RÈGNE D'HENRI IV
1389. -—Août 5. Noble Benoit de Monconys, sieur de Liergu capitaine penon du quartier du Piastre St-Esprit, et ses lieutenant et enseigne, cautionnent envers le Consulat, André Lcscuycr, dît Moustache , habitant de leur penonnage, et promettent pour lui qu'il ne fera ni ne dira cjiose nuisible à la Sainte Union ni à la conservation de la ville , sous peine de s'en prendre à eux; moyennant quoi, le Consulat consent à son élargissement.
— Le Consulat avoit chargé Philibert Genoud d'aller aux portes de Pierre Benoiste, lrigny,Fcrnaison elGrigny, pour faire remonter lès bateaux contremont la rivière, en celte ville, afin d'empêcher le passage de ceux du Dauphiné qui tiennent le parti contraire. Ou lui fait payer 17 écus.
On répondra à Mgr. le duc de Savoye que le Consulat a exprès dépêché
(t) Jacq. Faye avait épomé à Lyon , en i 5;6 , Françoise de Chaivet . fille de Françoise de ChaUct , baron de Trisac , trésorier de France, etc. Le» biens considérables qu'il avoit eus de cette riche héritière , et ceux qu'il possédait de son chef dans le Lyomiois, l'y attirèrent souvent. Il se plaisoit beaucoup au château d' Fspeisses, ancien patrimoine de ses pères, situé dans un lieu solilaite, au bord de la rivière, entre OrtiJnas et J/ontagny,.. l'uxmt, i, 3yO.
son secrétaire en Bourgogne pour l'aire rebrousser chemin aux régîmcnR «les S" de La Grange, de Dizimieu et de Confiant, afin de les lui envoyer pour le secours que S. A. avoit requis. — Le 8 août, le secrétaire du Consulat «étoit de retour, et il avoit rencontré ces régiments. S.
1 589. — Août Le Consulat arrête, pour fournir la ville de munitions de guerre, de faire fabriquer en Bourgogne Gooo boulets de divers calibres, tant pour pièces de batterie, coulevrines, pièces de campagne, que autres.
1589. — Août G. Guillaume Gella, député en cour pour la ville de Lyon, écrit au Consulat :
« Messieurs, ceste sera la troisiesme lettre que je vous ay escripte despuys deux jours pour vous advertir de la mort du roy, et de quelle fasson il a esté tue; elaflin que vous volez plus particulièrement comme tout en est passé, je vous envoyé présentement ce que l'on a imprimé de par deçà de ladlcle mort. L'armée de l'ennemy est toujours au-devant de ceste ville, à un traict de canonade près, je ne scay a quelle fin, ny ce qu'il pense faire ; car de prendre ceste ville ou de rafla mer, il s'abuse d'aultant que pour montrer que Ton n'a guieres peur de luy despuys huict jours qu'il est icy campé, l'on n'a pas laissé de tenir la Court à l'ordinaire elles boutiques ouvertes, si bien que vous ne diriez pas que l'ennemy soit si proche devant la ville, si l'on ne le voïoit comme l'on faict, escarmouchant tous les jours avec les noslres tant à pied que à cheval, donnant du plaisir à ceulx qui vont sur Jes tranchées veoyr ; mais il ne s'ose guieres approcher près, craignant le canon, lequel joue bien î>ouvent, et en emporte tousjours quelqu'un. 11 y a quelques jours que deux gentilhommes s'assignarent le combat, scavoir M. de Maroles (i),dc nostre cousté, et le jeune Malinot (2), du party de l'ennemy ; et eslans venus en champ de bataille au-devant des tranchées, à la vue de cinquante mil personnes, montez chasquun sur un bon cheval, et bien armez avec leurs tances ; après avoir les trompettes sonné , ilz coururent l'ung contre l'aultre ; ayant ledict de Maroles esté rencontré de la lance de son ennemy au corps, dont il fut esbranlé; mais il tint bon, et donna de sa lance dans la visière de Malinot , il le versa mort par terre, aïant laisse un pied de sa lance dans la teste, revenant avec le cheval et armes du mort qui luy estoit acquis par accord faict entre eux. Cela estant advenu le jour mesme que le roy mourust, qui redoubla la joye, et les Cordeliers et aultres moines estant sur la tranchée ën chantèrent le Te Deum laudamus , que l'ennemy pouvoit entendre. Monseigneur le duc du Mayne (Mayenne) despescha le mesme jour par tout ce royaulme pour advertir de la mort du roy, affin que les villes catholiques ne soient surprinses parle Roy de Navarre qui prétend eftre roy de France, taschaot de jçaigner et retenir la noblesse catholicqiie qui est à son année; mais il s'abuse , car de jour à aultre, il s'en vient tendre à nous, et je croy que tout bon catholique l'abandonnera, estans résolus de faire roy le cardinal de Bourbon, sitost que l'on aura advis que le cappitainc du chasleau de Clùnon, où il est prisonnier, l'aura mis en liberté, et l'on verra ce que l'ennemy fera, encores qu'il ayt mandé en Angleterre et en Allemaignc pour avoir secours; mais il arrivera tard, et puisque nous n'aurons affaire qu'à l'Huguenot, j'espère que nos affaires yront bien avec l'ayde de Dieu, auquel je prie, après vous avoir bien humblement baisé les mains, vous conserver, Messieurs, en sa saincle et digne garde. A Paris, ce vi d'auust 1589. Guillaume Gella. — P. S. Fermée le viii ■. .......
II) Claude de. Marottes, père du cclèlne abbé de Marcllet.
(2r Jean de l'his Mxrîecuz. Toyry. !<• Vot.tairl de M. n-uc!iul , t. y, p. jÎj,
dudict, faulle de pou rieur. L'enucmy est desparly, ayant levé le siège ; et met on qu'il est à Poissy, sans que l'on sçaiche où il lire. » Documens d«
M. GODEMABD, p. 7.
1589. — Août*], On fait retirer la garnison qui esta l'arsenal delà Biguudiere, et on ordonne que lotîtes les artilleries et pièces à l'eu qui y sont, seront serrées et fermées avec «les ais de bob. — On charge le sieur <U Faux d'aviser, avec M. de Chevrieres, des moyens pour que ce seigneurriuisse faire, en Daupliinè, une levée de mille arquebusiers françois qui seront envoyés à M. le duc de Savoye, à l'effet de quoi le Consulat fournira mille écus sols.
— Le sieur Guillaume Durier ayant quitte Lyon, on avoit fait vendre ses meubleset saisir sa maison du Greillon. Main levée de celle saisie est accordée à sa femme pour l'aider à subsister. — On donne aussi main levée à Marie famus, femme du seigneur de Servieres , de la saisie qui avoit été faite de tous les biens dudit seigneur de Servieres, lant à la ville qu'aux champs. S.
1589. — AoûtS. Suivant la résolution qu'on avoit ci-devant prise pour la garde de la ville et du plat-pays, de lever à Lyon une compagnie de cent chevaux légers volontaires, le Consulat élit et nomme capitaine decelte compagnie noble Benoit de Montconis , seigneur de Liergues, lequel accepte la charge.
1589. — Août 12. Le sieur Buisson, capitaine penon du quartier Si -Antoine, demande qu'on lui prête une des pièces de fonte enlevées de la maison de M. de Combellandes, pour la faire monler et s'en servir en son quartier. Le Consulat rejette sa demande et arrête que les pièces d'artillerie en question seront enlevées delà chambre du conseil et lenues en lieu caché.
— Le sieur de Roche fort , sergent-major de la ville, demande à s'absenter deux fois 24 heures ; le Consulat arrête que le sergent-major n'abandonnera pas la ville S. Voyez ci-dessus au i5juin.
Août 14. Le ducrftf Nemours arrive & Paris. Voyez une lettre de Guillaume Gella au Consulat, p. 10 des Documens de M. Godemard.
1 589.— Août\\ 8. Articles accordez pour le bien, conservation et repos des pais de tyonnois, Forez et Beaujollois, entre les sieurs marquis d'Urft, de Cltevrieres, delaFaletteeldeCharlieu, (ces deux derniers) pour et au nom du sieur de Bressieux (Lyon, Jean Pillehotte , 1589, in-8° de 4 f. IL de Lyon, lome 5 du
2541 5). — Ces Articles signé» à Chazelles portent : « Que les cappilaines sortiront de Montrond , montez chacun d'un cheval , avec l'ospée, le poitrinal et pistolle....; que les soldatz sortiront, chacun baston blanc en la main, sans aucunes armes , et qu'il leur sera baillé escorte pour les conduire en loute seureté, jusques au lieu de la Falletle de Ftrica »
1589. —Août 19. Le Consulat modère la cotisation de M. de Comhetlandes a mille écus, et l'autorise à rentrer dans sa maison avec sa femme et sa fille, et ày demeurer en toute liberté, sans aucune garde. S.
1589. — Août 25. Le Consulat arrête que Messieurs du chapitre de St-Just seront invités à faire abaltrc les voûtes des caves de St-Just et les murs des jardins cl des maisons qui sont a l'entour des murailles de la ville, et qui pourroient nuire à cesmurailles. S.
1589. — - Août 25. On fait payer à Jean Pillehotte . imprimeur , 54 écus 17 s. pour les impressions qu'il a faites de plusieurs ordonnances, clc.
4î>89. — Septembre 1. Séance consulaire. Présents les onze échevins. — On fait mander les capitaines penon?. — Y comparurent M. Jean l andel ,
M. deSetracin, lieutenant de M. Gella, M. O. Croppct, Jean Pevricaud (penon du Puits du sel), etc. — Les échevins leur remontrent la nécessité de? affaires, les grandes dettes de la ville, les dépenses qu'elle a à faire pour la conservation de. la ville et du pays lyonnois, l'entretien des deux compagnies françoises et de deux suisses ; qu'ils n'ont pu trouver jusqu'ici aucun expédient pour y fournir; car de prendre sur le peuple par capitation, il seroit difficile de la lever, attendu sa pauvreté, joint que plusieurs des habitants qui sont qualifiés ou en dignité, s'en voudroient exemptera raison de leurs privilèges. Mettre un nouvel impôt sur les marchandises entrant en la ville , ce seroit en chasser entièrement le commerce.... En conséquence, on invite lesdits capitaines penons, comme les principaux chefs de leurs quartiers, d'aviser entr'eux des moyens les plus doux pour lever une bonne somme de deniers. Sur quoi ayant délibéré, il a été advise, du commun avis et consentement de tous les assistants, de mettre un impôt de 20 sols sur chaque ânée de vin entrant en la ville, outre celui qui y est déjà, et un liard sur chaque livre de fer. S.
1589. — Septembre 2. Sur la demande des marchands tant regnicoles qu'étrangers, h; Consulat, attendu les présents troubles et les difficultés des routes, arrête de supplier M. le Marquis qu'il lui plaise d'ordonner, dans son Conseil, la prolongation des payements prochains de la foire dJ Août jusqu'au 7 décembre prochain, afin de donner quelque soulagement auxdils marchands leurs concitoyens. S.
11)89. — Septembre 2. Le Consulat alloue une somme de mille écus au seigneur de C/tevrières, pour les dépenses excessives qu'il a faites en tenant sa maison ouverte aux capitaines et soldats qui l'ont suivi aux deux dernières expéditions du Forez, en faisant un voyage pour pacifier la querelle des seigneurs de St-Vidal et de Chattes, enfin, pour lui donner les moyens de fournir aux frais d'un autre voyage, qu'il se disposoit à faire, à la requête de la ville, vers ledit Sr de Chattes , afin de l'induire d'entrer dans la Sainte 'Union et d'employer ses forces pour le service d'icelle, etc. S.
1589. — Septembre*. Sur la requête d'un marchand allemand, gendre de feu Mathieu Spons, aussi Allemand, à ce qu'il plaise au Consulat laisser jouir les enfans et héritiers dudit Spons, encore qu'ils soient originaires de cette ville, des privilèges accordés aux marchands des villes impériales à* Allemagne par les rois de France, et, à cet effet, que les enfans dudit Spons soient rayés du rôle de l'emprunt qui se fait sur quelques habitons de la ville, le Consulat arrûle que l'on remettra au procureur général de Rubys lesdits privilèges pour y faire droit. S. Mathieu Spons était'probablcment l'aïeul de notre célèbre médecin Charles Spon, né à Lyon le 25 décembre 1609. Biogr. Ijonn., p. 284 ; Revue du Lyonn., t. xvn.
1589* — Septembre 6. Messire Just, seigneu r et baron de Toumon, bailli f et commandant en haut et bas pays de Vivarais, en l'absence de jMgr le duc de Montmorency, gouverneur de Languedoc, d'une part, et Messire Anthoinc de Bron, seigneur et baron de la Liegue, traitant et procédant de l'auto* ité et commission de Mgr le duc de Nemours, gouverneur du Lyonnois, ForesU et Beaujollois, et, en son absence, de Mgr le marquis de Sainct Sorlin , tY 'autre part, çignent au château de Tournon les articles de la tresve accordée entr'eux. — Ces articles ont été imprimés ; voyez ci-après au 8 novembre, et les publications de cette année.
1o89. — Septembre 7. Le Consulat fait payer à M. Matthieu Martin, peintre, 12 écus pour les fournitures qu'il a laites à l'occasion du feu de joie se fait, chaque année, la veille de St~Jcanv sur le pont de Saône. S.
1589. — Septembre m. « Le Consulat désirant rcconnoîlrc, par quelque présent honnête, M. le marquis de St-Sortin , ■ et lui donner plus d'occasion d'avoir l'œil à la garde et conservation de la v ille, arrête de lui faire un don gratuit de mille écus, ou, pour snn excellence, à Pécuyer qu'il envoyé en Italie pour acheter des chevaux. * S.
1589. — Septembre \ 2. Le Consulat avoit convoqué une assemblée de presque tons les principaux habitants de la ville, lesquels y comparurent en grand 'lombre avec un bien grand nombre de menu peuple. — Me Claude de Rubys* procureur général de la ville, remontre le danger auquel la ville s'est trouvée d'être surprise par les politiques et les hérétiques, si Dieu n'eût inspiré les habitants catholiques de les prévenir et s'en saisir par la suasion de M" les consuls cchevins et par l'aide et ministère des capitaines penons ; après laquelle saisie les dits sieurs échevins n'ont laissé aucune pierre à remuer pour conserver la ville en la liberté catholique qu'elle s'étoit acquise, et à ces fins fait jusqu'ici de grands et insupportables frais, partie desquels ont c'ie'pris des ùen ers provenus de l'emprunt qui s'est fait sur quelques particuliers habitants de la ville que l'on a soupçonné d'être ou hérétiques ou politiques : mais comirKi il falloit non-seulement continuer ladite dépense , mais la faire encore beaucoup plus grande pour la conservation de la ville et des pays circon voisins le meilleur moyen seroil d'imposer un subside de 20 sols par asnée de vin , et d'un liard par livre de fer
Plusieurs notables, après cet exposé, prirent la parole pour donner leur opinion ; nous rapporterons celle du M* Àthiattd.
« II est notoire, dit-il, que l'abondance que l'on a jusques icy eue du vin, et le bon marchéjy a tellement affriandé le menu peuple que l'on vcoid ordinairement les tavernes et cabarets plus pleins de populace que les églises, dont il semble que Dieu soit justement irrité , en ce que , depuis quelques années , il a fait tomber sa foudre et tempeste sur les vignes de ce pays , la plupart desquelles souloient estre terres ^labourables, mais que la friandise de boire du vin a fait que les paysans les ont réduites en vignes ; et pour retrancher cette ivrognerie, de laquelle procède une infinité de blasphèmes , meurtres et autres scandales publics, il est d'avis qu'il y soit mis uu gros et lourd subside , comme de deux écus par botte.... » — Cet avis fut adopté , l'impôt sur le vin fut porté à deux écus par botte , et l'impôt sur le fer à un liard par livre.
Le Consulat, dans sa séante du a3 du même mois, nomma des Commissaires pour régler la perception du nouvel impôt. S.
— Le 5 octobre suivant, il y eut une nouvelle assemblée à l'Hôtel-dc- "Ville, et l'on déclara que le subside sur le vin serait levé , malgré l'opposition d'une partie des habitants de la ville , notamment du clergé ; l'on arrêta de plus qu'on lèverait une légère taille par capitation sur tous les habitants de quelque condition qu'ils fussent, payable chaque mois. J. Mohin, v , 35?..
1589. Septembre 12. M. de Langes , président en la sénéchaussée et siège présidial , qui s'etoit trouvé hors de la ville la veille de St. Mathias dernier, demande et obtient du Consulat la permission de retourner en l'une de ses maisons des champs. S.
1589. — Septembre i5. Les états de toute la province s'assemblent à CArbresle pour y renouveler le serment de l'Union. J. Morin, v. 549ct55i. — Suivant Le Laboureur ( Matures, 1 . 41 ) , cette assemblée se tint le 9 septembre , dans la maison de la Grange - Cremeaux. Les trois ordres avoient été convoqués par l'archidiacre Etienne delà Barge, grand vicaire de Pierre d'Epinac. L'avocat Pierre Matthieu ouvrit la séance par une harangue
« conforme au génie du temps.» Après quelques légères contestations Fur le titre qu'on devoit donner à cette Rassemblée , on convint de se lier par un nouveau serment d'union conforme à celui de la ligue générale , et de lever quelques troupes pour la sûreté particulière de la province. L'infanterie devoit être de douze cents hommes en douze compagnies , sous autant de capitaines qui furent La Pie Saint Eloi cadet , de Chalmaul , la Grange- Cremeaux , Belle garde , Laforest- Genêt i nés , Passelay , 7 '/< eolliere , Fontaines , la Fertè Monlaynard , Buthery , et les capitaines la Branche et le Fevre. — La cavalerie devoit être de cent soixante lances en cinq compagnies. La première de quarante, sous le marquis de Saint Sorlin , reconnu lieutenant du duc de Nemours, son frère; les quatre autres de trente chacune, sous les sieurs Chevripres-Miolans , Urfé , Bochebonne et Levis-Cousan.
1589. — Septembre 16. Le Consulat arrête de prier M. le Marquis de commander que le sieur M d'Elbbne quitte la ville pour être fort suspect , et
servir d'espion en cette villeau roi de Navarre S.
1589. — Septembre 22 et 27. Le duc de Mayenne , sans avoir égard aux remontrances que le Consulat lui avoit adressées le 7 de ce mois, ordonne par lettres patentes , que les payements de la dernière foire d'août ne seront prorogés que jusqu'au 00 septembre , ou tel autre jour qui seroit avisé par les sieurs des Nations. — Ceux-ci ayant présenté, le 14 octobre, ces lettres patentes au Consulat , les échevins firent mander les principaux marchands et arrêtèrent avec eux de prier M. le Marquis de renvoyer les payements aux premièrs jours de décembre. S.
1589. — Octobre 5. Le Consulat ordonne que sur la somme de ?a5 écus provenus de partie de la vente des livres de Jean de Tournes , libraire , il sera perçu par le receveur de la ville 200 écus à compte de la cotisation dudit de Tournes. S.
1589. — Novembre 4. Le sieur Oddet-Croppet , fermier du temporel de l'archevêché, remet les actes certificatifs de la rançon de Pierre d' Epinac au Consulat qui décharge noble M. Gilbert de Vegay , seigneur d'Arbouse, de tout cautionnement à cet effet. S. Voyez ci-dessus au 28 avril.
1589. — Novembre 8. Publication des articles de la trêve accordée entre le duc de Montmorency et le duc de Nemours le 6 septembre précédent.
1589. — Novembre 9. Entrée du cardinal Cajelan , envoyé en France par le pape , en qualité de légat à Lattre. J. Mobin, v , 353. — Pendant sou séjour à Lyon , et le nl\ février 1590, le cardinal Cajetan érigea en confrérie les Pénitents du Crucifix qui choisirent poup le lieu de leurs assemblées la chapelle de S. Marcel, laquelle fût consacrée par Jacques Maistrtt , evêque de Damas, s uffragant de Pierre d? Epinac (Arch. du Bh. , ix , 7. Voyez li-après, année i655 ). — Vers le même temps passèrent à Lyon plusieurs personnages distingués; Piètre Bullioud, qui étoit alors procureur du roi, eut un jour l'honneur de les recevoir dans sa maison ( rue du Bœuf) . et de leur donner un banquet qui rappela celui d'Agathon , ou plutôt celui dont Sidoine Apollinaire parle dans ses lettres ( ix , i5). Ces illustres convives étoient Gilbert Genebrard , archevêque d'Aix , François Panigarole , Robert Bellarmin , Matthieu de Vauzelles ( fils de Matthieu , ancien échevin , mort en i562 ); le père Bernardin Castor , professeur de Rhétorique au collège de la Trinité , et Jean Hay , jésuite écossais, professeur de Théologie, auxquels il faut ajouter leur Amphitryon, Pierre Bullioud. Voici en quels termes son fils Pierre, second du nom , parle de ce festin dans son Lugdunum sacro prophanum , p. 78 de son 4° Index, qui a pour titre : Clari scrip-
tares et scientia Lugdunenses (•.. Petrum, anno 1589, quo cnrdinalcm Caictanum venisse Lugdunum scribunt Rubys , lib. pra*c. 4, et Tduancs (lib. xov), in domo sua conviviuin célébrasse. ; illi Agathonis in quod septein Graeciae sapientes convenerunt vel poli us illi oui assidebant tempore Majoriani itnperatoris Sidonius i-pse ex lib. 9, Epist. i3. Pctrus magister epistolarum Majoriani , Domnulus , Julius ( Severianus ) et Lampridius et u lit, certe aliquo modo conferenduui. Aderat Dom. Gilberlus Genebrardus Pétri quondam Magister, tune a^uensis archiepiscopus, Panigarola celebris tune franciscanus concionator , postea astemis episcopus , Roberlus Bcllarminus , soeietutis Jesu , poslca S. R. E. cardinalis , Nobilis Mathœus Fauzcllius , Matliœi de quo supra filius , J. V. D. et omni politiori doetrina insignilus, cuin patribus societatis Jesu doctoribus, Bernardino Castorio , proviuciali , et Joanne Hayo, sanctae Theologiae professore et aliis. »
Le P. de Colonia qui a parlé de ce banquet dans son Histoire littéraire , 11 , 715, s'est trompe quand il a dit qu'il en était fait mention dans les Histoires de Rubys et du P. Gaultier. Ces deux auteurs n'en ont rien dit. 11 s'est aussi trompé à l'égard de Matthieu de Vauzelles , un des convives de Pierre Bullioud; i! a cru que ce Matthieu de Vauzelles était le même que celui auquel il a consacré une courte notice à la page 5y4du tom. IIe de son Hist. lilt. ; tandis qu'il était le fils d'un autre Matthieu , premier du nom, mort en i56a.
1589. — Décembre 1. Lettres de Mgr. le duc de Mayenne, pair et lieutenant général de l'Estat royal et corone de France , envoyées à M. le seneschal de Lyon,.... pour choisir et eslire députez, pour se trouver à l'assemblée générale des Estats. .. ^assignez à Melun , le 5 février i5go ( Imprime'; à Lyon, par/tfarc Pillehotte (1), i5go in-8°de i4'p<iges (IL de Lyon, tom. 5 du recueil n* 2541 5). '
1589. — Décembre 20. Le Consulat donne ses instructions â M. l'avocat dePogge, qui se rend à Paris, auprès du duc de Nemours , de la part de la rille. S.
1589. — Décembre 21. Me PieiTe Matthieu^ avocat, docteur ès droits, prononce l'oraison doctorale dans l'église de S. Nizier. — On lui donna 10 écus pour sa harangue. S.
1589. — On lit, dans un mémoire donne', en juin 1696, par le Consulat au sieur Thomé, secrétaire de la ville :
« En l'année 1589, lorsque, par la pusillanimité des uns, et par la malice « des autres qui se trouvoient en charge, advint la rébellion, la ville se « trouva lors endétte'e environ de 25o mille écus. »
On lit aussi dans un autre mémoire du 18 juillet i5c)6, que la ville de Lyon s'est toujours maintenue en l'obc'issance et fidélité due au roi, « ne m pouvant luy estre imputée la faulte en l'année 1589 par les menées d'ung « prince estranger y estant (Nemours), qui se servit alors d'aulcuns es- « trangers , lesquels se trouvèrent alors constituez ez charges publi- « ques » S. » •
1589. — Le P. Bernardin Castor, recteur du collège des Jésuites, expose
(i) A la fin de celle pièce est le privilège accordé à Pillehotte par le duc de Mayenne et le Conseil général de la S. Union , d'imprimer « tout ce qui peut concerner l'état public et « affaires de France et de la S. Union ; avec deffenses hes expresses à tous libraires , impri- - meurs et autres... de u'i rapri mer ou fuire imprimer aucunes des eboses susdicte» , sans le « \o:iloiret consentement diidicl PH/etioitt, à peine de confiscation, etc. «Voyez ci-après fW 1 7 avril 1 500.
nu bureau do YHùlel-Dieu que son ordre exige que, pendant deux années entières, les novices s'exercent à des œuvres de charité' et de piété'; que l'Hôpital étant le lieu spécial ou ces œuvres se pratiquent journellement, il prie d'y recevoir les novices do la Compagnie. On lui re'pond que, s'ngissant d'innovation, sa demande sera soumise au Consulat (qui ne parait pas l'avoir accueillie). Dagier, I, 1 55.
1589. — La Rodomontade de Pierre Baillony. Discours sur une lettre escripte par ledit Baillony et ses complices, contre la ville de Lyon. Avec la coppie de ladicte lettre. Ensemble le procès verbal de la recognoissance d'icclle. A Lyon, par lean Pillehotte, i58f), avec permission, ln-8 de 28 pages. — Sans nom d'auteur (B. de Lyon, t. 3 du recueil a520i). Voyez cidessus au 26 avrit.
1589. — Brief Recueil des raisons pour lesquelles ceux que l'on appelle Politiques ne doivent encores estre receuz en ceste ville de Lyon ni ès autres villes de la S. Union. A Lyon, 1589. ln-8 de 1 4 pages. S. n. d'auteur ni d imprimeur (B. de Lyon , t. 3 du recueil n" 2341 5).
1589. — Les Articles de la Trefve accordée entre noz Seigneurs le ducefa
Nemours et le duc de Montmorancy. A Lyon, par Iehan Pillehollc.
1589. In 8° de 8 f. (B. de Lyon, tome 5 du recueil n° a54i5). Voyez cidessus 6 septembre,
1589. — VArpocratie ou Rabats du caquet des Politiques et Jebusiens de
nostre ange. Dédié aux agens catholiques du Roy de Navarre A Lyon,
par Jean Patrasson, M. D. LXXXIX. In 8" de 01 pages (IL de Lyon, a52oi, t. XIV.)
Il existe une édition de ce pamphlet publiée à Paris, chez Didier Miltot , in 8° de 56 pages; elle est terminée par une approbation (sans signatures) des docteurs, datée du 8 septembre 1589.
I589. — Allégresse et Resjouissance publique des vrais et zélés catholiques François, sur l'heureuse venue de Mgr. l'illustrissime cardinal Caîetan, légat de Nostre Sainct Père le Pape et du Sainct Siège apostolique en France. A Lyon, par Loys Tantillon, 1689. 1° & Je *5 pages (B. de Lyon, a520i, t. XIV).
L'auteur de ce pamplet est bien certainement un prédicateur de la Ligue, et je présume que c'est a Lyon qu'il a été composé, pendant le séjour que le cardinal Cajetan Ct en cette ville au mois de novembre. S'adressant aux Politiques, il s'écrie : « N'estes vous pas misérables de souhaiter pour Boy celluy que l'Eglise vous défend de saluer ? Voulez-vous commettre le re"nard à voz poules? Voulez-vous introduire ce monstre Bèarnois dans vos villes? prendre des gouverneurs pour ruyner vos Eglises, piller vos reliques, ct pour violer voz femmes et voz filles, ainsi qu'il a faict par tous les endroilz où il a esté le maistre ? Quelle charité portez-vous à vostre postérité, de la vouloir réduire au temps advenir souz le joug insupportable de l'heresie? Regardez le labyrinthe où vous vous précipitez. Car, si par vostre lascheté, vos erif.nis deviennent hérétiques, leur a me vous sera demandée au jour du Jugement, et n'ayant pas de quoy payer, vous serez. condamnés aux tourmens éternelz »
1589. — Discours de Cestrangc ct subite mort de Henri de Valois , advenue par permission divine, luy estant l\ Sai/tct-Cloud, ayant assiégé la ville de Paris, le mardi Ier aoust 1589, Par un religieux de l'ordre des Jacobins. A Lyon , chez lean Pillcholtey 1689. Pet. in 8 — réimprimé dans les M cm. de la Ligne. — On attribue ce Discours à Edmond Rourgoin, prieur des Jacobins
de Paris, lequel ayant pris les armes contre Henri IF, fut condamné à mort par le Parlement, cl écartelé à Tours , le 26 janvier 1590.
1389. — Les meurs , humeurs et comportemens de Henry de Valois (sans
nom de ville), 1589. In 8. — Seconde édition, A Paris, pour Antoine le Riche 1589. Petit in-3 de 126 pages (IL de Lyon, legs Chartin). A la fin de cette seconde édition est un Sonnet. — André de Rossant, jurisconsulte et poëte Lyonnais, ne' au faubourg de la Guiltotière, est l'auteur de ce libelle. La même année , il en publia un autre sous ce titre :
Histoire mémorable recitant la Vie de Henry de Valois, et la louange de
Frère Jacques Clément, comprise en 55 quatrains fort catholiques Paris,
Mercier, 1&S9, in 8. — Ce pamphlet est dédié à Chapelle-Marteau, pre'vôt des marchands de Paris. L'auteur l'invite à faire dresser une statue à Jacques Clément, afin qu'elle soit honore'e par le peuple comme celle d'un Saint. Le long, n* 19107.
André de Rossant est cité comme « homme de bien , verse ès deux lanv rues » par Trippault, p. 287 de son Celt* -Hellénisme , publié a Orléans en i58<î. Il a été omis dans La Biographie universelle; cependant il eut été farile de lui faire un article avec le secours de l'abbé Goujet, t. XV, p. 10 et t. XV I, p. 354-5. Voyez ci-après, aux publications de 1093 , Syllogisme , etc.
1589. — La vie et faits notables de Henry de Valois... Où sont contenus les trahisons, perfidies, sacrilèges, exactions, cruautés et hontes de cest Hypocrite et Apostat, ennemy de la Religion catholique. M. D. LXXXIX. Jn-8"de 93 pages, avec figures dans le texte ( S. n. de ville). Barbier, n" 19055 , cite une édition sous celte date publiée à Paris, et attribue l'ouvrage à Jean Boucher. — L'exemplaire de l'édition s. n. de ville, que nous avons sous les yeux (t. xvi du recueil vert), nous semble être sorti des presses lyonnaises. Si ce pamphlet est réellement de Jean Boucher, il y a des faits qui paraissent lut avoir été fournis par un Lyonnais (voyez les extraits que nous avons donnés au 1 5 août 1 584, au 25 ma* »585, au 21 et au 3 1 octobre i58G). Ce Lyonnais pourrait bien être Pierre d'Esp'mac, par les soins duquel fut imprimé, suivant J. A. de Thou, un autre pamphlet public l'année précédente, Y Histoire tragique et mémorable de Pierre de Gaverslon9 que l'on attribue aussi à Jcau Boucher. Le duc d'Epernon, contre lequel ce dernier pamphlet avait été composé, trouva un vengeur dans un anonyme qui répliqua par ÏAnti-Gaoerston, et qui accumula contre d'Espinac les plus abominables accusations. Voyez Ch. Labitte, Prédicateurs delà ligue, p. 39. Nous avons vainement cherché dansce dernier ouvrage un Frère Poucet, qui raconta en chaire, avec toutes ses circonstances, l'anecdote vraie ou supposée que nous avons rapportée sous la date du 1 7 août i58a. On peut consulter sur ce prédicateur, qui mourut à Paris le 23 décembre i586, la Confession de Sancy, tom. v., p. 257 du Journal d'Henri III, édition de r 7^4. Voyez aussi tome 1 de ce Journal, p. 218, 239. 24y, 592, 4o5, 408, 491 ct/|()7 ; le Journal encyclopédique du i5 juillet 17G8, où on lit une anecdote qui ne se trouve pas dans tous les exemplaire;»: car elle a été remplacée, dans la plupart, par une autre anecdote ayant trait à Cromwel.
1 o89- — Admirable et prodigieuse mort de Henry de Valoys — av ec cette épigraphe : A Domino factunx est istud, et est mirabilein oculis noslris. Psai.. 117. A Lyon, par Loys Tantillon , i58<), in-8° de i5 p. (li. de Lyon, titre coupé par le bas, tome xiv du n' 25aoi). — Au verso du dernier est le permisd'impriraer donné à Tantillon par le marquis de St-Sorlin. — I/cpigraphe de ce pamphlet annonce assez que son auteur est un ligueur ; si je ne me trompe, ce doit être un Lyonnais.
1589. — Brief discours de la defaicte de Henry de Bourbon, jadis roy de Navarre, devant la ville de Pantoise, avec le nombre des mors (sic).Faicte par le duc de Mayenne et autres princes unis, etc. In-8° de i5 pag»;s (B. de Lyon, a5aoi, t. 7, titre déchiré).— On lit à la page i5: ... «M. oVAlincourt est blessé d'une arquebusade au bras ; toutefois il n'est gnicres offensé, mesmes on espère que, dans peu de jours, il recouvrera sa guerisou.... » Voyez ci-après, année 1 5g3, ad calcem.
1589. — La Gw'siade, tragédie nouvelle, en laquelle au vrayet sans passion est représente le massacre du duc de Guise (pur Pierre Matthieu). Lyon (Jacques Roussin), 1689. In-8°. — La 5e édition, publiée aussi à Lyon la même anne'e, porte le nom de l'auteur. — Réimprimée dans le tome 5e du Journal de Henry III, édit. de Paris, 1744* Voyez l'abbé Rive, Chasse aux bibliogr., p. 195; Barbie», Anonym., n° 7164.
Cette même anne'e, Pierre Mattlùeu fit paraître à Lyo n,c h ez Benoist Rigaud, trois autres tragédies, Fasthi, Aman, et Clytemnestre. La première est dédiée au duc de Nemours, gouverneur de Lyon ; la seconde aux éehevios de celte ville, et la troisième au marquis de StSorlin. Voyez Gocjét, Biblioth., xn, 2^4 ; Bruhet, Mon., 111, 3a 1 ; Lyon ancien et moderne , 11 , 3a4» et le Dèmosthéniana, p. 61.
1589. — Histoire de V enfant ingrat.... A Lyon, par Benoist Rigaud, i58o,. Petit in-8' de 94 f. Voyez sur cette Moralité la note de M. bat net, Manuel , m, 4o5.
1 589. — Histoire aethiopique d*Heliodorus.. traittant des loyales et pudiques amours de Thcagenes.... et Chariclea..., traduite du grec en françoîs (par Jacq, Amyot). A Lyon, par Jean Huguetan, 1589. In-16. — Les exemplaires bien conservés de cette édition sont rares et recherche's.On y fit-, p. 10, un dixain d'Amyot qui sejustiGe assez naïvement du reproche qu'on aurait
pu lui faire d'uvoir traduitee roman :
Amy lecteur , ne blasme de ce livre L'autheur premier, ni la sollicitude.
Du translateur , qui François te le livre , Pour recréer un peu la lasiitude De ton esprit travaillé de l'estude , Ou enuuvé de forluue adversaire :
Car si tu cm que tels songes escrire N'estoit besoin , ni de grec les traduire , Encor est-il à toi moins nécessaire , Si tu ne veux, les avoir et les lire.
1589. — Anthologie, ou recueil des plus beaux epigrammes grecs, etc., mis en vers françois sur la version latine, etc. Par Pièt re Tamisier. A Lyon, chez Jean Pillehotte, 1589. Pet. in-8*. Dc'dicace à M. de Rimon, seigneur de Champ-Grenon, procureur du roy au bailliage de Masconnois.
1590. — Janvier 3. Publication de l'arrêt du parlement de Paris, du 21 novembre prc'cédent, c^ui enjoint à toutes personnes de reconnoître pour naturel et légitime roi et souverain seigneur, Charles dixiesme de cê nom, etc. (Imprimé à Lyon, par /. Pillehotte, in-8° de 7 pages).
— Même jour. Publication de l'arrêt du parlement de Paris, du 29 novembre précédent, pour laconvention des troisEtats du royaume en la ville de Melun (impr. à Lyon par /. Pillehotte, in-8* de 8 pages).
1590. — Janvier 8. Séance consulaire. On avoit eu avis de divers endroit.-*
qu'il se devoit exécuter une entreprise dans cette foire des Bois. On arrête que, pour 9upple'er aux notables qui ne veulent se rendre aux portes, on y placera des personnes sures, savoir le sieur Cotlonk la porle St-JusU le sieur BerjonhctWe dupont du Rhône, le sieur Benoit Barillon à celle de St-Sébasticn, et à celle de Vcdze le sieur Cavalary^ aux gages chacun de 12 écus par mois. S.
1590. — Janvier i3. Mgr. d'Epinac écrit aux échevins de Lyon :
« Messieurs, par celle que j'ay receuede voslre part du XXIXe de novembre dernier, seullement depuis cinq jours, pour l'inconvénient arrivé au porteur, vous m'avez lesmoigné du contentement qu'avez receu de ma délivrance et du désir de me voir retiré en ma bergerie, chose qu'encores qu'elle soit de mon debvoir, je désire infiniment pouvoir faire pour vous servir, non seullement en ma charge spirituelle, mais encore en tout ce qui louche voslre bien, salut et conservation, par Ions les moyens que Dieu m'en aura rendu capable, et vous puys sur ce dire, comme de* pure veritd, que plus vous ne scauriez le désirer que moy, vous ayant tant d'obligations, comme je vous ay, de tout le bon secours et assistance que j'ay receu à l'extrémité de mon besoingde vous, dont je mettra y, tant que je vivra}', peine d'en prendre ma revenche, cherchant les occasions, aultant que j'en auray de moyen, de vous tesmoigner, par quelque bon effect, de la bonne vollonlé* que j'en ay, et A vous revoir le plus tost que me sera possible : le bien gênerai de fa religion et de Testât me retenant, pour quelque peu de temps, au par de^a, attendant la venue de Mgr le légat, voullant ne m'espargner en chose quelconque qui puisse pour le bien public provenir de moy qui cependant pour celluy de la ville de Lyou se rendra en toutes occasions aultant zélé et affectionné que vous mesmes, et supplie me conserver en voz bonnes grâces. Je prie Dieu vous donner, Messieurs, en très bonne santé, très heureuse et lies longue vie. De Paris, ce XIII janeyer i5qo, votre humble amy à vous servir. D'Epihic, arch. de Lyon, — Au a*os de celle leltre, dont l'origiual est aux archives de la ville de Lyon, se trouve le brouillon de la réponse qui fut faite à d'Epinac , auquel on donne le litre d'archevêque de Lyon cl de garde des sceaux. Les échevins l'engagent à luire venir à Lyon Mgr de Nemours, « avec quelques forces, le ptustost que sera possible ; aultrement, di?cnt-ils, nous prévoyons que les affaires iront de mal en pis, el que le gouvernement sera en dangerde courre grande fortune. » Arch. du Rh., IX, 210.
1590. — Janvier iG. Mort à Betiujeu, de Guillaume Panadin , historien lyonnais, doyen du chapitre de Bemijeu, né à Cuiscaux, bailliage de Cliâ'ons, vers i5io. — De tous les auteurs qui ont écrit sur Lyon jusqu'en 1570, « il n'y a eu, dit Spon, que Paradin qui ait eu le dessein de tirer des lumières pour l'histoire ancienne par les inscriptions,... et de faire voir aux étrangers que les pierres parlent dans tous les coins de nos rues, pour nous instruire de ce que celle cité était sous la domination des Romains (1) — » Préface de la Reclierûhc. Toutefois nous ferons observer avec Spon (p. ï3a du même ouvroge) que Grutcr cite les inscriptions de Lyon mieux que Paradin même, parce qu'il avait eu le soin de retirer ses manuscrits, et qu'ainsi il a évite les
fautes dont celles de Paradin sont remplies. Ajoutons encore, toujours avec
(1) Claude de Belïtcvrc avait eu le même dessein , el l'on sait que son Lugdnnum priscum fut communiqué à Paradin , qui, le premier, eut la gloire d'avoir mis au jour une histoire de noire ville. Car, avant lui, comme l'a si bien dit M. l'abbé Stulart , l'histoire de Lyon élail encore en friche ; à peine Champ'ier avait-il fait quelques pas dan* cette carrière: le défaut de critique et de goul ne lui a laissé que l'avantage d'avoir publié, avaul tout autre, quelques écrits sur f.yo-.i. Anh. du RU. , v , 1 48.
Spon, que Rubys qui semble avoir voulu établir sa réputation sur la ruine du celle de Paradm, a néanmoins commis des fautes beaucoup plus grossières que celles qu'il luireproche. Un protestant de Nîmes a fait, à la louange de Spon qui était aussi protestant, des vers latins où il traite assez rudement Rubys et Parudin qui étaient catholiques :
Jam salis obscuris jaouit demer&a tenebris Gloria Lugdnnensis agri. Sunt scripla Rubœi Sicca niiofê , nuga.sque docet Varadin anilcs.
1590. — Janvier 20. Le Consulat arrête que la nouvelle porte du faubourg de Vaise sera parachevée, ainsi que le pont-levis. S.
1590. — M. de Farcîmes, gouverneur de Mâcon^ et le sieur Abel Guerin, greffier du bailliage dudit pays, viennent uu Consulat et le remercient du secours et assistance que la ville de Mâcon a toujours reçue de Lyon en ses plus grandes et urgentes affaires; ils offrent en retour toute faveur, bonne intelligence et amitié. S.
1590. — Janvier 2^. Sur les plaintes reçues des ravages, concussions et malversations de la compagnie des gens d'armes de M. le Marquis, le Consulat arrête de l'aller prier, en corps et en son Conseil, de commander à M. de Beaucroissant , son lieutenant, de la faire vivre plus modestement, pour contenir le peuple, qui autrement est en danger de s'élever. S.
1590. — Janvier 27. Séance consulaire. Parce que le roy de Navarre qui se dit et prétend roy de France, a, par un édît frustratoirc, défendu le commerce des villes catholiques, et spécialement celui de cette ville, le Consulat semblablement défend le commerce de la ville de Tours, et ordonne que les marchandises qui ont été achetées, dans la présente foire, pour cette ville, seront arrêtées, et si aucunes ont déjà été sorties de la ville, qu'on les poursuivra jusqu'à Roanne pour les faire retourner, afin que les marchands de Tours ne soient plus favorisés que les catholiques de l'Union, et pour leur osterlcs moyens de favoriser parleur secours les hérétiques. S.
1590. — Février 1a. Le Consulat averti des mauvais offices que font les porteurs d'oblies (sie^, sous prétexte de vendre des marchandises, allant de nuit, de maison à autre, porter nouvelles, arrête de prier M. le Marquis de les défendre. S.
1590. — Février i5. Le sieur Matthieu Balboni, Luoquois, tenant banque à Lyon, représente qu'à cause de sa charge de recevoir les paquets et autres dépêches de S. M. catholique, venant d'Espagne pour Flandres, ou de Flandres et Italie pour Espagne , il importe que ses paquets lui soient rendus à l'arrivée des courriers, pour les pouvoir envoyer promptement par autres courriers, sans retard, ce qu'il n'a pu faire jusqu'à présent , pour le retard donné auxdils courriers d'aller descendre, à leur arrivée en celte ville,au logis du sieur de Ruzinant^ commis à V ouverture des lettres et paquets. On arrête que les courriers qui seront désormais députés aud. sieur Balbany pour Espagne, Flandres et Italie, iront descendre en son logis où ils seront conduits par un ou deux soldats des portes, à la charge qu'ayant remis les lettres et paquets adresses aud. Balbany, il renverra promptement led. courrier en l'hôtel dud. Ruzinant pour faire sa charge.
On arrête au«si que les lettres adressées au Consulat ou à quelques-uns de
son corps seront envoyées et le porteur d'icelles conduit par un soldat de la garde de la porte à celui ou ceux à qui elles seront adressées, sans que le sieur de Butinant en ait aucune connaissance. — - Cette ordonnance sera signifiée aux notables et commis des portes. S.
1590. — Février ar. Séance consulaire. Parce qu'il ne faut point espérer que, par les forces humaines, les troubles de ce royaume puissent prendre fin, mais de la toute puissance de Dieu, lequel seul il faut implorer et recourir ù sa miséricorde, on résout de faire continuer, tout le long du saint temps de carême prochain, les stations et processions qui, depuis quelque temps, se font en la ville, et, parce que cela dépend de l'autorité de Mgr l'archevêque ou de son vicaire général, les sieurs Dareyne et Prost sont députés pour prier M. delà Barge, vicaire général, de faire continuer lesdites stations et processions, et s'il connoit qu'il y a quelque incommodité à les faire le matin, ù cause des prédications et service divin qui se font chaque jour en chacune église paroissiale, d'ordonner qu'elles soient faites les après dîners. S.
1590. — Février aa. Les habitants des faubourgs de Vaize et de la Guillotiere, remontrent qu'ils ne sont quedespauvres gens inquilins, qu'ils sont ordinairement chargés du logement des gendarmes, tant de pied que de cheval, qui y séjournent et vivent le plus souvent à discrétion ; qu'outre ce, ils ne laissent de payer la taille comme les autres habitaus du plat pays, sans qu'ils soient aucunement soulagés des privilèges des habitans de la ville ; ils demandent donc d'être exemptés du subside d'un écu par ponson de vin qui entrera par la ville et pour leur usage. Le Consulat le leur accorde, attendu les raisons ci-dessus, à condition de certifier duement que le dit vin est pour leur usage. S.
1590. — Février a4- L« Consulat arrête que la porte de St-George sera murée à gros de mur, et de très grosse et si bonne étoffe que le pétard ne la puisse enfoncer. S.
1690. — Février a4« Messire Jacques Maistret, évêquede Damas, suflragant de l'archevêque de Lyon, institue la confrérie des Pénitents noirs et du Crucifix.—1\ en avait obtenu la permission du cardinal Henri C«jetanr légat eu France, le 3o novembre précédent, et de Messire Etienne de la Barge, archidiacre, comte de Lyon, vicaire-général de Pierre WEpinac, archevêque de Lyon, le a6 janvier suivant. 11 en prit, le premier, le sac noir, la ceinture et la croix, et les fit prendre a plusieurs personnes qualifiées de la ville. 11 en dressa les règles, et, le jour de la fête de l'Exaltation de la croix il fit procéder à l'élection des officiers; il nomma premier recteur M* Pierre Àustrein, écuyer, conseiller du roi, lieutenant particulier au siège présidial de Lyon, et depuis prévôt des marchands, et pour vice-recteur M' Gaspar de Moniicu, conseiller du roi au même siège. M.
1590. — Févrur%8. Le Consulat ayant mandé les capitaines penons, leur remontre qu'il est bien besoin de louer Dieu et le remercier de la grâce qu'il a faite à la ville, d'avoir permis que la méchante et malheureuse conspiration qui avoit été brassée sur icelle ait été découverte ; laquelle est à croire n'avoir été entreprise ni complottée, sinon par la connoissance que les conspirateurs avoient de la négligence et peu de garde que Iesdits capitaines penons ont jusqu'ici fait; lesquels pour ce ont été exhortés d'être désormais plus vigilans à faire meilleure garde, et de la poser de plein jour, et parce qu'il est aussi nécessaire de s'assurer de ceux qui pourroient nuire ou remuer contre leur repos, ont lesd. penons été exhortés et priés de faire , chacun d'eux en son quartier ou penonage, un rôle des hérétiques, politiques ou autres qu'ils auront pour suspects, et le remettre auxdils sieurs échevins poury pourvoir
Celle propositiou faite, il aélé résolu que M- le Marquis sera prié de faire les ordonnances qui s'en suivent :
i° Commandement sera fait à tous les habitans de se fournir, chacun selon ses moyens et qualités, des armes qui leur seront ordonnées parleurs capilainespenons, ensemble de toutes autres munitions nécessaires, à peine de 1000 écus d'amende.
i° Sera enjoint à toutes personnes sujettes au guet et garde d'y aller en personne. , ,
3* La garde se posera désormais, tous les soirs a 4 heures précises, à peine deaoécus d'amende contre les capitaines penons, lieutenans ; et personne ne pourra aller en garde que sous son capitaine penon.
4# Afin que, en cas d'alarme, on sache on recourir, l'ancien rendez-vous sera imprimé pour être distribué à chaque capitaine.
5° Que ceux qui auront su la conspiration et entreprise, avant qu'elle ait été découverte, et que l'on aura voulu pratiquer pour y entrer, seront tenus le révéler, à peine d'être punis comme les mêmes conspirateurs, s'ils sont par ci-après découverts.
6" Défenses seront faites à toutes personnes de mettre la main à l'épée, dans la ville, à peine de trois traits d'estrapade.
Cette résolution prise et les capitaines penons sorti?, les échevins ordonnent que le voyer delà ville fera faire des chaînes es advenues du quartier et penonage de M. Aihyaud et en tous les autres endroits de la ville où il y en aura besoin.
Que le vin qui a été pris appartenant au seigneur de Sertieres sera vendu au plus offrant, pour les deniers être employés au fait de la cause générale de la Sainte Union.
On ordonne qu'il sera pris à l'arsenal de la ville deux domaines de piques pour la garde de M. le Marquis. S.
1590. — Mars 5. Le Consulat fait payer A M. deCheirieres , gouverneur et lieutenant général au pays de Zgrormois et Beaujolois, 1000 écus, pour partie des frais qu'il fera en la conduite des troupes que Ton a levéespour la reprise de Charlieu , Thizy et autres places de ce gouvernement dont l'ennemi s'est saisi. — Pour indemniser les soldats delà ville, quiavoient servi a Vienne, de leurs petites dépenses, on leur fait payer à chacun un demi-écu. S.
1590. — Mars 8. Claude de Rubys dédie sa Rcsponce à /'Awti- Espagnol, seme ces jours passez par les rues tt carrefours de la tille, de Lyon , etc., à Messire Philippe de la Se$at évêque de Plaisance, et un des prélats députes par S. S. pour assister le cardinal Cafetan, en sa légation en France. Cette dédicace a été insérée dans le Mémoire attribué à D. Thomas. Voyez les publications de 1590.
1590. — Mat*s 10. Les conseillers échevins de la ville de Lyon reconnoissant que l'entreprise et conjuration qui est venue en lumière a esté découverte parla seule bonté et miséricorde de Dieu qui a eu pitié de son peuple : Quod in dimicatione cap dis faciant fortunarumque omnium eaque fuit pro arts et focis fieri necesse est, à Deo optimo max imo cœterisque immortaliùus, quorum ope et auxilio multo magis haec respublica quam ratione hominum et consilio gubernatur : pacem et veniam ptlunt, precant urque ab Us ut hodiemum duc cm ^ ci adpopuli salulem conserzandam et ad rempuhlicam constituendam, illusisse patiantur. Les échevins et tout le peuple ont été mus à prendre les armescontre le feu roi Henry par le seuldcsir de maintenir et conserver en cette ville la religion catholique, apostolique et romaine qui y a été plantée et établie par une infinité de saints personnages leurs prédécesseurs, ci comme ainsi soit
que par la déclaration du feu roy et des états assemblés à Bloys, monseigneur l'illustrissime et revercndissime cardinal de Bourbon eût été déclaré le plus proche prince du sang pour succéder ù la couronne, lesdits conseillers échevins qui ne pensèrent oncques à se distraire de l'obéissance qu'ils doivent a leur prince souverain, ont travailla, après la mort du feu roy, a conserver ladite ville sous un Dieuy sous un roy etsoustme foy, comme ont fait les villes de Toulouse, Rouen, Dijon, Aix^ Grenoble, et du moins cent cinquante villes qui sont gouvernées par hommes quorum pot est as proxime addeorum immortaliumnumen acctdit.
Et puisque l'intention des dits échevins n'a été autre que d'être fidèles envers Dieu, en croyant en lui et en le servant, selon sespreceples et commanderaens de l'église catholique apostolique, et romaine, fidèles envers le peuple en procurant son utilité et profit, lequel consiste ès deux points ci-dessus touchés, il faut dire par nécessité que ceux qui veulent introduire une loy nouvelle et établir un autre roy que celui que lu loy du royaume, le feu roy et les états légitimement assemblés ont désigné pour souverain, sont vraiment impies, sans foy, sans loy et sans religion, infidèles envers Dieu, infidèles envers leurs roys, infidèles envers leur patrie, infidelesenvers leurs prochains, voire infidèles- envers eux-mesmes et contre leurs charges et le devoir de leurs fonctions, si aucunes ils en avaient.
Par les pièces desquelles lesdits conseillers échevins ont eu communication, il appert que le sieur de Bothèon a été le chef et l'auteur de la conjuration faite sur cette ville et sur tous les catholiques tenant le parti de l'Union, que pour rendre cette ville sous l'obéissance du roy de Navarre, qui est hérétique et excommunié, et partant indigne de cette couronne de France affectée aux très-chrétiens, il a fait levée de gens, pratiqué avec l'ennemy, et pratiqué tant par luy comme par ses serviteurs, entr'autres par un nommé Lapierre, son maistre d'hostel; par Fr. Guionnet, dit le Couturier, son concierge; par M. Jeand'Âlis, notaire royal, hahitans de St-Genis-Laval, son domestique; par un nommé CEstea C/iastillon, de sa terre de Verdun; par un nommé Gri/fy, florentin, et non-seulement par le moyen de ses domestiques et familiers, mais aussi par le moyen d'autres personnes, entre lesquelles étoit M. Laurent Perdrigeon^ enquesteur en ce siège; pratiqué, dis- je , par argent et par promesses que cesle ville luy fust rendue ouuerte et trahie pour la distraire de la Ste Union, laquelle luymême a jurée soleranellement, et pour faire reconnaître pour souverain led. roy de Navarre, — Ce crime quod perduellionis est, est ipso génère maximum. C'est un crime de lèze-majesté divine et humaine, quo non est gravius; et si nous avons égard à ce que les père et mère dud. sieur dt Bothèon , qui étoient étrangers, sont venus en ladite ville, sous le privilège des foires, qu'ils ont été comme adoptez en ceste ville par nos pères, en laquelle ville ils ont institué, fondé et établi leur maison; si nous considérons encore que led. sieur de Bothèon est natif de ceste ville, et d'ailleurs qu'il est appelé à nne charge qui l'oblige particulièrement à procurer le bien et le repos d'icelle; lequel aussi a juré puis naguère» entre les mains de M. de Chevrières, et promis recencement par ses lettres missives, que lesd. consuls échevins demandent eslre joinctes au procès et mises au sac, afin que le procès lui soit fait et parfait extraordinairement ; il n'y a Scythe ni Barbare, quel qu'il soit, qui ne déteste ses desseins, ses actions et ses déporlements, qui ne le condamne comme criminel de lèze-majesté divine et humaine, auteur de sédition , proditeur de la patrie et perturbateur du repos public.
Par quoy et aussi que ledit sieur de Bothèon s'est déclaré ennemi , non seulement par ceste conjuration, mais aussi par la participation et intimité
qu'il a avec les hérétiques, ennemis jurés de lad. ville, avec lesquels il a pris et leué les armes; qui fait qu'il ne serait raisonnable que led. de Bothêon tint en cestc ville rang et degré d'honneur, ne que en ceste sénéchaussée il ait autorité et commandement quel qu'il soit.
Lesd. consuls échevins requièrent qn'il soit interdit et défendu aux greffiers de proposer son nom és commissions et sentences; que tous ses biens soient saisis, administrez et régis par bons et suilisans commissaires, et luy adiourné à son de trompe à trois briefs iours es lieux et carrefours accoustumez.
Et pareillement le sieur de St-Marcel iïUrfé, qui est atteint par te procès d'avoir ourdi et bâtiladicte conjuration et voyage Cn Languedoc, pour avoir forces et moyens de l'exécuter sur ceste ville et sur tous les catholiques unis qui y habitent. i i i .
Et par mesme moyen , led. Lapierre, maislte d'hostel dud. sieur de Bothéon, qui est atteint d'avoir voyagé, suborné, attiré et pratiqué, pnr ses menées et pratiques, une infinité de bons citoyens, partie par des dons et présens, partie par promesses qu'il leur a failcsy de les faire pourvoir des estats et offices qui seroient vacans par la mort et destitution des catholiques de l'Union, au cas que leur malheureuse entreprise sortisse son effet.
Item. Un Florentin nommé G~iffy, qui est atteint d'avoir fourni et déboursé aud. Lapierre les deniers qu'il a distribués pour pourvoir à lad. entreprinse, et participé aux conseils dud, Lapierre.
Outre ce, un nommé l'Esleu Chasiillon, du lieu de Verdun, qui mena M. de Pomey à Bothéon, et qui le ramena de Bothéon en ceste, ville.
Et encore un nommé Le Breton, demeurant près llellecour, lequel est chargé d'avoir recherché Antoine François, dit la Plume , pour se joindre avec ledit Lapierre et avec François Guionnet; car cum hoste nihil commune esse débet , ne lingua quidem, disoient les anciens; qu'estoit la cause pour laquelle Senatusconsutto cautum erat ne Carthaginensis litteris graecis operam daret , ut refert Justinus tibro 20. • 1. •
Il appert par les mêmes pièces que lesd. Dailly et Perdrigeon, d'une part; Lapierre et Guionnet, dit le Cousturier, d'autre, ont esté les promoteurs et machinateurs de cette conjuration ; il appert que lesd. Dailly et Perdrigeon ont voyagé à Ullins avec la Glace et Mont griffon, et à Bothéon avec led. de Pomey, lequel feignoit estre de leur party, et que lesd. Lapierre et Guionnet, avec lesd. Dailly et Perdrigeon, ont sollicité et induict Antoine François, dit la Plume, huissier en ce siège, lieutenant au penonage du sieur Pariât, de promettre au sieur de Botltéon, et pour luy ausd. Lapierre et Guionnet, de faire ouverture de la porte du pont du Rhône au colonel Alphonse, qui se présenteroit au jour indiqué , et de se jeter dans l'arsenal avec partie de ses gens pour se saisir de l'artillerie; et Benoit Meslier, penon de rue Gentil, et son sergent nommé Barthélémy Bosset dit Bertaud, de tenir le parti dud. sieur de Bothéon, faciliter sa réception et son restablissement sous l'autorité du roy de Navarre, et pour cest effet assister aud. la Plume , tenir ses gens armez pour se barricquer au iour assigné; et qne lesd. la Plume, Meslier et Bertaud ont marchandé et stipulé diverses personnes de deniers, savoir : led. la Plume, 100 cens; led. Meslier, maintenant 200, maintenant 5oo écus, disant qu'à moins il ne vouloit ni ne pou voit rien faire; et led. Bertaud, 5o escus à sa part.
Il ne faut donc douter que lesd. Dailly et Guyonnet. Antoine François dit la Plume, Benoit Meslier et Barthélémy Rosset dit Bertaud, lesquels séparément et conjointement ont reconnu et confessé, par trois ou quatre di-
verses fois es réponses qu'ils ont faicles en justice, d'avoir promis et pris jour pour exécuter ladicte trahison, n'ayent commis crime de leze-majeste, felonnie et trahison , et qu'ils ne soient punissables et amendables comme traistreset prodileurs de la foy, de fa religion de ('estât, delà patrie, et qu'ils De doibvent estre punis des peine» les plus cruelles , desquelles le bras «le la justice a esté nriné jusqu'à présent, afin que leur peine soit la teneur et crainte des aultres qui ont coniurê avec eux; lesquels ne seront descouverts, et un destourbier pour cculx qui voudroienl et pourroient entreprendra cas semblable.
Quintimo, Antoine Chaton, dit le capitaine La Glace, ne peult estre exempt de pareille peine, puisqu'il appert par le procès , qu'à la suasiou dud. Perdrigeon , il alla et mena Pierre Duret dit Monlgriffon au village d'UllinS) en la maison de Brodelatony où led. Dailly l'attendoit , avoit faict apprêter le diner pour 5 ou 6 personnes, et où led. Dailly traita avec luy de Ind. conjuration, et de faire entrer led. Monlgriffon au nombre des conjura teurs ; puisqu'il appert encore qu'il avoit promis d'assister le sieur de St«Forgeux de ao à 25 bons hommes bien armez; et qu'en plusieurs endrnicts de ceste ville et ailleurs, il parla avec honneur de Lesdiguières et de ses desseins, luy attribuant des victoires qu'il n'auoit pas obtenues, et des exploits qu'il n'avo't faicts; et, au contraire , parlant au désavantage de la Ste Union et de ceste patrie, comme encores il appert par le procès, qu'il a refusé de s'employer pour la ville, qui le vouloit stipendier et employer ès occurences qui se sont offertes; refusé, dis-ie, soubz un prétexte/ lequel ne l'a pas gardé d'avoir des grenades à feu , d'acheter clandestinement grand nombre de cuirasses, mesme au temps où l'on commençoit à brasser et machiner contre ceste ville ; car qu'avoit affaire de tant de cuirasses un homme qui ne veult armer? Comment pcult-il impunément et sans soupçon avoir et tenir des grenades à feu en sa maison ? Prodit qui ab koste muniis stipendiate aecipit ; prodit qui consilio aut pecunia jutai ; prodit qui data opéra minus strenue pugnat ; prodit qui cum posset bellum conficerey moratas est,' prodit denique qui parère detrectat. [El puisqu'il va ainsi que celui qui se trouve convaincu de l'un de ces cas est punissable de mort, il ne faut douter que led. La Glace ne le soit, pour estre atteint et convaincu de tous ces cas.
La peine du crime de peqjjuellion , commis et perpe'tré par lesd. accusez, a toujours enté capitale; elle l'estoit legibus 12 Tabutarum. H une legem sui Hovi imperii maniendi causa tutit et ex aclis Caesaris jam demorlui Anllionius protuiit ; eaque aqua et fgnis condemnatis interdicebanlur , comme dit C'uero , en la première Philippiqne , et Paul, lib. 5, lit. 29, au paragraphe de publicis indiciis. Juslinien dit que la peine de ceulx qui in rempublicam a!i~ quid motiti sunl , est animai amissio et memoriœ roi, eliam post morle.m , damnalio , in § lœsœ majestatis in versicul. sed 9. Clarus animadvertit quod de consueludène wleat in partes secari, et attacher les parties en des gibets sur les avenues des villes, et confisquer ses biens, comme au cas qu'ils souffrent, il y a lieu de vendre ceux des conjurateurs, et employer les deniers ou frais de la guerre de laquelle ils sont auteurs.
Et est bien considérable ce que Titus Licius note au commencement de son histoire de Horatio perduellionis reo : qu'en ce crime ad populum provocalio fiebat; encores plus ce que l'on a observé depuis que sententin publiée dicebatur àjudicibvs, ut qui mitius dixissent argui postent, dit Cicero, lib. 5 de Legibus. Dont il s'ensuit que lad. peine ne peult et ne doibt estre modérée , ni vous dispenser pour la modérer et juger plus doucement, notamment qu'il ne faut doubler que le nombre des conjurateurs soit beaucoup plus grand que celui des prisonniers et des absens accusez; lesquels ont
eu intelligence avec vne infinité de personnes, Uni de la ville comme des champs, pour la révélation desquels il feult, par nécessité, que lesd. Dailly, Guyonnet, la Plume, Meslier et Beiiaud soient applique* à Ja tor4ure extraordinaire et à ta question questionnée, non pas pur faulle de preuve conlre eulx, car il y a preuve de reste ; Nec semper fit uf qumtio alias probationes eliciat ; sed in caput càm eorum qui abstint, ou de ceulx qui sont en cesle ville couverts et cachez, lànx eorum qui in xinctdis causam dicunt9 desquels il se fault esclaircir,
Videlicet, parce qu'il n'est pas vraysemblable que ledit Monlgri/fon, qui accompagna Icd. Lu Glace, et qui disna avec Juy à Ullins, allas* en ce lieu, sans y estre invité, par le seul appelit de disner ; ny que led. Lu Glace eust déclaré qu'il se faisoit fort qu'il tiendroit son party, et fait estât du luy comme il faisoit ; ainsi qu'il appert pir les responses dudict Dailly, et parcelles des autres accusez; si led. Montgriffbn ne l'eust asseuré qu'il luy assisteroit dans ladietc entreprise , praesertim estant compagnons d'armes, conjoincts d'une amitié si estroicle, que led. Mont griff on kiy fia une grenade à feu : qui n'est pas sans mystère ; oullre ce qu'il n'est pas a croire que, en ce temps turbulent, led. Montgriffon eust roulu tenir les main» en sa poche ou les bras croisez.
Comme aussi il n'est pas vraysemblable que led. François Louis, qui est indigne appellateur de lieutenant de penon, qui est au bout du pont du côté de St-Nizier, et chargé par les responses desd. Guyonnet, Dailly et aulres, ait esté imméritoirement et sans cause taxé et déclaré participant de lad. conjuration; non plus que lesd. Aignan neveu et Pelegre Bourdet , qui sont de longue main soupçonnez, et desquels, pour cesle cause, iesdicts échevins ont eu infinies plainctes.
Pour cesle cause est joint aussi que si la loy a permis au père de famille de tuer le larron nocturne qui veult voler sa maison, au père de luer sa fille surprise en adultère, au capitaine de tuer ses soldats coutumax et riotleux\ à celuy qui périclite dans le navire, de jeter dans la mer la balle, ou ce qui faicl fluctuer et péricliter le bateau ; au voisin , orlo incendiQ, œdificium vicini, defendtndi sui causd, dissipare, et en temps de conjuralion et de sédilion , sédition s vitamlae causa prius punire, deinde saïbere , voire , noUntem damnare, comme nous en avons une infinité d'exemples mémorables.
Les consuls eschevins vous supplient de présenter et faire eslendre sur la torlure et question lesdits Fr. Louys, Aignan neveu et Pelegre Bourdet, prœsertim cum ad quœstionem in gravioribus su/Jicere conjecimam quœ , etc., et où ils confesseroient ou bien se trouveroient chargez par la question des iiultres, procédera l'encontre d'eulx, ut adversus perdue llionis reos, et selon les conclusions qu'ils ont prises contre les aultres.
Et bien ainsi soit que ledit Dailly ait deschargé Barlholy et Léon Strossy par ses dernières responses et par ses confrontations; si est-ce qu'ils ne se peuvent excuser de la faulte qu'ils ont faicte d'avoir sçeu la conjuration et entreprinse du sieur de Bothéon par le moyen dudit Dailly, qui la leur avoit déclarée, et néantmoins l'avoir supprimée et cachée. In hoc crimine sola scientia pro conscientia habetur, èl silcntîum confirmât crimen. Qu'est la cause pour laquelle lesdits consuls eschevins insistent à ce qu'ils soient admonestez à mieux faire à l'avenir, et néantmoins à se contenir en leurs maisons, jusques qu'aultrement ait esté ordonné.
Si concluent lesdits consuls eschevins; et pour ce que le temps pour juger les deflauls obtenus contre ledit Perdrigeon n'est pas échu, ils requièrent qu'au procès qui lui est l'ai et par dcfluut et contumace, les présentes conclusions soient joinctes , pour y avoir égard tel que de raison.
En conséquence des conclusions prises par lesdlts sieurs eschevins , partie civile contre les truislres et conspirateurs sur le repos de la ville, prisonniers et autres auteurs absens; lesdits sieurs eschevins requièrent de rechef que le sieur dt Bothéon, auteur et promoteur de ladite conspiration, et les sieurs de Beahr égard et St-Marcel d'Urfé soient ajournez à son de trompe, à comparoilre dans trois briefs jours, et que le procès extraordinaire leur soit fuict et parfaict, leurs biens adnotez et saisis, et régis par commissaires. S. Voyez infra'ati 10 juin *5$5.
1590. — Mars n. Les consuls eschevins de Lyon écrivent au roi très catholique (Philippe II), pour qu'il plaise a Sa Majesté «de secourir au
• besoing la ville de Lyon de trois cents chevaulx , payez pour quatie
• moys, et conduitz par quelque bon chef et bien aguerry capitaine, .... « à la charge neantmoings de bailler bonne et receante caution à Sa Majesté, « à Milan ou à Genne, de son remboursement dedans ung an de ladite « paye, etc. * Nouvelles Àrch. du Rh., I, io5-io6. Voyez au 5o mars.
1590. —-.Murs i5. Furent exécutés sur la place de Confort, Benoisl Meslien penon de la rue Gentil, et le sieur Beriaud, son sergent ; Antoine Françoi* dit la Plume, huissier au siège prèsidial ; Français Guyonnet, concierge de M., de Bothéon, et le sieur La Glace, capitaine de la ville, condamnés 11 mort « comme traistres, proditeurs de leur patrie , et criminels de lèze~ majesté. • Le même jour, furent exécutés en figure, Clément Perdrigeon ♦ enquesteur en la sénéchaussée de Lyon, et le sieur Sabran, frère utérin de M. de Bothéon, qui s'estoient sauvés pendant l'arrestation des autres prévenus. — Le 19 du même mois, un autre accusé , le capitaine Mongryphon, fut exécuté sur le. pont de Saône. — Voyez VHist. de Lyon, par II. Mon in, t. 5, p. 368, et les Publications de 1590.
1590. — Mars 17. Séance consulaire. Les capitaines penons mandés , on les exhorte à mieux faire les gardes, attendu les conjurations et entreprises qui sont sur la ville tramées et conduites par les naturels citoyens d'icelle , qui eussent été exécutées avec toutefois un grand massacre de peuple et ruine de toute la ville et province , sans l'avertissement qui en a été donné par M. Pierre de Pomey, procureur ès cours de Lyon, que l'on vouloit pratiquer d'être de ladite conjuration; auquel pour ce toute la ville doit son salut et bien de son repos; et pour ce étant appelé (éditent Pomey en la présente assemblée > tous les assistants lui ont rendu grâces infinies , comme au seul conservateur, après Dieu , de leurs vies et biens, et déclaré digne d'être éternise de la mémoire et gloire éternelle du conservateur et père de la patrie. — Le a mai suivant, le Consulat, pour reconnoître en partie le signalé service du sieur de Pomey, lui fait donner 1000 écus, et outre ce, le déclare exempt de tous subsides mis et a mettre sur les habitants de la ville, pour quelque cause que ce soit. S.
1590. — Même jour 17 mars. Le Consulat confère la charge de capitaine penon de la Lanterne et du Griffon, vacante par la démission iVÀignan neveu (un des accusés ), i\ Simon Mathieu dit Lacombe ; et celle du quartier du Plastre-St-Esprit , vacante par le décès du sieur de Monconis , h M. le conseiller de Monconis, son fils. Tous deux prêtent serment. S.
1590. — Même jour 17 mars. Séance consulaire. Les révérends prieur et religieux de la Grande~CharLreuse , chefs de l'ordre des Chartreux, exposent que , depuis quelques années , ils ont commencé en cette ville une église et monastère de leur ordre; que, pour ce, ilsavoient acquis un grand tellement éloigné de la fréquentation du peuple; auquel lènemcut , dé-; ladite acquisition, ils firent bîtir une petite chapelle , et értitfer quelques
b.Uimcnls pour leur habitation , mais ne suffisant pas pour recevoir les religieux de leur ordre passans, et loger les résidens, et qui y célèbrent le service divin , suivant leur institution, ils désireroient augmenter leur église et les autres bâtiments , çe qui sera d'autant embellir et décorer cette ville; mais ils ont besoin d'une permission spéciale de faire tirer de la pierre dételle perrière voisine la plus commode. Outre ce, ils demandoient que les privilèges octroyés ù leur ordre par les rois de France, leur fussent maintenus et accordés en cette ville comme dans les autres villesdu royaume.
Les sieurs eschevins, désireux d'attirer en celte ville toutes sortes de dévotion et piété, considérant que lesdits religieux chartreux n'apportent aucun dommage, mais plutôt profit au peuple, parce qu'ils ne sont mendiants, mais plutôt charitables , et donnent de grandes aumônes , et aussi que les édifices qu'ils veulent élever seront autant de décoration et embellissement à la ville , leur ont permis de tirer et faire tirer de la pierre au lieu qui leur sera plus commode, pourvu que ce soit sans l'incommodité des particuliers; à la charge de bailler le modèle dudit bâtiment, avant que de le commencer, afin de considérer si pour sa situation il pourroit , avec le temps, être nuisible et causer préjudice à la ville ou non. Quant à leurs privilèges, le Consulat, après les avoir vus et examinés, consent autant qu'il lui est, qu'ils en jouissent pleinement en cette ville, sans qu'il leur y soit fait aucun trouble, et ordonne que lesdits privilèges seront insérés au registre à la suite du présent acte.
Les lettres du roy Henry III, données à Lyon en septembre i5?4, signées par le roy Dauphin et Brulart, sont insérées audit régistre.
M° Jean Maignan , me architecte et peintre, qui avoit entrepris l'œuvre, construction de l'église et monastère des Chartreux, est exempt du guet et garde, tant qu'il y vaquera. S. Voyez sur les Chartreux une Notice de M. Passeror, dans Lyon ancien et moderne, t. i, p. 3?5.
1590. — Mars 22. Le Consulat permet aux sieurs Strossy (Strotty) et Thomas Bartholy de se retirer en toute liberté et assurance en leurs métairies et maisons des champs, à la charge d'y vivre paisiblement, et sans y fréquenter personne qui puisse apporter ombrage ou défiance au repos de la ville, — Le ief avril suivant, on exigea que le sieur Bartholy se retirât ù Chazay-sur-Ain , pour lever toute défiance. S.
1590. — Mars 21. Le Consulat arrête de prier M. le marquis de Saint~ Sorlin de faire publier h cry public les ordonnances précédentes pour la fourniture d'armes et le service de la garde, ci-devant rendues, et de plus J'avertissement suivant :
Parce que la trahison est l'un des plus détestables crimes que Ton puisse commettre , principalement à l'endroit d'une ville , laquelle étant forcée par ses ennemis, s'en ensuit le sacrilège pour les choses sacrées, le pillage pour les profanes, la cruauté pour les voisins, l'impiété pour les parents , l'ingratitude pour les amis, le violement pour les femmes mariées, le ravissement pour les veuves, filles et religieuses, la ruine des riches, la désolation des pauvres, et bref innumérablcs maux que l'on voit ordinairement accompagner le sac des villes; à quoy, pour obvier les esprits turbulens et fasclieux d'entendre a si grande meschanceté , ont esté establis les plus cruels supplices par toutes nations , non seulement contre les conspirateurs , mais aussi contre ceux qui ont su la traVison préméditée, et ne l'ont révélée; lesquels doivent estre punis des mesmes peines, parce que déclarant l'entreprise, ils en ont pu empêcher l'exécution, et ne se peuvent excuser sur ce qu'ils ont eu une science nue de la conspiration , et
n'ont promis y porter aide ne faveur; ce qu'ayant su, il n'y a personne qui puisse juger si leur intention a esté de favoriser ou non, comme chose de tre9-diflicile preuve; et toutes circonstances considérées, on doit plutôt prendre opinion qu'ils aycnt promis ce qu'il dépend de leur pouvoir; puisque le devoir qu'ils ont à leur patrie ne les a pu induire à déclarer ce qui est entrepris contre le repos d'icelle , et encore plus le lèle de noslrc religion , pour la manutention de laquelle les meilleures villes de ce royaume sont unies, comme aussi Je péril seroit trop grand en l'attente des événements dételle entreprise, pour juger de leur volonté; laquelle s'ils aroicnt bonne, il est vraysemblable que le choix du loyer justement mérite' par ceux qui descouvrent les trahisons , leiir seroit plus agréable que de faire te plongeon entre deux eaux , et attendre l'événement d'un tel péril, qui ne menace ceux en haine desquels la trahison se fait ; mais aussi les traîtres desquels l'ennemy ne faict plus d'estat après qu'il s'en est servy, et plusieurs les ont faict mourir, ou ne se sont jamais fiez en eux, dont les histoires sont pleines d'exemples qui dcvroient servir d'épouvantail et terreur a tous ceux qui font si misérables que d'y penser*
C'est pourqnoi , et à l'occasion de la conjuration qu'il a plu à Dieu par sa grande bonté nous descouvrir, faicte et conspirée contre le repos de ceste viHe et de tout ce gouvernement dont s'en est ensuivi quelque punition contre ceux que l'on a peu descouvrir et appréhender, Mgr. te Marquis sera supplie' d'ad viser en son Conseil ce qui sera bon de faire entendre à chacun pour descouvrir plus facilement par ci-après entreprises et conspirations contre cette ville et autres de ce gouvernement. Sera baillée par le public la somme de îoooécus ou plus graude, selon la qualité de ceux qui feront ce bon office, outre ce, qu'ils s'acquéreront un honneur immortel, et au contraire, où se trouveroit par ci-après aucun citoyen de cette ville ou autres de ce gouvernement, auxquels telles conspirations auroient été déclarées, et qui ne l'auroient révélé, seront punis comme traislres et prodtteurs de la cause de Dieu et de leur patrie, encores qu'ils n'eussent promis de prester aide, faveur ni consentement. S.
1590. — Mars 22. Les marchands des i5 Cantons suisses présentent requête au marquis de Saint-Sorlin pour être maintenus en leurs anciens privilèges , suivant les alliances et capitulations passées avec les feux rois, et par conséquent exempts de tous subsides mis et à mettre. Le Marquis renvoya cette » requête au Consulat pour avoir son avis. Le Consulat remontre que c'est à regret et pour les très urgentes nécessités delà ville qu'il a été contraint d'imposer les nouveaux subsides; que ces subsides ne seront permanents, mai» seulement autant que les présents troubles de guerre dureront; qu'ainsi il est très-raisonnable que les marchands des i5 Cantons, les personnes et marchandises desquels sont conservées en sûreté comme celles des autres habitants , contribuent aux dits frais, sans préjudice de leurs privilèges, lesquels les sieurs echevins n'entendent altérer m enfreindre... S.
1590. — Mars 25. Le Consulat averti par gens d'honneur et dignes de foi de la nécessité en laquelle se trouvent pour le présent MM. les Père recteur et religieux du Collège, de la Société du nom de Jésus, eu cette ville, laquelle est si grande que à grande peine ont-ils moyen d'adviser à leurs provisions nécessaires pour la vie ; en considération du bien que la ville à reçu par les prédications ordinaires de ceux de ladite Société, doctrine et instruction de la jeunesse, outre les bonnes lettres, a toute vertu et piété, ordonne que pour les secourir au besoin, le receveur leur payera comptant 1,000 écus que la ville leur doit pour reste des frais du bâtiment qu'ils ont ci-devant fait faire pour les pensionnaires, pour laquelle somme on leur avoit constitué renie au denier douze, laquelle demeure éteinte . S.
1590. — Mars 23. Le Consulat délivre un mandement à G archers du chevalier dii guet, à raison de 3 écus par jour, pour a5 jours qu'ils ont été chargés de la garde des prisonniers atteints de l'entreprise et conjuration contre cette ville, partie desquels ont été exécutés par justice, et les autres élargis pour avoir été reconnus innocents. S.
1590. — Mars 29. Le Consulat députe M. Laurent de Bourg, conseiller an présidial, pour assister aux inventaires des biens meubles et marchandises qui seront prises par exécution sur les hérétiques et leurs fauteurs habitants de cette ville coltisés pour fournir aux frais de la guerre. S.
1590. — Même jour, 29 mars. Le Consulat fait payer à Jean Perressin , peintre, 19 écus pour la peinture et dorure de trois croix mises l'une audessus du boulevard <\%Ainay% une autre avec six fleurons dorés à la porte S. Just, une autre pareille à la tour du pont du Rhône; plus pour avoir peint a huile et doré d'or fin la cornette, la trompette et les banderolles de 5o chevaux légers; — de plus à Ant. Raynord 20 écus 6 s. 3 d. pour le taffetas fourni pour les banderolles des lances de ladite Compagnie, plus 16 écus 34 s. pour la façon, soie, or filé et fournilureapourles crespeliues, cordons et franges des dites cornettes et trompettes. S.
1590. — * Mars 3o. « Aux magnifiques et a nos aînés les Consuls et Echevins de la ville de Lyon.
« Don Philippe, par la grâce de Dieu, rôi d'Espagne9des deuti Siciles et de Jérusalem : ■
« Magnifiques et nos bien aimés, j'aî pris une grande part à l'embarras où vous me dites que vous avez été par votre lettre du 1 1 courant : et d'autre part je me suis réjoui grandement delà bonne résolution que vous avez prise avec raison de persister dans votre défense et dans celle de la cause catholique ; à quoi vous oblige, il est vrai, le service de Noire-Seigneur et la vraie foi que vous avez héritée de vos ancêtres. En y persévérant, vous trouverez en mot ce qu'y ont toujours trouvé ceux qui ont fait celte profession; et ainsi j'ordonnerai de vous soutenir, si déjà cela n'est fait, lorsque vous recevrez la présente. Croyez qu'en vous maintenant comme jusqo'à présent dans le service du parti catholique et dans l'obéissance de l'Eglise catholique, vous ne serez jamais trompés dans la confiance que vous avez mise et placée en moi. Espérons tous en Dieu qui défendra sa cause. Donné à Madrid, le 3o mars 1590. Moi le Roi. »
( Celte lellre dont l'original existe aux Archives de la ville de Lyon , a été traduite par M. Brosse, ancien archiviste de la mairie. Voyez les Nouu. Arch. duRIi., i,io6).
1590. — Mars 3i. Le Consulat ayant avis que l'ennemi s'étant sai>i de Vienne (1), s'est aussi rendu maître du bourg et de la tour de Ste-Colombe, et commence déjà à courir jusques bien prés des murs de cette ville (Lyon),.., arrête que le seigneur de S. Christophe, gentilhomme très-affectionné au
parti de la Ste-Union, et qui est présentement en cette ville , sera envoyé
(1) « Ou voit que Lyon avait envoyé certain nombre de ses troupes sur cinq grands bateaux avec un ponton pour aller reprendre la ville de Vienne dont l'ennemi venait de s'emparer ; mais qu'elles ne furent que jusques devant Vienne , et qu'elles revinrent sans faire grand effet.
« Ailleurs on voit qu'au mois de mars , on avait envoyé des troupes des penonages à Vienne , dans l'espérance qu'on avoil d'y entrer avant que l'enuemi s'en saisît , comme l'i n trouve qu'il avoit fait lorsque lesdites troupes envoyées la nuit , et conduites par le sieur 4e Roche/art t sergent major . y arrivèrent. » S.
vers M. le baron rie Senecey pour le prier d'amener lui-même ses forces en celle ville, et l'assurer qu'elles seront soudoyées, et les chefs d'icelles trèsbien reçus en celte ville; et de plus on arrête d'écrire à cet effet audit sieur de Senecey et aux capitaines et chefs qui sont à sa suite, savoir MM. les barons <fc Thianget, de Luz% de Betteaux et de Bissy , et on envoie des commissaires auprès d eux pour accélérer la réponse. — Le conseiller Ailard fut députe près de M. de Senecey. S.
1590. — Avril i. Séance consulaire.... Pour mieux pourvoir ù la consécration de la vil'e,on arrête de faire, les jours de lundi, mercredi et vendredi, un Consulat extraordinaire qui sera composé deséchevins ou de 7 d'entr'eux, lesquels auront pour assesseurs quelques-uns de ceux qui suivent, pour ce élus par l'assemblée :
Savoir M. de la- Barge 9 grand vicaire , M. Chalma-zel , doyen de l'église de Lyon , les sieurs de Torvéon , Austrein , de Cazaut , Allard , Athiaud, de Buùnaixt, 0. Croppet, Gillet, Benoit, sieur et Jacques Jacquet.
Et parce qu'il semble que , pour lever tout soupçon de défiance que l'on pnurroit avoir de la part fie quelques habitants de la ville, prétendus mal affectionnes an parti de la Sle Union, et que, pour la faveur qu'ils ont en celle ville, il seroit mal aisé de les en faire sortir, si ce n'est parle commandement exprès de M. le Marquis, a élé résolu qu'il sera très humblement priô de faire faire commandement aux dessous nommés de sorlir de la ville : Assavoir les sieurs Marin d'Elbene, Boyv'in, Griffy, le capitaine Bandedor, Vincent et Joseph Arnolphini , Servigy^ Carie Benvenuti, VEscossois de M. de S. Forgeux, La Prott/eret Emilio Conti et le capitaine Pardiny. S.
1590. — Avril 5. La frégate de la ville, sous la charge de Jean Boyard avec 10 soldats (<j bateliers et le patron), éloit toujours en service, sur les deux rivières, aux frais de ?5 écus par mois : le Consulat donne la commission et le commandement de cette fi égale à Claude Cousturier dit le capitaine La Bourgade. S .
1390. — Avril a. Séance consulaire. On charge M. de Serraciri de se rendre près le Marquis de S. Lambert, gouverneur pour S. A. en Saroye, et de l'inviier de secourir la ville de ses forces, et dans le cas on ce Seigneur ne le voudroit sans l'exprès commandement de S. A., les sieurs échevins ont député le dit sieur de Setracin pour se rendre à Turin vers S. A., pour en obtenir ledit secours.
Pour assûrer les places fortes de ce gouvernement, le Consulat arrête de prier les habitants et échevins de Fit te franche, de recevoir pour capitaine et gouverneur le S' delà Bastie La Peroniere,eX que la compagnie du Sr du Croc sera mise à St. Cents Laval, et M. le Marquis sera prié d'y envoyer la sienne de gens d'armes.
Que la compagnie de chevau-légers de la ville , sous les ordres du M. de Favassieu, sera rappelée des champs en ville, et logce partie en P'aHe , à la Croix-R >ussc et à S. Just.
Et pour pourvoir à la sûreté de la ville, on ordonne ce qui suit,
Que le sergent-major renforcera la courtine de St. Jnst de la compagnie du capitaine lœaucourant, et mettre à sa place actuelle un penon ;
Que l'artillerie qui est à la Bigaudiere sera divisée , une partie mise au magasin de la maison de Madame de Champagnieu , et l'autre aux écuries de M. de Moniconis qui sonl sur les Terreaux ;
Qu'on fera hausser la tout de fer , et on y mettra les petites pièces pour battre dehors, et on y fera mettre des guérites extérieures ;
Que pour la garde du passage de YIle^Bari* et du Prieuré, l'on mettra ia soldais commandes par le sergent Cfoisto;
Que les fauconneaux et autres pièce» de l'arsenal seront montées.
Le voyer fera promplement murer la porte de St-Irênée et les cinq portes du Prieuré , clore ce qui est ouvert, en la courtine du faubourg, réparer le rayelin qui est au devant de la porte de Trion, fuire un claidar et les guérites et autre? choses nécessaires. — Le ier juin suivant, on permit aux habitants de St-Irénée, sur leur demande, de r'ouvrir la porte de $t-Irétiee, à la charge par eux de la garder journellement , de l'aire faire une tranchée à la rue qui tire contre St-George, et de la fortifier de palissades ou barrières. S.
1690. — Avril 5. Le Consulat ordonne que la muraille delà vigne de St-Niùer et la maison étant dedans seront démolies et rasées ret pied rcs terre, depuis la porte de St-George jusqu'à l'endroit de la Blancherie, et plus avant s'il est besoin, h charge de dédommager MM. de St-Nizier. — On avoit fait clore et boucher «les canonières les boulevards de Sl-Clair, d'Orléans et de Notre-Dame. — On avoit mis garnison chez les orfèvres de Lyon, sans doote pour leur sûreté (on les leva le »i avril ). — On avoit placé bonne garnison au fajubourg de St-Irênée pour s'opposer aux courses que fa boit l'ennemi jusqu'aux portes de la ville. Pour dédommager les habitants de ce faubourg du vin bu par les soldats , on leur fit payer 54 écus à par taeer entre les lésés. S. . r V 5
1590. —Âvr'dG. Le Consulat bien Informé que le prieur de St-Hirigny lès-Lyon, contre le devoir et sa profession ecclésiastique, suit le parti du roi de Navarre, hérétique, contre la Sainte Union , et qu'il n'est raisonnable qu'étant contraire a l'église de Dieu, il vive du revenu d'icelle et fournisse aux frais delà guerre qui, pour la ruiner, est faite par l'hérétique, mais que plutost son revenu doit être employé pour la manutention et conservation de la religion catholique, apostolique et romaine. A cette cause, on ordonne que le revenu dudit prieuré sera saisi ès mains des fermiers d'icelui pour être employé au fait de la gerre. S. — Nous présumons que ce prieur de St-Irénée doit être François de Laurencin, dont du Ferdier, art. Ovide, cite la librairie.
1590. — Avril 8. Le Consulat arrête d'implorer le secours tant d'hommes que d'argent de N. S. P. le Pape, de Mgr de Savoye, et de l'ambassadeur d* Espagne près S. A. Pour cela on prie M. Antoine "Emmanuel Chalons, sacristain de St-Nizier, de faire ce bon office ù la cause générale de la Sainte Union et à cette ville, d'aller vers S. S. et le sieur Ambassadeur pour les effets que dessus. S. .
1590. — Avril ii. M. de Senecey arrive à Lyon avec ses troupes, 2000 hommes tant de pied que de cheval ; le Consulat s'engage à payer 1 8,ooo écus par mois pour l'entretien et solde de ces troupes, et en fait payer de suite 10,000. — Le Consulat défraya tous les officiers bourguignons dans leur séjour à Lyon. La dépense de ceux qui logèrent h la Pommerouge s'éleva à 585 écus ; — au logis de la Tête-noire, 568 écus ; — ailleurs ai8écus ; — plus 200 écus. S.
1590. — Avril 16. Le Consulat, pour empêcher que le château de Montagny ne soit de nouveau saisi ou surpris, arrête que le capitaine de Chantemerle s'y rendra au plus tôt avec toute sa compagnie On ordonne que,
pendant l'absence de M. le Marquis, les po/tes de St-Just et de Vaise ne s'ouvriront qu'alternativement de jour à aulre. — On donne les instructions suivantes aux sieurs PtosL et Charbonnier, échevius , députés auprès du Marquis de Si Sorlin :
MM. Prost et Charbonnier estant en l'armée, se tiendront toujours près la personne de M. le Marquis ; — ils l'encourageront el l'exhorteront, attendu que c'est son premier voyage et sa première entreprise , de tascher à en rapporter honneur pour sa personne et pour les habitans de celte ville... ; ils se présenteront ù tous les conseils qui se tiendront, y prendront rang et séance
comme écbevins et députés de la ville A Ste Colombe, verront de faire
rompre le pont, prendre la tour, ravitailler, et y laisser homme de commandement duquel l'on puisse s'assurer avec le nombre requis de soldats. — A Condrieu , feront démanteler la ville, et seulement mettre garde dans le château commandé par autres que les De.tillars qui ont trahi ledit château et
faitJeurs affaires Feront miner Ampuys qui appartient aux Maugircns.
De là procureront que l'armée aille à St-Sauveur pour assurer ladite place ; et si l'on pouvoit passer jusqu'à Annonay, et qu'on le pût emporter, ce scroit un grand bien pour nous. Après venans en Forez , tiendront la main que Riverie soit démantelée , la maison de la Liegue ruinée pour lui ôter sa retraite en ce gouvernement, et le renvoyer en Vivuraisy puisqu'il nous a manqué de foy <ie parole. — Procureront de faire miner le château de Fougerolles appartenant à Amhérieu, la maison dite du sieur de Chenevaille, celle du capitaine Feauchettetite chfiteau de Botfiéon ; si Ton pouvoit amener en cette ville la femme et les filles dudit sieur de Bothéon, ee seroit le vrai moyen de rompre Ja violence de ses desseins. — Puis, l'armée passant par Charlieu, procureroot que le chflteau de Saillans ne soit oublié. — Et en tout ce que dessus seront roides, et ne se laisseront gagner aux persuasions de ceux, lesquels préférant leur intérêt particulier , l'intelligence qu'ils peuvent avoir avec l'ennemi et la parcelle ou le degré de la parcelle au général, voudront empêcher ce que dessus. — Et donneront sauvent avis au Consulat du succès de leur voyage, et des difficultés qui s'y présenteront, aux fins qu'on les puisse résoudre. S.
1590. — Avril 17. La partie suivante est extraite des registres de la sénéchaussée et siège presidial de Lyon :
« Surla requeste judiciellement faite par M. Pierre Builioud , procureur du roy, rcmonslrant que, à cause des troubles qui sont généralement par la France, et pour la difficulté des chemins de ccsle ville en celle de Paris* il nV a moyen de recouvrer dudict Paris ny d'autre part, des livres, principalement de ceuxqui sont spirituels de dévotion, concernant la religion calholicque . apostolicque et romaine et qui servent pour 1 enlreleoement du peuple en la religion, aussy qu'à cause des privilèges qu'ont les marchands libraires et imprimeurs de Paris pour imprimer les dicts livres, ceux de ceste ville n'osent les imprimer et mettre en vente, parlant le public est frustré du bien et jouissance desdits livres, ce qui n'est raisonnable : parlant a requis que, sans avoir esgard aux dicts privilèges et sans s'y arrester quant à présent, par provision, et jusqu'à ce qu'autrement soit ordonné , injonctions soient faites à Jean P Me hotte > libraire de la Sainlc Union, d'imprimer tous tels livres de dévotion et autres concernant la religion catholique , apostolique et romaine :
« Le Conseil a enjoint audit Jean Pillchoite d'imprimer lcstlils livres de dévotion et autres servans pour l'édification et instruction du peuple en la religion calholique, apostolique et romaine, nonobstant les dits privilèges et par provision jusqu'à ce qu'autrement en soyt ordonné.
« Faict à Lyon en jugement. Séants nous Pierre Auslrein, lieutenant particulier . assesseur Criminel , Jean du Burin, George Grutier, Laurent dit. Bourg, Loys de Roc lie fort , Pierre Al/ard et Nicolas ftegnaud, conseillers et
magistrats es dits sièges et senechaucée, le mardy 17e jour d'avril 1590. Signé Croppet. » Voyez ci-dessus au 1" décembre 1589.
1590. — Avril 19. Jeudi saint a Sortirent de Vienne le sieur Alphonse
(iYOrnano ), Maugiron, Blacon, Lesdiguières, Montbellet, Gouvernet et autres, accompagnés de quatre ou cinq cens hommes, lesquels vouloyent charger l'armée du sieur Marquis de St Surlin qui faisoit les approches de Vieme , et fut prins ledit Alphonse prisonnier : le lieutenant dudit Maugiron et Montour, parent dudit Maugiron, tuez avec autres: et fut mené ledit Alphonse à Givors, où il demeura quatre jours, garde par M. de la Barre qui l'avoit prins,.. et fut blessé à ladite renconstre M. de Thiangc, au jarret sur la jarretière, et son cheval aussi, d'un coup de mosquet, et demeura la balle au ventre du cheval , et fut ledit sieur de Thiange emmené en ceste ville en une litière. » La note qu'on vient de lire est extraite d'un journal manuscrit contenant les principaux événemens arrivés à Lyon de i5go à 1614 , publié pour la première fois dans les Archives du Rhône, t. xn , p. 16a à 182.
1590. — Avril ai. Le Consulat averti de la prise du sieur colonel Alphonse, Corse,passe procuration à sesdépulés co-échevins prèsM. le Marquis pour faire toutes promesses et obligations requises pour que ledit sieur Alphonse soit conduit et amené à Lyon pour y être conservé comme prisonnier de guerre, sous l'autorité de M. le Marquis, et faire toute assurance qu'audit sieur Alphonse ne sera fait aucun tort. — Le sieur de la Barre , gentilhomme de Bourgogne, s'étoit lui même saisi de la personne du colonel Alphonse, M. le Marquis, en récompense, lui fit don d'un cheval acheté du sieur Oratio Carnicioni, gentilhomme Lucquois, que le Consulat paya i3oécus, a la prière dudit sieur Marquis. S.
1590. — Avril 2?>. Lundi, « Fut emmené de Givors le sieur Alphonse (d'Ornano) par le sieur de Senecey en Bourgogne : lequel sieur de Senecey s'en alla de Greyzieu où estoit le rendez-vous avec ledit Alphonse et deux cens chevaux, sans dire mot. » Arch. du Rh.xn, 162.
1590. — Avril a5, jourde S. Marc. Le duc de Nemours arrive à Lyon. Voyez ci-après les Publications de 159a ; Manifeste, etc.
1590. — - Avril. 26. Séance Consulaire. Pour ôter toutes occasions de défiance que l'on a de la probité dePhôte du logisdela Têie-d'or,* la Guillotiere% lequel, contre les défenses qui lui ont été faites, reçoit indifféremment toutes personnes suspectes en son logis, sans les déférer aux officiers et habitants du lieu, on ordonne qu'il sera mis hors du dit; faubourg avec sa famille; le chevalier du guet est chargé de faire exécutercette ordonnance. S.
1590. — Avril 27. Le sieur Jacques Hublée avoit été jusques là chargé de U garde du château de Pierre-Scize avec 4 soldats. De l'agrément dudit sieur Hublée, le Consulat liccucie les 4 soldats, le dit château pouvant être gardé par les Suisses qui sont en la Ville. S.
1590. — Avril 28. Dans la séance de ce jour, le Consulat rappelle les services rendus h la ville par M. de Thianges. L'ennemi eut forcé l'armée sans la vive opposition qu'il y fit, « s'estant mis à pied pour faire tourner « visage à nostre infanterie qui estoit entrée en ceste espou vante qu'elle tour- « noit le dos, et ayant repris courage par le moyen dudit sieur de Thianges « qui y fut grièvement blessé d'une arquebusade en la cuisse , de laquelle « il estoit malade à Lyon. » — Le Consulat fit présent à ce Seigneur de quelques chapons et confitures et de 5oo écus , etc. M. de Thianges avoit une compagnie de 100 hommes d'armes, et cominandoiteomme lieutenant du duc de Mayenne. S.
1590. — Avril 5o. Le Consulat ordonne que les femmes de ceuxdupenonagedu sieur r/e Marcieu, qui sont absens et portent les armes contre l'Union, seront mises hors la ville. — Le 14 Juin suivant, on excepta de cette mesure les femmes d'Ennemond Perret et de Matthieu Chevrier, pour, quoique leurs maris soint absens, s'être sagement comportées, sans rien dite ni faire qui puisse faire soupçonner leur fidélité. S.
1590. — Mai 5. «L'armée qui s'en estoit allée de Vienne a Charly eu, entra de furie audit Charlyeu en Lyonnois, sur les 5 heures du soir, par la bresche du canon, mit ce qu'elle trouva au fil de l'espée, et furent penduz aux fenestres plusieurs des principaux dudit Charlyeu, et tint bon l'Abbaye , laquelle enfin se rendit.
— Même jour. Fut imprimé, en cesle ville de Lyon, que, en la Franche- Comté de Bourgoigne, prez de Deaune, s'estoit vu, le 14 mars 1590, jeudy, lendemain des Cendres, deux armées en l'air, cheminant en bel ordre contre le septentrion , lesquelles se escarmourcherent un quart d'heure de furie, et • aprez s'escartereul les dites troupes, Tune sur Arbois, l'autre sur Poligny , estans en nuées rouges bien espesses qui rendirent gouttes comme sang qui arrosoil la terre à plomb , chose admirable. ..! » Arch. du Eh., xir, 17a.
1590. — Mai 9. Le seigneur de Saint-André est mis prisonnier à Pietve- Scize. — Le Consulat fait payer au capitaine Lescot 1 a écus pour la nourriture et la dépense, des soldats mis pour sa garde. — Les sieurs de Gravillon et de la Serrée, aussi prisonniers de guerre, sont mis a la geôle de l'Arche vêché sous la gardé de 4 soldats du guet payés chacun a raison de 20 s. par jour. — ■ Ces prisonniers avoient été amenés à Lyon depuis Charlieu par les gens d'armes de M. le Marquis. — On fit faire des réparations au château de Pierre-Scize pour empêcher que les prisonniers ne pussent s'évader. — Le 7 juin, on loua, pour meubler le château de Pierre-Scize,\ cause du seigneur de Saint- André, 6 matelas, 6 couvertures de Catalogne, 3 paillasses, 3 che- Tets, 10 linceuls, etc. — Lé i5 mai, on accorda à Guillaume Gallois, geôlier des prisons de V Archevêché, 6 c'eus pour récompense de sa fidélité et de sa vigilance dans la garde des prisons depuis le commencement des troubles.
1590. — Mai i4« Le Consulat arrête d'accorder à M. de S. Vidal , gouverneur de la ville ûu Puy et du Velay, l'arme'e conduite par M. le Marquis, avec un canon et une couleuvrinc, poudres et munitions nécessaires pour chiisser l'ennemi du Felay et reprendre les places qu'il a envahies. — On arrête aussi de s'en retourner en celte ville.
1690. — Mai îô. Un anonyme publie, sous celle date, un opuscule intitulé Remonstrances d'im fidèle sujet du roy aun habitons de Lyon, reproduit dans le tome M. du Recueil A. B. C. D, etc. Paris (Fontcnoy), 1760, in la, et dans les Nouvelles Archives du Rhône, en i83a, t. a, p. 116 et sut v. (voyez aussi même tome, page 204 )• — • On doit au même anonyme qui parait être un négociant de Lyon une Seconde remonstrance, datée de Tours le 20 août 160,0, laquelle donna naissance aune diatribequi pourrait bien être de Claudedetiubys et qui fut publiée sous ce titre : Response des habitons de Lyon d certaine remonstrance à eux envoyée de la part d'vng bigarré politique, estant en la ville de Tours :avec la coppie de la dicte remonstrance. A Lyon, par Jean Pillehotte, libraire de la Sainte-Union ; i5cp , in 8. de 5i pages. Cette Response est adressée à Messieurs les maire et eschevins de Tours. Le pamphletier y fait l'apologie de l'assassinat d'Henri III, et engage les Tourangeaux à abandonner la cause du Biamois pour faire cause commune avec les Lyonnois ,
« afin de sedeffendre delà rage des hérétiques soubs la tyrannie desquels cest
« atheiste les a misérablement enfoncez. »
1590. t Mai On apprend que le cardinal de Bourbon qui avait été proclamé par les ligueurs, roi de France, sous le nom de Charles X, est décédé dans sa prison h Fontenay en Poitou , le 9 de ce mois. — Voyez cMessus au 5 janvier.
1590. — Juin 7. Séance Consulaire. Sébastien Huberlin, Allemand, maître des mines d'alun, de vitriol et couperose és pays de Lyonnois, Forez et Beaujolois, demande, attendu le proût qu'il apporte à tout le royaume, par son industrie à faire travailler aux œuvres dosdits mines f que le Consulat le fasse jouir des privilèges que pour ce lui ont été* accordés, et ainsi le déclarer exempt de tous droits de douane. — Les échevins ayant égard à l'industrie dudit Huberlin, et le voulant reconnoître de son invention et labeur, ordonnent qu'il jouira des privilèges et exemptions a lui accordées et dont il a cidevant joui. S.
1590. — Juin 20. Séance Consulaire. Pour faciliter la conférence qui a été résolue être tenue à S, Genis-Laval, entre les députés de M. de St Sorlin , gouverneur, etc., et les députés des seigneurs de Veniadour, de Maugiron et de Bothéon, il avoit été accorde audit sieur de Maugiron que pour la sûreté des personnes des députés desdils. seigneurs, d'autant que la conférence est assignée dans le gouvernement de M. le Marquis, et non gueres loin de cetteville, l'on bailleroit otages qui seroient conduits à Vienne. A cet cflet , les échevins nomment pour otages de la ville de Lyon, nobles Guillaume Poculot, échevin, et Guillaume Gella> leur combourgeois; lesquels ayant accepté ladite charge , pour ne laisser une si sainte et bonne œuvre à effectuer, lesdits sieurs échevins s'obligent de les dédommager de tous frais et dépens, de tous événemens, et de procurer par tous moyens leur liberté et délivrance, s'ils étoientpris à l'allée ou au retour, ou bien retenus de mauvaise foy en la ville de Vienne, S.
i590. — Juin 24. Le Consulat avoit nommé le sieur Charbonnier, échevin? pour se trouver, au nom de ta ville , à la conférence qui se devoit faire » S. Genis-Latal pour la pacification des troubles de ce gouvernement et d*» pays de Dauphiné; mais ledit Charbonnier étant tombé malade, le Consula1 députe à sa place le sieur de Chaponay , seigneur de Vlsle^ et lui remet les instructions suivantes signées du secrétaire :
Abticles qui semblent être raisonnables de demander aux sieurs^ de Ventadour, de Maugiron et de Bothéon.
De remettre Viennes l'état où il étoit suivant le traité, savoir, que la ville sera commandée par ses échevins, le château de la Barre rendu à l'archevêque pour y mettre tel capitaine qui lui plaira avec la garnison accordée par le traite de Vienne; que toutes les réparations et fortifications faites au château
de Pipet seront abattues Qne deux pièces de canon seront rendues en
celle ville, suivant le traité de Vienne. — Que Ste Colombe et la tour, Condrieu, ville et château , le Bourg-Argmtal et St Sauveur, seront remis à l'obéissance de Mgr de Nemours. — Rendront Septeme a M. de Chevrieres et tout ce qu'ils pourront lui avoir pris. — Et d'autant que le traité de Vienne a été rompu et violé par ledit sieur de Maugiron et autres de son parly , et que, s'étant saisi de Ste Colombe, ils ont fait entrer toutes les forces des hérétiques dans le royaume, icelui pillé et ravagé. Mgr le Marquis avoit été contraint mettre une armée sur pied, et mander les forces de Bourgogne, où , il avoit dépensé plus de quatre mille écus, desquels faut demander récompense. — Demander aussi satisfaction du saccagejnent fait tant au plat pays qu'aux habitants de la ville de Lyon , qui monte à plus de 100,000 écus. — Dorénavant ne pourront prendre aucune imposition ni contribution sur les biens situés en Dauphiné des habitants de Lyon et de ceux du plat pays, si ce
ne sont les tailles ordinaires et impositions qui se feront par ordre de la cour cl du pays. — Que toutes marchaudises et deniers qui auront été pris en passant par Fienneyour être conduits en cette ville de Lyon venant de Provence, Languedoc, Dauphin titi ailleurs, et celles aussi qui alloient de cette ville audit pays, seront rendues et restituées à qui elle*» appartiennent. — Que récompense sera faite au capitaine St Mate de ses meubles et provisions, et démolition de ses maisons. S.
1590. — Juin a8é Pierre Austrein, conseiller dn roi, lieutenant particulier en la sénéchaussée et siège présidial de Lyon, dresse un procès-verbal de l'état des réparations à faire ûaml't'glise de St-Irénee, dévastée par les Calvinistes, en i56?., afin de rendre cette église au culte divin. — Outre le devis des réparations à faire, ce procès-verbal contient une saisie des fermes du prieuré de St Irénée, au préjudice du prieur qui s'était réfugié à Langirs , ville tenant le parti contraire de la Sainte-Union. Mss de la B. de Lyon , n.° i583.
1590. — Juin... Mort de Jean d'Arces , baron de Lyvarot , seigneur de la Bastie-Meylan, chevalier de l'ordre du roy ; lequel fut inhumé dans une des chapelles de l'église de Condrieu, où son épitaphe en latin était suivie de ces deux vers :
De foy , de piété , de vertu , de pouesse , De race , gist icy des nobles la noblesse.
Voyez sa notice par M. Cochard, Arch. du EU. , III, 6i . —Le Laboureur fait mention d'un Claude ctArces, gentilhomme du Dauphin?, et qui était probablement le frère de Jean d'Anes. Ce Claude d'Arces, archidiacre de Ylle- Btrbe, fut un de ceux qui, après la sécularisation de cette abbaye, jelèreot le froc au buisson; il embrassa le protestantisme, se maria, et mourut six a.is après, laissant des enfants, dont les enfants rentrèrent dans le giron de 1 église. Matures, t. a, p. 24, 345 et 592.
1590. — Juillet 1. Dimanche. « Fut accorde'e la paix entre ceux de Lyon et Vienne, qui ne dura gueres. » — « Au moys d'aoust (suivant) , ceux de Vienne se mirent dans Riveyrie, où ils se fortifièrent , et fallut mener le canon qui tira plusieurs coups, tellement que ceulx qui esfoyent dedans se sauvèrent. Audit moys, fut prins prisonnier M. de Chevrieres, et mené à Pierre-Scize, et. furent faicles les barricades par la ville, laquelle futesmene le .... dudjt moys, sur les onze heures du soir. » Arch. duRh., XII, i63. Voyez ci- dessus, au 17 janvier, et ci-après au 3 septembre et jours suivants.
1590. — Juillet 2i. Le Consulat arrête pour certaines bonnes considérations de changer à Pierre-Scize la garde du sieur de Saint-André; et au lieu du capitaine Lescot, on commet le sieur Jacques Hublêe, qui changera les soldats, et y placera ceux qu'il jugera à propos, avec ordre u"obéir audit Hublêe, comme à leur chef. S.
1590. — Aotlt i5. Les sieurs échevins désirant bonifier la ville, et, y attirer une Université pour l'instruction de la jeunesse, tant en la théologie que philosophie naturelle, Commettent et députent deux échevins pour prier le Pere recteur du collège des Jésuites de cette ville d'entreprendre celte charge et cette saincte œuvre. — Le 17 août , les députés rapportent en avoir conféré avec le Père provincial et le Père recteur, qu'il ont trouvés tout disposés à effectuer les dc'sirs du Consulat , si on leur eu donne les moyens.
Ils étaient d'avis que, pour le bien commencer, il seroit nécessaire d'établir de suite en cette ville la Lecture de la théologie , et empêcher par ce moyen qu'elle ne soit attirée à Dote, qui la recherche ; que cet établissement coûtera une pension de 4 ou 5oo cens, pour la tenue des lecteurs et régents à ce nécessaires. Le Consulat arrête de fournir des deniers communs jusqu'à concurrence de 200 écus, pour partie de l'entretien et de la nourriture de la première année des régents. S.
1590. — Août a3. Le Consulat fait payer 4 écus à quelques habitants de Brignais, pour lu saisie et prise qu'ils avoient fuite d'un espion de l'ennemi, portant des lettres à Montpellier, et pour avoir procuré sa fustigation. S. 1590. — Août 5o. Le duc de Nemours écrit au Consulat : « Messieurs, J'estime que le sieur de Poge (*) ne vouldtoit maintenant eslre party, comme il en a faict instance j niques iey, ayant ven qu'aprez que Dieu m'a voulu assister despuys le mois de mars, à contenir la garnison de ceste ville et le peuple d'icelle, parmy lequel la bonne intelligence requise n'esloit tousjours comme je l'eusse désiré, joinct que la nécessité d'argent et de vivres nous a plus ennuyé qu'aultre chose. Enfin la nuict passée, le roy de Navarre a rendu ceste ville libre de tous costez, pour avoir faict lever le siège, aflin de s'en aller au-devant de M. le duc de Parme et de M. du Mayne, qui ne sont qu'à sept lieues d'icy. L'on espère très-bonne yssue de cette baptaille, de laquelle et incontinent que j'auray veu M. du Mayne, je prétends porter les nouvelles en mon gouvernement. Dieu m'en fera la grâce, et vous veuille conserver, Messieurs, en toute félicité ! De Paris, le 3o d'aoust. Vostre plus affectionné et à jamais tres-parfaict an^r à vous servir, Charles E. de Savoye. » S.
1690. — Septembre ier. Lettre du colonel Alphonse au Consulat : « J'envoye Jacques , présent porteur, pour vous prier très humblement de me vouloir bien faire ce bien de m'accorder un passeport pour le sieur capitaine Anthomarie, pour me venir treuver pour chercher ung remède pour maistre fin ù ma délivrance, s'il plaist à Dieu, que ce sera pour vous en rendre toujours 1res humble service, tant que Dieu me fera la grâce de vivre en ce monde, comme je le supplie vous conserver en sa saincte et digne garde. Au Château d'Auxonne, le iCr septembre i5go. Vostre bien humble et affectionné à vous obéir et servir, Alfomso d'Oenano. » Voyei çi-après au aa de ce mois.
i590. — « Le lundi, 3' jour du mois de septembre i5p/>. après plusieurs avertissements donnés de divers endroits d'une entreprise que l'ennemi avoit sur cette ville de Lyon, qu'il espéroit exécuter dans le lendemain 4 dudit mois, par le moyen des intelligences que l'on disoit qu'il v avoit ; ce qu'étant confirmé par M. le marquis d'Urfé, gouverneur de Forez, et le seigneur de Chazeul, venus exprès en ladite ville, où ils seroient arrivés entre & et 9 heures du soir, Mgr. le marquis de St-Sorlîn, gouverneur de la ville de Lyon, par délibération de son Conseil, désirant rompre ladite entreprise et pourvoir à la sûreté de la ville, auroit faict très exprès commandement à M" les consuls échevins de faire prendre les armes au peuple, et de se saisir des places et avenues des rues; ce qui a été fait en vertu de la commission de son Exe, de laquelle la teneur s'ensuit :
« Nous ordonnons aux sieurs échevins, parlant à la personne du sieui «
(1) Le sieur de Poge quitta Paris pour revenir à Lyon , le 3 octobre , porteur d'une lettre adressée le même jour au Consulat par le duc de Nemours , annonçant qu'il serait bieulôl à Lyon.
baron de Vaulx et du sieur Prosty lesquels nous avons mandé quérir pour cest effect, pour faire prendre les armes aux penons et habitans de teste ville; de ce leur- en avons baillé pouvoir et commandement, voulant que Souysses et autres obéissent. Fait à Lyon le 3 septembre 1590. Signé Henry db Savote. » .
Et le lendemain , entre 5 et G du malin, S. E. a commandé au seigneur de Roc/icforty sergent-major de la ville, de se saisir de la personne du seigneur de C/ievrières, baron de St-Chauraont, et de le mettre sous bonne et sure garde au château de Piene-Scizc; ce qui ayant été fidèlement exécuté, toutes choses sont demeurées pacifiques en la ville, et les artisans qui s'étoient distraits de leurs vacations ordinaires , sont retournés à. leur labeur. Le môme jour, M. le marquis de Durfé a baillé au sieur marquis de S. Sorlin une déclaration dont la teneur s'ensuit :
«.Je cer ifie à tous avoir donné avis à M, le marquis de S. Snrlin que M. de Chevri'ercstm'htant venu trouver à Montbrison, et nous étant retiré à part, dans une salle de la maison lu sieur de Jltuntmuson, appelée le Palais, joignant celle du Solleîllans , où j'habite ; après m'avoir demandé s'il pouvoit me parler librement, et Juy ayant respondu que ouy, il me tint plusieurs propos, dont la substance d'aucuns éloit qu'il avoit parlé en ce voyage de Thiify au sieur de Rochcbaron et au baron de. Son, qui luy a voient dit qu'ils avoient lettres du roy, par lesquelles il le fuisoit son licutenantgeneral en Lyonnois et Beaujolois, réservant le Forez pour moi, si je voulois prendre son party; et que, quant à luy, il n'avoit voulu se résoudre qu'il n'eust conféréavec moy. Je lui fis response que je le remerciois de sa bonne volonté; mais qu'il ne me sembloit pas honorable de prendre le party d'un prince hérétique; il me fit response que l'on me donneroit la terre de Cervières à moi et aux miens, et que le roy se feroit catholique. Je luy dis là dessus que nous avions assez de temps à nous résoudre lorsqu'il le seroil. Sur quoi il me répliqua qu'il ['avoit bien dit aux sieurs de Rochebaron et de /on; mais qu'ils luy repondirent que cependant l'occasion se perdroit , parce que M. le Grand Prieur venoit; lequel , s'il faisoit l'effet de remettre ces pays en l'obéissance du roy, voudroit jouir du fruit de sa peine, en ayant le gouvernement. Je luy respondis que M. le Grand Prieur ne nous feroit rien faire, si nous avions bonne intelligence ensemble , et que, quant à moy, je ne saurois tenir le party d'un hérétique, quoy qu'il m'en pust advenir. Il me respondit qu'il en feroit donc de mesme , mais qu'il lui sembloit que nous devions retenir cette artillerie qu'il avoit entre les mains, qui fortifieroit beaucoup nostre autorité, et que nous la partissions par ensemble, et, pour cet effet, que je vinsse au camp à Riterie; qu'il n'esloit pas assez fort pour Penmener, d'autant qu'il y avoit beaucoup de troupes à la dévotion de ceux de Lyon, et que ma présence y seroit bien requise. Je luy respondis que je m'y trouverois, et qu'il y falloit bien penser. Depuis, quelques uns m'estant venus tenir les mêmes langages, je me pensois que cela venoit de luy, qui fut cause que je leur demanday; et «l'ayant fait entendre que ouy, j'eus crainte que s'il mesadvenoit à Paris, qu'il n'eust quelque mauvaise volonté contre nostre party; qui me fit donner advis àmondit seigneur le Marquis , aflin d'y prendre garde. Voilà ce que je luy ai mandé et dit, que je soutiendray jusques au bout de ma vie, si on veut dire du contraire, ce que je ne puis croire, pour n'avoir rien proposé qui ne soit entièrement véritable. » S.
1590. — Septembre Madame de Chevrières de St Chamond écrit au
Consulat :
• Messieurs, L'affliction où je suys qui m'est du tout insupportable
ne me permet pas de taire le tort et l'injure faicte à mon mary, lequel , sur le mandement de Monseigneur le Marquis , et prière de vous, M", s'est mis entre vos mains, par lesquelles il a esté faict prisonnier et détenu , comme il est à présent , dans le chasteau de Pierre-Scize ; et cncore9 qu'à juste raison je sois outrée de douleur, si est-ce que je désire sçavoir de vous en quoy il peut avoir1 failly, pour eslre traicté si 'durement au préjudice de son honneur et de sa qualité. Il est allé à Lyon sur vostre parolle, ce qu'il n'eust faict s'il eust senty sa conscience chargée , ou qu'il eust désiré de remuerai! préjudice d'icellc et de l'affection qu'il vous a portée, tant en particulier qu'en général, et au bien et repos de sa patrye. En quoi il a tousjours procédé avecq aultant de franchise qu'il n'y a espargné ny l'hasard de sa vye, ses amys, ny ses moyens, et néantmoings vous avez mis sonbz le pied tous ses bons offices, pour contenter (en l'offensant) ceulx qui luv portoient cnvye de son bien faire. Je vous demande, Messieurs, si ce rCestpas I ty le premier, depuis six ou sept ans, qui a prins les armes envers et contre tous pour le parly que vous ter.ez, sans avoir iamais appréhendé le péril de ses biens ny de sa vye? Despuis, entons les affaires qui se sont présentez, n'a-t-il pas laissé tout ce qui luy touchoit le plus prez et abandonné tout pour vous servir? Et maintenant il fault que je vous dise, et ne le puis celer, que c'est une ingratitude trop grande de ruyner l'honneur et la réputation d'ung tel homme que mon mary, ainsi légèrement et sans occasion , pour vous avoir tropt aymé, servy et affectionné ce qui vous touchoit plus que ce qui est à soy-même. Et vous prie croisre que ceulx qui vous ont donné telz et semblables conscilz sont voz ennemys,, et qui ont désiré vostre ruync, comme je vous feray apparoir ung jour en temps et lieu. Mais pour le faire plus brief, vous sraurez combien ont esté odieuses, principalement à tous les gens de bien, les violences faictes en France soubz prétexte de la foy et parolle données ; et toutes foys mon mary a esté prins par les mêmes artifices. Car il faut que vous sçachiez qu'il avoit en tel honneur et' réputation vostre maison de ville que, sur vostre simple parolle, il fust non seulement allé à Lyon, mais partout où vous l'eus9iez mandé, encores que plusieurs de ses amys lui conscilloient le contrayre : et n'eust jamais creu que tel acte luy eust esté faict. Or, Messieurs, je ne pujs croyre que vous me veuilliez retenir mon mary, puisque si librement il vous est allé trouver, et me prometz qu'à ma prière et requesle (heu esgard à l'obligation que vous luy avez de l'amylié qu'il vous a portée), vous le remettrez libre et luy aiderez à avoir sa raison des traistres et calomniateurs qui vous ont persuadé de consentir à sa prinse, au détriment de vostre honneur et au proffit de vos ennemys et nostres, qui se ryent aux dépens de mon affliction, du traict que vous nous avez faict. Je ne vous en diray pas davantage, et remeltray le tout à Dieu; lequel m'aydera, s'il luy plaist, à avoir raison du tort qu'est faict à mon mary, et vous ouvrivra le jugement pour cognoistre les pratiques desquelles on se sert pour vous rendre odieux , vous faire acquérir des ennemys, et mettre division en nostre party. Je vous supplie encores une foys, ne me détenez plus mon mary : car il n'a point failly ny mérité d'estre traicté de ceste façon , et ne puis croire que Mgr. le Marquis aye donné consentement à sa détention , ayant esté ung des premiers serviteurs que Messeigneurs ses frères ayent eu en ceste cause. Que s'il esloit autrement, ce seroit un pernicieux exemple pour tous ceulx qui font leur service. Enfin, Messieurs, ie ne puis taire que c'est vous qui l'avez mandé , et, \ ceste occasion , pour vostre honneur, c'est à vous de procurer sa liberté, affm que, pour l'advenir, tous ceulx de qui vous vouldrez servir, ne tirent en conséquence ces! acte faict à mon mary. Et oultre
eeste considération , noui vous demeurerons obligez, et ferez charité en in« levant d*ennuy où }e suis. Ce faisant, je demeureray, M.", voslre Iiitmblë Voisine pour vous faire service. Signe de S > iKCT-CiiAuosn.
P. S. Escripvanl la présente, le" cuisinier que j'avois envoyé à mon mnry J>our lè Servir, est arrivé céans ; lequel m'a dict avoir esté chassé par le capitaine de Pitrrescite; chose quia redoublé ma douleur, pour venir que inou mary soit traicté comme s'il avoit commis quelque perfidie ou méchanceté, il est de trop bonne racé .pour le traicter de cèste façon. Je prie Dieu me vouloir donner la patience telle fju'il m'est nécessaire pour supporter ung tel tort et. injure qui m'est laicte: »
Antrè lettré dè Madaiiie de St. Chamond:
- Messieurs» Je vous ay Voulu encore* faire ce irtot eh ma misère, et vous dire que j'ay entendu que l'oit a séquestre mon inary de ses serviteurs qui alluieht et venoiclit vers luy pour le servir \ qu'est (^occasion que je né puis avoir des nouvelles de mohdit mnry : qiii me fuit vous supplier de vouloir permettre que mes serviteurs1 aillent él viennent pour m en rapporter» i\c pouvant vivre si je ne seay de jour à aullrë comment il se porte. À l'honneur de Dieu , Messieurs , ayez, compassion de la plus désolée des femmes qui fust jamais, et de mes enf.ins ; et nè permettez que' mou mary aye du mat pour vous avoir faict service; espérant faire venir èt loucher au doigt, comme dcsja je vous eseripvis nier par nia précédente, les artifices de ses ennemys desquels ils ont usé pour le calumpniér (i). Messieurs, obligez avons ccslc maisoh , alTin que pour jaih.iis totot cé qu'en dépend soit disposé pour voslre service, comme je feray particulièrement; demeurant cependant , Messieurs, vdstrë plus humble voysinc , pour vous faire
service. De S. CriAÉbND. 4
1.590. — Septembre 9. Le Consulat répond à Madame de C/uvrières qu'il ne doutoit poiut qu'elle, fût grandement, affligée de la rétention de M. de Cherriïresj son époux , i\ cause de la grande et indissoluble ain'Kié qui éloit entre eux deux; qu'il étoit bien marri que. pour son consentement, il ne pftt pourvoira sa liberté, laquelle dépendoit entièrement de M. de Nemours et de M- le Marquis \ lesquels étant .princes très-vertueux et amateurs de la justice, lui conserveront leujonrs son bon droit 1 en quoi le Consulat le* assistera de tout son pouvoir* comme ses humbles et affeol tonnés serviteurs; priant celte dame de croire que, lorsqu'il invita M. de Chevricr<$ à venir à Lyon, et pendant le séjqur qu'il y a fait» le Consulat n'^voit jamais pense a ce qui est advenu par le seul commandement de M. te Murquis , comme feront foi les actes qui sont ez archives de la ville. Ils prient donc cette dame de ne les accuser d'ingraiitude, comme elle avoit fait par se* lettres : car tant s'en faut qu'ils aient mis en oubli les plaisirs et bons offices que cette ville avoit pu recevoir de lui , qu'ils sont prêts à lui en rendre service du besoin , ainsi qu*a Madame son épouse, en toutes les occasions qui s'en présenteront. Ils finissent en baisant bien humblement les mains de celte dame , elc. S. ' . .
1590. -a- Septembre 1 1 . Le Consulat -nomme deux échevins pour assister* nu nom de la ville, à rassemblée nui se fera avec MM le* députés du Conseil d'élat du clergé de France^ des finances et syridics du plat pays, pôiir traiter des moyens que l'on aura à tënjr pour Ja réception de l'armée que 3Mgr de Savoye envoie pour le secours de çette ville. S.
(1) Voyrt, JànS 1rs aclcs toftsltlairrS de telle rpoqlie, les gfirf» imputés par M. <?U*fJk M. de Cita ri-': 1rs. S.
159D. — Septembre il. Le Consulat désirant rendre le vœu que, au tcmp« «le la dernière contagion, Icséchevins firent à N. D. de l'I4e de lui l'aire don d'un calice d'argent, ordonne que de l'obligation de 5oécus, en laquelle Jeun David est obligé à la ville pour accord fait des amendes pour la contravention aux ordonnances de la santé , sera prise la somme de 100 livres pour employer à acheter un calice qui sera donné à N. D. (Je ïlsle, et lct surplus appliquera la réparation d'une muraille de l'hôpital St Laurent. — Le 28 Jtiars 1CQI, le voyer présenta au Consulat le calice avec sa patène ; toutefois il ue fut offert qu'à la fin de celte annee. S. — M. l'abbé Roux a publié dans Wllbum du Lyonnais (Lyon, i843,in-4°) une Notice fort intéressante sur V Ile- Barbe 1 nous y avons vainement cherché une anecdote rapportée par M. Théodore Grandperret, page 12 de V Etat politique de la tille de Lyon. « On
« raconte, nous dit-il, que Charleinagne, séjournant à Lyon , voulut aller, « accompagné de Lcydratlc, visiter la bibliothèque du cou vent de Y Ile-Barbe. « C'était eu été; la journée était magnifique. L'empereur, après avoir par- « couru le monastère, s'éloigna de sa suite , se promena dans Pile, puis se m coucha sur l'herbe au bord même de la Saône dont l'eau venait effleurer « les pieds du monarque, tandis que des arbres antiques , qui avaient vu les « cc'ronionies des Druides, étendaient sur sa tète leurs longues bran, lu - « pliantes. Charlemagne resta longtemps ainsi. Lorsqu'il rejoignit ses ofli- « tiers, et au moment où, allant quitter l'île, il recevait les adieux des reli- • gieux groupés autour do lui, il leur dit : Mes frères, c'ett ici, dans celieu.de « paix, que je veux finir nia vie (1). ■ Nous regrettons fort que M. GranApe.rret ne nous ait pas donné le titre «le la chronique où il a emprunté ce charma nj récit ; nous laissons à M. l'abbé ïloux le soin de le vérifier, et nous lui signalerons une autre anecdote, qui lui est aussi échappée^ et qui se trouvedans le livre intitulé IjCL Vie des trois Maries, dont l'abbé d'Artigny nous a donné
une analyse, tom. vi de ses Nouveaux Mémoires \ » Quelque temps après
que nostre Seigneureust esté trouvé dans le Temple au milieu des docteurs, -ainetc Anrt\e tomba dangereusement malade et mourut... Or est il à sçavoir «pic quatorze ans après la Passion, Longis, céîtlV qui frappa nostre Seigneur au costé, lequel esloil natif d'auprès de Lyon (2), apporta le corps de saincte Anne et plusieurs autres reliques ; puis il fonda en YIslr-Barbe, près de Lyori, une chapelle où il fit ensevelir le corps de saincte Anne devant l'autel à main droicle, et deux cens ans (3) après, le roy Chaiiemagne, csineu de grande dévotion, fit relever le corps de saincte s/nner, et alors y esloit le roy ne Provence, auquel Charlemagne donna le tais de la teste qu'il emporta en son pays. Puis ledicl Charlenuigne fonda l'église et abbave en ladite isle, en ce mesme
temps n Voyez Calvin, Traité des reliquet, p...; Tnn.o, Codex apociyphus,
1, ÎÎ8G ; la Biographie Lyonnaise, art. Longin; ci-après au 29 aéctmbre i5qi.
1590. — Septembre 10. Séance Consulaire. Surles remontrances de plusieurs
(1) Erasme avait aussi voulu finir sa vie à Vile-Barbe: te premier avril I53i, il écri\ail, de Fribourg en Brisgaw , à l'abbé Antoine A'Albon : « Si les corps traversaient aussi facile ment les monts et les vallées que les esprits !<** franchissent dans leur vol , déjà Vile-Barbe, plus digne, à mon avis d'être appelée heureuse (Moceria), aurait Erasme parmi ses bote»... » Moniteur Judiciaire 1U Lyon * du \ novembre 1 8 ;3.
(i) Longis ou Longin n'est pas le seul personnage de la Passion que les légendaires aient Mipposé d'origine gauloise. Ils ont fait de Pilote un Lyonnais et l'ont fait mourir à Vienne eii DttUphinê ; de Judas un Normand , etc. Voyez la Biographie Lyonnaise, krl.Pif.ATS , elle Me'nagiana ,lom. IV, p. m.
(3) Lisez huict cens. Noms ignorons si cette faute est de Jean Pcrnette ou de Aw/ Droyn r son interlocuteur.
personnes que depuis l'introduction en colle ville de In verrerie on fabriqué ile verres, le bois y éloit enchéri du tiers, voire presque de la moitié pour la grande consommation qu'en font les ouvriers ue la verrerie en leurs fournaises, saps que cette manufacture apporte «n grand service à la ville, attendu que devant ladite introduction, elle n*en c'toit aucunement dépourvue, parce que, en Dauphfné, et bien près de la ViHe, il yen avoit une très belle et très bonne qui peut bailler son ouvrage comme elle fait a beaucoup meilleur prix, d'autant qu'elle est comme au milieu des bois1, et qu'ifs ne coûtent comme rien, les sieurs échevins, comme pères du peuple, sont d'avis que ladite verrerie soit mise fcors la vil(e* et que les sieur» juges commissaires de police y pourvoient proiapteiuent pour faire cesser le mécontentement du peuple. S. 1 .
1590. — Septembre i5. De«irant les sieurs echevins représentant le corps de ville reconnoître la damé de Rochehonne de l'honneur qu'elle lëur a fait m ses dernières couches de les faire parrains d'une fille (a" laquelle Us ont donné le nom de Dlandine ), ils ont ordonne de lui faire don ou présent de la somme de 200 écus d'or ou d'une chaîne d'or de la mémo valeur, etee pour conserver en ce temps de troubles Inimitié du sieur de, Bochcbonne , son mari (maréchal dû ccunp dûs forçai de la ville)* S. ' /
1590. — Septembre 20. Mort, a Sertlis, de Jàcqvtes Fai}e, slenr1 tVEspeisses (fils de Barthélémy y nrtltf de Lyon) , président à mortier 'au parlement de Paris on il naquit en i54a. 11 fut l*ami VttènriVi qui lui adressa deux lettres insérées dans les Opuscules de Loisel , p. (i(i3-64. Voyez ci-dessus au 17 mai t5H^ là Biblieth. franc, de l'abbé Go ujkt , H, 387, et les IVouv. mil. de C. B., p. a5i.
1690. — Srplemlw* sa. Le Consulat écrit nu colonel Mpltonse (prisonnier à Auaonne) :
* Monsieur, nous avons reçu un bien grand contentement de la resolution que M. de Senecej- a prinsedo vous conduire à Hçrde Mayenne, pour traiter de vostre liberté, laquelle nous sera toujours tres-agreabic pour l'espérance que nous avons que vous reprendrez les armes pour le service de la cause générale de la Ste Union > de laquelle nous vous axons cognea très leU et ires affectionné, à cause de quoy nous serions bien marrys d'avoir refusé passage à ceull de vo* gens qui vous Iront trouver pour vous faire escorte et compaignie; mais de leur bailler pour servir hors do la ville, il seroit inutile, coluv de Mgr le Marquis estant suffisant. Toutes fois, si l'on voudra noatrt particulier, nous le ferons expédier très volontiers pour le désir que nous avons de demeurer toujours vozbien humble* et affectionnez serviteurs... » Voyez ci-dessus au i" de ce mois.
1590. — Septembre a3. Dimanche. « Fur chanté le Te Deum à St Jehan. et fut fait procession générale pour louer Dieu de la délivrance de Paris, et pour l'extirpation des hérétiques, comme ifussi pour louer Dieu de ce que l'on avoit créé à Rome un pape nommé Grégoire, et que Dieu lui fist la grâce de bien régir et gouverner sou troupeau et procurer l'extirpation de rheresie. » Arch. du Rh., xu, 160. -
1590. — Septembre 9$ (ou 18). Le duc d$ Nemours écrit au Consulat :
« Messieurs, vous aurez peU entendre par les despesches que j'ny sydeuaut f.iictcs à mon frère se qui s'est passé durant le siegr. de selle ville, et depuys la leuée d'icelluy je ne laisse de prier le Sr du Bourg prenant porteur de VOUS au entretenir particulièrement, et vous dire de combien nous somme
pbligeià Dieu de nous avoir garanty des tnaits dont nous estons menasse?» j'espère voyr demain M. du Mayne au boys de Finsenue , là on il est depuy samedy dernier, et aprez de ne séjourner beocoup sans m'acheminer an mon gouvernement , pour le désir que j'é de vous voyr et seruir auec toute ufl'ection ainsy que je vous l'ay tousiours declajré. Me remettant donc audi sr du Bourg, je prie Dieu, Messieurs, vous conaernepan ses Stcs geases, me recommandant ne tout mon peur aux vôtres. A Pans le aS (?) setanbre. Votre plus affectionné et plus parfait arqy à vous tteruir , Chauds E. de Savoye. » S.
1590. Seplembi e... « Fut diot que le prince de >P aime etMsdu Mayne (le prince de Parme et le duc deMayame) avoient déchassé le rey de Navarre de devant Paris où il les tenoit assiégez, lequel roy de Navarre axait rois Paris en si extresme nécessité et misère qu'ils raouroyent (Je faim, et valoit la livre de pain un escu , la livre de chair quarante sois , la livre de beurre quatre livres,et y eut plusieurs personnes a udi* Paris qui mqururept d<? faim.» Arch. du Rh. xii, i63.
1590. — Octobre i. Le Consulat icommet le sieur Gella pour faire déchargera l'arsenal les pièces, poudres et boulets que Mgr le àuede Sawye a prêtés ii la ville, elles mettre, sous bon inventaire, en lieu séparé et fermé, le* olé* remises au Consulat. — : Cette artillerie çonsi»|oit en uu double cajion,; deux demi-canons montés, 5op barils poudre à capon, ao barils poudre fine, chacun du poids de ia5 livres,, topo, boulets 4e canon et 3ooo de demi canon. Le Consulat en passa l'obligation t\ reconnaissance le l^pçtobre^ S,
1590. — Qctaltre 6. Madamd de Checrittxè (i) écrit au Consulat :
♦< Messieurs, la longue prison en laquelle on détient mon mary me faut vous remettre devant les yeux ce que je vous ay par plusieurs de mes lettres l'a ict entendre, qu'est le tort qu'où luy faictde le détenir, sans luy faire savoir ce qu'on luy veulx, ny lui donner moyen de sa justification. C'est chose- Messieurs qui me faict entrér presque en desespoir , s'il n'estoit la graco de Dieu que j'invoque en telle adversité, pourvoir que l'innocence de mon mary, la justice de sa cause, ses fidelles services et mes continuelles plaintes ne luy servent de rien, qui me faict vous supplier bien humblement, Messieurs, vouloir prendre en vostre protection son droict, et avoir esgard qu'il a este calumgnié comme il est fort injustement, et luy assister de voz faveurs et bon crédit pour estre délivré de la captivité où il est, vous assurant que sa liberté ne luy fera en rien diminuer l'affection qu'il a tousjoors heue au bien de vostre ville, pour lequel vous trouverez sa personne et ses moyens très disposez pour y servir tant en gênerai qu'en particulier, vous suppliant avoir pitié de moy et mes enfants , et nous faire ce bien d'assister ceste maison tant affligée; vpus baisant humblement les mqiw, priant Dieu vous donner, Messieurs, heureuse et longue vie. De St Çhamond le 6 ççtolire i5go ( plus, bas de la main de ladite dame.) vostre très humble pour vous fère service. Signé : De S. Chamond. v ,\
Le Consulat reppndit à Madame de Chervieres que, quelque grande que soit sa douleur de la longue détention de son époux , il ne 'faut pa? qu'elle en vienne jusqties là que de désespérer de sa liberté', laquelle il désire autant que serviteurs et amis que ladite dame et M. de Chetriercs puissent avoir : mais les choses n'y estant encore bien disposées, c'est à un cœur généreux d'en attendre avec patience la fin désirée. Il la supplie de croire que non
(\ ^al: telle de Gxdngiic, fi|li de (lti:t!<utmc.
roulement il n'y mettra aucun empêchement; moi* au contraire tout supporl el laveur pour l'amitié, respect et honneur qu'il a toujours porté à sou époux , comme le temps, père de la vérité', luy pourra faire conuoistre de quelle affeclioo le Consulat désire son salut. • S. Yoyei infr* au ta novembre. , .„
1690. — Octobre 7. Le duc de Mayenne, dans une lettre écrite du camp devant Corbeil, prie les écho vins de lut envoyer M. de Cheviyera, prisonnier sur parole, aflo de lui frire son procès, s'il est coupable- A. Beeiurd,
les d'Urjc, p. u8<). „ , ,
1590.' Octobre is. M. Antoine ISeyron , procureur substitut de la ville au présidial et en la sénéchaussée* étant mort, le Consulat; sur la présentation du siuur de Rubys, pourvoit de cet office le sieur Faurc , procureur ès cours. Sè '•' ' * ...,'*
1590. — Octobre 17. Viennent au Consulat le seigneur dè Farennes JYaguy chevalier de l'ordre, capitaine «le 5o hommes , gouverneur et lieutenant de la ville de Mâcon et pays de Mâconnois, M. le procureur du roy audit pays. M. Pesleu delà Porte et M. lereceveur Naèlet, députés* des échervins, capitaines et officiers de Màcon , qui. remontrent que depuis quelques jours certains voleurs se sont rassemblés en grand nombre au pays de Mficonnois, bien montés et cuirassés qui courent jusqu'à leurs portes, prennent prisonniers, et rançonnent tous ceux qu'ils rencontrent , et peuvent encore faire plus de mal, si par vive force il ne leur est résisté ; que ledit sieur de Farermes a envoyé sa compagnie en France (à Paris), en l'armée de Mgr. de Mayenne » et que le surplus des forces du Mâunnuoi* est en garnison tant à Mioon qu'autres places du pays; ils requièrent les échevins que s'il advenoit qu'ils eusscul besoin de quelque aioY. et secours, ils voulussent le leur accorder en faveur de l'ancienne amitié et bonne intelligence étant' entre les deux villes. — Le Consulat répond sur ee point, que, dans le besoio, la ville de Lyon les secourera toujours comme elle a fait par le passé de toutes ses forces et moyens contre ceux qui les voudroient troubler. — M. de Farennes(i) et les députes traitèrent ensuite de l'affaire de M. de Chevrieres ; ils demandèrent qu'il fût mis en liberté, ou que son procès lui fût fait et parfait « si tant est qu'il se trouve avoir esté à bonne et juste cnu.se emprisonné..... » ^.es échevins répondirent que l'emprisonnement de M. de Chevrieres n'avoit point été fait à leur requête , mais du' propre et seul mouvement de Mgr le Marquis.; qu'ils se remettoient du tout à Son Exc. pour pourvoir à l'élargissement requis , h quoi il ne scrolt donné aucun empêchement de leur part. S.
1590. — Octobre 5i. Le Consulat considérant que la position de la ville, frontière de Satoyt et de Dauphin/ a et par là de V Italie et de V Allemagne , donne lieu nu passage en Icelle de plusieurs grands seigneurs auxquels te Consulat doit offrir du uVi, suivant l'ancien usage; que cependant on n'en tient point en réserve^ en sorte que, dans le besoin, on est contraint d'en envoyer chercher çà e\ là ei cabarets et tavernes, où le plus souvent il ne s'en trouve que de sophistirquè et broullè ; mais qu'ayant, depuis deux ans, employé en ce négoce Guillaume Panlho* dit te Bourguignon, tavernier, et ayant connu sa fidélité et diligence, s'c'lant non seulement pourvu des vins de ce pays, mais s'eslant même hasardé pendant ces troubles d'en recouvrer à grands frais, venus du Fi carats ai du Languedoc, par quoi il mérite
( 1)JM. de farcîmes cfail cousin germain <U> M. de Chevricns. Il lesta trois jours à Lyon , ft \»j/r» avec sa suite, aux fraUde lu \iUc de I .von , à l'auberge des Trois Rois. S.
quelque gratification ; c'est bonrquoi (c Consulat le retient pour sommeiller ordinaire de là ville , à la charge de la fournir du meilleur vin qu'il pourra recouvrer ès provinces de fivarais et Languedoc, et inCine en" Bourgogne; et pour ce il lui est permis de vendre ledit rin'8 deriiérs le pot plus que chez les autres cabareliers, observant ou surplus les ordonnances de la police de cette ville. S* , ? - - V .»:. .'
f S/93. — Novnfnbre 3. S '-ance Consulaire. • Parce que l'emprisonnement de la personne de M. de Chevribres a procédé de la seule autorité de M. le marquis de S. Sorlin, gouverneur de la ville, etc., et par le commandement, et an desceu dw corps du Consulat, et en conséquence1 dos lettre» qui' pour ce leur ont été éoritesrpat Mgfs ils 3i*rfenm et dëiNemonrâ , les sieur» éche-<vins on* déclaré et protesté qu'il» nie veulent ompescher Ja liberté ni l'élargissement du sieur de Chevriires , mais s'en rapportent du tout à inoudil >cigneur le Marquis. » — Dans la séance du 5i octobre > les éohevins avoient ordonné que les lettres de Mayenne et de Nemours seroient transcrites sur le registre des actes consulaires pour servir à la postérité. S.
1590, — Novembre ia. Le Cortsulat écrit a Madame de Chettiire» qu'il ne pense pas lui avoir donné occasion de se dire son redevable pour la liberté de M, de Chevriêrer , son époux ; qu'il n'en est pas moins joyeux qoe celte dame , l'ayant toujours terni) eoraine iile tient encore, pour bon voisin et très affectionné au bien et repos de cette ville; qu'il aVbit nut&nt à cœur cette détention que ses entres amis et serviteurs.... Que s'il n'en a fait incontinent une publique démonstration , c'avoit été pour certaines bonnes considération» , et sut* l'espérante aussi qu'il d voit que te temps adouctroit l'aigreur de cette, affaire, comme, par lêa grdee de» l>ieu , : il est advenu, etc. S» — Il paraît 9110 M* de Chevrières ne dut sa liberté qu'à l'intervention du tUicde Nenwtirs* qui céda aux vives sollicitation» del nombreux omis que le noble prisonnier avait parmi le» seigneur»/ '
1590. — Novembre i5. Le Consulat écrit à M. de ChetrUres que M. le Marquis cHant parti ce jour mCrne pour son expédition à* Auvergne , il étoil à craindre qu'en son -'absence l'cnuenir ne médît/H qhclquc entreprise sur
la ville de Lyon C'était du devoir des écbevîns de lé supplier de leur
l'aire part de tous les avertissements qu'il pourrolt avoir tant du côté de Vienne que d'ailleurs , pour y pourvoir par son bon et sage conseil. S. Voyex ci-après au 7 janvier i5qi. « ' * '•
1590. — Nobemhrc i5. Le Consulat écrit à Mgr. V Archevêque de Lyon : Monseigneur, Estant Mgr. le Marquis sur son parlement , nous avons résolu, avec son Excellence de vous prier de vous acheminer jiç'i , pour, en son absence, pourvoir aux affaires selon les occurrences ^ et à ces finsestro chef du conseil qui sera tenu en vostre logis; et pour vous en faire plus ample prière de vive voix, son Excellence vous a depesché exprès M, Passard, son précepteur; lequel nous avons bien voulu accompagner de ce petit mot, pour vous en supplier aussi de nostre part, et sur I assurance que nous avons que nous ne serons cseonduicts de nostre juste rcqueslc, nous ne vous en ferons plus longue lettre : niai* après vous avoir bien humblement baisé les mains, nous prierons Dieu vous donner, etc. De. Lyon, ce i5 de novembre i5<jo. — Le Consulat délégua le sieur iln Troncy* son secrélaiire, pour se rendre avec le Sr Passant auprès de d' fi pi/tac. On lui envova en même temps un détachement de cavalerie pour lui faire escorte depuis la ville Orgelet , au comté de IlourgOjjnc , où il s étoil an-Clé, à sun retour de France , it cause des entreprises que l'euncuu
nvoil faites sur lui. — D*Ej>nwc éloit à Lyon le aa.ffpwmA/v, et c'est en .soi» logis que se tenoit le Conseil d'état, en l'absence Je Si. Sotiin. S.
1590. — Novembre 1 7. Charité Peyron, pc'tardier e! fondeur de la vitb» , est autorisé par le Consulat à aller trouver M. de Bnmbaen, h MoreHel , afin de le servir en qualité de pélardier, avec passeport pour emporter avec lui des grenades et autres artifices.
1590. — Novembre 18. M. de Chetriere* écrit au Consulat : * Messieurs, Suivant la lettre quem'avea escripte, je mettray peine de vous tenirad vertys de ce que je pensera y qui pourra importer à rostre ville, et ne se peult rien remuer du oosté de fitanestoy Langttedoe on Vellay\ que je n'en sois bien adverly ; mais vous avex principalement à tous premfre garde de ce que réussira de ceste assemblée tjui se faict à Verrait, m\ je crois que vous n'estes pas sans avoir quelqu'un. Que si le mal ne vient de ce costéià, vous n'qvax rien à craindre d'ailleurs. Je croys que maintenant que le Grand Prieur s'est retiré de devant Viohjy cela accaitrctra le Voyage de M. le Marqub, et aussi l'on ut'aukit.et nssarp que la marquis «i?C7/ fé estoit bien en ayant en composition, avec, U susdit Grand Prieur pour taire la treaye, d'entre ce. gouvernement, .l'Auvergne et Je Jtaurborwob ; ayant le sieur ({e Si-Marcel d'Urfc faict plusieurs voyajes pour ce^t eueçt.C'est'tout ce que je, vpus en puis, dire, Messieurs, si non que je ne merefrpidiray jamais de vous faire devons ofêces quand vous en anre*besojng, et quandl' occasion s'en présentera. Je vous prie aussi me tenir en vq* bonnes grâces , et suis vostre bumble et servjable voysin et meilleur amy, Sjgné Myolass. S.
1590. — Novembre 22. Le Consulat, pour se reconuoîfre envers FObéa licier et le ebapitre c|^^5. Jusl. de la permission qu'ils oivt libéralement accordée au Consulat de prendre des vieilles mazures et ruines de leur ancienne église et maisons canoniales ruinées rei pitdrez lèpre en i5t>», des pierres de taille et autres qui pourront être employée* aux murailles et répa ration* de la ville, u< voulant point être ingrat de cette courtoise, leur Taiçt don pour le service divin de trois ornements de velours rouge cramoisy, pour prêtre, diacre et soudiacre, jpsqu'à la somme de 100 e'eus. S.
1590. — Novembre &4. Les sieurs cebevio* ayan* reconnu que h petite ruelle traversière* tendant du bas de la grande me de la Coite x on soumit être l'ancienne porte de la ville, au grand cbemm tendant de la place des Terreaux à la porte de S. Sebastien , joignant 'du coté dé vent * de long en Ion;:, aax jardins, clos et maison du sreur de Montmarlin , appelée le PetH-Fvrests, *t du c ôté de bise les maisons de plusieurs propriétaires , ayant tous leurs entrées par la me neuve Bensnn , autrement appelée la Vieille* Mon» 0 y e . ne sert qu'à recevoir les Immondices (quï sent appelées etcurùlles ) des circanvoisins, qui les devraient porter, selon les ordonnances, en nrr grand fossé appelé le Grand-Gaillot* qui est au bout de ladite mette, dti coté du -Rhône, pour le remplir; que oette mette sert encore de retraite et refuge aux filles de jote , d'où il arrive plu steiirs accidents et sinistre» événements à la ruine et débordement de la jeunesse , joint encore que cet endroit retiré pourroit noire- ;\ la sûreté de la vitte , arrêtât, par mure délibération , que ladite mette sera fermée aux deux bouts par deux bonnes murailles par les propriétaires des maisopa qui font les coings dé cette rue, et ayant maisons et jurdin9 sur ladite mette du coté de ladite rue Bexson; à la c barge que si aucun d'eux faisoit construire quelque édifice sur la muraille du sieur de Monlmartin, il seroit teno de lui en payer mimur, à la forme des ordonnances et statuts de la ville, et lesquels propriétaires pour la commodité qu'ils reçoivent de s'avancer respectivement sur
ladite mette, seront tenu» Je payer pour chaque pied du tonte carrière, telle* Minime qui sera avisée par délibération de conseil pris avec des maîtres massons et experts, etc. — 4 Lp 19 mars i5<)i ,• On* ordonna, pour l'exécution de cette délibération, la mesurent l'arpentage des portion» do ladite mette 4 <|iii seront remises aux propriétaires, etc. — Le zetvril j5gi, il fut réglé , d'après ledit arpentage, que les propriétaire? payeroient les nouveaux emplacements à raison de deux éçus la toise de ville, S,, . y
1 590. — Novembre 26. Le Consulat, informé de la prise <m faubourg de Grenoble et du siège de celle ville n envoie un exprès en* Akvengm à M. de S, Sorlîn. ■> — Le 10 décembre, 0X1 lui envoya un nouvel exprès pour hâter son retour» afin de porter secours à Grenoble*-*- .LaSvjanviwjw.ût payer 100 écus à un espion ou messager secret, tenu au eamp dè Dcsdipaiervs , près sa personne. — Le même jour 5i janvier, on fit payer #00 éeus à nn messager que Ton tenait en l'armée du roy de Navtnve pour de'eouvWr ses desseins et en avertir la ville, etc. S. • \*\ **
— • Novembre 3o. Le Consulat écrit à M. de Moiilmorencyt yaiir le prier, en Vertu de U trêve jurée entre Ifs deux gouverneurs» d'ordonrierle relâche de vingt balles de livres envoyées par les héritiers de Guillaume Rovilte en Espagne et en Italie , 00 ils commercent depuis 5o ans , et qui avoient été saisis par le sieur dtt Peraùtt, envoi dans lequel il tt'y avoItTicn de prohibé*. —De mé*me, en faveur de* héritiers Bonvisi, Lncc/uois, lesquels, depuis 60 ans, négocioient en Ce royaume, et avoiCot rendu de grands services à divers seigneurs, au sujet de huit balles de meubles qu'ils envoyôîent À Luct/t$es. Sf , »■ j- m', t ,...•!« » i.
1590. —Décembre 1". Le Consu hit écrit H la seredissimé infante A*Eipa«nér duchesse de Savoye :
« Madame , nous avons une bien grande obligation 'a- V.' A. de la faveur qu'elle nous a faicte de se souvenir tellement de nous qu'il ltry ait pieu de nous faire entendre parlicullieretaent par la créance du sieirr' de Lomberi , l'heureux succès de l'entreprinse de Monseigneur, pour la protection de la Sainte-Union nu pays de Prdtenee, et du saint désir que V. A. a de faire promp le ment -secourir Grenoble assiégé par Desdigutcues , eunemy capital et jure de la religiou catholique : desir , certes, qui estant exécuté augmentera grandement l'obligation et l'affection que nous av ons, toujours eue au service de S. À. ; majs par. ce que nous craignons qOe les forces que Mgr. le marquis àeSt-Sorlin a menées en Auvergne 1 ne soyent sitost de retour qu'il seroit besoing pour se joindre à celles de S. A- aux fins dtidit secours 4 nous avons 1res humblement supplié M. le marquis de St-Rambert < d'avoir esgard à l'importance de ceste affaire , et de mettre en considération que le plaisir e.<t double qui est prompte ment faict. Et aces Gris] qu'il luy plaise faire* acheminer aud'itGrenoble, le plustost qu'il pourra, ledit Secours* afin que ceste ville*quie>t la seule du Daul^ûnè demeurée ferme pour le party de la Saiftcte^Union , ne se perde à faulte -d'estre squdajinet promptement secourue. Cependant mnndit seigneur le marquis de St-Sorlin,que nous avons adverty en diligence du tout , pourra ramener ses dite s forces pour les joindre à celles de S. A. < et faire quelques bons effecl* à la cause générale qui vous en-sern grandement redevable, ut à, nous en particulier, pour vous rendre service de la mesme affection que, après vous avoir très-humblement baisé les mains* nous prions Dieu de vous donner , Madame , en tout honheur et conleiiteineui très-longue vie. De Lyon , Je premier jour de décembre -590. » Le Consulat écrivit dans le même sens au marquis de S* Rambert , au duc de Terreneuve 9 el à l'ambassadeur iVEtpagnr, près S. A. , disant à ce dernier « qu'à
bon et Juste droit, les princes et autres vrais catholiques francois ont le roy très-catholique de9 Espagnfis pour protecteur de ce royaume si misérablement déchiré par ses propres enfans, mais aussi de la religion catholique...» Il prie donc ledit ambassadeur de faire auprès de S. A. et de M. de St-Rambert, que Grenoble soit promptement secourue des forces de S. A. , etc. S.
1590. — Décembre 6. Le marquis de St-Sorlin écrit au Consulat : « Messieurs , je suis contrainct me partir de Ryom au jour mesme que j'avois assigné la noblessse avec les députés des villes de l'Auvergne et mettre fin à quelques salutairés délibérations sur les occurrences présentes, en advisant à l'advenir ? d'aultant que l'état auquel est reduicte la ville de Grenoble ne me permet séjourner plus advant ny par deçà ny mesmes à Lyon où j'espère arriver lundy et à en despartir le lendemain, si par vostre prévoyance il n'y a rien qui Tempesche,', estant pressé de me joindre a vos troupes qui, sans les miennes, ne feront les effectsque j'espère avec l'assistance du Tout-Puissant, lequel je prie , etc. De Ryom , ce 6 Décembre i5cjo... . Henry de Savoye. » S.
Le même jour M, de St-Sorlin écrit encore au Consulat : « Messieurs , l'importunité des prières de Messieurs de îiyom ne m'a peu changer la prompte résolution que j'ay prinse au secours de Grenoble ; ayinant mieux laisser les affaires commencées en bons termes , que permettre une si grande confusion en celles du Daulphiné par les violences de Desdiguieres.... » -
1590. — Décembre 7. François de Ruzinant avoit exercé durant 18 mois la charge de-la Visitation des lettres et paquets entrant en la ville, laquelle charge avoit été dure et personnelle , et très-nécessaire pour la sûreté et conservation de la ville. Le Consulat lui alloue une récompense pour ses vacations et deux voyages qu'il avait faits en Satoye et en Piémont, et lui fait payer 5oo écus. S.
1590. — Décembre 9. Le duc de Mayenne écrit, au Consulat : « Messieurs , envoyant M. le président Janin (Jeannin) par vos quartiers pour passer oultre, je n'ay voulu perdre cette occasion de vous donner advis de Testât des affaires qui sont, grâces à Dieu, en très-bonnes dispositions,' et telles que nous en pouvons espérer à l'advenir quelque meilleur establissément , ainsi que vous pourra faire entendre plus particulièrement ledit sieur président que j'ay prié de vous tesmoigner de ma part le désir que j'ay d'avancer, aultant qu'il m'est possible, le bien et le salut «le cest estât, et d'embrasser en particulier tou* ce qui vous touche pour la bonne affection que vous avez toujours apportée a la conservation de la religion , comme de la chose que nous debvons tous avoir la plus chère, et à laquelle seulle mon intention a esté toujours dressée. Je ne vous en feray cèsle-cy plus longue , me remettant à ce que vous en pourra dire ledit sieur.... Au camp de-Guyse , le 9 décembre 1590.... Charles de Lorraine. »
P. S. écrit de la main du duc : « Messieurs , je suis bien aise que cette occasion se soit présentée de vous faire visiter de ma part par le président Janin , ne sachant personne pour le lieu qu'il tient auprès de moy , qui vous puisse plus dignement représenter Testât de nos affaires. Vous le croyiez, s'il vous plaist, comme moy-messne, et que je ne recevray jamais contentement que je ne me soys ressenty des obligations que je confesse vous avoir. Faictes, s'il vous plaist, que j'aie souvent de vos nouvelles. » 3.
1590. — - Décembre 1 1. Le Consulat ayant en considération les signalés services que feu le capitaine Mahzxa a faits à cette ville durant ces trouble :,
et le grand nombre d'enfants mineurs qu'il a laissé* avec bien petits moyens pour s'entretenir , ordonne que lesijits mineurs seront exempts de l'emprunt qui se lève par nommées sur les propriétaires de maisons de la ville, et seulement pour ce qui les concerne, sans y comprendre CUmiê MaUzieu 9 leur oncle, qui possède par indivis avec eux , une maison sise en l'un des coins de h rue Juiverie, — On achète pour la ville, an prix de 37 écus, 8 s, 3 d., desdits héritiers Malczicu, une pièce de fonte, deux fauconneaux, quatre pétards de fonte, deux de fer, et trois grenailles. S.
1590. — Dcccwbie 1 1. Le Marquis </e 5/ Sorlin écrit au Consulat : « Messieurs, ainsi que je suis este' arrive en çeste ville, ay donné charge au sipur de Fontaine vous aller trouver, pour, vous donner advis de la peine que je prends à amener les troupes qui sont si fort arassées qu'est impossible de plus. J'ai receu celle que m'avez escripte, et veo le besoiogque Grenoble a d'eslre secourue promptement : ce qui sera, Dieu aydant ; et vous asseure d'estre jeudy prochain à Lyon, où je vous prie que toutes choses spyeutsi bien préparées pour mon acheminement, que je ne sois coptrainçt de séjourner; me remettant au surplus aud. sieur de Fontaine A feiars le il décembre 1690. Votre pins parfaict et affectionne* amy, Heurt de S* vote. » S.
1590. — Décembre 13. Le Consulat étant requis de secourir promptement la Tille de Grenoble assiégée depuis un mois par les hérétiques du Dauphiné, et considérant que se perdant ladite ville, tout le re6tede la province se perd
aussi, arrête d'employer pour ledit secours toutes les forces delà ville,...
et ayant mandé les capitaines desdites forces, et leur ayant ordonné de se tenir prêts avec leurs compagnies pour suivre |e Marquis de S, Sortin qui a pro-t posé d'aller lui même au secours de Grenoble, lesdits capitaines ont remontré qu'ils ne peuvent faire ce voyage que leurs compagnies ne soient payées tant de ce qui leur est du du passé, que de leur solde de ce mois commencé le 9, sarce que, en allant a Grenoble, il leur faudra passer pour plus grande sûreté pur les terres de Mgr de Savoye, et \\ vivre par étapes qu'il leur faudra payer comptant, comme aussi il leur faudra vivre de leur bourse en Parmée qui se dressera pour ledit secours : ce qui ayant été jugé très raisonnable, on avise au moyen de trouver tes 4ooo écus qu'il faut; oh n'en trouve d'autre que de prier le sieur de Lequi d'emprunter cette somme sur son credjt ; ce qu'il refusa d'abord, étant déjà en grosses avances pour la ville; mais il y consentit cependanr,etle Consulat lui engagea, jusqu'au remboursement,tousles deniers qui proviendront tant du subside de l'entrée du vin que de la nouvelle imposition des maisons..... S.
1590. — Décembre 12. L'ennemi s'étant saisi de La Tour-du Pw et autres passages du Dauphiné pour les marchandises venant d'Italie à Lyon, il avoit été permis qu'elles passassent par les terres de S, A, ; mais ce changement de route portoit grand dpmmage à la douane de Lyon, parce que les voituriers étant entrés en Bresse, pouvoieut fourvoyer et éviter I entrée de la ville de Lyon. Les échevins demandèrent permission à de Si Rambert d'établir un commis en la ville de Montluel ou ailleurs, au lieu plus commode* Si S. A. avoit été en Piémont, ils se sçroient adressés à çllp pour l'obtenir; mais la certitude qu'ils ont que S. E. a tout pouvoir, les fait le supplier de leur accor • der sur ce les lettres patentes nécessaires, sous la promesse qu'ils font d'y lacer un commis tidelle et bien ?el£ tant au parti de la Sajntc Union que au ien et repos de S. A.
1590. — Décembre i3. Nomination des terriers et maîtres des métiers. — Teriibrs, les sieurs A»*?'"' ciPocaïot. — Drapiers, Antt Hymbelct et Dti-
ranàCollaband. — Notaires, M" Ant. M anal l'ainé et Michel Mole — Merciers, Jean de Pepsavin cl Félix Régnier. — Epiciers, Ant. Htgnold et Ant. Malo. — CanaRassierp, Mirmet Sanlnier et Jean Guillaume. — Chancelas, Jean Pierre Fort et Claude Bigntet. — Veloutiers , Pierre Léonard dit Baconnier et Pfieolas Pinet. — CfliRi'RciEKs. Fr. Gncicy et Nicolas Benoit. — Libraires, Jean- Baptiste Buysson et Jean Veyrat. — Imprimeurs. N. Tant'd- UmtlGaichard Geleyron (Jullieron). — Orfèvres, Jean de Paris et Martial Bozon. — Peintres, Matthieu Martin dit Adam et Jean Persin. — Pelletier*, Charles et Jean Furet. — Potiers , Paul Rostaing et Claude Portraict, tic» i etc.
Le 16, les dits terriers et maîtres des métiers convoqués suivant l'usage, M* Claude de Ruby*y procureur-général de la ville, a remontré qu'entre le cliquetis désarmes, les lois n'avoient point de lieu, pour les maux, divisions, soupçons et déiïances que fa guerre apporte quant et soy, notamment la guerre civile telle que celle dont le royaume est misérablement affligé, en laquelle les propres enfants portent les armes contre leurs pères, les frères contre les frères, et les mariez ne sont pas bien d'accord ensemble, non plus que les mêmes citoyens d'une même ville divisez d'affection et opinions contraires, qui ne peut rapporter qu'une riiyue et désolation du royaume, si, parla prudence et la sage prévoyance des gouverneurs, maires et échevins des villes, il n'y est pourvu. Or, combien que de toute ancienneté Ton ayt accoustumé, à semblable jour que cellui-cy, d'élire et créer des Consuls échevins pour l'année prochaine, laquelle élection, par privilège spécial est déférée et donnée aux terriers et maîtres des métiers, si est-ce que, contre les lois et coustume anciennes de cette ville, les terriers et maîtres des métiers de Pan passé ayant sagement et prudemment mis en considération les troubles esquels ils estaient pour lors, et qui ont toujours continué avec beaucoup plus de violence qa'ilj n'étoient au commencement, continuèrent très sagement et prudemment en la charge du Consulat et éohevinage les échevins qui étoient lors en charge, au lieu d'en élire d'autres, laquelle continuation a, parla grâce de Dieu, très bien succédé, et en est réussy un grand repos; et parce que présentement on est assemble* pour procéder à une nouvelle élection, 11 leur a remontré que les affaires et troubles sont beaucoup plos grands qu'ils n'ont encores esté par le passé, a cause de quoy il est très requis et nécessaire que ceux qui sont élus pour échevins soient personnages bien versez aux affaires (Testât, bien zélez et affectionnez au repos du public et a la conservation de la ville au party de la Sainte Union des Catholiques, d'autant qu'il s'agit de la manutention de nostre religion catholique, apostolique et romaine, et par conséquent du saint des ames d'un chacun, et parce qu'il a connu, durant ces trois dernières années, la prudence, sagesse et vigilance diis sieurs Consuls échevins qui étoient et sont encores en charge, et aussi la. bonne union et concorde qui est entre eux au maniement des affaires publiques, il desireroit qu'ils fussent encores continuez pour la prochaine année, sans toutefois tirer à conséquence ; et parce que quelquesuns pourraient trouver mauvais que contre lescousrumes anciennes, ils fussent si longuement continuez en ladite charge, il a remontré que, aprez que les Romains opprimez par la tyrannie de leurs roys , les curent déchassez , ils créefentsur eux des Consuls, et aprez des dictateurs qui n'estoient qu'annuels , mais depuis, par succession de temps, qu'ils voulurent policcr le peuple par loix, et que les ambassadeurs qu'ils avoient pour ce envoyez en Grèce pour faire extraire en la ville à" Athènes d'excellentes loix faites par Solon, furent de retour avec la copie desdilcs lois, ils élurent dix: hommes qui pour ce lurent appelés dceemviis, qui curent toute autorité
et pouvoir sur la vie et sur les bien» des citoyens, lesquels, contre la coustume qui jusques alors avoit esté observée et inviolablement entretenue de changer annuellement les magistrats a Borne, furent continuez au decenivirat à longues années; ce qui peut servir d'exemple en ce temps auquel, comme il a dit et remontré ci dessus, il est ma.1 aisé de coonortre les hommes pour la diversité des opinions, joinct que les echevins qui doivent présentement sertir de charge sont endettez en grandes et excessives sommes qu'ils ont empruntées et tiennent à charge et perte de finances pour les affaires de ladite ville et communauté' ; desquels il faudroit que ceux qui seront élus et entreront en leurs lieux, les déchargeassent ; et que mal aisément se trouveroit qui le pût ou voulût faire. — Après lesquelles* remontrances, les terriers et maîtres des mestiers ayant prêté le serment accouslume en pareil ca?, ezmainsdu secrétaire-greffier de la ville soussigné, en présence du sieur Castel, ♦île, nobles M* Jacques Daveyne, conseiller du roy, trésorier général, etc., et Claude Poculot, échevins et élus pour l'année prochaine, ont esté d'avis, assavoir ledit sieur Daveyne que les échevins qui doivent présentement sortir de charge soient continués pour la fidélité, expérience et diligence qu'il a connue en eux, lui toutefois excepté, pour les urgentes affaires qu'il a en son particulier, ne fut-ce même que pour l'exercice de sa charge qui est pure personnelle et de grande occupation ; ■ — et ledit Poculot, que l'on se doit contenter du service de trois ans que lesdits sieurs échevins ont fait au public, sans les y astreindre encore par une continuation faite contre les loix et anciennes coûtumes de la ville, et parce, a nommé pour échevins de la prochaine année, du costé de .fourrières, Me Claude de Torvéon, conseiller du roy, lieutenant gcqéral criminel en la sénécheussée, Me François Scarron^ seigneur de Cerezin, notaire et secrétaire du roy, maison et couronne de France, et le sieur Alexandre PollaUlon ^ et, du costé de S. Nizier, les sieurs Jucques Jacquet , Pons on Bernard et Hugues Poyssony qu'il a dit estre personnages signalez, très zelez et affectionnez au party de la Sainte Union , et au bien et repos de ladite ville.— Le sieur Antelme Ambel(ot, drapier, a. esté d'avis de continuer encore pour l'année prochaine les échevins qui ep doivent sortir. — Le sieur Durand CoUiabaud, autre drapier, a nommé et élu lesdits sieurs de Torvéon, Scarron, Pollaillon , Jacquet, Bernard et Poysson. — En après, tous les autres maîtres des métiers ont unanimement et concordement nommé et confirmé pour Consuls échevins de ladite prochaine année les onze qui sont présentement en charge, savoir le dit sieur Daveyne, Nicolas de Chaponay, seigneur de l* Jsle, Fr. Plattet, seigneur et baron di Vaux, ledit sieur Poculot, Louis Prost, Jean Charbonnier, Michel de Pttre,Janoite de Leguy, Jean Yvernogeau, dit de Toulouse, Ant.Charricr, Ant. Teste, et par ce moyen continue en ladite charge lesdits sieurs d'Aveync, de Vlsle, Poculot* de Pure et de Leguy, auxquels Consuls retenus lesdits maîtres des métiers ont donné et donnent les pouvoirs, autorité, etc. S.
1590. — Décembre ai. Me Antoine Fi/y (Phily), docteur en droit, avocat ez cours de Lyon, prononce VOraison doctorale à S îfiuer. — On lui fit payer 10 écus à ce sujet. — Le dîner du jour de la S. Thomas, à PHptel-de- Viile , où étoient les échevins et plusieurs bourgeois, coûta 5o, écus. S.
1590 Décembre 27. Le Consulat écrit an Marquis de StSorlin:
« Monseigneur, nous ne seaurious vous exprimer le regret et desplaisir que tous les gens de bien ont de la perle de Grenoble advenue par faulte d'ung prompt secours; mais puisqu'il a pieu à Dieu de nous affliger de ce fléau , il le fault louer et pourveoir à nostre scureté aussi et à la liberté du commerce » .
*— 11 pareil que le Marquis cloit de retour de l'Auvergne, <t s cloit rendu aussi du costé de Grenoble : en efiet, le Consulat le prie de conférer avec le Marquis de St Rambcrt , sur la sûreté du passage pour les marchandises
V Italie Il y alloit aussi des intérêts de S. A. pour les droils de son péage
de Sftze, etc. S, .
1590. — Décembre 29. Le sieur de S. André (d1 Apcfion), prisonnier de guerre en cette ville, demande au Consulat que la somme de 6000 é eu s assignée à la ville sur sa rançon, lui soit remise et quittée, en considération de sa longue détention et des grands frais qu'il a faits eu sa prison. Le Consulat arrête qu'il ne peut consentir a son élargissement, si sa rançon n'a été préalablement payée. — Le i5 janvier suivant, le Consulat permit à Jacques Hublée, capitaine de Piètre- Seize pour la garde du Seigneur de S. André, de saisir les chevaux de Madame de S. André, pour être payé de ce qui lui est du pour ladite garde. On enjoint au premier huissier ou sergent d'exécuter celte ordonnance. — Le 18 mais i5gi, le Consulat transporte à Jean de Lecqui y un des échevins, la somme de 4000 écus sur la rançon du sieur de S. André (TApehon, prisonnier. S.
1590. — DccembreiQ. Le Consulat, sur le rapport qui lui a été fait, des actions et déportemenls de Claude Dorcallois, joueur iïépineites , et de Ble Simon Chatal, médecin empirique, ordonne qu'il leur sera enjoint de vider la ville, et l'on charge le chevalier du guet d'exécuter cet ordre. S.
1590. — Le prix du boisseau de ble froment est de quatre livres tournois, ou de vingt quatre livres l'fmée, qui contient six boisseaux, mesure de Lyon, pesant trois cent soixante livres. Dacier, I, i56.
1590. — Mort de Philibert Bugnyon , conseiller du roi et son avocat en l'élection de Lyon, etc., né à M;1eon, vers i5i5, auteur de nombreux écrits en prose et en vers. Papillon nous en a donné la liste dans sa Bibliothe fue des auteurs de Bourgogne, mais il y a omis un Noël nouveau fort plaisant et récréatif, composé par le Masconnois ( à Lyon, chez Ant. du Rfwsne, in 8" de 4 f. , sans date) , ainsi que trois Sonnets mentionnés par Delandine dans le Calai, de laB. de Lyon. Voyez Ayuault, de l'Ordre et formalité, etc., p. i£6, édit. de 1642 ; C. B. Nom: met., p. i5i, et la Biogr. univ.
1590.— François Junct'm (en italien Gû/n/mo ), fameux astrologue, né à Florence, et depuis longtemps établi à Lyon, meurt écrasé sous le poids de sa bibliothèque, quoiqu'il ait prédit qu'il mourroit d'un autre genre de mort. Biogr. Lyonn., p. i5o; La Caoïx du Maine, I, 128. Voyez ci-dessus au 18 avril i56'i , — M. Renouard, p. xv de sa Notice sur Us Juntes, a fait mention de Franç ois Jimctin ; nous pensons qu'il rectifiera ce qu'il en a dit lorsqu'il publiera une seconde édition de sa Notice.
1.590. — • Mort, à Montbrison, de Jean Papou, auteur de divers ouvrages de jurisprudence imprimés à Lyon. Biogr. univ.; D. Liâow , Singularités hut.,1, 43 1.
1590. — Publications : Response des habitons de Lyon, a certaine Remonstrance à eux envoyée, de- la part d'ung bigarré politicque, estant en la villo de Tours : Avec la coppie de la dicte Rcmonstrance. A Lyon, par Jean Pil- Ir/iottc, libraire de la Sainte Luion. 1590. In 8°. de 5i pages. B. de Lyon, T. 5 du Rcc. 234i5.
Celle Response est adressée « à Messieurs les Maire et Esrhevins de la ville « de Tours. » C'est la réfutation d'une Seconde Rcmonstrance faicte par un fidelle subjeet du roy, aux habitans de la ville de Lyon, le 20 d'aoust i5rjo. L'anonyme lyonnais termine son pamphlet en disant aux magistrats touran-
gcaux : h Et aux fins, Messieurs, que Dieu vous fasse la grade, comme nous « l'en prions à joincles mains, de taire vosire proulil de eeste noslre respon«c « pleine de vérité, reprenez vos premières erres et Vous joignez avec nous « pour conserver nostre religion et nous deffendre de la rage des hérétiques
« soubs la tyrannie desquels cest Atheiste, comme de li grosse v qu'il
« rapporta de Pologne, vous a misérablement enfoncez. » — La première Remonslrancc du fidel esubject du roy aux habitons de Lyon porte la date du i5 mai 1690. Y oyez ce que nous en avons dit sous cette date.
1690. — - Response à l' Anti-Espagnol semé ces tours passez par les rues et carreflbtir.s' de la ville de Lyon, de la part des coniurez , qui a voyent conspiré de livrer fadicte ville en la puissance des hérétiques et dé la distraire de la Saincte Union (par Claude de Rubys. ) A Lyon, par Jean Pillchotte, par exprès commandement. 1590. In8°. de 64 pages. — A la dernière page est une approbation signée De-Bollo et F. Frahc. Gorraceus, doctor Parislensis,
V Anti-Espagnol auquel Rubys répond, se trouve dans (es Mèm. de la Ligue, tome iv9 p. a3o. On l'attribue à Micfiel Hurault, sieur da Fayi petit fils du chancelier de Lhospital, ou à Antùinc Anundd dAriddly . Voyez ci-dessus au 8 mars y et les Publications de i5g4'
1590. — Response à certain prétendu manifeste publié et semé par ce gouvernement, de la part des Hérétiques de tienne, leurs fauteurs et adheruns, sous le nom du sieur clé Botheon. Lyon, 1590. In 8% de lô p. (B. de Lyon, T. 19 du n° x5aoi ; exemplaire dont le titre est coupé au bas).
L'auteur de ce pamphlet engage les partisans de la Sainte Union « à faire peu décompte des bravades et des menaces que nous font le sieur de Botheon et ses complices assemblez en leur synagogue de F'ienne, asyle misérable de tous meschans Alheistes, inûdelles, rebelles et proditeursdo leur patrie, par un certain manifeste qu'ils ont ces jours passez faict courir par ce gouvernement sous le nom dudict si«ur de Botheon, et qu'ils présupposent avoir esté faict en une chimère d'un supposé conseil du roy, tenu à Saincte Colombe, sans jour et sans datte... » Il reproche aux royalistes de faire la guerre aux catholiques, de ruyncr les csglises , et polluer les sanctuaires, d'être allé quérir l'heretique jusques dans le plus profond des montagnes dn Daulphiné, pour faire manger leurs chevaux sur nos autels, fouler le sainct sacrement aux pieds (ce que le sieur de Botheon a veu luy mesmes et toléré estre faict
en sa présence et es propres terres de sort frère oa il les avolt conduits)
..... H demande a M. de Bothêon «qui l'a contrainct d'abandonner sa maison où î! vivoit en toute seurté, avec paix et repos, visite, chery et caressé par tous les ordres et estais de la ville et du pays; qui Ta contrainct <le vloller le serment qu'il avoit faict et juré entre les mains de Mgr de Nemours, et despuis renouvellé en l'assemblée qui sefeist en fttricr dernier en sa maison de Botheon (en Forez), de ne rien faire ou attenter au préjudice de ce gouvernement... « El comme s'excusera devant Dieu le sieur de Botheon ? Il
nous dira que cestc tasche de parjure est héréditaire en sa maison où elle fut introduicle, il y a plus de cent cinquante, ans, par le Confalonier Gadaigne et par son fds qui eust, comme traistre à sa patrie, la teste tranchée à Florence 0 quel gouverneur! quel scneschal et. chef de justice «
qui va luy mesme quérir les loups pour dévorer le trouppeau qui avoit esté commis à sa garde!.... Convoque donc le sieur de Botheon tant qu'il voudra ses hérétiques et toutes les furies d'Enfer à son ayde, et qu'il nous menasse tant qu'il voudra, comme il a commence par son Manifeste, Ses chevaleurcux exploits et <ct faict? d'armes n'ont jusques icy faict peur t\u\
quelques troupes de grailles (sic), qui alloient gaster ses semences en Forest : et s'il estoit si dangereux, comme il se figure en papier, il n'endure roi t ( et pleust à Dieu qu'il ne l'eust enduré : car il ne seroit plongé en ce labyrinte ) que Zenobia (i) portast l'haut de chausses en sa maison *
1590. — Discours au vray de la desloyale traliison et détestable conjuration brassée par le sieur de Botheon et ses complices sur la ville de Lyon. 1590. In 8" de 28 p. s. n. de ville ni d'Imprimeur, — Voyez ci-dessus au i5 et au 17 mars,
1590. — La Deffaiite des compagnies d* Alphonse de Corse, près la ville de Lyon, et comment il a esté prins prisonnier et mené a Dijon, par Monseigneur le Marquis de S.Sorlin, frère de Monseigneur le duc de Nemours 9 et son lieutenant au gouvernement du Lycnnois. A Paris , pour Hubert Velu , i5p,o. In 8°. de 16 pages, ( B. de Lyon , »5»oi , toinc xvm ). Voyez ci-dessus au 19 avril.
1590. — Le Fouet des hérétiques politiques et trais 1res de la France , associez du rny de Navarre... A Lyon, par Lnys Tantillon9 i5go, Pet. in 8\ ( B. de Lyon, afeoi, tome 19 ). — L'auteur de cette diatribe prétend prouver qu'une femme occuperait plus légitimement le trône de S. Louis que l'heretique roi de Navarre, parce qu'il vaudrait mieux garder la loi de Dieu que la loi salique. Quoiqu'il soutienne une fort mauvaise Cause, celle du Cardinal de Bourbon qu'il appelle son roi, il raisonne très bien à sa manière, et pousse l'argument avec beaucoup d'art; c'est l'erreur d'un homme d'esprit (M. Leber, Cotai., n*. 4io5). A l'appui de ce jugement nous pourrions citer plusieurs pessages de ce pamphlet ; nous nous bornerons à celui-ci : « Les hérétiques dient que nous devons nous garder de la picqueure de la mouche de Lorraine : mandez leur que la mouche de Lorraine nous est une abeille, et que l'hèresie est une guespe, de laquelle nous voulons nous garder ; et que si la mouche de Lor. aioe leur a esté un talion, qui les ayant picquez, leurafaict gaigner le haut, le frelon d'heresie les précipitera aux abismes... » Cet opuscule en forme de lettre est daté de Paris, le 24 février 1590, et porte pour signature A. D. M. Le permis d'imprimer a été donné à Lyon par le V. de Bollo9 dominicain.
1590. — Coq àfasne et chanson. Sur ce qui s'est passé en France puis la mori à" Henry de P'aloisx jusques aux nouvelles deûalctcs, ele. In 8°.
de i5 pages, sans nom de ville ni d'imprimeur. .
Voici trois couplets de cette chanson qui en a 24 :
C'est ua malheur que le vin estant si cher L'Allemand ne peut marcher S'il ne lave le gosier.
Les Lansquenets sont prêts « tourner le dos.
Ne pouvant faite caros (a),
Et n'ayant pas un denier.
Les Gentilhommeaux
Ont vendu tous leurs chevaux
(1) Guillaume de Gadagne, sieur de DodUon , était marié à Jeanne de Sugnjr, d'une ancien famille du Forez.
(2) Caros. On disait aussi carous ou carous, et plus tard on a dit et l'on dit encore caroussc, qui &\%n\{ic bombance, bonne cbJre.Yoyei les commentateurs de Rabelais sur le Prologue du 3e livre, et ci-apres au 4 février i594, la lettre du Consulat à Pierre Matthieu.
Pour recouvrer de l'avoine.
Les pauvres soldais (ùis) De famine presque morts L'estoc ont mis dans le corps.
Ne Faut compter les porecaux du Dauphiné, Puisqu'on a ja confiné En prison leur grand porcher (I ).• Le rat est prins pour s'est re mis à l'hasard , Et avant qu'il soit plus tard Les souris iront cercher :
. Si le groaCayon . •
Passsoit le pont de Lyon Les prisonniers auroient presse, Et les polai tiers {bis) Dindons, poulets et chapons Couvriroyent tous de lardons.
En Languedoc tout auprès des Tolosains On a hien joué des nanins Aux despens des huguenots.
Les Lyonnais sont proches d'en faire autant , . Sitost qu'ils auront le vent Qu'on vient troubler leur repos.
. . Les chasseurs experts
Ont faict aiguiser les fers , Pour aller vers la lanière.
Puisque les voilà (/>v)> Qu'aucun ne bouge de là , Mieux ne les voudrions que là.
11 faut convenir que le» Ligueurs avaient de bien pauvres chansonniers.
1690. — Harangue du sieur Bal do Catlaneo* prononcée à Borne le huieliesme A' octobre i5c)o, devant les très illustres cardinaux, entrans au Conclave pour l'eslcclion d'un Pape : Traduicte de latin en françois, par B. D. T, ( probablement Bcnoist du Troncy), Lyon, 10*90, In 8 de a?, pages (B. de Lyon, T. 19 du n°. 25201, titre lacéré au bas).
1590. — Cantiques, Hymnes et Prier es des saincts Pères, Patriarches , Prophètes, Rois et Personnes illustres du vieil et nouveau Testament. Avec autres Prières, tire'esdes auteurs Catholiques, nécessaires pour prier Dieu, en tout temps, en tout lieu, et toute nécessité. Le tout mis en vers François, par Pierre Tamisier, président en l'Election de Masconnois. A Lyon par Benoist Rigaud. i59o. In 16 de 8 f« non chiffres et de 3 19 pages (R. Coste).
La dédicace de l'auteur « à Monsieur du Troncy, conseiller du Roy,ct con- « trerolleurde son domaine en Lyonnoîs , » est datée de Mascon, ce... jour de janvier 1590. En voici les premières et les dernières lignes: « Monsieur,
• je serois oblieux et ingrat de tant de faveurs etamitiéz que j'ai recettes de « vous, mesmes de la peine qu'avez prise à promouvoir l'édition de mes « précédentes œuvres, si je ne rendois tesmoignage combien je vous bonnore « et cberiz Recevez doncq engre ce que je vous présente pour cslrainc,
• et me conservez en voz bonnes grâces »
1590. — Thésaurus Firgilii in locos communes digestus, poctices studiosis perutilis, à P. Michaele Coyssardo. Lugduni. In 8%
(1) Probablement Alphonse (POrnano } fait pvisonnier le ro avril i59o.
Le P. Coyssard, jésuite , a élé recteur du collège de la Trinité ù Lyon, où ii a fait un long séjour, et où il est mort le 10 juin 1623. On a de lui plusieurs ouvrages, entr'autres un Sommaire de la doctrine chrestienne, Lyon, Pillehotte^ i5gi, in la. Ce volume qui contient des Hymnes ou Oies spirituelles, lui a ■valu l'honneur de figurer dans le Dict. des poètes français de Philippon La- Madelaine lequel , à l'imitation de l'abbé Pernetti, a défiguré son nom, en le nommant Croyssard. Voyez Alegambe, Biblioth.\ Coloria ,11 , 706 ; les Annales poétiq., xii, a5a ; et la %iogr. univ.
1591. — Les extraits que feu M. l'abbé Sudan avait faits des actes consulaires de cette année ne se sont pas retrouvés parmi ses cahiers. Mais heureusement les actes originaux existent, et sans doute ils étaient déplaces et égarés, lorsque mon estimable collègue, M. Marin , rassemblait tes matériaux destiués à son intéressante Histoire de Lyon ( voyez tome v, p. 590. ) C'est trop tard que j'ai appris qu'il n'y avoit pas de lacune dans les registres du Consulat, du moins pour cette année ; mon travail e'tant sous presse , je n'ai pu extraire du registre de 1591, qu'un très petit nombre d'actes, que j'ai transcrits presque au hasard et à la hate.
1591. — Janvier 17. Le Consulat écrit à M. de Chetribes t Monsieur, nous sommes en un temps auquel on ne doibtpas croire à tou9 les esprits. Toutes foysce n'est pas sagesse à ceux qui ont charge des affaires publiques, de négliger les advertissemens qui leur sont donnez, et de différer de pourvoir aux desseins qui se brassent sur eux : ce qui est cause qu'estant advertis d'une entreprinse quel'ennemy a sur ceste ville, en laquelle on dit que vous estes impliqué, et que les eschelles (qui pour l'exécution d'icelle ont esté fabriquees)sont en vostre maison de S .Chaulmont, nous vous avonsbien voulu escripre la présente pour vous dire que nous ne pouvons croire que vous voulsissiez faulcer la foy que vous nous avez donnée de ne rien attenter contre nous, delaquelle M. de Parâmes Nagu et autres vos parents et amis se sont renduz pleiges et cauttions ; lesquclz nous ne pensons pas que vous vouliez mettre en peyne» non plus que de rompre ou, comme que ce soit, alterervotre foy promise au préjudice d'une ville qui vous est très-affectionnee , etc. S. Voyez ci dessus au 1" juillet et au i5nd«\ 1590.
lo91. — Janvier 19. Le P. Emond Juger, fondateur du collège des Jésuites. à Lyon, meurt à Cosme en Italie. Il était né h Alleman prés de Troyes en i55o (et non en i5i5). Il se distingua surtout comme prédicateur. Les Protestants disaient « que s'il n'avait pas été catholique, il n'aurait jamais existé un plus grand orateur.» Rancke, Histoire de la Papauté (livre v, g5); Cn. Labtttb, Prédicateicrs de la Ligue* p. ao. — Foliaire qui, dans son ffist. duParlcvwnt, c. ao\, l'appelle Edmoml Ogicr, l'accuse à tort4 du moins nous le croyons, d'avoir été à Bordeaux un des provocateurs du massacre des protestants dans cette ville, à la S. Barthélémy. Voyez son article dans la Biogr. Lyonn.
159t. — Janvier 16. a Furent prins prisonnier* M. du Peyrat, le Prince, Croppet, et plusieurs autres avec un nommé Prades^ pour raison de ce que l'on disoit qu'il y avott certaine conspiration sur ceste ville, et , par le dire dudit Prades, en y eust beaucoup qui eurent la question pour ce faict , qui ne confessèrent rien, et à la fin ledit Prades fut pendu tout seul. Àrch. du Rh., XII, i65.— A l'occasion de cette conspiration, on publia un canard intitulé : Diseottrs véritable des traysons descouvertes de la ville de Isyon et de Montbrison en Forest, ensemble la prinsc et exécution qui en a esté faicte par le commandement de Monseigneur le Marquis de Sainct Sorli/i9 et Monsieur le Marquis cFUrfé. Faict ce présent mois de feurier 1 59 1 . A. Lyon, par Jehan Pillehotte , i5qi, in-8*. La Bibliothèque de Lyon possède
un exemplaire imparfait de la contrefaçon de cette pièce, qui ne contient quele titreetles six premières pages du texte (t. ao du n*25aoi)> S'il faut en croire l'auteur de ce Discours, les conjurés devaient ouvrir à Lesdiguières les portes de la ville du côté de la Guillotiere , la nuit du premier au deux février. Voyez YHist. de Lyon par M. Morin , v, 58a, et Us d'Urfé, par Ifl. Bernard, p. 293.
1591. Janvier 28. Séance consulaire. « .... Parce que, en ce temps calamiteux et misérable, ceulx qui ont charge des affaires publiques, notamment les magistrats qui doivent rendre la justice à ung chascun, et spécialement aux affligez, sont subjects d'estre calompniez par la médisante et ignorante populace, les sieurs Proust (sic) et Charbonnier sont commis et députez par les aultres sieurs eschevins pour assister à l'instruction du procez extraordinaire qui se faict sur quelques ungs accusez d'avoir conspiré et conjuré sur le repos public par la surprinse de la ville; aux fins que , par leur assistance , messieurs les magistrats qui font ledit procès extraordinaire, soient relevez et exempts de toute calomnie. »
1591. — Janvier.... Dans le courant de ce mois, le marquis de Saint- Sortin fit une expédition en Dombes, dont le seigneur de la Bastie avait voulu en vain maintenir la neutralité. Trévoux fut occupé par les Lyonnais, quoique celte vide se fût depuis le commencement montrée peu favorable à leur cause (mais bientôt , en récompense de ses bons sentiments, elle obtint d'être déchargée de sa garnison, et remise en son libre arbitre). Thoissey paya par un siège l'hospitalité accordée aux proscrits. Une lettre adressée , au nom de la ville de Trévoux , au Consulat , fait un tableau déplorable des ravages et des excès commis par les soldats dans toute la province. Le motif de la marche du marquis de Saint-Sorlin sur les rives de la Saône, indépendamment de ce que la Dombe appartenait à M. de Montpensier, qui suivait les drapeaux du roi, était la nouvelle qu'on avait reçue de la marche de 6,000 Suisses et d'un corps de cavalerie vénitienne, allant au secours d'Henry IV. Une partie de ces auxiliaires du roi était à Montbéliord, l'autre à Genève, et l'on craignait qu'ils ne cherchassent a pénétrer par la Bresse et la Dombe, pour se jeter ensuite sur Mâcon et sur Lyon. Afin de ne pas leur laisser des ressources dans le pays , on donna l'ordre d'enlever tous les blés de la Dombe, pour être conduiis dans la ville àeLyon, et y être emmagasinés pour le compte des propriétaires.... J. Morin, Hist. de Lyon, v, 58o.
1591. — Février g. Séance consulaire. Les sieurs Proust et Charbonnier sont commis pour supplier Mgr. le Marquis de commander que le procès extraordinaire faict à l'encontre de ceulx qui sont accusez de prodition et conspiration contre le repos delà ville, soit vidimé parle greffier, quia escript au procès soubz Messieurs les magistrats, pour porter le vidimus qui en sera fuict à Mgr. de Nemours, attendu que le faict dont il s'agit est faict d'estat, qui mérite d'estre veu et bien examiné, avant que procéder au jugement deflinitif contre les accusez ; et cependant ordonner qu'ils demeureront prisonniers où ils sont, faisant deffenses aux magistralz de passer outre au jugement, avant que S. E. en ait pourvu en son Conseil. Le Consulat commit en même temps le sieur Clwponay de l'hle, pour aller trouver Mgr. de Nemours en la ville de Moîitbart, aux fins de lui faire entendre les affaires de la ville et du gouvernement, suyvant les meinoyres et instructions qui, pour ce , luy seront baillées. — On lit dans ces instructions que si S. E. (le duc de Nemours) ne s'achemine promptement à Lyon, il est à craindre que les affaires n'aillent de mal en pire, pour le peu de res-
pccl que les troupes portent à Mgr. le Marqué , lequel , à la vérité, est Irès-bon prince, tuais nYstant versé aux affaires de telle importance que la conservation d'une telle ville que Lyon, il sera mnlavsé qu'il puisse empescher, tant s'en fault rompre les desseings de l'ennemy.
1591. — ■ Février i5. Le Consulat écrit au duc de Mayenne, pair et lieutenant-général de l'Kslat et couronne de France :
« Monseigneur. Nous avons receu ung extresme contentement d'entendre de vOs nouvelles par monsieur le président Janin ( Jeannin ), pour la peyne en laquelle nous avons esté d'en scavoir, notamment de vostre bonne disposition sur laquelle toute l'espérance des gens de biens est appuyée comme la base et principal fondement de leur salut; mesmement ceste ville, qui est en grand danger de péricliter, si elle n'est secourue de la présence et bon couseil de Mgr. de Nemours , pour beaucoup de raisons qu'il n'est pas besoing de fver à la plume, bien lui commettrons nous d'escrire à vostre Exc. que nous avons advertissemens de toutes parts et de lieux bien asseurez et par personnaiges signalez, qu'il y avoit une bien grande entreprisse sur ceste ville; laquelle n'ayant peu estre exécutée par surprinse et par intelligence , l'on feit estât d'exécuter par la force et de faict. Nous avons asseuré advis qu'il se fait une levée pour le roy de Navarre ès trois Cantons , que la cavallerie que les Vénitiens luy ont envoyée s'es^t arrestée à Montbelliard , et que partie d'icelle est venue jusques à Genève avec Guitry et Sancy. Dcsdiguicres, depuis la prinse de Grenoble, se promet tout le reste du Dauphinc par le moien des Maugiron, du Passaige et de la Boche. Montmorency approche ses forces du costé de yivarais. Monsieur le Grand Prieur tient les siennes toutes prestes à marcher à Clermont et ès environs. Monsieur de Tatanes faict un gros d'armée en Bourgongne. Le seigneur de Sainct-Forgeux , nostre proche voysin, reçoyt en sa maison tous ceulx du party contraire, et nous faict de fort maulvais office , comme beaucoup d'aultres gentilshommes qu'il n'est besoing d'exprimer , mais feulement vous en représentons nous une partie aux fins que vostre Exc. cognoisse et juge par sa prudence quel besoing a ceste province du retour et assistance de Mgr. de Nemours, sans lequel nous ne voyons pas, pour beaucoup de considérations, que nous puissions subsister; qui nous faict supplier 1res humblement vostre Exc. de mettre en considération de quelle importance est ceste ville à la cause générale de tous les catholiques de ce royaulme, de laquelle estant distraicte (ce qui ne se pourra faite que par la vyve force et par la perte de noz vies et biens), tout le reste seroit bien csbranlé; à quoy vostre Exc. pourra pourveoir par la seule mission de mondicl Sgr de Nemours, duquel seul, après Dieu et vous , despendent noz espérances de salut: nous vous en prions, Monseigneur, troys et quatre fois de la raesme affection qne nous vous baisons très-humblement les mains , priant Dieu vous donner, Monseigneur, en très bonne santé et contentement, très heureuse et longue vie. De Lyon, ce XIII* jour de fcbvrier 1591. » Documents de M. Godemaro, p. 12.
1591. — Février 14. « Les eschevins désirant advancer le jugement defiinitif du procès criminel faict contre quelques ungs accusez d'avoir intelligence avec l'cnnemy pour surprendre la ville, et conserver le bon droict des innocents, et punir ceulx qui se trouveront atleintz et convaincus de ladite conspiration , se sont despartis des causes de récusation qu'ils avoient proposées contre Messieurs de Rubys , de Rochefort , de Chabanncs et de LUrgues; consentant que, nonobstant les causes de récusation , enc.ores que admissibles, ils assistent au procès comme juges, pour l'asseurance et cognoissance que lesdits sieurs eschevins ont de la prmlhommje desdiu
sieurs dt Rubis , de Roche fort , de Chabannes et de Liergues, et du sainct zele qu'ils ont tousjours eu à la conservation , bien et repos de ladite ville. »
1591. — Février 19. Séance Consulaire. « Sur les remonstrances de Jacques Hublce, capitaine de la garde mise au chasteau de Pierrc-Scize, que, pararrest ou ordonnance du Conseil-d'estat tenu en ceste ville près la personne de Mgr le Marquis, lad. garde qui avoit esté establye pour Je sieur de Sainct André, prisonnier de guerre au chasteau, a esté redoicte à quatre soldatz, la solde desquelzetdu capitaine serapayée par Ied. sieur de Sainct- Andrt^ et que depuis quelque temps on a mis aud. chasteau troys ou quatre signalez personnages aussi prisonniers, lesquelz malaysement pourra-t-il garder,pour estre en diverses chambres, si lad. garde n'est accrene de plus grand nombre desoldatz; — iesd. sieurs Eschevins ayans mis en considération la charge commise aud. Hubert^ qui ne se peult seurement ny bien faire avec ung petit nombre de soldatz, luy ont accordé une crue de deux soldalz, oultre les quatre susd., qui sera paye'e parla ville, à commencer du jour d'hier. »
1591. — Février ai. Le Consulat à Mgr le Cardinal Cajetan :
« Monseigneur, toute la chresliente, comme nous en particulier, doit rendre grâces infinies à Dieu de ce que, par sa bonté, illuy a pieu nous donner ung pape (Grégoire XIV), tel que le requeroit le grand besoing qu'elle en avoit, parce qu'elle se trouvoit fort esbranlée, notamment en ceroyaulme de France, ainsy mesme que vostre illustrissime et reverendissiuie seigneurie a reu et peu toucher au doigt. En avons encore en nostre particulier à louer grandement sa divine clémence d'avoir inspiré sa Saincteté de prendre la protection de son Esglise, se rendant chef de l'Union catholicque de ccdict royauhne, ainsy que nous sommes certifiés par les lettres que le dernier ordinaire nous a rendues de vostre illustrissime Seigneurie, laquelle nous remercyons très humblement des bons offices qu'il luy a pieu de nous faire par l'assurance qu'elle a donnée à S. S. de nostre zele et affection en la foy et religion catholicque, apostolicque et romaine, de laquelle nous ne nous dispartirons jamais que par la perte de nos vies et de nos biens qu'il nous sera malaysé de conserver pour les entreprises et conjurations que sont sur ceste dicte ville, si nous ne sommes secourus des molens de quelques grands princes, comme de S. S., laquelle, nous imparlissant son secours temporel, servira grandement au gênerai de la cause de la Saincte Union, pour l'importance que vostre illustrissime Seigneurie peuit juger par sa prudence que ceste ville luy est. Nous sçavoos et cognoissons bien qu'il est nécessaire que le secours de S. S. soit faict au gênerai, tant pour l'importance que pour la conséquence, mais le gênerai sera grandement soulaigéet secouru si ceste ville l'est en par- • ticulier ; ce que nous supplions très humblement vostre illustrissime Seigneur rie de faire entendre à S. S. ; nous vous en aurons une obligation particulière, oultre aultres très grandes qui nous rendent d'ailleurs voz très redevables pour vous rendre très humble service, comme nous ferons tousjours de la mesme afTection que, aprè3 vous avoir très humblement baisé les mains , nous prions Dieu vous donner, Monseigneur, eu tout bonheur, très heureuse et longue vie, « Documentsde M. Gopemabd, p. a3. Voyez ci-après au I^avriL
1591. — Féorier a8. Séance Consulaire. Les capitaines penons avec les principaulx bourgeois et citoyens de la ville appelez et priez au présent Consulat, lapîuspart desd. capitaines penons y a comparu avec ung bon nombre aussi desd. bourgeois, tant de judicature que aultres, auxquelz lesd. sieurs eschevins, parla voix AuS'.d'Aveynt'y ont dict et remonstréqu'ilzavoient convoqué la présente assemblée, pour représenter au vray en icelle la diligence et bon (fc!) vojr qu'ilz ont faict pour amener et tirer lu vérité de la conspiration que
Ton dict avoir esté faicte sur le repos de lad. ville, pour raison de laquelle conspiration quelques ungs de leur^ concitoyens accuse* d'y avoir participation et intelligence sont prisonniers, auxquelz, ù la poursuitte et sollicitation desd. neurs eschevins, l'on a faict le procès extraordinaire qui est prest à estre jugé, enquoy il leursemble n'avoir rien obmis du debvoir que doibvent les pères du peuple à leurs concitoyens; car, combien qu'ils ayent député deux d'entre eulx pour faire lad. sollicitation, lesquelz, encores que, contre les formes dedroict, ils ayent assisté à l'instruction du procès, ilzont encores consulté, par six fameux ad vocats, les procès verbauix, interrogatoires, responses, confrontations et aultres procédures extraordinaires sur c<H*aictes, et par l'adns desd. advo- * cats, prins leurs conclusions qui, pour ce, ont esté leucs avec le susd. advis en la présente assemblée, laquelle, pour ce, lesd. sieurs eschevins ont prîéd'adviser s'il y aura esté rien obmis, et s'il sera besoiug d'adjouster ou diminuer à leursd. conclusions. Ses quoy tous lesd. assistans, après lecture faicte de lu sud. consultation, et des conclusions sur ce prinscs, ont approuvé ce qui a esté faict, sollicité et requis par lesd. sieurs eschevins ou leurs députez, estant tousd'advisqu'on doibt suyvre lesd. conclusions ety persister, et neantmoings adjouster à icelles qu'il soit permis auxd. sieurs eschevins de faire procéder par censure* ecclésiastiques contre cculx qui sçauront quelque chose de lufl, conspiration et qui ne la révéleront, aux fins qu'ung acte si perfide et détesta* ble contre le repos de la patrie ne demeure impuny à faulte de preuve, desirans toutes foys que le bon droict de cculx qui pourroient avoir esté faulsement accusez, soit gardé par l'intelligence de Messieurs les magistrats. » A. C, fol. 55.
1591 . — Février 28. Le Consulat ordonne au sieur Jacques Hublèe^ capitaine de la garde du château de Vierre-Scize, « de remettre ez mains de Mgr/< Marquis ou la justice les prisonniers qui sont en sa charge audietchasteau, pour la conspiration que Ton dit avoir esté faicte sur le repos de ceste ville , s'il luy est commandé par Mondict Sgr le Marquis , ou Messieurs les Magistrats.
1591. — Fèvtivr... Un parti de royalistes surprend le fort de Saint-Victor, dans le Foret. — La garde de ce point était disputée entre le Marquis d'UrfS et M. de Chevrieres, à qui le Consulat avait rendu sa confiance et le commandement du Lyonnais. — Chavrières et rf'i/r/e, dans leur correspondance, s'accusent aigrement devant le Consulat au sujet de la surprise de ce fort. S.
1591. — Février... On apprend à Lyon la retraite des forces de M. de- Montmorency, qui s'avançaient du côtédu Vharais. La conspiration qui venait d'être éventée en cette ville se liait, disait-on, à la marche des Royalistes du Languedoc, et l'on prétendait qu'en se retirant , ils disaient « que la poudre n'avoit pas pris feu. » Une des lettres adressées au Consulat mentionne un bruit assez singulier au sujet de M. de Montmorency : il était sur le point do marier sa fille au grand-prieur, lorsque ce projet fut rompu ; le roy ayant fait connaître qu'il avoit des prétentions pour lui même. J. Morin , Y, 385.
1591. — Mars 13. Le S. Guillaume Gella est député par le Consulat vers Mgr deNetnours, pour le supplier de haster son retour en ceste ville. — On lit dans les instructions qui lui furent données, qu'il « fera entendre à S. E. les brigues et menées que l'on a faict pour sauver et faire déclarer innocens, comme l'on a faictcculxqui estoient prisonniers pour la conspiration qui avoit esté faicte pour rendre ceste ville à Desdiguieres... Que M. àt Montmorency et 1« S. de Tournon ont envoyé leurs troupes du Vivarais à Vienne où se dresse 1« gros de leur aimée ; laquelle estant assemblée, apportera de grandes in-
rommoditczà ceste ville, voyre pcultestre sa ruyne, pour te peu de moyens qu<; l'on a de l'empestrher, à faulte de forces qui veuillent faire le debvoir, parce que celles que nous avons, tant de pied que de cheval, ne font la guerre qu'aux paysans et à leur beslail, et neleur a-t'on jamais peu faire veoir l'enneiny, notamment à celles qui sont commandées par capitaines du Dauphinc, qui
ont ruyné entièrement le plat pays de Lyonnois et de Dombes Que si S. E.
ne s'achemine promptementpar deçà, il est à craindre que les affaires n'aillent de mal en pis pour le peu d'exploiet de noz gens de guerre et le peu de respect et obéissance qu'elles portent a Mgr le Marquis..,.; que l'espérance que le peuplea de son prochain retour, t# maintient en son dcbvoir, mais s'il estoit descheu de lad. espérance , il pourroit se refroidir par ung desespoir de son salul »
1591. — Mars... Dansle courant de ce mois, le religionnaire Chambaud, qui avait le commandement des troupes royales dans le Vivarais, fit une tentative pour s'emparer de Givors, où les Lyonnais tenaient une forte garnison. Ayant manqué son coup de main, il se retira. — Givors servait a Lyon de place d'armes contre Vienne, Sainte-Colombe et Condricu, où les royalistes s'éjaient maintenus. M. de Chattes paraissait vouloir entrer dans le Forez par Monistrol, tandisque le maréchal d'Aumont se dirigeait d'une autre part sur le Roannois. M. de Clievrïeres se porta de ce côté, mais n'y ayant pas rencontré le Maréchal, il s'empara du château (CArcy dont la dame avait arboré les couleurs du royalisme. J. Morik, V, 583. Voyez ci-après au 14 avril.
1591. — Mars,.. Les échevins avaient entamé de nouvelles négociations avec les Maugiron de Vienne pour une trêve. Les articles en devaient être l'échange des points que les Lyonnais tenaient encore dans le Viennois contre Sainte-Colombe et Condrieu, avec garanties pour la liberté du commerce. On ne s'entendit pas. Toutefois on promit de part et d'autre d'observer la convention qui avait été conclue entre le roi et le duc de Mayenne, pour rendre, s'il se pouvait, cette guerre un peu moins dévastatrice. Entre autres articles , défenses avaient été faites d'arrêter les laboureurs et les ecclésiastiques, et de saisir les bestiaux employés au labourage, sous prétexte de refus de contributions. Il était moins difficile aux deux prétendans , observe judicieusement M. Morin, d'accorder au cri de l'humanité une telle convention, que de la faire exécuter, V, 384.
1591. — Mars... «A la diligence d'un bon père de l'ordre des Chartreux, nommé Don Guillaume Chesozme, liseossoys de nalion, autres foys evesque de Vayson, au contatde Venisse, et ambassadeur de la très-chreslienne Royne Marie, a Rome tien France, fut donné commencement au bastiment qu'ont entrepris de faire, en la coste Sainet Sebastien* et au lieu qui auparavant s'appeloit la Giroflée (i), les Religieux dud ici ordre de la Chartrousse, et où ils ont commencé d'avoir un couvent, etymitla première pierre Monsieur le Marquis de S. Sorlin,... et fut le lieu benist et consacré par ce digne prélat et vray mi rouer de pieté, Messire Pierre de Villars, reverendissime archevesque de Vienne. » Rïbys, p. 448. Voyez Lyon ancienet moderne, T. ier, p. 369 et suiv. (Art. de M. Passeron).
1591. — Avril 4. Les eschevins ont receu ce aujourd'huy, parle courrier ordinaire de Rome, un bref apostolique dont la teneur s'ensuit :
(1) Il existait ea cet endroit une maison de plaisir où \%t faisaicntjdes parties de débauches ; il y avait une lice à courre la bague et des chevaux ; on y voit , sur l'ancienne carte de Lyou , gravée sous le règne à? Henry JIt des personnes qui dansent. Aotcs du 1». Mehestmer.
Grégoire P. P. xiv Chers et bien amezfilz, salutet bénédiction apostolique.
Voz lettres nous ont donndplaine et entière coignoissancede rostre nrdente affection et bonne volonté envers le sainct siège apostolique, pour lequel, en ce temps plein de grands troubles et séditions, vous n'auez crainct de souffrir et supporter toutes choses, soubz l'espcrance que Dieu , pere de miséricorde vous apporteroit consolation et ayde. Nous louons ceste voslre piété et constance, et vous exhortons parle Seigneur de soustenir et deffendre, de toute voslre affection et pouvoir, la charge que vous avez prinse de conserver vostre seureté, et de retenir et maintenir la pureté et intégrité de la foi catholique, vous remettant en memoyre que le Seigneur couronne et récompense, non ceulx qui battaillent pour son sainct nom, mais ceux qui persévèrent jusque* à la fin. Plusieurs nous ont rapporté l'excellence de voz mérites, mais sur tous autres nostre cher et bien amé filz Henry cardinal Caietan, au retour de sa légation, nousa faict entendre, à voslre grand honneuret louange, comme vous vous estes excellemmentefforcez pour faire cognoislre l'honneur et reverencede long temps esprouvé que vous avez à la foy et religion catholique. Nous desirions en vérité non seulement secourir de nos moyens spirituels et temporels, mais aussi par libéralité gratuite, voz affaires, c'est à dire , la chreslîenté de vostre royaulme de France; mais à nostre advenement au pontificat, outre le souley et sollicitude qu'ung pasteur doibt avoir de ses ouailles entre lesquelles vous n'estiez des derniers, s'est en suivje une si grande et inopinée cherté de vivres que, à grand pèyne avons nous peu pourvoir a la nécessité présente et la ville de Rome afllige'e d'une grande famine. Mais quand Dieu, par sa grande et libérale bonté, nous aura rendu la fertilité et abondance désirée, et donné quelque loisir de respirer, et que nous serons plus amplement certifiez de voz affaires, nous nousefforcerons,moyennant l'aide de Dieu,de pourvoir à voz commoditez et proufict, en tant que la nécessité du temps le pourra permettre. Dieu par sa saincle grâce vous deffende de toute adversité et par apostolique bénédiction que nous vous baillons par ces présentes, vous veuille combler de toute félicité. Donné à Romele ve de mars i5gi et de nostre pontificat le premier. M. Vestbics Barbianus. Voyez ci-dessus au 2 1 février.
1591. — Avril 14. Le duc de Nemours écrit au Consulat : « Messieurs , je pensois combattre le mareschal WAumont, mais j'ay eu nouvelle qu'il s'est recullé , et qu'il est maintenant à dix huit lieues de moy, ce qui me fait penser que je seray plus tostà vous que je n'en fesois estât. Ce matin le chafteaud'Arcf s'est rendu à moy où j'ay mis le sieur de Lestoille. C'est ce que je vous puis mander de mes nouvelles pour ceste heure , eu me recommandant très affectueusement a vus bonnes grâces, et priant Dieu, Messieurs, vous donner tout heur et contentement. De Charollcs,ce xiiij au ri, 1 591 . Votre antieremnnt meilheur et plus affectionné amy à vous seruir. Charles de Savoie. — La formule finale de cette lettre est de l'écriture du duc de Nemours. Arch. du Rh., V, n5. .
1591. — Avril 21. Le duc de Mayenne écrit aux échevins de Lyon : » Messieurs, l'assemblée à laquelle je vous conviay dernièrement par me» lettres, pour résouldre, avec l'advis de toutes les provinces, des moTens qui se trouveront plus expédients pour i'advancement de nostre saincte Religion et le bien gênerai du royaulme, ayant esté intermise pourquelque considération, j'ay depuis advisé qu'il estoit nécessaire, pour le bien de cest, estât, de continuer et poursuivre la fin de ceste convocation, de laquelle je suis mesme requis et invité par Messieurs de la Court de Parlement de Paris, au moïen ^ de quoy je vous prierayde faire, le plus promptement que vous pourrez, l'es- Jy;..
lection de vos depputez, si dcsja ne l'avez faicte , et les faira partir en toute diligence avec l'escorte que leur donnera , pour la seureté de leur volage. M. le duc de Nemours, mon frère, gouverncurdw rostre province, auquel j'escris particulièrement pour cesteffcct; désirant qu'ils puissent se rendre en ceste ville de Bheims le dernier jour de may prochain , ou plus tost s'il est possible, où j'ay pareillement assigné les depputez de toutes les nu lires provinces , pour, avec une meure délibération, prinse de l'avis de tous les corps et ordres de ccst estât , pourveoir aux meilleurs remèdes qui se pourront trouver pour la conservation de nostre sainte Religion et bien de cest estât , à quoy il n'y a point de doubte que nous emploîant avec le zele et droite intention que nous debvons, et que je m'assure que chacun de vous y apportera, Dieu nous en fera ressentir les effects salutaires pour l'advancement de son sainct service et manutention de ce royaulme ; de quoy je le supplie de tout mon cœur, et qu'il vous licnno, après m'estre recommandé à vos bonnes grâces, Messieurs, en sa saincte et digne garde. — Bheims y le 21 jour de avril 1591. — Votsre affectionné et assuuré amy , Charles de Lorraine , et plus ba9 , Marteau. * Documents de M. Godemard, p. 5.
1591. Avril.... Les Lyonnais , qui sollicitaient depuis long-temps le duc de Nemours de revenir dans 9on gouvernement, obtiennent, vers la fin de ce mois, la réalisation de leurs désirs.... Mais à peine fut-il arrive qu'il fut appelé de toutes les provinces environnantes pour y soutenir ceux de son parti. Le duc se rendit en Bourgogne, où le danger se trouvait le plus urgent. Les troupes Suisses et Vénitiennes , conduites par les seigneurs de Sancy et de Guitry, y avaient pénétré, après avoir traversé, non suns quelques échecs, la Bresse où le marquis de Treffort commandait pour le Duc de Savoie. — D'autre part , l'Italie et la Suisse envoyaient des secours à la ligue. On attendait à Lyon un corps de troupes parti de Borne, sous le commandement du duc de Montc-Marciano , neveu du pape Grégoire XI F , qui s'était aussi engagé à soudoyer un corps de 6000 Suisses levés dans les Cantons catholiques j mais ces troupes changèrent la direction qui leur avait été primitivement indiquée , et prirent leur route par la Franche- Comté, pour aller se joindre au duc de Parme. J. Moriit , v, 584 î A. Bernard , p. 296 Voyez ci-après au n8mai.
1691. Mai 4 Le duc de Mayenne écrit de Rheims , aux Consuls et echevins de la ville de Lyon , pour les instruire de la situation dans laquelle se trouvent les différentes places occupées par ses troupes. Nous ne reproduirons pas cette lettre qui a été publiée par M. Godemard, dans ses Documents , p. 1 — 4-
1591. Mai 10. Les Consuls et eschevins de la ville de Lyoa aux Advoyers de la ville et canton de Fribourg :
« Tres-illustres et magnifiques Seigneurs , nous vous avons une grande obligation du secours qu'il vous a plu nous donner d'une nouvelle compagnie de trois cens hommes de pied de vostre canton , pour renforcer nostre garnison , laquelle nous desirons estre telle et si grande mesme de soldats fidèles, tels que sont les vostres, que nous ne tombions en la captivité de la ville de Chartres , lesquels se sont tousjours opiniatrei de ne recepvoir garnison , se tenant assez forts pour résister et faire teste à Tennemy, comme à la vérité ils ontfaict pour quelque temps, mais enfin % estant l'enncmy maistre de la campaigne, et s'estant tellement retranchez qu'il estoit impossible de jecter ung secours dedans la ville, soit de gens, soit de munitions de guerre , notamment de pouldres dont les assiégez
ont lieu grande f.uille , ils ont esté conlrincts de composer. Mais, quelque disposition qui ayt esté faicte avec le Navarroîs , il a baillé a son entrée en ladicte ville telles espérances de se faire catholicque qu'il a faicl pendre ung chanoyne , ung cordelier , ung jesuiste et ternaire de la tille. Par ce de«portement, l'on peut juger quel est son desseing. Quant à M gr de Mayenne , Son Excellence se refiant à la promesse et asseurance que lesdits habitans de Chartres luy avoient toujours données de ne craindre rien non pas plus grandes forces que celles que ledit Navarrois avoil en son armée , a employé les siennes au siège delà villede Chasteau-Thitry qu'ila prise avec le fort {\) ; ce qui apporte une très grande commodité àla ville de Patois , pour avoir , par cesie expugnation , rendu libre la rivière de Marne par laquelle la pluspart et la plu* grande abundance des provisions de ladicte ville de Paris, inesme de bleds, y abordent de jour âauître, tellement que cestc ville-là , qui est la capitale du royaulme , par la grâce de Dieu , est pour aujourd'huy asseurée de sou entière liberté ; ce dont nous vous avons bien voutu donner advis » affin que l'ennemi qui s'ayde de tous artifices, ne fasse soubz main courir quelque faulx bruict en voz quartiers, qui puisse demouvoir , ou , comme que ce soit , esbranler ceux qui sont bien affectionnez à nostre party, non parce que nous doublions que vos trèsillustres seigneuries se laissent manier par rapports queUqu'ilz soyent, faulx ou vrais; car nous les cognoissons tellement asseurées et affectionnées au parti catholique que , quelque sinistre accident qui advienne pour noz péchez, vous demeurerez toujours fermes et constans avec une très bonne volunté d'y apporter les secours accoutumez, dont nous vous supplions très humblement , très illustres et très magnifiques seigneurs , de nous conserver en tos bonnes grâces. De Lyon, ce x*. jour du moys de may »
159!. Mai 19. Une ordonnance du duc de Nemours , datée de Lyon , devance, a l'oaeasion de la guerre qui se fait pour le soutènement de la Sainte Union et Foi catholique, la levée du don gratuit de mille écus d'or sol , que les habitans du Franc- Lyonnois ne dévoient payer que le dernier jour d'aoâl i5p,6. Recueil (V Hubert de Saint-Didier, p. ioo» Voyez ci-après au ai juin 1596.
1591. Mai 9.3. Le duc de Mayenne écrit aux échevins de Lyon : « Messieurs, je loue beaucoup la prudence que vous avez sçeu apporter à recognoistre la conspiration que l'on nous avait faict entendre estre faicte sur vostre ville , et la justice que vous avez gardée au chastiment de ceulx qui avoient chargé tant d'honneste gens qui s'en sont trouvez du tout innocens , ce qui aura esté un moîen pour confirmer d'aultant leur bonne yolonté , et donner courage à tous aultres de persister à bien faire , puisque le mal est recherché et pugny si exactement. .J'avois, il y a longtemps . désiré que les affaires pussent permettre à M. (te Nemours , mon frère , de vous aller veoir pour donner ordre à tout par sa présence , et ne pou- Vois entendre nouvelles plus agréables que celles que j'ay reçeues de son arrivée en vostre ville , espérant qu'il y saura composer toutes choses à vostre contentement , et vous aidera à faire advancer vos depputez 9 comme je vous prie d'y apporter le plus de diligence qu'il vous sera possible « afin que , prenant ensemble une bonne resolution , le secours que nous recevrons tant de Sa Sainteté que de Sa Majesté catholicque, ne soit sans
(1 ) Nous avons Lit quelques changements à la ponctuation de cette lettre que nous avons extraite des Documents publics par M Godemard. Sans cela, plusieurs passage* auraient été inintelligibles.
le fruict que nous en attendons, Et n'estant ceste ù aullres fins , je prye Dieu qu'il vous ayt , Blessieurs, en sa saincle et digne garde. De Rheims , le xx"" jour de may i5gi. Vostre trèsaffectionné amj, Charles de Lorraine, et plus bas Marteau. Documents de M. Godemard, p. 6.
1591 . — Mai 26. M. Claude de Cremeaux écrit de Cliamousset aux échevins de Lyon :
« J'ay reçeuce soir bien lard la lettre qu'il vous a pieu m'escrire, pour response à laquelle je vousdiray que je vous ay beaucoup d'obligation de la mémoire que vous dites avoir gravée en vos cœurs de feu mon frère de la Grange, et qu'icelle vous aye jusques icy retenu de faire entendre a Monsieur^ Nemours les desordres que le fils de feu mon dit frère et sa compagnie exercent sur le plat pays, tant mal nourri (é/eté) et discipliné, comme vous dites; de quoy vous m'avez voullu advertir premier que de vous en plaindre à mon dit Seigneur pour le prier d'y pourvoir par une justice exemplaire. Je serois très ayse, Messieurs, que vous puissiez faire en sorte avec mondit Seigneur qu'il se peut ensuivre la, punition que vous dites , non seulement à l'endroit de mon neveu et de sa compagnie, mais d'une infinité d'autres qui ruinent et ravagent tellement ce pauvre pays, qu'ils contraignent le pauvre peuple abandonner leurs maisons et tenir les bois,où l'on les va chasser comme des bêtes sauvages. Etencoresque mondit neveu se licencie à tant de maux que vous dites, ce n'est pas faute de discipline et de bonne nourriture (éducation), car on luy en a faict autant pratiquer qu'a gentil'homme de sa sorte ; ce n'est pas aussy de mon consentement qu'il faict ce qu'il faict, car il a bien prins la compagnie sans mon sçeu, de quoy je l'ay bien souvent rebroué et de ses mauvais déportements. Mais, Messieurs, il faut que vous considériez, s'il vous plaist,qu'il est venu en un temps rempli de misères, auquel la pluspart tournent au vice, et non seulement luy, qui estenbas aage, mais une infinité d'autres qui se sont desbordez et du devoir et de la raison, jusques à se mecognoîstre eux-mesmes. » A Bernard, lesd'Urfé, p. 297.
1691. — Mai 28. Au commencement du printemps de cette même année 1691 , le duc de Nemours revint à Lyon : sa valeur et sa réputation s'étoient augmentées en soutenant, comme il avoit fait, le siège de Paris. Peu de teinps après, M. l'archevêque d*Epinac, absent de Lyon depuis quelques années, y revint aussi, et porta le S. Sacrement le jeudi 28 mai, a la procession générale qui se fit avec grande pompe et solemnilé ; le duc de Nemours et le marquis de Saint-Sorlin, son frère , y assistèrent. Tnus ces dehors de religion et ces dévotions extérieures avoient pour principal objet de raffermir les ligueurs dans la Sainte Union dont M. l'Archevêque éloit un des principaux areboutans. » Alm. de Lyon pour 1746 , p. liij. — H y a erreur sur la date de'cet événement ; le 28 mai étoit le mardi. La même erreur se retrouve dans le Mémoire de D. Thomas, p. (\%. En 1591, la Fête-Dieu tombait au jeudi i5 juin ; Tannée suivante, au Jeudi 28 mai; ce serait donc à la Fête- Dieu de l'année 1592 que d'Epinac , Nemours et 5. Sorlin , se seront trouvés tous les trois à Lyon le même jour.
1591. — Mai... M. de Saint-André sort de prison ; Marguerite de Saint- Mcgrin, sa femme, s'oblige personnellement au payement de sa rançon. A. Bernard, Çes d'Urfé, p. 292.
1691. — Maiet juin... Les Dauplùnois avertisdu départ de Nemours^ lèvent le siège de Saint-Genis d'Aost, et viennent se jeter sur le Lyonnais. La compagnie de M. WAlbigny, qne le duc avait laissée pour la défense du pays, laissa paisiblement l'ennemi venir s'établir et lever des contributions à la Guillotine. — Après ce coup de main, les Dauphinois passèrent le Rhônr, attaquèrent
Gitors, s'emparèrent de celte ville, et firent prisonnier le Seigneur de Nerestang, qui y commandait pour les Ligueurs. S'étant répandus dans le pays, et iiyant éprouve quelques pertes dans une embuscade qui leur fut tendue par le Seigneur de Saint-Martiv9 près le Dargoire, ils repassèrent le fleuve, laissant M. de Bothéon à Gitors pour démanteler la place. J. Mohin, v, 586; A. Uernard, p. 296. Voyez ci-après, 7 février 159a.
1591. — Juin 3. Le duc dô Nemours s'empare de la ville de Bourg- Argenlal, qui était occupée par les troupes royales, sous le commandement du duc de fentadour. Voyez VAlm. de Lyon, p. 1760, p. 3i, 3e partie.
1591. — Juin 5. Le Consulat commettes sieurs d'Avey ne, de F"aulœ, Proust et Poculot, échevins, « pour assister ùl'eslection des courriers de la Confrairie de Sainct Bonaventure, qui se fera demain jour de Sainct Claude.
1591. — « Lejeudysûriesme jour de juing L'an mil cinq cens quatre vingts unze,au Couvent de Sainct Bonadventure de ceste ville, sont comparus, sur les neuf heures du matin, nobles hommes Monsieur M* Jacques d*Aveyne, conseiller du roy, trésorier gênerai de France au bureau des finances de Lyon, François Ptatel, seigneur et baron de Vaulx^ deux des Consulz eschevins commis et députez par les aultres sieurs eschevins, Monsieur Me Pierre Austrein9 aussi conseiller dud. Sgr. Roy et lieutenant particulier en Seneschaucée et siège presidial de Lyon, Claudede Bourges, Guillaume Gella, Jehan Pelletier, Amable Thieboz, EstUnne Faure, Ponson Bernard, Jacques de Grimo, Ballazard Proust , Benoist Teste et Pierre Olivier, auxquelz comparans frère Galtier (?), docteur en théologie, pere gardien du Couvent de l'Observance, a remonslré que, de toute ancienneté, il y avoit une Confrairie de Suinct Bonadventure en l'esglise dud. couvent qui estoit régie et gouvernée par les principaulx et plus signalez jeusnes hommes enfans de la ville, par le soing et diligence desquels elle a este' saigement gouvernée et administrée, et le service divin entretenu et observé nn bien long-temps; mais depuis quelques anne'es, soit par la malice du temps, tepidité et négligence des modernes courriers, elle commence à s'edvanouyr et deschoir de son ancienne splendeur, comme elle fera du tout s'il n'y est promptement pourveu par l'esleclion en lad. charge de courrier de quelques signalez personnages bien zelez et affectionnez à l'entretennement et conservation du service de Dieu, qui la remettent sus en son premier lustre : à quoy il a exhorte' les susdits comparans. — Sur ce led. sieur a'Aveyne a aussi remonstré que, en lad. esglise de sainct Bonadventure, nonobstant l'injure du temps, Dieu a préservé un très grand joyau et reliquaire qui est le chef dud, Sainct Bonadventure, pour la révérence duquel nozancestres avoient érigé et estably lad. confrairie, laquelle par tradition d'iceulx nos ancestres a esté de main en main observée et entretenue jusques a noz temps ; et parce que la saincte Escriture et l'Eglise aussi commandent l'observation des traditions de npz pères, lesquelles les hérétiques ennemys de Dieu etde son église oppugnent et combattent le plus qu'ilz peuvent, il est bien raisonnable, que, suyvant lad. tradition, lad. confrairie soit remise et désormais entretenue et conservée, pourveu que ce soit religieusementetsansbalou danses ny banquez superflus, pour lever toutes occasions auxd. hérétiques d'en mesdirc selon leur coustume. — Sur lesquelles remonstrances et propositions lesd. comparans ont procédé à l'eslection et nomination desd. no^eaux courriers, et tous d'une voix ont esleu et nommé pour nouveaux courriers de ja présente, année Al" Austrein, conseiller, Regnauld* avocat, Henry, advocat, et Champaigneu , lesquels, le lendemain septième desdicts moyset an, ont esté mandez en l'hostel cominung de ladietc Yillc, où sont comparus lesd. sieurs Aus lidn}Regnauld
f ! Henry qui ont e.*lé priez d'accepter la charge de lad. courrcrie pour Tan» née advenir, ce qu'ilz ont accepté. »
1591.— Juin 7. Leséchevins • ont commis le sieur Proust (un d'eux) pour recepvoir et prendre le mot du guet de Mgr de Nemours ou de Mgr de Lyon qui le donne en son absence, pour le bailler aux capitaines penons de ceste ville, et aultres qui ont accoustume' de recepvoir. »
1591. — Dimanche 9 juin. «En ensuivant ce qui a esté accoustume de longtemps eslre observé à tel et semblable jour que ce jourd'huy, jour feste de la saincte Trinité, Nobles Jacques d* Areyrie, François Plaiel, seigneur et baron de Vaulx^ Claude Poculot, Jehan Charbonnier, Michel de Pures, Janetto de L>equi, Jehan Yvernogeau et Antoine Charrier, consulz cschevins representans le corps commung de ceste ville, se sont présentez au Collège delà Trinité, regy et gouverné par ceulx de Y Ordre et Société du nom de Jésus, on y estans, après avoir conféré avecM* Bernardin Castor,Yi\n% de lad. société et principal duc}. Collège, des obligations, conventions et choses esquelles iceulx sieurs de lad. Société sont tenus pour l'éducation et instruction de la jeunesse, suyvant les contractz et actes passez entre lad. ville et ceulxdud. ordre et société, seroient lesd. sieurs eschcvins allez en l'église dud. Collège pour y entendre la grande messe, à la célébration de laquelle, et après l'Evangile dict, led. sieur Castor a offert, présenté et délivré auxd. sieurs eschevins, ung gros cierge de cire blanche, sur lequel les armoyries de lad. ville sont peintes, en horomaige et recognoissance de l'obligation que lesd. sieurs de lad. Société ont à lad. ville, et aux eschevins d'icelle, desquelz ilz tiennent led. Collège, tant pour l'instruction de lad. jeunesse aux bonnes lettres que pour aultres occasions plus amplement declairées auxd. coniraclz et capitulations cy-devant passez entre eulz, supplians lesd. sieurs eschevins d'estre tousjours, comme ilz ont esté, les protecteurs d'iceluy collège. A quoy a esté respoodu par la voix dud. sieur eVAveyne, qu'ilz acceptent led. cierge, en recognoissance des articles et capitulations portées par lesd. contractz et actes, etque, en persévérant tousjours par iceulx sieurs de lad. Société a bien instruvre et enseigner lad. jeunesse , comme ilz ont faict jusques icy, ilz seront tousjours aymez, chéris, respectez et honorez par le Consulat, voyre par tous les habitans de lad. ville, ainsy que leur ordre et qualité le mérite. » A. C. fol. 141.
1591. — Juin 20. Séance consulaire. « Snr les remonstrances du capitaine penon et des principaulx habitans du penonnage et quartier des Carmes^ que jusques icy ilz ont esté paisibles etbien unyspour l'amitié et concorde qui est entre lesd. habitans, laquelle pourroit estre altérée et du tout rompue s'il estoit permis qu'ung nommé ÀndréBartholy,cordoannier,\înt habiter aud. quartier, et s'y remuast à ceste prochaine feste de S. Jehan, ainsi qu'il a proposé de faire ; car estant, comme il est, homme séditieux et querelteux, et qui a desja faict plusieurs querelles et scandales, et mis la main aux armes aud. quartier, malaisément se pourra contenir sans apporter ou susciter quelques querelles aud. quartier, qui jusques icy est demeure paisible, à quoy ils reque~ royent d'estre pourveu. —Les sieurs eschevins dc.-irans que tous les habitans de" la ville, leurs citoyens, vivent et s'entretiennent en toute unyon, concorde et amitié , empeschent pour le bien public que led. Bartholy se remue et aille habiter aud. quartier, attendu que pour n'y estre agréable aux aultres habitans , il n'y pourra apporter que schisme et division contre et au préjudice du repos public.»
1 59 1 . Juin 20. Les eschevins desirans satisfaire à la volonté de Mgr le duc de Nemours , qui Jes a instamment priez par deux diverses lellrr* de faire recepvoir M0 Jehan de Fille , en Testât de M' barbier et tfi.rur*
g/Vn, luy ont accordé Ultra de maistrise en cesle ville, en tant qu'il* le peuvent faire, et non aultrcment. et sans tirer ce faict à conséquence, et que ce soit sans altération ny dérogation des droitz et privilèges d'autruy , desquelles lettres la teneur s'en suit :
a Les Consuls et eschevins de la ville de Lyon, à tous ceulx qui ces présentes verront, sçavoir faisons que, voulant effectuer le désir que nous avons tousjours eu d'obeyr au commandement de Mgr le duc de Genevois et de Nemours , pair de France , gouverneur et lieutenant général pour le Roy en ceste ville et pays de Lyonnois, Forests, Beaujolloys et Auvergne, avons, en sa faveur et considération, en tout qu'à nous est en ce permis, qui nous concerne , et sans préjudice de droict et privilèges d'autruy, permis et permettons à M' Jehan de Fille , barbier et chirurgien , qu'il puisse et luy soit loisible d'exercer Testât de maistre barbier et chirurgien, et à ces fins louer et tenir boutique en cested. ville, et y jouisse des droitz et privilleges desquelz ont a( coustumé de jouyr lesd. maistres barbiers et chirurgiens en icellc ; prions pour ce Messieurs les Scneschal et gens tenans le siège presidial de lad, ville et aultrcs qu'il appartiendra , de laisser et faire librement jouyr de lad, maistrise led. de Fille , et ne souffrir luy cslre sur ce faict , mis ou donné aulcun empeschement. En tesmoigns de quoy , nous avons faict expédier et signer la présente par le secrétaire et greffier de lad. ville , et y mettre le scel des armes (ficelle , ce vingtiesme juing l'an mil cinq cens quatre vingtz onze. »
1591. Juin 21. Les eschevins advertis du décès du sieur François Fortis y capitaine penon du quartier de S 'aincl- Vincent , de l'hoirie et succession duquel l'on se yeut saisir par droict d'aubey ne , comme n'estant led. Fortis naturel François , mais Florentin , s'eslant de bonne foy habitué en cesle ville , tant soubs les privilèges des foyres y establyes ( dont ilz sont les vrays protecteurs et conservateurs), que par l'affection que , dès son jeusne aage , il a portée à lad. ville , bien et repos d'icelle , pour ra/son de quoy il estoit tenu d'ung chacun pour vray et naturel citoïen , et comme tel luy avoit-t-on fyé , en ce temps plain d'ombrage, soubçon et défiance , le commandement et intendance sur l'ung des principaulx quartiers de la la ville ou il s'est si dignement et vertueusement comporté jusques à son décès qu'il a mérité que l'on conserve à ses vrays et légitimes héritiers ce peu que , par son industrie, labeur et travail, il leur a délaissé par son décès : et parce que Mgr de Nemours , gouverneur et chef de lad. ville, pour favoriser quelque sien serviteur, ou pour quelques aultres considérations, a donné, par led. droict d'aubeyne, ce qui est de l'hoirie et succession dud. défunt, les sieurs eschevins , comme pères du peuple et conservateurs des privilèges des foyres , ont résolu de prendre ceste cause en main, et à ces fins prier S. £. de n'user ni permettre que l'on use en cest en droit d'aulcune forée ou violence, mais d'en déférer la direction etjjugeuient souverain à ia justice , comme il a esté faict de toute ancienneté ; constituant pour leur procureur Me François Faur, procureur es cours de Lyon, pour se joindre avec les héritiers dud. Fortis , aux fins de demander et requérir la main leve'e des biens dud. Fortis saisys à la requeste du procureur du Roy.
159r. Juin 24. Publication i\ des Lettres de Grégoire XII II , e.rltortatoires et monitoires aux princes , ducs , marquis , comtes et autns grands seigneurs et nobles du royaume de France suyvans le parti d'Henry de Bourbon « jadis roy de Navarre à fin qu'ils ne lesuytent d 'avantage , et ne le favorisent eu quelque façon que ce soit ; 2°. du MonUoire du même pape, sur censures et yeinesaux archeresques, ('vesques^ ablez} etc. , constituez au royaume deFrancc ,
à fin qu'ils se despartent du tout , laissent et quittent Henry de Bourbon , jadis roy de Natarre , et ses adhérons, fauteurs, etc. (i).
Cette publication fut faite par commandement de Pierre d'Epinac, donné à Lyon le 22 juin 1591. Voici le procès-verbal qui en fut dressé :
« Aa nom de nostre Seigneur Jesus-Christ , Amen.
« Soit manifeste et notoire à tous et à chascun de ceux auxquels les lettres cy devant escriptes concernent , touchent ou peuvent toucher et qui en quelque manière vont ou pourront avoir interest pour l'advenir; que Tan de la Nativité de N. S. J. C, , mil cinq cens quatre vings et vuze, indiction quatriesme et le vingt-quatriesme jour de juin , feste de S. Jean Baptiste , patron de ceste ville de Lyon ; l'an premier du pontificat de nostre S. Pere Grégoire XIIII : je Jean Livet, notaire royal et secrétaire de l'archevesché de Lyon , citoyen de ladistc ville , pour procéder à l'exécution des deux bulles ou lettres apostolicques , originales,
monitoriales données à Rome & S. Pierre* l'an de l'incarnation de N*
S. i5qo , le premier jour de mars...,, je me suis transporté en l'église cathedralle de S. Jean...,, en laquelle plusieurs du clergé et de la noblesse, et grande multitude de péuple , tant de la ville que dehors, y venus pour gagner les indulgences octroyées par nos saincts pères à ceux qui visiteront ladite église , la vigile et jour dudit S. Jean Baptiste , patron de ladite église ) estoyent assemblez pour ouyr le divin service et gaigner lesdites indulgences, et à l'yssue de la grande messe, je me suis arrestè au portail de ladite église , et la tout debout parmy une grande aflluence de personnes, tant du clergé, noblesse que tiers estât, j'ai leu, exposé, recité et publié de mot à mot , à haute , claire et intelligible voix, tant en latin qu'en françois, lesdites deux bulles ou lettres originales.... et après j 'ay affigé les mesmes bulles ou lettres originales aux portes de ladite église..,., et finalement, après ung compétent espace de temps , j 'a y oslé de là et retiré par devers moy les originaux des mesmes lettres , et ay affigé et laissé aux mesmes portes.... les coppies d'icelles en latin et françois, deueinent collationnces auxdits originaux et s'accordant à iceux...
Ces choses ont esté faictes ès présence de vénérables personnes M.
Antoine Bussillet , prestre chanoine de l'église de S. Paul, vénérable M. Flory Blanchery , prestre chanoine de l'église collégiale S. Nizier de Lyon , aumosnier de Mgr le reverendissime archevesque dudit Lyon , noble Guyot de Masso , receveur des deniers communs , dons et octroys de la ville de Lyon , Jean Pillehotte^ libraire de la Sainte Union , tesmoings à ce spécialement appelez. Et ont encore assisté Mgr le reverendissime Messire Pierre de Pinac, archevesque , comte de Lyon, M.
Claude de Chalmazel , doyen et comte de l'église de Lyon , Estienne de ta Barge , abbé de S. André lez Clermont , archidiacre et comte en ladite église , vicaire gênerai au spirituel et temporel dudit sieur archevesque , Loys de Saconay , chantre et comte en ladite église ,
Antoine Emanuel Chalom , chanoine et secretain de S. Nizier, et officiai ordinaire de Lyon , Nery de Torveon , chanoine et obeancier de l'église collégiale de S. Just , Jean Faute, trésorier de l'église S. Jean , Claude le Biche , Gaspard de Sueres et Guillaume Petit, chanoines de ladite egliw de S. Just , Ctemeut Girinet f secretain de S. Estienne , Vidal et François Besset , chanoines de l'église S. Paul, et plusieurs autres du
(1) Os dent pièces ont été imprimées séparément à Lyon , par Jean P'dlchotlt, 1 59 1 , io-8. Elles sont suivies du mandemeul de d'Epinac et du protes-i trial de publication (B. de Lyon , nn 252oi, tome 10).
clergé en grand nombre. — E y ont encore assisté très haut , très pui*saut et très illustre prince Mgr Charles Emanuel de Savoy e , duc de Genevois et de Nemours; .... Mgr Henry de Savoy e, marquis de S. Sorlin , son frère, le sieur de Monestier , lieutenant de la compagnie dudict sieur de Nemours ; le sieur de Beaucressant, lieutenant de la compagnie dudict sieur marquis de S. Sorlin , ..... M. Claude deTorxèon , conseiller du roy et lieutenant criminel en la sénéchaussée et siège presidial de Lyon, Pierre Austrein , lieutenant particulier , Georges Grollier , Hugues Broquin, Georges C Anglais , et autres conseillers dudict siège presidial , maistre Pierre Bullioud , procureur du roy audict siège, avocats, procureurs, et autres de la justice; nobles hommes M. Jacques d'Aveine , conseiller du roy , thresorier gênerai de France au bureau des finances de Lyon , Nicolas de Chapponay , seigneur de l'Isle, François Platel , seigneur et baron de Vaux, Claude, Poculot , Loys Prost , Jean Charbonnier , Michel de Pure , Janetto de Lequi , Jean Yvernogeau , dict de Tholouze , Antoine Charrier et Antoine Teste , consuls et eschevins de ladicle ville de Lyon ; suyvis de M. Claude de Rubys , procureur gênerai . Benoist du Troncy , secrétaire et greffier, Bertrand Castel , voyer de ladicte ville ; et en après des sieurs Pierre Allard , conseiller au siège presidial, François de Rusinant , Guillaume Gelhs, Amable Thierry , Gaspard du Coing, Jean Pelletier , Ponson Bernard , son lieutenant , Jean Baptiste Buisson , François Bernard , capitaines penons , etc. En foy et lesmoignage de quoy, je notaire royal et secrétaire susdicl , ay faict et passé , souscrit et publié ce présent acte et instrument de publication , notification et exécution desdites lettres , audict Lyon le jour et an susdicts. J. Livet. »
1591. — Juillet a. Le Consulat fait payer à. Jehan Barril , dit Jangot , pâtissier, cent dix écus pour les frais de deux dîners qu'il a faits , l'un , le jour de la Sainte Trinité , au collège des Jésuites , où les échevins ont assisté, selon l'ancienne coutume, et l'autre à l'hôtel de ville , le 28 juin où il y eut trois plats garnis , « lequel dernier disoer fut faict pour traiter un ambassadeur souysse du canton de Fribourg, et les capitaines , lieutenans et euseignes des quatre compagnies de lad. nation qui sont en garnison en ceste ville...»
1591. — Juillet i3. Anne d'Urfé écrit de Montbrison aux échevins de Lyon.
• Messieurs , j'ay bien vollu accompagner la lettre que j'escript à Monsieur de Lion (Pierre d'Epinac)) de celle-cy, pour vous dire que je suis extrêmement pressé d'aller secourir ceux du Puy, tant par les députez qui sont encore ici que par les lettres que m'en escriptvent journcllemènt les Consuls et habitants de la ville, qui m'ont aujourd'huy mande' que l'ennemy a assiégé Sainct- Vidal, et que la pluspart des habitants de leur ville sont sur le point de se révolter, se voyant dénués de tout secours et d'ung homme de commandement, et que toutes ces considérations me font résoudre de m'y acheminer, pour le désir que j'ay à leur conservation, pourvu qu'il plaise à raondit sieur de Lion et à vous de m'envoyer une compagnie de Suisses, avec les deux gens d'armes de-Messieurs de Rochebonne et à'Albigny; de quoy je vous supplie bien humblement, estant ceste affaire bien important pour tout le party, et qui rapporteroil beaucoup d'incommodité à Lyon , estant le commerce de ce cousté là. Fuites donc ce bien ù ces pauvres gens , qui vous en supplient et moy aussi de rechef, et je ne manqueray, en ce faisant, de m'y acheminer promptement. Et en cesle espérance je aemeureray . Messieurs, vostre bien humble ù vous faire service. Urfé. A Montbrison, ce i5 juillet l5gi.t A Bernard, Les rf'l/r/V, p. 400.
1591. — Juillet i;. Anne d'Urfê écrit de Montbrison , aux éehevins Je Lyon :
«c Messieurs, N'ayant eu responce de la lettre que je vous ay escripte touchant une compagnie de Suisses, que je tous avois requis m'envoyer pour mener en Velay, ou je suis tellement pressé m'acheminer, qne je ne puis plus reculer de partir, et suis contrainct me mettre aux champs vendredy prochain infailliblement, tort ou foible; je vousay bien vollu faire ceste recharge, pour vous supplier bien humblement, Messieurs, me volloir ayderet secourir de ladicte compagnie de Suisses, et la m'envoyer, s'il vous plaist, en toute diligence par le droict chemin de Lyon au pont de Sainct-Rambert, où ils apprendront de mes nouvelles, elles attendray aux environs de là ou de Saind- Bonnet le Chastel, affin de se joindre à moy. Vous savez, Messieurs, que cela est très- nécessaire à la conduite du canon, et que, conservant le Puy et le Velay, c'est toujous nous esiargir, et rendre le trafic et commerce libre de ce cousté-là , comme j'espère faire , s'il vous plaist de m'ayder de ladicte compagnie; de quoy je vous en supplie. Et en ceste espérance je demeureray à jamaio, Messieurs, votre bien humble a vous faire service, Urfé. Montbrison, 1 7 juillet 1591 .
P. S. Messieurs, passant ladicte compagnie par le pont de Sainct-Rambert, elle pourra savoir de mes nouvelles de Monsieur de Pravieu , qui est audict Sainct-Rambert. A Hervard, p. 401.
1591. — Juillet... Les échevins écrivent au duc de Nemours que tout est calme depuis la retraite de l'ennemi , qu'il peut achever lui môme ses opérations en Bourgogne, et que l'état des alfaires permet d'envoyer au Puy Les compagnies qu'il avait détachées de son armée, au premier bruit de l'excursion des royalistes du Dauphinè.
— Des négociations ont lieu avec les Viennois et le colonel d'Ornano, pour l'exécution de la trêve des laboureurs. On se plaignait respectivement d'infractions h cette convention. D'une part, le capitaine Cambrai/ , qui commandait le Château de Chandieu pour les Lyonnais avait enlevé le bétail dans tous le rayon de la place; de l'autre d'Ornano menaçait de faire en représailles des courses dam» le Lyonnais où ceux de son parti occupaient plusieurs postes. 11 fit en outre injonction aux Lyonnais de lui remettre Chandieu, et, pour appuyer cette demande, il saisit une assez grande quantité de marchandises qui remontaient le Rhône, à la destination de Lyon. Cette guerre de pillage fut terminée par une convention portant qne , durant trois semaines à partir du i5 Juillet, «il ne seroit fait aucunes courses ou actes d'hostilité, tant en « Dauphinè que Lyonnais, sur personnes de quelque qualité et condition qu'elles « soient ne portant les armes sous quelque prétexte que ce soit; estant seu- « lement permis aux gens de guerre de se faire la guerre, sans préjudice de « ce que dessus. » J. Morin, V, 387.
1591. — Août &5.Les députez de la part de Mgr le doc de Nemoursy etc., et ceux de M. le colonel Alphonse a"Ornano, et de M. de Botheon, etc. s'estant assemblez au lieu de S. Genis-Laval, afin d'adviser aux moyens qu'il yauroit les plus propres de rapporter quelque repos aux habitans de l'un et l'autre gouvernement et soulagement desdits pays, ci-devant assez travaillez des ravages, courses et foules, que les gens de guerre, d'un et d'autre party licentieusement ont faict : attendant qu'il plaise à Dieu donner plus de moyen à l'une et à l'autre province, de pouvoir estre avec la Voysinance et intelligence que ci-devant ils ont eu ensemblement, ont d'un commun accord et consentement arreslé et résolu les articles qui s'ensuyvent, lesquels seront de part et d'autre, pour tousiours inviotablement gardez et observez.
Premièrement. Qu'en conséquence du traicté faict et publié le 1 5 juillet der-
hier passé, dans le Lyonnots, Forestz, Bea>tj<>lo'sel Dauphiné, lesgrns de guerre d'un et d'autre party ne pourront faire aucunes courses ny acte d'hostilité sur les gens d'église, marchands, laboureurs ny autres personnes, de quelque estât et condition qu'ils soyent, ne portans les armes.
Et aflin qu'aucune difficulté ne puisse naistre... sur le présent article, ceux sont déclarez et entendus porter les armes, tant seulement* lesquels sont enroolez soubs charge de capitaine, et prennent solde , n'estans comprins entre ceux de la qualité susdite qui portent les armes, les habitans des bourgs, lesquels en portentesdites villes, bourgs cl chasteaux pour leur garde et seureté, ne faisans la guerre hors desdites villes, bourgs et chasteaux, ensemble les prevostdes mareschaux, lieutenant de courte robe, chevalier du guet, leurs archers et autres ministres de la justice. — Comme aussi il ne sçra permis auxdiles gens de guerre, soubs prétexte et occasion que ce soil , prendre, arresler ni saisir le bestail arable et de labeur, chevaux, jumens, mulets ou mules,... sur peine de la vie à ceuxqui contreviendront à ce que dessus... Et aflin que le pauvre peuple soit soulagé,.... a este' accordé que, soit pour l'entretenerrient de la garnison de Cliandieu, et pour autre occasion, il ne sera prins ni levé aucune contribution dans le pays du Daulphiné, comme au réciproque, ceux du party contraire ne prendront ny lèveront dans le gouvernement de Lyonnois, Forestz et Beaujolois , aucunes tailles , contributions et
subsides, pour quelque cause ou occasion que ce soit Que le commerce
entre la ville de Lyon et celle de Vienne et autres villes desdits gouvernements,
soit par eau, soit par terre, sera libre entre les uns et les autres Faict et
arreslé h Sainct-Genys-Laval, le vingt iesme jour d A oust mil cinq cens quatre* vingts et onze. — Ce traité fut approuvé par Alphonse d'Ornano, lieutenant général au pays de Dauphinè, le 2.5 août, et par Guillaume de Gadaignc, sieur de Bothèon, lieutenant au gouvernement de Lyonnois, le 27 du mois. Publia cation en fut faite le lendemain » a son de trompe , par les carrefours de la ville de Lyon (Extrait sur l'imprime' de Pillehotte, in 8* de 7 pages; B. de Lyon, t. 20 du n° 2520 1 . )
1591. Août 27. Les ligueur* du Puy tiennent, dans la salle du chapitre , un conseil sous la présidence du duc de Nemours A. Bernard , p. 5o$.
1591. Août... Le Conseil d'État séant à Lyon approuve, après en avoir référé au duc de Nemours , les articles d'une trêve discutés à S. Genis Laval% entre la ville de Lyon et celle de Vienne. Cette trêve qui ne devait durer que jusqu'au 10 septembre, fut ensuite prolongée jusqu'à la Cn de novembre. J- Morix, V, 588-9.
1591. — Août Le sieur Oddet Croppêt , après avoir été trente ans
capitaine penon du quartier S. Jean et Portefroc, donne sa démission. Claude de Towrvèan est nommé à sa place. S. Voyez ci-dessus au 4 nov.
1591. — Août Le Marquis de Saint Sorlin auquel sou frère avait laissé
le commandement des troupes de l'Union en Bourgogne , pour passer dans le Bourbonnais, livre combat au baron deSenecey, et le fait prisonnier. Transfuge de la Ligue, Senecey avait combattu , l'année précédente dans le Lyonnais contre les troupes royales. Les échevins qui lui avaient voué un grand ressentiment pour avoir reçu à rançon le colonel Ornano, qu'il avait pris au combat de Givors, obtinrent qu'il fut amené à Pietre-Scise; mais, quelques mois après, il fut rendu à la liberté, par ordre de Nemours. J. Morin, V, 588.
1591.— -Septembre i5. Le duc de Nemours part du Puy pour Y Auvergne . à
la tête d'une armée d'environ 10,000 hommes, dont 200 de cavalerie. A. Iknnabd, p. 5o3.
1591. — Septembre... Le Consulat écrit au roi d'Espagne pour solliciter un secours mensuel en argent. J. Morin, V, 389.
1591. — Septembre... Un Lyonnais, RI, Camus de Riceric, réfugié à tienne, se plaint auxéchevins de Lyon de quelques dommages que les gens de guerre lui ont fait éprouver. Le Consulat répond « qu'il n'a fait trêve sinon avec « ceux du Daupfûné,el non avec ses ennemis réfugiés, qui étoient tenus pires « ennemis que les autres. » J. Morin, V, 389.
i59i. — Octobre "Sx. Anne d'Urfè écrit , de Cervières, aux échevins de Lyon :
« Messieurs, Encores que je m'assure que le contenu en la lettre que Mgr de Nemours vous escript, vous fera assez connoistre les ecclaircissemens qu'il a lieu de la calompnie qu'on avoit imputée au sieur du Vent^ mon secrétaire, et que la vérité de toutes choses en cela, avec la lettre de mondit Seigneur, le vous rendront assez méconnaissable, je nelaisseray de vous faire ce mot pour vous supplier de toute affection, vouloir avder de ce dont vous pourrez estre requis en général ou particulier par le dit du Vent, aflin de le récompenser de la perte estreme que les ennemys luy ont causée en rançon excessive ctaullrement. J auray part à l'obligation qu'il vous en aura, et vous en feray service en ce que vous cognoistrez et treuverez bon de m'employer, d'aussy bonne volonté que je prie Dieu , Messieurs, vous conserver en toutte prospérité; vous baisant bien humblement les mains. Vostre bien hnmblea vous faire $crvice, Urfe. — C'est de Sen:ieres, le dernier jour d'octobre 1 5g i . A. Bernard, p. 402.
1591. — Novembre... Le duc de Savoie, menacé dans ses possessions de Bresse par le mouvement combiné des royalistes de Dauphinè et de Bourgogne, engage les Lyonnais à rompre la trêve qu'ils ont conclue avec les Dauphinois ; mais la ville de Lyon se trouvant presque dégarnie detroupes par l'expédition «lu duc lie Nemours en Auvergne, le Consulat est forcé de prolonger la trêve pendant le mois de décembre. J. Morin, V, 3go.
1591. — Novembre... Le Consulat fait payer à Mgr d'Epinac 534 écus d'or pour 6 mois d'une rente de 666 écus 2 tiers que ce prélat prenait sur la recette générale des finances. Archiv. du Rhône, ix, 21 4. Voyez ci-après au 2a octobre i5g3.
1691. — Décembre 2. Anne d'Urfè écrit, de M ontbrison, aux échevins de Lyon :
« Messieurs, selon le commandement qui m'a esté faict par Mgr de Nemours, de vous raanderde sa part de luy faire envoyer quatre milliers de grosse poudre à canon, je n'y ay voulu manquer par ce porteur exprès, auquel je vous supplie, suivant cela, de luy faire deslivrer ladicte quantité le plus proraptement que vous pourrez, aflin qu'il la fasse conduire dans cette semaine à Cerviere, où je ne fauldray de me rendre dans jeudy, pour y attendre toutes les troupes que je pourray assembler, et de là marcher au rendez-vous qui m'a esté donné par mondict Seigneur, avec la poudre que vous ferez, s'il vous plaist, accompagner jusques à Loyre : Et en ceste espérance, je demeureray à jamais, Messieurs, vostre bien humble à vous faire service. Urfé. » A. Bernard, p. 402.
1591. — Dimanche i5 décembre. Les terriers et maistres des mestiers esleus pour Tannée prochaine i5q?. ayant été appelez et mandez à l'hostel de ville... pour procéder, selon l'ancienne coustume, à l'eslection et nomination
des consuls cschcvin9 de la prochaine année, et y comparans tous, sauf quelques ungs pour l'indisposition de leurs personnes et pour estre occuppez de leurs affaires particulières. auxquels Me Claude de Rubjs, procureur général de ladite ville, a remonslré qu'il se resjouyssoit grandement et louoit Dieu de voir une si belle assemblée de bons et tant zelez catholiques pour une si bonne œuvre que celle pour laquelle elle estoit faicte, qui est pour lYs- Jection des nouveaux eschevins pour l'année prochaine, qui sont les vrais recteurs, modérateurs et protecteurs du peuple, lesquels pour ce doibvent estre choisis et recherchez d'une grande prudence, sans y apporter faveur ny support, tout de mesme que faict un saige et bon advise marchand qui , pour l'exercice de 9a négociation, choisit et prend ordinairement un bon, saige et fidèle facteur et négociateur, comme aussi en une navire périclitante l'on choisit ordinairement un saige et bien expérimenté pilote pour la rendre et faire surgir au port descend, ainsi, qu'il est advenu aux deux dernières années que, pour la longue expérience fidélité affection et sainct zele que l'on avoit cogneue aux sieurs consul z eschevins, on les a continuez pour deux années en la charge de i'eschevinage, contre les anciennes coustumes de ladite ville. Mais, par ce qu'il est bien raisonnable que l'on leur baille quelque respit pour vacquer a leurs affaires particulières, et que, pour ce, il y en entre d'autres en leur lieu et place, qui supportent à leur tour le grand et lourd faict des affaires du public , cette assemblée a esté faicte et convoquée — pour procéder à ladite esleclion , pour laquelle , outre la nomination desdits maistres des mestiers, lesdits sieurs eschevins ont, selon l'ancienne coustume, aussi esleu deulx terriers qui ont esté de leur corps, qui doibvent sortir de la charge à la fin de l'année , lesquels sont bien instruicls des affaires publiques, et cognoissent très-bien ceulx qui doibvent estre appelez en ladite charge , pour laquelle ils scauront très-bien eslire personnages d'honneur et de qualité qui servent de conseil à tout le reste du corps, ayant la préséance en icelluy, qui saichent aussi respondre de vive voix aux ambassades, remonstrances, plaintifs et autres choses qui se présentent d'heure à aaltre au Consulat, personnages aussi qui soient bien zelez et très-affeclionnez au party de la Sainte Union que celte ville a embrassé , et qui ayent les moyens de fournir promptement desniers , l'urgente nécessité des affaires se présentant , et descharger les six vieulx qui sortiront de charge, des sommes de desniers qu'ils tiennent à change pour les affaires de ladite ville et communauté, lesquelles troys qualitez et conditions requises en ceulx qui seront csleus et nommez pour nouveaux eschevins, il a prié et requis toute l'assemblée de mettre en considération et y avoir égard.
Après lesquelles remonslrances, lesdits terriers et maistres des mestiers ont fait et preste le serment ès mains du secrétaire de la'ville, en présence de Bertrand Castelet de Mathieu Ollier , m.mdcurs ordinaires de la ville , tesmoings à ce appelez et requis. Après lequel serment ledit sieur à*Aveyne a dict que, à son grand regret, il a été continué en la charge d'esohevinage pour deux années subsecutives , et encores qu'il fut occupé de beaucoup d'autres affaires tant pour le public que pour son particulier, et qu'il est bien raisonnable que luy et ses compaignons en la dite charge en soyent désormais excusez et deschargez, et à ces fins , que aultres y soient csleus et appelez ,et, pour ce, se conformant aux remontrances dudit sieur de Rubys, a nommé du costé de Forvieres troys personnages dignes de beaucoup plus grandes charges, assavoir Monsieur Me Claude de Torveon, couse il 1er du rov et lieutenant gênerai en sénéchaussée et siège présidial , seigneur très zélé et très affectionné au party de la Sainte Union, et qui, auparavant les présents troubles, a faict grands et signalez services au public q«ii . par son bon
et saige conseil, ayant la préséance au Consulat , comme il en est très-digne, pour sa vertu et sçavoir toutes choses, ne pourra que bien réussir au contentement d'ung chacun, joinct qu'il est un des principaux bourgeois de la dicte ville, natif d'icelle, et duquel le père a esté aussi eschevin ; — le sieur Guillaume Gella , aussi natif de la dicte ville, fils d'un père qui a été troys ou quatre foys échevin de la dicte ville, comme luy l'a esté aussy, et où il a faict très-bien et fidèlement le debvoir de sa charge d'eschevin ; -. — le sieur Martin Couvet, homme de très grands moyens et facultez qui encores qu'il ne soyt natif de la ville comme les aultres , y a toutes foys le principal de son bien, et qui est recogneu pour bien affectionné au bien et repos d'icelle pour les grandes sommes et desniers qu'il luy a prestes; ... adjoustant que le lieu de sa nativité qui est Bourg en Bresse, ne le peult empescher d'arriver à la dicte charge, parce que tous ceux qui sont nays au pays de Bresse comme luy, lorsque le roy le tenoit, sont censez et tenus , par arrest de la court, pour nays et naturels françois; — et du costé de St-Nizier, a esleu et nommé le sieur Jacques Jacquet, pour estre aussi personnage notable et de grands moyens, natif de la ville, qui a esté eschevin d'icelle par deux ou troys fois, en quoy il s'est vertueusement comporté ; — le sieur Jean-Claude Begnault , homme d'honneur et de réputation, d'ancienne famille, le père et ayeul duquel ont été plusieurs foys de la dite charge d'eschevinage ; — le sieur Ponson Bernard, aussi très zélé au bien et repos de la ditte ville, natif d'icelle, et ayant charge honorable, en laquelle il s'est toujours vertueusement et fidèlement comporté , le nom desquels six par luy nommez, il a répété... — Après le sieur Poculot, aultre terrier, n dit que, au temps malheureux où nous sommes, il fault necesairement fouyr toutes divisions et partialitez , et que, ayant ceste ville embrassé le party de la Sainte Unyon, il est très-nécessaire, pour le bien et repos d'icelle, que tous les habitants soient bien unis et concordent ensemble, et, pour ce, se conformant à Peslection et nomination que ledit sieur d'Areytte a faicte desdits sieurs de Torveon, Gella et Couvet , du costé de Forcières, et desdits sieurs Jacquet , J. B. Regnault et Ponson Bernard, de Paultre costé, il iesa pareillement nommez, comme personnages d'ho nneur et de vertu , comme aussi , après luy, a faict le sieur Jelian Sonrrat (?), drappur, mais le sieur Nicolas Bouilltr, aultre drappier, a remonstré que, h la vérité, ledit sieur de Torveon est personnage d'honneur et de méiite , très zélé et affectionné au party de la Sainte Union , mais que les affaires dé la ville requièrent un homme tout entier, c'est-à-dire, qui ne soit occupé ailleurs, pour y vacquer a toutes heures, ce que ledit sieur de Torveon ne pourroit faire, pour les grandes occupations qu'il a tant à l'administration de la justice que au Conseil d'estat où il est appelé pour sa prudence et vertu ; et d'aultant aussi que led. sieur Cornet n'est naturel françois , mais natif de Bresse , et qui n'a maison ni aulcucuns fands ni héritages dans la ville,.... il a nommé en leur lieu led. sieur de Bui/ys et Me Hugues VaUnlin , greffier de l'élection de Lyonnuts , approuvant au surplus l'eslection des aultres quatre Sur quoy led. sieur de Bubys a dict
qu'il ne pouvoit ny ue debvoit éstre appelé en ceste charge, pour estre ass^z occupé de celle de procureur gênerai de lad. ville , qui de soy est incompatible avec l'eschevinage et qui est grandement onéreuse. A quoy led. Bouitler ayant répliqué qu'encores que lad. Jcharge de procureur soit onéreuse , il s'en peult descharger pendant le temps de son eschevinage, joinct qu'estant, comme il est, verse* et bien instruict aux affaires de la ville , il y pourra beaucoup mieulx pourvoir que ceulx qui n'y ont jamais esté. Sur quoy led. de Bubys a declairé et protesté qu'il n'a<:ccp- |o|t lad. charge , et que si les aultres maistres des métiers $out de U\
mesme opinion que le sieur Boullier , il s'en portera pour appelant; relèvera son appel et en pousuivra ung arrest avant que d'entrer en lad. charge.'Sur quoy tous les aultres maistres des mestiers ont à haulte voix protesté que puisqu'ils sont appelez pour choisir et nommer lesd. sieurs eschevins , que leurs voix doibvent estre libres , et, ponr ce, qu'ils nomment led. sieur de Rubys pour l'ung des six, pour les raisons alléguées par led. Boullier, approuvant au surplus la nomination des aultres, priant pour ce, tous unanimement, led. sieur de Rubys d'accepter lad. charge , luy déclairant qu'ilz le tenoient pour leurpere, et qu'il leur avoit ja tant faict de bien et espérant qu'il leur en feroit encores à l'advenir dont Dieu le recompenscroit , aultrement protestent de se retirer chascun chez soy pour faire aultre nomination. Laquelle charge , pour ce , led. sieur de Rubys rccognoissaut ceste grande affection dont tout ce peuple luy faisoit démonstration, et craignant quelque esmotion et division populaire, a acceptée; et pour ce, tous unanimement ont esleu et nomme' pour eschevins desd. années prochaines , oullre les cinq vieulx qui demeurent en charge , lesd. sieurs de Rubys .Gilla, Couvet , Jacquet , Regnauld et Bernard, auxquels et aux cinq qui demeurent en lad. charge, selon les anciennes coustumes. ilz ont donne le pouvoir mentionné au syndicat qui sera ouvert et publié le jour feste Saînct Thomas prochain en PegUsc Sainct Nhier , lequel neantmoyngtz leur a esté leu et stipulé par lesdits secrétaire et greffier , en la présence desd. tesmoingz.
1591. — Décembre ai, ML Pierre Duboys , avocat es cours de Lyon , prononce l'Oraison doctorale dans l'église de S. Nider. — Le Consulat lui fait payer dix écus sol , pour avoir fait cette Oraison.
1591. — Décembre a3 Le Consulat ordonne « que, pour subvenir aux urgentes affaires de la ville qui se présentent d'heure à aultre pour raison dequoy l'on a saisy les louages des maisons dont les propriétaires sont absens d'icelle, à cause des presens troubles , que les inquilins desdites maisons seront contraintz de payer lesdits louages qui escheront à la prochaine feste de noè'l , nonobstant les quittances qu'ilz pourroient avoir desdits preprietaires , sauf à eulx leur recours pour leur remboursement contre iceux propriétaires , ou s'en prévaloir sur les termes advenir desdits louages. »
1591. — Décembre 29. Les eschevins , accompagnés de plusieurs notables personnages , se transportent en l'église colle'giale de Ylsle. Barbe aux fins de rendre à Dieu, le vœu qui fut faict par la ville et communaulté de Lyon à sa divine majesté et a la glorieuse et très sacrée Vierge Marie , au temps de la dernière contagion de peste , dont lad. ville fut affligée , pour l'accomplissement duquel vœu lesdits sieurs eschevins ont faict uug don à ladite église d'ung fort beau calice et de sa patène d'argent doré... ils déclarent avoir faict ce don pour le service coramung de ladite église , et non pour ung preteudu service des oblations qui sont faictes en icelle * Voyez ci-dessus au n septembre iôqo.
1591. — L'essayeur de la monnaie est depuis peu décédé, après avoir légué ses biens, par égale moitié, à l'Hôtel-Dieu et à l'Aumône générale. Le sieur Gabriel Thomas , ancien garde pour le roi a la monnaie de Lyon , représente aux recteurs de PHôtel-Dieu que cette charge ne pouvant rester plus longtemps vacante , il convient de commettre une personne qui ait les qualités requises pour l'exercer. Le bureau arrête qu'il en conférera avec l'Aumône. Dagieb , I, 1 55.
1591. — Publications ; Rcsponce au cartel d'un politique bigarré qui ne s'est osé nommer . Jecté de nuict à la porte du situr de Rubis.. Par M. Ç. D. P. avec la coppie dudit Cartel. A Lyon.... In-8. de 8 et 7 pages.
( B. de Lyon, tom. 20 du u°. 25201 , exemplaire dont le litre a été lacéré au bas).
Si je ne m'abuse le Cartel doit être de du Fcrdier qui ne devoit pas Cire l'ami de Rubys. En voici les premiers vers :
Celuy a bien le cœur lâche, coart , infâme, Et jamais sou renom n'afranchira de blâme , Qui, comme le roseau par les vens agité, Foible, va chancelant d'un et d'autre costé : Le vent s'en joue aussi , et le moindre zephire Se faschant contre luy, le derracine et tire, Et le laissant couché perd sa vive beauté
Le poëte rappelle les principaux litres que Rubys avoit à l'estime des Lyonnois, avant de se jeter dans les rangs de la ligue : puis il enumère les maux qu'il fait à sa patrie. 11 termine son Cartel par ces vers:
Ce ne sont Lyonnois qui se sont révoltez , Ce sont des étrangers (par malheurs) adopte*. Vivez doue , Lyonnois, affranchis de tout blâme Peut eslre que le temps quelque jour sera calme, Et rayez d'enU'e vous ce simulé Rubis, . Ce n'est autre que verre (coloré) de vil pris.
La Responce au Cartel paraît avoir été improvisée par un ami de Rubys, el je ne vois pas à qui on pourrait Pattribuer.Je n'en citerai que ces vers :
Sydrach avec les siens, au péril de leur vie Méprisant d'un grand roy le vouloir et l'envie, Ne voulut adorer la haute image d'or, Pour, complaisant au Roy, à son Dieu faire tor. Où la loy et le roy ne sont de mesme face, Il faut , chassant le roy, a la loy faire place. Ainsi pour son Dieu seul el pour sa sa in de loy, Au tyran Lyon «ied'obéyr, non au roy....
1591. — Description du politique de nostre temps ; dédiée au feu roy Henry ///(en vers). A Lyon par Jean Pillehotte , i5gi. In P\ de 8 pages ( B. de Lyon , tom." 20 du n°. a520i).
Cette pièce ne serait-elle point de Pierre Matthieu ? En voici quelques vers :
Ce nom de politique estait un nom d'honneur C'estoit le juste nom du juste gouverneur (1), D'un prudent magistrat, qui, pour raison civile Sravoit bien policer les membres d'une ville, Et qui, sage et accord , par accordans discordz De citoyens divers tiroit de bous accordz,
( i ) Henri dv Montmorency, mai échuldc Damp'u rrc , gouverneur du Languedoc.
Comme Tait F. vil thon (1) quand son lulhil manie, Qui de tons diiïerens faict naistre une harmonie Dont il prend noz esprits, et, par un son vainqueur, Desrobe nostre oreille et nous pille le cœur. Àujourd'huy ce beau nom .souillé de mille vices, N'est plus qu'un nom d'horreur qui destruit les polices...
L'auteur et le patron de Terreur politique,
Ce fust un grand vieillard, maigre, ridé, éthique,
Portant l'oeil enfoncé et le have sourcil ,
Chargé d'ans et de poil , d'horreur et de soucy:
Comme le teint d'un mort , pasle étoit son visage ;
Sa tête ressembloit un arbre sans feuillage ;
Une longue toison de barbe luy pendoit ,
Qui bien loin du menton sur le sein descendoit.
1591. — La Fie et Faits heroicques iiu mareschal dAumont. Avec la Quenouille des dames d'Autun, aux habitans de leur ville. A Lyon, par Jean Pillehotte. i59i. Io 8*. de 8 f.
jyAumont aux Démons tu croiras - El l'y fieras entièrement , D'Aumont des Démons garderas Ces tables de commandement.
Pour eslre libre tu n'auras Ny foy, ni loy, ny sacrement :
Du nom de Dieu ne parleras Sinon que par parjurement.
Autre Paradis n'attendras Qu'aux délices du temps présent :
Du feu d'enfer tu te riras ; Prends donc tes plaisirs hardiment.
Mange et bois comme tu voudras.
Après la mort nul sentiment.
Le quaresme tu chasseras, Les vendredys semblablement.
Tout le reste est du même ton. Nous ne citerons de la Quenouille que les vers suivants , qui nous rappellent la xxvur idylle de Théocrite :
Lorsque la paix est en saison , Et la quenouille et la maison Sont l'honneur d'une chaste dame Qui n'a d'autre soucy dans l'ame Que du mesnage et de vertu Dont elle a le coeur revêtu.
C'est l'ornement de sa beauté Qu'une quenouille à son costé.
Sa main de salive trempée , Elle tire de sa poupée , A petite reprise un fit Que, par artifice subtil
(i) Le nom de ce musicien ne se trouve pas dans la Biographie de M. Félis.
us
De son fuseau qui pirouette, Ainsi comme une girouette, Elle forme fort proprement, Et puis, d'un autre maniement , Elle le prend , elle le roulle Sur son fuseau comme une boule.
Qu'elle met auprès de son sein Pour le tournoyer de sa maiu.
Celte satire se termine par ces ver9 que routeur propose de faire servir d'épitaphe au tombeau des soldats du maréchal d'Aumont , morts à l'attaque Autan :
De la quenouille et du fuseau , Au lieu de coutelas et picque.
Les femmes battent l'hérétique Et le terrassent à monceau :
Des François l'ennemi commun Est vaincu des femmes d'Autuu.
1591. — Des Croix miraculeuses apparues en la ville de Bourges le jour et lendemain de la feste de l'Ascension, i5gi, A Lyon. In 8*. de 8 pages ( B de Lyon, t. 20 du n°. a5aoi ; exemplaire dont le titre a été coupé au bas pour en faire disparaître le nom de l'imprimeur). Lelong , îv , suppl. , 3729.
1591. — Discours des honneurs , pompes et magnificences faictes au couronnement de noslre S. Pcre le Pape, Grégoire XIII I, etc, , traduit d'italien en françois , jouxte la copie imprimée à Romme , par Paolo Diani, à S. Marcello. A Lyon , par Benoist Rigaud. M. D. XCI. In 8°. de 5a pages.
V Attestation pour l'impression a été donnée par le dominicain Pierre de Bolo , l'Approbation, par Ant. Em. Chalom , docteur en théologie , officiai de l'archevêque ', et la Permission ( datée du a février 1 591 ). par Pierre Austrein, lieutenant particulier à la sénéchaussée de Lyon. Nous ne serions point éloignés d'attribuer cette traduction à Benoit du Troncy.
1591. — Ammiani Marcellini ffistoria Ltigdoni, apud Franciscum
le Preux. RI. D. XGI. Pet. in 8*. — » Edition qui ne doit pas êtré dédaignée et qui parait avoir été revue avec soin. On n'y trouve pas la foute que cette phrase offre dans les meilleures éditions , et notamment daus celle de Leyde, 1693 , in fol. , p. io5 ; « ... nec relatu ineffabiles, nec rursus mortalibus ap- « pelendos.» Au lieu d'ineffabiles on lit, et cette leçon est la bonne, effahiles. — Voyez sur un passage de eet auteur , relatif à la ville de Lyon , nos Notes et docum. , année 357.
1591. — Les Quatrins du seigneur de Pibrac. -. Avec les Plaisirs de la vie rustique...., A Lyon, par Benoist Rigaud, 1591, in 16. (B. de Lyon, 19861).
voltaire qui trouvait que les Quatrains de Pibrac avaient vieillis , essaya d'en refaire quelques uns ; mais cet essai ne fut pas très heureux ; on relira longtemps encore ceux de Pibrac , et les amateurs du vieux langage les préféreront k ceux de François de N eu (château , de Sylvain Maréchal et de bien d'autres poètes moralistes à la glace. Les Plaisirs de la vie rustique sont moins connus que les Quatrains ; ils offrent cependant de charmants détails, et l'auteur s'y montre le rival de Racan. La description qu'il fait du retour
dans leur ch.iumièrc d'un cultivateur et de sa femme , est d'une naircté admirable :
Le mari plus lassé , te premier se dépouille i Elle, chiche du temps, métaux flancs sa quenouille, Et remouillant ses doigts achève son fuseau , * Ou dévide au rouet un entier echeveau.
Puis, saus faire nul bruit , prés du mary se couche
Desrobant doucement un baiser de sa bouche :
Le reste, par honneur, je ne veux publier;
Mais je ne puis aussi bonnement oublier
A dire que la nuit leurs amoureuses flammes
Egalent bien souvent les faveurs des grands dame*:
Si leurs licts étoffez ne sont si richement,
Pour le moins on n'y gronde, on n'y jure, on n'y ment.
Si elles n'ont l'attrait de tant de mignardises,
Leurs cœurs aussi ne sont pleins de tant de feintises,
Si de musc parfumé ou d'ambre n'est leur sein
Pour le moins ou se peut assurer qu'il est sain ,
Et qu'au partir de là , on ne prend médecine,
Où le breuvage fait de gaiac ou d'esquine.
Pibrac eut un rival en quatrains dans Pierre Matthieu. Voyez les publications de 1610.
1591 . — M. Brunei , II , 4^4 » c',c » S0U8 cette date > une réimpression du livre de Goevàra del Mrrwsprech de la Carte (du Mépris de la Cour), accompagnée d'une version italienne et d'une nouvelle traduction française par L. T. L. ( Louis Turquet , Lyonnais ) , in 16. — Du Verdier u'a pas mentionne celte traduction dont la première édition, suivant Rigoley de Juvigny, daterait de 1 574» On doit encore à Louis Turquet la traduction , i-. du livre de Loris Vives, de Y Institution de la femme chrestiennef à Lyon , Jean de Tournes, 1 5 80, in 16; 2.*du traité d'AGRiPpA, de là Vanité des sciences, Paris, Jean Durand^ i582, \n-$\~Louis Turquet était calviniste; il se retira à Genève sur la fin de i55a(?) ayant eu deux maisons démolies à Lyon, à cause de sa religion. Le 28 de septembre 1675. lui naquit , A Genève, Thèdore de Mayerne , lequel eut pour parrain Théodore de Bcte.V abbé Pernetti s'est trompé quand il a dit que Turquet avait dédie sa traduction du traité de Vives aux filles de Mandelot qui devait tire en horreur aux protestants dont il avait été le persécuteur. Celte dédicace diitée de Lyon, le xv de septembre i5io , est signée Jeaw de Tourbes. Voyez. Nicerow , XVII, 20; Baylb ) édition Beuchol , X , 123. Voyez ci-après les publications de i5<J2«
1592. — Janvier 1. Le Consulat écrit au duc de Nemours :
« Monseigneur, l'assurance que V. E. uous a donnée par ses lettres du 21 du passé, que nous aurions le bonheur de vous voir bientost nous a apporté un bien grand contentement , par le désir que nous avons de vous voir en bonne santé, et nous conjouiravec vous de vostre heureuse expédition. Cependant il a esté advisé et resoluau conseil de Mgr le marquis de continuer la tresve et suspension d'armes avec le Daulphinê pour encores tout le raoys , sonlztouttes foys vostre bon plaisir, qni , nous croyons, s'y conformera, pour le peu de moyens que nous avons de fuire la guerre et empescher les courses qui se pourroyent faire en vostre gouvernement , lesquelles ne servent que de noise et de désolation au pauvre peuple , tant d'ungparty que que d'aultre;qui nous faict vons supplier très humblement le
prendre Je bonne part , et nous continuer vostre bienveillance, etc. De Lyon , ce 1er janvier i5g2. S.
1592, — Janvier !\. Le Consulat écrit à M. de Montmorency ;
« Monseigneur, pour response à voz lettres ( du 18 décembre , datées de Pezenas ) qu'il vous a plu de nous escrire pour l'eslargissemcnt de Philibert Foretz , nous sommes infiniment marriz qu'il vous ait donné faulx à enteudre, se disant avoir réfugié à Montpellier et y avoir demeuré par 5 ou G ans; car d'y avoir réfugié, il n'en avoit aulcune occasion , n'ayant jamais esté recherché icy en sa personne ny en ses biens; et d'y avoir demeuré le temps qu'il a dit, il ne peu'.t estre ; car il est nostre naturel concitoyen , domicilié en cesle ville, et y tenant lousjours boutique ouverte. Mais pour vous faireentendre au vrav l'occasion Jcsonemprisonnement,nous vous dirons sans aulcun fard, que Iny n'estant recherché ny soupçonne , mais tenu pour catholique, natif et habitant de la ville , s'alloit promener plus que souvent au faux bourg de la Guillotiere , de là le Rhosne. Or advint-il qu'ung jour, Pung des magistrats de cestc ville , conseiller au siège presidial , estant notable à la porte du pont par où l'on va audit faux-bourg , ledit foretz y passe à son aeeouslumée , en quoy l'on ne luy donna aulcun einpeschement ; mais le commis que nous y avons d'ordinaire dit audit notable que ledit Foretz alloit bien souvent , et presque tous les jours , sans qu'il appercust qu'il y eust aulcunes affaires. Ce que entendant, ledit sieur conseiller le feist appeler, et estant devant luy, s'enquit où il alloit. A quoy répondit, à la Guillotiere pour ses affaires. Sur ce, ledit sieur conseiller luy demanda d'où il estoit. Il repond , de la ville, et qu'il le debvoit bien cognoistre, parce qu'il estoit de son pennonage , et il y demeuroit. Enquis donc plus oultre s'il estoit catolicque ou huguenot , il fut lors si impudent qu'il repondit que Dieu lui avoit faicteeste grâce que de l'avoir inspiré depuis deux ans seulement de le recognoistre, et «l'avoir abjuré l'erreur de 1 église papistique : qu'ilestoit à la vérité huguenot , et qu'il le vouloit estre, voire s'il debvoit perdre cent vies, si aullant il en pouvoit perdre. Sur cela, ledit sieur conseiller luy répliqua qu'il n'estoît pas guère* sage, et s'il ne parloit aultrement qu'il l'enverroit en prison. Il respondit qu'il ne s'en soulcioit point, et qu'il vouloit mourir pour ceste querelle. A cause de quoy, voyant sa si grande opiniastreté, ledit sieur conseiler le feist conduire es prisons royallesoù estant entré, il feist parmocquei ie trois cabrioles , disant ; « Voicy pour les huguenote desquclz je suis et « veulx estre. » Or despuis estant interrogé sur ce faict, il a toujours soutenu , voires encores plus impudemment qu'il estoit et vouloit estre hercticque. Or, Monseigneur, vous qui estes ung des plus zelez seigneurs et fer vens catholicques, que jugerez-vous d'ung garnement tel que cestuy-lù, qui, en une ville très catholicque, ose dire qu'il a abjuré l'crreurde nostre esglise. Nous ne croyons pas que s'il en avoit aullant soustenu en vostre présence que vous ne lui eussiez faict oster la vie sur le champ. Par quoy nous ne debvons ny ne pouvons estre accusez d'avoir pour cella, rompu et altéré la tresveque nous avons avec vostre excellence et ceulx de vostre gouvernement; car cestuy-cy est naturel habitant de cesle ville. Que si bien despuis il a ne- ^oiié à Montpellier, ce n'est pas A dire pour cela qu'il s'en doibve dire habitant, joinot que nous ne nous sommes point rendus parties civiles contre luy, mais nous nous sommes remis à la jnslice d'ordonner sur son eslargissement, comme elle verra estre à faire par raison , apreztoutes foys qu'il nous aura payé ce à quoy il a esté cottisé pour les frais insupportables que nous avons sur les bras pour la conservation de ceste ville, et consequemment «les biens qu'il y a, et es environs d'icelle. Nous vous tenons pour seigneur tant bien né et doué de tant d'équité et de vertus, que consiile-
ranl bien ce que dessus , vous jugerez <jne l'on a procédé en ccslc affaire comme il se dcbvoit , voires mesme plus doulcement ; donc nous vous supplions très humblement, Mgr, de. croyre que , quoiqu'il ayt faict entendre , nous demeurerons toujours , etc. De Lyon, ce 4 janvier if><)2. — Le colonel Alphonse d'Ornano écrivit du St-Espril le ly janvier au Consulat, pour le prier de vouloir bien, à sa considération, faire relâcher le sieur Foretz , arrêté à Lyon depuis la fin de novembre dernier, contre les traités et accords qui sont entre celle ville et le colonel, sous prétexte seulement qu'il étoit de la religion. Il le dit natif de Lyon et habitant de Montpellier, allant à Lyon pour l'aire des emplettes , etc. S*
1592. — Janvier^... M. A'Illins , président au parlement de Bourgogne , avoit fait demander au Consulat les loyers de sa maison du petit-Palais , louée à la ville , depuis longtemps pour le logement du gouverneur; il reclamoit ?5o écus sol, pour le louage de trois années. Le Consulat lui écrivit que la cause du retard étoit la nécessité où avoit été la ville de Lyon d'imposer des taxes sur chaque maison de la ville;... que ces taxes poftf sa maison montent à la moitié du louage d'une année ;... que le receveur de la % ille lui payera 3ooécus sur les premiers deniers de sa recette; pour le reste, on le prie de prendre un peu patience, mais surtout de considérer pour l'avenir que les loyers des maisons de la vilie avaient depuis les troubles diminué de moitié , y en ayant presque autant de vacantes que, d'occupéœs, et en conséquence de vpuloir en modérer le prix, autrement le Consulat en louera une autre beaucoup plus logeable, etc. — "M. iVIil'ns répondit de Grenoble, le 21 janvier , qu'il n 'avoit pas trailé avec le Consulat, auquel en général et en particulier, il avoit toujours désiré rendre honneur et service; mais qu'il n'avoit à faire qu'avec le s. de Masso , son obligé; que c'étoit avec lui qu'il auroità démêler de bonne foi et en termes «le justice les points portés par la lettre du Consulat, etc.-— Les échevins répliquèrent à cette lettre par une du a9 janvier ; ils assurent M. le président « qu'ils n'ont jamais douté de son « affection et bonne volonté envers le gênerai de cette ville, comme aussi, « de son côté, le Consulat respectoit ce seigneur, comme ses vertus et le « grade qu'il tenoit le méritaient, comme il a pu le connoître en ces temps * de troubles.... » Il ajoute cependant que, quoique le louage de sa maison soit passé au sieur de Masso , le sieur président savoit très-bien qu'il rétoit pour l'habitation de M. le gouverneur, et que le Consulat en devoit garantir M. de Masso; enfln il lui réitère les mêmes offres de payement, déduction faite de sa taxe , ainsi que la demande d'un rabais sur le loyer , le bail étant expiré, etc. S.
1592 — Février 7. Le capitaine Nercstang , qui commandait à Givors , écrit au Consulat pour lui demander quelques secours en hommes et en armes, les ennemis se préparant à l'attaquer , et lui à se bien deffendre, S. Voyez ci-dessus mai et juin 1591.
1592. —Fcvrisr&. Par lettres datées de Lyon , le «lue deNcmours lit don des fruits et revenus des biens de Jean Marthe ôeHeaujeu^ tenant le parti contraire à la Sainte Union, au sieur de l\agii-ï'arenne$, capitaine du château de Beaujeu, pour lui fournir les movens d'entretenir et récompenser ses soldats. Arch. du Rhône , xu, 103.
1592. — Mais 21. Le Consulat écrit au pape Clément VIII ;
v Très sainct Pere , Nous ne serions pas dignes de la charge qui non* .1 esté commise , si , au nom et pour tous le.» habitants de cette ville, lies devolz et 1res affectionnez au sainct nege apo-lolicquc , nous ne vous cun-
gratulions de rostre heureuse eslcction nu Pontificat , cl non seulement avec tous les aultres bons cnlhojicques de ce royauluic jadis 1res rlirétien, mais aussi avec tout le reste de la Chrestienté bien sentant de. la religion catholicque , apostolicque, et romaine , nous ne rendions grâces à Dieu infinies d'avoir inspiré, par son Sainct Esprit, le sacre collège apostolicque de vous asseoir sur la chaire de S. Pierre, en ce temps auquel la saincte église de Dieu est plus agitée des vents de Pheresie et en plus grand danger de submerger qu'elle n'a jamais esté , laquelle prend espérance de se rendre au port asseuré ne son salut , vous ayant pour gouvernail et pour pilote Irez sage et très expérimenté ; et par le secours aussv qu'elle compte de recepvoir desdons et grâces spirituelles et temporelles de V. S comme li ez prudent et trez digne dispensateur qu'elle en est, et dont ceste ville en particulier se ressentira, s'il plaira à V. S., comme nous l'en supplions trez humblement d'unir et incorporer au Collège des Pères de la «ociété du trez sacré et trez sainçt nom de Jésus, une petite chapelle a simple tonsure , fondée au dedans d'icelle sous le nom de S.Cosmcet S. Damien, dont M. Philippe Letier est prebendier, et un petit prieuré fondé en noz faulx bourgs à l'honneur de S. HjTenée , duquel est titulaire Me Claude de Digny; i'ung et Paultre desquels prieur et chapelain n'ont jamais en soucv ni cure de faire faire le service divin e&dictz prieuré et chapelle, mais seulement d'en retirer le revenu qui seroit bien employé à l'entretenement desd. Pères jésuites pour establir en leurd. collège un cours en théologie et philosophie pour l'instruction de la jeunesse , tant de ceste ville que de toute la province, qui par ce moyen seroit relevée daller, en ce temps misérable, rechercher la science à cent lieues loing. Ce que nous desirons qu'il plai.se à V. S. d'incorporer lesd. prieuré, de S, Hyrençe et chapelle de S. Cosme et S, Damien , aprez le decez toutesfois desd. Letier et de Digjy9 est en considération de ce que lead. Pères Jésuites s'acquitteront trez clignement et fidellement du service qui y doit estre faict , selon l'intention des fondateurs, et pour leur bailler moyen de continuer les bons offices et debvoirz qu'iiz out faict en la ville depuis qu'ils s'y sont retirez, tant parleurs prédications et saintes exhortations accompagnées d'une vie exemplaire de toute vertu , que pour les lectures, ordinaires qu'iiz ont faictes et qu'iiz commuent aud. collège: ce qui a, par la grâce de Dieu , entièrement purgé ceste ville de Pheresie que nos par trop proches voysins de Genève et cantons hérétiques de Souysse y avoient plantée ez années i55o , 1060, 61 et 62 , que commencèrent les misérables troubles dont ce royaulme est affligé. Ceste grâce et octroy , Trez Saint Pere, gravera en nos cueurs et de toute nostre postérité une perpétuelle memoyre de prier Dieu de vous faire régner longuement en terre , et en aprez vous couronner de la couronne de gloire en son royaulme éternel. De Lyon , ce 2.1 mars 1592, De Vostre Saincteté les trez humbles, trez obéissants et trez affectionnez serviteurs et orateurs , les consuls , etc. S.
1592. — Même jour Mars ai. Le Consulat écrivit au cardinal Cajetan, se félicitent de ce que S. E. ayant été le spectateur et le témoin des besoins et de l'état de l'église de France, pourra être son avocat et son protecteur auprès du S. Siège , et rendre à S. S. un compte favorable des prières introduites par les Jésuites à Lyon , des prédications et des saintes exhortations qu'ils ne cessent de faire et qui ont tant servi à purger celte ville de l'hérésie. Quant au prieuré de S. Irenéef\e Consulat expose qu'il y a plus de vingt ans que ceux qui en ont été' pourvus n'y ont lait aucune résidence, ni aucun autre devoir de vrai religieux , etc. Le Consulat prie le cardinal de l'assister de sa faveur auprès du S. Père , etc. S.
1592. — Acrîl 6. Mariage de Balthazar de Fdlars avec Lou'se de Langes. AIoberi. Voyez ci-après au 9 août i65o.
J592. Avril 7. Le Consulat ordonne que M« Jean Ducurtil , avocat, sera saisi au corps et conduit es prisons de l'archevêché , pour lui être fait et parfait son procès extraordinaire sur le contenu de certaines lettres missives qu'il a e'erites à Tours , a certains personnages tenant le parti contraire à la Sainte Union, lesquelles ayant été surprises, ouvertes et lues, out été trouvées seandaleuses et calomnieuses. S.
1592. — Avril 9. Les echevins fout très expresses défenses aux commis des portes et chaînes , du laisser désormais entrer ou sortir « aucunes femmes qui sont masquées , mais les faire démasquer , de quelque qualité qu'elles soient , pour obvier aux inconve'niens que pourroient avoir un habit et masque de femme. » S.
1592. — 12. Dimancht « fut baptizé un Turc en l'éplise S. Mon,
d'aage de 4° ans » Par M- l'aruhevesque. Le parrain fut M. de Nemours, les marraines Madame de Mandela et Madame de Graelies , et y avoit un Ires-grand nombre de peuple. » Arch. du RU. xu , 164*
i592. — Acril H, Quelques pauvres dn Dauphiné étoient venus à Lyon et s'étoient arrêtés sur le pont du Rhône pour mendier. On leur avoit fait quelques aumônes, et cela en avoit attiré un plus grand nombre. Le Consulat fit appeler les recteurs de l'aumône générale , et ayent ensemble considère' que, dans le grand nombre de pauvres, il pourroit se glisser des soldats déguisés qui pourroient s'emparer de la porte du pont; que d'autres pourroient apporter à la ville la maladie contagieuse,... on arrêta qu'il sera enjoint à tous les pauvres étrangers de vuider la ville; que les recteurs visiteront les divers quartiers pour les en faire sortir; enfin, quant ù ceux qui sont sur le pont , qu'il leur sera fait à tous une aumône générale en pain et argent, avec ordre de ne plus revenir , et défense de leur faire l'aumône à l'avenir. S.
1592. — Mai 5. Le Consulat écrivit à M. de Dijon, que depuis les troubles, il n'avoit pas reçu lettre qui lui fit autant déplaisir ainsi qu'à toute la ville, que celle qni lui annonce la concession faite par S, S. , de l'union de la cfujpeile de S.Cosmc et du prieuré de S.Irettée au Collège des Jésuites de Lyon ; il le prie encore pour obvier a, quelque résignation de prendre date de lad. concession ,Vil se peut , du jour de la grâce faite par S. S. 1
1592. — Mai 4- Le duc deNcmours avoit ordonné de travailler aux fortifications de la ville, et de faire des retranchements au faubourg de la Guiilotiere. Le Consulat demande à chacun des receveurs généraux du Lyonnois, Forez et Beaujolois, l'avance de 200 c'eus au moins, pour l'exécution de ces travaux. S.
1592. — Maii\. Le Consulat écrit au cardinal Cajetan : «Monseigneur, L'expérience que, par longues années, nous avons eue du fruict que nous a apporté le Collège de la Société (de Jésus) de laquelle vous estes très digne modérateur, tant pour l'instruction de la jeunesse à la vertu et bonnes lettres que pour la manutention de la religion catholique, apostolique et romaine, à laquelle les desvoyez ont esté rappelez et les bons confirmez par lessainctes exhortations et doctes prédications des Pères de ladite société, nous a meus de faire très humble supplication et requestc à N. S. P. d'unir aud. collège le prieuré de S. llircnée qui est en noz fauxbourgs, et une petite chapelle qui est dans lus murailles de ceste ville, pour du revenu desd.
bénéfices bailler quelques moyens auxd. Pères de se nourrir, rcccpvoir les passagers de lad. Société, et entretenir des docteurs régents en la théologie et philosophie; ce que S. S. nous a très libéralement accordé , dont tous noz concitoyens ont receu ung merveilleux contentement. Mais ayant ouy uug certain bruict sourd que l'on vouloit retirer Mc Bernardin [Castor), pere recteur d'icelluy collège, pour luy bailler charge plus grande ailleurs, leur joye s'est convertie en deuil pour l'appréhension qu'ils ont d'une si grande perte. Ayant remarqué le debvoir qu'il a mis presque incredibie, non seulement à maintenir led. Collège en Testât qu'il l'a trouvé, mais encore à l'accroistrc et embellir de plus des trois quartz, encorcs que son administration ayt esté eu temps auquel cesle ville a esté le plus affligée de trois fléaux de Dieu, pendant lequel temps il afaict cognoistre à ung chacun sa grande doctrine et insigne œconomie, qui seroyent encores bien requises, voyre très nécessaires pour l'establisement et confirmation de lad. union aud, collège , à cause de quoy nous vous avons bien voullu faire ceste despesche, à son desceu toutesfois, pour vous supplier très humblement de nous le laisser et continuer encores pour deux ou trois ans en sa charge de principal recteur dud. collège ; en quoy il ne fera pas moindre fruict au général de lad. Société pour Vimportumté de ceste ville qu'il feroit s'ilestoit employé ailleurs. Nous vou$ en aurons une obligation générale et particulière , etc. De Lyon ; ce 4 ro*u 1592. — Le 7 juillet suivant , lé Consulat répondant à une lettre du P. génc'ral des Jésuites du 8 juin, le remercie de ce q e la nouvelle charge donnée au P. Bernardin ne l'enlèvera pas au collège qui a besoin de ses talents dans l'administration. Il le prie de faire ressouvenir à S. S. sa promesse de réunir au collège le prieuré de S. Irenée. Le Coulât s'étoit obligé à payer au collège jusqu'à ce temps là une rente de deux mille livres pour le nouveau cours de philosophie , etc. S. — Le P. Bernardin Castor professa pendant onze ans la rhétorique au collège de Lyon; il succéda, comme recteur au P. Emond Juger qui avoit été chassé de Lyon par les ligueurs, vers ia fin de février 1589. Lorsque sa Société futexilée, jl quitta Lyon le 5i janvier i5g5, et n'y revint pas; il mourut à Rome le i5 mars i634 , âgé de 90 ans. Voyez ci-dessus année i58p;, adcalcem; au 28 mai et au 9 novembre de la même année.
1592. — Mai a5. Trêve convenue et signée ù St-Genis-Laval entre les députés du colonel Alphonse , d'une part, elles députe'sde M. Lesdiguieres, d'autre part. Pages 1 1 et suivantes du Manifeste que nous raenlionaeroo* • à la fin de cette année.
1592. — Mai 27. Claude de Guise , abbé de Clugoy , écrit au Consulat :
« Messieurs , par la voye de M, le prieur de la Magdelaine , je vous escrivis à ce qu'il vous plaise nie vouloir octroyer le passeport et sortie de 4 milliers de rosettes seulement.... Toulesfoys j'ay pensé vous faire celte seconde.... pour vous supplier affectueusement me vouloir accorder la sortie de G milliers. J'estime tant de vostre courtoysie que ne desnicrez la supplication que je vous en fais , joint que, bien qne les pièces ( lesquelles, Dieu aydant , j'espere faire faire) me demeurent pour la conservation de cette place qui est a vostre disposition , neantmoyns elles seront toujours pour le service de la Saincle Union. Si me faictes tant d'amylié d'accorder ce que je vous requiers, je vous prieray croyre qu'à aullre endroiet où j'auray moyen de vous faire service, ce sera avec aultant de bonne affection que, vous avant haysé les mains, je demeureray à jamais, Messieurs, vostre entièrement plus affectionné aniv à vous faire service. C laide de Guise. A Lordon (?) , a 7 may. , S.
1592. — Juin a.».. Lettre de M. de Langes au Consulat.
« Messieurs, je în'estois mis eu opinion que ma longue absence en toutti patiente, mes deportements de tout le temps passé, et nommément puis ces derniers troubles, les instances et humbles prières et réquisitions que je vous ay faict avec offre de vous servir et obéir; mes services faiclz au public puis 4< ans en ça ; les misères etcalamitez où je suis esté plonge puis troiz ans et tant, où j'ay perdu mon filz unique et enduré tant de mauvaise fortune , que bien souvent pour mon allégement j'ay souhaité la mort (s'il est loysible à ung chreslien de la demander) qui est la fin des misères de cette vie. Et oultre le travail d'esprit celui du corps , ayant quasi continuellement esté malade de fort auprès et dangereuses maladies dont vous n'avez pas esté ignorans, feroient qu'à la parfin vous auriez quelque pitié et compassion de vostre pauvre concitoyen agité de tant de sortes d'afflictions en ce sien ancien aage. Mais, puisque tout cela ne peult amollir vos cueurs, ny les prières et commandements de Mgr de Mayenne, exhortations de Mgrle legat Cajetan et intercession de tant de gens de bien , et que je voy bien qu'il faut que je peracheve ce peu de temps qui me reste à vivre en mesme misère et calamité , et que la charité chrestienne est tellement refroidie en mon endroict qu'il n'y a point de justice qui face pourmoy, ny de raison qui soit bien précise,.... si j'ay mal laict, qu'on me baille des juges non suspects; je me soubzmets et me representeray à jour nommé.. .. quelque permission que j'aye de Mgr de Nemours de pouvoir aller et séjourner partout où bon me semblera dans son gouvernement , je ne feray jamais chose qui ne soit avec le bon plaisir de Messieurs du Consulat;.... Je vous prie donc, messieurs, de me permettre que je me puisse retirer en mes maisons des champs pour y séjourner, et ce, sous vostre protection et sauvegarde, et m'en octroyer une permission; car aultremcnt, je ne m'y liendrois asseuré, mesme que , par vostre ordonnance, elles ont esté desarmées, et n'y a-t-on pas laissé une meschante forchc ; ce qui n'a esté faict à aulcun autre de tout le gouvernement. Si je me suis , puis ces troubles , comporté avec toute modestie, je prendray peine de encorcs mieux faire, mesme quand je chemineray soubz voz aisles et protection. Et ce attendant que Dieu vous aye faict cognoistre mon innocence , et inspiré d'avoir pitié, miséricorde et commisération de moy,.... je prie Dieu, messieurs, vous donner en santé heureuse vie, et vous préserver de la maulvaise fortune en laquelle je suis tombé sans qu'il y ayl auculne chose de ma faulte. De Trevollz (Trévoux ) le 22 juin 1592. Vostre très humble et affectionné serviteur, De Langes. »
P. S. J'ay présenté ù Mgr Carchevesque une lettre de Mgr le cardinal Cajetan qui m'a esté envoyée de Moine , par laquelle, ainsi que j'ay veu , il luy faict entendre la compassion et commisération que S. S. a de mes misères et calamitez; le priant et exhortant la part où il sera de besoing , affin de nous sortir de telles afflictions, et nous remettre en nostre patrie , biens et honneurs. Je proteste, Messieurs , que je n'ay faict instance desdictes lettres, et neanmoings que je loue mon Dieu que mon innocence soit si loing cogneue , et par tels seigneurs et personnaiges , et déplore ma maulvaise fortune de ce que ceux qui ont veu, exploré, considéré et examiné mes actions , tant de tout le temps passé que par ces présents troubles , et auxquels j'ay tousjonrs offert servir et obéir, me tiennent telles rigueurs que si je les avois offensez , et me traitent en ethnique et publicain. J'entends qu'il y a de pareilles lettres ù Mgr de Nemours et à vous , Messieurs. J'ay apprins la volonté de mondit Sgr de Nemours. Je me recommande en toute humilité à vos bonnes grâces, charité et miséricorde. » Voyez ci-après au G novembre.
1592. — Même jour juin. Lettre* de M. (U Langes à Benoit du Troncy, secrétaire du Consulat.
«Monsieur, Il y a fort longtemps que nous avons juré amvtîé ensemble, et confesse que j'en ay receu de grands fruiclz, dont je desirerois prendre mon revenche, si j'en avois les moyens comme j'en ay la volunté. Ce sera quand Dieu m'en fera la grâce. L'on cognoist les bons amys aux grandz et importants affaires. Je suis constitue', puis trois ou quatre ans, en extrémité , misère et calamité ; et quelques poursuites et honnestes offres que j'aie sceu faire, aulcuns m'ont tellement traversé qui m'ont tenu le corps delà ville pour obstacle. Encoresque je sache assez que la pluspart cognoist assez ma fidélité, et n'a pas opinion que je veuille faire chose quelle que ce soit à desplaisir, j'ay apprins qu'on y a faict une resolution de ne rappeler dans la ville aulcuns des absens pendant la tresve. Je ne scay si cela se doibl entendre de moy. Quoiqu'il en soit, puisque je suis si desasiré et infortuné que ceux desquels j'attendois tout secours et protection, comme pères du peuple, ayant tousjours bien mérité du public, me font contrecarre et ne me veulent faire justice et raison, je vous prie, Monsieur,procurer que, au moings, je me puisse
retirer en mes maisons des champs, soulz la protection du Consolât ;
car aultrement, pour ne me vouloir aucunement despartir du commung, comme je ne fiz oneques, je ne m'y vouJrois asseurer. Mes maisons sont dévalisées, et nommément des armes qui y estoient ; si on me les rendoit, au moings celles qui seroient plus pour la deffense que pour assaillir, j'estimerois d'y dormir plus seurement. Toutes fois je désire prendre une chambre
dans Vlsle- Bar be J'y seroisavec un peu plus d'assurance et sans dangier;
mais, quoiqu'il advienne, je ne veux rien faire que ce ne soit avec le bon plaisir de Messieurs du Consulat, en quoy je scay, Monsieur, que vousavezbonne part, et que vous me vouldrez faire paroistre vostre amitié en n flaire si charitable, dont je vous auray perpétuelle obligation pour vous faire service « t d'aussi bon cueur que vous presenteray mes affectionnées recommandations. Je prie Dieu vous donner en bonne santé heureuse et longue vie. De Trcvolz, ce 22 juin i5ya. Vostre plus ancien frère et affectionné serviteur. De Langés. — S.
1 592. — Juin 26. Le Consulat ù M. de Langes :
« Monsieur, Nous avons receu vos lettres accompagnées de celles que Mgr l'illustrissime et reverendissi.ne cardinal Cajetan nous escrit en vostre faveur, pour réponse auxquelles nous vous prions de croire que nous sommes infiniment desplaisans des accidens et infortunes collées par voz dite* lettres, et désirerions vou9 gratiffier à vostre contentement , n'y ayant pas ting d'entre nous qui, en son particulier, ne vous soit serviteur. Mais ce que vous desirez vous retirer à l'isle, tire après soy une telle conséquence, que, a nostre grand regret, nous ne le pouvons accorder. Bien trouverions-nous bon que ce fut en vostre maison de Laval, o\i il ne vous sera faict aulcun desplaisir, ayant sauvegarde de Mgr de Nemours, que, nous nous asseurons, ne vous sera refusée. La maison est très belle et plaisante, et non guère* esloignée de ceste ville, où voz amis vous pourront aussi bien visiter qu'ailleurs. Par quoy ou la continuation de vostre demeure à Trevoulx ne vousseroit agréable, il nous semble que vous ne devez rechercher Heu plus propre ni plus commode que cestluy-là. Qui est tout ce que nous vous pouvons dire en responce à voz dites lettres; sauf que si, en aultre chose, nous tous pouvons faire service, nous nous y emploierions de la mesme affection que nous saluons voz bonnes grâces de nos bien affectionnées recommandations, priant Dieu vous donner, etc. De Lyon, ce 20" juin S.
1592. — Juillet a. M. du Langes au Consul. il ;
« Messieurs, Vous estes tousjours juges et tcsmoings de ma vie passer. Quarante ans sont escheuz que j'ay commence' de servir le public; en la justice aux plus honorables charges. Vous sçavez comme je m'y suis comporté, et comme j'ay prins peine de conserver les droictz de la comtnunanllé. J'ay heu cest honneur d'avoir este de vostre compagnie, et, lors des plus importantes affaires, j'ay faict plusieurs voyages où m'a esté commandé pour voz affaires où je vous ay rapporte tout contentement ; et ne trouverez en voz registres que je vous en aye demandé taxe, me contentant que celluy d'entre vous, Messieurs, que j'accompagnois , fistles frais du voyage. Ce n'est pas que je n'eusse beaucoup profil té demeurant en la ville de laquelle je sui* absent avant la dernière prinse des armes , puis laquelle je me suis comporté sans m'entremettre d'aucunes affaires qui vous eussent peu desplaiic et prejudicier. Lors de l'edict du mois d'aoust, j'ai présenté ma requeste, et requis pouvoir jouir du bénéfice d'icelluy, offrant faire le serment de la Saincle Union ; ce qui me fust accordé à l'assemblée de VÀrbresle, par l'assemblée des trois estais y assemblez. J'ay sceu que encoreâ que la plus part de vous, Messieurs, l'eussiez trouvé bon, toutes foys aulcuns de vostre Conseil gagnarent le dessus, et firent limiter mon retour à l'une de mes maisons des champs, qui depuis m'ont esté pillées. Mgr le Reverendissime Cajetan insista sur mon restablissemenl; je ne peuz l'obtenir; et, sur la plainte qu'il en fisl en plein conseil à Paris, Mgr de Mayenne l'ordonna; Madame de Nemours vous en pria. Il n'en a rien esté faict, et on m'a remis au retour de Mgr de Nemours. J'ay prins tout de bonne part, comme encores les autres traitements que l'on m'a faict, quelques rudes qu'ils ayent esté, et que je ne l'eusse mérite'du public. Pendant mes misères et calamitez, estant Çii et là vagabond, mendiant mon habitation en païs estrangiers ; ue pouvant trouver lieu asseuré pour ma relraicte ; j'ay perdu mon filz unique, que je nourrissois à intention de servir ung jour la ville, et succéder en ma charge. Cela m'a eslé une affliction incroyable, et qui vous A deub mouvoir à quelque compassion, vous qui avez des enfjns, et qui pouvez avoir expérimenté combien la perle en est fasebeuse quand on en a quelque bonne espérance , en pouvez mieux juger en particulier. Messieurs, il n'y a personne de vous qui aie recouru a. moy au faict de ma charge que je n'aie prins peine de luy faire justice et de le rendre content. Je scaybien qu'on ne peult pas tousjours satisfaire au demandeur et défendeur, et rendre l'ung et Paultre contens. En somme, je ne fiz oneques desplaisir à personne, et ne vouldrois l'avoir faict; neantmoins je me treuve hors de voz bonnes grâces, et comblé de toutes misères affections et calamitez, et lorsque je suis parvenu à, mon ancien aage,qui dcbvrois jouir de quelque aise et repoz , et du fruict de mes longues labeurs, je me treuve privé de ma patrie, de ma maison, de la compaignie de ma femme et enfans, et tenu en la ville que j'ay servi en ma jeunesse pour ung ethnique et publicain. Je scay que Mgr de tfemours desiroit mon retour , suivant la promesse qu'il m'en avoit faict ; je tenois que vous l'auriez pour agréable, et que vous l'auriez permis pour la considération que vous avez heue de mes de fortunes et la souvenance de mes services passez. J'ay treuvé tout le contraire. Que faict, Messieurs, que à présent que je scay ce que porte la Bulle de nostre Sainct Pere, pour d'encourir les peynes d icelle, je tous supplie irez humblement qu'il vous plaise m'accorder mes requestes, et ne plus empescher mon restablissemenl; vous offrant servir et obéir avec toute sincérité, affection et légalité que vous penseriez désirer, et me donner acte de mes offres, aflin que à la postérité il ne me puisse eslre imputé que j'aie jamais heu volunté de suivre aultre desseing ny party que cefuy delà commo-
naulté, on laquelle j'ay tousjours estimé que Dieu assisloit par son Saincf Esprit. Vous lerezchose digne de vous, et sortirez ung de voz concitoyens d'une peine et affliction à luy insupportable. Et à tous vous baisant les mains, je prie Dieu vous donner, Messieurs, en santé', heureuse et longue vie. De Tournon, le a de juillet i5q2. Vostre très humble et très affectionné serviteur, De Langes. — S.
1592. — Juillet 7. Le Consulat à M. de Casault (t) :
« Monsieur, il n'y a aulcun de nous en particulier qui ne soit infiniment marry de vostre infortune, et qui n'en ait ung extresme regret , tant pour vostre aage et qualité que pour le zèle et affection que vous avez lousjours eu nu bien etrepoz de ceste ville: ce que nous sommes resoluz,et Testions, avant la réception de voz lettres, de représentera* Son E., et la supplier très humblement de vous révoquer de ce petit ostracisme auquel vous estes relégué : lequel cependant nous vous prions de supporter avec la constance et grandeur de courage qui vous a accompaigné jusques icy. En quoy vous ferez ("lîlnyreen ceste obscurité, vostre vertu, comme le soleil en plein midy; con- Mdcrnnt que toutes choses sont subjectes à vicissitude, et que la prudence humaine se recognoist plus en l'adversité' que es choses prospères. Asscurez-vous doneques que nous ferons envers Son Exc. , lorsqu'elle sera sur son partiment (car pluslost il ne vous seroit profïilable) tout ce que vous sçauriez désirer, Monsieur, etc. De Lyon, le 7 juillet i5q3. »
1592. — Juillet 7. Le Consulat écrit à M. de Dijon, ambassadeur de la Sainte-Union à Rome, pour le remercier de ses bons et signalés services, et surtout du dernier, par lequel il avoit obtenu de S. S. l'union des bénéfices cidevant accordés au collège des Jésuites de Lyon; il le supplie de poursuivre l'expédition de cette affaire- — Le Consulat avoit constitué* au collège une rente annuelle de 2000 livres pour l'établissement d'un cours de philosophie, et l'entretien des régents à ce nécessaires ; il prie M. de Dijon d'y faire consentir le Pcre général de l'ordre des Jésuites, et de l'engager à écrire de bonne encre au Père recteur du collège, afin que ce cours puisse être établi pour la prochnine5* Bemr. — Le Consulat avoit écrit en même temps au général des Jésuites pour le remercier de ce que la nouvelle charge dont il avoit voulu honorer le P. Bernardin (Castor), recteur du collège, ne Peulevoit pas à ce collège et H cette maison dont ilétoit le principal restaurateur, et dont l'éloignement eût causé les plus grands regrets à toute la ville, surtout eu ce ido* ment oiï Ton étoit sur le point d'y établir un cours de philosophie pour compléter l'instruction de la jeunesse, etc. S. Voyez ci-après au 3 août,
1692. — Juillet « Arriva à Lyon une troupe de Napolitains qui s'en allarent par eau sur le Rosne contre Vienne, et passa lu cavallerîe par Lyon . et s'eiMnlla à Vienne par le Dautphmé : et ledit jour, s'en alla M. de Nemours avec le Marquis son frère, à Vienne, et se rendirent ceux de Vienne audit sieur de Nemours, lequel mit au otiasteau du Pipet Vienne M. Desnoyers, et à ta Bastie M. dejussieu, et le gouvernement de la ville à M. de Xtaugiron qui avoit fait rendre la ville. n.Arcà. duRh., xn, 164. — Pour justifier cette reprise d'armes et la rupture de lu trêve arrêtée le a5 mat précédent, le Consulat fit imprimer une espèce de manifeste qui contenait les motifs qui avalent dirigé le duc de Nemours. (Voyez les publications de cette année). Le 1 1 de ce
(i) Antoine Crollier, situr de Cazault , lequel ayant été emprisonné lorsque les Lyonnais se déclarèrent pour la ligue , se sauva de Picrre-Scise, avec Imbert , son frère , sieur du Soleil. J. Moris, v, 3*5. Voyez aussi In préface du Recueil de M. Grollicr de Serviires , Lyon, 1729, in-4 , et ci après, y nov. 1594.
mois, il ût une circulaire aux chefs et magistrats des villes de Bourgogne et du Beanjolois pour leur aoooucer la prise de Vienne. S.
1592. — Juillet 17. Le Consulat ou duc de Nemours :
«Monseigneur, nous sommes tant jaloux de vostre santé que nous ne sentirions demeurer ung seul jour sans en avoir assurance ; à cause de q'uoy nous avons despeschc ce messager exprès ; pour nous en rendre certains par i'advis que nous supplions 1res humblement V. £. de nous en donner par lui. Cependant nous certifiions V. E. que touttes choses sont icy en fort bon estât; l'heureux succès de vostre héroïque entreprise ayant apporté ung grand plaisir et contentement a ung chacuu , et donné occasion à tous d'en louer Dieu, et le prier, comme en nostre particulier nous supplions très humblement sa divine Majesté de vous donner, etc. De Lyon, le 17 juillet 1593. » S.
159a. — Juillet 17. Lettre de Claude de Guise, abbé de Clugny , au Consulat :
« Messieurs, Le succès de Vitnne dont il vous a pieu me faire le discours par lesvostres, est suffisant tesmoignage à tous d'ung très louable et important effect de la prudence de Mgr de Nemours, secondée de vostre bon advis et vigilance : Vous asseurant que, de «este heure, je disposeray tous mes subjects pour en rendre grâces à Uieu, et luy supplier d'assister toujours de ées saintes forces, les desseings de S. K. en xoi bons oilices et labeurs au bien du pays, C'e.-t ung commencement qui me lai et espérer un grand advanceinent en nostre parly, et ung désiré repoz, tant à vous qu'à tous voz voisins. Donc ungehascun par commune congratulation tous doigt à jamais honorer et chérir : et pour mon particulier j'en auray telle memoyre et de voz bonnes volontez en mon endroicl, qu'il ne se présentera occasion de vous servir que je ne face d'aussi bon cueurque vous avoir présenté mes humbles et plus affectionnées recommandations. Je pryc Dieu de vous donner en parfaicte santé, Messieurs, heurense et longue vie. A Étordon , ce 17 juillet 159a. Vostre bien humble et trest affectionné amy à vous l'aire service. Clai de
DE GoiSE. » S.
.592. — Juillet 18. Le duc de Nemours au Consulat :
« Messieurs, Je pris hier Saint Ma^cellin sur les gens du collonel AlpUonce, mais [fi place est si mauvaise qu'il y aura de la peine à la garder. Vous m'obligez beaucoup par la memoyre que vous avez de moy, et vous en remercie avec toute l'affection qu'il m'est possible, ne voulant désormais manquer à vous faire sçavoirpar toutes les occasions de mes nouvelles, et des succès que Dieu nous envoyra; lequel je prye, Messieurs, vous avoir en sa sainnte et digne garde. De VAlbene^ ce 18 juillet 1592. Vostre plus affectionné etmeylleur amy à vous servir, Charles ë. de Savoye. » — S.
1592. — Juillet 20. Le Consulat écrit au duc de Joyeuse , gouverneur en Languedoc, qu'il croit du devoir de sa charge de lui faire part de ce qui se passoit en ce pays pour l'assurance que la nouvelle lui en sera plus agréable que celle de la trêve faite ci-devant par Mgr de Nemours avec le colonel Alphonct. Cette trêve avoit été résolue pour de bien bonnes considérations, mais à la charge très expresse que le Sr Lcsdiguieres l'approuveroit ; ce qu'il n'avoit voulu faire, mais, au contraire , ayant déclaré qu'il avoit commandement exprès de son roi de n'y entrer, et d'incommoder le plus qu'il pourroit »;ctte villeet le gouvernement, etc. S.
1592. — Juillet où. Le Consulat adresse à S. A. (le duc de Savoie) des rçiiimimcnls de la faveur et prompte expédition accordée à son député pour
l'exemption des tailles tnnt patrimoniales que négociâtes pour les biens roturiers tenus par des citoyens de Lyon en ses états de Brtsse et dè Savoy c, mais Messieurs de la Chambre de Chambéry faisant difficulté de vérifier les lettres accordées à ce sujet quant à ce qui regardoit les iailLes négociâtes, le Consulat supplie S. A. de lui accorder sur ce des lettres de Jussion, etc. S.
1592. — JuilUtZo. Le Consulat écrit h Messieurs de la cour du parlement de Dole et aux maire et échevins de St Claude pour les prier de faire relâcher quelques balles d'ouvrages d'impression intitulées le Cours civil, qui avoient été arrêtées à St Claude, comme venant de Genève, et étant suspects d'hérésie. Le Consulat assure qne cet ouvrage n'est point tel; que ce sont les héritiers de feu Guillaume Roville qui faisoient venir ces balles de Genève qui yetoient de'ja du vivant du Sr Roville, lequel ctoit aussi trèsboo catholique, et avoit été échevin, etc. S.
1591. Juillet 3i. Le duc de Nemours au Consulat :
« Messieurs, encores que le sieur de Casaulx m'ait donné plus de desplaisir que je n'en reeeus jamais de personne, néanmoins oubliant ce qui s'est passé, pour l'amour de vous, je suis content de lui pardonner, et, pour le mérite de vostre affection envers moy, je veux perdre la mémoire de sa mauvaise volonté, faisant estât que si elle continue, vous me 9erez en tesmpignage que c'est ingrattement et sans sujet. Il peut donc aller et venir en toute asseurance ou bon luy semblera : car, pour vostre considération , je seray bien aise en toute occasion de luy faire plaisir. Kt sur ce, je fmiray priant Dieu, etc. Du camp des Eschelles, ce dernier juillet i5ga. Vostre plus affectionne amy à vous faire service, Charles de Si vote. » S.
1591. — JotH i0'. Le Consulat à M. de Fillards, lieutenant-général en la sénéchaussée de Lyon,
Monsieur, parce que quelques ungs de noz concitoyens ont prins ombrage de vostre séjour à St Genis (Laval), nous vous prions, pour lever tous mescontemens, de vous retirer «à Vienne jusqu'au retour de Mgr de Nemours, suivant la permission que vous en avez de S. E. Nous avons si bonne opinion de vous , que nous croyons que vous n'en ferez aulcnne difficulté : qui nous occasionnera de ne vous en faire plus longue lettre, mais la clorre par prière à Dieu qu'il vous donne , etc. De Lyon , cè premier d'aoust i5g2. S. ...
1591. — Août 3. Le géuéral des Jésuites, Claude Aquaviva, écrit de Rome au Consulat, en réponse à une lettre du 7 juillet. Il le félicite de $on zèle pour l'accroissement de son collège ; il ne peut qu'approuver son dessein , et quoique la province se trouve à présent fort chargée de plusieurs cours de philosophie, toutefois l'importance de la ville de Lyon et l'obligation que l'ordre lui doit est si grande qu'il ne voudroit faire le refus de cette autre création, pour laquelle il avoit donné tout pouvoir au P. Provincial pour en accorder selon le bon plaisir du Consulat. De son côté, il ne fera faute de le servir, en ce que lui sera possible, tant en la poursuite de l'union demandée, laquelle l'ambassadeur poursuivoit avec zele auprès de S. S., qu'en tout autre chose où il plairoitau Consulat l'employer pour le service de Dieu, lequel il prie conserver les échevins avec toute la ville en tout heur et prospérité, etc. Vostre très affectionné serviteur en N. S., Claude Aqcaviva. — - Cette lettre est écrite de la manière la plus nette, en caractères imitant ceux de la typographie. S. Voyez ci-dessus au 7 juillet.
1591 . - Août G. Le sieur de la Forge, procureur syndic du Forez expose
au Consulat, qu'il a plu à M. de Nemours d'accorder a Lyon i loooéeus gur In pays de Forez, pour être employés aux pionniers de la fortification ; main que, sur les remontrances qui lui furent faites, M. de Nemours avoit accorde' une exemption de 5oo écus; que cependant M. Martin ^ receveur dudit pays poursuit le payement du tout, ce qu'on ne pense pas être fait par ordre du Consulat; le priant de lui faire savoir ce qu'il en est. Par Post-scriptum , il dit avoir reçu la lettre que le Consulat a e'crite au tiers état du pay9 de Forez , concernant Messieurs les Jésuites poury avoir la Philosophie; que cela est venu tres-à-propos, d'autant que pour affaire?, il se dispose à ce moment parcourir les principales villes; qu'il leur en fera part, et les exhortera d'y entendre, étant chose qui lui semble très-à-propos pour l'instruction de la jeunesse à
meilleur compte
Le Consulat lui répondit le 9 août qu'à juste raison, il avoit douté que ce o'étoit point la ville de Lyon qui poursuivoit le payement entier des 1100 écus...; qu'il en écrira au sieur Martin, et que le procureur syndic pourra se pourvoir comme il le trouvera hon. — Le Consulat le prie, comme il s'y est offert, d'exhorter les villes du pays de contribuer à une si bonne et sainte œuvre quel'élablissemunt d'un cours de philosophie au collège des Jésuites de Lyon ; que *u mémoire en sera éternisée, et, pour son regard ,
le Consulat lui en saura un grand gré, etc. S.
1591. — Août.,, On rapporte vers ce temps une lettre de M. de Lancosme, député de l'Union a Constantinople à M. le Commandeur de Dijon, ambassadeur de France à la cour de Rome, datée du 10 juillet, et reçue le 20 août. — M. de Lancosmeécrll de la prison des tours du Canal de la Mer noire ; il raconte d'une manière lamentable les persécutions qu'il a éprouvées, depuis l'arrivée à Constantinople, de M. de Brèves , envoyé d'Henry IF îx la Sublime Parte, — Il semble que M. de Lancosme, étant de la maison de Savari, devoit être parent àM.rfe Brèves. — On lit dans la généalogie de cette maison de Savari de Lancosme, en Tourraine , que Jacques Savari Lancosme, ci-devont coionel d'infanterie, fut nommé en i58a, par Henri III , ambassadeur A La Porte) où il étoil mort en 1591; que François Savari , seigneur de Brèves,.... l'avoit suivi, et qu'il fut nommé en sa place 01) il resta jusqu'en 1606, après avoir conclu le 20 mai i6o4,avec le sultan Achmet, un traité avantageux à la nation françoise et à la religion. Le sieur de Lancosme, dans cette lettre, ne le désigne point comme son parent; mais que le S1 de Brèves s'étoit associé honteusement avec cetaffronteur qui sefaisoil nommer le baron delaFaye,e\ avec lequel il avoit contracté indissoluble société et amitié ; qu'ils avoient suscité contre lui les ministres de la cour ottomane dans l'intention de le chasser pour s'établir lui-même ambassadeur ; que le Sr de Brèves l'avoit accusé auprès des ministres de trahir cet empire, en écrivant à S. M. catholique et à S. S. qu'il étoit traître à son roi. Le Sr de Lancosme s'étoit justifié de son mieux, et quant au point d'être traître à son roi, il avoit prolesté qu'il avoit toujours été, et étoit très fidèle serviteur et ambassadeur de la couronne de France ; que celui que ses ennemis appeloient roi en eloit indigne pour être hérétique.... Un de ses cousins, seigneur de Puillorens, avoit été mis en prison avec lui; c'étoit un jeune homme, chef de sa maison. et orné de vertueuse!* qualités. Le reste de sa famille avoit c'té mis aux fers. Après avoir séjourné en diverses prisons plus horribles les unes que les autres, les ministres firent un jour semblant de s'être trompés et l'avoient remis en liberté ; mais le Sr de Brèves s'étoit emparé de sa maison et de ses meubles, se servant de son secrétaire qu'il avoit séduit. Enfin on fit mettre le sieur fie Lancosme dans la prison de la tour du ('anal de la Mer noire avec ses deux cousins, avant chassé le reste de sa famille qui ne vouloil, suivant lui, tenir le parti du roi. Pour
ravoir sa liberté, ses ennemis disent qu'il faut attendre la volonté du roi de Navarre , pour savoir ce qu'il voudra ordonner, etc. — Cette lettre n'est qu'une copie; on ne voit pas comme elle a pu être envoyée à Lyon. S. Y oyez ci-après au 20 novembre 1093, et M. AIorih, H'ist. de Lyon, V, 5g6.
1592. — Octobre 19. Articlks baillés par les Consuls, Esche vins de la ville de Lyon aux sieurs Gelta et de Villar.^ allans aux Estats convoques par Mgr le duo de Mayenne y lieutenant-général des états et couronne de Fronce, pour l'élection d'un roi très-chrétien.
Puis que, étant defaillie la légitime succession a la couronne de France , tant parles lois fondamentales du royaume qui n'y admettent nul qui ne soit capable du nom de roy très chrétien, que par la disposition du droit commun, par laquelle le droit de succession en ligne collatérale ne s'étend point outre le septième degré, et que celte monarchie, depuis qu'U a plu à Dieu délivrer ce royaume de l'idolâtrie et superstition des payons, et l'appeler à la foi de J. C, a été toujours appuyée sur le beau titre de très chrétien, acquis par les grands devoirs que nos rois, assistés de leurs sujet*, ont laits pour la tuîtion de la religion catholique ; et aux fins que Dieu et le monde voyent que la prise des armes faite par les princes, prélats, seigneurs el villes catholiques n'a été â autres fins que pour la conservation de cet état en son entier, et la défense de notre rehgien catholique, apostolique et romaine contre les effoils des hérétiques et faux catholiques mêlés avec eux pour violer l'état et les lois, et faire tomber cette gouronne entre les mains d'un hérétique relaps ; et attendu que la présente assemblée est principalement convoquée pour procéder à l'élection d'un roy, les sieurs Gella et de Villon se conformerout avec la pluralité des autres bonnes villes de France pour l'élection d'un roi qui soit né François, aux fin* qu'ayaut sucé, avec le lait de sa nourrice, l'amitié que toutes gens d'honneur ont naturellement de leur patrie , il ait d'autant plus de zèle à la conservation de l'état , des lois fondamentales du royaume, et embrasse avec d'autant plus d'amitié la tuilion et défense de ses sujets,
Et pour ôter toute ambiguïté, altercation et dispute qui pourrait naître de la généralité' du nom de François , sous prétexte que les bornes et limites da la France ont e'té ampliées et limitées diversement par diversité des temps , des règnes et des pertes et conquêtes qu'ont fait nos rois à diverses fois, déclareront lesd, députés qu'ils entendent comprendre sous le nom de France, prenant du côté d.e septentrion tout ce qui est par deçà les rivières du Rhin et de Meuse, s'étendant du côté de ponant jusques à Y Océan appelé britannique et au* Monts Pyrénées; et du côté du levant aux montagnes du Dauphind, et aux Alpes deSavoye ; et du côté du midi, à la mer Mèditeranme, autrement appelée mer GaUiqtte, et déclareront qu'ils tiennent tons les princes et seigneurs qui sont nés et habitent dans l'enceinte de ces limites, pourvu qu'ils soient capables de ce titre honorable de très-chrétien ; ce que nul ne peut être , sinon qu'il soit très ferme catholique, et u'ayant jamais été non seulement hérétique, mais en façon que ce soit, fauteur ou adhérent des hérétiques, encore qu'il soit du nombre de ceux qui ayant abhord les inhumains massacres de Bloysr se sont employés pour la défense et tuilion de l'état de la religion catholique, ou du parti de la Sainte Union ;
Qu'il jure et promette, comme ont toujours fuit les anciens rois de France, d'exterminer les hérétiques hors de ce royaume , et ne jamaU permettre qu'il y ait dans icelui exercice d'autre religion que de la catholique, apostolique et romaine, et promette de n'av oir jamais paix, conférence ou alliance avec les hérétiques, leurs fauteurs on adherens;
Qu'il promette faire des é<lits par lesquels sera enjoint et préfigé temps aux ministres de Luther, Calvin et leurs complices, pour vuider le royaume, à peine de la vie, et pour enjoindre à ions les sujets de tous ordres et qualités, de renouveler le serment de l'Union, et, par spécial, de vouloir vivre et mourir en la religion catholique, apostolique et romaine, aveccommandement a tous ceux qui ne voudront faire ledit serment de vuider le royaume , et vendre les biens qu'ils y possèdent dans certains temps ; lequel passé , ils seront déclarés confisques à la Couronne, sans espérance d'y pouvoir jamais revenir;
Qu'il promette renouveler les édits faits par les feus rois François /«• et Henri II pour la punition des hérétiques, et rétablisse les chambres à cet effet ordonnées par leurs majestés et les cours souveraines, et raffraichisse le pouvoir par eux donné aux baitlis et sénéchaux pour les juger en dernier ressort ;
Et parce qu'il est bien difficile que ceux qui une fois ont goûté le pofson de fkérésie, quelque profession qu'ils fassent d'être catholiques, n'ayent intérieurement quelque ressentiment de le renier dans leur ame, que tous ceux qui ont autrefois fait profession d'autre religion que de la catholique , apos tolique et romaine, ou qui ont adhéré au parti desdits hérétiques, et leur ont assisté pendant les troubles, déclarés incapables de tenir offices ou bénéfices en ce royaume ;
Que le Concile de Trente soit publié et observé en ce royaume, tant es cours spirituelles que temporelles , et, à-ces-fins, enjoindre aux cours souveraines de ce royaume de le publier sans aucune modification ou restriction ;
Que le roi reconnoisse le siège apostolique et N. S. P. le Pape pour souverain chef de l'église; rétablisse sou autorité en ce qui est du spirituel; se montrant par effet le premier fils de l'église ;
Qu'il assigne terme aux princes, prélats, gentilshommes et autres qui, pendant les troubles, ont suivi le parti des hérétiques, dans lequel ils seront tenus abandonner ledit parti , et lui venir faire le serment de fidélité , et rendre le devoir que bons cl loyaux sujets doivent à leur roi et prince légitime, autrement ledit temps passé, ils seront déchirés déchas de toutes dignités, prérogatives ou prééminences; même les nobles du titre de noblesse, déclarés à l'avenir roturiers et taillables, eux et leur postérité née ét à naître; leurs fiefs et maisons nobles acquises et confisquées à la Couronrte, et les bénéfices des ecclésiastiques déclarés vacans etimpétrables, et S. S. suppliée de pourvoir, en leur lieu, des personnes idoines et capnbles qui lui seront nommées et présentées par S. M., suivant les concordats et anciens privilèges de l'église gallicane ;
Et aux fins que S. M. aye moyen de résister par ci-après aux hérétiques et leurs fauteurs et adhérens, elle sera suppliée qu'il lui plaise, suivant la trace d« ses' prédécesseurs très-chrétiens rois de France, même du grand roi Philippe-Auguste et Louis VIII, son fils, qui dressèrent, de leur temps, des Croisades contre les hérétiques Albigeois, le comte de Toulouse, et autres princes et seigneurs leurs fauteurs et adhérens , faire obliger tous les ordres et états, tant ecclésiastiques que laïcs, ensemble toutes les provinces qui se trouveront en la présente assemblée, du secours qu'ils seront tenus lui fournir, soit d'hommes ou d'argent, pour faire tête aux hérétiques, et les chasser hors du royaume ; et de ce, faire un état certain, pour le lever par forme de sul>- •vention quand l'occasion se présentera; lequel secours ne pourra être exigé et employé à autre affaire que pour faire la guerre auxdits hérétiques, ni les -deniers être distribue'* par ceux qui seront commis et députés par chacun
état en chaque province, pour en faire la recette et dépense à antre «tn-t que de ladile guerre contre les hérétiques, laquelle cessante en cessera la levée;
Que la ligue offensive et déffensive sera renouvelée par S. M. avec S. S., le roi catholique et avec autres princes et potentats, tant de dedans que dehors le royaume , qui y voudront entrer pour la luition et défense de la religion catholique, apostolique et romaine et rentière extirpation de l'hérésie du temps ;
S. M. sera aussi suppliée, pour rendre à ce royaume son ancienne splendeur, pourvoir en premier lieu au fait de la justice; et pour faire cesser le désordre qui y est, provenant la plupart de l'incapacité de ceux qui sont admis à l'exercice d'icelle, faire cesser à l'avenir la vénalité des offices de judicature, et rétablir l'élection et nomination auxdits offices, quand vacation en adviendra, à la forme portée par l'article 39e de l'édit fait aux EtuU tenus a Orléans, en l'année i56o.
Et pour faire cesser le désordre que la multiplication des offices a apporté en ce royaume , et décharger les finances de France de la grande charge qu'apporte le payement de tant de gages, qu'il lui plaise réduire tous les offices, tant de judicatures que de finances, à l'ordre et au nombre qu'elles étoient lors du décès du feu roi Henri deuxième * que Dieu absolve; supprimer dès-à-present ceux qui ont été érigés depuis, et , pour faire cesser l'intérêt de ceux qui sont pourvus desdits offices , faire fonds de la vente des biens des hérétiques et des rebelles pour être employés au remboursement de la finance que les pourvus desdits offices feront apparoir être entrés aux coffres du roi sans fraude ni dissimulation, et par bons et fidèles acquêts;
Comme aussi remettre les anciens gouvernements en leur entier; leur rétablir ce qui en a été démembré, et en pourvoir gratuitement les princes et seigneurs qui, par leurs vertus et mérites, s'en rendront dignes et capables;
Rétablir la liberté du commerce en son entier, avec pouvoir à tous sujets de S. M. de transporter, d'une province à autre, dans ce royaume, toutes denrées et marchandises , sans être tenus de demander autre passeport, en payant les droits qui , pour ce , seront dus par ordonnance de S. M. ;
Ordonner que les villes, communautés et provinces de ce royaume, qui ont tenu, pendant les troubles, le parti de la Sainte Union, demeureront quittes et déchargées à tout jamais, de toutes levées de deniers faites durant lesd. troubles et depuis les horribles massacres de Bioys^tanl par forme d'emprunt sur les habitans ou lieutenans ou négocians esdites provinces, de quelque état, qualité ou condition qu'ils soient, ou par forme d'imposition sur les personnes, biens, denrées ou marchandises ou autrement, en quelque façon et manière que ce soit, parles mandements et ordonnances des gouverneurs des villes et provinces; ù la charge néanmoins que les comptables ou autres qui ont eu le maniement, en rendront compte à la chambre des comptes ;
Comme aussiceux qui ont acheté nouvellement, ou racheté renies ou possessions vendues par ordonnance desdits gouverneurs eu demeureront quilles et décharges valablement à l'avenir, sans qu'il leur en puisse rien être querellé ou demandé ;
Sera S. M. suppliée de réduire les monnoyes à leur ancien poids et allovs et faire cesseï l'exposilion de tant de fausses monnoyes qui ont él'i fabriquées depuis, et au préjudice de l'édit des monnoyes qui fut publié en novembre 1077;
Que dorénavant , il ne 6cra fait en ce royaume, aucune imposition ou nouvelle levée de deniers, sinon par-édit qui sera vérifié ès cours de parlement, où les intéressés seront reçus en leurs oppositions et remontrances , sur lesquelles leur sera pourvu par lesdites cours, sans que S. M. leur eu puisse interdire la connoissanec ; pour la levée dcsqnelles impositions sera procédé sur les biens et non sur les personnes, soit des échevins ou administrateurs des biens des communautés ou des particuliers ; et lesdites exécutions faites par huissiers ou sergents, et non par soldats ou gens de guerre ;
Que les finances seront ramenées à leur ancien ordre, et toutes natures de deniers qui se lèvent, comme tailles, taillons, compris ce qui est ajouté pour la gendarmerie, réparations des villes, chûteaux et forteresses,seront dorénavant employés auxdits effets pour lesquels la levée en fut premièrement accordée, aux fins que les villes et places frontières soient duement fortifiées, les gendarmes payés, à ce que S. M. en tire service en cas de nécessité, et que les gendarmes ayent occasion de se comporter modestement au soulagement et décharge du pauvre peuple ;
Et parce que l'une des choses qui a plus rendu les feux rois odieuxà le urs sujets a été les inventions malheureuses et détestables que faisoient journellement ceux que l'on appeloit partisans, à la foule et oppression du pauvre peuple; que tous partisans et faiseurs d'inventions nouvelles, tant regnicoles qu'étrangers , soient chassés, et défenses à eux faites de s'approcher de S. M., sur peine d'être punis comme ennemis et perturbateurs du repos public; et attendu les grands et démesurés profits qu'ils ont tiré sur le pauvre peuple , que toutes assignations qui leur auront été données, ensemble toutes constitutions de rentes faites à leur profit, sur les fermes du royaume soient révoquées, cassées et annullées, et les nouvelles impositions mises s u le peuple à cet effet, abolies, sans espoir d'être jamais remises sus ;
Que les édits par lesquels est défendu aux étrangers de tenir aucunes fermes en ce royaume, par eux ni par interposites personnes soient rafraîchis et étroitement entretenus sans fraude ni disMmulation , et les baux ci-devant faits au profit desdits étrangers , soit directement ou indirectement , cassés et résolus ;
Qu'il plaise au roi faire élection de quelques personages d'âge, autorité et savoir compétent, tirée de sa cour souveraine, et les distribuer par les provinces de ce royaume, pour être chefs et superintendans de la justice , aux fins de régler les désordres que le malheur du temps et les guerres civiles ont introduits en la justice. — Délibéré à Lyon le 19 d'octobre i5ç)2.
N. Des instructions particulières furent données aux députéi; en voici le préambule :
Si, de toute ancienneté, l'on a eu la bonne et louable coutume d'assembler lesétats généraux du royaume, lorsqu'il s'agissoit de pourvoir à une affaire très importante pour le bien et repos public, Mgr le duc (le Mayenne, très digne lieutenant général de l'état et couronne de France, a eu très juste occasion de les convoquer en cet interrègne , auquel et par lequel ce royaume jadis très chrétien et très florissant est venu par une sédition et par les guerres civiles au période de son entière ruine, étant tombé en toute irrévérence envers Dieu, désobéissance aux magistrats, corruption des mœurs, changemens de lois, mépris de justice, abolition des lettres, vengeances horribles, méconnoissance de consanguinité et parentage entre le tiers état, oubliance d'amitié, extorsions, violences, pilleries, rançonnemens, ruine de pays, saccagemensde villes, brûlemens d'édifices, confiscations, fuites, bannissemens, proscriptions cruelles, meurtres inhumains, forcemens de femmes, violemen*
de. filles, altérations de police et autres infinis excès et misères insupportable*, piteuses à voir et tristes à raconter : ce bon et sage prince donc usant de l'autorité qui lui a été baillée a recherche' par tous les moyens et par patentes et lettres closes, exhorté et prié toutes les provinces et principales villes de ce royaume de députer quelques notables personnages des trois ordres et états, bien affectionnés et zélés à l'honneur de Dieu, manutention de la religion catholique, apostolique et romaine, et au repos public, pour se transporter en la ville de Soissons, et être ensembîement procédé à l'élection d'un roi catholique... » S.
N. Guillaume de Fillars, avocat à la sénéchaussée et conseil de là ville, et Guillaume Gella, échevin, que le Consulat avoit choisi pour ses députés, ne consentirent à se rendre aux états convoqués à Reims, que lorsque le Consulat leur eût promis que, s'il advenoit qu'ils fussent volés ou faits prisonniers, soit ù l'allée, soit au retour,on paveroilleurrançon, et on lesreleveroit de toutes pertes, dommages et intérêts. S., Arch. du Bh. vin , 33.
1593. — Octobre 29. Le Consulat commet le sieur Charrier, un des échevins, pour retirer les armes que M. Hugues Athyaud, nagueres décédé avoit des hérétiques et politiques absens de son quartier et penouage pour en décharger sa veuve et ses héritiers. — Le 5 novembre suivant , le Consulat nomma pour capitaine penon du quartier de la rue Tramassao , vacant par la mort de feu M. Hugues Athyaud, le sieur Yvernogeau , dit fie Toulouse , échevin, lequel ayant accepté, prêta le serment requis. S. — Hugues At hyaud, docteur en droit, etc. , fut un des bienfaiteurs de l'Aumône générale. Biogr. Lyonn.
1592. — Novembre 3. Le Consulat, attendu les 'services que la ville reçoit journellement de M. deTourvcon, lieutenant général criminel, et de M. Pierre Bullioud , procureur du roi, les exempte du subside du vin de leur crû qu'ils feront entrer sans fraude, comme ils l'ont fait par le passé. S.
1592. — Novembre^. Nicolas de Langes , président du parlement de Dom- Ae.vetdu siègent ésidiul de Lyon, dédie au duc de Nemours la traduction qu'il a faite d'une histoire de LouisXll , composée en latin par Humbert Fellay (ou Veillet) de Savoie, dont il avait trouvé le manuscrit dans sa maison de Laval. — Cette dédicace est datée de Trevols en Dombes. ) — La traduction de Nie. de Langes a été réimprimée d'après un nouveau manuscrit , a la suite de l'édition donnée par P. //. Jacob , des Clironiques de Jean d'Anton ; Paris , i835 , 4 vol. in-8° ( Courrier de Lyon du 17 septembre i834). Nicolas de Langes mourut en avril 1606. Sa première femme se nommait Louise de Vinols ; elle descendait peut-être de F'inols qui reçut dans son hôtel le chevalier Bayai t , le 6 décembre i52i. Cette même année i5ai., il y avait dans le Consulat un Antoine deVinoL Voyez ci-des3us au 22 juin.
1592. — Novembre 10. Séance consulaire, Le sieur Jean Baptiste Buisson , marchand libraire de cette ville, remontre que le sieur Deslorens (ï), docteur médecin , lui a commis un traité de médecine par lui nagueres composé et non encore mis en lumière , lequel il desireroit que ledit Buisson rît imprimer , comme il a déjà fait et fort avancé , l'ayant premièrement fait voir aux docteurs théologiens de cette ville, qui n'y ont trouvé aucune chose contre la foi et religion catholique ; mais parce que ledit sieur Deslorens lui a fraîchement envoyé une Episire liminaire dédicatoire dudit livre et traité d Mgr le cardinal de Bourbon, ledit Buisson ne l'a voulu mettre en lumière que
(1) Probablement André du Laurens, né à Arles , qui fut premier médecin de Henri IV, et qui mourut en i609. Voyez sou article dans la Iiioy, médicale de Panckoucke.
sous le bon plaisir et consentement des sieurs echcvins , les requérant de lui faire entendre, sur ce, leur bonne volonté. — Ce fait mis en délibération, a été avisé et résolu que, d'autant que celte ville est , par la grâce de Dieu, vraiment catholique , ayant vivement embrassé le parti de la sainte Union contre les hérétiques et leurs fauteurs et adhc'rens , ils ne peuvent ni doivent permettre l'impression de ladite Epistre liminaire, parce qu'il scroit mal séant qu'en cette ville, fussent publiées, par le moven de ladile epistre, les louanges dudît sieur cardinal qui tient le parti contraire de la Sainte Union, et favorise de tout son pouvoir les hérétiques ; n'empêchant toute l'ois que l'impression du livre ne soit parachevée. S.
1592. — Novembre i o. Les sieurs Françoiset Nicolas Capponi , compagnon* florentins , tenant banque en cette ville , remontrent au Consulat que les nations étrangères qui étoient en cette ville lors de la venue de la compagnie suisse du capitaine Haris{7) , s'étoient libéralement etamiablement chargées et cotisées, pour la solde de ladite compagnie, du payement de la somme de mille écus;que de cette somme, la portion de la nation florentine qni exsiloit alors en cette ville , étoit de 200 écus qui furent départis entre onze bonnes maisons et banques de ladite nation florentine ; que les dix autres se sont depuis retirées à Florence , ne restant de ladite nation florentine que ladite banque de Capponi; que cependant on veut les contraindre de payer eux senls toute la portion taxée sur les Florentins, llsrequierent le Consulat , protecteur des foires et des marchands étrangers , de prendre en main leur défense. — Le Consulat considérant l'équité de cette remontrance, arrête que M. le marquis de Saint Sorlin sera supplié d'exempter les sieurs Capponi de ladite imposition, ou au moins qu'ils ne soient tenus de payer que leur taxe propre, sans, pour ce , altérer les privilèges des foires, et sans tirer à conséquence. S. •
1592 — Novembre i5» Dimanche. On fait une procession générale pour prier Dieu d'inspirer les états généraux de France à élire et créer un bon roi catholique. — Le Consulat y assiste portant des cierges de cire blanche qui coûtèrent 12 écus. S.
1592. — Novembre 19. Le Consulat arrête de faire supplier Mgr le marquis de Saint Sorlin , gouverneur du pays de Dauphiné , de faire défenses à tous capitaines , lieutenants , soldats et autres de prendre leurs contributions sur les villages qui sont assignés aux garnisons de Vienne , Crémieux, et ailleurs que aux villages et sur les lieux mêmes , et de n'empêcher le commerce et apport des denrées au marché de Lyon. S.
1592. — Novembre a3. Le Consulat donne charge à Jean Berthaud, batelier de la ville , de se saisir de tous les bateaux qui sont sur les ports de la ville , pour dans iceux conduire en la ville de Vienne Mgr le marquis de Saint Sorlin et les troupes qui l'assistent. — Le ier. décembre suivant, on fit paver à un autre batelier, 120 écus pour descendre par eau à FienneM. de Saint Sorlin avec ses gentilshommes et gardes, et aussi trois compagnies Suisses. S.
1592. — Novembre Séance consulaire. Le sieur François de Castres, Portugais, demande à être désormais tenu pour combourgeois de la ville, et ù être rayé du rôle des étrangers, attendu qu'il a maison acquise et métairie aux champs, et que jusqu'ici, il a contribué, comme les autres habilans, aux charges de la ville. — Le Consulat ordonne que le sieur de Castres apportera les quittances des deniers qu'il dit avoirpayéscomme habitant de cette ville, pour être fait droit sur sa requête ainsi que de raison. S.
1592. — Novembre 26. Les consuls echcvins de la ville de Lyon certifient
â tous, elc,, que la nuit du 3o avril i56a, les sectaleursdela nouvelle opinion ( qu'ils prétendent religion réformée ) se saisirent de cette ville , et s'en étant rendus paisibles possesseurs, dépossédèrent les e'chevins catholiques , qui pour lors étoient en charge, et, en leur lieu , en élevèrent d'autres de leur religion, qui prirent et embrassèrent les affaires de la Tille; et pour fournir aux I rais de la guerre contre la majesté du roy , saisirent tous les biens meubles et marchandises deshabitans catholiques, et encorejes marchandises de quelques marchands tant forains qu'étrangers qui fréquentoient les foires de cette ville ; lesquels biens et marchandises lesdits occupaleurs firent transporter à Genève et ès villes des cantons protestans; mais, pour couvrir le larcin ou vol public, lorsqu'ils furent contraints d'acquitscer à Pédit de pacification , fait au mois demars i563, pour laquelle exécution , lors venant le seigneur de Vielleville, maréchal de France,commis par S. M., lesdits échevins du mois de may , ne voulant être taxés des voleries par eux faites pendant leuréchevinagc, firent des obligations particulières à ceux auxquels appartenoient les marchandises par eux saisies , et promirent de payer les sommes contenues par lesdiles obligations dans un temps limité et porté par icelles , et à ces fins obligèrent et hypothéquèrent tous les biens de cette ville; en laquelle étant entré ledit sieur maréchal pour l'exécution dudit édit , la première chose h laquelle il vaqua , fut à rétablir en icelle l'exercice de notre religion catholique , apostolique et romaine, et en aprèsà remettre les échevins catholiques en leurs charges et fonctions de Pechevinage , dont ils aroient , comme dit est, été dépossédés ; mais ils ne voulurent entrer en ladite charge , sinon après un desaveu par eux fait de tout ce qui s'étoit passé en ladite ville pendant lesdits troubles , avec protestation solemnelle de ne jamais payer aucune chose des sommes contenues esdites obligations, comme ayant c'té faites et créées contre le service du roi, et par personnes qui n'en avoient aucun pouvoir , comme de fait il n'en a jamais rien été payé et ne sera pour l'avenir , quelque instance qu'en veulent faire les porteurs desdites obligations ou leurs héritiers et ayant droit. Le Consulat ayant fait expédier le présent acte a Nicolas Aadrand , marchand de Montélimart,mari de Marie MaUeval,û\\e de fcuLaurent Malleval , qui étoit tuteur de Guillaume Reynon , fils de feu Jean Reynon , lequel Jean Reynon se prétendoit un des créditeurs créés par lesdits supposés échevins du mois de may , les dettes passives desquels, comme dit est , nous avons prolesté de ne payer, comme nous n'avons encore fait et ne ferons , atteste de plus que , dans les archives , ne s'est pas trouvée la prétendue obligation faite au profit dudit Jean Reynon de la somme de gi écus à 48 s. pièce. En témoin de quoi avons fait expédier le présent acte par le secrétaire de la ville, et y mettre le scel authentique des armes de la ville, le 26 novembre i5ga. S.
1592. — Décembre 7. Le Consulat reçoit lettres de M. de Nemours par lesquelles il leur donne avis qu'il s'est saisi de la ville et du château de Montbrison. On ordonne de lui répondre pour le gratifier et le prier d'avoir l'œil sur le sieur d'Àusserre , juge du Forez, comme très grand ennemi qu'il a toujonrs été du parti de la Sainte Union. — Vers le même temps , on envoya à M. de Nemours à Montbrison, une pièce de vin contenant 16 douzaines de bouteilles, à cause de la rareté du vin audit lieu. S.
1592. — Décembre 19. Le Consulat désirant remettre l'église de l'ordre de S. François, surnommée des Cordeliers, en son ancien lustre et en la bellesse qu'elle étoit auparavant les premiers troubles advenus en Fi ance en Pan i56* , donne aux religieux et père gardien <ludit ordre la somme île ioo écus pour employer à la fabrique d'une paire d'orgues pour le service
de Dieu en ladite église, à la charge d'y mettre les armoiries de la tille. S.
1592. — Décembre 22. M. de Guise et l'archevêque de Lyon arrivent à Paris, Lbstoile.
1592. — Décembre a3. Les 56 capitaines penons , leurs lieutenants et enseignes ayant été mandés au Consulat , le sieur de Rubys les engage à redoubler de soins pour la garde , surtout pendant les fêtes, et en l'absence des quatre compagnies suisses. M. Pierre de Montconis > capitaine penon du quartier du Plâtre , répond, au nom de tous les penons, que combien que le guet soit grandement incommodé et harassé d'une si fréquente garde , si est-ce que considérant qu'elle se fait pour la commune conservation et repos publie, ils la feront exactement ; priant néanmoins et requérant les sieurs échevins de procurer envers S. E. le bref retour des Suisses. — On ordonne qu'il sera fait le lendemain , une recherche bien exacte par tous les quartiers de la ville , et que réiteratif commandement sera fait à cri public, 4 toutes personne» d'aller au guet et garde. S.
i592. — Les recteurs exerçant la police dans le claustral de /' Hôtel-Dieu, y font construire une prison où plus tard furent enfermés plusieurs individus en vertu de Lettres de cachet. Dagieb , I, i58.
i5<)2. — La plus petite monnoie étant de deux sous tournois, les pauvres ne peuvent recevoir de fréquentes aumônes ; les recteurs de l'Hôtel- Dieu , émus de compassion , invitent le Consulat à faire frapper de plus petites monnoies pour la facilité du peuple et le soulagement des pauvres. Dagieb , I , 159.
1592. — Publications: Manifeste des consulz , escherins , bourgeois et habitans de la ville de Lyon, sur le faict de la prise de Vienne , rupture de la trefve,et entrée de l'armée de monseigneur le duc de Nemours dans le pays de Dauphiné. A Lyon , par Jean Pillehotte , 1592. ln-8° de 36 pages (B. de Lyrfn , t. 3 du recueil , n° 2341 5). Voyez ci-dessus au a5 mai.
1592. — Excellent et très vtile traictè de ne recevoir diverses religions
en aucun royaume Faict latin par M. maistre Jacques Parnelie (dcParaè-
le), docteur théologien , et rendu françois par Benoist Dutroncy A Lyon
par Jean Pillehotte. 159a. Pet. in-8". — Le traducteur, dans son épitre dédicatoire aux échevins de Lyon, nous apprend que le traité de Jacques de Pamele lui a été communiqué'par M. maistre Pierre Austrain, conseiller du roi , etc. qui lui <« a donné le loisir de le faire tellement quellement parler « françois. * Sa traduction fut revue par le P. de Bollo , dominicain , qui avait prêché en 1 585 le Carême à Lyon où il avait logé chez le custode Amyot. M. ; C. B.MéL, p. 259.
1592. — V Horloge des princes (?)... par Ant. de Guevare , traduit de castillan en françois par R. B. de Grise 9 depuis reveu et corrigé par N. de Herberay , seigneur des Essarts.... A Lyon , par Benoist Rigaua , 1692. In. 12. — Edition citée parBayle, art. Guevaba. Voyez ci-dessus les publications de 1591 , et ci-après au 16 juin i5q$.
1592. — Introduction au traité de la conformité des merveilles anciennes avec 1rs modernes , ou traité préparalif à V Apologie pour Hérodote... par Henry Estienne. A Lyon, par Benoist Rigaud , 1592. In-8*.
Celte e'dition citée par Sallengp.e , Mém> t, 43, me paraît suspecte. Je doute qu'on ait réimprimé à Lyon , pendant que celte ville combattait pour la foi catholique , un livre qui contient une foule d'anccdoles, de traits sa-
ttriques et d'épigrammes contre les prêtres et les moines. Henry Estienne habitait alors Genece ,et s'il existe une édition de son Apologie pour Hérodote, portant la datede 1592 , elle aura été probablement imprimée à Genève où les libraires de Lyon, taisaient souvent réimprimer des ouvrages que la censure n'aurait pas permis d'éditer en France. Estienne ne quitta Genève pour rentrer dans sa patrie qu'en 1597 , et c'est au mois de mars de l'année suivante , et à Lyon où il arriva malade , qu'il termina sa longue et laborieuse carrière. L'auteur des Eclaircissement placés en tête du Catalogue de M. Filfieiil, met sa mort au 10 janvier i5q$ , sans dire où il a pris cette date, et il ajoute , après mille autres, qu'il mourut dans V Hôpital de Lyon (p. xxix). Nous ne croyons pas qu'EstUnne qui devaitavoir à Lyon bien des amis , surtout parmi les libraires et les imprimeurs ait été réduit à cette extrémité (1), mais , comme il était protestant , il est hors de doute qu'il a dû être inhumé >dans le cimetière de YHôlel-^Dieu , où il y avait un local spécialement destiné à ceux qui mouraient dans le sein de l'église prétendue réformée. « A • l'occasion de son enterrement, dit l'abbé Perneiti dans ses Lyonnais dignes « de mémoire , tome 1 , p. 3o5 , il fut établi que le convoi funèbre des pro- « testons seroit escorté par un détachement du guet , précaution devenue « nécessaire pour les préserver des insultes de la populace. » Nous reviendrons plus tard sur ce point historique , et nous renvoyons , en attendant , aux Annales de V imprimerie des Estienne , par M. Renouard, p. 439 de la deuxième édition.
1592. — Michartis Hospilalii... Epistolarum seu Sermonum libri sex. Lugduni , Per Hugonem Qazeium (Hugues Gazeau). M. D. XCII. Pet. in-8°. Voyez ci-dessus au 17 décembre 1559.
1592. — Les tragédies de Robert Garnier.,,.^ .Lyon , pour Paul Frellon et Abraham Cloquemin. M. D. XCU. A YEscu de Coloigne. ïn- 1^2 carnet, italiq. — AI. Brunei, cite sept éditions lyonnaises des tragédies de Garnier, qui avait alors autant d'admirateurs que Racine et Corneille zo ont eu depuis. Une de ses meilleures pièces est sa Cornèlie où Cicéron figure en tête des interlocuteurs et ouvre la scène par un monologue de i5o vers. L'orateur romain joue un rôle dans un certain nombre d'ouvrages dramatiques ; mais il n'appartenait qu'à Voltaire de lui faire parler un langage digne de l'auteur des Catilinaires. Voici cependant quelques vers sentenlieux que Robert Garnier mel dans la bouche de Cicéron, lesquels peuvent justifier jusqu'à nn certain point, les éloges unanimes qu'il reçut de ses contemporains :
Il n'y a foy qui dure entre ceux qui commandent : Egaux en quelques lieux, toujours ils se desbandent; Ils se rompent toujours, et n'a jamais esté Entre rois compagnons ferme société.
L'envie esl toujours jointe à la prospérité ; L'un est de l'heur d'autruy volontiers despité ; El d'autant estimons nottre fortune pire Qu'à quelqu'un d'entre nous elle semble sourire,
(t) La Bibliothèque de Lyon possède un volume fort précieux qui a appartenu à Benr) £stienne; c'est le Denys d' h 'alicarnasse , de l'édition de Robert Estienne, Paris, iS^fe--, iufol., relié avec le Dion Cassins du même imprimeur, Paris, 1548. cl Vstppien de Charles £»tienne , Paris, i55i. Cet exemplaire est semé de notes marginales de la main A* Henry Estienne, et il est à croire qu'il l'avait apporté avec lui , lorsqu'il quitta 3fontpcffur pour venir à Lron.
Nous sommes iusolens des presensde fortune. Comme s'elle devait nous eslre tofisjours une , Tousjeurs ferme et durable, et qu'elle n'eust les pi ex Comme elle a sur te haut d'une boule liez.
Rien ne vit immortel sur la terre gloLeuse: Tout est né pour despouille à la mort rapineuse, Les paysans et les rois semblables à la fin . S'en vont tous petle mesle engloutis dudesti».
Ce» derniers vers nou» rappellent ceux de l'académicien Thomas :
Qu'importe, lorsqu'on dort dans la nuit du tombeau , Qu'on ait porté le sceptre ou traîne le râteau? On n'y distingue point l'orgueil du diadème; De l'esclave et du roi la poussière est la même.
£ pitre au Peuple.
1593. — Janvier 20. Ouverture des états généraux convoqués a Paris par le duc de Mayenne. — Les députés du gouvernement du Lyonnois à ces états furent : Pierre d'Epinac. archevêque el comte de Lyon , primat des Gaules ; — Marc de Saconins de Pravieux , chanoine chamarier et comte de l'église de S. Jean; — Guillaume dé Vittars , avocat au siège présidial de Lyon ; — Guillaume Gelas , bourgeois et echovin de Lyon ; — Maistre Jacques Groslier , praticien de la Bresle ; ce dernier député pour le plat pays du Lyonnois. Voyez les Procès verbaux des états généraux de i5p,3, publiés 'par M. Algustb Bernard, p. 12, 195, 687, et passim.
1593. — Mars%. Les ouvriers imprimeurs parcourent la ville en récitant les plaisants devis du Seigneur delà Coquille. Voyez le Catalogue de M. de Soleinne, tome 1, n.909; ci-dessus, au ier sept. t566, et au 17710c. i5jr8; ciaprès, au 6 mars 1694*
1593. — Mars 18. Séance consulaire. M. Louis Orlandin, controlleur des droits de douane de la ville de Lyon, propose de remettre sa charge entre les mains du Consulat qni retient pour cette place M. Marc de Pogges. S.
1593. — Mars a3. Séance consulaire. Comme, depuis quelque temps, plusieurs hérétiques et politiques qui. à cause des troubles, s'étoient absentes de la ville y sont rentrés sans aveu ni passeport valable, chose qui met les gens de bien en défiance de leur repos, on ordonne que les capitaines penons feront visite générale, chacun en son penonagepour faire vuiderdcla ville tous ceux de la qualité susdite qui y sont restes sans bon et valable sauf conduit ; laquelle visite sera continuée de huitaine en huitaine. Et parce que la plupart entrentpar la rivierc,par la commodité desbesc/ies qu'ilstrouventà l'endroitde r 'Observance, des Deux Amans et du faubourg de Vaize, on fait défenses A toutes batelières , de ne remonter plus haut leurs besches, pour passer et repasser l'eau, que le corps de garde qui esta la porte de Pierre-Sche. S.
1593. — Avril 1, Le Consulat ayant égard à l'extrême pauvreté et indigence des PP. Cordcliers de S. Bonavenlure , et pour les aider aux dépenses a faire pour le passage des religieux de leur ordre allant au chapitre général en Espagne , leur accorde par aumône 33 écus i/5 [ 100 livres ). S.
1593. — Avril 1. Mort de Rotin de Semur, chanoine et comte de l'église de Lyon , lequel fut inhumé à S. Jean dans la chapelle proche la croisée, du côté de l'horloge , avec cette épitaphe : Hicjacet vencrabilis et rgregius .dvminus Rolinus de Sinemuro Lugdun. eccles. canonicus et cornes qui obiit Kal.
Aprilis anno Domini M. V.* LXXXXIII. Requiescat in pace. Respice finenié ( M.) — Vers la fin du XVe siècle, il y avait deux chanoines probablement fie la même famille , Jacques et Pierre de Semur ( de sisemuho ). Josse Bade leur dédia les Silvœ morales imprimées par /. Trecftsel , Lyon, i49a* in-4°. Bibliogr. lyonn. du XV. * siècle, n°. LXXY.
i5g5. — Avril 6- Le Consulat averti que l'ennemi couroit impunément et librement jusques sur le pont du Rhône , ordonne que, pour arrêter ses courses*, les habitans de la Guillotiere tiendront une sentinelle au clocher de l'église de la Magdelaine , et qu'ils feront des tranchées aux avenues des chemins. — Le 7 mat, les courses continuoient encore; le Consulat ordonne auxhabitansde la Guillotiere de taire bonne garde,leur déclarant que la ville sera toujours prête à leur donner secours.
1593. — Avril 10. Le Consulat fit nettoyer de pierres et terres le chemin étant sur la montagne allant aux Capucins , à cause du pardon qui devoit s'y faire le lendemain, — On fit payer 12 écus aux archers, qui avoient demeuré, jour et nuit, au couvent des Capucins,, pendant l'oraison des (\o heures pour empêcher qu'il n'y survint quelque scandale.
i5g5. — Avril 11. « Durant la semaine saincte, il y eust un grand pardon gênerai en la ville de Lyon , octroyé par nostre S. Père le Pape . qui dura quarante heures, etestoit aux Capuchins où il y avoit un capuchin qui exhortoit le peuple à crier merci a diec, et demander pardon. Toutes les paroisses des églises y alloyent, et y demeuroit chascunc paroisse une heure avec grande dévotion , et y alloit on tant de jour que de nuit. Passé laquelle semaine saincte , les processions cessèrent de aller au pardon comme de coustume, qui estoit de eslre vestu de toille et ceint d'une corde : et de YHospital 00 le pardon estoit . il fut mis aux Augustîns , et neantmoins tousjours conlinuoit aux églises. » Arch. du Rh9 , XII ; 164.
1593. — Avril i5. Le Consulat accorde au chevalier de Saules sauf* conduit pour pouvoir en toute sûreté venir en cette ville et y séjourner aussi longuement que le Chapitre provincial de l'ordre de S. Jean de Jérusalem s'y tiendra. S.
i5q3. — Mai 1. Le Consulat à M. de Langes ;
« Monsieur, Nous avons reçu la lettre que vous ave* escrite à M.deRubys, aux fins qu'il vous fust permis de venir en vostre maison de Cuires pour rendre le vœu que vous avez faict à l'esglise de Ylsle-Barbe , ce que nous eussions très volontiers accordé pour le desir que chacun de nous a en son parti ulier de vous faire service ; mais certaines considérations qui se sont présentées , nous meuvent de vous prier de différer et surseoir pour quelque temps ce voyage; la sursoyance duquel ne vous apportera aucune incommodité , et nous baillera satisfaction et contentement. Nous vous *n prions donc , Monsieur , et de conserver en voz bonnes grâces voz, etc. De Lyon, ce 1" may i5o3- » S. Voyez ci-après au 1 août,
1693. — Mai 6.Sur la plainte de M. Jacques Maistret, évêque de Damas, su ffragant de Mgr l'archevêque de Lyon et cure de S* George, de l'insulte qui lui a e'té naguères faite par les habitans de ladite paroisse, d'avoir la nuit voulu forcer sa maison , rompu ses vitres et portes pour l'offenser , le Consulat ayant fait mander le capitaine penon du quartier St. George , ses lieutenant et enseigne , on les exhorte de désormais vivre paisiblement avec leur curé, et d'empêcher qu'il ne lui soit fait tort, comme s'étant mis en la protection et sauvegarde de cette ville , en laquelle les sieurs échevins l'ont pris et mis. S.
159."». — Mai 7. Le Consulat arrête que les 20,000 écus demandés par le duc de Nemours à la ville de Lyon, pour les frais de la guerre , seront pris sur la recette de la douane. — On ne retira de la douane qne 5ooo écus. Dans sa séance du 22 mai, le Consulat, arrêta que les i5,ooo écus qui restoient à fournir à Mgr de iVémott/'Jseroient empruntés, sous le cautionnement des échevins , et l'avance en fut faite par les sieurs Prost, Yvernogeau et Teste.
1593. — Mai 7. Le Consulat renouvelle l'ancienne ordonnance pour faire garder les portes par les notables de la ville à tour de rôle. J. Monts ,
1595. — Mai 13. Le Consulat ordonne que M. Guyot de Masso , receveur des deniers communs de cette ville , retournera en l'Hôtel commun d'icelle pour y faire sa résidence continuelle, comme il avoit fait avant les présents troubles , depuis lesquels il s'en est distrait pour pourvoir à quelques siennes affaires particulières , etc. — Guyot de Masso étoità Paris au moment où la ligue éclata a Lyon; il y resta jusqu'à ce temps, et, dans ses comptes, il déclare qu'il le fit pour ne pas participer a la ligue. Le sieur B lâche , son commis, avoit continué l'exercice en son nom. S. — Guyot de Masso étoit frère d' Antoine de Masso qui fut l'orateur de la St Thomas en iô56. Antoine avoit épousé Bonrtê BulUùud ; il la perdit en i5^7 , pendant son séjour \ Paris où il avoit été député par la ville. À cette occasion , il écrivit à son frère Guyot $ vne lettre qui mérite d'être publiée:
« Je me trouve si changé depuis le décès de feu ma bonne parlye , que j'en délaisse non seulement mes actions ordinaires , mais à peine recounois-je aucune chose en moy du passe, tellement que toutes mes joyea sont converties en mélancolie extrestne. Ce qui me souloit plaire à Paris, me sert d'un ennuyeux et fascheux souvenir. Brief je suis reduict en estât que je ne recoys aultre plus grande consolation sinon quand je me propose et asseure de la reveoir quelque jour au repoz éternel dont je soulmiteroi* l'heure présente , si je ne craîgnois offenser Dieu. Quoiqu'il ensuit, je ne fais estât d'avoir jamais aulcune joye en ce monde , ayant perdu celle pour laquelle je desirois mon bieu. Je m 'asseure que vous me jugerez ou bien à desloysirou fol de vous eseripre ce que dessus; mais , quelqti'en puisse estre vostre jugement, il me semble que j'allège mon mal à vous le communiquer; mesme il me semble que nostre esloignement a doublé mon tourment. Brief, s'il ne vient de Dieu, il est impossible que je n'en puisse jamais resouldre. Cependant je vous prie faire continuer le service divin pour son ame, et souvenir M. de Langes de vous bailler l'epitaphe qu'il luy avoit faict, et retirer de luy cependant qu'il est de bonne volonté, le marbre qu'il m'a promis pour faire graver lediet epitaphe, auquel toutes foys vous ne ferez toucher que vous ne m'en ayez envoyé la copie par la poste....» S. Voyez ci-dessus au 10 et au 21 septembre i5??., et au r> mars i589.
1593. — Mai 18. Le Consulat délègue deux de ses membres pour faire partie du Conseil d'etat qui siégeait auprès du duc de Nemours. J. tioitv, V , 4ia.
1593. — Mai 18. Le Consulat désirant empêcher la ruine prochaine du portail de Véglise de V Observance , pour être ladite église de fondation royale, et servant d'embellissement à la ville , tant pour son assiette que pour sa structure ; ne voulaut aussi que la mémoire du fondateur d'icelle ne se perde , ordonne qu'une somme de 180 écus que le sieur Fortis doit pour
droits «le douane sera payée *aux religieux dudit couvent pour être employée anx réparations dudit portail. S.
1593. — Mai... L'archevêque de Lyon assiste aux conférences de Surent comme député de l'Union. Recueil (I'Isambert, xv, 58 et suiv.
1593. — Mai. « ... Fut pendu et bruslé sur les Terreaux, ungqui avoitfait des ducatons Taux d'Espaigne. » Arch. du Ru., mi, 1G4.
1593. — Juin 3. Le Consulat ratifie la nomination faite pour cette année, des courriers de la confrérie de St Bonaveniure, savoir, du côté de Fourrière, de >1M. Scarron et Coulaud , et , du côté du Bhône, de MM. Scairon (Dis du sieur maître des ports) et Bernard (fils de François), tous quatre avocats. S.
1593 — Juin 10. Le Consulat fait rendre a la veuve de Benoist Meslier lc< armes qui furent, après le décès de son mari, remises h la garde de Laurent Archimbatid, penon, aux fins d'être vendues par ladite veuve, a l'enchère, au profit des enfants et héritiers dudit Meslier. S. Voyez ci-dessus au 10 mars i5qo.
1695. — Juin... « Environ la Teste-Dieu, et un peu auparavant , Ton se donna garde d'une entreprinse qui se faisoit sur Lyon en faveur de YEspaigml par M. de Nemours, et disoit on que ledit sieurde Nemours voulait mettre des Gascons aux portes, et oster \esSuysses pour envoyer, comme l'on disait, devant Grenoble où le duc de Savoy e estoit pour faire la guerre contre te sieur Lesdigniercs, ce que l'on ne voulut permettre.
« En ce temps, le pardon estoit aux Minimes, et y eust un predicatew qui dit tout haut en chiere le jour de la Festa-Dieu, que il avoit veu quatre hommes devant sesfenestres, environ deux heures aprez minuit, qui conspirovent la trahison, disant entre eux que s'ilz ne se saysissoyentde la porte de laGuillotiere, ilz ne feroyent rien. Outre ce, disoit que ceux qui oyent le service divin d'un prestre que l'on sçait estre de mauvaise vie, peschent mortellement, et allégua les Conciles et apporta des livres en chiere. » Arch. du Bh. xii, iG5 ; J. M or in, Y, 112.
1593. — Juin 18. Le Consulat ayant fait appeler à l'hôtel de ville quelque* notables et les capitaines penons, Claude de Bubys prenant la parole, s'élève contre les soupçons dont le duc de Nemours est l'objet ; il remootre comment, ayant été prie de la part de la ville d'accepter le gouvernement, ce prince avoit laissé toutes autres affaires et honneurs qu'il avoit en France, pour venir, au mépris de sa vie , secourir cette ville et cette province d'où il avoit chassé l'ennemi qui avoit la campagne libre jusqu'aux portes de Lyon ; que les politiques , sachant bien qu'il est leur plus terrible adversaire, ont répandu arlificieusement le bruit qu'il vouloit se rendre maître absolu, afin de lemettreen mauvais ménage avec les habitants. Bubys parla ensuite des dangers qui lesulteroicnt d'une division. Il leur rapporta l'histoire de l'ingratitude des Israélites contre Moyse après qu'il les eût tirés de la servitude du Phai^aon, etf.iit passer à pied sec la Mer rouge ; et de fraîche mémoire, ce qui advint aux Tholosains, lesquels ayant donné occasion a M. de Joyeuse, leur gonverneur,delcs abandonner et se retirer en une sienne maison dès champs , furent en après contraints de l'aller requérir et le supplier de revenir pour empêcher les ravages que l'ennemi faisoit aux environs de Tholose; ce qu'il fit au grand contentement du peuple tholosain ; chose qui pourroit advenir h cette ville, au grand préjudice d'icelle, si S. E. est avertie que l'on tienne cette calomnie pour chose assurée. L'orateur finit par conclurre à ce que l'on donnât sur de tels propos tout contentement et toute satisfaction à Son
Excellence. — L'assemblée déclare d'un commun accord qu'on suppliera très humblement S. K. de n'avoir égard à ce qui s'est passe* cl dit jusques ici..., et qu'on la priera de trouver bon que les gardes, rondes et patrouilles soieut plus grandes qu'elles n'ont été, jusqu'à ce que les deux compagnies suisses qui sont a tienne soient de retour en celte ville , pour la garde de laquelle elles sont soudoyées ; de faire retirer les troupes qui sont aux environs , et de mettre enfin dehors tous les huguenots et politiques qui sont retournés depuis peu de temps. S.; J. Morin, Hist. de. Lyon V, 4 1 4-
1593. — Juillet i. Le Consulat désirant rendre la rue du Garillan accessible, suivant le commandement qu'on en a de Mgr de Nemours , ordonne qu'elle sera réparée de telle façon que l'on y puisse aisément aller à cheval de fond en cime, et ce, aux dépens des propriétaires des maisons qui sont sur ladite rue. S.
Î593. — Juillet 3. Le Consulat arrête qu'il se fera deux fois par semaine, en l'hôtel de ville, une assemblée de quelques notables bourgeois pour avoir leurs conseils. S.
1593. — Juillet i5. Comme il restoit encore des bâtiments de l'ancienne Citadelle, le magasin qui servoit à tenir les poudres et les autres munitions de guerre* le Consulat ordonne de le démolir rez pied rez terre , afin de faire disparaître les derniers vestiges de ce fort. S.; J. Morin, V, 4»3. Voyez cidessus au 2 moi i585, et ajoutez à ce que nous avons dit sous cette date : Ce fut dans un tripot nomme' le Pourcelet, que l'on résolut de ruiner et abattre la Citadelle de Lyon ; et c'est «le la que les partisans de celle démolition furent nommés les Pourcelets liguez de Lyon. Voyez les notes sur la Satyre menippéc , t. i, p. 18 de l'édition de >75a, et les Nouveaux mélanges de M. Hreghot dd Lut, p. 194*
1593 — Juillet 17. « Fut dict à Lyon que ML d'Esprrnon avoit este tué en Provence devant Aix qu'il avoit assiégé, et n'en fut rien.
« En ce temps là, le pardon estoit aux C loi déliera, et continuoit on à faire grosse garde dans la ville , et marehoyent de nuicl, du coslc de Saône, la part du Change, deux penonaiges. » Arch. du Rh.y xu , 1 65.
1593. ■ — « Le rnardy 20 juillet i5q3, ayant ele' rapporte à Mgr de Ncmour** gouverneur de Lyon, etc., que M* Benoist du Tror/cy, eoutrolleur du domaine du rov, secrétaire et greffier de ladite ville, avoit fait voir et communiqué à Messieurs les Consuls echeviin d'icellc , ou partie d'iceux , un avis qui lui avoit été donné de îîou Je la prise de Chasiitlon
Seine, par les régimens du baron de Th -« jacloient de retourner
en ces quartiers, pour en faire de mûm> Me, el y ériger et rebfilir
une citadelle par le commandement de S t nr raison duquel avis lesdits sieurs échevins ont redoublé leurs garoeT, de quoy ladite Excellent se trouvant offensée , fit constituer prisonnier ledit sieur du Tronc y es prisons royales de la ville, esqnelles il a tenu jusqu'au vendredi 23 du-
dit mois qu'il en a e'té élargi à la reqi poursuite des sieurs échevins,
lesquels depuis l'ont pris et mis en y teetion et sauve-garde de ladite ville. — Le 27 juillet , le Consulat u* paver au sieur du Troncy 5o éciis sol pour les frais par lui faits et supporte'* en la prison où il a été détenu par commandement de Mgr de JYemours , pour les avis qu'il avoit donnés d'une entreprise, et la dëpcnfee de trois messagers envoyés en Bourgogne, pour se justifier de l'accustfiion que l'on lui mettoit sus d'avoir eonlrouvé lçsdils avcrlissemens. S.: J. Mvniif, V, 4'6; C. IL, MH., p. <)«).
MO
1593. — Juillet 20. Mariage de Pierre Austrein% lieutenant particulier en la sénéchaussée de Lyon , avec flfonciadfs de Gayan , célébré dans l'église de S. Paul. M.
1593. — Juillet 39. Messieurs du Chapitre de St. NUiïer remontrent au Consulat que qnelques revendeurs fromagers, de leur autorité privée , occupent la place qui est derrière l'église, par des bancs qu'ils y ont dresses, et par là empêchent et rendent inutiles les boutiques que le chapitre a fait faire sur cette place , laquelle servoit autrefois de cimetière à ladite église. Le Consulat ordonne que commandement sera fait auxdits revendeurs fromagers et autres d'enlever leurs bancs , avec défenses d'y en mettre sous peine de confiscation , etc. S.
1593. — Juillet 30. Le Consulat désirant pourvoir à la sûreté de la ville pendant l'absence de Mgr de Nemours^ ordonne que itératif commandement sera fait à tous chefs de maison d'aller au guet et garde , sauf à ceux qui pour leur âge , grade et dignité , en ont été ci-devant excusés , etc. S.
15g5. — Juillet. Mgrd'Epinac ,à son retour de Paris , s'étant arrêté dan* sa maison de campagne à Vimy\ (aujourd'hui NeufcilU) , y reçoit la visite des principaux citoyens de Lyon qui lui font la peinture la plus déplorable de la servitude où la ville est réduite. J. Morin , V , 4l7-
1593. — Août 2. Le Consulat à M. le président de Langes : a Monsieur , Nous avons esté advertys que, soubz passeport que tous avez obtenu de Monseigr le duc de Nemours, vous vous estes retiré à Cidres dont plusieurs de nos concitoyens sont en ombrage , tant pour la proximité du lieu , que des personnes qui vont vous veoir ; et craignant que par le moïen dudit ombrage, il ne vous advienne quelque déplaisir, vous avons despesché le présent porteur accompagné de la présente pour vous prier de, au plus tost vous en retourner à Trevoulx ou bien en vostre maison de Laval y attendant le retour de S. E. , laquelle nous a tousjours donné à entendre qu'elle n'entend que les passeports qu'elle donne puissent empescherou altérer aucunement les resolutions et volontezde nostre Consulat; ce qu'il vous plaise prendre en bonne part : et nous asseurant que vous ne différerez de vous retirer incontinent en l'un dédits lieux, tel qu'il vous plaira, pour obvier à tous accidens et ombrages , ne la vous ferons plus longue : ains, après avoir salué voz bonnes grâces de nos affectionnées recommandations , nous prions Dieu qu'il vous conserve , etc. De Lyon ce 2 août 1093. » S. Voyez ci-dessus au i*r. mai.
1593. — Août 3. Le Consulat fait payer à Jean Truchet 9 écus 9 s. pour une chaîne de fer pesant i83 livres à 3 s. la livre , achetée de lui pour barrer les rues Tupin et Buisiu. S.
— Un nomme Damien Armand, tailleur de draps , rue St. Jean, refusoit toujours d'aller en garde en personne, et faisoit naître contestations; le Consulat duement informé de la mauvaise volonté dudit Armand , ordonne qu'il vuidera |a ville dans trois jours, ù peine de prison et de 100 écus d'amende. S.
1595. — Août a4. « Fut publiée à Lyon une trefve générale par toute la France , en lcquelle n'estoit compris le duc de Savoye , lequel «voit un moys pour se déclarer aprez la publication desdites trefves. » Arch. du Bh.. xii , 165. — Cette trêve avait é'é conclue entre le Roi et la Ligue, le Zn juillet , et c'e^t (PFpinac qui la fit publier à Lyon par les échevius. J. Morik , V ,
1593. — Août 24. Règlement que iMonselgneur le duc de Genevois el de Nemours a ordonné estre observé en cette ville de Lyon pendant la trêve générale. *
Défenses sont faites à toutes personnes, tant bourgeois el habitans de cette ville que forains , de quelque qualité et party qu'ils soyent , de tenir aucun propos scandaleux ny au desavantage de l'Union des Catholiques, et advantage du parly contraire, ny userde paroles insolentes qui puissent mou voir à contention ou sédition, souz peine d'amende arbitraire et de punition corporelle, s'il y eschet.
Sontaussi faictes défenses à toutes personnes lenantpartycontraire d'entrer en cette ville sans permission ou passeport, à peine d'être retenus comme prisonniers de guerre, sçavoir est les gentilshommes et gens de guerre de son Excellence , les marchans et habitans des villes et champs des eschevins, desquels passeports sera faict registre par ceux qui les donneront , à peine de nullité d'iceux.
Ceux qui entreront eu cestc ville f en vertu desdites permissions et passeports seront tenus laisser leurs arquebuses et pistoles au commis de la porte qui ne les rendra sinon au sortir , ou qu'il y eust notable bourgeois de la ville qui s'en charge : et seront iceux forains tenus déclarer leurs noms et deraeurances, et le lieu où ils iront loger.
Les hosteliers seront tenus porter chacun jour à celui des eschevins ou autre à qui sera baillé le département du quartier, les noms, surnoms et qualités de leurs hostes, et pareillement les bourgeois qui retireront en leurs maisons aucuns de leurs amis ou autres pour y loger, seront tenus faire le semblable , à peine de cinquante escus d'amende pour le bourgeois, et du double pour rhoslelier ; et outre d'estreles forains, desquels n'auront estéportez les noms, de bonne prise , comme prisonniers de guerre.
Toutes personnes qui voudront entrer en cette ville par vertu desdits passeports et permissions s'arrcsterontaiix barrières, esquelles ils seront instruits des présentes ordonnances, et seront les chariots , charrettes et charges recogneues , avaut que passer la barrière* afin d'obvier aux surprises.
Pareillement les basteliers qui viendront d'amont ou d'aval la rivière , seront tenus d'arrester et garrer (sic) aux chaysnes, et le faire sçavoir a ceux qui commanderont aux passages de la rivière, pour envoyer recognoistre leurs basteaux; et ce à peine de confiscation desdits bateaux et marchandises.
Les capitaines penons , Suysses ou autres , qui entreront en garde aux portes, le matin, feront faire la decouverture ez environs avant que d'abattre le pont levis, et ouvrir les grandes portes, el en après iront en personne, ou envoyront un de ceux qui auront commandement en la compagnie , avec le commis de la porte , par les logis et hostelleries des faux bourgs , recognoistre quelles gens il y aura logez, et le soir feront le semblable : de quoy ils donneront advis aux eschevins.
Les bourgeois et habitans de la ville qui voudront sortir pour leurs affaires , seront tenus en advertir leurs capitaines penons , et prendre passeport des eschevins , lequel contiendra les lieux où ils voudront aller, et de laisser personnes pour aller aux gardes et satisfaire aux charges ordidinaires, comme les autres bourgeois : de quoy ils apporteront certification de leurs capitaines penons, laquelle sera gardée au greffe de la ville: leur faisant défenses de sortir sans avoir satisfait à ce que dessus , a peine de vingt escus d'amende pour la première fois , du double pour la seconde, et de plus grande par après , s'ils y retournent.
Avons enjoint à tous capitaines penons et autre? ayans commandement
tenir la main à l'observation et entretenement du présent règlement , à peine d'amende et d'estrc dégradez de leurs charges.
Les hosteliers et cabarctiers des faux bourgs de la ville seront tenus d'avertir tous les soirs les Notables et commis des portes , des personnes qu'ils auront logez en leurs Iougis ou cabarets, de leurs noms, surnoms et qualitez ; a peine de dix escus d'amende pour la première fois , de pu nition corporelle pour la seconde.
Et afln qu'aucun ne puisse prétendre cause d'ignorance , nous avons ordonné que ledit règlement sera leu et publié à son de trompe et ery public aux lieux accoutumez , et mis par affiches aux carrefours et portes du ceste ville , ensemble en des poteaux qui seront apposez au-devant des barrières et aux advenues de la rivière , tant dessus que dessoubs.
Fait à Lyon le 24 jour à*aoust i5g3. Signé: CaàfcLES deSàvoye. (Imprimé à Lyon par /. Pillelioite , in-8' de 8 pages ( tt. de Lyon , t. 22 du
1593. -—Août, Pierre Barrière, natif d'Orléans , qui avait été' batelier, qui depuis avait eu quelque commandement dans les troupes du duc de Nemours , jiyant Conçu le projet de tuer le roi , fait faire ses funérailles lans l'église de S, Paul , et prend ensuite le chemin de Paris. Il avait communiqué son projet à un dominicain nommé Séraphin Banchi , qui l'ayant pu l'en détourner , fit avertir le roi. Arrêté à Melun , Barrière ut rompu vif le 26 août \5çjù. Du Vebdier , Prosopogr., p. 2585 ; Mat- TniEtî , Hist. d'Henri IV , p. 150; Mèm. de Chiverhy , etc.
1593. — Septembrc'2. « Entra à Lyon Mgr d'Epinac, qui venoit de ParU à l'assemblée des estais pour l'eslection d'ung roy de France. » Arch. du Mi. , XII, iC5.
1593. — Septembre 7. Le Consulat étant averti qu'un nommé Levtilly et les pere et fils PtriatQ), apothicaires, demeurent fermes et opiniâtres en Yhuguenotisme , et sont fort scandaleux au peuple catholique, ordonne qu'ils vuideront promptemeulla ville. S.
1593. — Samedi ^septembre. Sur les dix heures du matin, messieurs les Consuls estant assemblez en la maison et logis de M. M* Claude de Rubys, premier cchevin, pour traiter des allaires de ceste ville , notamment pour adviser des moyens de trouver la somme de 8000 écus demandée à ladite ville par Mgr de Nemours, pour, par le moyen d'icelle, licenlier les troupes qu'Un enBeaujolois et autres lieux proches de ladite ville, lesquellcsapportent de l'ombrage aux habitans d'icelle, pour le bruîct qui court qu'elles se jactoient de se saisir de ladite ville. — Après avoir chargé le sieur Luc Mey, courtier juré sur la place des Changes, de trouvera inlerest ladite somme, sous l'obligation de quatre d'entr'eux, tels que voudroient choisir les presteurs ou créditeurs de ladite somme, est survenu M. Me Pierre de Montconis, seigneur de Liergues, conseiller au siège presidialde la ville, lequel a remonstré que le peuple est fort mal contenldu ravage que font lesdites troupes sur le platpays : on craint fort qu'elles ne veuillent surprendre ladite ville, comme la rumeur en est grande, à quoy plusieurs notables bourgeois desireroient qu'il fut promptement pourvu par barricades qui seroient advisées entre les sieurs eschevins et notables bourgeois, pour ce assemblez en l'Hostel-de-Ville. comme l'on a accouslumé , ou doit-on faire en péril eminent, requeroit pour lors ladite assemblée estre faite: ce que Iuy ayant este accordé par lesdils sieurs eschevins, lesdits notables bourgeois ont este convoquez à trois heures de relevée dudit jour audit Iloslel-de-Ville, où tous lesdits sieurs eschevins se sont trouvez, sauf le sieur de Fukyx, pour estre occupé ailleurs ; et des Notables
sont comparus M. M" Pierre Austrein, lieutenant particulier, cl messieurs Scarron, trésorier generalau bureau des finances, Arllius Henry \ aussi trésorier gênerai au bureau des finances, le sieur de Montconis et M. Pierre Allard, conseillers au siège presidial, M. Pierre Bullioud, procureur du roy, les sieurs Alexandre Polaillon, François Benoist, Jean Pelletier, M. Richard "de Seiracin, visiteur du sel , M. Guillaume S cart on , gardien (?) des portes de la ville, Michel de Pure, l'Esleu Pinet, Gaspard du Coing, Estienne Faure , Jean- Baptiste Boyllon, François Bernard et plusieurs autres, en l;i présence desquels le sieur de Montconis a représenté le travail et inquiétude d'esprit dont tout le peuple est travaille' pour la défiance et ombrage qu'il a des troupes et gens de guerre, qui, en ce temps de tresve, tournoient aux environs de la ville, sur laquelle le commun bruict est qu'il y a entreprinse . pour h quoy pourvoir ladite assemblée avoitesté convoquée. Sur quoy a esté repondu parles sieurs eschevins que, dès ce matin, ils avoieut fuict les mesmes et semblables remonstrances à Son Excellence que celles du sieur de Montconis , laquelle ils auroient humblement suppliée de licentier lesdiles troupes pour faire cesser tout ombrage, et mettre la ville en repos, mais que S. E. leur a dit qu'elle desiroit mettre lesdites troupes en garnison en quelques lieux de son gouvernement, ce qu'Ile ne pouvoit faire sans argent pour payer leur solde, et, pour ce, demandoit à estre secourue par ladite ville de la somme de 8000 écus, laquelle luy estant promise, elle feroil promptemenl retirer ses troupes, lesquelles n'esloient telles ny si grandes qu'on les faisoit, et que , pour en esclaircir le cœur de ceux qui en avoient mauvaise opinion, S. E. a voulu que la ville députât cinq ou six notables personnes pour les aller recognoistre sur les lieux, et en faire leur rapport; ce qui luy a esté accordé par les sieurs eschevins, lesquels neantmoins, pour contenter ladite assemblée, ont demandé l'avis des assistans sur ce qu'ils doivent faire pour la conservation de la ville. Et comme la pluspart, et voyre presque tons lescomparans eussent esté d'advis que , pour conserver ladite ville , il falloit redoubler les gardes d'icelle, et poser deux penonages extraordinaires, l'un du costéde Fourrières, et l'autre du costé du Rhône, au lieu qui seroit advise' parle sieur Tlnerry , faisant la charge de sergent-major en ladite vilte ; que l'on mettroit des notables aux portes; que , peudant ce temps de vendanges, défenses scroient faictes aux chefs de maison de sortir de la ville, sans l'expresse permission du Consulat; que l'on supplieroit S. E. de licentier ses troupes , notamment celles de Bourgogne et d'Auvergne , et que , pour ce faire , il seroit bon de le secourir de la somme par lui demandée , laquelle loutesfois ne lui seroit payée sinon après que ses troupes seroient retirées hors de son gouvernement, et que l on feroit, ce soir, une recherche exacte par tous les quartiers de la ville, sans nulle maison excepter. — Et comme ceux qui n'a voient pas donné leur advis vouloient opiner , voilà un faux adverlissement ou rapport donné à ladite assemblée que le sieur de Disimieu, l'un des capitaines entretenus de Son Ezc.9 venant de Dait/Jiiné, bien accompagné de gens cuirassés, avoit tué à la porte du Pont du Rhône, Jean Thcvenon, commis de la ville en ceste porte, pour ce qu'il luy en refusoit l'entrée, estant armé et suivi comme il estoit : lequel rapport a donné une telle alarme que ladite assemblée s'est rompue, et tout en un instant le peuple a prins les armes et s'est bfnriquéei. avenues des rues et places publiques ; mais, après qu'il est apparu que ledit rapport estoit faux, les barricades ont esté leve'es parle commandement desdits sieurs eschevins qui, à ces fins, se sout transportez par tous les quartiers de la ville : en quoy Ton a pu recognoistre la bonté et l'obéissance du peuple qui ne vise qu'à sa conservation sans avoir aucun maltalent ni mauvaise volonté contre la personne de Son Exe, d'autant que, au plus fort de l'a-
larme, el lorsque le peuple estoit le plus esnu, elle est venue de son logis fin' corps de garde du Change jusques à la Juiverie, et a commandé de lever les barricades que l'on y dressoit. Ce qui a esté l'aict, chacun luy portant l'honneur et l'obéissance accoustumée. S.
1593. — Septembre 18. Samedi. « Environ l'heure de cinq heures du soir , se firent les barricades à Lyon, parce que l'on sedoubtoit que M. de Nemours se vouloit saisir de ceste ville, comme de faictle soupçon estoit grand, car il tenoit Vienne, Montbrison, Thizy, Toysset et autres places, et disoit on qu'il vouloit mettre garnison, et durarent lesdites barricades une nuict entière : Le pardon estoit pour lors à la Platiere.
« Le lendemain (1) les barricades se firent encore sur le soir plus fortes que par avant, d'autant que ledit sieur de Nemours vouloit empescher que Ton ne les fit, mesmes que il lit mettre à bas celles de la rue Trois-Marics où luy fut présentée l'halebarde pour se retirer, de laquelle rue M. Allard estoit penon, et estoit bien barricadée la ville. L'on assiégea ledit sieur de Nemours en son logis, rue St-Jehan avec ses gentilshommes, et manda Ton aux villages que toutes les trouppes qui se treuveroyent dudil de Nemours fussent chargées. Et durarent lesdites barricades puis ledit jour jnsques le lendemain St-Matthieu audit moys , et ledit jour St-Matt/iieu , fut mené' prisonnier en Pierre- Scize (2), et plusieurs de ses gentilshommes en autres endroits. » Arch, du Rhône^xn, i65 ; Mém, delà Ligue, v, 455.
1593. — Même jour, dimanche 19 septembre. » Tous les eschevins, sauf le sieur de Rubys, se sont assemblez à l'Hostel-de- Ville, sur les 9 heures du matin, pour adviscr de pourvoir aux presens troubles qui peuvent attirer quant et eux une bien grande conséquence, voyrela ruyne entière de la ville, tant pour le mesconlcment que peut avoir reçu le prince qui luy commande, que pour le desespoir que le peuple a de son salut et repoz, sur tant d'adrerlissemens qui luy sont donnez de toutes parts que les troupes qui sont si proches de la ville, et qui ravagent le plat-pays, contre et au préjudice de la tresve générale publiée par tout le royaume, se jactent d'estre appelées pour la construction d'une citadelle , pour rendre la ville en servitude perpétuelle ; et parce que , ez alîaires d'une si grande conséquence concernant le repoz public, il estoit très requis et nécessaire d'avoir l'advis et bon conseil des principaux et plus notables habitans de la ville, notamment de messieurs du clergé qui y ont interest particulier comme ont le reste du peuple, a esté advisé d'en prier un bon nombre. Ce qu'estant faict par les inandeurs ordinaires, y sont comparus pour le clergé : M. Claude de Chalmazel, doyen et chanoine de l'église de Lyon, M. de Pravieulx , aussi chanoine de ladite église; M. Chatons, officiai ordinaire ; pour les finances : M. Scarron, trésorier gênerai ; pour la justice : M* Pierre Austrein , conseiller du roy , lieutenant
(t) Dimanche t o,.Le duc de Nemours se confiant encore aux charmes du pouvoir s'était rend'» avec la pompe attachée à sa dignité, dans l'église de S Jean pour y eutendre la messe ; mats, » l'issue du service diviu, le peuple accompagna de ses cris le prince , qui fut obHgé de se renfermer dans son hôtel. On confina en même temps, dans leurs maisons , les citoyens qui paraissaient être attachés à son parti , entr autres Claude Rubysy qui dès-lors n'exerça plus ses fonctions d'échevia. J. Morix , V, 4» 9»
(2) D'illustres personnages furent détenus dans le château de Pierre-Scise ; entre autres Jacques d Armagnac . duc de Nemours, en 1476 , Louis S/orze, duc de Milan , et son frère, le cardinal Ascagne , en i5oo ; Henri Corneille grippa , en 1535; Guillaume Poslel, en 1 56 î; le baron des Adrets, en 1568; Cinq- Mars et de Thon, en i H2, etc., etc. Voyez le Calendrier de M. Cochard pour 1829 , et le tome 2 de Y Album du Lyonnais, édité par M. Boitïl, en i8'»4.
particulier au siège prcsidinl, cl M* André Laurent, juge conservateur des privilèges des foires, M. Pierre de Montcunis, seigneur fife Lierguts, conseiller audit siège, et M° Pierre BulUoud, procureur du roy, et pour notables bourgeois : M. Arthus Henry, trésorier gênerai, nobles hommes Nicolas de Chapponay, seigneur de Vhle de Feysin , François Platet, seigneur et baron de Vaux, en Beaujolois, sieur Alexandre Pollaillon, François Bcnoist, seigneur delaChassaigne, M. Guil'aume de Villars> Michel de Pure, Antoine Charrier, Gaspard du Coing, George Louis, François Girard, François Bernard, Jean (le Mat^teu J. B. Buysson , Jacques de Gryeu , Jacques Cellier', tous lesquels ayant conféré avec lesdils sieurs eschevins sur le l'ait qui se présente , et mûrement considéré l'importance d'iceluy, d'où despend le salut et la ruyne de la ville et conséquemment de toute la province , ont solennellement protesté qu'ils ne se veulent despartir du serment que la ville a fait à la Sainte Union des catholiques, ni de l'obéissance et fidélité' qu'ils doivent à Testât royal et couronne de France dont Mgr de Mayenne est le protecteur et le lieutenant gênerai ; et , pour s'y conserver, ont unanimement résolu de se jeter entre les mains de Mgr le reverendissime arche.vesque de Lyon, messire Pierre d'Epinac, leur très digne prélat ; le suppliant de prendre leur protec tion, et les assister en la très humble remonstrance qu'ils doivent faire à Mgr de Nemours que les troubles fraîchement advenus en cesle ville, ne proviennent d'ailleurs que du mescontement que le peuple a de ce que, au préjudice delà tresve générale de ce royaume, S. E. a fait venir en «on gouvernement, non seulement les troupes de gens de guerre qu'elle avoit à sa solde auparavant la tresve, mais en a fait lever d'autres en Bourgogne et Picorais qu'il a bAté de rapprocher de cette ville, sans qu'il ait aucun sujet de vexer et tourmenter ceux de son gouvernement par les ravages et violences plus que barbares desdites troupes mal disciplinées : qui faict que le peuple est entré en ombrage et défiance de son repoz, par le moyen de plusieurs advertissemens à eux envoyez de divers lieux par personages notables très affectionnez au bien de l'Union, et qui ne désirent que la conservation de Testât et couronne de France en son entier ; et par le moyen aussi de quelque attentat sur la liberté de ladite ville. Pour faire cesser lequel ombrage, il a esté résolu en ladite assemblée , outre la resolution d'aujourd'huy , que Ton*renouvellera la prière faite à S. E. de licentier toutes ses troupes, et de les faire promptement vuider son gouvernement; et que jusques a ce, ou que autrement soit ordonné , les portes et chaînes de la ville ne seront ouvertes ; — qu'un»; recherche bien exacte sera faite par tous les quartiers et penonages de la Ville, et que tous les étrangers que Ton jugera ne pouvoir nuire estant hors d'icelle, en seront mis hors : et quant aux autres qui pourraient ombrager le peuple . comme gentilshommes, capitaines ou leurs semblables ayant commandemens, seronlpriés de se conleniren leurs logis, sans en sortir, et de remeltie aux penons des quartiers où ils sont logez, leurs armes pour y estre conservées et gardées , et leur estre rendues quand Tocca9ion écherra. Et d'autant que au château de Pierre-Scize, y a un capitaine à la dévotion de Son Exe, auquel on ne se peut tant assurer, comme Ton feroit d'un citoyen de eéste ville, si on luy en avoit commis la garde, ou bien aux Suisses qui sont en garnison en ladite porte, a esté résolu que ce soir, lorsque la garde desdits Suisses qui est dans ledit château se renouvellera, sera enjoint au capitaine des Suisses de ladite porte, d'y envoyer une quinzaine de bons soldats suisses qui puissent aisément conserver la place à la dévotion de la ville (1). S.
(1) Du moment des barricades, les principaux penonages se mirent sous les armes, f<e Consulat paya ensuite les dépenses qui avoienl été faites parles penons. Ainsi, il fit payer à Pierre
1593. — Même jour, Dimanche iq septembre, après midi. An logis Je Mgr YArcheiêquede Lyon, y estant ledit Sgr Archevêque, nobles hommes Jëcqm Jacquet. Claude Vize, Guillaume Gclla, Me Hugues Va'entin, greffier, /. A. Regnatdt, Ponson Bernard, Martin Cornet, seigneur et baron de Montribloud , Charles Neyrat, Louis de Berny, et Durand Colhabaud, éehevins (Il y manquoit le sieur de Bubys, qui ne reparut plus au Consulat, et A moblc Thierry). — Attendu que le sieur Loys Prose et son fils n'ont voulu obéir à la prière et commandement à eux fait, de la part du Consulat, par le sieur de Berny, de se contenir en leur maison, sans sortir en rue, et que, en dédain et mespris de ce, ils sont sortis allans par la ville, a esté ordonné aux sieurs Vite etRegnauld, de faire traduire ledit sieur Prostpere et son fils, cz prisons dé VArchevesché, jusques à ce qu'autrement soit ordonné parle Consulat, et aussi de faire conduire en l'Hôtel de Ville, les pièces sur roues qu'ils ont en leurs maisons, et pareillement celles qui sont en la maison de /. B. Lcqui ; et pour ce, est mandé à tous capitaines et 9oIdats qui sont en garde, et au chevalier du guetet son lieutenant, de prêter main forte, s'ils en sont requis par lesdits» sieurs Vize elRegnauld. — On commet le capitaine Bayard, pour assisteraux capitaines penons qui entreront au corps de garde des Changes, jusqu'à nouvel ordre. — On de'pute les sieurs Valentin, Gellas, M. le conservateur (Laurenz), M. Hollin, M. de Licrgue et M. le procureur du roi pour adviserdes moyens de la conservation de la ville. S.
1503. — Lundi 10 septembre. Séance consulaire tenue à l'Hôtel de Ville, oùassistaient tous les éehevins (sauf les sieurs deRubys et Thierry), et pour notables, M. Chaslon, officiai ordinaire, M. le trésorier Scarron, Me Laurcns, conservateur et juge gardien des foires, RI. Pierre de Mont conis, et M. Pierre Allard, conseillers, M. de l'Isle de Feysin. M. le baron de Vaux, sieur Alexandre Polaillon, Michel de Pures, Antoine Charrier, l'avocat Scarron, Gaspard du Coing, et J. B. Buysson : — Parce que le château de Pierre-Scise est fort suspect au repos de la ville, il a été résolu et arrêté que l'on en sorliroit le capitaine Donat, qui y commande avec les soldats qu'il a sous lui, et, en son lieu, y commettre le capitaine Lafonte avec telle quantité de Suisses que Ponjugera nécessaire pour la garde et conservation de la place (1). Le sieur de Vaux est chargé de faire exécuter cette ordonnance. — On députe le capitaine Bartholy pour accompagner le procureur syndic du plat-pays qui ira aux compagnies qui sont parmi ce gouvernement, pour les faire retireren vertu des lettres que Mgr de Nemours, leur commandant, leur baillera. — Ordonne que les gentils-hommes qui sont près la personne de Mgr de Nemours se retireront, chacun en son logis, et pour le regard de la personne de Son Exe, elle sera priée, pour sa sûreté contre la rigueur du peuple, de ne sortir de son logis, et d'y faire célébrer la messe, auquel sien logis, on permettra que toutes choses qui lui seront nécessaires pour la vie, lui soient portées. — Et parce que les gentilshommes qui doivent se retirer en leurs logis, sont bien pourvus d'armes offensives, a été ordonné que lesdites armes seront prises par inventaire, et mises en la Maison de la Douane sous la garde du sieur Gellas à ce commis. — On fait payer aux palefreniers de Mgr de Ne-
liullioutl , procureur du roi , capitaine penon des rues S. Jean et Tramassac, 86 écus, et 1 16 écus au sieur Vize, capitaine du Port S.Paul. Ces payements se firent le 28 septembre et jours suivants. Ce sont surtoutjcs peuonages du côté de Fourrières qui figurent dans les mandements. S.
(t) On lit payer de suite au capitaine Lafonte , à cause de cette commission, ao écus, et 6 écus aux Suisses qui lui firent escorte. Ce capitaine avoit , à Pierre- Seize , 25 soldats auxquels où payait aao écus par mois. S.
mours 6 écus pour acheter des provisions nécessaires pour les chevaux d« S. E., pendant sa captivité. — Hugues Court, messager de la ville est dépêché avec des lettres pour le duc de Mayenne. S.
1593. — Septembre 20. Le Consulat écrit à messieurs de Ouvrières, delà Liegue,dc la Pie cl de S. Forgeux. Après leur avoir lait part des événements de Lyon, « .... nous désirerions, leur dit-il, qu'il vous pleust de nous assister à ce besoing de votre personne, et déplus de voz amysque vous pourrez
recouvrer, parce que nous voulons tretous avoir àdvis des principaux
seigneurs de ce pays comme vous. Ce sera ung acte digne de vous et d'ung bon voysin et amy, tel que nous vous avons tousjours tenu. Et parce aussi que les trouppes (du duc de Nemours) commettent une infinité d'insolences, il nous semble que vous ferez un sacrifice agréable à Dieu de les faire charger par les communes h son de tocsin ; ce qu'estant faict en quelques endroilz, pourra refroidir les autres de passer plus oultre, et les occasionnerade se retirer eu leurs maisons. Nous vous supplionsdonc d'y pourvoir, etc. » S.
1593. — Septembre 20. Le Consulat à Mgr de Mayenne :
« Monseigneur, nous avons ci-devant protesté a V. E , tant par lettres envoyées par l'ungde nos messagers ordinaires que par nullres, desquelles le sieur de Bourg s'est nagueres chargé, que reste ville ne se desparlira jamais du serinent qu'elle a faict au party de la Saincte Union, ny moings de la fidellilé et obeyssance qu'elle doibt à Testai royal et couronne de France, dont vous estes, Mgr, le seul protecteur et lieutenant gênerai : et, comme à tel, vous raffreschissons le mesme serment, et protestons la mesme fidellitéet obeyssance. Que si bien le peuple de ceste ville s'est barrique etaprins les armes pour s'opposer aux desseings que, de divers endroietz et de plusieurs signalées personnes, l'on avoit eu advis que Mgr de Nemours avoit de se saisir de la ville, et de s'en rendre seigneur absolu, et en icelle cslever une citadelle pour nous asservir à perpétuité: ce n'a point esté pour offenser sa personne, ny pour distraire ladite ville dudit serment, mais seulement pour la conserver en son ancienne obeyssance à ladite couronne, de laquelle il sembleroit que Ton la vouloist distraire par la force des armes : car combien que S. E , à nostre requeste et instante poursuite, ayt faict publier la trçsvc générale, que, pour bailler quelque repozet soulagement au pauvre peuple, vous avez soigneusement et prudemment contractée ; si est-ce qu'elle a faict approcher de ceste ville toutes ses forces tant de pied que de cheval, et, non contente de ce, en a faict lever de nouvelles en Bourgogne par les sieurs baron dfiThianges et Thenissé, et en Nivernois par le sieur de Montréal, pour les joindre aux aultres qui font et commettent des actes, sur le plat-pays, si barbares et tant insolites que la plume se refuse pour ne Iesexprimer. A cause de quoy sabmedy dernier, nous taschasmesde remédier à ce qu'il n'en advint atilcun trouble ou scandale, et à ces fins, suppliasmes très humblement S. E. de licentier ses trouppes, mesme les estrangieres, et les faire sortir de son gouvernement, aux finsquele pauvre plat-pays pult jouir du bénéfice de la tresve : ce que S. E. nous déclara ne pouvoir faire, mais qu'elle desiroit les mettre en garnison ès villes de son gouvernement pourvenque Ton luy baillast les moyens de payer leur solde ; et, à ces lins, demanda d'estre accommodée par la ville de 8 mille escuz. Sur laquelle demande nous feimes appeler à nostre hostel commun quelques ungs des plus notables de noz concitoyens, lesquelzy comparoissaus , fuient en délibération de se saigner, pour satisfaire à la vollonlcde S. E., pourveu qu'elle licentiast promptement sesdictes forces. Voicy de malheur, ung faulx bruict que le sieur de Disimieu, lfuugdc. sus capitaines entretenuz avoit tue nostre commis à la poi le du Pont dulihosnc,
dont le peuple, a nostre insceu, fut tellement esmeu, que, en ung clin d'œil, il prit les armes, et se barriqua par touttes les advenues des rues et par les places publiques, et despuis n'a voulu poser les armes ; mais, quelques remonstranecs que nous lui sçachions faire, s'oppiniastre de les avoir en main jusquesàce que lesdites forces ayent vuidé ce gouvernement. Mais, pour cela n'a l'on jamais attenté à la personne de S. E., à laquelle jusques icy a l'on tousjours porté aultant, voyre, nous disons, plus d'obéissance que l'on n'a voit jamais faict aux roysny princes souverains. Car lorsque leurs majestei imposoient quelques nouveaux subsides, ou faisoient quelques levées extraordinaires de deniers sur le peuple, nous nous y opposions par très humbles remonstrances. Ce que nous n'avons faict pour son regard ; car, encores qu'il ayt triplé et quadruplé les tailles sur le plat-pays, et que, nonobstant ce, sa gendarmerie des ebamps y a esté fouler comme les aultres, si est-ce que, tant s'en fault que Ton ayt donné aulcune démonstration de mescontentement, que, au contraire, ceste ville luy a fourni, despuis le moys d'octobre dernier en ça, près de 80 mille escus, deniers comptans, sans ce qu'elle a desbourcé d'ailleurs pour l'entretenement clés garnisons de Vienne^ qui revient à une bien grande somme; ce qui a reduict noz concitoyens à si petit pied, qu'ilz se tiennent pour plus que misérables. Mais tout cela ne les eust faict prendre les armes, sans la crainte qu'ils ont eue d'estre pour jamais assemz soubz une pire domination. Ce dont nous avons bien voulu donner advis au vray à V. E., et la supplier très humblement de prendre ceste ville en sa spéciale protection et sauve garde, et à ces fins nous assister, Mgr, comme yoz, etc. » S.
1593. — Le mardi i\ Septembre, sur les dix heures dn matin, les troubles continuant , ... une partie de tous les ordres et états, d'icelle se sont assemblés en la maison archiépiscopale, pour prier Mgr V Archevêque, d'aviser aux moyens que l'on cioîroitles plus propres de rassurer et donner quelque contentement au peuple , sans qu'il y eût aucune altération contre et au préjudice de la personne de Mgr de flfemours ; en laquelle assemblée où présidoît mondit Sgr V Archevêque ( entre les bras duquel en ces nouveaux troubles la ville s'est jetée ) , se sont trouvés, pour le clergé, M. de Chalmazel , doyen de l'église de Lyon, reverendissime pere , messire Jean Maistret, suffragant , M. de Pravieux ; M. de Ckevrieres , et M. Chaslon, officiai ordinaire ; pour la noblesse . le seignenr de Rochebonne : pour échevins, M" Jacquet , Valerdin , Gella , Regnaud , Bernard , Couvet , Nojrat etde Berny ; pour la justice, M.**. Austrein , lieutenant particulier , André Laurens . conservateur , de Moniçonis , d' Chabanues , Allard Bollin et Bullioud , procureur du roi; pour les finances, M- le trésorier général Scarron ; et pour notables bourgeois , les sieurs de Serracin , visiteur du sel , A Polaillon , de Chapponay , seigneur de l'hle , du Coing et /. B. Buisson ; tous lesquels ayant pris siège confusément , et sans observation d'aucun ordre selon leurs qualitez ( ?auf Messieurs du clergé à la droite de Mgr l'archevêque), pour traiter desdits moyens, est survenu le Sgr de Javcrsy , capitaine de la la garde de S. E. , lequel a remontré qu'elle a un grand mécontentement, et a contre cœur les sentinelles que l'on a posées devant son logis , et qu'elle desireroit que l'on s'assurât de sa personne par une bonne et sure garde que l'on loi donneroit telle que l'on voudroit choisir.... Depuis est aussi survenu le Sgr de Mat^olles qui, continuant de la part de S. E., le même plaintif qu'avoit représenté le Sgr de Javcrsy a dit que Mgr de Nemours ne désire pas mieux que de rassurer la ville; que, quelque chose qui soit advenue , il ne s'en absentera
point , mais qne , pour plus grande assurance , il se retirera où, pour le mieux , il sera avisé... Le fuit mis en délibération , a été résolu que , pour bailler quelque contentement au peuple, mal édifié des mauvais conseil» qui ont été donnés à S. £. , et pour empêcher que, par cette furie populaire , il t\f. fut attenté à sa personne , et pour relever aussi le peuple de la garde ordinaire qu'il conviendroit faire au logis de S. E. , elle sera priée de trouver bon que, pour la sûreté de sa personne, elle soit remise au Château de Pitrrc-Scîze , où Ton lui portera tout l'honneur et le respect qu'elle sauroit désirer, où elle pourra menerquaut et soy, pour lui faire honnête compagnie, un couple de gentilshommes tels quelle voudra choisir avec quelques uns des principaux et plus nécessaires officiers domestiques. Et pour lui faire entendre cette résolution , et le prier de la recevoir de bonne part , comme venant de ceux qui , comme ses 1res humbles serviteurs , désirent son salut , lesdits sieurs Jacquet et Noyrat, echevin? , Laurens , conservateur, de Serracin , du Coing , et Buisson ont été commis et députés. Et, pour ce qu'il seroit très honnête et bien séant de l'accompagner» et demeurer quant et lui , de quelque personnage notable de la ville, pour lui donner quelque contentement et plaisir par honnêtes discours et bienséantes remonstrances , ledit sieur Laurens a été prié de prendre cette charge, pendant deux ou trois jours, jusqu'à ce qu'il y ait été autrement pourvu ; ce qu'il a très libéralement accepté , encore que, pour l'exercice de sa charge, il soit grandement occupé. — Lesquels députés étant accompagnés de bonne et sure garde , ont conduit par eau £on Excellence , entre deux et trois de relevée , au Château de Pierre-Scize, accompagnée quelle étoit des siens (1). — Et parce que, pendant ces troubles, il est expédient d'avoir un chef auquel on puisse avoir recours , afin de pourvoir promptetnent aux affaires , Mgr l'archevêque a été prié d'accepter cette charge , de donner le mot, et faire eu icelle ce qu'il jugera par sa prudence être requis et nécessaire , comme prélat très expérimenté qu'il est ès affaires d'état , et très zélé au bien et au repos de toute la ville et de toute la province. — A été aussi ordonné audit conseil que , pour certaines bonnes considérations , le sieur tfAndelot sera tiré du lieu de Pierre- S 'cize , et remis en son logis accoutumé de ï,yon , près l'église S. Jean , sur la foi qu'il n'en sortira qu'autrement soit ordonné. Le sieur Gella est chargé d'exécuter cette ordonnance , et ordre au capitaine Lafonte de remettre le sieur d? Andelot au sieur Gella, P. Cayet, Chronologie noxenaire ; J. Morin , V , tyiT..
1595. — Septembre ai . Le Consulat au Révérend Père général des Jésuites : « Monsieur, les deux révérends pères Castor et Major/us vous certifieront de la continuation de nostre bonne volonté envers leur saincte société , laquelle nous avons toutes les occasions que l'on scauroit désirer, d'honorer et respecter, tant pour la vertn et doctrine que bonnes mœurs de ceulx qui en font profession ; lesquelz depuis que ceste ville a eu le bonheur que de les recepvoir chez soy , ont faict un merveilleux fruict
(x) Le 2 octobre , le Consulat fit payer à un charpentier .;5 écus pour un corps de garde et une sentinelle (guérite) faits dans le cliàleau de Pierre-Scize ; on acheta pour le réparer , de* pierres de St-Cyr que l'on paya 33 écus. — Le 5 octobre, ou compte à Etienne Billet , maître serrurier, 91 écus pour la ferrure qu'il avait faite pour la sûreté du château, et. pour empêcher que les prisonniers ne pussent en sortir , on fit couper tous les arbres qui étaient à Pentour du château. Il y avoit en tout 4 0 soldats, sous le capitaine Lafonte; leur solde, pour chaque mois, se montoit à 3io écus (Toutes les précautions furent inutiles. Voyez ci-après au 2G juillet 1 U9 , ) . S.
qui va augmentant de jour en jour, pour les lectures ordinaires qu'ils l'ont tant de théologie que de philosophie. Pour à quoy les maintenir et fournir à la despcnsc qu'il lenr convient pour ce faire , on a trouvé moyen de faire resigner en leur faveur le prieuré de S. Hirewe, duquel vous avez aultresfois ouy parler , et que S. S. leur avoit accordé ; à laquelle pour ce , noua en faisons encore très humble requeste par noi lettres que nous vous prions de lui présenter avec lesdits sieurs Castor et Majorius , et d'avoir ceste ville pour recommandée en voz bonnes prières et oraisons, comme, de nostre part , nous demeurerons tousjours, Monsieur, voz très humbles et très alTeclionnez serviteurs. De Lyon ; ce a i septembre i595. S. — Les deux jésuites dont il est question daus celte lettre sont probablement les mGines que ceux dont parle Poullin de Lumina dans son Abrégé chronologique , p. 225.
1693. — Septembre 21. M. de Chevrières écrit au Consulat, en réponse à la lettre du 20.
a Messieurs , je vous ay , ce malin , despesché ung gentilhomme sur le mesme subjet de celle que vous m'cscripvez. Je vous diray .'seulement que je suis après à veoir s'il y a quelque chose qui branle à la campagne pour m'y opposer. Si vous jugez que , toutes choses laissées . je vous doibve aller trouver, je le feray incontinent, et demeureray cependant Messieurs, vostre bien humble ù vous servir. Myolans. Ce 21 septembre
1593. — Septembre 21. M. de Chalmazel de la Pie écrit nu Consulnt, en réponse à sa lettre du 20 :
« Messieurs, J'ay receu ce soir celle qu'il vous a pieu m'cscripre,suivant laquelle je n'aurois failly me rendre en vostre ville avec bonne troupe de mes amys pour vous tesmoigner Testât que j'ay tousjours fait de l'honneur que me faictes de m'aymer , et le zele que j'ay au bien cl repoz de vostre ville et de la province , si je n'eusse jugé vous pouvoyr cslre plus utile pour rester encores à la campagne ; parce que je désire d'asseurer quelques villes cl forts circonvoysins d'icy. et empescherque les troupes qui sont aux champs ne s'y logent. Je pars présentement pour essayer de deslogcrles garnisons qui sont dans Fcurs. Ayant fait cela , comme je l'espère , j'essayeray de donner une venue à quelques regimens qui ravagent le pays. Toutesfois si vous jugez, Messieurs, que je vous puisse servir, toutes choses laissées, je ne manqueray à me rendre à vous au jour que vous me marquerez par ce porteur que je vous envoyé exprès; n'ayant rien plus en affection que le bien et repoz de vostre ville, de laquelle dépend le nostre. Attendant donc de voz nouvelles, je demeureray, Messieurs , vostre très humble et alfectionné serviteur, de Chalmazel A St. Marcel , ce 2! septembre
1593. — Septembre 22. Lettre du Consulat aux Consuls de Se.-Gmys- Laval :
« Messieurs, le porteur nous a rendu voz lettres qui ont esté lues au Conseil tenu près la personne de Mgr I' ' Arthevesque* où il a esté résolu que désormais on ne permettra plus que aulcunes compagnies de pied ou de chenal tiennent la campagne : et a-t-on, pour ce, envoyé le sieur JRarUtofy pour les faire retirer , avec charge expresse que , où elles ne voudront obeyr , de faire assembler les communes à son de tocsin pour leur courre sus, comme nous vous prions de faire avec voz amys , si vous vous cognoissez les plus forlz. Le trompette duquel vous nous cscripvez est ici. L'on commande à
son capitaine de se retirer; s'il ne le faict, il fauldra user de contrainrle. Tenez-nous tous jours adverliz de ce que vous apprendrez «
— Même jour. Le Consuht aux échevins delà ville de Coindrieu;
« Messieurs, parce que nous ne desirons pa9 moins que vous le repoz de vostre ville, et que nous desirons qu'elle jouisse du bénéfice de la tresve, nous avons député le capitaine Chevallier pour vous assister de recouvrer voslre liberté, auquel nous vous prions de donner créance de ce qu'il vons dira de la part de Mgr de Lyon et de la nostre , etc. »
1593. — Septembre 22. Le Consulat écrit au* consuls et officiers de taille franche , qu1 'il a un grand regret des ravages que les troupes de Mgr. de ÏVcmours avoient faits aux environs de leur ville ; l'état de la ville de Lyon et ses troubles l'ont empêche de pouvoir leur donner des secours , mais il les invite h s'aider des forces des communes à son de tocsin, pour mettre en pièces ceux qui les troublent ; à cet effet il envoie auxdits consuls de nileft anche , le capitaine Chorlier qui les aidera dans les expéditions , etc. S.
— Même jour. Le Consulat écrit aux echevins de Trévoux que l'assurance qu'il a qu'ils ne désirent pas moins leur liberté' que lui, l'a porté à les exhorter à l'acquérir , et s'ils avoient besoin de leur assistance, de le leur faire savoir par le sieur Bartholy que le Consulat envoie exprès vers eux. S.
1593. — Septembre 11. Le. Consulat à Mgr le Marquis de Saint- S or lin :
« Monseigneur, nous désirerions bien avoir meilleur subject de vous faire sçavoir des nouvelles de ces quartiers que nous n'avons ; mais puisque la malice du temps nous a enfanté des troubles plus fascheux que nous n'avons encore eu depuis les premiers de l'an i56a, nous rendons grâces a Dieu que, au commencement d'iceulx, il n'y ayt eu aulcune effusion de sang qui eusl esté grande, si l'on eusthazardd d'exécuter les desseings qui estoientstrr nous. Il n'est pas que vous ne sçachiez bien , Monseigneur, qu'il y a longtemps que le peuple de ceste ville a pris ung ombrage, voyre une créance 1res asseurce, par les frequens advis que l'on avoii de plusieurs lieux, que Mgr vostre frère projcltoitde faire une Citadelle pour se rendre seigneur absolu d'icelle ville, ce que nous n'avons jamais voulu croyre, jusqu'à ce qu'estant publiée la tresve, et S. E. requise et très humblement suppliée licentier ses trouppes, tant s'en fault qu'elle l'ayt voulu faire, qu'elle les a faict approcher de la ville le plus qu'elle a peu, et, non contente de ce, en a faict lever de nouvelles tant en Éuwgogne que Pivarais, soubt la charge des sieurs de Thianges , de Thenissey et de Montréal, soubz prétexte de les jet ter en Savoye pour le secours de Son Altesse, laquelle estant entrée en ladite tresve faisoit cesser le prétexte. Et neantmoings S. E. hastoit, par messagiers exprès, les dictes nouvelles trouppes pour se venir joindre aux aultres qui estoient és environs de Fillefrancht qui n'est qu'à 5 lieues de ceste ville, faisant actes plus que barbares et inhumains. D'ailleurs les chefs desdictes trouppes semoient partout ung bruict que leur rendez-vous estoit en ceste ville où ils esperoient de s'enrichir; dont nostre peuple s'est tellement esmeu qu'il aconverly sa longue patience et taciturnilé en furie ; et comme nous estions, sabmedy dernier , extraordinaircment assemblez en l'Hostel de Ville ponr moyenner l'assoupissement de ces ombrages, il print les armes à nostre desceu, se barriqua si bien, et a tellement continué d'une telle et si grande animosilé,qne, pour la seureté de la personne de S. E. , et donner quelque contentement à tous hoz eorveitoyens jaloux de leur salut cl repoz et de se conserver au parly Je l»
Sainrte Union et couronne Je France, non* avons prié Sadicte Exc. de «e retirer au Cliasteau de Pierre-Scize, où il luy sera porté tout tel honneur, respect et obéissance quelle scauroit désirer; ce quelle nous a très volontiers accordé; et au mesme instant, encoresque le temps fust assez incommode, pour la grande pluie qu'il faisoit, y est monté par eau avec telle compagnie qu'il luy a pieu choisir, tant de ses gentilshommes que officiers domestiques, entre lesquelz est le sieur Girard Bouvercet (?) que l'on a opinion avoir esté le principal conseil des actions et suspects desportemens de S. E., laquelle nous vous asseurons ne recevra aulcun desplaisir en sa personne, mais déférerons le jugement deffinitif de ceste affaire a Mgr de Mayenne vostre frère : qui nous faict vous prier de ne vous en remuer aucunement, ny, pour cela, envoyeraulcunes forces par deçà, parce que cela ne t'eroit qu'en aigrir le* affaires, et luy apporter plus tost desplaisir que service, joinct que l'on est résolu d'assembler toutes les communes à son de tocsin, conduites par bons capitaines pour tailler en pièces tout tant de trouppes qui s'approcheront désormais d'icy. Décela nous avons bien voulu vous donner advis, et prie de croyre que, quelque chose qui se soit passée , nous ne lairronsdedemourei tousjours, Monseigneur, vos humbles et affectionnez serviteurs, les Consuls, etc. De Lyon, ce 22 septembre i5o,3. » S.
1593. — Septembre 23. Le Conseil établi à Lyon sous l'obéissance d, Mgr le duc de Mayenne , envoie au duc de Nemours la déclaration suie vante :
• Monseigneur, la crainte que nous avons eue de perdre nostre liberté, et les grands indices que nous avons veus, qui ont esté suivis de preuves très certaines que vous vouliez par force vous rendre maistre de nostre ville, ont conlrainct les habitans d'icelle de s'armer pour leur conservation . suyvant plusieurs remonstrances et protestations qui vous avoient esté faictes. Les choses ont passé si avant que vous ne pourriez jamais vous confier de nous, ny nous prendre asseurance de vous, et pour ce nous voils supplions croire que nous mourrons pluslost que de nous remettre jamais souz vostre domination et gouvernement, les raisons n'en estant que trop légitimes , ny encores de Monsieur le Marquis vostre frère, seulement pour la proximité qui est entre vous et luy : car jusques à ceste heure nous n'avons aucune occasion de nous douloir de luy. Partant, Mgr, nous vous supplions de vouloir vostre repos et asseurance et la nostre, et déposer volontairement le soing de ce gouvernement, que nous cognoissons aussi bien estre trop peu de chose pour vous, et auquel nous ne consentirons jamais que vous demeuriez. Si vous nous faictes ce bien, et vous donnez à vous mesme ce repos, promettez nous que vous remettrez les places entre les mains de ceux qu'il plaira à Mgr le duc de Mayenne de commettre, auquel nous envoyerons de nostre pa>rt, s'il vous plaist faire le semblable de la vostre. Et cependant faire cesser tous actes d'hostilité de la part de voz trouppes, comme nous ferons aussi de nostre costé, contremandant tous nos amis que nous avions envoyé quérir : demeurant cependant toutes choses en Testât qu'elles sont, attendant qu'il aye pieu à Mgr le duc de Mayenne eu ordonner. — Faict au conseil estably en la ville de Lyon, sous l'obeyssaocede Mgr le duc de Mayenne^ le 23 septembre i5o5. Signé P. Matthieu. » — Cette pièce a été imprimée à la suite du Discours... sur la fn'inse des armes du 18 septembre (Voyez ci-aprés les publications de 1J95).
1593. — Septembre tà. Le Consulat fait payerau capitaine La forge 100 c'eus pour reconnoissanec des services signalés qu'il a faits à la ville pendaut les
presens trouble**. — Ce capitaine coinmnmloit à 60 soldats que Ton avoit placés aux fauxbourgsde Faïzeei de S. Jusi.
— On fit aussi pîiyer 100 ecus au capitaine Bourdillon pour lever une compagnie de gens de pied pour la garde de Givors.
1593. — Septembre 25. M. d'Àlbon de St Forgeua écrit au Consulat, en réponse a sa lettre du 20.
« Messieurs, dès hier malin, je fis response aux vostres , et M. de la Fi* (Chalmazel) m'a faictcest honneur que de m'estre Tenu visiter, et plusieurs autres gentilzhommes ; lesquelz et inoy avec eulx, attendons en bonne devocion de voz nouvelles. Cependant les trouppes tant de pied que de cheval se rendent en Forez, et à ce que nous pouvons descouvrir proposent y faire leur gros, attendant leur chef. Il y en a encores qui sont esparses cà et là en ces quartiers dont on a attrapé quelques ungs que je tiens prisonniers. Vous pourvoirez à ce qu'il sera expédient de faire en ceste occurrence et aullres qui surviennent d'heure à heure, dout le porteur informera h quoy il sera besoing nécessaire de pourveoyr. A quoy attendant responce ; cependant vous pouvez disposer de ce que je pourray faire pour le bien delà ville et du pays; je le feray d'aussi bon cœur, comme je prie Dieu, Messieurs, vous donner en santé, longue et heureuse vie. De vostre maison, ce 25 septembre 1593. Vostre très humble voysin et plus iidelle amy pour vous faire service. Urxtrànd d'Albon (1). » S.
1593. — Septembre 24. Le capitaine Baron et le sergent Lestra sont commis par M. le reverendissime archevêque, commandant de latille, pour conduire hors de ce gouvernement les troupes du sieur de Montréal et du baron de Grinet (?), ainsi que celle du baron de Thenissey. S.
1593. — Septembre i\. Noble François Platet, baron de Faux, prie le Consulat ne permettre que le sieur François de Ruzinant, bourgeois de Lyon , soit emprisonne, a l'occasion des présents troubles; mais de lui permettre de demeurer dans sa maison, offrant de le cautionner et de le représenter a réquisition. Le Consulat adhère à cette demande. S.
1593. — Septembre 24. M. de la Liegue écrit au Cousulat, en réponse ù sa lettre du 20 :
« Messieurs, ce qui m'a retardé jusques à présent de venir rejoindre Mons. de Chevrieres est les occasions que je vous diray,.... s'il vous plaist de me faire entendre vostre voullonlé; je ne fauldray de m'acheminer pour vous aller trouver : car pour une si bonne et si sainte cause, je n'y veux espargner ma vie ny mes moyens. J'attendray donc vostre voullonté , cl demeureray, Messieurs, vostre plus affectionné voisin pour vous faire servisse (sic). La Liloce. ARivcrie, ce 24 septembre 1 5q5. — P. S. Messieurs, depuis ma lettre écrite, j'ay prié mon frère d'estre le porteur de la présente. » S.
15Ô3. — Septembre 26. Le prince Henry de Lorraine écrit de Mascon au Consulat :
a Messieurs 9 j'ay receu voz lettres et s ce u ce. qui est advenu en vostre ■ville. Je me suis acheminé incontinent en ce lieu, pour faire tout ce que je pourray à la conservation de nostre religion , du parly et du pays ; à quoy je croys que vous serez tousjours disposez. J'ay amené des forces , et en attends pour cest affaire. Aflin que plus particulièrement
( 1 ) Cette lettre a du être écrite do château de St-Forgeux , résidence habituelle de Bertrand d'Albon. Voyez le Mémoire sur la Ligue, attribué à D. Thomas, p. 37.
je puisse sçavoir Testât de toutes choses, je vous envoyé ce porteur * vous priant de croyre tout ce qu'il vous dira de Mascon , et vous asseurcr , etc. » S.
1593. — Septembre 2.7. <* Vint le marquis deSt Sorlin, frère du sieur
de Nemours qui estoit à Ryom en Auvergne jusques au faubourg Si Yrigny, où illec tuarent le portier et un sergent royal nommé Latua, blessarent plusieurs personnes, et tuoyent et emmenoyent prisonniers ceulx qu'ilz trouvoyent, violoyent filles et femmes, et en menoyentle bestial et tout ce qu'ilz trouvoyent par le Lyo/inois , à Vienne , tant aux villages que par champs. » Arch. duRh., xu, 166.
1593. — Septembre 28. Le Consulat au marquis de Saint- Sor Un : « Monseigneur, sitost que les tumultes furent arrivez en ceste ville pour les justes soupçons suivis de preuves très claires que Mgr vostre frère pretendoit avec la force des armes et les trouppes qu'il avoit es environ d'icy, et qu'il faisoit venir de plus loing, se rendre maistre de ceste ville, nous vous despeschasmes la lettre cy-joincte (celle du 22 septembre), par laquelle nous vous faisions entendre ce qui s'estoit passé; mais vostre Exc. n'ayant esté trouvée à Byom, nous avons advisé de vous faire encores ceste despesche pour vous dire et asseurer que ce que nous avons faict n'a esté par aulcune passion, inimitié ou animosité, mais seulement pour nous conserver et deffendre nostre liberté, comme nous avons faict du temps des roys. M. de Trapes vous va trouver pour vous faire entendre en quel estât sont les affaire*, et que, a cause de quelques violences qui ont esté faictes à l'endroict de noz concitoyens, mesmes contre femmes et enfans, à peine avons nous peu contenir le peuple qu'il n'oultrageast les gentilzhommes qui sont icy. Et si les violences continuent, nous prévoyons qu'il nous seroit impossible d'éviter quelque grand inconvénient, duquel, vous, Mgr, et nous, aurions regret par après. Mais, s'il vousplaist faire contenir vos trouppes, nous envoyerons homme vers Mgr le duc de Mayenne, pour luy rendre compte de nos actions, et obéir p ce qu'il nous commandera. Et, s'il vous plaisoit d'y envoyer ung de vostre part, les choses pourront prendre quelque meilleur acheminement au contentement de toutes les partyes. Cependant, Mgr, nous desirons de vous rendre tout honneuret service très humble, et prions Dieu, etc. De Lyon, ce 28 septembre 1693. » S. Voyez au 27 octobre.
1593. — Septembre 28. Lettre du Consulat à Madame de Nemours ( Anne d'Esté) (1) :
« Madame, nous protestons Dieu que nous avons un extresme regretde ce qui s'est passé despuis huict jours en ça en ceste ville, ne fut-ce mesme que pour l'heureuse mémoire de feu Mgr de Nemours, etpourles desplaisirs et mescontemens que V. E. en aura peu recepvoir : mais quand elle aura entendu nos doléances et juste occasion de la prinse des armes par nostre peuple, nous nous asseurons tous de vostre bonté et naturelle affection que vous avez à ce royaulme, comme nièce ou petite fille de ce bon roypere du peuple Loys douziesme que Dieuabsolbe, que vous jugerez tousjours que nous n'avons que bien faict d'empescher que ceste ville et toute la province qui en despend, en fut distraite par lemaulvais conseil que quelques domestiques et familiers de Mgr le duc de Nemours vostre filz luy ont donné de s'en saisir et rendre seigneur absolu, et pour s'y maintenir d'y reédiflier une citadelle. Vous avex bien sceu , Madame , l'ombrage que toutes les provinces et villes de France
(i) C'est à l'occasion de l'entrée que fit cette princesse à Lyon, le premier septembre 1566, qu'eut Heu la chevauchée de Casne, dont nous avons parlé sous cette date.
ont prias de la secrctte cl longue conférence que S. E. avoit eue à une lieue d'iey avec les principaulx agens du roy de Navarre, despuis laquelle il s'est saisy des villes de Vienne et de Montbrison , faict fortiffieret rendre comme imprenable le chasteau de Thoissey etceluy de ladite villu de Montbrison, par le moyen desquelles places il nous a blocquez de tous costez; et, pour les asseurer, et celles qu'il a prinscs en Auvergne, a desarme' nostre arsenac de pièces, pouldres et balles. Pour tout cela, encores que ce fust au grand préjudice et intereslzde ceste ville et de toute la province, nous n'avons jamais faict aulcune démonstration de mescontement, mais luy avons tousjours porté tel respect, honneur et obeyssance qu'ung prince souverain eust sceu désirer de ses naturels subjects. De cela ne nous pourra-t-il démentir; car il a disposé librement de toutes les finances de ce gouvernement, triplé et quatriplé les tailles, pourveu aux offices vacans soubz ung grand sceau de ses armoyries, tenu parle grand maistre Girard (i) ; donné, par droict d'aubayne, les biens des estrangiers, encores que ce fust contre le préjudice des foyres de la ville, et au préjudice d'une déclaration faicte par le roy, veriffiée en la cour du parlement de Paris, au proffict de ceulx de Savoye qui estoyent venuz habiter en ladite ville, dez le temps que ledit pays de Savoye obeyssoit à S. M., a faict vendre aussi, par droict de déshérence, des biens des naturels francoys, voire mesmes avant leur mort. Tout cela, encores qu'il donnoit occasion au peuple d'ungtres grand mescontement, ne l'a point esmeu de prendre les armes; mais ayant advis de toutes parts, de son desseing de se vouloir saisir de ceste ville, et ayant S. £. esté priée de licenlier ses trouppes pour donner, pendant le temps de la tresve, quelque repoz et soulagement au pauvre plat pays que, sansaulcune pitié, elles ont ruyné etrendu misérable, tant s'en fault qu'elle ayt accordé ceste juste requeste, que, au contraire, elle en a fait lever des nouvelles, tant de pied que de cheval, de Bourgogne et Fivarezt soubz la conduicte des sieurs de Thianges, de Thenisscz et de Montréal , sous prétexte de les jetteren Savoye pour le secours de Son Altesse , laquelle ayant accepté la tresve et licentié son armée, faisoit cesser ledit prétexte. Mais il n'a laissé pour cela de faire haster par messagiers exprès lesdites nouvelles forces pour les joindre à celles qui estoient levées auparavant la Iresve, et les approcher de si près de noz portes, que, en une nuict, elles s'y pouvoient rendre pour en susprendre une ou deux, comme elles mesmes s'en jactoient par les champs, disant partout qu'elles venoient icy en garnison. La longue patience du peuple souvent irritée, l'a coutrainct de prendre les armes, se barriquer et se saisir de sa personne, avecq resolution de mourir plustost que de le recepvoir jamais pour gouverneur, ny Mgr le Marquis son frère pour la proximité du sang, encores qu'il soit prince lies débonnaire et bien nay. Nous vousavons bien voulu faire ce discours, Madame, pour vous faire cognoistre nostre innocence, et juger que le conseil qu'a eu Mgr de. Nemours luy a esté traistre, perfide et très pernicieux. L'on en accuse deux ou troys que nous ne voulons nommer; nous remettant a la suffisance de ce présent porteur pour vous particulariser plus amplement leurs actions et desportemens , et en laquelle opinion ilz sont envers le peuple, joinct qu'il nous semble que la prolixité de ceste lettre vous sera fascheuse et désagréable , comme excédant les bornes d'une missive , à laquelle, pour
(1) Morin (v, 435.) l'appelle Girardi. Il est aussi question , dit-il , dans Me/erai , d'un Ferrarois, inventeur d'impôts, à lame de fer, qui était le conseiller intime de Nemours. C'est sans, doute , ajoute-t-il , ce Janetti dt Lequi, qui s'empressa de quitter Lyon , après le 1 8 septembre , avec quelques autres ligueurs. — Ce Janetti , ou plutôt Jauctio de Le qui , est le même que Jean de f Aiguë, qui fut écheviu de 1588 à i5a/î.
ce, nous mettrons fin , «près tous avoir très humblement baisé les mains* souhuilté tout bonheur et longue vie , et prié Vostre Excellence , Madame, que, quelque chose qui se soit passée, nous tenir pour voz très humbles et très obeyssans serviteurs. Les Consulz, etc. De Lyon, ce 28 septembre i5g5. » S.
1593. — Septembre 28. Henri IF" écrit aux Echevins de Lyon : Tres-chers et bien nmez, le soin que nous avons du bien public de ce royaume n'a pu permettre qu'avant entendu le tumulte advenu dans vostre ville, nous ne soyons entrez en considération et crainte du danger que cet accident y pourroit apporter, ou ailleurs dans ce pays, de quelque entreprise de noz ennemys... Ce qui doit inciter ceux qui y ont quelque interest d'y user de toutes les précautions et remèdes qui s'y peuvent apporter. Et ayant, sur ce advisc d'envoyer par de là nostre amè et féal le sieur de la Fin, conseiller en nostre Conseil d'estat, pour faire office de nostre part envers les sieurs gentilshommes du pays, à ce que, par une bonne intelligence, ils veuillent tous soigneusement prendre garde et s'employer à maintenir vostredite ville en seureté contre tous desseins qui pourroyent estre faicts au dommage d'icelle et du pays par les ennemys. Nous luy avons aussi donne charge d'y faire intervenir noz forces et serviteurs, si le besoin le requiert, et de vous y offrir toute assistance de nosire part : et nous remettant à ce que luy avons ordonné de vous représenter sur ce, de nostre bonne intention au repos public de cedit royaume et à la conservation et prospérité particulière de vostredite ville, nous n'estendrons la présente plus avant, que à prier Dieu qu'il vous ayt, très-chers et bien amer, en sa saincte garde. Éscript à Fontainebleau, ce 28e jour de septembre i5g3. Signé Henry, et plus bas Retot. » Voyez l'abbé Scdan, Recherches sur le retour de la ville de Lyon à la monarchie sous Henri IF, etc., p. 5 , et ci-après, au 20 octobre (1 ). .
1 593. — Septembre 29. Le Consulat écrivoit aux Cosses de Charly , Vernaison et Grigny, que,pôur la conservation de leurs biens, femmes et enfans ,
(t) M. Berger de Xivrey publie , aous les auspices de M. le Ministre de l'Instruction publique, un Recueil des Lettres missives de Henri ÏV. Celles que ce prince a écrites au Consulat lui ont été communiquées par M. Grandperret, archiviste de la ville ; on les retrouvera , à leurs dates, dans nos Documents. En voici nnequi se trouve dans un des Mss de la Bibliothèque confiée à nos soins; elle est adressée à DuplessisMornay, et n'a point échappée à l'auteur de son article inséré dans la Biographie universelle; mais , comme le style en a été modernisé , uous croyons devoir l'offrir à nos lecteurs telle que nous pensons qu'elle a élé écrite :
« Monsieur du Ptessis, j'ay vn extresme desplaisir de l'outrage que vous auez receu auquel je participe comme roy et comme votre amy. Pour le premier je vous en feray justice et je me la feray aussy. Si je ne portois que le second tiltre , vous n'en auez nul de qui l'espée fut plus preste à desgaisner ny qui apportait plus gayement sa vie que moy. Tenez cela pour constant , qu'eu effect ie vous rendray office de roy de raaitre et d'amy : sur cette vérité , je finis priant Dieu vous tenir en sa garde. De Fontainebleau , ce 16 novembre (1597). »
Du Plessis répondit au roi :
- Sire , j'ai sceu du sieur du Morier ce qu'il a pieu à Vostre Maieslé luy dire, et depuis receu par M. de la Bastide celles de vostre Maiesté , lesquelles me font tarir et la voix et la plume , capables , sire , d'endormir ma douleur, n'estoit que la plaie en est au cœur qui ne sommeille point. Cependant ce m'est une graude consolation que Vostre Maiesté le prenne comme sien. Je prens donc , Sire, cette patience autant qu'un cœur ulcéré le peut , mais neantmoins toujours tressa in et entier en tout ce qui est pour vostre service, vers lequel je ne pense pas me pouvoir acquiter, mesme par plusieurs vies. Sire , ce qui me reste de plus seur, c'est de supplier assiduellement le Créateur qu'il donne à Vostre Majesté, en toute prospérité, longue vie. —Cette lettre n'est pas datée.
ils doivent empêcher de tout leur pouvoir que l'ennemi ne se saisisse de leurs châteaux ; pour ce, d'y mettre de bons hommes surs , lesquels, tenant bon dedans, ils seront secourus des forces que Lyon leur enverra; qu'ils eussent donc à bien prendre garde de n'être surpris, parce que ce seroit leur eDtiere ruine , etc.
1593. Septembre 30. Séance consulaire, « Parce que les nouveaux troubles non seulement continuent, mais croissent et s'enaigrissent de jourà autre, et qu'il est très requis d'avoir un chef bien versé aux affaires d'état, pour, selon les occurrences, y pourvoir , il a été advisé , jusqu'à ce que Mgr de Mayenne y ait pourvu de supplier de rechef Mgr l* Ârchevesque de prendre cette charge tant pour la ville que pour les champs; et, pour l'assister de conseils, choisir dans tous ordres et états tels personnages qu'il jugera capables.
Aie Gaspard Merle élo'xl secrétaire du Conseil d'état tenu a Lyon près la personne de Mgr d'Epinac , commandant en cette ville; Pierre Matthieu e'toit aussi secrétaire de ce Conseil ou de l'archevêque ; le sieur Merle avoit pour clerc Barthélémy Baret. — En novembre, les èchevins Jaquet et Thierry furent députés par le Consulat pour assister au Conseil d'état. S.
1593. — Septembre 30. Le Consulat à M. le colonel Alphonse : « Monsieur , lorsque , pour le tesmoignage de l'ancienne amytie' de laquelle vous honorez ceste ville , il vous plaist luy offrir voz forces pour son secours, nous ne pensions pas que les affaires vinssentù une telle aigreur qu'elles sont depuis venues. Cela fut cause que nous n'acceptasmes sur le champ voz honnestes offres, craignant mesme qu'on ne le prist pour une rupture de la tresve , maislei inhumanitez plus que barbares dont use l'ennemy nous meuvent de recourir ù tous nozbons seigneurs etamys entre lesquels nous vous avons tousjours eu pour très asseuré, et par ce vous prier de ne nous laisser à ce besoiug : en conséquence , et pour l'exécution du i3e article de la tresve , et si vous accordez ceste nostre requeste , nous vous prions de faire achemine r voz forces droict en ceste ville, le plus promptement qu'il vous sera possible.... » S.
1593. — Septembre 30. Le marquis de Saint Sorlin au Consulat : a Messieurs . j'ay veu les lettres que vous m'avez escriptes par M. Destrappes, etouyles remonltiances qu'il m'a faictespour m'induire à la douceur et poser les armes jusques à l'avenue de M. de Mayenne; mon frère et lieutenant gênerai de Pestât, et jugé par conséquent du tort et de l'oultrage commis en la personne de Mgr deNe/noars, mon frère. Il n'y a celluy de vous en gênerai et particullier qni ne sçache assez si mon naturel est enclin au sang et à la cruauté, et , si pendant l'absence de mondil sieur frère, lorsque j'avois cest honneur de vous gouverner, si mes commandemens seulement , mais ma volonté s'est estendue à chose qui aye apporté dommage ou préjudice à aucun de vous. J'atteste le Dieu Tout-Puissant , vray scrutateur de vos cœurs, et clairvoyant aux plus secrettes pensées des hommes, si, après son divin service , j'ay rien eu tant en recommandation que la manutention de la justice et conservation de vostre autorité , et si je n'ay tousjours post posé mon proffit particullier au gênerai contentement d'ung chacun de vous. Et aujourd'hui , sans que aulcun de vous se peust plaindre de moy , en mon absence, et sans estre ouy, en temps de tresve , contre tout ordre de justice, peu souvenans du mémorable service que Monsieur mon frère a faict non à l'estat seulement, mais à toute la religion chreslienne, conservant Paris , le payer d'une si pauvre recompense , et m'outrer de juste douleur, retenant en une estroicte prison la plus chère personne que j'aye au monde ! E(
encores, non contents de ça , induictz et pousser par la passion d'aulcuns particuliers, sansVous avoir meffaict,me déclarer incapable et indigne devous pouvoir jamais servir ! c'est trop d'outrages,Messieurs,pour inclineret ployer ung courage tel que le mien à la douceur. Toutes foys , ayant tousjours choisi Dieu pour source et guide de mes actions , et a luy remis la vengeance du tort qui m'est faict , j'appelle à sa divine justice de l'injure qui nous est faicte, et remetz à son juste jugement et au vostre,la punition de ceulx qui , par secrettes menées , ont ourdy à Monseigneur et frère ceste trame; espérant que le temps , vray miroir des plus secrettes meschancetez, vous dessillera les yeulx et fera cognoistre qu'autre (ne) vous peult servir avecq plus d'affection que moy , contre la volonté duquel tous les ravages se font ; lesquelz cesseront neantmoings quand vous m'envoyrez deux ou trois gentilshommes de ceulx que vous nommera Iedict sieur Destrappes, pour avoir telle conûance en eulx qu'ils me diront et confesseront la vérité du faict ; ce qui vous sera facile , voulant conserver mon amylié et la volonté que j'ay de vous servir tous en gênerai et en particulier , comme celui qui désire jderaourer , Messieurs , votre plus affectionné à vous servir. Henry de Savoyb. De Pienne , ce 30 septembre 1095. S. J. Moris ; V, 422.
1593. — Octobre 1. M. de CEstrange cTffaulefort , gouverneur du Puy, avoit écrit au Consulat pour solliciter la délivrance de M. de Montréal, prisonnier à PierreScizc. Le Consulat lui répond qu'il desireroit bien lui être agréable , mais que la crainte que le peuple avoit que le sieur de Montréal . étant gentilhomme de cœur et de valeur ne voulut se venger de sa détention, en se joignant avec M. le Marquis qui fait au pays une guerre plus que scythique , ne permettoit pas de fui rendre la libcrt.é — L'élargissement de M. de Montréal fut aussi demandé par une lettre signée de uo catholiques du Vivarais et par Madame de Chevrieres qui assuroit que la parole que M. de Montréal dooneroit au Consulat seroit inviolablemont gardée.— M. de l'Estrange écrivit encore, quelque temps après, pour réclamer les sieurs de Baies et de la Bastide. S.
1593. — Octobres. Fut crié à Lyou , a son de trompe que les habitans qui estoient avec le Marquis de S. Sorlin eussent à se retirer eo ladite ville, dans trois jours, à peine de punition corporelle , confiscation de leurs biens , et leurs femmes et leurs enfants mis hors de ladicte ville. Arch. da Bh. , xti , 166.
1593. — Octobre a. Séance consulaire. I$st comparu au présent Consulat Mgr le baron de Piètre , qui a représenté les lettres de Mgr de Savoye adressées aux sieurs eschevins , auxquels, conformément au contenu esdites lettres , il a fait entendre le déplaisir que S* A. a reçu des nouveaux troubles advenus en cette ville, ne pouvant croyre que Mgr de Nemours, en aitdonné occasion,potir la conservation del'honnuretdela personne duquel S.A. proteste de n'espargner jamais les moyens que Dieu lui a donnez, s'asseuraatque Mgr de Mayenne sera delà mesme volonté; et pareeque sadite A, a tousjours eu le bien et repoz de cette ville en beaucoup de recommandation, elle croyt que lesdils sieurs eschevins se rendront si faciles à tout ce qui sera jugé à propoz, pour le contentement demondit seigneur de Nemours
(1/ J'ai quelques raisons de croire que le marquis de Sainl-Sorlin était à Riom , lorsque son frère fut emprisonné. Il parait qu'en apprenant cet événement , il se rendit à Vienne. Le 3 octobre il était à Briguais.
et pour la sécurité de cette ville que Sadite A. aura plus Je subjel de continuer la bonne volonté qu'il leur a tousjours portée que de la desnouer ; et que, à ces fins, il a député exprès leditsieur baron de Pierre vers Mgr de Neinours etM. leMarquisson frere,aux finsdecomposer à l'amiable ce différend, et leur faire poser les armes. — A quoy les sieurs eschevins ont repondu qu'ils ont un très grand regret d'avoir esté contraincts de prendre les armes pour conserver leur ancienne liberté sous l'obeyssance de l'Estat royal et Couronne de France, et que Mgr</« Nemours ne se peult plaindre de l'obeyssance qu'ilslui ont portée jusques à la prinse des armes, parce qu'ils luy ont porté aultant d'honneur et de respect, comme s'il avoitesté leur prince souverain ; mais ils ont esté contraincts de penser à la conservation de cette ville, par les advis qu'ils ont eus de tous costez «qu'il se vouloit rendre sei- « gneur absolu de la ville, et, pour se l'asseurer, y reediflier une citadelle; • ce qu'ils ontrecognu par plusieurs indices très apparents, notamment en ce que, depuis la publication de la tresve générale, estant requis de licentier ses troupes, pour le soulagement'du plat pays qu'elles ont misérablement ravagé, tant s'en fault qu'il l'ayt faict, qu'au contraire il en a faict lever d'autres tant de pied que de cheval, en Bourgogne et Fivarais, pour les joindre à celles qu'il avoit auparavant la tresve, soubz prétexte de les jetter en Saxoye pour le secours de Son Altesse, lequel prétexte cessoit, puisque S. A. esloit entrée en ladite tresve, et avoit licentié son armée. Et peut-on bien recognoistre et marquer de quelle animosilé et inimitié S. E. etM. le Marquistson frère, sont poussés envers cette ville par les cruautez et grandes inhumanités plus que barbares que mondit sieur le Marquis a commises et faict exercer par ses troupes contre les habitans de la ville et du plat pays ; ce qu'ils desireroient qu'il plust audit sieur baron de Pierre de leur représenter, d'autant que, les continuant, ils perdront beaucoup de leur honneur et réputation, et « contraindront la ville d'appeler à son secours, voyre ceulx qui lny « ont esté par le passé ennemys, comme le seigneur colonel Alphonse et aul- « très tenans party contraire à la Saincte-Unyon, de laquelle, nonobstant « ce, ladite ville ne se despartira jamais. » — Sur quoy le sieurbaron leur a reinonstré que Sa Saincteté et S. A., et tous aultres princes catholiques qui sont du partv delà Sainctc Union trouveront tousjours maulvais que l'on s'ayde pour ce différend, de ceulx qui ont tenu le party contraire, et qu'il fera tout son possible pour faire condescendre leurs Excellences à quelque bonne tresve jusques a ce que Mgr de Mayenne ayt ordonné sur ce différend. S.
1 593. — Octobre i. Le Consulat fait payer au sieur Roybon, contrôleur de la maison de Mgr de Nemours, 20 écus et 47 s., pour le rembourser des frais de certaines réparations faites au logis dudit seigneur. S.
1593. — Octobre a. Le Consulat au marquis de St-Sorlin : « Monseigneur, les lettres que M. de Trappes nous a rendues de vostre part nous ont grandement resjouys, en ce qu'elles nous donnent quelque espérance que, par vostre prudence et sagesse, les massacres, forcemens de femmes, violeraens de filles, ravages et aultres actes inhumains (tant s'en fault que chrestiens) cesseront, jusqu'à ce qu'il ayt pieu à Mgr deMayenne vostre frère de juger et ordonner sur les justes occasions qui nous ont meu de prendre les armes pour rompre les desseings que Mgr de Nemours avoit sur nostre* repoz, lesquelles, par nos précédentes, nous vous avons a peu près représentées, et que vous mesmes qui estes prince d'un très bon naturel et bien nay. pouvez par vostre gentil esprit et solide jugement, aisem ent juger con siderables. Mais quant à ce que V. E. se deultde ce que nou s l'avons forclos
de la recognoistre jamais pour nostre gouverneur, nous la supplions très humblement de croyre que cela ne procède point d'aulcune animosité particulière que nous ayons Contre elle , par ce que, en toutes voz actions, nous vous avons recogneu pour très débonnaire, et bien affectionné au bien et repoz de ceste province (laquelle aussy ne vous a douné occasion d'eslre aultre), vous ayant tousjours respecté, honoré, obey, comme si vous eussiei esté son souverain seigneur. Mais la proximité du sang qui est entre Son. Exc. et la vostre, nous doibt servir de légitime excuse de souffrir jamais que vous nous puissiez commander, de crainte que vous, qui estes prince, et qui, comme tel, avez les mains plus longues qu'il ne seroit besoing aceulx a qui vous portez inimitié, ne vous ressentiez tost ou tard de ce qui s'est passé contre ceulxqui ont eu juste occasion de se conserver en leur ancienne liberté, soubz Testât royal et couronne de France, dont nous ne nous despartirons jamais, non plus que du service que nous vous avons voué, si, usant de la bonté naturelle qui est en vous, et de l'affection particulière que vous dites avoir eue à ceste ville, vous faites cesser les courses et ravages de voz trouppes, dont nous vous prions très humblement, pour empescher que, par ung desespoir, nostre peuple fasse chose dont vous serez et nous aussy desplaisans ; car nous vous prions de croyre que ces mouvemens n'ont point esté suscitez par les passions d'aulcuns particuliers, ains des actions et desportemens de Mgrrfe Nemours, non de son naturel, mais parle maulvais et tyrannique conseil qu'il a eu près de soy ; lesquelz.... desportemens ont tellement irrité tous noz concitoyens qu'il sera malaisé de le conserver si vous continuez les funestes commencemens de vostre cruelle guerre : laquelle, conduite comme elle est, effacera de beaucoup de vostre honneur et réputation, dont nous sommes marrys pour la bonne et sincère affection que nous vous avons tousjours portée, et que nous desirons de continuer; pour à quoy parvenir, le dict sieur fie Trappes s'en retourne vers Vostre Excellence , suffisamment instruit de ce que nous pouvons faire pour vostre satisfaction et contentement : sur la suffisance duquel nous reposans, nous ne vous ennuyerons d'une plus longue lettre ; mais, après vous avoir très humblement baisé les mains, nous prierons Dieu vous donner, Mgr, en bonne santé et longue vie, tout bonhoeur et contentement. De Lyon, le a" d'octobre i5g3. » S.; Documents de M. Godemàrd, p. 36.
1593. — Octobre, a. Le Consulat au Colonel Alphonse : « Monsieur , nous vous aurons à jamais obligation de vous rendre très humble service pour la diligence dont il vous a pieu d'user, d'assembler voz forces pour nostre secours ; lesquelles nous vous prions de haster le plus qu'il vous sera possible, et pour plus commodément passer Ja rivière, les faire acheminer à la Guillotierc, pour passer l'une après l'aultre sur nostre pont. Elles n'y scauroient estre sitost que Ton désire pour la bonne opinion que nous en avons, recepvans le commandement d'ungtel chef que vous estes, qui avez l'honneur de Dieu et la foy en singulière recommandation. L'asseurance que nous avons de les veoir bientost, et de leur faire si bon et honneste traictement qu'elles auront occasion de s'en contenter, nous fera clorre la présente, après avoir prié Dieu vous donner, etc.» S.
t593. — Octobre 2. Le colonel Alphonse écrit au Consulat : « Messieurs, je viensde recepvoir vostre lettre, et veu ce que vous me mandez pour le passage d'Andance : sur quoy je vous diray que si j'eusse cogTieu qu'il eust esté utile pour vostre service , je n'eusse tant tardé à Fe choisir. Cela fait que je vous supplie de tronver bon que ce soit parvostre ville, aux conditions que vous m'avez marquées, et à de plus restrainctes si elles sont
nécessaires ; car je vous veulx faire paroistre que je suis plein de franchise ; èt si, pour plus grande seurté, vous desirez avoir des fiostages, j§ vous offre mes
enfans, comme j'ay déjà (proposé) de vous fairé, atfin que vous soyez
libres de soubçon. Ce que j'en fais, est pourobvierla longueur que ce seroit de faire passer une si grande trouppe de cavalerie que celle que j'espère vous conduyre par Anàance. Je ne perds point temps pour la faire advancer : et de faict, ce soir, messieurs de Éotheon, comte ae la Boche et de Gouvemet sont arrivez icy avec leurs compagnies ; les aullres les suyvront de près . Dieu aydant, pour satisfaire à la resolution sur celles que je vous escriviz tenir par mon trompette, que j'attends en bonne dévotion. Et sur ce, jë vous supplieray de croire que le désir que j'ay de vous honorer et servir n'est borné que des limites de l'impossibilité , et que je suis, Messieurs, vostre affectionné, etc. Alponsb d'Ornano. A Moras, ce 5 octobre i5q5. *
Lettre du même au Consulat :
m Messieurs, je vous ay escript ce matin bien au long, qui me gardera d'user de redite. Ceste Sêra seulement pour vous donner advis comme ces messieurs du Conseil tC estât de Vyenne m'ont envoyé un nommé Plantier, sur la resolution que eulx et moy avions prinse pour faire des contributions ; me faisant entendre plusieurs choses toutes contraires à la promesse qu'ils m'avoyent faicte. Voilà tousjours des fruictz du maintien de leur paroi le. D'ailleurs, ilz m'ont asseuré que M. le vicomte de Tavannes estoit arrivé avec ses forces, et que vous estiez d'accord avec M. le marquis de S. Sorlin. Si cela est , je vous supplie me le mander librement, aiïin que les trouppes que je laisois préparer pour vostre secours n'ayent peine de s'advancer davantage. Vous m'obligerez beaucoup de me mander promptement vostre resolution, laquelle attendant, vous croyrez, s'il vous plaist, que , quoyqu il puisse arriver, je seray tousjours, etc. Alponsb d'Obraho. A Moras, ce 5 octobre.
Le Consulat répondit le même jour qu'il prétextera le commun proverbe qu'iL ne paclt pas sb piER ageulx DE V ibnne (i); car ce qu'ils avoient rapporte au Colonel que Lyon étoit d'accord avec le Marquis , n'étoit qu'un artifice pour retarder le secours que cette ville attendoit de lui en bonne dévotion, lequel secours le Consulat le prioit de faire hâter le plus qu'il lui seroit possible» et lui faire passer la rivière où il jugera être le plus commode. « Que si bien M. le Marquis, ajoute le Consulat^ nous a faict rechercher de quelque sursoyance d'armes, ce n'a esté à aultre bien que, soubz couleur de ladicte sursoyance, mettre en liberté, s'il eust peu, les capitaines que nous tenons prisonniers. Nous vous prions de nous faire sçavoir deux joiirs auparavant que (vos trouppes) arrivent, afïïn que nous pourvoyons aux étapes èt munitions nécessaires. Cependant nous vous baisons très humblement les mains, etc. » S.
1593. — Octobre 2. Lettre de M. de Chévrieres au Consulat :
a Messieurs, je vous envoyé la responce que m'a faict M. leCoronel par où vous verrez la diligence qu'il met pour nostre secours, et comme il se plaint du retardement que Ton a faict pour l'accepter. J'avois prié Andanse (a)4 suivant ce qu'il m'avoit mandé, de lui préparer un port asseuré, et maintenant il veut prendre son chemin par vostre ville, chose qui nous rapporteroit une grande longueur ; car il s'y perdroit cinq jours avant qu'il puisse estre à l'ennemy, et joinctavec moy, oultre le grand desgat que vous recevrez en voz vendanges, et m'osteroit moyen d'exécuter les desseings et en-
(1) Voyez au 2 mars i58g, la 1 ote au bas de la page.
(2) Andanse ou A/idance, petite ville du Vivarais {Ard*che)y au confluent du Rhône et de la Diorae.
ti epvinses que j'ay pour la ruync entière des ennemys. Par quoy, messicur** je vous supplie de luy faire ung despesche, et l'incitez à passer par Andanse , et nous serions joincts ensemble le mesme jour, et le lendemain nous verrons les ennemyz, lesquels seront contrainclz de combattre ou de fuir devant nous et nous quitter la campagne. S'ilz combattent, j'ay espérance d'en avoir la victoire. S'ilz s'enfermenta Pyenne, je prendray Coindrieu et Givors à leur barbe ; et puis nous irons à vous pour veoir ce qui sera le plus nécessaire de faire, ou d'aller du costé de Thoisseyy ou recourir Montbrhon. Je vous supplie de vouloir considérer qu'il n'y a rien tanl nécessaire pour nous mettre tous en repoz que d'user de diligence et ne perdre temps, comme vous ferez, si ne rompez le cou à l'offre que vous avez faicte au Coronel de passer dans vostre ville ; et mesme qu'il nous donne assez de longueur sans en mettre davange. Je vous prie le haster par vostre despesche que m'envoyerez ponr luy faire tenir. De ma part, je l'en solliciteray diligemment. Cependant tenez nousprets deux coHevri nés et vng canon et munitions pour tirer 400 coups, affin de les «ouster quand il sera besoing ; et me despcschczlc syndique du pays pour mettre ordre aux vivres que nous ferons cependant, en attendant ta venue du sieur Colonel. Je vous prie encore ung bon coup de considérer tout ce que dessus, et le prendre de bonne part ; car je veux exposer ma vie et (celle) de tous mes amys pour faire paroi stre l'affection que je porte pour le bien de ceste cause et le particulier de vostre ville ; priant Dieu vous donner, etc. Mvolaws. De S. Chamond, le a octobre
« P. S. Messieurs, asseurez-vous que pour avoir raison de noz ennetnyz, il mecoustera la vie. Ils ont fak-t leurs tours, mais lenostre sera aux despens de leurs testes. Je despesche encores présentement pour avancer le Coronel et pour le haster. Les trouppes de M. dt S. Sortin sont logées à Ste-Coiombe, h plus part.Ceulx de tienne ne les veulent laisser entrer. Croyez, Messieurs, que vous verrez beau jeu, et bien tost, Faictes donc ce despesche au Coroneî affin qu'il passe a Andanse et non à Lyon, et qu'il se joigne à moy.* S. — Voyez dans le Censeur (journal de Lyon)du 1" juillet 1841. un extrait de prétendus mémoires inédits de Gaspard de Chevrieres , archidiacre de St-Jean, à Lyon, qui attribue k Jacques Mille dt Chevrieres^ son neveu, toute la gloire d'avoir fait rentrer la ville de Lyon sous l'obéissance du roi.
1593. — Octobre 3. « Fut crié à son de trompes par la ville de Lyon que personne n'eust à recognoistre le S. de Nemours et le marquis de S. Sorlin, son frerc, par après, pour gouverneurs, pour avoir voulu par iceulx alrener ladite ville, et que, pour l'eslection dudit gouverneur, en seroit pourveu par le S. du Mayne (Mayenne), lieutenant gênerai de T'Estat de France : et gouvernoit pour lors l'archevesque de Lyon. — Ledit jour arriva au faulxbourg de fa 2«, deux oentschevaulx du sieur deThianges, pour le secours de la villeT qui ne voulurent point combattre contre le marquis de S. Sortin. » Abch. do Kh. xii, 160.
1593. — Octobre 5. Le marquis de S. Sortin au Consulat : « Messieurs, sur ce que M. d'Estrappes m'a proposé de vostre part, je l'ay prié de vous Taire entendre ce qui est de mon intention. Je vous supplie de le croyre, et d'avoir la mesme créance h ce qu'il vous dira que si tnoy mesme je vous donnoisceste asseurance ; et, m'en remettant à sa suffisance, je supplierayfNostre Seigneur , messieurs, vous tenir en sa saincte garde. A Briguais, ce troisiesme octobre i5py5. Vostre plus affectionné et meilleur amy. Hewry t>b S a vote. » S.
1591. — Octobre 4. Le Consulat a M. le prince de Maijmne , fils du duc :
« Monseigneur, voyant les préparatifs que ceux qui estaient destiner, pour forcer noslrc ville font pour nous assaillir, nous vous avons cy-devunt, par deux diverses foys, supplié de ne nous abandonner point,'et ne permettre que la nécessité nous contraigne de chercher protection ailleurs ; mais maintenant la cruaulté de laquelle usent ceux qui sont avec Mgr le marquis de Saint- SarLin, nous faict encore recourir à vous, estant les inhumanitez telles qu'elles seroient odieuses h tous les plus barbares hommes du monde; car, pour ne parler point du pillage et du sang, la violence a passé le terme que l'on ne pardonne ny à aage ny à sexe. Il s'est trouvé une si grande quantité de femmes honteusement forcées et violées , que l'horreur que nous avons du faict, nous garde de vous en dire davantage. Ceste extrémité nous faict de nouveau reeourîr à vous, et vous représenter que nous ne nous sommes armez que pour nous garder d%u ne domination violente et servile, de laquelle on nous menaçoit, et pour vivre et mourir au party de l'Unyon des catholiques, et de n'estre distralcts de l'estat et couronne de France , et par conséquent de l'obéissance de Mgr vostrepere, de laquelle Mgr de Nemours nous vouloit séparer, comme de longtemps il s'en estoit distrait. Cela vous doibt inciter à ne nous abandonner point, et tant Marnes innocentes qui sont en la campagne exposées à la cruaulté de noz ennemys; ce dont nous vous supplions très humblement ; vous protest mt neantmoings que où nous serions decheuz de la protection que nous attendons de Mgr vostre pere et de vous, et que nons soyioas contrai nets de secourir ailleurs, que ce ne sera point nos- Ire faulte, mais une pure nécessité. Secoures doncq, Mgr, les bons catholiques de l'Unyon, les ftdeUcs subjects de la couronne, très hnmbles serviteurs de Mgr vostre pere et de vous; et, en ce faisant, attendez de nous une constance ferme au party des catholiques pour la conservation de la religion apostolique et romaine, etc. De Lyon, ce 4 de octobre i5g3» » S.
1Ô93. — Octobre 5. Le capitaine la V erdierc^ chargé de la garde du chasteau de Sainct-Cyr, a voit demandé au Consulat un passeport pour quitter ce lieu, et s'offroit avec ses compagnons pour le service du duc de Mayenne et du Consulat. Celui-ci le félicite de la résolution qu'il a prise de servir le duc de Mayenne^ et l'incite à remettre le chasleau de Sainct-Cyr ès mains du capitaine Laforge. S.
1593. — Octobre 5. Le Consulat écrivoit à Rt. de la Casielliere pour le remercier des bons offices qu'il avoit rendus à ceux des habitans de Lyon qui «voient des biens à Millery, pour la conservation de leurs fruits ; il le prie de les continuer, et, à cet effet, de se fixer à Millery. S.
1593. — Octobre... (circa) L'ordonnance qu'on va lire et dont l'original existe dans les archives de la ville, ne porte ni titre ni date, mais tout donne à croire qu'elle a été rendue par le gouverneur de Lyon , et qu'elle :est* bien de la fin du 16» siècle, du temps des guerres civiles qui désolaient nos contrées :
« Sur les remontrances qui nous ont été faictes de la part des sieurs Confuh esebevins de ceste ville, que , depuis quelques jours , certains bandoliers de ladite ville se sont assemblez et tiennent les champs , bien montez et armez, et la pluspart masquez et desguysez, pour prendre quelques notables habitans de la ville qui, en ee temps de vendanges, vont en leurs métairies, lesquels estans prins, ils meynent prisonniers en certains lieux où ils ont leur retraite, et là composent avec lesdits prisonniers à grandes et excessives rançons. Nousdesirans pourvoir a tels abbus et à la seureté des bons habitans de cette ville qui pour leurs affaires particulière* pourront aller aux champ.*» avons enjoint cl enjoignons à tous les cosses 5 manans et habitans de ce gou-
vernemcnl de Lyonnois cl Beaujolois de l'assembler et" courre lur tels personnaiges qu'ilz verront tenir les champs armez en plus grand nombre que de Voys, ou comme que ce soit desguisez, et de se saysir de leurs personnes et les conduire et amener prisonniers en ceste ville, avec promesse de la somme de cinq cens escuz, qui sera baillée en pur don par lesdictz Consuls eschevins àceulx qui ^e seront saisys dcsdictz bandoliers entre lesquels sont comprins les dessoubz nommez : Raveryt Vaisnè , Lagoutte, Lespine, Lavaure, Marthelanches, La Bussière, Fontaine- Rousse , Durand, » Nocv. Arch. du Rboke, t. i, p. 5i.
1593. — Octobre 7. Jacques Rarsot, libraire9 expose au Consulat que le 39 septembre, il avoit été envoyé en Bourgogne par le sèche vins, à Mgr le prince de Mayenne pour le supplier de hâter l'envoi de ses forces au secours de la ville de Lyon ; qu'au retour de ce voyage, il fut pris par l'ennemi, et emmené prisonnier au village de Brignais où il a été cruellement traité , ayant pour prison, tantôt un coffre, tantôt un tonneau, d'où il n'a pu sortir que moyennant 1 5 ecus de rançon, outre son épée et son manteau qui lui furent ostei; pour le payement de laquelle somme, sa femme a été contrainte de vendre jusqu'à son lit. Les sieurs échevins suffisamment informés , lui accordent a5 écus pour tout dédommagement. S.
1 593. — Octobre 8 ou 10. Lettre de M. de ChanvaUon nu Consulat : « Messieurs, Monsieur medespescha vendredy ver» vous où je me souhaite avecq aultant de volontéde vous faire service, que j'en ay de commandement et d'impatience d'y arriver. J'escris à Mgr de Lyon, comme icy l'on m'a conseillé d'envoyer quérir ung passeport. Je l'ay faict, et ne perdray une heure de temps que je puisse employer a vous aller trouver, m 'estant le séjour fort fascheux et à celuy qui m'envoye qui vous chérit et vous ayme comme sa vie. Je vous en diray davantage bientost, et non sitost que je le désire : cependant, Messieurs, je demeure vostre plus humble à vous faire service (sans lieu ai date ). Cniif vallon ».
Nota. M. de ChanvaUon, envoyé par M> de Mayenne, vint à Lyon avec une escorte de 1 2 chevaux et 6 hommes de pied. Le Consulat paya, 94 écus à l'hûie du logis du Lion d'or , en la paroisse S. Paul, pour la dépense qu'ils y fiernl pendant la jours. Il fit présent à M. de ChanvaUon d'un cheval qui fut achelé de Madame deBrjon, au prix de 4oo e'eus, pour se reconnoître de ses peines et services. A son départ de Lyon, on le fit escorter jusqu'à Châlonssur-Saône avec onze chevaux. S.
1593. — Octobre 11. « Fut fait trêve entre la ville de Lyon et le marquis de S. Sorlin et de Nemours, et s'en allarent les trouppes en Foretz. » Jrch. au Rh., xii, 167.
1593. — Octobre i5. Le Consulat au duc de Mayenne :
« Monseigneur, nous avons donne advis à V. E. par deux messagiers , et mesmes par lung de noz principaulx concitoyens des mouvemens de cesie ville, qui ne sont provenuz d'ailleurs que du désir d'estre et demeurer pour tousjours au partyde la Saincte Unyoa et de l'Estat et couronne de France, soubz vostre obéissance, dont, oultre les advis. que nous avons eu de divers endroicU, il nous est apparu, par une infinité d'indices, que Mgr deNeiuourt nous vouloit distraire, comme il l'eust effectué si nous ne l'eussions prévenu: qui l'a tellement animé contre la ville et tout le plat pays, qu'il y a fait exercer des inhumanité? plus que barbares, soubz la conduicte de Mgr le Marquis, son frère : ce qui a mis nostre peuple en ung tel desespoir que peu s'en est fol!" qu'il ne se soit jelté sur les chefs et principaulx capitaines qneS. E. «voit à m mille, que rictus tenons soubz bonne et seure garde; mais l'arrivée bien <<
propo» de M. de Chanvailon a apporté quelque peu Je réfrigération à la véhémence de l'ardeur des intéressez, pour s'estre ledict Seigneur incontinent employé à parachever une suspension d'armes, de laquelle on avoit recherché S. Ë.,jusques a ce que par vous, Mgr, estant icy,ileust esté pourveu par vostre prudence auxdits mouvemens ; laquelle suspension a esté obtenue avecq une très grande difficulté, et soubz protestation faicte par S. E. qu'estant mise en liberté, elle courra la fortune du roy de Navarre, pour avoir sa raison de ceste ville qui demourera toujours en la résolution qu'elle a prinse de ne le recognoistre jamais plus pour gouverneur ni Mgr le Marquis; lesquelz en vostre considération ont esté cy-devant respectez, honorez et obcys de nous aultant et plus que s'ilz eussent este noz souverains seigneurs» Cela. Mgr, nous a tneuzde renvoyer vers V. E. le sieur Prudent^our vous supplier très humblement d'avoir pitié de ceulx qui se jettent entre voz bras, aux fins que, les prenans en vostre protection, il vous plaise de vous acheminer promptement par de là, aultrement nous prévoyons que toutes choses iront en confusion pour le peu d'asseurance que nous avons en la foy promise par deux princes qui ne coûtent ou respirent la vengeance que par feu et sang; ce qui nous a meuz malgré nous, d'appeler à nostre secours, oultre celuy que nous a amené M. le vicomte de Taxannes , le colonel Alphonse et ses forces, eu conséquence du i3e article de la tresve générale, non que pour ce nous ayons aulcune intelligence avec luy, ny moings de volonté de suyvre le patty qu'il a tenu, ce qui n'adviendra jamais ; ains pour nous défendre de la violence qui, sans juste occasion, estoit exercée sur nous. Pour faire cesser laquelle,ledict sieur de Chanvailon avec le sieur baron de La Pierre, qui avoit esté envoyé icypar S. A. de Savoye sont allez trouvera Vyenne Mgr le Marquis, d'où estant de retour ledict sieur de Chanvailon a proposé de retourner en diligence à V. E., etyconduyre le sieur d'Albigny, l'ung des principaulx conseillers de mondict sieur de Nemours, qui l'a députe pour vous faire entendre exprès ses doléances , auquel nous vous supplions très humblement de n'adjouter aulcune foy et de ne permettre qu'il puisse s'emboucher avec le roy de Navarre, vers lequel le sieur de Montbcllet, frère du sieur de Maugiron, a esté envoyé par leurs excellences, ce qui peult avoir provoqué les forces que l'on dict que le baron deBiron conduict en DombtSy lesquelles se joignant avec celles de Mgr de Nemours , entretenues par la suspension d'armes, nous pourroient attaquer nonobstant ladite tresve générale ; qui faict que nous vous supplions de rechef, Mgr, de haster vostre venue par deçà, et y amener quelque docte conseiller de la cour, bien zélé au party de la Saincte Unyon, pour surintendant de la justice, dont nous avons bon besoing, et encores plus de vostre présence; attendant laquelle nous prions Dieu, etc. De Lyon, ce i3de octobre i5g3.» S.
1593. ^-Octobre 14. Publication des Articles de la suspension d'armes, pour la ville de Lyon , pays de Lyonnois, Forests et Beaujolois, moyennez par M. le baron de la Pierre , envoyé de la part de Mgr le duc de Saioye, et Messieurs les viscomtes de Tâtonnes et de Chanvallon,envoyet de la part de Mgr le duc de Mayenne, lieutenant gênerai de l'Estat et Couronne de France, et de Mgr le Prince son fils : accordez par Mgr le marquis de S. Sorlin, et approuvez par Mgr le duc de Nemours et de Genetoys, et Messieurs du Conseil estably en la ville de Lyon pour le gouvernement de ladicte ville etdesdicts pays de Lyonnois, Forests et Beaujolois, sous l'auctorité et obeyssanec de mondict seigneur duc de Mayenne. — ■ Ces Articles signés par Henry de Savoye (marquis de S. Sorlin), sont datés de Vienne le i3 octobre i.îqS. Ils furent approuvés le même jour pour le duc de Nemours, par Pierre d'Epinac (au nom du Conseil e'tabli à Lyon), et enfin parles éclievinsdc Lyon ; ils ont rté imprimé? Jacques Roumn, in 8* de 12 pages ( B. de Lyon, t. 72 du n° 25aoi ).
Voici les principaux articles de cette convention :
« La décision de tous les différons survenus à cause des mouvemens passez est remise au jugement de Mgr de Mayenne..,.. Tous actes d'hostilité ces* seront de part et d'autre, et il y aura suspension d'armes pendant deux mois ... Tous les gentilshommes et capitaines de la suytte de Mgr de Nemours qui sont détenus à raison desdits mouvemens seront mis en liberté, après toutesfois qu'ils auront fait promesse de ne porter directement et indirectement les armes contre la ville de Lyon et province de ce gouvernement. De ce nombre sont exceptez ceux qui servent à la justification de ce qui a estéfaict en ladtete ville de Lyon; à sçavoir les sieurs marquis de Fortunat, de Bonmercat, La Bretonniero, Donat et Figarelli, lesquels demeureront prisonniers en chambres claires , neantmoins ledict Marquis de Forlunat> en considération de
sadicte qualité', pourra demeurer prisonnier en maison bourgeoise. Les Suisses qui sont à Vienne seront renvoyez à Lyon avec leurs armes et bagaiges... La tresvc generalie faicte entre Mgr le duc de Mayenne et le Roy de Navarre sera observée d'une part et d'autre.
1593. — Octobre 14. Le Consulat au pape Clément FUI : a Très Sainct Pere, par nos précédentes, nous avons donné advis au vray à V. S. de l'occasion des nouveaulx troubles advenus en ceste ville, mais • parce que l'on luyaura peu figurer la cause aultre qu'elle n'est, et que, pour en donner quelque créance, l'on se sera artificiellement aydé du secours que nous avons accepté du colonel Alphonse, nous exposerons sommairement et au vray à V. S. ce qui est, et la supplierons très humblement de croyreque nous n'avons prins les armes que pour empescher que la trop grande ambition de Mgr de Nemoitrs , jadis nostre gouverneur, ne nous séparas t du party de la Saincte Union des Catholiques de ce royaulme et de Testât et couronne royale d'iceluy, comme il avoit projetté défaire, et qu'il eust exécuté si nous ne l'eussions prévenu; depuis laquelle prévention, M. le Marquis -son frerç, conduisant les trouppes qu'il avoit assemblées pour se saisir de ceste ville, a commis et exercé ez environs d'icellc des actes si inhumains et barbares, accompagnez de tant de cruaultez et violemens de filles de neuf d dix ans, que nous avons esté contraincts d'accepter le secours que ledict colonel nous avoit offert, pour empescher que les brutaulx desportemens ne passassent plus oultre. Mais, comme nous estions sur le point de nous ayder du» dict Cotonel et de ses forces, sont de bonheur arrivez en ceste ville deux ambassadeurs, l'ung de la part de S. A. de Savoye, et Paultre de Mgr de Mayenne, pour disposer leurs Kxc. à une suspension d'armes, jusques à ce que Mgr de Mayenne eust ordonné sur noz différends ; laquelle suspension a esté ordonnée avec grande difficulté, et soubz protestation que Mgr de Nemours a faicte que estant mis en liberté, il courra la fortune du roy de Navarre, vers lequel il a despesché exprès ung gentilhomme. En quoy,V.S., par sa, prudence, pourra remarquer Testât misérable auquel uous sommes reduicts par celuy que nous avions recherché sur tous les aultres seigneurs pour nous commander, et auquel nous avons porté uullaut d'bonneur et oheyssance que à noz roys et princes souverains, ce qui le peutt avoir meu de voler plus hault, se saisissant de nous et de nostre ancienne liberté; ce que nous supplions très humblement V. S. de mettre en considération, et de croyre que nous exposerons et noz vies et noi biens pour nous conserver au party de l'Unyon, et obeyr aux commandemens de V. S. et du S. siège apostolique dont nous sommes. et demeurerons toutes noz vies, Très Sainct Pere. très humbles, très obeyssans et très dévots serviteurs et orateurs, les Consul» et eschevinsde la ville de Lyon. De Lyon, ce i4de octobre \5cp ».
Le Consulat écrivit le même jour, au commnndcurdc Dijon, pour le prévenir