AUX DAMES
Cachez ces yeux , ce front, reste bouche et ce sein , Ou bien favorisez mon amoureux dessein D'un baiser gracieux sur vos lèvres my-closes , Où je vois tant de lys, tant d'oeillets et de roses.
Rien n'indique quel est l'auteur de ces Devis; toutefois nous sommes portés à croire qu'ils sont de Louis Garon (I). Voyez ci-aprés les Publications de 1601 , et au 1er mai de cette année. .,
1 694. — Possevini Antonii, Societalis Jesu, Tractalio de Poesi et Pictura elhnica, humana, et fabulosa collata cum vera , honesta et sacra, Àdjectus est in hac editionc novus Index , Lugduni , apud Joannem Pilleholte, 1594, in-12 (B. de Lyon). — Antoine Possevin, né à Manloue en 1534 , séjourna plusieurs fois à Lyon où il se signala par son zèle contre les calvinistes . en 1562 et en 1564 ; en 1571 , il était recteur au collège delà Trinité. Son traité de Poesi et Piclura n'est pas le seul ouvrage qu'il ait publié à Lyon. Voyez Niceron, XXII , 217 et suiv.; la Biogr. Lyonn., p. 235 , et ci-après au 26 février 161 1 .
1594. — Première (La) face du Janus françois.... Par Jean Aimes de Chavigmj , Beaunois. A Lvon, par les héritiers de Pierre Roussin , M. D. XCIV, in-4. — L'abbé à'Artigny , tome III , p. 249 et suiv. de ses Nouveaux Mémoires, nous a donné une analyse de cet ouvrage qui contient quelques particularités sur notre Ville , où il paraît que son auteur a fait un long séjour. Biogr, Lyonn,, p. 70.
1694. — ■ Remonstrance sur la réduction de la ville de Mascon a l'obeyssance du Roy. À Lyon , par Guichard Jullieron et Thibaut Ance- I«n, M. D. XCIÏII, in-8 de 32 pages (B. de Lyon, t. 73 du n° 25201).
— Dédicace à M. de Botheon (Guillaume Gadaigne), Signée P. L., ini.
(1 ) Voyez sur cet auteur la notice que nous avons publiée dans la Revue du Lyonnais , en 1837, et son article par M. Weiu, tome 63 de la Biographie universelle.
tiales des auteurs ou des éditeurs , suivie d'un sonnet contre les ligueurs.
1594. — Response de Pierre la Coignée à Yne lettre escriple par Jean de la Souche, à l'aulheur du Discours faict sur la réduction de la ville de Lyon , sous l'obéissance du Roy , avec la coppic de la dicte lettre. A Lyon , par Roland le Fendant. M. D. XCHH, in-8 de 26 pages (B. de Lyon , 23,4 15 , t. III). — La Lettre est supposée écrite par un ligueur ; elle est datée de Florence, ce 16 mars 1594, et la Response de Lyon , ce 24 avril 1594. — L'auteur du Discours sur la réduction de Lyon est Antoine du Verdier , el c'est probablement de lui qu'est la réponse à la lettre de Jean de la Souche. M. Gonon a fait réimprimer ces trois pièces, Lyon , 1843, in-8 de 38 pages. II y a joint cinq lettres d'Henri IV , datées de Paris , le 31 mars ; de Laon , le 4 aoust; de Compiègne , le 24 du même mois ; de Fontainebleau , le 1 1 septembre , et de Paris , le 27 décembre 1594. Ce9 cinq lettres se trouvent avec quelques légères variantes dans nos Documents.
1594. — Variorum in Europa ilinerum deliciœ, etc., à Nathaxe Cuytraeo. Herborn , 1594 , in-8. — C'est un recueil d'inscriptions de tout genre , relevées par l'auteur dans les différents pays qu'il a parcourus. Nous avons sous les yeux la 3e édition de cet ouvrage , apud Christophorum Corvinum, 1606, in-8. Nous en extrayons l'article suivant (p. 57») : <
LUGDUM.
IN AEDIBtîS TYPOGRAWll CtTIUSDAM ,
Nolueris tibi quœ fierïfac talia îralli , Mutua ne référant quœ modo praestileris (t). , vj
ALIW S€B TABULA PICÏA-
Miraris dorso cancri consistera mundnm Dcsine , sic hodie vertitur orb» iter. •
FoNTlS I* CASTELLO OaiEVIETI (2)
QUOD NATCRA HCIC MUN1HENT0 1NYIDERAI , HOC FELIX INDUSTR1A ADJECIT.
L'auteur de l'article Chytbke , dans la Biogr. univ., lui donne pour prénom ffalhanaëh, n'est-ce point une erreur ?
1595. — Janvier 3. Le Consulat réitère les ordonnances portant défense à toutes sortes de personnes de vendre des poudres à canon , ailleurs qu'en la place des Terrtanx. S.
1595. — Janvier 3. Le Consulat, attendu qu'il n'y a pas de fonds pour payer divers messagers envoyés dehors pour le service du roi ,
(1) Ce distique était probablement gravé au-dessus de la porte de 4on de tournes ,
qui avait pour marque tantôt une main tenant une équerre, tantôt deux vipères entrelacés, avec celte devise : Quod libi fieri non vis , alteri ne feceris.
(2j Je présume qu'il faut lire ¥or}vieti ou For» veleris; il s'agit ici d'une fontaine placée sur le boulevard de Fourviin.
ainsi que ceux qui ont travaillé rompre les glaces du Rhône et de la
Saône, aux avenues de la ville, etc., arrête que l'on priera M. de Bellièvre d'ordonner à M. le trésorier général de l'extraordinaire des guerres, de remettre ès mains de M. de Montmarlin, 200 écusdes denier* provenants de l'emprunt qui se lève sur les bourgeois de cette ville , pour être par lui distribués ainsi qu'il sera ordonné. S.
1595, — Janvier 5, Mgr le duc de Montmorency , pair et connétable de France , ayant mandé en la maison do M. de Botfiéon , Messieurs les echevins , pour tenir conseil sur l'occasion de la nouvelle arrivée de Paris, que par arrêt de la Cour, les Jhesuistes estaient condamnés à vuider du Boyawne , y sont comparus MM* de Montmarlin , Laurens , Maillon, Vm, Pelletier , Falentin , de Couvet et Colhabaud; et y auroit été procédé et ordonné par Mgr le connétable ainsi que plus à plein est contenu par l'acte qui en a été fait par le secrétaire de la ville , et qui sera icy enregistré. —Cet acte n'est pas dans le registre. S. Voyeiau 31 de ce mois , et ci-dessus au 9 mars 1594.
1595. — Janvier 5. M. d'Ornano écrit de Moras au Consulat , que dépêchant le sieur Bongars, son secrétaire , pour ses affaires particulières , il l'avoit chargé , en passant à Lyon , de recevoir les commandements du Consulat , et de lui renouveler ses offres de services. Il l'informe qu'il a donné avis à M. de BcUièvre que le sieur de TS'elon lui étoit venu demander permission de pouvoir allçr en toute sûreté partout où ses affaires le requerroient , attendu qu'il avoit entièrement quitté le service de M. de Nemours; étant résolu désormais de vivre et mourir fidèle sujet et serviteur de Sa Majesté , ainsi qu'il en prêtera I e serment ; ce dont il a bien voulu aussi donner avis au Consulat , et lui en demander le sien , etc. S.
1595. — Janvier 12. M* Pierre Justrein,hyonnoU, exilé , expose au Consulat que des affaires domestiques l'obligent à se rapprocher de Lyon; il ne veut cependant le faire sans en avoir leur permission , bien qu'il ait déjà celle de S. M.; il espère qu'on lui permettra de séjourner un mois dans sa maison tiCMbigny. Sa requête est datée de Jarniosl, le 12 janvier 1595. — Le Consulat lui répondit le même jour qu'il acquiesçoit à sa demande , ayant la confiance qu'il se comporteroit en sa maison d'JWigny comme l'on pouvoit Je désirer d'un personnage de son rang , qui sait trop mieux ce à quoi le devoir et )a raison l'obligent. S,
1595. — Janvier 12. Le sieur de Lescot , lieutenant du guet à Lyon, retiré à St-Chamond depuis la réduction de la ville , eerivoit au Consulat qu'il avoit appris qu'un sieur Natarel se proposent de faire solliciter en Cour pour lui faire enlever son état qu'il a servi la ville en cette charge l'espace de vingt ans sans reproche ; cependant craignant quelque surprise , il a cru devoir rappeler au Consulat ses services passés, et l'assurer que le Roy ni le Consulat n'auront jamais e» cette charge personne qui désire plus fidellement servir que lui , etc. — Le G mars suivant , le sieur de Lescot demanda la permission de venir ha-
biter une maison qu'il avoit à Dardilly , comme on l'avoit accordé à d'autres. S.
1595. — Janvier 27. Les échevins de Bourges écrivent aux échevins de Lyon :
« Messieurs, suivant l'arrest de nos seigneurs du Parlement donné contre les prestres et escoliers de la Société du nom de Jésus , cculx qui estoient en ceste ville obeissans à icelluy , se retirent hors du royaume avec passeport et sauf couduict de Mgr le mareschal de la Chastre , noslre gouverneur, et les faisons accompagner jusques en vostre ville , où nous vous prions leur donner logis et passage libre avec toutes les seuretez qui leur seront nécessaires , et leur prester tout confort , faveur et ayde, pour, au plus tost qu'il leur sera possible, faire leur retraicte selon ledict arrcst; etoullre qu'ils vous en sçauront gré, nous vous en aurons obligation pour nous en revancher en ce que cognoistrez qu'aurons moyen de vous servir : Priant Dieu , Messieurs , etc. De Bourges, ce 27 janvier Î595. Les maire et échevins de la ville de Bourgts; signé de Pabdieu. » S.
1595. — Janvier 30. Lettre d'Henry IF au Consulat :
« De par le Roy, Très chers et bien amez , nous estimons que vous avez sceu comme sur l'advis qui nous fut donné , que l'on vouloit procéder à une eslcction d'eschevins en noslre ville de Lyon , noslre resolution fut de vous y faire continuer, laquelle nous feismes entendre à nostre Cousin le Connestable et au sieur de BeUièvre , pour en faire instance expresse de nostre part au corps de ladite ville : ce que a si bien reussy que nostre intention a esté suyvie , et en avons eu ung très grand contentement , ayant le corps de la ville en cela beaucoup mérité de nous, et vous encores davantage , d'avoir, en nostre recommandation, voulu accepter ceste charge que nous savons vous estre de peine et de despence très grande ; mais l'affection avec laquelle nous sommes bien adverliz que vous supporterez et Tune et l'aultre , nous oblige encores plus à la recongnoistre , comme c'est bien notre intention ; vous priant cependant de continuer à veiller soigneusement à la conservation de nostre ville ; et ne vous ennuyez poinct sy nostre acheminement est ung peu plus tardif que nous ne l'avions promis; mais ce sera, à ceste fois , sans plus aucune remise que nous partirons dans huit à dix jours au plus lard , qui sera une nouvelle aussi déplaisante à nos ennemys, que nous sçavons qu'elle vous sera agréable. Nous vous recommandons au resté de defferer aux ordonnances de nostre dit cousin le Connestable , et vous aider des bons conseils et advis dudit sieur de BeUièvre , comme vous pouvez estre bien asseurez qu'il ne sera rien proposé de leur part, qui ne soit pour le bien et repos de nostre dite ville. Donné à Paris , ce xxxe janvier. Henry, plus bas , Forget. » S. Voyez ci-après au 7 février.
1595. — Janvier 31. Les escheuins estans assemblez en la maison de M. de BeUièvre , conseiller du roi en son conseil d'estat, et commis à l'intendance de la justice de la ville et du gouvernement , scroit sur-
Tenu le sieur Guyot de Masso , receveur des deniers communs de la ville, lequel, en la présence desdits MM. de Bellièvre et de Bothéon, seneschal de Lyon et lieutenant gênerai , auroit dict que présentement que les sieurs Pères et frères Jhesuistes estans sur le point de leur despari et retraite de ladicte ville, en exécution de l'arresldelaCour du 29 dernier passé , luy avoient demandé le payement de la somme de 133 escus 1|3 qui leur estoit due à la Noël dernière pour la pension que la ville leur avoit assignée , à raison de 26G escus 2(3 par an ; lequel payement , jaçoit que ladite pension soit sur son estât , il n'a voulu faire sans ordonnance et commandement desdicts sieurs eschevins, à l'occasion dudict arrest , craignant que ladite somme ne luy fust allouée en la reddition de ses comptes. — Surquoy, de l'advis desdits seigneurs de Bellièvre et de Botheon, et de leur ordonnance , entant que besoin seroit , a esté ordonné audict de Masso de payer comptant auxd. Pères et frères Jhesuistes la somme de 133 escus 1 13 , nonobstant ledict arrest, pour ne les laisser partir avec trop de mescontentement; considéré mesmcs que ladicte somme est pour un terme eschu et passé , et qu'elle peultestre consommée et due à tierce personne. Et oullre qe lesdicts sieurs eschevins ont ordonné audict de Masso de payer par mesme moyen auxdicts Jhesuistes la somme de 100 escus, de laquelle ilz leur ont fait et font don pour une foys, aflin de leur donner moyen de faire leur voyage. Et sont Messeigneurs de la Chambre des comptes à Paris , priez et requis d'allouer ladicte somme , etc. S. Voyez ci-dessus au 5 de ce mois.
1595. — Janvier 31. Les Jésuites , sortent de Lyon et se retirent à Jvignon ; leurs biens sont confisqués. Arch. du Rh. XII , 170. Voyez ci-après, année 1603.
1595. — Février 4. Le Consulat écrit à M. Minières, chanoine de S, Just :
« Monsieur, encores que M. Minières, voslre frère, vous ayt deu amplement escripre de la souvenance que Ton a heue de vous en fort notable assemblée tenue en ceste ville pour le rcslablissement de nostre Collège de la Trinité , à présent depourveu de per:onnes dignes d'eslre employées pour l'institution de la jeunesse , oultre lesquels, après y avoir esté pourveu d'ung principal , vous avez esté nommé le premier de tous noz compatriotes, à qui sur tous aultres nous desirons despartir les honneurs de telles charges. Toutesfois pour vous rendre plus de tesmoignage de la bonne volonté avec laquelle nous proposons vous y introduire, nous avons bien voulu vous prier par ceste de ne point manquer à une sy belle occasion qui s'offre à vous d'obliger vostre patrie d'ung sy bon office auquel vous estes appelle , et à nous d'avoir moyen de faire protTicter au public les fruictz de vos cstudes , et de recognoistre en particulier voz labeurs, comme nous ferons dignement avec l'ayde de Dieu. L'obstacle léger qu'aucuns ont faict pressentir de ce que vous pourriez avoir promys de prescher pendant le caresme , en quelque aultre lieu , ne nous a peu demouvoir de ceste bonne délibération , parce que si vous l'avez agréable , nous ferons bien que quel-
que bon religieux de ceste ville s'acheminera pour vous en descharger et s'en bien acquitter ; et aûin que vous cognoissiez en effectque le sub jet qui se présente ne sera pas moings remuneratif de vos veilles que vous aurez moyen d'en produire les fruictz à vostre honneur et au bien d'ung public qui vous en sçaura gré > nous espérons que vous le croyez ainsy , sans user de plus longs propos en Vostre endroict , lesquels nous délaissons pour demeurer, Monsieur, voz bien affectionnez et serviables amyS... » S. f
1594. — Février 7. Le Consulat au Roi :
« Sire , Si ce que nous avons faict jusques à maintenant n'a rapporté les fruictz telz que le service de V. M. pouvoit bien requérir , pour le moings , les grands efforts que nous avons soubstenus , ont rendu assez de preuves de noslre fidellilé ; mais à présent qu'il ne nous reste plus que la bonne volunté avec laquelle nous y avons employé tout ce qui estok en nous , voyant le danger apparent de la veoir captiver en nous perdant, dont la playe ne seroit pas moindre que le bénéfice fut grand quand il plust à Dieu la mettre en liberté , nous serions trop coulpablcs si nous vous dissimulions , Sire , qu'il n'y a rien qui nous en puisse préserver , s'il ne plaist à V. M. se retrouver bientost icy , selon que ses lettres le promettent , et que toute l'existence des gens de bien en deppend. La prévoyance que nous avons heue du succez des affaires passez , a toujours esté bien tesmoiguée par les frequens ad vis que nous luy en avons donnez par cy-devant. C'est pourquoy nous la supplions très humblement de faire considération sur ce que nous lui disons à ce Coup d'iing tel danger qui est trop emminenl. Nous prions Dieu le vouloir destourner , et qu'il luy plaise, Sire, maintenir V. M. en très longue et très heureuse vie et prospérité. Lyon , le 7 février Î59ô. » S. Voyez ci*dcssus au 30 janvier,
1595. — Février 10. «... Fut advisé d'une trahison qui se brassoit sur Lyon , par le rOy d'Espaigne , les ducs de Savoye et de Nemours , pour surprendre ladite ville , et furent prins prisonniers plusieurs personnes ledit jour, entre autres un nommé Le Couluron, Dupré (1) , de VJubespin en Foretz, et Lefebvre, huissier : et le Samedy suivant , ïesdits Dupré et Lefebvre furent condemnez , savoir ledit Duprè à estre tenaillé en quatre endroits de son corps , de fer chault , au Change , la langue percée en la place Confort, pendu et cstranglé avec ledit Lèfeoùre; ce qui fut exécuté ledit jour, et leur teste mise . savoir , celle dudit Dûpré à St-Jusl, et ceîle de Lefebvre à la porte $tSèbaslien. » Arth. du Bh. Xïï, 170. — Avaient aussi trempé dans cette conspiration le sous-prieur des Cèlestins et le P. Cheynard , minime , qui s'évadèrent. Notes de M. l'abbé Scdan qui ajoute « qu'au mois d'août sui- « vant, il y eut des lettres de réhabilitation en faveur de la veuve et « des enfonts des condamnés. » Voyez d'autres détails dans Yffisi. de Lyon de MM. Clerjon et Morin , V , 445.
(i) Dupré était centrWcur. Il possédait anc maison qui fut confisquée. S.
1695. — Février 13. « Fut fait procession générale à Lyon /pour louer Dieu de ce qu'il avoit délivré ladite ville de trahison. Audit temps le pardon estoit, il y avoit huit jours, en l'église Ste-Croix. » Arch. du Rh.f XII', 170.
1695. — Février 18. - Fut pendu et eslranglé en la place Confort , un Florentin nommé Pachi Pachini , qui demeuroit au quarre de la Juiffrie, pour avoir recellé le capitaine Donat , qui estoit de la Ligue , qui s'aidoit à brasser ladite trahison , et ue voulut recognoistro le roy à sa mort. » Arch. du Wi.9 XII , 170.
1595. — Février 21. Le sieur Papon, procureur du roi à..., était mort dans un état de rébellion contre le roi. Quelques-uns de ses effets avaient été déposés chez les Jésuites, à Lyon , où ils furent découverts ; on proposa de les faire confisquer et vendre. — Le Pére Jacques Maistret, su (Traçant de Lyon, était fugitif et tenu aussi pour rebelle; le Consulat proposait de faire vendre les blés et les vins qu'il avait laissés à Lyon , si toutefois la confiscation devoit avoir lieu. S. Voyez ci-aprés au 15 janvier 1597.
1595. — février 21. « Fut pendu sur les Terreaux, un faux monnoyeur qui fa i soit de faux ducatons d'Espaigne , qui estoit de St Michiel audit Lyon , et fut bruslé après sa mort. » Arch. du Rh., XII ,171.
1595. — Février 25. « Passa par le Daulphinè des Espaignolz , Savoy ars et Napolitains, environ trois mille qui al tarent treuver M. de Nemours à Vienne. — Le mardy suivant, 28 , sortit de Vienne ledit duc de Nemours avec plusieurs chevaulx, tirant contre Toissay , et cnmenoyent tout ce qu'ilz trouvoyent , et fut suivi par les troupes, tant du sieur Conneslable que du sieur Alphonse , et entrarent audit Toissay avec ledit duc de Nemours , hormis quelques uns qui furent tués par les gens du sieur Connestablc et du sieur Alphonse , en voulant passer l'eau. » Arch.du,lBh.,XU,m.
1595. — Février 28. Pierre de Villars, archevêque de Vienne, écrit au Consulat :
«... J'ay fait tout ce que j'ay peu pour l'eslargissement de M. le médecin Thorel , nostre concitoyen , et y ay travaillé en vain , parce que M. de Nemours s'estoit résolu d'en retirer un prisonnier , que je sçavois bien qu'on ne lui accorderoit point. Enfin nous l'avons tant pressé qu'il a changé de resolution , et nous a accordé sa liberté moyennant celle du marquis Forlunat, si tant est qu'il vous plaise l'avoir pour agréable. C'est l'occasion de la présente où je ne m'estendray à vous remonstrer ce qu'est du mérite dudit sieur Thorel que vous cognoissez , et, je m'asseure , aymez pour sa vertu et prud'homie , laquelle m'oblige de luy rendre tous les bons offices que je peux. Je vous supplie donc , Messieurs , d'avoir esgard à son desastre , et l'en retirer par le moien qui seul nous est escheu après un si long temps (1). Je suis bien marry que je ne sois plus utile à mes compatriotes; mais ce cruel temps et
(tj ï.c sieur Thorel était dans les prisons de Vienne depuis quatre mois. «.
siècle dcsreglé a tellement déprimé ma profession qu'elle n'est en aucun crédit. Si je seray tousjours prest et prompt à vous servir en toutes occasions : saluant humblement vos bonnes grâces , et demeurant à jamais, Messieurs, votre concitoyen et affectionné serviteur : P. A. nE Vibnue. De Fienne, le dernier de février 1595. » S.
1595. — Mars 1. Le sieur de Torvéon, lieutenant criminel en la scnesc haussée , retiré, depuis la veille, en sa maison de Colonges , renouvela ses prières au Consulat pour lui donner retraite en la ville de Lyon , à cause des dangers auxquels lui et ses enfants sont exposes ; il désire sortir de l'inaction en laquelle il a été trop longtemps retenu , afin qu'il puisse rendre au roi et au public le service auquel sa charge l'oblige. « L'estroict serment defidellité, dit-il, qu'en personne j'ay presté au roy, doit fermer la bouche à tous ceulx qui vouldronl traverser l'humble prière que je vous en faiclz, laquelle vostre qualité et la mienne vous obligent m'octroyer avec le blasme et le desplaisir que recepvriez si ce que je tiens , après ma patrie plus cher , ma niere , femme , enfants et moy avec eulx , souffrions en cesle maison les dangers et les maulx, lesquelz sans vostre faveur nous ne pouvons éviter, car il y a danger à la demeure , etc. Signé de Torvéon. De vostre maison de Collonges , ce 1er mars 1595. » — Le Consulat répondit le \ mars que les nouveaux mouvements des Ligueurs donnoient lieu de délibérer de s'assurer de plusieurs d'entre eux qui n'étoient pas sortis de la ville , et de veiller aux autres qui étoient encore dehors; toutefois on espère qu'on n'aura pas besoin d'en venir à pareille rigueur , mais on est obligé par ces mêmes raisons différer de pourvoir à sa requête ; « Cependant, Monsieur, vous avez , lui dit le Consulat , ces doux con- « solalions suffisantes pour un personnage de jugement tel que vous « êtes, l'un que la venue du Roy ne peut guéres tarder , et l'aulrre que « les nouvelles appréhensions qui vous oui esmeu , sont presque ces- « sôes , grâces à Dieu , lequel nous supplions de toute nostre affection , « qu'il luy plaise faire cesser tous les soupçons par lesquels les ungs et « les aultres sont esgalement travaillez ...» — Lors de la venue du Roi , M. de Torvéon écrivit au consulat deux autres lettres datées aussi de Colonges les 21 et 27 août : « Maintenant , Messieurs , dit-il dans la première , que Dieu nous favorise et bienheure cestc ville par la présence du Roy...., et, comme ce prince a, entre tant d'autres vertus , comme propres et nées en luy , la clémence et la vérité faites , à son exemple, escla ter ces deux grandes vertus, prenant peine d'ensevelir les aigreurs passées.... Je vous asseure que je rapporteray tousjours toutes mes actions et volontezà ce qui est du service du Roy et de ma patrie en laquelle j'ay celle qui m'a élevé , ma femme , enfans , parens , amys, en somme tout ce que Dieu m'a donné de plus cher au monde,... » — Par la seconde lettre , il se plaint amèrement de ce que le Consulat ne lui a pas répondu : « Considérez, Messieurs , que je suis nourrisson de vostre ville , eslevé parray vous jusqu'en l'âge auquel Dieu m'a donné le moyen... d'y servir, comme j'ay faict depuis 20 ans avec la fidélité et amour que je dois à ma patrie et à mes concitoyens , et que je suis tilz deceluy en la charge dnquel J'ai succédé, qui y a 35 ans entiers
servy avec toute intcgiitè le Roy et le public , sans, à leurs despens , accroistre son patrimoine ; et , oultre ce , vous a, à ses despens , heureusement gouverné. Jugez si les grands services faicts pendant 45 ans en toutes les charges qu'il a eues jointes avec les miennes , peuvent mériter que je sois esconduit de Thonnesle et juste prière que je vous fais. Ressouvenez-vous que j'uy esté csloigné hors de ma maison sans offense, et sans avoir eu la permission d'y rentrer, laquelle un ancien disoit que, sans violer la nature , on ne pouvoit refuser S.
1595. — Mars 2 et 4. Guillaume Gella, échevin, réfugié à Fillefranche, demande au Consulat la permission de retourner en sa maison , non pas tant pour lui que pour sa femme malade et pour ses enfants. Le 1er mars , l'ennemi avoit passé le long des murailles de Fillefranche , enmenant le bétail des granges, et il avoit logé aux environs de celte ville , ce qui y avoit répandu l'alarme. Il ne pense pas avoir lant offensé le Consulat ni personne de la ville pour mériter d'être destiné à tomber entre les mains des ennemis. On sait assez la haine que M. de Nemours lui porte. Il demande donc un passeport ou un sauf conduit pour rentrer à Lyon , et plutôt que de s'exposer à la mercy de l'ennemi , il est résolu de se rendre , à quelque péril que ce soit , aux faubourgs de Lyon , pour se mettre entre les bras du Consulat qui fera de lui ce qu'il voudra , etc. S.
1595. — Mars 11. « Le Rosne et la Saône crurent grandement , et dura ladite crue jusqu'au 20 dudit moys. » Archives du Rhône , XII, 171.
1595. — Mars.... Charles Noxjral , ; un des anciens échevins, exilé à Cluisselay , expose que , depuis un an , il n'a point importuné le Consulat pour le décharger de la somme à laquelle il est obligé pour la ville, dont il avoit payé les changes de payement en payement jusqu'à celui des Rois. Il l'a fait ainsi parce que on lui donnoit à entendre de mois en mois , que S. M. venoit à Lyon , et qu'alors il y rentreroit avec sa famille; mais à présent n'ayant plus les moyens de le faire, il a lieu de craindre qu'on le fasse constituer prisonnier , ou qu'on le fasse exécuter en sa maison , ce qui lui feroit fermer sa boutique, et perdre son honneur et son crédit. « Si vous n'avez pitié de moy , dit-il , ayez « pitié de onze petits enfans qui sont innocens du mal que vous pourriez « penser que j'aurois faict , dont je prends Dieu et les hommes à tesa moings... » Il avoit appris que Ton avoit fait une ordonnance pour que ceux qui se sont approchés de Lyon eussent à se retirer plus loin . Il supplie le Consulat qu'on ne le mette point dans ce nombre. M. de Masso témoignera de la façon dont il vit dans son logis ; il demande à y rester jusqu'à la venue du roi. — Par une autre lettre du 21 mars, datée aussi de Chasselay, le sieur Noyrat représente au Consulat que le dimanche précédent, jour de Pasqua Fleury , il y avoit eu un an qui êtoit sorti de son pays et de la ville de sa naissance , sur Tordre qu'il lui en avoit été donné, et avec l'espérance que son exil ne scroUquc pour un mois. II prie le Consulat de faire considération sur sa vie et sa conduite connue. Il se trouve à ce m(»mcnt parmi les soldats en garni-
son au fort de Chasselay. « Nous sommes à présent , ajoute-t-il , au a temps de pénitence , en attendant une bonne absolution , laquelle « je vous supplie, Messieurs, me vouloir accorder.... » — On ne trouve pas de réponse. S.
1595. — Avril 5. Le Consulat arrête d'écrire au Roi les causes ponr lesquelles M. le Connétable et les autres Seigneurs qui sont ici pour le service de S. M., ont trouvé nécessaire et commandé de faire sortir de la ville , le sieur de Malezieux , pour les querelles qu'il y avoit suscitées peu de jours après avoir été reçu à y rentrer. ... S.
1595. — Avril 8. Dimanche « M. de Biron arriva à Lyon , le samedy suivant s'en retourna. » Arch. du Rh., XII ,171.
1595. — Avril 15. « Fut faict une grande neige et gela bien fort avec grand froid, et continua jusqu'au 26 dudit moys. » — o Audit temps , le pardon cessa d'estre aux églises, comme il esloit du commencement des guerres. » Arch. duRh.f XII ,171.
1595. — Avril 15. Certains marchands Arméniens venus en cette ville depuis plusieurs mois, y avoient vendu une grande quantité de rhubarbe et autres marchandises , sans payer de droit de gabelle. Le Consulat nomme deux échevins pour voir le compte de ce qu'ils ont vendu, et régler avec eux les droits de gabelle. On traite avec eux , et on se contente de 10 écus pour les droits, attendu qu'en ce moment la rhubarbe manquait à Lyon. S.
1595. — Avril 19. Le Consulat écrit kM.Bolliod (1), procureur en Parlement à Paris , pour le prier de succéder à M. Ysambert dans la poursuite des affaires de la ville près cette cour , et en particulier au procès que le sieur du Perdier avoit suscité aux écbevins. S.
1695. — Avril 19. Lettre du Roi au Consulat :
« De par le Roy. Très chers et bien amez , si ne vous avions lesnioigné par toutes sortes d'effeclz, combien nous affectionnons vostre bien et soulagement , vous auriez occasion d'estre en peine du long temps que nous avons demeuré par deçà , sans entreprendre le voyage que nous vous avons promis de faire en voz quartiers ; mais nous avons esté retenuz de tant d'aultres et si importantes affaires qu'il ne nous a esté possible de partir jusques à ceste heure , ce que le sieur de St- Genis vous asseurera. Nous avons (résolu de) commencer ce voyage, sans avoir esgard à la rigueur et incommodité du temps, ny à l'indisposition de nostre personne qui est encores faible de la maladie qui nous est nouvellement survenue; car le désir que nous avons de pourveoir à vos misères et nécessitez a surmonté toutes aultres considérations; vous priant.de croire que comme vostre bien et soulagement nous est singulièrement recommandé , nous n'espargnerons chose qui soit en nostre puissance pour vous faire paroislre combien vostre persévérance et fidélité nous est agréable , ainsy que nous espérons vous faire plus particulièrement ressentir par effect; ce que ledit sieur de
(I) Ce procureur avoit tout récemment épousé la fille de (eu W Ysambert. S.
St-Genis vous fera entendre de nostre part. Donné à Paris, le xixe jour d'Avril 159«. Signé Henry ; plus bas , deNeufville. » A. M.
1595. — Avril 20. Le sieur Henry Bonnet, qui, lors de la réduction de la ville , avoit été fait capitaine penon de l'un des quartiers les plus importants, avoit à comparoîtrc dans une affaire pendante au Parlement de Grenoble; le Consulat, qui jugeoit sa présence nécessaire dans les circonstances , prie Messieurs du Parlement de dispenser le sieur Bonnet de cette comparution , surtout en ce moment où le retour de M. de Nemours en ces quartiers exigeoit une garde très exacte et la vigilance dans le service , etc. S.
1595. — Avril 24. «... Fut rendue la ville de Vienne soubz l'obéissance du roy , par composition , excepté le Chasteau de La Baslie , qui tint bon , et ne se voulut rendre jusques à ce que le canon fut devant , et se rendit le 26 , et fut chanté ledit jour le Te Deum à St-Jehan. » Arch. du Rfy. XII ,171. (Voyez ci-après , aux Publications , le Discours au vray...) — Le colonel d'Ornano fit part au Consulat de la réduction de Vienne par une lettre du 26 avril.
1595. — Avril 27. Lettre du Roi au Consulat :
« De par le Roy. Très chers et bien amez, la responce que nous faisons à voz lettres du xxi de ce mois que nous avons reçues ce matin » sera la resolution de mes parlement et acheminement devers vous pour de tout nostre pouvoir vous secourir et assister en voz afflictions , dont nous vous prions de ne plus doubter , vous assurant que vostre conservation nous est si recommendée , et vostre deslivrance des charges que vous supportez si affectionnée que nous mettrions en arriére loutaultre chose pour y pourveoir , et si les incommoditez de noz affaires et aultres accidens qui nous ont retenu par deçà jusques à présent ont authorisé les doubles que aucuns vous ont imprimez de nostre voyage , nous espérons que les faictzque vous recueillerez en brief de l'accomplissement d'icelluy , vous apporteront tant de consolation que vous aurez occasion de vous en louer , comme nous faisons de vostre lovaultè et constance en laquelle nous vous prions de persévérer, comme nous ferons infailliblement moyennant la grâce de Dieu , en l'assistance que nous vous promettons sans qu'il y ait aucHnc faulte ; ayant cependant habandonnè au sieur de Bellièvre les deniers de notre recepte goneralle de vostre ville , pour payer et entretenir les Suisses qui ont aydé à vous conserver jusques à présent , en attendant que nous puissions miculx faire , à quoy nous ne fauldrons ny perdions aucune occasion quand elle se présentera, comme nous vous exhortons de nous faire de vostre costé, puisque c'est pour vostre propre bien, comme pour nostre service, qui sont choses inséparables. Donné à Fontainebleau , le xxvij jour d'avril 1595. Signé Henry, et plus bas , de Neufville.» A. M.
1595. — Mai 2. Le Comte d'Auvergne arrive à Lvon. Arch. du Rh., XII ,171.
1595. — Mai 2. Le Consulat considérant « que M. Bullioud , capitaine penon du quartier où est logé Mgr le Omncstable, n'a pas fait
planter au-devant do son logis un may , ainsi qu'il est de bonne coutume , jaçoit qu'il en ait esté ad verti, arrête que le sieur de Peissière, capitaine penon du quartier du Change et pied du pont de Pierre , sera prié de fairo ce devoir, demain malin, avec le plus d'honneur qu'il sera possible. » S.
1595. — Mai 2. Les échevins en corps montent à cheval avec leurs robes violettes , Accompagués de plusieurs notables bourgeois , et vont au-devant de M. le comte de Clermont ; ils le reçoivent à la porte de Faize , et l'accompagnent jusqu'au logis de M. le Connétable , son beaupère , où il est descendu. S.
1595. — Mai 3. Lettre du Roi au Consulat :
« De par le Roy. Très chers et bien amez , comme il n'y a rien à présent qui puisse retarder nostre acheminement par de là , que le mescontentement que ont les Suissesse nostre armée par faulle de payement , pour laquelle ils habandonnent nostre service, desiransy remédier et estre asseurez d'eux devant que d'arriver en nostre dicte armée, nous escrivons présentement au sieur de Bellièvre /conseiller en nostre conseil d'estal, et le prions prendre la peine de les aller trouver où ilz sont pour traicter avec eulx , sacbant la créance qu'ilz ont en luy , et que aultre quel qu'il soit ne nous y peut servir si utilement qu'il fera; de quoy nous avons bien voulu vous advertir, et sur ce vous prier trouver bon qu'il face ce voyage; il ne sera long, et peut estre très utille, car rien ne peut tant advancer le nostre que cella , lequel n'est moins nécessaire pour le bien de nostre royaume , qu'il est désiré de nous et de vous. Nous prions nostre très cher cousin le Conncstable de demeurer cependant avec vous , pour continuer à vous assister et conserver en attendant le retour dudit sieur de Bellièvre , et nostre arrivée par delà, laquelle aussi bien la réduction en noslre obéissance de nostre ville de Vienne rend, ce semble, moins pressée, n'est toutesfois de nous moins affectionnée et jugée nécessaire que devant , comme vous fera plus amplement entendre de nostre part ledit sieur de Bellièvre. Donnr à Fontainebleau , le iije jour de mai 1595. Signé Henry , plus bas , de Neufville. » A. M.
1595. — Mai 13. Lettre du Roi au Consulat :
« De par le Roy. Très chers et bien amez , nous partons dedau> deux ou trois jours pour nous acheminer devers vous , et y porter nostre présence etauctorité , accompagnées de toute la bonne volonté' que vous pouvez désirer de nous , pour vous délivrer d'oppression cl vous soullager, comme vous cognoistrez par effect. Cependant nous mandons à nostre très cher cousin le Connestable qu'il se tienne prest pour nous venir trouver sitost que nous serons arrivez en nostre pays de Bourgogne par où nous avons advisê de nous acheminer pour plusieurs considérations qui importent à nostre service , et qu'il nous envoie devant nostre cher et bien aimé nepvcu le comte de Clermont, avec ceulx qui l'accompagnent, pour nous servir aux occasions que nous estimons qui se présenteront en ce voiage , ne voullant engager noz forces aux affaires de par delà que nous n'y soions; car , si nous pou-
vons combattre l'armée de nozcnneniys, comme nous désirons faire , et que , plaise à Dieu nous en donner la victoire , comme nous l'espérons, il nous sera très facille après de nettoier le pays de Foi%est, et vous délivrer de toutes incommoditez , sans y occuper et retenir de présent nozdites forces, qui seront plus utilies et mieux emploiées auprès de nous , ainsi que nous escrivons présentement à nostre cousin le Connestable , et au sieur de Bellièvre , auquel nous desirons que vous donniez loisir d'aller négocier avec les Suisses de moti armée; ce qUe nous luy avons commandé , car tout aultrc ne nous y peut estre si utille queluy, et comme vous serez cependant assistez de la présence de nostre cousin , et consolez de mon acheminement , nous espérons qu'il n'arrivera aucun inconvénient en vostre ville qui vous face regretter pour si peu de temps l'absence dudit sieur de Bellièvre. Donné à Fontainebleau , le xiije jour de may 1595. Signé Henry; plus bas, de Neufville. » A. M.
1595. — Mai 18. Le Consulat assiste aux obsèques de Jean Pelletier , un des échevins. S.
1595. — Mai 18. Les Imprimeurs intentent un procès aux libraires de Lyon qui faisaient imprimer des livres à Genève, S.
1595. — Mai 20. Claude Trellon obtient des lettres patentes pour faire paraître lui-même une édition de ses œuvres telle qu'il la désirait. L'abbé Goujet , XIII, 381.
1595. — Mai 27. Lettre du Roy an Consulat :
a De par leRoy. Très chers et bien amez, vous vous ressouvenez bien de l'instance que vous nous feistes, lorsque nous estions par de là, qu'il nous pleust d'envoyer une compagnie du Parlement pour tenir les Grands Joirfs , à quoy si tost que nous avons esté de retour de deçà , nous avons voullu travailler; et bien que ce n'ayt pas esté sans beaucoup de peyne et d'opposition , que nous ayons peu tirer et desgarnir de nostre cour de parlement ung si bon nombre déjuges, toutesfois pour le desir que nous avions de vous donner ce contentement , nous avons vaincu toutes lesdiles oppositions, et affin de faire plus promptement acheminer ladite Cour, fait expédier noz commissions des le commencement de ceste année en noz gênerai liiez de Lyon , Juvergne et Bourbonnois, pour imposer jusques à la somme de viijm m0 xxxiii escuz sur chacune desdites gencrallilcz pour le payement et entretennement d'icellc; mais, parce que nous voyons que ladicte levée tire ung peu en trop de longueur , et que s'il falloit attendre que les deniers qui en doibvent provenir fussent entièrement receus pour faire partir ladicte Chambre , que cela feroit ung trop grand préjudice au bien de noz affaires et cculx. de la province , nous vous avons bien voullu faire ceste-cy par laquelle nous vous prions et neangmoings enjoignons que , où il n'yauroit somme notable présentement receue pour la pouvoir faire acheminer , de vous assembler et adviser ensemble de pouvoir vous-mesmes faire l'avance de ladite levée, sinon tout, pour le moings une bonne partye, et jusqu'à la somme de buict mil escuz que vous
enverrez et ferez venir , au plus tard , en nostre ville de Paris dans la fin du mois prochain, dont vous vous rembourserez sur les premiers deniers qui proviendront de ladite levée , mesmes de ceulx qui s'en recevront en nostre recepte generalle de Lyon ; ayant ordonné pour cest effect au receveur et payeur de nostre cour de parlement , d'envoyer par delà son commis avec ses blancs pour en faire la sollicitation , et nous asseurant que vous ferez en cela chose qui respondra à nostre intention, y allant comme de faictet de noslre service et de vostre conservation particulliere, nous ne vous en dirons pas icy davantage. Donné au Camp de S. Quanlin , le xxvij0 de may 1595» Signé Henry; plus bas , Forget. » A. M.
1595. — Juin 7. Lettre du Roi au Consulat :
« De par le Roy. Très chers et bien amez , nous desirons nous servir au siège du Chasteau de ceste ville d'un canon qui est à Lion , et de deux aflutz ferrez qui y sont aussi, pour en mettre ungau canon qui est en noslre ville de Mascon , et faire conduire Paultre hault le pied , avec deux paires de roues à canon que vous avez ; de quoy nous avons donné la charge à nostre très cher cousin le duc de Montmorency , pair et connestablc de France; et vous en avons aussi bien voulu faire ceste lettre pour vous prier de faire remettre ès mains de nostre dit cousin . non seullcment ledit canon , mais aussi lesdits aflutz et roues à canon ; vous asscurans que nous vous ferons rendre et restituer le tout , de telle sorte que vous aurez occasion de vous en contenter, ainsi que nostredit cousin vous fera plus amplement entendre de nostre part. Donnéà Dijon, le vijejourde juin 1595. Signé Henry; plusbas,deArew/w7/e.» À.M.
1595. — Juin 16. Lettre du Consulat au Roi :
« Sire, bientost après que Dieu nous feist ia grâce d'esloigner ceulx qui nous tenoient séparez de vostre obéissance, il pleustà V. M. sur le tesmoignage que nous luidonnasmes des bons services que Thibaud Ai\celin avoit rendu en l'exécution d'un si bon œuvre , le retenir pour l'un de ses imprimeurs en ceste ville , en continuation de quoy ', nous supplions très humblement Vostre Majesté qu'il luy plaise octroyer audit Ancelin, le privilège d'imprimeries Heures, Diurnaux , Bréviaires et Mcssels (sic) pour quelque temps, à ce que le bon commencement qu'il y a desjà mis avec grands frais, ne luy soit inutil et au public (1), et pour lui donner plus de moyen de continuer en la bonne volonté qu'il a manifesté par les efleetz en toutes les occasions qui se sont présentées , nous prions Dieu continuellcmeut qu'il lui plaise , Sire, maintenir Vostre Majesté en très longue et 1res heureuse vie. Voz très humbles , très obeissans et très fidclles subjects et serviteurs , les consuls et eschevins de la ville de Lyon, TnoMÈ. A Lyon, le xvic de juin 1695. » A. M., Corresp., tome XVIII.
(1) Ici se trouvait le passage suivaut qui a été biffe : « Soubz prétexte tic rempesche o ment qui luy est donné par un nommé Roitelet, chef de la maison des héritiers do « feu Guillaume Roville , lequel ayant esté mys hors de ceste ville , comme non moine « suspecta Testât présent que ledit Ancelin en a bien mérité , se sert de certain privi- « lege, qu'il prétend ledit Roville en avoir obtenu de fort longues années , et le vcult « rendre non scullemcnt héréditaire , mais encores perpétuel. »
1695. — Juin 18, samedi. M. le Conneslable de Montmorency despar* titdeceste ville, et, s'en allant, priut le petit Tort de Toissay, par la rivière de Saône, le lundy suivant. Jrch. du Rh., XII , 172.
1595. — Juillet 23. Me Dain , avocat au Conseil du roy , qui , avant les troubles , avoit été employé dans les affaires de la ville, au Conseil privé du roy , comme son oncle , feu le secrétaire Paulmier l'étoit pour le faict de la Chancellerie, demande au Consulat la continuation de celte charge ; il dit avoir recueilli chez ledit sieur Paulmier plusieurs papiers de la ville restés dans son cabinet, etc. S.
1595. — Juin 24. Lettre du Roi au Consulat î
« De par le Roy. Très chers et bien amez , Ton nous a donné espérance que le vicomte de Chamois et Bazoches, qui sont voz prisonniers, nous rendront Toissê et St-Rambcrt qui dcppendent d'eulx, cl sont gardez par gens qui sont à leur dévotion , si nous leur faisons cest honneur que de leur commander nous-mesmes, et leur permctôns de nous venir trouver pour recepvoir sur ce noz commandemens : à quoy le sieur Dandelot nous a dit se promettre de les disposer , et d'au liant que nous cognoissons que leur deslivrance seroil très bien et utilement employée pour nostre service et vostrc soullagemcnt , si elle pouvoit produire un tel fruit, nous avons donné charge audit sieur Dandelot d'aller parler à culx, y emploïer le crédit qu'il estime y avoir, et nous procurer ce service. Partant, nous vous prions lui donner acccz et entrée pour ce foire , et si vous jugez avec les sieurs de Bellièvre et de Sancy , ausquelz nous en escripvons comme à vous , qu'il y ayt apparence d'espérer de les ranger à ce debvoir , les luy consigner et livrer pour les nous amener, affin de conclure et effectuer ce marché avec eulx , sinon les vous renvoyer et faire remettre entre les mains , comme nous vous promettons de faire; car nous ne entendons pas les deslivrer que pour vostre propre bien , et avec vostre consentement , tant l'un nous est recommandé , et estimons debvoir avoir soin de l'autre pour vos loyautez. Donné à Dijon , le xiiij0 jour dejuing 1595. Signé Henry; plus bas de Neufville. » A. M.
1595. — Juin 30. Lettre du Roi au Consulat :
De parle Roy. Très chers et bien amez, nous avons esté bien parfaitement informez par nostre cousin le Connestable de l'eslatde nostre ville de Lyon, et du grand soin et diligence que vous apportez à ce qui estde la seurellè , repos et tranquillité de nostre dite ville, dont nous sommes fort conlcns de vous. Il nous a aussy dict le grand désir que vous avez de nous veoir par de là , duquel nous espérons vous rendre bientosl saltisfaction , estans résolus de parlir dans deux ou trois jours pour nous y acheminer; mais nous pourrons bien prendre le chemin un peu plus long, pour donner tousjours quelque exercice à mon armée , au dommage de noz ennemys qui n'ont donné aucun empeschement à Feflectde la capitulation du chasteau de ceste ville , dont ceulx qui le tiennent sont ce jourd'huy sortiz, l'ayant laissé si bien garny de toutes choses nécessaires pour sa deffence , qu'il paroist visiblement que Dieu leur a oslé la résolution de s'en pouvoir ayder , pour monstrer tous-
jours quo leur cause luy est désagréable. Je luy en feray rendre demain grâces publiquement par une procession generalle qui se fera , comme le recouvrement de ccste dite ville et dudit cbasteau est une des plu* importantes grâces que nous pouvions recevoir * et dont nostre ville d(» Lyon resenlira (sic) en particullier beaucoup de commodité» Au reste, nous sommes advertiz que la munition des bleds qui avoit esté préparée pour la garnison de Monlluel est faiilye , et d'aullant que s'il n'y est promptement pourveu, il seroit pour en arriver un grand inconvénient parce que la garnison se desbanderoit infailliblement. Il est nécessaire que vous y donniez ordre au plustost. À ceste cause ne faillez de vous assembler avec ledit sieur de Bellièvre et les trésoriers généraux de noz linnances, pour ensemblemcnt y pourveoir promptement sans y perdre une seulle heure, l'affaire estant de trop grande conséquence pour pouvoir porter aucuns delays , comme nous nous assçurops que vous le scaurez bien considérer. Donné au Camp de Dijon , ce \\\° jour de juing 1595. Signé Henry; plus bas Forget. » A. M.
Î595. — Août 3, Madame la Marquise de Monceau (Gabriellc d'Estrêes) arrive à Lyon. Arch. du Rh., XH, 172.
1595. — Joui 13. Mort , à Annecy en Savoie , de Charles-Emmnnuel de Savoie , duc de Nemours , gouverneur de Lyon. — Il alla , dit testoilcy prendre possession d'un autre diadème que celui qu'il s'ëloit promis ici bas par le moyen de la rébellion (I). Voyez son article dans la Biogr. Lyon, et les Chroniques de Jean d'Auton, IV, 293 , ôdit de 1835. — On lit dans la Bibliothèque de du Ferdier , p. f 196 :
« Cosme de la Gambe dict Chasteauvieux , valet de chamjbre du Roy et de M. le duc Je Nemours, a récité plusieurs comédies et tragédies devant le Roy Charles IX , et le Roy à présent régnant (Henri III) , et en a composé quelques unes , assavoir le Capitaine Boubouffle, et Jodés Comédies ; Romeo et Juliette et Edouard Boy £ Angleterre , Tragédies tirées ùeBandel, Alaigre , tirée du Printemps d'yvcr , et plusieurs autres non imprimées. »
1595. — Août 18. Le Consulat arrête de faire acheter des tapisseries de Bergame , pour garnir deux chambres et un cabinet pour Madame la marquise de Monceaux. S.
1595. — Août 21 . Henri IF arrive à Lyon, prend son logement dans la maison de la Claire (2), au faubourg de Faise. Arcii. du Ru., XII, 4 72; Cochard, Séjours d'Henri IF à Lyon, p. 79; Isambebt (Recueil d')XV, 101 ; P. Morin , V , 451 .
(1) Estienne Pasquitr , dans une lettre écrite à M de Neuf-Çhel la 11e du îjvrcXVIlï . fait un grand éloge de Nemours , el donne des détails pleins d'intérêt sur ses dernier» moments. — On trouve aussi à ta fin du manuscrit des Harangues de Barthélémy de Villart, une pièce de 15 pages, intitulée : k* Dernier* Propos de MonsUar de Nemours.
(2) Voyez dans la Revue du Lyonnais , t. XX, p. 484 6 . un article sur la Claire cl sur la Duchère, où sont reproduites, sans indiquer l'emprunt, les inscriptions citées par M. Breghot, p. 27 et suiv. de ses Nouveaux Mélanges.
1595. — Août 26. Articles accordés en assemblée où étaient M. dê BtUiévre , M. de Betkéon et Messieurs les Echevins , signés depuis par S. M., et publiés à son de trompe :
« C'est assavoir que , si! plaît au Roi , l'entrée que l'on prépare à S. M. > sera fuite samedi prochain 26e jour du présent mois , sinon au plus tard > et sans plus remettre , le jeudi suivant , et pour ce , chacun sera averti de pourvoir à ce que toutes choses soient prêtes dans ledit temps.
« Que, trois jours auparavant, et aussi le jour immédiatement précédant ladite entrée , sera , sur le soir , faite exacte recherche par tous les quartiers de la ville , et le lendemain , jour de ladite entrée , sur lé malin , sera aussi ladite recherche réitérée , particulièrement és rues par lesquelles le roi passera.
« Que lé jour de l'enirée , tous les châssis des maisons aboutissant sur les rues où S. M. passera , seront levés et ôtés , et les fenestrages tous ouverts , comme aussi les boutiques et magasins d'icelles maisons seront ouvertes , à ce que le peuple s'y puisse retirer et faire moins d'empêchement au passage.
« Qu'il est enjoint à tous ceux qui habitent èsdites maisons de Veiller à ce que les portes qui ont issues par le derrière d'icelles, soient ledit jour bien fermées > et aussi qu'ils ayent à soi saisir de tous les bùiom à feu qui seront en leursdites maisons , et les resserrer en lieu qui Soit en leur puissance. Ne pourront néanmoins recevoir en icelles , personnes qui ne soient par eux bien connues , des actions et dèportetements desquelles ils sont dés à présent déclarés responsables»
« Que pour avoir l'œil à tout ce que dessus , et pourvoir à toutes occurrences le jour de rentrée , seront commis et députés personnages notables qui verront et visiteront diligemment par toutes lesdiles maisons , chacun ès endroits assignés.
« Que très expresses inhibitions et défenses seront faites à peine de vie , à tous ceux qui marcheront en arrière le jour de ladite entrée de tirer aucunement des bâtons à feu qu'ils porteront ; à ces lins , les capitaines penons , lieutenants, enseignes et autres membres de chaque quartier > seront soigneux rivant que de faire marcher leur troupe , de voir » rang par rang, que tous les mousquets et arquebuses soient déchargés , et où il en adviendrait aucun inconvénient pour y avoir été contrevenu, lesdits capitaines , lieutenants, etc., ensemble ceux qui se trouveront marcher au rang des contrevenants , sont dés à présent déclarés responsables et punissables comme le délinquant. Signé Henry. » S.
1595* < — Joui 26. Benoist du Troncy, ci-devant secrétaire, présente au Consulat des articles portant que, puisque les sieurs esche vins veulent rendre annuels les offices de la ville, qui, de tout temps, ont été à vie, el tels déclarés par arrêt du Parlement, et ce qu'on ne peut faire au préjudice des pourvus actuels, notamment dudit du Troncy, qui, sans forfaiture ne peut être dépossédé du secrétariat qu'il a exercé pendant 18 ans* cependant il offre de le resigner purement et simplement cuire
les mains du Consulat, pourvu qu'avant de s'en démettre, on lui accorde pour son dédommagement et reconnoissance de ses longs services, ce qui suit , savoir : son remboursement de 1,333 écus et 20 sols qu'il avoit payés pour la résignation faite à son profit duditétat par Jean Ravot, son prédécesseur; 2° qu'il soit payé de 1,133 écus 1/3 qui lui sont dus de sesgages et taxations ; de plus, enreconnoissance de ses services, qu'il soit exempt de guet et garde et autres corvées de ville; plus, du subside de l'entrée du vin de son cru seulement;.... et de plus qu'où veuille lui accorder la continuation jusqu'à son décès de son gage de 200 livres par an, étant comme il est septuagénaire; et, pour qu'on connoisse que cette démission ne procède pas de malversation et de forfaiture, comme il a son honneur plus cher que la vie , il prie le Consulat de convoquer une assemblée générale en lHôtel-de-Ville, en présence de laquelle on contractera avec lui, et on lui fera expédier acte authentique du bon et fidèle service qu'il a fait par le passé. Déclarant que si le Consulat ne vouloil accorder tout ce que dessus, il le supplie de ne trouver mauvais s'il se pourvoit à S. M., des bonté et clémence de laquelle il espère cette bonne justice. — Le Consulat, en conséquence de l'arrêté du 19 mars 1594, nomme des échevins commissaires pour vérifier les quittances de payement de la prétendue finance du sieur du Troncy, et aussi le compte de sesgages et taxations, pour y être pourvu. — Le 8 novembre suivant, du Troncy produisit des quittances du sieur Ravot, pour justifier qu'il lui avoit payé 1,333 écus ou environ; mais le Consulat demanda qu'il produisît un acte consulaire qui eut autorisé le sieur Ravot à vendre son office Pour ses autres créances, on demanda la vérification de ce qu'il avoit pu recevoir,... et on lui alloua 500 écus à compte. — Le 25 du même mois de novembre, du Troncy se pourvut en la sénéchaussée pour être rétabli dans son office de secrétaire. Le Consulat répondit que ce n'étoit plus une affaire à disputer ; que sa destitution avoit été faite en vertu de l'édit de réduction du mois de mai 1594, de l'arrêt du Conseil du 10 septembre, et encore d'un autre arrêt rendu pour l'exécution de l'édit de mai ; qu'il falloitque le sieur du Troncy se pourvût directement au Conseil du roi, et y fit appeler les parties légitimes; que le Consulat ne l'étoit pas, et n'avoit fait qu'obéir aux ordres du roi; ajoutant que sa démission avoit été faite de l'agrément de tous les corps de la ville, etc. S.
1595. — Septembre 1. Le général Henry ayant fait les fonctions de sergent-major pendant le mois d'août, en est déchargé par le Consulat qui commet à sa place le sieur Laurens pour le mois de septembre. — Le général Henry étoit penon du quartier de 5. Pincent. S.
1595. — Septembre 1 . Louis Berthier et Frédéric Bernard, maîtres orfèvres de Lyon, remettent aux échevins le présent qui leur a été ordonné pour être offert au Roi le lendemain de son arrivée;.... « lequel présent est tout de fin or, représentant h Roy lirèhplus au naturel qu'il a esté possible, estant assis en une chaise fort élaborée, et tenant en sa main dextre ungvase versant de l'eau sur uug brasier enflammé, signifiant la clémence avec laquelle il va esteignant les séditions dont son
royaume avoit esté embrasé; et en la main senestre, deux rameaux, l'ung d'olivier, signifiant la paix, et l'aultre de grenade, qui représente l'union et la concorde des citoyens ; lesquels rameaux il présente à ung lion qui s'humilie devant la majesté royale, après avoir rompu les chaisnés et doubles ceps dont la ligue et ambition des estrangers le tenoient attaché, et luy olîre par contre, une couronne de gramen, enseigne de ses victoires, de la conservation de ses sujets, et de l'abondance qui leur arrivera de sa venue. » — Les sieurs échevins ayant fait peser ledit présent et trouvé qu'il étoit bien fait et façonné selon leur intention, ordonnent qu'il sera payé aux orfèvres, tant pour la matière d'or que pour la façon, 95ô écus, suivant le compte fait avec eux de ce marché verbalement fait. S*** Henri IV fit présent de cette pièce d'orfèvrerie à Gabriellc iïEstrées. Voyez la Biblioth. de V Ecole des Chartes, tom. 3, p. 154,
1595. — Septembre 4. Entrée solennelle d'Henri IV à Lyon.
«....Rien ne peint mieux Henri IV et l'attachement qu'il portait à la ville de Lyon que les réponses suivantes qu'il fit aux principaux corps qui le haranguèrent durant son séjour en cette ville. Sa réponse au Consulat fut :
« Mesamys, j'ay loué votre fidélité ; j'ay tousjours cru, quelque des- « bauchc et changement qu'il y ait eu par mon royaulme, que vous « estiez François; vous me l'avez bien monstré. L'honneur vous en est « demeuré, et à moy tout le contentement qu'un prince peut avoir du « service et de l'obéissance de ses subjeetz. Continuez à m'aimer, et je « vous feray cognoislre combien je vous aime, et que je n'ay plus rien « à cœur que votre/epos. »
« Le roi répondit aux'capilaines penons qui le haranguoient au nom de leurs quartiers :
« Je mesouviendray tousjours que le peuple de Lyon m'a faicl service « au besoing : je luy feray voir, avec l'aydede Dieu, le fruictque sa « fidélité a mérité envers un bon roy. »
11 dit à M. de Langes, président de la sénéchaussée :
« J'ay trouvé mon royaulme si troublé à mon advenement à la cou- « ronne , que je n'ay peu procurer à mes subjeetz tout le repos que « j'eusse désiré; mais j'espère, avec l'aydede Dieu, d'achever ce qui a « esté si bien commencé, pour, par ce moyen, faire revenir le siècle « que l'on appeloit doré, affin que nous jouissions ensemble de ce bon « temps, moy, comme voslre roy, et vous, comme mes bons subjeetz. » L'abbé Sudan, RecJierches, p. 44. — C'est lors de son entrée à Lyon qu'Henri IV reçut pour la première fois le surnom de Grand, Les comtes de S. Jean avaient fait dresser, à l'entrée de leur cloître (rue Porte-Froc) , un très-bel arc-de-triomphe sur lequel, entre autres inscriptions, était celle-ci :
Henrico magno, Galliarum et Navarrae régi chrislianissimo à Deo coronato, pio, felici, Jugusto, victori invictissimo Prima Lugdunensis Ecclesia. Voyez V Entrée d'Henry IF à Lyon, par Pierre Matthieu, p. 92. —
Dupleix (I) dit que l'armée du roi « estoit affligée de peste, dont aucuns « gentilshommes furent emportés, et entrautres le comte de Torigny, « grandement regretté de Sa Majesté.... (Hist. de /V., t. IV, p. 172, édit. de 1633.) » Nous n'avons pas trouvé trace de peste à cette époque dans les archives municipales. Voyez le Cérémonial françois , t. 1, p. 830; les Séjours d'Henri IV à Lyon, par Cochard, p. 79, et les Atc\u du Bh*fU 12, p> 172.
1695. — Septembre 7. « Le Roy, trois jours après son entrée à Lyon, monta à cheval pour aller veoir les fortifications ordonnées par Monseigneur le Connestable au chasteau de la ville de Monl-lutl, laquelle il avoit fait forcer et pétarder au mois de novembre de l'année précédente. Il y arriva sur les dix heures du malin. Le sieur (Pierre) Allard, conseiller du Roy au presidial de Lyon et en ta cour de Dombes, commis par Monseigneur le Connestable en l'exercice de la justice du pays de Bresse , avoit fait reveslir le dessus du portail de la ville d'un grand tableau, dans lequel paroissoit un temple, et dans iceluy , d'un costé César pardonnant à ses conspirateurs, et de l'autre le Roy embrassant et pardonnant à ses subjeetz qui, retournant en leur bon sens, se pre-
sentoient à ses pieds Les principaux habitants se présentèrent à Sa
Majesté après son dis né, conduits par ledit Sieur Jtlard, lequel pour soy et pour eux prononça une harangue, qui, pour son prix, n'a besoing
d'autre recommandation que de sa propre élégance Le Roy, après
ce discours, ayant asseuré le sieur Al lard et les ha bilans de Mont-luel, combien il désiroit, par quelque grand effet, effacer la mémoire des misères passées, alla visiter les fortifications de la haute ville, puis monta à cheval , et vint prendre son basteau qui l'attendoit à l'endroit de Mirebel (sic), autre ville du pays de Bresse, et r'entra sur le soir du mesme jour.... » Pierre Matthieu, Entrée déjà citée. Voyez aussi la Catacrise d'Allard, p. 60.
1595. — Septembre 10. Dimanche. « Le Roy toucha les malades des escroè'lles, devant son logis en TArchevesché, et le lendemain Sa Majesté s'en alla à Monlluel; et se rendit au sieur de Bircn , Perouges et Mextmieux en Savoy e ; et Fillars audit Savoy e fut prins par assault dudit sieur de Biron et pillé. » Jrch. du Jtil.j XII , 1 72. Voyez ci-après au 1 1 décembre 1622. — Le Consulat fit payer 8 écus aux bateliers qui uvoiont monté le bateau du roi jusqu'à Montluely pour ramener S. M. à Lyon.
1595. — Septembre 10. Fut faite au Conseil du roi où les èchevins furent appelés et ouis, la résolution du rappel et retour en la ville des habitans qui eu étoient absents comme suspects : et en a été fait et signé l'original demeuré aux mains de M. de la Guiche, gouverneur de ceste ville, dont il a promis bailler copie signée de lui pour être ci-dessous
(I V Cet historien qui était d'une grande fécondité, « présentant un de ses livres au duc « A'Espernon , ce Seigneur se tournant tout d'un coup vers le nonce du ftipe , qui étoit « présent, lui dit : Cadadis ! Mgr , cet auteur a un (lux enragé; il c... un livre lotîtes « les lunes (Grivel, nouvelle Bibliothèque , t. 1 , p. 107, aveô renvoi à Vigneul de « Marvi'.le (Bouaventure d'Argone) , t. 1, 118. » — Le mol de d'Espernon est une réminiscence de Catulle , qui appelait les Annales de Volusius eaeata eharta.
enregistrée. — N. Cet acte n'est point inséré au registre, mais on a laissé plus de deux pages eu blanc. S.
— Même jour. Le Conseil du roi rend un arrêt portant que nul de ceux quiauroient été déclarés suspects, lors delà réduction delà ville, ne seront admis à aucune des charges publiques de la ville, de six ans «i venir. S.
1595. ~ Septembre 15. Le roi ayant mandé les consuls écbevins, leur déclare, en présence de M. de Bellièvre, « qu'il avoit baillé le gou- « vernement de ceste ville à son fils (1), et à M. de la Guiche la lieute- « nance et le gouvernement de sondit flls. » S. — Les provisions de M. de la Guiche datées du 21 septembre, ne furent enregistrées au Parlement que le H juin de Tannée suivante; il y est dit que M. de la Guiche exercera la charge de gouverneur jusqu'à ce que César Monsieur flls naturel du roi, soit en âge. Voyez ci-après au 28 juillet 1596, et au 44 juin 1607.
1595. — Septembre Le P. Possevin, jésuite, vient à Lyon où le
pape l'avait envoyé pour s'aboucher avec le connétable et M. de Bellièvre, qui le firent venir en un lieu hors la ville pour conférer ensemble sur les démêlés qui existoient entre la cour de Borne et Henri IV, au sujet de l'absolution du roi. P. Matthieu, HisL de Henri IV ', p. 210 de l'édit. de 1631.
1595. — Septembre 17. Dimanche, a Fut chanté Te Deum à St-Jehan, pour les nouvelles de l'absolution que le pape avoit donnée au roy de France. » Ârch. du Bh., XII, 173. — Ce fut à Lyon que le roi apprit par un courrier qui lui fut expédié par l'évêque d'Evreux (du Perron, depuis cardinal) qu'il avait obtenu son absolution du pape. Un Lyonnais, Séraphin Olivier, alorsaudileur de rote et ensuite cardinal, dit au pape qui hésitait encore à absoudre Henri IV : « Très-saint Père, permettez- * moi de vous dire que Clément VU perdit l'Angleterre pour avoir « voulu complaire à Charles-Quint, et que Clément VU! perdra la « France, s'il continue à complaire à Philipe II. » Notes ô'Jmelot de la Houssaie sur les Lettres du cardinal d'Ossat, I, 380, édil. de 1 714. Voyez ci-après au 29 octobre.
1595. Le 21 septembre, avant midi, M. de la Guiche, gouverneur , mande à Messieurs les échevins que le Roy leur vouloit parler à l'issue de son dîner. A l'heure (dite), il leur a recommandé de remettre les clefs de la ville à M. de la Guiche. Il ne luy est répondu aucune chose. Ils suivent ledit seigneur de la Guiche en sa maison, et luy font leurs remonstrances. Le lendemain, au logis de M. de Bellièvre, M. le Connectable y fit trouver lesdits sieurs écbevins; et en présence dudit sieur de Bellièvre, du sieur de la Guiclie et de M. de Bolheon , leur proposa les clefs, y étant le sergent-major et le capitaine de la ville. Les remontrances faites, le sieur Conneslable dit qu'il en parleroit au Roy. Le soir venu,
(i) César de Vendôme, né de GabrieUe d'EsIrées, en juin 1394. Voyez les Gouver neurs de Lyo / , par A. P., p. 13.
M. de la Guiche mande les échevios de la pari de S. M., lesquels s'y étant reudus, le Boy, en présence duditseigneur Connestable et dudit seigneur de la Guiche, prononça de son propre mouvement et puissance absolue qu'il veut que ledit sieur de la Guiche ait les clefs, sans préjudice des privilèges des échevins, et commanda que acte leur en fûtexpédiê; ce qui fut fait par un brevet dudit seigneur, signé Forgel. — Cette ordonnance du Roi est du 22 septembre* M. de la £mc/iedevoit avoir les clefs, la nuit seulement. — Pendant le séjour de laCourà Lyon, M. de la Guiche avoit pris son logement dans la maison du sieur Bonvoysin. S.
1695. — Septembre 22.] Déclaration du roi, datée de Lyon, contre les prédicateurs qui provoquent à sédition et révolte. Recueil d'fsambert , XV, IQg.
1695. — Septembre 23. Trêve générale accordée par le roi au duc de Mayenne, qui se trouvait alors à Châlonssur-Saùne. P. Matthieu, Hist. de Henry IV, livre 1er, adcalcem.
1596. Septembre... Bertrand dfMbon, seigneur àe S t-Foigeux, qui ùiait resté fidèle à la cause royale durant la Ligue, reçoit le collier de Tordre du roi. Le Laboureur, Maz., II, 149 ; D. Thomas, Mém.,p. 37.
1595. Septembre.... Henri IV donne au Chapitre primatialde l'Eglise de Lyon des lettres patentes dans lesquelles sont renouvelés et consignés les usages, les coutumes et tous les anciens droits du Chapitre. — Ces lettres patentes furent enregistrées au Grand Conseil en 1602. Voyez Severt, p. 413, et le Mémoire du Chapitre primatial de Lyon (Paris, 1776, in-4°), p. 367.
1595. — Septembre.... Edit de confirmation des privilèges des marchands fréquentant les foires de Lyon (daté de Lyon). Recueil de Barbier, p. 273 ; Isambert, XV, 101 . — Voyez ci-dessus mai 1594.
1595. Septembre.... Pierre d'Jusserre (I), avocat du roi à la sénéchaussée de Lyon, meurt d'apoplexie en se lavant les mains, pendant le séjour d'Henri IV en cette ville. Biogr. univ., Supplém. — Celte même année, mourut aussi Jean d'Jusserre , fils de Pierre, lequel avait été pourvu, en 1586, de la charge de second avocat du roi à la sénéchaussée de Lyon ; mais il ne larda pas à s'en démettre pour aller remplir celle de juge ordinaire et domanial , lieutenant civil et criminel au bailliage de Monlbrison,k laquelle il fut appelé en remplacement de Jean Papon, démissionnaire, par lettres de la reine Isabelle (2), duchesse d'Auvergne et comtesse de Forez, du 2 mars 1687. Pendant la Ligue, il abandonna la cause royale. Le duc de Nemours , gouverneur de Lyon, dont il reconnut l'autorité, lui accorda, le 10 avril 1592, la main levée du séquestre qu'il avait fait mettre sur les terres d'Jusserre et de Roche fort. 11 mourul, suivant Rubys, la même année que son père,
(1) Ausserrey ancienne Seigneurie dans la paroisse de Tarare. Voyez VAlminich de Lyon de 1760 . p 14 de la seconde partie. ^) Elizabelh d'Autriche , veuve de Charte» IX.
laissant de son mariage avec Renée Trunel, un fils Jnloinc, seigneur du Plmil, qui décéda en 1610, au ru orne ni où il vouait d'atteindre sa majorité, laissant pour son héritière Elèonorc de Coligny, veuve de Claude de Gadagnc, seigneur de Bcauregard. Inconsolable de la mort de son mari, et ayant depuis plusieurs années perdu l'espoir de conserver son fils, Rènèe Trunel était entrée dans le couvent de la Visitation de Sic Marie fondé à Jtmecy par la baronne de Chantai. À ses instances, des religieuses de ce couvent vinrent s'établir à Lyon en 1614. Rénée fit précéder sa prise d'habit d'un don de 10,0f>0 livres qu'elle deslina, par acte du 19 janvier 1615, à l'acquisition d'une maison que la nouvelle congrégation vint d'abord occuper dans la rue Tenaille, etqu'clle vendit ensuite pour aller s'établir dans le quartier de Bellecour. La mort de Renée suivit de prés la fondation de cette communauté. Note de feu M. Cochard.
1595. — Septembre 24. Dimanche. Le Roy s'en alla de Lyon. — Madame la marquise de Monceau s'en était allée l'avant-veillo. Àrch. du Rh. Xïl, 173 ; J. Mobin, V, 453. Voyez ci-dessus au 3 août.
1595. — Octobre 2. « Fut publiée la trêve pour trois movs. » Jrch. du Rh., XII, 173.
1595. — Octobre 4. Pierre Matthieu, avocat à Lyon, obtient, sur sa demande, un privilège du roi pour l'impression de ses ouvrages. Ce privilège est ainsi daté : « Donné à Lyon le 4 jour d'octobre, l'an de grâce « mil cinq cens quatre-vingts-quinze. Et de nostre règne le septiesme. « Par le Roy à vostre relation, Combaid. » Il se trouve à la fin du tome 2e de Y Histoire de France de P. Matthieu; Paris, 1609, in-8.
1595. — Octobre 7. «....Fut publié un arrest ordonnant que le nombre des procureurs seroil de trente dans Lyon, et le 14 dudit moys, que le nombre des notaires audit Lyon estoit reduict à quarante. » Jrch. du Rh.,\\l, 173.
i595. — Octobre 9. Les sieurs du Soleil, capitaine de la ville, de Ma*so, lieutenant, et de Fenoil, sergent -major, ont exhibé au Consulat certaine ordonnance du Roi, signée Forgel, en date du 22 septembre dernier; et après que lecture en a été faite, ils ont requis de les laisser jouir du contenu en icclle. A quoi leur a été fait réponse qu'il y sera délibéré, et qu'à ces fins ladite ordonnance sera enregistrée :
« Sur les remontrances faites, tant par le sieur du Soleil, capitaine de la ville, de Masso, son lieutenant, que par le sieur du Fenoil. sergent-major de ladite ville, — que dès lors quela ville se fut mise du parti de la Ligue, ils furent demis de leurs charges, emprisonnés, et après contraints sortir d'icelle, et par ce moyen auroient été privés de l'exercice de leursdites charges par les consuls de celte ville qui auroient retiré à eux toute Tau lori té et exercice d'icelles jusqu'à présent; requérant, attendu qu'ils so sont toujours maintenus en la fidélité et obéissance qu'ils doivent à S. M., qu'ils soient maintenus et conservés en leursdites charges et exercice d'icettes.
« Le Roy, pour les considérations ci-dessus, et aussy pour la cognoissance qu'il a eue desdits du Soleil, de Masso et du Fenoil, a ordonné et
ordonne qu'ils seront maintenus et conserves en leursdites charges et exercice d'icelles, sans qu'ils y puissent être inquiétés ni molestés par les consuls de cette ville ou autres, en quelque Sorte et manière que ce soit, et conformément à leurs provisions qu'ils ont cy-devant obtenues. — Fait par le Roy à Lyon , le 22e jour de septembre 1595. Sigoé Forget. » S.
1595. — Octobre 9. Le Consulat retient Me Emmanuel Faure , avocat , fils de feu Thomas Faure , pour faire Y Oraison de la S. Thomas, Ou le prie de choisir le sujet le plus convenable au temps présent, pour tousjours inciter de plus en plus le peuple à continuer l'obéissance qu'il doit au Roi , et faire les choses propres pour acquérir la paix et l'oubliance des vindictes particulières. S.
1595. — Octobre 10. « S'en alla de ceste ville M. le Chancelier. » Ardu duRh., XII, 173.
1595. — Octobre 23. a M. le Connestable et M. de Bellièvre s'en sont allez de Lyon en France. » Jrch. du Rh. , XII ,173.
1595. — Octobre 29. Dimanche. « ... Fut faict procession générale et faict feu de joye pour remercier Dieu de ce que le Pape avoit donné absolution au roi de France : furent tirées les pièces , et prescha à St- Jehan *un capucin. > Jrch. du Rh.9 XII, 173. Voyez ci-dessus au 17 septembre.
1595. — Novembre 3. Noble Seipion de Champier , capitaine de 60 chevaux légers , avoit présenté requête au Roi , portant que le vicomte de Clmmoys avoit été fait par lui prisonnier de guerre , et ses troupes défaites en pleine campagne , que sa rançon avoit été arbitrée à 50,000 écus ; que depuis il avoit été remis entre les mains des sieurs echevins pour parvenir à la réduction du Château de Thoissey; que, pour indemnité , il avoit obtenu des lettres patentes du Roi , qui l'autorisent à lever au lieu de Trévoux semblable imposition sur les bleds , vins , denrées et marchandises passant sur la Saône; et ce pour le paiement de la somme de 10 mille écus accordée au dit sieur de Champier , tant pour le paiement de ladite rançon, que frais par lui prétendus. — Les trésoriers généraux de France , sur le vu de ces lettres, avoient ordonné qu'elles seroient communiqnées au Consulat et aux syndics des pays de L) onnois , Beaujollois et Bombes. — Le Consulat , pour s'opposer à ce nouveau péage , remontre que les faits sur lesquels il a été accordé ne sont pas fondés ; car , si le vicomte de Chamoys a été transféré au château de Pierre-Scise , ce fut M. d'Ornano , qui commandoit en ces provinces pour le service du Roi , qui l'étoit allé chercher en Dombes , et l'avoit rerais en garde au capitaine par lui établi à Pierre-Scise ; que ledit vicomte n'a jamais été sous la puissance des èchevinsqui n'ont rien retiré pour sa prétendue rançon ; qu'ils ne s'en sont mêlés que pour fournir aux frais de sa conduite et de sa garde à Pierre-Scise; que depuis ledit vicomte avoit été mis en liberté par le moyen du traité fait avec S. M. pour la réduction de Thoissey , au sçu dudit sieur de Champier qui alla exprès en Cour remontrer ses intérêts, lorsque ledit pri-
sonnier y fut mené.... En conséquence , le Consulat déclare ne pouvoir consentir à l'érection de ce péage , et , au contraire , s'y oppose formellement... — Le 18 juillet 1596 , le sieur de Champier prétendant avoir obtenu une permission pour lever ladite imposition à Trévoux , le Consulat manda les marchands riverains , et les porta à se joindre a la ville pour empêcher rétablissement dudit péage. S.
1595. — Novembre 3. Le Roi étant à Lyon avoit ordonné une escorte de 60 à 80 hommes pour conduire et faire escorte jusqu'à Tarare à Madame la marquise de Monceaux. Le sieur Janin, capitaine penon du quartier de Bourneufet Gueret , lieutenant du sieur Rampaud , capitaine penon du quartier de Pierre-Scize , demandent au Consulat une indemnité pour les 62 hommes qu'ils avoient menés ave ceux pour faire cesle escorte où ils avoient demeuré trois jours. On leur accorde 50 écus. — On fit aussi payer à Marie de Foix , veuve de Noël Tinterel , maître peintre et vitrier à Lyon , 17 écus 14 s. pour les ouvrages et fournitures faits en la maison où a été logée Madame la marquise de Monceaux , pendant que la Cour étoit en cette Ville. S.
1595. — Novembre 7. Le Consulat ordonne qu'il sera écrit à MM. les Capitouls de Toulouse en faveur de Guillaume Htwet ou Hunel, bourgeois de cette ville , lequel envoie homme exprès audit Toulouse pour retirer un sien fils unique qu'il y avoit envoyé pour continuer ses études ; se plaignant que son fils a été pratiqué et attiré par les Jésuites de Toulouse pour se rendre avec eux. S.
1595. Novembre 8. Le capitaine Genoud avoit été fait prisonnier de guerre par ceux de Lagnieu en Savoie (Bugey) ; on exigeoit pour sa rançon 700 écus. — D1Ie Philippe de Tholongeon , sa femme , demande au Consulat le paiement de 250 écus dus à son mari. On lui accorde 100 écus; à son retour le capitaine Genoud justifiera de ses demandes. S.
1595. — Novembre 10. Le sieur J. Severt , principal du Collège de la Trinité , ècrivoit à M. de Montmartin , président au Conseil (du Consulat) , relativement à des objets d'administration du Collège. Il parle dans sa lettre , d'un sieur Chazottes, 6e régent , qui sorloit du Collège , etc., etc. — Ce sieur ,/. Severt paroit être le même que le théologal de l'église de Lyon , auteur d'une Chronologie des archevêques de Lyon , et de plusieurs autres ouvrages. S. Vovez ci-après les Publications de 1601,
1696. — Novembre M. de Fillars, lieutenant-general à la sénéchaussée, prononce à l'ouverture des plaids de la S. Martin, une harangue dont voici l'exorde :
a En toutes les choses créées, il n'y a rien de si admirable que V harmonie avec laquelle elles ont esté créées, sont conservées et conduites à leur fin par la tresgrande providence de leur créateur. J'ay dict les choses, parce que je ne présume point de vouloir ny pouvoir parler de
ceste incompréhensible harmonie qui est au tressacré et tresaugustc ternaire de ceste divine unité dont l'essence est Dieu, la puissance est Dieu, la volonté est Dieu, et tout ce que l'entendement humain hry peult attribuer de (1) est Dieu. Mon discours a les aisles trop faibles pour voler si hault; mes yeux sont trop débiles pour regarder de prés ce grand soleil, je me contente pour mon suhjecl, et selon ma capacité, d'admirer l'harmonie qui est ês choses que le grand Ouvrier a moulées sur la tresparlaicte idée de son éternelle puissance, et tascheray en courant de discourir ce que j'ay projeté pour rendre à ce jour le symbole du debvoir de ma charge....
Voici la pérorais >n de ce discouis :
« Que je m'estimerois heureux syje pouvois rapporter à éeste grande compagnie le mesme office et bénéfice que le divin Orphée rapporta à la Iroupe des demy-dieux qui feirent l'cnlreprisc de ravir la toison d'or, ausqucls sa présence fust si nécessaire, que l'Oracle mesme leur donna ad vis de n'entreprendre une sy dangereuse conqueste sans luy. Il leur servit de comité; il les charma par la douceur de son chant; il leur rendoit les dieux propices, et ses divines chansons eurent une telle force qu'elles les rendirent sourds aux chanlsdes Sirènes qui n'a voient encore permis ce passage libre à personne. Que je serois content, sy, comme luy, en ceste journée qui se peult appeler la première de nostre embarquement, je pouvois obtenir par ce mien discours ce bien non seullement d'empraindre dans le cœur d'un chascun, un désir affamé de bien faire la justice, mais aussy sy je pouvois entièrement endormir les Sirènes qui nous guettent sur le chemin, qui nous attendent au passage pour nous empescher de parvenir à la Toison. C'est l'avarice, la hayne , l'amitié extraordinaire , les voluptés, l'ambition qui sans cesse nous destournent de pouvoir atteindre le vray but auquel nous tendons. Je souhaite que ce mien chant aye aullant de force et d'efficace que la chanson de Minerve avoit de pouvoir sur Alexandre. Lorsque le musicien Timothée la luy chantoit, il s'en sentoit si fort esmeu, qu'il se levoit en sursault, et s'arma nt de toutes pièces, dansoit une danse armée, s'animant luy-mesme à la vertu; mais ceux qui estoientavec luis'endormoient à la mesme chanson, parce qu'ils n'a voient pas leurs ames trainpées en la trampe de la générosité, ny disposées à la vertu. Je désire donques que vous ayez les aines, les volontés, tousvoz désirs, tous voz dessaings disposés, animés et eschauftes par ce mien discours, et que vous preniez resolutions ou pour mieux dire que nous la prenions tous ensemble de porter et rapporter toutes nos actions, de faire noz esfortz, à ce que la justice soit bien et sainctement administrée , et par ce moien tout ce que le malheur des guerres et divisions passées a gasté et corrompu soit restauré. Il ne fault point doubler que l'administration et establishment de la justice ne nous apporte tous les biens qui se peulvent souhaiter, et spécialement une bonne paix generalle de ce rovaulme. Les
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(1) Le mot manque dans le mam-scmt.
fruictz de la justice, c'est la paix, lesfruictz de la paix sont tous les biens du monde, comme dict le poëte (1) :
Pax optima ici um, Quas houiiui novissc datum est , pax una triumphis Imimms potior , pax custodirc salutem Et cives aequarc potens....
« C'est ce que dit le prophète royal : JuslkicTct pax oscutatae sunt. » Mss. de la B. de Lyon, n° 1439. Voyez VJlm. de Lyon pour 1788, p. 103 ; ci-de.*sus, au 17 février 1594; ci-aprés, novembre 1597.
1595. — r Novembre 14. Le Consulat ayant vu et meurement examiné les reglemcns et statuts des maistres escrimeurs de la ville de Lyon, déclare n'empêcher qu'ilsxsoicnt homologués, n'ayant trouvé en iceux aucune chose qui ne soit nécessaire pour maintenir ledit art eu l'honneur, tidelitéet devoir qu'il exige, selon l'importance d'icelui, etc. S.
1595. — Novembre 14. S. Majesté en son Conseil, vu le cahier des remontrances de la ville, avoit par ses réponses sur les 11e et 12e articles dudit cahier, entièrement déchargé la ville des murs et courtines de ladite ville, et comme il y en avoit de pressées, surtout les fortitications depuis la porte de Faise jusqu'à celle de S. George, lesquelles sont si caduques, qu'il en tombe journellement quelques portions, le Consulat arrête de représenter à M. de la Guiche, gouverneur, les deux articles susdits avec la réponse de S. M., laquelle èloit conçue en ces termes : « S. M. fera comprendre en la commission des Tailles de cette « généralité 6,000 écus pour les réparations de l'année prochaine, dont « le maniement se fera par les officiers du Roy et par les ordonnante ces du gouverneur de la province. » — En conséquence le Consulat nomme deux des siens pour supplier ledit seigneur gouverneur de vouloir; aviser et pourvoir ce qui est nécessaire pour lesdites réparations, et pour l'imposition des deniers destinés pour icelles , suivant la volonté de S. Majesté. S.
1595. — Novembre 20. Henri IF fait part de sa conversion à Pierre d'Epinal, archevêque de Lyon, par une lettre datée do camp de Travecy, près la Fére. — - Cette lettre a été imprimée, et on y a joint VExhorlalion faicte y par mondit seigneur le revereniUssime (Pierre d'Epinac) au peuple dé son diocèse, pour rendre grâces à Dieu de l'heureuse bénédiction donnée par noslre S. Père le Pape, Clément FUI, au Boy tres-chreslien Henry 1IJI, Roy de France et de Navarre. (A Lyon, par T. Àncelin et a. Jullieron, 1595, in-8° de 14 pages (B. de Lyon, t. 3 du n° 23415). — L'Exhortation est datée de S. Rambert (Vile-Barbe) le 10 décembre 1595.
1595. — Novembre 20. Lettre du roi.
« M de la Guichc, j'ai tousiours eu teiie confiance en la bonté de Dieu, et en la justice de mi cause, confirmée .par les jugera eus qu'il lui a pieu
• . " •■ - •>,./• . ; - • "il.* I»-
(I) Silws Hnticus, ïil»i. XI , aileak.
prononcer en ma faveur, en tant de signalées victoires et autres prosperitez qu'il m'a desparlies sur mes ennemys, que, quelques artifices et oppositions qu'ils puissent apporter pour traverser à Rome la souveraine absolution quej'ay despuis ma conversion instamment recherchée de nostre tressaint Pere le Pape , qu'en fin je flechiray sa béatitude par mes poursuites, non moins que par la sincérité de mes deporlemenls, et luy feray voir clair au travers des impostures de ceux qui avoyent juré la perte de cest estât et en avoyent entrepris l'invasion avant le trespas du feu roy dernier decedé. Je n'ay point esté frustré de mon attente : car sa Saincteté continuant le soing paternel que ses prédécesseurs et le saint Siège apostolicque ont tonsiours eu de ce royaume, m'a honoré de sa souveraine absolution et bénédiction que j'ay si longuement et constamment poursuivie. En quoy je puis dire qu'elle a rendu autant de tesmoignage de sa piété et prudence, comme est grande l'obligation que je luy enay avec tout mon royaume, recognoissant combien cette grâce peut affaiblir mesdicts ennemis, et est utile et nécessaire pour assurer la tranquillité des consciences de mes subjects, qui n'estoyent encores satisfaictes. C'est pourquoy désirant que chacun cognoisse en quelle révérence je tiens ladicte absolution, et combien elle a esté agréa* Élément receue en cedict royaume, j'escris aux evesques de vostre gouvernement les lettres que je vous adresse pour leur envoyer, à fin qu'ils ayent à en remercier Dieu en leurs églises, à quoy je vous prie tenir la main de vostre part. Et afin de ne rien obmettre qui puisse rendre ceste action plus célèbre, donner ordre de faire tirer l'artillerie, et allumer les feux de joye es villes qui sont de l'étendue de vostre charge, le jour que lesdits Prélats ordonneront les processions et autres louanges à Dieu pour ceste grâce, de laquelle je n'eusse tardé si longuement à vous advenir si je ne fusse accouru à ceste fronstiére pour y arrester le progrès de mesdicts ennemis, à quoi j'ai esté et suis encores tellement bandé et occupé, que j'espère que mes subjeetz en recevront toute utilité, comme j'en prie Dieu, et qu'il vous ait, Monsieur de la Guiche, en sa tressainte et digne garde. Escril au camp de Travecy, près la Fère, le 20e jour de novembre 1595. Signé Henrv, contresigné de Neufville. (Imprimé , B. de Lyon, tome 24 du n° 25201.)
1595. — Novembre 23. Lettre du roi à M. de la Guiche pour l'informer de ce qui s'est passé en son armée depuis son départ de Lyon. Cette lettre, datée du camp de Travecy, a été imprimée à la suite de celle du 20 de ce mois.
1595. — Novembre Lettre de l'archevêque de Vienne, P. de Fil
lars, au Consulat :
« Messieurs, je desirois et desseignois vous aller visiter en vostre Hostel de ville, avant que m'en revenir dernièrement, et vous parler du subject de la présente, mais vous aviez encore le Roy, et estiez pour lors tantafferez que je ne voulus vous surcharger d'imporlunilé; ains advisay estre plus expédient d'attendre que fussiez ung peu plus de loisir, bien qu'au maniement d'une si grosse ville, vous n'en puissiez jamais avoir de reste. C'esloit donc , Messieurs, pour vous remonstrer le
grand besoin que le Collège de Tourrum a des arrérages de la rente que vostre Hostel de ville lui doibt, et vous supplier très aflectionnement et pour l'honneur de Dieu, qu'il vous plaise donner ordre à ce qu'il en soit payé et satisfaict. Je suis obligé d'en avoir soin, parce qu'il est en ma province ety est seul; de sorte que si, à faute de moiens, il manque, toute nostrc jeunesse sera sans instruction, et par conséquent inepte et ignorante. Vous sçavez assez l'exact debvoir qui s'y faict, et crois que vous ne sentez que" trop combien le voslre a perdu au change. Il n'est plus question de rien improperer à telles personnes contre le service du Roy. On a mes'huy plus qu'assez descouvert qu'ilz n'avoienten l'ame aultre passion que la Religion, dont le zele a faultc d'estre bien cogneu de tous en sa naïfve vérité, a esté interprété contre Testât politique. Qui, en tout le monde, a mieux servi le Roy envers nostre S. Père que le cardinal Tolete, jésuite espagnol naturel «jadis ligueur si jamais personne en fusl, et puis serviteur deS. M. à toute outrance, quand il a cogneu sa réduction et asseurance à nostre religion. Sa Majesté le sait, et en est très contente, comme elle est aussy du R. P. Foussevin (sic) dont jeluy ay rendu la créance qu'il m'avoitconfiéedelapart desa Sainteté. Et enfin se verra que la France n'a rien de plus fidelle que cette Compagnie ; quand bien elle ne seroit point restablie , et ceulx de Tournon vuideroient comme lesaultres, tousjours devriez-vous, Messieurs, la rente affectée audict Collège. Je vous supplie donc y pourveoir au plustost, pour ceulx mesmes à qui elle appartient, et est mieux employée qu'elle ne sçauroil eslre à aultres que de leur Compaignie. Vous m'obligerez avec le public, saluant humblement voz bonnes grâces, et demeure à jamais vostre humble concitoyen et très affectionné P. A. de Fillars (1). » S.
Décembre 19. Le Consulat répond à l'archevêque de Vienne : « Monsieur,... nous avons bien considéré les bonnes raisons dont vous favorisez la prétention des Jhesuites de Tournon, et vous supplions de croyre que sy bien les mauvais succèz des affaires survenus en la corruption de ce siècle, ont donné subject d'esloigner ceux que nous avions icy; pour cela neantmoings la bonne volonté que nous avons tous jours heu à ceste société n'est point diminuée. Vous estes bien informé des arrôtsde la Cour; mais vous ignorez par ad ven lu re que M. de Tournon estant icy dernièrement ût grande instance de retirer la pension dont est question, comme sienne. Ce sont deux obstacles si grands que, quand mesme le fonds des deniers demandez seroit aussy prest en la recepte de la ville comme il y manque, aprez le double de la demande de mondit sieur de Tournon levé, il fauldroit encores considérer si lesdits arrests ne nous auroient point tellement lié les mains qu'il n'y eust ordre
d'y toucher C'est ce que nous vous en pouvons dire pour le présent,
fors que ces Messieurs de Tournon se peuvent asscurcr que toutes les foys que nous pourrons les satisfaire avec le debvoir, nous leur rendrons en cela le mesme témoignage qu'ilz en ont eu pour le passé.. . » S. — En ce temps là, Pierre tiossilhe èloit recteur du collège de Tournon.
(I) La date de cette lettre a été omise sur la copie de Tabou" Sudan.
La pension réclamée par les Jésuites leur avolt été conslUutèe par le cardinal de Tounwn, lors de la fondation de ce collège. Après l'expulsion des Jésuites, beaucoup des enfants des habitants de Lyon y avoient été reçus, et s'y trou voient encore en novembre 1596. S.
1595. — Novembre 26. Me Fazel nommé solliciteur de la ville de Lyon en la cour de Parlement, écrit au Consulat pour le remercier de son choix. S«
1595. — Décembre,,*, Edit du roi . « Henry, par la grâce de Dieu roy de France et de Navarre, à tous présens et à venir, salut. Comme le feu roy Henri II , nostre trés-honorè seigneur et beau-père, que Dieu absolve, reconnaissant que noslre ville de Lyon, qui est l'une des meilleures et principales de noslre royaume, et des plus importantes clefs, entrées et passages d'icelui, en laquelle il se faisoit grand commerce, comme il se fait encore pour lefaicl de banque, change et rechange, et négociation de toutes sortes de denrées et marchandises avec tous les estrangers, lesquels se règlent pour le regard dudit change, sur ce qui s'en pratique en ladite ville de Lyon, et pour autres grandes et favorables considérations, ait essayé par toutes sortes de gratifications d'augmenter et bonifier ladite ville, et mettre les affaires d'icelle en tel estât qu'elle pust longuement subsister, ets'accroistre en toute sorte de grandeur et prospérité , et pour témoignage plus particulier de sa bonne volonté, ait désiré, de son temps, de retrancher le nombre effréné d'eschevins qui se trouvoit en ladite ville iusques au nombre de douze, pour à l'exemple de noslre bonne ville de Paris, capitale de nostredit royaume, le régler et réduire à un Prévost des Marchands, etqualre Eschevins, comme il nous est apparu par son Edit du mois de juin 1547 , dont copie est cy attachée sous le conlrescel de nostre chancellerie; lequel Edict est depuis ledict lemps demeuré sans exécution ; sçavoir faisons que nous desirans faire paroistre en toutes choses la singulière affection que nous portons à ladite ville, et aux habitants d'icelle, et leurdonner moyen de la maintenir, comme ils ont fait jusqu'icy : considérons qu'en l'eschevinage de noslredite ville de Paris , qui est de beaucoup plus grande étendue que celle de Lyon , ledit Prévost des Marchands et lesdils quatre eschevins sont suflisans pour la conduite et administration des affaires d'icelle, comme véritablement elles peuvent estre mieux et plus promptement traitées et négociées par moindre nombre de qualité requise, que de ecluide douze, qui est de présent estably en nostre ville de Lyon. Pour ces causes et autresà ce nous mouvans, de l'avis de noslre Conseil et pour le bien, repos, seurelé et (ranquililé de ladite ville, et l'expédition desaffaires occurrensen icellc, en confirmant et approuvant ledict Edict du feu Roy Henry II, et voulant iceluy estre mis en usage, Nous avons par cestuy perpétuel et irrévocable Edict, dil, statué et ordonné, disons, statuons et ordonnons, qu'en Veschevinaye de noslredite ville de Lyon, au lieu dudit nombre de douze, il n'y aura dorénavant qu'un Prévost des Marchans, et quatre eschevins, un procureur, et un clerc et secrétaire , qui seront esleus et choisis par lesdits manans et habitans de nostre ville de Lyon , en mesme7ornie et manière qu'ont esté esleus et
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choisis les douze escheuins jusques à présent et auront lesdits prevost des Marclians et quatre escheuins, procureur, secrétaire , tels g.iges et robes de couleur, qui leur seront ordonnez par l'avis et ordonnance des Notables et Maistres des Métiers de ladite ville, assemblez pour cet effect eu la manière accoustumèe, pour par lesdits preuot des marchans et quatre escheuins, traiter, diriger et négocier tous et chacun les affaires de ladite ville en telle prérogative, autboritê, faculté et privilège, et tout ainsi que par-cy deuant oui fait lesdicts douze eschevins, lesquels pour les causes et considérations dessusdites, Nous avons restraints et limitez, reslragnons et limitons audit nombre d'un Prevost des Afarchans et quatre eschevins , un procureur et un secrétaire , lequel prevost des Marchans présidera lesdits quatre Eschevins avec telle aulhoritè que celuy de nosire ville de Paris , et tout ce qui sera* fait, traité, négocié et administré par lesdits prevot des Marchans et quatre eschevins de nostre ville de Lyon és affaires occurens en icelles, nous avons validé et authorisè, validons et authorisons par ces présentes, et voulons estre de tel effecl, force et vertu, comme si fait estoit par ledit nombre de douze, nonobstant quelconque privilège, usage ou coustume à ce contraire, que nous avons révoqué et révoquons en ce qui concerne l'élection et eslablissement des susdits douze eschevins, demeurant toutefois les privilèges de nostredite ville de Lyon en toutes choses en leur force, vigueur et vertu. Si donnons en mandement, etc.; car tel est nostre plaisir. .. Donné à Ctuiuny , au mois de décembre, l'an de grâce mil cinq cens quatre vingts quinze, et de nosire régne le septième. Signé par le Roy, deNeufville, scellé de cire verte à queue pendante, attachée de soye rouge et verte. » — Cet édit fut lu et publié à la sénéchaussée et siège présidial de Lyon, le 11 du même mois de décembre. Recueil de Barbier, p. 50. — Nons ferons observer avec Bréquigny (préface des Ord. des rois de Fr., XI, ir) que la ville de Lyon qui fait remonter l'origine de son corps municipal jusqu'au temps des empereurs romains (Dubos, Etablissent, de la monarchie, II, 535, édit. in-4°), n'a jamais joui du droit de commune , ainsi qu'il fut jugé par arrêt du Parlement en 1273 : .... cum apud Lugdunum non esset nec communia, nec universitas, necaliquod collegium, nec unquam fuisset... Voyez \esOlim, ann. 1273 , et ci-dessus, années 1195, 1222 (juin), 1290, etc.
1695. — Décembre 9. Lettre du Consulat au R. P. Provincial de la Compagnie de Jésus , au Noviciat du Comte Camille , à Modène :
« Monsieur , nous avons entendu par les plaintes que fait une vertueuse et honorable dame de ceste ville , vefve de feu M. Panse (1) , l'ung de noz concitoyens, et qui a esté aultres fois honoré du mesme rang que nous tenons; que, ayant faict esludier avec beaucoup de frais et d'incommoditez à son vefvage, un sien Olz unique nommé Girardin Panse , luy estant eu la ville de Bourges dans ce royaulme , soubz la charge d'ung nommé Ladinet , qui le tenoit en pension , il auroit esté enlevé par ledit Lodinet , au desceu et contre le gré de ceste
(1) JuslinUn Panse , echevin en ItfiS et 1576, fut, avec Maurice du Peyrat, fondateur des Pénitents du Confalon établis à Lyon en 1577. Voyez Rubys , Hitt. de Lyon, p. 428, et 1a Biogr. lyonn.
bonne dame sa mcre , el emmené à Pon t-à- Mousson , confin d'Allemagne ; quelque temps après, que, au grand regret des gens de bien , les maulvais succès des affaires survenus en la corruption de ce siècle , donnèrent subject de nous priver , et ceulx de Bourges aussy, de la présence de Messieurs voz confrères. Et parce que les part ns de ce jeune homme qui s'en formalisoienl le plus, feirent sonner que cest acte d'ung précepteur, indigne certainement de sa condition , pouvoit avoir esté prémédité par le P. Martin de vostre compagnie qui , auparavant, J'avoit eu en sa ebarge , la crainte que l'on eust que cela vint en lumière fust cause que l'on l'envoya à Modene , près de Bologne , au Noviciat du comte Camille, où il a esté détenu et recelé; en sorte que îusques à ce jour , il n'y a heu moyen de le veoir, ny d'avoir aulcunes nouvelles de luy. Monsieur, ceste pauvre mère n'auroit point tant à cœur que son fils aye esté, contre sa volonté, distrait de sou obeyssance, si elle n'estoit bien informée qu'il y a esté transporté plutostpar légèreté et par une nocente impression à laquelle son jeune aage n'a peu résister , plustost que par une bonne inspiration qu'il ave heu de quitter le monde pour servir Dieu ; el pour nostre regard , nous eussions heu moins de compassion de sa doleur , si nous ne jugions par nous-mésmes combien il est dur à une mere de la qualité susdite , n'ayant que ce seut enfant masle et plusieurs jeunes filles , de se veoir privée en la caducité de son aage de celluy eu qui seul , après Dieu , elle avoit mis son espérance, pour eslre le support de sa vieillesse, la continuation du nom de ceste honorable famille , l'héritier de la vertu et des biens de ses progeniteurs et le refuge de ses plus jeunes sœurs» Cest aussi pourquoy les tendres larmes de ceste mere désolée nous ont naturellement incité d'accompagner de la présente ung despesche qu'elle faict en intention de retirer son fils , pour vous supplier et conjurer en sa faveur par louttes les amitiés, respeetz et bienveillance dont ceste ville et vostre Compagnie se sont respectivement honorez par le passé, et par la continuation de nostre bonne volonté que nous luy vouons et promettons à tousjours , qu'il vous plaise ne permettre point que ce jeune homme , oublieux du dcbvoir de nature , soit peut estre cause d'abréger d'auîtant les jours de celle qui l'a mis au monde , en l'habandonnant , comme il les debvoil prolonger par le secours du service et l'assistance qu'il lui doibt. L'asseurance que nous avons que vous nous obligerez de ceste faveur , et que vous osterez aux intéressez l'occasion de se plaindre avec apparence de raison , faisant paroislre en cest endroictun généreux effort , qui soit contraire à l'opinion que Ton avoit concenc pour ce regard , et conforme à la candide simplicité des précèdent* desportements de ceulx de vostre Compagnie , sera cause que nous finissons icy ceste présente par nous recommander bien humblement à voz bonnes grâces, prières et oraisons, el demeurer à jamais, Monsieur, voz bons et serviabïes amys et de vostre Compagnie. Lyon , le 9 décembre ! 595. »
Réponse du P. Marie Beringuier, gouverneur de la Compagnie du nom de Jésus en la province de Venise :
« Messieurs, il n'y a que trois jours que je receuz voz lettres tfs 9 du
passé , lesquels me forent envoyées du Heu où nous avons le Noviciat de ceste Province de nostre Compagnie , et jYy esté (rès grandement inarry que eeluy qui (ut envoyé de vostre ville de Lyon , pour le faict de Girardin Panse, ne me scit venu treuver , car j'eusse par luy mesme respondu plus seurement que je ne fays à présent, à cause que les lettres ne parviennent tousjours là où on les adresse. Touchant l'enfant, il a esté tant qu'il a voulu avec le messager qui vient de Lyon, et nous-mesmevS qui sommes très chargez de gens, ne l'eussions nullement empesclié, tout ainsi que nous ne lVmpeschons de revenir vers madame sa mere , s'il y eust voulu consentir. Mais la vérité est qn'il monstre d'cstre appelé de Dieu si constamment, que certes. Messieurs, que si vous l'eussiez ouy , vons en donneriez louange à celluy qui Ta appelé , asçavoir à la Majesté divine. Par quoi il vous plaira croyre que nostre Compagnie, laquelle s'est employée lousjours pour vous faire service jusques à mettre la vie et les corps pour le salut et instruction de vostre ville , est plus que jamais preste pour vous obeyr en tout ce qui ne puisse prejudicier à là volonté divine. Ni vous debvez , Messieurs , par relation quelconque, sans ouyr les parties , ni par l'affliction de Madame Panse , à laquelle nous compatissons tant qu'il est convenable , croyre , s'il vous plaist qu'en ce faict, il y ait eu artifice ni violence de personne du monde. Ains , s'il advient bien souvent que plusieurs enfants quittent leurs pères et mères pour aller à la guerre ou ailleurs , ce n'est pas ponrquoy Ton se doihve esmerveiller que Dieu , mieux que le monde , puisse attirer à soy le cœur d'un jeune homme qui n*est pas encore infecté ny imbu du vice , et lequel voyant les traverses que recevoit l'Eglise catholique en divers end roiclz , se soit résolu de se sauver au port de la Religion , en laquelle neantmoins il n'a pas esté admis , sinon par manière de probation , laquelle dure deux années entières , au lieu qu'ez attitrés elle ne dure qu'une seule année. Il y aadvanlage que vous, Messieurs, pouvez bien juger; que si ledit enfant sera depuis deux années admis dans nostre Compagnie , il faudra que nous le nourrissions et instruisions plusieurs années aux dépens de ladite Compagnie sans en recevoir service quelconque, tellement que le tout bien considéré , il n'y aura celuy qui puisse avec vérité dire que nostre Compagnie ait part en ce faict , sinon en tant que Dieu, lequel , de ceste mesme manière, remplit toutes les aulires familles , veuït aussi , lorsqu'on cuyde les amoindrir , les Taire , par sa saincte grâce , accroistre et assister. Nous espérons, et si vous prions, Messieurs, que vous espériez, qu'un jour vostre ville de Lyon remerciera Dieu que ledit enfant reviendra en France avec des meilleures marchandises que celles du monde. Et lors voz enfans mesmes qui maintenant sentent le différent qu'il y a entre le temps que vous jouissez de noz gens et entre celuy que vous voyez à présent pour le regard de vostre jeunesse, preuveront combien Girardin Panse a esté favorisé de Dieu , lequel l'a osté du milieu du naufrage où plusieurs en tel âge se plongent et se perdent du tout. — Qui sera la fin de la présente. Nous nous recommandons tous à voz bonnes grâces, et supplions le Créateur vous garder , Messieurs , avec bonne santé en sa saincte garde De Mantoue , ce jour
21 janvier 151)5. Très humble serviteur Marie Bermguier, qui gouverne à presen'. la province de la Compagnie du nom de Jésus en la Province de Denise. S.
1595 Décembre 14 (jeudi). M. de la Guiche, gouverneur de Lyon,
assisté du comte de Verdun , lieutenant de roi , et de plusieurs personnes notables de la ville , porte au "peuple et aux conseillers de ville assemblés pour procéder à la nouvelle élection des magistrats consulaires , l'édit du roi qui réduisoit le nombre de douze conseillers et échevins de la ville de Lyon, à un prévôt des marchands et quatre échevins. La volonté du roi étoit , que , pour cette fois seulement , et sans tirer à conséquence , des trois plus anciens conseillers échevins , l'un fût nommé prévôt des marchands, et les deux autres fussept échevins , et qu'on procédât à la nomination de deux autres seulement pour faire le nombre de quatre échevins. — Ce jour là (14 décembre) , on nomma les anciens conseillers de ville , qui dévoient sortir de charge , et auxquels un usage aussi ancien que rétablissement du Consulat , a attribué le droict de donner les premiers leurs suffrages pour l'élection prochaine. Us sont nommés Terriers, sans qu'on sache bien la véritable cause de ce nom , quoique quelques-uns (et entr'autres le P. Menés* trier) prétendent que ce soit parce que ces anciens officiers tiennent actuellement la charge dont ils se démettent. Le même jour, on fit la nomination des Maîtres des métiers qui représentent tout le peuple de Lyon , au nom duquel ils donnent leurs voix, après les Terriers ,pour le choix des nouveaux magistrats* Brossettb , Eloge hist., 3° partie, p. 1 7 .
1595. — Décembre 17 (dimanche). Les Terriers et les Maîtres de* métiers assemblés , nomment , d'une commune voix , pour Prévôt des marchands : René Thomissin , sieur de Montmartin , chevalier de Tordre du roi ; — pour anciens échevins : Antoine Henry, 6ieur de la Salle, conseiller du roi , trésorier général des finances à Lyon , et André Laurens , sieur de la Sarra , conseiller du roi , juge conservateur des privilèges royaux des foires de cette ville; et pour nouveaux échevins , on nomme à la pluralité des voix: Guillaume Charrier et Michel de Pure , demeurant, l'un du côté de Fourvière , et l'autre du costé de S. N»zier, suivant l'usage qu'on avoit introduit dans les anciennes élections.... Brossette , Eloge hist., p. 18; Arch. du Rh., XII, 174.
1595. — Décembre 18. t Fut faict procession générale à Lyon , suivant une lettre que le roy avoit mandé à M. l'archevesque de Lyon , que il fit faire procession générale par tout son diocèse. » Arch. du Rh , XII , 173. Voyez ci-dessus au 20 novembre.
1595. — Décembre 20. Claude de Damas de la Bastie est reçu comte de Lyon. D'A rais, Pièces fugit., t. 3e. — François d' A Ibon et Guichard de Chantelot furent aussi reçus comtes , cette même année.
1595 — Décembre 21. Le sieur Emmanuel Faure , avocat en la sénéchaussée , prononce l'Oraison doctorale dans l'église de S. Nizier.
Î595. — Décembre 23. « A esté publié la trcfve de Montbrism, quia esté faite moyennant certaine somme d'argent.» Arch. du Rh.9 XII, 173
1595. — Claude de Talaru de Chaltnazel , comte el doyen de l'église de Lyon, est député, tant au nom de l'archevêque que de son chapitre et du clergé de Lyon , a l'assemblée du clergé de France, convoquée à Paris , pour remédier aux abus introduits par les troubles.
— Nous remarquerons ici qu'il faut que la conduite de ce doyen , pendant ces temps d'égarement et d'effervescence , ait été sage et irréprochable, puisqu'il fut choisi et agréé pour cette députalion , et que l'on eut le soin de ne designer que des personnes qui pouvoient être agréables à Henri IT, à une époque si voisine des troubles de la Ligue. S. Voyez au 15 février 1611.
1595. — Geoffroi de Balzac est sauvé du danger de se noyer dans le Rhône , en invoquant Notre Dame de Bonnes xVouvclles. Gonon , Hist, de N. D, des Célestins , p. 20.
1595. — Agonislicon Pétri Fabri San-Ioriani jurisc , sive de
re athletica ludisque veterum Lugduni, sumplibus Thomae Soubron
et Mosis à Pratis. 1595. In-4. — A la lui du volume : Lugduni excudebat Guichardus Jullieron , typographus regius. 1595 (B. de Lyon).
1595. — Magni Aurelii Cassiodori senatoris V, C. Fariarum libri xij , etc. Lugduni , apud lacobum Chouel. 1695- 2 vol in-8. — A la (in du 2e volume qui contient les notes de divers commentateurs, parmi lesquels figure Pierre de Brosses, on lit : Ex typogr, Ant. Candidi lugdun. (B. de Lyon, 2129). Voyez ci-après les Publications de 1603.
1595. — Décisions notables de feu Messire Gilles le Maislre , chevalier et premier président en la Cour de parlement de Paris. A Lyon , par Benoist Rigaud. 1595. In-16. — Réimprimé à Lyon , en 1604, par Pierre Rigaud , même format.
1595. — Alphonsfs Delbeneus, de Gente et Principatu Hugonis Capeli, Lugduni, Theobaldns Ancelin, 1595. In-8. (Lelong, n° 24907, Gâtai. Courtois, n° 3316). Voyez sur Hugues Capet, un opuscule de M. Monin , publié à Besançon , sous ce titre : La Féodalité et la royauté françaises, 1844, in-8 de 30 pages; les Publications de 1607 , et ci-après, au 8 février 1608.
1595. — Dictionariumhisloricum, geographicum,poeiicum... Lugduni, sumplibus Thomae Soubron et Mosis a Pratis, M. D. XCV. In-4.
— Dans son épitre ad sludiosos adolescentes, datée de Lyon decimo quarto calendas Mari, M. D. XCV, l'éd Heur annonce qu'il reproduit avec des additions considérables le dictionnaire de Charles Eslienne (dont la première édition avait été publiée à Paris, èn 1553). Toutefois il parait que celte nouvelle édition eut peu de succès, car on en trouve des exemplaires avec un titre renouvelé , apud Johannem Pillehote , M. DCÏII. Voyez Renouard, Annales des Estienne , p. 104.
1595. — Discours au vray de ce\qui s'est passé en la réduction de la ville de Vienne , soubs V obéissance dv Roy..,, le vingt quatriesme avril 1595. A Lyon, par Guicfwrd Jullieron, 1595. ïn-8 de 28 pages (B. de Lyon, t. 24, n° 25201).
1595. — Discours de la vérité des causes et offerts des décadences , mutations, changements , conveisions et ruines des monarchies, empires, etc., par Gaude Durci , Bourbonnois. A Lyon , par Benoist liigaud. 1595. In-8. De l'imprimerie de Pierre Qiaslain , dict Dauphin. — Dédicace à Henri II II , datée de Moulins, ce premier jour de may 1594 , suivie de deux pièces en vers latins à la louange de Duret , Tune de Claude du Merdier , avocat (fils iïJntoinc), l'autre de Fab. Jveronius, aussi avocat à Lyon. Cne troisième pièce en vers français , signée G. L. B. N., nous apprend qoe Duret avoit alors trente ans (l). Il étoit donc né vers 1564 , ce que n'ont pas dit ses biographes qui placent sa mort au 17 septembre 1611. — A la fin de sou Discours des décadences , Duret en promet un autre (resté inédit), sur les origines , commencements, progrez, etc. , de toutes les monarchies; il termine son livre par ce mot d'un ancien :
m mayas volmsse sal est:
D'avoir osé suffît aux grandes choses.
La bibliothèque de Besançon possède un exemplaire de cet ouvrage avec nn litre rafraîchi portant seconde édition, et la date de 1598. Voyez les Publications de 1594 , YEden, etc.
1595. — VEntrée de.... Henry HU ... en sa bonne ville de Lyon , le Un septembre Tan M. D. XCV.... (par Pierre Matthieu). A Lyon , de l'imprimerie de Pierre Michel. In-4 de 104 pages précédées du titre, du portrait d'Henry IV, de la dédicace au Roy, d'un avis au lecteur, d'une gravure pliée en deux représentant l'entrée du roi, enfin d'un feuillet contenant des inscriptions latines. Voyez les Publications de 1598.
1595. — Erreur de la papesse fane , par Florimond de Raemomd , conseiller du Roy au Parlement de Bourdeaux. A Lyon , par Benoist Bigaud. M. D. XCV. In-8 — A la Ou de cette édition est la Response de R. T. à l'aucteur de l'Erreur populaire. Cet anonyme était un ministre de Béarn. F. de Rénvmd déclare à ce ministre que s'il compte sur uue réplique , il compte mal , puis il ajoute :
Dixisti nihil, et responsum posris : habeto : ttesponsi«a<is est hoc tibi quod «ileo (2).
L'imprimeur a joint à ce volume, avee une nouvelle pagination, la
(i) Quand je vois, mon Duret, que tu mets en lumière , Eu l'aagc de trente ans , ce superbe labeur , Je dis que, tout comblé de fortune et bon heur , Tu franchis à bon droîct des sçavants la carrière.
Ctaude Duret, un des plus célèbres avocats de son temps, plaida en 1J>94 pour !«** Jésuites contre Arnauld, dans leur fameuse querelle contre l'Université de Paris. Il était fils de louis Duret, premier médecin de Charles IX et de Henri III, et frère de Jean Duret dont nous parlerons au 28 juin 1003.
(2) Ka Papesse Jeanne sur laquelle on a tant écrit, a été le snjet d'un poùmc e n dit chants, dont on a grossi . à tort ou à raison , le bagage littéraire de Charles Uonles.
traduction par F. rte Rémond , de deux traites de Tertullien de la Couronne du Soldat, et de V Exhortation aux martyrs (t). L'approbation, signée Chatom, officiai de Lyon, est datée du 9 octobre 1594. Voyez les Publications de 1 597.
1595. — Les Essais de Michel seigneur de Montagne (sic), divisez en trois livres, contenant un riche et rare thrcsorde plusieurs beaux et notables discours couchez en un stile le plus pur el orné qu'il se trouve en nostre siècle. Avec deux tables : Tune des chapitres, l'autre des choses plus mémorables contenues en iceux. cl.). D. XCV. Pour François leFcbure, de Lyon. In*12(ct nonin-8) de 1012 pages (et non 1002;, plus 24 f. préliminaires y compris le titre. — Il existe deux autres éditions lyonnaises des Essais de Montaigne, l'une de 1598 , l'autre de 1669 (voyez ci-dessus au 8 novembre 1581). — Montaigne cite (Uv. I , chap. XXV) , les noms de ses précepteurs ; l'un d'eux ,'qui s'appelait Guillaume Guercnle , avait commenté Aristofc , et fait des tragédies latines. L'auteur des Essais le nomme deux fois (tome 1 , p 281 et 287 de l'édition de M. Victor LeclercJ; il fut du nombre des savants qui , en 1 547 , furent appelés par Jean fil , roi de Portugal , pour professer dans un nouveau Collège que ce monarque venait d'ouvrir à Coimbre (2J. Toutefois, les commentateurs ne disent rien de lui, quoiqu'ils aient (ait une note sur tes autres personnages cités au mène endroit. M. Breghot qui a composé wn glossaire encore inédit de Montaigne , a remarqué que Guillaume Guêrente est nommé deux. fois dans l'Histoire à* J. A. de Thou, livres XVII et XXIH. Il pense , puisqu'il était de Rouen, que c'est te même individu que le Guillaume Guerante, religieux nugustin , savant théologien , qui se fil une grande réputation dans la chaire , el qui mourut à Rouen le 8 septembre 1574. Son épitaphe, qu'on lisait , avant la révolution , dans l'église des Augustins de la même ville, annonçait qu'il avait été grandis praedieator et scholae tyraculum. Son mérite l'avait fait étever aux premières dignités de son ordre; il avait été prieur de la communauté de Rouen , et provincial de France (voyez Guilbert > Mém-. biogr. et tilt,, tome I , p. 528)* — Il reste bien des notes à faire sur les Essais. Personne encore n'a dit de <pii sont ces deux vers cités, livre III , chap. V, et dont M. Breghot a retrouvé le premier cité aussi, sans nom d'auteur . par Segrais , OEnvr. dit?., Arast., 1723, 2" part., p. 96 :
Ense marital! nemo oonfossus oduHer Purpwrco stygtas sanguine linxil aquas.
Je voudrais bien aussi que quelque docte anglais pût me dire si c?est
(t) Tertullien a fait gémir plusieurs fors h> presse- lyonnaise. ËrrfMS, on y a imprimé son Apologétique et ses Prescriptions traduits par l'abbé de Gonrcy, a* oc des notes de M. Breghot du Lut, et suivis de VOclavius de Minu iut Félix, traduit par A. P. Une nouvelle édition de ce dernier ouvrage , avec le texte en regard et de nombreuses notes, a été publiée par MM. Périsse, en 18Î3 . in-8.
(2) Voyez la \ic de Btichanan , écrite par lui-même, en tète de ses œuvre*.
contre Montaigne que Jean Owen a décoché celle méclianle èpigramme (la 28e du livre X ou du livre XI) :
liigfiiii, Montane , tui est vi^or igneus. tjnde Colligis hoc? induis. Nascitur igne nihil (i).
Vous noierez que , dans les éditions modernes , et notamment dans celle de M. Renouard , on lit Silvane , au lieu de Montane.
1595. — Farce ioyeuse et récréative de Poncette et de l'amoureux transy. A Lyon, par Jean Marguerite, 1595, petit 8. — « Ceci est tout bonnement une ordure, c'est pourquoi nous laissons l'amoureux transi se consoler de n'avoir pas épousé Poncette ctd'avbir épousé M"* Rose,... quœ semper bombinat inlecto. » Le Marquis Duroube, Jnalectabiblion , I, 33*2; Brunet, 11, 252; Catai. Soleinne , tome I , n*689.
1595. — Joyeuse farce à trois personnages d'un curia , qui trompa par finesse la femme d'un laboureur. Le tout mis en ritunie savoyarde, sauf le langage du Curia, lequel, en parlant aud il laboureur, escorchoit le langage françois, clc. Lyon, 1595 , petit in-8. Bbuket , II , 252; Catal. Solcinnc , n° 3984.
1595. — Paraphrase ou Description sur tous les psaumes, trad. de l'Italien de Fr. Panigarole, par Jacques Durand. Lyon, Jacq. Roussin. 1595. In-16. — Panigarole était mort , l'année précédente, à Jstù II avait eu pour précepteurs Noël Conli et Jnlonius Palèarius qui fut pendu à Rome, comme prévenu d'hérésie, en 1570, sous le pontificat de Pie F. Il est à croire que Panigarole, qui s'était déjà rendu célèbre par ses prédications , ne fut instruit du procès fait à son maître que lorsqu'il n'était plus temps de voler à son secours. L'illustre prédicateur vint deux fois à Lyon , et les Italiens purent juger de son talent pour la parole (voyez Tirabosciii , t. VU, page 1602 de l'édition de Modène , et ci-dessus au 9 novembre 1689). On traduisit en françois, quelque temps après la mort de Panigarole, les Sermons de Caresme qu'il avoit prèchés à Rome en 1577. Cette version fut imprimée à Lyon en 1599, in-4. Le traducteur ne se désigne que par ces trois lettres , J. D. M. « On croit, « dit Rigoley de Juvigny (notes sur Duverdier , 1 , 664) , que c'est Jean « de Montlyard , connu par beaucoup d'autres traductions. » Quant à nous , nous pensons que la version des Sermons pourrait bien être de l'auteur de la version de la Paraphrase, c'est-à-dire, de Jacques Durand, et que la troisième lettre annonceroit qu'il était médecin. Pour décider cette question , il faudrait avoir les deux traductions sous les yeux ; elles nous manquent.
1595. — Nicolai Remigii.... Dœmonolatriae Libri III... Lugduni , in officina Fincentii. M. D. XCV. In-4 (B. de Lyon, 1459). — Nicolas Remy était conseiller intime du bou duc Henry II , et lieutenant géné-
(1) Voici une imitation de ce distique, par M. P. R. :
Ton esprit , Mont anus , est tout poudre ei salpêtre , Eléments très actifs dont on ne voit rien naître.
rai de Lorîaine. La dédicace qu'il a faite de son livre au Cardinal Charles de Lorraine , est datée de Nancy. Il est auteur d'autres ouvrages mentionnés par Dom Calmet, dans sa Biblioth. de Lorraine. Il n'a d'article ni dans Morèri , ni dans la Biogr. univ.
1595. — Remonslrance au Roy , en son Conseil. Par les Députez des Eglises reformées de France , à Lyon , au moys de septembre 1595. In-8 de 8 pages , sans nom de ville ni d'imprimeur (B. de Lyon , tome 24 du recueil 25201).
1595. — Le Repentir d'amour de Dieroméne : Pastorale imitée de l'Italien de L. G. C. d'H. (Luigi Grotto Cieco d'IIadria), par R. B. G. T. (Roland Brisset, gentilhomme tourangeau). A Lyon, par Jacques Roche. 1595. In-16. — M. Barbier n'a pas connu ce livre qui fut publié pour la première fois à Tours en 1591 , et dont il y a une édition de Paris , 1595 , in-12. Ginguené a donné une analyse de cette Pastorale , qui a pour titre en Italien // Pentimento aVÀmore (voyez son Hist. litt. d'Italie , VI , 369). Il n'a pas cité cette pensée qui mérite d'être remarquée : Non è bello quel che è bello, ma è bello quel che piace. a Ce qui « est beau est beau , mais ce qui plaît est encore plus beau (1) » Roland Brisset a une courte notice dans la Biogr. nniv.; il en a une plus étendue dans YHisloire de Touraine, par M. Chalmel, t. IV, p. 61-75. Ce poëte dramatique, né à Tours en 1560 , est mort dans celte même ville en 1643.
1595. — Thomae Stapletoni Promptuarium catholicum super
JSvangelia ferialia in totam Quadragesimam... Lugduni, sumptibus Pétri Landry. M. D. XCV. In-8 (Typis Johannis Tholosan.... 1694, mense Junio).
1595. — Summa'aurea armilla nuncupata, casus omnesad animarum curam attinentes, breviler complectens. À. Bartholomaco Fumo.. ord. Praed. ac haereticae pravit. Inquisitore, édita... Lugduni, sumptibus Pétri Landry. 1595. In-8 (B. de Lyon).
1596. — Les Tragédies de RobeiH Garnier.... À Lyon, pour Paul Frellon et Jbraham Cloquemin. M. D. XCV. A l'escu de Coloigne (B. de Lyon , 18309). Voyez les Publications de 1692.
1595. — Il vanto del Fariseo spagnacolo , ecc. Lione, T. Jncillino. 1595. In-8. — Poëme contre la Ligue et les manœuvres de la faction espagnole opposée à Henri IF. Il est orné d'un portrait de ce prince , gravé sur bois , et, au recto du dernier feuillet, est un Sonnetlo à Madama la Liga (n° 4143 du Catal. de M. LeberJ.
1596. — Janvier 24. Lettre du Roi au Consulat :
« De par le Roy. Très chers et bien amez , nous escrivons présentement au sieur de la Guiche , gouverneur et nostre lieutenant gênerai en Lionnois , Forestz et du Beaujolois , pour le prier de faire payer le sieur
(1) Ni la grâce plus belle encor que la beauté.
Lafontiine , Adonis , vers 78.
Jehan B.tptiste Regnault de ce qu'il a preste à nostre ville de Lyon pendant qu'il a esté eschevin d'icelle. Et parce que nous sçavons que vous y pouvez encores de vostre part apporter beaucoup de facilité et recommandation, nous vous en avons bien voulu encores faire cesle lettre , et vous dire qu'aymant, comme nous faisons, ledit sieur Jehan Baptiste fRegniult, vous nous ferez service très agréable d'accélérer son payement et remboursement , en tout ce qu'il vous sera possible. Et n'estant la présente pour aultre effect, nous ne la vous ferons plus expresse. Donné à Folembray le xxiiij6 jour de janvier 1593. Signé Hknry ; plus bas de Neufville. » A. M.
1598. — Février 11. Mariage de Charles de Neufville, marquis Halincourt , avec Jacqueline de Harlay , fille du baron de Sancy. Voyez ci-après au 15 mars 1618.
1598. — Février 12 Lundi. « Fut faict procession générale où assista M. le Cardinal de Joyeuse, pour rendre grâces à Dieu de l'alliante et paix des princes de France avec le roy. » Ârch. du Rh., XII, 174.
1596. — Février 12. Lettres patentes d'Henri IV, portant confirmation des privilèges des habitants du Franc-Lyonnois. Voyez ci-après au 21 juin.
1598. — Mars.... Le Consulat au sereuissime duc et très illustres Seigneurs gouverneurs de la république de Gènes :
• Sereuissime duc et très illustres Seigneurs, nous entendismes, bien quelque temps y a, que trois galleres armées cstoient parties de vostre havre, et venues en celuy de Marseille, et que principalement y corn m andoit Mgr le prince Doria, mais nous avons tousjourscreu qu'ellesy avoien t esté invitées et arrestées par les Marseillois mesmcs, qui se laissèrent en cela conduire par ceulx auxquels ilzs'estoient pour l'heure rapporté du gouvernement de leurs affaires; tellement que tous les bons François n'ont oncques appréhendé decest événement aullre succès que celuy qu'on doibt attendre d'un bon voisin qui accourt au secours de son amy sitost qu'il y est appelé , sans que jamais l'on ayt pensé que , de ceulx qui despendent de vostre republique , il s'en soit embarqué un en intention de favoriser et maintenir la rébellion en laquelle les Marseillais ont continué contre leur prince naturel , depuis mesmes que nostre Sainct Pcre a levé, par sa saincte bénédiction, tous les prétextes qui ont si longuement affligé ce royaulme, comme de faict la retraitte desdites galleres en a rendu ce tesmoignage, que voyant que le gênerai de ladite ville avoit secoué le joug qui la tenoit séparée de l'obéissance du Roy; elles ne feirent jamais aucun effort, et s'en allèrent aussy , sans y avoir receu aulcune offense. Et touttesfois nous avons sceu que lesdiles galleres , ayant à l'heure mesme de leur despart, rencontré un vaisseau appelé St-Christoffle , appartenant aux sieurs Martin et Jean Couvet, chargé qu'il estoit de marchandises , elles s'en saisirent, et , après avoir mis plusieurs hommes à la cadenne, le consignèrent dedans voïtre havre de Genncs où il est arresté ; chose , à la vérité , dont
Ha esté parlé diversement, mais néanmoins avec ceste modération que Ton se doibt asseurer en la vertu de ce prince qui commandoit auxdites gai 1 ères qu'il ne permettra rien aux siens qui ne soit bien honneste, et que le gouvernement de vostre republique fera tousjours reparer ce qui pourrait eslre attenté par ceux de voz estais, au préjudice des François , contre la sûreté publique cl la foy conservée par de si longues années. C'est pourquoy aussy , nouj qui avons ce debvoir spécial que d'affectionner l'interest du sieur Martin Couvet , lequel, seulement à Noël dernier, laissa le rang (d'échevin) que nous tenons en ceste ville, après y avoir esté continue* par diverses années, oultre la commune observance , et qui vous debvons cest honneur de faire paraisse à tout le monde combien nous sommes joyeux que ledit vaisseau se trouve maintenant à vostre disposition , vous supplions de faire pourveoir aux intéressez , de la mesme justice qui reluit en tous voz \ bons desportemens , de leur oster le subjectde recourir au Roy pour éviter une perte de telle conséquence, et d'augmenter, en ce faisant , celle que ceste ville a toujours eue à continuer au gênerai et particulier de vostre république la mesme bonne amitié et bienveillance dont elle nous a thery en toutes les occasions passées. Nous serons doneques attendant le fruict de cest acte signalé de vostre bonne grâce, et demeurerons ce pendant, serenissime duc et très illustres Seigneurs, voz très humbles et très affectionnez amys et serviteurs, etc. Lyon , le. ... mars 1596» » — Une semblable lettre fut écrite en même temps par le Consulat , au prince Doria , commandant les galères de la république de Gènes. S.
1596. — Avril 18. Lettre du maréchal de Biron aux Prévôt des marchands et éehevins de Lyon :
« Messieurs, j'é entendu ce que Messieurs voz députes m'ont requys de vos parts. Je serais très mary de vous refeuser chose qui feust en mon pouvoir, et mesmes les prières de M. de la Quiche accompagnant les vostres. Par ainsi vous me ferez faveur de croyre que je désire voz amityés et les mériter et conserver, vous faysant servise : et lorsque vous vouldrez tirer preuve de mon affection , vous me trouverez tousjours très disposé à ce que je vous dis , désirant vous demeurer, Messieurs , vostre plus affectionné amy à vous faire servise. Biron. De Fouly , ce 18 avril 1696. » — La date et l'adresse seulement ne sont pas de la main du Maréchal. S.
1596. — Avril (au moys d'), se rendit la ville de Montbrison soubz l'obéissance du roy, moyennant argent. Jrch. du Rh , XII, 174. Voyez ci-dessus , au 23 décembre.
1596. — Mai 25. Lettre du Roi au Consulat :
« De par le Roy. Très chers et bien araez, vous vous ressouvenez bien de l'instance que vous nous feites , lorsque nous estions par de là , qu'il nous pleust d'y envoyer une compagnie du parlement pour tenir les Grands Jours. A quoy sitost que nous avons esté de retour de deçà, nous avons voulu travailler : et bien que ce n'ayt pas esté sans beau-
coup de peyne et d'opposition que nous ayons peu tirer et desgarnir de nostre Cour de parlement aussi bon nombre déjuges, toutefois par le désir que nous avyons de vous donner ce contentement, nous avons vaincu toutes les susdites oppositions , et , affln d'y faire plus promptement acheminer ladicte Cour , faict expédier noz commissions dez le commencement de ceste année , en noz generalilez de Lyon , Auvergne et Bourbonnois , pour imposer jusques à la somme de 8333 escuz sur chacune desdictes generalilez, pour le payement et entretenement d'iceile; mais, parce que nous voyons que ladicte levée tire ung peu en trop de longueur , et que s'il falloit attendre que les deniers qui en doivent provenir fussent entièrement receuz pour faire partir ladicte chambre , que cela feroit un trop grand préjudice au bien de noz affaires et ceulx de la Province , nous vous avons bien voulu faire ceste-r cy par laquelle nous vous prions , et neanlmoings enjoignons, que où il n'y auroit somme notable présentement receue pour la pouvoir faire acheminer , de vous assembler et adviser ensemble de pouvoir vousmesme faire l'avance de ladicte levée , si non toute , pour le moings une bonne partie, et jusques à la somme de 8000 escuz que vous envoyrez et ferez tenir au plus tard en nostre ville de Part* dans la fin du mois prochain, dont vous vous rembourserez sur les premiers deniers qui proviendront de ladicte levée , mesme de ceulx qui s'en recevront en nostre recepte générale de- Lyon ; ayant ordonné pour cest effect au receveur et payeur de nostre Cour de parlement d'envoyer par delà son commis avec ses blancs pour en faire la sollicitation. Et nous asseurant que vous ferez en cella chose qui respondra à nostre intention, y allant, comme il faict, et de nostre service et de vostre conservation particulière, nous ne vous en dirons pas icy davantage. Donné au camp de St-Quenlin , le xxve jour de may 1596. Signé Henry ; plus bas Forget, » S.
1596. — Mai 26. Lettre du Roi au Consulat :
« De par le Roy. Très chers et bien amez , les bons et notables services que le sieur de Champier nous a faict par de là en toutes les occasions qui s'en sont offertes , dont nostre ville de Lyon a ressenty principallement le fruict , nous convient à embrasser et affectionner particulièrement ce qui lui touche. C'est pourquoy luy ayant faict donner assignation de dix mil escuz sur l'imposition que nous avons ordonné estre establye à Trevol, nous l'avons bien encores voulu gratifier de nostre recommandation envers vous , à ce que vous aiez à faciliter1, en tout ce qui despendra de vous , tant l'eslablissement de ladicte imposition pour lequel nous avons depputé commissaires les sieurs des Barreaux (?) et de la Cave, conseillers en nostre Conseil d'estat, que le payement dudict sieur de Champier sur icelle Nous sommes aussy advertiz qu'il luy est deub quelques arrérages de Pentretenement de sa compagnie de chevaulx légers , du temps qu'elle estoit employée en Bombes * au payement desquels nous vous recommandons pareillement de pourvoir, affin qu'il ayt moyen de remettre *us et nous ameuer au plus tost sadicte compagnie, suivant lecom-
mandement que nous luy en avons fait ; et à tout ce que dessus ne faictes faulte, sur tant que desirez nous complaire, etaymez le bien de nostre service. — Donné à St-Quentin, le xxv45 jour de may 1596. Signé Henry; plus bas Forget. » S.
1596. — Juin 12. Lettre d'Henri Iran Consulat : « De par le Roy. Très chers et bien amez , nous avons en telle vénération la personne de nostre très St- Pere le Pape et le St-Siege apostolique, que nous estimons ne pouvoir rendre trop de tesmoignage de nostre affection et observance à l'endroict de l'un et de Paul Ire. C'est pourquoy, ayant esté advertiz que S. S., usant de sa bonté accoustumée, envoyé devers nous nostre très cher cousin le Cardinal de Medicis, pour légat du St-Siege , lequel se rendra bientost en ce royaulme , nons ne voulons défaillir à nostre debvoir , par toutes sortes "de démonstrations du plaisir et contentement que nous recepvons de sa venue , et désirant que noz peuples et subjeetz en usent de mesme , nous vous mandons que vous ayez à tous préparer à recepvoir et loger en vostre ville noslredit cousin le cardinal de Medicis et ceux de sa suite , avec tous les debvoirs et honneurs que vous lay pourrez rendre , sans espargner aulcune chose qui luy puisse faire cognoistre combien vous honorez et respectez sa personne et le lieu où il est despesché devers nous : et vous nous ferez service très agréable. Donné à Jbbeville , le xne jourdejuing 1596. Signé Henry , et plus bas de Neufville. » — Superscription : « A noz très chers et bien amez les Prévost des mar- « chands et Escbevins de nostre ville de Lyon. » S.
1596. — Juin 2 h Un arrêt du conseil d'état décharge les habitants du Franc- Lyonnois du don gratuit de mille écus d'or sol qu'ils dévoient payer le 31 août de la présente année, attendu qu'ils avoient été obligés de payer cette somme par anticipation. Voyez ci-dessus au 19 mai 1591.
1596. — Juin 24. Lettre du Roi au Consulat :
« De par le Roy. Très chers et bien amez , le manquement que nous avons à présent de pouldreset munitions de guerre , est la seule cause de la perte du long temps que nous avons esté retenus au siège de nostre ville de La Fere. Le mesme deflault qui accroist de jour en jour , nous oste encor toutte occasion d'emploier l'armée que nous avons très belle sur ceste frontière , ba&tant pour retirer de noz ennemis ce qu'ilz ont usurpé , et faire de grands et amples progrès sur eulx. Nous ne pouvons à présent apporter aultre plus convenable remède à ce mal , que de retirer des magazins que nous avons és places plus esloignées du danger , et qui sont au milieu de nostre royaulme , la meilleure partie des pouldres* que nous y avons réservées, et d'ailleurs rechercher des villes et communaultez les plus aysées , et qui ont magazins et provision particulière de pouldrcs, quelque notable secours d'icclles, pour des unes et des aultres nous prevalloir en si importante nécessite , laquelle nous avons donné charge à ce porteur de vous représenter telle qu'elle est, et par mesme moien vous faire entendre la quantité de pouldrcs qu3 liiMi désirions que vous fournissiez promptement , soit de
voz magazins particuliers ou d'ailleurs, que vous les pourrez au plus tost recouvrer et les faciez conduire et rendre jusques en nostre ville d'Orléans , avec asseurance que nous vous eu donnerons le remboursement de la valeur d'icelles, et le recouvrement sur toute l'estendue de nostre élection de Lyon , ou par tel aultre plus prompt et expédient moien que vous proposerez au sieur de la Bastide , auquel remettant de vous faire entendre plus expressément sur ce nostre intention , nous ne vous en ferons aultre plus particulière déclaration par la présente : vous exortant seullement de contribuer à ce secours avec toute l'affec lion , promptitude et facilité qu'il vous sera possible , selon que vous en jugez le subject utile et nécessaire , non à la conservation particulière de cesle frontière seullement, mais du gênerai de nostre royaulme. Donné à Jbbeville, le xxiiije jour de juing 1596. Henry, et plus bas Potier. » S. — Adresse : « A noz trez chers et bien amez les Majeur, « escbevins et babitans de nostre ville de Lyon. » S.
1596. — Juin 25 (le mardi), entra en ceste ville le légat qui s'en alloit en France , et furent tapissées les rues de Lyon à l'endroit où il passa. Arch.du Rh.y XII ,174. — Le légat était arrivé l'avant veille à la Guillotiere , où il attendit qu'on eut acheté les préparatifs de son entrée. M. Baglioni, seigneur de Saillans, fut délégué par le Consulat pour remplir les fonctions de maître des cérémonies. Il y eut débat entre le Gouverneur et l'Archevêque qui réclamait le pas et qui l'obtint , attendu qu'il s'agissait de l'entrée d'un légat de sa Sainteté. Le cardinal logea à l'archevêché , où il fut harangué par le Prévôt des marchands en langue naturelle françoiss.S. Voyez ci-dessus au 2t décembre 1594.
1597. — Juin,... Un sieur Dalenson, à qui, dans son séjour à Lyon , le ConsulaJ avoit offert la charge de principal du Collège de la Trinité , et l'avoit chargé de trouver en l'université de Paris, deux hommes doctes de bonne vie et réputation , écrivoit de Paris , les 12 et 22 juin , que Dieu lui avoit fait la grâce de trouver deux sujets au contentement du Consulat, à la décoration de la ville et à l'embellissement de sa renaissante académie. Il avoit eu bien de la peine à les décider ; car « nonobstant que celte université ne fut si florissante, il y a 40 ou 50 ans , sy est que ceux qui ont quelque sentiment de bonnes lettres , estiment qu'elle recouvrera son lustre perdu , et que bientost elle arrivera à la même perfection et au degré duquel elle est déchue. Cette espérance les nourit et retient la pluspart en ce lieu , voire avec tant de perlinacité , qu'ils y aiment mieux pastir et endurer d'assez eslranges nécessitez que choysir un honneste party... » S.
1596. — Juillet 1. Le Consulat répondant à une lettre du sieur Thomé , son secrétaire , député en Cour, lui dit :
«.... Au fait de M. Dalenson, usez de vostre discrétion accoustumèc avec M. Henry , et vous souvenez que Von craint icy le retour des Jesuis*tes, par la faveur de M. le Légat , qui vous sera pour advis à diverses fins. Nous escrivons aussi audit sieur Dalenson pour le contenter, sans
autrement nous lier.... » Le Consulat ajoute qu'on ne peut faire aux régents meilleure condition que celle qu'ils ont , à savoir de 500 francs pour tous , par an ; toutefois , s'il y avoit grande occasion et quelque personne de mérite, on pourroit aller au delà.... » S.
1596. — Juillet 1. Lettre du Roi au Consulat :
« De par le Roy. Très chers et bien amez, nous avons eu tant de vous et de tous noz subjeetz de nos provinces de Lyonnois , Forez , Auvergne, Bourbonnoys , IVyvernois , Berry , Haulte et Basse Marche , que pour chastier les meschants et contenir ung chacun en debvoir , nous avons advisè d'envoyer par delà les président et conseillers de nostre Cour de parlement , que nous avons choisiz et depputez pour aller tenir les Grands Jours en nostre ville de Lyon , aftîn de relever nostre aucthorité èsdiles provinces , à l'honneur de Dieu et au soullagement de nostre pauvre peuple : à ces causes , nous vous mandons recepvoir en nostre ville lesdits président et conseillers, leur rendre et faire rendre tout l'honneur que vous pourrez, selon leur mérite et le subject pour lequel ils sont envoyez, et tenir la main qu'en ce qui deppend de vous et de voz charges , ilz reçoivent toute assistance. Et vous ferez chose qui nous sera très agréable , et de laquelle vous recueillerez aussy le premier et principal fruict , sy n'y faictes faulte. Donné à Abbeville , le premier jour de juillet 1596. Henry , plus bas de Neufville. — A nos très chers et bien amez les prevost des marchands et eschevins de nostre ville de Lyon. » S.
1596. — Juillet 8. « La fouldre tomba sur le clochier d< s Augustins, entra dans l'église, gasta le susdit clochier. » Arch. du Rh.f XII, 174.
1596. — Juillet 8. Le Consulat , dans une lettre adressée au sieur Thomé, relativement aux affaires de la ville , lui dit : «.... Gardez que l'on ne nous fasse quelque fricassée de Cour, et que puis n'entendions ce mot Lyonnois : Qui a mal son dam , lequel est ordinairement en la bouche des inventeurs d'expediens.... » S. Voyez le Dict. de Trévoux, au mot Dam.
1596. — Juillet 16. Le sieur de la Guiche , chevalier des deux ordres du roy , conseiller en son conseil d'état , capitaine de cent hommes d'armes de ses ordonnances , grand maître de l'artillerie de France, gouverneur et lieutenant-général pour S. M au pays de Lyonnois , Forez et Beaujoloys:
« Sur les remonslrancesà nous faictes par les Prevost des marchands et eschevins de ceste ville , en l'occasion de nostre despari pour la reveue de nostre gouvernement et exécution de la volonté du Roy à la démolition de la citadelle de Montbrison; à ce que d'aultant qu'ils n'ont commandement de S. M. de remettre les clefs de cestedile ville à auitres qu'à nostre personne, il nous plaise leur en déclarer nostre intention , et y fust pourveu pour nostre absence , après que nous aurions trouvé bon assemblée estre faicte pour en délibérer; laquelle , à leur réquisition , auroit esté faicte en nostre hostel , eulx assemblez avec les
principaulx de la justice , des finances et des notables bourgeois : et, oprez leur consentement sur ce faict et presté , et de leur commung advis , resolution , a esté par nous pourveu que M. de Bothéon, lieutenant pour le Roy en ce gouvernement en nostre absence , aura pendant icelle la garde des clefs de la ville , lesquelles luy seront apportées tous les soirs , pour eslre renvoyées et remises auxdits prevost des marchands et eschevins , tous les matins , à l'ouverture des portes d'icelles, ainsy qu'il se faict de présent. Le tout soubz les protestations par eulx faicles , et n'estre tiré à conséquence pour l'advenir , suivant et à la forme de l'acte de leur délibération.... Faict , ce 16 juillet , l'an 1596. Signé de la Guicue , et plus bas Merle. » S.
1596. — Juillet 25. Lettre du Roi « à nostre très cher et bien amé le Prevost des marchands de nostre ville de Lyon :
« De par le Roy. Cher, et bien amé , dès le temps qu'il a pieu à Dieu nous appeler à la succession de royaulme , auquel pour la pluspart nous avons esté conlrainct d'entrer par conqueste , nous avons trouvé ung tel desordre en toutes noz provinces , que depuis à l'occa^ sion des guerres civiles et eslrangères , y a esté continué à la foule et oppression de noz bons subjects, que la mort nous seroit moings dure, qu'il ne nous est de veoir et souffrir plus longuement les misères dont le royaulme est accablé , ce que nous recognoissons procedder principalement du tenement des champs des gens de guerre , qui ne peuvent être disciplinez sans paie , ne servir sans entretenement , à quoy nous ayant esté jusqu'à présent impossible de pourveoir, nous souffrons en nostre ame douleur extresme. D'uncostè, il ne nous est loysible d'habandonner la conservation de nostre estât ; d'aultre part , nous ne pouvons qu'avec un sanglant et incroyable regret ouyr les justes plaintes de nostre pauvre peuple , sans y apporter le remedde convenable en la charge et dignité en laquelle il a pieu à Dieu de nous eslever : implorant sa grâce en toute humilité ; nous avons prins conseil de convoquer présentement une notable assemblée d'aucuns de noz subjeetz dont la fidellilé , suffisance , probité et affection au bién de cest estât a esté expérimentée et cogneue par leurs bonnes et louables actions : entre lesquels nous avons estimé vous debvoir choisir , pour l'asseurance que nous avons de vostre fidellilé et pour la cognoissance que vous avez des affaires de nostre pays de Lyonnois , spécialement de nostre ville de Lyon, nous vous prions, incontinent la présente receue, de vous disposer à venir en nostre ville de Compiegnc , pour vous y trouver ce 15e jour de septembre prochain , et vous informer auparavant fort exactement de Testât de voslre Province ; prendre l'advisde noz bons serviteurs et subjeetz, de ce à quoy il est besoing de pourveoir, pour y establir ung bon et asseuré repoz et aussi de ce dont nous pouvons estre secouruz , affin que nous ayons moyen d'empescher les desordres qui se voyent maintenant en ce royaulme , et de résister par la force aux forces et mauvais desseings de noz ennemys. Pour à quoy parvenir il n'y a chose que nous n'entreprenions , et à laquelle nous ne nous résolvions. — Grâces à Dieu, ce royaulme est plein de vaillants
hommes, d'un bon nombre de chefs de guerre ; nous demeurant ce seul pensemeut de pourveoir à leur entretenement , qu'il laut mettre peine de trouver en noz ûnances. Retranchons tout ce qui est volontaire , et dont Ton se peult passer, pour estre employé à ce qui est plus nécessaire , en quoy nous desirons aussi estre assisté de vostre saige et prudent conseil , et de celluy que recueillerez de noz bons et fidellcs serviteurs de vostre Province , et par mesme moyen fauldra adviser où se pourra trouver ailleurs ce qui ne se recouvrira en noz finances : voulons espérer que tous nos subjeetz qui cognoistront par efiect nostre ferme resolution de faire dispenser et employer tout le secours qui nous sera faict , et ce qui sera advisè de prendre eu noz finances à la conservation de Testât et non ailleurs , suivant la resolution qui en sera prise en ladite assemblée, se disposeront volontiers à nous accommoder pour ung temps de quelque petite partie de leurs moyens , pour sauver le surplus avec leur patrie , de la conservation de laquelle dépend celle de leurs honneurs , de leur vie , de leurs femmes et enfans. Ce que nous eussions volontiers faict représenter en une plaine assemblée des estais généraux de ce royaulme , sy les armes et elïbrtz de noz ennemis permetloient que l'on peust différer plus longuement de pourveoir et remédier au mal qui nous presse si violemment ; ce que différant à ung aullre temps, nous vous dirons que nostre intention est , attendant la tenue desdils estais , de faire cesser tous les desordres au mieulx et le plus tost qu'il se pourra , et qu'en la convocation que nous avons présentement ordonnée , soient faietz les mesmes reglementz et reformations , en ce qui concerne principalement la police militaire , Tordre et distribution de noz finances , que si l'affaire estoit traictée en plaine assemblée d'estats généraux : voullans espérer, moyennant la grâce de Dieu , en laquelle nous avons tousjoursmis nostre fiance, que se présentant devant nous Tannée espagnolle , elle en rapportera le mesme traictement qu'elle a cy-devant faict , quand elle s'est voulu resouldre au combat que nous avons esté l'espace de sept moys au siège de la Fere , que l'ennemy a mieux aymé laissé perdre à sa veue que de s'obliger au combat. Nous contribuerons franchement, pour mettre fin à ceste guerre, nostre peyne , tous noz moyens, nostre sang et nostre propre vye , dont , quand il s'en est agi de conserver Testât , nous ne feusmes jamais chiches, nous promeltans la mesme affection et loyale assistance de nostre noblesse que nous avons souvent esprouvée ès occasions qui se sont présentez : estans noz forces occupées au siège de la Fere, par je ne scay quel malheur, nostre en nemy s'est advantagé de deux villes frontières , ne s'estans trouvées si bien munies et fortifiées , comme il eust esté besoing , ayant esté la forliflication des places de nostre province de Picardie par trop négligée durant la longue paix dont elle a cy-devant jouy : à quoy aussi , depuis nostre avènement à la couronne , nous n'avons peu pourveoir , pour avoir esté occupé ailleurs, lorsque la plus part dudit pays ne nous avoit recogneu. Ces evenemens ne peuvent estonner les cœurs généreux de nostre noblesse , estans les pertes advenues contre toute raison humaine, et non par valleur qui se puisse remarquer en noz ennemis. Il fault main-
tenant que nous leveillions tout en noz cœurs l'ancienne vertu françoise; que nostre noblesse se résolve avec nous de ne despoui lier jamais les armes que nous n'ayons eu la raison de noz ennemis ; ce qui semble n'eslre point difficille, si, avec la valleur de la noblesse, l'Ecclésiastique ayde Testât en ce qui est de sa vacation et de ses moyens , et si nous sommes assistez de nos bonnes villes et plat pays , selon les moyens que cbacun en aura , qui seront trop mieux employés au |>ayement d'une armée qui s'opposera courageusement à celle de Y Espagnol; que si, par ce deffault, l'ennemy ne trouvant point de forces en campagne , qui resistast aux siennes , s'en faisoit le maistre , ravageoyt le plat pays, et saccageoit les villes comme bon luy sembleroit. Succedans à ceste couronne , ainsy que chascun scayt , nous y avons trouvé une extresrae pauvreté. On ne peult dire que nous n'ayons jamais consentiz , uy que nostre naturel soit d'approuver que les revenuz du royaulmr soient mal ménagez et employez en despences superflues et volontaires. Nous desirons la reformation au faict de noz finances aultant qu'ayt jamais fait prince qui ayt porté cote couronne , et en tout ce qui escherra et serons conseillez , nous commencerons volontiers la refformation par nous mesmes , jugeant que l'ordre et bon mesnage dont il sera usé , fera que l'on pourra satisfaire aux despences pour la conservation de Testât , et nous donnera moyen de soulager noz pauvres subjeclz contribuables à la taille, d'une partie de levées qui se font sur eulx : ce que nous desirons de tout nostre cœur , et ne vivrons jamais contents que ce nostre désir n'ayt esté tesmoigné par les effeclz. Et , au cas que , par malladie ou empescheraent, vous ne puissiez venir audit Compiègne , nous voulions que le premier eschevin de nostre ville de Lyon s'y achemine à vostre deffault. Donné ce xxv* jour de juillet 1596. Henry , plus bas Neufville. » S. — Sans nom de ville sur l'original. — Le Roi était alors probablement à Monceaux. Voyez n'Ai bais , Itinéraire des rois de France , p. 1 16.
1596. — Juillet 27. M. d'Elbene s'en retournant à la Cour, a bien voulu se charger des mémoires du Consulat dont l'extrait suit :
« On prie M. dyElbene de remontrer au Roi la situation de la ville de Lyon , frontière et devant servir de boulevard aux ennemis de sa couronne, assez for ti liée en sa position, mais ayant besoin d'un grand peuple pour la garder; — qu'elle s'est toujours maintenue en l'obéissance et fidélité de son Roi , ne pouvant lui être imputée la faute faite
en Tannée 1589 , par les menées d'un prince étranger y étant
Cinq ou six hommes seulement formèrent la rébellion , et tout le surplus des bons citoyens a été remarqué improuver la rébellion : et ainsi les Ligueurs n'ont cessé à les remuer.... Le menu peuple souffre depuis deux ans, soit par le défaut de moyens des riches , soit par la cessation du commerce ruiné , soit par les guerres étrangères, soit par le grand nombre de daces et péages nouveaux. Aussi le négoce prend un autre chemin. Les marchandises de Flandres et d'Allemagne vont à Genève, à Gènes et en Piémont ; celles d'Italie s'épanchent en divers endroits; ce qui frustre S. M. des droits de s^t douane. Les ouvriers soni
contrainte de quitter la ville n'étant pas employés. Ceux de VArl de la soie s'en vont partie en Avignon , partie à Gènes ; les Imprimeurs sont tous à Genève; les Chapeliers et autres ouvriers de fil, laine, etc., vont à Milan ou en Piémont'.... Depuis le départ de S. M. de Lyon , plusieurs revues ont été faites par ordre de M, de la Guiche, et il se trouve que , de jour à autre , le peuple s'écoule; et à présent, il est très-certain qu't/ n'y a pas la moitié du peuple qu'il y avoit lors de la venue du Roi.... » S.
1596. — « Le Dimanche 28e Juillet $ M. de la Guiche, gouverneur deceste ville , fit son entrée par la porle de Veite , venant de Montbrison , et furent les penons mis par les rues depuis ladite porle de Feize jusques en son logis, rue St-Jchan, pour luy faire honneur, et advint un grand tumulte entre les penons pour marcher le premier aprez ledit sieur, et danger d'un grand accident , d'autant que depuis la rue de Bourgneuf jusques au Change et autres lieux , les uns les autres alloyent s'enlrebaltant , joinct que les arquebusiers s'en mesloyent : toutes fois , par la grâce de Dieu , ne mourut ny fut tué personne pour ce tumulte. » Arch. du Uft., XII , 174.
Le lendemain , 29 , les échevins allèrent donner le bon jour à M. de la Guiche, et lui offrirent un présent d'un très bel orloge où est représenté la mirrha (?) en argent d'orfèvrerie , et les mouvements du soleil et de la lune , et autres singularités, avec le cryslal , le tout bien élaboré , que ledit sieur gouverneur accepta avec un grand contentement. — Cet orloge coûta 212 écus et 30 sols. S.
1596. — Août 12. Claude Fenoil , fils aîné, est nommé Sergent- Major de la ville , au lieu de Claude Fenoil, son père. S. Notes sur divezsjiabitants notables.
1596. — Août 18. Lettre d'Alphonse d'Elbeneau Consulat : « Messieurs , deux jours après mon arrivée en ceste ville , et avant que pouvoir aller trouver le Roy , je tombay malade si fort que jusques à ce jour je n'ay sorty du lict ou de la chambre , ce qui m'a empesché de pouvoir servir à voz affaires, comme j'en avois bonne intention. Le Boy est à Fontainebleau , et Messieurs du Conseil séparez qui çà, qui là, à cause de la maladie de ceste ville et d'Amiens, en délibération touttesfois de se rassembler tous à Beauvais , à la fin de ce mois , où j'espere me rendre aussy , si ma santé mêle permet, et là vous servir très affectionnement envers le Roy et Messieurs de son conseil. Je n'ay laissé cependant de donner voslre mémoire à M. de Fresnes , et en ay parlé à MM. de Sansy et de Bellièvre , qui se trouvent en cesle ville , lesquelz m'ont faict response qu'il falloit le communiquer en plein Conseil , ce qu'ilz ne pouvoient pour estre séparez maintenant qui çà , qui là , et que on leur en fist ressouvenir lorsqu'ilz seroient tous ensemble à Beauvais , au commencement du mois prochain , et qu'il failloit commettre quelqu'un pour s'informer si les sommes estoienl acquittées pour lesquelles le Roy a accordé les impositions sur la rivière de Saune,
et, en ce cas , veoir de les esteindre; et brief qu'il ne s'en pouvoit rien resouldre que quand le Conseil seroit ensemble. Il vous plaira doncques excuser tant sur ma maladie que sur la séparation du Conseil, si je n'ay peu advancer davantage en voz affaires, ny vous en donner advis plustost , et vous asseurer que je suis plein d'affection de vous servir en cela et en tout par effect, et que je liendray à beaucoup d'eur (sic) de le pouvoir faire , sur quoy vous baisant à tous bien humblement les mains, je prie Dieu vous donner, Messieurs, en parfaite santé, très longue et très heureuse vie. De Paris, ce 18 aoust 1596. Vostre bien humble et très affectionné serviteur d'Elbene. — Quant au faict des Suisses, y en fais responseà M. de la Guiche. » A. M. — Voyez ci-dessus les Publications de 159Ô.
1596. — Août,,,, Le président Forget arrive à Lyon avec quinze conseillers du parlement de Paris, pour la tenue des grands jours. — Les assemblées eurent lieu dans le Couvent des Grands Carmes des Terreaux , et durèrent jusqu'aux environs des fêtes de Noël. Arch. du Rh., XII, 175 ; Rubis, p. 453; Alm. de Lyon, pour 1788, p. 305. — Le Président Forget fit , à l'ouverture de ces grands jours , une longue harangue remplie d'érudition et de passages grecs et latins , de poètes , d'historiens et d'antiquaires , selon le goût du siècle qui faisait consister l'éloquence et le talent des orateurs en un fatras de citations de cette sorte. M. — Les grands jours de Lyon se tinrent en vertu des lettres patentes du roi , données au camp de la Fère le 4 mai , enregistrées au présidial de Lyon le 7 juin. Rubis, p. 453; Antoine Loisel, Opuscules, p. xxxxi ; — Patru, 5e Plaidoyer, — C'est au président Forget que Philibert Mareschal sieur de la Roche , dédia la Guide des arts et sciences, etc. (Paris . 1598, in-12) , espèce de Bibliographie systématique qui malheureusement ne contient ni la date ni la forme des ouvrages dont elle se compose.
1596. — Août 17. Le sieur de Lesdiguieres part de Lyon avec sa noblesse pour aller trouver le roi. Arch, du Rh,, XII , 175.
1596. — Août 28. fsaac Casaubon écrit de Genève à Antoine du Verdicr , pour le prier de lui prêter un Polybe et un Athénée manuscrits que celui-ci possède dans sa bibliothèque. (Epist, lxxxix , p. 49 de l'édition in-fol. de 1609). — Le P. Niceron , t. xxrv, p. 277 de ses Mémoires, rapporte que du Merdier fit présent du Polybe à Casaubon , et rappelle , au même endroit, que le généreux bibliophile avait aussi donné certains manuscrits arabes à Joseph Scaliger, — Casaubon ayant été nommé professeur de grec et de belles lettres à Montpellier, vers la fin de cette année , ne s'arrêta pas à Lyon , mais il y revint en 1598, pour avoir l'œil à une édition d1 Athénée qu'il y faisait faire (chez Antoine de Harsy), Il prit son logement chez M. Emeric de Fie , intendant de Lyon , auquel il avait été recommandé par MM. Canaye et Gillol. M. de rie ayant été appelé à Paris , Casaubon l'y suivit. En février 1600 , le savant professeur de Montpellier revint à Lyon, où H. de Ficq l'obligea à rester jusqu'à l'arrivée du roi, qui devait s'y rendre; mais Casaubon, après être allé deux fois à Genève, se
lassa d'attendre le Roi qui n'arrivait pas, et retourna à Paris. De retour à Lyon , vers les premiers jours de juin , il je brouilla avec M. de Fie , chez lequel il avait toujours logé aussi bien que sa famille , parce qu'il refusa de l'accompagner en Suisse. Casaxéon resta à Lyon jusqu'au mois de septembre suivant pour presser l'impression de son Jthênée, et partit pour Paris avec sa femme et ses enfants ( Niceron , xviii , p. 122 et suiv.). Voyez ci-apres au M septembre 1601 .
1596. — Septembre 7. M. de Fillars, en sa qualité de lieutenant général à la sénéchaussée de Lyon, prononce, à l'assemblée des Grands Jours, un discours dans lequel on remarque ce passage :
« Messieurs , le compte que j'ay à rendre concerne l'office de
lieutenant gênerai en cesle seneschaussée , duquel je suis pourveu par la libéralité du Roy et bienveillance de la Court despuis dix ans en ça , et desquels neantmoings je ne peux compter que despuis la réduction . de ceste ville en la juste obéissance de Sa Majesté , d'aultant que le malheur , qui m'a esté commung avec beaucoup des plus notables personnages de ce royaume , m'a tenu absent de ceste ville cinq ans et plus, pendant lesquels (je suis contraint de confesser mon infirmité), les afflictions ont emporté avec la fleur de mon aage, la mémoire de ce qui estoit auparavaut.
« J'ay trouvé, à mon retour, la mémoire du desordre sy fraische , que n'ay osé entreprendre de redresser l'arbre qui avoit desja force en sa tortuosité ; sy j'ay en cela lasché de la constante volunté que je devois avoir à la distribution esgalle à la justice, je supplie la cour de m'en excuser, et rejecter la réparation sur le mal passé , et sur l'espérance et la créance que je la supplie de prendre de mieux à l'advenir.
« Ceste seneschaussée , Messieurs , est en apparence de grande estendue , mais en eflfect reslraincte dans une ville et petite province. Dans la province , il y a seullement deux chastellenies royalles renfermées dans un fort petit destroit. Dans la ville" (bien que grande) , la pluralité de jurisdictions qui ont esté éclipsées de la nostre , et qui taschent d'estouffer leur souche et leur source , nous relient dans une pe tite jurisdiction par le peu d'intelligence qu'il y a entre nous , par les entreprises ordinaires au préjudice de noz pouvoirs que c'est un vray subject du règlement et (des ordonnances) de la Cour; j'adjouteray encore que la multiplicité des officiers en nostre siège , soit en nombre de magistrats, soit en compte de ministres de la justice, tout cela avec beaucoup de confusion et desordre entre les membres d'un même corps , que les chefs sont bien empeschez à composer et entretenir l'harmonie, qui est l'ame de la justice ; c'est ce que je peux représenter en gros à la Court , que je supplie très humblement prendre en bonne part , et y apporter la température et l'ordre pour l'advenir.... » Manuscrit de la B. de Lyon , n° 1439.
1596. — Octobre 20. Lettre du Roi an Consulat : « De par le Roi. Très chers et bien amez , vous avez assez cogneu de combien nostre pauvre peuple lyonnois et aultres provinces voisines a esté , à notre très grand regret, ces dernières années, affligé de gran-
des perles et dommages qu'il a souffertes , mesmemenl à l'occasion des fausses monnoyes et aul 1res espèces altérées qui ont eu coursaudictpays, par la malice d'aulcuns maislres et officiers de noz monnoyes, qui , par leur grande avarice ont emporté la meilleure substance de nossubjectz: et ne voulant permettre que telles et si grandes offenses demeurent irapunies , nous avons commis et depputé aulcuns conseillers et généraux de nostre Cour des monnoyes pour se transporter en nostredite province de Lyonnois, vacquer et procéder à la rechercbe et instruction des procès contre ceux qui auront malvcrsé à la fabrication desdictes monnoyes , billonnement et transport d'icelles bors nostre royaume , selon la rigueur de noz ordonnances. À ceste cause nous voulons , vous mandons et expressément enjoignons que vous ayez à assister et prester main forte auxdicts commissaires , en ce qui sera de l'éxecution de leurdicte commission, leur permettant faire , en vostre ville et jurisdiclion , tous actes de justice qui seront nécessaires , mesmes leur faire remettre entre les mains les personnes et papiers dont vous serez par eux requis; car tel est nostre plaisir. Donné à Rouen, le xxe jour d'octobre 1596. Signé Henry ; plus bas Forget. — À noz très chers et bien amezles Prévost des marchands eteschevins de nostre ville de Lyon.» S.
1596. — Octobre 30. Lettre du Roi au Consulat : « De par le Roy. — Très chers et bien amez , nous avons veu , par voz lettres, la plaincte que vous faictes sur la nécessité de bleds qui se retrouve maintenant par dellà (sic) pour la stérilité qui en a esté ceste année audietpays: àquoy désirant que vous soyez secourus de noz au 1res provinces voysines , et speciallement de celles de Bourgogne et Daulphiné , nous avons bien voullu lever les deffenses qui ont cy-devant esté faictes de n'en transporter aucuns bleds , et , sur ce , fait expédier noz lettres patentes de déclaration , portants l'ouverture libre du commerce, que nous envoyons au sieur de la Guiche , gouverneur et nostre lieutenant gênerai ez pays de Lyonnois, ayant faict le semblable à noz cousins les maresebaux de Biron et d'Ornano, pour les provinces de Bovr* gogne et Daulphiné, auxquels nous en avons au ssy particulièrement escript , à ce que de leur part , il y soit satisfaict , et ne permettent qu'il y soit contrevenu ; et vous mandons et ordonnons pour vostre regard de faire aussitosl observer nozdictes lettres de déclaration 3 et y donner l'ordre qu'il sera requis. Donné à Rouen, ce xxx° jour octobre 1596. Signé Henry; plus bas Forget, — A noz très chers et bien amez les maire, eschevins, manans et habitans de nostre ville de Lyon. » S.
1596. — Novembre 4. Assemblée des notables tenue à Rouen. — Les députés de Lyon qui figurent dans cette assemblée sont : le sieur de Bothéon , le sieur de Servieres, trésorier de France , et le sieur Henry, échevin. Arch. du Rh„ VIII , 33.
1596. — Novembre 5. Lettre du Roi au Consulat :
« De par le Roy. Très chers et bien amez , les bons services que nous recevons journellement de Loys de la Grange , secrétaire de nostre
très cher cousin le duc d'Espernon naus ont donné occasion de vous escrire ceste lettre en sa faveur pour vous dire qu'il est deubà Catherine Buyer, sa femme, comme héritière de feu Jehan Charbonnier , son premier mary , en son vivant l'un des eschevins de nostre ville de Lyon , la somme de dix huict mille et tant d'escuz deubz à sondict feu mary par la maison de vostre ville , suivant le compte arresté en la maison desdicts eschevins en Tannée 1593 , et le contract qui en a esté passé par du Troncy , leur secrétaire ; au moyen de quoy nous vous prions donner ordre que ladicte Buyer puisse eslre payée de ladicte somme de 18 mille et tant d'escuz , ou bien la desdommager de la poursuite que les créanciers de sondict mary font contre elle , qui luy ont faict saisir tout le bien qui luy restoit pour son entre tennement, et lui payer ce qui se trouvera de reste dudict compte , les intérêts de ses deniers depuis ledit compte arresté et le contract passé , dont elle vous fera apparoir; mais, parce que ledit de la Grange estant occupé par deçà pour nostre service , ne peut vacquer à la poursuite de cest affaire, vous ferez chose qui nous sera très agréable d'y suppléer , et luy faire paroistre en cest endroict que vous affectionnez ceulx qui vous sont recommandez de nostre part. Donné à Rouen, le ve jour de novembre 1596. Signé Henry , et plus bas de Neufville. > S.
1596. — Novembre 22. Arrêt de la cour des Grands Jours, qui conûrme les sentences rendues contre différents individus condamnés à mort par contumace. — Imprimé par Th. Àncelin, 1596, in-8 de 31 pages (B. de Lyon , 1. 11 du n° 23415).
1596. — Novembre 27. Arrêt de la Cour des Grands Jours pour le règlement de la vente du bien des mineurs. — Cet arrêt défend aux tuteurs de retenir les meubles pour le prix de la prisée.... La vente en sera faite au plus offrant et dernier enchérisseur.... Ne seront reçus à enchérir les commissaires greffiers des inventaires , etc. — Imprimé par Thibaud Ancelin, 1596 , in-8.
— Même Jour. Arrêt de la même Cour qui, statuant sur la plainte laite par le Procureur du roi , à l'occasion des levées et exactions qui se font sur les sujets du Roi aux rivières de Saulne et de Bosne , 'et autres passages , par plusieurs personnes qui en ont pris la licence pendant les troubles , défend de lever ni exiger ancune chose sur les sujets du roi , leurs voitures et marchandises, sans la permission de S. M., à peine de la vie. — Imprimé par Th. Ancelin , 1596 , in-8.
1596. — Novembre 29. Arrêt de la Cour des Grands Jours sur le lait des Justiciers. — Imprimé par Thibaud Ancelin, 1596, in-8 de 7 pages.
— Même Jour. Arrêt de la même Cour pour le règlement des avocats et procureur du roi en la sénéchaussée et siège présidial de Lyon. — Cet arrêt contient, entre autres dispositions, défense au sénéchal de Lyon « de décréter aucunes charges et informations, bailler < permission d'imprimer aucuns livres nouveaux , eslargir prisonniers, « ny expédier aucunes choses où lo Roy et le public auront inlerest
« sans que le Procureur du Roy ayt esté ouy. » Imprimé par 77*. Ancelin , 1696 , in-8 de 8 pages.
1696. — Novembre (t).... Leltrc de M. de Montlaur aux Consuls et liabilans de Charlieu :
« Messieurs , j'ay veu par la vostre comme desirez avoir copie de ma commission. Il ne faut point que vous entriés en double du pouvoir que Mgr le Connestable m'a donné , ny du commandement exprès qu'il m'a fait d'exlenniner toutes sortes de gens tenant le party de la ligue , de n'esparguer toutes manières de ravages de courses sur les lieux qu'ils tiennent pour les endommager , que pour vous montrer que je n'avois point une ame barbare ny despourveue de pitié , je n'ay point voulu vous molester , ains pour vous rendre d'autant plus obligés au bon traitement que j'ay accoustumé de fere à ceux qui reconnoissent le debvoir; je vous en ay adverlis , ma commission porte autant sur le Lionnois , Beaujollois que Rouannois , et cela vous suffise > vous contentant de ce que jusques icy je ne vous ay couru sus; car, pour me fere obeyr aux ennemis de Sa Majesté , il n'est point de besoin qi»e je produise autre commission que la pointe de mon épée. Vons y penserez, au moins sy vous voulez que je vous traitte avecque douceur , et attendant vostre dernière response , je demeureray vostre meilleur amy. de Montlaur. — « Envoyez-moy quelqu'un des vostres, affin d'adviser ce que vous aurez faict; que tel d'entre vous adviserés venir de deçà peuvent venir en toute seurtè , et pour asseurance , je vous engaige ma paroi le. » A. M., Corresp., l X*. Voyez les d'Urfé de M. Bernard, p. 364. Voyez ci-dessus au 3 et au 9 mat 1690 , et ajoutez aux publications de cette année : L'Echo sur la prinse et sac de la ville de Charlieu , opuscule en vers, dont M. Bernard a cité un long fragment , p. 268 de son livre.
1696. — Décembre 7. Départ de Messieurs des Grands Jours de Lyon. Arch. du Rh,, XII , 176. Voyez ci-dessus août.
1696. — Décembre 21. Me Jean-Baptiste Ravot, avocat en la Cour de parlement de Paris et sénécbaussée de Lyon , prononce V Oraison doctorale dans l'église de S* Nizier. — II reçut de la ville une gratification de dix écus. S.
1696. — Décembre 23. Aimé ou Edme de Foulquier de Vitré est reçu chanoine de l'église de Lyon. — Ilétoit fils de Claude François de Foulquier, chevalier seigneur de Vitré, Chauvir ey , etc., et de Françoise de Malain , fille de Joachim de Malain, baron du Lux, etc. S.
1696. — Jacques Champier , baron de la Bastie, fils de Claude et petit-fils du célèbre Symphorien Champier (2), était alors gouverneur de Dombes et de Jamets, pour M. le duc de Monlpensier, Marié à Françoise,
(1) Cette date est celle qu'a mise M. l'abbé Sudansur le revers de la lettre qui n'est pas datée.
(2) Voyez son article dans la Biogr. lyonnaise , et ajoutez aux sources qui y sont indiquées Malacabne, Délie opère de'medici et de' cerusici di Savoia, t. I , p. 238 «I suiv.; D. Calmet , Bibliotk. de Lorraine ; Spon , Recherche , in-8, p. 2 de la Préface.
fille de JVicolas de Langes , président au presidial de Lyon et au Parlement de Dombes, il en eut une fille , Charlotte de Champier, qui épousa George de fflleneufve , baron de Joux sur Tarare. Lk Labour f ur , Maz.t U II, p. 273 et 578.
1596. — Publicatioks. — Joannis Bodini universac Nalurac Theatrum, in quo rerum omnium cftectrices causae , et fines contemplantur. Lugduni, Roussint 1596. In-8. — Cet ouvrage -a été placé par M. Peignot , dans son Dictionnaire des livres condamnés; cependant, s'il fut sévèrement défendu et supprimé, comme le dit le savant Dijonnais, ce ne fut pas immédiatement après sa publication , puisque nous allons voir que Tannée suivante, il en fut donné une traduction, dont un des premiers magistrats de France voulut bien accepter la dédicace.
1596. — Commentaires du sieur de Chavigny , Bcaunois, sur les Centuries et prognostications de Michel de Nôslradamus contenant sommairement les troubles, divisions, partialitez et guerres civiles advenues tant en ce royaume de France que ailleurs, depuis Tan 1534 jusque* à présent. A Paris, pour Gilles Robinot, M. D. XCVI. Petit in-8. —Au fol. 80 et dernier, est un Post-Scriptum daté de Lyon ? ce 19 février 1694 , et signé des initiales de l'auteur, I. A. D. C. B. (Jean- Aimé de Chavigny, Beaunois). — On trouve dans ce livre quelques dates et quelques faits ayant trait à Lyon, fol. 17 , 18 , 27 , etc.
1596. — Discours au vray des sainctes cérémonies faicles à Rome , pour la reconciliation et bénédiction du Roy. Avec un autre Discours de la roule de Simm Bassa : Et la Copie d'une lettre escrite par l'Empereur des Turcs au prince de Transylvanie. Le tout fidèlement traduict d'Italien en François , sur les copies imprimées à Rome et Vitcrbe. A Lyon, par Jean Pillehotlc. 1596. In-8 de 63 p. (Arch. de la ville de Lyon, in recueil Imprimés du 17e siècle). — Dédicace de du Troncy à Mgr de la Guiche. Voyez Lblong , 19633.
1596. Discours des premiers troubles advenus à Lyon , avec J'Apologie de la ville , par Gabriel de Saconay, Précenteur et Comte de Lyon. Lyon , 1596. In-8. — L'édition mentionnée avec celte date, sous le n° 19686 de la Bibliolh. hist. de la France, n'existe pas ; c'est une faute de l'imprimeur qui a transposé un des chiffres du millésime ; le livre de Saconay, publié en 1569 , n'a pas été réimprimé. Voyez ce que nous en avons dit sous celte dernière année.
1596. — Expositions et Remarques sur les Evangiles , tirées des Escrits.des Saincls Pères et des monumens anciens de l'Eglise , contre les erreurs modernes. Par Pierre de Bullioud, Gentil-homme lyonnois , docteur ès droiets. A Lyon , par Iecui Pillehotle. M. XCVI. Ïn4 (B. de Lyon , 594) — Dédicace au Roi par l'auteur. — Approbation des docteurs en théologie, datée de Lyon, le 8 août 1595, signée F, J. Musnier , docteur Augustin et Provincial des frères Augustins ès provinces de Narbonne et de Bourgongne , et F, Berthelot, prieur des Carmes à Lyon. — Autre approbation avec la date du 22 avril 1596, signée P. Depinac , Archevesquc de Lyon. — Le P. de Colonia s'est sans doute
trompé, lorsque, en pariant de Pierre de Bullioud (nom qu'il écrit Builloud) , il dit, tome 2 , p. 716 de son Histoire littéraire : a Les pria- « cipaux ouvrages qu'il a laissez sont des Notes latines sur les Evangiles, « dédiées à Henry IV , où il combat les erreurs du temps... » Je crains fort que le P. de Colonia n'ait fait un livre latin d'un livre français. — Le Dictionnaire de Moréri et la Biographie universelle donnent à ce livre cet autre titre : La Fleur des explications anciennes et nouvelles sur les quatre Evangelisles. Ce titre a probablement été mis sur l'édition à laquelle Moréri donne pour date 1628 , sans désignation de format.
1596. — La Fleur de plusieurs belles chansons nouvelles, tant d'amour que de guerre..., Lyon (s. n. d'imp.) 1596. In-16de 64 pages (Brunei , Man., II , 289). — On trouve dans ce recueil deux ebansons en patois, la première d'une mariée qui se plaint de son vieux mari , la seconde sur le duc d'Espernon. Voyez le Recueil d'opuscules en vers patois, par G. Brunei, p. 153.
1596. — La Grande Chirurgie de M. Guy de Chaxdiac , trad. par M. Laurens Joubert. Lyon , 1592. In-8. — Edition citée par M. Brunet. — La B. de Lyon possède deux éditions de cette traduction , l'une dcl592, et l'autre de 1641. Alapage 10 de ces deux éditions on lit: t.... De mon temps ont esté chirurgiens opérateurs,.... à Paris, maistre Pierre de VArgenliere, à lyon (où j'ay longtemps pratiqué), maistre Pierre de Bonant , en Avignon, maistre Pierre d'Arles , et mon compagnon Jean de Parme..... » Sur la foi de celte version justement estimée , les auteurs de la Biographie lyonnaise ont donné une place dans leur ouvrage à Pierre de Bonant ; mais ils en ont été repris par M. Pétrequin , auteur d'un Essai sur l'histoire chirurgicale de VHôleL Dieu de Lyon ( I) , lequel, s'appuyant sur la traduction que Jean de Canappe a publiée, avant Joubert, du livre de Guy de Chauliac, a prétendu que Pierre de Bonant avait été chirurgien à Avignon, etnonpasà Lyon (2), et que son nom devait être rayé de la liste des Lyonnais dignes de mémoire. A cela nous répondrons que la version de Joubert, ainsi que celle de Simon Minjesousaulx , publiée à Bordeaux , en 1672, en faisant de Pierre de Bonant un chirurgien opérant à Lyon , sont d'accord avec le texte latin , qui porte dans l'édition de Lyon , 1537 , petit in-8 :
Tempore autem meo fuermt chirurgi opérantes Tholosae magister Nicolaus Cathalanus ; in Montepessulano magister Bonetcs filius Lanfranci ; Bonox. magister Peregrinis atque Mercadantcs :
•• • -tvv
(1) Voyez ic Journal de médecine de Lyon , année (844, t. VI, p. 409.
(2 M. Pétrequin, en citant le passage de Guy de Chauliac , traduit par J. deCanappa, l'a abrégé sans doute pour le rendre plus intelligible ; nous mettons en entier ce passage sous les yeux de nos lecteurs qui y trouveront, non , comme le dit M. Pétrequin , le véritable texte de Guy de Chauliac, mais un véritable gdimatia* : « En mon temps, furent chirurgiens ouvrons à Tholoze , ç'est assavoir maistre Nicolas Cathelin , maistre à Montpellier , mai,tre Bonetus (ils de Lcnfranc maistre de Boulogne, maistre Pcllegria et Mcrcrirlcntus maistres h Paris, maître P'crrc rA^ntcrie maistre h Lion, où je prartiquay par long temps , maistre Pierre' de Bonnanh maistre en Avignon . maistre Pierre Darle et mon compagnon maistre lehan de Palma.... » Fol. 9 recto de l'édition de Paris, 1342, in-8 (B. de Lyon , 12974).
Parishs magister Pétris diî Argentkria ; in Lugouno ubi practicavi fongo tempore Petrus de Bonanto; in Avinione magister Petrus de Arela te et socius meus mayister Johannes de Paxina.... »
Voici comment ce passage a été rendu dans le manuscrit d'une version du XIVe siècle , conservé dans la bibliothèque de l'Ecole de médecine de Montpellier : «.... En mon temps, furent à Thoulouzc cirur- « gicns ouvrans en cirurgie mestre Nicolas Castellan et à Montpellier , « mestre Bonnet, fils de Lan franc; à Bollogne meslre Peregrin-, à Pans « mestre Pierre de Jrgentieres; à Lion sur le Rone où je ay practiqué « longtemps mestre Pierre de Bonan; en Avignon mestre Pierre de « Arles,.., (I). » Il résulte donc du texte de Guy de Chauliac, compris de la même manière par trois de ses traducteurs, que Pierre de Bonant pratiquait la chirurgie à Lyon au XIVe siècle , et que Jean de Canappe ne méritait point la confiance que M. Pétrequin lui a accordée. Quant au nom latin de Pierre de Bonant , si le texte de l'édition de Denise, 1546, in-tol. l'appelle Petrus de Bonaco, c'est probablement parce que ce nom aura été mal lu par les éditeurs. — Nous saisissons cette occasion pour faire observer que M. Pétrequin dit dansson Essai (2) que « pen- - dant son séjour à Lyon , Rabelais publia en 1532 une édition latine « des Aphorismes d'Hippocrate , et de VArs mèdicinalis de Galicn.... » Il eût peut-être été plus exact de dire que Rabelais publia dans notre ville , en 1532, à la prière de Sébastien Gryphe , qu'il qualifie , dans sa dédicace à Godefroy d'Estissac, de calcogrâphus ad unguem consummatus etperpolilus , un vol. in-16 décrit par M. Brunei , II , 572 , ayant pour titre : Hippocralis et Galeni libri aliquot , latine , ex recognitione Fr. Rabelaesii , réimprimé en 1543 cl en 1545 (3) , contenant les Aphorismes d'Hippocrate , traduits par Nicolas Leoniceno ; les Présages traduits par Guillaume Cop ; le traité de Ratione victus in morbis acutis , traduit parle même; celui de Natura humana, traduit par André Brenta ; VArs mèdicinalis de Galien , traduit par Leoniceno , et suivi du traité d'Hippocrate de Medico, medicive oflicio , du livre de Lege, et de celui de Specie , acie, visuve, etc., également d'Hippocrate (4); enfin, le volume est terminé par le texte grec des Aphorismes , en marge duquel sont quelques variantes. — Qu'il nous soit encore permis de relever ici une erreur que M. Pétrequin a empruntée à la Biographie lyonnaise. Un chirurgien de Lyon, Claude Bimet (et non Binet) a publié en 1664
(1) C'c3t à l'obligeance de M. Victor leclerc et de M. Paulin Blanc, bibliothécaire de la ville de Montpellier, que nous devons la communication du passage latin de Guy do Chauliac et de la version de ce passage prise sur un manuscrit du XIVe siècle. Nous ajouterons qu'il nous a été impossible de trouver à Lyon une seule des éditions latines du livre de Guy de Chauliac , et cependant ce livre y a été imprimé plusieurs fois.
(2) Tome VII, p. 7 du Journal de médecine déjà cité.
(3) Nous avons sous les yeux ces deux dernières éditions, ayant chacune 318 pages en caractères romains, suivies l'une et l'autrcjlu4exte grec des Aphorismes, avec un titre daté de 1543. ^ X
(k) L'auteur de la version de ces deux J/a-rtés r/cit'pas najnmé ; ils ont peut-rMre é\é traduits par Rabelais.
(et non en 1644), un traité d'ostéologie (1) en vers français. M. Pêtrequin dit , après nous, qu'on y lisait ce distique :
Le corps est composé de trois cent quarante os , En comptant l*s petit* , les moyens et les gro».
Os deux vers ne se trouvent pas dans l'ouvrage de Bimet , qui ne comptait pas dans notre corps un aussi grand nombre d'os ; car il termine ainsi son Ostéologie :
Tous les os sout deux cens quarante sept en somme , Cinquante neuf au chef; au tronc soixante huit ; Des articles le nombre à vingt sept est réduit. Si j'ay failli , lecteur , excuse , je suis homme.
1596. — Histoire des derniers troubles de France, par Pierre Matthieu. A Lyon, par Estienne Bonaventàre. 1596. Petit in-8 de 12 f. non chiffrés et de 250 f. chiffrés, suivis de 9 f. de table. Signât. Aij-Nniij — • Dédicace de Fauteur au Roy (Henri IV) , suivie d'un « Discours des « grands effects qui ont suivy la conversion du Roy. Tiré d'une haran- « gue faite à.... sur la réduction de la ville de Lyon. Envoyé à « M. de Revol , conseiller d'estat , etc. » — Ce discours commence ainsi :
« Il n'y a nouveauté , pour désirée et agréable qu'elle soit, qui par- « tout puisse avoir un prix courant ny une louange esgale , chascun « s'en servant selon le contentement que sa propre passion y trouve. « Entre le morne silence que la réduction de la ville de Lyon a donné « aux uns, et l'alegresse qu'elle a coulé en l'ame des autres , je ne i rencontre personne qui fasse fleschir sa propre affection à la « raison. C'est pourquoy je ne puis me taire eu une si importante « occasion.... »
— Ce discours n'a peut-être pas été prononcé ; ce qui me porterait à le croire , c'est que l'on a laissé en blanc le nom de la ville où la harangue d'où il est tiré , a dû ou devait être faite. Il a été enregistré dans la Biblioth. du P. Lelong , sous le n° 19594 , comme se trouvant dans uu Recueil publié en 1606 , in-12. — La première édition de VHist. des derniers troubles parut à Lyon en 1594. Barbier, Jnonym., n° 7840 , en cite plusieurs autres éditions, mais il n'a pas connu celle de 1596, dont M. Cosle possède un exemplaire.
1596. — De V Immortalité de Vame Par lan de Serres. Discours
autantj nécessaire comme le temps est corrompu. A Lyon, pour les Frères de Gabiano. 1596. In-8. — On lit à la fin du volume : « A Lyon,
(1) Ce traité a pour litre : Quatrains anatomiques des os et des muscles du corps : ensemble un Discours sur la circulation du sang A Lyon, chez Marc-Antoine Gaudet,
Kî64, in-8 de 94 pages. Il est dédié à M* Tiphon, doyen et plus ancien chirurgien de la Compagnie des maistres chirurgiens de la ville de Lyon.
« par les Héritiers de Pierre Roussin. 1696. » Le privilège donné par Henri IF \ auquel l'ouvrage est dédié , est daté de Lyon , le 1 3 septembre 1595. — Jean de Serres était protestant. On ne fait aucun cas de ses écrits théologiques; mais on recherche encore ses ouvrages historiques malgré les nombreuses bévues et les anachronismes qu'on y rencontre (1). — Un des plus beaux traités sur l'immortalité de l'ame est celui qu'a composé , en vers latins , Aonius Palèarius (2) , et qui fut imprimé à Lyon en 1 536 , par Sébastien Gryphe, à la sollicitation de Jacques de Sadolet , èvèque de Carpentras.
1596. — DM Irenaei Lugdunensis episcopi et martyris , adversus
yalentini et simiîium Gnosticorum Haereses , libri quinque studio et
opéra F. Francisci Feu-Ardentii Coloniae Agrippinae. 1596. In-fol.
(B. de Lyon , 739). — Cest à Erasme que nous devons l'édition princeps de l'ouvrage de S. frénée, publiée à Basle en 1526, et dont il existe trois réimpressions. Si les Anisson auxquels on doit la Maxima bibliotheca patrum publiée à Lyon sous Fépiscopat de Camille de Neufville, avaient laissé des successeurs, ce serait pour ceux-ci une entreprise très honorable que de faire une collection des Pères de l'église de Lyon, traduits en français avec le texte en regard. Voici la liste des principaux ouvrages dont cette Collection se composerait :
1° Lettre des Eglises de Lyon et de Vienne aux Eglises d'Asie (3) ; 2° Traité de S. Jrénée contre les Hérésies (A) ; 3° Les Homélies de S. Eucker, èvèque de Lyon, et ses deux traités, l'un sur les avantages de la solitude, l'autre sur le mépris du monde (5); 4° Lettres et Poésies de S. Sidoine Apollinaire (6) ; 5* Lettre de S. Pwentiole k S. Avitus ; 6° Lettre de Leidrade à Charlmagne (7) ; 7° Œuvres de S. Agobard (8) ;
(1) André Renaud a signale quelques-unes de ces bévues et de ces anachronismes dans sa Manière de parler la langue françoise (Lyon, 1697, in-12) , p. 194 et suiv.
(2) Cet, humaniste fut pendu et brûlé à Rome , pour cause d'hérésie , en 1596 , sous le pontificat de St PU V. Le vicomte de FaUoux qui a publié , en 1844 , une vie de ce Pontife , a passé ce fait sous silence. A l'occasion de sa canonisation , il y eut , en avril 1713 , dans l'église des Dominicains de Lyon , des cérémonies religieuses qui durèrent plusieurs jours. La Relation de ces fêtes , imprimée la même année , ln-4 de 4 pages / petit texte, offre des détails curieux (B. de Lyon, recueil . factice , n° 3297). Voyez ci- après, avril 1713.
(3) Quoique cette lettre ait été bien souvent traduite , une bonne version en est encore désirée.
(4) La traduction de S. Irénée, qui se trouve dans la collection, publiée par M. de Genoude , des Pères de l'église , sera d'un grand secours pour celui qui en fera une nouvelle.
(5) Il existe plusieurs versions françaises de ces deux traités.
(6) Les deux littérateurs auxquels nous devons une traduction complète de S. Sidoine sont aujourd'hui bien plus capables qu'ils ne l'étaient alors de nous donner une version de cet auteur.
(7) On doit regarder comme apoeryphes les passages ajoutés à cette lettre dans le manuscrit de la B. de Lyon.
(8) Plusieurs traites d' Agobard ont été traduits par le P. Menestrier dans son HUt. consulaire. En 1811 , il a été publié, à Lyon , une version de son traité de la Grêle et du Tonnerre , avec le texte en regard et des notes.
8° Opuscules d'Jmolon et de S. Rémy; 9° Poésies du diacre Florus ; 10° Lettres de S. JMn (I) ;
1 1° Ceux des ouvrages de Gcrsori , qui ont été composés à Lyon , auxquels on pourrait joindre son Sermon inédit sur la Passion , qu'il a très probablement prêché dans notre >1 Ile , et dont un manuscrit, antérieur à sa mort , existe dans la B. de Lyon (2).
Pour compléter cette collection, il ne serait pas mal d'y ajouter les mandements les plus remarquables, et quelques-uns des principaux écrits des Prélats de l'église de Lyon, qui se sont distingués par leur éloquence et leur érudition , notamment ceux de l'académicien Malvin de Montazet. Je voudrais aussi qu'on y insérât quelques pages extraites des ouvrages de l'abbé Lamourelte, entre autres sa belle rétractation. Le dernier volume contiendrait les Pastorales de Mgr de Ronald. Mais nous formons des vœux qui ne se réaliseront point. Le temps des Anisson est passé , et le prélat qui occupe avec tant de distinction le siège des Irenée et des Camille, offrirait en vain son patronage à nos Iitn*aires pour l'édification du monument le plus digne qui puisse être élevé à la plus grande gloire de ces hommes divins qui ont jeté , à diverses époques , un si grand éclat sur l'église de Lyon.
1596. OEuvres de Rabelais. Lyon, Estiart. 1596. In-16. — Edition citée p. 400 du Rabelais, gr. in-8, de 1835. Voyez les Publications de 1599 et de 1608. Voyez aussi la Riogr. lyonn., art. Rabelais, et ajoutez à ce que nous avons dit sur les deux Âlmanachs qu'il publia à Lyon, chez François Juste, l'un pour 1533, et l'autre pour 1535 : Rrèquigny (Manuscrits de la B. du Roi, V, 137) , a décrit ces deux Almanachs qu'il a cru inédits. « lis sont , dit-il , calculés sur le méridien de Lyon;.... à la tête de celui de 1535, Rabelais prend le titre de médecin du grand hôpital de Lyon.... Dans ce calendrier, la position de Lyon est marquée un peu différemment de celle qui a été déterminée par les observations postérieures (Selon Rabelais, 45<1 15' lat., 26<* long. — Observations postérieures, 46d 41' 6" lat., 22<1 29' 53" long.) »
1596. — Recueil des exemples de la malice des femmes et des malheurs venus à leur occasion, ensemble les exécrables cruautés exercées par icelles. Ii/on.1596. Pclitin-8 (Brunet, IV, 43). — La presse lyonnaise a été, plus qu'aucune autre, féconde, en ouvrages de ce genre. A la plus part on aurait pu mettre pour épigraphe le Quid non mortalia peclora cogis, etc. de Virgile, avec la variante que Malherbe y a introduite dans sa lettre à Peiresc du 26 avril 1607.
(1) Il exist* à la B. du Roi* n° 1478 , une lettre peut-être inédite, de S. Jubin à Rodolphe , évêque de Tours. Voyez ÏAlm. de Lyon , pour 1788, p. 285. Plusieurs autres ouvrages manuscrits qui pourraient entrer dens une bibliothèque patriotique de l'Eglise de Lyon , sont décrits dans ect Ahnanach.
v*2) Deux fragments de cette Passion ont été insérés dans la Bibliographie bjonnuin du A»> siècle, p. 42-43.
1596. — Les Sermons de R. P, M. François Punigar oie , cvesquc d'Ast, faits et prononcés par luy hors le temps de Caresme, en divers lieux lit occasions plus illustres. Traduits d'italien en François. À Lyon , de la librairie de fonte. M. D. XCVI. In-4 de 646 p.
— Contient xxvm Sermons. Rien n'annonce quel est le traducteur. On n'y trouve pas ceux qu'il prononça à Paris pendant la Ligue (voyez la Satire menippée, édition de M. Labitte , p. 62). Le volume n'a ni préface ni approbation. Panigarole mourut h.Jsti, le 31 mai 1594. Il avait fait, dans sa jeunesse, des poésies latines; une des plus gracieuses a été traduite par La Monnoyc, en vers grecs et en vers français (Ménagiana , 1 , 372) , et par Simon de Troycs, en prose (Choix de poésies érotiques, II, 150). Voyez le Delitiae italorum poetarum de Gruter, et la Biog. tmiv., t. 32, p. 490. Voyez ci-dessus, novembre 1589.
1596. — Théâtre des fnstrumens mathématiques et mtclianiques de Jacques Besson , Dauphinois , docte Mathématicien ; avec l'interprétalion des figures d'icelui , par François Beroald (sic). Plus en cestc dernière édition ont este adjoustées additions a chacune figure. A Lyon , par Jacques Chouet. M. D. XCVI. In-fol. (B. de Lyon, 2732). — La dédicace à François de Bonne, seigneur des Diguieres, par «/. Chouet et J. de Laon\ est datée de Lyon, ce xxv de May 1594. — Fr, Beroalde de Ferville skvsnt déjà donné une édition de cet ouvrage, à Lyon, chez B. Pincent, 1578, in-fol. Il avait alors vingt ans, et probablement il ût à cette époque quelque séjour dans notre ville ; et , s'il est vrai qu'il soit l'auteur du Moyen de parvenir , voici quelques passages de ce livre qui tendent à prouver qu'il a habité assez longtemps à Lyon, pour graver dans sa mémoire des souvenirs qui ne devaieot pas être perdus pour la postérité :
Chap. VIII. t... Quand La Roche se fut avisé , il frémit sur la compagnie, et , tournant les yeux en la tête , comme les lions de notre (X) horloge de Saint Jean de Lyon , se mit à jurer.... »
LX. c... Jadis il n'y avoit que les ecclésiastiques qui touchassent aux secrets, et surtout de la pierre philosophale ; aussi, toHS les livres nouveaux qui en ont été faits , sont issus de couvents. Or est-il que les Orientaux ont eu les sciences les premiers : et comme celte là venoit ,
(1) Ce mot notre n'annoncerait-il pas que l'auteur était lyonnais ou citoyen de Lyon ? Puisque l'on a voulu, dans ces derniers temps , ôter l'ouvrage à Vervilto, contradictoircroent à l'opinion dtGabriel Naudé* de La Mothé-le~Vayer, de (a Monnoye, du P. Niceron et de l'abbé Goujet , j'avais pensé qu'on pouvait l'attribuer à Benoisl du Troncy ; mais, comme il y a dans le livre , plusieurs traits contre les Ligueurs , l'auteur du Formulaire fort récréatif doit être écarté pour cette raison , et sans doute pour bien d'autres. Toutefois qu'il me soit permis de faire une dernière remarquo ; on a dit et répété vingt. fois que VerviUe avait composé le Moyen de parvenir pour dédommager le libraire du peu de succès qu'avait eu son Voyage des princes for limez. Cette assertion oVçst point fondée. L'impression de ce roman, qui n'était pas encore terminée à la mort d'Henry IV, ne fut achevée que le 6 novembre. Si la première édition du Moyen de parvenir fut publiée en 1010, ce livre n'a pas été composé pour dédommager le libraire du peu de débit d'un ouvrage qui ne fut mis en vente qu'à la fin de cet'c même année,
Messieurs les Comtes de Lyon l'arrêtèrent , et s'entrecommuniqucrent ce secret , si que tous s'y rendirent maîtres. En signe de quoi , pour témoigner leur gloire pour telle invention , ils ont depuis porté dm soufflets sur la tète; ainsi, sont-Us mitres comme beaux petits évèques portatifs . »
LXVII. «*.. Je veux mal à celles qui le font pour se venger, comme h Huguenotte de Lyon , qui disoit àrson mari qui la battoit : Va, chien , vilain , par dépit de toi , grand escommuniè , j'irai tant à la messe , etc., etc. , |
LXXV. La fille d'un marchand do Lyon , qui s'était retirée à Genève, de peur de jeûner en carême, en fut punie, d'autant que, mangeant d'une bonne truite, une arête lui demeura en la gorge.... »
LXXXV. « Il (un prêtre breton) avoit passé par les mains d'une qui avoit moyen de le recompenser , ainsi que me dit à Lyon madame Briolet, l'amie du comte Benerie.... »
LXXXV!. «... Et pensois que voulussiez parler du révérend abbé de Vienne , au-dessous de Lyon , lequel voyant la grosse pierre qui est en la prairie , où il y avoit en écrit ; Qui me verra grand trésor aura,.... se mît en frais pour faire virer cette pierre...., et comme elle fut tournée , il trouva de l'autre côté : Virier je me retiens 9 parce que me doliens (ï) »
Même chap. LXXXVU. «... Tristan.» vint à ce gentilhomme que toute la cour nomraoit Monsieur de Turpenay; et l'ayant accosté lui fit entendre que le roi vouloit qu'il mourut; partant , qu'il fit son testament , comme font les En fans de Lyon , au pjpd d'une échelle , la tète couverte par privilège notable... »
XCI. «... Ainsi que Fleurie, la chambrière de notre bon ami le prieur de S. Eloy »
CIV. «... Rojsdelet (3). Tout beau; oyez notre ami , ce bon conseiller Tourangeau , qui est ordinairement monté sur un gros chevau,
(1) Il existait encore en 1825, à Villeurbanne. , dans un domaine appelé Pierre-Frilts, sur les confins de Vaux et de Dessines , à six kilomètres de Lyon, une très grosse pierre s ir laquelle M Cochard a consigné quelques détails assez curieux dans le tome 3 des Tablettes historiques et littéraires de Lyon, p. 257-9: il a cru y reconnaître un des témoins du culte druidique. Ayant interrogé quelques habitants sur l'origine et la destination de cet énorme bloc , ils lui répondirent « qu'ils ne connaissaient dans les environs « aucun rocher analogue; que l'oit disait assez généralement dans 4c pays qu'il avait été « jeté du Mont-Cindre par Gargantua, pour servir de luit au jeu 4e palet, auquel ce a géant avait l'habitude de s'exercer , et que les quatre trous (qui étaient) dans la pierre . « avaient été produits par la pression de ses doigts... »
(2) I| y avait û Lyon une chapelle de S. Eiay. (sur la paroisse de 5. Paut). Voyez YAimanach As Lyon pour 1755 , p. 27. Un M. éc S. Eloy, possédait à Charly , près de Lyon,une très jolie villa qu'il vendit, vers les premières années du XIX" siècle, à M. Primat* neveu de l'archevêque de Toulouse. D» Verdler cite un livre dont il ne donne que le litre : Les Parts de maistre Eloy. Imprimé à Lyon.
(3) Rondelet (Guillaume) , né à Montpellier, -en 1507 , fut médecin du cardinal "èè Tournon. Il publia plusieurs de ses ouvrages à Lyon , où il séjourna à diverses reprises-. C'était un des ancêtres du célèbre Rondelet, architecte, né » Lyon. Voyez son art. dans la Diogr. lyonn. et na&Nates et doe.f années t352 et 1551.
quand il va aux champs; comme ce gros comte de Lyon, dont ils disent de lui et de son cheval , que ce sont deux grosses bètes... »
1596. — Fies des Marcelols , Gueuz et Boèmiens, etc., par Pechon
de Rubij Lyon , Jean Jullieron. 1596. Petit in-8. Bruket ,