâchez d'y pourvoir le plus tost que vous pourrez, aussi pour le scandale que nous apporte ce, que la pluspart des femmes les plus honorables ne sortent de leurs maisons, de peur d'estre surprinses, etc., etc. De Lyon, ce 17 lévrier 1 077. >» S.

1577. Février 10. « Le château de Quirieu étoit l'une des plus forles places qui fut à l'entour de Lyon du côté du Dauphiné. En cette place avoit été mis un gentilhomme du Puy pour capitaine et gouverneur. Le Consulat lui écrit pour l'en féliciter et l'avertir de quelque entreprise qui se brassoit contre celle forteresse. «> S.

1577. — Février aa. Le Consulat écrit aux sieurs de Masso et Scarron , députés a Blois :

( 1 ) C'est ainsi qu'on appelait autrefois les fermiers du roi.ou plutôt ceux qui avaieut traité avec le roi pour recevoir les droits qui lui appartenaient , et l'on appelait parti le traité qui a\ait été fait à ce sujet. » Les partisans , a dit la Bruyère , nous fout sentir toutes leurs passions l'une après l'autre : Ton commence par le mépris à cause de leur obscurité; on les envie ensuite , on les hait , on les craint, on les estime quelquefois, et l'on vit assez pour finir à leur égard par Ja compassion. »

«Messieurs, nous vous exhorions de faire toute la diligence possible

d'obtenir vng parlement, et de n'yespargner poursuites, promesses ou aultre chose qui y puisse servir, et ou ce coup seroit rompu et empesché par la ville de Paris, comme nous avons bien opinion qu'il sera, nous vous prions de poursuivre l'attribution de nos prcsidiaulx de la jurisdiction criminelle en dernier ressort , et observation de l'édit de 1 , par lequel lesdits prcsidiaulx peuvent juger jusqu'à 1200 livres par provisionnel 1000 livres définitivement et par jugement souverain. — M. Dufour a eu advis qu'il y avoit eu quelque chose entre Mgr l'Archevesque et vous, et toute fois, par vos lettres du 12, vous ne nous en faistes aucune mention : ce que nous trouvons fort estrange.... — Nous vous dirons que nous sommes résolus d'entrer en la ligue, comme les aultres bonnes villes ; et parce que, par icel!e,nous promettons de fournir et contribuer pour noslre cotte part aux frais de la guerre, nous ne sommes pas d'advis que, si vous estiez recherchez défaire quelques promesses et de donner argent au roy, que vous le fassiez: car il n'est possible que nous puissions faire cl l'vng et l'aultrc. Nous levons deux compagnies «le gens de pied, sous la charge du jeune Plalel? pour envoyer à M. de Alandelot, qui est par ly cedit jour pour aller en Korestz, où il dressera une petite année pour en chasser l'ennemy; s'il s'y veult empiéter, il nous faudra entretenir longuement ladite compagnie en beaucoup plus grand nombre de soldatz pour le faiet de ladite ligue, qui seront frais insupportables à ceste ville, etc., etc. •» De Lyon, ce 18 feurier 1 577.

Par une lettre du Consulat aux échevins de Mûcon, Villefrancbe et Belleville, on voit qu'il avoit couru à Lyon un faux bruit que la ville de Trévoux, avoit été prise par l'ennemi. Ce qui y avoit donné lieu étoit une assemblée qui s'éloit faiie en la ville de Chàtjllon en Bresse, on s'étoient trouvés les principaux capitaines de la religion en ces marches, et quelques uns des réfugiés à Genève. A ce sujet le Consulat exhorte lesdits échevins et villes voisines de Lyon de se garder de surprise et de faire souvent des recherches exactes par les maisons : car, aujourd'huy, dit-il, l*on ne prend les villes que par surprise et intelligence. S.

1577. — Février 26. «M. de Mandelot poursuit l'ennemy (savoir le jeune de Cozan qui vouloit remuer en Forez) qui n'a pas osé comparoistre devant ses forces. Si M. de Mandelot ne fût sorti de Lyon pour s'opposer au dessein des rebelles, tout le pays de Forez étoit perdu, et tous les jours l'ennemy

eût fait des courses jusqu'aux portes de Lyon » Extrait d'une lettre du

Consulat aux députés à Blois. S.

1577. — Février 26. Le Consulat écrit aux députes de la ville à Blois; il leur accuse réception de la déclaration qu'ils ont obtenue du roi sur l'édit du règlement des habits ; mais elle n'est pas telle qu'on l'eût désiré. Au lieu d^être seulement pour les échevins et les notables bourgeois qui ont été échevins, ce qui ne faisoit par de doute, puisque , étant anoblis par l'échevinage , les échevins pouvoient jouir des privilèges des nobles vivant noblement et sans faire le négoce, il étoit seulement besoin d'exprimer esdites lettres', les notables personnes qui ont été échevins, et ceux qui en sont descendus en loyal mariage, avec les femmes, qui , de toute ancienneté, ont porté Vatour de velours. On les engage à avoir d'autres lettres pour contenter beaucoup de personnes, etc. — Les députés obtinrent, en effet, une autre déclaration stipulée dans les termes que dessus, et y comprenant les officiers de la ville et les femmes d'ancienne maison qui avoient coutume de porter Vatour de

retours. Celte nou relie déclaration est datée de Blois, le 7 mars 1577.» S.; C. B. 9 xv, 459,

1577. — Février 27. Séance consulaire. M. Thomas Faure, penon du quartier de la rue de Flandres, étant absent, et ne faisant pour ses affaire» grand séjourà In ville, le Consulat,.... en considération du devoir et service qu'il a fait, le décharge et exempte du guet et garde, et désigne pour le remplacer noble Justinien Panse. Celui-ci s'en excusa, mais, gagné parles remontrances de M. de la Mante et des sieurs échevins, il avoit à la fin accepté; cependant il remontra qu'il conviendroit agrandir son quartier où il ne sauroit avoir que 5o ou 60 inquilins en tout. Sur quoi le Consulat confère ledit penonage audit sieur J. Panse , et, après avoir sur ce oui les sieurs Jean de Bourgogne le jeune et Jean Perricaud, penons des rues de l'Albergerie, Peyrollerie et Puits-du-Sel , il ordonne et détermine les limites de ces trois penonages , ainsi qu'il suit : Le penonage dudit sieur Panse commencera au coin du pont de Saône et s'étendra tout le long de la rue de Flandres et de St-Eloy, jusqu'à la rue Faure et coin de la maison de Pierre Muleau dit de Molins, icelle comprise, et reprendra toutes les maisons qui sont dedans les ru«-s d'Angille et Chevrerie, tirant à la place qui est à la descente du pont.

Le penonage de Jean de Bourgogne commencera au coin desdites rues d'Angilleet de Faure, et s'étendra jusqu'au logis du Lion-d'or, où est la poste pour le roy, ledit logis et les élables d'icelluy qui sont vis-a-vis y compris.

Le penonage de Jean Perricaud commencera à la maison où il habite , appartenant à Jean-Pierre Pichier,et a l'autre maison opposite qui joint ledit logis du Lion-d'or, et s'étendra jusqu'au logis du Cerf blanc qui fait le coin du pont de la Fleur-de-Lys.

1577. — Février. Henri III constitue, par lettres-patentes, h l'Archevêque de Lyon, 800 livreB de rente, outre les 1200 baillées pour la justice de Lyon. M.

1577. — Mars 4- Séance consulaire. Présents : Mgr. le gouterneur ( Mandelot), MM. lesechevins, les notables, MM. Scarron , Camus, Louis Prost, Claude Valleton, etc. — A cette assemblée comparurent MM. Tollet, Dalechamp, Stapelius, Clenardin, Pons, Torel , Bouchard et Paule, médecins, auxquels le sieur président de Chastillon exposa qu'on vouloit entendre d'eux la Tenté sur le fait de la santé de la ville , et si le bruit qui commence à courir qu'il y ait en quelques endroits quelques malades atteints ou suspects de contagion, et y estant ladite maladie savoir d'eux les moyens et les remèdes qu'il y faudra donner pour empêcher plus grand cours. — Aquoy lesdits médecins ont unaniment répondu qu'à la vérité il y a une fort grande apparence de ladite contagion parles signes qu'ils ont vus en quelques malades : mesme lesdits sieurs Clenardin, Pons, Torel, et Bouchard ont vu quelques corps morts, les uns couverts de tac (1), les autres ayant la peste et le charbon : mais tous d'accord ont dit que telle maladie ne procède ni de la constellation , ni par corruption de l'air ou de la. terre, d'autant que les signes qui ont accoustumé précéder une semblable maladie universelle n'ont point apparu, et que, par la grâce de Dieu, Pair n'est point corrompu : car s'il l'estoit les gens riches ou bien aisez se ressentiraient aussy bien de ladite maladie comme les antres qui en sont infectez: que les oiseaux et autres

(1) Maladie rontagieine qui vèfiin à VwrU iii rommenacment du xv« siècle. ftoQuerom, Dici. de la langue rtnatte.

bestes mcsmes en mourraient ; mais il* ont opinion qu'elle procède par le commerce et fréquentation que l'on a pu avoir avec personnes infectes ou venant des lieux infectés, ou bien par l'attouchement et maniement de marchandises ou autres effets apportés desdits lieux infects. Et pour ce est besoin d'y pourvoir de bonne heure pour couper racine d'une telle contagion. Et leur semble que les principaux moyens pour y remédier sont de barrer les maisons suspectes, brûler etenterrer les meubles qui y sont, faire panser et bien nourrir les malades, et les séparer de la compagniedes gens sains. Ceux qui auront fréquenté lesdits malades , et qui ne le seront point doivent aussi estre séquestrés du reste du peuple et relégués en lieu airé: que les rues et maisons doivent estre entretenues bien nettes : que les puits tant publics que privés doivent estre nettoyés , les tavernes déffendues : empescher qu'il ne se vende aucun poisson mort ou viande corrompue: faire combler le cloaque qui est sur le fossé de la Lanterne et tous les autres semblables lieux qui peuvent causer infection ou corruption d'air: Que les ctuves doivent eslre sévèrement prohibées, et faudroit avoir des chirurgiens bien experts et a gages qui eussent la cure desd. malades. A l'égard des remèdes qu'il leur semble devoir estre donnés, tant aux sains pour les garantir, qu'aux malades pour les guérir, il est convenu que chacun d'eux dressera un avis en forme de recette : tous lesquels avis particuliers ils rapporteront en une leur assemblée qu'ils tiendront , et sur icelle concluront ensemblement les remèdes qu'ils trouveront propres pour les faits ci-dessus. — Lesdits sieurs médecins estant sortis, il a esté advisé par lesd. sieurs gouverneur, eschevins et notables que l'on dressera un bureau auquel se rapporteront toutes les affaires concernant la santé : que pour cela seront nommés certains notables personnages qui auront l'intendance sur lad. santé : que les penons, chacun en leur quartier s'informeront exactement quelles maladies y régnent, et en feront rapport aud. bureau. S. — Le même jour, 4 mars, le Consulat rendit l'ordonnance suivante: — Seront chassés de la ville tous les pauvres estrangers , mesmes ceux qui sont logés rue de la Groslée; — Défenses sont faites aux pauvres de la ville qui prennent l'aumosne d'aller mendier par les rues; — les bateleurs et leur suite qui sont logés en la rue des Trois Maries, seront aussi chassés de la ville ; — au demeurant sera suivi le règlement qui fut fait en l'an 1 564 » 'c roy estant à Lyon. S.

1577. — Mars 5. Le Consulat ordonne que le bureau pour le faict de la santé quia desja été arresté, attendu que la ville est menacée de maladie contagieuse , sera tenu deux fois le jour en la salle de police de l'Hôtel-de-Ville , savoir de 9 heures du matin jusqu'à dix, et le soir de 4 à 6; qu'à ce bureau se rapporteront toutes choses concernant la santé aux six députés et intendans (ficelle, lesquels avec le voyer quijles assistera, auront tout pouvoir, sous l'autorité du Consulat, d'ordonner et de disposer de toutes les affaires de ce genre; et néanmoins où il aduiendroit chose haulte et ardue ils en référeront au Consulat pour en arrêter avec eux : desquels six députés trois seront pris du côté de Fouruièrcs, et trois du côté du Rhosne. Un chirurgien qui aura le soin de visiter et panser les pestiférés, sera nourri aux dépens de la ville, en une chambre au grand Hôtel-Dieu ; ses gages seront de 3o livres par mois. — Trois médecins avec le titre de médecins de la santé sont désignés pour donner aux malades ce qui leur sera besoin pour leur convalescence , et les préservatifs aux gens sains qui communiqueront avec lesd. malades. On nom. ne aussi un apothicaire de la santé pour fournir les drogues nécessaires. — Pour empescher que par communication des personnes infectes la contagion ne s'étende plus loin , il est ordonné que dès qu'on aura découvert une

maison où il y aura des pestiférés, le voyer mettra un 6o/£/(hape) à la porte de la chambre des malades; ceux qui auront communiqué avec eux seront également séquestrés et enfermés, il leur sera fourni par les voisins leurs nécessités par une corbeille ou panierqif ils descendront par les fenestres. — Le Consulat voulant pourvoir à ce que la maladie ne prenne racine en ladite ville, et sçachant que les apparences qu'il y en a sont venues par les moyens de quelques marchandises que l'on a apportées de lieux infects, il est ordonné que toutes les soies estant en ceste ville, et venues de lieux suspects seront enfermées pour quelque temps dans des magasins desquels les eschevins auront une des clefs : défense à l'avenir de. faire entrer en la ville des marchandises venues de tels lieux sous peine d'estre lesd. marchandises bruslées. etc. — Pour obvier à toute contagion que pourroit apporter la réunion qui se faict aux leçons ordinaires du collège auxquelles viennent des enfants des divers endroits delà ville, il est ordonné que pour quelque temps lesd. leçons cesseront. S.

1577. — Mars 11. Antoine du Verdier dédie a Anne d'Urfé ses Diverses leçons, suivons celles de Pierre Messie... A Lyon, par Barthelemi Honorait, in-8°. — Cette première édition n'a que cinq livres ; la 5e publiée à Tournon , par Claude Michel, imprimeur de l'Université, 1696, in-8°, n huit livres. Du Verdier, I. 7% c. xi , nous apprend qu'il possédait la maison du Beau-Regard (située à Lyon, montée du Gourguillon), laquelle avait appartenu à Guillaume du Choul, homme docte et grand rechercheur de l'antiquité, et en suite au prieur de St-Irénée (probablement François de Laurencin). En 1627, les religieuses dites les dames du Verbe incarné* en firent l'acquisition des héritiers d'Alexandre Orlandini ; elles s'y établirent et y restèrent jusqu'à la suppression de leur ordre , en 1 790. Aujourd'hui une partie de cette maison est occupée par l'institution de M. Guillard. Du Verdier (loc. cit.) rapporte une inscription antique gravée sur une pierre qui se trouvait à l'entrée du jardin de celte maison; l'explication qu'il en donne n'a peut-être pas été connue de ceux qui l'ont reproduite et commentée. Voyez Guichard, Funérailles, p. . ; Spon. Recherche, p. 46 ; Me nés trier, Hist. cons. p. 46; Gruter, p. DCLXxxii ; D. Martin , Religion des Gaulois ,11, 307 ; Orelli , n° 4756.

1577. — Mars n-27. Le Consulat tient ses séances dans le couvent des Célestins , par forme d'emprunt, attendu qu'on faisait la vuidange des privés de l'Hôtel commun. S.

1577. — Mars i3. Le duc de Savoie ayant envoyé à Lyon quelques commissairespoury explorer la santé, le Consulat s'empressa d'écrire à ce prince que Ton n'avoit trouvé à Lyon que deux ou trois maisons suspectes situées en un quartier éloigné du commerce et près les portes, dont la cause étoit d'avoir manié des marchandises apportées de Milan et qui n'étoient pas entrées à Lyon ; que ce petit nombre de personnes suspectes éloient de menus artisans'^ que parle bon ordre on espéroit que cela n'auroit pas d'autre suite. Le Consulat prie S. A. de ne pas vouloir tant se presser de défendre tout commerce avec Lyon , et de croire qu'il ne désire pas moins le bien et santé de ses sujets que le leur propre, aultrement , ajoutc-t-il, nous serions ingrats de l'hospitalité et sur refuge que noz concitoyens ont par ci-devant receu en vot terres , en toutes leurs misères et calamitez. Le Consulat finit par prier le duc de défendre le passage des marchandises venant d'Italie par ses terres et surtout par Montluel, etc. S.

1577. — Mars 17» Les députes de la santé se rendent auprès du Consulat pour demander que l'hôpital de St-Laurenl soit ouvert afin qu'on puisse y transporter les malades qui n'auroient pas les moyens de se faire panser «hex

eux.— M«Puysbonnet et le vover rapportent que jusqu'ici-, et pour le présent, ils n'ont découvert en toute la -ville que huit malades en quatre maisons, et trois suspects. Le Consulat répond qu'il fera appeler In mère gouvernante de l'hôpital pour s'entendre avec elle à ce sujet, et qu'il en délibérera dans sa séance do. l'après-dînèe. — Dans la scanec du soir , on arrête que l'on fera ouvrir l'hôpital de St-Laurent, et que l'on en préviendra les consuls des nations « pour que plus libéralement ils contribuent aux grands frais à faire dans cet hospice. » S.

1577. — Mars 24. Le Consulat fait prier M. de Mandelot d'enjoindre aux Suisses de St-Laurent de laisser passer, pendant la nuit, ceux qui porteront les corps des individus morts de la contagion , et de n'y mettre aucun empêchement « pour obvier au scandale et danger qui pourroit advenir. » S.

1577. — Mars 26. Les médecins de la ville s'étant réunis à l'hôtel commun, sur l'invitation des cchevins, on leur expose que la maladie s'augmentant peu à peu, le sieur Puysbonnet ne peut satisfaire seul à la visite des malades, en conséquence on les invite à choisir l'un d'entr'eux pour l'assister, ou bien que tous alternativement fassent ce bon office de charité, y étant tenus et obliges en tant qu'ils sont habitans de cetle ville.— -Les médecins, parmi lesquels se trou voit M* Dalechamp , répondent que, par la grâce de Dieu , il n'y a pas tant de malades que le sieur Puysbonnet n'y puisse seul bien suffire, étant à cheval et necompagné d'un bon chirurgien , et que, eux y allant, ils seroient en danger de s'infecter, et d'infecter tout le reste de la ville. Ils offrent néanmoins si la maladie augmente et s'il survenoit des difficultés sur quelques cas de maladie ou de mort, d'assister le sieur Puysbonnet. S.

1577. Mars 26. Le Consulat arrête qu'il sera fait une collecte parmi les principaux états et principaux de la ville pour contribuer aux frais qu'entraînera l'ouverture de l'hôpital de Sl-Lnurent. S.

1577. Avril 1 1. Le Consulat autorise le receveur de la santé à donner aux religieux Minimes de Lyon , six asnées bled froment pour contribuer à leur nourriture, en considération de ce que, à cause de la contagion, ils n'osent pas mendier par la ville, comme de coutume. S.

1577. — Mai 14. Le Consulat permet aux dames abbesse et religieuses de St-Pierre, de faire construire des boutiques au lieu où étaient l'église et le Cimetière de St-iSorlin, ruinés aux troubles de i56a par ceux de la nouvelle opinion. S. Voyez ci-après au 3o Juillet.

1577. — Mai a3. Séance consulaire. Noble Fr. Spina , consul delà nation florentine, déclare que sa nation offre de prêter gratuitement la somme de 10,000 livres sans intérêt; mais a la charge d'en être remboursés dans un an, en mêmes espèces et valeur d'écus, mais il demande en même temps à être conservé au même taux qu'ils payoient pour la ferme des cinq pour cent des marchandises vendues hors foires, pour laquelle ils étoient taxés ci-devant A 3oo livres, ajoutant que depuis peu ils ont été taxés à 1200 fr. Il remontre encore qu'à cause des circonstances, le sieur Jacomini, agent en cour pour ladite nation, a été chargé d'obtenir lettres patentes pour faire les payements de la foire de Pâques alleurs qu'à Lyon; mais qu'ils ne veulent user desdites lettres qu'en cas de nécessité et du consentement des sieurs échevins. Enfui il les prie de permettre l'entrée de 200 balles de soie qu'il a fuit venir d'Italie, mais qui ont fait la quarantaine à Genève, etc.

Le Consulat répond qu'en remerciant lesdits sieurs des nations de leur bonne volonté, il auroil mieux aimé prendre à intérêt modique ladite somme

que de la prendre eu écus et l'engager à la rendre en pareilles espèces, attendu la variation des moonoies. C'est pourquoi avant que d'en répondre, il leur faut se concerter avec le sieur Gros de Sl-Joyre, sous le nom et crédit duquel ladite nation veut prêter ladite somme. Quant au deuxième point « qu'ayaut de grandes assignations sur ladite ferme , ils ne peuvent accorder ladite modération ; que lesdits sieurs des nations payeront ladite ferme à raison de 400 fr. par an, depuis le 1" octobre jusqu'au jour de la signification dudit surtaux f et de cette époque ils'payeront suivant l'ordonnance qui estde 5 pour cent, si mieux iU n'aiment payer ladite cotte de 1200 livres. — Quant aux payements de la foire, le Consulat ne peut prendre de bonne part que lesdits sieurs des nations veuillent donner lot/ à un pays auquel, encore qu'ils soient étrangers , ils sont reçus et caressés, et ne sera jamais trouvé bon que lesdits payemens soient faits hors la ville, .si ce n'est en cas éininent d'une grande nécessité et à la poursuite seule des échevins. — Quant à l'entrée des soies , lesdits sieurs ne se peuvent résoudre sans en conférer avec le gouverneur, lequel toutefois ils voudroient supplier ne permettre l'entrée desdites soies, tant pour le danger que pour la mauvaise conséquence, etc.

Le a5 Mai , le trésorier de la santé n'ayant point de fonds , on emprunta ladite somme de 10,000 livres des Florentins, et 2000 livres des Lucquois sur le crédit du Sr Gros deSt-Joyre et les obligations des S" échevins envers lui. S.

1577. — Mai a^. M« le Gouverneur convoque dans son hôtel une assemblée où se trouvèrent Mgr. d'Apinac, M. de Chastillon et autres échevins, quelques-uns de Messieurs du Clergé, savoir M. de la Barge* grand vicaire, M. de CJiernoiSy comte chanoine , etc. M. a" Ausserre , M. Bullioudy avocat et procureur du roi, et les sieurs recteurs de Y Aumône générale. Là traitant des moyens de secourir ladite Aumône surchargée de pauvres et manquant de fonds, il fut décidé, à la réquisition même des gens du roi , que plusieurs personnes étant débiteurs à ladite Aumône, il leur étoit enjoint de payer toutee qu'ils lui dévoient dans la huitaine, après lequel temps ils y seroient contraints par emprisonnement quant aux laïcs, et pour les ecclésiastiques, par la saisie de leur temporel, etc.; de plus il sera fait par les échevins une qaête et collecte sur tous les habitans de la ville. S.

1577. — Juin.... Procession générale (de St-Jean ù l'église des Cordeliers) «pour rendre grâces à Dieu de ce qu'il avoit délivré la ville de la peste. » — Le Consulat y assista et y porta, pour la première fois, la robe d'ecarlate violette, pnrmentée de velours. Hubvs, p. 470.

1577. Juillet 16. Le Consulat arrête de réédifier le collège de la Trinité, et de le construire sur la place et la ruelle qui sont sur le derrière dudit collège, et d'acheter les granges de feu noble Guillaume Henry, et la maison de l'Aumône-générale. S.

1577. — JuilletZo, Nobles Fr. Frère et Benoît de Monconys, seigneur de Liergue, deux des principaux paroissiens de St-Pierrc-les-nonatns , tant en leurs noms que des autres paroissiens, remontrent au Consulat que leur église de St-Sorlin où ils avoient coutume de faire le service divin et y recevoir les saints sacrements, comme en leur église paroissiale, avoit été ruinée parles prétendus réformés en l'an 1 5ti2;qu'ils ont appris que les damesabbesse et religieuses de St-Pierre avoient intention de faire construire des boutiques en ce lieu autrefois dédié et consacré à Dieu : ce dont le Consulat leur avoit donné permission. Ils prient le Consulat de faire rendre ladite place auxdits paroissiens pour y faire réédifier leur dite église de St-Sorlin : ce que, auxdit* noms, lesdits sieurs Frère et de Montconv» ont promis faire, et, en bfitis-

sant, élargir la rue du gros mur.— Le Consulat leur répond que depuis i5 an* que ladite église a été renversée, ils ne s'étoient aucunement mis en devoir de la refaire; mais que s'ils vouloient promettre en leurs propres et prives noms, de rebâtir ladite église dans 6 mois prochains, le Consulat procureront * envers lesdites dames de leur céder ladite place : ce que lesdits sieurs Frère et Montconys ont promis faire et signer de leurs mains ; et le Consulat s'étant rendu audit monastère où ils ont remontré cela auxdites dames assemblées, les priant de quitter ladite place aux dits paroissiens pour y réédifier ladite église ; et d'autant que ladite rue est fort étroite, il les prie de leur permettre de bâtir et appuyer contre l'église St-Pierre. Lesdites dames répondent que longtemps avant de commencer leurs constructions, elles avoient par plusieurs fois sommé et requis lesdits paroissiens de réedifier ladite église, mais que jamais ils n'ont donné aucune promesse positive; que ce n'est que présentement qu'ils ont vu que lesdites daines se sont constituées en frais; que cependant, ayant égard à la bonne volonté desdits paroissiens, elles leurs quittent et remettent libéralement la place à la charge de rebâtir ladite église au temps préfix, sans toutefois qu'ils puissent bâtir ni appuyer contre ladite église de St-Pierre, ce qu'elles ne peuvent permettre, parce que cela ôteroit toute la vue et le jour non-seulement de leur tribune, mais à leur église de St-Pierre. S.

1577. — Août 8. Claude de Rubys dédié à Nicolas , sieur de Senessey, son Discours sur ta contagion de la peste qui a esté en ceste présente année en laville de Lyon, etc. (A Lyon, par Jean d'Ogeroltes (i), i5?7, in-8* de 44 pages. — Réimprimé dans le T. IX des Archives curieuses de Vhist. de France. Voyez les Nouv. arck. du Rhône, 1, 194, et la Revue du Ljonn., 1 1, 2i3.)

1577. — Septembre 1. Noble François Demonts vend à noble Jean Ravot, prévôt général des Maréchaux de France dans le gouvernement de Lyon, et à Marguerite Girard sa femme, la Grange du (de la) Pape. Arck du Rh.9 11, 162.

1577. — Septembre 3. Les habitons de la paroisse de St-George demandent au Consulat que la porte de St-George qui a été tenue fermée depuis la contagion soit r'ouverte attendu la convalescence de la ville. On remet à s'en résoudre avec M. le Gouverneur, et l'on commet en même temps deux échevins pour assister à la fermeture de l'hôpital de St-Laurent. S.

1577. — Septembre 1 1 . Le Consulat écrit aux syndics de Chambéry, au. sujet de la contagion qui régnait en cette ville; et comme l'on disait « que cette contagion avoit été occasionnée en grande partie, tant par quelques marchands et pernicieux personnages, que par engraisseurs , et qu'un bon nombre ayant été pris et quelques-uns exécutés par justice,.... » on le* prie de demander aux magistrats chargés de l'instruction de ce procès, si les prisonniers ou leurs complices « ont aucune intelligence ou entreprise contre Lyon. » — Le magistrat général de la santé à Chambéry répondît que François Mondron, un des prisonniers «avoit déclaré trois hommes qui paraissent être de l'état de menuisier. » — Le Consulat, malgré toutes ses recherches ne put dépouvrir ces trois hommes. S. ; C. B., XV, 4y4«

1577. — Septembre 26. La seigneurie d'Oullins ainsi que les terres qui en dépendent sont adjugées par les commissaires députés par le roi pour l'aliénation des biens du clergé, moyennant 65oo livres, à noble Thomas II de

(1) Ce fut Antoine Gryphc qui imprima ce discours. Le Cousulat lui fit payer a5 livres pour 1rs frais d'impression.

Gadagne, leigncur «le Beauregard, CovMard/ Voyage à Outlins, etc. p. 7 ; Arck du Rh.y 111 , 95.

1577. — Octobre 18. Jour de St-Luc. Pierre d'Epinac publie des slnltits Synodaux écrits en latin et qui furent traduits en français par les soins d'Etienne de la Barge , sacristain en l'église cathédrale, comte de Lyon et vicaire- général. Cette traduction parut l'année suivante, imprimée par Pierre Roussin , in-4*. En voici deux fragments : cliap. xm. «.... Défendons tous sortilèges , comme noueurs d'éguitlettes , charmes, breuvages , prolation de paroles Illicites et non usitées, et tours superstitieux d'art et d'invention diabolique, sur peine §d'anathème et d'excommunication (voyez le Dict de Prost de Royer, art. Aiguillette). » — Chnp. xv. «... Es jour de fête des Innocents, et autres, l'on ne doit souffrir, és églises, jouer jeux, tragédies, farces, et exhiber spectacles ridicules avec masques, armes, tabourins, et autres choses indécentes qui se font en icelles, sur peine d'excommunication. ( Voyez Théophile Raynaud, Hcteroclita, sect. 11 , punrt. 8, n° 20; et du Tillot. Mèm. pour servir à l'hist. des fôus, p. m de l'édition in-40; Millin , Monuments antiq. inédits, 11, 336). » — Le chap. xxvn qui a trait aux charivaris se trouvait déjà dans les statuts publiés par Charles de Bourbon, en 1466 (voyez Nouvelles recherches sur les éditions Lyonn. du xV s.). — Claude Koirot. dans son petit traité de l'Origine des masques , parlant des charivaris % chap. 4 1 s'exprime ainsi : «En ces jours voluptueux, il ne se voit que batelage , gausseries, mascarades, y vrogneries, comme du passé en la fêle de cet ancien Pere Dionysien, appelée PerifaUia ,el observée anciennement entre les Romains au mois d'aoust, dite Phallagogia, auquel temps par le témoignage de Suidas , il estoit permis de se rire, grimacer, plaisanter et s'attaquer de paroles l'un à l'autre...» Nous ferons remarquer avec l'abbé Sudan, que ce que dit Noirot peut avoir quelque analogie, plutôt avec ce qui se pratiquait à la vogue de St- Denis, près Lyon, le 9 octobre de chaque année, qu'avec les charivaris. Notes inédit., année 1 5^8.

1577. Octobre 3i. Établissement des Pénitents blancs. Maurice du Peyrat et Justinicn Panse, membres de la nouvelle confrérie, font bfltir près du quartier de Bon-Rencontre une chapelle qui fut aggrègée l'année suivante à l'archiconfrérie des pénitents du Confalon de Rome. Rubys, p. 428 et 4qq. Foderé, p. 690; d'Aubigné, Bût, , livre iv«, chap. ier; Mm. de Lyon, pour 1746, p. 49, et pour 1755, p. 40. Voyez aussi les Statuts de cette confrérie , Lyon, 1730, in-ia, où l'on fait remonter son institution, en cette ville, par Sl-Bonaventure, à l'année 1274*

1577. — Novembre 11, Mort de FrançoisGrollier, seigneurdu Bois d'Oingt , de Belair et du Soleil, cousin germain de Jean Grollier, et second fils d'Antoine, qui avait servi dans les guerres d'Italie. — Né en i5oo, il fut d'abord destiné à l'état ecclésiastique, mais son frère aîné ayant été tué au siège de Naples, il se maria, en 1629, à Françoise de Grilliet. Il fut échevin en i556 et en 1 56 1 .Sa conduite fut si belle, pendant l'exercice de ses fonctions consulaires, que Rubys le compare A Valérius Publicola par sa charité envers ses concitoyens, à Appius Claudius par son zèle pour la religion, et à Jonathas par sa fermeté à soutenir les intérêts du roi. Il fut inhumé dans l'église de St-Paul (Pernetti, 1, 338). Antoine de Masso, son neveu (è sorore nepos), qui avait prononce l'oraison doctorale le 01 décembre 1 556 , la lui dédia. Il fut inhumé dans l'église de St-Paul , avec cette épitaphe renouvelée par son fils Antoine Grollier :

Et P. P. gent. Grolier Lugd. memor. sepulchrum foin, et hcered. olim constitutum injuria bellorum civilium violation Anto. Grolier D. de Servieres cons. et hosp. reg. max. Iiumanitatis , pielatis et ajfect. erga agnatos et <\ffincs quorum corpora in hoc sacetlo sub spe futur* resurrectionis conquiescunt réf. curavit. ac iterum piis parentans manibus palris Fr. Grolier cous, et se. reg. qui post multos annos inmatrimonio felicit. peractos cum Franc.de Grilliet rastiss. uxore, suscepit exeaXVl. Liberis,Xll fato prœdefunctis.IIII superstilibus Obiit Lugd, xical. nov. a s. ciDiDLxxvii. id monumenlum condidit sibique fratrique amantiss. B. Umberto Grolier D. du Soleil wis. ut quorum vere germano in omni fortuna conjunctissime vixit , ab eo nec morte divellalur, Po$. Die.

Félix anima quam pietas Dei suscijpit cal. octob. an. sat. cididxcvii.

1577. — Novembre 12. Apparition d'une comète. . — François Junctin publie à cette occasion un Opuscule qu'il dédie ù M. de la Mante , commandant en l'absence de Al. de Mandclot, cl qui a pour titre : Discours sur ce que menace deuoir aduenir la comète apparue le 1 a de ce présent mois de nouembre 1 677, laquelle se toit encores aujourd'hui/ à Lyon et autres lieux. A Lyon , par FrançoisDidier , in-8' de 8 feuillets non chiffrés.— Junctin cherche à prouver par des exemples que l'apparition des comètes a toujours clé le présage de quelques grandes calamités ; il termine son Discours en disant «qu'un prince « ou bien une roync qui ont pour horoscope le signe de Capricorne sont me- « nassés de telle comète » — Celte même année Junctin publia ses Commentaires sur la sphère de Sacrobosco, et les dédia à François Spina, consul de la nation Florentine.

1577. — Décembre i5. Les terriers et maîtres des métiers s'étant rendus ù l'hôtel commun pour procéder à l'élection des consuls échevins, le sieur Hugues Athiaud, substitut du procureur général, leur a fait une fort belle remontrance et exhortation ; môme les louant comme fît jadis Scipion l'Africain, a ses soldats, disant qu'il ne leur étoit besoin d'aucune exhortation ù bien faire, d'autant qu'il les voyoit tous prompts et bien délibérés, leur a toutefois remontré ledit sieur Athiaud que cette province qui est en pays de droit écrit, a pris et reçu ses loix et coutumes des Romains, lesquels les avoient auparavant prises des Grecs qui n'admeltoient aucun étranger aux charges publiques; que tant s'en falloit qu'ils y fussent reçus, que, au contraire, si quelqu'un étranger s'ingéroit de se faire ou dire citoyen, il étoit vendu pour esclave : falloit donc, à la présente élection, élire personnages dignes et suflisans de la charge, nés en la ville et procréés de bons et honorables parens, d'autant qu'il étoit à espérer qu'étant tels, ils ne pourroient que bien faire, suivant l'ancien proverbe : que d'un bon œuf ne peut sortir qu'un bon oiseau, et de bons pères naissent les bons enfans,et que, en cette élection, dévoient être suivies l'ancienne coutume et les ordonnances de ladite ville sur ce faites, qu'à sa requête et desdits terriers ont été lues en ladite assemblée, à haute et intelligible voix par le secrétaire de ladite ville et communauté telles qu'elles suivent:

Ordonnances de la ville sur la création des nouveaux échevins.

Premièrement que les conseillers qui seront éhis pour les deux années advenir soient gens de bien, de bonne vie et conversation, bien famés et renommés, non ayant été reprins et convaincus de crimes, afin que le Consulat ne soit scandalisé ni vilipendé.

Item qu'ils soient casés en ladite ville, y tenant domicile, afin que, du jour à la journée, ils ne s'en aillent et laissent les affaires de la ville.

llcm qu'ils ne soient assermentés d'aucuns seigneurs, ne hayneulx et malveillans à ladite ville et communauté, et ayant procès contre le corps commun de ladite ville.

Item qu'ils soient gens d'état et d'autorité, non trop affectionnez à leurs affaires particulières , afin qu'ils vaquent cz affaires de la ville.

Item faut avoir égard à n'élire le père et le fils, les deux frères , l'oncle cl le neveu, pour obvier aux bandes et brigues qui se pourroient faire.

Item qu'ils ne soient trop jeunes ni de trop petite corpulence, afin que le Consulat ne soit vilipendé.

Après la lecture de ces ordonnances, lesdils terriers et maîtres des métiers ont prêle' le serment usité entre les mains de Benoit Dutroncy, notaire etseerétaire de la ville, d'élire pour conseillers écbevins les plus ydoines, et ont retenu les 6 conseillers suivants de l'année dernière, savoir, M. Jérôme de Chastillon, Claude Platel, seigneur de Vaux, Jean Havot, seigneur de Moiffons, Alexandre Polaillon, J. B. Bruno et Fr. Benoist, et pour consuls écbevins nouveaux, savoir du côté deFourvière, nobles M. Fr. Grolier, seigneur de Servières, conseiller du roy, général des finances du Dauphiné , André Moruieu, élu, et M. Jacques Teste, conseiller du roy, receveur général du talllon du pays de Lyonnois, et du côté de St-Nizier, noble M. Ant. Porte, seigneur de St-Bernard, receveur général des finances en la généralité de Lyon, Guillaume Rovillc et Jacques Jacquet. S.

1577. Novembre a5. Le Consulat ayant arrêté d'envoyer trois députés en cour pour solliciter les affaires importantes de la ville, comme l'exemption de la nouvelle traite foraine, qui étoit contraire aux privilèges des foires, remit a ces députés des lettres de créance pour le roi , la reine-mère et le chancelier, M. de Paris, M. de Cbivcrny, M. de Bellièvre, M. de Saint-Bonnet, toutes en date du 'i5 novembre.

Dans la lettre à la reine-mère, on remarque ces mots : «Vous êtes la seule « qui ayez conservé ceste ville en son ancienne déportation (état). »

Danscelle au chancelier (M. de Birague) «....est toujours un honneur pour « la ville de Lyon que de l'avoir eu pour son gouverneur; elle le tient pour « son père et restaurateur. »

A M. de Paris (de Gondi): « Si ceste ville a esté renommée pour avoir « esté jadis mère d'un empereur et monarque, aussi en ce temps elle ne « reçoit moins de félicité d'estre la voslre pour les grandes vertus, etc.»

A M.deBellièvre: «...que nous puissions dire de vous, que, comme Pelopidas « Thebain recouvra la ville d'Athènes, vous avez restaurée et remise sus « celle-cy qui s'en alloit perdre...» S.

1577 — Novembre 2g. Les écbevins ayant eu communication des lettres que, depuis le dernier édiide pacification, le roi a écrites a M. de Mandelot, gouverneur, et ayant entendu du sieur de Mandelot la volonté de S. M. sur l'exécution dudit édit de pacification, arrêtent de faire sur ce audit sieur de Mandelot les réponses et remontrances qui suivent :

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