DÉPUTÉ DU RHÔNE , ETC
Témoignage de ma profonde estime et de ma vive reconnaissance.
JkXT. PÉRICAUD.
Pendant In Ligue. (*)
Historia quoquo modo scripts dclectat.
Plin. Jum. Epùt. v , 8.
24 Février 1589. —24 y ai 1594.
srin do nkcwB d'henri m.
1589. — Vendredi a4 février, jour de S. Matthias. Les Lyonnais se déclarent pour la Ligue. Plusieurs citoyens notables sont arrêtes et emprisonne* dans le château de Pierre-Scize et dans le couvent des Célestins ; d'autres sont chassés de la ville. Voyez D. Thomas, Mémoire sur la Ligue (tome II de In Revue du Lyonnais); Cocdard, Calendrier pour 1819, p. 43; J. Morin , Hist. de Lyon, tome V, p. 5iq et suiv., etc. ; ci-aprè» au a3 mars i5q4« — Dans l'expédit on des actes consulaires de cette année se trouve la note suivante : « Fault icy noter que le a4 du présent mois (de février), la ville print le party de l'Unyron des Catholiques de France , npur raison de quoy messieurs les Consulz eschevins d'icelle ville appelèrent pour certain temps en leur Conseil certains notables des plus apparens habitais , tant des ecclésiastiques , magistralz, séculiers et aultres, soulz lesquels ont esté f.iiclc* plusieurs ordonnances et aultres actes qui seront transcriplz à la fin des présens actes consulaires de ceste année. » S.
1589. — Dimanche 36 février. Deux echevins à cheval accompagnés de Benoist du Troncy, secrétaire de la ville, proclament de penonage en peno-
Ces Soies et Documents . composés m majeure partie tic pièces inédites, font suite i ceux que l'auteur a publiés daus les Anmtiiics de l.yon , de 1 ;r>9 à l«4 i.
nage le serinent de la Ligue, et font lever la main au peuple pour le jurer. Uubys, llisl. île Lyon, p. 441*.
1589. — Février 26. L'archevêque de Vienne aux éehevins de Lyon : « Messieurs, j'ay reçu celle qu'il vous a pieu m'escrire parce mcsinc votre citoyen, et pour n'avoir le loisir de vous respondre amplement, je l'ay prié de vous d ie de bouche les propos que je lui ay tenuz. Je vous supplie de tout mon cœur que mon frété ne reçoive aucun tort , et de continuer, comme vous faites très-prudemment, détenir la main à ce que, sous ombre d'un remuement public, on n'exécute des vengeances particulières ; et à tous je vous offre mon très-affectionné service , saluant vos bonnes grâces de mes humbles recommandations , . et suppliant nostre Seigneur vous donner 4 Messieurs, en très-bonne santé, longue et heureuse vie. De Vienne, le 26 février i58g. Vo.-lie plus humble concitoyen et serviteur* P. de Villars, es feu A. de fie mie. » S.t
1589 — Février 26. Les Consuls de Vienne aux éehevins de Lyon : • MesMeurs, Nous avons receu voslre lettre, et entendu ce que le porteur d'icelle nous a dict de vostre part. Vous avez tousjour» peu cognoistre coinbien nous a este' en étroicte recommandation la conservation de l'ancienne ainytié et voysinage qu'est entre vous et nous, que n'avons jamais moins désiré ne désirons vostre bien et repos et conservation que le nostre propre < bien cognoissans que vous ne pouvez recevoir mal ou bien que nous n'y participions, comme vos proches voysins etseurs amys. Croyez, s'il vous plaist, que nous continuerons tousjotn s en ceste paix, a'mytié et bonne intelligence à la coifeervaiion de ceste ville en la religion catholique , apostolique et romaine, et fidelle obeyssance au roy, et ne nous arrivera jamais nouvelle de chose qui vous importe, de laquelle ne vous donnions prompt adver- . tisscmenl ; nous asseurans que vous userez en toute occasion de pareille amytié, etc. De Vienne ce 26 lévrier i58f). Vos bons voysins et amys à vous faire service, les Consuls de la ville de Vienne. Signé Bercuer (?) » S. Voyez ci-après au 2 mars,
1589. — Février 27. Le Consulat écrit aux éehevins de Mâcon : « Nous avons bien voulu vous donner advis de ce qui est succédé en ceste ville depuis xendredy dernier, qui est que, ayant eu plusieurs advertissemens que nos politicquen de ceste ville vouloient introduire en icelle , les regimens du Dauphine, qui sont à la dévotion du duc tfEspernon , pour puis nous donner la loy à leur volonté, nous les avons prévenus. Nous non» sommes saisis de la ville et de leurs personnes, sans toutefois leur faire • aucun mal et desplaisir; et depuis avons pris résolution de nous conserver en nostre religion catholique, apostolique et romaine, soubz l'obeyssance du roy et de monseigneur de Nemours , nostre gouverneur, en l'amytic toutefois des princes catholiques et des bonnes villes unies avec eux, et ne souffrir qu'il ne soit faict ni attenté chose par deçà qui leur puisse tourner à desplaisir. Nous vous prions vous unira nous dans une si saincte resolution , etc.
•» P. S. Nous vous prions en toute diligence advertir ceulx de Tournas et do Chaslons de ce que nous vous écrivons, et les prier île .s'unir à vous et nous , et nous donner advis de jour à autre de ce qui surviendra. >» S.
N. On écrivit semblable lettre aux éehevins de plusieurs autres villes.
1589. — Février 27. Le Consulat écrit à M. du Ttoncy, son secrétaire, étant pour lors à Mâcon :
« Nous n'avons peu plus tost vous faire despeche pour vous faire
entendre que vendredy dernier nous avons esté conlraincls mettre les
premiers la main à la pnsle , pour nous garder des entreprises de nos rigoreux confédérée avec tes huguenot; et tous ceulx qui sont çnnemys de nostre repos.. Les affaires ont passé de telle lapon que , Dieu grâces, il n'y a en aucune effusion de sang, ny querelle , ny émotion entre noz concitoyens, qui est un vray tesmoignage que ce que nous avons faict c'est l'œuvre de Dieu , et devons dire : Dies quant fecil Domintts^ lœtamim in ca9 et grandement le remercier pour nous avoir préservez de la main de nos cnneinys; et pour ce que par le sieur Genoud vous entendrez les. particularité! des affaires, nous ne voiis faisons ceste plus longue, vous priant , continuant l'affection que vous avez à la conservation catholique de vostre patrie , tascher par tous moyens que Messieurs de Mascon prennent mesme résolution que nous et desirons bientost vostre retour, etc. • S.
1589. — Février 27. Le Consulat à M. le capitaine de Vtllars à Condrieu : « M.. le Capitaine, parce que sur les occurrences qui se présentent , il est très-nécessaire que vous vous teniez sur vos gardes en la ville de Condrieu , nous. vous prions de mettre si bon ordre que .vous ne puissiez eslre surpris, et h ces tins faire faire bonne garde aux habitants de la ville, et n'y laisser entrer personne plus forte que vous» ni aucune personne suspecte, et surtout prendre garde à vos hateaux et à vostre port, aux fins que les troupes du Dauphiné ne passent par-deçà pour vous faire du mal et manger te pays. Il sera bon que vous ne laissiez qu'une de vos portes ouverte, et que vous n'ayez respect à personne quelle qu'elle soit, qui vous puisse apporter ombrage ou à nous, aux fins que entreteniez la bonne intelligence qui a esté jusques icy entre vous et nous, ayant occasion et
le moyen de nous secourir les ungs elles autres dans l'occasion »
— M. de Vdlars répondit le 4 »****5 »' promit au Consulat d'employer tous ses moyens pour , avec l'aide de Dieu et de la ville de I.yon . se conserver; offrant tous ses services en ce qu'il lui plaira l'employer. S.
1589. Février %j. Le Consulat écrit aux échevins et habitans de Ville-* franche: • > . . 1 , ,
« Messieurs , ayant découvert dès long-temps les entreprises de quelques particuliers ennemis de nostre repos et cooservation, nous avons esté contraincts pour l'asseurance des gens de bien et de nostre conservation, en la religion catholique, apostolique et romaine , prendre les armes jeudy dernier , où les affaires, Dieu grâces, ont passé de telle façon qu'il n'y a eu aucune effusion de sang, et la ville en telle asseurance que nous pouvons louer Dieu, bien résolus de ne nous espargner jusqu'à la dernière goutte
de nostre sang pour nous conserver Nous vous envoyons ce porteur
exprès, duquel vous entendrez les particularités des affaires, vous priant prendre la mesme résolution que nous avons prise, et vous priant de nous assister tousjours de vos bons advertissemens, etc. » S.
1589. — Mars 1. M. de Chtvrihcs Myolans écrit, de St-C/uwwnd% au Consulat : • .
« Messieurs,.... Je rends griîccs à Dieu de ce qu'il vous 0 donné une si bonne inspiration , estimant que n'eussiez peu prendre un meilleur chemin , ni plus nécessaire que celuy-là, et dont tous vos voysins se réjouissent, au moings les gens de .hien.J'eslime aussy, Messieurs, à beaucoup d'honneur et de faveur, de ce qu'il vous plaist me convier de m'imir avec vous en ceste sainetc et bonne entreprinse . que j'accepte de tr.'s-bon cœur, avec resolution d'employer fort librement la vie, les biens et tout ce que Dieu m'a mis en puissance pour vous faire service. La cause est si bonne que Dieu ne l'abandonnera point et la fera fleurir; vous suppliant, Messieurs, ne trouver maulvais si je vous dis que vostre victoi.c est très-belle i l a e>tu
heureusement conduite. Mais ce n'est pas tout que (Je bien commencer* il faut que la fin couronne l'œuvre , comme je m'asseure que vous vous y saurez tres-sagement conduire. Nozennemys sont en désespoir de se veoir iiors d'espérance de ne pouvoir plus rien prétendre a Lyon ; c'est pourquoy ils chercheront de vous incommoder de toutes les façons qu'ils pourront , et de se saisir de quelque place pour vous tenir en alarme. Je crains infiniment Vienne, car c'est le but principal où ils visent, comme pourrez veoir par ung advis que j'ay eu de Dauphiné, lequel je vous envoyé exprès. 11 n'y auroit point de mal que vous fissiez une despesche audit Vienne pour les exhorter d'avoir courage, Je le leur ay bien escript, et ils m'ont bien asseuré que leurs chastenu* sont bien gardez, et leur ville aussy. Mais il y a certaines personnes dedans qui sont bien h craindre. J'ai donné tout l'ordre qui se peut pour que les regimens ne passent le Rhosne , et vous tiendray bien advertis de tout ce qui se passera de ce costé la; car j'ay gens de toutes parts. Il y a aussi quelques capitaines de ces regimens qui su >ont envoyez offrir & moi avec bonne troupe de soldait; .si vous trouvez bon de les prendre au mot , ce sera aultant diminuer les forces de Pennemy, et s'en pourra-t-on servir ailleurs. Je snivray en cela l'ordre qu'il vous plaira de me donner. Et fault que vous croyez qu'il y avoit une bien grande entreprinse sur vostre ville, laquelle eust esté exécutée bientost si vous ne les eussiez prévenus, et où les Huguenotz trempoient. Dieu vous en
a préservé pour le premier coup , et fera pour Padvenir , s'il lui plaist
Vostre plus humble voysin à vous servir, Myoufs. » S.
1589. —r-Mars i. Les échevins de Btllexïlh au Consulat : « Messieurs, nous avons veu par vostre lettre la bonne volonté et souvenance qu'avez de vos pauvres voysins , lesquels se conformeront tousjours à votre meilleure opinion, comme estant usseurez du bon zele et affection qu'avez tousjours eue au service de nostre roy, soubz l'obéissance duquel exposerons tousjours, à vostre bonne imitation, tout ce qu'il a pieu à Dieu nous donner, Et pour le regard de la foy catholique, apostolique et romaine, nous vous supplions ne doubter de noz voulloir et intention qui ne furent jamais sinon que pour maintenir icelle jusqu'au péril de nostre vie, etc. De BtlleviUe^ ce i«r mars i58g. » S.
1589. — Mars i. Les échevins de Si. Galmier aux échevins de Lyon : «Messieurs, Nous avons receu vostre lettre par les mains du S' de ïorvéon, envoyé de vostre part, laquelle nous avons communiquée et lue en assemblée publique des plus notables Teprcsentans la plus saine partie des habitans de celte ville (î), après lecture de laquelle, tous d'une voix, avons loué Dieu de ce qu'il luy a pieu faire réussir l'affaire qui s'est passée en vostre bonne ville au pôrt de salut, et en tel terme que tout bon et fidelle chrestien doit désirer. C'est pourquoy nous sommes resoluz d'employer pour la conservation de la religion catholique, apostolique et romaine, et nos vies et tout ce qui dépend de nous, soulz l'obéissance que vous nous mandez, avec l'intelligence que nous avons eue jusques à présent avec vous autres Messieurs; vous remerciant bien humblement de la bonne amytic que vous nous portez; ce qui nous occasionne de plus en plus d'embrasser cette sainte resolulion, espérant que vous nous serez tousjours protecteurs selon l'occurrence, etc. De St-Galmier , le l*« mars »58<). Les officiers consuls et habitans de la ville de St. Galmier, Signé : Dupuy, capitaine
(i) La ville de St-Galmier était alors plus peuplée qu'elle ne l'est aujourd'hui, lt y avait de» Corrieliers et des Ursulines\ c'est dans le couvent de ces religieuses que se retira ia célèbre
Madame d* 1l'«rcns: et qu'elle y mourut dans Jes sentiment.* d'une grande niétv.
cliastclain, Dupuy, arocal , Serralter, procureur du roy, Cochet, Beneveut, etc. » S.
1589. — Marx i. Le sieur de Saint-Marc écrivait île Vienne au Consulat que Jn tour île Ste Colombe c'tant un passage de grande importance, il s'en est saisi et y a mis garde depuis quatre ou cinq jours;... que les deux régiincns de gens de pied qui étoient auprès de Vienne, sont allés, savoir, celui de LaGarde, à Bourgoin, et celui de Branauevillc, à la Tour-du-Pio. etc. S.
1589. — Mars a. II « a esté ordonné au Conseil tenu en PHostel commun de Ville que les articles qui ont este dressez de l'Union seront imprimer et publiez, ensemble la forme du serment que doivent faire tous les habitans de ja ville de Lyon, et parce est enjoinct hfeanPitlefioite, imprimeur de ladite ville, de les imprimer. Faict au Conseil tenu en l'Hostel de Ville , le jeudy
deuxiesme jour de mars 1 589. Par ordonnance dudit Conseil, Sonthonas
Pilleholte obe'it et publia immédiatement la Déclaration des consutz eschevins , manans et habitant de la V$jÊ*e A)'orï> sur l'occasion de la prinse d'armes par eux faicte le vingt- quatrième febvrier i58<), avec les Articles de la résolution par eux prinsr**dPÏes occasions des présents troubles (In 8° de 3a pages). — Cette déclaration fut rédigée par Claude de Rubys; nous ne reproduirons que les ibticles de l'union jurée et promise par les consuls eschevins, manans et liabitans catholiques de tous les ordres et estats de la ville de Lyon :
Premièrement nous promettons à Dieu, sa glorieuse mère, Anges, Saincls et Sainctes du Paradis de vivre et mourir en la religion catholique, apostolique et romaine, et y employer nos vies et biens sans y rien espargner, jusque» à la dernière goutte de nostre sang, esperans que Dieu qui est le seul scrutateur de no* cueurs nous assistera en une si saincte resolution, en laquelle nous protestons n'avoir autre but que la manutention et exaltation de son sainct nom et protection de squ Eglise, à lencontre de ceux qui ouvertement ou par moyens occultes s'efforcent l'anéantir et maintenir l'heresie et la tyrannie.
Jurons aussi d'entendre de tout nostre pouvoir et puissance à la conservation de ceste ville de Lyon, establissement d'un bon et asscure' repos eu icelle, et des autres villes et communautez de ce gouvernement, à la descharge du pauvre peuple.
Conserver les marchands des nations estranges et autres fréquenta ns Jes foires de ceste ville en leurs privilèges, et tenir la main à ce qu'ils puissent négocier en toute seureté et ne souffrir qu'il leur soit faict aucun mal ni desplaisir.
Jurons pareillement de nous maintenir en bonne iotelligence avec les princes, prélats, seigneurs, gentils-hommes habitans tant de ceste ville que de la ville de Paris, capitale de ce royaume, que des autres villes qui sont uniesou s'uniront par cy après pour un si bon et si sainct subject, et ne permettre qu'il soit faict et attenté par. deçà aucune chose qui leur puisse tourner à desplaisir ou porter préjudice à l'Union, ains nous opposer de tous nos pouvoirs et moyens à ceux qui le voudroient entreprendre.
Ne recevoir commandement de qui ce soit, sans nul excepter, soit par cscril ou de vifvc voix , qui porte préjudice à ladite Union.
Nous voulons entretenir de poinct en poinct l'edict de l'Union publié es cours de Parlemcns de ce royaume , juré solennellement par le Hoy en l'assemblée generallc des Estats, et depuis par lesdicts Estats eslably pour Joy fondamentale du royaume ; et n'assister de nos personnes ny moyens, < eux qui l'ont viole, et faussé la foi promire aux Etats,
Promettons aussi et Jurons obéir ù Monseigneur le duo de Genevois et du Nemours, nostre gouverneur en chef, et représentant la personne du Roy en ce pays, et ù tout ce que par luy nous sera commandé quand Dieu luy fera la grâce d'estre arrivé par deçà ,
Promettons et jurons aussi ne nous abandonner jamais les uns et les autres, et n'entendre à aucun traicté, sinon d'un commun consentement de tous lesdicts princes, prélats , villes et communautés unies. >'»;.
Prions tous les seigneurs, gentils - hommes , villes et communautés de ce gouvernement s'unir avec nous en ceste si saincte resolution , leur promettant de nostre part toute assistance de noz moyens, en ce qu'ils en auront besoin.
Arreslé au Consulat tenu en l'Hostel commun de ceste ville le jeudy deuziesme jour de Mars 1589. »
• 1589. — Mars 2, Les consuls de Kienne aux êchevins de Lyon :
o Messieurs, Nous avons advisé de vous envoyer exprez un de nos ciloiens, présent porteur, pour tousjours» vous tesmoigner combien nous desirons d'entretenir et conserver Pamylié et fraternité qui a tousjours esté entre vous et nous (>), comme ledit porteur vous dira plus particulièrement, auquel nous vous prions donner toute créance, et nous faire tousjours part de vos bons advis, comme nous ferons du nostre aux occasions qui se présenteront, etc. De Fienne, ce 2 mars i58g. » S.
1589. — Mars 2. L'archevêque de tienne écrit au Consulat : « Messieurs, Vous entendrez la créance de celuy que nos Consuls vous despeschent. Nous avons receu l'advertisscment que vous nous donnasles hier, et lequel j'ay fortifié et exagéré tant que j'ay peu pour allarmer le peuple et l'induire ù faire bonne garde pour éviter les pernicieux desseings qu'on brasse contre ceste ville. Je tiens les chasteatix en debvôir, et n'oublie rien de tout ce que je peux pour nostre conservation, dont Dieu aura soin, s'il luy plaist, lequel je supplie vous donner, etc. De vostre maison'de Vienne le 2e jour de mars 1589. Vostre plus humble ciloyen et affectionné serviteur, P. de Villars, esleu A, de Fienne. — P; S. Si je peux parler au capitaine Bordillon qui est icy, à ce qu'on m'a dit , je luy diray quelque chose qu'il vous rapportera de bouche. » S.
1589. — Mars 5. Le Consulat reprend ses séances suspendues depuis le 23 février. Les échevins qui se rendirent a la séance du 5 mars, sont : Jacques (TAteyne . conseiller du roi , trésorier général de France au bureàu des finances . Claude Poculol,' Louis Prost, Jean Charbonnier, Michel de Pure, Jean de Lccqui (ou de l* Aiguë) , Jean d'Yvernogcou (dit de Tolose)^ et Antoine Teste, — On fit compter 5o écus d'or sol , sur les frais destinés au fait de la guerre, à M. Guillaume de F'dkirs , avocat à Lyon, pour les frais do voyage qu'il alloit faire h Paris , avec trois chevaux de poste, aûn d'y prendre les ordres du duc de Mayenne. — (Il étoit de retour le 6 avril). — On fil payer
* É ■ t *" » fil , * "t » . ' * . •
( 1) Le rédacteur de celle lettre avait oublié qu'on lit dans Tacite (Hist. 1, 65 ) : m Yelerem « inter Lugdunenses Yiennensesque discordiam, proximu.m hélium accenderat. » Le président Claude de ftellièvre, après avoir cité cette phrase dans son Lugdunum priscuui, fol. 44, y a joint la note suivante : « Non levis suspicio fuit contra Viennenses de incendio illo civitatis hujus « Lugduni, de quo incendio meminit Seneca. — Vêtus proverbium est : Il est de tienne , ne « tous y fiez pas.» On a dit ensuite: Des gens du Dauphinë, Libéra nos, Domine. Grâces aux progrès de la civilisation , ces proverbes, sont devenus faux, cl l'on compte aujourd'hui autant d'hommes probes dans la Dauphiné que dans toute autre province de la France. Vo«cz ti apics au .5 Octobre 1593. '
à Jean Perricâud, capitaine pcnon du quartier du Puits-du-Sel , 33 écus et 4o s.* pour les frais de la nourriture des soldats de son quartier, depuis l« jeudi 23 /W?/-iV jusqu'au samedi a5 inclusivement, jour auquel il a été' mis en garde a la place de VHerberie, etc. — Le io mars suirant, le Consulat fit rembourser les frais faits les jours précédents par les capitaines penons, et l'on y retrouve Jean Perricaud. S.
1589. — 3fars5. Le Conseil général de l'Union écrit aux échevins de Lyon : « Messieurs, Nous ne sçaurions assez louer le zele et l'affection que vous apportez aux affaires de nostre saincteUnyon dont nous voyons tous les jours tant de bons et saincts effects, et mesme ce qui s'est passé particulièrement en vostre ville, que nous ne voulons faillir à vous en remercier encores ; et semblablemept de l'advis que aucuns des plus affectionnez d'entre vous nous ont donné touchant les prochains pavemens de ce terme du 7 mars, lesquels nous avons advisé d'arrester, et ne donner main- levée qu'à ceux que vous nous manderez par mémoire estre du nombre des gens de bien ; et pour ceste » cause , nous vous despeschons ce courrier exprès , aflin de nous y conduire selon voz prudens et sages advis, comme personnes qui estes sur les lieux pour en juger plus sainement ; et, suivant iceulx, nous nous y conduirons ensemble et en toute autre chose que vous adviserez pour le mieulx; en quoy, s'il vous plaist, vous userez de telle discrétion, que personne ne puisse avoir occasion de plainte : ce qui se pourra faire aysément en conservant les privilèges et commerce de vostre ville, pour le bien de laquelle nous desirons toute prospérité. Messieurs, nous prions Dieu , etc. A Paris < ee 3 mars i58<). Les gens tenans le Conseil gênerai de l'Union catholique estably à Paris, attendant l'assemblée des estatylu royaulme, voz bons et affectionnez amis , signé : Sehaclt. » S. Voyez auV mars.
1589. --Mars 3 M. de Bandan écrit, de McueuX au Consulat: « ... J'ay receu une très grande consolation après la peine en laquelle je fus quand j'eus les premières et incertaines nouvelles qu'il y avoit quelques troubles en vostre ville , d'entendre le bon succès que Dieu y a donné pour son service et celuy du roy, et pour la conservation d'une si grande et illustre ville et de tous les gens de bien qui y sont, etc. — Le reste de la lettre contient des compliments et des offres de service. M. de Randan se félicite d'être né dans Lyon qu'il regarde comme sa première patrie ; il promet de donner tous les avis qui pourront intéresser le Consulat, etc. S.
1589. — Mars'3. Le Consulat aux prevost des marchands et eschevins de Paris :
« Messieurs , Nous vous avons despesché ce porteur exprès pour vous faire entendre au vray comme se passent les affaires par de ça ; et parce que nous luy avons donné son instruction par escript, signée et scellée du scel de nostre communauté, nous vous prions le croire en ce qu'il vous dira de nostre part, et le renvoyer garni de bonne et ample instruction de la façon de laquelle nous avons à nous conduire pendant ces troubles, et nous faire ce bien d'exhorter Mgr. le duc de Nemours de venir en toute diligence pardeca, aux fins que, soubz son aulhorité et par vostre advis, nous puissions establir un bon ordre h la seui-eté de ceste ville; ce que attendant, nous finirons, etc. » S.
1589. — Mars 3. Le Consulat à Mgr. de Nemours;
• Monseigneur, l'espérance que nous avons d'avoir ce bien de veoir en brief vostre Excellence par deçà, pour nous commander, nous gardera de vous faire ceste plus longue ; seulement nous vous dirons que nous avons, par la grâce do Dieu, tellement disposé les affaires que vous pouvez en tonie
seurcté venir en ccslo ville de plein jour, estànl la ville entre les mains de* catholiques, qui ont tous juré l'union des princes, seigneurs et villes unis pour la conservation de la religion catholique, tellement que nous prions Vostre Exc. de nous faire le bien de nous venir voir au pluslost, aux fins que nous ne demeurions sans chef; vous asseurant, Monseigneur, que vous trouverez parmi le peuple de ceste ville toute l'affection et obeyssance qu'ung tel prince peut espérer de personnes qui l'aiment, chérissent et attendent avec autant de désir comme, finissant ceste par noz très humbles recommandations h voz bonnes grâce?, nous allons prier Dieu, Monseigneur, nous faire la grâce de vous veoir bientôt par deca en telle prospérité que nous desirons. De Lyon, ce 3 mars 1689. » S.
1589. — Mars 5. Le Conseil général de l'Union, séant ù Paris, écrit aux echevinsde Lyon :
« Messieurs, nous ayant esté mandé par noz agents qui sont à Homme qu'il est requis d'informer nostre St-Père du nombre des villes qui sont entrées en l'Union, et de leur fermeté et espérance en ceste saincte cause, nous vous avions bien voulu faire ceste despesche pour vous en donner advis, et vous faire part de Testât de noz affaires, Dieu les ayant benyes jusques tey avec beaucoup de pro9perilez, nous avons estimé appartenir à nostre debvoir d'en rendre compte à S. S., et à cet effect luy envoyer ung des prélats du Conseil général de l'Union qui luy sache représenter les justes occasions que nous avons eues de nous esmouvoir par ungsainct zèle pour maintenir nostre relligion, le salut de cest estât, et espier (sic) le sang innocent des princes catholiques inhumainement assassinez. Et afin que toute la chrestienté cognoisse que nous concourons tous en volonté*, nous vous supplions d'envoyer procuration pour vous joindre a nostre poursuilte, on bien en escrire au Pape, et luy tesmoigner nos meures intentions, et pareillement des villes unies de rostre province, etc. De Para, ce 5 mars 1589. Les gens tenant le Conseil gênerai de l'Union, etc. Signé Sbnavlt. » S. '
1589. — Mars. 5. Les Consuls et habitants de St-Bonnet écrivent aux échevins de Lyon :
« Messieurs, nous avons appris parle discours de vostre lettre la belle providence de laquelle vous avez usé pour rompre les entreprises de ceux qui machinoieut la ruyne de vostre liberté, prétendant vous donner la loy selon leurs affections, poussez de maulvais zele au service du roy et au bien de la
patrie Nous en remercions la souveraine bonté, et principalement de ce
que vos discrettes volontez sont fondées ù la manutention de nostre religion catholique, apostolique et romaine, soubz l'obéissance de S. M. et de Mgr le duc de Nemours, auquel sadite M. nous a cy-devant mandé d'obéir comme son lieutenant gênerai, ce à quoy nous desirons satisfaire comme fidèles subjeetz, n'espérant plus grand bien que d'exposer nos moyens et nos vies pour ladite religion, soubz l'obéissance du roy, et nous confirmer en vostre saincte et salutaire resolution, tout ainsi que la ville de Monlbrison, nostre capitalle, à l'encontre des perturbateurs du repoz public, hérétiques et fauteurs d'heresie, comme en temps et lieu, nos effets rendront asseuré tesmoignage, etc. A St-Bonnet , le 5 mars i58g. Signé Roux, secrétaire. » S.
1589. — Mars 5. Le due de Mayenne écrit au Consulat : « Messieurs, j'envoye le sieur de Loudou, présent porteur, pour conduire Madame la grande Duchesse de Toscane jusques en vostre ville. Vous saver l'honneur que j'ay de luy appartenir, estant très marry que moy mesmes je ne puisse estre si heureux de luy faire compajgnye. Je vous supplie, Messieurs, luy faire paroistre que me portez quelque particulière affection, et la
recepvoir en vostre ville avec l'honneur que Sa Grandeur mérite. Je vous en demeureray très obligé, et m'asseureray de vous faire paroistre eneflect coinbien j'ay île volonté de vous servir. Je prie Dieu, Messieurs, qu'il vous nyt en sa saincte garde. De Rouen, ce 5e jour de mars 1589. Vostre très humble, etc. Ciurlks de Lorraine. » — Cette princesse qui était Christine de Lorraine, marie'e au grand duc de Toscane, écrivit au Consulat, «le Moulins, le 9 mars, et de Roanne, le i5,qne, se rendant en Italie, M. le grand duo faisant venir ses galères jusqu'il Marseille pour la recevoir, elle avoil pris sa route par Lyon, afin de s'embarquer sur le Rhône. Elle y envoyé son maître d'hôtel, gentilhomme de sa suite, pour conférer de son passage avec les échevins, et se conduire selon la résolution qu'elle attend de leur courtoisie, ne von-' tant donner occasion de doute et défiance d'elle et de toute sa suite. Par la seconde lettre, elle trouve très bonne la manière dont ont été faites les dispositions pour sa route et son passage, sous l'espérance qu'elle donne que le tout se passera avec les sûretés qui ont été promises, et qui sont nécessaires en ce temps. — Ces lettres sont souscrites Foirt bonne amie Cbbestiekne de Lorraihe. S. Voyez ci-après au ijmars.
1Ô89. —Mars 7. M. iVUrfé au Consulat:
« Messieurs, je ne puis assez approuver la bonne et généreuse manière de laquelle avez usé pour vous délivrer des deffiances qui avoyent travaillé nonseulement le peuple de vostre ville, mais tout le gouvernement d'icelle , depuis quelque temps en ça, dont s'en est cusuivy une exécution si louable qu'il ne se peut rien dire mieulx. Et pour le regard de l'exhortation que vous me faites, je m'unis avec vous à si bonne et saincte occasion, et aux conditions portées par la vostre; c*est chose que j'ay désirée il y a longtemps, et il me semble que je vous en donnay quelque assurance du vivant de Mgr. de Mande lot , qui nous assembla quasi pour un mesme subjet , et depuis l'ay confirmé à un seigneur vostre voysin , qui vous a assisté en ce dernier acte. Asseurez-vous donc, Messieurs, qu'en ce qui despendra de moy, encores que je sois bien valétudinaire, puisqu'il plaist à Dieu , je ne m'espargneray en chose du monde qui vous pourra servir, et à tout le gouvernement aussi. Pour le moings si l'effect ne peult estre entièrement accompli, vous cognoistrez qu'en ce ne fauls de bonne volonté, et que ne serez aucunement decetis de la bonne opinion qu'avez de moy, etc. De Sugny, ce 7 mars i58t). Signé d'Urpé. » S.
1589. — Mars 8. Le colonel Alphonse iïOmano écrit au Consulat : «Messieurs, au despart que je fis de vostre ville, j'y laissay, entre les mains d'un nommé Sainct Julien , trois de mes chevaux , lesquels j'envoyc quérir par ce gentilhomme, présent | orteur, l'ung des miens, auquel je vous prie permettre la sortie desdits chevaux et de quelques hordes qui m'appartiennent. Je m'asseure que vous ne me desnierez pas ceste courtoisie , veu Passe tira nce que je vous ay donnée en toutes les occasions qui se sont présentées pour le bien de vostre ville et le service du roy, lequel je m'asseure vous sera tousjours en singulière recommandation , comme pour mon regard j'y suis tout résolu; n'ayant rien en ce monde en recommandation, après Dieu , que son seul service; vous suppliant au reste vous asseurer de mon affection et amytié, laquelle ne mourra jamais ; vous suppliant aussi devostre costé, en'fairede mesme, etsur ceste asseurance , je demeure , Messieurs, vostre affectionné serviteur à vous faire service. Alphoksk d'Or waro. A Grenoble, ce 8 mars 1589. »
1539. — Mars, 9. Le Consulat permet aux Suisses qnj ont fait longtemps
îéjour à La Guillûtiir§i de passer pnr la ville on armes ou autrement, comme bon leur semblera, pour aller en leurpays. S.
— Même jour. Les sieurs Scarron et Chaponay dé L'fsle, ci-devant députés par la ville aux états de Mois , se présentent nu Consulat pour faire leur rapport de ce qu'ils ont négocié auxdits états. On approuve leur négociation, et on les remercie des bons oiïices qu'ils ont faits à la ville. — Les frais et vacation du sieur Scarron furent réglés à 91 5 écus sol , et ceux de M. de Chaponay* pour 167 jours, à 796 écus. S. Voyez ci-dessus au 7 février*
1589. — ■ Mars §. Le sieur MaSeûeu le jeune avait esté arrestc prisonnier a Lyon ; H écrivit nu sieur Platet , baron de Vauût , échevin , et adressa aux t'chcvins une requête, dans laquelle il dit qu'il a été constitué prisonnier, par ordre du Consulat, afin qu'on pût s'éclaireir de quelque ombrage forge contre lui par la calomnie; que si les sinistres rapports qu'on a faits ne sont pas etlncés, il demande qu'on lui fasse justice, et qu'on le punisse s'il le mérite, ou du moins qu'on le fusse détenir ailleursque dans une prison, avec telle garde qu'il plaira au Consulat, ou bien sous bovine caution, comme on en a agi avec plusieurs ses égaux et inférieurs. Quant aux armes que l'on a trouvées cachées chez lui, le lieutenant du guet, lorsqu'il se saisit de sa personne, le mena au cabinet où elles étoient au râtelier; mais à l'instant où il fut enlevé de chez lui , ses gens émus de l'avoir vu ainsi saisi , et ayant entendu qu'on vouloit prendre ses armes, en transportèrent inconsidérément une partie , et cachèrent le reste. Le sieur Malezieu ajoute qu'en ayant été averti, il écrivit à M. de Rusinand de s'en charger , suivant Tordre du Consulat. Il proteste de son dévouement à la ville r mais il ne dit aucun mot qui ait trait à l'un des partis qui régnoient alors. S. Voyez ci-après au 4 Avril i5()4.
1589. Mars 9. Les consuls de Vienne écrivent aux échevins de Lyon : « Messieurs, Nousuvons entendu qu'on a, par vostre commandement dict à M. le lieutenant de Villars qu'il ne sortît plus de sa maison, sur peine d'eslre prisonnier ; chose qui nous a grandement contristés à l'occasion de Mgr. nostre archevesque, son frère, sans lequel chacun sçait bien que ceste ville ne seroit en l'état qu'elle est pour les gens de bien. Ceste nouvelle ne pfult qu'incommoder de beaucoup les affaires, s'il ne vous plaist y remédier, comme vous le. pourrez facilement, et nous vous en supplions de 10 il noslrc cœur par la présente qne nous vous envoyons par ce messager cxpre3; priant Dieu , etc. De Vienne, ce 8 de mars 1589. Signé Savigniere. » S.
1589. — Mars g. Le sieur Gnyot de Masso, receveur de la ville, qui se trouvoit ulors à Paris pour rendre ses comptes, écrit au Consulat ;
« J'ay entendu par mes frères comme vous estiez joincts à l'Union
dont j'ay esté fort joyeux, et comme aviez commandé à mon frère, le capitaine de Masso , se contenir en sa maison; je m'asseure tenir de luy qu'il n'entreprendra jamais chose contre le bien du public et de l'Union, n'estant appelé en sa charge que pour obeyr à voz commàndemens et ordonnances; à quoy je l'ay tousjours exhorté. Partant je vous supplie si le service que vous ay faict par le passé, et ceux que j'espère vous faire mentent quelque chose, de le mettre en pleine liberté , pour exercer sa charge sous vos commàndemens, de laquelle, je m'asseure, il s'acquittera fidèlement » S.
1589. — Mars 9. Le Consulat à M. l'archevêque de Vienne;
« Monsieur, Nous désirerions que M. de Villars, voatre frère, eust tousjours préféré âl'Estat, l'honneur de Dieu elPudvancemenl delà foy et religion catholique, apostolique et romaine, et que ses deporleinens et parolles eussent respoudu à ce que nous croyons qu'il a dans le cœur, quant à sa religion
cl à sa foy, de laquelle nous ne doublons pas; car nous n'eussions esté contruincls, comme nous avons esté par tous ceulx de nos concitoyens qui ont quelque bon et sain jugement, de luy interdire l'issue de. sa maison ; ce que nous avons fuict plus pour le conserver contre les attentats du peuple mal édiffié de ses parolles que pour malvoulente que l'on aye contre luy ; n'y ayant celuy de nous en particulier qui ny ne luy vouloisl faire plaisir et service, tant pour le rang qu'il tient en cesle ville , duquel il est 1res digne, que pour la considération de votre vertu, zèle et affection que vous avez toujours eus de ladite religion catholique, manutention et propagation d'icelle; pour raison de quoy nous luy avons librement accordé de pouvoir vous aller trouver et^y faire séjour jusques à tant qu'il aura pieu à Dieu de nous réunir tous en une mesme bergerie. Cependant nous vous prions nous tenir en voz bonnes grâces, etc. De Lyon, ce 9 m us i58t). » S.
1589. — Mats 9. Réponse du Consulat à la lettre du Conseil général de l'Union, du 5 de ce mois :
«Messieurs, nous avons receu voz très courtoises et favorables lettres concernant les payemensqui se font présentement de La foire des Hoys dernière ; pour réponse auxquelles d'aullanl qu'il vous plaist nous faire cest honneur que de recepvoir noslreadvis sur les remonstrances qui vous ont esté faictes par quelques particuliers noz concitoyens, non» remettrons à voz prudences de considérer que le commerce et trafic de marchandises est tellement lié et enchaisné que l'on ne peult altérer un particulier, que ung grand corps, voyre la totalité, ne s'en ressente. Cela, disons, nous, parce que jusque icy l'on a vescu et tralfiqué politiquement les ungs avec les aultres; que les gens de bien et vrais catholiques ont de bonne foy fié leurs moyens et Cacultez à ceulx qui en apparence sembloyent estre leurs semblables, et qui, pour ce 'jour d'huy, sont cogneuz et descouverts pour ce qu'ils sont; desquels si les debtes actives esloyent arrestées soubz prétexte de nostre saincte Union, la faillite et banqueroute que, pour ce, i|s feroyent, tomberoit sur leurs créanciers vrayz catholiques, lesquelz par ce moyen tomberoient aussi au mesme danger, tout ainsi que les chaisnons d'une chaisne deslient les ungs lesaullres. Ceste considération , Messieurs, vous doibt mouvoir de n'empescher le payement de ce qui est deu à noz concitoyens quelz qu'ils soyent, et de leur permette la sortie de leurs denrées de la ville de Paris , soit en espèces, ou par remise de lettres de change, affin que la liberté du commerce soit continuée ; ce dont nou9 vous supplions de la mesme affection qu'après vous avoir bien humblement baisé les mains ', nous prions Dieu vous donner etc. De Lyon , ce 9 mars 1589. • S.
1589. — Mars. Vers le 9 ou le 10 de ce mois, quelques régiments qui avoient fait des ravages dans le Méconnais, et apporté les dénouilJcs en Dombes 9 furent battus par une troupe de 15o soldats, envoyés de Lyou par le Consulat, sous la conduite de IvL de la Grange. On en fit prisonniers quelques uns; mais le chef de ces bandes, nommé le capitaine Ckappon , beau-frère du capitaine Nobiel, autrement nommé Desprez, se sauva à la course, et échappa. Le Consulat fit part de cet événement à M. de Cherrieres de St Chamond, par sa lettre du 12 mars, et lui mandoit en même temps qu'on avoit avis de Grenoble que le colonel Alphonse s'y étoit rendu le plus fort , et que la trêve n'étoit pas encore conclue , parce que Dcsdiguieres ne la vouloit faire sans le baron de ta Roche et le sieur du Passage, qui s'acheminoient vers lui avec bonne compagnie. «Madame la princesse de Lorraine, ajoute le Consulat, approche de nous , et demande passage par cesle ville avec sa
*uitc que Ton dit être fort grande ; nous ne sommes pas encore bien résolu/ de le luy accorder. » S.
1589. — Mars 10. Le Consulat à M. de Confiant :
« Monsieur, Nous vous avons ton* jour* cogneu si affectionne* envers Mgr. de Mayenne et les princes et seigneurs de l'Union, que nous n'avons jamais peu croire que vostre passage par deçà la rivière, aye esté à aultre fin que pour favoriser Je parly de l'Union, quelque chose que Ton aye voulu nous faire croyre au contraire. C'est pourquoy nous vous prions, comme gentilhomme, de la bouche duquel ne doibt sortir aultre que la vérité, nous parler clair, et asseurer si vous estes pour ladite Union pour laquelle nous nous sommes déclarez si ouvertement que nul n'en pcult prétendre cause d'ignorance; vous priant cependant, du moings qu'il vous sera" possible, fouler les terres de ladite Union, qui est le gouvernement entier de Mgr. de Neinours; vous offrant de nostre part toute assistance en ee que vous nous
voudrez requérir, Vous remerciant de vos honnestes offre?, etc. De Ly on,
ce 10 mars i58y. » S.
1589. — Mars 10. L'archevêque de P'ienn? an Consulat : «Messieurs, Je vous mercie très affectueusement de ce qu'il vous a pieu permettre à mon frère de me venir voir, lequel ne sera jamais autre que 1res bon catholique et amateur de sa patrie , quoyqu'on ail dict et esciipt de luy. Vous croirez, s'il vous plaisr, tout ce que mon cousin , M. Allart, vous tesmoignera de notre part, auquel tous les chefs de ceste ville ont déclare ce qu'elle a dans le cœur, et dont infailliblement vous verrez et sentirez les effecls en toutes occ asions» Je vousay en particulier faict de bons et notables services que chacun ne scait es Ire arrivez de mon crédit, et dont je ne me vante point, parce qu'il me suffit de bien faire pour la gloire do Dieu , à l'advantage des gens de bien, Et à tant je (ihiray la présente, etc. De Piétine, ce 10 mars 1589. P. de Villars, csleu de tienne. — P. S. Je
vous supplie, Messieurs, laisser sortir les armes que M. Âllarl m'envoyc
Je vous recommande aussi mon beaufrerc , M. Bart/ioli, à ce qu'il ne luy soit faict desplaisir; car je ne scaurois jamais crqyre qu'il soit mauvais citoyen. » S.
1589. — Mars 1 1. Le Consulat avoit envoyé, sur leur demande, la compagnie de M. de Bot/iéon aux habitants de Belleville. Ceux-ci se plaignoient des grands frais que cette compagnie leur oecasionnoit, et deinandoient son rappel. Le Consulat leur écrivit que la plupart des habitants s'etant éloignes, celte compagnie leur éloit nécessaire; que la charge seroit bien plus grande si l'ennemi venoit a se saisir de Belleville. Il ajoute qu'on a avis de divers endroits que Mgr. de Savoye se >eut saisir de la Dombes ; qu'étant si proches voisins, il leur sera fort mal aisé de leur tenir tête, s'ils ne sont assistes des Lyonnois , et s'ils n'entrent pas dans l'union (pie ceux ci oui jurée avec les princes catholiques. — En même temps le Consulat écrivit aux Elus de Beaujotois que toute la province devoit contribuer aux frais de la gornison de Belleville, suivant l'avis de M. de Bothéon, mis au pied de leur requête. Enfin, le même jour, il e'erivit au capitaine de Trcycs, commandant la Garnison de Belleville, le priant, comme gentilhomme d'honneur, d'avoir le plus grand soin que ses soldats ou autres ne foulassent Belleville et le pays. S.
1 589. — Mars 1 2. Le Consulat à M. OiEspinac :
«Monsieur, Nous avons receu la vostre, et veu l'affection que vous avez à noslrc conservation, et l'assistance que vous nous offrez de vous et de vot amys en cas de nécessité, de laquelle nous nous sommes tousjouis asseurez
comme nnssi de voslre saincle intention envers les princes , encore* que vous ayez demeuré retenu a en faire démonstration , craignant qu'elle ne fust préjudiciable à Mgr, de Lyon, nostre archevesque , de la détention duquel nous avons extresme regret, et encores plus d'avoir apperceu que la prière et requeste de tant de gens de bien ayent si peu advanec à son eslargissement, et inoings l'instante prière et humble supplication que nous en avions faicte à S. M. qui nous a assez faict cognoistre que les services de tous ceux qui luy ont escrit, ny nostre fidélité luy sont en peu de recommandation. Continuant l'affection que nous portons à Mondit Sgr. l'Archevesque, nous vous prions croire que nous n'espargnerons chose qui despende de nous pour son eslargissemcnt. , comme aussi en ce qui concerne vostre particulier, nous trouverez tousjours très affectionnez, etc. De Lyon, ce it» mars 1589. » S.
1589. — Mars ia. Lettre du duc deMayenne au Consulat : « Messieurs, Vous aurez assez par les occasions passées, et mesmement en la dernière qui s'est présentée en votre ville, recogneu le zele et affection de Mgr. Dallincourt à la conservation de nostre religion catholique, et au bien particulier de vostre ville, qui mérite que l'on ressente l'obligation que tous les gens de bien luy en ont. J'estime, Messieurs, que vous serez bien aises qu'il ayt la charge de votre fortune soubz Mgr. de Nemours, monsieur mon frère; l'ayant choisy comme celuy qui, à notre advis, l'a mieux méritée. Je vous supplie pour ceste cause d'estre bien intelligens avec luy, et ensemble de donner si bon ordre à la conservation de vostre ville, que rien ne s'y altère du repos qui y est nécessaire, et vous asseurer que je n'espargneray jamais ny vie ny moyens que je ne treuve très bien employé pour ce qui vous concernera. Vous le croirez, s'il vous plaist, et me tiendrez pour la personne du monde qui vous est du tout acquise. Je me recommande à vos bonnes grâces, et prie Nostre Seigneur, qu'il vous ayt, Messieurs, en sa s;iincte et digne garde. De Paris, ce 1?. de mars i58r). Vostre entièrement affectionné à vous servir, Charles de Lorraine. » S.
1589- ->—Mars i3. Le duerf* Nemours au Consulat :
« Messieurs, je ne veulx faillir devons faire entendre que, suivant vostre advis, je mp suis acheminé pour aller vous trouver; mais estant arrivé en ce pays de Bourgogne, j'ay trouvé les affaires de ceste province en tel estât qu'il m'a semblé estre plus nécessaire d'y faire séjour 3 ou 4 jours pour y donner ordre, vous priant très affectueusement de continuer avec vostre prudence accoutumée les affaires en mesme estât que les avez mis, et me mander de vos nouvelles bien au long par homme exprès, lesquelles attendant, prieray Dieu , etc. \yAvallon,w i3 mars 1589. Charles E. de Lorraine. » S.
1589. — - M ars 14. Le Consulat à M. de fillars, conseiller du roi et lieutenant général civil au Siège présidial de Lyon, estant de présent d Condrieu :
« Monsieur, ayant esté advertysdes mauvais offices que faictes, ne pouvant vous tenir de parler contre les princes del'Cnion, n'avons voulu faillir de despesoher le présent porteur accompagné de ce petit mot pour vous prier de vous despartir de telle chose qui ne peult apporter que tout malheur; ainsde yous vouloir contenter, eomme nous avions espéré que feriez lorsqu'il vous a esté permis de sortir de ceste ville, en laquelle nous vous désirerions pour vostre bien, afin d'y faire et exercer vostre charge en l'administration de la Justice : que là où vous voudriez continuer telles passions cl desportemens, nous occasionnerez d'y pourveoirde telle façon que par adventure en pourriez demeurer malcontent, qui seroit à nostre très grand regret, et nous asseurant que vous y aurez esgard, ne la vous ferons plus longue ; ains nous estans re-
f^mimande* affectueusement à voz bonnes grâces, nous prions Dieu vous donner, etc. De Zyon, ce 14 mars 1589. » S.
1589. — Même jour 14 Mary. Le Consulat autorise tes religieux du couvent de l'Observance à entrer ou sortir de Ta ville à toutes tes heures du jour, soit par eau, soit par terre, « pourvu que dans la besche il n'y ait autre que des « religieux, et qu'il ne s'ycommetle aucun abus. » — « A cause de la multiivlicité des passeports demandés, on arrête qiïe tes échevrns du côté do Fourrières les donneront à ceux qui résident de leur côté, et de nie me des autres échevins. » — * Sur l'avertissement donné qn'il y a quelque entreprise sur le château de Pierre-Scizef le Consulat ordonne que pour obvier à tous inconvénients, il sera pris, sur les compagnies levées pourla garde de la ville, 10 hommes pour renforcer la garnison dodit château, outre les six soldats qui y sont déjà, en attendant le retour de M. de Nemours. * S.
1589. — Mars 14. Séance- consulaire. Onze échevins y assistent ; un seul est absent, M. Guerrier de Combetlande, sieur de Ions, le seul qui n'adhéra pas à h ligue. Le Consulat ayant eu avis que les troupesdes sieurs de Grand- * tille et de la Garde sont à une lieue près de Vienne, en résolution de passer le Rhône ou de se saisir de Vienne, arrête que demain, de grand matin, 100 arquebusiers de la compagnie de M. de Vauxy conduits par t'enseigne, partiront en diligence par eau, pour se rendre à Ste Colombe, afm de donner se- <*ours t\ la ville de Vienne, et empêcher par tous moyens auxdites troupes te passage du Rhône, etc. S.
1589. Mars 14. Le duc de Mayenne au Consulat :
« Messieurs, par mes dernières Iettres,je vous ay tesmoigné la joye et le contentement indicible dont j'ay participé avec tous tes çens de bien de ce royaulmcjde ce que, par la grâce de Dieu et vostre louable prudence, vous avez si heureusement donné ordre à la seurté et conservation de vostre ville, en quoy vous avez acquis un très grand mérite envers Dieu* et non moings d'honneur envers les nommes, J'atsceu despuis que mesdites lettres avoient esté perdues par laprinsedes courriers, qui faictque je mets encores ceste-cy au hazard pour le mesme subject; vous priant de rechef de continuer au mesme zèle, affection et debvoirqu'avez si bien commencé, nfllnque, par l'issue heureuse que vous en devez espérer, vous reccpviezle fruictde voz travaulx, en quoy je vous assisteray et serviray de ma propre vie que je tiendray pour heureuse, l'employant pour une cause si saincte et juste. Prenez toule asseurance demoy, et me continuez tousjours vos bonnes volontez : ce qu'attendant, je suppîieray nostre Seigneur vous donner, Messieurs, en santé, bien heurense et longue vie. \ Paris, le 14 mars i58c). Vostre antierement plus affectionné à vous servir, Charles de Lorraine. » S.
1689.— Mars i5. Le Consulat, sur l'avertissement donné qu'il y a quelque entreprise sur le chiUeau de Vierre-Scize, ordonne que, pour obvier à tous inconvéniens, il sera pris, sur les compagnies levées pour la garde de la ville, 10 hommes pour renforcer la garnison du château, outre les 6 soldats qui y sont de présent, en attendant le retour de M. de Nemours. — Le S' de ta Grange était capitaine de Pian-Scize depuis le *4 février, à raison do 40 écus par mois. S.
158g. — Mars Le Consulat ordonne au capitaine du Moulceau , de se saisir de la personne de M. Jean Martellandes (greffier) , et de le constituer prisonnier. — On avait mis chez lui des soldats de la compagnie du capitaine Malezteu ; on les retira le 4 avril, et on les remplaça par quelques soldats du penonnage du sieur Allnrd. — Le 8 mai, te Consulat fit payer, des deniers provenus de la vente des meubles dudit »icur Martellandes , tes trois gardes qui avaient été mis en sa maison.
1589. — Man 16. Le duc de Mayenne au Consulat.
■ Messieurs , le porteur vous porte les règlements que nous avons falcts icy au Conseil pour l'ordre que nous avons jugé nécessaire ; 7e tri'assettre que vous les approuverez. Je me rcsjouis bien fort en mon particulier de scavoir que toutes choses 9oyent maintenant en bon estât envostre ville. Je vous supplie , Messieurs , pour le bien de lu cause commune et de vostre conservation particulière, employer toute vostre prudence ét vigilance pour les y conserver , et croire que ma vie et tout ce qui en despend ne sera jamais espargnée quand cela vous sera utile, et qu'il vous pourra profiler de quelque chose. Je me remelz à la despesche plus ample que vous font Messieurs du Conseil de cette ville. Je vous supplieruy seulement de foire en vostre ville , le meilleur et le plus grand fonds d'argent que vous pourrez , afliu que nous le puissions trouver ù la nécessité , et qu'il n'y soit touché que le inoings qu'il sera possible. Je me recommande ù vos bonnes grâces , et prie Dieu, etc. De Paris, ce i(i murs 1,589. Vostre, etc. Cn ailes de Lobeaink. »
Le Consulat répondit à cette lettre le 22 mars ; il manda au duc de Mayenne que les règlements eu question lui seinbloient entièrement conformes ù la déclaration de la ville de Lyon et au serment d'Union juré par elle. Quant un fonds que S. K. désire que la ville fasse pour en servir la cause commune an besoin , on la supplie de croire qu'il n'y a ville entre toutes celles qui sont entrées en la sainte Union qui soit plus affectionnée que celle-ci , et qui plus librement et de meilleure volonté se saignât pour une si bonne et sainte cause; mais le Consulat supplie Mgr le duc de considérer les grandes dettes de cette ville , montant à plus de a5o,ooo e'eus avec leur inlérests ; les frais nécessaires pour la conservation d'icellc , à quoi ils seront forcés de 6'aider des deniers de la douane , qui seront désormais bien petits a cause de la cessation du commerce. Quant aux frais de la guerre, on espère que Mgr le duc de Nemours les prendra sur la recette générale pour soulager le peuple qui , depuis quelques années, a esté grandement foulé de peste, de famine et de cherté. On le prie, d'après ces considérations, de ne pas faire grand état du secoursd'argent qu'il désireroit former à Lyon, et de se contenter de l'affection et de la bonne volonté de cette ville, tant envers Son Excellence qu'envers la cause commune; le Consulat finit par ces mots : o Nous ne vous « sçaurions exprimer l'aise et resjouissance que nous avons receusde l'heut reuse arrivée en ceste ville de Mgr de Nemours , auquel nous sommes « tous résolus d'obeyr et de rendre très humble service » S.
1589. — Mars 16. Les prévôt des marchands et échevins de Paris , après avoir félicité le Consulat et la ville de Lyon çur l'heureux succès de leur entreprise , les prient de leur conserver et assurer les assignations qu'ils ont à prendre sur les recelles et fermes de la ville de Lyon et de la province pour le payement des renies constituées de la ville de Paris, lesquelles appartiennent à infinis pauvres monastères , hôpitaux , veuves et orphelins, et ils les exhortent a veiller soigneusement à la conservation de Lyon avec le bon advis et sage conduite de Mgr de Nemours , prince très advisë et fort affectionné a cette saincte et juste cause , ayant des premiers souffcit avec taut d'antres, et faict preuve de sa fidélité au service de Dieu , et du public... a M. Tevêque d'Jg n , ajoute-il , a esté commis par le Conseil gênerai de l'Union pour vous faire despesche plus ample sur ce que vous désirez et que voz députez ont requis , lesquels vous sçauiont mieux représenter ce que se passe deçà.... de Pam , ce iG mars. » S. Voyez ci-dessus au 9 mars.
1589. — Mars 16. M. iYHatlincourt au Consulat.
« Messieurs, M. de Senessé eu vove ce gentilhomme qui esloit mareschal
des logis de la compagnie de feu M. de Guise, pour roir M. le comte de CrusiUts , son frère; ce que je vous supplie très humblement luy vouloir permettre. Quant a ce qu'il désire son élargissement , je lui ay dit que je ne pensois pas que vous le fissiez sans que vous ne sçussiez les volontezde Nosseigneurs du Maine et de Nemours que j'espère voir à Chaslons.... J'ai sçu d'ung gentilhomme revenant de la cour que le comte de Brienne ( ? ) beaufïère du duc d'Espcrnon a esté tué , et tout son régiment l aillé en pièces..*. Je vous supplie de m'honorer tousjours de vos bonnes grâce», et de yous asseurerde TaUection que j'ay de servir vostre ville et vous particulièrement à qui je baise les mains, etc. D'Hallikcggat. De Tout-nus , ce i5 mars i58q. » Voyez infra au 20 mars.
1589. — Mars 17. M. a" Hallincourt écrivait de Sl-Loup qu'il s'etoit avancé jusqu'à ce lieu pour aller au devant île M. de Nemours qui étoit encore à J cation. Ayant appris que les régiments de Dauphiné vouloient passer la rivière , il ollre au Consulat le service de lui et de sa troupe de 200 chevaux, Ri cela peut servir à empêcher ce passage inquiétant pour le repos du pays. Il pense que M. de Nemours approuvera cette disposition. Il termine par le* offres de sa vie , de tout ce que Dieu lui a donné pour le service de Lyon , etc. S.
1 389. — Mars 17. Séance çonsulaire. M. de Chaponay de Vlste qui avait clé député vers Madame la princesse (Christine) do. Lorraine pour la prier de venir loger dans la ville avec son train et suite, rapporte que cette princesse avoit pris, par l'avis de son conseil, resolution d'aller droit loger à Beattregard , et de là s'embarquer sur le Rhône. On arrête d'écrire aux Consuls de St-Genis-Laval pour les prier de donner ordre à ce que ladite dame et sa suite soient commodément logés, afin qu'elle en puisse recevoir contentement, ainsi que sa grandeur le mérite.— On arrête qu'on laissera le passage libre aux ambassadeurs qui sont à la suite de la princesse , ainsi qu'aux vivandiers et pourvoyeurs ; et pour les autres de la suite de la dite dame, on ne les laissera entrer ni autres étrangers sans passeports des echevins. — On fit cadeau à la grande duchesse de Toscane et à Madame de Bt utisvick, qui passèrent par Lyon de trois caisses d'oranges et citrons du prix de 20 écus. S. — La princesse Cliristine de Lorraine , récemment mariée â Ferdinand, grand duc de Toscane, se rendait à Florence. Cayet , Clwoniq. noven. , année i58oy Arcli. du Rh. 88. J. MoaiN,v , 329. Voyez ci-dessus 5 mars.
1589. — Mars 18. M. de Saint Marc écrivait au Consulat : • Pour
le regard de M. le comte de Mdugiron , nous veillons tousjours , et prenons garde A ses actions. Je vous diray que ledit comte a une grande querelle sur ses bras contre le seigneur Alphonse , et vous promets qu'il est bien empesché. M le chevalier du guet (Lescot) vous racontera la querelle par le
menu. J'ai bien pourveu à la garde de vostre tour (Ste-Colombe) Les
régiments qui estoient auprès de nous, estant arrivez auprès de St-V allier, firent quelque outrage à un gentilhomme catholique : lequel rassembla douze ou quinze gentilshommes et ses amys avec le corps de cuirasse à cheval ; ils donnèrent sur la queue des régiments et tuèrent 12 ou 15 soldat* et deux lieutenans.... M. de Conflans qui vient de passer icy s'en va vous trouvera L)on;....\\ est vaillant , homme de bien, etc. De Piênux , ce 18 mars. De Sr-Mxac. » — Le duc de Nemours donna peu après au sieur de St-AIaic une commission pour la garde de la tour de Sle-Colombe. S.
1589. — Mars 20. Le Consulat écrit à Madame de Crusilles, pour l'assurer que passant par eau à Lyon avec ses gens, il ne lui serait donné aucun empêchement. S.
158f). — Mars ai. Le Consulat charge M° Dominique Dufour , solliciteur de la ville, de poursuivre vivement en justice celui qui acte naguère constitué prisonnier pour avoir conspiré ou désiré (projeté) d'attenter à la personne de Mgr. le duc de Mayenne. S.
1589. — Mars.... Le Consulat qui attendoit avec impatience le duc de Nemours , lui écrivoit lettres sur lettres pour qu'il accélérât son arrivée désirée de tous, autant et plus que d'autre prince qui ait jamais commandé en cette ville. On lui avoit fait préparer le logisde l'archetfche «qui souloit estre « celuy de feu Monseigneur son père. » Le i5 mars, le* éelievîns lui écrivirent que les régiments du Dauphiné, ayant eu nouvelles qu'une partie des grntils hommes du pays s'étoient acheminés au-devant de Son Excellence , «voient délibéré de passer le Rhône; ils le suppliaient de s'avancer le plus tôt possible , ou d'envoyer avant lui partie des forces qu'il devoit amener. — Le duc de Nemours répondit le 21 mars au Consulat : « Messieurs, j'euvoie devant vous le sieur Bonmarcel , mon maistre d'hostel, pour vous faire enlendre*i'occasion qui me garde d'arriver ce jourd'hui à Lyon, et quelque autre particulier auquel vous prieray de croire comme à moy mesraes. Me recommanderay affectueusement à vos bonnes grâces , priant Dieu , Messieurs , qu'il vous donne tout contentement. De Delleville , ce il mars. Voslre entièrement melljeur et affectionné amy, Charles E. dk SavoYe. — Cette lettre est écrite entièrement de sa main. — Madame la comtesse de Nemours [Anne d'Esté ), sa mère, t cri voit aussi au Consulat pour le remercier de tant de bonne volonté que la v ille portoit à son fils et à elle, et l'assurer de l'empressement de l'un et de l'autre à s'employer toujours à ce qui pourra intéresser celte ville. S.
1589. — Mars 22. Mgr. le duca^ Nemours , gouverneur et lieutenant-général en cette ville , fait son entrée par la porte de P'aize à 4 heures du soir. — Au-devant de lui, sont allés en robes les consuls échevins qui l'ont reçu à la dernière porte de Vaizc, près le Chapeau-Rouge, h Après sa réception l'on a marché en l'ordre qui s'en suit : i° marchèrent en bien grande troupe et compagnie, des habitants de la ville, bravement montez et bien armez , tous portans casaques de diverses couleurs fort riches, qui festoient allé rencontrer jusques hBelleville^ parmi lesquels marchoient quelques uns du train de S. E. , suivis par les notables bourgeois qui avoient accompagné eu housses le Consulat, après lesquels vinrent Messieurs les magistrats en corps suivys par lesdits sieurs échevins, au milieu desquelz marchoit S. Ê. accompagnés desgentils-hommes de sa maison et autres de ce gouvernement. Comme S. E. fut au devant de l'église de ['Observance , elle descendit de cheval pour adorer et baiser la croix que les religieux lui avoient apportée. Et après, remontée qu'elle fut à cheval, ceux de sa garde, tant Suisses que François , entrèrent immédiatement entre le corps de la Justico et lesdits sieurs échevins, les tambours et fifres sonnants. Et en cet ordre fut conduite!» grande acclamation du peuple criant : Vite le prince catholique ! jusques à l'église St-Jehan où il fut reçu parle clergé, et le Te Deum solemncllement chanté, et de là mené au logis de l'archevêché qui luy avoit étc préparé par la ville. — Je laisse h dire les salves qui luy furent faites par les grosses pièces braquées ez boulevards St-Jehan et Pierre-Scize , et xl'une frégate qui voltigeoit sur la rivière.» S. — C'est par erreur que l'entrée du duc de Nemours à Lyon a été placée par quelques historiens au 22 mai. —Le duc de Mayenne avait cru se rendre agréable aux Lyonnais, en donnant au marquis tVJFfalincourt ( Charles de Neuville de Viileroy ) , gendre de Mandelot , la lieuenince du gouvernement de Ayon; mais ce jeune seigneur devint tellement
«uspect nu peuple quo le Consulat se vil forcé de demander son éloignement. Àrch. du Rh. , v, 88; J. Moiur, v , 3a8 et 33i. Voyez ci-après au 1 o avril.
1589. — Mars io. Les Consuls échevins assemblés en corps ont porté les clefs des porlcs de la ville et des chaînes de la rivière à Mgr de Nemours , et les lui ont présentées comme au gouverneur, lui faisant néanmoins entendre qu'ils les ont toujours tenues et gardées en foi et hommage du roi , qui est un privilège spécial de ladite ville qu'ils désirent leur être maintenu et conserve*. A quoi S. E. a repondu qu'il n'a jamais pense', voire seroit très marri d'avoir mesconnu ou nlterc', en quelque façon que ce soit, les privilèges de ladite ville. En conséquence , et pour la manutention desdits privilèges, il leur n remis lesdiles clefs et lu garde d'icelles : leur déclarant qu'il les a en telle estime et réputation qu'il ne se veut pas seulement fier en euxdesd. clefs, mais de sa propre vie qu'il exposera toujours pour le bien et repos de ladite ville. S.
1589. — Même jour a3 Mars, au soir. « Il a été advisé et résolu de composer un Conseil d'état près la personne de Son Excellence, auquel assisteront pour te clergé, M. de la Barge^ grand vicaire, et M. de Chalmazel , doyen de l'Eglise de Lyon; pour la noblesse, M. à*Halincourt, et tels gentils hommes qui seront députés par le pays de Forez et Beaujolois; pour les écheviwr , Messieurs tfJceyne , de l'Isle . de Vaux .et Prost , à la charge toutefois que les autres échevins y pourront entrer, et y avoir voix déliberative , quand bon leur semblera, et que des quatre nommés, les deux pourront être changés de quinzaine en quinzaine et autres nommés par le Consulat ; pour les finances , M." S^arron et Baraillon ; pour la justice , M.ri de Torteon et de Jîubys ; et pour notables Bourgeois , M.M Polluillon et Ruzinand. S.
1589. — Mars a5. Le Consulat écrit ù Madame la duchesse de Nemours : « Madmne, Nous vous supplions de croire que nous n'avons jamais reçeu un plus grand aise et contentement que celuy que nous a apporté l'heureuse arrivée en cette ville de Mgr de Nemours vostre fils , lequel fut hyer receu avec tant de joye et applaudissemens d'ung chacun qu'il n'est possible de plus. Et vous dirons davantage , Madame, que combien que nostre allégresse «mi ait esté, elle fust cneores esté beaucoup plus, si Vostre Excellence euet esté de la partye , laquelle , pour ce , nous supplions très humblement de nous favoriser et honorer tle sa présence, la pouvant asseurer qu'elle ne pourra aller en lieu où elle soit plus désirée et veue de meilleur œil, ni receue de meilleure affection qu'elle sera icy, dont elle aura un vray et asseuré tesmoignage. quand il luy plaira de satisfaire en ce à nostre sincère désir. Ce pendant nous luy baiserons très humblement les mains , priant Dieu, etc. De Lyon 9 ce .23 mars 1589. » S.
1589. — Mars *6. Le Consulat écrit à M. de S.~Vidaly gouverneur et lieutenant général en Velay :
« Monsieur, Nous ne vous sçaurions exprimer la louange que chacun vous a donnée , d'avoir si dextrement , et si bien à propos , sans effusion de sang, réduit la ville du Puy à la sainte Union catholique , et rompu les desseings de ceulx qui s'y opposoient , sur quoy nous vous dirons et confesserons jngenuement, que ça esté un vray traict digne de vous ; aussi vous en scaurons nous tel gré , que nous vous en rendrons toujours bien humble et affectionne service de la mesme affection que , après avoir salué vos bonnes grâces de nos bien affectionnées recommandations , nous prions Dieu vous donner, etc. De Lyon, ce a6 mars. • S.
158<). — Mars 1-. Le Consulat considérant la dépense inutile qui avuit
été faite jusqu'à ce jour par la ville pour le logement du gouverneur , laquelle avoit toujours été rayée de la dépense des comptes des receveurs , ordonne que l'on donnera dédite aux propriétaires de tous louages des maisons tenues ù cet effet, et cela pour la St. Jean prochaine.
— Même jour. On fait payer au capitaine La Mariiniere a écus pour une collation donnée aux écbevins et aux notables bourgeois qui les avoient accompagnés à la porte de Sl-Sébasiien pour y recevoir Mgr le marquis de St-Sorlin , frère de Mgr le duc de Nemours. » S.
1589. — Mars 17. Le Consulat est averti que M. Jacques Régnier, trésorier de France , nagueres envoyé en cour par le Consulat pour poursuivre envers le roi, la délivrance de Mgr l'archevêque détenu prisonnier à Blois* avoit été arrêté par le grand prévôt de l'hôtel, par raison de quoi il cloit constitué en grands frais et dépenses, et qu'il fatloil le secourir de moyens convenables. On lui fait passer 3oo écus par lettre de change à Tours. Voyez ci après, au 17 mai.
1589. — Mars 17. M. Régnier* député de la ville, écrit de Tours au Con* sulat :
« Messieurs, Je vous ay particulièrement despeehé ung courrier exprès le dimanche 19 de ce mois, pour vous advenir comme j'estois icy arreslé prisonnier par commandement du roy, à la garde du sieur de Touiesvoys , lieutenant de la prevosté del'hostel, et de quatre arebiers, dès le mercredy 8 de ce mois, à l'occasion de ce qui estbit advenu en vostre ville le jour de la S. Mathias dernier, et que j'estois contrainct de faire despense pour la nourriture de ladite garde et de moy en ceste chambre (dont je ne sors aucunement), de plus de huict escuz par jour, sans les gages desdits lieutenant et archiers, aflin qu'il vous plaise taire pourveoir ù mon cslargissement, et vous oster ceste grande despense, le tout par les moyens discouruz en mes lettres dont je ne vous feray aucune redite, espérant que Dieu aura faict la grâce audit courrier de se rendre auprès de vous avec mesdites lettres, et que vous y aurez pu satisfaire, joinct que ma délivrance despend entièrement de vous, qui avez moyen de faire escripre particulièrement au roy par M. de Bothéon* Mess, de CombeUande, du Ptrat* de Servirres, du Soleil* capitaine Fenoil* lieutenant^ Vdiars et Pire Emond* comme ils ne sont plusprisonnieis, ains en pleine liberté, faisant leurs affaires dans la ville ; car, sans lesdiles lettres, je ne puis sortir, parce que je suis faict prisonnier, comme par forme de représailles, et par ce moyen je pourray sortir.... J'ay eu icy d'estranges appréhensions qui ne sont pas de gueres moindres à l'endroict de M. et de Mlle de Casault et ma femme qui ont esté contraincts m'envoyer un message exprès pour sçavoir de mes nouvelles, par lequel j'ay voulu vous faire ce présent avis de recharge, pour vous supplier de pourveoir à ma délivrance. ... De Tours* lelundysainct, 27 mars 1589. Récrier. » S.
1689. — Marsiç). Le Consulat fait payer à Antoine Charrier* échevin, 16 r'eus et 3o sous, pour le rembourser de 14 écus qui furent employés le 24 février rtour la nourriture des soldats placésà la porte du Rhône, afin de conserver la ville à la sainte Union, et a écus 3osous pour les frais qu'il a faits on allant en poste, au nom de la ville, au devant de M. de Nemours. S.
1589. — Même jour %q mars. On licencie les soldats qui avoient été mis pour la garde des prisons de Roanne et de V Archevêché* pendant la détention des prisonniers qui y avoient été resserrés. S.
— Même jour. M. de Nemours avoit envoyé à Beau jeu des lettres à M. le trésorier Charreion aux fins de lui faire apporter son état abrégé de la recette qu'il a dû faire du produit de la vente des biens meubles et de la ferme de:
immeubles do ceux de la religion reformée du pays du Btaujollois. S« 1589. — Mars 29. Le Consulat au Pape :
« Très Sainet Père, Vostre saincteté sçait assez Testât misérable de ce royaulme jadis très chrestien, depuis 5o ans en ça, tellement affligé* et persécuté de l'iieresie par la tollcrance et connivence du roy, qui s'en alloit du tout perdu et distrait de l'obeyssance de l'église catholique, apostolique et romaine, si, a l'imitation de la ville de Pam, capitale de tout ce royaulme, les autres bonnes villes ne se fussent sainctemenlet religieusement unies pour la conservation de ladite religion catholique et extirpation desdites hérésies, notamment depuis l'inhumain assassinat et massacre des princes catholiques qui l'ont deffendue et maintenue jusques à leur mort: en quoy ceste cy, comme ayant tousjours esté très-affectionnée et zélée à ladite religion catholique, ne s'est seulement voulu contenter que d'estre des dernières qui soyent entrées en ladite saincte Union, mais y a esté attirée, aussi toutes les autres ses voisines, avec telle ferveur, fermeté et persévérance, qu'elles sont bien résolues de souffrir plus tost leur entière ruyne que de s'en despartir : en quoy elles espèrent que Vostre Saincteté les favorisera, comme nous l'en supplions très humblement, et de la niesme affection que nous prions Dieu qu'il luy doingt très heureuse et très longue vie. Donné à Lyon, ce 29e jour de mars 1089.» — Le Pape fit répondre par son chancelier, le cardinal Alexandre Montatto, neveu de Sixte F. La lettre, en date du 22 avril, est en Italien. S.
1589. — Mars 5o. Le colonel Alphonse d*Oi*nano, au Consulat : .0 Messieurs, estant moy catholique, apostolique, romain, subjecfc du roy et vostre amy et serviteur, quoiqu'on aye voullu faire croire le contraire, m 'accusant de chose à quoy je n'ay jamais pensé , et Dieu et sa Saincte Mère m'en soyent tesmoings, si je dis la vérité ou le mensonge. Toutes fois, Messieurs, vous en croirez ce qu'il vous plaira, espérant que les effects vous feront cognoistre et juger à l'avenir tout le contraire, n'ayant cy-devant rien plus désiré que de vous servir en gênerai et en particulier, et pour vous faire paroistre que je ne suis en rien diminué de ceste bonne volonté, j'ay bien •voulu vous faire ce mot pour vous dire que si vous ne vous prenez garde, vous estes à la veille de vous perdre entièrement : et pour vous faire veoir et toucher au doigt la vérité du faict, s'il vousplaist envoyer par deçà l'ungdes vostre?, de quelque qualité que ce soit,pourvu que ce soit homme duquel vous puissiez fier, je luy feray veoir le tout comme se passe, et en attendant sur ce de vos nouvelles, je prieray Di-eu, etc. De Grenoble, ce 5o de mars 158g. Vostre affectionne' serviteur, Alphonse d'Obnako. »
Le Consulat répondit :
« Monsieur, nous avons receu vostre très agréable lettre, pour réponse à laquelle nous vous prions de croire que nous n'avons jamais eir qu'une très bonne et très louable opinion de vostre vertu et bienveillance envers nous, vous ayant tousjours cogneu, par voz vertueuses actions, trèsaflectionné au service de Dieu, et très zélé à la sainte église catholique, apostolique et romaine, qui faîct que nous prendrons tousjours de bonne part vos advertissemens. A cause de quoy combien que nous ne craignions rien, ny forces quelles qu'elles soyent, puisqu'il a pieu à Dieu nous avoir envoyé en sûreté Mgr de Nemours nostre gouverneur, la présence duquel nous apporte telle asseurance que nous espérons que tous ceux qui vouldroient entreprendre sur nous perdront leurs peynes. Touttefois, pour vous faire paroistre en quelle estime nous vous avons toujours tenu, nous avonsadvisé d'en\oycrvers vous le porteur, nostre concitoyen très fidelle, pour les efleets contenu* en vos lettres, et pour vous asseiuer, Monsieur, que quelque chose qui toit advenue, vous
nous trouverez tousjours voz voysins et très affectionnez serviteurs... » — Le colonel Alphonse écrivit au Consulat, le 5 avril, en renvoyant le gentilhomme que la ville lui avnil envoyé, auquel, dit-il, il avoit communiqué l'avis qu'il avoit reçu « et baillé copie d'icelui, par lequel vous verrez bien particulièrement ce qui concerne la conservation de vostre ville, pour le bien de laquelle yous me trouverez tousjours disposé avec tout le zelc et allection que sçauriez désirer. J'ay prié le gentilhomme vous asseurer de ma part, etc. » S.
1589. — Mars... Vers les derniers jours de ce mois, le Consulat écrivit au gouverneur et aux éehevins de tienne pour les avertir qu'à deux ou trois lieues de leur ville, on brassoit une entreprise sur elle; le3 engageant à veiller età prendre garde que, « sous ombre de la tresve, ou ù l'approche des m fesles (c'est lors que se font les bons coups) , ils ne soient pas surpris. *
1589. — Avril i . Séance consulaire. On permet aux naturels marchands de Gc/ih c de continuer librement le trafic eteommerce qu'ils ont toujours eu, en temps de foire, à Lyon.
— ■ Défenses sont faites à tous les habitants delà ville d'aller à Ylsle [Barbe) aux prochaines fêtes de Pâques ; en conséquence les portes seront tenues ferni ces, saufle guichet, et les chaînes de la rivière tendues.
— On permet a M. de Saillans (Pierre de Bâillon) de se retirer avec M"' de Combellandes, sa mère, à condition qu'elle fera faire bon et loyal inventaire des meubles de sa maison, et qu'elle baillera ungardiateur qui s'en chargera. On ordonne que les garnisons qui sont chez elle en sortiront. Voyez au a5 de ce mois et au 8 juin.
— On ordonne que la garnison baillée aux frères Seve leur sera ôte'c, à la charge par eux de payer les frais de ladite garnison, et sous la caution du Sr de Vaux, de la somme de 6,ooo écus. S.
1589. — Avril 5. Mort de Bernard Ferrary, patrice génois, le premier de sa famille qui était venu s'établira Lyon. Il fut inhumé dans la sacristie des Cormes des Terreaux, ou l'on voyait encore son mausolée en marbre, avant la révolution de 1789. Pernetti, 1,2.
1589. — Avril 4. Le Consulat arrête, pour certaines considérations, que, désormais aucuns des sieurs éehevins ne seront reçus pour cautions des huguenots ou des politiques.
1589. — Avril 10 (lundi). La noblesse de ce gouvernement de Lyonnois, Forez et Beaujolois étant pour In plus grande part en cette ville, y ayant été appelée par Mgr le duc de Genevois et de Nemours^ gouverneur et lieutcnanlgenéral audit gouvernement, s'est assemble'e, sur les huit heures du matin, en l'hôtel et maison canoniale de M. de Chalmaiel* doyen et chanoine de l'église de Lyon, où étoient/wi/r le clergéMons. M* Etienne dé la Barge, chanoine et sacristain de ladite église et grand vicaire de Mgr l'archevêque, et ledit sieur doyen de Chalmazel, et où se sont trouvés Messieurs les consuls écheyins de la ville accompagnés de M. Claude de Bubys, procureur général. S'y sont aussi trouvés les procureurs svndics des dites trois provinces ou pays de Lyonnois, Forez et Beaujolois, et là, a été résolu pour le bon repos el conservation des dites trois provinces :
Premièrement que le plat pays sera soulage le mieux et le plus que l'on pourra, et que l'on advisera a tous les moyens qui pour ce seront propres ;
Que Mgr de Nemours sera supplié de rester en son gouvernement, et de ne l'abandonner ;
Que les affaires de l'état général cl de l'Union ne peuvent permettre que Mgr de Nemours demeure en le sien susdit gouvernement, qu'il laissera en
iuelui pour y commander Mgr lu marquis <l« Saint-Sorlin, son frère, lequel disposera des affaires du gouvernement par la délibération et résolution qui sera prise en conseil qui sera préside de sa personne, lequel sera composedo deux députés du clergé, de troisoude six gentilshommes des trois province» de Lyonnois, Forez et Reaujolois ; assavoir de chacune province un ou deux qui seront choisis et élus par les autres ; de quatre échevins de la ville, de deux hommes de robe longue, et de deux financiers; et à la charge que, peur le plat pays des dites trois provinces, un procureur syndic qui sera pour eu élu, pourra assister audit conseil pour y faire les remontrances qu'il verra être h propos et nécessaires pourlebien et repos dudit plat pays, sans toulefoisque ledit élu puisse avoir aucune voix délibéralive audit conseil.
Finalement que où Mgr te Marquis ne voudroit demeurer en cette ville pour se charger du gouvernement, que Mgr*/« Nemours sera prié de ne commettre ni bailler sa lieutenance, sinon ù un gentilhomme d'honneur qui soit de la province , et qui ait de quoi et le moyen de rendre compte de sa charge.
Cette resolution prise, tous lesdits seigneurs sont allés trouver Son Excellence en la maison archiépiscopale, et là lui ont déclaré et fait entendre par la vive voix dudit seigneur de ta Biu'ge, grand vicaire, qui Ta suppliée au nom de tous les dits états de l'avoir pour agréable, ce qu'elle a eu, après toutefois a voir remontré qu'il eut bien désiré de laisser, au cas susdit, la lieutenance dudit gouvernement à Mgr d* Halincourt, comme lui ayant été promise tant par Mgr le duc de Mayenne , lieutenant général de l'Ktat de France, que par lui ; mais, puisque, à son grand regret, il ne le pouvoit faire, pour nu donner mécontement à tous les ordres et états de son gouvernement, il adviseroil de se conformer à leur volonté.
Ce fait, les articles de l'Union jurée par la ville ont été lus à haute et intelligible voix : lesquels toute la noblesse illec présente a approuvés et signés avec ledit sieur marquis. — Dans sa séance du 8 Avril, le Consulat avoit député les sieurs d'Aveyne^de Liste et Me Claude de Rubys, procureur-géuéral, pour assister à celte assemblée. S.
1589. — Avril il. Le Consulat enjoint au voyer de faire poser, le 18 avril au plus lard, le jwnl-levis neuf du pont du lihùne.
1589. — Avril i3. Les Commissaires députés de ta ville de Toulouse se présentent au Consulat, et remontrent que le seul zele et affection que la ville de Toulouse a toujours eu à l'honneur de Dieu et à la conservation de la religion catholique, apostolique et romaine, l'a meue d'entrer librement en la Sainte Union des bons catholiques de ce royaume, laquelle tous les ordres et étals de ladile ville, notamment la Cour de parlement d'ieelle, ont tellement bien embrassée qu'ils sont tous bien résolus d'y exposer, non seulement leurs biens, moyens et facultés, mais jusqu'à la dernière goûte de leur sang; qu'ils ne peuvent croire que ce saint zele leur soit venu d'ailleurs que d'une inspiration du S. Esprit, et du seul vouloir de Dieu, parce que, tout incontinent qu'ils eurent advis de l'inhumain et cruel massacre fait à Blois contre la foy promise avec tant de sermens, ils prirent ceste résolution
sans y être invités Qu'ils se réjouissent merveilleusement d'avoir trouvé
la ville de Lyon si affectionnée et zélée comme elle est à ladite Union; qu'ils ne plaignent point la peine qu'ils ont prise et les hazards où ils se sont exposés à venir jusques ici, pour le contentement qu'ils ont d'avoir vu à l'œil
ce qui s'en disoit en leur province Pour ce, ils ont offert à ladite ville
tout secours, support et aide jusqu'au dernier denier de toutes leurs facultés,
voire leurs propres vies — A quoi a été repondu par M. Claude de
Rubys , pour tout le corps de cette ville,, comme procureur gênerai d'icelle :
qu'ils louent Dieu de ce que les dits députés se soient pu rendre en suret*'* , en ce malheureux temps, en cette ville, laquelle est très disposée à leur faire service, et à rendre tout devoir d'amitié et bonne intelligence à cellt; de Toulouse, et à ces fins n'y épargner ni les personnes ni les biens ; que si elle n'est sitôt entrée en la Sainte Union que l'on eût désiré, ce n'a pas été par faute d'affection et bonne volonté, mais que, tout ainsi que un bon et sage capitaine qui veut assic'ger en forme une ville, bat premièrement le* défenses, tout de même a-t-il fallu abattre ceux nui v bailloient obstacle et empêchement. Ce qui a été fait peu à peu et si a propos qu'il n'y a eu aucun sang répandu , ce à quoi Ton a eu plus de soin et sollicitude qu'à toute autre chose, pour ôter toute occasion à ceux qui sont de parti con traire, de dire que c'est par vengeance et malveillance que l'on avoit contre quelques uns, et pour imiter, à leur exemple, les autres villes leurs voisines, mt'ine celles qui ne sont de ce gouvernement , comme le Puy en Velay, qui est du ressort du parlement de Toulouse, ainsi que lesdits sieurs députe's ont pu voir, en passant parla; lesquels cette ville remercie très humblement des bonnes offres qu'ils lui ont faites, comme de même l'ont fait, et à ladite ville de Toulouse en gênerai et atixdits députés en leur particulier, qui ont été priés qu'étant arrivés vers Nosseigrs du Conseil d'état de France \\Paris, de leur faire entendre ce que l'on a appris par des lettres qui ont été surprises aux portes de cette ville : assavoir que ceux qui tiennent le parti du roi disent et se jactent qu'ils ont plus de coeur et de courage que Messieurs les princes de l'Union qui vont trop lentement en besogne , et que ledit Conseil a fait une signalée faute de n'avoir envoyé quelque personnage d'autorité aux Cantons catholiques des Suisses , qui eût empêché la levée que le roi fait faire ez Cantons hérétiques. S.
1589. — Avril i5. Les échevins consentent que M. du Perat se retire quand bon lui semblera en sa maison du Plat, à la charge de n'y admettre ni conférer avec personne suspecte , et de n'en sortir jusqu'à ce que autrement soit ordonné. — Le 3 juin, on lui permet d'aller à toute heure aux Célesiins, à Confort. àBetlecour et autres endroits du quartier, là où sa santé lui fera choisir. — Le îa juin, il fut permis à lui et à sa famille d'aller a Yvours et revenir. S.
1589. — Même jour i5 avril. Le Consulat, ayant vu la permission donnée par M. le Grand Prieur de l'archevêché à M" les Sacristain et Chapitre de S. Nizier d'ériger une Croix sur le pont de Saône, où elle souloit être avant les troubles de Tan i56'2, déclare qu'il ne veut s'y opposer, et consent que cette eroix y soit posée. S.
1589. — Même jour i5 avril. Le Consulat ordonne que parmi les armes prises an logis de M. de Saillans , on rendra au sieur de Coursenay un corps de cuirasse lui appartenant. S.
1589. — i ^rn7 i5. Les Capitaines penons desiroient que quelques uns d'entr'eux qui seroient nommés par le Consulat, fussent désormais reçus au Conseil d'état tenu près Mgr. de Nemours, et eussent voix deliberalive, ainsi même qu'ils disent que Son Exc. veut et entend. — Le Consulat arrête que très humbles remontrances seront faites audit Seigneur, que, d'ancienneté, les penons n'ont jamais rite appelés au Conseil, si ce n'est pour leur faire entendre les résolutions qui y avoient été prises pour la garde et conservation de la ville. Aussi scroit-ce chose inutile et de mauvaise conséquence : inutile , parce que y étant les echevins ou quelques uns d'entr'eux auxquels lesdits capitaines penons doivent obéir comme à ceux qui ont le pouvoir de les créer et destituer selon les occasions, en vain y seroient appelés lesdits
capitaines pennns ; et de mauvaise conséquence , parce que , leur baillant celte autorité, ce seroit les rendre compagnons et égaux à leurs chefs, lesquels, par succession de temps , ils tiendroient si vils et abjects qu'ils se despartiroient de l'obéissance qu'ils leur doivent et qu'ils leur ont jusqu'ici portée comme à leurs chef? et capitaines primitifs, joint que lesdits sieurs echevins ne peuvent ni ne doivent contrevenir, ni altérer, comme que ce soit, la resolution qui pour ce regard acte prise avec Messieurs du Clergé, de la Noblesse et procureurs Syndics du plat pays des trois provinces du Gouvernement. S.
1589. — Avril iS. Le Consulat ordonne que les prisonniers qui sont à la requête de la ville ès prisons de C archevêché , seront conduits à celle de Roanne. S.
1389. — /écrit a5. Le Consulat fiiit prier M. d-i Tourvéon , lieutenant criminel, de faire informer sur les plaintes faites des actions et déportemens des soldats de la compagnie du sieur de Vaux qui étoient n'aguères sortis de la ville, pour aller à Sle Colombe. — Vers le même temps, le Consulat Ht faire une sentinelle (guérite) de pierres de taille à trois assiettes faites en cul de lampe avec deux cordons de pierre tout autour, une porte et tro:.« fenêtres, pour ieelle poser au milieu du Boulevard St. André , du côté des fossés. — Une sentinelle semblable fut placée au-dessous de la porte St. George allant au Pay-d1 Àïnay, etc. S.
1589. — Avril 2G. Séance consulaire Ont e'té surprises des lettres du
sieur Pierre Bdglio/ri , sieur de Saillans , que les sieurs éohevins ont ordonné être enregistrées à perpétuelle mémoire de la mauvaise volonté dudit sieur Bflglioni contre la ville :
« A Monsieur de La Guiche, chevalier des deux ordres du Iloy, capitaine de cent hommes d'armes de six ordonnances, et grand maistre de son artillerie, en Court.
o Monsieur, le jour au paravant la rébellion de Lyon, je receuz une vostre lettre, à laquelle, pour avoir esté détenu prisonnier jusques à présent, je n'ny sçeu faire réponse , ni vous donner nouvelles de mo\. J5t maintenant que Dieu m'a faiot teste grâce d'être miraculeusement eschappé , non sans grandissime péril de ma vie, je vous diray comme je me suis retiré en ceste mienne maison de Saillans, là où je verray de temporiser, si je puis, jusques ace que je sçache de voz nouvelles, vous suppliant me conseiller comme je me doibs gouverner. Je suis tous les jours menasse que l'on me veut venir petarder, toulesfois je suis bien résolu de me deffendre. Le inesme jour que j'csehappay, qui fust le jeutly de la Se.ptmuinc peneuse^ Ton alla prendre mon beau père nommé monsieur de Jons , Messieurs de Servières et du Soleil, et les mit on quant et quant au château de Pierre Cize, et ma femme prisonnière en ma maison, à laquelle personne ne parie; tout ce que de moyens que j'avoys, prins et confisquez, et fust crié publiquement qu'un chacun eust à venir déclarer tout ce qui m'estoit deu , sur peine de payer le quadruple, défendu de me prêter ayde ou faveur, à peyite de la vie, et quiconque pourroit révéler où j'estois, ils leur donneroyent beaucoup d'escuz : car ils pensoient que je feusse encores en la ville ; leur semblant impossible que je fusse peu sortir, comme, sans la grâce de Dieu , il estoit hors de ma puissance, estant cogneu comme je suis, gardé de jour et de nuict par six soldatz, les corps de garde de rue en rue, les portes fermées et les rivières barrées. Je vous puis asseurer avec vérité, que le itoy a encores beaucoup de serviteurs dans Lyon, lesquels et la ville aussi s'eet perdue par faulte de résolution; car il estoit aussi aysé de rendre le Hoy le plus fort, comme il m'est facile de vous escripre présentement : il y avoit
'te
tingmoia que j'avois donné quatre moyens divers à M. de Bothion, pour se rendre le maistre 9ans perdre ung homme : j'en eoinmuniquay arec mon beau père et le capitaine Fenoily et fus trouver Monsieuf de Sercières , et Monsieur du Soleil, pour le leur persuader. L'irrésolution de ceux qui cornrn:indoient est cause de nostre ruine, et d'une perte inestimable à ce royaume: toutesfois si le Roy pcult avoir promplement des forces, et nous en faire ung petit départ, avec le secours que nous pourra donner le sieur Alphonce Corse, j'ay l'espérance en Dieu que nous pourrions enuores ravoir Lyon, par le* intelligences que nous y avons : joinct qu'ils ne sont pas bien d'accord , et Monsieur de Nemours n'y a non plus d'authorité que le moindre citadin de la ville. Le peuple qui ne faict rien, pource que le commerce est perdu, et faict incessamment grosses gardes, se fasche; la noblesse et ceulx de la ville n'ont pas toute l'intelligence que Ton estime, et pour cause de la lieutenance que Monsieur <C Alincourt veut avoir, elle s'est bandée , et ne veulent qu'il l'ave, Monsieur de C/ieviieres la prétendant : d'autres vouldroyent aussi que !e gouvernement se partist, et qu'il y en eust un en chasque Frouince. Cependant Monsieur de Savoyc negolic par là dedans, et a des forées prestes, et n*altcnd que l'occasion pour donner là, ou en Daulp/iiné, s'il peult. De Forces pour le Roy, il ne s'en parle point , et ne voyci personne en, campagne: car il ne se peult avoir des hommes. Monsieur dcGondrac vostré nepveu, Monsieur de Cypierre et Monsieur de Rochebaron lèvent quelques gens ; Monsieur de Tavanncs a quelques troupes. Si le roy pouvoit envoyer quelque Prince ou Chevalier d'importance a Moulins, pour commencer à mettre des forces ensemble, chacun se rangeroit là, et scroit le vray moyen de faire quelque chose de bon; car il y a vnc infinité' de gentilz hommes, capitaines et soldats, qui n'osent bouger pour ne pouvoir passer, qui se déclareroyent. Ces forces seroyent toutes prestes pour donner faveur au passage des Suisses, si le Roy en fait venir, comme je pense, et cependant surprendre quelques villes icy autour sur la riuière de Saône, s'il est possible, et empescher que les ennemis ne s'assemblassent. Monsieur de Nemours parle de tourner en hrefh Paris, et fera tout ce qu'il pourra pour mener des forces: Monsieur le Marquis de S. Sorlin luy a mené trois ou quatre cens chevaux, à ce que l'on dict : je ne sçay s'il est vray, car je ne les a y pas veus. 11 aura moyen en Lyonnois d'en tirer quelques uns, et pourra avoir aussi en Foresis,Beaujoalois et Fkaretz quelques bons harquebuziers, mesnies qu'il a d'argent : car Lyon faict tout ce qu'il peult pour luy en fournir : ayant saisi la Doannc, la recepte généralle, et tous les biens des particuliers qui estoyent serviteurs du Roy. Voilà tout ce que je vous puis dire de nouueau pour le présent, vous priant de me continuer en voz bonnes grâces, et me tenir pour vostre fidelle serviteur ; vous baisant humblement les mains, priant Dieu de vous donner en prospère santé, Monsieur, heureuse et longue vie, et accomplissement de ce que plus vous desirez. De voslre maison de Saillant, ce 9 avril 1589. V otre très humble et plus obéissant serviteur. De Baillok.
P. S. S'il vient à propos de parler de moy à Sa Majesté, faictes luy sçanoir ma fidélité , je vous supplie, et l'affection que j'ay à son service. Et si vous me cognoissez digne et propre pour estre employé en quelque chose, le Roy ne se servira jamais de personne qui luy soit plus fidelle que je luv ai toujours esté et seray. Je n'ose rien remuer jusqu'à ce que j'aye tiré moii beau pere de prison et ma femme; j'espère que Dieu m'en fera la grâce: cela faict, disposez de moy et en faictes ce qu'il vous plaira, cor je ne veux poinct demeurer inutile. Dieu me fera la grâce que je puisse faire quelque bon et signalé service à mon Roy et à ma patrie. » Extrait de La Rodomon-
toâe de Pùm Baillony Lyon, Pillehotte , i58<> lit 8°. ( B. do Lyon,
n" u34i5, tome 3e).
I589. — Jcriltô. « Sur les fréquens avertissemens des entreprises et des iolelligences que l'ennemi a en cette fille, tant parle moyen des prisonniers que de leurs amis et confédérés politiques secrets, le Consulat arrête, sous le bon plaisir de M. le marquis de St-Sorlin, gouverneur et lieutenant général, que, pour rompre toute intelligence qui pourroit être, il ne sera désormais permis aux femmes des sieurs de Servieres et du Soleil, ni à autres, déplus les aller voir et conférer avec eux ; qu'a cet effet, on mettra une personne sure à ]a porte du Château (de Pierre-Scise), pour n'y laisser entrer personne, sans lapermission expresse de S. E., laquelle néantnoinsayant permis à quelques personnes de visiter les dits prisonniers, ledit commis pourra, s'il juge que faire se doive, fouiller et visiter, à l'entrée du château, ceux qui y seroient entrés avec ladite permission. » — Le Consulat arrête en outre :
Que les soldats suspects seront tenus de vuider la ville — Que les sieurs de Combellande et du Fcnoil seront resserrés au Coûtent des Célestins, sous bonne et sure garde à leurs dépens, et ne sera permis à leurs femmes de les visiter ; — qu'il sera fait un pont levis à la porte de St-Just, et, au-dessous, un bien grand et profond fossé; — que la porte de Fawesera parachevée le plustôt que faire se pourra ; que le bastion près la porte St-Just sera réparé et mis en défense; que, pour mieux faire observer la garde de la ville, un des échevins, tour-à-tour par semaine, visitera, chaque jour, les portes du côté de Fourrières ; un autre, celles du côté du Rhône. S.
1589. — Avril 28. Le Consulat ordonne qu'inventaire sera fait des biens du sieur Baglioni, en présence d'un échevin, et que ses meubles seront portés aux champs pour être vendus à l'enchère, et les deniers en provenant et autres de semblable nature versés ez mains de M. François Cropet, greffier des inventaires et ventes, pour être distribués à qui il sera ordonné'. — Le 4 mai, on accorda à Madame de Saillans sursis pour huit jours à la vente des meubles de son mari, afin que, pendant ce temps, elle eut procuration de son mari, de consentir que les 4000 écus auxquels il avoit été cottisé fussent pris sur les 7000 écus que la ville lui devoit. On permit à la dite dame de voir le sieur deJons, son père, « pour avoir son consentement à ce que dessus. » S.
1589. — Avril 28. Les sieurs échevins désirant procurer par tous les moyens lu liberté et élargissement de Mgr V archevêque notre prélat, pris et injustement détenu prisonnier au château d'Amboise, et pour la rançon duquel on a composé à 3o mille écus, considérant de quelle importance est sa liberté ù la cause de la Sainte Union des catholiques, se sont résolus de contribuer à ladite rançon jusqu'à la somme de 6000 écus qu'ils accordent pour cela, et à prendre sur les premiers deniers levés de l'emprunt sur quelques habitans de la ville ; à la charge que ladite somme sera employée à ladite rançon, et que, dans deux ou trois mois, le sieur archevêque sera mis en pleine et entière liberté en une des villes de la Sainte Union, à peine de rendre ladite somme dans ledit temps. L'on assigne celui des échevins qui fera fournir ladite somme pour, être remboursée sur pareille somme de 6000 c'eus à laquelle le sieur Vincent Richard étoit cottisé. — Le 5 mai, le Consulat accepta le sùgnenr d'Arbouse pour caution du seigneur archevêque au cas susdit. — Le 7 août , la cotlisation de Vincent Richard fui réduite de 6000 à 5ooo écus, et, payant, on lui accorda la Jevée de toutes saisies. Voyez ci-après au 4 novembre.
Avril 28. A la demande de M. Claude Bourbon, receveur des tailles de Beaujoloii, lo Consulat arrête do faire lever la garnison mise dans la mai-
son du sfeur Jean Sève , sieur de Fromente, sur la promesse falle par ledit Bourbon que In femme du receYeur général, son fils, laquelle est mise en liberté, ne sortira cependant de la ville, à peine de payer par ledit Bourbon la somme de 2000 écus. — Le sieur Bourbon deSt-Fonds réclama, le iô mai, pour être déchargé de la caution, puisque l'on avoit remis In garnison dans la maison de ladite dame Jeanne Guider t, femme de Jean Scxé, fils. S.
1 589. Avril 29. Le Consulat commet deux échevins pour assister à l'assemblée qui se fera par les habitons de ta Guillotière, lorsqu'ils éliront un capitaine penon dudit lieu.
— Même jour. On arrête que les prisonniers qui sont ès prisons de ^archevêché, à la requête de la ville, seront resserrés ès cachots des dites prisons, si mieux ils n'aiment payer la garde qui leur a été baillée jusqu'ici. S.
1589. — Mai i. Le Consulat ordonne que M. de CombeUande sera transfère'du couvent des Cêleslins , et conduit par eau à Pierre-Scise. S.
1589. — Mai 2. Le Consulat commet le baron de Vaux pour aller à Belleville et à Beaujeu mettre ordre aux garnisons qui y sont.
— On arrête que les 5 mousquets qui e'toient du capitaine Perret seront remis à Guillaume Boville ou au sieur Buisson, son gendre, pour les rendre quand il sera ordonné (1), cl que le capitaine Perret, qui étoit ès prisons de l' Archevêché^ sera remisés prisons de Roanne.
— Les armes du sieur Guillaume Haudry seront remises à JeanPerricaud, capitaine penon.
— On permet à Guillaume Seve d'aller en la ville de Crest, pour affaires de lui et de ses frères. — Pour la sûreté de l'arsenal, on y mettra 12 soldats de la compagnie du sieur de Vaux, qui y feront garde toute la nuit.
— ■ Nicolas Gobelin, marchand de Paris^ nagueres retiré en cette ville, pou r y exercer la marchandise, obtient sa réduction du rôle de l'emprunt pour la somme de 2000 écus ; mais on arrête qu'en son lieu, y sera mis Jean Robineau, son associé, et pour reconnaître les facultés dudit Robineau, celui-ci fera apparoir de la scripte de leur société, etc. S.
1589. — Mai 5. Séance consulaire présidée par le sieur Nicolas de Chaponay , sieur de 1*1 sle.
Les capitaines penons, leurs lieutenans et enseignes mandés au Consulat et y comparaissons , ont été exhortés à toute union , concorde et bonne intelligence avec le corps de ville , aux fins de faire cesser les bruits qui sont semés qu'il y a quelque montre des dits capitaines qui se sont distraits, ou qui ont volonté de se distraire de la Sainte Union en laquelle ils ont librement et volontairement entré. Remontrances leur ont été faites que la seule discorde et désunion des citoyens est l'entière ruine des villes , notamment de celles où le peuple n'obéit à ses chefs et magistrats. Sur quoi leur a été représentée la fable que l'historien Tite-Live rapporte que Mennenius Agripppa exposa, sur semblable occasion que la présente, au peuple romain, qui s 'étoit révolté contre le sénat. Après lesquelles remontrances , tous les capitaines penons ont unanimement proteste qu'ils n'ont jamais entendu se départir et distraire de la fidélité et obéissance qu'ils ont promise aux dits sieurs e'chevins comme à leurs chefs , comme d'abondant ils l'ont promis et jure, levant tous la main : et sur ce nouveau serment et promesse, se sont retirés
(I) Le capitaine Buisson , gendre de Rovillc , avoit été commis avec onze soldais et.ua sergent , par le duc de Plemours> pour la garde du château de Pierre -S ci ze , pendant trois jours, et depuis, la semaine suivante , le 4 mai . on y mille sieur Flaminio , avec d'.x soldats de la compagnie de M. de Vaux , à raison de 100 s. par jour. S.
hors la chambre du Conseil , y laissant le Consulat pour vaquer aux affaire» publiques. S.
— Même jour. Le Consulat fait payer au seigneur de Monjoly , 1*4 écu» pour les frais du voyage qu'il a fait pour la ville , arec cinq chevaux , tant vers la reine de Naoane , que vers la noblesse d'Auvergne , Foret et Lyonnais , etc.
1589. — Mai 5. Sixte-Quint , après avoir vainement sollicité la délivrance de l'Archevêque de Lyon et du cardinal de Bourbon, lance contre Henri de Valois et ses complices ( contra Hcnricum Falesium et alios rrminum ejus conscios ) une Bulle par laquelle ils sont déclaré* excommuniés , si , dans les dix jours , ils ne délivrent et ne mettent hors de prison , Messeigneura l'illustrissime cardinal de Bourbon et le reverendissime Archevêque dô Lyon, etc. — Sixte-Quint , dans cette bulle, qui fut publiée à Meaux le a3 juin de la même anne'e , et imprimée à Paris, chei Nivelle et Thieryy in-8" de »4 pages, rappelle qu'Henri III l'avait prié de faire Y Archevêque de Lyon cardinal de la sainte Eglise romaine ( Ârch. du Rb. , ix, ai i }. — Le desir ardent que à'Epinac témoigna maintes fois d'être cardinal lui valut , entre autres quolibets, cette épigramme qu'on lit dans la Satyre Menippèe , tome i, p. ao4 de l'édition de i?52, .
A MOHSIBVa DE LTOH.
Monsieur, vous serez cardinal ,
Nous savons où vous tient le mal ; , Mais que cela plus ne vous grève, Et chassez ce sinistre oyseau Qui dit que m&'irtrc Jean Rozean Vous doibt le chapeau rouge en grève.
1589. — Mai 8. Le Consulat enjoint au capitaine Begulle , enseigne du
pennonage du sieur Jean Perricaud , de se saisir des livres hérétiques qu'il trouvera audit quartier; et , à cet effet, il lui est permis de fouiller les maisons de ce quartier qui sont suspectes. S. Voyez ci-dessus au II Janvier.
— Même jour» On avoit fait publier une ordonnance en faveur de ceux qui découvriroient et deceleroient les facultés de ceux des habitans de cette ville qui 'sont compris au rôle fait pour l'acquittement des dettes de la ville , entre lesquels cottisés sont surtout M. le Président de Langes, les sieurs Graùot , Peltot , Berihier et Beraud. Le Consulat commet Jean Martinet Claude Volet , pour faire perquisition des dettes , créances et effets desdils sieurs cotlisés.
— On commet le sieur Yvernogeau dit Toulouse , échevin, pour aller faire la montre, à St-Chamond, de la compagnie ( de 200 hommes) du capitaine Malezieu.
1589. — Mai g. Le sieur de Preeste (?) remet au Consulat des lettres de M. dt Nemours , portant qu'il desireroit et auroit agréable que le seigneur d'Halincourt revint ù Lyon pour ses affaires particulières , notamment pour voir Madame de Mande lut , sa belle-mère , que les portes ne lui fussent refusées , mais qu'il y fut reçu et encouragé. — Le Consulat arreste que , pour certaines considérations , même pour le contentement du peuple qui a pris quelque ombrage du sieur d'Hatincourt . il sera prié de ne pas venir pour encore , mais d'attendre le retour de M. de Nemours à Lyon , et de l'y accompagner alors. On enverra un du corps du Consulat pour l'aller trouver à Mâcon où il est, pour lui faire entendre la présente résolution. — Le
secrétaire du Troncy fut député à cet effet vers M. d1 Halincourl à Mâçon. S.
1589. — Mai g. Le Consulat fait payer au sieur [Davanes , commis par M. de Nemours pour commander aux soldats qui ont été mis du château de Pierrt-Scize pour la garde des prisonniers qui y sont, la somme de 17 écus par lui avancée pour la nourriture de ses soldats. — M. Grollicr de Servicres et M. Grollier du Soleil, son frère, s'étant évadés, le capitaine Damnes fut constitué prisonnier, comme coupable de celte évasion. Le 2.2 août, ayant présenté requête pour son élargissement, attendu sa pauvreté , le Consulat déclara qu'il ne s'y opposoit pas. S.
1589. — Mai q. Le Consulat arrête qu'en payant par les sieurs Jean et David de Gabiano, i5oécus sol, en déduction de 3oo, à quoi ils ont été cotlisés à l'emprunt , la garnison mise chez eux sera levée, et sera permis a David de Gabiano , un desdits frères, de trafiquer et négocier librement par la ville.
1589. — Mai 9. Les envoyés des neuf Cantons suisses, Lucerne, XJri, Suytz, Undrevald, Zoug, Glari, F'ibourg, Solleure et Appenzel avoient écrit le a8 mars au duc de Nemours pour demander l'entier payement des quatre compagnies de Lucerne, Suytz, Fribourg et Solleure, lesquelles, après avoir esté licenciées du service du roi,avoient demeuré longtemps à Lyon, attendant leur payement , jusqu'à ce que, par le moyen d'un traité et promesse faite par M. le gouverneur (Mandelot) et les echevins de cette ville,elles étoient retournées dans leur patrie. Le Consulat répondit, le 9 mai, aux neuf Cantons catholiques, que la faute de non payement desdites compagnies provenoit du mauvais ménage des intendants des fermiers du roi, ou plutôt de sa Majesté mesme qui avoit prodigué les grands deniers qu'elle avoit levés sur son peuple sous prétexte de faire la guerre, et n'a payé ni les troupes étrangères , ni les françoises; et le roi ayant révoqué l'assignation qu'il avoit baillée pour ledit payement , le Consulat a néanmoins obtenu que celui qui devoit payer, nonobstant ladite revocation, a promis d'y satisfaire dans peu ; que leurs gens peuvent venir recevoir leurs payements à deux journées de Lyon , sans aucun danger « pour le respect que toute la France a a «\ostrc nation, notamment à 'tous autres seigneurs des Cantons catholi- « ques , etc. » S.
1589. — Mai 11. Guillaume de Fillars, avocat, nommé conseil de la ville, au lieu de Nicolas Mcslicr, fuit le serment de n'écrire, conseiller et plaider contre la ville.
1589. — Mai 11. Le Consulat ordonne que, dès ce soir, on enverra 10 soldats en la maison de M. de Riverie pour le garder, et demain, lui sera fait commandement de payer son emprunt, avec intimation que, ù faute de le payer, il sera mis prisonnier ez prisons de l'archevêché. — Le 17 mai, en payant par lui 3000 écus, en déduction, le Consulat ordonna que la garnison sera levée en sa maison, et il lui sera libre d'aller ù l'église. — Le 8 Juin , M. François Scarron, seigneur de Screzin, secrétaire du roi, cautionna M. de Riverie. — La taxe fut réduite à 4000 écus, sur la recommandation du duc 4e Nemours.
— Même jour. On permet au capitaine de Masso de se retirer en sa maison de Chasselay, sous la caution de M. l'abbé de Valbtnoisle, son frère, quipromettra de Je représenter, à peine de mille écus. Voyez ci-après au 9 mars i5q4.
— Le Consulat consent à l'élargissement de Claude de Riverie, prisonnier à sa requête ès prisons de Roanne, depuis les nouveaux troubles, sous lacau-
lion d'Alexandre de Villeneuve, qui promettra de le représenter ù peine de
mille ècus.
1389. — Mai li. Le Consulat averti que M" de Mandelot desiroit aller auxcharaps pour mettre ordre à quelques siens affaires, et qu'elle craint de trouver quelqu'empêchement par les chemins, soilen allant ou en retournant, ordonue que pour l'honneur et bonne affection que lui porte le Consulat, deux des échevins l'accompagneront dans son voyage, si elle l'a pour agréable. — Le 10 juillet. M"' de Mandelot occupoit encore partie de la maison de M. de Mandelot au Grand-Palais. S.
1589. — Mai i5. Le sieur de Cremeaulx, gentilhomme lyonnois, invité par le Consulat a se rendre en Velay, vers le seigneur de St-Vidal, pour conférer avec lui d'affaires de très grande importance, consent k faire ce voyage, à condition qu'on lui donnera une escorte de six soldats. — On lui fit payer 5oécus pour les frais du voyage.
1589. — Mai i5. Lettre du Conseil général de l'Union au Consulat : « Messieurs, encores que nous n'ayons jamais doubté de vostre intégrité, zcle et affection en ce qui est de l'honneur divin et de la conservation de la religion catholique, apostolique et romaine, touteffoys nous ne vous sçaurions assez exprimer l'aise et contentement que nous avons receu du rapport qui nous a esté faict de vostre part, par le sieur de Villars, présent . porteur, lequel nous a rendus si édifiez et satisfaits de vos formes de procéder pour vous asseurer de ceulx qui pourroient avoir eu la volonté et le moyen d'altérer et remuer quelque chose en voz quartiers, au préjudice des gens de bien, que nous avons grande occasion de nous louer de vostre deputation, et encores plus de rendre grâces à Dieu qu'ayez si dextrement pourveu sans tumulte et effusion de sang aux affaires de vostre ville, laquelle nous avons tousjours recogneu et recognoissons comme l'une des premières et principales clefs de cest estât, et ung des plus fameux et asscurez boulevards de nostre religion en ce royaulme, mais oultrc ce, pour une 1res bonne voisine de cesto ville de Pari.*, à cause des mutuelles intelligences et grandes correspondances qu'elles ont tousjours eu en leurs principales occurrences et nécessitez, dont celle d'à présent est une des plus importantes que nulle aultre qui se soit présentée de toute antiquité, d'aultant qu'il y va du plus précieux de l'homme, qui est de la conscience et de la religion. Ainsi qu'entendez trop mieux, Messieurs, nous penserions faire tort à la suffisance de cedit porteur, si nous voulions insérer dans la présente, les resolutions qu'il a prinses avec nous sur les mémoires et instructions qu'il avoit de vous, mesme sur la prestation du serment de l'Union, establissement d'un conseil particulier, façon d'appaiser l'ire de Dieu si enflambée, ce semble, contre nous, et autres articles et principaux points que pourriez désirer de ceste compagnie, dont il vous pourra fidellement rendre compte, joinct que vous avez de ceste heure près de vous Mgr le duc de Nemours vostre gouverneur, lequel, par sa prudence et dextérité, et pour avoirassisté a la pluspart denoz desseings et délibérations, vous aydera grandement à resouldre en ce qui sera du service et culte divin, manutention de nostre liberté chrestienne, et de l'intention de ce Conseil auquel il ne reste qu'à vous prier et requérir, au nom de Dieu, de vouloir poursuivre vivement ce qu'avez si bien commencé, et vo îs unir à bon escient avec tant de gens de bien qui veulent postposer tous leurs moyens et commoditez heureuses, voire leur propre vie, pour se conserver la foy et créance qui leura esté laissée parleurs prédécesseurs, et acquise par le sang de tant de martyrs, dont vostre ville a esté sur toutes aultres de ce royaulme arrousée, ornée et décorée. Messieurs, nous prions le Créateur qu'il vous doint en bonne santé ce que desirez. A Paris, ce i5 may 1589. Les gens tenant le conseil gênerai
de l'Union des Catholiques estably à Paris, attendant l'assemblée des Estaz du royaulme. Vos bons et bien affectionnez amys : signé SeNai lt. » S.
15S9. — Mail?. Séance consulaire. — Françoise de Chatvet, épouse de Me Jacques Faye d'Espcisses, conseiller du roi en son Conseil privé et d'état, ayant été arrêtée par délibération du conseil tenu près Mgr de Nemours , pour contreschange de M. Jacques Régnier , trésorier général de France au bureau des finances de cette ville, pris et arrêté par commandement du roi, en la suite de sa cour, — a remontré que l'indisposition de sa personne ne lui permet défaire un long séjour en cette ville, pour ne lui être l'air d'icelle, salubre ; requérant pour ce lui être permis d'en sortir, et se retirer 0O1 bon lui semblera, en baillant toutefois par elle bonne et receante caution de payer tous les frais et dépens que le sieur Régnier fera en cour pendant sa prison, et la rançon qui luy pourroit être demandée par le roi ou par ceux qui le détiennent, etc. — Les sieurs échevins ayant mis en délibération les offres de ladite dame, et désirant pourvoir à sa santé, lui ont permis de se retirer hors do celte ville, où bon lui semblera, en baillant toutefois, par elle, au préalable, bonne caution de paver la rançon du sieur Régnier et tous les frais qu'il fera pendant sa prison, etc. — Le 29 mai, M. Régnier, prisonnier à Tours, ayant demandé de l'argent pour ses dépenses, on ordonna que les sieurs Poculot et Mornieu, cautions de madame Fai/e d'Espeisscs, fourniront à M. de Casaulf, la somme de i5o écus pour la faire tenir à M. Régnier. — Le 1*' juillet suivant, le Consulat désirant reconnoitre les bons services de M. Faye d'Espeisses, consent et accorde que, procurant ledit sieur la liberté de M. Régnier, et le faisant rendre à ses dépens jusqu'à Roanne en toute liberté, ladite dame (TEspeisses et ses cautions soient déchargées de leur promesse et obligation, etc. S. Voyez ci-dessus au 27 mars, et ci-après au 3o septembre i5yo.
1589. — Mai 18. Les frère gardien et religieux de VObservance remontrent au Consulat que, depuis les nouveaux troubles, les habitants de la ville qui avoient la dévotion de venir au service divin en leur église, et y faire quelques aumônes dont lesdits religieux vivoient, n'y peuvent plus venir, 'd'autant moins qu'il n'est permis de sortir "sans passeport. — Le Consulat ordonne que, pour les dédommager, il leur sera fait une aumône, pour une fois, de trois ônées de bled, et d'un poinçon de vin, etc. S.
1589. — Maiao. Sur les remontrances qui ont été faites de la part du seigneur à'Albigny , qui s'est emparé de Grenoble , et a mis hors de cette ville le colonel Alphonse Corse, qui y était contre le repos de la Sainte Union , qu'il lui est impossible de conserver ladite ville , sans être secouru de moyens pour la solde de ses soldats , comme la ville lui avoit offert, le Consulat considérant de quelle importance est la ville de Grenoble au bien de ladite Union , accorde de fournir au sieur û'Albigny la somme de 2000 écus, sous la promesse qu'il fera de la faire rendre par le pays de Dauphinc, etc. — Le 5 Juin, il fut ordonné de compter cette somme au sieur d \ Albigny. S.
I589. — Mai a5. Le Consulat retient les seigneurs de Saconay (1) et de Rc&uvillards pour capitaines de deux compagnies, chacune de 200 arquebusiers, et fait donner à chacun d'eux , par avance , 200 écus pour lever leurs compagnies. — On retient M. Chaponay de Vhle , échevin, pour chef et capitaine d'une compagnie de 5oo arquebusiers. S.
158g. — Mai 25. Séance consulaire. Comme la dame de Vhle fait de très mauvais offices en son château a"Arcy , sur la rivière de Loyrc, arrêtant tous
(1) Ce M. de Sacotiy fut fait prisonnier dans l'affaire de Rochetaillee , et ensuite lué de sang froid. S.
ceux de la Sainte Union qui y passent, le Consulat ordonne que les pension» ou rentes qui lui sont dues en cette ville , seront saisies et converties aux frais de la guerre , et que la maison qu'elle a en Bellccour , laquelle est déjà inhabitable pour n'y avoir que les quatre murailles, ouvertes en différents endroits, sans portes ni fenêtres ni planches, sera achevée d'être démolie rez terre , et les pierres employées aux réparations de la ville. — M. Chaponayde Clsle était présent à celle séance. S.
1589. — Mai a/|. Le Consulat nomme sergent major pour commander aux forces de la ville , François Dupuy , seigneur de Aoe/tefort, gentilhomme dauphinois, qui a librement et volontairement quitté sa femme , sa famille et ses biens pour servir à la Sainte Union (t). - — M. de Rochefort ayant accepte cet office, fit son serment au Consulat , le 14 suivant.
— Même jour. On fait payer au capitaine Malezieu la dépense des la soldats qui l'avoient suivi en deux voyages , l'un pour se saisir du baron de Joux , en Beaujolois , par ordre de Mgr de Nemours ; l'autre pour se saisir des sieurs Benoit et Jean Seve , par ordre du marquis de St-Sorlin. S.
1589. — Mai 25. Le Consulat retient et prie M. Pierre Matthieu, docteur ès droits, pour faire l'oraison d'usage à la St. Thomas prochaine.— Le même jour, on lui fuit passer 20 écus pour les frais du long voyage qu'il avoit fait en Vivarais pour les affaires de la Ste Union , ses vacations y comprises. S. Voyez ci-après au 22 décembre de cette année, et au 22 décembre 1 5q4.
I589. — Mai 25. Le Consulat ordonne que les biens de M. Savigny de Montfort seront saisis pour être employés au frais de la guerre , parce que ledit seigneur est du tout contraire à la Sainte Union.
16S9. — Même jour 25 mai. Le Consulat arrête que le sieur Detaux donnera une escorte de 10 ou 1 a soldats de sa compagnie ù M. le Commandeur de Dijon, revenant présentement de Home où il avoit été envoyé vers Sa Sainteté par M. le duc de Mayenne et par le Conseil général do l'état de France. — Ce commandeur étoit porteur des dépêches de S. S. pour le duc de Mayenne et pour le Conseil. — On lui donna une escorte de 20 arquebusiers à cheval. S.
— Même jour. On fait payer à Antoine Laboureur , sergent du pennonage de la rue de Flandres depuis i5 ans, 100 écus, en considération des grands et signalés services qu'il a rendus à la ville depuis les nouveaux troubles , où il a souvent exposé sa vie à divers périls et hasards , etc. S.
158<). — Mai 26. Séance Consulaire. On arrête de supplier Mgr de Nemours d'écrire à Madame de Nemours, sa mère, Anne d'Esté, veuve en premières noees de Françoù de Lorraine , grand duc de Guise , et en secondes de Jacques de Savoie, premier duc de Nemours, que son bon plaisir soit de venir en cette ville , aux fins d'assister de son bon conseil Mgr le marquis ( de Saint Sortin) , en l'absence dudit sieur de Nemours. On arrête aussi de députer le sieur Guillaume Gella , marchand de la ville, pour l'aller prier de s'acheminer par deçà. On promet audit sieur Gella que s'il étoit fait prisonnier par les champs et mis à rançon , on lui payeroit ladite rançon, et on l'intlcmniseroit de ses dépenses. — - M.</« Nemours c'toit resté à Lyon ou dans le pays pendant environ 90 jours, depuis le 23 mars jusques vers le 20 juin.
1589. — Méms jour 26 mai. Le Consulat permet aux sieurs des Nations ,
(I) On ne fait aucune mention dans cette délibération du sieur du Fenoyl, qui était alora serpeu t- major . et qui était sans doute encore prisonnier dans le couvent de» Cêlesliut. Voyez
ci -dessus au 26 avril.
demeurant en cette ville de faire les payements de lu foire de Pâques dernier aux jours qu'ils onl désignés , afin d'entretenir le change royal en son ancien ordre , sous la promesse toutefois desdils sieurs des Nations qu'ayant égard aux présents troubles, ils ne contraindront les marchands habitants de celte ville de payer tout ce qu'ils leur doivent auxdits payements , mais qu'ils recouvreront leurs dettes doucement et de gré a gré. S.
1À89. — Mai 28. Fêle de ta Sainte Trinité. Le sieur tfAveyne, président du Consulat , et trois autres eehevins se icndent , suivant l'usage, au Collège eu-ils assistent â la messe , après avoir conféré en l'arrière cour avec M. Bernardin Castor, principal dudit Collège, des obligations énoncées dans les contrats faits entre la ville et les Jèsuiles* Procès-verbal en est dressé. S.
1589. — Mai 2çy. Se ine* Consulaire. « Etant à craindre que le grand nombre de.servtlcurs qu'ont les prisonniers qui *ont au château de Pierre-Scize, et le trop facile aeeès qu'on donne à chacun de les aller visiter, n'apporte quelque danger de rupture de pri<ou,au préjudice du bien et service de la Sainte Union , comme aussi la trop grande facilité qu'ils ont d'écrire des lettres pour donner avis de ce qui se passe , on priera M. le marquis (de St-Sorlin) d'ordonner que lesdits prisonniers n'auront pour eux tous qu'un cuisinier , et pour leur service particulier, chacun un serviteur; que leurs femmes ne les pourront aller visiter qu'une fois la semaine , accompagnées seulement d'une servante , auxquelles seront faites défenses de leur porter, ni de recevoir d'eux aucunes lettres, et à cet effet seront visitées à l'entrée et h sortie du château par le capitaine dudit lieu qui a en garde les prisonniers , et ne sera permis d'écrire aucunes lettres ou mémoires audit château qu'elles n'aient été vues par le capitaine ; enfin de ne permettre qu'aucun, soit de la ville , ou étrangers , ne puisse les aller visiter. On arrête que les frais faits et à faire pour leur garde , seront supportes par les prisonniers. S.
4Ô89. — Mai 5o. Séance consulaire à laquelle assistent les notables bourgeois suivants qui y ont été appelés : de Torveon , lieutenant-criminel, AU lard , Àttàaud , de Lûmes , Oddci-Croppet, Pollaillan et de Buzinant. — Sur l'avis reçu de la surprise iVAndieuse , par l'ennemi, le Consulat craignant qu'il n'en advienne de même à la ville de Condric.u , ordonne que le capitaine MaUzieu prendra 100 arquebusiers de sa compagnie pour les conduire à Condrieu, On les payera de leur solde d'un mois, afin qu'ils y puissent ▼ ivre modestement, ainsi qu'il leur est enjoint. Les habitans seront priés de les recevoir et loger commodément. Ils s'y rendront par eau , etc. S.
1589 — MaiSo. Séance consulaire. « Etant recherchés par le sieur Pcllouxi député du pays de Dauphinè, d'entrer en la trêve que le sieur Alphonse df Ornano , gouverneur général dudit pays, et le sieur Desdiguièrcs , pour ceux de la nouvelle religion, d'autre part, ont fait ensemblement pour le temps et terme de dix mois qui écherront le 3i décembre 1 f»f)o ....... a clé
advisé qu'il .semble qu'il n'est besoin d'être recherché d'entrer en ladite trêve avec ledit pays, parce qu'il n'y a eu guerre ouverte , ni aucun autre acte d'hostilité entre icelui pays et le gouvernement de Lyonnois \ et néanmoins, combien que pur le serment de la Sainte Union de» catholiques , il ne leur soit permis ni licite d'avoir aucune intelligence avec les hérétiques , les échevius accordent néanmoins un libre commerce entre les habitans du pays de Dauphiné et ceux de celte ville, de quelque religion que lesdils habitans soyent. »
N. Cette résolution fut ensuite barrée , et l'on écrivit en marge : a De- « puis, pour certaines bonnes considérations, l'on a advisé de biflér le présent « acte, et n'en faire ni donner aucune expédition audit sieur Prlloux. » S.
1589. — Mai 5i. Séance consulaire. « Un nommé Jean Moufle, de Lyorij avoit donné son enfant à nourrir à la femme à' Antoine Déforme, ferratier. Depuis les troubles, Moufle s'étoit absenté. Le nourricier demandoit ses gages du nourrissage, ou que l'enfant fût mis à l'hôpital. Le Consulat considérant les mauvais o (lice s de Moufle qui porte les armes contre la Sainte Union, et persuadé que s'il avoit en liberté le gage qu'il tient tant précieux , qu'il feroit encore pis aux habitants de cette- ville , il est fait défenses au nourricier de se dessaisir de l'enfant sans la permission du Consulat: sous peine d'être traité comme rebelle. On lui fait payer par avance le nourrissage de 5 mois, à raison de 4 francs par mois , prix convenu avec le père. » S»
1589. — Mai 5i. Séance consulaire. «Comme il est très nécessaire pour le bien de la Sainte Union et le repos de celte ville et du pays , /l'être de jour en jour fidèlement averti de ce qui se passe en l'armée de M. de Mayenne , et que S. E. le soit aussi des occurrences de ses quartiers de deçà ; ce qui ne peut se faire commodément par la voie de la poste , pour être les chemins occupés par les divers partis, on arrête de prier un homme fidèle qui soit près la personne de S. E. , de lui donner avis deux fois par semaine de ce qui se passera , et pour ce on choisira quatre messagers secrets dont deux séjourneront en ladite armée, et deux en cette ville; l'un desquels partira de ladite armée le lundi, l'autre le lundi suivant ; et de même ceux de Lyon , à même jour. »
1589. — Juin a. Séance consulaire. * Attendu que les facultés des marchands de celte ville ne doivent être sues et divulguées, comme elles le sont par l'ouverture des lettres de leurs commettants et de leur commerce , on ordonne que désonnais les paquets qui seront adressés aux échevins ou à l'un d'eux en particulier, ne seront ouverts ; et quant aux lettres et paquets adressés tant aux marchands rcgnicoles qu'étrangers , l'on ne pourra ouvrir que la première couverture, sans ouvrir les lettres particulières adressées auxdits marchands. » S.
1589. — Juin 5. Le Consulat enjoint au chevalier du guet de renforcer la garde qui a élé mise au logis de M. le trésorier Camus, et ce pour certaines bonnes considérations. — Le 25 juillet suivant, ÎV1. Camus ayant acquitté les 4j°oo écus de sa taxe, on le décharge du surplus et on tient ses cautions libérées. On lui permet de demeurer et d'aller librement dans la ville, mais on lui défend d'en sortir sans le consentement des échevins , a peine de 6ooo écus d'amende. S.
— Même jour 5 juin. Le Consulat ordonne de mettre garnison ès maisons de M. au Soleil , et de II« de Servieres. Leurs femmes donneront, chacune , caution de 4°°o écus, qu'elles. ni leurs enfauts ne sortiront de la ville. S.
1589. — Juin 8. Le capitaine Perret avoit élé élargi des prisons, sous promesse de ne sortir de la ville sans le consentement du Consulat, et de jurer et signer la Sainte Union , à peine de 2,000 écus , dont avoit été caution Ennemond Perret, dit Biverie, lesquels se sont enfuis tous deux, dès le lendemain. Le Consulat ordonne qu'il sera mis garnison de six hommes dans le logis dudit capitaine Riverie , tant à Lyon qu'à la campagne , et ses biens saisis pour l'assurance des 2,000 écus. Quant au capitaine Perret, sa femme sera mise eu prison. S ils ne comparoisseut dans trois jours , ils selunt mis au ban de 5oo écus chacun. S.
— Même jour. Le Consulat ordonne que les chevaliers du guet, mis en> garnison chez les suspects, seront payés par ceux-ci, à raison de i5 sous par
jnor, outre leur nourriture. — Pour prévenir les abus qui ont eu lieu en la
garde des prisonniers qui ont évadé, on ordonne qu'ils sera mis des ca-
denats aux fenêtres des chambres où coucheront ceux que l'on garde. — On donne ordre aux capitaines penons de faire faire , chacun en son quartier, tous les deux jours , une recherche bien exacte , durant tout ce mois, et de saisir et mettre en sure garde ceux qu'ils jugeront suspects. S.
— Même jour. Le Consulat , après en avoir délibéré avec les cnpitaincs penons de la ville, arrête que les catholiques absents de Lyon , à cause des présents troubles , comme suspects du parti contraire à l'Union, seront reçus en celte ville et en leurs maisons, en , par eux, jurant et signant l'Union , sans toutefois qu'ils puissent être admis aux charges publiques ; mais quant à ceux qui ont été une fois huguenots, et qui ont une fois absenté la ville , encore qu'ils soient réduits f et qu'ils se présentent pour jurer et souscrire l'Union , ils ne seront pas admis â rentrer dans cette ville. S.
1589. — Juin 8. Le Consulat , sous le bon plaisir de Mgr. le marquis de 5. Sorlin , permet à M"" de Combellandes d'aller voir tons les jours une foi«t avec une chambrière et un serviteur, le sieur son mari. S. Voyez ci-des- •us au i'r avril.
1589. — Juin io. Le Consulat charge le capitaine penon du quartier de St-Vinccnt d'enlever du château de Cuires et autres lieux suspects toutes les armes qu'il y trouvera, ainsi que la grille de fer qui étoit à la porte de la citadelle et qui avoit été placée dans ce château. — On y trouva trois hallebardes, une pertuisanne , deux pièces de petite artillerie, l'une en fonte , l'autre en fer, montées sur roues, etc. — On fit aussi -aisir les armes qui étoient au château de Laval , appartenant à M. de Langes , et on les apporta à l'Hôtel de Ville. S.
1589. — Même jour io juin. Le Consulat accorde à M. Chevrieres de Sain% Chaumond ioo arquebusiers et deux pièces de campagne , pour l'exécution d'une entreprise projetée sur quelques places du Forest occupées par l'ennemi. S.
1589. — Juin i5. Le Consulat arrête que M.e Bonln Chalon remettra en l'Hôtel de Ville» les deux faulconneaux qui estoient de M. a" J asserve * dont lui sera donné chargé. « On ordonne aussi que le sieur Chalon « procurera que la cotisation du sieur A'Ausserre sera payée , autrement il sera contraint en son propre et privé nom. » — Le 12 juillet suivant, on fait apporter à l'Hôtel de Ville les armes de M. d'Ausserre, et celles du sieur Chalon. S.
1589. — Juin i^. « En conséquence de l'ordonnance de Mgr. de Nemours qu'il scroit baillé dix pour cent à ceux qui dénonceroient les facultés cachées, dettes et créances de ceux qui sont colti>cs à l'emprunt, le Consulat , désirant reconnoîlre Claude Tourve'on de ce qu'il a découvert les délies et facultés d Antoine Hoiry , par le moyen de quoi on a élé payé de 1000 écus de la cotlisation dudit Uorry , ordonne qu'il sera payé au sieur Touivèon 100 écus sur les facultés du sieur Horrj\ » S.
1589. — Juin i5. Le Consulat ayant fait mander les capitaines penons, leur fait entendre que, par leur avis, il a "commis M. de Jiorhrfort^ gentilhomme , à l'office de sergenl-major de la ville, laquelle commission il avoit acceptée avec serment de bien exercer ledit office ; il les exhorte d'être uni* et 'd'accord ensemble, comme ils l'ont été jusqu'ici, ponr la garde de la ville , et d'obéir aux commandements qui , pour ce , leur seront fait*
Uigitizeo by
par Je sieur de Rochefort \ ce que tous ont promis de faire, se réjouissant grandement de ladite commission. Y oye* ci-après au ta août (i).
— Même jour. Le Consulat ayant mis en considération les bons offices et signale'* services du capitaine Fenoil ( en remplacement duquel M. de Rochefort a clé nommé sergent-major ) , ayant mis>i égard au grand nombre d'enfants qu'il a très-bien instruits a la religion calbotrque, et attendu qu'il « librement signé la Sainte Union, lui accorde , sa vie durant, les gages attribués audit office , lesquels continueront à lui Aire payés par le fermier du sel. — Le 22 août suivant, on lui donne « pleine liberté de l'aire ses affaires « en tonte Mirctë, tant à la ville qu'aux champs, » S.
1589. — Juin 17. « Comme H n'est raisonnable que ceux qot sont contraires an parti de lu Sainte Union, et qui emplotétri leurs moyens et facultés pour lui nuire, soient secourus des deniers publics, tant pour
gages ordinaires que pour pensions à eux accordées sur la Terme du sel,... le Consulat arrête que défenses seront faites aux fermiers du sel île payer les pensions éebues et à échoir de M" de.. Langes et de fdlarsy lesquelles seront réservées pour les affaires de la Suinte Union. — Le au juillet suivant, on fit prier les trésoriers de France de convertir les gages et pensions que M'» de Langes, de Fillars et autres politiques avoient sur la ferme du sel, au payement des gages du sieur de Rochefort , sergent major de la ville. S.
1589. — Même jour 1 7 juin. Le Consulat tait payer au sergent de Ja compagnie du sieur du Maleùeu , le montant de la dépense par lui fuite pour la garde Je huit soldats qui étoient en garde au cbâteau de Pierre-Seine lurs de l'évasion des prisonniers , lesquels soldats furent , pour ce, mis en prison à Roanne , depuis le dimanche ^ juin jusqu'au dimanche suivant. S.
1589. — Juin 18. Les sieurs Poculôi et Prost, écbevins, sont autorisés par le Consulat â faire placer dans leurs maisons deux pièces de fonte pour la sûreté du pont de Saône. — Au mois de mai, on avoit saisi sur la rivière 30 caisses d'arquebuses et de mousquets; on en distribua la majeure partie aux écbevins. S.
1589. — Juin 23. Sur la demande de M. de Rochefort , sergent-major de la ville , le Consulat arrête qu'il priera M. de Nemours de rafraîchir son ordonnance du 11 avril, relative au service de la garde municipale , et que S. K. sera priée d'y ajouter « que ceux qui seront tenus pour suspects d'être ■ politiques v ou d'avoir été de l'opinion nouvelle , aie seront admis à la « garde , mais enverront à leur place, personnes capables au contentement «f des capitaines penons
1589. — Juin 26. En vertu du sauf-conduit qui lui a été donne, Benoit Seve, sieur^/c Fromenle et de St. Didier, se présente au Consulat, et remontre qu'il est revenu à la ville, sous le bon plaisir des écbevins , pour le service desquels il a voue' sa propre personne,... les priant de le recevoir en leur protection, comme leur concitoyen: qu'il désire et veut encore leur fortune ; que si , pour son âge sexagénaire , on ne le trou voit capable
d'être empluvé , qu'il soit néanmoins tenu pour citoyen qui desireroit
faire au pubiic le service qu'il ne peut remplir Les écbevins lui
répondent qu'ils ont grand plaisir de son retour en la ville» en laquelle ils désirent qu'il fasse continuelle résidence ; lui donnant pleine et entière main-levée des meubles saisis sur lui pour remeubler sa maisou,eu
<i) Voyez Bref recueil de plusieurs litre* et actes touchant l'ancienneté et pouvoir de l'office «le capitaine de la ville de Lvon . où il est incidemment parlé de I 'eslabJi*ement faicl en l'an i.'i-O , de la charge d'un svr^ent major ou ladile ville , olc , par V. S. F. A Lyon, pai Tie/ rg Cofort/irr ; iG21, iu-8" ; J. MoriwJ, v , i35.
laquelle il pourra demeurer en loute liberté et assurance , . tarant ot e Co„s„,,t „„,„„„,,„..„ du ' „,5e Sooo icroue ;
leuV1oit7er^f J? caPi,',i,.,e5 ,Penon' *>«»■>*>« >u Consolai •W» M« nu A ,unC tonfrerie dan9 1Velije *» Cordclier,, pour
eusemb " ? ^«"ches ou au.re, jour, férié,, aux fin, Je miter
X I ' 1 , " celel"at'»» de I» «iule messe , à |a char„e
qu en leur, assemblée, , le, échevin, en corps ou c» par.iculier Vuour '"Jow? H00 leuf «mble.- Le, écberins réponse», S K I /fe^T'"' " 'CUr de'UaUd,;' «••« -annoncé .JUmJ**
dcnT 5f"" ;W U8 J'Uin' L«C*os»,a' arrête qu'à revenir il n'y aura que deux echcvins qui assiéront au Conseil d'état tenu près la personnel Mgr. de Nemoun, savoir les sieurs d'Avtync et de l'Isle. S. Peisonnc ««
Ga^lt' 2?>w«- « Ia requête présentée de la part de/Wo*
?Z il f Sne"r eî bnr0° ^ /0W' ct de **ois«lle AJatfÛw, sa fille, Sri ZéL ;,LCaUSe ^'P™^, nu riritea» de /WJc&e, ladite
3ne ZI ^ °° ExceHcnCe «« sleu« écl.evin, et aux capitaines
« » «„„? • Pem,n"? ,eUr 8 demand« leur avis; ceux-ci ont dit qu'ils
tin?* \ p',0,UrS !0U,,,,. a,"X ord, tsdeM- de Nemours et à la volonté des éclicvins p.„ | ordre desquels le sieur de Jons et autres ont été resserrés ; remontrant neanmoms que la ville est en allarme pour ceux qui ont été élargi*, et
sln ™ "l ?" L' ?UV™ ,Wn P,ai"p ful Ordonner .que les sïspects fus- « sent r^serres, et les hérétiques punis • - à quoi iU persistent. S.
ïm.—Mêmejatir 28 /«/>/. Les marchands des nations remontrent au Consulat leur* anciens services et secours faicts à la ville, leurs privilèges d^nt le Consulat est le protecteur, et qu'il a approuvé en particulier par le ser- ' men delà Sainte Union de les maintenir et conserver; ils exposent que la dif- Ï'f'iTr^'r5 '"»d* lumps de troubles, les met dan, l'im-
po.Mb.îite de fournir le prêt de 3o mille écus demande par AI. de Nemours' que cependant, ce mê,™ jour, on vient démettre, cQ leurs' maisons, des garni! sons par ordre de M. de I\emourst pour les forcer à fournir leur portion dudit emprunt; ils prient le Consulat d'en obtenir promptement la levée. — Le Consulat, en promettant d'écrire à M. de Nemùurs^m est un prince équitable cl qui ne veutuser d'aucune force contre les étranger.-, prie les marchands des nations florentine , génoise ct Jucquoise de considérer les circonstances et la cause de cet emprunt qui ne pouvoit êlre fait pour un plus digne emploi , s agissant delà religion catholique en daoger d'être suff^uee en ce royaume par l iicresie ; que celle ville ne se peut conserver que par les armes ; que le nert delà guerre est l'argent ; que le prêt qu'on leur demande sera fait à des princes de grands moyens, protecteurs de la religion catholique, lesquels, outre eurs obligations particulières et les entions qu'ils ont offertes, en donneront encore leur assignation sur la recelte générale de celte ville ; cependant W Consulat ne i laissera de faiie'pa, >cnir leurs remontrances à S. B.,et la suppliera (I y avoir égard. S.
1589. — Même jour 28 juin. Les apothicaires de la ville demandent que les lettres patentes qui leur ontété données au mois de décembre précèdent soient transcrites sur le registre des actes consulaires, et que le règlement qu'ils ont fait entr'eux soitapprouvé parle Consulat. — Il est ordonnéque, sans autrement les approuver, les dites lettres seront enregistrées, et que leJ. noms et surnoms des apothicaires juges capables, seront inscrits sur les registres du Consulat. — Il y avoit alors sur le rôle 28 apothicaires reçus et autorisés a exercer cet état. S.
1589. — Juin 3i« On fait saisir entre les mains des héritiers Capponi les biens et facultés de Jean-Baptiste Antoine et Comelie PeUissari, jusques à la concurrence de ce qu'ils doivent au sieur Baglioni, pour contraindre les héritiers Capponi au payement. S.
— Même jour. Le Consulat fait payer îoe'cus, en forme d'aumône, à Denyse du Boucher, de La Cheze> près Montargis, pour l'aider à retourner chez elle, eu considéralionde ce que, revenant de Languedoc du]service de Madame de Joyeuse, elleaété dévalisée par certains soldats. S.
1589. — Juin... Mort de Guillaume Roville, imprimeur célèbre, né à Tours en 1 5 1 8; inhumé aux Cèleslins. — l'eu de jours avant sa mort, le 17 juin, il avoit complété par un codicile, les dispositions de dernière volonté qu'il avoit faites en laveur des hôpitaux de Lyon, par son testament du 17 novembre i586. Biogr. Lyonn., p, 261 ; Revue du Lyonn., n,2o5. — LcConsuIat, dans sa séance du 28 juin, conféra l'état de capitaine penon, vacant par le décès de Guillaume Roville^ à Jean-Baptiste Buisson (son gendre), 0 comme personne capable et fidelle. » S.
1589. — Juillet 4. On s'éloit saisi d'un espion nommé Roland ; il fut condamné à certaines amendes, et à servira ses dépens la Sainte Union pendant trois mois. — On avoit aussi arrêté un Provençal soupçonné d'être venu \ Lyon pourydécouvrireequis'y passoit, et d'y avoir apporté des Icllrescontraires a la Sainte Union. S.
1589. — Juillet G. Le Sr Ducoing, capitaine de la rue de Flandres^ avoit eu une altercation avec son lieutenant ; il fut décidé par le Consulat, sur l'avis du sergent-major, que, quand le capitaine est présent, le lieutenant n'a aucune autorité, et qu'en l'absence du capitaine, c'est au lieutenant à faire les rôles, mais qu'ils doivent être signés par le capitaine. — On décida encore que les capitaines penons allants en garde, conduiroient leurscompagnics, d'autant que ce sontdes compagnies volonlaircsqui ne reçoivent aucune solde;.... que les capitaines et les lieutenants marcheroient ensemble à la tête de leurs troupes; mais que les capitaines penons auroient la droite. S.
1589. — Juillet 7. Un marchand de Tournas , tenant le parti contraire à la Sainte Union, avoit livré des bleds à Jean Barovd, de St-F'mccnt; le Consulat les fit saisir afin qu'ils fussent vendus au profit de la Sainte Union. S.
\589. Juillet 12. Une compagnie de 5oo Suisses envoyée de Lucerne^ arme à Lyon pour y faire le service, à raison de 1 85o écus par mois. — Le 1 7 , les échevins donnèrent, à l'Hôtel de Ville, un dincr aux officiers de celle compagnie. La dépense s'éleva à 5 1 écus, 19 sous, 6 deniers. S.
1589. — Juillet i5. Une ordonnance de police rendue par le Consulat contient entr'nuties dispositions:
Commandement au sieur Bualicr de se retirer avec sa femme et sa famille à Montbrison ou ailleurs;
Injonction à quelques jeunes gens de la ville faisant profession des armes d'aller servir la cause de la Sainte Union, en l'armée de Mgr. de Nemours, et,
•'ils ne le veulent faire, de sortir de la ville, et de n'en approcher de dit lieues ;
Défense de laisser entrer qui que ce soit dans les postes des capitaines ou des soldats ;
Ordre de couper on arracher tous les arbres voisins des fossés et murailles, hors la ville , depuis la porte de Pierre-Sctze jusqu'à celle de St-Georges , etc., etc. S.
1589. — Juillet 17. Les sieurs Slrozzi et Barlholy sont mis hors de la ville par le Consulat, qui, dans so séance du 19, les autorisa à se retirer à St- GenLi-Laval , «en s'y comportant paisiblement , sans faire ni entreprendre * chose qui puisse préjudicier aux affaires de la Sainte Union et au repos « public. » — Le 4 août suivant, on permit à Léon Slrozzi de revenir à Lyon et d'y demeurer à la même condition. S.
1589. — Juillet 20. Séance consulaire. M. Robert , avocat au parlement de Grenoble, envoyé par le seigneur Allùgny, gouverneur de celle ville, expose que Grenoble est dans une peine indicible pourse conserverconlre les entreprises et les altcntats des hérétiques et des politiques, et du sieur Àlfonse qui s'e.-t joint à etix; que, outre ce, elle est en grand soupçon de l'armecd'un prince étranger (le duc de Savoie) bien proche d'elle, lequel, sous main et par belles paroles, commence à y faire des pratiques; et est h craindre qu'après la douceur, il ne s'aide des forces qu'il a lotîtes prêtes, sous couleur de les employer ailleurs; que, malgré cela, la ville se conserveroit envers et contre tous, si elle avoit les moyens d'entretenir une compagnie de gens d'armes et trois ou quatre de gens de pied ; qu'elle avoit recours h la ville de Lyon pour être, en ce besoin, assislée de ses moyens, en tant que la conservation de l'une est la surelé de l'autre. — A quoi les echevius répondent qu'ils sont bien marris que les movens leur manquent pour secourir Grenoble, attendu les grandes dépenses qu'ils ont ci-devant faites et qu'ils continuent pour la conservation de celte ville qu'ils ont tellement épuisé leurs bourses particulières] et celles de leurs concitoyens, qu'ils ne savent plus ou donner de la tête ; offrant néanmoins, à faute d'argent, de secourir Grenoble de quelques unes de leurs forces. — Le 17 août suivant, le Consulat fit compter à M. Robert , 1200 écus par forme de prêt. S.
1589. — Juillet 26. Le Consulat, voulant secourir de munitions de guerre le Seigneur de Parennes Nagu, Gouverneur «lu Mâconnois , pour l'aider à expurger les maisons fortes de C rusî lies , d'Ane et autres de son gouvernement, esquelles les ennemis de la Sainte Union font leur retraite, et de la courent les champs, et troublent le commerce de la Saône, ordonne qu'il sera enlevé de L'Arsenal 200 boulets et deux milliers de poudre à canon qui serontenvoyés à M. de Garennes. Un ordre sera donné, h cet effet, à Sr Jean Alexandre, garde général de l'Artillerie et munitions de France. — On lui livre aussi , deux pétards . du poids de 99 livres, que le sieur Devaux avoit libéralement prêtés. — Le 3i juillet, on" lui fit encore fournir deux milliers de poudre et «5o boulets, etc. S.
1589. — Juillet 27. M. /. B. Clialon , procureur es cours, communique au Consulat une lettre qu'il a reçue de M. Pierre d'Jusxerre, conseiller et maître des requêtes de la couronne de France, et dans laquelle celui-ci le prie de remontrer au Consulat les services qu'il a ci-devant rendus à la ville, tant du temps qu'il y habitoit , exerçant la charge d'avocat du roi, que depuis sa promotion en ladite maîtrise, infime aux derniers états de Mois, où M" les députés de Lyon avoient pu voir les bons offices qu'il avoit faits pour le semee de la ville; que ces bons ofûces ne méritoient pas qu'il fut si mal
traité, comma il l'était, en ?«s biens el facultés, môme en la cotisation de l'emprunt, dont il dcmaudoit d'être rayé, afin qu'il eût occasion de continuer ses bons offices à la ville. — Les echevins repondent qu'ils n*ont point eu connaissance de ces tant bons offices et grands signalés services dont ledit sieur ûAusserrt se jacte : mai» au contraire étant ou il est présentement, il ne peut qu'il ne lasse de fort mauvais offices contre le bien et repos non seulement do cette ville, mais de toutes les autres villes catholiques
qui sont entrées en la Sainte Union contre laquelle il est du tout bandé,
et, par ce, sont résolus de lever sur ses biens et facultés la somme à laquelle il a été eotlisé, pour fournir aux frais de la conservation de cette ville en la Sainte Union. T)e plus ordonnent audit Sr Chalon de représenter les meubles et deniers dudit Sr d' Auven t qu'il a fait enlever en son nom , a défaut il sera contraint, en propre nom, au pavement de ladite coltisalion, sauf son recours contre le Sr iYAus.wre ; de plus que ledit Sr Chaton remettra en l'Hôtel de Ville les quatre pièces de fonte qu'il a retirées de la maison dudit Sm d1 j£iuserre* a Sfe-Ftiy, el qu'il y sera contraint par toutes voies, etc.
1389. — Juillet Le Consulat ordonne que le Sr (U Farennes sera élargi des prisons où il est, à la charge de sortir de la ville, el de n'en approcher de dix lirucs.
1589. — JuiUel^x. Le Consulat arrête que François A eant,prv.r(t\ de la monnaie, ser.ipriset conduit èsprisons royales, pour lui être fait et parfait son procès sur certains propos qu'il a tenus; — que pour ôtertout ombrage au peuple du séjour que fait en cette ville le cardinal Morosini9 légat du pape, ce prélat scia prié de sortir de la ville. Sont députés à cet effet Mr* de l'Isls, Charbonnier el Charrier. — ■ Le Ier aoûl, le Consulat craignant quelque remuement et c notion populaire, commet M. le conseiller Allard el cinq capitaines penons, pour supplier M. le légat de vouloir se retirer hors du pays de Lyonnois. — Le Cardinal Morosini etoit encore à Lyon 1e 7 août.
— - Le duc de Nemours avait quitté' Lyon depuis quelque temps pour voler au secours de Paris assiégé par les troupes royales. Avant son départ, il avait fait traeer une nouvelle enceinte de fortifications qui devait envelopper toute la montagne de Fourvièrcs ; il avait laissé la direction de ces travaux au marquis de Saint-Sorlui , son frère, qui commandait la ville en son absence. — Vers ce même temps on construisit, au faubourg de Faise* uneseconde porte sur laquelle on mit celle inscription qui parait avoir clé la devise des ligueurs de Lyon :
Y7t DIEV. VU ROY.