A PERPETUELLE MEMOIRE
« Comme en la loy de nature , selon les occurrences des temps, l'on a érigé des autelz au souverain Dieu et mesmes en a Ion faict en la loy escripte et encores plus en la loy de grâce en laquelle nous sommes, où selon le temps, les occasions et les lieux, ont esté parmy la chrestienté érigées et construites plusieurs belles églises, mesmes en ce royaume de Fiance 1res chrestien, lequel combien qu'il soit à présent tourmenté cl agité de plusieurs heresyes des sectateurs lesquelles y oui tellement ravaigé qu'il n'y a temple ou église qu'ils n'ayent polljée, ruinée ou saccaigée es endroicts où ilz ont peu (pu) commander, si est-ce que pour demeurer en sa splendeur et reputalion ancienne de très chrestienne, une infinité de bons et fidelles chrestiens ont esté meus de faire au contraire et d'en ediffier au lieu d'en ruiner. Kt ayant esté ceste ville de Lyon entre aultres et Tune des principales csquelles il y a eu plus de ravaige et de ruines es troubles de lan Lxij , après qu'il a pieu à Dieu de remettre les ciloïens catholicques de lad. ville en leurs bien> d'où ilz auroient esté dépossédés, ilz se sont tellement efforcés qu'ilz ont presque remis en nature et au pristin estât lesdites églises ruinées, et non conteos de ce s'efforcent d'en édifier d'aultres , ineilez cl poussez à ce d'vuc
saincte et très ferucnlc deuotion de leur bon et très catholioque gouuerneur, raessire Francoys de Mandelot , seigneur de Passy , cheualier de Tordre du roy, conseiller en son conseil priué et d'estat, cappitaine de cent hommes d'armes de ses ordonnances, gouuerneur et son lieutenant gênerai de ladite ville de Lyon, pays de Lyonuoys, Forest et Beaujoloys lequel dès Tannée Mil cinq cens soixante dix sept que cette ville de Lyon fut quelque peu affligée de contagion, feit vœu solemnel de faire édifier une église ou chappellc à Dieu, soubs le nom de sainct Sebastien et de sainct liocli , tant aux frais de luy que de quelques particuliers citoïens de ladite ville, afin que par les prières et mérites de ces bons suinclz, il pleusl à sa diuine maiesté d'auoir pitié et miséricorde de ce peuple lyonnoys, et leuer sa main vengeresse de dessus luy, despuis lequel vœu ladite contagion cessa du tout, et a la santé de ladite ville tousiours despuis esté , par la grâce de Dieu, très bonne : mais, d'autant que par les empeschemens des troubles qui sont despuis surtienus, ce vœu n'a pu estre exécute jusqu'à présent:
Cejourd'huy dernier iour du mois de mars Mil cinq cens quatre vingt et tng9 par la délibération du conseil d'estat teuu près la personne dudit seigneur de Mandelot, et luy insistant à ce, a esté faicte. procession generalle de tous les ordres et estats de ladite ville où presque tout le peuple a assisté , laquelle est sortye de la grande église de sainct Jehan, et de là , passant par la porte sainct George , est montée sur un petit coteau de vignes, des deppendances du prieur de sainct Herîgny, lequel coteau est par dessus la vigne de sainct Nizier, et tout vis ù vis de Thospital de sainct Laurens et de la fontaine de Choulan , où ont esté faictes les fondations ou premiers projets de ladite chappelle, la première pierre de laquelle a esté ce jour posée par moud, seigneur de Mandelot, officiant M. Jacques Mestret (sic) de Tordre des Carmes, euesque de Damas, suffragant de Teglise de Lyon, tout le clergé de ladite ville y assistant et psalmodiant, et après ce, est ladicte procession montée à sainct Just, et de là descendue à ladite église de sainct Jehan où la grand messe a esté deuotement célébrée, deuant toutesfoys laquelle a esté faicte vne très saincte exhortation au peuple de se conuertir à Dieu et distraire de sespeschez, par frère Jehan Croissant, docteur en théologie de Tordre de sainct Dominique. » Acl. cons. fol. 71 et 72. Voyez Rubys, p. 4*8 ; Arch. du Rh., X, 3 14 ; Nouv, arch.tl9 197; et ci-après au 25 juillet 1 58 1 et 12 juillet i582.
— Même jour. M. le Suffragant bénit la croix de S. Alban. S.
1581. — Avrils. Le Consulat nomme et retient pour membre du conseil de la ville, M0 Nicolas Mellier, avocat es cours de Lyon , aux gages accoutumés.
— On lit dans un Mémoire adressé le même jour par le Consulat aux députés envoyés en cour :
m ....Les députés poursuivront la vuidange du procès au conseil (relatif aux tailles), à moins qu'ils ne puissent obtenir un renvoi à la cour de parlement ou. (a la cour) des aides; ce faisant, ils reprendront les anciens erremens de l'affaire , et déclareront librement au roy et à son conseil qu'encores que les habitans de Lyon aient toujours été, soient et protestent d'être pour jamais très humbles et très obéissants sujets de S. M. , si est-ce que, quelque arrêt qui puisse intervenir, si aucun intervient au préjudice des privilèges desquels la ville a de tout temps joui , ils n'en permettront jamais l'exécution, voire jusqu'à leurs propres vies , parce qu'il sembieroit à la postérité, que, en ces malheureux troubles, ils eussent commis quelque acte de félonie
et rébellion, pour raison de quoi ils fussent déchus de leurs anciens privilèges... «S. — Voyez ci-aprè» au i3 Octobre.
1581.—- Avril 6. Les recteurs et administrateurs de l'Aumône générale font demande au Consulat de remettre à ladite Aumône la place où souloit être le temple de ceux de la religion prétendue réformée sur les fossés de la Lanterne, pour ce par eux usurpée pendant les premiers troubles et depuis démolien 1667, laquelle place est de la directe et rente noble de la ville; pour en icelle place faire un édifice en forme d'hôpital et *V arsenac y et y faire travailler les pauvres mendiants de cette ville, tant hommes que femmes, séparés les uns des autres , et ce pour leur osier l'occasion et les moyens d'aller mendier par la ville contre l'intention de ladite Aumône. .. «— Le Consulat adhère :\ cette demande, mais se reserve de reprendre l'emplacement cédé, si jamais la ville en avait besoin, en remboursant à l'Aumône les frais de construction, etc. — Cette de'libe'ration soumise au conseil d'état tenu près la personne de M. de M a iule lot, gouverneur de Lyon, fut approuvée le 26 juin suivant.
1581. — Atril i3. Le Consulat ordonne la visite et estimation du local où Claudine Grangier, veuve de Claude Revenu, à présent femme de Claude Asport, chandelier, avait une maison et un jardin au territoire de Tenailles, qui, en l'an i56o, furent démolis et ruinés pour y faire un passage et chemin public, afin qu'elle en soit récompensée ou remise en ses fonds. S.
1581. — Avril ao. Le Consulat arrête de faire une quête particulière dans la ville pour subvenir aux pauvres pestiférés de Tarare. — Quatre échevins sont nommés à ces fins.
1581. — Avril 20. Benoit du Troncy » secrétaire de la ville, étant sur le point de partir pour un<; députation en cour, prie le Consulat d'accepter la résignation de son office de secrétaire en faveur de Claude Sonthonas, son gendre. — Le Consulat admet cette résignation en la survie tant seulement dudit sieur du Troncy.
1581. — Mai A. Jour de l'Ascension. Sermon a Sle-Croix, par Pévêque de Myrepoix, premier fils de M. le conseiller de Villars. S. — M. de Myrepoix se trouvait encore à Lyon le dimanche 18 juin et prêcha ce jour-là a S. Jean , après une procession générale.
, 1581. — Mai 11. Le Consulat averti que la maladie contagieuse s'augmente à Tarare, et commence h pénétrer en quelques maisons près Amplepuys, arrête , pour obvier aux accidents, de ne laisser entrer personnes ni marchandises venant du côté de Roanne, si l'on ne justifie de bulleltes et certificats pris à St-Symphoiien et à St-Clément-de-Valsonne.
1 58 1 . — Mai 2 1 . Dimanche , fête de la Trinité. Procession générale ; sermon et grand'messe au couvent des Augustins t pour prier Dieu pour ceux qui « sont frappés de la maladie contagieuse, et nous préserver d'icelle. » S. — Parmi ceux qui se vouèrent alors au service des pestiférés, dans l'hôpital de S, Laurent, nous mentionnerons Etienne Ydelez, prêtre, né à Port-Laisné, auteur de Secrets et remerles contre la peste, publiés la même année i58i , et réimprimés en 1628. Voyez son article dans la Biogr. lyonn., p. 5ai.
— Même Jour. Le P. Emond Auger, supérieur recteur des Jésuites, reçoit, suivant l'usage, le Consulat au Collège , à l'occasion de la fête de la Trinité.
1581. — Juin 1". Claude Guïchard dédie à Charles-Emanucl (sic) duc de
Savoye , ton traité des Funérailles , imprimé à Lyon par Jean de Tournes , in-4\
1581. — JuinS. Un homme venant de Cluny en Bourgogne, logé cher un parent a la montée des Epies, meurt de la contagion. — Quelques jours après, deux petits enfants prirent mal et moururent. — Il n'y avoit alors que 7 ou 8 maisons aux Epies. — Le a6 juin, le mal était déjà en 5 ou 6 maisons de la rue St-George , et en une au Puits-Pelu. — Le dimanche procèdent , un homme d'une de ces maisons de St-George fut se mêler parmi le peuple dans l'église , et se hasarda même d'aller offrir et baiser fa platine avec les autres paroissiens de S. George. Le Consulat résolut de le faire poursuivre par la justice; mais les juges n'ayant le dernier ressort, on en resta là. — Le a3 juin, le Consulat, d'accord avec M. de Mandelot, renouvela l'ordonnance de police prise durant la peste de 1577, et il y ajouta plusieurs dispositions. S.
158!. — Juin, 27. — M. Jean Baraillon, docteur es-droits, fils de M. le conseiller Baraillon, est nommé pour faire et déclamer le jour de saint Thomas, en l'église de St-Nizier, l'oraison accoûtumée.
— Il ne la fit pas cette anne'e. Ce fut M. Antoine de Roddes. Voyez ciaprès au a 1 décembre.
1581. — Juin, a8. Les médecins de la ville mandés au Consulat, donnent leur avis sur les mesures à prendre durant la contagion. — Ces médecins comparurent au nombre de neuf, savoir : MM. Tollet, Dalechamps, Stapédius, Pons, Paule, Bernardin, Thorel, de l'Espect et Bouchard.
1581. — Juillet, a. MM. de S. Jean commencent à dire les oraisons pour la santé, après Complies. — Le 9, il n'allèrent pas dire, suivant l'usage, la grand-messe à St-Bonavcntute, à cause de la contagion. — Le 11, ils furent en procession particulièrement à Notre-Dame de Confort et aux Célestins où ils offrirent deux beaux cierges blancs,dans chaque église, où l'on dit une messe basse. S.
1581. — Juillet, 9. Pierre d'Espinac consacre le maître-autel de S. Jean, qui avait été ruiné et profané par les Calvinistes en i56a. — L'ancien autel avait été consacré à pareil jour par le pape Innocent IV. Severt, p. A 10. M.
1581. — Juillet, 14. La contagion fait de nouveaux progrès. Le Consulat fait une nouvelle convocation de médecins à l'hôtel commun. Ceux-ci prc'-4 sentent un Mémoire, rédigé en grande partie par M. Bouchard, lequel fut imprimé. S.
1581. Juillet, ly. Séance consulaire. « Parce que, en l'hôpital S. Laurent, il y a des personnes mal compte xionées qui, au lieu d'y vivre paisiblement sous la crainte de Dieu, font une vie débordée, se battent et commettent autres méchancetés , le Consulat arrête d'y mettre un prévôt pour
châtier ceux qui feront des noises, s'cntreballront, paillarderont ou feront autre vie méchante et débordée;.... à cet effet, on retient pour prévôt Amy Bessoo, natif d'Entremont, en Savoye,.... et on lui donne six écus et deux tiers par mois.... »
1581. — Juillet, a5. Les courriers de la Croix, accompagnes de douze prêtres, se rendent processionnellement à la chapelle de Sl-Roch, où la messe fut dite pour la première fois par le P. Einond Auger, en présence de M. le gouverneur. La procession partit à cinq heures du matin et fut de retour à sept heures. Un vicaire porta l'étole en l'absence des custodes. Chacun des
Assistants portait un cierge blanc allume'. S. Voyez ci-dessus au 5 1 mars. — - Les custodes de Sle Croix avaient probablement suivi ceux de MM. du chapitre de St-Jean, qui, durant la peste s'étaient retirés à St-Symphorien-le-Châtcau, ou ils tinrent plusieurs assemblées dans la maison de Martin Baroud. Arch. du Ah., V. 141. Voyex ci-dessus années i564 et 1577.
1581. Juillet. «... Sur le commencement de l'esté, se vit à Lyon, une telle multitude de cette vermine que nous appelons chenilles, qu'en plusieurs endroits de la ville , les murailles des maisons en éloient toutes noires, et les couverts et les cheminées si pleines qu'elles lomboyent dans le pot qui bouilloit sur le feu, si on ne se donnoit garde de le tenir bien couvert; mais elles disparurent tout en un instant, et ne sceut-on qu'elles devinrent. Cette corruption présagea la grand peste d'où la ville et le pays furent puis afflige» tout le long de l'esté... » Rubys, p. 43o.
1581. Août, 7. La maladie contagieuse de peste augmentant de jour en jour, et les malades se trouvant trop serrés à l'hôpital de St-Laurent, le Consulat arrête d'ouvrir immédiatement le grand hôpital de St-Thomas, y joignant...
— Le même jour, se présente au Consulat, Catherine Levrat, femme de Pierre Laurent, courrier de banque; elle expose qu'elle a un secret de recette propre contre la peste, recette qu'elle a expérimentée aux pestes de 1 577 envers plusieurs personnes, ... et parle moyen de laquelle, avec l'aide de Dieu, elles furent préservées de la maladie; pour quoi le voyer lui a voit promis de la faire récompenser; ce que toutefois il n'avoit fait. Néanmoins que pour le soulagement et conservation de la santé de tous les habitants de la ville, elle désire de mettre en lumière ladite recette, afin que un chacun s'en puisse servir, exposant qu'après la preuve faite,... les échevins auront égard à elle... Ceux-ci lui répondent qu'après la preuve et expérience faite de lavlite recette, si elle apporte quelque bon fruit, on avisera de la reconnaître comme elle l'aura mérité. Cette recette également bonne, suivant la femme Levrat, pour guérir toutes sortes de fièvres est ainsi conçue :
i° Lorsque la personne se trouve mal, il faut qu'elle prenne à deux lyards d'eau d*ardent et ung beurre frais et tout froid ; s'en engraisser et frotter a J'endroict du cœur, sur l'estomac et aux reins, s'il y aura douleur. Cela faict, fault prendre une serviette bien chaude, et l'appliquer par dessus; et s'il y a douleur de teste, la fault engraisser de ce que dessus, des deux costez du front, et sur le cerveau y appliquer des feuilles de laictues ou de repartes ( 1 ) ;
— 2° S'il y a fièvre continue, il fault prendre d'eau de rose et des glaires d'oeuf» , et le tout bien battre. Ce faict. oster toute Tescume , et la jeter en terre; en après fault prendre deux pattes blanches, les bien tremper dans la dite glaire d'oeufs et eau de rose, et icelles pattes mettre aux deux bras sous les deux pouces. S.
1581. — Août, 8. Depuis que la maladie contagieuse avait paru devenir sérieuse et s'augmenter, plusieurs des échevins s'étaient absentés : on retrouve présents en toutes les séances, M. Huinbert Grolier, sieur du Soleil qui 'présidait en l'absence du lieutenant de Masso, député en cour, Guillaume Faure,
(i) Séparée est le nom que les paysans donnent à la bette ou poirée qu'ils appellent plus communément blette , et c'est sous ce dernier nom que celte p!ante potagère est connue à Lyon. Molard , Dict. du Mauvais Langage. — Le mot patte employé dans le sens de mauvais linge .ou chiffon est encore très usité à Lyon , et sans doule ailleurs ; car on trouve dans le Dictionnaire de Boi*tp pis'iïre ou potière , dan* le sens de : femme qui trie les chiffons à papiers.
François Scarron , Pons , Mumrd, Etienne Passard et Jenn ileli Vnypierra ( Matthieu Vaillant était mort les premiers jours do juin , et avait été enterré le dimanche ). Il manquait donc Jacques d'Aveyne , François Lotibat, Ut du Perat et Antoine deLa Porte, sieur de Berthnr. — Le 55 août, on fit e'erire à Jacques d'Aveyne, qu'à faute par lui de revenir à la ville, on sera contraint de faire élire un autre échevin à sa place. — Le lieutenant de Masso revint vers le 10 octobre, et il assista depuis aux séances où il présida. M. de La Voypierre reparut aussi... S.
1581.— Août, io. Jacques Ladent, médecin, habitant de Salins, en Franche-Comté, se présente au Consulat. Il expose avoir été adressé aux echcvins de la part de M. de Mandelot pour leur rapporter qu'il avoit été envoyé audit sieur de Mandelot par M. le comte de Pont-de-Vaux, pour secourir la maison dud. sieur de Mandelot, où Icd. comte pensoit être survenu quelque accident de la maladie contagieuse, contre laquelle et pour le nettoiement des maisons infectes , ledit Ladent a déclaré savoir de bons et d'excellents remèdes qu'il a depuis long-temps pratiqués et expérimentés en plusieurs lieux et régions, notamment en l'armée de feu Don Juan d'Austria et autres endroits, de sorte qu'il prend gages ordinaires de l'empereur et du roy d'Espagne, espérant, avec l'aide de Dieu, étant employé en cette ville de Lyon, d'y faire des cures par le moyen des préparatifs et préservatifs qu'il baillera en telle quantité que ceux qui en useront en auront contentement; cependant qu'il n'y pourrait venir pour y vaquer jusqu'à la fin de ce mois, d'autant qu'il lui falloit du temps pour faire ses eaux distillées et apprêter des remèdes nécessaires, et après avoir longuement et pertinemment discouru sur les remèdes et préservatifs de la nature d'iccux, quand et comment ils doivent être appliqués et pris, du régime de vivre pour guérir et se préserver du mal, a été prié par lesdits sieurs de vouloir secourir ladite ville, et se rendre au plus tôt qu'il lui sera possible; ce qu'il a promis de faire, et cependant qu'il enverra des parfums pour nettoyer les maisons infectes, et des préservatifs desquels, en son absence, l'on pourra faire l'expérience: ce que lesd. sieurs ont accepté etordonné d'envoyer pour cet effet un homme avec lui pour les apporter, et qu'il sera baillé audit Ladent loécus pour s'en retourner. — Le i5 décembre suivant, le Consulat fit payer à ce médecin /^oo ccus d'or sol pour ses gages et salaire de deux mois échus le i5 novembre, durant lesquels il avoit demeuré en lad. ville et médicamenté les pauvres malades, y compris les médicamens, breuvages et parfums fournis et autres choses, etc.
1581. — Août, 16. Arrêt du conseil d'Etat qui confirme les habitants de Lyon dans le privilège de ne point payer de tailles pour les biens qu'ils possèdent à la campagne. Rubys, Hist. , p. 43 1 ; P. de Lu min a , Abrégé chronol,
1581. Août, 17. Le parlement de Paris confirme une sentence du présidial de Lyon, qui avoit condamné Simon Rico, juif de Modène, « pour plusieurs * fraudes et barats par lui commis audit Lyon, à être fouetté par tous les « carrefours de cette ville, et à être flétri au font, etc. » Philibert Bugnyon, avocat à Lyon , qui cite cet arrêt, page 3?.3 dç ses Commentaires sur les ordonnances establies aux estais de Bloys ( Lyon, Jean Patrasson , 1 583 , in-8* ), l'accompagne de ces réflexions : «Ne furent, dit-il , de vie d'hommes, les banqueroutiers si coustumiers à fermer boutique ou s'absenter, et tout emporter ou cacher à la perte ou ruine des créanciers : sera tantôt un acte généreux, se trouvant plusieurs marchands qui ont accordé avec leurs créditeurs
a perte de temps et de finance, plu» riches que devaut. Aussi sont les intérêts, profits, apports ou charges si grands, qu'il est impossible à ceux qui les doivent de s'en acquitter à jours nom mes, sans n la parfin trousser bagage, et a/lrr, comme l'on dit, aumffran (i), etc. » -—.Il existait alors à Lyon, et sans doute ailleurs, un singulier usage : celui qui, après sa déconfiture, avait été admis à faire cession de biens à ses créanciers pour se soustraire a leurs poursuites, était obligé* de frapper trois coups avec le postérieur sur une pierre, pendant la publication de la sentence (a). C'est ce que nous apprend le jurisconsulte lyonnais Guy Pape, Question 343 de culo percussit supra lapidtm... Philibert Bugnion, jurisconsulte maçonnais et avocat à Lyon, mort en i5go, dit dans son Traité des loix abrogées ( I. i , sat. cxvi) , que cette formalité* de faire cession à cul nud, ne se pratiquait plus; cependant l'avocat Pierre Matthieu , qui publia a Lyon, en 1094» une e'dition des Questions de Guy Pape, ne parte pas de la suppression de cette humiliante cérémonie; mais il est à croire que Ton dut y renoncer pour adopter la formalité' usitée à Paris, où le débiteur était conduit, coiffé d'un bonnet vert, au pilori des Halles y dont il faisait trois fois le tour, pendant qu'on lisait publiqument la sentence qui l'admettait au bénéfice de la cession de biens. Voyez Perrière, Dict. de droit, art» Bonnet vebt; le Dict, de Trétoux9 même art. ;Guyot> Répertoire* art. Cession de biens et Pilobi; une Lettre de Charles Loisel, insérée dans le Journal de Ferdun, août 1759, p. 109-116. Voyez aussi les Commentateurs de Boileau sur ces vers de la première Satire :
Et que d'un bonnet vert le salutaire agiront Flétrisse les lauriers qui lui couvrent le front.
1581. — Août, 23. Assemblée chez M. de Mandelol, on sont, pour la justice, M* Jean Dabuzin et Jérôme Varqueria , conseiller en la sénéchaussée', 5 échevins, 3 députés de la santé et 3 bourgeois juges de tri police, savoir : Balthaiard Pecoul, Charles Neyrat et Jean-Baptiste Regnaud.
M. de Mandelol expose que le motif de cette assemblée est de pouvoir à certains abus, notamment sur les plaintes du peuple contre les boulangers qui falsifient le poids du pain ; que sur une miche de a sous, qui aVoit été pesée par le lieutenant du guet, il s'est trouvé manquer neuf onces. L'affuire mise en délibération, il a été ordonné que la police sera reprise et tenue comme eltectoit avant la contagion, dès samedi prochain: qu'à cet effet, seront mandés les juges bourgeois, et comme,par aventure, les juges de robe longue élus pour cette demie année ne s'y pourront trouver sî protnptement, ily sera procédé par autres juges et bourgeois étant en ladite Ville', cependant est ordonné d'écrire auxdils sieurs juges de la police et les avenir de revenir en ladite ville, non-seulement pour le fait de leur dite commission, mais nussi suivant Pin* jonction qui leur en est faite par lettres-patentes du roy* dont il leur sera envoyé' copie, afin qu'ils n'en prétendent cause d'ignorance, et qu'ils aient à vaquer au fait de la justice, nu siège de la sénéchaussée, pour le service de
(t) Cette expression , très-usitée autrefois pour marquer l'insolvabilité d'un débiteur , est fondée sur l'usage où l'on était Je peindre en jaune le devant de la maison d'un banqueroutier, et même d'une personne convaincue de félonie. Les portes et les fenêtre* du connétable de Bourbon qui avait pris les armes contre François i«r , forent barbouiUée* de jaune par la main du bourreau. P. M. Quilard, Dict. des Proverbe*, p. 640.
(2) Guillaume Paradin , p. 419 de son Hist. de Lj-on , parle d'une pierre, que l'on voyait nu siège de l'ofûclalité de Lyon , au lieu où se mettaieut ceux qui faisaient cedo bonu.
S. M., et où Us ne voudrofent retourner, le ra procède contre eux comme de raison .
Lesdits sieurs Ducherin et Varqueria, comme deux du Magistrat du présidinl de Lyon, drclarent, notamment led. sieur de Varqueria, qu'ils étoient prêts et s'offroient de tenir la police et vaquer à l'administration d'icelle, et en ont requis acte.
L'assemblée voyant que la maladie va toujours croissant, ordonne que tous ceux qui se sont retirés en ladite ville , depuis un an en ça , n'ayant de quoi se nourrir sans mendier, videront la ville et se retireront au lieu d'où ils sont venus; ordonne aux penons d'y tenir la main.
De plus, que tous ceux qui reçoivent l'aumône de la tille, eux ni leurs enfants , ne pourront mendier dans la ville, sur peine de privation d'icelle aumône; et s'il s'entrouvoit cependant quelques-uns qui ne se pussent nourrir de lad. aumône avec leur travail , on s'adressera à MM. les recteurs qui leur augmenteront l'aumône.
Depuis quelques temps on avoit ordonné de faire mettre dans les rues, de cent pas en cent pas, des lanternes pour éclairer la nuit. Les habitants aisés du quartier devaient fournir les chandelles, suivant le rôle fait a ce sujet. Le ^octobre suivant, le Consulat, ayant trouvé cette disposition très-nécessaire, ordonne de la continuer encore quelque temps, et de contraindre les voisins, etc. S,
1581. — Septembre, n. On fait mander au Consulat les capitaines penons, quarleniers et dizenîers; il n'en comparoit que six, les sieurs Guillaume Hoville , Benoit Mellier, etc. On leur expose que la maladie augmentant et sautant de quartier en quartier, ce qui procède évidemment du mélange et fréquentation, et par la malice aussi de plusieurs personnes qui recèlent le mal en leurs logis, ne laissent, quoique atteints , eux ou quelqu'un) de leur maison, d'aller par la aux églises et fréquenter les autres citoyens, qu'il fallait s'opposer à telle méchanceté, et faire que le mal ne puisse pas ci-après se cacher, afin qu'avec l'aide de Dieu, l'on en puisse bientôt voir la ville délivrée. Pour ce, on fait défensesà toutes personnes atteintes et infectes de la maladie contagieuse, de ne fréquenter personne, ni aller par la ville, ni moins sortir hors d'icelle, mais de se contenir et demeurer en sa maison , sur peine de la vie. — Il est enjoint à toutes personnes...., lorsqu'il tombera quelqu'un malade en leur maison...., qu'elles nyent à se resscrer elles-mêmes, et en avertir sur-le-champ le capitaine penon de leur quartier.. ., et ce, sur peine de la somme de 5oécus d'or sol. contre \erecelaleur, applicable aux frais de la santé de la ville*.. Défenses sont faites <à tous barbiers et empiricques de ne s'entremettre à bailler aucuns remèdes ni médicaments, sans permission , sur peine d'être sur Je champ conduits à l'hôpital St- Laurent. — Et pour chûtier exemplairement les recelateurs du mal contagieux et infracteurs des ordonnances faites sur le fait et police de la santé, et pareillement pour les gens vagabpnds,saus aven,malfaitcursetjureurs, blasphémateurs du nom de Dieu, seront dressées potences par la ville et places publiques , comme sera avisé. -— Et pourappaiser l'ire de Dieu, et implorer son aide et miséricorde, et afin d'exciter le peuple à prières et oraisons, sera ordonné que, tons les jours, à une heure après midy, la seconde cloche de l'église de St-Jean sonnera à bransle^el la grosse à baiteau, entendant lesquelles sonner à ladite heure, sera e st.ro ite ment enjoint à toutes personnes, de quelque état et conditions, en quelque part et lieu que l'on se trouvera, soit es maisons, boutiques nu par les rues, de, à l'instant même du son de ladite cloche, dire en dévotion cinq Pater et cinq Ave Maria, ou le psalme De profuudis , ou Salve regina, ou telle autre prière et oraison que la
dévotion suggérera, sur peine contre les contrevenants d'astre mulclei comme désobéissants, etc. — Les P. P. jésuites avoient prfcté pour le service divin dans la chapelle St-Laurcnt, un calice, sa patène, une chasuble et autres ornements d'église; le Consulat les Gt évaluer, et leur fit payer 33 éouspour que ces objets restassent au service de celte chapelle. S.
1581. — Septembre, ao. Tremblement de terre entre 4 et 5 h. du matin, S. Voyez ci-dessus au si mai i5?8, et ci-après, année 1 584.
1581. — Octobre , x3. Les députc's que le Consulat avait envoyés en eour pour les affaires de la ville, reviennent après avoir obtenu presque tout ce qu'ils avaient demandé. Voyez ci-dessus au 6 avril.
1581. — Octobre, 26. Jean de Chaponay, juge, gardien et conservateur des foires de Lyon, venait de décéder ; le Consulat nomme pour le remplacer Antoine de Masso, son lieutenant.
1581. Octobre, 26. Par lettres en date de ce jour, le roi mande au Consulat que les habitants de Lyon aient à se disposer à assister en toute dévotion et révérence aux prières publiques et procession que S. M. commande être faites pour lui donner lignée d'an fils mâle. — Ces lettres sont transcrites uu registre des lettres-patentes et missives. S.
1581. — Novembre, 1. — Les commissaires delà santé nommés par le Consulat, en exe'cutnn des lettres-patentes d'Henri III, du 3 septembre précédent, et les recteurs de l'Auraône-ge'nérate se réunissent pour aviser aux moyens de faire cesser la peste. Ils arrêtent entr'autres résolutions qu'on enverra a Notre-Dame -de- Lorette, en Italie, un calice avec sa patène et deux chaînettes d'argent; qu'une aumône sera faite tant aux religieux de ce lieu qu'aux pauvres qui s'y trouveront , jusqu'à concurrence de cinquante e'cu« d'or ; qu'on enverra à Saint-Claude, en Bourgogne, une somme d'argent pour être employée à la restauration d'une église qui a été brûlée ; que la plus grande partie des malades sera traitée à l'hôpital de St-Laurent-des-Vignes, et dans des huttes exprès construites aux environs, etc., Dagier, 1, i23.
1581. — Novembre , 1. Les sermons, qui avoient été interrompus les dimanches, à cause de la peste, recommencent le jour de Toussaint. S.
1581 . — Novembre, 8. Montaigne , revenant d'Italie , où il était aile' pour s'acquitter d'un vœu à Notre-Dame-de- Lorette (1), arrive a Lyon; il avait quitté Sl-Rambert, le 6, et il y avait vu FranceacoCenami, banquier de Lyon» qui s'y était retiré à cause de la peste.... «La vHlede (Lyon), dit-il, me pleut beaucoup à voir. Le vendredi j'achetai de Joseph de la Sone trois courtau* (a) neufs par le billot deux cens esc us, et le jour avant avoU acheté de Malesieu un cheval de pas de cinquante etcus , et un autre courtaut de l renie trois. Le samedi jour de S. Martin , j'eus au matin grand mal d'estomac , et me tins au lit jusques après-midi qu'il me print un llux de ventre. Je ne disnai point et soupai fort peu. Le dimanche douze de novembre, le sieur Alberto Giachinottt , Florentin, qui me fit plusieurs autres courtpisies, me donna à disner en sa maison , et m'offrit à presler de l'argent , n'aïanl eu
.' * j (!) Vers 1625, un autre philosophe non moins célèbre que Montaigne , lieacartes vint aussi à Noire- Dioie de Lorette pour le mène objet, et il y communia de U main d uo religieux, après avoir humblement demandé pardon à Dieu de ce que sa sàene* n'avait pas assez émoussé sa sensibilité.
(2) Bidets , chevaux, de moindre taille auxquels l'on a coupé la queue. — Joseph de la Son* et Malesien étaient maquignons. Celui-Ai était l'aïeul de Nicolas de Malczieu , de l'académie française, chancelier de bombes, etc.
connoissnnce do moi que lors. Le mercredi i5de novembre 1 58 1 , je partis de Lyon après-disner,et, par un chemin tnontueyx, vins coucher à Bordclièro (i) , cinq lieues , village où il n'y a que deux maisons.... » Voyea les Nottv. Mélanges de M. Breghot du Lut, p. 44a. — II existe trois éditions lyonnaises des Essais de Montaigne; la première imprimée (peu de temps après la mort de l'auteur) pour Gabriel Lagru/ige , libraire d'Avignon., 1693 , in-8°; la seconde pour François le Febure de Lyon , in-12 ; la troisième avec titres dont les uns portent le nom A' André Olyer et les autres celui d'Ant. Besson , rue Tupin , proche VEmpereur t 1669 , 3 voL in-ia. Ces trois éditions ont été décrites pur M. J. F. Payen , dans sa Notice bibliographique sur Montaigne , imprimée au devant du Montaigne de la collection du Panthéon.
1581. — Novembre 7. L'ambassadeur envoyé à S, M. par l'empereur des Turcs passe à Lyon. Le Consulat lui fait présent de confitures, vin et fruits jusqu|ù la somme de a5 cous et 44 sous« — Le même ambassadeur repassa à Lyon avec sa suite, au commencement de janvier , on lui offrit encore des confitures pour i5 ccus. S.
1581. — Novembre 14. MM. du Présidial font dire à S. Alban , une grand* messe du S. Esprit où assistèrent MM. les custodes de Ste-Croix , les quatre vicaires, deux marguilliers, le manécanteur et quatre clcrgeons. S.
1 581 Novembre 16. M. de M.tudelot convoque, à la demande ou Consulat, une assemblée générale, ehe$ lui, où furent appelés MM. du clergé, de la justice , etc., etc, Il leur expose que celte convocation étoit faite à deux ou trois fins; la première pour rendre grâces à Dieu, par processiou générale et solennelle , de ce qu'il lui a pieu de lever sa main de dessus la ville affligée , pour ses péchez, de maladie contagieuse, lui rendant sa pristine santé ; la a'pour pourvoir, ù l'avenir, à la santé d'icelle; et la 3' pour adviser des moyens que l'on aura pour le remboursement des grands et excessifs frais faits par les sieurs consuls pour pourvoir à la santé et purger la ville; que pour le premier point, il s'en remettoit (ju tout à Messieurs du clergé, d'autant que c'est de leur charge et devoir. Quant à ce qui concerne le ae point, qu'il seroit bien que ceux qui ont été suspects où malades de la contagion et qui sont dans les hôpitaux, fussent avertis qu'ils seront renvoyés dans leurs maisons sitôt que leur quarantaine sera achevée, pourvu qu'ils trouvent les moyens de changer d'habits, etc., etc. Quant au 3" point, les frais occa-pstonnés par la contagion , ils ont été si grands, que , à grand'peine , les pourroit-on croire qui ne les aurolt vus comme lui,; mais ils ont été nécessaires... qu'il étoit plus que nécessaire que Messieurs du clergé et des autres états , chacun en droit soy, contribuassent librement et volontairement au remboursement de ces frais qui seront portés à change et perte de finance par les éciievins. 1 , ,
Cette proposition faite, >M. de lu Barge résumant les trois chefe, dit ....que, comme grand-vicaire de Mgr l'archevGque , il ordonnera une gouérale et solennelle procession, et fera que tout te clergé se mettra en son devoir pour faire prières et oraisons pour la conservation de la santé, etc. Quant au remboursement des frais, il est bien assuré qu'il n'y aura pas un du clergé qui aura quelque moyen qui ne contribue comme personne privée, comme il offre de faire pour son regard ; ■mais que de promettre pour tout le corps ecclésiastique, il ne le pouvoir, n'en ayant aucune charge....
(1) Ou Ifi BourtUUïiê hameau \ dan» la paroisse Je Sl-Lauivut de Chamoii^set, à <pi*Jr« lieues de Feun.
Le Président de Chnstillon, approuvant ce qui avoit été résolu de faire processions et rendre grûces a Dieu, a dit que c'étoit la chose la plus nécessaire, et que, en cette affaire, tous les remèdes humains sont inutiles, comme même l'on peut remarquer par les anciens historiens, voire des payens; rapportant, à ce propos, la grande et contagieuse peste qui affligea, par un long temps, les Athéniens , lesquels , après avoir recherché tous les moyens pour se garantir, furent contraints finalement de recourir à YOracU (TApollo qui leur dit qu'ils dévoient faire processions et prières aux dieux, lesquelles ils n'eurent pas sitôt commencées , que là maladie cessa. Les Romains ayant aussi reçu semblables fldaux, qui avoient continué pendant trois ou quatre années , durant lesquelles les plus illustres familles d'entr'enx en moururent, eurent recours aux livres sacrés qu'on appelait secrets, par la lécturc desquels ils apprirent qu'il falloit faire vœux et processions aveo prières : ce que ayant fait, tout le peuple, voire même jusques aux petits enfants couronnés de fleurs, en signe de victoire sur la maladie, elle s'éteignit tout à coup.... Quant à ce qui concerne le remboursement des frais de la contagion, qu'il faut, en cela , suivre ce que d'ancienneté l'on a accoutume de foire en tel cas, qui est d'aliéner les biens des pauvres, avant que de venir à aucune contribution par capitation ou autrement, d'autant que ces frais ont été faits pour la subvention et nourriture des pauvres ; que s'il n'y aroit des biens en suffisance, quoiqu'il pense qu'il y en aura, il faut attendre que les échevins en dressent le compte, et que, l'ayant vu, calculé et arrêté, on recourre au roi pour obtenir de s'imposer ; ce qui toutefois seroil de très perniceuse conséquence, etc,
Les sieurs d'Ausserre, Bullioud et plusieurs autres notables avant été entendus, on arrête que t'on rendra grâces à Dieu , que l'on fera une procession générale quand Messieurs du clergé verront le temps propre et commode de la faire; que l'ordre proposé pour ceux qui font la quarantaine sera exécuté, comme aussi sera le vœu fait à Lorette et ù S. Claude, et pour le regard des frais de la sauté , que l'on fera une assemblée générale en l'hôtel de ville , pour y ad viser et pourvoir. S.
1581. — Novembre aa. Le Consulat foit une aumône de 10 écus aux PP. Minimes, attendu leur extrême pauvreté et nécessité; la maladie contagieuse ayant éloigné les habitants de Lyon de venir en leur église, et d'j faire leurs aumônes. S. Voyez ci-dessus au 3o octobre i5?8.
1581. — Décembre 5, premier dimanche de t* vivent. On fit une procession générale qui partit de S. Jean , pour aller à S. Nizier où l'on dit une grand'messe « aux fins de prier Dieu pour S. M. et demander de lui donner un « beau fils pour parvenir a la couronne. * Ce fut le P. Auger qui fit le sermon. S.
1581. — Décembre 5, La Consulat, a la prière du peuple et de plusieurs marchands, écrit à MM. de la cour des moonoies à Paris pour les prier d'ordonner au Maître de la monnoie de cette ville de fabriquer des liards jusqu'à la somme de 6ooo écus ou autre somme , comme la cour le jugera , attendu le défaut de la même monnoie en cette ville. S.
1581. — Décembre 16. Claude de Rubys, procureur général, remontre au Consulat que c'est chose ridicule de voir aux processions et aux assemblées générales, lès échevins vêtus de robes violettes semblables, et porter en leur têtes des chapeaux différents; il demande qu'au lieu de chapeaux, tous les tichevins soient oornes à Us teste de bonnets de velours noir. Le Consulat rend une ordonnance conforme a ce réquisitoire ; il assujettit, en même temps, le»
quatre officiers de la ville à porter aussi désormais le bonnet de velours noir. S. Voyez ci-après, au 12 mors i58a.
1 581. — - Décembre 19. Le Consulat enjoint aux bouchers qui araient quitté la boucherie de St-George pendant la peste , de retourner dans cette boucherie où ils avaient été installés dès le commencement de cette année.
1581. — Décembre at. M. Antoine deRoddes prononce l'oraison doctorale (Voyez ci-dessus au 27 juin). — On lui fit payer dix écus d'or sol.
— Mime jour. Les echevins désirant sur toutes choses effectuer le vœu cidevant fait à N. D. de Lorelte en Italie, et nommer personnages dignes et suflisans pour l'aller rendre, au nom de la ville, sur le printemps, et y faire les aumônes ù cet effet résolues, et en décharger leurs consciences, nomment pour faire ce voy:ige et rendre ce vœu, M* Emond Auger, jésuite, et M' Claude de Rubys. S. Voyez ci-après au 7 juin i58a. , ,
1 581 . — Décembre it\. Le Consulat écrit au Pape :
« Très saint Père , voz très humbles serviteurs , les consuls eschevine de la ville de Lyon, vous remontrent en toute humilité, que lors de l'institution et création de la grande A ulmosne générale d'ioelle, qui est la mieux ordonnée que nulle autre de ce royaulme de Frunoe, consistant non seulement en la nourriture de 5 à 4ooo pauvres personnes, mai* uussi en la nonrriture et entretenementdc deux hospitaux, avec éducation de pauvres en fan s et fille* orphelines, qui y sont iournellement receuz et adoptez, et par mesme moyen eslevez aux des^ens d'icelle, fust,pour l'entretcnement d'icelle Aulmosne, arresté,avec ceulxdu clergé de ladite ville, que, en toute? les églises tant collégiales que des couvens mendians, monastères et hospitauïx, seroient mis des troncs au dessus desquelz intitnlation seroit mise soubz ces mots : Pour les pauvres de l'Aulmosne générale de Lyon , ce qui auroit tousjours depuis esté effectué et pratiqué en toutes les esglises iusques ace que, depuis ta ou i5 iours en çà, les religieux capucins se seroîent formalisez, s'excusant que les statuts de leur ordre n'esroyent d'avoir n'y dendurer aulcun tronc dans leur église n'y à la porte d'icelle, encore que depuis leur advenance en eeste ville ils ayent tôlier* lesd. trouez comme les aultres mendians, néanmoins les ont voulu arracher; en quoi esta craindre que venant à les oster, oultre le desordre qui en pourroit advenir, par le scandale que en recevroient tous les ordres et estats delà ville, seroit une conséquence que les autres couvens mendians qui, par aprez, en vouldroient faire de mesme : ce qui a meu lesd. consulz eschevirts, comme ^ères et protecteurs des paouvres d'icelle aulmosne, de recourir à V. S. pour la supplier très humblement, pour osier le scrupulle que ont lesd. capucins, de les vouloir dispenser de tant et tous les aultres ordres, ime de pouvoir souffrir en leurs églises et à l'entrée d'icelîes lesd. trônez dédiez pour lad. Aulmosne, aflin que les gens de bien qui seront meuz de dévotion et charité envers les paouvres de Dieu trouvent Heu pour distribuer et deslivrer leurs aulmosnes secrettes, lesquelles sont prinoipaulx appuys et souslencment d'icelle Aulmosne générale , ensorte que luy estans lesd. trônez levez, c'est chose toute asseurée que en peo de temps* elle se perdroil entièrement, qui seroit le plus grand malheur qui iaoïais advint en lad. ville, voyre eu tout le royaulme de, France; ce qu'il plaira à. mire sainteté considérer, et iceux consuls esehevins et pauvres de lad. Aulmpsne prierons Dieu le créateur pour vostre félicité,, prospérité et longue vie. De Lyon, au bureau de l'hostel-Dieu , le a4 iour de décembre 1 58 1 . »
Le Consulat écrivit aussi pour recommander celte affaire à Mgr. le cardinal
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d1Est, protecteur de la France , à Rome, et ù M. Glôrîer, secrétaire de* Brefs, à Home.
On voit par une lettre du Consulat à M. l'abbé de Pleinpied (Pierre Toi let), h Rome, que le Pape avait renvoyé cette affaire au général des Capucins, mais que celui-ci étant absent de Rome, elle n'avait pu être décidée. Le Consulat éc ri voit donc aud. sieur abbé de Pleinpied le 6 lévrier, répondant à sa lettre du 14 janvier i58?, que sûrement leur procureur général de l'ordre leur avoit fait commandement de souffrir en leur église le tronc des pauvres de l'Aumône générale, mais que, quelque diligence que le Consulat aye pu faire , il n'en avoit rien pu apprendre , tant Us sont secrets en tettrs affaires. Il recommande bien à cet abbé de vouloir bien s'intéresser à celte décision, afin que l'affaire soit terminée avant son départ de Rome , etc.
Lettre de M. ...de Foix, ambassadeur du roy près le Pape, au Consulat, 8 janvier 1 582.
« Messieurs , la requête que vous faictes à N. S. P. le Pape en faveur des pauvres de vostre ville est si pie et équitable que ic veux croire que cela mesme suffira pour l'induire à le vous accorder. Toutesfois, puisque vous desirez que ie m'y interpose, et quei'en porte la parole a S. S., ie le ferai à la première audience que i'auray d'elle avec toute la bonne volonté et affection que vous sçauricz désirer, i'espère vous en mander résolution par le prochain ordinaire. Cependant ie me recommande de tout mon cœur à vos bonnes grâces, et prie Dieu , Messieurs qu'il vous doigt, en très bonne santé, heureuse et longue vie. De Rome, ce 8 janvier i582.
Depuis la présente lettre esurite, i'ay parlé à Mons. le dataire de cest affaire, lequel a advisé estre bon qu'il en communiquait avec le gênerai et procureur de l'ordre des capucins, espérant pouvoir accommoder ce négoce uvecque eux à vostre contentement, et après avoir entendu dud. sieur dalaire la réponse qu'il en aura heue, s'il est besoing, t'en parlerai à N. S. P. le Pape, —h Vostre plus affectionné ainj a vous compierc et servir. Signé : de Fois. • S.
•1 581 . — Le P. Thomas Thurin , gardien du couvent des capucins de Lyon, reçoit l'ordre de son général d'aller à Toulouse prêcher dans l'église de S. Etienne; — ce qui donna lieu a la fondation d'un couvent de capucins à Toulouse. Catel , Hist. ie Languedoc, liv. II, p. 221.
1581. — « Les marchands de Saint-Gall, en Suisse, qui fréquentent les foires de Lyon, donnent à l'Hôtel-Dieu une somme de 3oo livres pour la construction d'une boutique dans la nouvelle boucherie, a cette seule condition que les armoiries de la ville de Saint-Gall seront placées au-dessus de cette boutique. » Dagier, I, 122.
1581. — Les calvinistes ayant envahi le Dauphiné, les recteurs de l'Hôtel- Dieu de Lyon écrivent à Lesdiguieres pour l'engager à mettre sous sa sauvegarde les propriétés des pauvres de Lyon situées dans la province occupée par aeMroupes. Dagier, 1 , 1 24.
1584. — Mort de Barthélemi Faye, seigneur d'Espeisses, fils de Pierre Fave, écuyer, et«le Mcraude Paterin. — Il avait été reçu conseiller au parement de Paris, le 17 feviier i54i , et président aux enquêtes le 29 août i5?o. H s'était marié en 1 541 , a Marie Viole, sa cousine, une des filles d'honneur de la reine Eléonor, et il eut de ce mariage cinq enfants; l'aîné, Jacques, fut président a inorlier au parlement de Paris. Barthélemi fut inhumé dans l'église de S. Côme, à Paris. Voici en quels termes sainct Julien de Balleure a rapporte, dans ses Gemelles ou Pareilles, p. 53, l'accident qui fut
la cause de la mort de cet illustre magistrat : • Plus lourde encores fut ta négligence dont on usa envers Monsieur Faye, seigneur d'Ëspeces en Lyonnois , et plus cruelle fut la manière de sa mort. Il avoit esté fort longuement conseiller du roy en la grande chambre du Palais de Paris, et enfin l'ait président en l'une des autres chambres. Et de vray, ses scavoirs et probité meritoient bien cela et davantage. Se trouvant vieil et las du travail du Palais, il se desfit de ses estats en faveur de sesenfans, pour plus commodément vaquer à l'estude et à lectures privées auxquelles il estoit plus affectionné que jamais. Advint qu'ayant, après son repas, demandé un livre, et y lisant assis en une chaire devant le feu, tousses gens le laissèrent, soit donques qu'il se branlasl en icelle chaire, soit qu'il se fut endormi, ladicte chaire versa, et luy tomba la teste dedans le feu, privé de tout pouvoir et moyen de s'en oster. De façon que, avant qu'on lui vint eu aide, il avoit la teste à demy bruslée : et n'y ayant moyen de le sauver, force fut qu'il mourut en très cruel martire, au grand regret de tous gens de bien- C'est à luy à qui nous devons la publication des œuvres de Monsieur de Conan (i), maistre des requestes en l'hostel du roy, et beaucoup d'autres choses qui par lui ont esté mises en lumière.... » Jacques Cujas lui dédia les quatre premiers livres de ses Observationum tibri xxvui.
1581. — Parmi les ouvrages publiés cette année, il en est un que nous devons mentionner ici; il a pour titre : Le Secret des finances de France, descouvert et départi en trois liures par N. Froumenteau (Nicolas Barnaud) et maintenant publié, pour ouvrir les moyens légitimes et nécessaires de payer les dettes du Roy, descharger ses sujets des subsides imposez depuis trente vn ans, etc. Sans nom de ville, cidic. txxxi. In-8*. — L'auteur de ce livre (que nous avons déjà cité au mois de janvier i5i4) est Nicolas Sarnaud, de Crest en Dauphiné; il embrassa la réforme et lui consacra sa plume. La dédicace au roi (Henri III) est datée de Paris le tm janvier i58i. — La même année, Barnaud publia son Cabinet du roy de France, leqoel a aussi une dédicace à Henri III, datée du i" novembre i58i. Ces deux ouvrages offrent de curieux documents pour l'histoire financière et politique de Lyon au ni* siècle; le clergé et la noblesse de cette province y sont tres-maltraités. Le passage suivant est extrait du Cabinet^ p. 54i-43 :
* Voici les belles qualiiez de la noblesse de la province de Lyon... Je ne parle pas de la vraye noblesse, car ceste-Ià, pour mourir ne voudroit avoir offensé ny fait tort à personne : celle de laquelle je parle est tout à rebours : elle est confite en toute perversité : le plus sobre vice qui est en eux est d'estre voleur, et le plus grand d'estre a théiste.... Depuis Lungres , commencement de la province de Lyon , jusques a l'autre extrémité, trouverez pour le moins cinq ou six cens voleurs les plus insignes.. . bien habile et accort est le personnage qui a à négocier avec eux, s'il n'y laisse du poil.... Il n'y a priorez d'hommes ny femmes où ils ne mettent le nez : la poligamie est un grand support en ces vénérables qui toujours trotent par ces cloistres, ou les cloistriers trotent par leurs maisons jusques à faire la quenouille de leurs femmes A dire le vray la pluspart des valets et palefreniers -de tels gentilshommes sont bastards de prestres, moynes ou cordeliers. Le vîfce particulier qui a le plus grand bruit entre ces messieurs est qu'ils sont trompeurs et menteurs... Il ne tient pas à eux que le roy ne soit bien camus, car Us frappent souvent
(1) Né » Paris tu i5o8 , mort eo 1 55 x . Voyez Camus «t Dupin , Bibliptfièya* dt droit ,
dessus. Si ceux de la poligamie n'ont pas beaucoup de lettres, ceux-ey en ont encore inoins. La datte du plus ancien contracl qu'ils ayent de leur ac quisilion, est de dix sept ou dix huit ans : car, auparavant les troubles, ne savoient ce que c'est que d'acquérir. Les bons laboureurs qui passent par dessous leurs arbres en pourront bien cueillir et payer, car ils en ont bien payé leur part : que s'ils sont habillez de velours, les bonnes gens en ont bien payé la soye. ... D'ici à trois jours, je ne saurois décrire les vices desquels ils sont entachez.... S'il n'estoit que la province n'est du tout dégarnie de bonne noblesse, véritablement il ne seroitpas possible d'y demeurer on subsister : mais la prudence et vertu d'aucuns sert comme de rempart à l'incursion et violence de ces Arabes.... Si suis-je cootrainct reprendre et taxer ceux-cy, d'autant que s'ils vouloient tenir main, comme ils pourroienl bien l'aire, telle vermine ne regneroit pas au pays. — « Cette province a et possède certains ecclésiastiques qui valent encore moins que nos haubereaux : car il n'y a espèce de meschancetez qu'ils ne commettent à la foule et oppressian du povre peuple. »
Nicolas ttnrnaud est encore auteur d'un ouvrage, le Miroir des François , publié sous le faux nom de Nicolas de Montand , en i58a, in-8*. M. Audio, qui en a inséré des extraits, p. 407 et suiv. de son Hist. de Calvin (2° édition) , donne à cet ouvrage ladite de i5y5; nous ne croyons pas qu'il ait paru avant i58i, puisque la dédicace de Tailleur à Lo)se de lorraine, femme d'Henri III, est datée du 1" oclobre i58i.
1582. — Janvier 16. Le Consulat, instruit de la poursuite qu'entendent faire les habitants du bourg des Deux- Amants, pour être accueillis au nombre des habitants de cette ville , et rayés du rôle et chartreaux de ceux du plat
f>ays, attendu qu'ils sont aujourd'hui enclos dans les murailles et c lôture de a ville, et attendu que l'on va travailler à la porte qui les clorra dans la ville, arrêts que cette poursuite se fera au nom de la ville. S.
1582. — Janvier 18. Séance consulaire. — Ayant notre Dieu, par sa bonté et miséricorde, retire son ire et restauré, en celte ville de Lyon, la pristine santé , ce neanmoius, au lieu d'être le peuple enclin et ému à dévotion et prières, et lui en rendre actions de grâces, comme tous chrestiens doivent faire, se déborde à une infinité de débauches, blasphèmes, ivrogneries et autres malheurs qui pourroienl de plus fort irriter sa divine majesté ; pour à quoi obvier a été ordonné que défenses expresses seront faites à toutes personnes de jurer envain ni blasphémer le nom de Dieu , de la Vierge Marie ni des Saints, sur peine pour la première fois de 10 écus d'amende applicable aux pauvres: pour la deuxième d'être mis au collier avec ladite amende , et pour la troisième de punition corporelle.
Pareillement défenses à tous habitants , de hanter ni fréquenter aucunes tavernes ou cabarets a peine de 16 écus 2/5 , tant contre chacun de ceux qui y seront trouvés que contre l'hôte ou hôtesse qui les aura reçus, applicable le tiers au rov, l'autre tiers aux pauvres, et le dernier tiers aux dénonciateurs. Sera enjoint aux archers du prévôt de robe courte et du chevalier du guet d'y tenir la main.
Tous berlands , jeux de quilles, comédies et assemblées de danses, soit de jour ou de nuit, sont prohibées sous peine de 53 écus i/5 d'amende , tant contre chacun des assistants ou joueurs que contre le maître de la maison ou lieu où se feroient telles assemblées.
Défendu à tous frippiers et revenderesses de ne plus vendre ni exposer en *cnte aucuns habits, linges ni meubles vieux, soit en bancs , soil par la ville ou autrement, etc. , à peine de confiscation et d'amende.
1582. — Janvier 31. Au conseil d'Etat tenu près de M. de Mandelot, auquel e'toient pour le clergé M. de La Barge, grand-vicaire, et M. de Chalmazel, doyen ; pour la justice , MM. de Chastillon et de Langes, et les consuls échevins représentant le corps de la ville, fut arrête' et convenu faire publier l'ordonnance suivante :
Comme il a plu à Dieu et h sa divine bonté faire cesser en cette ville de Lyon la maladie contagieuse, et lare'tablir ensapristine santé, et que pour la continuation, augmentation et conservation d'icelle, il soit besoin et requis user de l'ordre, police et moyens qui peuvent être nécessaires,, utiles et profitables pour cet effet, à moyen de quoi et aprèz avoir sur ce mûrement délibéré, a été ordonné :
1° Que, suivant les ordonnances du roy et arrêts de la cour de parlement,, très expresses inhibitions et défenses sont faictes à toutes personnes de quelque estât, qualité et condition qu'elles soyent, de jurer, blasphémer et détes^ler le nom de Dieu, de la très saincte Vierge, sa mère, des saincts et sainctes du paradis, à peine pour la première fois d'estre mis au pillier, y, demeurer par l'espace de 4 heures , et pour la seconde d'avoir la langue et les lèvres percées , et en outre d'être puni d'amende arbitraire, le tiers de laquelle sera adjugée au dénonciateur;
2° Est enjoinct aux munans et habitans de Lyon d'assister au divin service les jours de dimanche et fêtes solemnelles, pendant lesquelles et que le divin, service se fera, seront faictes défenses à tous MM. joueurs de paulme d'ouvrir leurs jeux, fournir des raquettes et paumes et recevoir des personnes à jouer lesdits jours , h peine de 3 écus et tiers d'amende, qui sera levée tant contre Ledits MM. joueurs de paume que contre ceux qui seront trouvés jouaus; et sous les mêmes peines sont prohibés et défendus tous berlans , jeux de quilles, cartes, dez , boulles, pallemail et autres. Ne seront faicts masques, danses ni comédies publiques , lesquelles sont expressément défendues, et à tous marchands et habitans de ladite ville de vendre desdits masques en ladite ville, h peine de 20 écus d'amende et de prison.
Et parce que plusieurs se licencient auxdits jours de dimanches et de festes de négocier ettraffiquer, et mesme faire charroyer et voiturer, soit par terre, soit par eau , sont faictes expresses inhibitions et deffenses de faire telles et semblables négociations et trafiieqs, inesmc de charger chevaux, mulets, charrettes, batteaux et emballer; et aftinque nul n'en prétende cause d'ignorance, est enjoinct aux hostes, taverniers et autres qui logent des marchands, avertir lesdits hostes de ne charger leurs marchandises, les jours de dimanches et festes solemnelles , à peine pour la première fois de 10 écus d'amende , et pour la seconde, de confiscation des marchandises, charrettes, chevaux, etc., etc. S.
1582. — Mars 3. « La maladie pestilentielle paraissant encore se manifester à l'Hôte l-Dieu, dans la salle des nourrices et des petits enfants orphelins, les recteurs sont priés de prêter temporairement une grange , sise près du Rhône, qu'ils viennent d'acquérir. Celte invitation est accueillie, et le 3 mars les petits enfants y sont transférés. » Dagier , I, 120.
1582. — Mars 8. Sur le réquisitoire du sieur de Rubys, procurenr-général de la ville, le Consulat arrête que désormais, toutes et quantes fois, il tiendra séance , chacun des échevins sera tenu déporter sa robe violette et son bonnet de velours ; qu'il en sera de même en toutes assemblées générales et processions; et que les officiers de la ville y assisteront aussi en costume. — On ordonne qu'il sera faict pour noble Claude du Fenoil, sergent-major de la
ville, et pour Claude de Masso, lieutenant du capitaine de la ville , ?i clia cun d'eux, un grand manteau d'écarlatte violette, qu'ils porteront lorsqu'ils marcheront avec les cchevins, et lorsqu'ils se présenteront au Consulat pour l'honneur et révérence d'icelui. S. Voyez ci-dessus, au 16 décembre 1581.
1582. — Mai3\. Le P. Jean Bénédicti , de l'ordre des Frères-Mineurs , lecteur et prédicateur en la ville de Lyon, exorcise Catherine Poncet, 5géc de 22 ans. Voyez Us Grands Cordeliers de Lyon, par M. l'abbe' Pavy, p. 113, et
1582. — Juin 7. Séance consulaire. Plusieurs villages proches et voisins de la ville étant affligés de la peste, et étant à craindre que, sous prétexte de dévotion , il y ait une grande affluence de villageois à la fête de S. Jean prochaine, où ils viennent à l'église de S.Jean et se mêlent avec les habitants de La ville , sous couleur de la foire qui a accoutumé d'être annuellement devant cette église, le jour de S. Jean, on arrête de prier M. le gouverneur de défendre ladite foire , afin d'obvier à ce mélange. S.
1582. — 'Juin 26. Le P. Emond Auger représente au Consulat que, au temps de la dernière contagion, outre plusieurs grandes aumônes secrètes qu'il avoit reçues de diverses personnes pour secourir les malades, il avoit aussi pris a crédit chez plusieurs marchands différentes choses, tant pour la nourriture que pour lé vestiaire des pauvres malades, lesquelles il devoit encore, etqu'd désiroit payer, avant son départ pour Lorctte. — Les échevius reconnaissant les bons services dutlit sieur Auger, son intégrité et la diligence, dont il a usé, tant à consoler spirituellement les pauvres affligés qu'à leur nourriture et autres besoins...., arrêtent que, sur la simple certification signée de sa main, il sera payé tout ce qu'il devra tant pour les denrées et confitures que pour le vestiaire qu'il a fourni aux malades, lequel paiement sera fait sur les deniers de la santé, etc. S.
1582. — Juin 29. Les échevins instruits que M. l'archevêque avoit montré quelque mécontentement de ce qu'ils n'avoient pas assisté à la procession qu'il avoft faite le jour des Octaves de la Fête-Dieu dernière , et de ce que aussi , sans son autorité et permission, ik avoient fait un vœu solennel h N.-D. de Lorette, arrêtent qu'ils iront trouver ledit archevêque pour lui faire entendre que, en ce que dessus, il n'y a eu de leur part aucun mépris, mais une seule observation des anciennes coutumes de la ville. S.
1582. — Juillet. Vers les premiers jours de ce mois, la peste se manifesta dans quelques maisons du quartier St-George. Vers la fin du même mois , elle sévissoit avec fureur dans les quartiers de St-Vincent, h la Costc, au Puits de la Sely etc. S.
1582. — Juillet 12. Le Consulat considérant les grandes peines que le P. Emond Auger a prises en grand danger de sa pei sonne, Tannée passée, au service et admonestement des pauvres malades, pendant tout le temps de la peste, etdont il n'a eu aucun salaire, ordonne que, sur les deniers de la santé, il sera acheté une horloge de la valeur de 40 écus, pour en faire présent audit M* Auger, en mémoires des bous et charitables offices qu'il a faits à la ville pendant la dernière maladie. S.
1582. — Juillet 12. Le Consulat fait faire par honorable Bertin Ratnus, maître peintre et vitrier de Lvon , les trois vitres de la chapelle de St-Roch, avec leurs serrures et treillis de fer, auxquelles vitres seront dépeintes, savoir en celle du matin un grand crucifix avec les images de N.-D. , de saint Jean et de Marie-Magdeleine*, aux deux autres, les images ou effigies de saint
Roch et de saint Sébastien , avec aussi les armoiryes du roy, de Mgr l'archevesque , de Mgr de Mandelot et de la ville, le tout au prix cle cent trente escus d'or sol, devant être achevé' au fêtes de Noël prochaines. S. — Voyez ci-dessus au 31 mars 1581.
1582. — Juillet 24. Le sieur Sontonas , sous-secrétaire de la ville, e'erit au sieur dn Troncy, secrétaire et de'puté à Paris : «... Quatit au siège de Ge- « nève, il se continuera, pourvu qu'il ne soit pas empêche par le roy.... » i — On voit, en effet, par une autre lettre que le roi s'y opposa, et que les troupes répandues dans la Bresse, ne faisaient la guerre m£ au c poules. S.
1582. — Juillet 31 . Le Consulat fait payer 5 e'eus pour la gravure en forme de masques^ pose'e sur la couverture des tfissaulv, qui ont été faits pour être portes à N.-D, de Lorette. S.
1582. — - Août 16. Le Consulat informé que, demain, sans faute, le roi doit arriver en cette ville, où il ne doit séjourner que deux ou trois jours , arrête que très humbles remontrances seront dressées, au nom des éche vins, pour prier S. M. de vouloir bien quitter et décharger la ville de la subvention que S. M. lui demande, et aussi qu'il lui plaise de donner moyen h la ville de se fortifier le long du Rhône et de parachever les réparatious requises au pont du Rhône, etc. S.
1582. — Août 17. — Henri III arrive en poste à Lyon. — « Il venoit, disoit-il, pour manger de noz melons, de noz fruicts, et pour se recréer. Et de faict par l'espace d'enuiron qninze ou vingt jours qu'il séjourna à Lyon, on ne parla que de luy donner du plaisir.... » Le roi avait pris son logement chez M. de Mandelot, qui était alors en Suisse , Rubys, p. 432. — L*auteur du Mémoire sur la ligue^ attribué à D. Thomas, et que nous avons publié pour la première fois dans le tome deuxième de la Revue du Lyonnais , fait aussi mention du voyage de Henri III à Lyon en août 1ô82; mais nos historiens se sont bien gardes de rapporter une anecdote racontée par d'Aubigné, Hist.% liv. IV, chap. lftr, et qui pourrait bien être de l'invention de cet écrivain , que Chateaubriand a si bien jugé quand il a dit qu'il était « huguenot, har- « gneux, ambitieux, mécontent, d'un esprit caustique.» Voici cette anecdote : ■ .... Le roy estant a Lyon, s'embrasa d'une des plus apparentes femmes de la ville, de laquelle le nom sera supprimé. Le comte de Maulevrier et Entraigues (qui n'ont point été chiches de tels discours , l'un pour sa futilité naturelle, l'autre pour les mescontemens qu'il receut ) furent emploies à mesnager cet amour. Ils pratiquèrent aisément la volonté de la dame, mais non la commodité de l'entrevue, pour l'extrême jalousie du mari, qui ne la perdoit pas plus que son ombre. Ces marcha ns s'avisèrent de le mettre dans le le parti du sel, et le tenans pour avaricieux, esperoient lut faire entreprendre un voyage à Pequais; mais l'offre du gain n'ayant pas succédé , on l'attaqua par l'honneur, en lui présentant un voïage pour le roy en quelques villes hasiatiques ( anséatiques ) , pour traiter un accord entr'elles et le duc de Brunswich , pour ce qu'elles soutenoient sa ville contre Ini. La pipée de l'honneur n'ayant pas mieux réussi que celle du proffit, il falut venir, par la voie de la dévotion, chercher le confesseur du sire, qui estoit le gardien des Cordeliers, auquel ils parlèrent comme se prenans à lui, de quoi un des plus apparants de la ville desdaignoit la confrairie des pénitents en la société du roi mesnie, allegans que celapourroil le faire soubçonner de sentir le fagot. Comme ils pressoient le Pater d'alléguer de telles raisons à sa brebis, le confesseur les renvoia bien loin, leur disant: A d'autras. Messieurs, nous sommes de Testât, et plusieurs autres termes de mattois,
sur lesquels le comte se mit à jurer; c'est , dit-il , que le roi est amoureux <Ie sa femme, et qu'il n'y a moien de lui faire quitter sa maison si vous ne nous aidez; mais faites-nous un tour de gallant homme, et je vous apporterai cent doubles ducats à deux testes dès demain pour expier le péché, et faire des aumosnes si secrettesque personne ne s'en appercevra. C'est, dit le moine, parler bon saint François cela; je vous l'amènerai aumontouer jeudi prochain ; ce qu'il fit par une procession générale ; et là , selon l'ordre de la confrairic dont il se rendoit nouveau profès, il lui falut porter la croix. Le roi et le comte de Maulevrier se desrobent du vestiaire par une porte que leur ouvre le gardien, et vont a leur assignation. Nostre Lionnois aiant traversé quelques rues, se mettant à ruminer dans son sac , prit sa jalousie pour interprète de sa dévotion; commença à porter la teste plus basse que ne devoit un portecroix, et ses pensées mélancoliques s'accreurent tellement, que quand il fut à l'embouchure d'une ruette , qui ne va qu'à sa maison , il pouvoit roir la fenestre de sa chambre ; quelques - uns disent qu'il vid un chappeau à travers les vistres ; qjuoi que ce soit , il s'arresta avec un grand souspir qui dégénéra en esvanouissement vrai ou simulé, si bien que la croix tomboit .sur le pavé sans le secours d'Antragues et du Halde qui s'estoient couplez au premier rang d'après lui. Il falut mettre son office en d'autres mains; et ces deux aidèrent à le porter dans sa chambre où une foulle de pareils et de voisins accourans, le roy fut réduit dans le contouer accompagné de son second. La dame fit demeurai* son mari dans la salle à cause de la fraischeur, et le moien de sauver le roy fut qu'elle enferma Àntragues avec lui, pour lui donner l'habit, et lors accompagne de du Halde, il regaigna les rangs de la procession qui n'estoit pas encore passée. Ainsi ils se servirent de la dévotion à la retraitte aussi bien que pour le combat. » Voyez J. Morin , Histoire de Lyon* vol. 284; l'abbé Pavy , Les Grands Cordditrs de Lyon, p. 1 52; et ci-après août 1 583.
1582 — Juin 7. Séance consulaire. « Parce que l'on diffère d'effectuer le vœu qui naguères avoit été fait par cette ville d'aller rendre grâces à Dieu en la chapelle de N. D. de Lorette il est résolu que M. Emond Auger, Jésuite, sera prié de remplir la promesse qu'il avait faite d'aller audit lieu de Lorette , en la compagnie de M. de Rubvs,. .. et que, pour faire ce voyage, il sera baillé audit sieur Auger la somme de 30 écus, ou davantage , s'il le requiert. S. Voyez ci-dessus, au 21 Décembre 1581 , et ci-après au 21 Août.
1582. — Août1\. Le Consulat écrit à MM. de la santé de Chambéry et de Turin pour les prier de laisser passer librement le sieur de Rubys et M* Amyot , custode de Sainte Croix , députés de la ville , se rendant à Lorette , etc. S.
1582. — Août 21 . Le Consulat fait payer au capitaine Lapalme K écus d'or pour ses vacations d'avoir ces jours passés , comme commis par les échevins en la charge de fourrier , fait loger en cette ville les Seigneurs et autres personnes qui étoient à la suite du roi. — On fait payer à 5 joueurs d'instruments de musique, pour avoir joué devant le roi le jour de la collation que les échevins ofFrirent à S. M. ; 11 écus à Pierre Cathelin , batelier , pour le prix d'un bateau par lui vendu à la ville , garni et équipé pour le service du roi pendant son séjour à Lyon ; 8 écus à cinq bateliers qui avoient conduit le roi sur la Saône dans ce bateau , etc. , etc.
1582. — Août 24. Le Consulat écrit à Benoît du Troncy, à Paris : « ..Nous n'avons rien pu obtenir du roy pendant le peu de séjour qu'il a fait ici , d'autant qu'il n'avoit ni secrétaire , ni conseil avec soy. Nous lui bajllasmes des
remontrances lesquelles S. M. nous promît de communiquer h son conseil , etc. S.
1582. — Septembre 18. La femme de l'un des mandeurs de la ville ayant été atteinte de la peste en l'hôtel commun , le Consulat assemblé chez M. Antoiue de Masso, l'un des échevins, arrête que, jusqu'à nouvel ordre, les séances se tiendront au couvent desCéîestins, et le bureau de la santé h l'Hôtel— Dieu.
— Cela dura jusqu'au 8 Décembre* que l'on revint en l'Hôtel commun. — On avait fait venir de Briançon quatre nettoyeurs pour purifier les maisons infectes. S.
1582. — Septembre 22. Le P. Kinond Auger, Claude de Rubys et le Custode de Sainte Croix , André Amyot rendent à notre dame de Lorette le vœu que le Consulat avait fait à l'occasion de la peste dont la ville de Lyon avait été 4e reckef assaillie cette année. — Les pieux pèlerins appendirent Ce* voto du Consulat tout près de celui qu'y avait mis Michel Montaigne, l'année précédente. — De Lorette , les trois députés allèrent h Romehaiser, au nom de la ville de Lyon * les pieds du pape Grégoire XIII , et ils furent de retour à Lyon le 29 Novembre. Rubis, p. 432. Vovez ci-dessus au & Novembre 1581.
— C'est par erreur que Pernetti , 1 , 40 1 , a donné au custode Amyot le prénom 0? Antoine. Cet estimable ecclésiastique , sorti d'une des bonnes et anciennes familles de la ville, et dont le père avait été plusieurs fois écbevin, exerça, durant environ quarante années , les fonctions de custode de Sainte Croix , et mourut en Août 1 599. « Le perdant, dit Claude de Rubys (p. 454),
• je perdis la fleur de mes amis : Nous avions jeté les premiers fondemens de
• ceste estroicte amitié , estudians à Paris et à Toulouze , et iceUe despuis « tellement continué , que jeluy peux dire :
« Dimidium perii : nam pars non ultima aastri Dutn viveres fueras ; Lu* , Atniote, mea. »
Amvot était fils de Françoise de Lisse qui fut enterrée le 15 février 1578 (Notes de M. Sudan) , et probablement de Clément Amyot, écbevin en 1531 . Le P. Menestrierlui attribue dans ses notes chronologiques , ces vers composés à l'occasion de la publication qui se fit ù Lyon de la paix et de la sainte-union
Gallirapax rediit , florenles reddit olivas, Jamtjue dynastarum mi lia corda facit.
Jura vigfol , nostrae Musis paadimlur Atlienae,
Fraitriadum cemeors sensus i;t unus adest. Sedlu Tarlareis infecta caterva veuenis
Tôt nuila quao nobis arma dndUjre feres.
1682. — Septembre... Publication : Le Histoire délia citta di Fioremza di M. Iacopo Nardi, citadino fiorentino. ... Et nella fine un Discorso sopra lo stato délia magnifica citta di lione. Nuouamente poste in luce. In Lione, appresso Theobaldo Ancelin , 1582, in 4°. — Cette édition a été donnée par François Junctin (en italien Giuntini) qui l'a dédiée à Nicolas Arrighi, gentilhomme florentin. La dédicace est datée de Lyon (Lione) , le 6 Septembre 1582. Le Discorso sopra lostato délia magnifica citta di Lione a 22 pages non chiffrées; il est daté de Lyon h; 15 Septembre delà même année. Le volume est terminé par un poëme latin , composé per clanssirnum jurisconsultum , equitemque.ac oralorem Bjnoniensern Ludovicum Bolagninum. Ce Louis Buloguiui
est probablement le commentateur des Pandectes, mentionne par Tirabaschi,
"vi. , 5 70.
1582. — Octobre 1er. Le Consulat e'crit au P. Emontl Anger , estant de présenta N. D. de Lorette :
« Monsieur, depuis deux jours seulement nous avons receu vostre lettre du 30e d'Aoust dernier passée accompagnée de vers latins qu'avez composes à la Louange denostrevœu^ lesquels nous n'avons eu loisir devoir, ny moyns le moyen de les communiquer à Mgrs. l'Archevêque et de Mandelo't , pour estre présentement tous deux absents de ceste ville; mais nous nefauldrous de les veoir, et en faire part a ceulx qui sont entendus en latin , pour vous eu savoir gré comme nous de la peyne qu'y avez prise,dontnous vous remercions affectueusement, ensemble de tout ce que jusques icy avez avancé en l'accomplissementdenostve voeu, pour parachever lequel entièrement nous croyonsM.de Rubys estre de présent arrivé de peu de lh , d'aultant mesmes que nous avons estcf advertys qu'il a librement passé en Piémont avec le CaKce. Pour le regard des missaulx (i ) , ils sont prêts d'estre hors de la quarantaine qu'ils ont faite au pied de la montagne , de sorte que les recevrez en brief. Depuis le partement dudit S. de Rùbys, par la grâce de Dieu , la santé en ceste ville est augmentée , et la maladie diminuée , tellement qne nous vous pouvons asseurer cjue, depuis 10 jours en ça, n'est survenu aucune chose de nouveau en toute la ville, ce qui nous fait estimer qUe , parla miséricorde de Dieu , le mal sera entièrement assoupy , et que vos bonnes prières et oraisons auront été exaucées envers sa divine majesté , et lesquelles nous vous prions de contiuuer: et, attendant de vos nouvelles et' de l'arrivée dudit sieur de Rubys, après nous être recommendez h vos bonnes grâces, prierons le créateur , Monsieur , vous tenir en suinte et digne garde. — Vos entièrement bons amys h vous faire service, les consuls eschevins de la ville de Lyon. Ce 1er jour d'octobre 1582. «
158$. — Octobre 23". Les Commissaires nommés parle roi pour ouïr les doléances du peuple et des divers états , savoir M. Dabin , M. l'ëvêquc de Nantes et deux autre* conseillers d'état, étoient arrivés h Lyon avec M. Camus, conseiller en la chambre des comptes. LVvêque de Nantes fut logé à l'Archevêché. Le Consulat ne put trouver un logement convenable pour les autres députés, quelques prières qu'il en eut faites tantà MM. les comtes et chanoines de l'église de Lyon, qui ont de fort belles maisons près de l'Archevêché . qu'à plusieurs autres bourgeois de la ville. Les échevins remarquent à ce sujet (avec chagrin ) qu'ils n'ont aucun pouvoir de contraindre lesdits bourgeois de prêter leurs lo^îs . si ce n'est de gré à gré, ce qui proccMoitdu peu d'autorité que le Consulat avoit sur les habitants qui par une licence efïrence, venue au cœur des hommes par le moyen des troubles et guerres civiles , ne portent aucun respect à leurs supérieurs. S.
1 582 . — *• Octobre. Sept démens possédaient une femme de Villecbenève , la veuve Permette Pinay , âgée de 57 ans. Quatre de ses démons avaient cédé à la puissance des premiers exorcismes, lorsque le curé de Montrotier adressa Permette au couvent de S.Bonaventure. La cérémonie d'exorcisme se fit avec l'autorisation des supérieurs dans la chapelle dite de S. Michel. Un P. Martini expulsa deux des malins esprits ; le dernier résista de toute sa force il poussatles cris atroces, il répondit à toutes les demandes qui lui furent adressées
(i) Les 4 niissds pwviupeut plus lard à leur destination. Le* Consulat -U eni le récépissé daté du ii mars 1583. Ils uxoient élé adressée aux Jésuites du Lurette, qui euvoyoreut leur (pullauce et celle du trésorier de Lor«Uo. V-fU; <lr }J. Sud un.
en diverses langues par un Evoque Irlandais,qui célébra la messe devant Perinette. Toutefois le P. Jean Benedicti est le seul que le démon reconnaîtra pour son futur vainqueur : il lui obéira , force', contraint qu'il en est par l'autorité de Marie et la médiation de l'ange Gabriel. Cbose ctonuante ! pendant que le P. Benedicti faisait chanter le Symbole , c'est alors que le démon «frémit, « te m peste , faisant le diable déchaisné comme il étoit. Tantôt vous l'eus- « siez ouy crier , hurler, mugler , clabauder.... Ores il pleuroit , et puis il « rioit : d'autres fois il contrefaisoit le chien , le chat , le guenon , en faisant « mille autres grimaces... » Le 27 , on transporte Permette h la chapelle « N. D. de Lorette ( aujourd'hui celle du Christ). Avant de monter à l'autel, le P. Benedicti prend de solennels engagements qu'il doit accomplir après la délivrance de la possédée. Vers la fin de la messe , Permette croit voir s'élever une nuée de feu dans laquelle apparaissaient des symboles diaboliques. Elle était délivrée.Le lendemain, accomplissement des vœux promis. Une procession du peuple et des religieux , quelques uns nu-pieds , malgré l'àpreté de la saison , traverse la cité pour se rendre à N. D. de l'Ile-Barbe, et Perinettc confessée communiée , assiste, au milieu des rangs, sous l'habit du tiersordre. On dépêcha , sans doute plus tard , un religieux pour visiter en' Italie N. D. de Lorette. C'étaient les trois vœux. Finalement Permette, plus saine et dispose que jamais, s'en retourna dans son pays. Voyez la Triomphante Victoire de la Vierge Marie sur sept malins esprits , etc. , parle P. Benedicti ( imprimée à Lyon parles héritiers de François Didier ^ 1582, in 8°, réimprimée par Benoisl Nigaud , Lyon , 1583 et 1616 , in '6) , et les Grands-Cordeliers de Lyon , par M. l'abbé Pavy , p. 111. Voyez ci-dessus 17 fèvrier\*>n , et 31 mai 1582.
1582. — Novembre 6. Séance consulaire. Le roi ayant résolu de retranche*" dix jours du prochain mois de Décembre, pour se conformer h ce qui a été déterminé parN. S. Père le Pape sur la fabrication de nouveau Calendrier , aux fins que désormais , et pour toujours, la fête de Pâques se trouvât en l'équinoxe de Mars , auquel mois J.-C. souffrit pour le çenre humain , il a été avisé que si la foire des Rois commençoit le prochain lundi après les Rois , selon la coutume, elleseroit si rapprochée de la foireactuelle de Toussaint que les marchands étrangers n'auroieut pas le temps de retourner en leurs maisons pour revenir à la foire des Rois. Pourquoy il a été résolu de prier Mgr.de la Manthe de prolonger de 10 jours la foire des Rois, indiquant le commencement d'icelle au jeudi 20 Janvier , dont proclamation sera faite à son de trompe. — M. de la Manthe rendit le 15 Novembre une ordonnance conforme au vœu du Consulat. S. — L'édit d'Henri 111 portant adoption du Calendrier grégorien , contient la disposition suivante : « Nous voulons et ordonnons qu'estant le 9e jour du mois de Décembre expiré , le lendemain que l'on compteroit le 10 soit tenu et nombré par tous les endroits de notre royaume , le 20e dudit mois, le lendemain 21e, jour auquel se Célébrera la feste Saint-Thomas ; le jour d'après 22e, et le lendemain 23e, et le jour suivant 24e ; de sorte que le jour d'après qui autrement . et selon le premier Calendrier , eut esté le 15e , soit compté le 25e , et en iceluy célébrée et solemnisée la feste de Noël , et que l'année présente finisse six jours après ladite fesle, et la prochaine . que l'on comptera 1583 , commence le 7e jour après ladite feste de Noël.... p— Cet éditest daté des 2 et 3 Novembre. Recueil d'Isambert , tome Xiv , page 519 j Prost de Royer , Dict. tome IV, page 739 ; Art de vérifier les Dates* tome 1 , page XXXII de la Dissertation sur les dates. Voyez ci- dessus au 4 Juillet 1564.
1582. — Novembre 25. Les échevins rassemblés au bureau de l'Hôpital avec
nobles messieurs Edouard Laurent sieur de la Sara , Cluude Valleton , Guillaume Roville , Guvot , Antoine Scarron , Jean de Masso , Guillaume Faurc , Nicolas Dorlin , tous notables bourgeois à ce appelés, arrêtent que remise sera faite aux Commissaires du roi, des doléances et remontrances délibérées dans l'assemblée convoquée par le Consulat, et tenue au couvent des Céleslins le Jeudi 22 Novembre, lesquelles ont été transcrites sur le registre des actes consulaires.
1 582. — Décembre 9. Claude de Rubys avoit reçu du Consulat 66 écus 2/3 qu'il a voit employés en habit des champs et en chevaux pour son voyage de Loretle; il y demeura trois mois et plus, et ne voulant accepter aucune indemnité pour ses frais , le Consulat arrêta que l'on offrira à sa femme une chaîne d'or de 100 écus payables sur les deniers qui se lèveront pour les frais de la santé. Antoine de Masso ne voulant aussi rien recevoir pour les écritures et vacations extraordinaires qu'il avoit faites en l'absence de C. de Rubys et pour lui , on lui fît présent de draps de soie pour 100 écus. S.
1582. — Décembre 21. M* Pierre Maillet, avocat, prononce l'oraison doctorale. — Le Consulat lui donna 10 écus. S.
1582. — Décembre 21. Me Pierre Tollet, docteur médecin, s'adresse au Consulat, et requiert d'être reconnu de ses peines et vacations et de la discontinuation de ses pratiques ordinaires pour vaquer au fait de la santé de la ville, pendant qu'elle a été affligée de pesle, et comme l'un des députés de la santé. — Le Consulat, obtempérant h sa demande , ordonne qu'il sera exempt de la cottisation, qui se lève sur tons les habitants de la ville pour le remboursement de la santé. S.
1 582. — Décembre 26. Le Consulat , en considération des bons et agréables services que rend depuis longtemps sœur Laurence Clément, mère de l' Hôtel- Dieu , nomme Marie Desforges, sa nièce, pour recevoir , lorsqu'elle se mariera , 40 écus sur les deniers destinés a marier des pauvres tilles. S.
1582. — Françoise de Clermont-Tonnerre , abbesse de St- Pierre, fait ouvrir, sur le terrain dépendant de son monastère, une rue a laquelle on donna le nom de Malconseil ou Mauconseil , et qui prit bientôt celui de sa fondatrice qu'elle porte encore aujourd'hui (rue Clermont). Voyez Lyon anc. et mod., t. I, p. 82 , et ci-après au 4 novembre 1599.
1582. — Jean Raze, horloger à Lyon, meurt de la maladie pestilentielle , après avoir appelé à recueillir sa succession PHôtel-Dieu et l'Aumône générale, par égale moitié. Dagier , 1 , 124 et 1 51 .
1582. — Les conseillers-recteurs de l'Hôtel-Dieu acquièrent de k ville de Lyon, les Hôpitaux de S. Thomas et de S. Laurent- Dagier , 1 , 1 25.
1582. — Joseph Scaliger vient à Lyon. Du Verdier lui communique sou projet de publier une Bibliothèque française. — C'est de Jules-César, père de Joseph , que sont les vers latins qu'on lisait autrefois dans la cour de l'Hôtel de Ville : Fulnrineis Rjiodanus , etc. C. h.^MéL, p. 15.
1583. — Janvier 9. Le Consulat, en reconnaissance de l'hospitalité qu'il avait reçue des Célestins, durant la peste , leur fait présent d'un ornement complet a diacre et soudiacre, en velours cramoisi de Lucqnes, avec les ofirois'Ço toile d'argent lin, etc. Prix 111 écus, 22 s., 6 d. S. Voyez ci-dessus, t& sept. i$82.
1583. — Janvier 11. Séance consulaire. « ...Parce qu'il va longtemps que l'on a fait v/eu public et solemnel de faire quelque don à l'église de Monsei-
gncur S. Claude, au comte «Je Bourgogne, «fin que, par les prières et mérites «le ce suint , il plût h Dieu de lever sa main de dessus cette ville, et d'y rétablir la santé affligée de contagion , lequel vœu n'a encore été rendu au grand regret des sieurs consuls échevins, le Consulat arrête de faire don h ladite église de S* Claude d'une chappe de velours cramoisy rouge avec ses offroys en broderie , du prix de 60 écus. » S.
1583. — Janvier 11. Le grand nombre d'affaires concernant la ville ne permettant pas aux échevins de conserver l'administration de l'Hôtel-Dieu , le Consulat arrête que celte administration sera confiée h des bourgeois et à des marchands dont la réputation soit déjà la première garantie des pauvres. Its l'ont choix en conséquence de six notables qui sont : Pierre Scarron , conseiller du roi et trésorier-général de ses finances au bureau de Lyon , Edouard Laurent, seigneur de la Sarra, conseiller du roi et élu en l'élection de Lyon , André Mornieu , aussi conseiller du roi , Antoine de la Porto , seigneur de la Bertha , Guillaume Roville , imprimeur , et Guillaume Faure , bourgeois de Lyon. Dagier, t. I, p. 126.
1583. — Février 1. Un marchand étranger qui avoit apporté,» la foire des Rois, quelques peintures, et que les peintres de cette ville avoient voulu. empêcher d'étaler en la loge des Changes , pour les vendre , suivant la permission qu'il en avoit eue du Consul de la nation florentine, au louage duquel est ""cette loge, vint s'en plaindre au Consulat qui fit mander Jean Maignan , peintre, que l'on disoit être celui qui avoitété le plus rotde de tous les peintres pour troubler le marchand étranger, et lui fit défenses, tant h lui qu'à tous autres de son état, d'empêcher les étrangers fréquentant les foires de mettre et exposer en vente leurs marchandises en tel lieu de la ville qu'il leur semblera... — S«r quoi Jean Maignan a répondu que lui ni ses compagnons peintres ne vouloient empêcher que les marchands étrangers apportassent des peintures en cette Tille, en temps de foire, pour les y étaler; mais qu'ils ont eu grand regret que, par ce moyen, lapeinlure qui souloit être en grande réputation en cette ville ^ en serait distraite , parce que les peintures qui sont apportées de dehors sont si lourdes et si mal faites , qu'elles lèvent tout le lot et honneur que ladite ville en a eu jusques ici , par la vente qui en est faite à bon marché aux étrangers venons et fréquentons esdi tes foires. — On lui répliqua que le fait n'étoit considérable*, car combien qu'il se fabriquât des draps de soie en assex grande quantité, en cette ville , si est-ce qu'on ne laisse pas pourtant, de permettre aux étrangers d'y en apporter et vendre , et que, si les peintres de Lyon font de pins belles peintures que celles qui sont apportées d'ailleurs, elles seront toujours plutôt recherchées et achetées que les autres, et par ce, lesdits échevins ont réitéré audit Maignan les susdites défenses. S.
1583. — Février 1. Claude Arthaud, Barthelemi Bouvet , Jacques Arthaud, Benoit Guillet , Claude Moiroux , Claude Carteret , François Graisseau , Claude Chambard, Claude Mazenot et autres frippiers, présentent au Consulat les règlements de leur métier, approuvés par lettres-patentes du 30 juillet 1582 , enregistrées au parlement le 8 janvier suivant*, ils requièrent qu'il leur soit permis d'en jouir, même de pouvoir employer du drap neuf, jusqu'à la valeur de cent sous l'aune et non h plus haut prix. Le Consulat consent a l'entérinement des lettres-patentes, et en particulier à cet article spécial. S.
1583. — Avril 9. Le Consulat écrit h MM. les Révérends P. P. présidents du chapitre gênerai de l'ordre de S. Dominique :
« Messieurs , la malice du temps , a nostre très grand regret, âvoit infesté ceste ville aultant que aultre de ce royanlme , dont il a pieu h Dieu la purger
peu a peu , par les doctes prédications des bons Pères feu Messieurs Mayeur et Pyrrus , lesquels ont faict tel debvoir que , par la grâce de Dieu , nous pouvons dire que les desvoyez de la foj y sont remis, lesquels il est très nécessaire d'entretenir et confirmer par semblables personnages aussi bien zelez qu'eux , qui faict que nous supplions très humblement vostre vénérable coin*
{>agnie de nous faire cette faveur que de nous secourir eu ceste nécessité par a visite et résidence pour un temps, de M. le révérend Perc de Bollo, provincial de vostre ordre en ceste province, pour l'affection et grande opinion qu'a bon droict noz concitoyens ont de luy, et pour l'asseurance que nous avons qu'il y fera un grand fruict , tant pour la confirmation de bons et fidèles catholiques , que pour la réduction des desvoyez , etc. S.
1683. — Avril 29. Le Consulat instruit que depuis deux jours la maison de M. Thoirié , avocat, a été affligée de peste en la personne d'une servante et de deux enfants , prend, de concert avec M. de Mandelot , différentes mesures pour arrêter les-progrès de la contagion. — Le A mai , on rétablit les bureaux de la santé; le 6, on ouvre une portion de l'hôpital S. Laurent pour y recevoir les pestiférés; on interdit l'entrée du collège des Jésuites aux jeunes enfants abécédaires; le 7 , on ouvre le petit hôpital S. Laurent; le 17 , on arrête que défenses seront faites aux habitants de la ville d'aller à la vogue de l'isle, le jour delà fête de l'Assomption; le 28, on députe l'échevin Galland, à Chambéry et à Turin, pour informer le duc de Savoye que la contagion a cessé (cependant il restoit, à cette époque, 50 personnes qui achevoient leur quarantaine à l'hôpital de S. Laurent, et, au 17 septembre, il y en avoit encore quelques unes qui y avoient été amenées des villages voisins de Lyon;.
1583. — Juin 16. Les échevins considérant que l'Hôtel de Ville est vis-à-vis l'église de S. Nizier, et que par conséquent ils se peuvent dire les premiers paroissiens de cette église; considérant aussi qu'ils doivent être le fanal de ta lumière du menu peuple, ordonnent et statuent par statut et ordonnance perpétuelle et irrévocable . que désormais et à perpétuité , eux et leurs successeurs ea Péchevinage , assisteront, vêtus de leurs robes consulaires , le jour de l'octave de la Fête-Dieu , à la procession particulière qui se fait, après vêpres, par la paroisse de S. Nizier.
1583. — - Juin 16. M. Antoine de Masso , député de ville à Paris , étant de retour, remet au Consulat, entr'autres pièces, 1° les lettres patentes par lesquelles S. M. quitte et remet à la ville de Lyon la contribution aux subvention et autres deniers extraordinaires qu'elle avoit ordonné être imposés sur cette ville , même pour le restant de l'année 1581 , montant à 6,666 écus2/3, ensemble la subvention de 15822 , montant à 13,333 écus 1/3 — ; 2° les lettres
Eatentes d'exemption d'aubaine pour les marchands étrangers demeurant k von et fréquentant les foires de celte ville — ; 3° les lettres patentes de la suppression , au profit de la ville , de l'état et office de gênerai superintendant des deniers communs patrimoniaux et d'octrois de cette ville.
1583. — Juin 25. Mort a Paris de Nicolas de Nicolaï, sieur d'Arfeuille . premier et ordinaire cosmographe du roi , auteur d'un ouvrage qui paraît être resté inédit, et dont le manuscrit a pour titre : Générale description de V antique et célèbre cité de Lyon , etc. Voyez ci-dessus , année 1 573.
1583. — - Juillet 4. Le Consulat, sur la représentation qui lui a été faite qu'il y a plusieura maisons qui ont des cours si basses que les eaux pluviales y croupissent, et d'autres où il y a des puits perdus dans lesquels s'écoulent es eaux, arrêt© qi' il sera fait euinmamlo.ucnt H son de trompe aux proprié-
taires tic ces maisons, de boucher les puits perdus, el de hausser les cours pour faire couler les eaux pluviales dans la rue.
— AoûtW. Henri III arrive à Lyon où lui furent donnes les mêmes plaisivs et esbats qu'on lui avoit donnes l'année précédente (1). On en jugera par cette relation extraite des actes consulaires:
« MM. les consuls échevins de la ville de Lyon ayant été assurés par M. Maildclot , gouverneur , que S. M. y venoit, se sont préparés pour la recevoir le mieux et le plus honorablement qu'il seroit possible,... et à ces lins ont ordonne' de faire fonds de mille e'eus pour l'employer tant à la confection d'un
bateau dont on feroit présent h S. M., que pour autres frais et dépenses
Le bateau fut rendu parfait dès le 20 août.... et le 26 dudit mois, ayant su que S. M, étoit armée à Roanne , ils députèrent le secrétaire du Troncy pour le lendemain l'aller trouver la part qu'il seroit, aux fins d'entendre de S. M. si sou bon plaisir seroit qu'ils l'allassent chercher hors la ville, et où il lui plairoit que l'on fit conduire le bateau.... S. M, commanda qu'on le fît conduire le plus haut qu'on pourroit et par dessus le faubourg de Vaize.... Les échevins avertis que S. M. venoit dîner le 27, firent remonter le bateau jusqu'au lieu de l'Isle par six matelots et un pilote habillés de pied eu cap aux dépens de la ville , à la matelotte de sarge de Paris orangée. Ledit bateau fait en forme de frégate d'environ 28 pieds de long et de largeur proportionnée , tout peint par dehors de couleur orange , voire jusquesaux rames et timon , auquel timon étoit dépeinte une déesse ; la voule daquel bateau, faite à l'impériale , étoit soutenue de dix colonnes de chaque côté; cinq accompagnées de balustres bien tournoyés, peints à l'huile, de couleur orangée, et couverts par le dessus de damas orangé, avec pentes de même étoffe, et par dedans de satin bleu céleste semés de fleurs de lys et des chifFres de S. M. telles et du même blason que celui qui est à l'ordre du St-Esprit. Etoit aussi led. bateau garni des deux côtés de cinq doubles rideaux*, le dessus de damas orangé et le devant de satin bleu, garni de leurs franges de fine s;>ye. Tout autour dud. bateau clos, tant du côté de la poii| e que de la proue, de mêmes étoffes doubles; et au dessus du bâtiment, tant devant que derrière,}* avoit des écussons mi-t partis des armoiries de France et de Pologne, avec les deux ordres de S. M. soutenues de deux rouleaux en forme de console, enrichies d'or et d'azur; tout le fond et les sièges duquel bateau étoient couverts de beaux et fort riches tapis de Turquie, et au bout duquel contre la clôture de la poupe étoit une chaire (siège) toute couverte de velours orangé, semé de grandes fleurs de lys d'or de relief. Les six matelots et le pilote ont demeuré dans ledit bateau tout le temps que S. M. a été en cette ville , pour la conduire où il plairoit à S. M. «l'aller. Etant doneques S. M. entrée dans ledit bateau qu'elle trouva fort beau , elle descendit par la Saône jusqu'à la cathédrale où elle ouit les vespres en fort grande dévotion , et après rentra en son bateau et remonta au logis de M. de Mandelot, qui avoit été préparé magnifiquement pour la recevoir... Le lendemain (dimanche 28) « S. M. alla ouir la messe en la chapelle de la confrérie des Pénitents, où elle retourna pour les vespres, après lesquelles étant en son logis, les sieurs échevins se prosternèrent de genoux, à ses pieds, et lui fut dit par Me Claude de flubys que la ville se réjouissoit grandement d'avoir le bonheur que de voir son roy pour le désir qu'elle avoit de recevoir ses commandements, aux lins qu'en les exécutant, elle lui fit apparoir par efTet la dévote affection qu'elle avoit envers S. M. de lui être pour toujours
<i\ Hubvs , p. 434. J. Moi-in , v , Vjvr/. ci-ikss ;is août i 5 42 . cl ci ■apirs août
fidell€ et obéissante. A quoy il -fit réponse qu'il étoit assez assure de leur bonne volonté, en laquelle il les exhortait de persévérer, les assurant, de sa part, qu'ils le trouveroient toujours très bon roy , pour les reconnoître et gratifier de tout ce qu'il pourra. — L'a près dine'e du lundy ensuivant, S. M. reçut une fort belle et somptueuse collation au logis de M. de Servieres (M. Antoine Grollier) qui lui «voit été préparée par M. de Mandclot, oii il y eut bal auquel les plus fameuses et pins signalées daines et damoiselles de la ville furent priées, et s'y trouvèrent fort modestement habillées. — Le niardv 30. Mgr Dapinac, archevcsque de Lyon, feit le bal et donna la collation h S. M. et aux seigneurs de sa cour, ensemble aux dames susdites, en sa maison archiépiscopale. — Je ne veux omettre à dire que beaucoup de grands seigneurs vinrent baiser les mains a S. M. , comme Mgr le grand prieur de France, gouverneur et viceroy de Provence , accompagne d'un bien bon nombre de la noblesse provençale auquel sieur grand prieur, S. M. bailla à son parlement son dit bateau garni et équipé comme dessus. Vint aussi M. de Maugiron , gouverneur de Dauphiné, suivi de M. de Lessins, son frère, et de force noblesse dudit pays de Dauphiné qui voulurent faire marquer leurs logis es maisons bourgeoises de la ville : h quoy ils furent empêches par les sieurs échevins , et furent contraints de loger es hôtelleries communes , sauf M. de Maugiron et sou fils, MM. de Lessins et deTournon ,qui étoient en la troupe. M. de Randon, gouverneur d'Auvergne, y vint aven 25 chevaux de poste. — Le mercredy, dernier jour d'aoust , S. M. reçut, après dîner , la collation qui lui avoit été préparée par M. de la Manthc, en sa citadelle. — Le jeudi 1er septembre , la nation florentine, demeurant en la ville, prépara le bal et la collalion en l'hôtel du Peyrat, vulgairement appelé le Plat , et ladite collation faite, S. M. alla voir le passe temps de la balle forcée , qui fut chose plaisante et récréative; car ils étoient environ 150 jeunes hommes dont la moitié étoit habillée de pourpoints et chausses de satin incarnat, le bonnet de velours avec le plumail de même , et aussi des bas de chausses de soye de ladite couleur , et les autres de pourpoint et chausses de satin blanc avec les bonnets et les bas comme dessus, les enseignes des mêmes couleurs et les tambours et les trompettes aussi. — Le vendredi 2 dndit mois, la ville fit le bal et la collation à S. M. , et à tous ceux qui se voulurent trouver dans la maison archiépiscopale , parce que l'Hôtel de Ville se trouva trop petit pour recevoir si grand nombre de personnes. Cette collation fut jugée la plus belle et la plus riche qui eut encore été faite. Il y eut une si grande abondance de confitures que environ 15 douzaines de tasses de terre blanches v furent deserre'es qui avoieut été prises ou rompues, sans celles qui restèrent. — Le samedy3, la nation lucquoise donna la collation et fit le bal en la maison archiépiscopale , comme lirent, au même lieu, les nations génoise et milanoise, les dimanche et lundy suivants. — Le mardy, mes damoiselles tilles de M. de Mandclot mirent fin au bal et a la collation par une bien belle et fort exquise, que ledit sieur leur père, en leur nom, fil audit logis archiépiscopal , parce que le mercredy ensuivant, 7 dudit mois, S. M. partit pour s'en retourner trouver la roy ne, sa compagne, à Bourbon. A son parlement , lesdits sieurs échevins luy baisèrent très humblement les mains, et la supplièrent de les excuser s'ils ne l'avoient pas reçu comme sa grandeur et sa bonté le niéritoient : ce cpii ne proeédoit de mauvaise volonté, mais du peu de moyens que la ville avoit, laquelle est tant endettée qu'il sera bien difficile qu'elle se puisse jamais acquitter. A quoy S. M. fit réponse qu'elle étoit fort contente et grandement satisfaite de la réception et bon accueil qu'elle avoit eu eu ladite ville, 'et de l'affection qu'elle avoit connue auidits échevins , dont elle se souviendroil toute sa vie , et leur
feroît counoîlre qu'elle aune ladite ville enlre toutes les autres de son royaume. — Or, en ce petit discours , l'on a omis les passetemps qui ont été baillés, Uni le jour que la nuit , à S. M., sur la rivière où elle reçut un fort grand plaisir , comme aussi ez fruits qui lui ont été envoyés jusqu'à l'Arbresle, après son partement, et qui lui furent présentés par le sieur Galland , un des éclievins à ce commis. — Le roy fit présent du bateau à Mgr le grand prieur de France, son frère bastat d. S.
1583. — Septembre 26. Les communications avec la ville de Lyon ayant été interrompues h cause de la maladie pestilentielle , la Savoie désire être informée si elles peuvent être rétablies sans danger, et elle députe à Lyon M. Crassus , avocat. Cet envoyé prend lui-même les informations qu'il juge nécessaires, et, quoiqu'il en soit satisfait, il demande et obtient le certificat suivant, que nous transcrivons textuellement: « Nous recteurs et administrateurs de l'Hostel-Dieu du pont du Rhône de la ville de Lyon , certifions et attestons à tous seigneurs et magistrats qu'il appartiendra , que depuis le commencement du moy de May dernier , que la maladie contagieuse de peste se print aud. Hostel-Dieu, de laquelle seroient décédez trois paouvres personnes et trois aullres qui en auroient été attainctes , qui sont, Dieu grâces, pareillement saines , et revenues, aud. Hostel-Dieu, de celui d«* infectez de lad. ville, où ils ont été pensez et medicamentez , et ny est, par la bouté et miséricorde divine, advenu, depuis led. temps, aulcun accident delad. contagion descouvertc; lesquels sortit d'icellui Hostel-Dieu ont été mis en lieu où ils ont exactement faict la quarantaine. Et en après, tous les murs d'icelluy bien ctdeument parfumez et blancbiz,tous lesdicts paouvres y seroient aussi retournez : de sorte que led. Hospital a toujours esté indifféremment fréquenté, comme il est encore par toutes personnes depuis le commencement du mors, de juillet dernier que nous y avons ordinairement assisté, tous les jours de dimanche, en notre bureau, pour y traicter et conférer des affaires , et notamment cejourd'huy sortant dud. bureau que nous avons trouvé, dans ledit Hostel-Dieu, M. l'anvocat Crassus, député de la part de MM. les magistrats de la santé de ça les montz* pour s'informer de l'estat de la santé de cette ville, auquel a esté accordé la présente certification. Faict aud. Hostel-Dieu par nous Edoard Lorans , docteur ez droietz , seigneur de la Sarra ; André Mornieu, conseiller du roi et esleu en l'eslection du Lyonnois; Guillaume Faure , Loys Prost et Jehan Chazottes , recteurs et administrateurs susdits ; ce dimanche vingt-sixième jour de septembre lan mil cinq cent quatre—vingt ettroys, avant midi. En tesmoinz de quoy, nous avons faict signer la présente par le commis du greffier dud. bureau, et y apposer le scel autenticque des armes de lad. ville de Lyon. » — Vers le même temps « Jacques Pean , chirurgien de l'Hôtel-Dieu, reçoit, outre ses gages , la gratification de dix écus d'or soleil, pour avoir constamment donné ses soins aux malades atteints de la contagion, et s'être exposé aux plus grands dangers. Une semblable gratification fut donnée à Pierre de Heyden, apothicaire du même hospice. Dagier , 1 , 133-5.
1583. — Octobre % Henri III avait' ordonné au Consulat d'acheter, pour les abattre, deux maisons, afin d'agrandir la place du Change. La conclusion du marché ayant éprouvé quelques difficultés de la part de l'archevêque et du Chapitre,* qui y avait une directe, le peuple en fut tellement irrité qu'il se souleva et abattit les deux maisons. Les procédures auxquelles cette violence donna lieu furent terminées par un arrêt du conseil, en date du 17 avril 1584, qui fixa à 8000 écus l'indemnité due à l'archevêque et au Chapitre, et ordonna que la valeur des maisons démolies serait appréciée par des experts» Uubys , P- 434 •, Cochard , Des cri pl., p. 266.
f 5S3. — Décembre 16. M* Pierre Bullioud , procureur du roi, dans une assemblée générale tenue à l'Hôtel de Ville , au sujet de la place du Change , se plaint de diverses prétentions du Chapitre de Lyon dans la Ville, entr autres de celle d'exclure de sa compagnie les bounes familles de Lyon. S.
1583. — Décembre 18. Election des échevins. — Me Claude de Rubys procureur général , a remontré que , auparavant que les villes fussent bfities , les hommes vivoient de rapines , tellement que les plus forts subjuguoîent les foibles ; que, pour se re'dimer de cette violence , ils commencèrent à s'assembler li petites troupes , puis en de plus grandes , et, en après, à faire des petites loges et maisons déterre et de bois, pour se munir contre l'injure du temps ; ce qui fut un commencement de faire, en après, des villes et cites closes, lesquelles avoientété appelées Cites, a cause de l'union et concorde des uabituns A ce sujet , il expose que l'union et la concorde ont été la force des villes et des états. Ainsi, Rome commença a déchoir par les guerres civiles de Marius etSyllu , de César et Pompée, etc. Il rappelle l'histoire de Ménénius Agrippa rapportée par Tite-Live , etc. Et parce que 9 de toute ancien» neté, le peuple a le privilège et autorité de pouvoir élire , à tel et semblable jour qu'aujourd'hui, des Consuls échevins pour avoir l'intendance des affaires delà Ville, comme pères du peuple, il invite l'assemblée d'y vaquer diligemment , et sans acception de personnes , etc.
1583. — Décembre 20. Le Consulat fait payer 10 écus pour l'agencement et réédification de la recluserie de S. Epipoy , ruinée par les troubles de 1 562, et de présent restaurée pour l'habitation d'un pauvre hermite.
1583. — Décembre 21. Me Fournel , avocat , prononce l'Oraison doctorale, et reçoit de la Ville 10 écus d'or sol.
1583. -~ Publications : — La Pratique de ^orthographe françoise, etc., par Claude Mennet. Lyon , imprimerie de Basile Bouquet , 1583 , in— 16 (I). — AU page 109 et suiv., se trouve un Dialogue de dieux escoliers oui demeurent à Imq>i. Christofle Solicofrc* deSajnct-Gal en-Souyssc, et Claude de La Guiolle , de Sainct-Chaumont eu Lyonnais. En voici le commencement:
Cijiustoflç. Bon jour, Claude.
Cwu)ç.. Dieu vous doin* hoa jour , Christofle -, où voue en allée «vous si matin ?
Chrj,stqfL£a Je m'en vay en place de Belle-Cour» pour y voir piquer dea chevaux par un escuyer italien nouvellement venu en cette ville, lequel s'en acquitte fort diextremeut. Et vous qui estes levé aussi matin que moy, de quel cQsté l\ve%. vous?
Çlapj>jî. Je voulais aller chereber le messager pour envoyer une lettre à Paris,
CjjBJçTQfL^,.. Attende» à demain que nous Tirons trouver a son lever.... Cependant allons nous promener.
Claude, Q'esJt à la charge que nous irons Uesjeuner ensemble h notre retour*
ÇURJSjQFLjç, Gela s'entend-
Claup*. Voicy une belle ville : mais je trouve ce&te rue Merecire bien estroUe*
Çh&jstoflç« Rlle se pourra bien eslargir avec le temps. Ne voyez-vous pas que quand on y rebastit quelque maison , on la recule assez arrière pour la rendre plus spacieuse?
(t) Voyez stir Claude Mermet, la Biogr. fyoan , cl le* Mélanges de M. nreghot, passim.
Claude. Je voy là une maison extrêmement haute. Je pense qu'un medecin doit bien gagner son teston (1 ) pour monter à la plus haute chambre.
Christofle. Je croy qu'oui: un pauvre gaigne-denier gaigne bien mieux ses deux liards, pour y porter une charge de fagots.
Claude. Tenez, en voilà une autre qui sera belle quand elle sera achevée : je croy que celui qui la fait bâtir doit estre bien riche.
Christofle. Avez-vous compte' son argent? Ne sçavez-vous pas que là où l'on pense quelquefois estre les chappons gras l'on n'y trouve pas seulement des plumes, etc.
1583. — Sommaire traitU des melons.... par Jacques Pons, Lyonnois , D. M. À Lyon , par Iean de Tournes, imprira. du roy, mdlxxxiit , pet. in-4°, dédicace à Henri III. — La B. du roi possède un exemplaire de ce livre, imprimé sur velin. Cet exemplaire est celui qui a été' présenté au roi. Van Praët , i*1' Cotai., III, 61. '
1584. — Avril 13. Le Consulat, averti d'un nouvel impôt cuie le roi a mis sur les cartes et les dés qui se fabriquent en son royaume, arrête qu'il se rendra opposant à la vérification des lettres relatives à cet impôt. — Son principal motif est qu'il existe à Lyon cinq ou six cents personnes employées à In profession des cartes, et que si l'impôt avoit lieu , elles se retireroient à Montluel. ,
1584. — Avril 17. Le Consulat met au ban les villages d'Eyrieu, en Dauphiné, et de Blindas et Vaugneray, en Lyonnois, à cause de la contagion dont ils sont affligés.
1584. — Juin 4. Le roi , sur la présentation du Consulat, nomme Antoine Thomé (avocat), prévôt des maréchaux en la province du Lyonnois, en remplacement de feu Jean Ravot.
1584. — Juin 18 Le Consulat ayant convoqué les deux maîtres de chaque métier de la ville, la plupart y comparurent, et le sieur Scarron, président, leur exposa qu'il y avoit environ 5 mois que l'on publia en cette ville l'éditdu roi portant l'établissement des maîtrises de tous arts et métiers es villes de son royaume non jurées à l'instar de Paris et autres villes jurées, avec l'ordre que S. M. veut désormais être tenu à la réception des compagnons artisans esdites maîtrises, à laquelle publication les consuls- échevins, comme pères du peuple, protecteurs et défenseurs d'icelui et des privilèges de cette ville, seseroient dès-lors formellement opposés et auroient baillé leurs causes d'opposition, sur lesquelles ils avoient été renvoyés au roi par MM. du Présidial «le Lyon; qu'ils avoient expressément envoyé par devers S. M. deux d'entr'eux..., pour obtenir l'exemption de l'exécution dud. édit; ce qu'ils n'avoient pu faire, quelques requêtes et remontrances qu'ils aient sur ce faites; à cause de quoi les commissaires députés pour cette éxecution se sont naguère mis en devoir de procéder avec toute rigueur..., ayant commencé par les apothicaires , qu'ils ont voulu contraindre au payement de ce à quoi ils sont taxés ( quinze- e'eus par tête); ce que désirant empêcher, les sieurs échevins auroient moyenne la sursoyonce de ladîte exécution jusqu'au 20 de ce mois, pour, cependant, faire la présente assemblée desdits maîtres des métiers, qu'ils ont priés et exhortés d'aviser entr'eux quels moyens il y auroit à tenir pour satisfaire à la volonté du roi, notre souverain seigneur, sans toutefois altérer ni préjudiciel* aux an-
i ) F.nriron 6\> centime* de notre monnaie.
privilèges et libertés de Ja ville ; leur remontrant que, puisque tel est le vouloir de S. M. d'être secourue en la nécessite de ses affaires des deniers provenant de l'exécution de son édit, iiseroitbon de recourir de nouveau à S. M. et lui remontrer la grande pauvreté des artisans, et néanmoins lui faire connoître la dévotion que cette ville a de lui être toujours et h jamais, comme elle a été de tout temps très-fidei le, et les habitans d'icelle très-obéissans sujets, lui faire quelque honnête offre pour obtenir ladite exemption.... Pour quoi faire, seroit bon que lesdits métiers se col Usassent , le fort comme le faible; qu'il ne falloit espérer que la ville y put pourvoir de ses deniers communs, étant, comme on sait, endettée dé cent et tant de mille éeus portant intérêt.
Cette proposition faite..., les convoqués se sont retirés en une chambre à part pour en conférer ensemble*, après laquelle conférence ils ont rapporté qu'il y a longtemps que, par semblables édits, et par d'autres moyens non jamais usités , les pauvres sujets du roi ont été opprimés et foulés, et que S. M. n'ayant aucune guerre ni autres urgentes affaires qui la puissent mouvoir à prendre sur lesdits sujets plus qu'ils ne peuvent supporter, ils ne voient pas qu'il y ait occasion de les forcer et contraindre par le moyen dudit édit, contre et au préjudice des privilèges et libertés de le ville, et que plutôt ils fermeraient boutique, tant qu'ils y sont , voire se retireront hors du royaume* comme la plupart d'entr'eux en sont recherchés par les étrangers, que de payer aucune chose en vertu dudit édit, lequel tant s'en faut qu'il apporte aucune police ou réglementa cette ville, et qu'elle en soit illustrée ou bonifiée de bons maîtres artisans-, que, au contraire, ce seroitun moyen de la peupler d'ouvriers ignares et du tout bestes en leurs arts et métiers , parce que , pour de l'argent , ils sont fait maîtres où ils neseroient pas dignes d'être apprentifs; et néanmoins où. ils verroient et connoitroient que le roi fut en une bien grande nécessite',
3 ne Dieu ne veuille permettre, ils lui sont tels et si loyaux sujets qu'ils venroient plutôt jusqu'à leurs chemises qu'ils ne le secourussent; mais la nécessité ne se présentant comme elle ne fait, ils supplient très-huinbleincn S. M. de les en excuser et les conserver en leurs privilèges; requérant lesdt sieurs échevins, comme leurs vrais et légitimes tuteurs, d'en faire les renionstrances à S. M. : et parce que cette résolution et réponse a été faîte au nom de tous par le sieur Simon Mabire , marchand drapier, tous les comparant l'ont approuvée , et chacun d'eux pour son métier particulièrement a opiné ainsi qu'il est ci- après sommairement rapporté :
Ledit sieur Mabire (au nom des drapiers) déclare qu'il ne peut se départir de la résolution prise...; néanmoins que pour son particulier, il désireroit que l'on en vint à quelque composition honnête.
Mathieu Madieres, aussi marchand drapier,... qu'il n'est pas d'avis que l'on fasse aucune offre, mais que l'on doit plutôt fermer boutique.
Me Jean Grégoyre, notaire et tabellion royal , pour ceux de son estât et profession : que l'édit ne les concerne en rien , parce qu'ils ne sont du nombre des artisans compris en cet édit-, que s'il a comparu, ça été pour obéir au commandement du Consulat, au mandement duquel, comme concitoyen , ii se présentera toujours, et cependant ayant assisté à cette conférence, il ne peut se départir de la résolution prise en icelle.
Le sieur Evrat Perrol, pour les marchands épiciers, que frustratoiremeut et hors de raison on avoit appelé ceux de son estât pour opiner en ce fait, parce que leur estât n'est et ne fut oneques sujet à maîtrise ni ;i faire aucun chefd'œuvre,... et neamoins , comme habitant d'une ville privilégiée , il est d'avis
Sue l'on doit insister par tous moyens de ne payer aucune chose en vertu ud. édit.
Les autres comparons qui ont délibéré sur le fait proposeront si confusement opine' que leurs noms et prénoms n'outpu être pris, mais Jeurs opinions ont élé sommairement rédigées } — Assavoir:
Celle des chirurgiens: Qucdc tout temps et ancienneté, les chirurgiens ont été* reçusen cette ville maîtres de leur estât et profession par un chef -d'œuvre qu'ils ont accoutumé de faire, soit en la fabrique de leurs feiremenset cous tels desquels ils s'aident, soit aussi h la saigne'e qui leur est proposée, comme par un examen rigoureux des médecins et de ceux qui ont été passés maîtres en chirurgie; esquelles choses celui qui a, par le passé, voulu être reçu pour maître chirurgien ne s'étaut pas trouvé capable, a été envoyé à l'école*, ce qui a causé jusqu'à présent que cette ville a eu de bons et suifisans maîtres en l'art de chirurgie *, mais si l'édit a lieu , la voilà incontinent peuplée, non pas de chirurgiens, mais de grosses bestes ignorantes , qui, pour de l'argent qu'ils auront financé pour leur maîtrise, envoyeront incontinent un pauvre malade ulcéré au sepulchre, et parce protestent pour tous leurs compagnons maîtres chirurgiens, qu'ayant lieu ledit édit, de fermer leurs boutiqnes et se retirer ailleurs.
Les apothicaires : Que la maîtrise en lear art ne peut provenir de l'octroi et bénéfice du prince, mais d'uue longue expérience qu'ils ont eue de la nature des simples et des drogues, ensemble de la composition et mélange qui s'en fait par ordonnances des médecins pour la cure des corps humains vexés et atténués de maladie. Ce sera doncune grande sottise, voire un grand danger à un malade, de prendre pour sa cure un jeune maître passé pour argent qui n'aura été que bien peu de temps chez un maître ancien apothicaire , où il n'aura appris pour le commencement qu'à porter et donner un clistère et h rouler six ou sept pilulles d'une masse composée. Par ainsi ne sont d'avis que led. édit soit exécuté pour leur regard, mais plutôt se soumettent-ils à fermer ' boutiques.
Les imprimeurs (l) : Qu'il n'y a ville en France, quelle qu'elle soit, jurée ou non, en laquelle les imprimeurs fassent chef-d'œuvre- (2), par ainsi ne doivent être compris aud. édit, et par ce sont-ils résolus de ne rien payer, mais plutôt de se retirer ailleurs, comme d'autres de leur estât ont fait depuis quelques années.
Les orfèvres : Que Pestât d'orfèvrerie est de si peu de profit en cette ville , que la plupart d'entre eux mal aisément peuvent vivre et s'entretenir, vu les grandes charges que les habitants de la ville ont ordinairement sur Us bras, et ne peuvent penser que le subside que l'on demande à tous les métiers soit levé pour le bien et service du roi, d'autant que, par la grâce de Dieu, la nécessité des affaires ne l'y contraint, mais que cest p'utât pour satisfaire à quelque importun courtisan qui ne considère pas la pauvreté du peuple et des
(1) Les raaîires du métier d'imprimeur de cette année étaient François Du relie et Nicolas Guerin , ils figurent comme tels dans le .syndicat du mois de décembre 1 583.
(2) » Chef <£ oeuvre signifie , chez les artisans un ouvrage qu'ils font pour faite preuve de leur capacité dans un métier où ils veulent se faire passer maîtres. Tous les aspirants à la maîtrise subissent cette espèce d'examen dans chaque mclier.en présence des Jurés;n/7/; spécimen. . Le chef-d'ouivre des Selliers est un arçon à curps; celui des lioulangcrs est du pain broyé; celui des Savetiers , un soulier qui se retourne ; celui des Maçons, une pièce de trait , telle qu'une descente biaise par tète ou en talus qui rachète uu berceau ; celui des Charpentiers , la courbe rampante d'un escalier à vis bien dégauchie ; relui des Serruriers, une serrure de coffrefort , ou quelque panneau de rampe d'escalier ; celui des Menuisiers , uue armoire ou coffre moderne à fonds de cuve , etc. , etc. Maison dit que le principal point est de bien arroser ie chef d'autre , c'est à-dire , de faire bien boire k's Jurés... » Dtctionmnin de Trévoux..
bons et loyaux sujets de S. M., à cause de quoi ils sont résolus de ne rien payer, mais plutôt fermer boutique et se retirer ailleurs.
Les pelletiers : Que chacun sait que leur métier est rejeté comme inutile et infructueux sept ou huit mois de Tannée; ce qui cause que, durant ce temps-là , ils mangent et consomment le peu qu'ils ont pu gagner les quatre autres mois : ce qui les réduit à une te le extrémité et indigence qu'ils ne sauraient, quand ils le voudroient , secourir le roi de cinq sous par teste , requérant pour ce d'en être exemptés.
Les pottiers : Que leur métier est si pauvre, d'autant qu'ils ne mettent en œuvre , si non matière venant (festrange pays , qu'ils achettent h deniers comptans ou en obligations aux estrangers , que tout le profit qu'ils font consiste en leur façon et manufacture qui leur demeure quelquefois deux ou trois ans sur les bras, et encore sont-ils contraints lansplus souvent pour s'en défaire de la bailler à crédit... Par ainsi ne peuvent fournir ni payer aucune chose pour se faire maîtres d'un métier qu'ils ne savent que trop.
Les hosteliers : Qu'ils ne savent ni ne peuvent imaginer, quand ils voudroient être passes maîtres à la rigueur, quel chef-d'œuvre l'on vondroit qu'ils fissent, mais , quoiqu'il en soit, ils ne peuveut être compris eu ce tant bel édit «les maîtrises, parce qu'ils sont déjà maîtres passes pour de l'argent qu'ils ont financé. Par ce ne veulent plus rien payer.
Les boulangers : Que l'on tient tant souvent à la police où ils consomment par amendes la pluspart de ce cju'ils peuvent gagner, qu'il est impossible qu'ils puissent rien fournir au roi , et que tout le profit qu'ils font pour entretenir eux, leurs femmes et familles, n'est seulement que le son de leur farine.
Les Taneurs : Que chacun sait que leur état est si petit et de si peu d'estime en cette ville , qu'ils ne sont que 5 ou 6 qui l'exercent , parce que tous les cuirs que l'on met en œuvre dans cette ville viennent du dehors, et sont donnés à meilleur prix à cause des esloffes qui leur sont beaucoup plus chères qu'aux estrangers, si bien qu'ils sont tous pauvres, et n'ont moyen de secourir le roi quand ils voudroient bien.
Les chapeliers : Qu'ils sont tous pauvres artisans chargés de femme et enfans et de plusieuss serviteurs , n'ayaut aucun moyen de financer pour se faire maîtres du métier qu'ils savent bien; que si on les y veut contraindre, ils se résolvent de prendre le parti qui leur est offert par les Wdanois et autres étrangers qui les recherchent pour les retirer en leurs provinces avecgrands privilèges et libertés.
Les peintres : Qu'il n'y a prince au monde qui pour argent ni autrement pût faire un maître de leur état, et que cette maîtrise procède nu seul DIEU. Pour ce, ne sont résolus d'acheter une chose que Von ne peut ni vendre ni donner (1).
Les cartiers : Que loin qu'ils avent la volonté d'acheter leur maîtrise , ils ont au contraire résolu entr'eux de se retirer hors du royaume à cause du subside que le roi a mis depuis peu sur leurs cartes* lequel subside excède le prix ordinaire des cartes; car les vendant en gros , ils n'en tirent qu'un sou par jeu de caries, et le roi en veut avoir trois blaucs (un sou trois deniers).
Les selliers et cof retiers : Que .... la maîtrise d'un métier doit être acquise par une longue expérience et non par^irgemyetc.
(i) Les mtitnydu mélitr de peintre /de cette aiiftec éta^nt Mcoln: D 'and ef Pierre Curra.
uigmzea
Les charpentiers : Que s'il y a métier au monde hasardeux et périlleux, c'est le leur, étant ordinairement en danger de se couper une jambe d'une doloire, ou rie se rompre Je cou, tombant d'un toit d'une maison en bas, et seroit bien
Sauvre récompense de leur vie tant hazardée de leur faire acheter l'exercice e leur métier; ce qu'ils ne feront jamais. Les bouchers : Qu'il leur semble qu'i/ n'y a pas grande maîtrise à escorcher des veaur, et autre bétail , ce qui fait qu'ils sont en si grand nombre , parce que chacun s'en veut mêler; que à grand peine peuvent-ils vivre; et par ce ne peuvent ni veulent du tout rien payer.
Les fourbisseurs : Que l'on sait bien que depuis que les guerres d'Italie et de Piémont ont été pacifiées, il n'y a eu aucun passage par cette ville, et que leur ouvrage n'en sort point pour être transporté en pays étranger , où il ya d'aussi bons et meilleurs ouvriers qu'eux; qu'ainsi ils ne peuvent financer aucune somme pour acheter une maitrise en laquelle la plupart d'eux meurent de faim. < .
Les aiguilletiers.'Çlue la meilleure preuve de leur pauvreté, c'est de voir dans les registres de l'aumône générale de la ville, ou plus des trois quarts prennent par nécessité ladite anmône.
Les pétroliers : Que leur métier et peu de chose , et la plupart du temps ils ne font rien de leur état auquel il ne gît pas grande maitrise.
Les tailleurs d'habits : Qu'ils sont en si grand nombre que la plupart n*a rien à faire; que les étrangers apportent leurs habits de leurs pays, et même les y font faire en leur absence , à cause des draps de soye qu'ils y ont à meilleur marché qu'ici, etc.
Les èperonniers : De tous les métiers de la ville, le leur a été, de tout temps, le plus pauvre; ils seront désormais contraints ou de quitter la ville ou de gagner autrement leur vie.
Les serruriers: Que de toute ancienneté leur métier est juré, non-seulement en cette ville , mais en toutes les autres villes non jurées, où il faut que les ouvriers soient jurés et passés maîtres, non par argent, lettres-patentes ou prestation de serment, mais par un brave chef-d'œuvre* autrement les apprentîfs seroient maîtres; ce qui causeroit une infinité de larrons, d'autant que les serrures qu'ils feroient des coffres, caisses, cabinets, etc., pourroicut être aisément ouvertes avec un clou recourbé.
Les fondeurs : n'ayant presque pas d'ouvrage , ne savent comment vivre. Les menuisiers : Que leurs ouvrages sont de si long travail qu'il est mangé avant d'être fini ; queles loyers et les vivres sont fort chers à Lyon, et encore plus les ais ou posts qu'ils emploient* parce qu'ils sont arrisquez par les revendeurs , charpentiers, etc.; h quoi il seroit plus nécessaire de pourvoir que de leur demander une chose qu'ils ne peuvent ni ne veulent bailler.
Les épinglicrs : Que leur métier est l'un des plus bas et abjects, et où il y a le moins de profit, parce que depuis 4 ou 5 ans les meilleure maîtres se sont retirés à Nantua et autres villes de Savoye où ils ont les marchandises et les vivres à meilleur marché; et si l'on veut contraindre ceux qui sont encore en cette ville, ils seront forcés de se retirer ailleurs.
Les revendeurs ; Qu'ils sont très-pauvres, la pluspart ne pouvant payer ses loyers , et ne peuvent acheter une maîtrise qui n'est point nécessaire en leur profession.
Les tavernUrs : Qu'ils ne sauroient imaginer à quel chef-d'œuvre on les voudrait assujettir, et que , malgré eux , on les a déjà passés maîtres aux dépens de leurs amis dont ils ont emprunté la finance.
Les pâtissiers : Qu'encore qu'ils ne soient taverniers, oii les a toutefois ci-
fleviiat contraints à financer avec eux; mie de leurs denrées la plus part leur reste, et sont le plus souvent contraints Je manger les restes, et ainsi ils mangent et leur sort principal et leur industrie, etc.
Les trippicrs: Qu'ils ne sont que 7 ou 8, parée que leur métier est si sale que peu le veulent exercer : aussi est-il si pauvre que le plus souvent ils ne peuvent payer leurs loyers.
Les meuniers : Que si on les forçoit de payer quelque somme pour faire leur mëtier, ce seroit les contraindre à y malverser; à grand peine peuvent-ils gagner pour payer la ferme des moulins.
Les tisserands: Qu'en vain on les reeherclioit de pascr quelque finance ; à peine peuvent- ils vivre du peu de toile qu'on leur baille à faire; que si chacun d'eux avoit 5 ou 6 e'cus en bourse, ils les einploiroient en filets pour travailler lorsqu'ils chôment, à faulte de besogne*
Les laboureurs: Que s'il y a éttit en ce royaume qui soit travaillé et foulé de subsides, c'est le leur ; tpie de les passer maîtres en un étal que tout le monde peut faire, si l'on vonloit s'y employer, ce seroit se moquer du métier mtsme.
Toutes les opinions baillées par forme de remontrances, les eomparans artisans ont prié leConsulat d'embrasser la protection de leur cuuscet de la faire entendre au roi qu'ils savent être très-bon maître et très-pitoyable prince,afin qu'il lui plaise, par sa bonté et clémence , avoir pitié de son pauvre peuple , et de non-seulement l'exempter de l'exécution de l'édit, mais de le décharger aussi de tant d'autres impôts et subsides; à quoi les e'chevins ont répliqué qu'ils savent et connoissent fort bien que leurs raisons sont plus que pertinentes; aussi ont-ils fait tout ce qu'ils ont pu pour empêcher la publication et l'exécution de l'édit, voire jusqu'à envoyer deux de leur corps, personnages signalés, vers S. M., pour lui présenter de très -humbles remontrances auxquelles l'on n'a eu aucun égard au conseil de S. M.; ce qui montre bien que la nécessité de ses affaires contraint son bon naturel de vouloir poursuivre ladite exécution; et parce trouveroient bon que. pour y remédier, l'on procédât par quelque médiocre composition, à laquelle ils ont exhorté les eomparans de vouloir entendre; mais, iousy d'une voix, confuse ont dit qu'ils ne peuvent ni ne doivent faire aucune chose que ce quils ont résolu en leur conférence: qui est de fermer leurs boutiques et de se retirer ailleurs^ plutôt que de payer au-~ cune chose. S. Voyez ci- dessus, année 1581 ^adcalcem
1584. — Juin SI. Séance consulaire. Les échevins, désirant rétablir les bonnes et louables coutumes qui,de toute ancienneté, ont été observées àL \on, et entre autres celle de faire un feu de joie sur le pont de Saône toutes les vigiles de la fête de la Nativité de St-Jean-Baptiste , comme l'on faisait avant les premiers troubles de l'année 1562, depuis lesquels, « cette tant belle coutume a été diseontinuée , Ordonnent que. désormais, en reprenant ladite coutume , l'on élèvera , chacune veille de St-Jean , une pyramide de bois en laquelle le feu sera mis parle gouverneur pour le roi ,et par l'un des échevins pour la ville; il est aussi arrêté que tous les échevins y assisteront en corps avec leurs robes consulaires. » S.
1584. — Juillet 10. M. Scarron rapporte au Consulat que , depuis peu de jours , M. de Mandelotlui avoit dit que, désirant honorer et gratifier la ville qui avec le nom porte les armoiries d'un lion, il avait recouvré un jeune Lionneau , grand à merveille , selon son temps, lequel il a voué à lad. ville, aux fins qu'à l'instar d'autres villes qui ont pour amoiries de semblables animaux , elle le nourrisse en quelque lieu séparé , comme lui-même l'a fait nourrir, en sa maison. Mais parce que le Roi lui a fait entendre
qu'il seroit bientôt en cette ville , et qu'il vouloit loger en sa maison , il fulloit par nécessité que cet animal en fut sorti de bonne heure , parce qu'il espère que S. M. sera ici au commencement du prochain mois d'Août. — Il a été avise de remercier très humblement M. de Mandelot , et en même temps de le prier de considérer la pauvreté de la ville et les grandes dettes qu'elle a sur les bras qui la doivent excuser de faire ce qu'elle voudroit et désireroit
f»our l'amour et souvenance perpétuelle de lui.... Que la nourriture de ce ion ne pourroit être moindre de 20 écus par an , y compris les cages , nourriture et entretien de son gouverneur, et que d'ailleurs le roi ne le trouveroit pas bon , « attendu que lui-même pour espargner telle dépense superflue et « inutile, a faict tuer tous telz et semblables animaux , que ses prédécesseurs « roys par curiosité avoient entretenus , et le pourroit encore trouver plus « mauvais , en tant qu'il sembleroit que cette ville se voulut conformer et « égaler à celle de Berne et autres qui sont érigées en republiques souveraines, « lesquelles nourrissent par ostentation les bestes qu'elles ont pour armoiries: « ce qu'ils prient ledit Sgr de Mandelot qu'ils ont toujours connu très affection- « né au bien de cette ville , de mettre en considération , et de les tenir pour « excusés. » S-
1584. — Août 12—27. Séjour d'Henri III à Lyon (1). — Les détails qu'on va lire sont extraits des actes consulaires (2).
• Le Dimanche 12 août 1584 , le roy arriva au bourg de PIsle-Barbe , où fut conduit sur la Saône le bateau qui lui avoit été préparé par les échevins , et qui lui fut présenté de leur part , par Nicolas de Chaponay , sieur de Plsle, et Claude Gaspard, sieur du Sou et du Breuil, deux d'entr'eux, lequel bateau (3) qui étoit comme celui de l'an passé , sauf que celui-ci étoit couvert de damas verd par dehors , et , par dedans , de satin bleu céleste , semé d'or des armoiries etescusson de France et des particulières farmoiries) de S. M. , laquelle descendant par eau avec les Seigneurs de sa suite qui étoient en deux autres bateaux, lui fut fait une salve a l'entrée de la ville.par une bonne troupe d'arquebusiers qui étoient en garde a la porte de Pierre-Scize ; vint descendre et prendre port par derrière l'église de St-Jean où elle alla ouir vespres , lesquelles finies, elle se retira en l'hostel du sieur de Mandelot, ets'estant un peu raffraichie et restaurée, tant avecledit'sieurde Mandelot que antres Seigneurs, elle se mit à table pour souper, où on lui présenta de la part de la ville douze corbeilles de tous les plus beaux et excellents fruits que Ton put recouvrer , présent qu'elle eut fort agréable... — Le lendemain Luoclv 13 , l'ambassade Mgr le Duc de Savoye fut oui par S. M. ; après lui , les échevins en robes courtes consulaires , portant la parole Me Claude de Rubys que tous les habi-
(1) Nous présumons que c'est a ce voyage du roi à Lyon que se rapporte l'anecdote suivante» extraite de la Vie et faits notables de Henry de Va/ois , pamphlet attribué à Jean Boucher , p , 5ç,-6ode l'édition sans nom de ville, m. d. î.xxxrx , in 8° de 92 pages (B. de Lyon , t. xvi du Recueil vert) : «... d'Rspernon. .. mena Henry de Valois à Lyon , ei re pour deux causes principales; l'une sienne particulière , afin d'y attrapper de l'argent avec le moyen de la subtilité de plusieurs partisans ; et l'autre afin d'y contenter le roy en ses lascivetez ordinaires. (le fut alors que quelques gens de bien envoyèrent leurs femmes à Monl-loy ( Montlnel) , terre de Savoye , afin qu'elles n'allassent au bal avec les autres : et de relies qui aiinoyent plus l'argent que leur honneur et pudicitc , une entre les autres eut.... douze millelivres, une chaîne? d'or, un diamant , et deux perles d'assez bonne valeur.. - Vovez sur ce pamphlet, l'abbé d'Artigny , Mêm. , t. 1 , p. 47o, et M. du Koure, Analecta-bihlion , t. ?, p. 76,
(1) Voyez aussi Busbeeq . Epist. 40 et \ 1 ; Rubys , p. 434 ; J. Morin , v , 283 ; ci dessus août i58vi , et août 1583.
(à) Les frais de ce bateau moulèrent à 4yâ éciw. S.
tants de la ville avoient conçu une telle et si grande allégresse de le voir sain si dispos , que chacun d'eux en dësiroit faire une démonstration particulière; mais les écbe vins qui représentent tout le corps de la ville, voulant empêcher une si grande confusion d'un peuple nui désire voir son roy,en fa isoient l'office, lui offrant la continuation de leur fidélité et obéissance , pour laquelle ils employèrent toujours leurs personnes et biens, voire jusqu'à la dernière goutte de leur sang. Aquoy le roy répondit qu'il s'assuroit assez de l'amour et affection que ladite ville lui portoit, et en avoit une bien longue expérience. Aussi, de sa part, faisoit-il bienconnoître qu'il l'aimoit, puisqu'il la venoit voir si souvent , comme il continuera , et pourvu qu'ils continuent en leur fidélité et obéissance. — Sur les deux heures de relevée , la collation et le bal furent préparés à S M. par M. de Mandelot , en la grande salle de l'Archevêché. — Le lendemain U * vigile de l'Assomption de N. D. , S. M. jeûna pour faire sespâques , comme elle fit ledit jour ic'rial en la chapelle des Pénitens', pour en après toucher les malades des écrouel les qui Pavoient suivi depuis Paris. Ces deux jours , la Cour ne vaqua sinon à prières et oraisons, et furent intermises les collations, et conséquemment le bal. — J'ai omis de dire que ledit jour 14, sur les 2 h. de relevée, Mgr. le grand prieur de France, frère bastard de S. M. arriva avec une fort grande suite, laquelle suite occupa pour logis presque toutes les maisons des rues Mercière et Grenette ; et se trouva le grand prieur si h propos à son arrivée , qu'il rencontra, au pied du pont de Saône, a la descente de S. Nizier, le roy, qui s'en alloit en coche à la citadelle ; auquel coche il n'y avoit avec S- M. que le duc de Joyeuse qni céda sa place joignant le roy au su-nr grand prieur, et ainsi eux trois montèrent dans le coche h la citadelle. — Le jeudy 16, les échevins , après le bal, baillèrent la collation h S. M. ; et tous les jours subséquents , il y eut bal et et collation aux dépens des particuliers. Il s'entend des particuliers comme Mgr. l'Archevêque , Mgr. de Mandelot , M. de la Manthe , MM. de la nation florentine, en son particulier, de la Genevoise (Génoise? ) , de la Lucquoise et autres , tellement qu'il ne s'est écoulé, sauf le vendredy, qu'il n'y ait eu bal et collations ; nonobstant lesquelles allégresses et gaillardises , le roy ne cessoit de vaquer aux prières aux heures accoutumées , même commanda que le Samedy25, Ton fit \n procession des Pénitens (\) , laquelle fut faite sur les neuf heures du soir, et d'autant plus dévotement, que l'on pensoit que S. M. y dût être en personne. — Il y a deux choses dignes de mémoire , qu'il n'est besoin de passer sous silence : l'une l'arrivée de M. le Duc d'Espernon , principal favori de S. M. , et l'autre , les remontrances que firent les échevins à) S. M
t( Le samedi 18 dudit mois (2) , le roy estant advertyque le sieur d'Espernon debvoit arriver ce jour là en ladite ville venant de Guyenne en Gascogne, pertnist et voulust que tous les Seigneurs de sa Cour lui allassent à l'encontre, comme ilsfirenten fort grand nombre jusqu'à 4 à 500 chevaux Rentre lesquels estoit mesmement le grand prieur, frère bastard deS. M. ,suivy d'une bien grande noblesse de Lyonnois, Forez et Beaujoloiset du Dauphiné, et avec euxestoient tous les Seigneurs et principaux Officiers qui avoient accompagné S. M. en ce voyage , tous lesquelz sortant en fort bon ordre de ladite ville pour aller rencontrer le sieur d'Espernon qui avoit disné à l'ArbresIe , le trouvèrent comme il descendoit une petite montagne, toutefois assez roide, qui est entre
(1) Voyez ci-dessus au 17 août 1583.
(2) Nous a^ous conser\é , dans ce paragraphe , l'orthographe de h copie de M. l'abbé Su dîin , sans y rien omettre.
le village d'Escully et la Tour, à une lieue ou environ de la Tour, auquel rencontre quelques uns des gaillards ou affectionnez, ou qui pour le moings se vouloicnt monstrer tels envers ledit sieur d'Espernon , piquèrent doicl à luy , et comme ilz se furent rencontrez en uog chemin fort estroict , et prez d'ung précipice , se voulant contourner l'ung d'eulx donna du bout de son espée contre le mors de la bride delà baquene'e que ledit sieur d'Espernon montoit, laquelle estant forte en bouche , se remua , et faisant ung faulx pas des pieds de derrière % tomba à la renverse par ledit pre'cipice, tellement que l'on tenoit ledit sieur d'Espernon pour mort , et de faict appréhende l'on le mal des grands plus qu'il ne fault, quelques ungs coururent à bride av allie ^ jusques h la ville pour le rapporter au roy : mais estant prez de S. M. , ils n'osèrent d'abordée luy dire si inaulvaises nouvelles ; touteffois aprez l'avoir dict à quelque petit nombre de gentilhonimes qui estoient encore demeurez avec elle , comme ilz murmuroient ensemble assez hault, sadite M. s'en appercust : mais ne le luy osant dire , elle cogneust qu'il y avoit quelque chose de sinistre advenue , et ne les voulant interroger davantage , sortist de son hostel pour aller à Vespres en l'église de St-Jehan : entrant en laquelle église vingt un aultre corner qui rapporta ladite cheute, et le grand danger dudit sieur d'Espernon , duquel il asseuroit plus tost la mort que la vie : dont sadite M. fut tellemènt esmeue qu'elle commanda que promptement l'on luy amena son coche, où voulant entrer, arriva mondit Sgr. le grand prieur accompagné de l'un des frères dudit sieur de Jdveuse qui assurèrent que ledit sieur d'Espernon n'avoitreceu aulcun mal , mais seulement quelque petite dclocature. Toutesfois S. M. désirant d'en savoir la vérité , se feist tirer aud. coche accompagnés des dessusdits seulement par 4 chevaulx courant à toute force , si bien que , passant par les rues, l'on eust dict que c'estoit le chariot de Salmoneus contrefaisant les tonnerres de Jupiter en la ville d* Elide. Or ledit sieur d'Espernon , après sa cheutte, fut porté en la maison du sieur de Fontville, appelée les Planches , où le Roy le trouva et le feist p.inser par ses médecins et chirurgiens ; coucha là : et le lendemain dimanche 19 dudit mois, aprez Passeurance que les médecins luy donnèrent de la prochaine guerison du sieur d'Espernon , le fist porter par 4 souvsses de la garde, dans une chaire à bras , au devant duquel marchoient plusieurs gentils hommes à pied, et aprez luy encore un bien bon nombre, tint gentils hommes que aultres , tous teste nue , et un peu aprez ceux là venoit le roy en son coche ; et en cet ordre etequipaige, a faict son entrée led. sieur d'Espernon en ceste ville de Lyon où il fust logé, à cause de sa maladie, en une maison de longue estendue sur la rivière de Saosne , sise au grand Pallais , laquelle fut des Pruniers , ou le Roy l'alla veoir deux fois le jour durant tout le temps de sa maladie qui n'a esté que de 4 à 5 jours, pendant lequel temps led. sieur de Joyeuse alla et revint en poste de devers le duc de Savoye qui estoit àChambery. » .
Quant aux remontrances présentées au roi , et dans lesquelles le Consulat demandait , entre autres choses la démolition de la citadelle , construite sous Charles IX, elles restèrent sans réponse, et le roi partit de Lyon le lundi 27 août.
1584. — Septembre 4 Jean de Masso (père d'Antoine de Masso, conseiller en la sénéchaussée , et de Guyot de Masso ) étant décédé pendant le temps de son échevinage , laissant plusieurs enfants mineurs , et sa veuve enceinte, le Consulat arrête que la veuve et les enfants du sieur de Masso seront déchargés des sommes prises à charge par le défunt aux payements de Pâques dernier.
1 584. — Septembre 28 ( le IV des cafendes d'octobre ). Mort de Franeoii
de Rubys, visiteur général des gabelles <lu sel à Lyon , aïeul de l'historien Claude de Rubys. — Il fut inhume dans la chapelle de St-Claude, aux Jacobins , avec une épitaphe qui est actuellement au Pah.is S. Pierre , et qui a été' publiée par M. Collombet dans le tome 1er de ses Etudes sur les hist du lyonn. p. XXXII des AddiU et correct.
1584. — Novembre 16. Les sieurs Poculot et duTroncy , députés de la ville à Paris, écrivent au Consulat qu'ils ont espérance que l'édit sur les maîtrises (Voyez ci-dessus an 18 juin) sera bientôt supprimé ; ils croient qu'il l'est déjà, en sorte que la surseoyance de payer qu'ils avoient obtenue , auroit de beaucoup servi , etc. — «Bien, *ous disons-nous, ajoutent-ils, que nous avons « esté gueres sages en nostre ville d'avoir faict ces années passées tant d'ostentation aux voyages que le roy y a faietz , parce qu'ilz dénotent contre vérité une grande opulence etrichesse de la ville, il fauldra estre une aultre fois mieux advisé , etc. S.
1584. — Novembre 18. Aimar de Poisieu , sieur du Passage, chevalier de l'ordre du roi, est nommé gouverneur de la citadelle de Lyon. A. P. Notice sur Mandelot. p. 25.
1584. — Décembre 21. Matthieu de Vauzelles, avocat, prononce l'oraison consulaire. — Il ne faut pas confondre ce Matthieu de Vauzelles avec un autre personnage de même nom , mort en 1562. Voyez ci-dessus année 1573 , ad calcem.
1584. — Les Chanoines de S. Iréuée font réparer ou plutôt reconstruire leur église qui avait été démolie par les Huguenots. — Ce fut un nommé Christophe qui fut chargé du prix-fait. Les Chanoines n'ayant pu le payer en numéraire, lui vendirent, en 1556 , un jardin et une vigne au-dessous de la chapelle de St Roch. Ce fond a été depuis réuni à la maison des Tournelles de M. Rougnard. S.
1584. . . . Un fort grand tremblement de terre se fait sentir à Lyon, à Genève et à Mâcon. Desrues, Description de la France , p. 542. Voyez cidessus , 21 mai 1578 , et '20 septembre 1581.
1584. — Publications. Gemelles ou Pareilles . recueillies de divers auteurs tant Grecs , Latins que François. Par Pierre de Sainct Jullien de la maison de Balleurc, doyen de Chalon,etc. A Lyon, par Charles Pesnot. M. D. LXXXIV. Pet. in-8°. — Dédicace « à Philibert Bariot , sieur de la Salle , conseiller du « roy , lieutenant général, civil et criminel au baillage du Maseonnois. »> — Cet ouvrage nous offre quelques particularités intéressantes pour l'histoire civile et litairaire du XVIR siècle. On y voit, p. 34 et suiv. , que la ville de Mâcon fut prise le 5 mai 1562 parles Huguenots qui s'y mentainrent jusqu'uu 19 août suivant; p. 834 et suiv. , des détails sur la « descente du baron de Poleville ou Polevillers à Bourg en Bresse, » — L'auteur , p. 324 , renvoyant le lecteur au Discours de dame Loyse l'Abbé , dicte, la belle Cordière , ajoute entre parenthèses ; « Œuvre qui sent trop mieux IVrudite gaillardise « de l'esprit , de Maurice Sceve , que d'une simple courtisane * encores que souuent doublée. » — Ces deux vers peu connus de Ronsard sont cités à la p. 82:
Estimez votre honneur : ne soyez gou\ erné Par homme dont le sang obscurément soit né.
Voyez ci-dessus, année 1581 , ad calcem.
1584. — M. T. Ciceronis Consolât, o. Fragmenta a Carolo Sigonio et Andréa Patricioexposita. Lugduni. Anl Gryphius. 1584. In-12. — Dédicace d'Ant. Grypht à Hierosme de Chastillon. La Croix du Maine, I, 385. — Benoît du Troncy publia, la même année, une traduction de ce traité attribué àtort à Cicéron , et il la dédia à M. de Mandelot. Voyez le Cicéron in-18 de; M. Victor Le Clerc , tome i , page 482 , et les Variétés d'A. P. , p. 161 , où l'on examine si la traduction de du Troncy est antérieure à «elle de Gabriel Pot.
1585. — Le registre des actes consulaires de l'année 1585 commence comme les précédents par le syndicat , mais on a ajouté à ce syndicat l'article suivant :
« Item les terriers et maislres des mestiers voulant pourvoir aux desordres ci-devant advenus pour les différends survenus entre les consuls eschevins de cette ville à cause des préséances, au grand préjudice du public et retardation des affaires...., ont ordonné que par cy aprez, suivant ce qui estait observe anciennement, et qui est pratiqué mesmes es cour de Parlement, sièges présidiaulx, et en toutes compaignies bien ordonnées, les escbevins auront leur séance, du jour qu'ilz auront esté reccuz au Consulat, en. sorte que celuy qui aura esté appelé le premier à l'eschevinage précédera celui qui y aura esté appelé aprez luy , sans distinction de leurs qualitcz , et sans rechercher leur ordre et séance de leurs prédécesseurs , et ayant seulement esgard lequel d'entre eux aura le premier exercé la charge d'eschevin , fors et exceptez les graduez et trésoriers generaulx avec lesquels sera conservé le droict de préséance : Et aussi ordonnent lesdits terriers et maistres des mestiers qu'aoSrenant que deux desdits eschevins entrassent au consulat uue mesme année , et que l'vng des eschevins fust originaire de la ville , et l'autre non , entendent lesdits terriers et maistres des mestiers que l'originaire de ladite ville de Lyo» ou pays de Lyonnois précédera celuy qui ne le sera pas, sans distinction de leurs qualité/, comme sus est dict, et sans toutteffois y comprendre lesd. graduez ni trésoriers de France, auxquels sera conservé le droit de préséance, comme cydessus,et où, par cy après, il se trouveroit aulcunlg refractaire et contrevenant au présent règlement , veulent et ordonnent lesd. terriers et maistres des mestiers qu'il soit rayé et bine luy et sa postérité du nombre des eschevins et des privilèges d'iceulx , et que les aultres eschevins eu nomment et élisent ung aultre en sa place , etc. S.
1585. — Janvier 1. Michel Antoine de Saluées, sieur de la Manthc qui avait succédé à M. de Chambéry , dans le commandement de la citadelle de Lyon , fait remise de sa place au duc d'E[ternon , lequel en confia la garde à Aimar de Poisieu, sieur du Passage, gentilhomme dauphinois. — D'Epernon pa>a 20,000 écus à M. de la Manthe pour le prix de cette mutation. Son principal but était de s'emparer du gouvernement de Lyon et de succéder à Mandelot. Vie et faits notables de Henry de Valois (attribuée à Jean Boucher ) , 1589, in-8° Rubys , p. 434-, A. P. , Notice sur Mandelot. Voyez ci-après, 2 mai.
1585. — Janvier 17. Sur le rapport du voyer , le Consulat arrête de se rendre au boulevard St-Clair et autres endroits du Rhône afin de prendre
résolution de ce qu'il faudra faire .pour filtre revenir le fleuve du Rhône contre la ville,dont il continue à s'cloigner,malgré les réparations qu'on y a faites , etc. — Le 19, on nomma quatre échevins pour conchirre avec MM. de Plsle, de Linaid, le voyer, et César Baudrielli , ingénieur florentin , des moyens à tenir pour rappeler le Rhône contre la ville. — Cet ingénieur fut chargé du travail ,eton lui payoit dix écus par mois — On fit descendre quelques-uns des moulins par dessous le pont (de la Guillotière) , jusques à la queue d'Ainay où
va se rendre le Rhône. — On fit acheter du seigneur de la Servette une grande quantité de jwiulx qui furent livrés an port de la Mollette , du côte' du Dauphiné , à raison d'un écu I 7 sous 6 deniers le paulx. — Il fut reconnu que les palisses et réparations faites l'année précédente , au lieu de ramener le Rhône, avoient au contraire été nuisibles. On les fit défaire , et on Ht faire au port de la Mollettte des palisses et des éperons au-dessous desquels on pratiqua deux grandes tranchées dans le gravier pour conduire l'eau contre les moulins de la ville. S.
1585. — Mars!. Le Consulat , pour avoir et faire venir a Lyon le frère Valérius de Fanya , religieux du tiers ordre de S. Fr.inçois, pour sa sainte vie, fidélité et expérience a la cure du mal contagieux , s'adresse au grand prieur de France , au gouverneur de Provence , aux Consuls d'Aix et à Messieurs du Parlement de Provence, pour demander leur crédit auprès de ce religieux , et l'engager à se rendre au besoin qu'en a la ville. Le Consulat en écrivit au frère Valerius lui-même pour le solliciter par piété et par zèle à se rendre à Lyon où le conduira la personne qui lui est envoyée, et qui a eu l'honneur de le connoître , etc. S.
1585. — Mars 12. Louis Marquet, maître veloutier , remontre au Consulat que depuis quelque temps s'est inventée et introduite certaine fabrique de velours, tant à ramage que autre, qu'on appelle frizons, laquelle » donne' uite fort grande réputation à la manufacture des draps de soie de cette ville , et continueroit de l'augmenter et de décrier peu a peu la manufacture des draps étrangers , si elle étoit faite de bonne étoffe , mais la plupart des ouvriers la falsifient y mettant du filet teint pour de la soie. — Le Consulat ordonne que tous les métiers d» velours et autres manufactures de soie seront visités par deux échevins , conformément aux pouvoirs qu'ils en ont eus du foi , et on en nomme deux qui pourront appeler avec eux les CannetilUers et autres dudit état de veloutier , etc. S.
1585. — Mars 12. Trois personnes atteintes de contagion meurent dans une maison située en face de l'Eglise des Cordeliers. Le Consulat nomme poulies enterrer , et nettoyer la maison où elles sont décédées , un commissaire qui sera tenu de faire la quarantaine.
1585. — Mars 15. M. de Grollier de Servicres écrit de Paris au sieur du Troncy, secrétaire du Consulat : « — Il ne se parle d'aultre chose fors de M. de Paris qui est sur le trottoir 4 et contre lequel se font force paquets , pour avoir obtenu la bulle de l'aliénation de cent mil escuz , bien qu'il n'enst pouvoir que de cinquante. Il y a vng personnage d'honneur que cognoissez, qui aujourdhuy, en disnant, a dict parlant dudict seigneur et de ses semblables : « Ils sont comme des toreaux qui s'eschauffent et deviennent furieux , quand Ion leur monstre vne pièce de drap rouge* » voulant entendre vng chapeau de cardinal. Nous ne faisons ni la paix ni la guerre , etc. S.
1585. — Avril 1 1 . Le Consulat ordonne que les enfants abécédaires cesseront d'aller au collège , jusqu'à ce que « l'on voye quel progrès fera la « maladie contagieuse dont la ville est affligée. » — Le 30 , on arrêta que les classes ne se rouvriraient qu'après la Pentecôte.
1585. — Mai% M. de Mandelot, de concert avec le Consulat, s'empare de la citadelle, et y installe la milice urbaine (1). — Le Consulat lit rédiger
(i) J. Morin , v. 394 ; J. S. Passeron, Notice sur les Chartrmx, dans le loinc lf' de Lyon anc. et mod., p. 3jl ; A. P., Nolice sur Mandelul , p. »5. Voyez nu 7 juillet 1504 au l*1 janvier et au 1 1 juin 1 585 , elc.
par Benoît du Troncy , son secrétaire, une relation de cet événement , la-
Sue.lle tut transcrite sur ses registres à la date du 4 juin. En voici le préaraule(1):
« Tous ceux, de bon et solide jugement qui considéreront par la lecture de l'histoire , les actions et les de'portemens des monarques ou princes ou souverains et des républiques , diront tousjours que les roys de France qui ont vescu avant ce siècle malheureux et plein de guerres intestines et de défiances très grandes, ont suivy comme à la trace et pied h pied la vertu héroïque des Romains , lesquelz , au commencement de leur règne, encore qu'ilz se voulussent asseurer des villes qui leur estoient voisines et enuemies, par eux subjuguées par force d'armes , comme du peuple latin et de la ville de Prtvernate , aujourd'huy dicte Piperno , n'y feirent pour cela aucunes forteresses ou citadelles pour contenir en obéyssance leurs subjects nouvellement conquis , mais , au contraire , les laissèrent eu leur entière et pleine liberté -, et tant que la ville de Rome a esté libre et en la fleur de sa prospérité , usant de ses anciennes et vertueuses ordonnances et constitutions , elle n'a jamais fait faire aucunes forteresses pour retenir en debvoir ou en crainte les villes ou provinces qu'elle avoit. subjuguées. Bien elle a conservé celles qu'elles trouvoit toutes faites. Tout de mesme les roys de France, quelques guerres qu'îlz ayent eues, soit avec les estrangers ou aultres, n'ont jamais, par le passé, faict aucunes citadelles en leurs villes fortes, s'asseurant sur la fidélité des habitans d'icelles villes. Aussi pour dire le vray, telles forteresses citadelles qui se font ez villes desja de soy assez fortes , sont plus inutiles et dommageables que nécessaires : car elles ne se font sinon à deux fins : assavoyr, ou pour se défendre d'un ennemv , ou pour se défendre des subjetz. Or , les citadelles qui se font coutre Pennemy apportent le plus souvent beaucoup plus de dommage que de profit au prince qui les a édifiées. Tesmoing en cela le ehasteau de Milan basti par le sieur comte François Sforza, pour establir et asseurer sa domination, d'où ayant esté chassé par les Françoys, et ledit ehasteau prins , ledit Sforza a esté du tout privé de son estât , sans y pouvoir rentrer, Pempeschant ladite forteresse ou ehasteau par luy édifié, lequel ayant depuis esté prins sur les mesmes Françoys par Charles V, empereur, a empesché le cours de la victoire que le roy François Ier avoit obtenue sur le Milanois, duquel depuis les Françoys ont perdu l'estat par le seul moyen ou empeschement dudit ehasteau. Les "forteresses de La Rocbclle , du ehasteau d'Angers et de Nantes, aultresfois basties par les Anglois, n'ont-elles pas servi de rampart inexpugnable contre eux mesmes après qu'elles sont venues à Ja Couronne de France? Et, quant aux citadelles qui sont basties ez villes pour la crainte des subjeetz, elles font beaucoup plus de dommage que de profict et seureté au prince ou à la république qui a peur de ses subjeetz ou de leur rébellion : car il fault que ceste peur sienne procède d'une haine que ses subjeetz luy portent, laquelle haine ne peut procéder que de ses déportemens ; et en ce cas les forteresses augmentent plus la haine des subjeetz qu'ils ne diminuent les entreprinses qu'ilz pourroient faire de prendre aultre party. Ces choses estant considérées par Guy Ubaldo, duc d'Orbin , filz de Federic, lequel fut tenu pour l'un des plus grands capitaines de son temps ayant esté chassé de son estât par César Borgia , filz du Pape Alexandre VI % y ayant esté depuis fortuitement remis, il fit ruiner toutes les forteresses qui estoient en son duché , les jugeant plus dommageables qu'utiles , parce que ,
(I) Ci t!e relation rjni a probablement été imprimée , a pour litre : Discours au tvvrv sur le aict de in cttcultttc t/t Lyon construction , prime et démolition ifirtlte , etc.
estant aimé de ses subjeetz, il n'en vouloit point pour l'amour d'eux : et pour le regard de l'ennemy , il luy estoit besoing d'avoir tous jour s une grande armée en campagne , qui estoit son entière ruine. On pourroit alléguer ici une inimité d'autres exemples pour monstrer que les citadelles faictes ez villes
fortes sont plus dommageables au prince que profitables »
Voici en quels termes l'auteur de la Vie et faits notables de Henry de Valois (attribuée à Jean Bouclier, et que nous avons déjà citée), raconte la prise de la citadelle :
« ....Comme de longtemps dVspernon desiroit avoir l'entier gouvernement duquel le seigneur de Mandelot ne vouloit se devestir, il advisa. ... de l'aire donner vingt mille escus au sieur de la Mantbe (gouverneur de la citadelle) pour recompense , et le renvoya en son pays qui est au marquisat de Saluées, et, au lieu d'iceluy , afin de mieux parvenir a son dessein, il fit mettre dans ladite citadelle le sieur du Passage qui estoit du tout h sa dévotion , estimant que, comme la ville est à la mercy de la citadelle, il en jouvroit bientost , quand il en auroit volonté : mais , estant son entreprinse découverte, M. de Mandelot simulant n'en sçavoir aucune cliose , envoya un conseiller à la citadelle vers le sieur du Passage , afin (de le prier) de' descendre à bas au logis du gouverneur , lequel desiroit luy monstrer quelques lettres que le Roy escrivoit en gênerai à tous les babitans. Du Passage (passage) descend cbea le sieur de Mandelot, et lorsqu'il y estoit, les capitaines et soldats envoyez de la part dudit sieuv de Mandelot , entrarent par la porte qui alloit bors la ville :
3ui leur fut ouverte par le sergent majeur de ladite citadelle, et sans effusion e sang se rendirent maîtres de la place. La ville est aussi tost en armes et barricades, mais chacun se rasseura incontinent lorsqu'on vit que M. de Mandelot renvoya du Passage à sa maison en Daulpbiné, extrêmement honteux d'avoir esté si peu accort. » — Voyez après au 21 août 1586.
1585. — Juin 4. Les propriétaires et inqnilins en la rue à' Ecorchebeuf (\) près F Herberie , et a présent appelée de la Pêcherie , demandent que la ruelle ou pille traversant de cette dernière rue à la Saône soit fermée pour empêcher les immondices , etc. — Après visite des lieux , le Consulat ordonne que la ruelle sera fermée par une porte dont chaque voisin aura la clef , etc.
1585. — Juin 11 (mardi de la Pentecôte). M. de Mandelot mande en son logis MM. du Clergé, de la Justice, les Consuls éehevins, une grande partie des notables ainsi que les nations étrangères demeurant en cette ville. 11 leur remontre que le roi ayant mis en considération la fidélité et obéissance que la ville de Lyon lui a toujours portée , la désirant pour ce gratifier et lui faire connoître par effet qu'il ne veut autre jorleresse pour la conservation de ladite vi le que leurs cœurs et bonne volonté , leur a librement et volontairement accordé la démolition de la citadelle de cette ville, qui est signe de grande fiance et assurance qu'il a de ladite ville, etc. Et après que chacun desdits ordres et estats.... a fait vive démonstration et signe d'une grande joie et allégresse,... M. de Mandelot, suivi de toute l'assemblée, est allé rendre grâces à Dieu dans l'église des Carmes, d'où , après la messe, il est monté h
(») La rue qui porte aujourd'hui ce nom aboutit à la place du port du Temple. C'est là qu'on écorchait un taureau , le jour de la Fête uts Mervkili.es. Voyez ci-dessus au i 3 août 135/|, et ajoute/ à ce que nous avons dit : Ceux qui assistaient à la procession de la l'été des Merveilles , baisaient , lorsqu'ils étaient armé* a Ainay , t'a pierre Je S. Pothin. ISule de M. l'abbé Jaccpies . qui a tiré ce l'ait d'un Rituel latin du \ i* Siècle qu'il possède, et dans lequel est décrit l'ordre mivi i celte ^te- vuy»''- h; Dictionnaire Jcs rues de Lyon , par M. liiegliot, ai t. T£ 1 1 uk-««ort (rue).
la citadelle, où le dîner lui e'tait préparé par les échevins; après lequel dîner,... M. de Mandelot, en -vertu des lettres-patentes et commission de S. M., a commandé de mettre la main à la démolition : ce qui a été joyeusement et allègrement fait par ceux que pour ce l'on y avoit fait venir , et à l'instant , parée qu'il étoit jour férial , il est monté tant de peuple de tous âges , et sur ce louant et bénissant Dieu et se réjouissant de voir en leurs jours une si heureuse journée qu'il sembloit que ce fut un pardon général où tout le monde accourut. Et Dieu en soit béni ! — Le 12 juin , le Consulat nomma Bertrand Castel , voyer , pour diriger et accélérer la démolition. On lui adjoignit le capitaine Corset , et l'on fit mettre a part le bois et la pierre afin de les vendre à l'enchère. Voyez ci-dessus au 2 mai.
1585. — Juin 1 7. La contagion s'était manifestée à la Guillotiêre , du côte de la Madeleine. On interdit l'entrée de la ville aux habitants de la Guillotiêre. — Le 25 , la maladie augmentant toujours , le Consulat décharge le voyer Castel de la conduite de la démolition de la citadelle , afin qu'il pût vaquer entièrement aux affaires de la santé.
1585. — Juillet. M. de la Valette avoit écrit au Consulat pour l'engager à laisser le Père Hermite venir secourir la ville de Valence affligée de contagion (on l'avoit déjà demandé ponr Romans). Le Consulat lui répondit pour lui témoigner son regret de ne pouvoir le laisser aller , attendu que la peste a pris à Lyon un très grand accroissement, soit par les grandes chaleurs, soit par la disette des grains, etc., et qu'il seroit à craindre que le peuple de Lyon, si affligé et malheureux , quoique très obéissant, ne se portât h quelque violence. Quant aux médecins et aux chirurgiens demandés , le Consulat promet d'user de tout son pouvoir pour y foire condescendre ceux auxquels il s'adressera. S.
1585. — Août 20. Sur les remontrances du recteur du collège, que la contagion augmente, et qu'el le s'est mise en la maison d'un pédagogue d'enfants près le collège, le Consulat arrête, pour obvier à tous dangers, de congédier tous les pensionnaires et étudiants qui sont au collège , et d'interdire la lecture jusqu'à la S. Rémi prochaine.
Même jour. — MM. de la santé avoient fait un vœu à N. D. du Puy ; on députe M. Pierre de Masso , abbé de Valbenoitc, pour aller rendre ce vœu, et y offrir par aumône, au nom de la ville , une lampe d'argent. — Le 25, la contagion s'étoit mise en la maison de Jean Charbonnier, celle vin , qui fut obligé de se séquestrer. — Le 5 novembre, on permit au recteur du collège de rouvrir les classes , sauf celle des abécédaires « jusqu'à ce qu'il ait plu à « Dieu éteindre entièrement la maladie contagieuse qui pullule encore en ce quelques endroits de la ville. »
1 585. — Septembre 18. Le quartier de St-.Tust et de St-Irénée est incorporé au corps de la ville de Lyon. Lettres patentes, Recueil in- fol, de 1771, p. 24. Voyez ci-après , juin 1 630.
1585. — Novembre 13. Sur les remontrances du Consulat , que des étrangers, malgré la pénurie des blés où se trouvoit la ville, et malgré le peu d'abondance des vendanges, sortoient du vin de la ville, en telle quantité . que bientôt la ville et même toute la province se trouveraient dépourvues tb s principaux moyens de subsistance , M. de Mandelot défend aux rcgnicolcs e^iiux étrangers d'exporter des vins hors du Lyonnois, sous peine de confiscation et d'amende arbitraire. Nouv. Arch. du Rk.. 1 , 127.
1 585. — Décembre 21. M« Guillaume de Villards prononce l'oraison doctorale. — On lui fit payer pour cela dix écus
1 585. — Premiers travaux exécutés pour la construction de la Chartreuse de Lyon. Lyon anc. et mod., t. I, p. 3/2. Voyez ci- après au il mars 1590.
1585. — Publication du Supplementum epitomes bibliothecœ Gesnerianœ. . . . Antonio Verdcrio collectore.... Lugduni , apud Bartholomeum Honorati (ex calcographia Theobaldi Ancelin). clo. Coxxcv. In- fol. — Au verso du titre est le portrait de du Verdier dans un médaillon illustre' avec cette devise : Et Marti et Minervœ. La pre'face de l'auteur est datée de Lyon , ex Musao nostro 1111 Calendas Decembris clo. loxxcv. Le volume est termine' par un poème en vers latins intitule': Encomion chalcographiœQx Joaune Arnoldo Bergellano). Prosper Marchand, qui a reproduit ce poè'me dans son Hist. de l'imprimerie , rapporte une note de i'entzel qui taxe du Verdier de mauvaise foi pour avoir supprimé dans son édition ces deux vers qui se trouvaient après le 402e. La note de Tcntzel se termine ainsi : ...Et gloriatur tamen Ferderius seArnoldi carmen candori suo restituisse. Egregium vero candoris gallici specimen^qucm tum etiam Caroli Fprobavit Francisais I Galliœ rcx,ab Arnoldi his versibus notatus. Voyez David Clément, III, 163, et C. Nodier , Questions de litt. lé g., p. 12a.
1586. — Janvier 22. Mort à Paris de Louis Duret, médecin ordinaire (et non premier médecin) de Charles IX et d'Henri III , né en 1 527 à Bâgé ou Bauge, petite ville de la Bresse , alors enclavée dans les états du duc de Savoie. — Pernetti qui prétend que les Duret sont venus du Forest , a donné une place à Louis Duret dans ses Lyonnais dignes de mémoire ; mais il n'aurait pas dû y figurer. Voyez l'article de ce médecin dans la Biogr. médicale de Panckoucke, et dans la Biogr. de l'Ain , par M. Dcpery , 1 , 32.
1 586. — Février 28. M. Grollier de Servières écrit de Paris au sieur du Troncy, secrétaire de la ville : « ...J'ay vu le discours que me faictes des mascarades androgynes faictes h Lyon en ce caresme prenant. Nous n'avons occasion de nous resjouir beaucoup non plus que vous à Lyon. J'aurois peur d'entrer trop avant en discours pour n'en pouvoir sortir , si je m'estendois d'advantage à vous dire ce que je pense... » — Le 25 mars suivant, M.Grollier écrivait au Consulat : « ...Soit que dans Pasqucs j'aye faict mes affaires ou non, je m'en veulx retourner, ne voulant estre éioingné de ma maison en temps de troubles tHz que nous les voyons préparez , et est très nécessaire nue ayez l'œil à vous conserver en vous unissant ensemble, pour , par l'advis de M. de Mandelot, nous asseurer et nous garder nous-mesmes , sans nous fier en ceux qui desireroient establir leur grandeur et fortilïier leurs desseings sur la ruync de nostre ville, dont ils ne sont hors d'espérance, quelque contrariété qu'ils y voyent. Nous sommes pour veoir de grands maux, en France* si Dieu n'y pourveoyt et n'a pitié de nous. Il se fault montrer avoir cueur au besoing et n'espargner chose quelconque. Il ne se présenta jamais telle occasion pour nous asseurer. Vous estes sages et advisez pour y donner ordre par la conduicte de M. de Mandelot, lequel il nous fault conserver pour le roy et pour nous, affin que l'on ne le nous oste, comme l'on désire , pour faire après de nous comme de brebis sans pasteur... » S.
.1586. — Mars 4. Le Consulat, informé de l'art et expérience d'un certain hermitc ( frèie Valérius de Fanya, religieux du tiers ordre),
{>our nettoyer les maisons des pestiférés, arrête qu'on lui écrira afin de 'engager à venir à Lvou. — Un exprès fut envoyé pour l'aller chercher et l'accompaguer. — On paya 120 éeus pour les frais de ce voyage, y
compris la dépense de l'hennitc et de ses deux serviteurs. S. Voyez- ci-dessus au 7 mars 1585.
1586. — « Le plus grand ma! qu'il y avoit en fait de contagion dans la ville vers le 15 de ce mois étoit au couvent des Célestins où elle avoit été' porte'e. Mais ces religieux étoient resserrés dans leur couvent; le lieu etott spacieux pour les essorer (donner de l'air) et les séparer les uns des autres. Le Consulat affirme qu'en toute la ville, il n'y avoit en tout que six malades. Cependant le mal s'étoit fait sentir en 15 ou 16 maisons de petites gens écartées les unes des autres. • S. Rubys, p. 436. Voyez ci- dessus au 17 juin 1585.
1586. — Avr.l. 19. Le Consulat fait écrire au secrétaire du Troncy, en cour, que plusieurs bateaux (chargés de blé), venant de Marseille, avoient déjà passé les dangers de ceux de la nouvelle religion, et étoient déjà à Valence, et que ce que les huguenots font payer est peu de chose, en regard a la perte que coûtent les défenses des passagers. Il lui commande de dire « haut et clair ce au roy que la défense est faite plutôt pour tirer argent aux particuliers que c autrement. » S.
1586. — Mai 7. On envoie le sieur Portail ier à Orléans pour y acheter promptement 3,000 muids de blé. Le Consulat prie les échevins d'Orléans d'envoyer tout de suite à Lyon 600 muids pour le pressant besoin de la ville. S.
1586. — Mai 7. Le Consulat voulant pourvoir à la nourriture du grand nombre des pauvres qui courent nuit et jour les rues de la ville,... arrête que tous les mendiants valides « seront employés aux terres de la citadelle « qui restent à explaner, » où. ils seront nourris de pain et potages ; que pour ce, aux dépens de la ville , sera fait achat de hottes , pelles et pioches, etc. Quant aux invalides , il sera avisé d'en faire des rôles pour être nourris en leurs maisons par les bourgeois et habitants aisés selon le département qui en sera fait, et que promptement seia remis aux recteurs de l'Aumône générale 25 ou 30 ânées de bled 2/3 seigle et 1/3 froment pour les faire moudre , afin d'acheminer une si bonne œuvre.
— Le 26 ma/, on fit payer Î5 écus,à 10 arquebusiers qui veilloient ces pauvres, travaillant au remuement des terres de la citadelle, et autant à 15 autres personnes appelées chasse avant ou piqueurs qui les faisoieut travailler pendant 6 jours. — Chaque corps fit à son tour une aumône générale h ces mêmes pauvres. Le Consulat la fit deux jours , les 2 et 3 juin, et y destina 24 ù nées de bled, outre la chair, les potages, le vin et le bois. S.
1586. — Mai 12. M. de Mandelot convoque chez lui l'assemblée des députés des divers ordres, parmi lesquels se trouvèrent le doyen de Chalmazel, J. Laurencin , obéancier et substitut du vicaire-général de l'archevêque , MM. des finances, de la justice, du Consulat , et 1 i des notables bourgeois (cette assemblée est appelée être tenue en Conseil d'état). — Il leur expose qu'il s'agit de trouver des fonds pour payer les bleds que le Consulat fait acheter de toutes parts, et qu il est urgent, par ce moyen, de couteuir la populace qui commence à menacer d'une rebeyneet élévation populaire* qui pourrait être pratiquée par dessous main par ceux du dehors qui ne veulent guère de bien à cette ville , afin de trouver occasion par telle rumeur et mutinerie d'exécuter leurs malins et pernicieux projets, ou bien par autres mutins qui feignant de chercher des bleds , voudroient mettre la ville à sac et à pillage; que , pour y obvier, il faut faire venir des bleds; que cela ne se peut sans de grands fonds; que le Consulat ne peut les fournir; qu'il faudra
que les bourgeois et les marchands y fournissent leur crédit et leurs moyens; que cependant, durant celle cherté de bleds, il e'toit à craindre quelque remuement et mutinerie; qu'iL seroît presque nécessaire de faire pour un mois ou deux une de'pense extraordinaire pour la garde de la ville, etc. — Il est re'solu que, quant au premier point , le plus expédient e'toit d'emprunter les deniers qu'il conviendra à change, et quant au second, pour rendre la garde plus assurée, on emploiera les arquebusiers de la ville pour deux mois
Alors le sieur Jean Pierre Duzio (ou Dutio) a offert par affection pour le bien de la ville de prêter lui-même les deniers nécessaires pour payer les bleds , pourvu que lesdits bleds soient sous la garde et administration d'un échevin qu'il nommera, et qui assistera à lu vente d'iceux : laquelle offre a été acceptée, et icelle grandement louée par toute l'assistance.
En même temps, le Consulat requiert MM. de la justice 'de vouloir bien . informer contre ceux qui auraient mal versé au mnuiément des bleds, et contre ceux qui en ont vendu de pourris et gâtés, s'il s'en trouve, afin que le peuple soit éclairé sur les calomnies qu'il impropere au Consulat, o.
1586. — Mai 29. Le Consulat achète de Philippe et Matthieu Rosse t père et (ils une petite maison et un petit jardin joignant pour loger les Suisses qui sont en garnison à la porte St-George, au prix de 20 écus d'or.
— Le Consulat avoit fait construire un puits à la Grenette, près des Halles; on fit poursuite contre les propriétaires des maisons voisines pour les faire contribuer au payement des frais, etc. S-
1586. — Juin 17. Le Consulat considérant qu'une petite ruelle mii traverse «le la butte des Arquebusiers à la rue Pizay, appelée la nie du Pet étroit , est , par sa situation, inutile au public et aux particuliers , n'étant fréquentée de personne, pour êti*e toujours pleine d'eaux et d'immondices, etc., permet au sieur de Liergues de boucher et supprimer ladite rue , et en accomoder un jardin qu'il a tout contre, etc.— Vers le même temps, les Pères Jésuites avoient aussi demandé que eette rue, en laquelle est sise la maison où logent les enfants pensionnaires du collège, fût fermée h cause «les sâleset vilains actes qui s'y commettent ordinairement au grand scandale des écoliers. S.
1686. Juillet 3. Noble Humbert de Grollier, sieur du Soleil , capitaine de la ville , fait exposer au Consulat qu'il a eu à supporter de grands frais pour l'accident de contagion survenu à feue madame du Peyrat sa belle-^œur, laquelle il a secourue de tout son pouvoir, hantée et fréquentée pendant sa maladie ; pour raison de quoi lui et sa famille se sont retirés et serrés. Il prie le Consulat de lui faire payer ce qu'il lui reste dû de ses avances et frais pour la démolition de la citadelle. S.
1586. — Juillet 3. Le Consulat, sur la présentation des«(uarteniers et dizeniers du penonage de la rue de Flandres, vacant par le décès de César Pause, en pourvoit Alexendre Ferrari qui prête serment. — Le 19 mais suivant, Gaspard Coing, bourgeois de Lyon, fut pourvu «le ce penonage. S.
1586. — Juillet 3. Le Consulat, sur la demande des sous-recteurs de l'Hôpital, invite Messieurs du Collège, de la Faculté de médecine et \es maîtres barbiers chirurgiens de cette ville à servir les pauvres alternativement jnsfiu'à ce que l'Hôpital ait été pourvu «le médecins et chirurgiens ordinaires, au lieu de ceux qui sont malades. S.
1586. — Juillet 3. Le Consulat ordonne au voyer de la ville de s'emparer de deux maisons continues, qui sont près du cimetière de S. Michel, pour v lo-
g:;r le Pere hermite avec ses gens et sa suite , et accorder du louage d'iceiles avec, les propriétaires ; et si les locataires n'en vouloient sortir, de les en faire sortir avec leurs meubles, et prendre main-forté des arquebusiers. Le Consulat ordonne au capitaine delà ville d'assister le voyer à cet effet. S.
1586. — Juillet 10. Sur la demande du recteur du collège des Jésuites, et attendu le progrès que fait la contagion , le Consulat arrête que le collège sera ferme' pour les écoliers martinets qui vont et vienn«iut jusqu'à la S. Remy (29 octobre). — Le 5 août, la contagion augmentant, ou licencia , sur les remontrances du P. Castor, les pensionnaires jusqu'à la même époque.
1586. : — Juillet 10. Les Confrères de Sainte-Croix remontrent au Consulat, qu'un hérétique ne doit point être enterre en terre sainte et sacrée, ni au cimetière des Chrétiens catholiques, ce qui se prouve par plusieurs constitutions et décrets des saints Conciles , au préjudice desquels l'on a , depuis quelque temps , permis que les corps de ceax dits vulgairement Huguenots , déclarés hérétiques par le saint Concile général , fussent enterrés au cimetière de l'Hôpital mesmes ez galeries faictes et entretenues par lad.confrairie, esquelles plusieurs notables personnages d'icelle ont par le passé, par dévotion , et hu milité , élu leur sépulture, comme feroient d'autres s'ils n'en étoieut détournés par la concession de sépulture desd. héritiques , avec lesquels lesd. catholiques no veulent ni morts ni vifs avoir aucune communion, comme aussi il leur est expressément prohibé par toutes les canoniques sanctions, aliéguans sur ce une infinité de beaux passages tant du vieux et du nouveau Testaments, que des saints Conciles généraux et provinciaux;par ce requerroient que par les sieurs échevins comme recteurs primitifs de l'Hôpital fut très expressément défendu d'enterrer désormais aucun corps d'hérétique au cimetière de l'hôpital , ni moins en ladite gallerie, et d'ordonner que les os de ceuxqui y sont inhumés deceste farine , en soient tirés et en après jetés en terre profane à l'exemple du bon roy Josias qui par l'ordre de Dieu fit déterrer et brûleries os des faux prophètes. Le Consulat déclare qu'il n'a jamais entendu ni ne veut que ceux de la confrairie de Ste-Croix soient empêchés ou troublés en la jouissance des cloîtres par eux bâtis au cimetière de l'Hôpital et dont ils ont l'entretien, ni qu'aucun corps y soit enterré contre leur gré , et dans le cas où il leur seroit fait aucun trouble soit pour la sépulture des corpsrde e ux de la contraire religion ou autrement , le Consulat trouvera bon qu'ils se pourvoient pour l'empêcher par-devant qui il appartiendra. S.
15S5. — Août 7. Le Consulat donne au S. de Tourvéon , allant en cour, une brieve instruction jd ins laquelle il le charge de dire à S. M. que a pour «« une citadelle qu'elle avoit en cette ville , elle y en a pour le jour d'huy "20 a mille (1) dans les cœurs de ses ( itoyens... Que toutes les fois qu'il lui • plaira de venir à Lyon , elle y sera reçue par les habitants avec la démons- « tration de la même bonne volonté ctafFection qu'ils l'ont reçue par le passé, « et si les portes de la ville ne sont assez grandes pour l'entrée de S. M. et a de sa suite, ils feroient abattre telle quantité de murailles qu'il plaira à S. M. « leur commander à ces fins....» — Act.'Cons. ; Coc h a rd, Description* p. 178 ; Arch. du Rhône. , III, 156. — M. de Tourvéon s'étoit rendu h Bourbon-les- Bains auprès du roi *, il étoit de retour avant le 20 Août , et fît rapport du bon effet de son voyage et du contentement que S. M. en avoit reçu. Le Consulat ,
(i) Si la population de Lyon était alors réduite à ce chiffre . il fout l'attribuer à la peste qui avait décimé \v> habitants, et eu a\ait porté un grand nombre à s'expatrier
avant son départ, lui afoit remis 100 c'cus; il n'en dépensa que 58. — Le 8 du même mois, le Consulat avoît e'crit au maréchal d'Aumont pour le remercier de ce qu'il avoit bien voulu manifester publiquement sou opinion sur la fidélité constante de la ville de Lyon , et la venger des calomnies répandues contre elle. S.
1586. — Août 21. L'armée que le duc d'Epernon conduit en Provence , devant passer ces jours -ci, le Consulat arrête , entre autres dispositions, que les arquebusiers feront quatre patrouilles ebaque nuit. — On fit pre'sent au duc , pendant son séjour à Lyon , d'un chevreuil , et l'on fit offrir, soit h lui , soit aux seigneurs de sa suite, des fruits avec du vin blanc et claret. S. — Voici en quels termes l'auteur de la Fie et faits notables de Henry de Valois , attribue* h Jean Bouclier ( 1589, in-8°. saus nom de ville), rend compte de cet événement :
« Advint qu'en ce temps fut Uié(le2iuin 1586) Monsieur le Grand-Prieur ( Frère bâtard de Henri III ) , et que son gouvernement de Provence fut donné a d'Espernon ( car Henry ne luy refusoitque ce qu'il ne lui demandoit point ) , chose qui lui vint fort à propos, afin d'entreprendre sur Lyon , la citadelle n'estant encore commencée à démolir (1) , ains entre les mains du S. de Mandelot. Et de fait il donne a entendre qu'il alloit prendre possession de son gouvernement, menant avecques lui mille ou douze cens b arquebusiers,
r'ilestoit nécessaire de faire passer par Lyon, à cause de la rivière, espérant que Seigneur de Mandelot ne refuseroit le passage à ses gens , ayant de ce exprès commandement de Henry, mais le gouverneur s'advisc par une ruse de lui accorder ce passage , sans qu'il en peust advenir scandale à la ville ; qui futde lui faire appareiller de grands bateaux pour mettre ses gens , afin qu'ils passassent , ce clisoit-il, plus vistement et plus seurement, d'autant que leshabitans ne trouvoient bon qu'on mist des forces estrangères en la ville. Cependant il fei*t border toute la Saône d'un costé et d'autre ; mesmes toutes les rues estoient pleines d'habitants en aimes. D'Espernon, avecque sa courte bonté , son entreprinse estant vaine, passa ainsi par Lyon, plus étonné qu'autrement, et s'en alla à Marseilles , où il fut meigrement reeeu avec ceux de son train seulement qui entrèrent en la ville.... »
1586. — Août 28. Le Consulat désirant abolir la eoutnme qui s'est introduite du Paillemail en Bellecour, au grand préjudice des propriétaires , qui y ont des maisons , il est ordonné qu'il sera enjoint auxdits propriétaires , de faire paver la rue où se fait ce jeu , audevant de leurs maisons et de leurs jardins ; et à leur défaut , le voyer le fera faire à leurs dépens. S.
1586. — Septembre 30. Sur la démission de M. le Custode du Soleil, de M. le Trésorier Baraillon , de Maurice Poculot et de Guillaume Falaise , députés de la santé , on nomme le sacristain Gi» met , le conseiller Vandel , Nicolas-Philippe de la Voypierre , Simon Girard et Dominique Ravel , bourgeois de Lyon( ce dernier à la place de M. Meslier, avocat du roy , qui s'est absenté à cause du décès de son fils , mort de contagion). — Quelques-uns des sus-nommés ayant refusé , on continua (le 3 novembre suivant ) François Girard , écbeviu , MM. Dorlin , Merles et Pelletier , et on leur adjoignit Me Bernai t! in Castor , docteur en théologie , recteur du collège , MM. Broquin , de Moutconvs , conseiller, et le sieur Etienne Faure , marchand. S.
1586. — Septembre 30. Les Commissaires de la santé prient le Consulat de faire informer promptement sur la contravention du sieur du Ferdier, qui a
(l) Erreur. Voyei i-i-de*su« au n juin 1585.
fait enterrer en sa maison 3 on 4 eoprs morts de contagion , sans avoir averti les députés ni le capitaiae penon.Le Consulat est d'avis que le sieur du Verdier doit être condamné à mille écus d'amende*, il charge le voyer de signifier son ordonnance aux Commissaires. S.
1586. — Octobre 31. Le Consulat adresse au roi la supplique suivante: « Sire , si jamais nous avons eu occassion de nous douloir des calumpnies et impostures que ceux qui,jaloux de nostre fidélité et obéyssance envers V. M. et vostre couronne , nous imposent malicieusement , c'est à ce coup qu'ils ont fait courre uug brutet venu jusques à voz oreilles , que passant par icy l'evesquede Naxaret, nonce du Pape , quelques unes de noz concitoyens seseroient adressez à luysurle mescontentement qu'ils disoient avoir des entreprises du sieur de la Valette , et auroient requis Ledit sieur nonce d*escrire au Pape qu'il dtuoit entreprendre la protection de cette ville , et, par ce moyen , empescher qu'elle ne tombast par l'importance d'icelle ez mains des hérétiques. Ce sont les propoz que l'on nous a escriptz avoir esté déferez à V. M. , laquelle nous supplions très humblement de croire que tant s'en fault que nous les ayons tenuz , que mesmes nous n'y pensasmes oneques: et que quiconque lesacontrouvezest vng fort mal habite homme en affaires d'estat: car il debuoit considérer qu'il parle d'vne ville qui a tousiours faict profession et fera ( tant qu'elle sera sur pied) d'estre très fidel'e et très obéyssante a vostre couronne; que si elle se vouloit de tantoblier ( que Dieu ne veuille iamais permettre ) que de se mettre en la protection d'vng aultre prince, elle riyroit pas chercher vng protecteur à 300 lieues loing qui n'a non plus de moyen de la secourir et défendre que de lui nuire par les armes temporelles , ioinct que nous ne sommes pas si ignorants que de ne cognoistre bien que le Pape ne doibt entreprendre aulcunc auctorilè ny iurisdiction temporelle sur les subicetz d'aultruy. Pourquoy donc serions nous si mal aduisez que de recourir h sa protection ? Il semble , Si re , que ces raisons sont assez pertinentes pour faire cognoistre h V. M. que Ton nous en veult d'ailleurs , qui faict que nous -vous supplions très humblement de nous faire justice de cestecalumpnie contre led. nonce (si tant estott que lesd. propos fussent venus de lui) cjue aultres qui ont semé soubz son nom cette imposture : car, quant à luy s'il les advoue , et qu'il se soit bien souuenu des paroles , il se peult bien aussy se sonuenir de ceulx qui les lui ont proférées ; et nepeult-il dire que ce soit nostre corps de l'eschevinage qui représente toute la ville. Bien est-il vray que, par honnenr, nous luy allasmes faire la reuerence,et enuoyasmes du vin, comme nous faisons à tous les Seigneurs estrangers passant par cy, allans vers V. M. Les présents que nous leur faisons nous sont une dépense, laquelle nous tenons pour bien employée, estimant qu'elle redonde à l'honneur de V. M. ,et pour une démonstration d'vng eschanlillon de nostre fidélité et obéissance. Si doneques, Sire , ce Mons le nonce veult soubstenir que Ton luy ait dict telz ou semblab'es propoz, nous vous supplierons de le contraindre a desclairer ceulx qui les ont tenuz , aux fins d'en faire iustice exemplaire. Si, au contraire, comme nous estimons qu'il ne Payt dict, et que ce soit une charité qui nous soit prestée d'ailleurs, il vous plaira d'en scauoir l'autheur et le punir comme nous vouldrions Testre, si nousnousestions de tant obligez.
• Pardon nez -nous, Sire, si nous nous estendons si largement: l'affaire nous touche si vifueinent lecueur que nous ne serons iamais en repos d'esprit, que nous n'en ayons nostre raison par iustice, que nous vous supplions de genoux et à ioinctes mains de nous impartir j et cependant de nous conseruer en vostre bonne gracejaquelle nous desirons plus (quoique noz calumpniateurs coaucrlz scaeheut dire) que toute aultre chose du monde. Aussi ne vous donne-
rons-nous jamais occasion de nous en oster , et Dieu ne le vaeille permettre * lequel nous prions humblement vous donner , Sire , en tout bonheur et félicité très longue et contente vie. De Lyon ce dernier iour de octobre 1586» Vos très hnmbles , très obevssans et fidelles subjectz , les Consuls, etc. »
Le Consulat écrivit en même temps à MM. de Villeroy et de Bellièvre une lettre contenant à peu près les mêmes sentimeuts ; mais on y voit mie c'est M. de Bellièvre qui avoit informé M. de Lances de ce bruit calomnieux. Le Consulat necroit pas qu'il y ait aucun François habitant de Lvon qui euteuconnoissanceet si libre accès vers le nonce quiétoit étranger,meme natif de Suisse, pays auquel b*en peu des citoyens de cesteville négocioient. Le Consulat répète que si la ville était venue à ce terme de désespoir qu'il lui fallut recourir à la protection de l'étranger, ce seroit une grande absurdité qu'elle Pallât chercher par delà les Alpes d'Italie, et d'un prince qui n'a non plus de pouvoir de la secourir et défendre que de lui nuire , etc. — Dans la lettre à M. de Villeroy, on lit ces mots : a Si nous sçavions qu'il y eust vng de nos concitoyens qui eust esté si téméraire que d'user de semblables propoz , nous vous prions de croire qu'il ne sçauroit estre constitué en si haulte dignité ou degré d'honneur , ny en si grandes facilitez , qu'il ne fust déchiré par jretites pièces et ses os trustez, et ses cendres jettèes au vent ; tant nous sommes jaloux de nostre ancienne obeyssance et fidélité envers le roy et la couronne , etc., etc.» — L'auteur de toutes les calomuies que l'on débitait à la cour de France contre les Lyonnais , était le duc d'Epernon qui n'avait pas renoncé à s'emparer , de gré ou de force , du gouvernement de Lyon. Les historiens contemporains ne laissent aucun doute h cet égard. Nous citerons, de préférence, un passage de la Vie et faits notables de Henry de Valois , attribuée h Jean Boucher , et publiée , sans nom de ville , en 1589. Le malin chroniqueur, après avoir raconté le tour que Mandelot joua à d'Espernon lors du passage de ce fameux mignon dans notre ville (le 21 août 1586) , continue ainsi :
« ... Outre l'entreprise de Lyon , il (d'Espernon) en avoit encore une autre en main et recommandée expressément par Henry de Valois , qui estoit de s'aller rafraîchir h Avignon , et , monopolant secrètement auec le roy de Nauarre , faire en sorte qu'il mist Auignon entre ses mains et toute la comté , appartenant à nostre sainct Père le Pape : pour rémunération de quoy il estimoilauoir en mariage la sœur dudit roy de iNauarre. Toutefois cette conspiration aussi bien comme l'autre, s'en alla en fumée; car le gouuerneur d'Auiçnon en fut aucunement aduerty , et considérant que d'Espernon n'auoit là que faire et qu'il y auoit ja plus de cinq semaines qu'il y estoit , luy dit ouuertement , qu'il y avoit deftiance de luy , et qu'il le prioit de se retirer. Il reuint vers Lyon , mais comme le seigneur de Mandelot s'enquestast s'il reposerait par là afin de le receuoir , il feit respondre que les Lyonnois estoient trop mutins, et qu'il ne leur vouloit donner occasion de le craindre: et s'en retourna passant à la trauerse et en poste du Daulphiné par le Lyonnois jusquesà la Palisse, quasy sans regarder derrière luy. Estant arrivé à fa cour, il mit les habitants de Lyon de plus en plus en la mauvaise grâce de Henry de Valois : dont assez aduertis , ils envoyèrent aussitost le seigneur de Chevrières faire leurs excuses , et remonstrer que la citadelle ne seruoit que de grande despence aux frais du plat pays : qu'elle emprschoit grandement le commerce , et que , depuis qu'elle estoit bastie , les foires de Lyon n'auoient plus rien valu, au grand intérest de la doane : pourquôy les habitants supplioient qu'on leur permit de l'abastre. Henry de Valois respondit que puisqu'ils l'auoyent prin.se sans son commandement. îls la pouvoyent desmolir si bon leur sembloit. Ce qui fut quasi fait tout aussi tost qu'il auoit été dit. Mais
d'Espernon qui, de toutes choses à tousjours voulu faire proffit, et à tout sçait à redire, feittrouuer niauuais ceste desmolition , disant que le roy y auoit interest : ne fust, que les deniers dont elle auoit été bastie (encores qaeprins sur le pays) eussent depuis tombé en ses coffres par un autre moyen. Pour ce, il met en avant la trop grande licence qu'auoyent prins les Lyonnois, sur une responce ambiguë , en sorte que , pour demeurer en paix . ils furent contrains bailler quarante et quatre mille escus à d'Espernou : pour cause de quoi fut mise imposition sur les chairs, à sçauoir que chacun bœuf entrant à Lyon, pour la boucherie , pa>eroit deux, escus , la vache vn escu, lé veau vn quart d'escu , et le mouton sept sols et demy. Messieurs de Lyon , sur ce fait , ne faisoient entendre au peuple que ce qu'où leur en avoit promis : qui estoit que cest impost ne durerait qu'vn an ou deux , afin de payer les quarante et quatre mille escus, eteux rembourser des frais extraordinaires qu'il leur avoit convenu faire pendant la peste de l'an 84. Mais Henry de Valois ne mit oncques subsides aucuns pour les abolir par après. Car on sçait qu'ayant depuis aliéné tout le reste du domaine du royaume, ayant vendu aussi celuy de l'Eglise , il ne vit plus que du sang pur des catholiques , laissant en repos et sans subsides aucuns , les ennemis de l'Eglise.... » — Voyez ci-après au 30 juin 1567.
1586. — Novembre 17. M. de Neufville de Villeroy écrit au Consulat : « Le roy a pris en très-bonne part voz lettres ainsi que vous apprendrez par les siennes , et vous prie croire qu'il ne lui demeure auculne mauvaise opinion du faict duquel il est question , etc. » S.
1 86. — Décembre 14. Assemblée des terriers et maîtres des métiers pour l'élection des échev'ms. Le procureur-général de la ville ( Claude de Rubvs ) fit, suivant l'usage urrdiscours. Il leur exposa l'excellence de leurs fonctions, et les exhorta à ne choisir, surtout en'ces temps malheureux, que des gens capables d'expérience dans les aiTaires:que ce soient aussi gens de prestanteet de belle stature , à ce qu'ils ne se rendent ridicules et contemptibles au peuple; rapportant l'histoire de Marius, grand capitaine romain , qui s'étoit retiré hors de Rome , et caché pour éviter la fureur de Sylla , étant trouvé par ceux qui avoient conspiré sa mort, ... il sè présenta h eux avec une telle prestance et grandeur de courage , qu'ils furent épouvantés de son seul aspect , et quittèrent leur sinistre dessein , etc., etc. S.
1586. — -Décembre 16. Le Consulat permet aux paroissiens de l'église de S. Sorlin (Saturnin) de clore le cimetière qui , avant les troubles de 1562 , étoit devant cette église, et qui avoit été réduit en place publique par les sectateurs de la nouvelle opinion. S.
1586. — Décembre 21. M® Pierre Dorlin , avocat , fait la harangue de la S. Thomas , et reçoit de la ville 1 0 écus.
1^86. — Décembre 17. Guillaume Roville, imprimeur et libraire à Lyon , fait son testament devant M. Garnier , notaire , et lègue à l'hôpital sa maison de Y Ange ) une des quatre qu'il possédait dans la rue Mercière , il veut que les revenus en soient accumulés pour être remis , chaque cinquième année à ceux de ses descendants que sa famille assemblée reconnaîtrait les plus pauvres. — G. Roville compléta ses dispositions de dernière volonté par un codicille du 17 juin 1589 et mourut peu de temps après. Biogr. lyonn.
1586. — «-La ville éprouve une grande disette; les Consuls échevins empruntent, pour soulager le peuple , quarante années de blé froment des recteurs et administrateurs de l'Hôtel -Dieu , avec promesse d'en faire la restitu
ttonsnr les premiers envcis de blé qu'ils attendent de la Beauce. » Dagier, 1 , 139. — Le blé se vendait alors au prix énorme de sept livres le bicliet. J. Morin , V\1 303.
1587. — Février 2. Mort, au Château de la Freyte ( ou la Frette ), en Dauphiné, de François de Beaumont, baron des Adrets , colonel . général, en 1557, des légionnaires de Dauphiné, Provence, Lyonnais et Auvergne; Gouverneur de Lyon , en 1562 , pendant l'occupation de cette ville par les Calvinistes ; prisonnier au château de Pierre-Scise , en 1570 ; un des députes du Dauphiné qui vinrent complimenter Henri III a Lyon , en 1574. Moréri ( art. BEAUMONT ) ; Biogr. lyonn. , etc.
1587. — Février 5. Le Consulat, délibérant sur les remontrances faites par les députés de la sauté au sujet des actions de grâces que tous les habitants de la ville , sont grandement obligés de rendre à Dieu Créateur , de la grâce qu'il a fait de retirer ses verges et fléaux de la maladie contagieuse de dessus celte pauvre . ville et de lui rendre la santé . et qu'il est bien raisonnable d'user en l'honneur de nostre bon Dieu de quelques œuvres pies et charité en l'endroit de son église, en hommaçe et reconnaissance de sa divine majesté, ordonne qu'il sera acheté des deniers destinés pour le fait de la santé, un calice d'argent garni de la platine , jusques à la valeur d'environ trente écus, auquel on fera graver les armoiries de la ville , pour icelui calice être offert en dévotion , charité et aumône , en la chapelle de N. D. de l'église St-Martin à l'Isle-Barbe, pour le service qu'il a fait faire en cette chapelle, atin d'implorer l'intercession de la bienheureuse Vierge Marie envers son fils notre seul sauveur et rédempteur J.-C. , qu'il lui plaise, ayant pitié de cette ville et communauté, y rétablir la santé pristiné. S.
1587. — Février 1 9. Le Consulat charge le voyer de faire conduire , le soir, à l'Hôpital S. Laurent, Barthelmy Gonet, frippier , atteint de contagion. S.
1587, — Février 28. Le Consulat charge ses députés en cour de faire tous leurs efforts afin d'obtenir de S. M. l'exemption de l'emprunt qu'elle demande et pour lequel les Commissaires du roi veulent user de violence et de rudesse envers les échevins et les habitants. — Le 21 Avril suivant, Le Consulat fit au roi des remontrances où l'on remarque ce paragraphe : « Les échevins et et les habitants de Lyon reconnaissent d'abord qu'ils sont très- humbles , très obéissants et très fidelles subjectsdu roy, et, comme telz , tenuz et obligez le servir , honorer et secourir de leurs personnes et de. leurs biens en ses nécessitez ; mais aussi ils supplient très humblement S. M. qu'il lui plaise , selon sou accoustûmee bonté, se soubvenir qu'il leur doibt justice , et que, pour la leur administrer , Dieu Va establi souverain sur eux , etc. S.
1587. — Février 28. Le Consulat fait écrire à MM. de Servieresetdu Troncy étant en cour, pour les prévenir de ce qui s'est passé h Vienne; savoir qu'au lieu de faire la guerre aux Huguenosts , l'on a fait passer la rivière à certaines compagnies qui se sont saisies des châteaux de Pipet et de la Bastie , et mis garnison en la ville de Vienne ; le Consulat ne sachant h quelle intention cela se fait, on priera les députés d'en avertir le roi. — Le 24 Mars suivant, un pétard avait été mis h l'une des portes du château du Pipet; les habitants de Vienne imputoient au Consulat ue Lyon que cela s'étoit fait à son instigation. Le Consulat s'empresse d'écrire aux députés en cour que si les ennemis de la ville faisoient parvenir ce bruit aux oreilles du roi , d'assurer S. M. que M. de Mandelotetla ville sont incapables et innocents de tel fait, et qu'ils estèrent que la vérité se manifestera par la suite du temps. S.
1587. — Mars 25. M. de Mandelot remet au Consulat une lettre du roi , datée du 1 9 , par laquelle S. M. déclare que son intention est que les échevius et les habitants de la ville aient h se conserver plus soigneusement que jamais en bonne union et concorde les uns avec les autres sous son obéissance , pour l'exécution du commandement que M. de Mandelot leur fera de la part de S. M. , sans se laisser emporter aux inventions et artifices de ceux qui seroient bien aises de les desvoyer de leur devoir, etc. — Le Consulat répond au roi : « .... L'union est tellement en nous avec le reste de nos concitoyens, cme nous espérons avec l'aide de Dieu et la sage conduite de M. de Mandelot , si bien faire vostre service , que cette ville sera toujours maintenue et conservée en vostre obéissance, etc. » S.
1587. — Mars .. Hierosme Chastillon, président au siège présidial de Lyon et au parlement de Dombes , meurt a surpris tout-à-coup d'apoplexie, estant « au Palais où il faisoit le rapport d'un procès.» On a de lui quelques ouvrages enregistrés dans la Bibliothèque de du Verdier. Il était neveu de Benoît Buatier. Claudine Chastillon , sa fille avait épousé le 19 Juillet 1578 (dans l'église deSte-Croix) noble Benoît Cavet , docteur, avocat au parlement de Chambcrv. H. Chastillon était l'ami d'Henry Estienne et de plusieurs autres savants. Notes de l'abbé S. , année 1578; la Monnoye, Œuvres de St-Gilay , notes sur l'épitredédicatoire d'Antoine Harsy; Biogr. lyonn.
1587. — Avril 1 .Lettre du Consulatau roi. «Sire, si nostre fidélité et innocence contre la calumnies n'estoient assez cogneues, nous craindrions que le récent et tout nouveau artifice , duquel l'on se veultayder pour nous procurer vostre défaveur et male-grace , ne priust place près de V. M. envers laquelle Ton dict que nous avons esté soubsçonnez de l'attente de surprendre le château de Pipet près de Vienne, et de nous estre treuvez en une assemblée, en laquelle l'on avoit conspiré la mort de M. d'Espernon : chose, soubz correction , malicieusement controuvée , en laquelle il n'y a point du tout d'apparence de vérité : car , quant à l'entreprinse de Pipet , nous n'avons aulcun intérêt que ceste place soit gardée par la garnison qui y estestablye , puisqu'elle est pour vostre service , et avons de tout temps eu une bonne intelligence avec les habitants de Vienne comme bons voisins , ainsi que nous vous avons déjà fait entendre par aultres lettres, et prié les sieurs de Villeroy et de Servières de vous dire de bouche : et quant à la conspiration prétendue , tant s'en fault qu'il y en ait esté faict aulcune, que nous croyons fermement que l'on n'y a jamais pensé : et, pour nostre regard, nous avons tousjours eu une bonne volonté et en laquelle nous demeurerons toutes nos vies , fermes et resoluz d'honorer ceulx que vous aymez , ainsi que ledit sieur d'Espernon eust cogneu par effect,s'il luy eust pieu de nous faire cest honneur que de repasser par icv ainsi qu'il en avoit esté requis , où nous estions bien resoluz de le recevoir de tous nos moyens , etc. » S.
1587. — Avril 9. L'hôte du logis de la Téte d'or, rue Grenette , avoit mis dehors de chez lui , la nuit , une chambrière frappée de contagion, qui roda par la ville et mourut au milieu de la rue , au grand scandale de tout le inonde. Visitée par un chirurgien , il fut reconnu qu'elle était morte de la peste. Le Consulat fut d'avis que les députés de la santé condamnassent l'hôte à 300 écus d'amende. S.
1587. — Mai ... Mort de Guillaume Faure , lequel avait été quatre fois échevin. Il fut inhumé le 1 1 dans l'église des Célestins. Lyon, anc, et mod. , Tome 1 . p. 355.
1587. Juin 3o. — Le Consulat, sur la somme île 100 écus donnez en nuraône par les sieurs Pelissari, en accorde 5o aux Jésuites de cette ville pour leur aider à supporter les grands frais qu'ils ont faits à la réception de ceux de leur ordre qui sont venus au chapitre général de leur compagnie , qui est tenu en cette ville. S.
1587 .Juinoo. — Lesbouchers vouloient se pour voir pour s'opposer à la levée du subside sur la chair; le Consulat fit des remontrances par lesquelles il prouvoit que les bouchers étoient les seuls qui n'eussent aucun intérêt à se plaindre du subside , parce que c'étoit le peuple qui le payoit ; que même , d'après l'essai qui avoil été fait, il nedevoilêlre payé qu'un liard par livre d'augmentation , et que les bouchers en faisoient payer deux, contre quoi le Consulat réclamoit justioe.De plus, au pelit peuple auquel ils ne vendoient pas à la livre, mais a l'aisme , comme on dit , ils le faisaient payer encore plus cher. Enfin ils faisoieut encore payer le subside aux marchands de bétail auquel il prélevoient toujours le- subside. El sur ce que les bouchers se plaignoient de ce qu'ils vendoient moins, le Consulat disoit que si le peuple ne. se vo uloit contenir de n'estre si grand carnassier que noz vénérables bouchers tant grands zélateurs du bien public désirent , c'est chose qui est grandement louée de Dieu et des hommes. On voit encore, dans ces remontrances, que les bouchers alloient acheter les plus gros bœufs ù raison de 18 à 20 écus, et qu'ils en retiroient plus de 3oavecla peau, les pieds et le ventre. S.
1587 .Juin 3o.— Lettres du roi qui enjoignent au sénéchal de Lyon de faire assembler tous nobles vassaux et autres sujets au ban et arrière-ban, dans la principale ville du ressort, le premier Août suivant, « montez, armez et « en tel équipage qu'il est porté par les ordonnances. » — Imprimé : Lyon, /ranPillehotte, in-8°. ( U. de Lyon, l\ec. vert, t. x).
1587. Judlet2$. — Le Consulat, averti que la contagion augmente en Piémont et a Chambéry, arrête de mettre au ban tout le Piémont, et députe le voyer au lieu de la Boesse ( la Uoisse ) près Montluel, vers le commissaire député par S. A., pour lui signifier ledit ban, donné au nom du roi et de M. de Mandelot, et dans lequel on lit entr'autres choses , que.« depuis dix ans en « ça, la ville de Lyon a été peu ou prou affligée de contagion, non pour » l'intempérie de l'air, lequel, par la grâce de Dieu, y a toujours été sain « et salubre et nullement infect ni corrompu, mais pour le libre et facile « accès que les étrangers y ont toujours eu , lesquels y ont apporté le mal « des lieux contagieux, etc. » S. Voyez ci-après au 7 avril 1 588.
1587. Août i3. — Le Consulat prie M. d'Eybeins qui se trouvoit enDauphiné de vouloir bien remontrer à !Vlr,.de la Valette et de Mau giron que le Dauphiué et la ville de Lyon sont tellement voisins et confédérés de toute ancienneté qu'ils ne se peuvent aisément passer l'un de l'autre, qu'ils ne recounoissent qu'un seul maître, le roi: que, cependant , ces deux dernières années, ledit pays de Dauphinéa usé de grandes rigueurs envers cette ville, ayant le moyen de la secourir de bleds , et ayant mieux aimé en fournir à la Presse et a la Savoye ; que même des gardes ont couru dans le faubourg de la Guillotière pour surprendre ceux du pays de Dauphiué plus voisins de la ville qui pouvoient apporter quelque peu de bleds à Lyon : ce que cette ville ne peut imputer qu'à une mauvaise volonté que sans occasion on a contr'elle, et qu'elle croit procéder de ceux qui , sous prétexte de quelques deïenses générales, font leurs profits particuliers sur ceux qui y contreviennent, suppliant pour ce lesdits seigneurs de n'user par ci après de semblables défenses, mai» de
laisser le commerce libre, comme lu ville de Lyon l'offre de sa part. S
1587. Septembre ... — Ver9 le milieu de ce mois, le P. Bernardin Castor, recteur du collège de la Trinité, fit un voyage à Rome. S.
1587. Octobre 6. — Le Consulat arrête que les habitants du faubourg St. Herigny ( St. ïrénée ) qui depuis quelque temps se sont mis et incorporés à cette ville, iront au guet et garde avec les habitants et sous le capitaine Penon de St. Just.
1587. Décembre 4. — M. de Wandelot se rend, par ordre du roi, à St. Rambert en Forez, pour s'opposer au passage des Rcistres conduits par le S. de Chastillon , lesquels se proposoient de passer la rivière de la Loire.— Vers le même temps, on Gt une procession générale à l'occasion de la défaite des Reitres. Les échevins y assistèrent avec des cierges. S.
t587. Décembre 17. — On procède a l'élection des Terriers et maîtres des métiers. — On remarque dans les listes des élus :
Terriers : de Servières et de Montconys.
Notaires : Robert Faure et Michel Molle.
Chirurgiens ; Charles de Nyons et Simon Guy.
Libraires : Jean Pillehotte et René Potalier.
Imprimeurs : François Durelleet Guichard Juleyron (Jullieron).
Peintres : Jérôme Durand et Ant. Carra.
Selliers ; Jean Perricaud, etc. — Voyet ci-après au 1 1 Janvier 1589* 1587. — Décembre 19. Le Consulat, en considération des longs et agréables services du sieur de Rubys, procureur général de la ville, admet sa résignation de cet office en faveur de Charles de Pogge, son neveu , en cas de survie seulement. — Le 7 jantier suivant , Charles de Pogge fit le serment bu Consulat, de bien exercer fidèlement ledit office après le décès du sieur de Rubys , et cependant de plaider pour lui les causes qui se présenteront à la sénéchaussée pour la ville et pour l'hôpital , et encore de veuir au Consulat pour s'instruire des affaires d'icelui.
587. — Décembre 21. M.Jean Chausse , avocat , fait l'oraison de la S. Thomas. S.
687. — Décembre'ùo. Assemblée tenue chez M. de Mandelot, où étoienl , pour le clergé, M> de la Barge, grand vicaire, Antoine-Kmmanuel Chaloo , secrétain de S. Nuier , officiai , et Pierre de Masso , abbé de Vralbenoite ; pour la justice, M. le sénéchal et M. le président de Langes, les échevins , les recteurs de l'Hôtel-Dieu et de l'Aumône.
M. de Servières , un des échevins , expose que cette assemblée a été cou voquée pour a viser aux moyens d'empêeher le grand désordre causé en ce moment par le grand nombre de pauvres qui rodent jour et nuit par la ville , surtout des caymans étrangers, par lesquels , s'il n'y est pourvu , la ville est en danger de s'infecter, non-seulement de la maladie pestilentielle , mais encore de certaine maladie de grosse vérole qui pullulle parmi lesdits caymans , à l'occasion du grand nombre de femmes et filles débauchées dont les coins des rues et avenues sont la plupart du temps remplies, de sorte que oculairemenll'on s'apperçoit que ce mal se rend contagieux. — L'assemblée, après avoir entendu M. de Mandelot, et adhérant à sa proposition, arrête que les anciens règlements seront renouvelés,en conséquence que description sera faite de tous les pauvres mendiants de la ville , que l'on mettra dehors ton» les étrangers qui n'ont aucune retraite, leur donnant une fois la passade*
quant aux malades n'ayant aussi aucune retraite , qu'ils seront mis à l'hôpital pour y être nourris et médieamentés jusqu'à guérison ; quant aux pauvres valides de la ville, les bourgeois en nourriront, pendant 3 ou 4 mois , deux, trois et plus., selon leurs moyens, et selon le rôle qui sera fait le plus également possible par MM. de l'Aumône ; — que M. le lieutenant de Tourvéon , et M. le procureur du roi seront priés de tenir la main à ce que les femmes publiques et de'bauchées soient chassées , et leur procès fait, pour en faire un châtiment exemplaire , etc. S.
1587.... Mort, à Lyon , d'Antoine Fumée, premier du nom, seigneur de Blandé , troisième fils d'Adam II , garde des sceaux, né en i5u,aux Roches St-Quenlin. C. B.
1588. — Février 23. Le Consulat arrête de faire un présent honnête et digne d'un tel corps de la ville à Mademoiselle de Mandelot, fille aînée de Monseigneur le gouverneur , pour la féliciter et étrenner à ses noces qui seront célébrées dimanche prochain ; et n'ayant trouvé chose mieux séante qu'un carquant enrichi de pierreries que les héritiers de feu sieur Jean-Atnbroise Caravagio , milanois , leur ont fait voir et lui ont offert bailler pour 5oo ècus d'or, on arrête de prendre ledit «arquant pour ladite somme ; mais n'y ayant fonds pour celte dépense , on prie le sieur Jacques Cordan , marchand a Lyon, de répondre de ladite somme , sauf à en être garanti par la ville , â quoi consent ledit sieur Cordan, auquel le Consulat en passe promesse. S.
1588. — Février a3. M. de Maodelot , à la sollicitation du roi, marie sa fille aînée (Marguerite) à Charles de Neufville d'Alincourt, fils de Nicolas de Villeroy , secrétaire d'état. Henri III voulant , à cette occasion , donner à M. de Mandelot une nouvelle marque de sa bienveillance , permit que , dans le contrat de mariage , on stipulât la survivance du gouvernement de Lyon en faveur de M. d'Alincourt. Toute la ville prit part aux fêles de ce mariage qui furent célébrées par un grand nombre de bals , de festins , de joutes , de tournois et de mascarades. Jean Passerat, un des meilleurs poètes de son temps, qui avait déjà fait , en i5?4 * une élégie sur l'entrée de Henri III en son royaume et en la ville de Lyon , composa l'épithalame des nouveaux époux. Sa pièce est ainsi terminée :
Au beau verger de Cythérée Cueillez la fleur tant désirée , Dont bieutost on voyele fruict.
Allez et vous tenez de rire Quand au partir vous orrez dire :
Adieu , bon soir et bonne nuict.
Chacun de vous à ce coup pense De jouir de la récoiupeuse De son amour et de sa foy, Et vous fasse amour grâce telle , Que rendiez la race immortelle De Mandelot et Villeroy.
1588. • A perpétuelle mémoyre. Le dimanche 28e jour de février i588 , les nopees du seigneur d'Alincourt , fils de M. de Villeroy, premier secrétaire d'état, et de damoiselle Marguerite , fille ainée de Mgr. de Mandelot , gouverneur et lieutenant général, etc.,» ont été célébrées en l'église cte
Sic- Croix, menés et' conduits à scavoir le Sr. d'AIincôurt, pur Mgr. de Villeroy , son ayeul paternel et par M. de Cbatnereau (sic), chevalier des deux ordre» du roy, et grand maréchal des logis du corps de sa majesté, et ladite demoiselle par Mgr. d'Apinac, archevesque de Lyon, et par M. de Tournon, comte de Roussillon; ledit S. de Mandelot estant porté en une chaire pour son indisposition, immédiatement audevant ladite damoiselle sa fille. Et parce que MM. les Consuls échevins de la ville s'y trouvèrent en corps, avec leur robbes consulaires , représentant tous les ordres et estats de la ville , ils voulurent savoir auquel rang ils dévoient marcher. Sur quoy ledit sieur de Mandelot ordonna fort prudemment que la noblesse qui estoit fort grande tant de Forez, Lyonnois, Beaujollois que de la ville, inarcheroit devant la personne dudit sieur d'Alinceurt, époux, lequel seroit suivi immédiatement par lesdils sieurs échevins. Lesquels ayant pris place pour marcher suivant ladite ordonnance, surviot différend entre M. de la Barge, secrétaire cl chanoine de l'église de Lyon, et grand vicaire de Mgr. l'arcncvesque, et M. de Chalmazel, doyen de ladite église, prétendant devoir marcher au premier rang, comme estant-du clergé , d'une part , et lesdits sieurs échevins comme représentant tout le corps de ladite ville, d'autre part. Lequel différend, estant remis par ledit sieur de Mandelot audit sieur archevesque, fut par lui ordonné que lesdits sieurs de la Barge et de Chalmazel ne marcheroient point en rang, mais se retireroient en leurs loges. Cette ordonnance faite, lesdits de la Barge et de Chalmazel se mirent au rang des gentils hommes (comme aussi le sont), et lesdits sieurs échevins marchèrent a la main droite incontinent et immédiatement après la personne dudit S. d'AIincôurt, suivis qu'ils estoient de la garde de Mess, les magistrats. Je ne veulx icy estendre à discourir sur la pompe et magnificence desdites noces, tant pour la multitude des invités au superbe et opulent banquet qui y fut fait ; instruments de toutes sortes de musique qui y jouèrent; mascarades et ballets, tournois, combats à la barrière, que des sompteux habits tant de draps d'or argent qui y esloient vus, que aussi des autres choses très magnifiques, parce que ce ne seroit que temps perdu, d'autant que l'on peut aisément juger qne telle feste ne s'est faite à semblable jour que le<dimanche gras, et entre seigneurs de telle qualité et tant signalés, sans eslre très grande , très magnifique et très somptueuse. — On fil présent à M. de Villeroy l'aîné,étant en cette ville, de confitures pour le prix de 24 écus et 20 sols. S.
1588. — Mars 1. Mort de Jacques Daléchamp , médecin, naturaliste et philologue, connu par de nombreux ouvrages, né à Caen, vers i5i5, établi à Lyon dès i55a. Biogr. lyon.
1588. Avril 7. Séance consulaire. — Sur les remontrances du sieur Cattet, voyer, que la contagion règne à Vimy, Fontaines et autres villages circonvoisins,tant du Franc-Lyonnois que de Bresse et Savoye,on arrête d'écrire a M. de Mandelot de faire raffraîchir les anciennes ordonnances sur le fait de la santé, et de défendre aux habitants de la ville d'aller à PAques prochain à Vlsle et autres lieux où il y a vogue. — Une ordonnance du même jour contient, entr'autres dispositions, défenses aux Cosses du bourg de L'Isle- Barbe, et aux bateliers et pontoniers de recevoir ceux qui viendroient des lieux suspects, sous peine d'être eux-mêmes et tous les autres habitants du dit bourg, mis au ban. — Il y est dit aussi que les tavernes , jeux de quilles et autres berlans "seront deïcndus audit lieu, sur peine de prison. — On envoie un trompette de la tille publier ces défenses à Vimy, Fontaines, etc.
— Lu 24 Mai suivant , le Consulat pria M. de Mandelot de dû fendre d'aller à N. D. de l'Isle aux fêtes de l'Ascension et de la Pentecôte. S.
1588. jjvrilç). — Défenses sont faites à toutes personnes, dequelque qualité qu'elles soient, de jurer et blasphémer le nom du Dieu, de la Vierge-Marie et des Saints, sur peine, pour la première fois, du prison et amende arbitraire, pour la seconde, du carcan, et pour la troisième, du fouet. Il est ordonné au voyer de faire placer des carcans par les carrefours et autres endroits de la ville, qui seront indiqués pour l'exécution desdites défenses. — La même ordonnance contient uncoru défense de se promener dans les églises paroissiales et autres , sur peine d'amende arbitraire. 5.
1588. Avril 26. — Le Consulat informé qu'il y a quelques pédagogues inconnus qui sont vfcnus habiter en celte ville, desquels on ne sait bien ni lus mœurs ni la religion, .... donne tous pouvoirs et superintendance au Père recteur des Jésuites sur lesdits pédagogues et leurs hôles, . . .'. à lu charge que s'il en trouve quelques-uns vicieux ou mal sentant de la Religion catholique, et ne faisant pas leur devoir à l'endroit de leurs écoliers, d'en avertir le Consulat. S.
1588- Mai i5. — Le dimanche matin , en l'église de St. Jean où étoient assemblés M. de Mandelot, gouverneur, le sénéchal, M. d'Alincourt, M. le président de Langes, les èchevins et la plus grande, partie des capitaines penons de Ja ville qui y a voient été mandés , M. de Mandelot a remontré qu'il éloit sur le point de partir pour Monlbrison où il ne fera que le moins de séjour qu'il pourra,.. . les exhortant de continuer à garder la ville de bien en mieux, de demeurer toujours uniscomme ils ont c'té , pour la conservation de la ville sous l'obéissance de S. M., ... . et d'obéir pendant son absence ù
M. le Sénéchal qu'il laisse pour commander. — A quoi, par la voix de Al. Guerrier, sieur de Combellande, échevin, il a été répondu qu'ils seront toujours comme ils ontété très fidèles sujets tous à S. M...... qu'ils obéiront
au dit sieur Sénéchal .... S.
1588., Jlfai 17. — M. de Mandelot , ayant convoqué en son logis M. le Sénéchal, M. d'Alincourt, le président de Langes, M. de Pavesin, maître d'hôtel et trésorier général de France, M. de Varennes Nagu, lieutenant de la Compagnie de M. de Mandelot, les sieurs éehevins, le sieur de ftubys, procureur général , le capitaine de la ville, son lieutenant, et lu sergent major de la ville, leur communique la nouvelle qu'il a reçue du tumulte et remuement arrivé à son grand regret à Paris (le mai), à l'occasion duquel le roi s'en étoit absenté : d'où il étoit à craindre que cela n'apportât quelque grand préjudice tant à l'état qu'au repos public; et en attendant que les affaires soient pacifiées, il étoit très nécessaire de pourvoir promptement et soigneusement au fait de la garde et conservation de la ville en l'obéissance de S. M. , comme elle a toujours été, sans néanmoins faire aucune démonstration de remuement, mais seulement continuer ladite garde comme de coutume , seulement la rétablir la nuit , jusqu'à ce qu'il plut à Dieu appaiser le tout. Partant, il a été résolu que la nuit aux deux descentes du pont de Saône il sera mis un penonage qui y demeurera jusqu'au jour ; à la porte du pont-levys de Vaize il en sera placé un autre qui mettra dix hommes près la maison de Denis Clefs, entre le bastion royal et Yhuis de fer; — un autre aux chaînes du bastion S. Jean. — Il est ordonné que la crie qui fut faite dernièrement pour enjoindre aux soldats étrangers , aux vagabonds et aux gens sans aveu de sortir de la villc'et des faubourgs, sera renouvelée, etc. — Les députés des nations étrangères étant venus dans
cette assemblée, M. de Mandelot les a exhortés à demeurer fermes en celte ville, faisant le commerce à la coutume, sans frayeur ni contrainte par raison dudit remuement de Paris , pour l'espérance qu'il avoit qu'en peu tout seroit pacifié, se pouvant assurer qu'ils étoient aussi surs en cette -ville comme en leur pays. — Et ceux-ci s'étant retirés, vinrent les capitaines penons auxquels M. de Mandelot fit la même remontrance; les exhortant et aussi leur enjoignant de demeurer fermes et unis, comme ils ont toujours été pour le service du roi, conservation de cette ville en son obéissance, et aussi de la religion catholique et romaine, et de ne se laisser aller à aucune perturbation ni division, mais de se montrer, comme ils ont toujours été, très fidèles sujets du roi ; ce que tous , levant la main , ont promis et juré de faire et d'obéir ù ce qui leur sera commandé par ledit seigneur de Mandelot et par les sieurs échevins pour la garde et tuition de la ville en l'obéissance de S. M., et conservation delà religion catholique ».
— Même jour 17 mai. En conformité de ce qui avoit été arrêté en l'assemblée du matin, chez M. de Mandelot, le Consulat ordonne de nouveau qu'un penonage sera placé chaque nuit ù la porte du pont-levis de Vaise; qu'à la place du Change, il y aura un penon qui fera des patrouilles depuis Pierre-Scise jusqu'à S. George; qu'à l'Herberie un autre penon fera des patrouilles par la ville, etc., etc. On arrête d'écrire au roi pour assurer S. M. , qu'elle n'a ville de son royaume plus assurée qu'est la ville de Lyon , etc. , et aussi d'en écrire àM. de V ille ray pour en assurer S. M. » S.
1588. — Mai ai. Les échevins ayant reçu des lettres du roi en date du 17 de ce mois, par lesquelles S. M. leur donne avis de l'occasion qui le meut de s'en aller de Paris, les admoneste et prie de demeurer toujours fermes an devoir qu'ils ont pour la couservalion de ceste si bonne sa ville de Ljronen son obéissance. Le Consulat répondra à S. M. qu'elle n'a ville en son royaume qui lui soit plus assurée que Lyon, etc. — Le a5 , on arrête d'écrire à la reine-mère pour « lui faire entendre l'assurée résolution danslaquelle tous les habitants de cettevillesont pour lamanutenlion de la religion catholique, apostolique et romaine, et pour la conservation de la ville en l'obéissance du roi.»
— On adresse ces lettres au sieur du Troncy , secrétaire, député en cour, afin qu'il les présente au roi et à la reine « et pour, en parlant à leurs majestés, tenir envers elles le même langage. » S.
1588. — Mai 2Ô. Le S. du Troncy, député en cour, écrit de Chartres au Consulat que le roi et tout son conseil ont reçu un merveilleux contentement de la confirmation qu'il leur a faite , et de l'assurance qu'il leur a donnée de la fidélité de la ville , etc. S.
1588. — Juillet 7. Le Consulat ordonne que le procureur général de la ville se joindra avec les imprimeurs de Lyon pour demander en justice l'observation des édits de S. M. , à ce que dorénavant la liberté de faire imprimer hors le royaume sous le nom de celte ville de Lyon, et singulièrement aux lieux suspects à la foi catholique , soit supprimée. — Le 1 2 du même mois , les imprimeurs supplièrent le Consulat de se joindre à eux pour obtenir en justice que défenses fussent faites aux marchands libraires de faire imprimer désormais aucuns livres en la ville de Genève sous le nom emprunté de Lyon.
— Les marchands libraires ayant été mandés, Etienne Michel, David de Gabiano, Barthélémy Honorât, Antoine de Harsy et Jean Vtyrat (?) te présentèrent devant le Consulat, et remontrèrent que cette affaire concernoit tous les marchands libraires de cette ville, et qu'étant en petit nombre, ils
ne peuvent ni dui vent répondre sinon en ce qui les concerne particulièrement. Ils demandent qu'un délai leur soit donné pour faire appeler les autres marchands libraires, lesquels se remettront toujours pour le présent différend au jugement des sieurs échevins. Le Consulat ordonne qu'il sera signifié aux autres marchands libraires de se trouver à la prochaine séance pour y être ouis. — Le i4î comparurent Guillaume Roville, J. B. Regnaud, Landry , D. de Gabiano , Ant. de Harsy, J. Pillehotte, Reynaud et Veyrard, tous» libraires. — Les imprimeurs leurrernontrent qu'au grand détriinentde la villeetdesdits imprimeurs, ils ont détruit l'imprimerie lyonnoise et l'ont transportée à Genève , et qui pis est font mettre a la première feuille des œuvres imprimées à Genève , qu'elles l'ont été à Lyon , afin qu'elles puissent avoir cours en Italie, en Espagne, etc.; ce qui est une fausseté et supposition de nom; que par là l'impression qui souloit avoir un grand cours et réputation en cette ville sera du tout perdue, et sont les compagnons imprimeurs encore que cela dure contraints, pour gagner leur vie, d'abandonner Lyon pour aller à Genève, où, par succession de temps, ils se rendent hérétiques. — Les libraires répondent qu'à la vérité, ils ont été ci devant contraints de recourir ailleurs pour leurs impressions A cause des monopoles des compagnons imprimeurs de Lyon, lesquels leur enchérissent la besogne de jour à autre ; leur faisant payer pour l'impression d'une rame de papier 33 et 34 sous, quand autrefois ils n'en souloient payer que 20 et a5 ; ils promettent toutefois de ne faire imprimer aucune chose à Genève. — Sur quoi les imprimeurs ont répliqué qu ils ne leur ont renchéri l'impression d'une rame de papier que de 2 ou 3 sous au plus pour l'injure du tempset la cherté des vivres. — Et de fait, ils ont représenté l'étal de la dépense que le maître imprimeur fait avec son compagnon pour l'impression d'une rame de papier; lequel état a été retiré par les marchands libraires pour y répondre par écrit au premier Consulat. — Sur quoi les échevins font dc'fenses très expresses de faire imprimer désormais aucuns livres à Genève, sous le nom de celte ville de Lyon , sous peine de confiscation d'iceux livres. Pour ce, le sieur Thierry r l'un des échevins, est chargé de veiller à ce qu'il n'entre désormais aucun livre en cette ville venant de Genève auquel il soit dit Imprimé d Lyon ; et s'il en venoit, les saisir et mettre sous la main du roi , pour en après être confisqués ou brûlés comme chose fausse. — Le 19 du même mois de Juillet, les imprimeurs, persistant en leur requête et remontrances contre les libraires , ont remis un discours imprimé contenant huit feuillets , adressé aux dits sieurs échevins, par lequel ils font entendre les raisons apparentes sur lesquelles il* fondent leurs plaintes contre les libraires , et sur lesquelles ils ont requis leur être fait droit. — Le Consulat arrête que cette production sera signifiée aux libraires pour qu'ils aient à y répondre , à défaut de quoi il y sera pourvu. S.
1588. Juillet 3o. — Lettres patentes qui confirment l'approbation donnée à la démolition de la citadelle de S. Sébastien en exe'cution d'un traité fait entre la ville de Lyon et Henri III le 3o mai précédent. Arch. du Rh., x, 3 1 5 ; J. Morin, V. 296. Voyez ci-dessus, Juillet 1Ô64, et au 2 Mai j585.
1588. Août 1. — M. de Mandelot et les échevins ayant été informés de la surprise de Romans parle baron de la Roche sur les Catholiques ,1e Consulat arrête qu'un des échevins, M. le visiteur Sarrasin , se rendra immédiatement vers M. de Maugiron, à Grenoble. S.
1588. Août 2. — Le seigneur colonel Alfonce (d'Ornano) Corse, gouverneur du Pont-Saint-Esprit , revenant de la cour, arrive à Lyon. — Il y passe une dixaine de jours, et, pendant son séjour, le Consulat lui fit offrir du vin pour la valeur de 5 écus et 45 sous S.
1588. Août 7. Des lettres closes sont adressées nu lieutenant-général de In sénéchaussée de Lyon, pour la convocation des trois ordres, à l'effet d'élire les députés qui doivent se rendre aux états-généraux , à Blois. Arch. du Rh. , VIII, 3a.
1588. Août ii. — M. de Mandelot convoque dans son logis M. d'Halincourt, M. de Uothéon , M. de Beauregard, MM. de lliverie, de T orveon , Mellier, avocat du roi , M. du Soleil et leséchevins. Il leur donne avis que l'armée que le roi a proposé d'envoyer en Dauphiné, sous la charge de M. de Mayenne, doit être formée en cette ville et pays de Lyonnois. — On arrête d'envoyer exprès vers S. M. le S. de Sarrasin pour lui remontrer la pauvreté de cette province qui de plus a été aflligéejd'une grêle et tempête générale , et la supplier de diriger ailleurs, s'il se peut, le passage de ladite armée, ou, pour le moins , commander qu'elle n'y fasse aucun séjour, et que, y passant, elle
vive par étapes qui lui seront dressées , et non à discrétion
comme par le passé. S.
1588. — Août 23. La contagion prenant un grand progrès, même aux environs du collège , et étant a craindre qu'elle ne se glisse où il y a multitude , le Consulat arrête que les enfants pensionnaires du collège se retireront chei leurs parents jusqu'à nouvel ordre. S.
1588. — Août 3o. Le passage de l'armée du roi qui doit aller occuper le Dauphiné. devant bientôt se faire par le pays , le- Consulat, de l'avis et de l'ordre exprès de M. de Mandelot , et pour ôter toute défiance , arrête que des corps de garde seront poses aux descentes du pont de pierre , à la porte des Deux- Amants , sur le boulevard de Loyasse , etc., etc. S.
1588. — Septembre 20. Le Consulat fait présent à M. de Bothéon , sénéchal , qui s'en alloit en cour, pour douie cens de confitures. On lui donne de plus huit gros jambons de Mayence , achetés de Claude Poculot, épicier, nu prix de 8 e'eus et 52 sous. S.
1588. Novembre g. Le Consulat donne à noble homme, M* Antoine du Verdier, seigneur de Vauprivas, un certificat portant qu'il est habitant do Lyon depuis plus de dix ans , attendu que, pour son habitation ordinaire , il y a acquis une maison, et quoique, pour ses affaires particulières , il fasse quelque séjour hors la ville, il ne laisse pas d'aller ou envoyer 0 au guet et garde, et de contribuer aux affaires de la ville, comme vray habitant.» S. — ■ Voyez ci-après, i3 janvier i5o/j.
1588. — Novembre 25. Mercredi. Mort de François de Mandelot, gouverneur de Lyon Le dimanche qui précéda sa mort , il reçut la visite du
duc de Mayenne , et , malgré ses souffrances , il eut avec ce prince un long entretien sur les affaires du royaume. Il fut assisté dans sa dernière maladie parle P. Emond Auger, son vieil ami et le directeur de sa conscience. Il pria ce Jésuite de représenter au roi qu'il mourait pauvre et endetté pour le service de S. M. ; il recommanda aux écbevins sa femme et ses filles, les supplinnt de ne point permettre que ses meubles et ses habits fussent veudus sur la place des Changes; il fit la même recommandation aux consuls des nations étrangères. — Il était né à Paris , le 20 octobre 1529 » avait succédé dans le gouvernement de Lyon , le 17 février 1 57 r , à Jacques de Savoie , duc de Nemours dont il était le lieutenant. Après la St-Barthélemi , le roi lui avait donné pour lieutenant Maurice du Peyrat , qui fut ensuite remplacé par Guillaume de Gadaigne. Claude de Rubys lui tit en latin une très-verbeuse inscription qu'il a insérée à la page 440 de son Histoire de Lyon,e\. dans laquelle
sa mort c<l<marquée au viudes calcu le» de décembre , c'est-à-dire , au ?4 novembre ; toutefois il est consLant que Mandelot mourut le mercredi j3. L'inscription composée par Rubvs ne l'ut pas gravée sur la tombe de cet illustre gouverneur ; ou dut lui préférer cellequ'on y lit encore dans In chapelle de la Viqrge , à St-Jeau, et qui est remarquable' par sa noble simplicité :
• i . i • i f * 1 » ■ • • — • i ii ' '
Francisco de Mandelot
| .;. Eleonora de Kobertet. , .
InCONCVSS* FIDKl
M.9HVMUTUH.
Voyez le Discours sur la vie , mort et dernier $ propos de feu Monseigneur de Mandelot , etc., Lyon , Jeun Piltehotte , 1 588 , in '8° ; sa Notice par A. P. (Lyon, Barret , 1828, in-H"), et son article dans la Bio'gr. tyon. Voyez aussi la lietue du Lyo/.nais , 11 , 409.
1588.— Mime jour 23 novembre. Le Consulat écrit au roi : « Sire , nous étions assemblez avec bon nombre de noz principaux concitoyens en Tbostel commun de ceste ville pour effectuer ce qu'il u plu a V. M. de mander au feu sieur de Mandelot touchant la garde de ladite v i Me, quand Ton nous a donné advis de son décès , duquel nous ne pouvons que nous n'ayions un extresmc regret et deuil, parce que V.M.y u perdu ung très-fidel- Ic serviteur, et nous, un très-bon et très-sage gouverneur; la mémoire duquel mérite bien que nous vous continuions la très-humble réquisition que nous vous avons faicte par l'ung de nos coeschevinsenvové exprès, d'après la cognoissance de l'extrémité de sa maladie, que le bon plaisir de S. M. fut de continuer le gouvernement au s'unir d'Halincourt,son gendre, comme estant deja bien versé au manyementde la charge, et avec lequel nous nous somme» joincts etuny*, et mvsde si bons et forts corps de garde par toutes les places, et à toutes les parlyes de ceste ville , que toutes les entreprises que l'on pourra avoir sur ladite ville s'évanouiront. Vous suppliant , Sire , de croire , elc. De voslre ville de Lyon , ce 23 novembre 1 588. » S.
— Même jour. Le Consulat écrit aux députés de la ville de Lyon (à Blois): « ... Nous donnons avis au roy du décès de M. de Mandelot. Nos lettres vous serviront d'instruction pour supplier S. M. de continuer la charge de gouverneur a M. d'Halinoourt î à quoy nous vous prions de vous employer comme vrays Lyonnois que vous êtes,et par conséquent rrtémoratifs des biens que ceste ville a receus dudit sieur de Mandelot, a la mémoire duquel nous sommes tous redevables.
1588. — Novembre 24. Charles Emmanuel de Savoie, duc de Nemours , est nommé gouverneur de Lyon , par ordonnance d;ilée de Jîlois. Arcli. du. Rk*t y , 85 ; J. H0H0 , » , 3l0. — Le sénéchal Guillaume de Cad ») gne, seigneur de Bothéon , était alors licuïenant du roi au gouvernement de Lyon. Il paraît avoir succédé dans cette chargea Maurice du Peyrat qui en avait été investi après les Vêpres lyonnaises, et qui, n'ayant alors que 17 ans, renonça probablement à sa lieulcnancc pour un autre emploi. Voyez ci-dessus au 5i août 1572 , note 5".
1588 — Novembre. u8. Lefs députés de la ville écrivent au ConfuM: « Messieurs , chacun n esté Attendant des nouvelles de M. de Mandelot , comme nous, et plusieurs seigneurs ont travaillé jour et nuit à parler et briguer pour ce gouvernement. Mars S. M. a tousiours respondu qu'elle n'y
pourvoiroit tant qu'il auroit une étincelle de vie nous nous trouvasmes
hyer malin h sept heures a son levé, luy faisant entendre les nouvelles que vous luy escrivez,Iuy ayant, à mesme instant, présenté la lettre que luy adressiez en recommandation de M. d'Halincourt Il nous a respondu qu'il y
a longtemps qu'il estoit engagé de parole et par escript de sa main envers Madame de Nemours, sa tante, de la promesse du gouvernement pour M. le duc de Nemours , son fils,.... qu'il est resollu de nous le bailler et nommer pour gouverneur en chef, et à la charge que la lieutenance dudit gouvernement sera , et comme il l'a donnée, ù M. de Botheon, nostre seneschal , pour le cognoistre personnage très-zélé à son service,.... sachant qu'il
nous aime fort , et nous luy Sadite majeté nous a commandé vous es-
crire de la grattifier, une chacune année, de deux les plus beaux fyetits chiens qui se trouveront à Lyon et au pays, assavoir d'ung chien et chienne tous pareils et semblables , de poil blanc et lannay (i), et que lui en fissiez chercher pour lui envoyer le plustot que pourrez. Il veult de nous cette recognoissanec d'amityé qui nous servira....
«.... Nous vous souviendrons de muscat, oranges, citrons, etc., que nous vous avons demandé pour en faire présent tant à leurs majestez que autres qui vous peuvent aider ou nuyre en cesle cour, comme aussi de cardes et graines, ce que nous vous souviendrons , pareeque la royne, mère de S. M. nous en a encores speciallement ressouvenuz.Et sur ce nous prions Dieu, etc. A. Bloys,Ie lundy,a8de novembre i588. (Signé) De Chaponay elScarron.» S.
1588. — Novembre 2Q. Par une lettre datée de Mois, Henri III annonce au Consulat qu'il a pourvu le duc de Nemours, du gouvernement en chef qu'avoit le feu sieur de Mandelot , et qu'il a fait lieutenant-général en l'absence du duc de Nemours, le sieur de Uothéon. S.
1588. — NovembreSo. Le P. Emond Auger prononce dans l'cglise primatiale l'oraison funèbre de M. de Mandelot, en présence du duc de Mayenne. L'éloquent orateur, après avoir loué la fide'lité et l'attachement de Mandelot au service du roi , insiste avec force sur la persévérance avec laquelle le digne gouverneur du Lyonnaisavait toujours refusé de donner son adhésion au pacte de la ligue.
1588. — Décembre 6. Séance consulaire. On arrête l'emploi de îao éctis , tant pour l'achat de deux petits chiens dont le roi a voulu que la ville lui fit présent, que pour deux caisses d'oranges de Nice achetées pour faire un présent en Cour , par Pavis des dcpute's qui y sont. — On alloua pour le voyage de l'exprès qui devoit conduire le tout à Bluis , 34 écus sol, de sorte qu'il resta 86 écus pour les deux petits chiens et les orangers. S.
1588. — Décembre 7. Le Consulat au roi :
« Sire, les trente-six capitaines penons de ceslre vostre ville qui sont h la vérité les principalles forces d'icelle, ont receu vng si grand contentement de ce qu'il a pieu à V. M. les honorer de voz lettres closes, par lesquelles vous leur recommandez conservation de ladite ville en l'obéissance qu'elle
(I) Tanné d<>la couleur du tan. Drap tanné chien tanné. C'est un espèce de roux fort brun. Castaneus , fui vus , etc. Die t. de Trévoux.
vous doibt, que s'ilz ont esté par cy devant ardcns et trez aûeclionnez à ladite conservation , ilz y sont présentement du tout bruslans , ainsi que V. M.
f>ourra eognoiflre par la lettre qu'il* vous en eseripvent, signée d'eulx tous, aquelle nous avons bien voulu accompagner de la présente pour taire paroistre a V. M. l'union et concorde qui règne entre nous pour vostre service. Nous envoyons a V M. deux petits chiens masle et femelle, telz que nous avons peu recouvrer. Nous la supplions Irez humblement d'accepter ce petit présent comme si c'en esloit vng bien grand, et de la me s me affection qu'en toute honneslelé nous vous les présentons. — Priant Dieu sur ce vous donner , Sire, etc. De vostre ville de Lyon , ce 7 décembre 1588. » S.
1588. — Décembre 8. Le Consulat écrit à ses députés :
« Nous vous envoyons»... les deux chiens masle et femelle pour les présenter au rov de nostre part. Nous avons faiet chercher par toute la ville pour eu recouvrer de beaux; mais ilz sont si rares, mes me de la couleur que vous nous demandez , et joint le dernier voyage du sieur de la Fontaine, que nous n'avons peu recouvrer que ces deux , et encores à grande requête et bien chèrement. Nous vous prions de les présenter a S. M avec nos lettres. Nous vous envoyons aussi deux caisses d'oranges les plus belles que nous ayions sceu choisir. Nous vous voulions aussi envoyer des» cardes , mais le présent porteur est tellement opiniaslré de partir ce jourd'huy feste de N. D., qu'il
n'enst esté ni beau ni bien séant de les faire déterrer ctemballer Le fonds
de la recette, de nos deniers communs est si petit que nous n'avons pu bailà ce porteur que 3o escus, encores les a-t-il fallu emprunter avec l'achat des deux petits chiens et des oranges. Parla , vous pouvez considérer Testai misérable on nous som nés , à quoy nous vous prions de pourveoir... . »
1588. — Décembre ai. M. C4haHes.de Pogge , avocat es cours de Lyon , prononne i'oraison de la S. Thomas , dans l'église de S. Nizier. — Le 10 janvier suivant, on lui fil payer 10 écus d'or pour sa harangue. S.
1588. — Décembre a5 , au soir. On reçoit la nouvelle des événements qui se sont passés le a3, à Blois; l'assassinat du duc de Guise, l'emprisonnement de Pierre d'Espinac et du duc de Nemours , etc. — Le lendemain 26, le duo de Mayenne qui se trouvait à Lyon depuis quelques temps , quitta cette ville en toute hSte pour aller se réfugier à Dijon. Arch. du Bh. , v , 85 ; J. Morin, v ,3n ; Actes consul, du iy décembre i588.
1588. — Mort à Paris, de Claude Dodieu , évêquede Rennes , etc. , né à Lyon. Voyez son art. dans la Biographie lyonnaise , et ajoutez aux sources qui y snnt indiquées : Pernetti, 1 , 5 1 5; Nie. Bourbon , Nug. , VII, cXxiii; <J amusât, Mélanges hist., fol. 1 55.
1589. Tanvieffy Séance consulaire. Le colonel Alphonse Corse, auquel
le roi avait d^nné le commandement de son armée de Dauphiné, en l'absence du duc de Mayenne , se plaint au Consulat du bruit qui court par la ville de quelque ombrage que quelques-uns des habitants de cette ville ont pris de son séjour à Lyon , même de ce qu'il a pris maison à loyer , qui les peut avoir mis en défiance de sa fidélité et prudhommie. - On arrête qu'il seru assuré de la part des corps de la ville de toute fidélité et obéissance pour le service du roi ; et que la présence et séjour qu'il fera en cette ville pour le service de S. M. leur sera toujours très-agréable , etc. S.
1589. — Janvier \\. • Monseigneur de Bothéon , cheualier de l'ordre du roy , seneschal et lieutenant général pour sa magvsté au gouucrnemetit de
Lyon , Lyorrnois , Forestz et Beaujollois, en l'absence de Monseigneur te duc de INcmours , désirant par sa promotion en ladite charge establir et disposer toutes choses en une bonne et saincte union pour le seruice et obéissance du roy , repos et tranquillité de son gouuernemcnt , mesme de cette ville de Lyon capitalle de la prouince, du bien et asseuranee de laquelle dépend tout le reste des gouvernements , et ayant à sa venue remarqué quelque commencement de mescontentemenl que pouuoit engendrer une partialité préjudiciable au bien et repos public mesmes à cause de plusieurs l'aulx bruits et parolles semées par quelques malicieux et turbùlens ennemys de Dieu et du repos public , se seroit délibéré d'en Coupper la racine, et pour cet effect prendre l'assistance et bonne volonté du corps du Consulat et des pri.ociptux de l'église, noblesse , gens de finance , justice., cappitaines penons , bourgeois, marclians et aucuns bubitantsd'icelle zélés au seruice de Dieu et obeyssauce de sa inageslé, tenant pour certain qu'aucc telle conjonction de volontés, toutes choses pourront eslru uiainetenucs en leur debuoir,et donner terreur et crainte aux malins , factieux et aucuns qui vouldroyent entreprendre de troubler le repos public de cette ville, et prendre quelque ombraigede se sequester du debuoir et obeyssance que chacun doibt à sa magesté. Au moyen de quoy encores que pour mesme occasion il aytcy devant t'ai et une bien grande assemblée en l'hoslel de ville, en laquelle librement et volontairement le serment de fidélité auroit esté preste , si estant qu'il luy a semblé bon faire faire une nouuelle conuoeatiou et assemblée generalle en la grand salle de l'église de Lyon pj«r les mandeurs ordinaires de la ville , auquel lieu et en l'assistance susdite, auroit sur ce que dessus faict plusieurs belles remonslrances,et pour conclusion, d'iceltes faict luy-mçsmes en présence de tous le serment soleinucl cy après inséré, et iceulx prié d'en faire de mesmes, cer que volontairement et d'ung commung accord l'ung après Vautre ils îont faict et promis, jure et prolesté obseruer et n'y contreuenir en façon quelconque , à peine d'esire déclarez criminels de leze magesté diuine et humaine et ennemys de leur patrie , et encourir les peines de justice comme parjures et infracteurs «lu commandement de .Dieu , du Hoy et droiet des gens:
— Je promets et jure , et nous aussy promettons et jurons à Dieu, au Roy et à vous monseigneur comme représentant sa persqnne , de ne fouruover, ne nous despartir de la religion catholique , apostolique et romaine ., en laquelle nous voulons vivre et mourir, et pour la eonserualion et. manutention d'icelle employer jusquesà dernière goutte de notre sang, ne recognoistre pour roy ny souverain que le roy Henry troisiesme nostre souuerain prince, ny rendre obeyssanec et ne rceepvoir commandement aucun que de luy et des hoirs qu'il plaira à Dieu luy donner , et soùbà son authorilé de la part d<: ses lieutenants ^eneraulx en ce gouuernement, consuls esche vins, magistrats et autres qui seront par son commandement establiVnu régime et gouuern ment de cette ville , et promets de n'adhérer ny prendre parly, intelligence, association 'ny confédération quelconque nuecaueun prince soyt du royaulme ou estrartgier dequelque qualité et condition qu'il soit , ny sons quelque prétexte queue soit contre la volonté et intention de sa 'magesté, et sans son consentement , de rejecter toutes personnes qui voudraient nous persuader du conli rtîre , et les dénoncer audit sieur gouuerneur ou aux sieurs eschevii.s aux fins de les déférer à la justice pour eslre punys , de ne faire aucunes a>sembiées publicques ny secrettes pour traieler des affaires concernant Testât de cette ville, sinon par commandement, sec u. et consentement . dudît siem- -gouuerneur et desdits sieurs eschevius , de leur rapporter et faire entendr-' tout c e que nous sçaurons cl penserons se brasser, pratiquer et entreprendre.
tant contre Pestât et la religion catholique , apostolique et romaine que contre la personne du roy, le bien et repos de son royaulme et tranquillité dot cette ville , pour la conseruation de laquelle en la religion et obeyssance susdite , nous voulons employer nos vies et biens, sans y admettre ny recepvoir personne qui nous puisse donner la loy au préjudice de ce que dessus. Four Pobseruation de quoy* nous promettons et jurons de demeurer unis et nous conserver nostre conscience l'ung l'aultre comme frères et bons citoyens, obligeans pourl» part que nous prétendons en paradis nos vies et biens-, lesquels nous soubsmellons au jugement et punitions que méritent les heretieques, trarstres à leur roy et desloyaux à leur patrie qui viennent au contraire des choses susdites. En foi de quoy nous auons tous signez la présente de nos seings. Lesquelles choses ont este faites et passées en la présence de moy notaire royal , secrétaire de ladite ville sonbsigné , le onziesme jour de janvier mil cinq cens quatre vingt neuf. Signe : Guillaume de Gadaygne (de Bothéon) et Datronry , secretaire-grefflïer de ladite ville. • — Suivent sur trois colonnes environ quarante signatures dont plusieurs sont indéchiffrables ; en voici qurlques-unes : Lavergne ; — Loys Prost -, — Jehan Charbonnier; -- Claude Poculot ; — Michel de Pures; — Charrier : — Anthoine Teste ; Vandel ; — Grollier ; — Pelletier ; — Bu Coing ; — Girinet ; — Montconvs ; — Anthoine Scarron ; — Croppet ; 1— r André de la Gonliere ; — Perricaud (t) ; — Jehan Vernier; — Françoys Fortis, etc. S.
1589. — Janvier Zi. Henri III écrit au Consulat :
« Très-chers et bien aimez, encores que nous eussions retenu et faict garder le duc de Nemours depuis la mort des feuzduc et cardinal a^c Gui.se, ses frères, ce n'estoit en intention deluy faire mal ny desplaisir, aius seullement pour empescher qu'il ne i'ust seduict et poulsé à quelque resolution contraire au bien de no^tre service , en attendant que les choses se peussent accomoder à plus de tranquillité. Toutesfoys il s'est desi obé la nuicl passée de noz gardes qui en auoyent la charge , dont nous vous avons voulu incontinent adv.ertir ; vous mandant et ordonnant .très expressément de prendre soigneusement garde qu'il n'en advienne faillie : surtout que vous n'ayez a le recognolstre ny aulcune chose qui vienne de su part : aius * s'il eutroit en vostre ville, vous sai-îr de sa personne pour le tenir en bonne seure garde , jusqu'à ce que ayezaullre commandement de nous , qui n'est neantmoingz a aultre intention que d'oster l'occasion à ceulxqui veulent troubler le rrpos public , ou l'induire à prendre leur party. Vous avez en toutes choses faict tellement paroislre vostre deuotion à nostre service que nous sommes asseurez que vous en ferez encore lamesine preuve en cette occasion et toultes aultres qui se pourront présenter. Ce que, nous recognoistrons aussy en tout ce que nous pourrons vous gratil'lier. Donné à liloys , ce dernier jour de Janvier 1ÔH9. Signé Henby, plus, bas : llevol.* — Cette lettre fut reçue au Consulat le 4 février. S. — ("est déguisé en souillon de cuisine , que Nemours sortit du château de Blois ; il arriva à Paris le i<r février, lendemain de sou évasion. Arcli. duRJiô»e,\, 84. ,
>•'•.-» . . . •»■.. !.. , >...••. .>!'.• (1) Vu Jean Perricatul figure, comme cessioonaire d'une rente , dans un acte signifié un receveur de la ville de Lyon , le i*"'- juillet 1572 ( Notes de M. Sudau , copie de C. H. , UN , v.lg). Ou le rclrou\e dans une liste des priions des rues de l'Albergerie , l'eyrollerie et Puitsdu-Sel , du 2f> léu-ier 1577. La maison <pi'i| possédait rue des Grosse s Tôt es, appartenait vers le milieu du 18e siècle à un autre Jean Péri< and ( père de Claude , mort sous la liaclie lévulaliounaire le 12 novembre 1798). Voyez ci-dessus au 17 décembre 1687, et au 8 mai i58y.
1589. — Février 10. Le Consulat, informé que Messieurs Scarron et Chaponay de l'isle , députés de la ville aux états de Blois , ont été pris et arrêtés entre Bourges et Moulins, par le sieur de Neuvy , ordonne qu'un courtier sera dépêche vers ledit sieur de Neuvy pour obtenir leur délivrance. On confie cette mission au sieur Louis de la Chassaigne , notaire. S. Voyez ciaprès au 9 mars.
1589. — Février 10. Antoine Gryphe , imprimeur, est remplacé par Jacques Rameau , tireur d'or , dans les fonctions de capitaine peuon de la rue Thomassin, « attendu qu'il estoit en prison depuis six ou sept ans pour ses grandes dettes. » — Du grand nombre d'ouvrages sont sortis des belles presses de ce typographe ; il faut sans doute attribuer ses revers de fortune au peu de succès qu'eurent dans ces temps de troubles, des livres dont les frais d'impression devaient être fort considérables.Telte était la seconde édition du Thésaurus Linguae Sanctae de Santé Pagnino , 1 577 , gr. in -fol., contenant plus de trois mille colonnes. Les Jésuites de Lyon en possédaient un exemplaire sur la première page duquel on lisait : Coll. LugU. Soc. J. hoc libro donavit Antonms Gryphius sui m consocios amoris, et observantt'œ ergo : admittente P. Emundo Àag. 3 maâ i58o. Nous ignorons ce qu'est devenu cet exemplaire qui ne nous est connu que par ce qu'en a dit le P. de Coloniadans son ffist. litt. , ii,boi. Antoine Gryphe fut l'imprimeur de Guillaume Paradin qui a fait sur les insignes de cet artiste et sur celles de Jean de Tournes une pièce qui se trouve dans ses Epigrammata (1697, in-4°),et que M. Collombet a insérée dans le tome 1 de ses Etudes des Historiens du Lyonnais , p. 47.
1589. — Février 17. Le Consulat au Roy r
« Sire , nous ne prendrions pas la hardiesse de vous estre importuns à demander par très-humble supplication et requeste Peslargissement et renvoy par devers nous de Monsieur nostre archevesqu.; , si l'expérience et longut; cognoissance que nous avons de vostre bonté et clémence ne nous asseuroit qu'elle ne trouvera jamais mauvais que les brebis csgarécs recherchent leur pasteur. Celt- considération, Sire , a mu tous les habjlans de ceste vostre ville très fidelle , d'envoyer exprès vers vostre majesté ce pourleur, l'un de ses principaux officiers en icelle , pour vous présenter, de leur part, lu très humble requeste qu'ilz vous en font , sous nostre nom et signature ; laquelle nous vous supplions très-humblement, Sire, de nous entériner: d'aultant que recognoislrez très-bien qu'il y va de vostre service et du contentement de toute cestc prôrince. Quoy faisant, oultre l'obligation naturelle et autres grandes que nous vous avons , nous vous en aurons deux trèsgrandes, l'une pour le nous avoir premièrement donné, sans que nous l'ayons requis, pour ne le coguoistre, él l'aullre pour le nous avoir redonné le requérant, après avoir cogneu les dons de grâce que Dieu luya impartis. Nous vous supplions aussi très-humblement, Sire, de mettre en considération de quelle importance est cesle vostre ville à vostre service : laquelle estant ouverte en plusieurs endroicts, mesmes du costé de Savoye , a besoin pour su conservation contre les entreprises de ceulx qui n'abbayent que sur elle, d'estre close : ce qui ne se punit faire sans grande et excessive dépense : laquelle à nostre ties grand regret nous ne pouvons supporter pour les grandes debtesdont nous sommes chargés d'ailleurs, qui nous contrainct de recourir à vostre aytle et support , et supplier de nous continuer l'assignation »l»; /jooo escus sur les deniers qui se lèvent annuellement sur rentier gouvernement de cette province , pour les réparations et fortifications de cesle \ille,
incorporez ;i vostre rccepte générale, et commander sur ce la despesche par lettres patentes. Et cela, Sire, pour ce estre employé ez endroiets que le seigneur de Bolhéon verra et cognoistra estre plus nécessaires: attendant que la commodité de voz affaires puisse permettre de nous impartir plus de moyens. Cependant nous prions Dieu vous donner, Sire , etc. De Lyon , ce « 7 février 1589.» s«
1589. — Février 17. M. de Tournon , gouverneur du Vivarais ? écrit ( de Tournon) au Consulat pour se plaindre de ce qu'on ne lui a pas voulu permettre de laisser sortir de Lyon,avant d'en avoir payé le prix,les piques et les poudres qu'il avait demandées pourson gouvernement. Il annonce que comme la réciprocité de service entre les bons voisins doit être observée de part et d'aultre,de même la réciprocité des actions de mauvais voisinage doit l'être , que, jusqu'à ce qu'il ait reçu des nouvelles du Consulat, il empêchera la montée des bateaux venant d'en bas pour Lyon. — Il signe ainsi : « Vostre « très-affectionné voysin , et plus asseuré amyà vous servir. Tournon. » S.
IÔ89. — Février a3. Le capitaine Janot écrit au Consulat : « Messieurs , suivant le commandement de M. de Chevrières , je «e suis saisy du tort de Ferneyson, avec a5 soldats du pays et aultres , et fait mettre tous les basteaux dans l'eau ; et ceux de Pierre-Beniste avec ceux de Irigny et ceux de ce lieu , les ay mis au devant dudit fort tous enfoncez. Et d'aultant que je n'ay poudre ni balles, il vous plaira nous en faire délivrer pour argent. J'ayeu advertissement ceste nuit que les regimen>dn Dauphiné marchent a l'encontre du Rhosne , et il est à craindre qu'ils ne se logent à la Guillotière.J'ay, du depuis les nouvelles, fait mettre à bas In traille 'de ITsIe- Feysins. Ne vous la feray plus longue, attendant vos commandemens : vous asseurant qu'il ne se passera rien que n'en soyez adverty , etc. Vous baisant très-humblement les mains, priant nostre seigneur, etc. Signé Janot De Verneyson, ce a3 février 1589. » S.
1589. — Février 1^. Vendredi y Jour de S. Matthias. Emeute populaire. Les Lyonnais se déclarent pour la Ligue. D. Thomas, Mémoire, publié pour la première fois, par A. P., d'après le manuscrit de M. le Coste , Lyon, i835, in-8°.
+% Nous terminons ici la sixième partie de tes ISotes et Documents. L'année prochaine . nous publierons la seplième partie qui contiendra la iùi du règne de fleuri lit, et les premières années durèguede Henri IV. / *
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