BIBLIOTHÉCAIRE DE LA VILLE DE LYON
Des Académies de Lyon , Turin , Marseille , Dijon , Besançon , rte . rte. Vice-Président de la Société Littéraire de Lyon , Correspondant du Ministre de l'Instruction Publique pour les Travaux historiques.
LYON
IMPRIMERIE DE MOUGIN-RUSANI),
Halles de la Grenelle.
ll&toria quoquo modo scriplaileleclat.
Plin. Jiln. Epist. v, 8.
24 Mai 1594.
Sl'ITB OC BBQSB D'HENRI IV (2).
1694. — Mai 24. Le Parlement de Paris enregistre l'édit du roi sur la réduction de Lyon. — Voici le texte de cet èdit qui a été imprimé la même année à Lyon, par Guichard Jullieron et Thibaud Jncelin, in-8° de 32 pages, et qui a été inséré dans le tome VI de l'édition in-4° des Mémoires de la Ligue.
« Henrt , par la grâce de Dieu , Roy de France et de Navarre , à tous presens et à venir , Salut.
« Dieu qui, par ses secrets jugemens, souffre quelquefois l'iniquité régner pour un temps, a permis que ceux qui , sous le nom de la Ligue, et sous le prétexte de la religion catholique , se sont efforcez de s'emparer de ceste couronne et en chasser les vrays et légitimes successeurs, ayant formé, depuis quelques années en çà, une puissante et très-pernicieuse faction en ce royaume ; en laquelle , outre la pluspart des peuples dïccluy, et mesmes les hahitans des meilleures villes de ce dict royaume, qu'ils y ont sçeu attirer par leurs artifices et captieuses persuasions, ils ont faict entrer plusieurs princes estrangers, anciens ennemis de la grandeur de la France , dont à toutes occasions ils ont esté
(1) Ces Notes et Documenté, romjrW* en .nn«jciîfco partie do pièces inédite», font suite à ceux que l'auteur a publiés dans les Annliaxrts Nie Lyon de 4839 à 1844. * <2) Ce prince parvint a la couronnq jfe 2 «oui ,1589.» mourut le 14 mai 1610.
tellement assistez de moyens et de force qu'ils l'ont si bien csbranlée , qu'elle a esté fort proche de sa cheutte et entière ruyne. Mais, comme la providence divine qui gouverne toutes choses avec une justice et une sapience incompréhensible, après avoir enduré le mal jusqucs à certains termes et limites qu'elle luy a prescripts, le faict tourner à la condemnation et chastiment de celui qui a esté l'instrument : aussi , après avoirsouïïert, pendant Pespace de six ans, l'ambition et hypocrisie de la faction susdite, et les désordres, r uy nés , meurtres, saccagements , pilleries, sacrilèges et autres espèces de maux, dont ils ont comblé ce royaume, et iceluy rendu , du plus beau et fleurissant de l'Europe qu'il estoit , l'un des plus difformes, confus et misérables de toute la terre , elle a voulu enfin borner et limiter leur licence effrénée, et convertir à leur confusion et ruyne ce qu'ils tenoyent pour plus assuré fondement de leur imaginaire grandeur. C'est la faveur et assistance des peuples et bonnes villes de ce royaume , lesquelles ayant finalement, au moyen de noslre conversion à la religion catholique, apostolique et romaine , les yeux dessillés pour veoir que ladite faction n'estoit qu'une pure rébellion , et que les desseins des chefs d'icelle ne tendoyent qu'à l'usurpation et desmembrement de cesl Eslat , et y establir des dominations nouvelles, étrangères et lyranniques , à l'oppression et ruyne desdictes villes , et au grand scandale et préjudice de la vraye piété et religion catholique, elles ont prins pour la plusparl une bonne et salutaire résolution de se despartir de leur association , de recognoistre leur devoir à quoy Dieu et nature les obligent envers nous, et se réduire en nostre obéissance. Entre lesquelles noslre bonne ville de Lyon s'est acquis une gloire et louange qui passera à toute la postérité , et paroistra sur toutes celles qu'elle a jamais méritées , ayant esté des premières en cest acte de récognoissauce de nostre aucloritè , comme elle l'est en rang , opulence et grandeur, et non-seulement des premières en temps, mais aussi en sincérité de zele, et promptitude d'affection, ayant en cela laissé un exemple à tous les autres, qui recommandera et honorera à jamais leur mémoire. En considération de quoy noussentantaucunemenl obligez à luy faire, et à tous les ordres et estats, manans et habitans d'icelle, un traiclcment conforme à leur mérite , Nous de l'advis de nostre Conseil où estoyent les princes de nostre sang , bon nombre de prélats et autres grands et notables personnages, avons dict , déclaré, statué et ordonné, disons, déclarons, statuons et ordonnons :
I. Premièrement qu'il ne se fera en ladicte ville et fauxbourgs d'icelle et autres lieux du Gouvernement, deflendus par Pcdict de pacification faict en l'année 1577 , aucun exercice que de la religion catholique , apostolique et romaine. Et sont toutes personnes ecclésiastiques mises sous notre protection en la conservation de leurs droits , biens et revenus, dont la pleine main-levée leur est faicte, nonobstant toutes saisies, lesquelles nous révoquons et annulons. Et ayant esgard aux pertes par eux souffertes , et desirans gratiûer et favorablement traicter lesdils ecclésiastiques, les avons quitez et deschargez , quitons et deschargeons de toutes les décimes dont sont chargés leurs bénéfices , depuis le com-
mencemeut desdites preseus troubles , jusques au dernier jour du mois de décembre dernier passe.
If. Comme aussi nous révoquons et annulions toutes saisies qui pourroyent estre faicles , de présent et à l'ad venir sur les biens , oUices et beueficesde tous nos dicts subjecls de ladite ville et gouvernement , de quelque. qualité et condition qu'ils puissent estre , en vertu de nos dons, provisions et assignations à ce contraires, que nous voulons estre nuls et de nul effect.
III. Et parce que nous ne pouvons nous tenir plus asseurez de nos villes et de l'obéissance qui nous est deuë par nos subjecls, que par leur lidelitè et affection , en quoy nous sommes bien certains que ceux de noslre dicte ville persisteront , Nous déclarons aussi que jamais u aurons d'eux aucune de/fiance, ni désir de baslir autres citadelles que* dans leurs cœurs et bonnes volontez.
IV. Et sur la réquisition par eux faicle que toutes les forteresses occupées par nos ennemis, soit dans ledict gouvernement ou près d'iceluy , soyent démolies si tost qu'elles seront réduites sous noslre obéissance, nous déclarons que, icellcs estant recouvertes, soit par la paix ou autrement, y sera par nous pourveu au contentement desdicls habitans.
V. Et ne seront tenues autres garnisons en ladicle ville que de six cens Suisses , dont feront esleclion de si bons capitaines , et desquels auront telle asseurance que lesdicts habitans s'y pourront bien reposer. Et quant au payement desdicls Suisses , voulons et entendons qu'il soit faict par la mesme forme qu'il s'est faict cy deuant, et auparauant les presens troubles qu'il a esté besoing de tenir garnison en la dicte > ille-
VI. Seront les edicts et ordonnances soigneusement observées en la réception de personnes capables , et de la qualité requise ès bénéfices , ollices, charges et dignité? publiques.
VII. Voulons en outre que nostre grâce soit entière envers les dicts habitans. Promettons d'oublier tout ce qui peut avoir esté faict de l'auctorité du corps de ladicte ville depuis l'ouverture de ces derniers troubles jusques à leur réduction à nostre obéissance, contre nostre autorité et service , et au préjudice de nos ordonnances : sans qu'il en puisse estre faicle pour ce aucune recherche ou poursuite en gênerai ou en particulier, attendu mesmes la déclaration qu'ils ontfaicte, que ce qu'ils en ont faict n'a esté que pour la conservation de ladicle ville et religion. Comme aussi nous leur quittons et remettons tout ce qu'ils peuvent avoir prins , receu et exigé de nos droicts , soit en la douane dudict Lyon ou autrement. Et pour le regard de l'emprisonnement par eux fait de la personne du duc de Nemours , adouons qu'il a esté faict pour le bien et utilité de nostre service, et promettons de les en décharger et garantir contre qui que ce soit qui s'en voulust ressentir. N'entendons toutesfois comprendre au présent article ce qui a esté faict par forme de volerie et sans adveu , pour raison de quoy nous avons permis et permettons à toutes personnes de se pourveoir par voyes de justice : comme aussi sont exceptez tous ceux qui se trouveront coulpables de l'exécrable assassinat commis en la personne du feu roy noslre
très cher Seigneur et frère, que Dieu absolve , et de conspiration sur nostre vie : et pareillement tous crimes et delicts punissables entre gens de mesme parti.
VIII. Et parce que lesdicts habitans se sont plains à nous de plusieurs impositions , daces , et subsides qui se lèvent , soit dedans , soit dehors de ladicte ville , mesmes sur les rivières de Rosne , Saône et Loyre , en baillant par eux la déclaration , y sera par nous pourveu sur la revocation ainsi qu'il apartiendra. Et neantmoins des à présent, avons ordonné et ordonnons que s'il s'en faict ou levé aucune sans nostre permission, et sans nos lettres patentes, qu'elles cessent. Faisant deflenccs à toutes personnes de quelque qualité qu'elles soyent , sur peine de crime de leze majesté , d'entreprendre de faire aucune imposition sur les denrées et marchandises , ny levées de deniers sur nos subjecls sans nos lettres patentes , enjoignant à nos officiers d'informer de ceux qui en peuvent avoir abusé , et nous en certifier deuëment.
IX. Accordons neantmoins que commission soit expédiée aux Consuls et Eschevins de ladicte ville de Lyon pour la continuation de l'imposition qui s'exige sur l'entrée du vin, et ce pour trois ans advenir, à raison de quarante sols pour pièce tant seulement , si tant se peut monter le remboursement des deniers prestez et assignez sur icelle, dont voulons que Testât soit par eux baillé pour estre vérifié en nostre conseil. Et ordonnons à nos trésoriers généraux de commettre un contrerolleur sur la levée de la dicte imposition, à ce qu'elle ne soit continuée que pour lesdicts trois ans , et moins, si ledict remboursement peut estre plutost faict.
X. Voulons aussi que ce qui a esté payé par les receveurs généraux ou particuliers de nos finances , taillon , domaine et autres comptables, en vertu des mandomens et ordonnances des duc de Nemours, marquis de S. Sorlin, et l'arcbevesque dudict Lyon , soit passé et alloué en la despence de leurs comptes , en rapportant lesdits mandemens avec quictance des parties prenantes , et sans fraude.
XL Et neantmoins ordonnons que l estât des receveurs généraux soit verilié par nosdicts trésoriers, et par eux envoyé en nostre conseil, pour icelui veu , estre pourveu auxdicts receveurs sur le prétendu remboursement des deniers qu'ils dient avoi resté conlraincls avancer: et que le semblable soit faict pour les avances faicles par lesdicts eschevins au remboursement desquels sera pourveu avec préférence à tous autres.
XII. Avons aussi accordé et accordons la continuation de leurs privilèges des foires , comme aussi ceux des soyes et de la manufacture d'icellcs , et en or et argent, et tous les autres privilèges ci-devant concédez aux nations estrangeres, et entre autres celles concernant exemption des aubeynes , suivant l'edict de déclaration du mois de mars 1583 : le tout ainsi qu'ils en ont bien et deuëment jouy et jouyssent encores de présent. Et pour l'amplification par eux requise pour la constitution du pris des changes, ordonnons que ceux desdictes nations estranges seront préalablement ouys et appeliez.
XIII. Voulons pareillement que la jurisdiction du juge conservateur
soit maintenue selon son cstablissement , ainsi qu'il a cslè pracliquè jusquesà présent.
XIV. Et de mesme jouyront de leurs anciens privilèges pour l'exemption des tailles des biens roturiers desdicts habitans dudicl Lyon , suyvant l'arrest donné en nostre conseil privé le 26 d'aoust 1581 , comme aussi des privilèges d'exemption à contribuer au ban el arrière ban pour leurs fiefs et maisons nobles; le tout ainsi qu'ils en ont bien et deuëment jouy , etjouyssent encoresde présent.
XV. Et parce qu'il a esté vendu de leurs biens situez au pays du Daupbiné , mesmes par aulborité de justice pour le paiement des tailles et impositions : voulons de grâce spéciale qu'ils les puissent racbepter et rentrer en iceux , faisant remboursement du pris pour lequel ils ont esté vendus , ensemble des frais et loyaux cousis , et ce dans six mois précisément.
XVÎ. Plus avons confirmé et confirmons les privilèges d'annoblisse^ ment octroyez par nos prédécesseurs roys aux esebevins de noslre dicte ville, leurs enfants et descendais, tout ainsi qu'ils en ont bien et deuëment jouy etjouyssent encores de présent.
XVII. Et parce que , pour la nécessité présente en laquelle se trouvent nos affaires , sommes contraincts remettre la bonne volonté qu'avons au soulagement de ceux du plat pays dudict gouvernement , pour les gratifier aux années suivantes, leur avons accordé et accordons quanta présent la descharge de tout ce qu'ils peuvent devoir pour le passé eu quelque sorte que ce soit, pour cause des tailles et arrérages dicelles , jusques au dernier jour du mois de décembre dernier.
XVIII. Et pour autant que plusieurs saisies ont esté faictes de nostre autorité sut les debtes et faculté/ des marchans négocia ns en ladicte ville , nous leur accordons main-levée générale de toutes lesdictes debtes et facilitez saisies. Et pour le regard de celles dont l'on prétend que nous soyons servis, en baillant Testât particulier d'icelles , avec les justifications nécessaires , y sera par nous pourveu.
XIX. Et pour le regard de nos officiers , tant de finance que de judicature et autres de ladicte ville et gouvernement, qui ont été pourveuz de leurs offices par nos prédécesseurs roys , estans en exercice , seront maintenus , et les autres remis et restablis en leurs charges et dignilez , sans payer finances , et sans prendre de nous autres lettres de confirmation que le présent edict. Et quant à ceux qui se trouveront avoir provision du duc de Moyenne, par mort ou résignation de ceux de mesme party , icëllcs rapportant leur seront expédiées nos lettres de provision , sans payer finances.
XX. Et parce que ce qui a esté faict par les eschevins de nostre dicte ville, mettant hors d'icelle aucunes personnes suspectes , a esté par nous trouvé bon pour le seur reslablissenient d'icelle sous nostre obeyssance , avons déclaré et déclarons approuver et agréer tout ce qui a esté faict , et que nous approuverons ce que par cy après en sera par eux faict , nous asseurant qu'ils ne le feront qu'avec bonnes raisons. N'entendons que les expulsez de la dicte ville à la forme que dessus , puissent y rentrer, sinon avec la permission du gouverneur qui y Fera
de nostrc part , et par l'advis qu'il en prendra desdicts eschevins. Et ncantmoins voulons et ordonnons que lesdictsabsens jouissent de leurs biens , et que leurs estats et offices , et les gages et droicts d'iceux leur soyent conservez , sans que pour leur dicte absence ils soyenl exeluds de la grâce générale par nous faicte à ladicle ville , et qu'il soit aussi dérogé à l'ordonnance faicte parlesdicts eschevins, sinon qu'il y eust exception particulière par déclaration expresse de nostre volonté.
XXI. Et outre, voulons et ordonnons que nul habitant de ladicte ville, de quelque privilège, qualité et condition qu'il soit , puisse estre exempt des charges, emprunts, subsides et impositions, guets et gardes d'icelle , fors et excepté les ecclésiastiques pour le guet et garde tant seulement. Et quant à nos officiers commensaux , voulons qu'ils soyent exempts de toutes autres charges et subsides, sinon du guet et garde.
XXII. Et finalement, pour plus gratifier lesdicts consuls et eschevins, leur avons accordé et accordons la conliuuation des dons et octrois à eux accordés par nos dicts prédécesseurs pour la levée des cinq espèces de menus subsides , et ce durant six années prochaines venant, sauf à leur continuer par après s'il y eschet.
Si donnons en mandement à nos amez et féaux , etc.
Donné à Sainct Germain-en-Laye , au mois de may , Tan de grâce mil cinq cent quatre-vingt-quatorze, et de nostre règne le cinquiesme. Signé Henry. Parle Roy estant en son Conseil, signé Forgcl. » — Cet édit fut publié en jugement de la seneschaussée et siège presidial de Lyon , le mardi 21 juin 1594.
1694. — Mai 26, mercredi. * Fut prins prisonnier le vicomte de Chamoys, qui gouvernoit Toissay, et mené à Lyon le vendredy suivant, avant la Pentecoste, et fut mis prisonnier en l'archevêché. » Jrch. du Rh. XII, 168, Voyez ci-après au 3 novembn 1595.
1594. — Mai 26. Les échevinsde Màcon et M. de Farennes-Nagu écrivent au Consulatqu'ilsavoientélé avertis que la principale raison pour laquelle le sieur du Troncy, ancien secrétaire de la ville, étoit détenu aux arrêts en sa maison, étoit qu'il les avoit voulu dissuader de se rendre à l'obéissance du roi. Ils assurent qu'ils n'ont eu du sieur du Troncy aucun conseil à ce sujet ni par écrit ni de vive voix par un tiers; ainsi ce seroità tort qu'il seroit arrêté pour semblable grief, n'ayant jamais connu ledit sieur, par ses écrits ou autrement, que très affectionné au repos et bon rapport entre Lyon et Màcon ; encore qu'ils désireroient bien sa liberté si autre chose ne le dètenoit, ils prient le Consulat de vouloir y pourvoir, selon sa sagesse et prudence ordinaire, et de croire que les bienfaits qu'il en recevra, ils les tiendront comme faits à eux-mêmes. — A cette lettre est jointe la suivante écrite de la main du sieur du Troncy à l'un des échevins non désigné, et sans date :
« Monsieur, je ne sçay plus à qui recourir si non à vous, pour le bon et doux naturel que j'y ay remarqué ; car encores que j'aye cest honneur que d'avoir quelques alliez en voslre compaignie, si est-ce que je les
ay rccngneu si froidi en ceste mienne aniiction, que je n'ose m'enhardir de 1rs employer; timens pati repulsam (1). Ce que je désirerois m'est re octroyé, est de pouvoir aller servir Dieu, en la congrégation des fidelles catholiques, de fréquenter mes amis par 1rs rues , et aussi (2) en leurs maisons, et de faire ma charge de controolcur du domaine du Roy. La communauté de celte ville tient ou possède tout mon bien qui lui serv ira de caution que je n'allenleray jamais chose contre son repes, comme, par la grâce de Dieu, je n'ay jusques icy faicl, ainsi que mes actions du passé en doivent rendre vray et loyal tesmoignage. Soyez doneque, je vous en supplie, Monsieur, favorable et cjcorable en ceste mienne très humble et très juste requeste, et je demeureray vostrv bien humble et très affectionné serviteur, Du Troncy. »
1594. — Mai 27, après midi. Le Consulat étant assemblé en la maison du sieur de Couve t, M. le colonel d'Ornano fait le récit de son voyage en Bombes, d'où il a ramené et conduit en celle ville le vicomte de Chamois, qui commandoit dans Thoissey et qui avoil élé fait prisonnier par les troupes royales le 24 de ce mois. — Lesquels sieurs échevins délibérant sur le lieu où il seroit plus sûrement gardé, ont arrêté de le faire conduire dans les prisons de V Archevêché, en une chambre haute qui a été préparée à cet effet, et là ne lui permettre autre compagnie que de son valet de chambre ; et pour sa garde se sont rapporté audit sieur Colonel, d'y mettre quatre hommes à son choix, deux desquels coucheront en sa chambre, et deux dehors. — Ce fait, le sieur Colonel a rapporté avoir plusieurs avis, tant en conférant avec ledit vicomte de Chamois que par autres voies, môme par lettres du sieur de Lesdiyuières, lesquels se sont trouvés conformes à ceux que lesdits sieurs échevins en ont eu aussi, concernant les entreprises des ennemis, et l'armée venant de Milan et Savoye; pour ces causes et autres ils ont advisé qu'il étoil nécessaire d'envoyer par devers le Roi, homme de créance pour avertir du tout S. M. — Le sieur prévôt Thcmé prié de s'en charger, l'a accepté pour partir le lendemain, et ledit sieur d'Ornano et lesdits échevins lui donneront d'ici là les mémoires desquels ils désirent S. M. être informée.... S.
1594. — Mai 29. Lettre de M. de Torvéon au Consulat : « Messieurs, je vous escrivis lors de mon despart d'hors , où je m'eslois rendu, et avois demeuré quelques jours par voz adviz, que je m'en allois au Roy, pour, en personne, luy rendre le debvoir qu'il pouvoit attendre d'un bon et fidelle subject : ce que, avec l'aydc de Dieu, ayant faict, par le serment de fldellité que j'ay presté à S. M., soulz sa protection, et par sa permission, je me suis retiré en ceste mienne maison, attendant voz commandemens, desquels je me rendra? toujours
(t) Expression d'une bonne latinité. Voye* Ovide, Meiam. Il, 97, et l'Hymne à la Vitrge du 8 décembre , où on lit :
Fer nostra Nato vola : tristem Non palitur genitrix repulsam.
(2 M. Suilan a lu non an lieu d'aussi, et plus loin exorateur nu lion d'exorabh.
curieux observa leur. Je vous supplie donc, Messieurs, m'honorcr d'iceulx, et croyre que, par mes eflects et desportemens, je rendray certain lesmoignage de la vérité de mon serment et du désir que j'ay de servir S. M. et ma patrie avec la fidellitéel affection que doihl faire un bon subject et patriotte, qui demeureray tant que je vivray, et en général et en particulier quelque part que je puisse cslre, Messieurs; voslre humble et obéissant serviteur. De Torvéon. à Colongçs , ce 29 may. » — M. de Torvèon écrivit encore de Colouges, le 1 A novcmbi'c, pour solliciter son rappel à Lyon, le motivant sur ce qu'il éloit fidèle sujet et officier du roi, déclaré tel par S. M, , et encore sur les dangers qu'il avoit à courir, à cause des troupes et de leurs courses, etc. — Le Consulat lui répondit que les mêmes raisons qui avoient empêché sa rentrée à Lyon, suhsistoient encore $ que le roi en avoit depuis, par plusieurs fois, raffraichi son commandement ; que les dangers éloient moindres à ce moment que les troupes de M. le connétable tenoient en sûreté la province. Enfin le Consulat l'invite, à prendre encore quelque temps patience , en lui donnant à entendre que la présence de S, M. sera le soleil qui dissipera tous les nuages parmi lesquels ses sujets s'étoient tellement écartés du droit chemin; que si elle difléroit son voyage à Lyon, o'éloit faute de pouvoir s'y rendre si soudainement qu'on eut bien désiré. S»
1594. Mai 31 . Le Consulat au Roi (1) :
« Sire , ces jours passez nous avons renvoyé par devers V. M. le sieur prévost Thomé, sur les grandes occasions qui nous convient de recourir a elle par les menées des ennemys^ Depuis , M. le colonel (VOrnano nous a foict veoir les patentes du pouvoir qu'il a pieu à V. M. luy donner pour le faict de la guerre ez provinces de Lyonnois , Forez et ReaujoUois , et aussi les lettres qui les accompagnoient , contenant le retranchement de Pauctorité que luy promcltoient dans cesle ville les lettres que luy et nous en avions heu par ledit Thomô , pour la conférer à M. de Bellièvre avec le faict de la police de ceste ville. Vostrc intention , Sire, a esté de pourveoir à tous les défaults de conseil et de force que votre voyage de Picardie nous a causé ; et la nostre est de vous obeyr fidellement ; mais M. le Colonel nous ayant déclaré ne vouloir accepter le dit pouvoir ainsi limité , et qu'il s'en va en Dauphiné assister à la tenue des Estatz du pays; et voyant que la venue du dit sieur de Bellièvre, qui ne nous sçauroit estre que salutaire , n'empeschera point que nous ne demeurions sans gouverneur, sans capitaines et sans moyens pour résister à l'ennemy qui vient fort, et ne tardera guères à se présenter à nous , nous avons estimé que le bien de vostre service et nostre conservation requèrent de vous en donner advis par le mesme exprès , contrainetz que nous sommes par cette seconde recharge aux très-humbles supplications que le dit Thomé, tant par noz lettres que par sa créance, aura faict de nostre part à V. M. , cl que ce soit son bon plaisir d'envoyer au dit
fl) On lit sur le dos de celle dépêche qu'elle ne fut pas envoyée , el en effet , e'esl la iottre même qui devoit être adresse r nu Uni. S.
sieur Colonel déclaration sy ample qu'il ne nous habandonne et délaisse à la mercy de» énnemys , comme nous serions en ce cas ; joinct que le sieur de Trappes qui csl icy arrivé puys deux jours, se fait ouyr que, ontr'aultres choses, V. M. a accordé à Mgr de Nemours le gouvernement en nom et titre ; chose qui estant divulguée, mettra infailliblement tout le peuple de la ville et des champs en désespoir; Yeu néanmoings que Ton ne veult accorder aulcune tresve ny suspension d'armes , qu'en payant de si grosses sommes de deniers, qu'il nous est impossible d'y fournir. Et cependant les courses et ravages continuent, ayant eu les ennemys l'entrée de la ville de Saint-Rambert en Savoye , depuis quatre jours , où ilz ont pris et enmené ez forts qu'ils tiennent au pays de Dombes pour 800 ou 1,000 escus de marchandises venant d'Italie , que noz concitoyens et quelques estrangiersavoient faict retirer audit Saint- Ratnbert , pour ne les oser commettre en chemin. Nous avons entendu que certaines personnes ont voulu faire mal sonner contre nous quelques articles qui furent publiez en ceste ville contre ceulx dé la nouvelle opinion , combien que nostre intention n'ayt jamais esté de nous attribuer l'auclorité qui ne nous appartient pas, ny d'en faire exécuter aulcune chose; ains seulement d'assoupir par ce moyen le trouble excité et la sédition ja commencée qui estoit pour nous perdre; ayans \es prédicateurs ei tous ceulx qui encores lors estoienl imbuz du venin de la Ligue, piins occasion de publier que nous avons chassé les" Suisses, parce qu'ilz estoient catholiques pour en appeler d'aultres de contraire religion , et donner force à lestablissement du presche* avec ceta que ceulx de ladite opinion qui estoient revenus , avoient par leurs scandales , donné quelque subject aux aullres d'en parler de la façon , et que de jour à aullre l'on voyoit rentrer plusieurs mesnages qui /de longues années , s'esloient retirez hors le royaulme. Desjà , au commencement de nostre réduction , les mesmes articles furent une foys résolus, et par l'&dvis de M. le colonel d'Omàno et de M. le président de Saiml^jndré * qui avoient icy la force et le conseil pour réprimer les boule feux >■ la publication en fut su^ctsidée (?). Mais nous supplions 1res humblement V. M. de croire qoe l'en voy des Suisses et les aultres scandales suscottez ayans aiusi aigri la cause qui nous avoit m eu de projeter lésa1 ils articles, nous forçaient depuis de les faire publier, desnuez que nous estions de toutes forces pour contenir les seditieulv: dont est procédé que les plus mal affectionnez seroient demeurez sans réplique, an poinct qu'ils estoient de se servir de l'occasion; jaçoit que pour tout cela il n'en soit reussy autcun eflect d'exécution , efqil'il n'y ayt homme que l'on puisse plaindre: ce que nous escripvismes incontinent à nos députez et depuis à M. de Vie , pour faire entendre à Y. M. les mesmes considérations que nousluy représentons encores pour tesmoignage de nostre innocence , et nous conserver la mesme part en ses bonnes grâces , dont il luy a pieu de nous honorer tousjours; et sur l'espéranceque nous avons de nous en rendre dignes par toutes noz actions, nous continuerons noz prières envers Dieu , qu'il luy plaise , Sire, en heureuse prospérité vous donner longue et contente vie. De Lyon, ce dernier jour de may 1594 — Voz très humbles, trdsobeys-
sans et très ûdelles subjeclz , les Consulz eschevins de la ville de Lyon. Signé Thomk.» — L'adresse est simplement au Roy. S.
1594. Mai.... — Edit d'Henri IV portant confirmation des privi^ léges des foires de Lyon. Recueil de Barbier, p. 197. Voyez ci-après septembre 1595.
1594. — Juin 2. Lettre dn Roi au Consulat ;
« De par le Roy : — Très chers et bien aimez , congnoissant le besoing que nostre pays de Lyonnois a d'estre aydô de forces qui soient ordinairement prestes pour servir à la 'conservation d'icelluy selon les occasions qui s'en peuvent offrir, nous avons volontiers accordé une compagnie de gens d'armes au sieur de Chazeul, pour le congnoistre gentilhomme de valeur , affectionné à nostre Service et au repos parti culierde vostre ville et de la province: nousasscurant qu'il rendra lad, compagnie telle, et la tiendra en tel estât qu'elle sera toujours des premières prestes à bien servir là où elle sera employée, en îuy donnant moïens de l'entretenir, comme il est bien raisonnable: que pour co? qui est des moïens destinez à Pentretencmcnt des gens de guerre qui y feront service , nous escrivons au sieur d'Ornano, aflïn qu'il luy en face desparlir pour la me<me somme qui est faicteaux autrescompagnies de semblable qualité; et vous avons voulu aussi faire la présente, à ce que vous y apportiez toute la facilité que pourrez, comme chose qui regarde le bien de nostre service et la seureté de la province; et nous asseurant du contentement que vous aurez d'y eslre assistez dudit sieur de Chazeui, pour vous inciter à luy moïenner eu cela tout bon traictement, nous ne vous ferons sur ce la présente plus longue. Donné au camp devant Laon , ce ijejour de juing 1594. Signé IIexri, plus bas Revot.v S.
1594. — Juin 6. Les sieurs Laurens et P)laillon , députés en Cour , revenans à Lyon, écrivirent au Consulat le 6 juin, qu'ils étoient arrivés à Moulins, en la compagnie de MM. de Bellièvre et de Fie. Ils prient les échevins de se pourvoir pour cttacun de ces seigneurs d'un logis commode, séparé l'un de l'autre, et assez rapproché de la place du Change , depuis l'église de S. Jean jusqu'à S. Paul. M. de Bellièvre désireroil pouvoir être logé en sa maison rue des Trois-Maries , près du Grand Palais , et s'il y avoit des inquilins , qu'ils puissent être logés ailleurs (1). Quoiqu'il en soit, que chacun ait son logis meublé à son arrivée, en lieu bien aéré et allègre. Le sieur cto Fie auroit assez de trois à quatre chambres meublées. — Les députés espèroient se rendre le surlendemain mercredi a Roanne, où avec les dits Seigneurs ilsseroient conduits par le plus d'escorte qu'il sera possible , parce qu'ils ont été bien avertis que les ennemis se rassembloient de toutes parts pour leur courir sus, et qu'ils faisoient un gros de 300 chevaux au moins. Ils prient donc le Consulat de mettre sur pied 100 ou 120 chevaux pour
M) Les sieurs Thomas Bartholy et Antoine Mey occupoicnl alors la maison de M. <f ■ Bellièvre ; ils s'empressèrent d'oblompércr à son désir , et allèrent loger à la Baleyne . dans la maison de M. Dvn? , conseiller au parlement de Grenoble. Voyez les actes consulaires du 14 juin.
le moins , les plus lestes qu'il se pourra , et sans bagages , bien armés , avec quelques arquebusiers à cbeval , en sorte que ledit jour mercredi, ils puissent être à temps auprès de Roanne. S.
1594. — - Juin 11. Les sieurs Laurens et Pulailhn écrivent au Consulat :
« Messieurs , Dieu nous a faicl la grâce d'estre icy arrivez en saulvelé, et d'y avoir rendu M. de Bel lièvre,. quoy que g ries veinent malade, qui tousjours ha voulu gagner le pays, et se rendre en sa première patrie qu'il monstre aymer plus que soy-mesmes. Nous espérons partir de ce lieu et nous acheminer à vous demain, à deux, heures après midy. Vous pourvoyiez à ce qu'il soit reçu selon son degré et mérite, fi se relire eu la maison de M. (le Langes , en attendant sa convalescence. Quant à M. de Vie , pourvoi rez à ce qu'il soit traicté de logis comme cy-devant. Et attendant vostre joyeux accueil , Messieurs, nous vous donnons le bonsoir. De La Bre&le, ce lundy 11 juin 1594. Signé Laurens
Ci POLAILLON. »
Le même jour , ils^écrivirent encore au Consulat :
« Messieurs , après vous avoir ce soir despeché le sieur Genou , pour se rendre demain aux portes ouvrantes à Lyon , le maistre de la poste de ce lieu nous est venu esveiller sur l'heure de minaret, et nous Ira baillé la vostre tant recommandée, dattée de ce jour mesmes 11e juin, à 7 heures du soir. Pour responsc à laquelle, vous dirons que de ceulx dont vous escripvez , il n'y a aultre en noslre troupe sinon les sieurs Thierry , Dubuisson et de Roddes , et n'estions si mal advisez que de les souffrir entrer parmy nous , dont les avions advertiz despuis Moulins, à ce qu'ils en attendent premièrement vostre resolution commune; et sur nos remonstrances , M. de Bellievre a trouvé qu'il falloit , avant que de resouldre sur leur entrée , attendre l'issue du faict de M. de Nemours. Partant reposez-vous pour ce poinct , et faictes neantinoings bien observer ez portes, aftïn que nul se puisse glisser avant , lors ou après nostre arrivée... De La Bresle, ce 11 juin, jour de samedy , à l'heure de minuit. • S.
1594. — Juin 1*2. M. de Bellièvre étant arrivé à Lyon avec le pouvoir d'y commander, les membres de la senecl.aussée et siège prôsidial de Lyon se présentèrent à son logis, et M. BaWiazar de nilars, lieutenant général de cette compagnie, lui fit un compliment qui se terminait ainsi : «. ..Nous vous offrons tout ce qui peult dépendre de nous, soit en l'administration de la justice, soit comme particuliers citoyens. Nous vous représentons nos voluntez et nos cœurs comme des tables d'attente prestes à recevoir les commandements de Sa Maieslc, qui serviront tousjours de règle à toutes noz actions; et encor pour vostre service parliculier, Monsieur, vous apportons toute servitude et obéissance. » Mssde ta B. de Lyon, n° 1439. Voyez ci-dessus au 12 mai.
1594. — Juin 14. M. Benoist du Troncy présente reqneste au Consulat pour que les deffenses à luy faites de sortir de sa maison soyent le-
vêes. — Le Consulat luy permet d'aller librement par )o ville laut pour l'exercice de sa charge de contrôleur que pour ses aullres affaires, sans tirer à conséquence en aultre chose, nonobstant toutes ordonnances et deffenses cy-devant faites. S. Voyez ci-dessus avril 1554, ci-après au A avril 1602.
1594. — Juin 17. M. Thomé écrivait du camp de Cerny, aux échevins de Lyon :
• Je m'eslonne fort que vous ne m'ayez escrit comme vont les
affaires de par deçà, pour en tenir le Roy adverty, car il ne croit que le mal soit tel que je luy représente. Il n'a jamais rien emporté sur l'en nemy depuis que je suis icy, qu'il ne soit allé à l'église faire chanter un Te Deum. Il n'est jour que je ne luy aye ven ouyr la messe. Le jour du Corps de Dieu, il fust à la procession du S. Sacrement, et à l'octave de mesmes; et, au partir de là, les armes sur le dos, et le premier de sa troupe à la guerre; et vous peux dire avec vérité que sa us luy, mardy, l'cnnemy jettoit du secours dans Laon, mais il s'y opposa luy Irentiesme, allant à l'escarmouche, attendant que ses troupes suisses arrivent. 1! a esté jour cl nuict à cheval. Nous dehvons louer Dieu d'avoir ung prince dévot et valeureux comme il est. Son armée se fortifie tous les jours; elle abonde en vivres et joye. Cela me console fort.. S.
1594. — Juin 21. Publication à la sénéchaussée et siège présidial de Lyon de l'éditdu roi sur la réduction de celte ville. Voyez $upray au 24 mai.
1694. — Juin 24. Lettre du Roi au Consulat :
t De par le Roy. — Très chers et bien amez , nous avons receu les lettres que nous avez escrittes par le Prévost Thmé, lequel nous a aussy faict entendre ce que loy aviez donné charge nous dire de vostre part : le lieu et l'action où il nous a trouvez occupez, a esté cause que nous n'avons plustost peu le renvoyer : mais le peu de retardement ne pouvoit préjudicier aux affaires pour lesquelz vous l'aviez despesché vers nous. Car lorsque nous veismes la nécessité de nostre venue en ce païs, tel que vous aurez peu entendre , et nostre voyage en voz quartiers d'aultant reculé, nous eusmes le soing, attendant qu'en puissions reprendre les erres, et nous rendre sur le lieu, de pourvoir à la conduite des affaires de delà, de façon que vous aurez eu toute occasion de vous en contenter , et que nous espérons que l'effect en ensuivra conforme à nostre désir qui a le mesme but que le vostre, de tendre riar tous les moyens à vostre soulagement et repos; ayant, pour ce qui touche le faict et commandement des armes, donné la charge au sieur (VOrnano, nostre lieutenant-general en Daulphxni : et pour le surplus des affaires, tant de la justice et police que des finances, nous avons attribué Tauctorite et superintendance au sieur de Belliévre, l'un des premiers de nostre Conseil d'estat, et des plus recommandez de probité et suffisance, duquel les roys noz prédécesseurs se sont longtemps serVys en leurs plus sérieux et importans affaires, comme aussi nous faisons, et ne l'eussions voullu csloigner d'auprès de nous, sans le désir que nous avons de voir bienlost quelque bon règlement pour le soulagement du
païs aux desordres que le temps a produits par delà, speeiallement en ce qui regarde les finances, aflin qu'elles soyent employées aux despences plus nécessaires, el avec le meilleur mesnagc que faire se pourra, comme nous sommes asse lirez qu'il y apportera tout le soing et regard que sera possible : oultre ce, sur les advis qui couroicnt des préparatifs el desseings que les ennemys faisoient de ce costé là, mesmes les estrangers, nous escrivismes à nostre Cousin le Connectable qu'il travaillast à réunir noi serviteurs et forces de delà, et que avec icelles estant joinctes, si lesdits ennemys enlreprenoient quelque chose, il y apportait tout le secoure et confort qu'il pourroit pour les empeseher eu attendant noslre venue, et combien que nous croyons que lesdits sieurs Mlièvre et d'Ornano n'omettront aucune chose de ce qu'ilz pourront, chacun en ce qui luy est par nous commis pour satisfaire à nostre intention susdite, si est ce que nous leur en faisons encores de présent à tous une recharge fort expresse, escrivant speeiallement à nostred. Cousin, sur ce qu'il avoit mandé avoir résolu de partir à la fin du mois pour nous venir trouver, que nous avons pour agréable qu'il s'achemine au plustost avec des forces, mais qu'il s'entretienne dans le ^vqra<>,et nousattende en ces quartiers-là, pour s'emploier cependant avec tout ce qu'il pourra assembler de forces de noz provinces voisines , là où le besoipg se présentera pour nostre service, et trouverons bon que, l'occasion s'en présentant de vostre costé, vous vous adressiez à luy pour y subvenir, selon les moïens qu'il en pourra avoir; vous asseuranl neanlmoings sur l'espérance que nous avons d'avoir bientost une bonne yssue de ce siège avec l'ayde de Dieu, que nous ne tarderons longuement après à faire nostre voïage devers vous, comme nous y sommes très resoluz, de sorte que les ennemys n'auront grand loisir d'y faire effort qu'ilz ne nous vojent bientost prés d'eulx pour les en empescher, et donner tout le remède à nos incommoditez qui nous sera possible. Et parée que le Prévott (1) nous a dict que vous trouvant courts de moïens pour satisfaire aux despenses de la guerre , vous seriez d'advis de faire un emprunt sur les absens, nous vous dirons que, par raison, vous pouvez prendre sur eulx tout ce que se pourra recouvrer de leurs moïens et facullcz, puisque c'est pour soustenir la guerre de laquelle ilz sont cause avecd'aultres : mais quant à ceulx qu'on a mis hors la ville après le serment de tidctlité, el qui se contiennent sans faire chose qui y soit contraire, il nous semble estre expédient pour le bien et la restauration de la ville, au lieu de nonrlr les animositez, de tascher à les esteindre, et advancer tant qu'on pourra une bonne et entière réconciliation, ïoutesfois en l'urgente nécessité des affaires, il n'y a point de plus grande justice que de secourir le public par quelque moïen que ce soit , de façon que nous nous en remettons en ce particulier, à voz prudences avec le bon conseil, advis cl auctorilé desdits sieurs de Bellièvre et d'Ornano ; vous promettant que nous approuverons et validerons ce qui sera ainsi faict pour ce regard : qui est tout ce que nous pouvons dire pour
(t) Le sieur Tftomé. Voyez ci-dessus au 27 mai.
ceste heure. Djiiné au camp devant /, n i, le xxim* jour de juing 1594. Signé Henry, plus bas Revol. » S.
J5J94... Juillet 4. Le sieur Thomé présentement arrivé de Cour, remet au Consulat les lettres du roi du 21 juin; il fait le récit de son voyage et le rapport (Je ses poursuites. S.
1594. — Juillet 7 . Le duc de Savoie au Consulat :
k Messieurs les Eschevins, j'ai sceu la prise du vicomte de Chamorj sur mes estais, et trouverois cest acte fort estrange sans Tesperance que j'ay que vous le remettrez incontinent en liberté, pour ne donner aulcune altération à nos capitulations, et à moy occasion de respecter aussy ma! ceulx des vostres qui passeront sur mes estais avec leurs marcha ndises. Je vous prie de n'ouvrir cesto porte si mal à propos, et vous ass Mirer parce moyen d'une bonne voisinance de mon costé, faisant relascher ledit vicomte comme mal pris; et vous m'obligerez au revanche en aultre occasion. A lant je prie N, Si' qu'il vous ait, Messieurs les Eschevins, en sa saincle garde. De Turin, le vij juillet 1694. Vostre bon amy. Emmànnuel. » S. Vovez au 26 de ce mois.
1594. — Juillet U). François Humblot, un des plus beaux esprits, des plus doctes et des plus pieux personnages de son siècle , prend l'habit de minime dans la province de Lyon, où il exerça avec {applaudissement le ministère de la parole de Dieu. D. Calmet, Biblioth. de Lorraine, p. 532.
1594. — « L'an 1594 , le sabmedi 10° de juillet % entre onze heures et minuit, nasquil à CorniUum (\),Jnne, septième des en fans de Claude d'Ogerolles de Thelis (2), escuyer, Seigneur de Couveres et de CornWiQn, et de demoiselle Jeanne des Serpens, sa femme. Et depuis, le 9 aousl , veille de S. Laurent , il fut baptisé à Roane, par le cure du lieu, et nommé Anne, à cause de madame Jnne de Clievricre, dame de S. Polgue , douairière. Sa prétendue marraine et ses parreins furent deux pauvres enfans cl une pauvre fille, et fust baptisé en haste. » — La note qu'on vient de lire se trouve en marge d'un manuscrit des poésies de Christine de Pisan, décrit par M. Paulin Paris, tome V , p. 178 et suiv., des Manuscrits françois de Ja B. du Roi, Voici deux autres notes marginales de ce manuscrit, que nous croyons devoir reproduire :
« Luletia seditionum mater etiam et hodie primas partes tenet inter sçeleratos illos Unionislas contra Henricos lertium et quarlum reges. 1594. »
« Anno post Christum natum millesimo quingenlesimo sexagesimo secundo , obiit Ludovicus d'Ogerolles (3) , dominus de Couveres , paler
ï • <• 'in' ■ • . . • .,
(1) « Château fort et baronnie dans la paroisse de Saint- Paul-en-Cornillon , en Forez. » Abmanach dt Ly m, pour 1740.
(2) « Nom d'une parcelle de la paroisse de Bourg-Argintal t en Forez, o Même Almanach.
(3) Jean d'OgsroUes , imprimeur à Lyon de 1530 à 1560, était probablement de la même famille.
îù
meus. Eum haerclici qui bus erat inimicissimus , catholieaî religionis acerrimuin defensorem , occiderunt, expugnala urbe Monlisbrisonensi , quamobsederant. Eadcm bac causa, die et loco, occisus est cliam FrancisciLsdc Thelis, avunculus meus, dominas de Forges et Cornilhon (!) ».
1594. — Juillet 13. Lettre do Roy au Consulat :
a De par le Roy. Très chers et bien amez , continuant en la volonté que nous vous avons dcsjà faict entendre , de nous acheminer en voz quartiers, hientost après l'yssue du siège que nous tenons devant cesle ville, laquelle nous espérons bonne et briefve avec l'aydede Dieu; nous avons advise de renvoyer devant le sieur de Chevricres, aûn d'estre plus prest avec sa compagnie et aultrcs forces qu'il pourra assembler , tant de soy que par le moïen de ses amis , pour nous faire service , quand nous y serons arrivez ; comme nous renvoyons pareillement le sieur de la Pic à mesme lin : et avons bien voulu avec l'occasion de leur retour , vous asscurer de nouveau par la présente que, incontinent que nous serons délivrez de cest affaire, dont le retardement que nostre dit voyage reçoit de la longueur qui y est intervenue , est le plus graifd regret qu'elle nous apporte , nous ne perdrons aucun temps à nous mettre en chemin pour nous rendre par delà le plustost qu'il nous sera possible; ainsi qu'avons donné charge au dict sieur de Chevrières le vous confirmer de nostre part, lequel vous fera aussi entendre toutes autres nouvelles de deçà, comme ayant eu une bonne cognoissance de ce qui s'y est passé, pendant qu'il a demeuré près de nous. Donne au Camp devant Laon, le 13e jour de Juillet 1594. Signé Henry ; plus bas , Revol. » S.
1594. — Juillet 26. « Le mardy, jour de Saincte Anne , M. de Nemours qui estoit prisonnier dans Pierrc-Scizc , se sauva au-dessus d'une feneslre où il y avoit un treilliz de fer muré , regardant contre un pont qui va vers le Greillon , et se déguisa en l'habit de son valet de chambre, portant sa terrasse où il faisoit ses affaires, et laissa en son lit un sien serviteur , et S'en alla ledit duc de Nemours à Fienne. Àrch. du M., XII, 168.
1594. — Juillet 26. Le Consulat au duc de Savoie : « Monseigneur , encores qu'en la prinse du sieur vicomte de Chamou il n'y ait rien de nostre faict particulier, pour avoir esté prins en guerre par les gens de Mgr de Monlpensier ', qui le font garder en cestc ville , dans les prisons du Roy , du vouloir de cculx qui ont pour S. M. toute l'auclorité et commandement en icelle , toutesfois ce a esté de nostre debvoir de vous faire response tant pour esclaircir par bonnes attestations que nous vous envoyons présentement, que ledit vicomte de Chamoy a esté prins dans le pays de Dombes , quoique l'on vous aye faict aultrement entendre, que pour vous dire que quand nous en
(1; Voilà, pourra t on me dire, des documents d'une bien mince importance. "Je répondrai avec M. Paulin Paris: « Si 1a ft\n\\\\c d'Ogerolies existe encore, elle m;* <« saura gni d'avoir tenu compte de ces notes marginales; car c'est là, du moins en « France , le privilège des sontiments monarchiques qu'on a toujours mis au rang des « souvenirs do famille les plus honorables. »
avons parié aux gens de M. de Monlpensier, ils se sont plainlz grandement de voz troupes qu'ils disent avoir toujours favorisé leurs ennemys , et meSmes qu'elles se sont aydé à prendre la ville de Lent, en Dombes; et que la pluspart du bulin a esté transportée a Bourg~en- Bresse. Neantmoings, Mgr, nous vous remercions très humblement de l'offre qu'il vous plaist nous faire de continuer vostre bon voysinage duquel nous avons bien tousjours faict estât , veu mesmement que , depuys nosire réduction soubz l'obéissance du Koy, votre parole nous en a esté donnée , et les articles de ce signez par Messieurs de RoclulU et de Ba$ties vozdcpputez* renouvelée et confirmée par les lettres que culx et aUltres de vos officiers nous en ont consécutivement escript, Jins comme ainsi soit que» de nostre part» nous serions neclz de tout reproche de contravention à cela» et que nous y ayons si bien veillé que l'armée du Roy qui fusl en ce petit pays de Dombei, conduicte par M. d'Ornatw , et les garuisotis y eslablies du depuys , ne se sont jamais advancé d'ung pas sur ce qui est do voi estais, nous avons tant plus d'occasion dé nous plaindre à V. À< du peu de debvoir que les gouverneurs » ministres et officiers en Savoye et en Bresse , ont mis à maintenir ses promesses, * » i < < car Ils ont heu noz plaintes diverses foys des fréquentes voleries et prises faiclesrierc voz terres, de nos concitoyens et aultres marchands , voyre mesme des commis italiens venant en ceste ville; ils ont veu prendre sur les chemins , et mesmement dans vostre ville de S. Rambérê , les marchandises qui Venoient pour ceste place , lesquelles ils ont laissé transmarcher en leur présence là où Ton a voulu : encore y en a-l-il dans la ville de Bourg que Ton ne peut recouvrer. Hz se sont entremis aux compositions des rançons , et de ce mal se sont laissez aller à ung plus grand, qui a esté que nous avons veu de voz garnisons venir à ('improviste courir quasy jusques à nos portes, blesser et offenser ceulx qu'ils rencontroient en advantage. C'est pourquoy , à nostre très grand regret , nous avons esté contrai ne tz de nous eslendre en ce discours, sçachantbien, Mgr., que vous estes plus jaloux de l'entretenement et exécution de voz promesses que nous ne scaurions désirer , et que , quand il vous aura pieu considérer combien nous avons esté religieux en l'observation des nostres, vous pourvoi rez incontinent, comme nous vous eu supplions très humblement , à ce que le mal advenu soit rcpâfè , et qu'il soit obvié à celuy qui pourroit désormais succéder, faisant entretenir le commerce libre , et la traicte des dettrééS que voz subjeetz ont et recueillent riere Voz terres , tout ainsi que nous maintenons (cS vostres en toute seurté et liberté pour ce qui les concerne dans ce royaulme; à quoy il est besoing, s'il plaist à Y. À. que son auctorité intervienne au plus tost; car à peine ju qu'à ce jour avons nous peu tirer de vos ministreâ et officiers une responce de bon augure , à ce que nous leur en avons escript. Nous finirons en cest endroict par prier Dieu , Monseigneur , qu'il vous conserve en longue prospérité. De Lyon, ce 26 Juillet 1594. • S. Voyez ci-dessus au 7 de ce mois.
1594. — Juillet 27. Lettre du Consulat au Roi :
« Sire , Depuis que Dieu nous feit la grâce de nous réduire soubz
vostre obéissance, nous avons continuellement escript à Y. M. , et envoyé personnes expresses vers elle , pour lui représenter avec combien de difficulté , M. le duc de Nemours csloil icy gardé. Dieu a permis que lorsque vostrcdile Majesté a pensé y avoir mis un meilleur ordre, il s'est sauvé ainsy que plus particulièrement M. de Bellievre vous a escript. C'est nous principalement que ce malheur regarde , Sire, cncores que nous soyons contraincls de confesser que toute la France ne peult qu'en recepvoir ung grand dommage; mais puisque c'est chose advenue , la plus saine resolution que nous avons peu choisir a esté de faire tant plus de cœur, que nous regognoissons noz nécessitez qui sont telles , que s'il ne plaist à V. M. y venir en toute diligence; nous craignons que voslre service en cesle ville , et en toutes ces provinces circonvoisincs recoipvc un grand coup; car encores que nous soyons résolus d'y employer vies et biens , si est-ce que le mal a esté sy long , que sy les remèdes qui consistent en la seule présence de V. M. ne sont promptement-appliquez, nous ne voyons pas de pouvoir longuement subsister, estans environnez de tant d'ennemyz et de forces, etc. » — La réponse du roi à celte lettre a été imprimée, et se trouve ci-après au 4 août S.
1694. — Juillet 27. Lettre du Roi au Consulat :
«De par le Roy : Très chers et bien amez, l 'assurance qui nousa cstée donnée de bonne part de la bonne volonté que ung nommé itojnuM/f, qui cstoit eschcvin lors de la réduction de vostre ville en nostre obéissance, a de nous rendre la ûdellilc à laquelle il se recognoist naturellement obligé, nous donne toute occasion d'user en son endroict de ung doux et favorable traictement , comme nous avons faict envers tous cculx qui sont revenus à ce debvoir. C'est pourquoy ayant entendu que , après la réduction de vostre ville en nostre obéissance , on s'est asseurè de sa personne et luy a on baillé sa maison pour prison, ou il est encores détenu; nous vous avons bien voulu faire la présente, comme nous escrivons particulièrement aux sieurs de Bellievre et oVOrnaiw, à ce que vous regardiez par ensemble à le mettre en liberté , en recevant préalablement son serment delidellité, et luy faisant faire toutes les autres subraissions pour ce requises; nous promettant , selon qu'il nous a esté, comme dicts est, :isscuré qu'en le faisant, il se montrera si bon et lidel subject , que non seulement il nous donnera occasion de le tenir pour tel , mai6 aussi d'avoir tout contentement de ses actions et desportemens. Donné au Camp devant Laon , le xxvij0 jour de Juillet 1594 . Henry , plus bas , Bevol. « S.
1494. — JuUlel 29. Le Consulat écrit de nouveau au Roi pour l'engager à venir au plus tôt à Lyon. Cette lettre se termine ainsi :
« Dieu nous fasse la grâce de nous pouvoir rendre entre les bras de V. M. avec nos murailles et nos bonnes volontez : pour à quoy parvenir , nous n'espargneronstous noz biens, noz veillées et noz propres vies , soubz la conduicte de Mgr d'Ornano , lequel , à la bonne heure, se trouva encores icy quand la nouvelle vint que M. de Nemours s'estoit saulvê; car s'il en eust oslé hors , comme , certes , il cstoit sur
le point de monter à cheval pour s'en aller aux estats de Daulphiné, nous ne savons ce qui fut advenu en ceste ville. Aussy , cognoissant bien, qu'en meilleure occasion , il ne pouvoit rendre service à V. M. , et que, en luy seul , consistait toute l'espérance de voz bons subjeetz et serviteurs , il y est demeuré » S.
1594. — Juillet 30. Le duc de Nemours au Consulat : « Messieurs, depuis qu'il a plu à Dieu plus par providence que par l'entremise de aucune personne qui vive , me délivrer de l'estroitle captivité où j'estois reduict, j'appelle à la justice si mes intentions et principaulx désirs ont esté aultres que de luy en rendres grâces , par une generalle oubliance des oultrages et injures faicts à ma personne , et non par la rigueur et vengeance que quelques envieux de ma prospérité et de vostre repos ontindiscrettement publié par vostre ville. De quoy, pour rendre ung chacun cappablc, et pour témoigner, voyre aux plus petits, combien mon humeur est plus disposée à la paix et douceur, que au sang et ruine du peuple, j'ay pensé vous escrire la présente pour vous asseurer que à Dieu seul j'ay remis avec la conduite de mes actions , la souvenance de tout ce qui s'est passé , sans en couver en mon ame aucun ressentiment ny maulvaise volonté , ainsy que plus facilement vous pourrez croyre par la déclaration que j'en ay faicte à M. de rie 9 et par l'offre que, en gênerai et en particulier, je fais à ung chacun de vostre ville , de les gratifier et favoriser en tout ce qui sera et dépendra de son pouvoir , soit en tresve ou en guerre , sans que aucun aye occasion de se plaindre et douloir de moi , qui, par tous les honnestes moïens du monde rechercheray , Messieurs , toute ma vie vostre amitié avec la volonté de demeurer vostre plus affectionné amy à vous servir. Charles E. de Savoye, De Vienne , le 30 juillet 1594. »
Le Consulat répondit le lendemain au duc de Nemours : « Monseigneur, nous jugeons par la lettre qu'il vous a pieu nous escripre depuis que Dieu a permis vostre évasion, qu'il n'a point tant faict pour vous en vous délivrant de la prison du Roy le plus chrestien et le plus magnanime de la chrestienté , qu'en vous inspirant ceste bonne intention que vous protestez avoir envers nous, qui n'avons jamais pensé à vous faire ny souffert vous estre faict aulcung injure ; mais seulement à servir nostre Roy , en conservant nostre liberté soubz l'obéissance que nous lui debvons. Cella aussy , avec ce qu'il vous plaist nous promettre présentement , et à tout le pauvre peuple tant affligé , nous faict espérer que Dieu vous fera persister en ceste bonne volonté , et que vous en manifesterez les effects , et qu'il nous fera la grâce de pouvoir vous rendre le service que nous desirons vous faire tousjours , en tant que le devoir que nous avons au Roy et à nostre patrie le pourra comporter , de la mesme affection qu'après vous avoir très humblement baisé les mains , nous prions Dieu , Mgr , etc. A Lyon , le dernier de Juillet 1594. » S.
1594. — Juillet 31. Séance consulaire. Sur le rapport fait qu'une grande partie des ecclésiastiques mal affectionnés au service du roi , sont armés contre leur profession , vu môme qu'ils sont exempts de
guet et garde , et que ci-devant, il leur a été enjoint de 1 autorité de leurs supérieurs de soy désarmer , et qui plus est , il y a des particuliers qui font des trames contre le repos de cette ville , il est ordonné que , pour obvier à tout scandale que les mal aQectionnés pourroient sur ce mouvoir, il sera procédé avec connoissancc de cause. — M. le doyen de Chalmazel, et M. de Chaslon appelés, s'offrirent tant pour faire vuider la ville à ceux qu'il sera jugé nécessaire , que pour désarmer les autres. S.
1594, — Août 1er. Le duc de Nemours au Consulat : * Messieurs , j'ay esté fort aise d'avoir veu pur voslre lettre que vous recepviez les offres de mon amitié que je vous ay taictes. J'espere que les effecls vous rendront tesmoignage de la vérité de mes paroles , et pour cest effect je vous renvoyé et à Messieurs de Bellievre et ÛOrnano le trompette , par lequel ou par le sieur d'Estrappes , je vous supplie que je sois demain résolu de voz intentions sur la suspension d'armes que je vous ai proposée, et du lieu où nous assemblerons noz depputez pour faire une plus longue tresve. Etsy, par fortune, c'estoit cbose qui n'estoit pas désirée de vous autres Messieurs , et que la guerre vous soit plus agréable , j'en auray le regret , et le pauvre peuple , qui ne peult
mais de tous les troubles , recepvra le mal J'en seray excusable
devant Dieu et les hommes : et attendant vostrc response , je prieray Dieu , etc. De Henné, ce 1er août 1594. Chaules L. de Savoie. «
Le Consulat répond au Duc :
«Mgr, vous scavezassez que personnes de nostre condition ne demandent que de vivre avec l'amitié d'ung cliascun soubz un règne paisible ; mais vous sçavez bien aussy que comme ce mot de règne suppose ung souverain , et que de luy despend le faictde la tresve ou de la guerre que vous présentez par vostre lettre que nous receusmes hier par le trompette, nous ne pouvons aultre chose en cela que d'en laisser faire à M. aVOrnano , qui commande icy pour le Roy. Nous vous remercions neantmoings des offres de vostre bienveillance qu'il vous plaist nous continuer, Dieu nous face la grâce de pouvoir vous rendre service quelque jour; quoy attendant, nous prions Dieu, etc. De Lyon, ce 2 aoust 1594. » S.
1594. — Août 2. Pierre Allard, conseiller du roi en la sénéchaussée et siège présidial de Lyon, prononce dans la chapelle des Pénitents- Blancs, Y Oraison funèbre d'Henri M. — Imprimée la même année , à Lyon, par Thibaud Ancetin , in-8.
« .... Il y a à la vérité, dit l'orateur, cinq ans aujourd'huy que, par un extresme malheur, ce grand roy nousa esté ravy : mais on a estimé qu'il vaut mieux tard que jamais luy rendre ce devoir que le malheur
du temps nous a fait différer au grand regret des bons François »
Après avoir parlé de l'assassinat d'Henri III, Pierre Allard s'écrie : « .... — C'est après ceste playe ; c'est après ceste mort que nous* avons plus recogneu les perfections de ce grand roy , et de quelle importance nous estoit sa conservation. On ne sent que vaut le soleil sinon en décembre ... » Voici la fin de ce discours : «... Concluons en un.
mot, puisque le temps nous presse , que n'avons sçeu savourer le doux miel de ce grand roy, sinon après son decez, au fiel de l'amertume de laquelle nous a faicts héritiers sa déplorable mort. Et puisqu'il a pieu à Dieu l'appeler, et que nous ne pouvons dire de luy sinon qu'il est bien heureux , ressuyons les larmes dont nous avons arrosé sa mémoire, et ne lui envions ceste vie éternelle, n'ayans regret en sa félicité. Il a faict comme le nocher, lequel, après avoir esté longuement asservy à la tourmente , comme un Ulysse ou un jEnée , est arrivé à port pour enlrer au séjour préparé pour les belles et pures ames. Nous le gratiÛerons donc de cest abord au céleste havre de grâce , et de la troisiesme couronne qu'il y a receuë après les deux qui environnoyent sa teste en ce monde. »
A la suite de cette belle Oraison sont des Versus cronici d'Allard , sur Henri III, accompagnés de stances en vers français adressées à l'orateur par un anonyme. Voyez ci-dessus au 21 décembre 1 575 , et ciaprès les Publicalious de 1601.
1594. — Ami A. Lettre du Roi au Consulat (1) :
« De par le Roy. Très chers et bien amoz, nous avons receu avec beaucoup de déplaisir la nouvelle que vous nous avez envoyée de l'évasion du duc de Nemours, en laquelle nous ne doubtons point que vous ne vous soyez soigneusement informez, s'il n'y a eu que la seule imprudence, et mauvais soing de ceux qui en avoyent la garde : ou bien s'il y auroit en cela quelque chose de pis. La première consolation que nous avons eue sur ceste nouvelle, a esté de voir que vous n'en avez pour cela le courage plus demis, au contraire qu'il n'en est que plus eslevé et confirmé à ce qui est de votre conservation et deffence, pour laquelle vous pouvez estre bien asseurez, que nousemployerons tout notre pouvoir etnostre propre personne; ayans beaucoup plus appréhendé la peine et de l'appréhension que vous auriez de cest accident, que non parce qu'il en peust advenir aucun mauvais événement. Car encores qu'il soitplain de toute mauvaise volonté envers nous et vous en particulier, nous l'erapescherons bien de la pouvoir exécuter, et estimons que ceste évasion sera plus à sa mauvaise fortune que non pas à incommodité de nostre service ni de vous mesmes. Car avant que nous ayons employé pour luy faire la guerre les gratifications que nous lui voulions faire, nous espérons l'avoir réduit à tel estât qu'il n'aura aucun moyen de nuire. Ce que les siens de deçà prévoyent et jugent bien, et nous ont depuis mesmes son évasion fait recercher de le vouloir recevoir en nostre bonne grâce, mais quoy qu'il en advienne, vous pouvez estre bien asseurez que ce ne sera jamais pour avoir authorité et commandement sur vous. Nostre résolution était bien de nous acheminer devers vous incontinent après ce siège, mais nous y sommes encore plus confirmez par ceste nouvelle, et serions dès à présent partis pour commencer ce voyage, n'estoit que nous sommes contrains de faire une course sur ceste frontière, pour la recognoistre et juger mieux de la provision qui
(l) Prise sur l'imprimé, Lyon. Thib. Ancelin et Guich. JulUcron . 1501, in -8 , H, de Lyon , tome III du n ' 2.14 15.
y sera nécessaire contre les efforts qu'y pourroyent faire les ennemis, pendant qu'ils nous en sentiront absens : et afin de faire ce voyage plus légèrement, nous n'y menons point nostre armée que nous faisons tousjours acheminer devant, sur le chemin que nous avons à faire, faisant estât d'estre de retour à Paris dans le vingliesme de celuy-cy, et à vous dans le quinziesme de l'autre, et y arriver si bien accompagnez, que le duc de Nemours , ni ceux qui l'assistent tant dedans que dehors , ne seront point en peine de nous venir au-devant, estant bien résolus de faire nous-mesmes cest office, et de les trouver en quelque part qu'ils soyent, si entre cy et là, ils ne prennent meilleure résolutiou. Soyez donc soigneux de vostre conservation et de vous préserver de surprises ce peu de temps qui reste jusques à ce que nous soyons de par delà : car y estant nous vous en deschargerons, et en voulons le principal soing pour nous. Vous serez cependant secourus du sieur Dornano, auquel nous escrivons présentement de ne partir point de nostre ville de Lyon, que nous n'y soyons arrivez , et qu'il diffère à ceste occasion le voyage qu'il avoit pensé de faire en Dauphiné. Vous aurez le sieur de Bellièvre , les bons et sages conseils duquel vous seront fort utiles. Nous escri pvons au reste à nostre cousin le Connestable, que s'il voit que les forces estrangères s'approchassent de vous, qu'il se mette entre elles et vous avecques les siennes; de sorte que entre cy que nous arrivions il ne vous peut arriver aucun inconvénient par la force, n'y ayant rien à craindre que les surprises et pratiques qui se pourroyoient faire dans ladicte ville : à quoy nous sommes asseurez que vous veillerez encore plus que iamais, comme il est aussi bien nécessaire. Mais cela estant , avons ferme créance, que bientost vous serez délivrez de l'appréhension et du mal raesmes , avec l'aide de Dieu qui continue par sa grâce de favoriser de sa bénédiction nostre labeur, qui est heureusement réussi au siège de cette ville , de la capitulation de laquelle nous vous avons cy-devant donné ad vis; vous l'aurez maintenant ici de Teffect et accomplissement d'icclle; et sçaurez comme le mesme jour que les assiégez en sortirent, nous eusmes lanouvelleque ceux de lavilled'Amiens avoyent fait sortir de leur ville le duc de Mayenne avec honte, rigueur , et si mauvais propos, qu'il a eu faveur de s'en voir dehors. Ils se sont au mesme temps déclarez pour notre service, et attendons auiourd'huy leurs députez qui nous en viennent porter les asseurances, et faire le serment de leur fidélité et obéissance. Nous sommes asseurez que cet exemple sera suivy par la ville de iteaurais etquelques autres. Ce qui nous confirme d'entreprendre nostre voyage devers vous plus volontiers , laissant ceste province qui étoit la plus intéressée, maintenant quasi la plusnellcet asseurée de toutes les antres : et ayant l'esprit à repos de ce costô, nous le vous porterons plus libre, pour le donner du tout à ce qui sera de vostre bien et conservation, laquelle vous pouvez estre asseurez que nous affectionnons de tout notre cœur, comme vous le cognoistrez bientost par effect: qui est ce que nous vous dirons pour cette fois. Escrit au Camp de Laon , ce iiij6 jour d'aoust 1594. Signé Henry, phis bas Forget. »
1594. — Joût 13. « Fut traîné sur une charrette sans roues, un nommé Chazelles, de Forest, par Lyon, pour une conspiration sur la-
dite ville de Lyon, fut pendu et estranglé, et sa leste mise sur la porte du pont du Rhosne. — Arch. du Rh., Xlï, 168.
1694. — Août 20. M. de Thenissé au Consulat]:
« Messieurs, je n'useray de grands discours pour vous rcmonslrer que le maulvais traicteinent que faictes recepvoir à M. le vicomte de Chamoys, dans vostre ville, ue se doibt, et est contre tout droict de guerre et de la courtoysie que debvons aux affligez. Mesurez-vous, Messieurs, je vous prie, et sçachez que jusques icy, j'ay laissé passer librement les basleaux chargez de bleds et aultres marchandises qui alloient à vous; ce qui ne sera plus. Ains, à l'imitation des aultres ses amys, je traicteray tous ceulx qui me viendront entre les mains, en cruel ennemy, jusqu'à ce qu'il reçoive le iraictement de vous que vous ne pouvez luy refuser par raison. Adieu.... Tukmssé. A Thoyssé, ce 20 «ous< (1594).» S.
1594. — Août 22. Séance consulaire. M. le trésorier Scarron dit que le Consulat avoit honoré M. /V. Scarron, sou fils, jeune homme, docteur en droit, de YOraison de la S. Thomas prochaine; que son fils étant allé à Paris, y a été retenu et employé par le Conseiller Scarron, son oncle, qui l'a fait promouvoir à l'état de substitut de M. le Procureur général au Parlement. Ainsi il ne se pourra trouvera Lyon à la S. Thomas prochaine et s'acquitter de ce devoir, à moins qu'il ne vienne exprès. Il prie le Consulat de l'en vouloir excuser pour cette année, et de vouloir aussi lui faire l'honneur de le lui conserver pour
Tannée prochaine Le Consulat arrêta qu'il y sera délibéré, et,
dans sa séance du 15 septembre suivant, il chargea Pierre Matthieu, avocat, de prononcer la harangue doctorale. S.
1594. — Août 24. « Fut mis prisonnier le capitaine Bayard, penon de rue Neuve, le Baron et ses fils, et plusieurs autres, pour une conspiration que Ton disoit eslre avec le duc de Savoye, et disoit-on que ilz vouloient faire venir des gens sur des radeaux sur le Rosne. » Arch. du /tt., XII, 168.
1594. — Août 24. Lettre du Roi au Consulat :
« De par le Roy. Très chers et bien amez, Nous vous cscrivismes par le courrier qui avoit esté despesché pour nous porter la nouvelle de l'évasion du duc de Nemours, comme après le siège de Laon , nous estions résolus de faire une course sur la frontière, ce que nous avons feict, et par les eflects, il se peut bien iuger qu'elle n'a pas été inutile, ayant pendant icelle recouvert et assuré la ville d'Amiens , qui estoil le principal subiect de nostre voyage , qui n'y a esté que fort bien employé, estant ladicte ville l'une des principales clefs de ce royaulme et qui nous estoit beaucoup importante : nous avons aussi par mesme moyen conclud et arresté la réduction de notre ville de Beauvais, et celle de Neuf-Chastel; et par ce moyen , de la plus brouillée et confuse que estoit ceste province, nous espérons la laisser aussi nette qu'aucune des autres; ce qui nous met l'esprit fort à repos pour ne penser plus qu'à nous acheminer vers vous. Nous sommes de retour ce jourd'huy en
ceste ville, nous y séjournerons trois ou quai rc jours pour oràon lie, des provisions nécessaires à cesle frontière, et de la distribution des forces que nous y laisserons. Celafaict, et sans plus nous occupera vecnostredicle armée à aucun effect, nous la ferons de ce lieu acheminer droit à vous, et pendant les premières journées qu'elle fera, nous ferons un tour jusques à Paris, pour pourvoir seulement h sa sûreté et conservation, et y voir et reconforter nos bons serviteurs, pour incontinent retourner nous joiudre à nostre armée, et aux meilleures journées que nous pourrons, et sans nous arrester en aucun lieu, nous rendreà vous, ce que nous espérons faire dans le vingt ou vingt-cinq du prochain, et arriver eu si bon estât que nous vous pourrons préserver de tous les mauvais desseings de nosennemis, que nous sommes bien advcrtis estre très mauvais et des préparatifs qu'ils font pour les exécuter. Car oullre les advis que vous nous en av ez donnez et ce que nous en a rapporté le sieur de Vie, qui est icy, nous en avons encores d'autres d'ailleurs, par lesquels leur mauvaise volonté nous est assez congnuë , laquelle nous ne leur pouvons pas empescher. Mais Dieu aydant, nous leur en empescherons bien les eûects, mieux que nous espérons qu'ils ne feront ceux de nos bons et justes desseings. Nous avons avec nous une bonne provision d'artillerie, de poudre et munitions, et tous autres équipages nécessaires pour expédier quelque chose de bon. Vous n'avez à penser sinon (pour ce peu de temps qui vous reste d'iey à nostre arrivée) de vous tenir bien soigneusement sur vos gardes et d'observer diligemment qu'il no demeure rien dans la ville qui puisse estre suspect de mauvaise intention, n'y ayant rien tant à craindre que les pratiques et les surprises : pour lesquelles éviter il vaut mieux y procéder avec un peu plus de rigueur, que, en connivant, se mettre au péril de se perdre. C'est ce que nous vous dirons pour ceste fois. Donné à Compiègne le xxiiije d'aoust 1594. » — Imprimée, Lyon, Th. Jncelin et Guich. Jullieron, 1594 , in-8. B. de Lyon, tome 3 du n° 23415.
1594. — Août 26. Le duc de Nemours au Consulat : « Messieurs, vous me donnez tous les jours de nouveaux sujetz de changer la résolution que j'avois prinse de vous mouslrer toutes sortes de courtoisie où je vous pourrais obliger; et ouvrez la porte à de nouvelles indignitez dont on n'a jamais traité les prisonniers de guerre, ny ceulx qui sout de la qualité des sieurs vicomte de Chamoys, de Basoches, de For limas et aultres qui sont prisonniers, afin que mes amys les mettent sur ceulx qui sont prisonniers de vostre parly. Je vous prie faire cesser ces ignominies, et leur donner une plus douce prison, aultrement vous me forcerez à la discourtoisie, et je vous feray veoir les moïens que j'ay de vanger mes amys, et de nuire à mes ennemys Et sur ce, Unissant, je demeureray votre plus affectionné à vous servir. Charles E. de Savoye. De Vienne, ce 26 août 1594. » S.
1594. — Août 27. « Passa par Lyon les compagnies des sieurs Gouvernet, Maçon* Alphonse, du Soleil et autres qui s'en allarent pour se saisir des forteresses à Pcntour de ceste ville, allarent contre Vienne, et prindrent tous les forts jusques audit Vienne, qui ne vouloient recevoir
personne en leur fort, et se rendirent à la veue du canon. » Arch. du Rh., XII, 169.
1594. — Août 29. a Le marquis de Trefforl et Batonfon entrèrent avec quelques Suysses eu Dauphiné, la nuit, et firent leur première retraite, et de là, à tienne. » Arch. du Rh , XII, 169.
1594. — Septembre 1. «....Sur les deux heures du malin, fut faict un grand tonnerre, et tomba la foudre sur la sentinelle qui estoit au puits à'Esnay, et de là s'en passa au corps de garde des Suysses 9 tua un desdits Suysses et en blessa deux. » Arch, du Rh.t XII, 169.
1594. — Septembre 3. Lettre du Roi au Consulat :
« Nos amez et feauls, en attendant que bientosl, si Dieu plaist, nous soyons en nostre bonne ville de Lyon, nous avons donné charge au sieur de Beiloy, inaistre d'hostel, de vous en asseurer de nostre part, et vous dire la diligence dont nous usons à pourvoir à tout ce qui est nécessaire tant pour nostre frontière de Picardye que aultres lieux, aflîn qu'il n'y arrive point d'inconvénient pour nostre absence. Remettant doneques sur ledit sieur de BeUoy tout ce que nous vous en pourrions escrire davantage , nous prions Dieu qu'il vous ayt, noz amez et feaulx, en sa saincte et digne garde. Escrit à Monceaux, le iiije jour de septembre 1574. Henry, plus bas Ruzé. » S.
1594. — Septembre 7. Lettre du Roi au Consulat :
De par le Roy : Très chers cl bien amez , le sieur de Malèzicux nous a faict entendre que , après la réduction de vostre ville en nostre obéissance, il a esté mis hors icelle pour quelques considérations qu'il n'estime estre pertinentes de luy avoir faict ce traictement, estant nostre serviteur comme il est, et en ayant rendu de si bonnes preuves en plusieurs et diverses occasions qu'il n'y a subject d'en doubler, nous escrivons au sieur de Beilièvre, que nous avons envoyé de delà, que s'il n'y a bien suffisante occasion de l'avoir mis hors de ladite ville, et que sa demeure en icelle ne trouble vostre repos, il moyenne envers vous qu'il y puisse retourner, comme nous vous prions en ce cas de consentir, puisqu'il est assez recogneu pour nostre serviteur , et qu'il n'y peult avoir en ce faict que quelques insterestz particulliers , lesquelz il a prorais de donner de sa part et se comporter en ladite ville en sorte queung chacun en aura contentement, sur l'asseuranceaussy que on ne luy voudra donner occasion de faire aultrement, comme il est nécessaire pour le bien de nostre service que chacun oublye ses interestz particulliers, afin de ne renonveller ce qui pourroit altérer vostre repos, lequel nous serons bien aysc de veoir de plus en plus asseuré, et y apporterons à ceste fin volontiers ce qui dépendra de nous. Donne à Monceaulx, le vij° jour de septembre 1594. Signé Hknry, plus bas Forget. » À. M.
1594. — Septembre 11. Henri /f écrit aux échevins de Lyon : « Chers et bien amez, encore que nous soyons venuz en ce lieu pour nous rafreschir des peines endurées, tant au siège et à la prinse de nostre ville de Laon, que à la Visitation de nostre frontière de Picardie ^
nostre voyage toutcsfois n'apporte aucun retardement à celuy que nous avon9 de long-temps résolu faire en nostre bonne ville de Lyon. Car nous avons ce pendant envoyé en nostre ville de Par?5*tous les seigneurs de nostre Conseil et de nos finances, pour acheminer tous les préparatifs nécessaires pour ledict voyage, et dés demain nous partirons de ce lieu pour y aller nous mesmes, à la fin que nostre présence haste ce qui est encores à faire, et lève toutes les diflicultez qui s'y pourroyent opposer; car nous y sommes plus disposez , résolu/ et affectionnez que jamais. Cependant vous avez maintenant, comme nous croyons, nostre cousin le Conncstabîe qui vous assistera et favorisera en tout ce que vous aurez de besoin, attendant nostre arrivée qui sera , nous vous asseurons, le plustost qu'il nous sera possible, et n'y perdrons une seule heure de temps. Pryant sur ce nostre Seigneur vous avoir, chers et bien amez, en sa saincte et digne garde. Escript en nos déserts de Fontainebleau, ce xi° jour de septembre 1594. Signé Henry, et plus bas Ruzé.» (Imprimée à Lyon par G. Jullieronel Th. Jncelin, 1594 , in-8 de 5 p. B. de Lyon, T. 3 du n° 24415.) S.
1594. — Septembre 12. « Dame Marguerite Passy , veuve et tutrice de ses enfants et de feu noble René Laurencin , fut obligée en février 1589, de quitter la ville. Elle se relira avec ses enfants en sa maison de la Susserie (?) . en Beaujolais, et fut taxée par les échevins d'alors à 2,000 écus. » S. — Voyez ci-après au 23 juillet i 602.
1594. — Septembre 20. Lettre du Roi au Consulat :
« De par le Roy. Très chers et bien amez, les continuelles instances que vous nous faictes de nous acheminer par de là, nous augmente bien le desplaisir de ce que nous ne nous y retrouvons portez dès maintenant, parce que nous jugeons bien que ce n'est pas seulement le désir que vous avez de nous y voir, et que le besoingy est très grand de nostre présence; mais elles ne nous peuvent piquer et esmouvoir à presser et haster nostre acheminement plus que nous le faisons ; car nous ne vacquons à présent à aultre chose , et à surmonter une seule opposition que nous y avons , qui est de faire quelque provision de moïens , prévoyant bien que les grandes dépenses que vous avez eues à supporter ne permettront pas que nous relirions le secours que nous avions premièrement espéré. C'est une incommodité qui est maintenant trop commune entre tous noz subjects : ce que nous recognoissons ici aultant qu'il pourroit estre ailleurs, n'ayaut peu, pour quelque grand proflît que nous proposions à ceulx que nous recherchons de nous secourir, assembler encores aulcunc somme avec laquelle nous puissions partir; mais nous y emploïons tant de temps, de moïens et d'ouvertures, que nous espérons que, dans peu de jours, il en réussira du fruict, et si tost que nous y verrons quelque lumière , vous entendrez qu'au mesme instant nous serons à cheval ; pouvant estre asseurez qu'il ne nous peult advenir aulcune aultre chose qui nouspeust divertir de ce desseing de vous aller voir; ayant, oultre l'affection que nous avons de vous visiter, trop de subject déjuger et croyre que le groz de noz affaires tourne maintenant de vostre costé.Ne perdez donc point
l'opinion que vous ne nous ayez bienlost; et que ce ne soit avecq noslre très grand regret que celaayt esté différé jusques à ceste heure; mais il ne peult plus gueres estre : et estant une fois party, vous entendrez que toutes noz diligences passées ne seront point comparables à celles que nous ferons en ce voyage. Pourvoïez seullement à ce que ceulx de vostre ville ne prennent point d'estonnement sur les bruitz que les ennemys font courir de leur grande armée , et des desseings qu'ils ont sur vostredite ville ; car du péril, vous jugez bien que , vous estant arrivé nostre cousin le Connestable , il n'y en peult avoir, au moins jusques à nostre arrivée, dont il ne vous puisse préserver, quand bien toutes les forces des ennemys y fondroient ; ce qui est impossible , n'estant pas accoustumez à faire telles diligences ; comme vous avez bien recogneu que celle qu'ils ont faicte depuis qu'ils sont ensemble , n'a pas esté grande. Nous ne desirons aussi rien de vous davantage, sinon que vous vous garantissiez de l'appréhension. Car du mal, nous espérons bien avec l'ayde de Dieu vous en délivrer bientost et pour une bonne foys ; à quoy vous pouvez et debvez d'aultant plus croyre, que nous nous employerons de tout nostre pouvoir, qui , oultre l'affection particulière que nous vous portons , mérite cela de nous , que c'est aujourd'huy le plus important affaire que nous ayons. Pensez doncq à y apporter de vostre part tout ce qui en peult dépendre, et vous asseurez de ce que vous pouvez désirer de la nostre. Donné à Paris , le xxe jour de septembre 1594. Signé Hënry , plus bas Forget. » S.
1594. — Septembre 27 . Le Consulat fait payer aux religieux de l Observance 10 écus , pour avoir, l'un d'eux, journellement dit la messe dans le château de Pierre-Scize , M. de Nemours y étant détenu, depuis le jour de Toussaint de l'année passée , jusqu'au jour des Rois suivant. S.
1694. — Octobre 1er. Lettre du Roi au colonel Alphonse ffiOrnano.
« Monsieur d'Ornano, maintenant que vous avez mon cousin le Connestable par de là, et que toutes voz forces sont joinctes ensemble, j'estime que ceulx de tienne ont plus de peur de vous que ceulx de Lyon n'en doibvent avoir d'eulx : à quoy je considère bien d'icy que le pont que vous avez fait sur le Rhosne a de beaucoup servy. J'ay bien envye de le voir ; car mon dict cousin le Connestable me le loue par sa lettre dernière extrêmement. Comme , à la vérité , ce fleuve estant si rapide comme il est, l'invention n'en est que très belle , et ne se pouvoit rien faire qui peust tant incommoder les ennemys , qui ont , comme vous dictes, esté fort mal advisez d'avoir enfermé si grand nombre de gens de guerre en une ville qui debvoit estre mal préparée pour les y tenir longuement; de sorte que je les voy en danger d'y pastir beaucoup , si pis ne leur advient. Mais ne pensez pas que pour cela, j'en diffère mon voïage ; au contraire, je vous asseure que jel'advance tant que je puis, mesmes depuis ceste dernière despecheque j'ai eue; car je se rois très marry de perdre ceste belle occasion qui se va présenter, de laquelle j'ay aussi bonne opinion que d'aucune aultre qui se soit jamais offerte. Je ne suis plus retenu que pour assem-
hier un peu de moïens dont j'espere venir à bout dans bien peu de jours. Cela faict, je seray aussitost à cheval , et ne tarderez gueres à me voir avec vous. Je ne vous recommande point cependant d'estre soigneux et vigilant , car je scay que voslre naturel et vostre affection vous en sollicitent assez. Quant à la forme de vous comporter en la charge que je vous ay donnée par de là , je croy qu'il sera à propos que vous la délieriez à mon cousin le Conneslable pour la dignité de sa charge ; mais je m'asseure qu'il n'en usera qu'avec discrétion , et ne retranchera rien de l'auctorilé que vous y debvez avoir. Au reste , j'ay sceu comme le sieur de Gouvernet a entrepris do secourir Briqueras , dont je suis très ayse , parce que je considère bien en Testât où sont les affaires de par de là qu'il vous eust esté impossible de le pouvoir faire. C'est ce que je vous diray pour ceste foys : .sur ce , je prie Dieu , Monseigneur aVOrnano , vous couserver en sa sainte garde. A Paris , le 1er octobre 1594. Signé Henry, et plus bas Forget. » S.
1594. — Octobre 2. M. le Conneslable de Montmorency entra en ceste ville de Lyon par la porte de Feize , et s'en allarent des trouppes à l'instant contre Givort (1) et faillirent à le prendre , et demeurarent certain temps auprez de tienne, et fut fait un pont sur des basleaux près Givort, pour aller et venir au Daulphiné. » Arch. du Rh., XII, 169.
1594. — Octobre 4. Le colonel oVOrnano écrit au Consulat ;
« Messieurs , vous avez sceu, comme je croy, qu'il y a quelques jours que je traitois avec les Suisses qui estoient dans la ville de tienne, par le moyen de Monsieur Pallier (?), pour les faire sortir hors du royaume. Dieu m'a fait la grâce de réussir ce traité ; estans lesdicls Suisses sortis ce matin , à la pointe du jour , dudict Vienne , en nombre de 3,000 hommes que j'ay esté recevoir avec toute ma cavalerie , à une mousquetade des murailles de la ville , et accompagner près de deux lieues, leur ayant baillé mon guidon avec quelque troupe , pour les conduire jusques au bord du Rhosne qu'ils vont passer près Montluel. Je leur ay fait jurer et promettre de ne plus retourner en France contre le service du Roy , comme vous verrez par la copie de la promesse que le colonel m'en a signé conformément â la volonté de leurs supérieurs. Vous pouvez juger , Messieurs, l'importance de cest affaire , et le préjudice que pouvoil apporter la demeure de ces gens là en ces quartiers, pour la conservatien desquelz, principalement de vostre ville, je n'espargneray jamais chose qui soit en mon pouvoir; je suis pressé d'envoyer du secours eu Piémont; si tant est que j'y sois contrainct , il fauldra que je me retire avec le peu qui me restera de trouppes à Septemes , Beauregard ou Moras, pour continuer à incommoder les ennemys. Quelque part que je puisse estre , vous me trouverez toujours très disposé à vous servir en toutes les occasions qui s'offriront pour le bien de voslre ville. Je vous baise sur ce les mains , et demeure , etc.
(1) En latin Givortium. Cette petite ville est ainsi nommée par Bede , cité par Papire Masson , p. 402 «le sa Gallia per flumina. On trouve Givnrsium dans la Gêographia Galliae veterit du P. Philibert Monct. Aujourd'hui on écrit Givort.
« P. S. Si vous trouvez bon de faire imprimer la promesse quiîz (les Suisses) ont faicte', vous' le ferez. Je leur av voulu bailler mon (ils en ostage de la seurelè de leur passage; mais ils se sont contentez de ma parole. — A Moydieu, ce j4 Octobre 1594. Signé Alphonse d'Ornano » S.
1594. — Octobre 9. Le colonel (TOrnano au Consulat:
« Messieurs, je receuzhier bien tard une despesclie du Roy de laquelle je vous envoyé copie (voyez ci-dessus au lor octobre). Vous verrez par icelle, comme il est tousjours en bonne volonté de faire son voyage , qui ne peult estre retardé que pour bien peu de jours. J'attends d'heure à aultre la resolution que prendra M. le Connestable , qu'il vous fera entendre aussitost. Je vous prie de me continuer tousjours vostre amytié, et vous asseure de mon service, etc. Au camp de Moydieu , le 9 octobre. Vo5trc bien affectionné à vous faire service , Alfonse d'Ornano. » S.
1594. — Octobre 21. Le Connétable de Montmorency kcrivoil du camp de Givors, que les grands vents ayant fait ouvrir en quelques endroits \e pont de bateaux, il falloit promptement le réparer, pour éviter pins grand dommage. Il prioit donc le Consulat d'envoyer à Givors le capitaine Bertrand et aulres entendus en cela pour le rétablir, et d'y faire venir aussi le capitaine Chevalier qui commande la frégate, etc. S.
1594. — Octobre 21. Les sieurs Louis d'Jix, viguier, Otaries de Casaulx , et Philippe Napolon , consuls de Marseille , s'adressent au Consulat de Lyon et lui écrivent que désirant de tout leur pouvoir, selon le dû de leur charge, rechercher et lascher par tous moyens d'avancer, illustrer et décorer leur ville de toute sorte d'arts , afin de donner occasion à leurs concitoyens de se donner à la vertu, ils avoient advi*é y faire dresser une imprimerie pour la commodité du public, et accordé au sieur Pierre Mascaron, marchand de Marseille, pour la tenir. Ils prient le Consulat d'ayder et favoriser ledit Mascaron et les siens dans l'achat et la sortie des engins et ustensiles nécessaires pour ladite imprimerie , qu'ils trouveront à Lyon, etc. S. — Ce ne fut que Tannée suivante que Marseille fit gémir ses premières presses. Voyez le Manuel de M. Brunei, art. Bellaudièue (La).
1594. Octobre 18. Lettre du Roi au Consulat :
« De par le Roy, Très chers et bien amez, nous avons présentement receu vostre despeache du xviij de ce moys, et avons desplaisir que la précédente ait eslé perdue, et le sieur déplaces, vostre député, prâns par les ennemys. Ilseroit à propos, sans plus faire courir ceste fortune à voz concitoyens, pendant que le péril des chemins continue, de vous servir de la voye de la poste ordinaire, et pour les choses de conséquence que vous ne vouldrcz faire entendre, vous aider du chiffre du sieur de Bellièvre. Nous espérons que vous aurez bientost ceste communication plus facile, et que vous nous le pourrez expliquer vous mesmes, et entendre nostre volonté de nostre propre bouche ; n'aiant (?) pas moins de regret que nostre acheminement ait esté si longtemps différé ; mais le
plat pays de delà ayant desjà tant souffert, et nostre ville de Lyon enco* res plus, que, avant d'y aller seulement joindre nostre nécessité à la leur, nous avons estimé que, au lieu du soulagement que Ton atlend de nostre présence, elle ne leur seroit qu'à plus grande oppression, si nous partions sans quelque provision pour tenir nostre armée que nous y menons, en règle et discipline, dont il n'y a aultre moïen que de la faire païer, qui est Tunique affaire qui nous a retenu icy pour y pourveoir : en quoy les difficultez se sont trouvées si grandes , pour eslre toutes les sources dont le secours de moïens souloit venir, du tout épuisées et taries; que quelque soing et peine qu'il y ait esté employé , il ne s'y est peu rien advancer plutost que maintenant que nous estimons y avoir esté aucunement pourveu, ne nous restant plus rien qui nous retienne de partir que ung peu de temps qu'il nous fault encores pour laisser et establir en les provinces de deçà l'ordre nécessaire pour pourveoir aux affaires qui y peuvent survenir; mais quels qu'ils puissent estre , n'appréhendez point qu'ils nous retiennent davantage que pour cela, considérant assez que nostre présence ne peult estre en nul aultre lieu tant nécessaire qu'elle est par delà, où nous faisons estât de nous rendre au plus tard dans le 20 ou 25 du prochain, aïant desjà faict acheminer nostre armée devant, du coslé de la Bourgogne : Et pourveoirons aux affaires de deçà, en sorte que rien ne nous pourra retirer d'avec vous que nous n'y aïons accompli nostre desseing, qui est de vous laisser en tranquillité et repos. Nous vous exhortons et prions cependant de ne perdre point patience : vous confiant à nostre parolle, à laquelle nous ne manquerons point. En attendant vous aurez tousjours nostre cousin le Connestable qui est, après nous, la meilleure assistance que vous pourriez désirer. Faictes donc encore cest effort de vertu de résister pour ung peu de temps contre cest orage, puisque vous vous voïez si proches du port que vous avez tousjours désiré, et tenez ce qu'il peult deppendre de vous tout préparé, afûn que, à nostre arrivée, nous puissions, sans perdre temps, nous mettre aussi tost à la besogne, et entreprendre à bon escient contre les ennemys qui auront, comme nous espérons, donné plus d'appréhension qu'ilz ne feront de mal : qui est ce que nous vous dirons pour ceste foys. Donné à Paris le xxviij6 jour d'octobre 1594. Signé Henry, plus bas Forgeu » S.
4594. Octobre. ...La ville du Puy en Felay était encore occupée par les ligueurs, sous le commandement du vicomte de VEstrange; elle était assiégée par les royalistes qui tentèrent vainement de la surprendre le 47 de ce mois. Il y eut un grand carnage de part et d'autre ; parmi ceux qui périrent du côté des royalistes nous trouvons le capitaine Nolhac, un des ancêtres de notre savant orientaliste M. Marc-Antoine Nolhac. Voyez Hxst, du Felay, par Arnaud, II, 29.
1594, — Novembre 8. « Les gens de M. le Connestable de Montmorency prindrent Montluel en Savoye et le pillèrent d au I tant que le marquis de Dre/fort et Balanson avoyent prins le Chastelard en Dombes , et massacré tout ce qu'ils Jy trouvèrent dedans, un peu auparavant. » Arch. du Rh.y XII, 1669.
1694. — Novembre 8. Le duc de Nemours, qui, pendant la Ligue, s'était emparé de la souveraineté de Dombes, seservitde l'Hôtel de la Monnaie établi à Trévoux, pour faire fabriquer, aux armes de la France, des espèces qu'il affaiblit considérablement. Les officiers et les ouvriers , obligés de céder à la force , n'obéirent qu'après avoir protesté contre la violence qui leur était faite. Après la réduction de Lyon, le duc de Montpensier supplia Henri IY de pardonner à ses officiers, et de lui donner une déclaration portant a que la fabrication de cette monnoic » faite à Trévoux, aux coins et armes de France, ne pouvoit tirer à » conséquence contre sa souveraineté. » Le 'roi lui accorda cette déclaration, par lettres patentes du 8 novembre 1594. — La Cour des monnaies, en enregistrant ces lettres voulut y mettre des reserves contre les sujets du roi qui avaient participé à la fabrication de ces espèces et à leur exposition , n'entendant pas qu'elles eussent cours en France. Gomme ces restrictions étaient contraires aux traités qui avaient aboli tout ce qui s'était passé pendant les troubles, ainsi qu'aux privilèges accordés par Henri III aux souverains de Dombes, de nouvelles lettres patentes cassèrent et annulèrent les modifications de l'arrêt de la Cour des Monnaies. Voyez Notice sur la Monnaie de Trévoux et de Dombes, par P. Mantellier; Paris (Orléans), 1844, in-8, p. 51 et suiv.
1394. — Novembre 9. Imbert Grollier du Soleil, au nom du seigneur oVQjrnano, accepte la capitulation du château de Miribel en Bresse, réduit à l'obéissance du roi. Guichenon, Bresse, %e partie, p. 111. Voyez ci-dessus, 7 juillet 1592.
1594. — Novembre.... Lettre du Roi au Consulat :
« De par le Roy. Très chers et bien amez , nous espérions arriver par delà devant les ambassadeurs de la Republique de Venize; c'est pourquoy nous ne vous aurions recommandé leur réception avec tant d'atfeclion que le mérite l'honneur que nous desirions leur estre faict, jusques à présent qu'ayans sceu leur parlement de Venize , et qu'ilz doibvent arriver en nostre ville de Lyon, dedans votre [este de monsieur St Martin. Voyant que nous ne pouvons à nostre (rcs grand regret y arriver si tost qu'eulx, nous vous prions autant affectueusement qu'il nous est possible, de les accueillir, honorer, loger et accommoder avec leur suite, non seullement eu la forme accoustumée, mais s'il est possible plus honnorablemcnt que vous et vos devanciers n'avez faict envers tous les autres de leur qualité, d'autant que venans de la part de ces seigneurs noz meilleurs et plus assurez amys dont la justice et prudence sert de mirouer à toute la chrestienté, et que c'est la première légation qui est sortie d'Italie pour nous congratuler et recongooistre , non seullement nous desirons en faire le triomphe et estime que le recquiert l'obligation qui nous en demeure et à tout le royaume, mais aussi que ce debvoir que nous et nos subjects en feront, serve d'exemple à ung chacun dedans et dehors nostre royaume. Au moyen de quoy nous vous prions de rechef de vous en acquitter à nostre honneur et contentement et nous le recongnoistrons au vostre, et d'autant que nous faisons estât de partir et nous rendre par delà au plus tost, nous
leur mandons qu'ilz nous y attendent, et nous vous prions queeulx et leur suite soient, durant leur séjour, favorisez et caressez en vostre ville , tant en leur logis que en toutes autres choses, qu'ilz ayent occasion de s'en louer, et nous de vous en sçavoir gré, comme nous promettons de faire, y satisfaisant selon noslre désir, comme il importe à nostre réputation et service , ainsy que vous déclarera de nostre part plus amplement ledit sieur de Bellièvre auquel nous adressons nostre commandement et la présente ; priant Dieu, chers et bien amez, vous avoir en sa saincte garde. Escrit à Saint- Germain en Laye, le.... jour de novembre 1594. Signé Henry, et plus bas de Neufville. » A. M.
1594. — Novembre 14. Lettre du Roi au Consulat : « De par le Roy. Très chers et bien amez, vous sçavez comme le sieur de la Raverie fut dernièrement faict prisonnier par les gens du Chevallier d'Urfé ainsy qu'il vous venoit trouver : et parce que ceste disgrâce luy est advenue à l'occasion de noslre service, nous avons pensé que c'esloit chose digne de noslre soing de pourveoirà sa délivrance. A ceste cause, sçachant que vous tenez par delà prisonniers les sieurs deBazochesei le marquis de Fortunat, nous vousavons bien voullu escrire ce mot pour vous prier de n'entrer avec eulx en aulcun accord ny composition touchant leur cslargissement qu'à condition expresse qu'ilz feront deslivrer ledit sieur de la Raverie, sans paier aulcune rançon , aflin qu'il se puisse rendre au plus tost près de nous, où nous désirons l'emploier pour noslre service; et n'estant la présente à au lire fin, nous ne la vous ferons plus longue. Donné à Saint-Germain en Laye, le xiiij novembre 1694. Signé Henby, plus bas Forgel. » A. M.
1594. — Novembre 15. La demoiselle de Neyret, femme de M. de Tourvéon, lieutenant général criminel, absent depuis la réduction, assistée de M. Néry de Tourvéon, obéancier de l'église de Saint-Just, et de M. Robin, secrétaire assesseur criminel, présente au Consulat une lettre de son mari, qui demande qu'il lui soit permis de rentrer en cette ville. On arrête de lui répondre que les sieurs échevins ne désirent
rien tant que de pouvoir rappeler tous leurs concitoyens ; mais que
les mêmes obstacles qui existoient lorsque le sieur de Tourvéon revint de la Cour, durentencore, et qu'on le prioit de patienter jusqu'à la prochaine venue du roi qui « remettra un chacun au chemin dont le mal- » heur du temps avoit dévoyé ses sujets. » S.
1594. — Novembre 26. Lettre du Roi à M. de Rellièvre : « Monsieur de Bellièvre, je suis requis de bonne part de permettre à Benoist de Mury (?), l'un de ceulx qui, après la réduction de ma ville de Lion , eurent commandement de s'en absenter, d'y pouvoir retourner, ce que je n'ay pu refuser sur le tesmoignage qui m'a esté rendu qu'il ne s'est jamais entremis d'aulcunes factions , ains a toujours doulcement vescu en son particullier sans faire tort à personne. Je vous prie vous enquérir par delà de ses comportements, et si vous les trouvez tels qu'on me les a représentez, en ce cas, je dirai que le retour en sa maison luy soit libre, et me ferez service agréable d'y tenir la main, et n'estant la présente pour aultrç effect, je ne la vous feray plus longue, priant
Dieu, Monsieur de Bellièvre, vous avoir en sa sainte garde. Escrit à Saint-Germain, le xxvje jour de novembre 1594 (la signature du roi manque; au bas est celle de Forget). A. M.
1594. — Novembre 28. Lettre du Roy au Consulat : « De par le Roy. Très chers et bien amez, nous vous avons cy-devant ordonné de consentir à Teschangc que nous desirons estre faict du sieur de Bazoches pour le sieur Defjiat , à quoy nous sommes bien advertiz que vous avez apporté ce qui estoit du debvoir et obéissance de bons subjeetz , dont nous vous scavons 1res bon gré. Toutcsfois nostre intention n'ayant point en Cela eu d'eflect à cause de quelques difficultez qui s'y sont présentées, et continuant tousjours au desir de la délivrance dudit sieur Defjiat, comme ses mérites et recommandables services nous y obligent, nous avons bien voullu faire ce mot de recharge pour vous recommander de tenir la main audit eschange, et où il y aurait quelque obstacle pour le regard dudit sieur de Bazoches, vous nous ferez service bien agréable de substituer en sa place le marquis de Fortunat, ou Me Gérard (?) ou quelque autre de ceulx que vous tenez par delà prisonniers dont l'affranchissement sera plus que recompensé par celluy dudit sieur Defjiat , qui est gentilhomme plein de vertu et fidellité à nostre service. Donné à Saint-Germain, le xx\iije jour de novembre 1594. Signé Henry, plus bas Forget. » A. M.
1594. — Décembre 15. Les sieurs échevins nomment unanimement pour terriers et maîtres des métiers pour l'année 1595, suivant la coutume ; savoir , terriers : Jacques Jacquet et Claude Vize ; drapiers ; Antoine Hubelot et Jean Ficelande; Notaires : M*8 Jean Trye et Pierre Combe t ; Chirurgiens : Pierre Brigand et Massé Souchard ; Libraires : Jean Vegral et Thomas Soubron ; Imprimeurs : Guichard Jullieron et François Durelle ; Peintres : Christophe de la Haye dit Corneille , et Antoine Faure, etc., etc., etc., auxquels les sieurs échevins donnent le pouvoir de s'assembler pour élire les sieurs échevins de la ville , et remplir toutes les autres charges accoutumées et attachées aux fonctions de maîtres des métiers , suivant ce qui est porté au syndicat et dans l'acte dn serment qu'ils feront dont la teneur suit :
« Vous jurez et promettez à Dieu que , laissant toutes brigues , menées et affections particulières, vous procéderez en sincérité de conscience , à l'esleclion et nomination des nouveaux eschevins pour l'année prochaine 1695, selon que vous jugerez et cognoistrez nécessaire , premièrement pour le maintien et conservation de nostre religion catholique, apostolique et romaine, et de ceste ville de Lyon , soulz l'obéissance de nostre roy très chrestien et catholique Henry IV, roy de France et de Navarre; et secondement pour le bien et repos , soulagement et acquittement des dettes et réclamations de ceste ville , et que vous ne nommerez ni accorderez audit eschevinage aucun personnage qui ne soit idoine et capable d'une telle charge, vuide et net de touttes ambitions, envies ou vengeances générales et particulières , et par exprès de toute suspicion de la religion prétendue reformée , et d'avoir quelque participation ou affection aux ligues, associations et
parlialilez qui ont si longuement travaillé cesle dite ville et le royaume. Item que vous verrez et visiterez exactement les denrées et marchandises de vostre mesticr quand besoin sera , et pourveoirez aux fautes et abus qui s'y feront et pourront commettre : et généralement ferez et accomplirez toutes choses requises et accoustumèes en vostre mestier, concernant l'honneur, l'utilité et commodité de ladicte ville, et des affaires d'icelle. » S.
1594. Décembre 21. — Pierre Matthieu, avocat, prononce en français l'Oraison doctorale dans l'église de Saint-Nizier. Voyez ci-après les Publications de cette année (Harangue...).— Le 26 mars suivant, le Consulat fit payer 33 escus 1[3 à Pierre Mathieu, qui, le 21 décembre , jour et fêle de saint Thomas, auroit très dignement prononcé l'Oraison accoustuinée, tant pour la robe à lui due et ordonnée, comme elle est, de toute ancienneté, à celui qui fait lalite Oraison, que pour le remercier et le recognoistre aucunement de plusieurs bons offices et services faietz au public, quand les occasions s'y sont présentées et qu'il y a cslé employé. S.
1594. Décembre 27 . — Le roy faillit estre tué d'un coup de couteau par un jeune homme de 18 à 19 ans, (ils d'un drappier de Paris (Jean Chatel), et blessa ledict roy de France et de Navarre en la bouche , et lui gasta une dent , et fut faict (eu de joie et procession gênerai le en cesle ville de Lyon , pour louer Dieu de la préservation du roy. Arch. du Rh., xii, 167. — Voici la lettre par laquelle le roi fit part de cet attentat aux échevins de Lyon :
« De par le Roy. Très chers et bien amez, vous aurez ici la nouvelle d'ung malheureux accident qui nous est pensé arriver , et comme il a pieu à Dieu, par sa miséricorde , miraculeusement nous en préserver. Il n'y avoit pas plus de deux heures que nous estions arrivez en cesle ville au retour de nostre voyage de Picardie, et estions encores tout botté, que, ayant aulour de nousnoz cousins le prince de Conty, comte de Soissons, et comte de Saintt Paul, et plus de trente ou quarante des principaux Seigneurs et gentils-hommes de ceste Court, comme nous recevions les sieurs de Ragny et de Montigny qui ne nous avoyeul point encores salué , un jeune garçon nommé Pierre Chaslel, fort petit, et qui ne peut avoir plus de dix-huit ou dix-neuf ans , fils d'un marchand drappier de ceste ville, lequel s'estoit glissé avec la troupe dans la chambre , s'avança sans estre quasi apperecu de personne, nous pensant donner dans le corps d'un couteau qu'il avoit: le coup (parce que nous nous estions baissé pour relever lesdicts sieurs de Montigny et deRagny qui nous saluoyent) ne nous a porté que dans la lace, sur la levre haute du costé droit , et nous a entamé et couppéunc dent. A l'instant ce misérable a esté pris, et après avoir voulu un peu desavouer le faict , incontinent après il l'a confessé sans aucune force. Il ne s'est encores rien peu tirer de luy, sinon qu'il a esté nourry trois ans au Collège des Jesmtes où l'on présume qu'il a receu ceste bonne instruction. Ce dont nous nous sommes voulu premièrement souvenir, a esté de rendre grâces à Dieu de ceste particulière grâce qu'il nous a faict de nous garantir
de cest assassinat , et en a esté à l'instant chanté un Te Deum en toutes les églises de ceste ville , à quoy les habitans ont adjouslé des feux de joye par toutes les rues. Il y a, Dieu mercy, si peu de mal que pour cela nous ne nous en mettrons au lict de meilleure heure, et espérons que nous n'en perdrons point la bonne occasion pour laquelle nous avons advancé nostre retour, qui est pour faire la feste et cérémonie de Tordre du Sainct-Esprit. Nous n'avons pas voulu tarder davantage à vous donner cest advis, à fin que vous et nos autres bons serviteurs estans prévenus de quelque autre n'en soyez en peine. Mais c'est principalement à ce que vous en faciez rendre grâces publiques à Dieu, et bonnes prières qu'il luy plaise nous conserver tousjours en sasaincte protection contre tels assassinats ; ausquels puisque nos ennemis recourent si souvent, c'est bien une preuve manifeste de leur malheureuse intention; et comme se sentans abandonnez de Dieu, ils s'abandonnent aux resolutions les plus exécrables, que nous espérons qu'il confondra tousjours à leur ruyne. — Donné à Paris le xxvij6 jour de décembre 1594. Signé Henry, et plus bas Forget. » — Imprimé à Lyon, par G. Jullieron et Thibaud Ancelin , 1595 , in-8 de 7 pages. B. de Lyon, lom. 3 du n° 23415.
Publications de 1594. — Mvari (Emmanuelis) è Societale Jesu De
Institutione Irammalica libri très Lugduni , in ofiieina Hug. à
Porta, Apud Fratres de Gabiano. M. D. XGI1II. Cum privilegio. in-8. ( B. de Lyon , 15144). — Le privilège daté de Lyon, le 8 janvier 1593 (sic) , a été donné aux frères Jean et David de Gabiano , par le P. Bernardin Castor (Voyez ci-dessus au 20 octobre 1593). Jean Pilleholte donna, en 1598, une nouvelle édition de cette Grammaire, aussi in-8. Le privilège n'y a pas été reproduit (voyez les publications de 1669). C'est par erreur que, dans la Biogr. aniv., la mort tfMvarès a été mise à l'année 1583; Sothwell que nous croyons mieux instruit, l'a mise à 1582 et au 30 décembre.
1594. Le Cavalier parfait du sieur de Treilon , où sont comprises toutes ses œuvres, etc. Lyon, Pierre Rigaud, 1594, in-12. — Voyez sur ce livre et sur son auteur, l'abbé Goujet, xm , 378; l'abbé à'Jrtigny, vi, 334 ; le Catalogue de M. Viollel Le Duc, p. 313 , et ci-aprés, année
1594. — Copie de /'Anti-Espagnol , faict à Paris. Défendu par les Rebelles deSaMajesté. A Lyon, par Pierre Ferdelat. M.D.XCIIII, in-8de 55 p. (B. de Lyon, t. 73 du n° 25201). Voyez les publications de 1590. — Parmi les pamphlets publiés à Lyon durant la Ligue , il en est un qui nous est échappé et qui méritait d'être signalé ; il a pour titre : Ludovici Dorleans.... Exposlulatio ; Lugduni , apud Joannem Baptistam Buisson ; M.D.XCIII, in-8. — C'est un des écrits les plus virulents sortis de la plume de Louis d'Orléans, qui a poussé le cynisme jusqu'à appeler Henri IV fœtidum Satanae stercm. Théodore de Bèze n'était pas moins insolent, quand il a dit de l'ordre des Jésuites, que c'était ultimus Satanae anhelantis crepitus (voyez les Variétés de Sablier, t. 3, pag. 96).
1594. — Le Cruel assiêgemenl de la ville de Gais(Gex) , qui a esté faict et mis en rime par un citoyen de ladicte ville de Gaisen leur langage. Avec la joyet(se farce de Touannon dou Trou, Lyon, 1594, in-8. Càtal. Soleinne, n° 3942; G. Brunkt , Recueils d'opuscules en verspvtois, p. 12.
1594. — Discours royal de ce qui est requis et nécessaire aux roys et princes, et la réduction de la ville de Lyon à S. M. , le 7e, jour de février, en Tannée 1594. Dédié à M. de Bothéon , sencschal de Lyon , par D. T. C. A Lyon, par Pierre Dauphin, M. D. XCIIII, in-8 (B. de Lyon, t. 73 du n° 25201. Exempl. auquel il manque les pages 21 cl suivantes). Ce Discours est en vers ; il est précédé d'un Sonnet à la ville de Lyon. A la page 20 est un autre Sonnet à M. Laurens, couservateur des pri vilèges de la ville de Lyon. Faut-il traduire les initiales D. T. C. par du Troncy, conlrolleur? Probablement.
1594. — Discours véritable de ce qui s'est passé en la réduction de la ville de Paris, depuis le sixiesine de mars jusques à la lin dudict mois. A Lyon , par Pierre Michel. 1594. In-8 de 32 pages (B. de Lyon, t. 23 du n° 25,201).
On lit à la page 5 de ce discours : « Incontinent après que la Fille de Lyon eut fait ce grand coup de partie, sejettant si franchement entre les bras de son Roy , sans autre mouvement que de l'Esprit de Dieu , et de la naturelle obligation qu'elle a au service de son prince , la clarté de ses feux dejoye fit ouvrir les yeux aux premières villes de France, et entre autres à Paris.... »
1594. — L'Eden , ou Paradis terrestre de la seconde semaine de Guillaume de Saluste, Seigneur duBabtas, avec commentaires et annotations.... Par Claude Duret Bourbonnois.... A Lyon , par Benoist Rigaud. 1594. In-4 (B. deLyon, 17041). — Voyez ci-aprés , année 1606. — Nul n'a mieux apprécié du Bar tas que M. Sainte-Beuve qui lui a consacré un long article dans son Tableau historique et critique de la poésie française , etc. Le Commentaire de Duret sur VEden témoigne de la vaste érudition de ce fameux Bourbonnais. Voyez les Publications de 1595 , Discours de la vérité, etc.
159i. — Les Feux dejoye de Lyon , Orléans, Bourges et autres villes qui se sont remises en l'obéissance du roy : qui est une Exhortation desdites villes à ceux de Paris et autres qu'on veut assujettir à l'Espagnol. Lyon, 1594, in-8 (réimpr. dans l'édition in-4 des Mém. de la Ligue, t. VI. — «... Souvenez-vous, dit l'anonyme, que vous n'avez plus Lyon qui vous faisoil tenir l'argent d'Espagne, Lyon, le trésor de l'Europe , le siège principal du commerce de tout le monde , et le centre auquel toutes les lignes repondent.... »
1594. — Formulaire fort récréatif de tous contraetz , etc., par Bredin le Cocu (Benoist du Troncy). Lyon, Pierre Rigaud, 1594, in-18. — Voyez ce que nous avons dit de ce livre , p. 181 de la 7e partie de nos Documents (Lyon sous la Ligue). — Dans une notice que nous avons publiée en 1821, sur le Formulaire, nous avons dit que La fontaine y avait puisé le sujet de sa Fable , la Goutte et VJraignêe. C'est une assertion
qui peut être contredite. Un dominicain provençal , frère Jean Junior (F. Joannes Gobii vulgo Junior) , qui florissait vers la fin du 13e siècle , et qui a composé un ouvrage intitulé Scala cœli de diverêis generibus exemplorum , publié pour la première fois à Lubeck , en 1475 , a rempli ce livre de contes et d'historiettes probablement tirées d'anciens fabliaux , On y remarque un dialogue entre la Puce et la Fièvre , qu'on retrouve évidemment dans celui de la Goutte et de l'Araignée. Plusieursautres fables traitées depuis par Lafonlaine sont également dans l'Echelle de Frère Junior, que n'a pas connu M. Robert (voyez I1 histoire de Sistcron , par M. de Laplane, tome H , p. 526). — Du Troncy était très-versé dans la connaissance des auteurs anciens. Plusieurs des formules de son petit livre témoignent de son érudition. Le Testament solemnel de Cochon le Groignard est presque une traduction de la fameuse pièce , Testamentum M. Grunnii Corocottae Porcelli , que les enfants, au rapport de S. Jérôme (1), chantaient dans les écoles en riant aux éclats. Voici une version de celte antique facétie , extraite du Choix de Testamens anciens et modernes , publiés par M. Peîgnot, en 1829 (tome II , p. 253 et suiv.) :
« Moi , M. Grunnius Corocotta Porcellus , ai fait mon testament , mais ne pouvant récrire de ma main , je l'ai dicté.
« Le Cuisinier Magints a dit : Yiens ici, ruine de ma mai son , remue-terrain , fugitif Porcellus , j'ai résolu de te tuer au jourd'hui.
o Corocotta Porcellus a dit : Si jamais je vous ai offensé ; si jamais j'ai failli ; si j'ai jamais cassé quelques pots avec mes pieds , je vous en supplie , Seigneur Cuisinier , pardonnez-moi. .
« Le Cuisinier Magirus a dit : Holà 1 garçon, va me chercher un couteau à la cuisine , afin que je saigne Porcellus.
« Aussitôt Porcellus est pris par les valets et conduit au supplice, le xvi° jour avant les calendes lucernines , temps où abondent les tendrons de chou , sous le consulat de Clybanatus Piperatus ; et , comme il vit qu'il allait mourir , il demanda une heure de répit, et conjura le Cuisinier de lui permettre de faire son testament. Il appela auprès de lui ses parents , afin de leur laisser quelque chose des vivres qui lui étaient destinés , et dit :
« Je donne et lègue à P'errinus Lardinus , mon père , xxx boisseaux de glands. — Je donne et lègue à Feturrina Scrofa (2) , ma mère , XL boisseaux de froment de jLucanie. — Je donne et lègue à Grunnia, ma sœur, aux noces de laquelle je n'ai pu assister, xxx boisseaux
(1/ Proem. Libr. XII, in Esaiam, cap. 41 ; Epist. ad Euttoeh; Œuvres trad. par
M. F. Z. C, t- X. (3e des Mélanges), p. 34 i. — Le texte de ce testament, imprimé , je crois, pour la première fois ixFano, en 1505. a été assez souvent réimprimé dans différents recueils de facéties. Antoine Terrasson l'a inséré parmi les anciennes formules qui sont à la suite de son Hist.de la Jurisprudence romaine, p 80.
(2) LTn des collaborateurs de M. de Genoude a fait une singulière méprise en traduisant !>: 34'- chapitre de Tatien ; sous sa plume, une truie, scropha, et un clfcminé , cinœdus, sont devenus, l'un une dame romaine, l'autre un homme. Il est vrai que dans la version latine ces deux mots sont écrits arec une initiale majuscule.
d'orge. — Quant à mes dépouilles mortelles, je donne et lègue ma soie aux cordonniers; — mes dents aux querelleurs; — mes oreilles aux sourds; — ma langue aux avocats et aux bavards; mes intestins aux trippiers ; mes cuisses aux charcutiers ; — mes reins aux femmes ; — ma vessie aux petits garçons ; — ma queue aux jeunes filles ; — mes muscles aux efféminés; mes talons aux coureurs et aux chasseurs ; — mes ongles aux voleurs. — Enfin , je donne à un cuisinier qui ne doit pas être nommé , le mortier et le pilon que j'ai apportés de la chênaie jusqu'à l'étable. Puisse-l-il se mettre la corde au coup ! — Je veux que Ton m'élève un monument sur lequel on écrira en lettre d'or:
« M. Ghunnics Corocotta Porcellus EST/ MORT A DCCCCXCVIIII AXS