ET DEMI : S'IL ECT VÉCU SIX MOIS DE PLUS , IL ELT ATTEINT MILLE ANS
« O vous qui , pendant ma vie, m'aimâtes et prîtes soin de moi , veillez à la conservation de mon corps. Je vous supplie de le parfumer, de l'embaumer, et d'employer à cette opération le miel, le poivre et les amandes , pour que mon nom ne périsse jamais. — O mes maîtres et mes chers parents qui avez entendu mes dernières volontés , ordonnez que l'on signe : — et ont signé Lucanicus , Tergillcs , Ncptialicus , Celsanus, LiRDio , Offelicus et Cymatcts. »
1594. — Harangue aux Consuls et Peuple de Lyon , du debvoir et obéissance des subjects envers le Roy , et du soing perpétuel de la Pro
vidence de Dieu sur ceste monarchie françoise Lyon , 1 594 , in-8
de 84 pages. — M. Leber , dans le Catalogue duquel se trouve cette pièce (n°4118), ya joint celte note : « Allocution remarquable par la singularité du style et des images. Les pensées les plus graves , des reflexions pleines de sens et de vérité y revêtent les formes les plus bouffonnes. Voyez surtout, p. 54 et suiv., la description du colosse de la Rébellion « de ce peuple qui se repent tousjours trop tard , qui t n'eut point de regret de voir assassiner César , et qui eut horreur de « sa robe sanglante , qui fit condamner et tuer Socrales , puis s'en re- « pentit quand le bonhomme eut la ciguë au fond de l'estomach , et c poursuivit ses accusateurs d'une haine tant enragée , qu'ils furent « contraints de se pendre eux-mesmes.... »
Voici les premières lignes de cette harangue :
« Si je commence tout aullrement qu'autrefois, si je ne parle en latin (1J des choses de France , et ne suis en cela le chemin que la vénérable simplicité de nos pères m'a battu , n'estimez pas, hommes françois, que ce soit pour m'esgarer de la route commune, pour introduire des formes nouvelles, et retrancher l'occasion à ceux qui viendroient après moi de faire monstre de la Langue des langues , de la thresoriere des sciences , de l'instrument des fermes discours , de la maîtresse des belles inventions , qui a dessauvagè tant de barbares ,
(1) Jusqu'alors on avait prononcé en latin les harangues de la S. Thomas ; mais on les publiait le plus souvent avec une version française à la suite.
estendue et entendue par les armes et colonies romaines en toute la terre. En une action toute Françoise, par une ville des premières de France, en une assemblée d'hommes tous François , devant le premier officier de la Couronne (1), tant de Seigneurs François de cœur et d'effect, il m'a semblé que je ne debvois parler que François.... »
L'orateur termine sa harangue par des vœux qui subsistent encore dans le cœur de beaucoup de Français d'aujourd'hui :
« Vivez , grand Roy , vivez victorieux et tousjours auguste ; vostre vie est la nostre ; vostre mort est la nostre et celle de la religion de l'Estat. Vivez, Theodose François, empereur très-chreslien ; et , après que, sous vostre royale clémence, présage assuré d'une longue félicité, vous aurez rendu vostre royaume en paix, vostre personne en sûreté , le service de Dieu en son eniier , la dignité au Clergé, le rang à la Noblesse , l'authorité à la Justice , le soulagement au pauvre peuple , auquel ne reste que la langue pour se plaindre, puissiez-vous ramasser tous les fleurons du lys François, rentrer victorieux dans vostre Pampelune , Faire le Port d'Flysse Frontière de vos Estats; comme un second Charlemagne , avec tant de Remuds , de Rolands et d'Oliviers, dompter ces restes de Sarrazins, achever les sainctes entreprises de S. Louis , commander en la province, figure de la céleste Hierusalem , le berceau de l'Eglise , le premier collège de l'Evangile : puissiez-vous* abreuver vos chevaux au Danube , chasser du premier logis des François ces enragez d'Ottomans ; puissiez-vous de là reprendre la couronne de Y Orient au temple de Ste-Sophiel Ceste chrestienne, très puissante et très illustre republique de Fenise , la sœur germaine de la monarchie Françoise , plus jeune qu'elle de trente ans seulement , la royne des villes du monde , la beauté de l'Europe, le boulevard des Chrestiens, grande en armes , en peuple , en excellence , incomparable en ses richesses, vostre fidelle amie , qui ne presta jamais l'épaule à la désolation de cest estât, qui , avec une tant illustre légation , vous vient offrit' son cœur , son service, et tous les bons eflects de sa bonne volonté , vous assistera en ceste conqueste , et avec elle , vous chasserez Amurat de Constantinople , comme avec elle Philippe Auguste en chassa Alexis ; et chargé de tant de trophées de victoires et de lauriers , puissiez-vous vivre longuement paisible en vostre France, afin que, sous les longs et heureux jours de vostre règne, elle renvoie ceste chrestienne devise du premier Roy chrestien , Justice et Pieté , aux cœurs et actions de vos subjectz (2) ! »
1594. — L'Histoire récréative, ou Question d'amour du Chevalier Tarolfe. Imitation deBoccace, ou de Geoffroy-du-Luc , jadis Fameux poëte Prouençal , en sa Blanche-fleur. A très-belles et vertueuses Damoyselles , Mes Damoyselles de Serres. A Lyon , par Jean Tito-
fi) Le Connétable Henry de Montmorency. Voyez ci-dessus au 21 décembre 1594.
(2) Nous regrettons de ne pas avoir pu nous procurer le texte imprimé de cette curieuse harangue. Les fragments que nous en avons donnés ont été pris sur une copie que nous ne croyons pas exacte, et dans laquelle l'orthographe de l'auteur , que nous avons cherche à rétablir , a été indignement dénaturée.
losan (l), M. D. XCIUI. In-8 de 31 pages. (B. de Lyon, Rec. vert , t. 73). L'auteur de ce livre esl E. Gillon, qui nous apprend dans sa dédicace qu'il le composa pendant qu'il était dans la maison des demoiselles de Serres (en vostre maison et service) , et qui le leur présenta « à son retour de Lyon. » — On remarque quelques vers assez bien tournés dans cette Nouvelle qui est imitée de la quatrième question du cinquième livre du Philocolo de Boccace. Les demoiselles de Serres étaient peut-être filles ou nièces d'Olivier de Serres,
1594. — Instruction baillée aux Seigneurs de La Fin et de Sainct- Ândré, s'en allant en Lyonnois, pour practiquer les habitans de Lyon en l'obéissance du Roy, et autres affaires. 1594. In-8. — Le Long , n° 19623.
1594. — L'Irenophile. Discours de la paix, contre l'injustice , les desordres , la cruauté et Ses rebellions des guerres civiles , par le Seigneur de Sainct-Germain d'Apchon, chevalier de l'ordre du Roy. Imprimez par le commandement du feu Roy.... Henry III..., l'an 1588. Nouvellement publiez et présentez par l'auteur au Roy... Henri II II, etc. A Lyon , par Benoist Bigaud. 1594. In-4. — A l'exemplaire de la B. de Lyon,n° 25,113, est joint:
, Bemonstrance au Boy. Par Messire Jacques d'Jpchon, Baron de Sainct- Gennain-des-Fossez , Lsseau, Chermèel, Bourg, chevalier de l'ordre de sa Majesté (avec cette épigraphe : Où Dieu n'est , vérité n'est aussi). A Lyon , par Benoist Bigaud , 1 589 , in-4 de 1 5 pages.
L'auteur de l'Irenophile se montre dans son livre plutôt théologien que publiciste ; il l'a semé d'un certain nombre de vers de sa façon. Il traite fort mal les Protestants ,
Qui pour déformer tout se nomment reformez. P. 237.
Une pièce assez curieuse est un dialogue qui se termine ainsi (p. 182J:
De Paris jusqu'à Fez et du Rhin jusqu'au Gange , De mémoire au tableau le beau losscra mis De ce Roy qui a fait ses ennemys amys (sic) ; Son nom sur le s pivots de l'univers se range.
Nous citerons encore ces vers extraits d'une longue invective contre les partisans de la guerre4(p. 267) :
0 France , heureux séjour de l'encyclopédie , O Perle de l'Europe et du rempart chrestien , France , palais des rois et le beau entretien (sic) Des esprits ennemis du troupeau d'Arcadie :
Le Ciel qui de noz cœurs aux volontés adjuge Te vueille screner et de grâce et d'amour. Que Mars en soit chassé au bienheureux retour De la paix qui n'a lieu qu'en nostre saincte église.
Voyez sur Jacques d'Jpchon le Dict. de la Noblesse , par Lachenaye Desbois, t. 1 , p. 321.
[\)Jean Thohsan alla imprimer à Aix en Province , en 1397. C. B., Met., p. 453. Voyez ci -dessus au 21 octobre 1304.
1594. — Les Libériez de V Eglise Gallicane (par Pierre Pilhou). A Lyon, par Guichard Jullieron et Thibaud Ancelin, imprimeurs du Roy. M. D. XCHI , in-8 de 21 pages. — On ne trouve pas dans cette édition l'Epitre dédicatoire à Henri IV, dont parle Barbier , n° 10,471 de ses Anonymes.
1594. — Officinae Ravisii Textoris Epitome.... Lugduni , apud Antonium Gryphium, 1594, in-8 , divisé en deux tomes. Il n'y a entre cette édition et celle du même imprimeur de 1593 , d'autre différence que la date. Antoine Gryphe était donc sorti de la prison où il était retenu pour dettes en février 1589; il avait donc pu reprendre ses insignes d'imprimeur , autour desquelles on lisait : Firme duce , comité forluna. — V Epitome de Le Tixier de Ravisyaètè souvent réimprimé à Lyon , ainsi que ses autres ouvrages. Nous ne retrouvons pas dans Y Epitome de 1593 plusieurs citations qui étaient dans les anciennes éditions. On a retranché de l'article Lais (Merelrices quœdam) , ces quatre vers extraits de VArchilrenius de Jean de Hanvill (1) , qui n'auraient pas été déplacés dans le Dèmostliéniana (2) :
Non patitur Lais dubio Dcmosthcne , nec quem Movcrat, cvellit , perdendo prodigua auro Non émit amplexus, thalamos quos vendit cmcnlcm Fallit, et emptorem mox pœnitet empta voluptas.
1594. — Œuvres (les) de Jean Godard, Parisien, divisées en deux tomes, etc. A Lyon , par Pierre Landry, M. D. XCIIII, in-8. — On lit à la fin du tome 2e : Imprimé à Lyon, par Jean Tholosan, M. D. XCIIII (3).
Jean Godard naquit à Paris le 15 septembre 1564. On ignore l'époque et le lieu de sa mort , que Ton croit postérieure à l'année 1624 ; il paraît avoir séjourné dans le Lyonnais et dans le Beaujolais , car on trouve dans ses Œuvres plusieurs pièces adressées à des notabilités de cette province. Voyez t. I , p. 234 ; t. II, p. 275 , 279 et 387. A cette dernière page commence une Elégie à Nicolas ds VAnge (Langes) , président en la cour de parlement de Dombcs et au siège presidial de la sénéchaussée de Lyon. Une des plus jolies pièces de ce poète est , sans con-
(1) Voyez sur ce poète, son article dansPolycarpc Leyser, Viiœpoelarum, medii aevi; le tome XV, des Mém. de l'Acad. des inscript. , p. G'iO ; le Manuel de M. Brunei , art. Architrenius , et la Biogr. univ., art. Hanvill.
(2) Voyez p. 18 de cet Âna. L'anecdote sur Démosthène à Corjnthc a été mise en vers, par Pavillon , t. II, p. 49 de ses Œuvres , édition de 1747 , par Baraton , p. 91 de ses Poésies diverses, et par uu anonyme , dans le Mercure galant de 1C77 , p. 219. Voyez aussi le Dict. de Bayle , art. Lams (Louise).
(3) Voyez sur le tome 2e de ces poésies, le Catalogue de la Bibliothèque de M. de Soleinne, n° 853. Nous souscrivons très-volontiers au jugement que le Bibli'yphile Jacob a por;é de Godard. « C'était, dit il, un véritable poète, même un poète dramatique : il y a dans ses œuvres bien des vers aussi charmants que celui-ci :
Ce qu'on aime beaucoup donne beaucoup de crainte. »
Iredit , celle qu'on lit à la page 103 du premier volume ; elle est imitée
de Catulle et de Martial , et n'a pas été connue de M. Noè'L
toiresde Henry IV, ensemble les Trophées [dudict, avec les commentaires de Claude le Brun, advocat (1). Lyon, Thibaut Jncelin , 1Ô94 , in-4. (Bulletin du Bibliophile, année 1843, p. 43Ô). — On cite encore deux éditions sous la même date , des Trophées de Henry IV, Tune de Paris , in-8 , l'autre de Lyon , Pierre Landry , môme format.
III. La Langue françoise , etc. (en prose). Lyon, Nicolas Jullieron , 1 620 , in-8 de 224 pages (première partie) .
L'auteur adopte dans cet ouvrage , une orthographe qui lui est propropre; en voici un échantillon :
« La Nature êt la seruanle et la chambrière de Diev : mais elle èl la dame et la maitresse des Hommes. Elle obéit à Diev : elle commande aux Hommes. Elle exécute toûiours toutes les volontez de Diev : mais elle empêche bien souuant l'exécution des volontez des plus grans Hommes de la terre. Gesar veut faire un port à Hostie : Nature s'y oppose , et ne permet pas qu'il captiue Ja mer.... »
Parmi les pièces de vers à la louange de Claude Le Brun de la Rochette, qui se trouvent en tôte du livre de cet auteur , ayant pour titre Les Procès civil et criminel , etc. Lyon , 1618 , in-4 , il en est une qui porte la signature de Jean Godard , lieutenant civil et criminel au bailliage de Ribemont ; mais il n'exerçait plus ces fonctions , comme on le voit dans la dédicace, que Le Brun lui fit du 3e livre de ses Procès, en l'engageant à profiter de ses loisirs pour mettre au jour de nouveaux poèmes et les ajouter aux Vingt-quatre mille bers qu'il avait déjà publiés. Parmi les pièces préliminaires du Procès criminel est encore une pièce de vers de Godard; c'est une Ode qui a pour litre le Second Hercule. Voyez l'article de J. Godard dans la Biographie universelle , et une étude sur ce poète, par M. Colombet, dans le Courrier de Lyon du 17 septembre 1834.
1594. — Oraison funèbre faicte et prononcée à Lyon en la Ghappclle des Penitents-Blancs , aux honoraires obsèques et service qu'ils ont célébré pour la très-heureuse mémoire , de très-grand , Ires-magnanime et victorieux Prince Henry III du nom , Roy de France et de Poloigne. Par M. Pierre Mlard, conseiller du Roi en la seneschaussée, etc., le
Claude Lcbrmn de la Rochetti, né à Emu jeu en IB6Q , est autour de plusieurs ouvrages de théologie et de jurifprodf wee dont nous parlerons à l'aimé* 1*98.
Mignonne , si tu veux savoir Combien c'est que je veux avoir De tes baisers à suffisance , cto.
Voici une liste de ses Ouvrages r
2 aoust 1594. A Lyon , par Tliibaud Jncelin. M. D. XCIHI , in-8 de 52 p. (B. de Lyon , 16,319). Voyez ci-dessus au 2 août.
1594. — Plaidoyez de M. Simon Marion.... A Lyon , pour les Frères de Gabiano. M. D. XCÏIII , in-8. — Dédicace de l'auteur à la France , datée du 1er mars 1594. On trouve, p. 90-95 de ce volume , un Plaidoyé prononcé au parlement de Paris, le 22 décembre 1588 , sur la vérification des lettres du Gouvernement de Lyon , octroyées au duc de Nemours.
1594. — Les Plaisons Devis , recitez par les supposls du seigneur de la Coquille , le Dimanche 6 mars 1594. A Lyon, par le Seigneur de la Coquille. Avec permission. Pntit in-8 de 27 pages (t). — Sur le titre est une figure allégorique représentant Typosine, déesse des imprimeurs. — Nous n'avons rien trouvé de bien plaisant dans ces devis où les imprimeurs se réjouissent principalement de la réduction de Lyon;
en voici quelques vers : • ,
Pins ne vivons à l'advenlurc , A la mcrcy des tyranneaux , , Ils avoient marchandé nos peaux , Biens et moyens , et les infâmes Vouloyent coucher avec nos femmes Sicut et nos
Honneur soit aux bons eschevins ,
Mais surtout à ce grand guerrier , Ce magnanime Chevalier , L'honneur de la fameuse Corse , Duquel la généreuse force Esgalle à celle du Lyon , A secouru nostre Lyon.
IIIe Suppost.
J'ay leu au Bornant de la Rose Qu'à Rome , par mont et par val , Pasquin parloit du Carnaval.
V Suppost.
Toy qui as l'heureuse mémoire , Fais-nous récit de cest' histoire.
11° Sitppost.
Pasquin se complaignoit à Romme , Non d'estre appelé meschant homme , Volleur, massacreur, sacrilège , Faux monnoyeur, sorcier , hereige ,
(I) L'exemplaire que M Coste possède d'une copie sur vélin des Devis de 1894 , lui vient de la vente Solcinnc ; on y trouve aussi les Devis du 2 mai 1581 ; ceux du 10 février 1584 ; ceux de 1589 , et enfin ceux du 8 mars 1583.
Laschc, poltron, traislre et morveux.
Empoisonneur, bcllislre et gueux , Ains d'un outrage énorme et pire Qu'aucun jamais ait ouy dire.
Quoy donc ? D'avoir eu le renom D'Espagnol d'armes et de nom.
IIIa Suppoit.
Est-ce Pasquin ou bien Marphoira Qui dit cela? Va , que la foire Te puisse parfumer le nez.
Les Plaisans Devis sont suivis de petites pièces dans le goût de celle-cy :