‹ Notes et documents pour servir à l'histoire de LyonChapitre 15 sur 26 · IG · texte numérisé non relu

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qu'ayant été contraint d'accepter le secours du colonel Alphonse, il avoît cru devoir en informer S. S., afin que ses adversaires ne pussent se servir ce celte occasion pour desservir la ville de Lyon auprès d'elle. Il le prie de présenter ses lettres au Pape, et de l'assurer que jamais il ne se départira du parti de la Sainte Union. Cette ville lui auroit une grande obligation s'il pouvoit obtenir un bref de S. S. pour commander à Mgr de Nemours «t a M. le Marquis son frère , de poser les armes et ne ravager plus cette province.

Vers les premiers jours de novembre, le Consulat repondit a M. de Dijon sur la demande qu'il avoit faite de l'avance d'une somme pour l'aider à continuer son état en cour de Home, qu'il le prioit de croire que la ville de Lyon n'avoil été, depuis plus de 5oo ans, en une plus grande nécessité et détresse; que la longueur des troubles, les levées extraordinaires de deniers qu'avoit l'ait M. de Nemours, les dépenses journalières de la ville montant à 12,000 escus par mois, le mettoient dans la malheureuse impossibilité de lui rendre ce service. Il le prie de vouloir bien cependant continuer ses services pour cette ville, et de présenter ses lettres au Pape. S.

1693. — Octobre 16. M. de Serracin , par une lettre datée de Paris, rappelle au Consulat qu'il lui a déjà écrit deux fois. Il demande ce qui est survenu à Lyon depuis son départ , et si lestrouppes de M. le Marquis sont toujours autour de la ville , et continuent a faire des ravages et des actes d'hostilité ; puis il ajoute que le duc de Mayenne luy a juré et promis « que si ledit sieur Marquis ne veut obeyr à ce qu'il luy a mandé par le sieur baron de Luz, que, toutes affaires postposées, il s'acheminera par deçà pour s'opposer à ses desseings ; estant très dcsplaisant entendre que nostre ville souffre et pâtisse , laquelle il ayme sur toutes les villes de France, et ne cessera qu'il ne l'ayt mise en repoz... » On lit encore dans cette lettre : « Madame de Nemours m'a mandé quérir ce jourd'hui , laquelle est fort faschée et desplaisante des affaires survenuz en nostre ville, et n'en accuse que cest homme de bien du Girard. Elle est resoulue de partir mardy prochain de ceste ville pour s'acheminer à Vienne, pour paciflier noz miserablez troubles , s'asseurant que Mesgrs de Nemours et Marquis, ses eufans luy obeyront en tout et partout..., »

Le Consulat, en repondant au sieur de Serracin, Un expose les ravages exercés par M. le Marquis, ce qui lui avoit fait accepter le secours offert par le colonel Alphonse , qui avoit amené jusqu'aux portes de la ville 600 cavaliers et 1000 braves arquebusiers , lesquels estant joints avec a5o chevaux que ie vicomte de Tatanes[avoH conduits a Lyôn, eussent, comme on le Toit, rendu bientôt le pays libre; mais que la veuuede M. deChanval/on et de M. de la Pierre avoit amené une suspension d'armes , jusqu'à ce que M. de Mayenne eût ordonné snr les différons. Le Consulat charge donc son député de solliciter Son Exc. de se rendre en ce pays où la paix ne peut se. rétablir sans sa présence.

1593. — Octobre 17. M, de Chefrières ecrivoit au Consulat : « ... Le» ennemis sont logez en toutes mes terres du coté de Foret , tnesme e 11 celle de Chevrieres , oi'i ils ont voulu forcer ma maison , d'où ils ont été repoussez.,.. » A. Bernard, p. 33 1.

1593. — Octobre™. Quelques notables bourgeois de la ville, ayant des eufans au collège de messieurs les Pères Jésuites , remontrent au Consulat que, contre la coutume de tout temps observée audit collège, même depuis rétablissement des PP. Jésuites , les docteurs régens veulent lire à leurs

écoliers la grammaire d" Alvarez (i), au lieu de celle ds Dbspauterb , ce qui »eroit pervertir l'ancien ordre de doctrine ; le Consulat ordonne que les- Uits sieurs régens seront priés de ne pas changer ledit ancien ordre , etc. S.

1593. — Octobre ao- « La réponse que le Consulat fit à la lettre d'Hent* IF du a8 septembre , fut adressée à M. de La Fin le ao octobre seulement. Il paraît que Ton mit quelque temps à convenir de la manière dont elle seroit rédigée. Cette réponse même n'a pas été insérée dans le registre des lettres du Consulat avec les autres. Heureusement elle s'est trouvée en copie avec ces mots sur le dos : Réponse au S, de la Fin sur ta lettre du K. de N. rfu 20 octobre i5g3 : a été signée en cette forme :

« Monsieur de la Fin fera, s'il lui plaist , entendre à S. M. que cette villcde Lyon se sent grandemeut obligée pour les offres qu'il nous a apporté, tant par la lettre qu'il nous a rendue , que parce qu'il nous a fait entendre de bouche de sa part, et aussi qu'elle trouvera en nous une très humble et très obéissante affection de luy rendre service pour lesmoignage de celte obligation (u) . Il luy donnera aussi asseuranec de nostre part que le mouvement qui est advenu en ceste ville , n'a point esté pour nous remettre en la puissance des estrangiers , ny leur donner par iceluy aucun advantage; mais plustost pour nous garder d'une violence par la quelle on nous vouloitasservir à une domination parlicu!iere,etnousseparer de Testât et couronne de France , à laquelle nous voulons et desirons estre inséparablement joincts. Et de cette nostre volonté , nous avons donné ung notable tesmoignage , non seulement par le serment que nous avons faict depuis ce trouble, et voulons inviolablement observer, par lequel il est porté que , tout ainsi que nous voulons demeurer fermes et constans au party gênerai de l'Union d».s catholiques, aussi voulons nous demeurer inséparablement unys à Testât et couronne de France ; sans consentir d'en cslre distraîctz ; mais encorcs , en ce que nous ayant M. le colonel Alphonse offert assistance contre les violences dont l'on usoit contre nous, nous avons accepté son secours , comme pensans que nostre cause fust commune à tous les François de quelque party qu'ils soyent, lesquels doibvent craindre , éviter et empescher de leurs pouvoirs la dissipation de cest eslat. Et certainement les secours qui nous sont offerts par ledit sieur colonel Alphonse , et qu'il nous a amené fort près de nous , a esté une des choses qui a , autant que aulcune autre , arresté la violence de nos ennemys et advancé la tranquillité que nous attendons en ce pays , dont cette ville a une très grande obligation à S. M. et audit sieur Colonel pour la diligence dont il a usé. — Remontrera aussy et asseurera à Sadite Majesté que, en toute cette action, nous avons monstre que nous n'avons jamais pensé donner aucun advantage aux estrangiers , lesquels nous tiendront pour ennemys quand ils cognoîslront qu'ils nous voudront séparer de la couronne de France, soubs laquelle nous

(1) Cette grammaire, préférable à celle de Despautère, fut publiée pour la première fois k Lisbonne, en 1572, sous ce ti ire : de Institutione grammatica libri très. Elle fui adoptée dau* presque tous les collèges des Jésuites, et probablement dans celui de Lyon , à la rentrée des classes de Tannée 1593, malgré l'opposition des notables bourgeois de cette ville; car elle fut imprimée l'année suivante à Lyon , par Hugues delà Porte, avec un privilège donné aux frères de Gabiano, par le P. Bernardin Custor, le 8 janvier i5o3. Pillehotte en donna une nouvelle édition, en 1598.

(2) Ici se trouvent deux lignes qui ont été effacées, et cette note à la marge : - Il faut osier « ce qui est en la rature comme ayant esté remis plus bas. » Voici ces deux lignes : En tout ce atti ne sera contre le party gênerai de la Sainte Union des calholiqtses, de laquelle nous ne lons ny ne pouvons nous despartir. Note de M. S.

hous maintiendrons toùsjôur* de tout nostre pouvoir ; attendant qu'il avt pieu à Dieu nous donner, par une bonne reunion , la tranquillité et le , repoz dont le royaume a besoing. — Fait et arresté en l'hostel commun de ladite ville , y estant les sieurs consuls esche vins et ung bon nombre de principaulx bourgeois et habitans d'icelle , ce 20e jour d'octobre 1593. Signé Dutaokcy. » S.

1693. OétobreVi. Le Consulat au colonel Alphonse: « Messieurs, nous continuerons à vous remercier bien humblement dos effects de yoslre affection et bonne volonté envers ceste vilie , laquelle, non plus que nous en nostre particulier , n'en sera jamais ingratte , ofi les occasions se présenteront de tous faire service. Nous vous envoyons copie de la réponse que nous avons faicle ( hier ) par forme d'instruction et memoyre ù la lettré que M. de la Fin nous a apportée de la part de la Majesté du Roy son maistre ; laquelle en nos consciences nous ne pouvions faire autrement , tenants le party que nous avons promis et juré de la Saincte Union , laquelle response, vous cognoiesant, comme nous faisons , seigneur de bon et solide jugement, nous croyons vous sera plus agréable que le faux rapport qui peult vous uvoir esté faict par l'ungde voz soldatz à qui le baron de Faulx te'it cacher Yescharpe blanche qu'il portoit, dont nous estant enquis au vray , nous avons trouvé le faict estre ; que passant ledit soldat par les rues , sans manteau , avec ladite escharpe , laquelle scandalisoit le peuple, le sieur baron de Faulx luy dcmandii. qui il estoit ? à quoy il respondit qu'il vous appartenoit. Sur ce, le sieur de Faulx luy répliqua que tous ceulx qui sont à vous seront tousjours lez très-bien venuz en ladicle ville ; mais qu'il le prioit de ne mettre eu évidence ceste escharpe , laquelle n'apportoit que scandale au peuple ; mais , aprez , blasphémant Dieu, respondit qu'il n'estoit poiot trahistre% A laquelle responce le sieur de Faulx demanda que c est qu'il vouloit entendre par cela? Le soldat lui répliqua qu'il n'estoit trahistre à son Roy. Ce que le sieur de Faulx prit pour injure , et, sur ce, alla prendre sou espée , et retourna audit soldat , le pru de cacher ladite escharpe , ce qu'il feità l'exhortation de quelques siens coinpaignons qui s'y trouvèrent. Voilà au vray le faict que ledit sieur de Faulx a faict entendre à exporteur vostre secrétaire , qui faict que nous vous prions de ne le prendre qu'en bonne part. Vous baisant suc te très humblement les mains, priant Dieu , etc* S.

1593. Octobre 22. Le Consulat délivre à Mgr d'Epinac un mandement pour être payé du receveur gênerai des finances à Lyon de 6000 écus pour son traitement de garde des sceaux de France pendant l'année 1592, à raison de 5oo écus par mois. Arch, du llh,, ix, 214. Voyez ci-dessus, novembre 1,591.

1593. — Octobre 24. M. de Serracin écrit, dé Paris, au Consulat :

« Je suis, matin, après disner et soir, ù solliciter Mgr de Mayenne

d'accélérer son voytîge à Lyon, et je n'y oublie rien. Mesdames les duenesses de Mayenne et de Montpensier favorisent ma négociation , et pressent fort mon dit Sgr d'aller veoir nostre ville. Madite dame de Montpensier a espousé nostre party envers tous ; elle est résolue de faire le voyage avec mondit Sgr, et veoir ses terres de Dombes et Beaujolois, et remercier Mgr de Nemours

si elle luy parle, du bon mesnage qu'il a faict en icellcs J'ay esté fort ayse

entendrequ'avez suspension d'armes. Prenez garde, s'il vous plaist, que, pendant icelle i l'on ne machine en nostre ville quelque conspiration

Il fouit dormir les yeux ouverts comme le lièvre. Messieurs do ce^e

•i, n . »K«ti» Je Parisl vous louent Je tous estre sccouei Ju joug Je lyville (les ech*ï""| J^* ?c"Si-oys „u-iU ,ne voyent, il. me recommandent Je rr&t ptnlel garJe q'e l'cdscau nesor.e Je la cige, allin qu'il ne

inanse voï semailles.. » .

4 «M Octobre 27. Le Consulat <> maJame i» Nonours :

^LTn,e nous prenons Dieu à tesmoing Ju regret que nous aurions Je " ^ Nouvelle lascherie par une itérative recharge Jes aJv.s que, par TOus ^°"n" De°BUïne"ues avons Jonnezù V. E. Jes occasions qui ont contra.oct Jeux d?f.f »f "'X^mes pour rompre ou empêcher les desse.ngs qoe reste ville Je preudre les *™"P „. toulesfovs nous vous dirons libre- MgrnV "«""^Jffi"*^^^*™», Mgr le marquis de

ment avec *»PP°rt'',°Die 'J^*' , ePt ïiolences exercer sur noi concitoyens S^ori,« aperm.s ^t Je ravage et ^ ,.„„ aïoi

trouve» ^^^^^J^ï^^t.pp»^»^^^ccue contre Le «rs Ex e «n« es ^ ^ y rf< ^OJfaa„. Et

eut» moyen Je l adoulçir que P r d ca commence à

parce que " W-P^ en a^inse! et quVes, à craindre

s-e„ remuer -f^^^^J^u l'on ne retournast à nouveaux que V. b. s approcnani qi« i desairreable à V. E. et à nous aussi ;

.'roubles qui pourro.e„ -nfame «^^^ BO1,.M011iaM^MIlé

pour le destrque ^^l^V^^y^ E. pour la supplier très humexprèsee porteur, noslre conc toyen, vers » • » P u «ï & Jfi^BM»

blemen. Je ne passer ^*^^U.^XoÂ^ à noz différends

1,6 '1 °Xhtet V. n"c„',oyeqr"cy le seigneur de NeusckeUes, pour U°P Tîtaî en endrè Je bouche rostre volonté, il y sera le liés bien venu, nous faire entendre ue m . pouvions tant gaigner

comme, pour »~«^^;r^H.^. pointVombrage. Qui falçt ,urle peuple que v0.5.1™ v^''"^ °^b"J.oerît, Madame, de ne laisser pour cela

,593. OCoireo, Le colonel W éçrhau nBe) Tient fl Lyon, «

• Messieurs j ^r*« ' "Ç* " (pruJent qu'Hest. à'y rené manquerapas.commeung pnnce bien s, e e P ^ , ^ €|

meure toi affaires en bonrepo. , et quanti quMb n. vous de-

.operieursen vostreçnJ o.ct je vous p V J ,

'uy Joubte aussy

... " ' ' ,„„. |.« vravs catholiques «le la rrance. « «j -»

Trille, et pour tons les vrays tam»^ H I „ aTant que ques ans pas-

que vous n'aye* encore en ^"^X^^vec un bon nombre Jeche- U V Espemon «M arrive en vos rc ville de Ly°na d,infantcrie soubr.

vaux , et, comme à 1 entour Je la, il avoii . une j ad

Pumbre Je l?«»'»'"»»d-^ '"f^fto"^»^?.-., et mie ledit

verty ^^.'Kta.Wfcii^ (a), je n'ay failly le jE<»erm>n estoit délibère de prcnuic . a manière

faire scavoir a feu Mgr de Mandelot.jX « » « ï1 b ^ PoM,et dll

queleJit Sgr ****** « ^^Vèu^e sitost oJverty, qu'il

temps Je sa vie, et m'en a esc r.ptq ne 1 je «1. (1,hon. fust esté surpris. - En après, •»«s.eur>, .1 y a ne. p ra ce

neurqui m'ont faict enlcnJre que mon DU s e=t tro o.e t

(« I» ta** oa, mmmi ce ma, ,»ÏU ««-^ «■ "«i- P'r (2) Voy« ci-deisui au a moi t ^b.

remuement de rostre ville, cl ce pour rostre serrice ; car il scail bien qu'il ne doibt servir à personne qu'à vous aultre», messieurs de la ville, et que pour cela il a gagné M. de Nemours pour ennemy, tellement que rous avez

bonne occasion de vous fier en luy (Le colonel continue à parler de son

fils ; il désire savoir si son service est agréable oujnon au Consulat, afin, dans ee dernier cas, de le rappeler avec son enseigne. C'est par affection pour cette ville qu'il l'y avoit envoyé).... 11 me semble estre nécessaire pour le bien de vostre ville de donner aultre ordre ù voz affaires touchant les soldatx de ce payscy qui sont maintenant à vostre service, voyre d'en licenlier une enseigne deLucerne et une aultre de Frybourg, et prendre en leur place deuxaultres, assavoir l'une des deux Cantons de Ury et Schwilz , l'aultre des Cantons de Undcrvalden et Zug ; et ainsi vous auriez de tous les six Cantons catholiques des soldatz, et, de chacun, uu capitaine, et n'eussiez aussi pas davantage que vos quatre enseignes, comme auparavant Vous auriez aussi

de tous lesdits sixCantons en tous voz besoings etnecessitez certains secours, qui est la vroye fasson pour faire peur à voz ennemys, et ce pour vostre meilleur repoz et seurelé : vous priant d'entendre cela demoy en bonne part, etc. De Lacerne, le dernier jour de octobre l'an 1593. Vostre très humble et aultant affectionné serviteur et amy. Lcdoviccs Pftffer. — Le Consulat lui répondît le 10 noc, en renouvelant les tesmoignages du contentement qu'il a toujours eu du Capitaine, son fils, qu'il reconnoit pour sage, vertueux et très fidèle (1). Il remercie le Colonel des services qu'il a rendus a cette ville, et est reconnoissant des bons avis et des honnêtes offres contenues en sa lettre. Voyez ci-après au 9 décembre.

1593 Novembre S. Bref de S. S. aux échevins de la ville de Lyon (2).

a Clément P. P. vm,

a Très chers et bien amez fils, salut et bénédiction apostolique. Ez grandes tempestes desquelles ce noble royaulme de France est dcz longtemps agité, nous et tous les gens de bien avons esté principalement entretenuz et consolez selon Dieu de ceste seule espérance qui est appuyée comme ung ferme fondement, de la saincte et salutaire unyon des princes et villes catholiques dudit royaulme : car nous espérons en la bonté et toute puissance de Dieu, que, a la parfin, après une longue tourmente, la bonace et la tranquillité reviendra, et que la gloire de ceste couronne ressuscitera, si les princes et citez qui ne se sont pas moins pieusement que vertueusement vouez à la défense de la religion catholique et romaine, au salut du royaulme et de l'ancienne majesté des roys, demeurent pour toujours termes en concorde etunys de volonté, et que, pour quelque occasion que ce «oit, ilsnese laissentdestorner de leur bon propos et resolution. Et pour ce, ne nous peult-il rien advenir déplus grief, ni plus à contrecoeur, que d'entendre que l'unyon et concorde des catholiques tant nécessaire en France, soit, pourchose legiere, diminuée oucorrompue. Par quoy il n'est point besoing de vous declairer plus amplement quelle tristesse nous avons de ces nouveaux mouvements de vostre ville, desquelz, par voz lettres du 14 octobre, vous nous avez donné advis; car, par voz prudences, vous le pouvez aisément juger. Nous cognoissons les fi-

(t) Le a4 décembre, le Consulat renvoya le capitaine Pfrffer, qui liait > tombé malade , an roloncl son père , en le priant de le renvoyer dès 411e sa santé se rétablira , ou , en sa place , le capitaine Guillaume pour commander sou enseigne. S.

(2) Ou u'a pas trouve le bref original , mais seulement la copie insérée aux registres des actes consulaires. S.

ncssea et tromperies de Sathan, lequel s'efforce de séparer et diviser les cho* ses qui eu J. C. sont ensemblement unyes et conjoincles; car il n'est pas ignorant que ses sublilitez ne soyent renversées par celte pie et invincible unyon ; et au contraire que le royaulme divise en soy tombera, comme il est porté par l Evangile, en désolation et ruyne ; mais, par la grâce de Dieu, nous e.*perons meilleures choses; nous promettant de vostre modestie tout ce que l'ondoibt espérer de gens graves et prudents, lesquels ne doibvent rien avoir de plus cher et exquis que la conservation de la religion catholique et le salut public du royaulme et de la couronne royale, qui, comme nous avons dict, est maintenue principalement en ce siècle, parl'unyon, concorde et bonne intelligence des princes et villes catholiques. Certainement, nous, pour le soing pastoral que nous debvons avoir à toute l'église universelle de Dieu , sommes en grand souley tant de tout le royaulme en gênerai, qui nous est très cher et recoimnandable, que de vous en particulier. Car d'ung amour et charité paternelle, nous embrassons vous et vostre \ ille pour beaucoup de considérations, mais principalement pour vostre grande affection à la religion catholique, et pour l'honneur et révérence que vous avez tousjours portez à ce sainct siège apostolique. Parqooy, louant en npstre Seigneur le dehvoiret affection que, par vozdictes lettres, vous dites avoir envers nous et ledict Saint Siège, nous vous exhortons bien fort de bien considérer dequel poida esteest affaire ? quels maux et quelles incommodités peuvent venir de peste source, tant au public que au particulier ? de peur que, pensants éviter de petits dangiers, vous ne tombiez (que Dieu ne veuille!) en plus grandes ruynes, et, pensants secouer un joug, vous ne vous soubzmelliez à un aullre plus grief et insupportable au péril de la religion. Le nœud et sommaire de toutes choses est que l'ancienne vraye religion soit conservée, sans laquelle ny la patrie, ny la liberté, ny la republique aussy ne se peult maintenir. Mais tous les sages et prudents hommes entendent fort bien que les affaires de la religion sont en grand dangieret péril, s'il n'y a une bonne concorde entre les catholiques, laquelle, pour ce, dojbt estre soigneusement retenue; car non* ne doublons point que, Dieu aydant, le différend d'entre nostre cher et bien aimé filz le duc de Nemours et vous, ne se puisse par voz prudences et inodestiescomposer et accorder, parce que la vertu de ce prince nous persuade qu'il préférera lousjours à toutes aultres choses le bien et le repoz public tant nécessaire en ce temps, y intervenant la pieté et autorité de vostre vénérable archevesque, nostre frère, auquel nous avons soigneusement escript de tout eest affaire, affin de le pacifier entièrement, et qu'aprèz l'expiration de vos tresves, la paix tant désirée et nécessaire s'ensuyve. Dieu qui est le donneur et amaleurde toute consolation, charité et paix, rompra et arrachera , comme nous espérons, toutes les semences de ces discordes, et renouvellera l'ancienne bienveillance et amylié entre vous; ce que nous prions ce mesme pere de miséricorde et auteur de tout bien d'envoyer bientost , et que vous soyez tousjours semblables à vous-mesmes pour la propagation de la religion et défense de la Saincte Çnyon. Donne' à Rome, au palais de St Pierre, soubz le sceau du pescheur , le 8 dp novembre i5<)3 ; de nostre Pontificat , l'an deuxiesme. Signé Sylvius àntowiancs. » S. Voyez ci-après au ■j>5 de ce mois.

1593. — Novembre ao. Le Consulat écrit à M- de Bresves, ambassadeur de France au Levant, que Jean Boisset, jeune homme de 18 à 19 ans, natif de Lyon « cupide de voir le monde, comme en ce temps la jeunesse n'estgueres « bien arrestée, » voulut voir les Espagnes, et de là, passerpar mer en Italie; que, dans le trajet, le vaisseau tomba au pouvoir <\'Ifassa>/-Pacfia . «le sorte que Boissct, étaut devenu son prisonnier, fut mis, comme esclave, à l.i

cadenc. Le Consulat ne croit pas que le grand empereur des Turcs veuille approuver celte prise, attendu l'amitié et bonne intelligence que lui et ses agents ont tousjours eue avec la France. Il prie donc M. de Hresve, comme protecteur des sujets de ce royaume à la Porte, de s'employerpourla liberté du pauvre adolescent qui n'a aucun moyen de se racheter, soit par lui, soit par ses parents, etc. S. Voyez ci-dessus, août, 1 5^2.

1 593. — Novembre a5. Lettre du Consulat à Clément VIII :

« Très Salnct Perc, lé bref dont il a pieu à V. S. de nous honorer nous sera tousjours plus cher et recommandable que au lire chose que nous ayons en nos archives et aurons vos sainctes exhortations contenues en iceluy pour ung commandement absolu que jusques à la mort nous exécuterons; car nous ne nous départirons jamais de la religion catholique et romaine, et de l'obéissance que nous debvons à V. S. et au Saint Siège, non plus que à Testât royal et couronne de France, inséparable pour le regard de la religion catholique, apostolique et romaine. Que si bien nous avons secoué le joug de servitude auquel 'Mgr de Nemours nous vouloit soubzmeltre, pour cela nous n'avons jamais pensé de nous distraire ny de l'ung ny de I nultre, mais au contraire, ce que nous avons faict a esté pour nousy maintenir et conserver, comme V. S. Le cognoîstra tousjours par nos actions et dcsporlcmens. Les violences qui ont esté exécutées ès environs de cestc ville par les forces de Mgr de Nemours, conduites par M. le marquis, son frère, nous avoient, à la vérité, et à nostre très grand regret, contraints d'accepter le secours que nous a voit offert.au temps de la trcsve générale, M. le colonel Alphonse, qui commande pour le roy de Navarre en Dauphinr, mais, pour cela, il n'est jamais entré en nozcueursde recognoistre aultre roy ni souverain seigneur que celuv que V. S. aura approuvé, dont nous la supplions très humblement de s'asseurer et de croyre qu'il ne tiendra à nous que mondict Sgr de Nemours ne soit mis en pleine et entière liberté, pourveu que nous soyons asseurez de la nostre, et exempts de la vengeance de laquelle il nous a tousjours menacez depuis les nouveaux mouvements, qui, par la grâce de Dieu, ont rompu le desseing qu'il avoit proietté de distraire de la couronne (de France) l'ung des plus beaux fleurons qu'elle ayt, qui est ceste ville et province, laquelle demeurera pour jamais très obéissante à V. S. et au Sainct Siège, dont nous vous supplions très humblement, Très Sainct Pere, de vous asseurer, et denous tenir tousjours pour voztres humbles et très devotz serviteurs et orateurs , les conMils eschevins de Lyon. Lyon, ce a5 novembre I5Q3. p — Le Consulat écrivit aussi au cardinal Aldobrandin qui lui avoit adressé le bref de S. S., quV/rçe reconnoitra jamais autre prince pour chef que celui qui sera donné ou approuvé par S. S. , etc. S.

1593.— p Décembre 9. Le Consulat écrivoit au colonel Pfeffer qu'il le remerciait de l'avis qu'il lui donnoit des protestations que le roy de Navatre avoit faites aux Cantons protestons ; que cela le coofirmoit en l'opinion qu'il avoit tousjours eue que/a conversion estoit feinte et simulée pour parvenir à la couronne (le France, ce que Pieu ne permettra jamais, puisqu'il lui avoit fait une barbe de paille. L'on avoit opinion qu'il continueroit la trêve jusqu'au mois de mars, pour, en attendant, tâcher d'avoir son absolution de Sa Sainteté, etc. Voyez supra au 5 1 octobre.

1593. — Décembre i5. Ensuite delà resolution prise au Conseil d'état contre les gens suspects qui sont venus à Lyon avec des passeports, le Consulat ordonne que le sieur d'Ambeyricustrn tenu d'en sortir dans demain. S.

1693. — Décembre 19. Les Terriers et Maistres des mestiers élus pour la

il A

prochaine année i5g4> ayant esté mandez à l'flostel de Ville, à g heures du matin, pour procéder o l'eslection des Consuls eschevinsdela prochaine année, et y comparaissanstous, sauf quelques uns pour indisposition de leurs personnes, mais toutes fois en si petit nombre que,pour leur absence, ladite eslection n'a pu estre différée, auxquels M. Guillaume de Fillars, commis a l'exercice de procureur gênerai de ladite ville, a remontré que te nombre de douze eschevins estoit plus grand qulil n'est à Paris, Rouen, Toulouse et autres bonnes villes de la France, tandis que nos majeurs n'ont été chiches d'honneurs et diguitez et ont voulu chacun y participer par le choix et nomination qui a de coustume de se faire annuellementde deux maistresde chaque mestier, d'aultantque cela oste toute occasion mesme aux plus vils de penser estre méprises et délaissez, au contraire leur donne un argument d'eux estimer estre grandement honorez en la république, puisqu'ils donnent les plus grands honneurs aux aultres, et qu'ils font et nomment les eschevins, qui, par après, font les penons, lieutenans et enseignes en chaque quartier, distribuant par là mesme les charges à ceulx mesmes qui leur ont baillé l'honneur en gros. Ce n'estoit pas une petite affaire que d'avoir à constituer quelcun en dignité et rang supérieur aux aultres. Le roy universel, ayant à donnera toute la populace des animaux (un chef), créa ung supérieur et constitua ung eschevin en ceste cité ronde ■ entourée du crystal des cieuLx. Il eust recours au conseil de la Saincte Trinité, disant : Facjamus bominem, où auparavant il n'avoit usé que de ce mot Fi »t. Le Bon Pasteur ne voulut Oer et commettre la conduite et régence de ses ouailles au bienheureux S, Pierre, qu'il ne se fust asseuré s'il l'ayinoit. Parlant il fallu it avec beaucoup de considération estimer et peser la prudence et amour envers la patrie et leurs concitoyens de ceulx qu'ils avoient à nommer et eslire, et, à l'auctorité qu'ils leur donneroient, joindre l'obéissance, le respect et révérence de leur part. Le vray et asseuré moyen de nourrir le corps politique en concorde et unyon, fondement et racine du repos, séminaire des bons citoyens, moisson fertile de tranquillité, et la mere nourrice de la paix. Et parce que les Consuls sont magistrats, selon la force du mot, ils doibvent mieux que les aultres apporter du soing et de la diligence en l'administration commise. Ils sont fort semblables aux tribuns du peuple colloquez sur chacune des tributs esquelles Romulus divisa le peuple romain, auxquels, par après, le peuple donna toute auctorilé de commander et ordonner sur eulx, comme establys pourlesdeflendrede la puissance et oppression. Item et ceulx qui despuis, changeant soubz, les empereurs, la republique de forme de gouvernement, furent appelez àÂ>mfi et ailleurs, deffenseurs de la cité et du lieu; qui, pour ne cesser jamais d'estre ce qu'on les disoit, debvoient porter à leur ville et à leur lieu, affection de pères, et l'estant, tenir au lieu, et en avoir tels soings que de leurs enfans. Les empereurs, par exprès, ordonnèrent qu'ils

fussent bons catholiques, L. deflensoris, §. col de deff. civil Car, Pères ne

peuvent estre ceulx qui nous veulent arracher du ventre et giron de nostre vraye mere, Pesglise. C'est pourquoy toutes les loix des empereurs, des roys de France, et les particuliers statuts de ceste ville dépendent qu'aulcun hérétique, filsd'heretique,ou suspect et favorisant l'heretique ne soit nommc.Nons avons encore les espaulcs froissées, mâchées et courbes de la pesanteur de leur joug et domination furieuse de i56a et i565, et ne nous en pouvons relever droietz. Nous avons encore les dents agacées de l'aigreur et de l'amertume du fiel de leur rage et de leurs traiteraens envers les bons citoyens. Ils ont espuise le fond? de deniers quiestoit en la récente de la ville, et l'ont délaissée engagée et obérée. Cescroit n'avoir point de cœur que de tomber sou> leur domination. A ceste occasion, l'asscuiancc que l'on a des cinq eschevins

qui sont pour sortir hors Je charge, joincleûla nécessité des affaires Je la ville ; le périt qu'il y a pour la religion au changement, lequel les séditieux attendent pour remuer, doiht faire bander ung chacun à la continuation , quand ce ne seroit que pour achever l'œuvre si heureusement commencé et acheminé pour la liberté de ce pays. A Paris , quoiqu'ils ayent des statuts comme icy, ils ont continué leurs prevost desmarchaods et eschevins, à cau$e de la continuation des estats où ils ont commencé d'assister. Bpaminondas continua son magistrat de 4 mois plus qu'il ne lui estoit permis par les loix , pour mettre à fin un desseingqu'il avoit projette défaire rebastir et repeupler Mcssennie (Messene), ce qu'il fit ainsi que recite Plutarqtie. Nostre reverendissime archevesque qui, en la temporelle conduicte et administration , ne nous refuse sa paternelle affection, et qui voit plus clair et au loing que nul aultre ez affaires, non seulement de cesle ville, mais de tout le royaulme de France, juge nécessaire ladite continuation, et a prié les cinq qui en doibvent sortir d'y entendre ; mais, par leur modestie, ils l'ont refusé. Les sieurs officiers de la seneschnussèe et siège presidial, la chose mise en délibération en leur chambre et bien examinée, en ont recogneu le besoing, et par quelques ungs d'entr'eulx, le jour d'hier, en vinrent prier le Consulat. La religion, la patrie qui se représentent par les gens de bien, esquelz elles résident et sont conservées, lesenprient et exhortent. Et quoique lesterriers, au choix qu'il* ont faict des six qu'ils nommèrent, se soyent comportez si sincèrement qu'il n'y ayt occasion d'en rejeter aulcun , si est-ce que demeurant labonne opinion de leur modestie, et eulx exempts de toute ambition, plus tost que la ville périclite, jlz oblicront encore pour ceste année, leurs affaires privées, embrasseront les peines et travaux de la charge publique, pour rendre à la ville tesmoigna gc de vrays citoyens catl»olicques. »

Après lesquelles remonstranceset exhortation?,.. IcsMaistres des mestiers, après avoir ensemblement conféré..., ont unanimement et concordenient nommé et confirmé pour Consuls eschevins de la prochaine année les onze qui sont présentement en charge, a sçavoir Jacques Jaquet, Clouât Viie* M" Hugues Falctitin, Guillaume Gdla, Àmable Thierry* Regnauld, Ponson Bernard, Martin Couvet, sieur et baron de Mcntribloud, Charles Noyrat> Lonis de Bemyel Durand Colhabaad; et par ce moyen, ont continué en leurchnrge lesdits sieurs JaqueU Getla, Begnauld, Bernard et Cnintet, et ce, nonobstant les remonstrances <jui, sur ce, leur ont esté faicles par lesdits sieurs Jaquet et Gtlla, terriers, qu'il suffisOit, et qu'on se debvoit contenter qu'ils eussent servi le public les deux dernières années pleines de troubles et d'Affaires insupportables, et que» selon l'ancienne coustume, l'on debvoit procédera nouvelle eslectiort, et les descharger de l'esche vioage, afin qu'ili pussent vaquer à leurs affaires particulières, etc. S.

1593. — Décembre 19. Le Consulat écrit au cardinal Aldobrandin que S. S. , à son heureux avènement à la couronne du S. Siège , avoit accorde' l'incorporation de la chapelle de S. Cosme et du prieuré de S. Irène* au Collège des PP. Jésuites de Lyon . après le décès toutefois, ou la cession des titulaires; mais que nouvellement Frère Claude de Digny , prieur de St. Irénée, désirant que la lecture du cours de philosophie et de théologie fut entretenu audit collège , avoit librement et volontairement cédé et remis ledit prieuré es mains de S. S. . en faveur dudit collège. Le Consulat supplie donc le Cardinal d'assister les Pères Jésuites de son intercession pour qu'il lui plaise leur faire dépêcheries lettres ou bulles de ladite nnion et incorporation dudit prieuré audit collège ; afin qu'ils puissent entretenir les docteurs requis pour avoir ledit cours , etc. S.

1593. — Décembre 23. Le Consulat fait payer au sieur Urbdin Parcticfi commis , sous le sieur Gella , à ouvrir les lettres suspectes depuis a ans , lu somme de 200 écus pour ses peines et vacations d'avoir fait ladite charge, et pour le reconnoître des chandelles , ficelles , cire d'Espagne et autres choses qu'il a employées en faisant ladite charge, S.

— Même jour. On fait payer au conseiller Allard 5o écus pour les frais du voyage qu'il va faire pour le bien et service de la ville vers le colonel Alphonse. — Il y avoil correspondance suivie avec ce colonel. On fit payer à son trompette 5o écus, pour plusieurs voyages faits à Lyon. S*

1595. — Décembre a3. Le Consulat, attendu le refroidissement de la charité et l'excessive cherté des vivres qui réduisent les pauvres couvens mendians de la ville à misérable état , donne en aumône aux religieux des couvents des Minimes , Carmes , Augustins , Cordelxers , Cbseroantins et Jacobins 9 à chacun desdits couvens 33 écus i/o. S.

1593. — Décembre 3o. Séance consulaire. Sur l'avis donné de divers endroits, des pratiques qui se brassent pour mettre en liberté Mgr de Nemours , ce que advenant , seroit l'entière ruine et de cette villeet de la province , laquelle liberté ne se peut exécuter que par intelligence que ledit seigneur pourroit avoir avec sa garde ordinaire, pour à quoi obvier le Consulat ordonne que les deux notables qui seront désormais envoyés chaque jour pour avoir l'œil sur les actions et deportemens dudit seigneur seront accompagnés de deux bons soldats bien armés , lesquels

notables et soldats prendront alternativement leur réfection et repos hors de la chambre en laquelle est ledit seigneur , en laquelle les deux soldats demeureront pendant que les notables prendront ù part leur réfection, et, après eux, lesdits soldats. Et pour ce, il sera payé, chaque jour, aux notables qui entreront en charge, deux écus sol. S.

1593* — Même jour. Le Consulat charge le sieur Thierry de pourvoir aux frais nécessaires pour le voyage que M. Matthieu (1) va faire en Suisse, par délibération du Conseil d'état tenu près la personne de Mgr l'archevêque , aux fins de se trouver à la prochaine diète des Cantons suisses, pour obtenir une nouvelle levée de soldats desdils cantons, lesquels seront mis en campagne, si on en a besoin, contre les desseins de Mgr de Nemours.

— Le sieur Matthieu (Pierre) étoit parti avec deux chevaux; sa dépense, y compris son habillement , s'éleva à i83 écus 11 s. S. Voyez ci-après au 4 février 1 5q4« ,

1593 — « ... Unechanson contemporaine composée par un enfant de Lyon venu au siège de Pontoise, raconte ce que firent les ligueurs du Rhône dans les environs de Paris. « Les Lyonnois montrèrent en toute sorte une assurance brave et forte ; ils repoussèrent l'ennemi et surent l'atteindre avec hardiesse; jamais le cœur onc leur faillit; et la bande lyonnoise voulut mourir pour défendre Pontoise. » Quanta celui qui faisoit la chanson , «ceestoit « un brave enfant de Lyon qui commandoit dedans Pontoise une de ces « fortes bandes. » La Ligue et Henry IV , par M. Capbfigoe , page 273

(1) Trompé par quelque historien protestant , M. M or in , p. 34! et 434 du tome V de son Hist. d« Lyon , a fait de Pierre Matthieu un Père Jésuite. Cette erreur nous rappelle celle d'âa écrivain qui, citant lo P. {Président) Hénault, l'appelait il Padre Hétiaidt. Pierre Matthieu, avocat et père de famille, ne fut pas même Jésuite dé robe courte. Toutefois, nous ferons observer qu'il existait alors un Père Matthieu, Jésuite, ayant pour prénom Claude « qui premier présenta la

- Ligue au pape. » Suppléai, aux Mémoires de Coudé, 3e partie, p. 285. Voyez aussi la Satyrt ménippée, p. 116, edit. de 1824.

île 1'édilion île 1843. — Ne scroit ce point en 1^89 que celle chanson quC nous n'avons pu non? procurer . a été composée ? On lit dans Matthili , Hist. de Henry III, livre VII I : « Il ( Henri III ) fait advancer .«•«m année à Pontoise où commandoit Halincourt , lequel s'y estoit rendu avec quelques compagnie? d'arquebusiers qu'il avoit lire de la province de Lyonnois* La première batterie entre les soldats fut de parole.-....; des aroles on vint aux mains , aux escarmouches , et puis au canon qui Ht resche capable pour forcer la ville.... » p. 771 de l'édition de 1 05 1 . Voyez ci-dessus aux publications de 1589, Brief discours , etc.

1593. — Publications. Discours véritable et sans passion sur la prinsc de* ormes, et changemens advenus en la ville de Lyon, pour la conservation d'icelle sous l'obeyssance de la S. Union et de la Corone de France. Le 18 de Septembre i5<j5. Envoyé par un bon citoyen de Lyon à un si*n amv. Avec la proposition faietc à Mgr le duc de Nèmours, par le Conseil (le Lj sept.). Et le renouvellement du serment de l'Union. A Lyon, 1595. In-8" , sans nom d'imprimeur (B. de Lyon, tome du n" a5aoi, exemplaire imparfait).

Ce Discours, attribué à Pierre Matthieu, n clé réimprimé dans les Mémoires de la Ligue, t. 5, p. 458 et suîv.

1593. — Adxis des cames et raisons de la prinse des armes en la ville (le Lyon pour la conservation de leur (sic) liberté. A Lyon. M. D. XCI1I. sain n. d'imp. In-8* de 25 p. (B. de Lyon., t. 3 du recueil 254 » 5.) — Ce pampblet a pour auteur un partisan delà Sainte-Union; « Ratachons-nous. de plu* • fort, s'écrie-t-il, avec Monseigneur de Mayenne* Iieutenant-general de ee»t ■ eslat royal et le protecteur de nostre religion catholique.... »

1593. — Response à la lettre contenant le Discours rentable sur la prinse des armes et ebangemens advenus en la ville de Lyon , le xviu île septembre M. D. XCIIL servant d'advurtissemenl. In-8* de «4 P- s- »• J« ville ni d'imprimeur. — Réimpr. daus le tome 5 des Mèm. de la Ligue.

n Je suis d'accord avec vous , dit l'auteur anonyme de ceste Response, que la venue de Monseigneur vostre archeuesque est un effect de la providence de Dieu. Car il ne pouvoit estre parmy vous plus à propos. C'est un des plus a»seurezet expérimentez pillotes, qui se sont employés au gouvernement de ce navire françois. II a des dons de nature qui ne sont communs à vn chacun. Surtout il est admirable sur la promptitude et la solidité de son ingénient, qui sont deux qualitez qui esgallement concourent ensemble. Il est dpué d'une grande générosité qui luy est héréditaire. Il est vostre pasteur qui a esténourry parmi vous. Feu Monseigneur d'Albon^ son oncle et prédécesseur, luy a fraye le chemin pour vous gouverneravec toute douceur et humanité. Vous avez faict une belle résolution de vous jetter entre ses bras pour vostre conduicte , puisque vous avez donné le premier branle à ceste resolution «ans advis. Vous avez un peumanqué encest endroict : mais vous avez reparé la faute en vous mettant souz sa protection. Il ne faut pas douter que toute la noblesse du pays et des gouvernemens voisins ne luy assistent.... Mais sur tout vous ne sauriez péricliter sous l'auctorité de Monseigneur le duc de Mayenne, quiadvouera vostre rcsolulion: ainsplustost l'approuvera. Il seroit bien marry que on peust lire vn jour dan?, l'histoire de Fiance, que

sous son gouvernement . ou eusl désespéré cest estât Ne doute/.

point qu'à vostre exemple, toutes les autres viljcs de France ne taschenl «le secouer le joug de leur domination s'il la cognoissent injuste , pour se réserver et conserver sous l'auctorité et obéissance d vn ro v catholique et treclirestien, lel que nostre St Pere le Pape aura approuvé, et que les trois r<r-

dres qui font un corps d'cstat en ce royaume auront recognu pour légitime et capable de succéder à la pîe'lé et valleur de tant de bons roys que nous avons eu depuis Clovis.

C'est lors que nous verrons lous les François reunis. C'est lors que nous commencerons à respirer de tant de maux et oppressions que nous avons soufferts. C'est lors que toutes eboses retourneront à leur premier ordre: que l'ordre de l'église sera recognu comme le premier, et qu'il embrassera à son escient la pieté et le service et le culte de Dieu : que la noblesse prendra un peu l'halayne des travaux de la guerre civile , pour veiller à la conservation decest estât contre les desseins des estrangers, ou pour convertir ses armes contre les infidelles et autres ennemis de Dieu et de son Eglise : que le tiers-estat retournera a sa première vacation, le marchand au négoce, l'artisan à la manufacture, le laboureur A la culture des terres. C'est lors que les parîemens reprendront leur dignité, les magistrats leur auctorité, la balance de la justice sera redressée, les bons reconnus et les meschans punis. Mais nous ne pouvons parvenir à tant de biens sans la paix. Cherchons ladoneques : demandons la à Dieu qui seul peut nous donner la vraye. O que ce nom de paix a esté odieux despuis quelque temps ! O que ces etfects seroient doux et agréables si nous la pouvions avoir! La paix ne peut estre odieusequ'à ceux qui tirent profit de la guerre ; eucores un seul n'y sauroit profliler qu'au dommage et h la perle de plusieurs, et si ce proffit n'est le plus souvent bien acquis. Et partant iU'esvanouit aussitost qu'il nous est apparu : pour le moins nous ne voyons personne qui veuille advouer qu'il y ait à gagner. Au contraire, nous voyons tant de villesdesertcs, tant de prouinces ruinées, tant de maisons abbattucs, tant de communautés accablées, tant de familles appauvries, que nous avons plus besoing d'hôpitaux que de marchez.

« Heureuse et très heureuse vostre ville de Lyon, si suyvant leproject de vostre résolution, vous restablissez le négoce et le commerce de la marchandise avec les anciens privilèges, liberté* et franchises que vous avez ci-devant avec tant de peine obtenus de nos Rois. Si vous donnez occasion h l'eslranger banquier de revenir, que vos sangsues avoient chassé par leurs extraordinaires extorsions. Si vous vous fussiez maintenu en ces termes dès le commencement de vus troubles, vostre ville seroitla plus riche de ce royaume et peut-estre de l'Europe ; car vous eussiez eu la despouille de toutes les autres villes de France, et par l'apport et rapport des estrangers, vous fussiez esté, comme aulrefois,lc centre auquel toute la circonférence du négoce de vosvoisins cust tendu.

« La paix, ceste paix que les humains ne peuvent donner, nous produira le comble de ces félicitez, et nous la verrons bien eslablie en ce royaume, quand unis en une seule religion nous ne recognoislrons qu'un Dieu, n'obéirons qu'à un Roy, ne croirons qu'une mesme Foy, et n'observerons qu'une mesme Loy : quï sont les beaux mois desquels vous Gnissez vostre Discours, et dont je me serviray sur la (in de ceste response. Je vous dis A Dieu. »

1593. — Syllogismes en quatrains sur l'élection d'un roy. Estheb cap. 14. Nt Irada.u Domine, sceptiumtuum his qui nonsunt, ne rideant ad ruinant nostranu sed couverte consilium eorum super eos, et cum qui in nos cœpit satire , disperde. A Lyon, par Jean Piîlehotte,À l'enseigne de Jésus. i5t)3. in-8*de 11 feuillets dont la pagination est fautive. — Contient 120 quatrains suivis d'un Snnnrt sur la légation de M. le Cardinal de Plaisancey et d'une traduction de ce Sonnet en vers latins. » Voici le français:

Par le vouloir du ciel , le lniictiesme Clemejjt Commet son cardiual du litre de P lai sauce ,

Afin d'cslire un Roy cattoliq à la Fi ança Ces noms font espérer un bon événement.

Comme Henry de Valois fut dompté bra renient Par Clément le vengeur de son horrible offence, , Par ce Clément rucor qui a grande puissauce L'autre Henry Bourbouuois périra justement.

C'est un nombre parfaict qne le uoml>re octonaire; Clément buictiesme aussi doit la chose par faire Aydé de son légat qui est plein de valeur.

Et de Plaisance alors plaira par œuvre honnei Mais le plaisir des bons sera beaucoup meilleur, Si l'on voit qu'aux mauvais du desplaisir il donne.

L'auteur de ce pamphlet poétique ne serait-il point André de Rossant ? tout nous porte à le croire (Voyez ci-dessus aux publications de i5S9, Histoire mémorable, etc.). J'avais d'abord été tenlé de l'attribuera Pierre d'Espinac, qui faisait aussi des vers français ; mais il paraît que l'illustre prélat n'a jamais livré à l'impression les fruits de sa Muse. Voyez son article dans la Bibliothequedtdu Ferdier, et {'Histoire de Henry IF, par P. Matthieu, p. 3 1 o de l'édit. in-fol.

1593. — Les Paraboles de Cicquot, en forme d'advis sur Testât du roy de Navarre. Paris, jouxte la copie impr. à Z>vm, 1593. Pet. in-8*. — Facétie politique contre Henry IV et sa religion. Cicqttot, ou plutôt Chicot, est le nom d'un bouffon qui appartint successivement à Henri III et à Henri IF. Il est supposé régenter ici son dernier maître, avec la liberté du seul homme de cour auquel tout fut permis (Calai, de M. Léser, n.° 4» )5).

1593. — Le Rosaire de la tres-saincte Ficrge Marie Mers de Dieu. Exlraict de plusieurs graves aulheurs , par F. P. Bollo , théologien di: Paris , et prieur du monastère de nostre Dame de Confort à Lyon. A Lyon, par Jean PUlehotte. M. D. XCIII. In 16 (réimprimé en 1604. Ji. de Lyon ).

Dédicace de l'auteur aux Confrères du Saint Rosaire, datée de Lyon , le premier dimanche d'octobre i5p3.

Au verso du litre est ce joli distique tiré des Catalectes des anciens et attribué à Pétrone :

Libellas ad Lectorem.

Inventât quod quisque velit , non omnibus unum est , Quod plactt : hic spinas colligit , ille roses.

Après la dédicace se trouve quatre pièces envers latins par un anonyme, à la louange de F. P. Bollo, avec une traduction en vers français; nous citerons celle-ci de préférence :

Fere novo tanlum Pœstana rosaria florenl : Al tua perpétua aunt redtviva fi uge.

Le rozier du jardin ne fleurit qu'au printemps; Mais le vostre plus saint fructifie eu tout temps.

Pierre de Boll» était de Chambérr. Il fil ses études à Paris. Il prôcha lu curème a Lyon en i585 , et ce lut probablement dans l'église de Sainte-Croix , car il avait pris sou logement. chez Awlrc Amyct , custode de celle église.

Le Père de Bollo devint prieur des Jacobins de Lyon en i58j. II est auteur de plusieurs ouvrages mentionnes dans la bibliothèque des écrivains de son ordre , tome p. 5ib\ M. Ch. Labille, Prédicat, de la Ligue, p. 26, cite le P. de Uollo parmi ceux qui, dans les chaires de province, contribuèrent à faire soulever le peuple à Lyon, el 11 lui accole le Claude Matthieu, surnommé

le Courrier de la Ligue, et sur lequel on peut consulter la Satyre ment/ pce.

1 595. — Livre du Mont Calvaire où sont contenus les mystères admirables mis ii fin par le fils de Dieu Composé par don Antoine de

Guecara.... Traduicl. .. . par François de Belle- Forest9 Comingeois. A Lyon, par lienoist lligaud , r5<)5. In-iG ( B. de L. 6008 ).

Ce volume ne contient que la première partie du Livre de Guevare. La seconde manque à la B. de Lyon, Au verso du litre est un Sonnet au lecteur bénévole , par Léonard de la Ville , Charnloys , maître d'école et écrivain à Lvon, et à la lin du volume : une Hymne sur le Mont du Calvaire y par Pierre Matlhieu , docteur aux loix.

1 593. — Les Essais petiques de Guillaume du Peyrat, Tours, Jamet Métayer, i5q5. Tu- 12. — G. du Pe> rat élait lyonnais, mais Laurent Josse Lec\ercy ne croit pas qu'il soit , comme l'ont dit quelques biographes , le petit fils de. Jean du Pcyrat , lieutenant du roi à Lyon, sous François ICI (Notes inédites sur Colonia , 11, Ses Esta s* qui ne contiennent que des

poésies latines , ont été réimprimées à Paris sous le litre de S/>icilrgia, fioetica , 1601 , in-i». L'auteur ne pensait pas, qu;md il Jes composa» qu'il dût un jour embrasser l'état ecclésiastique et devenir l'aumônier tV Henri car on y trouve des pièces qui ne sont pas moins érotiques

que celles de Bonncfons et de Jean Second. On a aussi de lui des vers français imprimés à la suite de sa Philosophie royale du jtu des echets (Paris, 16o8,pet. in-8'). Eu voici nn échantillon extrait de ses stances. sur la naissance du Dauphin :

On dit que Jupiter, ayant reduict en poudre Les geans serpeus-pieds , par l'effort de son foudre , Vint arcolt*r la Terre, épris de sou amour, Que la Terre conceut les Rois de sa semante , Et qu'estant sur le point de leur donner naissance , Soubs un palme esUntdue. elle le* mit au jour.

On dit (pie la Fortune en fui la sage-femme , La "Vertu la commère, et qu'une grande dame , Qu'on nomme Majesté leur teudoit >es grands bras; Jupiter les baisant leur donna sou tonnerre, JLes la Usant çà et là ses lieulenaus eu terre Pour punir les Geans qui resleroieut ça-bas.

On attribue à G. du Peyrat un Traité sur £ origine des cardinaux , etc. dont il existe une édition en caractères elzéviriens , publiée à Cologne, chez Pieire ab Egmont , M. DC. LXV , pet. in-12. XL. Brunei dans sa Table méthodique , 11e. i3o5i , et M, Barbier, dans ses Anonym , i3^56. citent une autre édition de Cologne, chez le Pain, 1670, même format. Voyez ci-après années 1601 et 1608.

1503. — Formulaire fort récréatif Je touls c nlracts , donations , testament , etc. Par Bredin le Cocu ( Benoist du Troncy ). Lyon ( P. Ri garni ) . 1693. lu- ia. Citai. Faleonet , n*° 13309; exempl. réservé à la B. du roi. M. Brunei ne cite pas cette édition , mais il en décrit une de Tannée suivante i5q4 , in-16 , II , 3io ); et il fait observer, à la fin de son article sur ce livre , qu'il a trouvé l'indication d'une édition de Paris, i59o,in-ia, dans un Catalogue de livres à vendre à Avignon en 1778. Il esta croire que le Formulaire a été publié pour la première fois avant que Lyon eût pris les couleurs de la ligue. Du Troncy, secrétaire du Consulat pendant les troubles qui suivirent cet événement , était trop occupé par ses fonctions pour avoir le loisir d'écrire de pareilles bagatelles, qui d'ailleurs auraient pu lui nuire dans l'esprit du clergé de Lyon , bien qu'il dise , dans sa préface, que a ce n'est pas à l'homme d'église d'eu juger....» Voyez ci-dessus année 1570 ( de la Nature de tous contracts , etc. ). Voyez auasi l'art. Troncy ( du ) , dans la Biogr. lyonn.. — C'est probablement à cause de quelques formules un peu trop graveleuses que du Troncy publia cet opuscule sous le voile de l'anonyme.. Pendant pins de deux siècles le masque dont il s'était couvert n'avait pas été soulevé ; mais aujourd'hui il est bien ave'ré qu'il est l'auteur de ce facétieux livret. Je ne serais point éloigné de lui attribuer le Moyen de parvenir qui bien sûrement n'est pas de Bèroalde de Vermlle , et encore moins d'Henry Estiennc. C'est une conjecture que je soumets A MM. Eloi Johanneau, Charles Nodier et Paul Lacroix. Il y a trop de choses lyonnaises dans le Moyen de parvenir pour qu'un Lyonnais n'y soit pas pour quelque chose. Je ne pense pas que l'on en veuille grossir le bagage de Louis Garon , qui, dans les deux volumeii de son Chasse ennuy* a semé plusieurs contes fort graveleux qui ne sont pas sans analogie avec quelques-uns de ceux du Moyen de parvenir ; car il y a trop d'esprit dans ce dernier ouvrage pour qu'on puisse erpire sérieusement que Louis Garon y ait mis la main. Le compilateur du Chasse ennuy est au prétendu Bcroalde de Verùlle ce que Grêcourt est à Lafoniaine.

1593. — La Philoctdie du sieur Croset, Foresien , diuisée en quatre livres, etc. A Lyon, pour Thomtts Souhron , f5g3 , in-ia. — De l'imprimerie de Estienne Servain. — Dédicace de l'auteur au chevalier d'Urfé. — M. Coste possède un exemplaire de ce petit roman qui paraît avoir échappé aux bibliographes , et que nous ne trouvons pas cité dans les d'Urfé de M. Auguste Bernard.

1595. — Dccisiones Guidonis Papas innumeris notis paralitlis et scho-

liis illustratae opéra Pétri Mathaci.,,. Lugduni in officina ffug. a Porta, sumptibus Fratrum de Gabiano. c 10. ic. xcm- In-4e. ( B. de Lyon, 121, 8771 ).

Dédicace de Pierre Matthieu à Antoine Emanutl Chalom , conseiller du roi et officiai du diocèse de Lyon , datée ainsi : Lu^dun. Idibus Mari. M. D, XCIII. On y remarque ces mots Eorum autem qvi hanc reipublicae utilem opérant navarunt , Guido P api us (sic) gratinnopnlitani senatus prœses , vir fœlicissimi ingenii, cujus ortu commentlatur Lugdunensis ager t ul suis Sceoolis ac Ulpianis Homanus , nec 0U0 nec rei peptreit ut expeditam hanc viam posteris relinqueret.

L'édition princeps des Décisions de Guy Pape est de 1 49^ > in-fol. sans nom de lieu ( Panzer , IV , 65 ). Cet ouvrage a eu un grand nombre d'éditions , et la presse lyonnaise en a fourni sa part ; nous citerons, entre autres, celle» de Jacques Saocon , i5o4 , in-fol. , d'Etienno Baland , i5o6, in-4". ; de Gilles et Jacques Huguetan frères, i54* , \n-ff. ,

goth. à i roi. ; enfin celle «les héritiers de Jacqus Junte ( apui hacredes Jacobi luntae ), 1 554. in-8".

1595. — M. Valerii Martialis Epigrammata in Cassaris Amphithcalrnm et venaltoncs , etc. Lugduni , i5f)3, In-tt". — Réimpression de l'édition publiée à Paris , en 1 584- L'auteur du commentaire sur ces extraits de .Martial est Théodore Marcile. Voyez («or jet, Mèm. sur le collège royal , tout a , p. i56 ; et ci-dessus au 17 octobre 1567.

T594- — Janvier 1". Le Consulat au colonel Pfeffer : « Monsieur , Estant advertiz de la prochaine dietle de voz cantons catholiques, nous avons di:puté ce porteur Pierre Matthieu . pour s'y trouver de nostre part , aux fins de l'aire entendre, en si noble et célèbre assemblée, l'occasion qui nous a meu de prendre les armes contre Mgr de Nemours, et la supplier très humblement que si nous avons besoin pour nostre conservation de la levée de quatre ou six enseignes des cantons catholiques, pour tenir la campnigne , il lui plaise d'en accorder la levée ; et parce que . en sa négociation , il pourroit avoir besoing de vostre bon conseil et assistance , nous vous prions de les lui impartir , etc De Lyon , le i,r. janvier 1594, » — Le même jour, le Consulat écrivit aux très illustres et magnifiques seigneurs advoyers et conseil des six cantons catholiques suisses :

« .... Nous avons députe le sieur Matthieu, nostre concitoyen , présent porteur , auquel nous avons donné charge expresse de faire entendre de vive voix a voz seigneuries les justes occasions qui nous ont contraincts de prendre les armes contre celluy que nous avions appelé et reçeu pour nostre gouverneur et modérateur, et pour vous supplier aussi bien humblement que si, pour nous conserver au party de la Sainte Union et à Pestât royal t*t couronne de France , dont vous estes les vrays protecteurs, nous avons besoing de quatre ou six enseignes de voz cantons catholiques pour tenir la campagne, vostre bon plaisir soit de les nous accorder , etc. c< S.

1594. — Janvier 3. Le Consulat écrit au colonel Alphonse que Mgr de Nemours s'e'tant disposé de continuer la trêve pour un mois ou six semaines, il lui a semblé que , pour le repos du pays et du peuple , elle devoit être acceptée , comme , suivaut ses dernières lettres , ledit sieur colonel étoit d'avis , d'après quoi le Consulat avoit envoyé M* Allard vers M. de Chevribes pour l'assister au voyage qu'il devoit taire vers ledit seigneur, et conférer ensemble sur ce fait...

Le Consulat écrivit le même jour à M. de Chevrières pour le porter à de semblables sentiments , rendant hommage à son zèle et à son amour pour le pays, ainsi qu'à ceux de la noblesse. Mais il lui représente que, quoiqu'il ne doute pas qu'avec leurs forces, ils ne se rendent maîtres de la campagne, il n'en seroit pas de même des forts occupés parM. le marquis de S. Sorlin , dont il seroit mal aisé de le sortir , et partant la province seroit exposée à de cruels ravages, etc.

Le secrétaire du Consulat écrivoit d'autre part à M. de Tavanes , maréchal de France et lieutenant général au gouvernement de liourgogne, que' les échevins ne faisoient traiter avec M. de Nemours, de la continuation du la trêve pour un ou denx mois , que pour rompre les desseins que la noblesse de la province , d'un parti contraire à la Sainte Union pourroit ••voir; il finit par dire que si S. E. Mgr de Mayenne ne vient bientôt, à Lyon, tout ira très-mal, etc. S.

1i>94. — Janvier 10. Le Consulat ccrivuità M. de C/ierrieres qu'il avoit très agréable sa négociation avec M. le colonel , et la sainte résolution

qu'ils avoicnt prise ensemble, d'après laquelle il ne sera irai le aucune trêve que l'on n'ait bonne assurance de l'observation d'icclle, et que le s*eur de Chevriercs et toute la noblesse n'y ait consenti, sachant bien qu'ils ne prennent les armes que pour le bien et repos de celte province , laquelle seroit grandement soulagée par une bonne et durable trêve. M. Allard étoit arrivé si tard la veille qu'il n'avoit pu faire lerapportde la négociation , sur laquelle le Consulat fera audit sieur de Chevribes plus ample réponse, même de ce qui sera résolu au Conseil sur les desseins que Mgr de Nemours avoit fait de se sauver, etc. S.

1594. — Janvier 11. Le Consulat avoit envoyé le capitaine Genoud vers M. de Mayenne pour le supplier d'accelcrcr sa venue , attendu les circonstances nouvelles et urgentes qui la rendoient de plus en plus nécessaire. Genoud fut pris par les soldats de la garnison de Verdun. Le Consulat écrivit ( le 1 1 janvier ) à M. le Baron de Verdun et à M. de la Bastie , pour les prier de faire relâcher Genoud^i de le laisser remplir sa mission , ce qu'il espère , fondé sur l'utilité de ce message et sur le zèle que lesdits seigneurs ont au bien et repos de leur patrie; ledit sieur baron , suivant en ce, les vestiges de Monsieur son père. Voyez ci-dessus au 27 février i58q.

N. Le baron de Verdun étoit fds de M. de Bothèon auquel le Consulat e'erivit ainsi qu'au colonel Alphonse, pour les prier de solliciter la délivrance de Genoud. S.

1594. — Janviei' i3. On avoit mis garnison dans la maison du sieur du Verdier; les soldats pour êlre payés de leurs gages avaient enlevé des meubles qu'ils avoient portés dans un cabaret pour les vendre. Le Consulat ordonne que les meubles seront vendus à l'encan et le prix employé à payer la dépense des soldats, depuis le jour où ils sont en garnison chez le sieur du Verdier. S. — Le i5 novembre précédent, le Consulat avoit arrêté qu'on poursuivroit en justice le sieur du Verdier qui avoit tenu de* propos injurieux contre l'honneur des échevins. S. Voyer ci-après au & mai de celte année et au a5 septembre 1600.

1594. — Janvier 12. 1. Articles proposés entre M. (VOrnano, chevalier des deuxordresdu Roy, lientenant-general pourSa Majesté au pays de Daulphiné, et Icsieur Allard, conseiller en la sénéchaussée et siège Presidial de Lyon, depputé de ladite ville pour le présent traité (1).

2. Premièrement : que nonobstant la rupture de la trcsve générale en France, ledit sieur Colonel promet de demeurer en trcsve avec lad. ville, pays de Lvonnois. lieaujolois et Foresl, jusques à ce qu'il ayt commandement de Sa Majcslé de les rompre auquel cas, et avant que de faire aulcunacte d'hostilité ,eo adverlira ladite ville ung moys auparavant (2).

(1) Réponse du Consulat. — Sur le premier article ou plus tost sur le titre d'iceulx nous avons, lousjours ereti que monsieur lt* eolotinel d'Orntvm ne. nous a point promis secours contre M. le marquis de St-Sorlin pour nous faire chose qui fut au préjudice de notre honneur, comme seroit l'approbation des qualités ry apposées qui snoit une tacite recognoissance du Roy, son naisire, an préjudice de nostre patly, duquel uoits ne voyons encores aucune occasion de nous despartyr, et par ce nous estimons qu'il fault, de deux choses l'uue, ou que M. Allard prenne qualité de député d,e la ville de Lyon et du Con«eil y estably sous l'obéissance de M. le duc de Mayenne, si monsieur le Colonel prend les qualités cy-niises, ou bien peur mieux faire, que les qualités soient os t ces d'une part et d'aultre, comme il a été obsené en toutes les tresves gme • raies et particulières et en Unis les Iraictés qui ont esté faiels entre les deux partis, soit en gênerai ou particulier; et ret article nous ne pouvons passer autrement , parce qu'il seroit par trop préjudiciable à nostre honneur.

(■*) Cet anicle doit cire couché réciproquement , assavoir de qolre part aussi, où nous aurions commandement de nostre chef de rompit; ta tresve, nous en avertirions ledit sieur Colonel un moys aupararunt.

3. Et neanmoings, sur la proposition faictc par led. sieur Allard, de la pnrt de lad. ville, que ladite ville et gouvernement sont infiniment travaillés p.-ir les trouppes de M. le Marquis de S. Sorlin, avec lequel lad. ville a eu ey -devant tresve accordée, non observée de sa part, on a été contrainct la résouldre et chercher les moyens de finir ou tempérer ti lles misères par l'assistance dud. sieur Colonel , et sa bonne volonté , duquel on a toute confiance, et encores asseurance qu'il tiendra inviolablement re qu'il promettra comme chevalier qui n'est moings accompagné de fidélité en ses paroles que de vertu et générosité en ses faits et, à cause de ce, ladite ville ne désire de luy autre ostagequesa foy et parole. Ledit sieur Colonel a promis secourir lad. ville, pays et gouvernement de sa personne forces et moyens pour ayder à nc'toyer ledit gouvernement, et pour y parvenir prendre en premier lieu Ste Colombe, rompre lepont de Fienne, et de là aller à Feurs et Donzy et autres lieux, comme sera jugé nécessaire (î).

4« Promet aussy ledit sieur Colonel que M. V Archeresque de la tille d<yLyon , comme aussi M. de Chevrieres et les Seigneurs et Gentilshommes du pays disposeront a leur volonté des places qui seront prinses, pour estre entre les mains de qui seraadvisé, ou démanteliées (2).

5. Promet encores ledit sieur Colonel qu'au cas que , pendant qu'il sera employé en cesl exploict, et que luy ou ses trouppes seront dans ce pays et gouvernement , il reçoive commandement de Sa M.ijestéde faire la guerre à la ville de Lyon ouauditGouvernement, en ce cas, avant que commencer aucun acte d'hostillité, il se retirera avec ses troupes auprès du gouvernement et repasscraen Datdphiné, laissant toutes les placesqui auront ûtc prises entre les mains de ceux qui auront été nommés pour cest crf'ect, sans y laisser aulcun des siens, comme pareillement ceulx qui dépendront dud. sieur Colonel* seront assistés en leur retiaicte , et ne seront abandonnes des forces de lad. ville et pays, jusqùes à ce qu'ils soient retirés en leur gouvernement (3).

6. La ville de Lyon, de son costé , promet ayder des forces qu'elle a, sans toutes fois icelle dégarnir, et ncantmoings ne pourront estre moindres que de deux compagnies de gens de pied Francoys et une de Suisses (4).

7. Baillera aussi lad. ville et fera conduire deux canons et deux collouvrines avec l'esquipage, charroys. officiers, munitions et pionniers nécessaires et pour tirer jusques à mil coups et davantage, s'il y échet, et que lad. ville en puisse fournir, à la charge, et soubs la promesse que ledit sieur Colonel frict que, se retirant en Daulphinè* les pièces d'artillerie seront renvoyées avec ce qui restera de munitions dans la ville de Lyon, et accompagné desdites trouppes jusques en lieu de seurté (5).

(1) Approuvé comme il est.

(1) Pour oster Imites dilutions qui pourroient arriver sur rétablissement des Gentils hommes pour commander es places qui seront prinses, semble qu'il sera meilleur des à présent de convenir tout ce qui s'en fera ; premièrement pour le regard de Ste-Cohnibe , attendu que c'est place qui est de grande importance pour Messieurs de la ville de Lyon . il cherchera de pouvoir commettre quelqu'un, eu priant Messieurs de la noblesse de l'avoir agréable; et pour le regard de SI Germain, Donzy et Sury, ils désirent qu'ils soient desmantellés; et en ce qui touche Feurs, pour estre Tille de commerce et où il y a grand marché, semble estre bon qu'elle soit conservée et mise soubs la charge de l'ung de ces deulx aux choix de la noblesse, M. de Chazeul ou M. de In Pie. Et quant à Monthrison, si tant estoit qu'il ftisl pris, que lesfortiliealionsfaictes de nouveau au château soient démolies et la garde laissée aux habiians, comme elle souluit ètrecy-devaut.

CS) Approuvé comme il est couché.

(4) Idem.

(5) La ville de Lyon ne pcnlt fournir deux canons, attendu qu'il n'y eu a qu'un seul dans

8. Et neniitinoirtgs, où ledit sieur Colonel voudroict attaquer lad. ville de Vienne, a esté accordé que, après la prinse de Ste Colombe, Feuts et Doniy, et que Ton aura faict uiig fort entre Toissay et la rivière pour rendre libre lu passage d*icelle , l'armée demeurera en corps, et passera en Daulphinè pour î'expugnation de lad. ville de Viennes a quoy ledit sieur Colonel sera assisté des pièces qui seront en l'armée et de la compagnie de Suisses, outre les forces desdits pays, sans que lad. ville soit tenue fournir aucunes munitions, officiers nychàrroyrs, lésd;uelles forces dudict pays séront pour le moings dô troys compaigniès de gendarmes et quatre cent harquebusiers de pied , le tout soldoyè pour deux moys, lesquels passés, pourront retirer leurs dites forces et canon (i).

9. A esté aussi proposé qué où led. sieur Colonel trouveroît que besoing fbst de passer avec ses forces par la ville de Lyon, soit à l'aller, soit au retour, l'entrée lui sera permise avec sesdites forces, à la charge de passer comme armées ont accoustumé dépasser par les villes, et en la forme et tel et petit nombre que sera advisé par la ville (a).

10. Le pouvoir est donné par cette présente à M. le conseiller Allard de traicter et résoudre avec M. le colonel Alphonse d'Ornano , suyvant les propositions cy-dessus éscriptes et les résponses y adjoustées à chacun article, tant de la part de Monseigneur Y Arclievesqûe dé Lyôn et Messieurs du Conseil, que de Messieurs les esclievins de la ville , promettant lesdits sieurs d'avoir agréable et tenir tout ce qui aura esté falct et traicté par led. sieur Allard* èn la formé que dessus. Faict aU Conseil, tenu soubs les seings des secrétaires dudit Conseil de la ville de Lyon ; à Lyon le xxu' jourde janvier I394- M.

1594. — Janvier 27. Le Consulat au Colonel Alphonse : « MonsieUr, Nous vous renvoyons Me Allard suffisamment instruit de nostre intention et de la resolution prinse au Conseil , tant sur les articles proposez de vostre partj que de la créance de Mgr de La Fin et des lettres qu'il nous a rendues de la part du roy vostre maistre , vous priant de vous asseurer que nous souffrirons plus tost toutes incommodités et mesayses que de nous despartir de l'Union des catholiques que nous avons tant de foys jurée et protestée, et que ce que nous recourons en vostre secours n'est qu'en considération de l'usseurance que nous avons du service que vousavéz voué à Testât et couronne de France dont nous ne nous voulons point séparer, et pour la particulière amytié de laquelle il vous a pieu honorer ceste ville, laquelle aussy estant conservée par vostre moyen à ladite couronne, de laquelle l'on nous a

l'arsenal , comme l'on fera voir si besoing est i encore est-il de Savoye et fort pesant , lequel toutes'foys sera baille avec deux couleuvrine* et l'équipage pour tirer six dents coups ou plus , s'il en faict de besoing.

(1; Il semblerait desbonneste que nous promissions d'aider de notre artillerie à M. le Colonel Alphonse pour prendre et retenir une ville sur ceulx de uotre party, et pour c'est effet semblerait juste que mondil sieur le Colonel se voulust contenter que nous ne prestations point d'ayde pour cet effet à M. le Marquis ou aux siens, ou, en tout événement, que nous ne soyons point contraincts de luy ayder de notre artillerie, ni des forces qui sont dans la ville, mais s'il voudra se servir de celles de la crtropagne, il le pourra faire; et semble n'estre point de besoing d'ajouster ce faict pour traiter, à ce traicté , ains d'eu faire ung article à part pour esue tenu secret.

(2) Nous ne voyons pas qu'if soit besoing à M. te Colonel passer par la ville de Lyon, pour beaucoup de raisons que M. Allard peull représenter, attendu qùe le passage d' Andance lui est plus commode, et aussi avoit-il proposé de passer par là, lorsqu'il fît promesse à la noblesse, et toutesfois, à son retour, s'il advenoit quelque cas de nécessité l'on pourrait luy accorder le passage par la ville, ainsi qu'il est porté par les dits articles, ou luy faire un pont de batleaux près de la ville en lieu de seurté.

voulu distrayrc, vous tiendra tousjours pour son vray protecteur et défenseur, et augnjentera l'obligation que nous vous avons pour vous rendre service de ja mesme affection que nous vous souhaitons, Monsieur , en tout bonhœur, tres bonne et longue vie. De Lyon, ce 28e janvier i5o4. »

1594. — Fcvner a. Le Consulat au Colonel Alphonse :

«Monsieur, Nousavons eu à gratid plaisir la résolution 411c vous avez prinsc de vous acheminer jusques à laGiàiloliere, pour conférer avec Mgr VArchevesque sur quelques petites difficullez qui restent a vuyder sur les articles que M.Allard vous a aportez, de la part du Conseil et de la nostre. Ce s te conférence ne srauroit estre si tost que nous la desirons, et par ce vous prions nous de choisir le jour qui vous sera le plus commode , et de le nous faire scavoir, aux fins de vous préparer le logis pour vous y recepvoir , non *i bien que vous mentez, et que nous désirerions, mais selon le temps; attendant doneques ce bonheur, nous clorrons la présente après vous avoir humblement baisé les "mains , et prié Dieu , etc. De Lyon , ce ae febvr'nr i5g4- »»

Le Consulat écrivit en même temps à M. de Chevrières, que cette ville lui «voit une bien grande obligation de la peine qu'il avoit prise de se rendre en Dauphiné vers M. le Colonel pour le bien de la province, et de ce qu'il avoit bien voulu accommoder h peu près quelques petites difficultés qui se trou voient aux articles que M. Âliard avoit portés au Colonel; que ce Seigneur, pour les résoudre entièrement, s'eloit disposé d'entrer en conférence avec Mgr V Archevêque. Le Consulat prie M. de Chevrihres d'être de la partie, et, à ces fins, de se trouver à Lyon, le jour que le Colonel aura choisi pour se rendre à la GuilloUère S.

1594. — Février 4. Le Consulat e'erit à Pierre Matthieu, en Suisse : Monsieur, voz lettres du uo du passe' nou9 ont esté très agréables , tant pour Tasseurance qu'elles nous ont donné de vostre santé, et delà bonne chère qui vous est faicle, que pour le bon succès de voslre legatioa qui aura esté très utile , en ce qne vous avez eu créance de la juste occasion que nous avons eue de prendre les armes pour nous conserver au party de l'Union catholique et à la couronne de France, et d'avoir disposé les seigneurs, à nous secourir, si nous en avons besoing ; duquel secours , nous ayant la seigneurie de Lucernc fait promesse despuis vostre partement d'icy,nous vous avons par noz précédentes, comme nous faisons encore par la présente, prié de vous en retourner, ayant prins bon nés te congé desdites seigneuries redoublant avec eux les caroux (1) pour les rendre, si vons pouvez, aussi bons poètes que vous. Et lequel vostre retour nous vous prions de haster avant que les deniers vous deffaillent , parce que nous n'avons pas les moyens de vous en faire seulement tenir par de là, etc. De Lyon , ce 4 de febvrier i5ç).\. » Voyez ci-dessus au 3o décembre i5<)3. — Pierre Matthieu quitta la Suisse vers la fin de février ; il était à Lyon le 7 mars.

1594. — Février 6. Dimanche. « Sur le soir, se fit des barricades à Lyon , et commençareut endelù la Saône , vers St-Niiier , et se trouva le lundi matin toute la ville barricadée , qui demandoit un roy bon françois catholique , et se saisit on des plus affectionez du duc de Nemours . de son frère le marquis, du duc de Savoye cl du roy d'Espague , tant eschevins,

(1) Caroux. Ce mot ne viendrait il pas du grec ou du latin caros , que l'on trouve dans G oei.i es Aitrkliajsus, 5 Acttt. 5 , et qui signifie Sommeil d ivresse ? Voyez ci dessus les publications de i59o.

penons , juges que aultrcs. » Arch. du l\h. , xn , 1G7. — c... Les uns se saisirent de l'arsenal , les autres du corps de garde de VHa berie* en ayant été premièrement repousse* , mais par la remontrance d'uue jeune femme qui dit à son mari qui conduisoit la bande et l'avoit tenue cachée dans sa maison, qu'elle aimoit mieux ouir dire qu'il eus! été tué que si elle le voyoit mourir devant sa porte, ils retournent et gagnent le corps de garde. Le lendemain on crie Vite le Rof.» Du Vebdier, Prosopographie , p. a580.

i59/|. — Février 7. « Le pourtraict da sa Majesté armée [Henri /^), représentée naifvement d*après le naturel en un grand tableau faict de la main de quelque excellent peintre et environnée de laurier» a esté eslevé avec grand honneur en lieu eminent aux galeries du devant de PHostel de Ville, et de là montré au peuple par l'un des capitaines penons à teste nue, prononçant à haute voix : Voiey le pourtmict de nostre Roy . il nous veut conserver en la religion catholique, apostolique et romaine. ObevssonS'luy , prions Dieu pour sa prospérité , santé et longue vie , et crions tous F'ive le Roy. » Du Vfrmer , Discours sur la réduction de la ville de Lyon (1).

iîiç)L — Février 7. Le Consulat a M. Allard :

« Monsieur, Par nostre dernière despesche à ftf. le Colonel , nous l'avons prié et vous aussi , de notis donner advis du jour qu'il aura choisy de se trouver à la Guillotiere, pour la conférence qu'il désire avoir avec Mgr V Archevesque, aux fins de luy préparer un logis et le rci epvoir lemieuxqu'il nous sera possible , selon la commodité du lieu , et parce que depuis nous n'en avons point eu de nouvelles , et que nous ne voudrions qu'il y arrivast sans y trouver ses cominodilcz, nous vous avons desp schéce porteur exprès, pour sçavoir au vray le jour que cette tant désirée venue et conférence pourra estre faicle, qui ne sçauroit estre sitost que nous le souhaitons; ce que notis vous prions de luy faire ciïtendie , luy baisant très humble» eut les mains de nostre part. Et n'estant la présente àaultres fins, nous prions Dieu vous donner, etc. De Lyon, le 7 febvrier 1594. » S.

i594. — Février 8. • Les enfans de la ville (a) ont fait dresser à la place thiC/iange une pyramide à champ rouge, remplie à Tentour de trophées de guerre, et au dedans de fagots, fusées et artifices de feu , ;i laquelle . par le pied'estal , sur le soir on a mis le feu : ce qui a donné grand plaisir d'une girandole à la cime ; et ce, en réjouissance de ce que la ville est réduite à l'oheyssance de sa Majesté très-chrestienne. - — «Ce mesme jour . le peuple, les armes au poing , ayant manifestement déclaré qu'il les avoit prises pour embrasser le party du roy, on proposa quelques articles qui furent présentés A /' Archevesque , mais ce prélat trouva fort mauvais que l'on se fust si légèrement desparli de la Sainte Union, attendu tant de protestations dernièrement faictes. Partant il estoit d'advisqu'il falloil, avant tout, faire une despesche à S. M. pour la supplier de s'accorder avec Mgr de Mayenne, et de mesme à ce dernier pour le prier d'en faire autant. Et cependant il ne put

(>) On doit à M. P. J/. Gonon une réimpression de re Discours qu'il » publiée a\ce d'autres pièces sous ce litre : Les narricades de t 594, etc. L*on , îK'r*. in S 0 Voyez sur la réduction df Lyon , une Lettre adressée n un honneste bourgeois Je Paris, insérée dans le journal de J.estoife;]* Lettre écrite par tin serviteur du roy à un sien amy a Tours, etc., 1694, in-S " ; J A. de Thou , Hist. unir., livre rvm : est PASQvrtn, OEuvres, t. 11, p. 456; .1. d'Alton , Chronique , t. iv, p. ?p3 . édition de 1 835 ; J. Monm , v. 4 5 4 , t ic.

(2) Par les enfants de la ville, on cnlcndoit la jeunesse de I,\on. S. — Le chroniqueur anonyme dont ou a publié le journal dans le t. xu des .■//</.. du lihdne, rapporte que le mémr jtuu, mardi 8 février, on prit à Ljon Ccscharj>e blanche.

s'empescher d'accorder que, l'après disnéc, Ton iroîl trouver M. le Colonel, et autres ngens de S. M., pour les faire entrer en ville, et, là, conférer avec eux guf certains articles. En executiou dè quoy, les sieurs Jaquet, Colhabaud et un autre eschevin , député du corps, accompagnés d'un bon nombre de notables bourgeois , se rendirent , sur les trois heures, de l'après disnée, vers M. le Colonel , le prièrent d'entrer dans la Tille avec tel nombre des siens que bon lui sembleront. Ce qu'ayant accordé , et testant acheminé sur le pont du Rhosne , il n'eut pas approché des premières arcades, qu'une grandemullitude de peuple qui le suivoit à la foule, se mit à crier vive le Boy Ci), comme, au desçu des eschevins, a esté faict par tous les carrefours des rues de la ville par où il est passé, jusques au logis de Parchevesché , où il est allé trouver M. C Archexesque , après toutesfois avoir, en passant, rendu grâces à Dieu en l'église de S. Nizt'fr, de ladite acclamation populaire, en tesmoignage de l'allégresse de tout le peuple : en signe de quoy il a permis que par tous lesdits carrefours , trois trompettes qu'il avoit amenées sonnassent : et ayant donné le bon soir à Mgr PArçhevcsque , après quelques familiers propos , il s'est retiré au logis qui luy avoit esté préparé, estant la nuict close.... « Sddan , Recherches sur le retour, etc. , p. 19 ; M. Godemabd , Doçuments, p. 59,

— Même jour. « On députa deux esphevins, accompagnés de trois capitaines penons, pour aller au-devant du président de Langes et du lieutenant gênerai de Fdlars son gendre. Ces deux magistrats témoignèrent en cette occasion une pieté singulière ; cqr , à leur arrivée , ils allèrent à l'église de S. Jean , réndre à Dieu des actiops de grâces ? et de là retournèrent chez eux/suivisd'une foule de peuple qui tesmoigna ouvertement sa satisfaction, en revoyant ceux qu'ilregardoit comme ses pères. Les autres citoyens , honorés par un exil forcé (1) ou volontaire, furent reçus avec un empressement bien capable de les dédommager. » Mcm. mss sur la Ligue extraits par M. Sudan , p. 20-a3 de ses Recherches sur le retour, etc. Voyez aussi Discours funèbre sur le irespas de Messire B. de V Mars, par F. Chérubin de Marcigny, Lyon, 1627, in-8.

(t) Voye? sur l'entrée d*0/v?fl/iq à (,ypn, un poème italien , ll$Omano Marie, delcapitanq Busiiiio lica (fctlo AicioifM, atampato à Bourdeo, l'anno M. D. Cil, pet. in-8.

(a) Pain»» ces exilés on distingue Antoine Camus, président des trésoriers de France; Antoine Grollier de Serpières, trésorier général de France, et son frère, Imbert G rallier du Soleil, capitaine de la ville ; René de Thomassin , seigneur de Montmattin ; le sieur Faye d'Espeisse, conseiller du roi ; Pierre Ballion , seigneur de Sai/lans; Arthus Henry, seigneur de Jarniost , trésorier de France ; Antoine Henry, seigneur de la Salle; François Guerrier, seigneur de Combelande et deJons, le seul des échevins qui, en 1 589, avait préféré la fuite et la persécutic n au serment de la Ligue; le sieur Mestier, avocat du roi; Tftornas Bertholy, gendre du lieutenant général de Villon; Vincent Richard, riche négociant, etc., etc. Mais les Lyonnais n'eurent pas la satisfaction de pouvoir revoir dans leurs murs le respectable P. Emond Augfr, Jésuite, que les Ligueurs avoient fait sortir de la ville en 1589; itétait mort à Cosme, en Italie , le I9 janvier îâgl. S.

C'est ici le cas de rappeler que Bertrand a* Albon, seigneur de St-Forgeux et de Curis, parait être le seul gentilhomme dans le Lyonnais qui soit demeuré ferme au service du roi, tandis que dans le Beaujolais, il se trouva nombre de gentilshommes qui restèrent fidèles à la cause rovale et qui firent à leurs dépens, chacun de leur côté, la guerre aux Ligueurs. D. Thomas, dans son Mémoire, p. 5?, cite avec éloge Nanton , seigneur de Pizey,\e seigneur de Suinte- Colombe , son gendre ; le sieur de l'Escluse et le capjtaiue Tircuir, soldat de fortune, qui , « ayant donné « le moyen de prendre et d'arrêter le baron de Senecy, reçut une grande somme d'argent de - laquelle il acheta la terre de Courcelles, près Belleville ; Claude de Rebr , seigneur de Rebc « et d^Jmplepitis, qui employa ses forces contre le seigneur de Rochebonnc, capitaine de trente « lances pour la I iguc; et le surprit dans une de ses maisons .. »

1f»94. — Fêcrier 9 Les neurs Jacquet, F'izcy VaUntin, Gclar^Rt gn-

auldy Bernard^ Cauvety Noyrat ti CoUaliaud, consuls eschevins , estant assemblés en la chambre du Conseil de l'Ho^lel de Ville, sur les neufheuresdu matin, pour traicier des affaires d'icelle, y sont survenus ung bon nombre des principaulx et p<us notables bourgeois" de la ville, suyvis d'une multitude de peuple, tous portant Y escharpe blanche, lesquels, au nom de tout le reste du peuple, ont protesté de vouloir vivre et mourir en la foy et religion de l'esgjise catholique, apostolique et romaine, et de ne permettre jamais qu'aullre religion soit exercée en ladicte ville, et neantmoings que, pour se redimer des misères et calamités que souffre ladicte ville et le peuple par toute la pro- Tince, par les ravages et violences plus que barbares des trouppes de Mgr le Marquis, ils veulent désormais se soubmettre et demourer soubz l'obéissance du roy Henri qualritsme decenom, comme leurprincc souverain donnéde Dieu, qui, pour le rendre capable de la couronne, l'a inspiré par son Saincl-Esprit «l'abjurer toute hérésie, et d'embrasser la religion catholicque, apostolicque et romaine ; la majesté duquel ils supplieront très humblement de laisser pour gouverneur desdictes ville et province Mgr Y Arcnextsque, leur 1res digne prélat, lequel Seigneur nrcbuvesque ils prient d'accepter ladicte charge, eu laquelle tout le peuple luy portera honneur, respect et obéissance. Et parce que, a la dernière eslectiou des eschevins, ceulx qui dévoient sortir de charge à Noël dernier, ont esté continuez par les suffrages des maistres des mesliers, practiquez contre l'ordre et le statut de tout temps observé en ladicte ville, ont requis que les sieurs Gelas, Begnauld et Bernard, qui dévoient, comme dict est, sortir de charge, soyent priez de s'en démettre. Et parce que les sieurs Thieiry, Noprat et de Berny sont soubçonnez par le peuple d'estre grands favoris de Mgr de Nemours-, capital ennemy de ladicte ville, ont aussi requis pour la satisfaction et contentement de tous, et pour lever tous ombrages de défiance, qu'ils se despartent aussy de ladicte charge, encores que tout six Payent dignement et fidellement exercée. Mais parce que, de toute ancienneté, le nombre des eschevins a esté de douze personnaiges notables, et qu'il est besoing de se pourveoir promptemenl de six qui en soyent capables, et qui ayent les moyens de descharger les six qui sortent présentement des sommes qu'ils ont empruntées pour les affaires de ladicte ville, et, oultre ce, de fournir ou du leur, ou de leur crédit, aux frais qui seront nécessaires pour la conservation d'icelle ville en l'obéissance du roy, a esté résolu de procéder ce jourd'huy, sur les troys heures de relevée, à l'eslettion et nomination de six notables bourgeoiseschevins.

a A laquelle heure de troys de relevée dudict jour neufviesme de febvrier , sont comparus audict Hostel de Ville, lesdicts sieurs Jacquet, Vize^ Valeniins Carnet et Coliabaud, qui sont les cinq eschevios retenus en charge pour le reste de la présente année, et aveceulx unggrand nombre de notables, entre lesquels se sont trouvez Messieurs Nicolas de Langes, présidant en la seneschaussée et siège presidial de ladicte ville , Balthazar de Vdfais, lieutenant gênerai civil de ladicte seneschaussée et siège presidiaK/^rre Scarron, trésorier gênerai de France au bureau des finances de Lyon,de Faulx et de Liergues, conseillers audict siège, et nultres appelez par les mandeurs ordinaires de ladicte ville ; tous lesquels ont protesté qu'ils sont infiniment marrys de la démission des sieurs Gelas, Thierry, Begnauld, Bernard, Noyrat cl de Berny..., pourestre personnages notables ettreszelezà la religion catholicque,apostolicque et romaine et au bien et repoz de la ville/comme leurs actions, pendant leur Consulat , en ont donné vray et loyal tesmoignage. Mais, puisqu'ils s'en sont volontairement desmispour satisfaire à la volonté du peuple, lessusdicts comparans ont procédé à nouvelle eslection et nomination d'aultres six notables

ICO

bourgeois pour exercer ladicle clinrge d'eschevins, snns toutes foys prejudicier aux anciens statuts de Indiete ville, par lesquels iadicte e.-leclion doibt estre l'aide pur lesdits muislres des meetiers, soubz le bon plaisir desquels, pource, les dessoubz nommez ont esté esleus et nommez pour eschevins de la présente année, au lieu des susdicts sortis de charge, assavoir, du cosié de Forvieres, nobles hommes M. André Laurent , juge gardien et conservateur des \ privilèges des fovres de Iadicte ville, Alea andre Polaillon et Gaspard (i) Mornicu, et, du caste de St ISizier, nobles René de Thomassiv, seigneur de Montmartin* Antfioine Henry, trésorier gênerai de France au bureau des fi nances de Lyon, et Jehan Pelletier, — Après laquelle eslcction, toute Iadicte assemblée s'est de rechef résolue de supplier très humblement mondict Seigneur VArchevesque, voyre le contraindre, si faire se doibt, d'accepter le gouvernement de Iadicte ville et province, parce que le peuple a prolesté de ne vouloir aullre gouverneur que luy , et de ne poser les armes qu'il n'ayt accepté la charge dudiet gouvernement (a)..... » Document de M- Gooemarp , p. 62.

1694. — Février 11. Les troupes du Colonel Alphonse d'Ornano passen* par Lyon pour aller à Toissay (probablement Thoissty, Ain). Ai ch. du Rh' xn, 167.

1594- — Février i3. Le Consulat écrit aux magistrats et habitants de Del- Itxille pour les féliciter de leur zèle et affection au service du roi. Scdan, Recherch. \ur le retour, etc. p. 5o.

1^94. — Février' 14* Le sieur du Garel , capitaine, deux des échevins et quelques notables bourgeois de Fdhfrai\chey députés par tout le corps de la capitale du Beaujolais , se présentent an Consulat et déclarent que tous leurs concitoyens ont eu à très-grand plaisir, et ont reçu un contentement indicible des résolutions que la ville de Lyon avoit prises et exécutées, dereconnoîlre le roi Henri IV pour souverain prince et seigueur, ce que tons les habitants de Yillefranehc avoient aussi fait. Sudan , Recherches , p. 5o.

1594. — Février 17. Le Colonel Alphonse cl M. Prunier de Saint- André, président nu parlement du Dauphiné, étant venus au Consulat, accompagnés de M. de Chevrihres, baron de Saint-Chamond, de M. de Fie, et autres Seigneurs, ce président exposa «que, estant à la cour de S. M., et sur son parlement, pour retourner à sa maison, sadite Majesté hiy avoit commandé de passer par celte ville avec le Seigneur de la Fin, et de remonstrer aux bons serviteurs qu'elle y avoit, qu'elle aimoit et respectoit grandement ladite ville, laquelle, se incitant en son obéissance, seroit traitée et respectée sur toutes les autres, avec les privilèges, lihertez et immunités qu'elle sauroit désirer : luy estant déféré le choix et eslection de tel Seigneur qu'elle voudroit choisir et'eslire pourson gouvenieurcnclief : se pouvant nsseurerde sa bonté qu'elle se remetlroirtousjours. pour ce regard, au jugement et volonté de ladite Tille, ainsy que luy et ledit sieur de la Fin en ont eu plein pouvoir . par memoyres et instructions de S. M., que. pource* il a exhibés, par lesquels S. M. accordoit le gouvernement à Mgr l'archevesqucde Lyon, et, à son refus, au sieur, •

(l ) Les Tables chronologiques dos échevins lui donneiil André pour prénom.

•2) Claude de Ruln s, qui était alr.rs un des douze échevins, ne ligure pas dans relie déclaration , et n'y est pas même nommé. Déjà il avoit été obligé de s'éloigner à cause de son dévouement au duc de JS'vmows ; toutefois il ne fut pas destitué de sa charge d'écheviri , comme il le fui de celle de procureur général de la ville, cl de celle de conseiller eu la son échati&sec dont il se démit S.

de Chetriertfy si ladite ville avoit l'un ou l'autre pour agréable. « — Le Colonel tVOrnatlO (fit aussi « qu'il s'estoit acheminé pisques en ceste ville, à deux lins, l'une pour fortifier les bons serviteurs que S. M. y avoit , et l'autre pour l'assister des forces de S. M. contre Celles de Mgr de Nemours et du Marquis de Saint-Sorlin , comme il feroit ; pour avoir trouvé ladite ville réduite de son propre mouvement, nu service et obeyssance du Roy, son souverain, dont il louoit Dieu. » S.

1594. — Février 17. Les avocats, les procureurs, les notaires , etc., convoqués au palais de justice, prêtent serment de fidélité à Henri IF. Le lieutenant général en la sénéchaussée, Balthazar de Fillars, prononce à cette occasion une harangue qui se termine ainsi :

«.... Nous nous sommes rangez soubs l'obéissance de nostreroy très chre.«tien Henry quatre, sans quitter ny abandonner la religion de nos aucestres, pour laquelle nous debvons resouldre de sacrifier nos vies et quitter plustost le terre que le ciel. C'est maintenant que nous embrassons vrayement la concorde , que nous unissons nos volontez. C'est pourquoy le conseil a tresprudemment ordonné ceste cérémonie et cest acte solemnel auquel par ung serment nous sommes liez d'ung mesme cordaige , non poinet au préjudice de la relligion , mais pour la conserver ; non poinct au profit d'ung prince estranger, mais pour la recognoissance de nostre vray et légitime roy; mais l'intention du Conseil passe plus avant, car elle veult el ordonne que la lov de l'amnistie proposée par Trasibulus aux Athéniens après leurs guerres civifles , soit publiée et observée, et que la mémoire des injures, outrages et excès soufferts aux années passées soit effacée ou déracinée des cœurs d'ung chacun par la ligne d'oubliance pour rendre ferme , vraye et entière ceste concorde , et pour contenir tous les habitans de ceste prouince sous la révérence et puissance d'ung seul Dieu en l'unité des mesm.es foy et créance, soubs l'obéissance de nostre roy, en l'observation d'une mesme loy. Le roy el la loy sont une mesme chose! Le roy sans la loy ne peull justement commander. C'est pourquoy en langue hebraïque ce mot de malac signifie régir et conseiller, Le conseil du prince est la loy. Si nous gardons el observons les toix de ce royaume , noos demeurerons fermes en l'obéissance de nostre roy, et, pour le dire en vng mot, nous serons bons François. L'obéissance et recognoissance de nostre roy légitime sera la collombe qui nous rapportera la branche d'olivier, c'est-à-dire, la paix tant désirée qui essuyera leslarmes de nosyeulx , nous rendra toutes choses propices , nous fera oublier les maulx passez, el en un mot nous préservera du déluge de tant de malheurs que les guerres ci villes nous ont apporté , et lors Dieu fera pleuvoir sur nous l'abondance de ses célestes bénédictions, et, comme disoit le Psalmiste royal : Rex latabitur in Deo , laudabuntur or unes qui jurant in eo ; quia oùs~ Irucium est os loquentium iniqua (LXII, 12 ). Mars, de la li. de Lyon; n." 1409. Voyez YAlm. de Lyon pour 1788; p. 5o3, et ci-après au 1 1 novembre 159.5.

1694. —Février 18. Les Consuls de $L Eonnel-U -Château écrivent at*x échevins de Lyon :

« Messieurs, aussitost que nous avons sçeu la sainte resolution qu'avez prise en la recognoissance de nostre tres-cher sire le roy, nous en avons rendu grâces à la divine Majesté, et chanté le Te Deum laudamus avec le plus de cérémonie qu'il nous a esté possible ; et tous ensemble , tant habitans que capitaines et soldats, d'un bon accord et mesme volonté , avons crié vive h roy , et pris ceste belle escharpe blanche , ancienn p marque des bons François , résolus qus nous sommes de mourir avec elle....- L'abbé Sedan , Recherch. , p, 52.

1591. — Février 19. Le Consulat au P ipe Clc.nmt FUI : «TrèsSainct Pere, nous ne doublons poiutque VoslreSaincteté n'ail trouvé mauvais qu'après tant de protestations que ceste ville a faictes de ne se despartir jamais de laSaincte Union des catholiques ny de la couronne de France, sonhs l'obeyssance de Mgi de Mayenne, elle se soit jettée en la protection du roy, sou prince souverain donne' de Dieu, attendu que, pour le rendre capable de la couronne , il Ta inspiré par son Saiuct Esprit, d'abjurer toute hérésie , et se rejetter au giron de ta sa me te Eglise, de laquelle vous estes le très digne chef visible; maisquand Vostre Saincteté aura entendu au vray l'occasion qui nous a meu d'embrasser ce parly , sans toutesfois nous distraire de ladite union catholique, et de l'obeyssance que nous debvons au S. Siège apostolique , nous nous asseurons tant de sa bonté et clémence qu'elle nous aura pour excuse* , et nous conservera en ses bonnes grâces , comme très fidelles enfants de llegllse catholique , apostolique et romaine que nous sommes; et, comme tels, supplions dune V. S. qu'il luy plaise se remettre en inemoyre, ce que, par noz précédentes, nous luy avons faict entendre descruaultez et inhumanités plus que barbares que les trouppes de Mgr de Nemours, commandées par Mgr le Marquis , son frère , ont exercées ez environs de ceste ville, lesquelles uous espérions prendre fin, ou pour le moings quelque sursoyance par la tresve et suspension d'armes que nous avons contractée avec leurs excellences : mais , tant s'en faut que nous ayons joui de cebene6ce, que, au contraire, nous avons esté, durant ladite tresve, uussi mal traicle* qu'auparavant. De quoy nous estant plaincts parpersonnage signalé envoyé exprès a Mgr de Mayenne, et supplie S. E. d'y pourvoir, ou par ungainyable accord ou par la force des armes, nous n'avons peu avoir aultre chose synon quelques promisses de récompenser lesdits seigneurs de Nemours et S. Sorl'm du gouvernement de la Guyenne . à la charge de rendre les places qu'ilz tiennent ez environs de ceste ville ; mais lesdicts seigneurs ne se sont peu resouldre d'accepter cest offresous lesdictes charges, ains au contraire, se sont préparez plus que jamais à la guerre , appelans tous leurs serviteurs et amys à leur ayde. Nous, au contraire , destituez de tout secours et de tous moyens de lever des forces pour nostre conservation , et pour empescher les ravages du plat pays, avons faict supplier très humblement Leursdictes Excellences d'accepter lesdictes offres, et nous remettre lesdictes places . par lesquelles ceste ville est bloquée de tous costez; mais les ayant trouvez opiniastres à ne les démordre, pour par icelles nous incommoder quand mondit Seigneur de Nemours srra en liberté, nous avons esté contraincts de nous jelter entre les bras de S. M. , sur la promesse qu'elle nous a faicte par ses agens et députez, que, en ceste ville et tout le pays de Lvonnois, Forez et et Bcaujollois , elle ne permettra jamais qu'il y ait exercice de la religion aultre que de la catholique, apostolique et romaine. Car, sans cesle condition , nous eussions endure plus tost toutes incommoditez , voyre la mort tnesme , quelque violente qu'elle eust esté, avant que de prendre ledict party ; ce que nous supplions très humblement V. S. d'approuver, mettant en considération que Dieu nysa religion saincte n'y sont'oflfensez, et que ce que nous avons faict n'a esté que pour conserver ung million d'ames très catholiques que noz trèscruels ennemys avoicut projetté de massacrer. Cette considération nous faict espérer toute faveur et bénédiction apostolique de la bonté et clémence de V. S., dont nous la supplions à joinctes mains , et de commanderont son bref apostolique à Messieurs du Clergé de cesle ville* tant Jésuites que aultres, de continua* leurs sermons et aultres fonctions , pour obvier au scandale qui en pourroit réussir, au mcscontementde tout le peuple qui est très catholique,

et liés dévot de rendre à V. S. fidtllilé et obeyssanre tîliale, et de prier Dieu avec nous, très Sainct Père , vous donner en toute prospérité, tri-s heureuse et très longue vye. De Lyon le 19 febvrier 1.594. — De Votre Suincteté et de tout le Sainct Siège apostolique , les très-humbles , trèsdévotsettrès obéissants serviteurs et subjects , les Consulz eschevins de Lyon. » S.

IÔ94. — Février 20. Lettre de Henri IF", portant pour adresse :

« A noz très chers et bien amez les maire et eschevins, manans et habitons de nostre ville de Lyon ,

• De par le Roy :

« Très chers et bien amez, la resolution que vous avez faicte de vous tirer du mauvais party où vous vous estiez laissez aller, et de recognoistre l'obligation que vous avez à nostre service, non seulement parce qu'elle apporte beaucoup d'advancement et de réparation à noz affaires, mais aussy parce qu'elle nous ouvre le chemin de faire paroistre à nostre ville de Lyon, l'inclination que nous avonseuede touttempsde l'aimer : et que nous tenons meilleur compte de ce qu'elle a mérité soubz noz prédécesseurs, que de ce qu'elle peut avoir démérité contre nous despuys ces derniers troubles, dont nous rejetions toute la faulte sur les chefs et principaux de la faction de nos ennemys, aux artifices et aux violences desquels nous savons que les gens de bien des meilleures villes de ce royaulme ont esté contraincts de se laisser transporter. Or, nous vousexhortons ét recommandons de persévérer toujours en ceste bonne et saincte resolution, et de prendre toute asseurance de nostre bienveillance envers vous tous, tant en gênerai qu'en particulier, laquelle nous vous tesmoignerons par effect en tout ce que vous voudrez requérir de noz grâces, et notamment au soin que nous aurons de reparer et remettre ce que la misère du temps pourroit avoir diminué de la grandeur et commodité de nostre dite ville de Lyon, à l'imitation de laquelle nous vous advisons que celle d'Orléans s'est reduicte en nostre obeyssance, avec la personne du sieur de la' Chastre : qui nous donne toutte asseurance de celle de Bourges et de tout le reste des places du gouvernement de Rerry. Et comme nous avons rendu louange et actions de grâces publiques à Dieu de vostre réduction , aussy vous exhortons nous d'en faire de mesme de vostre part pour celle des villes susdites. Donné ù Chartres , le 20e jour de febvrier 1694* Signé Henry, et plus bas Forget. L'abbé Sudan , Rechercha p. 35.

1594. — Février 20. La ville de Lyon conclut avec le duc de Savoie un traité de neutralité et de commerce. 3. M or 15, V,

1594. — Février ai. Le Consulat au duc de Mayenne :

« Monseigneur, La considération que nous avons eue de la continuation de ces guerres civiles qui ont causé tant d'iniures, tant de sacrilèges, tant d'adultères, tant de rapts, tant de forcenements sur les corps chantes de tant de dames pudicques et honnesles, tant de ruynes de temples, bruslemenls de sépultures, démolitions d'édifices, ravages deschamps, et de tant d'aultres malheurs, mizeres et calamitezqui luy sont compaignes ; et la considération aussy de la conversion du Roy, seigneur et souuerain prince naturel à la religion de la saincle Esglise catholi«:que,apo«toIicque et romaine, estans aussy descheuzde toute espérance de secours humain contre les forces et violences de nos ennemys; tout cela nous a poussez à recognoistre Sa Majesté, et à nous jecter avec, toute soubmission de fidelle obeyssance entre ses bras et protec* lion; ce que nous croyons que tant s'en fault Yoslre Excellence trouvera mauvais, que, au contraire, elle taschera d'apporter ung asseuré repos à ce

royaulme par une paix que nous la supplions 1res humblement nous procurer* attendu rnesme que nostre i eligion(soubs le manteau de laquelle lesdictes guerres cruelles ont prins leur origine) n'y est offensée ny altérée; noua avons de sy longue main recogneu tant de bonté, clémence et" humanité en Vostre Excellence, que nuus croyons, voyre m es oie nous asseurons que, pour cela, nous ne descherrons poinct de l'amy tic et bienveillance dont elle nous a tousjours honorez, comme, de nostre part, nous luy rendrons tousjours 1res humblement service de la mesme affection que nous prions Dieu vous donner, Monseigneur, en bonne santé et contentement, très heureuse et très longue vie. De Lyon, ce xxi febvricr i5q4. » S.

1594. — Février 2 t. Le Consuht écrit aux Prêtât des marchands et èchevins de Paris:

« Messieurs, avant que In présente vous soit rendue, vous aurez sceu la résolution que nous avons prise de recognoistre le roy pour nostre prince souverain donné de Dieu, puisqu'il a plu à sa divine Majesté de l'appeler par son Saint-Esprit dose jetter aux genoux de la Sainte Eglise catholique, apostolique et romaine : mars vous n'aurez peut-être pas sceu les justes occasions qui nous y 'ont poussez , lesquelles nous espérons de vous faire entendre bientost par noz députez, cependant nous vous dirons que noos ne serions ni sages ni bien advisez, si, par les misères et calamitez que nous avons constamment et vertueusement supportées, nous n'eussions pourveu à nostre sûreté et conservation, destituez que nous estions de tout secours humain contre les forces et les violences de noz ennemys : joinct que la continuation des guerres civiles ne peut apporter que l'entière ruyné et dissipation de la plus belle monarchie qui soit au monde : ce qui doit desiller les yeux à ceulx qui, pour quelque affection particulière, les ont bandez, attendu mesme qu'il n'y va que du temporel, et non du salut de l'ame,puisqnc nostre saincte religion demeure en entier, sans estre altérée par schisme ou hérésie. Cela vous doit mouvoir, Messieurs , de penser désormais à procurer une paix à ce royaulme, et la faire eselorre de vostre ville ; affin que de la mesme arche on navire, dont l'origine de tous les malheurs que la guerre a enfantez, est provenue, la belle colombe en sorte aussy, qui y rapportera le rameau d'olive,

qui est ta paix Ce que vous pourrez aisément faire par sages rendons-

traitées à Mgr de Mayenne, l'Excellence duquel toujours se conformera à l'équité , comme frès-chreslien qu'il est et très affectionné au bien de ce royaulme , duquel il ne voudroit voir la ruyne par une opiniastreté de guerre civile; les effets de laquelle vous doivent fleschir à nous accorder la requeste que nous vous faisons , et prier Dieu avec nous d'appaiser

son ire ; le suppliant de vous donner, Messieurs, en tout bonheur et

contentement, très-longue vie. De Lyon, le 2.1 février 1594.» L'abbé Scdàx, Réchercfi., p. 33.

1594. — Février 22. Le Consulat donne mandement à Antoine /acquêt, chevaucheur pour le Uoy à Lyon, de 40 écus pour distribuer aux chevaucheurs tenant les postes de la Toai\ Tarare et V Arbresle^ à cause des frais qo'ils ont à supporter û l'entretien des postes, qui ont naguères été dressées pour le service du roy et commodité de l'année que le sieur Colonel (d'0rnano) a conduite pour led. service au pays de Dombes. S.

1594. — Février as. Lettre d'Henry IV, à ses « 1res chers et bien aillez les Maire et E^chevius , manans et habituas de nostre ville de Lyon :

« De par le Roy :

t Très chers et bien amci, la première nouvelle que nous avons eue de U

bonne et louable resolution que vous avei Ai i et c de nous recognoistre pour tel que Dieu a ordonné que nous soyons, a esté une despeche du sîeur d'Ornano, que nous receumesle i3de ce mois, qui ne conlenoit que la simple certitude de l'exécution d'icelle, nous remettant à aultre plus ample qu'il nous devoit faire bientôt après, en laquelle nous verrions les particularitez de ce qui s'estoit passé par delà. Et sur l'opinion que nous avions que ladite seconde despesche nous arriveront de jour à aultre , el que, par icelle, nous serions mieux informes de ce que nous aurions ù vous mander pour ce regard , nous avons d'au liant différé de vous escripre pour nous resjouir avec vous du grand bien qui adviendra, et au gênerai de noz affaires, et à vous en particulier de ceste vertueuse déclaration que vous avez faicle en faveur de nous et deeostre service : ce que nous avons faict despuis peu de jonrs par une aultre nostre despesche, que nous n'estimons que vous n'aurez gueres plus lost queee6te-cy, que nous vous faisons par vostre dcnpufo, qui nous a rendu la vostre du i4de ce mois, en laquelle nous avons veu avec grand plaisir et contentement la continuation de vostre bonne volonté et affection à nostre service, qui augmente lousjours la nostre en vostre endroict. Nous avonsaussi vrii en y ost redite despesche, et particulièrement entendu par vostredit député, le bon ordre que vous avez commencé de donner à rétablissement des affaires de ladite ? Hle, ayant procédé à l'eslection de nouveaux esebevins, au lieu de ceux qui vous estoyent suspects : qui estoit vcritablemant par où il fdîoit commencer, et qu'il est nécessaire de continuera l'endroict de ceulx que l'on çogooist n'estre pas entièrement nets et vuides de cesle mauvaise impression qui leur avoit esté donnée : n'y ayant rien tant à craindre en ung corps que ung ulcère couvert en quelque" membre. Vous estes si prudents et si advisez, et traictez maintenant ung affaire qui est si agréable à Dieu, qu'il ne fault doubler que vous ne soyez assistez de sa grâce , en toutles les resolutions que vous ferez pour ce regard : e^lanl fort content de la resolution qui a esté prinse de remettre la conduite des affaires au Consulat de vostre vi Ile, attendant que nous ayons fqiet resolution sur le gouvernement de la province : laquelle nostre volo nté estoit bien de ne faire point que les depputez que nous sommes adverlis que vous devez envoyer vers nous, ne fussent arrivez, et que nous ne les eussions particulièrement ouys. Et demeurons encorcs plus fermes en ceste opinion, que nous voyons par voslredite lettre que c'est chose que vous désirer de nous, de qui, en cela et toute aultre occasion, vous devez attendre toute faveur et grâce, comme nous sommes asseurez que la confiance que nous avons de vostre ûdellité et bonne volonté, nous sera tousjours confirmée par les bons effets que nous cnpourrons désirer. Nous avons, au reste, veu par l'exlraict de vostre délibération consulaire, l'ordre que vous desirez estre donné par les thresoriers generaulx de Francc,pour les vivres et autres despenses y contenues, pour les forces qu'il fault mettre en la campagne; suivant laquelle nous leur mandons présentement d'y pourvoir en diligence, à quoy nous nous asseurons qu'ils ne fauldroycnt de satisfaire : sur ce, nous reservantde vous escripre plus amplement, après que ladite seconde despesche dudit sieur Ornano nous sera arrivée, nous nous contenterons pour fin de ceste-cy, de vous exhorter de ne discontinuer vostre soinget voi veilles pour vostre conservation et de nostre dite ville, estant très certain qutt dedans et dehors les pratiques et desseings y multiplient lous les jours, dont i)iea vous préservera, s'il lui plaist, comme nous l'en prions de tout nostre cœur. Donné à Chartres, le 22e jour de fcbvrier !'5rj4. Signé Henry, el plus bas Forget. • L'abbé Sudan, Rechtrch., p. 57.

li>94. — Février iù. Lettre de M. Rcvol, secrétaire d'état , au Consulat : « Messieurs, j'ay loue Dieu et me rcsjouys avec vous de la grâce qu'il vous

a fuicle de conduire a bonne et heureuse fin la taincle résolution que voué avez priuse, de laquelle j'espère qu'il vous donnera, de jour à aultre plus do contentement, comme en ce qui despend du Roy, vous pouvez estre asseure« que vous le recepvrcz tel que vous le sçaurez'desircr. mesmes en ce dont vous luy avez escript, tanl il désire vous faire cognoistre que nulle af-

fection particulière n'aura lieu, en ce qui vous touche, par dessus ce que vous lui ferez veoir estre du bien et repoz de vostre ville ; laquelle, combien que S. M. s'asseure que vous aurez assez de soing de conserver soubz son obéissance, et qu'elle ayl esté bien aise que les choses soyent passe'cs sans violence ; si est-ce que, ayant entendu qu'il y en a qui ont assez faict cognoistre, en cesle occasion, ce qui leurresleencores de mauvaise volonté dans le cueur , et jugeant qu'il ne peult estre que très dangereux de les retenir parmy vous, pour les praticques et efforts qu'iiz pourraient faire sur vostre liberté et voz vies , elle désire que vous vous délivriez de ce soupçon, pour n'encourir ce mal, par les plus gracieulx moyens que vous sçaurez bien choisir, et particulièrement pour le regard de voz Suysses dont le capitaine despend du plus grand ennemyde ceste couronne qui soit en la nation (i). Je vous remercie, Messieurs, de la confiance qu'il vous plaist monstrer avoir de mon affection à vous faire service, à quoy je vous supplie croyre que vous n'employerez jamais personne qui me surpasse en bonne volonté, en vostre endioict, etc. » S. -r- Voyez ci-après au 16 mars.

1594. — Février 28. Les sieurs eschevins à plein etduement informez de la suffisance, capacité, prudhommieet bonne diligence de Monsieur M* François Dufournel. docteur en droict, avocat au parlement de Paris et seneschaussée de Lyon, ont commis et député par provision led. sieur Dufournel à Testât de procureur gênerai de lad. ville et communauté , pour icelluy est a tenir et exercer tant et si longuement qu'il plaira au Consulat ;.... laquelle charge led. sieur Dufournel... ayant acceptée, a prosté serment sur les saincts Evangiles de Dieu, de bien et fidèlement s'en rappeler au service de lad. ville, et de procurer de tout son pouvoir le profict , et éviter le dommage d'icelle, sans acception de personnes quelles quelles soient. S.

i594.Février ou mars. — Lettre de Pierre d'Epinaç a M. Lyx>ety secrétaire de l'archevêché :

« Monsr Lyvet, je vous supplye prier M" delavilledemapart de continuer l'entretenement de la compagnye de M. Je Chaseuil sur le Fravc-Lyonnois, comme il estoit, pouraultres quinze jours, d'aullant que le terme est expiré, et encores de faire donner argent à la compaçnyedu sieur de Boyard, que j'ay iry pour ma garde ; ce qu'iiz m'ont promis de faire, n'estant pas raisonnable que ceste pauvre ville les entretienne, ou que je demeure à l'abandon de mes ennemys. Dieu vous conserve ! Vostre affectionné amy : Depinac, archevesque de Lyon. » — Cette lettre sans lieu ni date , paroit écrite de Vimy, aujourd'huyiWi/fe. S.

1594. — Mars \. Le Consulat à l'archevêque de Vienne : « Mgr, Vous avez sceu nostre réduction soubz l'obéissance de noslre roy très chreslien et très catholique , de laquelle aulcuns de nostre clergé semblent faire quelque scrupule ; avec Iesquelz ayant conféré, avons recogoeu que vostre bon advis les pourra réduire à rendre le debvoir atout nostre peuple catholique / par ce mesmement que vous vous estes trouvé en vostre bergerie en pareil accessoire, lorsque vostre ville de Vienne fut une foys reduicte foubz l'obéissance de S. M., qui tputesfoys n.'estott catholique : et neajl'

{ 1 } Le colonel Pjcffer,

inoings tous et vostre clergé necessastes de leur admiiifstrer tous lessaincrs sacrements ; dont depuis ayant esté dans Rome, vous scavez s'il a esté malpris par S. S. et par le Consistoire. Doncques, Mgr., vous plaise impartir aux nostres vostre sage conseil , lequel nous attendons devotieusement pour le soulas commung de tous noz concitoyens. Cependant, aprez vous avoir présenté nozhnmbles salutations, nous prions Dieu, Mgr, qu'il demeure eu vous. De Lyon, le i" jour de mars ibg^.a S.

1594. — Mars 1 . Estienne Pasquier écrit de Melun à son fils Théodore ; il lui apprend la réduction de Lyon , la prise et l'exécution de Barrière, etc. Œuvres, II, 455.

1594. — Mars 5. Charles Boucher , maître des requêtes , est nommé par le duc de Mayenne, garde des sceaux, en remplacement de Pierre dfEspinacy lequel, avant son départ de Paris, avait fait la remise des sceaux audit Charles Boucher, Dcchesne, Hist. des Chanceliers, édit. de 1680, p. 674-5.

1594- — Dimanche 6 mars. Les ouvriers imprimeurs parcourent la ville, en récitant publiquement les plaisants devis du Seigneur de la Coquille. Voyez çi-dessusau 6 mars 1590, et ci-après, mai 1610 et 14 février 1G27.

1594. — Mars 7. Le sieur Thomé remplace, comme secrétaire du Consulat, le sieur du Troncy dont la signature se trouve pour la dernière fois à la fin du procès-verbal de la séance consulaire du G Mars. — Le sieur Bertrand Castel, voyer de la ville, fut aussi destitué , et remplacé par Jérôme Durand. S.

1594. — - Mai s 9. Séance consulaire. Les sieurs Pelletier et Mornieu (échevius) sont députés pour aller aux Jésuites, leur faire entendre que messieurs les éehevins ne permettront point que le P. Bernardin (\) et autres venans de Rome, entrent en cette ville, pour les causes qu'ils ont charge de leur dire. S. — Les Jésuites et les Capucins de Paris refusèrent de prêter serment de fidélité à Henri IV, croyant qu'il fallait attendre l'autorisation du pape (2). Quant aux Jésuites de Lyon, ils apportèrent pour raison de leur refus, l'absence du provincial et du recteur de leur collège, ne croyant pas devoir prendre un parti dans une affaire de cette importance, sans l'aveu de leurs supérieurs (voyez Jocvahcy. Hist. Soc. Jesu, t. 2, p. 45, et P. de Lumina, Abrégé ckronoL. p. 22*5). Les Capucins de Lyon imitèrent [aussi les Jésuites ( vovez ci-après au i5 de ce mois).

1594. — - Mars 10. Le Consulat ordonne qu'en conséquence d'une précédente ordonnance sur ce fait, il sera signifie de nouveau par le lieutenant du guet de cette ville, au domicile de tous ceux qui ont clc mis hors d'icelle depuis sa réduction, qu'ils ayent à soy retirer et esloigner à 5 lieues loin pour le moins de ceste ville, avec défenses d'en approcher sur peine d'être perturbateurs du repos public, etc.

1594* — « Le Dimanche 1 5 mars , sur les neuf heures du matin, nobles M" René Tîiomassin, Henry, Lorens, Poilaillon, Jacquet ^ Vue, Pelletier, Falentin et Collabaud se sont assemblés en l'hôtel commun de lad. ville, et à l'instant sont partis en corps, vêtusde leurs robes violettes, assistés des mandeurs de la ville, et accompagnés des sieurs procureur , receveur et voyer d'icelle, et se sont acheminés pour aller en la grande église S. Jean, aux fins d'assister

Ci) Le P. Bernardin Castor était allé à Rome avec le P. Uajorius. Voyez ci-dessus au zi sept, et au 3o déc. i5£)3.

(a) L Université de Paris refusa aussi le serment à Henry Jpt et ne voulut point assister à la procession générale qui eut lieu le 29 mars, jour de l'octave de la réduction de Paru.

à la proeessian "entrait do la rcductioj» de cet le viHc sous Pob&issance du roi; à laquelle procession auraient assisté le sieur colonel d'Ornano, (suivi) du sénéchal de Lyon et de toute la noblesse, tant de celte ville que Àe la province, messieurs de ta justice en corps, avec grand uombre de notables bourgeois et infini peuple. Et étant lad. procession de retour a lad. église S, /(ffln^aprèB avoir passé par laitue Juif verte et entre les deux églises de S, Paul, être revenue parla rue de Flandres, aurait e'téchanté dans le chœur de Jad. e'gJjse, par Xoutes les processions des églises collégiales, le 7*e Deujn fczudanms, et consécutivement la grande messe à haute voix; puis lesd. sieurs échevinsayant accompagné led. sieur d'Ornano en son logis, se seroient reti* rcs aud. liôtel-de-ville. Kt n'quroient les frères Capucins ni les frères Minimes assisté et accompagne lad. procession, ains seulement les quatre mendions nui sont les frères Cor délier 's du couvent de l'Observance et de St-Bonaventure, les Carmes, les Jacobins et les ^ugusiins.» — Il paro.it jque les Capucins se conformèrent quelque temps après. Le 21 octobre, le Consulat leur fit livrer en aumône, une charge d'huile d'olive. S.

*—Mêmejour. Le Consulat charge deux échevins de Caire entendre au sieur PonsonBernard (anchn échevin) que, comme il ne lui avoît pas dté défendu d'aller à la messe, lorsqu'il lui fut enjoint de soi contenir en sa maison, il n'etoit pas besoin lui octroyer pour cela aucune permission, comme il l'avoit fait requérir. S.

1Ô94. — Mars 16 Le Consulat, en réponse à la lettre de M. Revol, secrétaire d'état, du 20 février précédeut :

« Mgr, les lettres qu'il vous a pieu nous escripre, par lesquelles nous avons cogneu combien noz premiers deportemens ont esté agréables au Roy , ont comblé de toute satisfaction le plaisir que nous receumes quand il pleust à Dieu nous rendre supérieurs à noz enneinv6 intestins, et nous mettre en liberté de nous jeeter entre les bras de S. M. , de laquelle nous avons receu deux lettres tant pleines de bénignité et de clémence, que nous serions honteux d'avoir si longuement différé à nous y resouldre , si les artifice» de noz adversaire*, et le pied qu'ils avoient pris sor nous et sur la pluspart des meilleurs François de ce royaulme ne nous servoit dé légitime excuse envers ung roy trè* clément et très bening. Aussy la lecture desdites lettres que nous avons faicteen assemblée générale, à ces fins convoquée, a merveilleusement resjoui le peuple, comme il a tesmoigné par nouveaux feus de jpye et auljre? allégresses, et que plus est , a conyié la meilleure part de nostrp clergé à faire 1« procession générale, et chanter le Te Deum, dont le contentement a esté d'aujtnnt plus recogoeu parmi les gens de bien, que, par les menées, des ma) affectionnez, nous ne Pavions peu obtenir jusqu'à ce jour. — Çïous espérons que messieurs noz députez s'achemineront par devers S. M., après avoir sceu sa responce nous vous remercions bien

humblement des bons olfrcs qu'il vous plaist nous faire par voz lettres..,, et pour monstrer que nous les acceptons, nous vous requérons que votre bon plaisir sojt de veillera diverses personnes outrecuidantes et deshontéesqui s'en vont par devers le roy, pour obtenir de ses grâces la confirmation de leurs offices, continuation de leurs charges, leur rappel en ceste ville, de laquelle ilz ont esté sortys meritojrement, et faire aultres semblables requestes ; a ce qu'il plaise a S. M. faire tout pour le bien et repoz de ceste patrie et de ses bons serviteurs, de ne les point oyr en telles demandes, lesquelles on luy fera eognoistre, si nous sommes contrainetz, eslre d'aullant plus injustes que les demandeurs en sont indignes » S.

lî>94. — Mars 16. Le duc de AVr«> nu Consulat :

■ Messieurs, je ne sauroi* vous exprimer le contentement qne j'ay re.«senty de l'honorable et valeureuse résolution correspondante à la fidelïhéde voz pères qu'avez; faicte de vous ranger soubz l'auctorité de nostre roy très chrestien et catholique. C'est par là que vous avez faict paroistre que les choses passées sont provenues d'une esmolion faicte par un zèle chrestien, et non pour vous distraire delà Couronne de France. Par mesme moyen, vous vous estes garantys d'estrc plongez en la plus cruelle tyrannie qu'on eust peu pratiquer contre vous, comme vous voyez bien qu'est l'intention des chefs de la ligue* Car, où ilz peuvent mettre les doiglz, ilz y establisscnt le glaive transitant des deux costez, au dommage de ceulx qui les- ont restaurez et supportez jusqu'à présent. Les exemples vous en sont si eogneuz que je nray que faire de les des do ire. Ains seulement je me resjouiray avec vous de ceste si louable resolution qu'avez faicte, laquelle je puis vous dire que» en mon particulier, elle m'oblige grandement à vous ay mer et faire plaisir en tout ce qui sera en mon pouvoir , comme j'ay aullres foys désiré de faire, et l'ay faict quand les occasions se sont présentées : et suis prest encores de m'y e nploier, pour vous coufirtncrd'aultant plus ceste bonne correspondance de voysinage entre vous etinoy : et s'il m'eust esté permis allerdroict le chemin de vostre ville, j'eusse esté très ayse d'y passer, et vous lesmoigner avec ma présence ce que je vous eserips. Je vous prieray donc de me tenir au nombre des plus affectionnez amis et voysins que vous ayez; et croyez, s'il vousplaist, (}ue» quand vous aurez affaire de inoy près S. M-, que vous en finirez fort facilement; comme aussy des moyens que j'av au Nivernais où la duchesse ma femme faict sa résidence ordinaire, laquelle , je m'asscurc, prendra très grand plaisir de vous gra liftier «»n tout ce que vous désirerez, et sera en nostre pouvoir. L'on m'a mandé de Rome, que M" les jésuites de vostre ville ont escrit à leur gênerai pour sçavoir de S. S. s'ilz vous absouldront, vous estant remis en l'obéissance de nostre roy catholique ; ce que je veulx croyre provenir du ban zele qu'ilz ont ; neantmoins, il me semble que c'est chose qui ne mérite point d'estre mise en dispute; car nostre roy n'est plus hérétique, et le Pape nr peu II le faire tel, S. M. n'ayant volonté de Pcstre. D'aullre costé,si l'on veult doubler qu'il soit excommunié , il me semble que l'on a grand ton, parce que, en premier lieu, il a esté absoubz par le cierge' de France , pour les raisons que vous verrez cy eneloz ; d'aullre costé, il n'a tenu à S, M. rechercher du Pape plus ample absolution, si S. S. jugeoit qu'elle luy fenst convenable; mais ne l'ayant voulu accorder, il ne s'ensuit pas que l'on doive estimer S. M. excommuniée, puisqu'il n'a tenu à luy de faire tout ce qui estoit requis pour le faire. Et si Messieurs les jésuites vouloient tenir ceste maxime de n'absouldre ceulx qui seroient serviteurs du roy$ il sembleront que ceulx de la Ligue, et les Espagnolsct Savoyars eussent raison de faire ce qu'ilz font. De quoy je vous en ay bien voulu adVertir, afin que vous puissiezy donner l'ordre que vous jugerez eslre nécessaire. Et en cest endroicl, après m'esire recommandé bien affectueusement à voz bonnes grâces, je supn ie le Créateur vous donner, Messieurs, les siennes sainclcs. D'Isée sur le laey ce 16 ma1 s i5q4« Vostre 1res affectionne et plus assuré amy et voysin Lodovico- Goïîzoalz (1). » — Le duc de Nevers écrivit aux echevins une seconde lettre dfalée de Couere (Coyre),Ie 1$ mars , pour les prévenir qu'il avoit été adverty de fort bon lieu que Ton estoit à persuader le roy d* Espagne d'envoyer Tannée qu'il dresse au duché de Milan, autour de vostre ville, pour effectuer quelque entreprise secrelle que l'on dict avoir est<- proposée par aulcuns peu

(i ) C'est ainsi que l'abbé Sudan a lu la signature de ce personnage officieux. Ludovic tU Gofaaguc est le uom sous lequel il éloit alors coniiu eu France.

affectionner au bien et re^oz de vostre ville ; ce que, pour vous dire vr.iy , je trouve bien difficile.... Je suis arrivé aujourd'hui en teste ville ( Coyre); de laquelle je partiray demain, et espère d'eslre à Soteure , jeudy pour le plus tard... » S.

1594- — Mars ifl. Les habitants St Symphoricn le Château , sur l'invitation que leur avait faite le Consulat de Lyon, font serment de vivre et de mourir sous l'autorité du roi. L'abbé SodaN , Rccherch., p. 5l.

1594. — Mars 17. Le Consulat députe MM. Henry et Jacquet ponr aller, demain matin, trouver M. le colonel d'Ornano, à St Symphorien d'Ozon, et le supplier de revenir en celte ville. S.

— Même jour. Le Consulat fait payer à Laurent Severi, la somme de 14 écus et 48 sous pour les voyages qu'il a faits, par commandement deséchevins vers le colonel d'Ontario, depuis le -jz février jusqu'au 9 mars. S.

iô94. — Mars 18. Antoine Des champs, seigneUrr/« Tremblay, bourgeois de Lyon, fonde à perpétuité par acte en date de ce jour , une inesse basse qui devra être célébrée dans l'église des Carmes, tous les vendredis de chaque semaine, en mémoire de la réduction de la ville à l'obéissance du roi. Le fondateur affecte à cette fondation une rente de quatre écus d'or de 60 sols pièce , qu'il hypothèque sur sa maison sise rue de la Grcneite et place de Cuiratcrie. Cocha rd , Séjours d'Henri IV à Lyon, p. i5i.

1694. — Mars 19. Sur la requeste baillée par escrit et signée par M0 Benoist du Troncy , le Consulat ordonne que, faisant par leiit du Troncy apparoir de ce qu'il prétend avoir payé pour entier en l'exercice de la charge de secrétaire , il sera pourvu sur le remboursement par Iuy requis, si faire se doit ; et cependant Iuy seront ses gages et vacations payées pour le temps qu'il a exercé; et en suivant les statuts et louables coustumesde lad. ville , jouira led. du Troncy, sa vie durant, des mesmes privillegcs , franchises et iminunilez qu'il faisoit et faire pouvoit estant en l'exercice de lad. charge. S. Voyez ci-après au i5 avril et au 26 août i5g5 , et au i3 février 1597.

1Ô94. — Mars 22. « Le capitaine Georges Renoa/'d écrit au Consulat qu'il a été averti qu'on a quelque soupçon de sa religion, sur quoi il déclare qu'il y a trente ans et plus qu'il a fait profession, et qu'il a vécu en la religion catholique, apostolique et romaine , en laquelle il désire et proteste vouloir vivre et mourir ,r sous l'obéissance du roi* comme ont fait ses prédécesseurs. Il a cet honneur d'être extrait d'une des anciennes familles de Lyon, et v a vécu l'espace de 85 ans, ou peu s'en faut, en réputation d'homme d'honneur. Il seroit marri et il lui seroit mal séant, à cet âge-là, de vouloir changer de religion, etc. Signé Kenoard. » S. Voyez ci-dessus au 5 juin i56i et au 10 septembre

1ÎÎ94. — Mars 22. Lettre à'HenrilF (1) : a A nos tres-chers et bien aymez les Maire, Eschevins et officiers de nostre ville de Lyon ;

« Très chers et bien aymez, Dieu par sa saincte grâce continuant celles dont il lui a pieu nous assister durant ces troubles à la conservation de cest estât, et à la confusion de ceulxquien vouloieht chasser les vrayset légitimes héritiers pour s'en emparer, a tant favorisé nos vœux et bonnes intentions à l'endroict des habitans de ceste nostre bonne ville de Paris qu'avec le grand

(1) Celte îetlre fut remise au Consulat, le fi avril, par un gentilhomme envoyé exprès. S. Elle fut immédialement imprimée par G. JuUieron et Tlùbaud Ancclin , in-8° de 6 pages ( IJ. de Lyou , toujc 73 du n.° 252oi).

et signalé service que le sieur comle de Btissac y a rendu , nous y sommes aujourd'huy entrez paisibles et sans effusion Je sang, ny qu'un «ml bourgeon ayt receu incommodité en ça personne ny en ses biens, sinon trois ou quatre qui se sont faits tuer par leur obstination et desdaîng de la grâce qdi leur estoit faicte de nostre part, s'çstons par leurs armes voulu opposer non seulement à noz forces, niais aussy uu consentement et désir presque général de leurs concitoyens de nous recognoistre, comme ilz ont témoigné, en venant au devant de nous, les bras estendus avec allégresse et grandes acclamation?, crians Vive ee Uot. Les estrang-ers quiestoient dans la ville sé sont retirez en ung logis, et ont mis lesarmesnas, en leur accordànsde nostre part, comme nous avons faict, de s'cnallcr vies et hajruçs sauves ; et sont partis dès ceste après disnee. Lu Bastille lient encore si. peu fournie toutesfois d'hommes et de commoditez nécessaires que nou^ en espérons, la prinse dans peu de jours. Cependant nous vous tivons bien voulu advenir de re qui est succédé au surplus, attendant que vous en sçachiez les aujresparticularitez ; à quoi nous adjouteroosencorcs que, sur les huiet beures*, voyant tout le reste paisible, nous en avons esté rendre grâces à Dieu dans la grande église de Nostre -Dame, où nous avons par mesme moyen ouyla messe. Désirant aussi que par processions et autres solemnitez. vous luy en fassiez rendre semblables grâces « avec feu* de joye, comme ce bon succès le mérite, qui en peult retirer beaucoup d'aullres aprez luy par son exemple. Donné en nostre bonne ville de Paris* ce 22 jour de mars Signe Henry, plus bas Jïevol. M. — Voyez

ci-dessus, a8 septembre 1 595 i ao. et 22 frwiftAtf ; ci-après 22 avril eV 4 mai 1 594 ; ^novembre 1600. ,

1594. — Mars 23. Les échevins assemblés en l'hôtel commun; présens aussi M. le Colonel iVOrna/to, M. de Hùchebonney M» de Fiey maître des requêtes, avec la plupart des notables, tint du clergé que de la justice, des finances, penons et bourgeois qui ont esté tenus pour assister de leur conseil les sieurs échevins, suivant l'acte consulaire du 19 du présent ; y étant cetiXqut suivent: savoir, pour l'église, le sieur de Chalmaid* doyen ; pour la justice, Je sieur /fe Villwns , lieutenant général, et le conseiller Grolii&r ; pour les finances, les sieurs trésoriers généraux GraUier de Seroieres efc Scarrau; des penons, le si?ur conseiller Vandel ; et des bourgeois, à (a part de Fourvierpy le sieur Président des élus; et, de la part, de VEmpire, le s^eur Pocu/o/, . épicjer, et le sieur Bernicaud , outre lesquels notables retenus par led. acte, y estoient encore le sieurifc Chaslon, officiai, et le sieur///* Coing, bourgeois de cette ville ; tous lesquels ayant pris leur place, savoir, lesd. sieurs échevins , à Tenlour de la table, et les autres ez bancs des environs, à la manière accoutumée, a été procédé comme s'en suit : , . , J ,

Et premièrement a, été dit et proposé par le sieur de lHontmartiny premier échevin, qu'il a à remontrer à Messieurs les ecclésiastiques ci ^présents, « que les sieurs escbevins ont grande occasion de se plaindre des prédicateurs qui se

ca leurs de se comporter modestement , et qu'ilz sont bien marris s'il eh est adventi autrement, et n'a pas $ceu qu'aucun d'eux s'y soit mal porté, mesme celuy de Ste Croise, si ce n'est pour le regard de celuy de St Paul, en quoy il ne le veut pas supporter*, s'il est Vray qu'il ayt faîlly, comme l'on dit. • 1 '•• .

Le siêur Chaslon ajoute .«que pour le regard de celuy de J. Niwr où il a l'intendance, il n'y a ^ereonue qui Se puisse plaindre qu'il y ayt mal versé ; et quant a celuy de S. Paul , \\ a véritablement passq quelque cho$e qui

Le sîe.ir .Won Ver^ (esehevins) le goureiVerrieut gar le Coin nia H de m'eut du Uçjy, ili ï'otit appelé pour le j^ne'r de donner attention Aux prédications pour te qui regarde à les régler , ûorhmé' én hyaht Taùctorfté et iWcj.ue lès prières qu'on luy en u desja faictes, le relidciit1 responsable des. truites dé$ predica-

'* ■ •-• l ""'.«il ! « r»»; Ht jt .';«; «Miin.. Tn.» J » ,».:t"f "•llil H .

ICUIS. « ,

Le sieur C^/o'« rcpiïquV « qu'U les a mstruîti de prêcher l'Evangile, et ne "rien "toucher a ce qui est de 'TJfttatV prescber r'dbeissaticé ait supérieurs • et la ficTélit^ ét l);énvélllaoce" à la païrîe' et' aïil tbtici-

tovens. »

/Le sieur de CHatftiazel rtîf V qïie si on lési-eeliérche eï presse dc fâ'raçbn, on

les contraindra Ùc ne topitit prescuér , Ouï sër.V un bien bïùs' grand* scandale "'V " "'/'il •:ur*lf,»if! i. **> »i. >'i > *.»??/„ . , -s . .n

' Le sîèur' lieutenant Wrhlah'W ï Wd'il ën ^arla" hier avec le ùkiitlànns nu prédicateur (Te 5. Pàùî , et luy"1 én ''fit l'es reiilonstrarices qui Iny luy semblèrent raisonnables :" et tbutè'sfbys iL n'a laissé ce jourd'huy de continuer 'à /parler' de, la rnesrn'e fâ£on contre''; qm* c'est chose scandaleuse envers le peuple riùî est'ignôrarit et u*es( bas capable de répliquer; et que l'ignoranéé qïiî peutt éstre ett Ce pVèô*rcatetir n'est pas excusable, parce qu'il promit le jour d'hier de n'en plus parler, et traite? tarit seulement son Eï>Û*gilè} »;mi-«i'r> i-! H ii: »:i!d«: h*r rii^dt i J ." w. " - - .{ !;';|

lAi sie*nr CtoAwFcxcuse sur eë qu'il n'a dît cela de malice et qu'il ne sVSt pas biènseeu expliquer y et se fus* ù ta vérité bien passé d eûtrer en ce iWtàêttH»'''-",'''-''iit'',> *b -">i-i««i; ♦if».*q er.-i •>;•>!-•: tuo ilip 'îo f. H od t j < : ; Lors le s»tuir»<FO*»itfl/to a dit « qdet'iïj potorabeuoe aullre foy», ce sera la trolsiesme, et qu.'il l'eu fi^uldra chastier. • 'v. : i

' Et sur oe que Iwd. ïmarLorsks aditaudi sieur CWon :..« Si Jed. prédicateur ou àullte y retombe, Mue tiwiTeta 4Mautars^ue.lîonienfa«8e)ostice par le bras seooïlèi>P»vsw'^ fd» 'i'.; i : t. ,Hn-...n«oJ — h i» : vit.» Ii..|i;»imv:i-.

"' — Le sieur 'Chasïàn a dit « quelles éccièslàstlqiieS<'oné ieur' justice '} ^oe toutes foys, qaàtid il y ''aura des caV privilégie*, i\t enferont suWatitlé» ordonnancesCt'sàiufs '-.décret!».- i» ft JtthV.' il A ) îAvui'* :l

Le sieur rf« Sèhïeret rémotitHe « qu'il y en a quî rfifUseiU' la cortfession, et puisque rassernblé'c ^t iey, (jue Tbh re^ifde d'y pourvoir ; car non s«uktnenl les Capuchin$y Jhesuisles et Minimes la refusent et FatftoiftrslWlOh du S. Sacreinent/ mais 'encore plusiëuw ' diitretf trt-estres ez'^aroisst» et egKses fcoltegialeè. » > : \ "y !' 1 ' ^ • "*l i.t M'np ««iif<iHvi

, Lesieur Zp/v»5, conservai efur,. prie ïe sieur Chàiïon et autres eccfesià'&ques « du promettre qu ilz adir^ouçsleroiU.Jcs ecclésiastiques de taire leur aebvou', etl^coulpam^nt/aini/quelsé;^ Lkl

Le^sieur f/^ ^"ic;dçt,« qucjes pr^(]ica^^rs9 ainsi, qu'il a ouy dire, se propiettent..de\ faire qMelqu^. gramlt(qas „ ^eaja J'pu yt?o^ qu'il* oominenccnt h ijetter ieur*!leMX)Wret ^e^ (uy ja este ^j^ojté. |\a"r des p^rl^culiers habitans de ceste ville. »

Le sieor' âs Ghatnintel dlhr % qu.'Sbv s.'uppjiqueiiont loo*.>à Jeft fedr^ser et admonestér de leur debwOir, •> -h^ et ledt taitvtr>€katlwii «^que ron, nK seaiiroii croyre Ip peine qn!ilz ont htue par te pussé>, de leâl^injre, soil

pour les indications , suit pour le* confessions , processions cl autres

'rj^i, j*t»fTv»îjij3 mimct <3M-)fi! .li«"»L laj>'a/*»,i,1 •* » • .»'n-- i ./ .>;- . Le sieur randel dit que le sueur advoeat au noy luy a envoyé Je gref-

ficr Criminel, et l'a prie d'aller parler à mon», de Lyon, et luy a dit « qu'il est

- advetty qu'il y a de- Capucluns, Minimes, J/tcsuistes ci (If Confort, qui vont ♦ « par les ruesparmy les familles, destruisaus le service du Hny, et font estât

• de preseficurs des Princes, à quoy il faut remédier j>our le danger qu'il v a.»

— Sur ee led. sieur V and cl est aile trouver led. Sieur de Lyon, auquel Icd. sieur advocat en a rapporté aullint ; mais led. Sicyr de Lyon s'estant trouve mal disposé, il n'y a faict aultre chose. Suppliant que l'on recherche tels subjeelz qui sont vrays crimes de Léze-majesté, en quoy il n'y a point de privilèges, et les criminels doibvcnt estre punys sur le c hamp. I,1 ' Arcluresque de Pisc a autrefoys eslî: pendu pour semblable chose avec son habit, et plusieurs aultres; non point qu'il veuille rompre les privilèges de 1 'enlise, c ar il est trop l^on catholique La justice de exsle ville a faict pendre plusieurs ecclésiastiques pour img grand assassinat ; et que, puisque toute aine est sub-

jecte au Roy, les crimes de lèze-m. n'esté n'ont point de privilèges, et que. ceste cité sy notable estant seduile, le crime ne sç.auroit estre plus grand. Il supplie que l'on y remédie, et l'on pourvnyc à en éloigner le- mt :.-chans qui tous veillent à nous perdre et désunir. »

Le sieur de Mont mur tin dit « que, puisque Pasques approche, et qu'il fault quechqscun se prépare aux S. Sacremcns, il supplie test), sieurs ecclésiastiques d'y donner ordre, parce que les Jhcsuistes, les Cafluch'ms et aultres re l'usent la confession et la communion, surce seulsubject que les personnes qui ont crié rive le /îoy / et qui. se disent serviteurs du Hoy. sont par culx tenus pour excommuniez, en cas si privilégié , qu'ilz disent qu'il/, ne les peuvent absoudre, qui est une semence cspagnolie. »

Le sieur Chaslon dit « que ces bonnes gens là craignant de mal fa i re ont feint tel/ scrupules par ung long temps; mai? qu'il s'asseure que maintenant ils ne le feront pas, après avoir ouy parler \ef gens qui l'entendent, et y avoir mieulx pensé, et qu'il ne fault prendre, de maulvai-e port s'il/, ne - y nuit peu sitost resouldre, et qu'il/, ont tousjours attendu., et attendent cm ores d'avoir nouvelles de Sa Sainctetè c.\ de son Légat A'Arigpon^h qui l'on a mandé avoir les permissions et provisions sur ce nécessaires. »

Lors a esté unaniment remonslré par l'assemblée que si on ne se resoult de les \ -disposer, et qu'ilz administreront les Sacrements, l'on se resonldra de faire venir d'aultres religieux à leur place, comme a faict ISJous de Nevers,

eq sa ville. . riot<>3 tfup * j.., f > \. -urj'iL y.l

Le. sieur de Vie remonstre « que si la provision de Rome ou d'Avignon ne vient conforme à nostre intention, quel expédient Ion pourra apporter ; car les Sacrements demeureront sans, administration , lesquels ne peuvent ny ne doibvent manquer aux testes de Tasques qui sont prochaines. 9 .. f ... j ; aJ i-. /un • , ii!

Le sieur Chaslon réplique * que l'on a plus covoyo à S. S. et à son légat pour monstrer l'obéissance que pour s'attendre à une résolution ; car vienne ce qui vouldra , les églises ordinaires ne le refuseront

Et sur les remonstrances dud. sieur de l dlars que les testes sont proches, et qu'il v fault pourvoir, led. sieur de Chalmazcl et led. sieur Chaslon ont dit « que c Cj|J ce à quoy plus il/, pensent que d'y pourveoir , veu la proximité des lestes. » — Adjouste le sieur Chaslon <- (pie list-on venir d'aultnreligieulx , ilz ne pourront ahsouldrc en vertu du seul eantcle c de prestrise. » , j . ... . : .

Le sieur Mandela confirme' le contraire par ung exempte de Phîstoyro'de ceste ville, mesme, ce (pie n'ont pas lesd. sieurs porté patiemment combien que ce fust sans raison ; mais qu'il né scajt sy nous serions s! sages que tiox prédécesseurs. ' . «

Le sieur de Servteres re monstre « que l'on a bien chrissé dé ceste ville ie Pere Emond [Juger), Jhesuiste, et le feusieor abbe de Falbenois1e9 et qu'il n'y aura 'pat tant de scrupule en ceste 17 , sans raison ny apparence. »

Le sieur dt Chalmazél dit « qu'il fault informer Contre ceulx des ecclésiastiques qui firent les folies qui ont èsté rapportées, et les chas-'

Le sieur de Fitlars dit « que un* Minime disant la "Messe ne prioit pas tant seulement dt nous conserier des hérétiques, bais ehcorês usant de ce mot et Politiques. » " V'

Le sieur de Chalmazél répondant au sîetir de Villars dit * que l'on prie tous les jours pour le Roy en leur église ; et que l'on aîlïe se confesser , et que l'on ne sera pas refusé ; que l'on fera toutes les remonstrances ojue Ton pourra, mais qu'il espère de les gagner dtrec le Temps ; qu'ils n'ont pas tout le pouvoir qu'ilz voudroyent sur eulx et choses surtout qui sont disputâmes. .

Le sieur tVOrnann dit « qu'il trouveroit bon de députer de par lesd. sieurs Consulz pour parler à ceulx particulièrement qui en usent mal, et parler à leurs gardiens, et leur faire les remonstrances pour ce nécessaires. » ' *'"' ,r • ' ' ' ' ' ' !'

MM. de Chaslon et le trésorier Scârron sont commis et députés pour aller pa r de vè rs le s si e u rs Capuchins.

Le sieur de Montmartin prie les sieurs de Chntmazel et Chasbn « de veoîr s'il y a des armes chez les ecclésiastiques, et qu'iî leur plaise les désarmer et retirër lesd armes en leur possession. »

que lesd. sieurs Henry et Lorens ont dit à la compagnyé « qi premier article des Memoytes concerné l'exercice de la Jteîieïàn prétendue reformée, où il estoit dit qu'il n'y en avoit aulcun à quinze lieues près, a esté corrigé,et que l'on a ostécela : et on l'a faicten terme? i generaufx , disant qu'il n'y en aura point.» ' l>

Le sieur de Chalmazél a dit « qu'il estoit meilleur de limiter par tine contenue, parce que te Gouternemént finit à là parie du Pont du Btioshe, et que l'on pourroit veoirplanter le pfesche la joi^ant, sans contrevenir à l'article, parce que cela est hors ce Gouvernement. » - m i :

Et sur ce, toute l'assemblée a vrotivé meilleur de 'ne mettre aulcune distance, parce que l'on croit que le Uoy n'en veult point en tput ce royautme, et aussi que led. article ne limite pas le lieu, et ne parle point que ce soit

dehors ou dedans le Gouvernement, ainsen termes generaulx qu'il ne permettra point. •■,!.:;.. • ■ .••••■/ ••• >■> ,1

Le sieur de Montmartin remontre davantage contre les susperH qui sont dans la ville de pire qualité que ceulx qui en ont este* mis dehors , lesquels tiennent des dettes en ceste ville î qu'il est temps de marcher rondement en besogne, demandant s'il s'en tr^oo^e de cesle qualité, si l'assemblée ne trouve pas bien à propos en purger la ville pour la tenir en sûreté. ^

Le sieur de Clalmaicl prié d'en opiner, dit « que, par le passe, il y a esté

procédé, mai* que si dcspuys H s*en est trouvé qui bien valablement déméritent* il ne (es fouit point espargner, et non seulement les faire désarmer et mettre hors, mats les chantier selon leur mérite. »

Le sieur Chaston dit « que sy l'on estoit tousjours en ces peines et doubles, ce seroit chose misérable, mais qu'il ne fault pas y procéder par rigueur, asçavoir fault-il chantier ceulx qui faillent ; et prie que l'on y regarde exactement, saas croyro les passions, mais seullement sur les preuves, après lesquelles il les fauldra classer et desarmer. »

Le sieur de Rocliebonne : * qu'il est raisonnable qne ceulxqui demeurent u:y lassent «profession d'eslre serviteurs du Roy; il fault qu'ils le fassent paroistre; et que, pour son regard, encores qu'il ait esté pour l'Union, toutesfois s'estant informé de la vérité , il faict profession d'eslre ce qu'il doibt au Rqj..v, » rt.|ji t.-

Le sieur de Sqtieres dit. « que si l'on a osté de la ville les plus soupçonnez, et que s'il y en. a d 'aultres. que l'on ayt recogneusdespuys, on ne les doibt pas retenir et les envoyer seullement, mesmes ceulxqui ont tenu coup jusquesau bout pour, U faction, espaguolle, et ne sont venus joindre à nostre sire le Roy que parforae,on les doibt sortir sans leur faire aulcun mal , surtout ceulx qui oot charges et offices, dorçt il y en a bien , parce qu'on luy a rapporté, qu'U ne toguoist point , et quelques ungs qu'il nommera en parlicuilier..,,. »

Le (hreso lier Scarron dit « qu'il est de la inesme opinion que le sieur da Serciercs* et adjouste qu'il .y a des personnes par la ville qui se prevallent de leur qualité de capitaines pcnqps, chose qui est dangereuse et les faict espérer de rentier hientçst en leurs mesmes grades..... »

Le Président dis esleuz (i) est de la mesme opinion, et faict trois distinctions, Tune des plus opiniâtres et scandaleux, lesquclzil fauldra chastier, et ne se pas contenter de les désarmer et sortir, l'aultre, de ceulx qui sont durs à se ranger, il les fault mettre Lors; et pour le regard de tous les aultres qui son! soupçonnez , les kull désarmer et démettre entièrement de leurs charges. »

Le sieur Bernicaud dit « que les effects font veoir qu'il y a de mauvaises gens t et que pour asseurer la ville soubz Pobeissance du Roy,

il fault osier les membres pourris, aullreinent l'on joue à tout per-

cl no • mi *

Le sieur Ducoing dit « qu*il fault chastier ceulx qui parlent aussi bien que les aultres qui sont séditieux de faict , et quant aux aultres qui ne sont pas affectionnez au Roy et à la ville, il les fault envoyer et exiler..... .

Le sieur Poe ulot est de niémeadvis que les préopinants, et dit « que

Ton doibt expulser les soupçonnez, et n'espargner personne de ceulx qui le seroienl, aUltrement l'on ne se peut t asseurer de rien. »

Le sieur de Casauit dit « qu'il y a des grands qui peuvent faire quelque chose qui sont expulsez, et que les autres petits restants sont en petit nombre; et comme il n'est pas expédient que les expulsez reviennent, aussy n'est-il pas bienséant d'en mettre davantage dehors; que, en son quartier, il y avoit deux sergens sincères et gentil/., lesquelz, combien qu'ilz fussent de l'Union, maintenant ilz ont bien changé, et que l'ung est pâtissier et l'aultre paulmier, lesquelz on a dépossédez; dit qu'ilz sont gens de bien, et les caulionneroit corps pour corps, et qu'ilz pourront plus, en un jour, faire de service que dix sergens mis en leur lieu en feroient en ung an. »

• (i) François Musirto ; il fut éclieun en 1 5gS et 99. } «

Le sieur Vtotdtl dit « qoo nous somme & nedutcta au -Roy [fort courtoisement (?), et que, en attendant que les^noses succèdent en France, il se fatttt garder, et qu'il fault en expulser les soupçonnez , mesrhes. ceulx qui nagent entre deux eaux, «* les fault désarmer ; et. que, pou* Les cognoislre, fault assembler tous le» oapilaipus, et, ay.uiLpriua d'euba le sarment*, prendre d'eulx les mîtes de. ceulx qui sont justement soupçonnez* otpuis apporter lesd. rolles au Consulat, et leur fauejn justice » selon .leurs qualités et quilz seront recogneuz pour nuire. » ,# . v«m» \'\ . t »s , uk }

Le siéur de F'iNetis dît1 « que le salut du peuplé est la souvèràlrtè ïoy ; qu'il fault ncanlmoings y apporter de la modération,' et que, comme l'on a biert commencé , il fault faire ta 1 distinction de ceùlr mil àrit toos'iours esté de la Ligue et des auttres que l'on a recognetri- autres despuy? : et que de ceulx de qui on a preuve . mesmes de ceulx que Ton a soupçonne , C'est hi raison de les chastfér. Toutesfoys H fanlf procéder avec co£noîssancë de causé ,! et qué èy les soupçonnez qui1 ont charge, n'ont esté dèsmîa, et les aolfres desarméz, i! le fault* fàîre, parce qu'îlx ne doihvent avoir aucunes oflfenees ni dèfTerices: Et quant A béufx quïsement des matrfvaîsbruï'ctz, if leur fault faire leur proéez; et que syônîes dénonce àïa justice, ilz tes eh puniront comme » Appartient. Er quant à plusfétrrt vaga^ botitl* qui heservent dè Heu', nlles fault faire' sortir, comme son* ceulx qui n'ont rien en cestc ville, et qui n'y ont rien à faire, et sont inutiles et vïcieuX!, mars qu'il fault ouyr tout le moYrdé, et ne condamner personne, sans les bnyr cri leorsjustes deffenscs, et que syPon se peult coiiierver »1Vëc une m'oindre rigueur queééulXde la Ligué n\>nt fttiet y ce sera lé meilleur, car lenrs fondements estant maulvais, il leur a esté force de bastlr leur grandeur sur la tyrannie. Mtiis il ne fault pas faire comme enlx, d'atillant que l'esHat des affaires présents est îbndè selon Dieu et raison, pbur l'obéissance due à nostre roy légitime, et tp^il rte vouldrbitpbrter' en celd'sbii propre falot.

Le sieur deSertîetes adjoustë qtic ta cour du Parlement de Tours a réglé que ceulx qui ont persiflé jusqu'au dernier moment contré le Hby fassent un an de probatton. t ^

Lecture faicte par le secrétaire des Articles dressez po,ur^fa,ire publier, dont la teneur sera insérée (i), à ce que l'on regarde s'ilz son,t raisonnables ; ce que toute l'assemblée a trouvé bon. Et a esté Ied. sieur de Yiliars , lieutenant gênerai supplié d'ordonner, qu'ilz, soyent. imprime,^ , pt officiiez aux portes des églises et de la ville, et par les, carrefours; et de, mesmes aux parpiss.es, et villes de ce gouvernement ; ce qu'il a promis, faire :,et biy ont à l'instant lesd. Articles esté baillez à ces fins par led. secrétaire de ,1a ville. — Ce faict rassemblée s'ost levée et retirée tors du Cpn-

4#lf\tft^ m, .. ,.-,«q .Jirn .i ly fVt -,«., .',(1»* 'A IIm'iL! » If*.»

i 5ç)4« — Mars 24 et 25. L*6 officiers, consuls et habitants de Gitor5 et de Bourg- Arpentai prêtent serirteut pardevaot' les. officiera de la séocebaussée de Lyow de vivre t\ de mourir, sous jl?autotrité du roi. L'abbe' Subah, Bêcher ch. p. 5i . > ... 1' 1 • . Si km* n

m^Mars ZS. Les Consuls i-émtls en la rrtaisbh du slèur' èt Monthiarli* ( l'Un d'eux ) , en présence dé M. de Vie , arrêtent qbWse rendwont de suite en corps , J>ar dé Vers M. lé tolonél d'Otrit.no, ponr le suftmVi1 très Instamment et le forcer, si faire se peut, a continuer ta promesse qù^Fféar

a Ci-devant faite dé demeurer en cette ville , jusqùla ce qûé T<H députés

♦.■ »• • .1 1 ". il i.»* ! -ii 1 ' • • • •*

(1) Ces Articles n'ont pas clc insérés dans le registre des aelcs consulaires; mais ils fuient imprimes immédi«temcnt. S.

qui vont par devers le roi ayent rapporté ou envoyé son commandement pour le regard de ce gouvernement , etc.

Il a été ordonné que pour obvier aux scandales qui pourroient advenir aux prochains jours saints et de de* otion par le moyen des ecclésiastiques quinesesontpas encore bien rendus, elpoorroient taire difficulté de confèsseret adntinbtrcF les saints sacrement?», sur quoy les suspects se font ouir a voir quelque espérance de remuement , M, l'ofliciM Chatlén sera supplié par'M. Henry (un des échevinsj a ce prié et commis, de soy transporter chacun jour tant ez églises paroissiales que et couvents et monastères, pour les admonester de leur devoir , ci le* y disposer de son autorité * etc.

Ordonné que les sieurs Ponton Ber /tard et Louis de Bèrny . anciens échevift* démis , éliront la maison de quelque ami éloignée de la leur, au gré toutefois desd; sieurs ( nouveaux éohevin» ) pour y Être transportas et y demeurer sous leur» garde, sans sortir dehors, excepté les jours de fêtes pour aller à la messe ; et que les autres des anciens echevins démis de meureront aussi ià la garde de ceux qui- les ont -, etc,

Ordonné que l'ordonnance faite contre les su&pects pour être sortis dè la.viile, sera «noeteiuent observée* en ce qui peut rester à exéeti ter ; et dé plus que les soupçonnés -seront aussi sorti* de la ville , savdir le Sîeur Jacques Hublet, Jérôme Cornero , couratier génois , et tous les domestiques ,. serviteurs et agents de Mess. de Mayenne , de Nemours et de S.

Sorlin ; et pareillement que ceux à qui a été ordonné de soi contenir

dans leurs maisons , y satisferont , et encores que le sieur Jehan PUlehotte sera resserré dans sa maison , etc. S.

1Tk)4. • — Maj's 26. Publication des Articles fie la frère accordée sont le bon plaisir de sa Majesté , pour la cille de Lyon , pays de Lyonnois, Forest , Beaujoiois , Oombes et Dauphihè. ( Imprimés à Lyon , par Guicharll Jullierdn et Tftiùaud Ancelin , imprimeurs de Messieurs de la ville , ln-8% de !*4 P« B. de Lyon, t. 72 du n*. a5aoi ')• -— lies articles de cette trêve qui Uevoit durer" six semaines , lurent -arrêtés h' Lyon le 20 ttlars , et signés- lu même jour par Charles de Savoy e , liertiy de Savoye' , Al~ phonse dfOnuuio , Godai gne ( GuilUumt de ) , Miolans ( Méêèhfor Mittt de. Chevrièi es , côtoie de ),- et Thomè , ce dernier « par commandement des écUevios de la ville de Lyon. » Voyez les Arc Mies du Rh. xïi, 167.

ïô94.1 — Mars 26*. Le Consulat écrit au Roi pour lui recommander M. Baglfony , seigneur de Saillans. Sa lettre coumeoce ainsi :

« Sire1', maintenant qu'il a pieu a Dîcu nous faire secouer le j^ug de Pambitiëusë et estrahgerc servitude , l'ung des moyens que nous jugeasmés'plus conVéhuible pour asseurer ceste ville soubz la liberté de vostre domination , fut d'y rappeler le3 bons catholiques voz serviteurs qu« la Vioféhcé des conjurez a ceste tyrannie en a voit exilés. Nous advertîme» des premiers lé sieUr de Bagliony , seigneur de Saillans , bien inlbimes que. postposant vie et fortune au service qu'il debvoit à la couronne ,, il no Ta voit jamais abandonné , tant soubz le feu roi Henry vostre preaedécessèur'tjitè Dieu absolve, que soubz V. lrf.j jusqu'à ce que, ayant esté laschement faiet prisonnier, et perdu ce qu'il a voit cschàppé des mains des premiers Séducteurs dé ceste vTÎIé^ U fut contrainct s'endebler d'une grosse rançon, et <1e bailler c'aution de grande somme au sieur duc de ?iem<Mtrs, qu il Se cOntiendfrOit inutile pOur Tu service de V. M., tellement que de l'ung de* avséz gentîîznomnies de ce pays, en deniers, meubles et revenus, il ue luy reste que' ce qui rl*a peu cslre employé a l'usage commun , ayant esté aussi maltraité, soit dedans, Soit dehors , que nul aultre de noz concitoyens, etc.

Le Consulat supplie donc le Uoy tic vouloir bien avoir égard à ce sien témoignage en In distribution des grâce» que le sieur de Bagiiony pourra requerir de S. Al. » S. Voyez ci-dessus au 1089. »t • . •

1594. — Mars a6. L'archevêque de Vienne écrit au Consulat : « Messieurs, je vous supplie me faire ceste laveur que lu sieur Pille hotte continue librement son petit commerce delibrairie. C'est un bon simple homme qui n'a pas l'aine factieuse et turbulente * et qui n'a ni la volonté ni le moyen de troubler le repos publie. Que s'il a imprimé des choses qui ne vous sont agréables, c'estoit par le cornmanJement de oenlx auquelz il ne pouvoit désobéir, comme de inesme ù présent d'autres impriment tout ce qui leur est ordonné. Il a quelques envyeux , comme il advient tousjours en tousaultres mestiers; nuis je veux croyre que maintenant, en vostre ville, les passions particulières et déraisonnables n'ont pas le crédit qu'elles souloieot avoir. Je suis obligé de rendre ce bon office audit Pille hotte, parce qu'il me sert aux choses que je fais imprimer pour le dcbvoir de nia charge ; vous suppliant de rechef qu'il vous plaise lu y rendre «este mienne recommandation aultant proUitable que je désire voua aggreer et complaire en toutes le* occasions qui se présenteront ; saluant humblement vos bonne» grâces, et demeurant à tousjours, etc. P. J. de P'ienne... De Vienne, le a6 mars 1694. • S. Voyez ci-dessus au a mars 1 58$. .

1594. — -Mars 5i. Séance consulaire. Il est arrêté que demain i'r avril, M. Henry entrera en charge de sergent -mijor -, au lieu du sieur de Montmartin....

Même séance. Entre onze et douze, sont arrivées les bonnes nouvelles tic Ventrée du Roy à Paris , le aa de ce mois, à G heures du in itin * s ins a 11 lire • meurtre que de sept ou huict opiniastrea, dont Messieurs (les échevin*^ ont « remercié et loue Dieu » S, Voyez ci-dessus au aa mars.

« Ledit jour jeudi 3 1 ftfars.eix l'hostel commun, y eslans noble* M. René de Thomassin, Jacques Vize, Pelletier, F'alentin, Couoet, Mornieu et Colla baud, consuls eschevins; y esUntaussy le sieur colonel d'Omano elle sieur seneschal de Lyon et de St-Chamond, avec les notables de tous les ordres, etaussy les penons, leurs lieutenans et enseignes mandez. .. ouitre Icsquelz mandez, y est abondé une grande afïluence d'aultres notables et du peuple. Et ayant lesdits sieurs eschevins pris leurs places accoustumées autour de la table"; les aultres plus notables ez bancs des environs, et le surplus, à l'entour d'ieeulx confusément de tous costez, a esté procédé comme s'ensuit :

Et premièrement M. de Montmarlin a dit qu'il falloit attendre M. le président de Langes, et M. le lieutenant de Villars qui n'estnient encores venus;

ce qui a esté trouvé bon Le S. de Langes estant arrivé, a dit que le S. de

Villars ne pou rroit venir, pour estre indisposé. , ,,,

Le sieur de Montmwtin a brièvement Taict entendre la cause de ceste assemblée qui est pour regarder aux moyens d'asseurer cestc ville sous l'obéissance du Roy et bon repos, à cause des murmuremens qui sont par icelle, et de plusieurs propos que Ton va semer ; etapriéîed. Henry de dire à la compagnie ce qu'il en avoit entendu, et aussy déclarer plus particulièrement ce qui avoit meule Consulat de faire venir les penons.

Lors le S. Henry reprenant le propos, a dit que, de toutes parts, Ton a nouvellesde se tenirsur ses gardes, et mesmes d'Italie, etque diverses personnes ont semé des paroles parceste ville qui monstrent bien qu'il y a encores bon nombre de mal affectionnez, et que pour le désir que messieurs (les eschevins) ont d'apporter 1c-* remèdes convenables, itz ont , prié cestc assemblée pour adviscr...... et que, comme les principaul* murmures viennent de> gens

tTeglUe, Messieurs dit clergé cy-preseu s estoyent suppliez de les convertir et admonester; que s'il plaisoit & la compagnie d'entendre lecture d'une lettre que M. êt Ntvers avolt escrite auxd. sieurs, le secrétaire en feroit lecture ; et anssy...:. des memoyres envoyés d'Italie sur le faict des soupçons estant en ceste ville.

Lecture a esté faicte de la lettre par le secrétaire , et des memoyres par le Sieur tfônrjr , qui, par après, a supplié le sieur ^Ornane de noué secourir de son bon conseil en une si bonne occasion, comme il a tou»jours faict par le passé ; que tous les capitaines penons estoient icy 'mander, et leurs Reutemms et enseignes, et sembloit qu'il n'en manquoitguvres ; rfn'il yavoit aussi bon nombre de bourgeois, et que tous par ensemble pourreter* prendre quelque bonne resolurton.

Lors le sieur d'Ornanù dit qu'il avott heu ceste faveur du ciel, et ce?t hcm>neuftksd. sieurs eschevins et aultres affectionnez au service du Roy, de s'estre trouvé propre pour tiyder à l'exécution de lasàincte résolution prinse de soy réduire soubz l'obéissance du Roy> et que lad. ville ayt faict comme ung navyre qui cherche les moyens d'entrer dedans ung p'ort, et qui ayant trouvé ung petit trou, passe, et par mesme moyen faict ouverture à plusieurs aullrcs vaisseaulx grands et petits de toutes qualités qui le suivent, comme il e»t advenu d'O/etins, Paris, Bvttrgts et des aultres villes qui on! suif y ccllé-cy : en quoy il avoit apporté toute la diligence c* bonne Conduite qui luy «voit '■éïtiê possible ; qu'il a toujours heu tant de confiance à cested. ville, laquelle 11 a tonsjoursayinée et honorée ; qu'il setrourera par escript, que, du temps qu'elle tenoit pour l'Union; il a offert d'y venir avec un* page ; qu'encore* maintenant il se contenleroit a inoings si faire sepouvoit. Il estime qu'il n'y a que les sieurs eschetinS qui sachent la cause de son retour en ceste ville, et du séjour qu'il y faict ; pdree qu'il y en a qui font courir des bruietz que les notables, les penons ny le peuple n'en sçayt rien, et n'en a jamais este' prié de leur part; qu'il voit tant de mouvements parmy ceste ville, qu'il craint que bientost il n'y snecede très mal, et plus tost peult estre que l'on ne pense : •que lesd. sieurs sont assez advisez pour y pourveoir; mais quant à luy, il est très ayse de s'eslrc trouvé en ceste compagnie , pour donner à entendre sbn intention qui est que, après avoir participé a l'honneur de la réduction d'une ville telle et si importante que celle cy qui a baille coup à tant d'autres; ce luy seroit un grand regret de la veoir perdre à sa barbe, et luy estant tredans ; et que, pour Cë moyen, n'y pouvant demeurer avec son honneur, il est contrai net de s'en retirer : que si c'estoit pour la conserver, et que sa science et sa propre vie y peult apporter quelque chose, il la fournira loosjûurs pour cest eflect; mais qu'il est icy seul,et n'y peult apporter que sa Seule voix et coque ung homme peult faire en une si grande ville, en laquelle tous les jours multiplient les divisions h son très grand regret, pour cslre lad. vilh*. celte qu'il a £îus aymé, chery et honoré que aullre que ce soit , et qu'il y est Yeveuu a l'instante prière dfcs sieurs Consulzeschevins, non pas par ambition ny'pour aUltre cause que pour l'ayder de son possible, et que l'on seait assez <qu?iî a des affaires ailleurs, ayant deux très beaux gouvernemens qu'il s'est ûCquis par l'espée, et par la * libéralité des roys, et non par flatterie ny par ambition î'qu'enfin il desireroit soy retirer, puisqu'il voyt les choses estre pire*, et que l'on pôtirvoyt assez froidement aux remèdes, dont il proteste devant Dieu et les hotnmes de ne pouvoir estre repris, après la déclaration qtr*iï faict d'y apporter Sa présence , sefé moyens et sa propre rie, s'il veoit que Ton s'evértoe ëy ^ourreoir.

M. le gênerai tiem-y respond au SieUr tfOrnûno qu'il luy a esté fèicl diverses ioys prieras de demeurer avec nous; qu'il y a heu des assemblées grne-

raies esquelles il a esté direrses foys résolu de Ter. prier; que luy mesme fust député arec le sieur Jacquet pour l'aller prier ù S. Syraphorien d'Ozon ; despuis y fust encores envoyé' une aultre foys pour le ramener; a este d'abondant prié, du consentement d'ung chascung, qu'il s'asseure qu'il n'y a icy personne qui ne le demande et l'en supplie : et a demandéà haulte voix que l'on ayt tous à dire ce qui en est. . .. . ,

Lors chascung 9 d'une mesme voix, et par acclamation, ont dit que oui, et l'en ont supplie, voulant vivre et mourir avec luy,, et qu'il ne doibt point nous habandonner. < , .

Le sieur Fandel a dit pour tous lespenoos pour lesquels il parle comme le plus ancien, qu'ilz ne désirent rien tant qu'il demeure ; qu'il» l'ont tousjours souhaité ; que la nouvelle de sa venue resjouitet confirme tout le monde en sa resolution de soy réduire en l'obéissance du Roy ; que son armée fut reçue avec tout l'applaudissement que l'on sçauroit dire, que le progrès de ses actions a esté louable , que chascun l'honore comme il mérite, estant cavalier et seigneur d'autant de mérite, que le Roy en aye point entre ses meilleurs serviteurs; le supplie et le conjure de ne point laisser ung si bon œuvre iraparfaict : et n'y a celluy desd. penons qui ne dict aultant que luy.

Ce que tous en gênerai, comme aussy les notables et le peuple y estant, a tesmoigné d'une mesme voixet acclamation. u ...

Ce fuict, le sieur Henry a demandé au sieur d 'Ornano s'il trouvoit bon que l'on feist lecture des articles dressez ( voyez la séance du 23 mars ). — Lecture ayant été faicte des articles par le secrétaire, loua unanimement les ont trouvez bons

Le sieur d'Ornano a dict qu'il s'y peult adjouster, mais n'en est pas d'advis, tant ili sont sains et raisonnables. — M. le Président de Langes a dict de mesmes.

Le sieur Henry a prié la Compagnie de respondre chascun à part soy, s'il a quelque chose à dire, au subject desd. articles;..... et si quelcung a de meilleurs moyens pour travailler à nostre conservation, il est supplié d'en faire ouverture.

Chascung d'une commune voix a dict que les articles sont très bons, qu'il n y fouit aultre chose que de les bien et diligemment faire observer.

Le sieur Henry prie les sieurs du Clergé de faire que les ecclésiastiques s'y joignent, et que, puisqu'il a pieu à Dieu (nous donner) aujourd'huy une si bonne nouvelle que la reddition de Paris soubz l'obéissance du Roy, il fault que chascun parle françois , cl que les ecclésiastiques ne fassent pas difficulté.

Le sieur Chaslon dict qu'ilz y sont en gênerai disposez, et s'il y en a quelcung qui ayt aultre scrupule en la conscience, il n'y a moyen de le lever soudain, car l'on n'est pas maistre de cela ; et mesmes tous les ordres religieux ne refuseront pas, si ce n'est quelques ungs. — Puis le sieur Chaslon a supplié le sieur d'Ornano, au nom (ju Clergé, de demeurer, et qu'il ne peult habandonner sans laisser tout en confusion une affaire de telle conséquence que celle-cy. , •

Le sieur iVQrnano dict qu'il ne demande que de faire service au Roy, et en particulier à la ville, mais que d'estre tousjours en telles allarmes, il n'y a moyen, et que s'il se resoult d'y demeurer, à la prière des sieurs eschevin.*, des penons, du Clergé et de tout le peuple et gens de bien, ce sera à la charge que Ton exécute roidement, sans flatterie; que Ton purge la ville, et que on luy promette fidélité

Alors tous unanimement onlcilcqu'ilzle serviront et exposeront leurs vies, et qu'il n'ynceluyqui ne luy assiste jusque» (à la mort); le suppliant de demeurer. — Et cela ont réitéré diverses fois, levans la main, et l'adjura ris de ce faire.

M. te Seneschal , pour la noblesse , le prie aussi , et de mesmes pour la Justice, avec beaucoup de véhémence, et définitivement luy déclare que tout Pespoir et le repos d'ung chascung despend de lùy.

Le sieur d'Omano promet de vivre et mourir avecq nous jusques à ce qo*i! avt pieu au roy d'y pourveoir , et qu'il ne nous habandonnera point, a ceste charge que ce qui se resouldra présentement icy sera sur le champ exécuté, et qne l'on vorc de n'espargher personne pour asseurer la ville et les gens de bien, et que lé traistrequi iuy rodera autour, M pense de luy oster la vie,s'il peult, car il ne spauroit avoir ung plus beau tombeau que pour une cause de telle conséquence.

Le sieur de St. Chaulmont dict qu'il y a icy des capitaines qui n'attendent que des quittances pour teurs payemens, mais que, pour monstrer exempte aux aultres de soy retirer et de vuider pour lever tous soupçons, il les va envoyer, et que l'on doibt bien veiller à la conservation dé la ville, et le sieur à'Ornano s'y doibt ayder et continuer en ceste resolution d'y demeurer.

Le sieur de Liergues remercie pour la compagnie des Penons le sieur

d'Ornano9 disant que ce n'est pas moindre vertu (h conserver que d'acquérir (i), et que l'on a bien obligation h luy qui s'est aydé à ramener ceste ville au service du roy, comme îrsçeut, pour avoir assisté les députez qui l'allareut prier de la part du Consulat : et que lors les choses estoient en brandie, et n'y en avoit que quelques ungs qui voulussent prendre l'escharpe blanche, led. seigneur print, luy sixiesme, resolution de venir et entrer en ceste ville nonobstant tout cela ; et y estant venu, ce fust la consommation de l'œuvre, tellement que ceulx qui escouttoient se résolurent, le voyant entrer, à faire leur déclaration, et les mal affectionnez furent contrainetz à sa présence de baisser les armes et de se rendre; tellement que la movtié de l'honneur, voyre les deux tiers luy appartiennent, et que ce n'est pas assez s'il ne luy plaist d'achever ce qu'il a si bien commence, et que, s'il en mesadvenoit, il en aurait ung grand cresvecœur. Lors, puisqu'il l'a promis, il l'en remercie pour le corps des penons, et l'asseure que, après te corps des eschevins, ilz rechercheront son commandement, plustost que de nul aultre, le cognoissant affectionné serviteur du Roy, pour lequel et pour son service particulier, ilz exposeront vies et biens.

Le sieur iïOrnano persiste etf dict qu'ir ne nous abandonnera point , offrant tout son cœur et sa vie ; mais il conclud tousjours à ce que l'on mette les ordres nécessaires pour ne point laisser la ville en telles allarmes.

Le sieur de Montmartin demande à tous les assistants s'ilz trouvent bons tes articles feus.

Tous ont levé la main , promis leur vie pour l'observation d'iceulx, et qu'ilz sont prests de les exécuter, et de faire ce qui leur sera commandé par tesd. sieurs eschevins.

Le sieur de Liergues dict qu'il fault faire sortir les suspeclz , sans acception" de personne.

M. Meslier, advocat, du Roy, dict qu'il...., ne reste quelle bien faire exe-

(1)Celte pensée appartienl à Démosthène , et se trouvt dans la *e Pliilippiqu*. Voyez le 04moitfwiiarta(Ljm, i84i,in-8°), p. Si.

çuler les articles ; , qu'il ne fault riçiv t pueher ù la religion eotholi^ie' parce que chascuog en est d'acccrdJf et que Ton ypve qneh enneuay» uous avons dedans, et nous en délivrer; qu'il fault trancher net, et que tous ceulx qui sont ioy fassent le serment de fidélité, entre les mains du sieur Ornano , pour le service et oueiswncedu Roy, <*en $oit faict^cte solemnel, , , . . v« :

M . dt Lf,nges diçt que comme les anciens Romains periclttojant, il» faisaient une congrégation générale.,, et remettaient tout a un Consul, a0|n qu'il mist si bon or dre qu'il n'y eusl pqiut de péril, s'asseurant que (es nostres y fieront leur debvoir, et aussy seront-ilï bien obeys par tous les aultrea, Il diçt que la ville de Bourges estant rcduicte au service du Roy, il Juts faict un serment gênerai,, mesmes d" (Jergé, oe qui nîa esté faict icy encore*, d'obeyr au Roy »ouU la religion calbolique, apostolique et romaine ; et que s'il y en a quel- <ung qui ne veuille faire de mesmes, il n'est pas bon françoU ; il <e*t suspect, il est cnnemy, il est desobeysjpnt au Roy , et n« doiht demeurer avec nous, pubien il le fault punir wIpu les. loi* fakjtes contre le* rebelles. 1 » . .• • •:• :■' -» .

M. de Liergues dict que le corps 0*0 la Justice a manqué en ce qu'il debvoit aller aux couvents et monastères pour leurfairc faire le serment, parce qu'ila doibvent l'obeyssance comme les au lires, et que ceulx qui ne le vouldroyeal l'aire , il ne les fault endurer. Dict aussy que les esche vins pourroyent bien faire un bien au gênerai, en ce que le peuple pe sçacbantpaalp cause, 4u refus faict par le Papa, il fauldroit faire que jft. dtNeters envoyait la déclaration clud. refus et des causes, parce que cela, seroitune, monstre, qne, c'est plustost la passion que le debvoir; et que l'on eu dpibt escrire au sieur r/o flfwis, el pluslostluy despecher un homme exprès, j .

Le sieur C/mston dict que le Pape n'a point faict de refus, et que. le dire du sieur de Liergwsesi fonde' sur une presupposUiou qui n'est pas, spub^ lpr correction. . a • .

Le sieur de Hergues adjouste que l'on ne prie pas en l'esglise ppur le Roy, comme aullrefoys. r ; v . 1 i ;!..■» > *«j

M. le Poyen et le sieur Chaslon ont dict que sy, et que, à toute* le» taures de l'qglise, il s'y prie pour le Roy. /, ;,»,,»,

M. de Lierguef dict que la pluspart des couvents ne le fontjjoint. et .qu'il le sçait bien, ne voulant toucher le gênerai, mai* les particuliers qui y manquent.

Le Commissaire Poculot dict que l'on a bien faict des prierp* générales, et non particulières pour le Roy ; ouy bien pour les Princes de V Union qne l'on nomme Principes nostros , qui bataillent pour le motif de l'Union, mais qu'il ne se parle point de Mege tmstro Henrico çhristitmissÀmo qui ia tua {miser aliène) suscepit regni gulwnaculo.; et qne , du commencement que la Aille des tourna le peuple de la recognoissance du feu Roy, on ne parla plus de prier ppur, luy , tellement qu'il Çust incontinent rendu

odieux; et de mesme Ton veult faire présentement et se souvient que

le P. Edmond fust rendu odieux, parce» qu'il pr»o t pour le Roy, et presefia qu'il le falloit faire. ; , , ,

M. le Doyen dict qu'il ne le fist jamais à l'instigation de ses compagnons. ,; , •>

M. Poculot dict que puisque l'on prie particulièrement ppur les princes, seigneurs et peuple, à plus forte raison le doibt on faire pour le Roy.

Le sieur de liergites dict qu'il n'en a jamais ouy parler à prédicateur que au •icur , Chaslon et queled. Chatlon a dict que M. de Btlo a parlé deux foy» fort à propos et bicu advant.

sis

Lç sieur iVOmano et tous généralement ont dict qu'il t'a u 1 1 prier pournoitrc Roy Hcntf quairiesmc, et le nommer tout à nu , ou nQiis oe serions pas l>«ms françois.

M. de Fandel dict que tout le mal procède des Jhesuistes, de» Qapuç'ms et Minimes les nouveau U parvenus qui sont <\qs boute feux, lesquels, pour, dire veritc, il ayme et favorise en tant que prestres, mai.*, puisqu'il* soni séditieux, il leuf lauldra faire pnrfer françois ; que l'on a veu ce que l'àcjvoeat Datia) a «scri t de la source de la Ligue, qui monstre bien les advertissemen* que Ton leur a falçtz de corrompre le peuple es confessions et prédications \ par le moyen de quoy il vault mieux qu'ils ne preschenl ny confessent, et qu'il le* fa uh forcer de faire deda ration ouverte en rècognoissnnce du Roy, et que tfon y députe des commissaires pour y porter ceste parole. Ou bien les faire mettre hors la ville, en t'Hospitai S*4net Laurent, où Ton les nourrira en attendant la venue du Roy.

Les sieurs Henry et Claude Seve disent que ëz Heures que nOtis avons pour la Sepmaine Saincte, le nom du Roy y est par exprès, et pourquoy donoques aux prières qu'Hz font , il n'est pas nomme', et que, priant peur le Roy , To« peult entendre d'ungaultre que de eëltry que nous recogOoisson».

M sieur tfOrttano prie nussi Messieurs du Clergé de s'en resouldre entrW* • i»»ui. • .• • .v * 1

Le sieur Doyen diot n'avoir jamais voulu faire faire prières publiques^ en attendant la volonté de S. S., non pas que l'on ayt cessé les prière» particulières, de mosme jlz- ont voulu attendre ; mai* quand iU voyrorjt le* rescripU;du Pape, ilz s'y résoudront, et, passeront oûltre,

te sieur tfOfntwo dict que tant de villes,catholiques qui tiennent pour le Roy le font bien, et pourquoy on ne feroit comme eulx?

Le sieur Doyend'ict que ce n'est point difficulté qu'ilz. y fassent prières particulières, et pour aultre occasion que ce qu'il a dict.

Le Sieur d'Ôrna/io luy remonstre que ce sont raisons que le peuple n'entend pa$? et ne servent de rien, en ce faict , et que despuis que le Roy a faict profession devant les prélatx , et envoyé la plus honorable ambassade qui se pouvoit faire a S. S. (1) et que s» le grand Turç se presentoit au Pape, U ne le refuztîroil point, et auroit ..refuzé le Jth aynt de l'esglise.

Le sieur de Serviettes dict qu'il a esté en la pluspart des villes que le Roy tient, comme a Tour», Rennes, Nantes et à Chartres, el que là 011 il y a des evesques , on y a tousjours prié ouvertement pour lê Roy; et pourquoy doneques Une sera de mesme icy , et Cjue la sepmaîne passée on pria à S.* Paul, Démine, satvum facregem. et ceste sepmaîné ilz ont cessé?

Le sieur Chaslon dict qu'il ne pense qu'ilz ayent cessé , Car ils n*en ont point de nouveau snbjeut, et qu'il les a luy mesme entendu prier de la façon;

Le sieur de Serçieres remonstic que les penons , lientenans et enseignes doibverrt faire lé serment entre les mains des sieurs eschevihs, et puis chaseong en leur quartier, assisté des eschevins, fera faire le serment. — Ce qui a esté trouvé bon par le sieur d'Ornano.

Le sieur Vandel djet qu'il fault que tous les pcoons se mettent eu debroir et rapg,et que dçux de Messieurs les eschevins montent à chevalet lassent faire le. serment à, tous de penonageen penonage.

(1; lypiroop, Sêrtplii* 0/i>Vr, don* nom pnilerous plus tard.

À este ordonné que présentement tous les capitaines penons, les lieutenant et enseignes feront le serment, sitost que le sieur d'Ornano et les autres Messieurs de ladicte qualité seront sortys; ce qui a esté iaietpar ceulx qui se sont trouve! présents, etc. » S.

1594.— Mars 3 1. Lettre iïRenrylVW ses tres-chers et bien aymez le» Consulz eschevins, manans et hahitans de su bonne ville de Lyon, sur la réduction des villes de Rouen, Havre de Grâce et autres. — Imprimée ; Lyon, G. Jullieron et T. Ancclin , In 8° de 8 p. ( IL de Lyon, t. 5 du n a54o5 ). t (

1594. — Mars (Fin). Le Consulat écrit a Messieurs de la ville du Puy pour

les exporter à se rendre au roi. « Nous vous supplions, leur dit-il, comme.

hqz, frères et meilleurs voysias et a m y s, à suivre nostre condition, laquelle vous doibt eslre d'aultant plus volontiers acceptable , que vous voyez Mgr. nostre archevesque, le pivot sur lequel tous les affaires delà Ligue ont sy longuement tournoyé, y estre gaillardement entré..... C'estoit une grande hexesie de s'estre armé contre nostre Roy Henry 3', le plus catholique prince d'entre les catholiques de l'Europe, dont nous ne demandasmes point de permission à S. S., et despuis nous n'en avons pas envoyé demander l'absolution à Borne. Ppurquoy donc chercherons-nous plus de ceremonye à nous resouldre soubz l'obéissance de cestuy-cy, qui est aul tant catholique que jamais aultre fust, que nous n'y en avons apporté quand nous nous voulusmes seduirt de l'aultre?.... » ....

1594. — AxrtL., Le sieur Jacques Robin fut chargé par le Consulat de visiter toutes les lettres qui arrivoient à Lyon , depuis l'époque de la rédaction jusqu'à ce que S. M. eut étnWi gouverneur M. de La Guiche, S.

1694- — Ordonnances ou Articles concluds et arrestez en l'assemblée générale tenue au Consulat de la ville de Lyon, les a3 et dernier jour du mois de Mars et 2 d1 Avril !5()4. Publiez les 21., 1. et 2. jours desmois et an susdicts, A Lyon, par Guichard Jullieron et Tkibaùd Ancelin9 imprimeurs de Messieurs delà ville. M. D. XC1IIL In-8° de 32 p. (B. de Lyon, tome ?3 du n" 25201 ).

Lés Articles XIX et XX de l'Ordonnance du 31 mars sont ainsi conçus:

XIX. L'on a veu qu'en plusieurs endroicts de ceMedicte ville les placards qui ont esté affichez cy-devant, de par le Roy sont arrachez et lacerez par certaines personnes nourries à la rébellion, qui a régné par le moyen des mauvais mesnagers de l'honneur et loyauté des bons François, qui avait esté en singulière religion à noz prédécesseurs : A ces causes, expresses inhibitions et défenses sont faictes à toutes personnes de biffer, lacérer ou arracher les placards et affiches de ladicte qualité, soubs les peynes indictes contre les rebelles au Roy. Et à ce que les delinquans puissent estre descouverts et appréhendez, lesdits sieurs Consuls Eschevins recognoistront, et recompenseront ceux qui les révéleront, de la somme de cent escus : et, au contraire, s'ils sont trouvez en avoir sceu quelque chose, et ne l'avoir révélé, ils seront punis comme coulpables de la mesme faute.

XX. Et de mesmes ayant esté apperceu, que, soit par l'ignorance de certains imprimeurs, ou par la malice d'aucuns particuliers, il s'imprime et vend publiquement desïtvrcts, lesquels, soubs un beau et honneste tiltre, contiennent quelques fois des parolles injurie.ises et mal séantes à la modestie requise en une ville bien policée, pour teste cause est aussi deffendu à tous

imprimeurs d'imprimer, et à tous libraires de vendre ou faire vendre désormais aucuns livres ou eserits qui n'ayent esté veuz et censure*, et sans la permission et auctorité des Magistrats, soubs les peynes de l'Ordonnance. Et pareilles deffenses à ceux qui crient et portent vendre Iesdictes impressions par la ville, de desguiser en les criant le tiltre d'icelles, et moings y adjouster paroiles piquantes, injurieuses et deshonnestes contre l'honneur des grands, et en cas de contravention seront emprisonnez et punis au corps, selon la le qualité du delict.

1594. — Dimanche 3 avril. Fust chanté à Sainl~Jean , le Te Deum laudatnus pour l'entrée du ftov dedans Paris, où estoyent, en robes violettes, JV|lvl. de Montmartin, Henry , /acquêt, Vize, Valeniin et Collabaud; M. le Colonel, M. Seneschal, M. de St Chaumont, et au I très de leur suite. S.

1594. — Avril A. M. de Malezieu étoit un des principaux citoyens que le Consulat avoit exilés de la ville. Il paroit que ce n'étoit point comme ennemi du Roi, mais comme ayant intrigué pour faire obtenir le gouvernement de Lyon à quelque personnage qui n'est pas nommé. M. Vize, échevin, lui signifia de la part de M. le Colonel d'Or/iano qu'il eût à sortir de Lyon au plus vite. Il sortit précipitamment, et se retira à St Didier. De là il écrivit le 4 avril au Consulat une lettre par laquelle il se plaignoit d'un semblable procédé contre un serviteur du Roi, et qui en avoit donné de bonnes preuves. Il demande qu'on lut nomme ses ennemis et ses calomniateurs , offrant de se rendre en prison pour subir la peine qu'il aura méritée, s'il est reconnu ennpahle.... Outré de la sévérité du Consulat, M. de Malezieu voulut s'én aller plaindre au Roi: M. deBelliexre et M. de Vie lui conseillèrent de n'en rien faire, et d'attendre que le Roi vint a Lyon; mais le voyage du Roi étant toujours retardé, il renouvela sa plainte aux ministres. Le Consulat en ayant «té informé, écrivit, le i5 août, à M. de Revol, secrétaire, pour le prier d'interposer sa bienveillance pour la ville, et la justifier où il seroil besoin contre les griefs allégués par M. de Malezieu. S. Voyez ci-dessus au 9 mars 1689. Voyez aussi les Mélanges de M. Brechot, t. r, p. 1 18 et 384, a» P* 444*

1594. — Avril 5. Au Consulat où se trou voient aussi M. le Colonel, le Senesr.hal, le sieur de Rochebonne, le baron de Joiix , et encore Messieurs Vandel, de iÀergucSyAllard , Bullioud , etc. , les capitaines penons mandez :

Sur la requeste présentée par le sieur de Fcyssiere, capitaine penon , et JeanCiraud, sergent, d'une insulte faicte par André de Lygonet , orfèvre dud. penonage; ayant tous esté ouys, et confrontez; par l'advis desd. sieurs Colonel, Seneschal etaultres, a esté dictque led. sieur de Lygonet , pour réparation de la faulte par luy commise, sera condniet par le lieutenant du guet, en la place du Change, mesme lieu où l'excès a esté commis , et là , en présence de son capitaine penon , tout le penonage y estant en armes, l'enseigne desployée, et le tambour battant, il déclarera à haulte voix, et la teste nue , que témérairement èt comme mal advisé , il a desobey et manqué au devoir à luy commandé d'accompagner \n patrouille , la nuict de samedy dernier, et d'avoir le lendemain, de propos délibéré, agressé led. sergent Giraud en lad. place, et luy démenti et frappé sur la joue, et degayné son poignard sur luy indirectement, et avec trop de lemeritc, dont il demande pardon au Roy, au Consulat , ù ses chefs et capitaines, et particulièrement ai»d. sergent Giraud, lequel il tient et repute pour son sergent, qui a pouvoir de luy commander, et qu'il reconnoit tel et de telle valeur, que s'il ne l'eus! pris à son avantage, ou que s'il eust voulu en tirer raisort sur le champ, il le pouvoil faire. Ce fa ici, il sera ramené et conduit en prison, pour y estie détenu l'espace de 8 jours consécutif-;, et défense de plus récidiver, sous

J)t*ih(i dévie (i). — Même séance. Sur ta plaiule du sieur Jac juct , maîslre de poste, aussi penon, pour une rixe ehlre le sergent île son peno'nagc èl aul- Ires, Ceux-cy ont esté renvoyez pardeyant la justice, comme pour fuiet passé hors 1e service; et cependant on arreSte de faire proclamer à son de trompe, défense de se donner des démentis en public , à peine d'eslre mis hors de ta ville oour six mois, et de frapper sur la joue.... avec la main , à peine de t7'àte tonps tCtitrapaae ; et que ceux qui meltroient tes armes à la 'main pouf offenser un ant»-e , auroienl le poing coupé, suivant les ordonnances falctes p<wi Ha discipline militaire. S. ' N —

; 1^94. — ; À\*r\L 6. Un sàuf-conduit est accordé par le Consulat à Fràtiçvh Ètrhardin Bozon , pour demeurer en sa grange de Poteyinieù , nonobstant l'ordonnance du premier avril, en laquelle il n'est pas compris. — De mCine « Pompée Porto , de demeurer en sa grange de Bresse, quoique non distant tde la ville de 5 lieues. S.

1591. — Jtt'ilQ, Henry /raccorde le titre d'imprimeurs du roi à Giticharâ Jullulpn elSThibaud Jncelin qui avaient conlribué à fui ré rentrer lu ville de Lyon sous l'obéissance royale. Biogr. Lyonn.

1594. — Jtvrilî. Le Consulat à M. de St-Paul , prescheur de St-Chau-

mont ; ' - . j f •«.. 1 »

« Monsieur, la renommée de vostre bonne doctrine» et ie sainct zele que vous laides paroistie,par vnzdoetesel salutaires prédications, avoir à l'agrandissement dp no s Ire saine te rvligion catholique, apostolique et romaine, spus.le^egno de no si rc roy très chrétien et çalholrque, ostanl parvenue jusque uojus, il y a desjn longtemps, .nous avions toujours heu intention de vpus supplier venir qn cesle ville, pour nous ayderavec voz bonues exhortations , à .et* eselaircir l'aveuglement q 91 es-t «neuves en quelques,. un#s de ce4|lx qtti plus façillement se sont laissez transporter aux artiflices des ennemys de cest estai. Mais ayaut sceu le profit que vous faisiez au public, ou la chaire qui vous a esté donnée pour tout le- caresme , nous avons mieulx ayirié passer avec noz prédicateurs açcoustumez , que de vous destourner d'ung si bôli œuvre, nous reservant tousjours de vous présenter la très humble réqueste que nous vous faisons maintenant d'y venir après les festes, le plustost qu'il vous sera possible. Quoy faisant, oullre l'obligation que nous vous avons eh noslre particulier, et l'honneur et bon Iraiclement que vous i-ecepvrcz de nous, vous ferez chose méritoire envers Dieu , profitable au public , et louable pour tout le monde. Sur ce , après vous avoir juesenté noz bien humbles recommandations, nous prions Dieu, Monsieur, vous tenir en sàîncte et digne gardé, etc. »

M. de $t-Paul répondit le même jour au Consulat :

....... Je vous ira y faire la révérence, et prendre résolution de voz bonnes

intentions pour le dimanche de Quasimùdo ? auquel jour je ne séray avec vous, sans travailler ên Pesglise la plus capable de peuplé qu'il praira à voz prudences de me choisir. El si ïe ugez à propoz , a ut tins que Cest œuvre divin soit rendu pins communicab e au peupte, et qu*ïl en puisse dltëure

»»•.■» •'lU'.n i". i>..»-: . Ji.i^ e I ' • M»'1' n«ïn.« ''*•' "»ij< "»*:/!> .»

f I) \jt>. it mril, à k recèle d'un frère servant de I» compagnie <kfe Jésuiteé,\t Consulat, de l'avis de M. «CO/ww» » *t de l'agréaient des Penons cl iûsltmce du sfour ré$*sièrrt penud ,*t du sergent Chaud, ordonna que le sieur de Lygonei serait élargi, après avoir fait la déclaration él la réparation portées par la sentence dg 5 avril; ce qu'il a fait nu tête et avec toute humilité. Alors lui el le sergent Giraud se «sont accolés, et roiiltirllenient pardonnes, juré et promis de demeurer unis. Eli conséquence, le Consulat ordonne que les présentes ni le jugement ne seront expédiées jusqu'à nouvel ordre S.

estre advcrtv, lauldroit que ces fcsles, M" le curez U'îcelle esglise et <.!<•$ circonvoysiues eu avertissent le peuple... Cela fera cOgnoislre les sinistres bruictz qu'on a faict courir de voslre chrestienne ville de Lyon contre la manutention deJasaincte religion en ioelle (quiont esté très grands et 1res pernicieux), estre faulx, et à' plaisir faicts par les arlilices des ennemys de cest estât... et ayant leu, dix ans continuellement, aux plus célèbres chaires de l'Université de Paris , et passé par tous les honneurs d'i ce lie, m es mes par le premier qui est le rectoral, et presché, dix et huitt ans, auxehaires les plus célèbres de France, je vous en dedieray les fruietz, puisque vous les avez desirex avec tant d'honneur, et seray bien raarry si ilz ne se trouvent si dignes de vous que vous les désirerez. Pour le moings, ilz seront , suivant voz louables intentions, à la conservation de nostre saiucte foy catholique , apostolique et romaine, du tout rondement * comme Hz en ont tousjours esté, grâces à Dieu, et à la recommandation de nostre légitime rny, puisque Dieu lui a faict , et à nous, une grâce si grande qu'il soit catholique si affectionné , comme chacun nous faict entendre qu'il est. Ung chascun doibt embrasser de cœur et loner Dieu de ceste conversion qui n'est moindre pour nous que celle de St-Paul pour Tesglise universelle, veu le bien qu'elle rapportera à la conservation delà l'oy, et a deslivrer les villes et les provinces de tant de tyrans et tyranneaux qui les vexent et tyranniseut. Je fus le premier prestre en nostre province, député et esleu par la court département de Grenoble, qui en fit à Dieu les actions de grâces publiques devant ceste court , etc. De vosïvc estude de Sainct Chamond, ce 7 d'avril 15t)'|. Vostre très hnmble serviteur et orateur en J. C. Saint Paul. *

Vers le même temps, le Consulat écrivit aussi à M. de Charagnac, prédicateur célèbre, pour l'engager à venir prêcher à Lyon. M. de Chavagnac répondit de Clermont , le 1 7 avril , qu'étant obligé de se rendre , à la St-Jean , près de, S. M., il auroit trop peu de temps.à rester à Lyon, et que, si on tenoit ace qu'il y vint, il faudroit lui envoyer des asseuraticesy et même uu passeport de Mgr de Sainct Sorlin. S. , ,

1594. — Avrils. Séance consulaire» Est comparu le sieur de Sertïerefty trésorier de France, lequel pour et au nom des confrères de N. D. des Confalons, pénitents en la ville de Lyon, a exhibé et remis l'acte de serment faict par lesdits sieurs confrères pour le service et obéissance du Roy , le 5 du présent mois, lequel il a requis estre enregistre ez actes consulaires ; ce qui a été ordonné. » ,

1594. — Avril 8. Le Consulat écrit au Roy :

« Sire,.... Nous attendions de rendre grâces publiques à Dieu de l'heureux Succès de Paris, sur l'asseurance que nous avions d'en recepvoir voslre commandement exprès; mais il fut besoing de prévenir de trois jours son arrivée qui n'a esté que le sixième de ce mois, pour lever au peuple le double qu'il en concevoil par la remise de ceste démonstration ; et, entre deux, nous n'oubliasmes rien de ce qui se faisoit pour nostre conservation ; ayant , par le conseil de M. le Colonel (POrnano , faict une seconde purgation de quelques ungs des plus remarquez de noz concitoyens, et de tous les aultres glissez dans la ville, qui nous y pourroienl nuyre ; asseuré vostre arsenal par une bonne garde ; et , en attendant l'exécution de meilleur ordre que nous y avons mis, comme nos déléguez tesmoigneront de vive voix à V. M., nous avons fortifié noz advenues par des compagnies francoisés jeltées dans les fauxbourgset dans noz forte qui tiennent noz portes en asseurance avec la garde des Suisses que nous avions desja ; moyennant qiioy, et la présence dit Colonel d'Onxano qui s'e-jt résolu de demeurer av -C nous, luy ayant faicl

cognoisrre qfi'il ne jvoii voit itoiiâ fendre service plus signalé , noas espérons que Dieu nous fera la grâce de bien conserver le dedans; et à vous, Sire, de bien remédier au mal qui nous presse par le dehors, en sorte que noz concitoyens ne peuvent s'esloigner de soo pas,etnoz compatriotes sortir de leurs petits fortz, qu'ils ne se voyent, sçavoir les Impuissants de payer rançon , tous couverts de coups de coutelas, et les aultres emprisonnez et traittez si cruellement que ce nous * feroit horreur de le référer, sy l'horreur inesme de leurs barbares crunuhei ne s'estoit tournée en habitude et patience accoustumée de longue main. Lapins spacieuse prison quHlt vous donnent est ung coffre ou ung tonneau 1 et le plus grand moyen de veoir et respirer, est l'embouchure du tonneau , et le trou de la serrure du coffre. Il en meurt tous les jours entre leurs mains, et n'y a pas trois jours qu'w/rg notayre de Beaujollots, ayant esté mené it Thoisscy sn Lkmbes, et détenu quelque temps fermé dans un coffre, la face pressée sur les genoux j il les rongea jusqu'aux os , et fut trouvé mort en ce misérable, desespoir. V. M. jugera donc, s'il loy plaist , combien nous avons occasion de recourir à elle , pour impetrer le secours qui ne peull venir d'ailleurs, après Dieu, que de sa boulé et clémence paternelle. ... » S.

1594. — Axril 12. Le Consulat convoque une assemblée générale où se trouvèrent le Colonel à'Ornano, le Sénéchal, M. Chaslon, officiai, le président de Langes, M. de FiUars, etc., etc. \<

«.... M. de Mont/nartin propose la cause de l'assemblée, qui est des nouvelles et adverlisscmens venus de toutes parts pour les méfiances que Ton a des Suisses nui ont la garde de ceste ville.., . et encores par le billet de M. de JSemours

M. \uColonel allègue les lettres du Roy, les advis (["Italie et de Paris , et opine que l'on se do'ibl, avant que sorlir d'iev, esclairer de la volonté des Suisses, et en cas qu'ilz ne fassent le serment, les faire battre aux champs, et le faire sur le champ.

M. de Bothéon (Sénéchal ) dit de mesmes.

M. le General Henry lit ta lettre de M. de Nemottrs dont la teneur sera in- «crée, et aussi du bdlet en chiffres qui a esté deschiffré.....; il rapporte la division qui est entre les Suitses au Pays , selon ce que ceulx d'icy luy ont dict. et encores la proposition faicte par le sieur d'Àlbigny nu Conestable de CastilU, en Milanais, dont il faict aussy lecture, et qui sera insérée.

Sur la réquisition faicte par M. de Montmartin que les ecclésiastiques doivent faire le serment de fidélité au t\oy, ce qui n'a encores esté fa jet ; — M. Chaslon a dict que quant aux ecclésiastiques des cathédrales, collégiales et paroisses, ilz ne fout difficulté de le faire; qu'il y a quelques religieux qu'il estime qu'ilz ne feront pas difficulté de jurer de se despartir de toutes ligues contre le Roy; et, pour son regard, a juréau mesaic instant de vivre et mourir en la religion catholique, apostolique et romaine, soubz l'obeyssance de Henry JF\ roy de l'rance et de Navarre; et, combien qu'il n'ayt jamais participé à aulcune ligue, neantmoings jure de s'en desparlir en tant que besoing seroit, elque jamais il n'y participera.

Les sieurs cU Gj imo vi Teste, penons, rapportent qu'on leur a dict hier, à la Gwllotiere que l'on auroit beau faire, et que, devant qu'il fust longtemps, Ton verroit tant de geus autour de ceste ville que l'on n'y en Y^it jamais tant, qui feront bien chojjger de langage.

Le sieur de Uergues rapporte que le sieur Président Musino luy a dict que M. te Marquis luy avoit asseuré qu'il avoit envoyé au Connestable de Castillc pour avoir dos hommes et dos moyens, affin de reduyre la ville de

Lyon eu son debvoir, ut qu'il esperoit que Dieu luy en feroit la grâce, etc., etc.

M. de Villars scroit d'advis de scavoir ce qui est deub aux Suisses , leur

en faire une obligation, et les faire retirer aux Jauxbmir"* sur le charnu ; et quand l'on auroi^ de l'argent comptant, il ue leur en fauldroil pas bailler, parce qu'il» se, retireront au Pays, auquel cas, s'ilz ne se disposent à faire service contraire, on les payera ; mai* s'iU s'accaparent à noz ennemy*, Ton aura de quoy leur retirer leur paye....

M. de Vandel, pour le regard de M. de Nemowi, dict q,u'il fault prendre garde à ceux qui le gardent...... et quant aux Suisses ,... boit qu'ilx presUAi

ou non serment, il fault les renvoyer de* aujourd'hui', fors les capitaines

M. de Uergves est d'advw».... que l'un fasse un nouveau rolle de ceux que l'on ne trouvera pas franc* au collier,... qu'il a esté adverty par ung religieux, bon serviteur do .Roy, qu'il y a des pratiques dans les couvents, et qu'il y a des gens stipendies pour gagner des personnes contre le service du Roy ; que des gens de son penonage, avant faict leur dernière confession aux Carmes, ceux cy, après l'absolution, feur avoient demandé s'ils avoient crié Vive le Bûyl (sur leur réponse affirmative) on leur diot : L'alwlaiionquc je fous ay donnée ne vaukrien9si vous Caxei (aXct de bon cueur. Il luy semble que, aujourd'hui, Messieurs de la Justice devroient aller aux couvents, et les prendre ung à ung, et leur, faire faire le serment, et cliasser ceulx qui ue le vouldroieajt ; ot en faire venir d'aultres qui garderoient leur? revenus. M. de Nemours qui est très bon catholique en a ainsi usé ; n'estant point chose qui altère la Religion de changer les Religieux ; mais c'est altérer lu Religion de souffrir les Religjeulx qui se doibveut qyder à conserver Testai, et fout le contraire.

M. AUard dict que la perfidie de M. de Nemours est trop évidente, et se fault premièrement asscurer la ville ; fault envoyer les Suisses parce qu'ilz n'ont point faict de serment au Roy , et s'a$seurer que les penons y feront leur debvoir, eU..,. est d'advis que» dès uujourd'huy, on les mette aux portes.

M. Bullioud dict que la, nécessité est urgente, et concJud avec M. le Colonel. 11 dict qu'il ne se doibt aulcun respect à M.., de Nemours , et que l'on luy doibt osier ses serviteurs, et ne luy bailler que des gens aflidez, le resserrer, le retrancher, et ne luy permettre liberté de parler et d'escrire.

M. Allard adjouste que, estant en Dotnbôi, ung homme d'honneur leur donna advis queues Suisses, avoieot envoyé en leur pays, pour sçavoir s'il importoit à Pl10n9eur.de leur natipn de rendre une ville qui se fie de leur garde et service pour la religion catholique. 1

M. le Capitaine deMasso dict qu'il les fault mettre hors, et que leplustost sera, le meilleur. , • . > ■

M. Pinet est de mesme advis pour les Suisses , et pour le faict de M. de Nemours , qu'il fault envoyer les lettres cl memoyres au Roy. ,j 1. »

M- RcgnauUl de mesme pour les Suisses.

M- de Bourges , idem ; et pour le regard de M. de Nemours, qu'il luy fault oster ses domestiques , et bien garder qu il ne puisse escrire ny conférer. .

M. Chaslon : que, puisque le prétexte delà religion cesse* il fault que l'on se rallie au service du Uoy qui est de nostre religion, a renié et abjure toutes choses contraires. Pourquoy fault regarder que rien 11 'altère nostre resolution

dedans ny dehors ; et que si \esSuisses n'ont le cueur porté û ce p*rly, les

Ihult renvoyer, mais qu'il ne les fault aigrir Comme l'on en peult avoir

à faire à l'advenir, il les fauldra congédier avec toute dotilceur. — Pour le regard du dedans de la ville, qu'il est allé à Pimprovistc cher les prédicateurs ou il n'a rien trouvé, et y a mené avec luy des personnes de qui on se peult fier, mais qu'il y peult bien avoir des menées;.... qu'il leur fault faire faire ung serment très estroict de se despartir de toutes ligues. Si en gênerai ou particulier, on découvre ensuite quelcung qui passe plus oultre à se meslcr des affaires, on en usera comme la justice le requiert ; et fault considérer que les occasions des menées sont passées, puisque les confessions le sont. Pour le regard de M. de Nemours, il n'y a nul moyen de s'y fier.

M. de Serviere conclud avec les autres qu'il fault envoyer les Suisses sans les requérir du serment: car il ne fauldra pas faire estât de s'en servir jusques à ce que en gênerai le Pays soit rentré ez anciennes alliances; et que l'on a juste soupçon d'eulx et de leurs supérieurs; et que, despuis 4 jours en ça, ung personnage d'honneur qu'il ne peult nommer luy a dict que l'on eust a se prendre garde , parce que les menées sont plus grandes qu'elles n'ont esté. *.•;-»

M. de la Chalut remonstre que quand les Suisses se dîstrairent du serment qu'ils avoient faict au Roy, aux premières barricades, ilz n'attendirent pas des nouvelles de leurs supérieurs, combien que* on ne leur eust pas ainsy faict : car on les a attendus deux mois, et on n*a point de bonne explication ; au contraire l'on veoit les justes soupçons. Partant, H les fault envoyer. ; • •

M. le thresorier *îcarron dict avoir communiqué à Messieurs (les Cschevins) infinis advis d'envoyer les Suisses, et le plustost que l'on pourra ; n'y voyant asseurance aulcune tandis qu'ilz seront icy : et leur dire nettement que Ton ne se veult plus servir d'estrangers, et que les moyens n'y sont plus. — Pour le regard de M. de Nemours, qu'il y odes femmes aussy dangereuses que les hommes ; que les serviteurs domestiques dudit sieur vont et viennent, et que l'on doibt les sortir tous d'auprès de luy, et les confiner en une bonne prison.. ..

M. de Musino, président des esleus : que Ton envoyé diligemment les Suisses, et que l'on ne les doibt pas presser de prester le serment... — Pour le regard de M. de Nemours, qu'il y aura assez de temps d'y pourveoir après, et se fault oster promptement le soin des Suisses:

M. Poculot : qu'il fault promptement envoyer les Suisses, mais qu'il le fault faire le plus doulcement que faire se pourra, selon Tadvisde M. le colonel.— Pourle regard de M. de Nemours, envoyer au Roy les lettres, memoyres et chiffres, et plustost personne propre ; que l'on rétrécisse led. siem* de Nemours, et ne luy laisser personne des siens.

M. de Serracin : que Ton ne se peult fier ez Suisses qu'il fault licentier au plustost, et veiller à M. de Nemours, et le resserrer plus que jamais.

M. du Coing: queles serviteurs, voyre les accuséz cuxmesmes, sont par les rues et se promènent ; qu'il faut entièrement racler la ville, pour oster nu sieur de Nemours toute espérance ; luy lever sesdomestiques, papier et encre : car il est irréconciliable pour la vengeance qu'il a jurée ; que c'est le moyen de les mettre tous en confusion; qu'il faut purger tout ce qui se trouvera dans la ville de soupçonneux. — Pour le regard des Suisses, qu'il fault les envoyer doulcement soubsle prétexte du commandement du Roy.....

M. de Grimo et M. Bcrnico sont du mesme advis que M. du Coing.

M. Jncffuef, maistre de la poste, dict que les Cantons de Lucarne et de

Frybourg sont fort peu affectionnez au Roy;... qu'il luy semble qu'il faut au pJustost congédier les Suisse* et les mettre hors ; que leurs panaches blancs sont fort suspects. — Qu'il fault mettre hors tous ceulx de M. de Nemours , m esmes ung Figarct.

M. de Veyssiere^ idem pour le regard des Suisses et de M. de Nemours. "

Fr. Laurent, lieutenant de M. Pelletier , idem.

Fr. Bernard, pour le regard des Suisses , idem, et de M. de Nemours qu'il ne luy fault laisser personne de sa maison , jusques à son cuisinier.....

Le Champenois, comme les aultres.

Le sieur Guynm dict qu'il s'en rapporte à tous ces Messieurs qui ont très sagement pourveu et devisé ; et pour le regard de M. de Nemours, que nul ne luy doibt aller parler; et que ce n'est assez de luy oster le papier et l'enrre, parce qu'il en peult dire plus en un quart d'heure qu'il n'en escrira en deux heures.

Tous les autres présents, d'une voix, ont esté de mesme advis

L'assemblée a rres te que le sieur D... ira présentement a Pierre-Scize . advertir le capitaine Lafonte de se renforcer d'hommes, et que le sieur Mornieu ira quant et quant ; et sont partis au mesme instant avec ung billet de créance signé de M. Henry et du secrétaire, aflin de faire sortir du ebasteau tous les Suisses j estant, et que Ton lasse entrer les capitaines suisses au Consulat pour les congédier sur le champ.

Mandez et faietz entrer les lieutenants, enseignes et aultres membres estant en ceste ville avec leur truchement, et aussi le capitaine Nicolas Bourch; M. de Montmartin leur a remonstré que la volonté du Roy est qu'ilz se retirent, eu quoy il y a d'aullant plus de raison qu'ilz n'ont point faict estât d'avoir de leurs quartiers la resolutiou sur leurs serments. — Lesquelz ont prié que Ton leur permette de conférer quatre paroles ensemble ; ce qu'ilz ont faict, et se sont relirez dans la plate- forme sur le devant de la chambre consulaire regardantenlarue. — Puys rentrez, le Capitaine Nicolas IVilli a dict qu'ilz suplioient que l'on attende aultres nouvelles de leurs capitaines, et qu'ilz ont eu bonnes nouvelles des dernières ; que l'on les asseure qu'ilz ne manqueront d'avoir bien tost nouvelles au contentement de ceulx de ceste ville. Toutesfoys que puisqu'il plaist ainsy, ilz sont prêts ; les priant qu'on mette dans leurs passeports qu'ilz ont fidellement servi , et que on leur fasse asscurance de leurdeub ; et que l'on donne moyen aux soldatzde se retirer jusques au Pays , ce qui ne peult estre moings que de la paye d'ung mois.

Leur a esté répliqué par le sieur Henry, que les Capitaines demeureront icy pour faire les comptes ; et leur sera faict une obligation pour leur seureté, ca"r on Isa veult contenter, et l'on ne leur veull rien faire perdre ; leur seront baillez telz passeports qu'ilz vouldront, et on les prie de se retirer dans les fauxboOrgs quant aux soldats, et les capitaines dans la ville, en leurs logis. — Ce qu'ilz ont accepté et dict que, si on eust attendu encores cinq ou six jours, ilz eussent donné tout contentement; que toutefoys , pour suivre la volonté du Roy et celle desd. sieurs, ilz obeyroot ; priant qu'on leur baille quelque argent pour les soldat/ ; et leur a esté accorde' que les compagnies françoyses qui sont en faulxbourg entreront en la ville , à mesure qu'ilz sortiront des portes; et ont promis de faire sortir leurs soldats suisses qui sont dans Pierre-Scize et aussy des boulevards Si Jehan et St Clair. — Et sur le champ, en leur présence, a esté faict le despartement de ceulx qui entreront en leurs gardes, comme s'ensuit :

A la porte de St Sebastien entrera la compagnie du Capitaine I^aforge ,

en présence de M. Henry, et en sortiront Ici Suisses , à l'approche de bld. Compagnie qui sera mise dans les boolevards de Si Jehan et de S. Clair. »

A la porte du Pont du Rhosne , entrera la compagnie du capitaine Rochemont , en présence de M. Jacquet , et se retireront les «Sait-vM a leur approche. \ . ï;

A V Arsenal et aux chaisnes d'JBsnay, le capitaine Parya.

A la porte £f , entrera la moitié de la compagnie du capi-

taine Çomùet, en présence de M. Colhabaud, et les Suisses se retireront en Vaine. .>■ !,■

A la porte 5* George, le capitaine Gwn/î, penon du quartier, y envoyera une (compagnie).

A la porte de P/'erre-Scizs, entrera l'aultre moitié de la compagnie du capitaine Combet, en présence de M. Vive, et se retireront les Suisses au faulxbourg

de Vaize.

Sera renforcée la garde du chasteau de Pierre-Scésss de ao hommes que prendra le Capitaine Lafonte, à son choix, et se retireront les Suisses y estant , chascun en sa Compagnie,

Et au inesme instant les billets desd. despartementz ont esté fnietz, signes et délivrez par le secrétaire auxd. sieurs Henry, Jacquet, Vite et Colkabaud, nu Capitaine Gonyn, au lieutenant du capitaine ParyUj iesquelz sont partis avec lesd. capitaines suisses pour l'exécution de oe que dessus, Sans divertir a aoltre acte. S.

1594. —Acril 14. Lese'chevins, après avoir traité totis les Capitaines suis ses licenciés, le 12 de ce mois, au diner par eux donné dans l'Hôtel de Ville, en compagnie du Colonel d'Ornano, de M. le Seneohal, de M. le lieutenantgeneral de Filiars, de plusieurs trésoriers généraux et autres principaux de cette ville, ont compté avec le«d. Capitaines, et se sont obligés à chacun des chefs des cinq compagnies, selon qu'il est porté par les contracts passés devant M' André Accarie, notaire royal, etc. Ce fait, les capitaines suisses ont pris leur congé et se sont retirés du Consulat. S.

1594. — Avril i5. Reiclemess ordonnez en exécution des ediols du Roy contre ceux de la religion prétendue reformée, et aussi pour la garde et conservation de ceste ville de Lyon, arrestez au Consulat tenu en ladicte ville, le 10 jour d'avril i5g4, et publiez le iGdudict. A Lyon, par Guichard Jutlieron, et Tlnbaud Ancelin, M. D. XCIIII. In 8" de 16 pages (B. de Lyon, tome ;5du n° 25201 ).

L'article i,Tde ces Reiglemens porte que tous deux « qui s'estoyent relirez hors le Royaume pour eslre delà nouvelle opinion et religion prétendue reformée, et qui sont rentrez en ceste ville sans passeport ou avec passeport..., seront tenus, scavoir, ceux qui sonten ceste dicte ville, dans trois jours, elles autres dans l'esteodue de ce gouvernement, dans huicl jours,... soy retirer hors ladicte ville et gouvernement.». »

L'article 2' : »... Injonction est faicte à toutes personnes... de vivre catholicquement... »

L'art. 3e • Et ace que les contrevenons puissent estre cogneuz, il est ordonné aux capitaines penons d'en faire la recherche exacte , en chacun de leurs quarJiers,et mesme de s'informer desdesporleraens de ceux qu'ils ont à suspects de mal sentir de nostre foy et religion catholicquo, aposlolicque et romaine , et particulièrement si aux lestes de Pjtuques dernières y ils ont iaicl leur devoir de soy confesser et communier, selon l'obligation qu'il* y ont... »

L'art. 5P : « Vuideront par le jour de ladicte ville tous les officiers, agens ♦ serviteurs et domestiques des sieurs dues de Mayenne et de Nemours, et du sieur Marquis de Si Sorlin »

L'art. 7e : «... De0enc.es ù toutes personnes... de se provooquer à injure;... sur peine pour le regard de celuy qui donnera en public une simple dementiq, d'entre sur le champ mis hors ladicte ville pour six mois, Et si quelqu'un s'advantageoit de tant que de frapper un autre tur la joue ou autrement de la main, il sera puoi.de trois coups d'estrapade. Et celuy qui seroit si mal advisc que de mettre les armes nues en la main en intention d'offenser quelqu'autre, il aura le poing Qouppè sur le champ , le tout sans autre forme ni figure de procès , et sans espérance d'aucune, diminution de» dictes peines. » <...-■.. f

L'ail. 8* : « Si aucun estoit si téméraire que de soy rendre désobéissant

à celuy qui a le pouvoir de luy commander pour 4e faictde la garde de teste ville, et, pour raison de ce, prendre et attaquer ù luy par injures et armes ouvertes, comme il est adveuu ces jours passez en certains endroicts de cestedicte ville, il sera sur le champ puni de mort, selon lu rigueur des ordonnances du Hoy faictes sur le faict de la discipline militaire. »

L'art. ioe « Il est expressément defleudu de tenir aucun marché de

poissonnerie, harangerie ou autre denrée quelconque dans la place de Vflerbecie et entre les barrières faictes es trois advenues d'iccllc'po'ur la seurté du

corps de garde y «stablv , à peine de dix escus d'amende et de confiscation

des marchandises et denrées qui seront à l'instant appliquées au bénéfice des pauvres de l'Hoslel de Dieu du pont du Uosne. » — Le texte de celte ordonnance ne se 'trouve pas dans le registre des actes consulaires. J. Mo-

îi», v, 440.

1594* — r Dimanche 1 7 avril. Les esqhevius accompagnez des sieur* procureur (1), receveur et voyer, se sont rendus en la maison du sieur Valentin, l'un d'eux , et de là, vestus de leurs robbes violetles et conduits par les mandeurs, sont allez en l'esgljsede Si Jehan, de laquelle la procession générale des quatre mendiant de lad. «sgliseel des aultres collégiales de Si Ju>t,St Nizier et St Paul assemblez aud lieu à la requeste desd. sieurs, après le refus de s*y trouter par les autres çauxenls^sl partie, accompagnée des sieurs de la Justice en corps, et de INI. le Colonel d'Qrnauo, 31. le Senescluil, et plusieurs seigneurs et gentilz hommes d« leur suite, et très grande aflluence de peuple, est allée au Couvent des Jacobins de N. D. de Confort, où la grande messe a esté dicte, et ta prédication faicle eu aolions de grâces de la réduction de Paris et de la ville de Rouen et aultres de la province de Normandie soubz l'obeyssance du ftov qui avoit escrjpt et commande de ce faire, par ses lettres du dernier jour de Marx, reçues le i5 du présent. Pujs la procession de l'esglise deS t Jehan seule, accompagnée des sieurs Consul/, eschevins, des sieurs de la Justice, dud. Sr le Colonel et aullres de sa suilc, est revenue au mesmo ordre. Dieu veuille. avoir les pria es agréables ! S.

1594. — Avril 18. Viennent au Consulat M. Jehan Millet, lieutenant mi penonnge de Gourguillon et M. Charretier, son enseigne, avec leurs sergens, Led sieur Millet diet que, satisfaisant à l'Ordonnance publiée samedy dernier eontre ceulx des suspects de la Religion prétendue reformée, qui n'auroient faictes leurs Pasques a ces lestes dernières, ilz ont icy amené Jacques Ferrier ,

apothicaire, demeurant aud. penonage, lequel ne leur a sceu justifier qu'il se

(1) Ce fui Jean Goujon , avocat à Lyon , qui succéda dans la charge de procureur-général de la ville et communauté de Lyon à Claude de Ruhys.

soit confessé ni communié à ce* Pasques dernière» : ait contraire s'en estant informer du vicaire de Saincte-Crolx , par les mains duquel a dict avoir esté communié, led. vicaire ne l'a sceu reco^noistre. Sur quoy, ouy led. Ferrier, qui, entre les mains de M. Jehan Pandrl, conseiller ou Siège prcsidial, qui s'est trou sè présent, a promis et juré de dire vérité, et enquis de sa créance, l'a faicte et rapportée comme un» vray catholique doibt faire, et justifié avoir faict profession de foy, il y a environ 8 ans pardevant M. de Bolo, prédicateur Jacobin de Cesie ville, ainsi qu'il appert par son certificat; et oultre ce a promis de soy confesser, luy et sa femme, Dimanche prochain pour oster toute l'opinion maulvaise que l'on pourroit avoir conceue contre luy. Luy a esté enjoinct de ce faire, et de vivre catholiquementet selon les sainetz décrets de l'esglise catholique, apostolique et romaine, soubz les peines ordonnées par les edicts du Roy, et a esté renvoyé en sa maison, et a signé : Ferrier. S.

1594. — Avril »s. Lettre à'Henry IV:

« A noz très chers et bien amei les Maire et esehev'ms de noslre ville de Lyon.

« De par le Roy. Très chers et bien amei, nous avons entendu avec grand contentement la resolution que vous avez prise et effectuée de vous descharger ùassuisses qui estoient en vostre ville; leur demeure nousy ayant tousjours esté fort suspecte depuis vostre réduction. Nous avons aussi veu les Ordonnances qui ont par vous esté faictes de l'cxpul>ion d'aulcungs de lad. ville qui vous estoient suspeetz, que nous avons trouvées fort bonnes, cl pleines de grande prévoyance ; vous exhortant de continuer de veiller soigneusement à vostre conservation qui est envyée de plusieurs de ceulx de dedans et dehors ce royaulnic, qui font toutes les menées et pratiques qu'ilz peuvent pour v pouvoir entreprendre : à quoy nous espérons pour le bon soing que nous voyons que vous y apportez, que tous leurs desseings demeureront inutiles ; et faictes effort de redoubler voz gardes, et de veiller et travailler encores et extraordinairement pour quelque temps; et vous asseurez que bientost vous serez soulagez de cesle peine , faisant estât de partir dans 20 jours au plus tard, pour m'acheminer devers vous, avec de bonnes forces que nous faisons dez ceste heure tenir prestes sur le chemin que nous devons prendre, a (fin que nous facionsplus diligemment ce voyage, lequelnous eussions entrepris dez cette heure si nostre santé l'eust peu permettre^ pour la conservation de laquelle nous sommes conseillez de faire une petite diette que nous n'avons peu différer, pour ne perdre la saison en laquelle elle nous est plus propre. Nous la commenceons demain, et la continuerons au plus que quinze jours , lesquelz finiz nous repartirons aussitost pour ledict voyage , pour lequel nous faisons cependant préparer ce qui nous y est le plus nécessaire, n'y ayant rien, Dieu mercy, que nostredicte santé qui nous peult retarder; ce que nous faisons, estant plustost une précaution que remède nécessaire à aulcun mal présent. Nous sommes bien offensez que les forces que l'on dict qui descendent à' Italie et de Viedmont ne se retrouveront pas plustost en la plaine que nouz ferons, ny en meilleure volonté de combattre, si l'occasion s'en présente , qui est le meilleur pris que nous attendons et desirons de nostredict volage. Nous estimons que voz deppulez qui sont icy vous auront advertiz comme nous les avons ouys; et depuis ayant faict veoir leurs cahiers en nostre Conseil, et ayant entendu la substance d'iceulx, nous y avons faict les meilleures et plus favorables responces qu'il nous a esté possible. Nous nous asseurons que vous les recevrez, de bonne part, et jugerez par le lesmoignage que vous y verrez de nostre bonne volonté', que vous en debvez attendre tous bons et plus grands effeetz quand la commodité le nous pourra permettre,

oinsyquc nous recognoissons que vous vous en rendez digues tous les jours déplus en plus. En quoy nous vous exhortons de persévérer, et vous asseurer cependant d'avoir toute la part en nostre bonne grâce que vous sçauriez désirer. Donné à Paru, le 22 jourdWii 1594. Signé Henry, plus bas Forcet. » — Cette lettre fut reçue le 5 mai, par le laquais de M. le Colonel. S Voyez au a» mars.

1594. Mai 4. Lettre d'Henry Iran Consulat :

« De parle Roy. Très chers et bien amez, nous avons veu par voz lettres du a6du passé qui nous ont esté rendues par le prevost Thomè, présent porteur, et encore» plus particulièrement parles raemoyres et instructions qu'il a apportez, et aussy par sa créance, les grandes raisons et apparcns indices que vous avez d'appréhender et craindre les pralicquesel menées qui se dressent à vostre ruyne et à la surprinse de nostre ville de Lyon, mesmes de la part du duc de Moyenne, et du Marquis de S. Sorlin, son frère : ù quoy s'accorde bien la négociation qu'ilz ont nagueres faiqt faire par^/%ny, vers le duc de Sayoye et le gouverneur de Milan , et le grand amas de forces qui s'est depuis par eulx faict pour entrer en ce royaulme. Mais nous espérons arriver par deli assez à temps, et sy bien accompagnez, que s'ilz descendent en la plaine, il nous y trouveront pour les y recepvoir. Ce que vous avez cependant à faire, est de continuer de faire tousjours bonne garde , et. rechercher curieusement les pratiques qui se peuvent faire dans lad. ville, car celles de dedans sont beaucoup plus à craindre que celles de dehors. Nous donnerons ordre de nostre part que le sieur d'Ornano continuera de vous assister, et demeurera près de vous, estant bien content de la congnoissance que nous voyons que vous avez de son mérite, et de la confiance que vous prenez de luy. Car ceste mutuelle bonne créance qui estdeceulx qui sont gouvernez envers ceulxqui gouvernent est la meilleure force qui peult estrc pour la conservation de noz villes et provinces.Quant à la charge du gouvernement nous vous promettons bien que quand nous serons en estât de nous en debvoir resouldre,que nou^aurons bonneconsideration àce que vous desirezde nouspour ce regard, comme personnellement nous pourvoirons dans peu de temps a vous descharger de la garde du duc de Nemours, que nous cognoissons bien vous estre de grande peine et occupation ; mais il fault y continuer encores pourquelque peu de temps, dans lequel nous en ferons prendre la charge, et vous en deschargerons, et de la peyne et de la despense. Nous faisons au reste estât de vous,renvoyer dans peu de jours vozdepputez, leurs cahiers ayant esté fcy entièrement resofuz. Et sans que nous sommes contrainctz de Paire un voyage sur la frontière de Picardie, pour aller faire lever le siège qni a esté Orçys par les ennemys esîrangers devant le fort de la Cappelle, nous serions mesmes partiz dans 4 jours pour vous aller veoir; mais nous- espérons que nostre voyage ne sera pour cela différé plus de quinze jours, et que resd. ennemys se lèveront sans nous donner la peyne d'aller jusqUes à eulx. Qui est ce que nous vous dirons pour ceste foys, sinon pour vous asseurer de la continuation de laprosperité de noz affaires, qui ne se renouvelle point sans RâJi? 9ou venir que vostre hon exemple en a esté une des meilleures et premières causes. Donné à St Germain en Laye9 le: 3e jour de mars i594« Signe' HbwlT, plus la* Forget. Adresse : « A. noz très chers et bien amez les Consuls eschevins, manans et babitans de nostre ville de Lyon, «"— Celte lettne fiU repue le i^may parle sieur Prévost T/wme. S. Voyez ci-dessus au

avril* !••...• .,...>,. ,

♦59$. — Mai 8. Les députés de la ville de Lyon écrivent, de. Paris , au Consulat: '••>> S»: i'i>«>x. -c* •>; ,

« Voz Capitaiues du Chasteau et aultres qui méritent récompense ne

seront point oubliez par S. M., et recevront honnestes appointemens , dont nous vous ferons tenir les provisions, synous mesmes n'en sommes les porteurs..... Il y a des personnes de par de cà qui demandent, et aullres par devers vous qui envoyent demander recompenses , lesquelz ont plustost démérité. Partant, envoyez au piustost ung rolle de ceulx que vous juger mériter, sans port ni faveur. Car il s'est veu ioy ung rolle qui n'a esté gueres approuvé, et a donné occasion, au contraire, de nouscommander vous advertirquene mettiez trop en avant les suspeetz, et surtout que voz capitaines de

ville soient establiz non suspeetz Nous obmettons à vous advertir que ne

laissiez entrer dans la ville pour quelque temps l'advocat du Ferdier, quia esté icy recogneu vous avoir mys en trouble et monopole contre le deub de sa charge et service du roy, duquel il se diet officier... »

N« Le 1 5 juillet suivant, le Consulat écrivit à M. Ysambert, son avocat à Paris, pour le charger de défendre la ville dans l'affaire qu'elle avoit avec le sieur Antoine du Verdicr, sieur de Fauprivas, lequel, avant la réduction delà ville sous l'obéissance de S. M., pour subvenir aux affaires qui s'offroient journellement, avoit été cotisé à certaine somme raisonnable, par forme d'emprunt ; et quoique ce fut peu de chose, eu égard à ses facultés, et qu'il fut moins imposé que plusieurs autres, néanmoins, au lieu d'y satisfaire, il etott entré en conviées et injures contre quelques uns des échevins d'alors, d'où se seroit ensuivie sentence portant réparation honorable ; à quoi le sieur du Verdicr s'étoit rendu demandeur en révocation d'exécution, pour avoir été envoyé, de la part du côrps de ville,des soldats en sa maison, jusqu'à ce qu'il eût satisfait audit emprunt; mais ne les ayant nourris, ils avoient emporté ses meubles et les avoient donnés en gage à un hôtelier qui en étoit saisi jusqu'au payement de la dépense. Le sieur du Verdier avoit fait évoquer la cause à Paris. Le Consulat charge M. Ysambert de prendre soin défaire soutenir le bien jugé pour la réparation honorable ; car la sentence n'est que trop douce. Pour la révocation de l'exécution, cela seroit plus douteux, si de tout temps cela n'avoitetépratiqué aux urgentes affaires publiques. D'ailleurs S. M., par son édit de réduction, approuve implicitement tout ce qui a été fait, levé, pris et exigé de l'autorité du corps de ville, pendant les troubles, etc. S. Voyez cidessus au i3 janvier, et ci-après au 19 avril 1 5g5.

1594* Mai 9. Domenico d'Ornano, fils du Colonel, écrit de Septème , au Consulat pour l'instruire des excursions que les ennemis avoient faites aux environs de JBourgoin; ilz avoient pris à la Côte St André 20 chevaux de la Compagnie de son père, lesquels étoient là sur l'assurance de la trêve... « le voyage de ces Messieurs avoit été pour conduire 60 ou 80 mille écus que, au nom du roi d'Espagne, on avoit délivrés dans Milan pour le Marquis de St Sorlin.,... »

1694- — Mai 11. Lettre du Roy au Consulat : « De par le Roy:

« Très chers et bien amez , d'anltant que nous sommes conlrainctz de différer encores ung mois ou six sepmaines le voiage que nous avons délibéré de faire par delà, pour pourvoir tant au gouvernement que aux aultres* occurrences et affaires de nostre ville de Lyon , et qu'il est à craindre que les forces que noz ennemis rassemblent , n'entreprennent cependant quelque chose au préjudice de nostre service, si elles trouvent noslredite ville et la province desgarnies d'hommes de nostre commandement , nous avons estimé très nécessaire d'ordonner quelque personne de bonne qualité et suffisance requise pour avoir le commandement et auctorité principale sur toutes les forc«

qui sont aud. païs, et qui y seront cy-après envoiées. A quoy ayant trouvé très propre le sieur Alphonse d'Ornano , tant par la valeur, expérience et fidellitéqui est en luy, que pour le jugement que nous faisons que vous l'aurez plus agréable que nul aultre, parée qu'il nous a heureusement et ulillement assistez à l'exécution de la bonne resolution que vous avez prise de vous affranchir de la servitude de la Ligue et yous réduire en nostre obéissance, joinct que nous considérons qu'estant nostre lieutenant gênerai en Dauphinè, il aura tousjours moyen d'en tirer de bonnes forces pour vostre defiense. Nous avons résolu de luy commettre ceste charge, et lui en envoions présentement le pouvoir. Vous ayant bien voulu par mesme moyen escrire ceste lettre pour vous recommander de le recognoistre et luy obéir en tout ce qui concernera laditle charge comme à nous-mesmes, l'assistant etaydant de tout vostre pouvoir à Teffect d*icelle, comme chose qui n'a aultre but et objet que vostre propre bien et repos : et nous asseurant que vous n'y vouldrcz faillir, nous ne vous ferons ceste-cy plus longue. Donné hSt- Germain en Laye, le i ia jour de may 1594. Signe Henry, plus bas Forget. »

— N. Cette lettre fut remise au Consulat parle Colonel, le 5omai. S.

— Même jour 1 1 mai, le Roi écrit au Consulat: « De par le Roy :

« Trèscncrs et bien amez , avant que de partir de ce lieu pour nous acheminer en Picardie, nous avons voulu revoir voz depputez, et leur tesmoigner de bouche nostre affection et bonne volonté en vostre endroict , aflîn qu'estans de retour par de là , ilz vous en puissent asseurer. Pour ce qui reste à respondre aux articles et remonstrances qu'ilz nous ont donnez de vo?tre part, nous avons ordonné à nostre Conseil d'en prendre la charge, et d'y satisfaire, de façon que vous aiezaultant de subiet d'en demeurer contens, que la qualité du tems et de noz affaires le pourra permettre î h quoy nous nous asseurons qu'il n'y aura point defaulte. Et si, oultre ce que vous rapporteront voz depputez, vous desirez encores de nous quelque gratification, nous nous réservons à la vous faire, lorsque nous serons par de là, qui sera bien leplustost qu'il nous sera possible. Cependant nous vous exhortons et recommandons de persévérer tousjours au zele et dévotion que vous avez vouée à nostre service : et nous remettant à vozditz depputez des nouvelles et occurrences de deçà, nous ne vous en ferons ceste-cy plus longue. Donné à St- Germain en Laye , le n°jour de may i5g4. Signé Hehry, et plus bas Forget. » S.

— Même jour 11 mai. Lettre du Roy au Consulat : « De par le Roy :

« Très chers et bien amez, s'en allant le sieur de Trappes, conseiller en ma court de Parlement , à Lyon, nousluy avons permis de veoir le sieur duc de Nemours, et conférer avec luy pour certaines affaires qui peuvent apportci du bien à mon service. A ceste occasion vous ne ferez aulcune difficulté' de luy permettre de parler aud. duc de Nemours : et aurons bien agréable, au reste, que vous donniez aud. sieur de Trappes toute la faveur dont il vous requerra. Donné à St-Germain en Laye, le 1 1 may i594* Signé Henry, plus bas Forget. » S.

1594. — Mai 12. Lettres patentes du roi qui nomment Alphonse itOrnano, chef et général de toutes les forces qui sont et seront dans la ville de Lyon et aux pays de Lyonnois, Forez et Reaujolois, jusqu'à ce qu'il ait été pourvu à la nomination d'un gouverneur (en remplacement du duc de Nemours ). — Ces lettres furent enregistrées à la sénéchaussée de Lyon le 12 ^ensuivant ( B. de Lyon , rec. vert. t. 73)

I594. — Mai i5. La ville de Mâcon conclut sa reddition au roi. « On y

cria Vue le Roy ! avec grands applaudissements du pauvre peuple , qui, de longtemps, en avoit bonne volonté, mais estoit retenu parles chefs militaires qui vouloient traiter de leur composition.» L'abbé Sudan, Recherch., p. 3i ; Jrch.duRh. xn, 168.

1594» < — Mai 20. J^c sieur Julio Guidy, florentin , habitant et marchand à Lyon , depuis 20 ans, marié ep celte ville, y demeuroit avec son beau-père. Son {tfsrçjjnmbai-, cornette de la compagnie du marquis de Fortunasy setoit retiré du service depuis un an. Le Consulat leur fit signifier, la veille des Ba~ meaux , qu'ils eussent à quitter la ville. Julio étoit a ce moment, dans la chapelle des P évitent* dçpt il étoit membre, à essayer arec d'autres ungpassio en musique. Il se retira aussitôt avec son frère Annibal au lieu de Rochet appartenant sieur Alexandre Capponi , chç* un de ses bons seigneurs et amis. Il écrivit au Consulat le 20 mai , qu'il seroit demeuré paisiblement dans cette retraite, s'il n'étoit tourmenté par les affaires de sou commerce etpir des procès très importants pour lui. Il se seroit même, sans ces raisons, retiré dans sa patrie, et même à Florence, où on ne peut croire, d'après cette infortune, qu'il n'ait fait chose contraire à l'intention du grand duc de Toscane et à son devoir. Il supplie donc le Consulat, en reconnoissant son innocence

de lui permettre de rentrer a Lyon pour mettre ordre à ses affaires Le

Consulat, ajoute-t-il, peut se rappeler de son autre frère le Docteur, qui fut contraint de sortir de Lyon, lorsque la ville pritles armes la première fois; que les marchands florentins furent, pendant ces derniers troubles, traités colonie bigarrez ; que, le sieur de Rubys l'avoit fait sentir à sa maison en particulier,, ayant fait vendre son bien à l'encan sur la place des Changes, pour levée d'argent de la maison Guidy, quoique leur nation en fût exempte, etc. — Le 7 décembre suivant , le sieur Combet , commandant à Givors, informa le Consulat que , d'après son ordre, il a mjs de suite en liberté le sieur Julio Gr avée ses chevaux, armes et bagage. S.

1594. — Mai ai Publication à la Sénéchaussée et siège présidial de Lyon des Lettres du Roy sur la convocation du ban et arrière ban de la gendarmerie. (Impr. Ly ob , Jullier on et Ancelin, in-8% — - B. de Lyon, t. ?3 du n'<25aoi).

1594. — Mai 24. Le Parlement de Paris enregistre l'édit du roi sur la réduction de Lyon. — Nous reproduirons le texte de cet édit en tête de la huitième partie de nos Notes et documents, et nous tewijnerons ici la septième, persuadé que nos lecteurs la recevront avec J^Êle'nveitfenee qu'ils ont accordée aux précédentes. / \.'A \

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