III
1597. — Janvier 5. Guillaume de Gadagne, seigneur de Bothêon , est nommé chevalier de Tordre du S. Esprit.
1597. — Janvier 15. Lettres patentes qui ordonnent la saisie des biens de Jacques Maistret , évèque de Damas, et suffragant de l'archevêque de Lyon, « comme étant prévenu d'avoir attenté contre la per- « sonne du roi. » Voyez cUdessus^au 21 février 1595, et Lyon ancien et moderne, t, 2, p. 75.
1597. — Février 13. Lettre de Bcnoist du Troncy au Consulat : « Messieurs, estimant que M. le Conservateur estant sorty de charge vous aura remis , ou en voz archives, les titres, papiers et actes consulaires que , pour son instruction, il avoit tiré desdiles archives , et entr'autres les minutes des actes consulaires que j'avois receuz ez années 92 et 93 , lesquelz je n'ay eu moyen de faire transcripre et mettre au net, pour ce qu'ils me furent levez incontinent après que, sans cause légitime , Ton m'eust baillé ma maison pour prison fermée. Je vous supplie très humblement de me faire rendre lesdites minutes , pour ce que j'en suis chargé , tout de mesmes qu'un notaire de son prolhocol le , à condition toutesfois, et soubz la promesse que je vous fais par la présente , que , sitost que j'en seray saisy , je feray travailler à la transcription , pour la remettre signée et paraphée de moy en vozdites archives : vous donnant cependant advis que la facilité que voz prédécesseurs en la charge que dignement vous tenez, ont eue de visiter séparément et privement , et non en corps , vozdites archives pour en distraire ce que bon leur a semblé , est cause que la pluspart des lettres et documents de la ville , sont adirez et perduz : ce que je vous supphe , Messieurs , de mettre en considération , et de me tenir tousjonrs pour vostre très humble et très affectionné serviteur ; Dutroncy. — Cette lettre sans date fut remise au Consulat par M. La Bruyère , le 13 février\697 .»S. Voyez ci-dessusau 19 mars 1594 , etei-aprésau 31 juillet.
1597. — Mars 12. Lettre du Roi :
a A noz très chers et bien araez les Prévost des marchands, échevins, mauans et habilaus de Lyon.
« De par le Roy. 1res bien amez , c'est avec beaucoup de regret et de déplaisir que nous vous faisons icy part de la mauvaise nouvelle que nous avons receue ce matin de la perte qui est advenue de la ville d'Jmyens; laquelle fust hier , sur les huict heures du malin , surprise par les ennemys. Nous ne sçavons pas encore bien au vray les particularités , les advis n'en estant venus que de quelques habitans qui se sont sauvez et retirez ez villes de Clermont, Montdidier etBeauvais , d'où nous ont esté despeschez trois differens courriers ; lesdits advis se rapportent que ladite surprinsc a esté faicte sur les huict heures du
matin , pendant que tout le peuple estoit ail, sermon , et le premier effort a este par quinze ou seize vestuz en paysans, et armez de pistolletz soubz leurs accoustremens , qui se sont saisi/ de la porte qui n'estoit gardée que par bien peu des habitans qu'ilz ont tuez sans faire aucune résistance , et à l'instant sont arrivez 400 chevaux armez de toutes pièces, qui ont donné jusqu'à la grande place de ladite ville , dont les habitans ont pris un tel eslonnement qu'ilz ne se sont jamais mys en aucune deffence; et depuis y sont encore entrez 12 ou 1500 soldats , s'estant ainsy 1-enduz maistres 4e la ville , sans que lesdits habitans dont il y en avoit plus de dix mille portans armes, se soient jamais assemblez pour faire aucune teste, ny rendre combat , combien que nous ayons entendu que nostre cousin le comte de S. Paul ait fait tout son effort d'en rallier quelques uns auprès de luy ; mais ne l'ayant peu faire , il a esté contrainct de monter à cheval , et de se sauver par une contre-porte. Nous n'avons point toutesfois encores aucunes lettres de luy , mais nous estimons qu'il se sera retiré à Abbeville. Ce malheur est advenu par l'imprudence desdits habitans que Ton n'a jamais pu rendre plus soigneux de leurs gardes, quoique nous les ayons souvent admonestez et menacez du mal qui leur est advenu. Mais ilz ont encores plus failli pour leur presumption , n'ayans jamais voulu souffrir , quelque commandement et prière que nous leur en ayons gfaicte , de receuoir seulement garnison de deux Compagnies de Suisses pour avoir la garde de leurs portes, tant ilz se trouvoient fortz et puissans, et qu'ilz ont tousjours esté jaloux de leurs privilèges qui leur donnoient exemption de garnison. L'accident est bien excusé sur leur faulte, mais leur perte ne console pas la nostre et celle du publicq, ou plustost elle l'augmente , car ils s'estoient tousjours montrez très fidelles et affectionnez depuis leur réduction à nostre service. Nousavons, pour nostre regard , faict tant d'expérience des bons et des mauvais effects de la fortune, que nous ne cédons à cestuy-cy non plus qu'aux autres, et partons présentement avec ce que nous avons icy de noblesse , pour nous approcher de ceste frontière et y apporter tout le remède que nous verrons y estre nécessaire et possible , et espérons qu'il ne passera pas long temps que nous n'en prenions revanche. Pour le moins nous n'y espargnerons ny nostre peine , ny le hazard de nostre propre vie , non plus que nous avons tousjours faict quand il en a esté besoing; mais desirons que tous noz bons subjeetz se résolvent de prendre le bon exemple que nous leur en donnons; nous tenant asseurez que , ce faisant , nous recouvrerons ce qui est perdu , et mettrons la perte du costê des ennemys. Nous laissons icy cependant nostre cousin le Connestable avec ceux de nostre conseil pour faire les provisions et asseurer l'entretenementde nostre armée qui est le meilleur ordre que nous pouvons donner à cest inconvénient, lequel doibt plustost accroistre que diminuer le courage et l'affection à ceux qui sont vraiz François , et veullent rendre, à leur prince et à leur patrie , la fidellité qu'ilz luy doibvent , comme nous sommes asseurez que vous ferez. Donné à Paris , ce xij mars 1597. Signé Henry; plus bas Forget. » S.
1597. — Mars.... « *En ce temps couroit par la ville de Lyon cer-
tains voleurs qui prcnoyent des fausses, bai bes rousses ; ils onlroyenl dans les bonnes maisons , demandoyent l'aulmosne et forccoyent les personnes à leur bailler argent.... Estoit si grand misère de cherté de vivres f que, en aucuns villages , on vendoit les clocbes pour nourrir les pauvres. » Arch. du Rh., XI I , 175.
1597. — Avril 17. Séance consulaire. Est comparu M. Jacques Severt, principal du. Collège de la Trinité, lequel a remonstre qu'il est mandé de ses supérieurs de la Sorbonne de Paris de se relirer près d'eux , les requérant pour ce de luy accorder son congé , et ne trouver mauvais s'il ne peut plus continuer sa charge...., les priant de commettre quelques uns d'entre eux pour voir el vérifier l'inventaire des meubles et autres choses qui luy furent remises à sa réception.. . — Il tut procédé à cet inventaire, le 23 du même mois. Voyez cidessus au 10 novembre 1595, et ci-après les Publications de 1598 (De Orbis Caloptrici....).
1597. — « Au moys d'apvril , fut tenu le chapitre général des Cordeliers.,. Le Dimenche 4 may , fut faicte la procession générale où il y avoit sept vingts quinze Cordeliers, et ledit jour se mit le feu audit couvent. » Arch. duRh., XII, 1 75. Voyez les Grands Cordeliers de Lyon, par M. l'a' bé Pavy.
1597. — « Au moy6 de may elj'ufng le bled valut , le froment, jusques à buict livres tournois qui cstoyent deux escus quarante sols , et , pour le regard du vin , ne valoit que deux sols ou deux sols six deniers le pot, et abordoit en cesle ville grande quantité de povres paysans et paysannes qui mouroyent de faim, et se cotlisarent les habilans, chascun selon leurs moyens, pour bailler argent chascun moys pour nourrir.lcs povres. » Arch, duRh., XII ,175.
1597. — Juin.... À l'entrée du mois, passa par Lyon le Cardinal Alexandre de Médicis, légat du pape Clément FUI, qui allait en cour, de la part de S. S., pour traiter de la paix entre le roi de France et le roi d'Espagne. Rcbys, p. 453. — Menestrier , dans ses notes inédites, rapporte que, le 27 juin de l'année précédente, il y eut à l'Hôtel de ville une assemblée générale sur le différend qui s'étoit élevé entre le clergé et la ville « à cause de l'entrée de ce prélat. » — On se disputait probablement à qui ne payerait pas les frais de cette entrée que du Verdier donne sous la date de juillet 159o\ Hénanlt la marque aussi en 1596. Il serait très possible que le Cardinal de Médicis fut venu deux lois en France où il était encore en 1598.
1697. — Juin 9. Les eschevins désirant remédier aux desordres qui pourraient advenir de la grande cherté de bled qui est pour crjourd'hui en cette ville , se vendant le bichet du froment sept livres seize et dix sept sols en la Grcnette, laquelle cherté provient en partie de I«> malice d'aucuns qui reservent et arrisquenl ledit bled , sans en vouloir secourir le public eu la nécessité présente , et du grand deçat qui se faict de la fleur de la farine cuite en miche par la fréquentation ordinaire des tavernes et cabarets , craignant pour ce quoique rsmotioiv
populaire, ont résolu que Mtfr le Gouverneur siîra 1res humblement supplié de faire publier, à son de trompe, cz lieux accousluniez : — Que deffenses très expresses sont faictes à lous boulangers de faire aucuns paios blancs ou miches % ains cuire à tout; — comme aussi de lever aucune fleur de farine, à peine de confiscation des pains, miches et farine, etc., etc. Voyez C. B., Mélanges , passim. -;
1597. — Juillet 3. Ce fut eu ceslc niesme année 1597 que les manants du plat pays, resveil lez par leurs sangsues >de clercs, voulurent resvciller l'ancienne querelle d'entre la ville et eux , et renouveller leur vieille prétention de faire payer taille aux habitants de Lyon pour raison des biens roturiers qu'ils possèdent dans le plat pays : mais ils en furent comme devant desboutez par arrest du Conseil privé , donné à Paris , le 3 juillet , l'an courant 1597 , signe Forget. Ce qui toutesfois fut limité pour les biens que les habitants de la ville possèdent ou qu'ils acquerront cy-aprés les uns des autres : mais quant aux biens qu'ils acquerront d'autres que les habitants de Lyon , fut dict par provision que ceux qui n'ont autre privilège que d'habitants de Lyon seront tenuzdeles bailler à ferme, ou en payer taille, fors des maisons de plaisir , jardins , garenues et autres héritages exceptez par les arrests des années 1561 et 1506. » Rubys , p. 453.
1697. — Juillet 10. JLe Consulat à M. l'Archevêque de Lyon :
« Monseigneur, le Pere Pourcent (Porsan), présent porteur, s'en va par devers vous , avec les lettres que M. Chaslon vousescript, vous donnant son ordre sur les impostures et fausses accusations qui avoient esté faictes contre ledit Pourcent , suivant les propos que vous en eustes hier avec M. de Monlmartin; en sorte qu'il nous semble qu'il n'y a rien plus qui puisse empescher que nous ne l'établissions pour gouverner noslre collège qui se dissipe et est délaissé de la jeunesse à fau lté de personnages qui le sachent conduire. Nous espérons en vostre bonté qu'il s'en reviendra content , qui fera que nous ne vous ennuyérons de plus grande lettre , après vous avoir bien humblement baisé les mains de cœur et pour toujours, etc., Lyon, ce 10 juillet 1597. » S. , , .
1597. — Juillet^. — Le Consulat, dans une lettre adressée ausieur Thomé , son secrétaire, et à Messieurs Bullioud et Charrier , ses députés à Paris, leur mande , enlr'aulres choses , que mercredi dernier seulement, il avoit établi M0 Pourcent principal du Collège, parce qu'il avoit fallu plusieurs fois conférer avec Mgr l'Archevêque , M. le prévôt des marchands l'étant allé trouvera fimy; il ajoute que l'on esperoit que ledit Pourcent feroit bien son devoir. S.
1597. — Juillet 31. Le Consulat délivre mandement à Benoist du Troncy , notaire tabellion royal, de la somme de sixescus sols pour la grosse et expédition du conlract de vente passé par Me Pierre Chesnardj au nom de M. le président Chaudon et de M. Christophe Sève, d'une maison qu'ilz avoient en la place des Changes, où est le corps de garde. , ; ,» .
1597. — Août 14. « La veille do Nostre-Dame d'aoust,... se fit une charge par M. Lesdiguieres sur l'armée du Savoyard, el en demeura de ladite charge des gens du duc de Savoye environ 1200 , et du costé de M. Lesdiguieres n'en demeura guères. « Arch. du Rh.t XII, 17G.
1597. — Août 1G. Lettre du Roi au Consulat :
« De par le Roy. Très rhers et bien amez, nous avons eu à plaisir d'entendre, par ce que nous out expliqué de voslre part les deux eschevins de nostre ville de Lyon qui nous sont venus trouver icy , la continuation de vostre fidellité et affection à nostre service , de laquelle nous nous teuions fort asscurez; n'ayant les hruietz qui ont couru par deçà aucunement touché à la dévotion des habitants de nostre dite ville; ains seulement publié l'advis de quelque entreprise et pratique que les ennemysy vouloicnl brasser : ce que nous nous assourons qu'il fera toujours en vain , à cause du grand nombre de bons serviteurs que nous avons en ladite ville; dessoingset résistance dcsquclz nous avons toute confiance, neantmoings il est bien nécessaire que vous aïcz les yeux ouvertz pour descouvrir les artifices et menées desdits ennemys , aflin de vous en pouvoir garder. Ce que nous vous recommandons très expressément. Et pour ce qui est de nostre soing à vostre conservation, croïez que nous l'aurons tousjours aussi grand et affectionné de vous, que d'aucuns aultresde nos subjets, selon que l'importance de nostredite ville et voslre fidellité et dévotion envers nous le mérite. Donné au camp devant Amyens , le xvi° jour de aoust 1597. Henry , plus basForgel. » S,
1597. — Septembre 15. Lettre de M. de Btllievre au Consulat :
« Messieurs, je ne vous feray pour le présent plus longue lettre , Monseigneur Charrier vous dira Testât de voz affaires. Il y a travaillé comme doibt un homme de bien , et avec luy Mgr Bultioud qui y a laissé la peau. Hz ont un voyage à l'armée fort fascheux et incommode. Les afleres se y despeschent lentement quant il se parle d'aultre que de guerre. Ce que dépendra de moy, et en tout ce que j'auray moyen de vous fere service, je vous prie de croyre que je me y emploierai comme le devoir m'oblige , désirant aultant voslre repoz et contentement que vous mesmes. Sur ce je me recommande humblement et de tout le cœur à voz bonnes grâces , priant Dieu , Messieurs , vous donner longue el contente vie. C'est de Paris, le 15 jour de septembre 1597. Voslre humble et affectionné serviteur et Ode I amy. Bellièvre. » S.
1597. — Septembre 20. Remontrances du Consulat adressées au parlement de Paris , contre le P. Porsan , etc. Voyez le Supplément aux mémoires de Condé, troisième partie , p. 192-197 , et ci-après 1 6 octobre. . ,
1597. — Septembre 25. Le roi écrit à M. de la G niche , gouverneur de Lyon , pour lui annoncer la réduction delà ville d'Amiens* — Celte lettre a été imprimée à Lyon, par Thibawi //neclin , 1597 , in-8 de
5 pages (B. de Lyon , t. III du n° 23115). Mêm. de la Lujue , t. VI , p. 521.
1597. — Septembre 27. Ordonnance consulaire. De par le Hoy el Monseigneur de la Guiche...., sur les advis que nous avons des desseings , pratiques et menées que les ennemys font sur ceste ville contre l'autorité et le service de S. M., bien et repos du public , el desiransy pourvoir, nous faisons Irés expresses inhibitions et défenses à tous capitaines penons , lieUlenans, enseignes et aullres des penonnages et quartiers de ceste ville, de quelque qualité et condition qu'ils soient , quand il surviendra quelque allarme , de faire aucune barricade dans leur quartier, ny d'y convier le peuple de faicl ou de paroles , ains se tenir préparez pour servir comme il leur sera commandé , à peyne d'eslre taillés en pièces sur le champ. — Sont aussy faictes deflenses aux susnoinmez et aultres chefs de maison de sortir hors la ville sans prendre permission de nous, etc. Acte cons.
1597. — Octobre 7. Le Consulat écrit 'au sieur Tliomé , son secrétaire, alors à Paris :
«.... Nous avions adressé à M. VEseuyer les lettres que M. du la Guiche et nous , avons escrites à Messieurs de Villeroy , de Sillery et Procureur gênerai , lesquelles estoient pour accompagner les remonstrances que nous avons délivrées à M. l'exécuteur de l'arrcst contre M. Fourcent, lesquelles ont esté lues en assemblée générale faicte pour pourvoir à la seureté et conservation de ceste ville sur les advis que l'on avoit d'une entreprise des ennemys sur icelle; lesquelles remonstrances y ont esté trouvées raisonnables pour eslre présentées à la cour. Nous vous prions donc de conférer de ceste affaire avec ledit sieur VEseuyer , d'aultant que M. de la Guiche le charge d'y travailler et d'y vaquer ensemble , selon qu'il le jugera à propos , affiu que la Cour nous règle selon son bon plaisir. Nous ne nous en fussions remuez si nous eussions estimé que ledit Pourcent fut subject audit an est ; mais n'ayant abjuré la profession qu'il n'a jamais faicte, et estant sorty de la Compagnie desJesuisles avant le précèdent arresl, ioinct qu'il est enfant de la ville , zélé el très affectionné au service du roy , comme le lesmoignent ses très doctes et saintes prédications et prières ordinaires pour la prospérité et santé de S. M., sans soupçon quelconque de subornation de la jeunessse, l'éducation de laquelle ne despend immédiatement de luy , ain.*des régents; attendu de la peyne que nous aurions d'en recouvrer aullre capable; cela nous faict insistera ce qu'il der meure ; vousasseurant que petit à petit nostre Collège se lorne à remettre ; et et que ceux de ceste ville qui avoient des enfans à Tournon et ailleurs les font venir : vous priant de faire entendre ce que dessus à vostre discrétion..,. » S.
1597. — Octobre 16. Un arrêt du parlement de Pans, confirmatrf d'un précédent arrêt du 21 août, ordonne, « sans avoir esgard aux remonstranecs leues à l'assemblée générale faicte en l'hostel commun de la ville de Lyon, le 20 septembre, que l'arreôt du 21 aoust sera
exécuté en laiite ville de Lyon , selon sa forme et teneur, mesme à Tegard du sieur Porsan qu'elle a déclaré et déclare compris en iceluy : el neantmoins ordonne, suivant l'arrest du 25 septembre dèrnier, qu'iceluy Porsan sera pris au corps et amené prisonnier eu la conciergerie du Palais , pour estre ouy et interrogé sur le contenu es informations cy- devant faictes, et procédé à rencontre de luy ainsi que derayson. » Voyez sur celle affaire les Mémoires de la Ligue, VI, 197 ; Crevier , Hist. de l'Université , VII , 26. — On trouve dans la Biblioth. du Dauphinê, par Guy Allard (édition de 1797) , un Jntoine Porsan , chanoine théologal de l'église de St-Maurice à Vienne, principal du Collège de la même ville , auteur de divers ouvrages dont on ne donne pas les titres. Bayle, art. Cuamier (Daniel), cite les Considérations de ce ministre calviniste sur les Jdvertissements de M. Porsan.
1597. — Octobre 17. M. Ballon, procureur de la ville de Lyon , à Paris , écrit au Consulat :
- .... J'ay à vous adverlir que Dimanche, M. l'advocat du roy Marion envoya en ma maison me dire qu'il desiroit parler à moy, lendemain , à sept heures, au Palais où je me trouvay , auquel lieu ledit sieur me
dict qu'il y avoit un nommé Porsan, lequel estoit Jesuiste , que
avez mis pour principal en vostre collège , contre lequel il y avoit prinse de corps, homme pernicieux pour le public; que contre luy et les autres, il y avoit arrest pour vuider le royaume; que l'arrest ayant esté envoyé à Lyon , aviez fait des remonstrances que Ton avoit envoyées avec le procès-verbal me demandant.... qui estoit vostre conseil et ad vocal? Je dis que d'advocat n'en aviez depuis le decez de feu M. Lejuge. Lors il me feit aller à la Chambre , et feit ordonner que je viendron s donner mes remonstrances au jeudi ensuyvant qui estoit le jour d'hyer. De tout ce que dessus, à l'instant, j'en advertis M. Tfiomé , voslre secrétaire. A l'instant M. le Procureur gênerai meist en mes mains voz remonstrances et l'arrest avec une missive à luy envoyée. Je prins advis de luy si baillerions noz pièces à un advocat, et fut résolu que non. Lejeudy, la Cour me mande: l'on me demandes'! j'avois fait appresler ung ad vocal. Je déclare que non. La Cour m'enjoinct de lire vos remonslrancos , ce que je fais : lesquelles leues , la Cour les prend de bonne part ; mais ilz ne sont pas satisfaietz dudit Porsan; car , Messieurs , les gens du roy dient que douniez charge à quelqu'un encesle ville de faire esleclion de telle personne que vouldrez pour l'instruction de voslre Collège, et de régents , qu'ils vous les feront bailler : et que si scaviez ce dont ledit Porsan est chargé , que ne luy vouldriez bailler vozenfans; qu'ilz prendroient bien conclusions qu'il fusl chassé , ce qu'ils ne vouldroyent pas, parce que luy seroit faict ouverture à son mal, qu'il falloit qu'il fut amené prisonnier, pour lui faire son procez ; que le crime duquel il csloit accusé estoit si odieux A Dieu et aux hommes , que si en scachiez la moindre chose , que ne le permettriez en vostre ville. Ayant leu voz remonstrances , Messieurs les gens du roy ayant plaidé , ont requis qu'il fust amené prisonnier en la Conciergerie , pour luy estre son procez faict et parfaict. Et après que Messieurs les gens du roy eurent plaidé , sorlirent
de chambre , et moy aussi ; tellement que j estime que leurs conclusions seront adjugées nonobstant voz reraonstranecs. L'arrcst sera expédié dans, deux ou trois jours. Voilà comme le faict a passé.... Vostrc serviteur à jamais. F. Ballon. De Paris , ce 17 octobre. »
1597. — Octobre 20. Le Consulat écrit au sieur Thomé , son secrétaire alors à Paris :
« Nous avons veu et considéré ce que vous nous escrivez de
M. Pourcent. Ceux qui parlent de par deçà contre nous, ne portent guercs d'affection au gênerai et au particulier de la ville; car, lorsque nous l'avons mis en nostre collège, ça esté de l'advis et consentement universel de tous les principaulx de la ville (ici le Consulat repèle ce qu'ila dit dans la lettre du 7).... ïl est neantmoins maintenant hors de ceste ville, délibéré de s'aller justifier , le mal n'estant pas si grand, comme ou l'a figuré , 'pour le moins pour nous qui devons avoir IVril à la conservation et avancement de la jeunesse de cette ville , vous asseurant que dépôts que ledit Pourcent est sorty, 200 escoliers des principaulx de la ville sont allez à Tournon et Jvignon , qui en esloient revenuz. Et puis qu'on fasse deffenses tant qu'on voudra d'envoyer des enfans aux Jesuistes Ceux qui les ont ne les veulent pas laisser vivre ignorans. Nous sommes sans principal , et avec des régents telz qu'il plaist à Dieu ... » S.
1597. — Octobre 22. Claude de Fillars (1) écrit au Consulat:
« Messieurs , j'ay sceu que Ton estoit entré en quelque ombrage du sieur de Bresenod , pour la négociation de la tresve où il avoit esté employé ces joui s passez par Messieurs les barons de lux , de Permit et de la Basile , qui m'a occasionné vous faire la présente, et vous supplier humblement de croyre que nous ne l'avons jamais recogneu aultre que très fidelle serviteur du Roy et bon François , car il est né et nourry tel , mais estant cadet d'une maison près d'Annonay , a esté à ceste occasion conlrainct * par le moyen de ses amys , d'espouser icy une hérilierc de laquelle tous les biens sont dans ce que lient et possède le Roy rierc le gouvernement de mondit sieur de Pcraut il la porte de nos garnisons, vous suppliant de croyre que, sans l'asseuronce et cognoissance que j'ay de sa fidcllité, que je ne prendrois la hardiesse de vous en escrire et rendre ce tesmoiguage; et cognoistrez qu'il ne layrra jamais passer chose au desadvantage du service du Roy qui despande de luy. 11 a des sauvegardes de Mgr le mareschal , de M. de Peraut et aullres qui ont charge en ceste province* Il n'a recherché sa retraite à la Guillctîcrc qne pour, en nécessité, s'y relirer et sa famille , ayant receu à noslre occasion beaucoup d'incommodité des ennemys, et bien souvent contraint de prendre de nos soldars pour la garde de sa maison : qui me fait vous supplier bien humblement d'en volloir prendre la mesme créance, et de me tenir , Messieurs , pour vostre plus humble et afleclionné serviteur. Cl. de Villars. A Montluel, ce 22 octobre 1597. » A. M., Corresp., t. XIX.
(1) Claude Il de Villars, fils de Claude l et petit iîls de Pierre, commandoit alow
à Montluvl. Voyez son \ ; rticle dans Moréim.
1697. — Octobre 23. Les Consuls de tienne écrivent aux éclicvinsde Lyon pour les informer des nouveaux événements advenus en la ville de Roanne..». Les desseins de l'ennemi ne se bornoient pas à cette seule place.... L'on étoit informé qu'il se faisoit à St-Genis de forts rassemblements do troupes , et force provisions de pétards. « Vous a pourrez juger, ajoutent-ils , combien l'union et la bonne concorde « entre nous nous peut rapporter d'utilité, d'aullant plus que les « choses passées nous rendent certains combien la désunion et dis- « corde nous a esté cy-dcvanl préjudiciable. Pour nostre regard , nous « voulons croire que ceslc ville n'est que le fanxbourg de la rostre. Noslre « proximité et bonne voisinance le nous le faict ainsi entendre ; qui « nous fait vous oflrir le mesme honneur, respect et service que ceux « d'un fauxbourg doibvcnt à leur ville principale , comme noslre pau- « vrelé et petitesse estant comparée avec voslre richesse et grandeur , « nous le fait ainsi entendre.... » Ils finissent par prier le Consulat de vouloir accomoder et secourir tienne des armes et munitions dont le sieur Leusse , leur député (ci-devant secrétaire de leur ville) , fera connoître le besoin et la qualité. — M. de Disimieu, par une lettre de la veille , avoit fait une semblable demande S.
1597. — Octobre 31. Lettre de l'avocat gênerai Marion au Consulat :
« Messieurs , je vous envoyé l'arrest donné sur voz remonstrances avec mon plaidoyer , par lequel vous verrez amplement comme cesle affaire s'est passé à l'honneur et proffict de voslre ville. Nous nous sommes très volontiers offert f Messieurs mes collègues et moy , à vous ayder de tout nostre pouvoir au restablissement de vostre collège, dont je vous prie de vous asseurer; et qu'en cela et toutes aultres choses que nous pourrons faire pour voslre ville et pour chacun de vous en particulier , vous nous y trouverez lousjours disposez , et moy spécial lement. Nous tendons en noz actions publiques et privées à une mesme fin qui est l'honneur de Dieu et le service du Roy , repoz et tranquillité du public. Nous nous debvons efforcer à l'envy les uns et les aultres , sans division ny défiance , à y faire chacun nostre debvoir soubz l'authoritè de ceulx que Dieu a ordonnez pour nous commander. En quoy je m'asseure que vous maintiendrez dignement l'honneur et la réputation de vostre ville ; vous y offrant encores mon ayde en tout ce qui sera de ma puissance. Et sur ce , je prie Dieu vous donner , Messieurs, en bonne santé , longue et heureuse vie. De Paris , ce dernier octobre 1697. Vostre bien humble et affectionné serviteur, Marion. » S.
1597. — Novembre 11. M. de ffllars , lieutenant-general en la sénéchaussée de Lyon, etc., prononce , à l'ouverture des plaids de la S. Martin , une Harangue d'où nous avons extrait les passages suivants :
« C'est la commune voix de tous les plus docles esprits que , sous le Yoile des fables , les anciens ont couvert tout ce qu'il y a de plus beau et de plus rare en la nature et hors icelle....
« Les poètes ontfeinctque Promeihêe avoit desrobé le feu aux dieux
i nmortels piur le cjaiiniutiquer aut homrnu, et que, piur ce larcin , les dieux ont envoie aux mortels beaucoup de maulx dont les trois principaulx sont les maladies, le travail et la mort.
« Ces poètes avoient-ils , à vostre advis , leu la Genèse où il est escrit qu'après que l'ennemy de l'homme hiy eust faict eneroire qu'il avoit moyen de desrober une portion de la divinité, une estincelle de ce feu perpétuellement bruslant , eritis sicut dii , il luy persuada quand et quand la désobéissance aux commandements de Dieu , dont s'ensuivit cestc sentence criminelle contenant la subjeclion au travail , in sudore vullus fut vesceris pane tuo, aux maladies , in dolore paries, à la mort , morte morieris.
« Homère , en son Iliade (livre 19) , faict mention d'un aultre très grand fléau envoiè par Jupiter pour tourmenter les hommes ; il Je nomme Mi (t) , que les interprètes ont exprimé par le mot noxa, nuisance; aulcuns l'appellent noise, débat, contention qui agite perpétuellement les volontés des hommes par une contrariété et diversité d'opinions, une discorde et division qui avoit esté chassée du Ciel, d'aultant qu'elle troubloit le repos des dieux. Le docte Sponde, interprétant ce passage, dit qu'il semble qn* Homère avoit eu part aux sacrés esprits de Moïse , et avoit delà apprins la cheute de Lucifer , pere de toute discorde.
« Geste AU n'est autre chose que les querelles, les débats. Les poètes, à ce propos , ont dit que Procès étoit fils de Demogorçon qui estoit le plus grand magicien de son temps , et de sa femme Chaos , et que , en s'esvcillant , il sentit que le ventre de sa femme bruoit comme un tonnerre , et l'ouvrant , en feist sortir le Procès, malheureuse engeance et pernicieux fruict d'un très maudit arbre.
« Voulez-vous voir la vérité de ceste Cable ; oyez le Grand-Juge en la prononciation de sa sentence, parlant au Serpent : Inimicitias ponam inter te et mulierem , etsemen tuum H semen Uiius. Un grand personnage naguiere expliquant en public le passaige , dict que la semence du serpent estaient les meschanls qui ne pourroient laisser vivre en paix les bons , ains les rechercheroient de procès et de débats. Inimicus homo super seminavit zizaniam.
« Voilà donc les principaux malheurs auxquels les hommes sont assujettis
« Mais de tous ces malheurs le plus grand n'est pas le travail , d'autant que in labore requies. Le travail est l'outil de la vertu 9 et sou contraire la nourriture du vice, suivant cest ancien proverbe, nil agendo homines, maie agere discunt. Le travail triumphe de la nécessité mesnie qui n'est subjeetc à la loy ; labor improbus omnia vincit,
« De tous ces malheurs le plus à plaindre n'est pas la maladie , puisque nous trouvons des exemples en la constance des Stoïciens qui demeurent immobiles et insensibles aux plus pressantes douleurs, pour
(1) En écrivant Ati nu lieu d'Àte , M. de Villart nous fournit une nouvelle preuve . que , malgré la réforme d'Erasme, on prononçait encore à Lyon le grec ancien à la manière des Grecs modernes. Voyez les Nouveaux mélange* de M. Breghot , p. 126 , ei
son édition des Poésies de Pernette du GuiUet , p. 69.
s'acquérir le mespris de l'aftkliôn du corps qui eust peu renverser l'ame de sa ferme et constante assiette pour la rendre ployable au sentiment corporel. S. Paul disoit : Cum infirmior tune fortior sum, et un autre : V irlus înfirmitate perfkitur,
« De tous ces malheurs le plus à craindre n'est pas la mort , puisque les histoires sacrées et prophanes sont remplies du nom et reuom de tant de grands personnages qui ont estimé misérable celuy qui ne pouvoit mourir quard il vouloit , ou qui ne vouloil mourir quand il debvoit. Eutrc les Payens , teste femme de Pelus qui vouloit apprendre à son mari le mespris de la mort , s'estant donné un coup de dague , la retira de son corps pour la bailler à son mary, l'incitant à faire de mesme : Quod ipsa [eci, non dolet, sed quod tu faciès, id mihi, Pœle, dulet (1); entre les Chrestiens , ceste mere des Machabées , qui encourageoit ses enfants à courir à la mort pour la confession du nom de Dieu.
« De tous ces malheurs doneques , le plus grand , le plus à craindre et le plus à plaindre... est ce maudit procès, fils de ce grand magicien , prince des ténèbres , et de ceste Chaos , déesse de confusion , ennemy mortel des mortels , venin d'autant plus dangereux qu'il se présente à nous dans ceste coupe surdorée de l'apparence du proflict et du bien.
« Sy l'homme n'eust jamais peebé , il n'eus t jamais plaidé ; s'il u'eust jamais plaidé, point de divisions , point de guerres, point de travaux , point de maux.
« C'est le procès qui a séparé le Ciel de la terre , les hommes de Dieu, le père du fils, un frère de l'autre, qui desunit les citoyens, renverse les villes, ruine les empires.... Les procès des particuliers se décident dans les palais de la justice, mais ceux des grands, des princes et des monarques se desbaltent dans les champs du furieux Mars. Inaction deceuxH-y est l'ambition ; les productions sont les armes, les Jugements sont les victoires.
« Nous en pouvons parler, nous autres François, je parle aux bons, qui en corps d'estat sommes défendeurs contre ces insatiables estrangers , nous savons ce que ce grand procès nous cou lie : on taxe tous les jours les despens esquels le pauvre peuple est condamné , et sans lesquels neanmoings nous ne pouvons espérer gain de cause. Regret qui debvra perpétuellement bourreler les consciences de ceux qui ont fait la consultation, qui ont dressé les mémoires et embrassé la sollicitation d'une si mauvaise cause.
« Nous pouvons aussy parler des procès particuliers , nous autres François , que les autres nations remarquent et blasment pour estre les plus opiniastres et voluntaires en matière de procès , sy qu'en
(1) Martial, livre I , ôp. 14 : Voici une imitation inédile de cette nièce qui a fait le désespoir de bien des traducteurs :
Arrie offre à Peins un glaive citoyen , Et lui montrant son coeur entr ouvert : Vois , dit elle t <:ela ne fait point mal , mais en perçant le tien, . Tu feras , je le sens , mal à ce cœur fidèle .
France , il y a plus de personnes qui vivent de ce misérable mestier qu'en autre part du monde; tesmoing le Seigneur dattiers , lequel supplia le roy Louys unziesme , qui lui vouloit oster tout ses procès , pour le faire vivre en repos, le supplia, dis-je, de luy en laisser deux ou trois douzaines pour entretenir ses menus plaisirs.
« O bienheureux , et plus que nous, les peuples des Brachmanes , qui pour toutes loix , n'ont que ceste cy , de ne contrevenir poinct à la loy de nature.
« Caton le Grand, voyant, de son temps, le nombre desreiglé des plaideurs, fut d 'ad vis que l'on debvoit paver le palais de fausses trappes, afin de faire haïr le palais à ceux qui ayment à plaider de gayeté de cœur
«.... Faisons le procès au procès.... Gondampnons-le non pas à la mort, car il obtiendroit facilement lettres de grâces parmy les François, mais à un perpétuel exil , ad cxlremas terras, et par delà encores en l'habitation infernale de son pere. De là , il ne pourra jamais avoir son rappel ; il y trouvera subject propre pour s'occuper , luy qui ne dort jamais; il y verra Alexandre, Annibal etScipion, qui plaident devant Minos, comme raconte Lucian , et disputent de la préséance et de la gloire qu'ils ont acquise estant parmi les mortels.
« Et nous, rappelons du Ciel la Justice, qui seulle nous peut ranimer de ceste mort , relever de ceste cheute , reparer tant de degals , tant de ruines , tant de misères....
« Je voudrois , pour conclusion de ce discours , pouvoir vous dire avec vérité ce que Mercure proposott aux Athéniens de la part de Jupiter chez Lucian , où il descript que Jupiter se ressouvenant que la multiplicité d'affaires esquellcs il esloit continuellement, l'avoit empeschéde définir une grande quantité de procès qui estoient entre les Athéniens. Admonesté par Mercure qu'il y avoit plusieurs plaintes contre ceste négligence , et que les Athéniens Pattribuoient au peu de soucy qu'il avoit d'eux, ou plustost à l'impuissance qu'il avoit de les délivrer de ce mal, se résolut de fairc'ouvrir le palais. Pour ce faire, envoya la Justice en Athènes , et ordonna à Mercure de faire entendre à tout le peuple l'ouverture des plaids.
a La Justice refusoit ceste charge , ne vouloit point revenir en terre où elle avoit esté si mal receuc et traictée , et avoit veu que Y Injustice y avoit tant de ministres , de solliciteurs , de procureurs , d'advocats et déjuges; neanmoings ayant esté asseurée par Jupiter et par Mercure qu'elle trouveroit les Athéniens bien changés , que la pluspart avoit laissé le vue pour s'adonner à l'eslude de la philosophie et de la vertu, elle se résolut d'obéir au commandement de Jupiter.
« Mercure , annonçant au peuple Athénien la venue de la Justice , leur disoit en ces termes :
« Escoutez , peuple Athénien , nous ouvrons aujourd'huy qui est le septiesme de febvrier , les plaids que les Dieux veullent estre de bonne heure. Quiconque de vous aura dos actions à proposer , qu'il se trouve « n la place de Mars. Là, la Justice tiendra les places des assises , jettera au sort les causes, et assistera ceux qui jugeront. Les juges seront Athe-
niens; leur salaire sera de trois oboles pour chaque cause; leur nombre, selon l'estimation de la cause. Que sy quelqu'un pense avoir esté mal jugé , il luy sera loisible de retourner plaider devant Jupiter par appel. A ceste crie , tout le peuple retentit unanimement par ceste acclamation : Justice , Justice !
«« Je voudrois , dis-je, en ceste journée , que nous ouvrons le plaids pour ceste province,.... pouvoir promettre les mesmes à ceste assemblée , que Mercure an* Athéniens , assavoir que la justice sera le principal but des actions et opérations que nous rendrons en ce lieu toute en ceste prochaine année, chacun en son rang, en l'ordre de son ministère ; mais que dis-je? je voudrois pouvoir dire pour l'espérance que je conçois de la bonté d'un chacun, que, moyennant la grâce divine, nous donnerons à bonne heure , et en présage de bonheur , commencement aux plaidoiries. La Justice tiendra le plus hault et eminent lieu de ce siège, et par les commungs efforts d'un chacun de nous, nous surmonterons le monstre de procès , et esteindrons, avant la fin de l'année , ensemble sa vie et son nom , et, par conséquent , nous rendrons àce peuple ce que nous lui debvons; ouvrants le palais, nous lui descouvrirons la source du repos de tout bonheur, laquelle fera fleurir toutes ces contrées , et ceste fleur se convertira au fruict tant doux , tant agréable, tant désiré d'une paix que ce grand et magnanime et lousjours victorieux monarque françois , sous le nom et les auspices duquel nous faisons la présente action , nous acquerra par son invincible bras , soustenu de ceste main forte qui tient le sceptre des sceptres et le cœur des rois. » Manuscrit de la B. de Lyon , n° 1439.
1597. — Novembre..., François Clapisscn, procureur du roi , prononce à l'ouverture des audiences du siège présidial de Lyon , une Remonslrance qui a été insérée dans le Premier recueil des publiques actions de Vèloquence françoise , etc. A Lyon, par Antoine de Harsy , 1604 , in-8. Les premières lignes de cette rcroonstrance nous apprennent que l'orateur avait été tout nouvellement pourvu de l'office de procureur du roi. 11 y cite, suivant l'usage du temps , force grec et force latin; nous n'y avons remarqué que ce passage : «... Vous autres « Procureurs n'apportez icy ny révérence, ny silence , ny attention. « Et vous n'y estes que pour révérer le magistrat, escouler ceux qui « parlent pour vous , et entendre ce qui se prononce. La raison vous « manque plustost que la voix. On voit bien souvent les advocats et « les procureurs , deux à deux parler tous ensemble divers faicts en « une uiesme cause :
Tôt pariter pelves , lot tintinnabula dicas Pulsari (1).
« Je veux croire que le naturel françois, plus vif et que celui bouillant des peuples de Midy et de Septentrion, y apporte beaucoup; et de faict
(I) .frvi^AL, Sut. VI, lil.
nostre Quinte-Curce françois (1) remarque que les ambassadeurs du roy Louis XI , son maistre , parlant au duc de Milan , ores deux , et puis trois tous ensemble , le Prince ne pouvant aller si visle , fut contrainct de les prier qu'ils parlassent un à un. Et le raesme autheur, sur ce propos, adjouste que nostre façon n'est point de parler posément ; mais ce. vice abonde plus au barreau qu'en nulle autre part , et plus entre les procureurs de ce siège que parmi toute autre sorte de personnes..... > — François Clapisson a été omis dans la Biographie lyonnaise; cependant il avoit un article dans Pehnetti, 1,423. 11 remplaça au Consulat, en 1608, Pierre Àllard qui mourut pendant son échevinage.
1597. — Décembre 6. Lettre du Roi au Consulat :
« De par le Roy. Très cbers et bien amez , il y a long temps que nous avions faict desseing d'envoyer à Lyon le sieur de Fie , conseiller en nostre conseil d'estat , pour y avoir la superintendance de nostre justice , et servir en la direction de noz affaires ; toutes fois nous avons esté contrainetz de le retenir jusques à présent, à cause de diverses occurrences qui se sont offertes où son entremise et service nous a esté nécessaire , nous le vous envoyons maintenant amplement informé de ce qui est de noz intentions , lesquels il vous fera entendre. Ce sera après à vous de vous y conformer , comme nous nous asseurons que vous ferez , selon le debvoir de bons subjects ; veo mesmement que nous n'avons aultre but et désir qne vostre bien et conservation : et d'aultant que le sieur de Fie est personnage de dignité et de beaucoup de mérite , nous vous admonestons et recommandons de le recevoir et respecter convenablement à sa qualité et à la bonne intention qu'il a de faire tout ce qu'il lui sera possible pour l'establissement de vostre repos. Ce sera toujours luy en augmenter l'affection , et nous tesmoigner, en chérissant noz serviteurs, que vous avez aussi cher nostre service. Donné à St*Germain-en-Laye , le vje jour de décembre 1597. Henry ; plus bas Forget. » Suscription « à noz très chers et bien amez les prévôts des marchands eschevins , manans et habita n s de nostre ville de Lyon, » S.
1597. — Décembre 6. Lettre du Roi à M. de la Guiche : « Mons de la Guiche , je vous ay cy-devant escrit par celluy que j'ay renvoyé à mon cousin le maréchal oVOmano, et je vous mandois comme je foisois estât de faire partir le sieur de Fie deux ou trois jours après ; mais les affaires où je l'avois cy-devant employé, n'ont peu permettre que je Toye plustot licencié que maintenant; mais , pour regagner ce peu de jours qu'il a demeuré icy davantage que je ne vous avois dict , je luy ay ordonné de faire son voyage en poste , et estime qu'il vous arrivera encore assez à temps pour vous assister à l'eslection des nouveaux eschevins , pour laquelle j'entends qu'il se faict de grandes brigues en la ville. Je vous ay mandé quelle estoit sur ce mon intention , * " • : "• '« '.-eu • .»•.*» . ■ ,
(2) Quel est ee Quinle-Cnrce françois ? KsUce Philippe de Comices ou IHerre Matthieu? Je n'ai su trouver , ni dans l"un ni dans l'autre de ces deux historiens de Louis XI, le fait ciiépar Clapisson.
laquelle vous entendrez encores par ledit sieur de Vxc , et vous prve de vous employer de tout vostre pouvoir à ce que Teslection tombe sur ceux que je vous ay nommez , m'estaut très important d'avoir en ces charges personnes de qui Ton puisse prendre bonne confiance. Je ne vous recommande point au reste d'aymer a veoir volontiers près de vous le sieur de Vie, parce que vous le cognoissez assez accompagné de toutes les bonnes qualitez que l'on peut désirer en ung personnage de sa condition. Je m'asseure que, de sa part , il s'y comportera aussi de sorte que sa conversation vous sera agréable , et en recevrez du soulagement, car il est intelligent et laborieux, et plein d'affection et de fidellité à mon service; vons prient de lui donner communication de tout ce qui concerne mon service de par delà, et vousayder de ses conseils et advis que je m'asseure que vous trouverez prudents et bons. Je luy laisse à vous compter (sic) tout ce qui se passe par deçà, et pour ceste foys je ne vous en feray icy plus long propoz : priant Dieu , Mons de la (ïuiche, qu'il vous ayt en sa saincte garde. Escript à St-Cermain-en- Laye, le vje jour de décembre 1599. Henry ; plus bas Forget. » S.
1597. — Décembres. Lettre da M. de Belliècre au Consulat :
« Messieurs , après une longue et griefve maladio , je suis venu trouver le roy en ce lieu de St-Germain , où , si j'aurai moyen de vous faire service , je m'y emploieray avec l'affection que je doibz , et que j'estime avoir tesmoigné ès occasions qui se sont présentées : vous ayant voulu escrire ceste, partant d'icy Mons. de Vie , personnage plein d'honneur, de vertu et de grande intégrité. Je veux espérer que vous recevrez beaucoup de contentement de la bonne assistance qu'il fera à vos afferes. Je sçai la bonne opinion que le roy en a acquise par bons et Tutelles services. Il a veu Testât où sont icy voz afferes, à qtioy je me remelrai finissant ceste par mes bien humbles et affectionnées recommandations a voz bonnes grâces , priant Dieu vous donner , Messieurs , longue et contente vie. C'est de S. Germain , le 6° jour de décembre 1597. — Vostre bien humble et affectionne serviteur et fidel amy. Belmkvrb. » S:
1597. — Décembre 17. Lettre dn Consulat à M. Minières, chanoine de St-Just.
« Monsieur, le long temps qu'il y a que ceste ville vous reclame pour commettre à vostre sage conduite le gouvernement de noslre collège , vous a rendu assez de témoignage de Testât que Ton y faict de vostre bonne vie. Et puisque Dieu vous a faict ceste grâce que vostre vertu soit cogneue à tant de gens d'honneur qui nous prient de despartir à noslre jeunesse les bonnes lettres et bonnes mœurs , qui vous rendent recommandables entre tons ceulx de ceste patrie, c'est maintenant le temps et l'occasion toute propre à vous , pour employer utilement au bénéfice du public ce que vous avez obligation de luy communiquer, y estant appelé de nous avec toute l'affection et bonne volonté que nous avons au debvoir de nos charges et à vous recepvoir en celle-là, selon vostre mérite , comme vous congnotstrez par les honorables conditions que nous vous offrirons, si nous avons le bien
do vous veoir ici au premier Jiiur, après les bonnes fesles , pour en prendre quelque bonne resolution , ainsi que plus amplement vous pouvez entendre par M. ftollc , présent porteur , qui nous a fait cesle faveur de vouloir prendre la peine de vous rendre ce bout de lettre , et de vous faire compagnyc pour y venir ; ce que nous vous prions de faire sans autre remise soubz l'asseurance que nous avons que voslre voyage ne nous sera pas infructueux , et celle que vous nous donnez d'entendre de nostre part à toutes choses raisonnables. Venez doneques à ceste foys, et croyez, s'il vous plaist, que , ouJtrc l'obligation que le public vous en aura , vous acquerrez sur nous ceste particulliere que nous serons à jamais , Monsieur, voz bien humbles et affectionnez à vous servir. Le Prévost des marchands , etc. Sigué Thomé. »
M. de Minières répondit au Consulat: •
« Messieurs, j'ay receu celle qu'il vous a pieu m'escrirc louchant la charge de la principaultè de vostre collège , par les mains de M. Rolle, l'ung de mes bonsamys, laquelle m'a beaucoup consolé pour m'a voir faict amplement cognoistre le soing qu'avez de voz charges en ce déploré siècle , qui demande et requiert plus que tous les passez l'ayde et les secours des gens de bien et d'honneur, telz que vous ont sincèrement jugez ceux qui vous ont choysis entre tant d'aultres pour la conduite et police de la bonne ville de Lyon. J'en remercie très humblement la Providence divine , et vous , Messieurs , de l'honneur qu'il vous plaist me faire , m'estimant capable du maniement et conduitle de la chose plus pretieuse qu'ayez en ce monde , qui est voslre jeunesse : ce que j'ay apprins et proffitè en la cognoissance de moy-mesme par long usage , me faict penser le contraire. C'est pourquoy je faisois estât de vivre plus tost en homme privé , et tascher à m'ediffier moy-mesme , que de m'exposer au péril et danger des charges publiques , esquelles tant de vertueuses personnes se retrouvent par trop empeschées , et neantmoings , afûnque l'on n'estime que je veuille denier à ma patrie et à vostre mérite le service que je luy doibz après Dieu, à faulle de courage et de bonne volonté, je ne fauldray de vous aller trouver avecq M. Rolle , incontinent après lesfestes, pour en prendre rentière resolution avecq vous et le reste de mes bons amys. Ce qu'attendant , je recommanderai l'affaire à Dieu , comme tout ce qui concerne vostre bonheur, de ceste volonté et affection que je vous baise en toute humillilé les mains , pour vous demeurer à jamais , Messieurs , très humble et très obéissant serviteur et voysin Mynyeres. De Cremeaux, ce 27 décembre 1597. » S.
Publications de 1597. — Jnlhologie ou Recueil des plus beaux épigrammes grecs, .. mis en vers françois,... par Pierre Tamisier , Lyon, 1597. Petit in-8. — L'abbé Goujel, tome IV, p. 479 de sa Bibliolh. françoise , cite une édition sous cette date ; il se trompe peut-être; nous avons sous les yeux un exemplaire de ce livre portant la date de M. DCXVIÏ , et nous pensons que c'est celle-ci qu'il a voulu signaler; toutefois c'est l'édition originale de 1589 dont on a renouvelé le titrç. Nous ne croyons pas que la traduction de Tamisier ait eu les honneurs
d'une réimpression. Sa versification est toujours plaie et dure , et , comme il ne savait pas le grec et travaillait sur les versions latines , il était hors d'état de sentir les beautés du texte. On peut le juger par la pièce suivante :
Vénus voyant Vénus dedans Gnidc en staluc , Fut toute émerveillée , et dit soudainement : Où m a veu Praxilcle? où m'a-t il choisi nue Pour me représenter au vif si vivement 7
Cette pièce était digne de passer à jamais dans notre langue ; grâces à Voltaire , elle y est restée à peu près ce qu'elle [é tait dans le grec :
Sur une Statue de Vt nus.
Oui , je me montrai toutc'nue Au dieu Mars , au bel Adonis , A Vnlcain même , et j'en rougis ; Mais Praxitèle ! où m'a t-il vue ?
1597. — Lyanli-Chrisl.*Var Fhrimond de Baenwund, conseiller du Roy en sa cour de parlementde Bourdeaux. A Lyon, par Jean Pillehotle. M. D. XCVII. In-8. — Imprimé par Jacques Boussin. — Trois approbations : la première du 23 juin 1596, donnée par Jacques Severt, principal du Collège de la Trinité ; la seconde par F. J. Rufus , custode et gardien de St-Bonaventure ; la troisième par Chalom, officiai de Lyon. — Première édition de ce livre, que frère Rufus compare à «un carquois a où sont les flesches pour combattre nos adversaires. » Les Jésuite* y sont loués ; « ils ont fait surgir és ports reculez et incognus la nef de « Véglisc; ils ont ancré aux lieux où jamais les apostres n'avoient « abordé.,, (p. 115). » Voyez les Publications de 1595.
1597. — De l'Jutkoritè de Véglise en ce qui concerne la foy et la religion. Par R. P. François de la Bochefoucaull , Evesque dcClairmont , etc. A Lyon, par Jean Pillehotle. 1597. in-8. — De V Estât ecclésiastique. Par le même auteur. Môme imprimeur , même format.
1597. — Tfieodori Bezae Fezelii Poemala varia. Silvae. Elegiae. Epitaphia. Epigrammata. Icônes. Emblemata. CatoCensorius. Omniaabipso auctore in vnum nunc corpus collecta et recognila. AnnoM. D. XCVIf. In-4 de 8 f. et 372 pages (B. de Lyon 16979). — M. Benouard a décrit ce volume p. 157 de ses Jnnales des Esticnne; il a omis dans le titre le mot Epitaphia , et au lieu de nunc, il a mis hune. A la fin de l'exemplaire que nous avons sous les yeux , est la copie d'une pièce qui manque dans le volume; c'est celle qui commence ainsi : Jbcst Candida : Beza , quid moraris ? Cette pièce se trouve dans les éditions de Barbou de 1757 et de 1779. David Clément, t. III, p. 299 de sa Bibliothèque , fait observer que l'édition de 1597 est la plus belle de toutes les éditions des poésies de Beze; elle est, en effet, imprimée en très-beaux caractères italiques qui ressemblent à ceux qu'on employait alors à Lyon
pj îr les ouvrage* en grand format. Toutefois on croit assez generalem ;nt qu'elle a été exécutée à Genève, où elle n'aurait été achevée qu'après la mort d'Estienna.
1597. — Catacrise de l'opinion de ceux qui tiennent le droict romain pour loy,ou coustume en Lyonnais , etc. Par M. P. Jllard, sieur de Sardon... À Lyon, par Jacques Roussin , clo. la. XCVIl. In-4(1). — Dédicace à M. Méry de Fie, président du parlement de Toulouse, et ensuite garde des sceaux , datée de Lyon, le 21 décembre 1597 (voyez ci-dessus au 21 décentre 1575 et au 2 août 1594). — « L'occasion de cet ouvrage fut un jugement rendu au siège présidial, par lequel un testament fait au profit de son mari par une femme ayant son pere vivant , fut déclaré nul , et la clause iusérée que le droit romain éloit en ce pays, coutume et foi inviolable. Sur quoi la compagnie invita Pierre Àllard et le rapporteur qui opinèrent au contraire, de mettre leurs raisons par écrit. » M. — Voyez les Publications de 1601.
1597. — Les Comédies facecieuses de Pierre de Larivey , Champenois, A l imitation des anciens Grecs, Latins et modernes Italiens , etc., 2e édition. Lyon , Benoisl Rigaud , 1597. In-12. Brunet , III , 49.
1597. — Le Grand Olympe, ou Métamorphose d'Ovide. Traduction nouvelle, par du Bartas. Lyon, Jean de Tournes, 1597. ïn-16.
SCHWEIGER.
1597. — Les Lettres d'Estienne Pasquier , conseiller et advocat général du Roy en la Chambre des comptes de Paris. À Lyon, par Jean Veyrat, à l'enseigne du Vaze d'Or. M. D. XCVH. In-16. — Cet ouvrage n'est pas le seul d'Est. Pasquier qui soit sorti des presses lyonnaises. Le second livre des Recherches de la France fut imprimé à Lyon , par Claude Scnnelon , 1665, in-8. — Pasquier paraît avoir eu pour correspondant à Lyon , un conseiller au siège présidial de cette ville , appelé Braillon.
Voici une des lettres qu'il lui écrivit (c'est la xive du 1er livre dans l'édition de ses œuvres , Àmst., 1723 , in-fol.) :
« Vous êtes doneques résolu tout à fait de ne m'escrirc après tant de diverses semonces. Je n'ay point , direz- vous , de subject. Je ne le croy nullement , estant dans une ville de Lyon,emboucheure de toutes nouvelles qui viennent tant par la voye de Rome que de Piedmond. Mais comment un François estre sans subject ? Escrivez-moy seulement que vous n'avez nulles nouvelles, etjeprendray cela pour toutes nouvelles (2) : veu que le François est de telle nature qu'il les recherche ambitieusement, s'en repaist ores qu'elles fussent fausses , et en un besoing luy-mesmes se les forge pour se contenter. Donnons que vous
(t) Ce livra a été porti dans la Biblioth. de droit de MM. Camus et Dupin (n° 904 de la édition) . mais au lieu de Catacrise l'imprimeur a mis CcUackrèse , faute qui a été répétée dans la Table, p. "ii.
ci) Eu faisant cette lettre Pasquier avoit présente h la mémoire celle de Pline le Jeune à Fabius Jus tus (I, XI) : «... At hoc ipsum scribe, nihil esse quod scribas.. .. »
n'en ayez nulles : or sus je ne seray fâcheux créancier , et vous en quitte pour ces deux lignes dont nozancestres iionoroyent le commencement de leurs lettres , et que nous avons depuis reje'lécs sur la lin. Escrivez moy seulement cela : « Je me recommande à vos bonnes « grâces, priant Dieu vous conserver aux siennes. » Oste lettre sera merveilleusement accomplie : car estant le commencement et la fin , elle représentera l'ancienneté et le temps présent tout ensemble. Ou si vostre plume est si desdaigneuse que du tout fuyez le travail de m'escrire , renvoyez-moi pour le moins mes lettres , à fin qu'en ce faisant je cognoisse que je reçois de vous quelque chose. Adieu. » — Dans sa lettre à M. de Pastel /conseiller au siège presidial de ïroyes ( la xme du 1er livre), Pasquier dit à ce magistrat : «.... Quanta ce que vous me mettez au mesme rang de paresse que Monsieur Brailla», vous luy faictes grand tort : d'autant que je luy cède , et le recognois mon aisné en ce cas, comme en tout autre, vous advisant qu'en matière d'escrire , il me reste tant en arrérages , que je luy ay mandé, que" puisqu'il ne me veut envoyer de ses lettres, il me renvoyé les miennes , afin qu'en ce faisant, je pense qu'il a quelque souvenance de moy... • Pasquier, dans ses Recherches de la France , liv. ÏV, chap. 31 , après avoir annoncé que, quant à lui, il ne savait que la Grammaire et non la Rhétorique du jeu des échecs (1) , continue ainsi : « Bien vous diray-je avoir veu un Lyonnois oster toutes les pièces d'honneur , et ne retenir que le roy avec ses pions, desquels jouant deux fois contre une, il rapportait la victoire contre de très bons joueurs. Je luy ay veu mettre un anneau sur un pion , sous ceste stipulation qu'il ne pourrait mater le roy qu'avecques ce pion une autre fois , passer plus outre , et mettre encores un anneau autour d'un pion de son adversaire , à la charge qu'il le forceroit de le mater avecques ceste pièce ; et en l'un et l'autre jeu rapporter victoire de son opinion, contre un homme qui n'esloit point mis au rang des petits joueurs (C. B., Mélanges, p. 365). » — Montaigne, contemporain à'Estienne Pasquier , n'eut pas recueilli celte anecdote , car il avait une si grande aversion pour le jeu des échecs qu'il le traite de niais et puérile jeu. « Je le hay et fuy , dit-il , de ce qu'il a n'est pas assez jeu , et qu'il nous esbat trop sérieusement, ayant honte « d'y fournir l'attention qui suffirait à quelque bonne chose.... » Essais, livre I, chapit. 50. Voyez les Publication* de 1608 {Pliilosophie royale).
1697. — Œuvres de Clément Marot. A Lyon, pour Jean Gauthier. 1597. In-16. Caract. italiq. — Edition citée par Lenglet du Fresnoy , et
(I) Savoir la marche est chose très unie ; Jouer le jeu c'est le fruit du génie.
J. B. Rousseau , Epitre à Marot.
On lit , tome 3 , p. 386 des Variétés de Sablier :A« Vida, Espagnol, dans son poème « des Echecs, dit que Jupiter ayant débauché Scacchide, lui donna ce jeu pour la payer « de son p » Sablier s'est doublement trompe ; Vida n'était pas Espagnol , il naquit à Crémone, en Italie, et ce n'est vas Jupiter, mais bien Mercure, qui déflora Scacchis, et qui , pour réparer l'outrage fait à sa pudeur , lui apprit à jouer aux échecs.
par M. Brunei. — Voyez sur les différents séjours de Clément Marot à Lyon, les Remarques de Joly sur Bayle, p. 311; les Mélanges de M. Breghot du Lut, passim ; nos Documents, années 1529, 1536 et 1538 ; ci- après , les Publications de 1603 et 1604. — On a dit qu'après avoir faict dans notre ville abjuration des nouvelles erreurs, en 1536 , Marot, pour gage de sa pénitence, traduisit les Psaumes (1). Ce fait n'est peut-être pas très exact; ce n'est que plusieurs années après son abjuration et en 1540 qu'il publia une version en' rimes d'une partie des Psaumes, version qui fut complétée par Théodore de Beze , et qui fut adoptée par les Protestants, lesquels l'avaient fait mettre en musique par Claude Goudimel (2) , un des meilleurs compositeurs du xvie siècle.
1597. — Les Œuvres et meslanges poétiques d'Etienne Jodelle , sieur du Lymodin : reveùes et corrigées en ceste dernière édition. Lyon , Benoist Rigaud, 1597. Petit in-12. Citai Soleinne, suppl. du tome I , n° 108.
1597. — Le Quatriestne livre de Prima leon de Grèce.... A Lyon, par les Héritiers de Benoist Rigaud. M. D. XCV11. In-16 (B. de Lyon, 18696). Brcnet, III, 386.
1597. — Les Salmonées du sieur Guillaume Reboul. Le premier contre les ministres de Nismes. Le second contre les ministres du Languedoc. À Lyon, par Jacques Roussin. 1597. In-12 (B. de Lyon, 6863). Bruxet , IV, 52. — En tête du volume sont des vers grecs et latins , à la louange de l'auteur. — Le privilège du roi est daté de Lyon , le 24 septembre 1595. — La même année , Reboul publia chez le même libraire : Du Schisme des prétendus reformez, in-12. — Il est auteur de plusieurs autres ouvrages dans lesquels les calvinistes ne sont pas épargnés. Voyez les Publications de 1604, art. Plaidoyer, et celles de 1615 , le Nouveau Panurge.
1597. — Le Théâtre de la nature universelle de Jean Bodin traduict du latin, par M. François de Fougerolles.... A Lyon, par Jean Pillehotte. 1596. In-8. Dédicace à M. A 'r tus Prunier , seigneur de S. André , etc., président du parlement de Grenoble , datée de Lyon , le 1er octobre 1597. — Cet ouvrage., dans lequel Bodin avance plusieurs choses qui pourraient faire croire qu'il était un vrai naturaliste, c'est-àdire qu'il n'admettait d'autre religion que la naturelle, eut peu de succès; il n'en est pas de même de sa République qui eut un grand nombre d'éditions, parmi lesquelles on en cite deux de Lyon , l'une de 1579 , in-fol., l'autre de 1593 , in-8. Voyez Niceron , tome XVII, et ci-desdessus, année 1543.
(i) Voyez les biographes de Marot et VHist. delà tilt, franc., par/). IS'isard, 1, 225.
■ 2) Voyez son article dans la Biographie lyonnaise , et ajoutez aux sources qui y sont indiquées, la Biographie des Musiciens, par M. Fétis; Yllist. de Calvin, par M. Audi», II, U7 ; le Manuel de M. Brune/, 11, 433 et 640. Voyez aussi les Opuscules poétiques d'Enoc (Lyon , 1372 , petit in-3) , où l'on trouve des vers à la louange de Goudimel , et une Ode mise par lui en musique.
1597. — Traicté de la Liturgie de la saine te Messe , selon l'usage et forme des Apostres et de leur disciple sainct Denys , Aposlre des François : Par Gilb. Genebrard, Archevesque d'Aix... Troisiesme édition. A Lyon, par lean Pillehotle. 1597. In-8 (B. de Lyon , 1537). — Voyez ci-dessus au 9 novembre ! 589 , et l'article Bulliocd (Pierre) , dans le Dict. de Moréri , où on lit qne si Génébrard est réellement venu à Lyon , en 1589, c'est à tort qu'on l'a qualifié à cette époque d'Archevêque d'Aix , car il ne fut nommé à cet archevêché qu'en 1592, et n'en prit possession qne le 9 septembre 1593.
1598. — Janvier 5. Le Pape Clément y III , par un bref adressé à l'archevêque de Lyon, déclare nul le mariage d'Anne d'Urfé , marquis de Bagé , avec Diane de ChasleawMorant, Voici le texte de cette pièce que nous donnons d'après une copie qui se trouve dans un recueil manuscrit de la B. de Lyon (n° 1264) :
« Clemens episcopus, servus servorum Dei , venerabili fratri archiepiscopo sive dilecto filio ofliciali lugdunensi salutem et apostolicam benedictionem suam.Nobis dilecla in Christo filia Diana Dechasteau-Morant, mulier lugdunensis diocesis, petilione monstravit quod ipsa vix nubilis annos, nata tertium decimum videlicet, vel circa, suaî œtalis annum agens, ab ejus parentibus nuptui tradita fuit dilecto filio Anne Dur/é Bagiacensi marchioni , cum quo per plures annos cohabitavit et nihilne ab codem ob impotentiam et frigiditatem ipsius Anne nunquam carnaliler cognita fuit : quare cum natura prolis procreandaî penitus incapacem illum noverit et stantibus praemissis , matrimonium cum diclo Anna, contractum nullum existât cupit illius nullitatem judicialiter declarari facere et matrimonium cum alio viro contrahere. Cum autem , sicut dicta pelitio subjungebat, ordinarii locorum illarum partium similes causas absque rescripto apostolico cognoscere récusent , pro parte dictœ Dianœ nobis fuit humiliter supplicatum ut ei in pra?missis opportuné providere de benignitate apostolicà dignaremur : nos igitur statum et mérita causae et causarum hujusmodi presentibus pro expressis habentes ipsamque Dianam a quibusvis exconimunicationis , suspensionis et interdicti aliisque ecclesiasticis sententiis , censuris et pœnis a jure vel ab homine quavis occasione vel causa latis siquibus , quomodolibet innodata existit ad effectuai presentium duntaxat consequendum harum série absol ventes et absolutam fore censentes omnibus supplicationibus ejus moti fraternitati tu«e, frater archiepiseope , se discrelioni tuœ, fili officialis, per apostolicà scripta mandamus quatenus vocatis dicto Annœ ac aliis qui fuerint evocandi omneset siugulas quasipsa Diana super nullitatematrimonii cum dicto Anna contracti et concessione licentiae cum alio viro contrahendi rebusque aliis in causse et causarum hujusmodi latiusdeducendis contradictum^nn^m omnesque aliossuain praemissis interesse putantes, habet et monet habere quœ et monere vult et in tendit causas cum omnibus suis incidentibus, dependenlibus, annexis et connexis, et summarie, simpliciter et de piano auctoritate nostra audias , cognoscas flnesque debitae termines ac décidas : nos enim tibi
dict um Annam omnesque alios quos opus fuerit cilandi, eisque ac quibus inhibendum erit, et sub censuris et pœnis inhibendis ac inhibitioni hujusmodî dûd parentes, censuras et pœnas praedictas iucurrisse servala forma Goncilii Tridentini declarandi, aggravaudi, reaggravandi et interdiccndi auxiliuuique brachii secularis invocandi cœ te raque in prœmissis et circa ea necessaria et opportuna faciendi , exercendi et exequendi plenam et liberam apostolica auctoritate tenore presenlium concedimus facultatem , non obstantibus prœmissis ac constitutionibus et ordinationibus apostolicis ceterisque conlrariis quibuscumque. Datum Romœ apud sanctum Petrum , anno incarnalionis dominiez millesimo , quingentesimo nonagesimo octavo nonarum Januarii pontiûcatus nostri anno septimo. (signaverunt) E. Helenis , P. Balbns , Jo. Cininus, A. Murandus, M. Bergeretus. » Voyez ci-après, année 1607 , ad calcem.
1598 — Mars.... Un des plus célèbres imprimeurs et des plus savants hellénistes de son siècle , Henri Estienne , né à Paris en 1528 , meurt à Lyon dans le courant de ce mois (1) ; mais il n'est rien moins que certain , comme on Ta si souvent dit, qu'il ait misérablement fini ses jours dans l'Hôtel-Dieu de cette ville (2); toutefois il est présumable qu'il a été inhumé dans le cimetière de cet hospice , où il y avait un local spécialement destiné à ceux qui mouraient dans le sein de l'église prétendue réformée (3). «.... A l'occasion de son enterre- « meut, dit l'abbé Pernetti , il fut établi que le convoi funèbre des « Protestans seroit escorté par un détachement du guet , précaution « devenue nécessaire pour les préserver des insultes de la populace... Lyonnais dignes de mémoire , I , 305.)» Pernetti avait-il vu cette ordonnance qui émana probablement de la Sénéchaussée de Lyon ? quant à nous, nous l'avons inutilement cherchée dans les archives de l'Hôtel de Ville et dans celles de l'Hôtel-Dieu.— On lit dans le Borboniana (tome 2, p. 298 des Mémoires de Bruys), qu'Henri Estienne «.. sortit de Genève « et vint demeurer à Lyon où il gagnait sa vie à corriger en l'impri- « merie de Cardon (4) , qui lui donnoit tous les ans 600 écus qu'il
(1) .... Jneunte Martio vilae.... finem dédit. F. A. de Tnou, Hist., CXX , ad cale, — On lit page XXIX du Catal. Filheul, qu' Estienne mourut dans l'Hôpital de Lyon , le 15 janvier 1598. Il est à croire que cette indication se trouvait sur la garde de l'exemplaire de l'Apologie pour Hérodote, inscrit sous le n° 1741 de ce Catalogue.
(2) Voyez son article dans la Biographie lyonnaise , et ajoutez aux sources qui y sont indiquées: G. Konig., Biblioth. vêtus; Toli.ius, de In félicitât e Litterator., p. 87; Chevillier, Hist. de l'imprimerie, p. 262 ; Nouvelles archives du Rhône, I , 85-86 ; Journal des savants, 1841 , p. 146; Bulletin de Bibliophile, 1841, p. 656; F. Z. Coilombet , Historiens lyonnais, I, 107.
(3) Horace Cardon , Lucquois de naissance , mourut à Lyon en 1641. Il laissa une grande fortune, et fut le bienfaiteur de l'hospice de la Charité. Voyez son article dans la Biographie lyonnaise.
(4) La belle-fille du poète Young, Eliza Temple , plus connue sous le nom de iVarcissa, decédée à Lyon le 8 octobre 1736, a été inhumée dans le cimetière de notre Hôtel-Dieu , où furent culerrés, jusqu'en 1790, les protestants étrangers qui mouraient à Lyon. On y voit encore sa pierre funéraire. Semblables aux anciens Crélois qui prétendaient avoir dans leur ile le tombeau de Jupiter . les habitants de Montpellier sou-
« raénageoit si mal qu'ils ne sursoient jamais. Enfin , il est mort pauvre Tan 1598....» Comme on le voit , Nicolas-Bourbon Le Jeune , né en 1574 et mort en 1644, par conséquent contemporain d'Estienne, ne dit#point qu'il mourut à l'hôpital (1), et, puisqu'il y a eu du scandale à son enterrement, il est à croire que ce scandale a eu lieu dans le trajet du convoi funèbre parti de la maison mortuaire pour se rendre au cimetière de l'Hôtel-Dicu. Au reste, et à supposer qu'il ait fini ses jours dans cet hôpital , car il est avéré que depuis assez longtemps il était malade et souffrant, il dut y trouver, malgré le culte qu'il professait, tous les soins et tous les secours que, de tout temps , on y a prodigués aux étrangers qui venaient y chercher un asile. Ouvrez toutes les descriptions de Lyon à cette époque, et vous y verrez l'éloge de cet hospice et des personnes notables préposées à son administration (2). — l a Bibliothèque de la ville de Lyon possède un volume qui a appartenu à Henri Estienne, et qui faisait sans doute partie de ceux qu'il avait à l'époque de sa mort , car il est chargé de notes marginales écrites de sa main ; c'est le Denys d'Halicar nasse de Robert Estienne , Paris, 1546-7, in-folio, relié avec le Dion Cassius du même imprimeur et avec YJppien de Charles Estienne (voyez Colonia, Jiist. litt., II, 760). Gomment ce volume est-il parvenu aux Jésuites? Une investigation dans les minutes des notaires de Lyon , en 1598 , pourrait peut-être nous l'apprendre. L'auteur de T Apologie pour Hérodote (3) n'était pas l'ami des Jésuites, mais quand mourut Estienne, ils éiaien^exilés. Bien d'autres manuscrits durent se trouver dans l'hoirie de ce savant. Charles Nodier voulait que le Moyen de parvenir fût une de ses œuvres posthumes. Voyez ce que nous avons dit à ce sujet, Publications de 1593 et de 1596.
1598. — Avril 27. Entrée 'solennelle de Madame de la Guiche , femme du gouverneur de Lyon. Arch. du Rh., xu, 176 ; A. P., Gou-
iennent que la belle fillr! du charttre des Nuits fut ensépulturée dans uno grotte de leur •rdin botanique. Ils reconnaîtront leur méprise ou leur imposture s'ils daignent consulter les Archives du Rhône, t. XII, p. 336 et suiv.; les Nouveaux mélanges de M. Brcghot du Lut, p. 363; un article de M. de Tcrrebassc , inséré dans la Revue de Paris , 1830, reproduit avec des additions dans Lyon vu deFourvière, p. 471.
(1) Les auteurs du Moréri disent qu'Esticnnc mourut à Lyon dans un hôpital , ayant perdu son bien et son esprit. M. Peignot, dans son Dict. des livres condamnés , dit qu'il mourut dans un état approchant de C imbécillité. Je ne sais si ceux qui ont dit cela pour la première fois , ont cite quelques faits a l'appui de cette assertion. M. Renouard , dans son Histoire de l'Imprimerie des Estienne , s'est bien gardé de répéter cette fable. t (2) Voyez VItinerarium de Jodocus Sincerus, masque de Just et non Jean Zinzerling ; 'Ulysses de Golnitz, etc. — Un jurisconsulte de Bourges, Nicolas Catherinot , nous a laissé ce beau témoignage sur notre Hôtel -Dieu dans le 6« livre de ses Epigrammata :
(3ï Voyez ci-dessus Publications de 1592, et ci-après celles de 1398 [Pindari Olympia, etc.).
verneurs de Lyon , p. 14 (où cette entrée a été mise par erreur au 26). Voyez aux Publications de cette année, V Accueil, etc.
1598. — Jvril 28. «... Fut bruslé, en la Grenelle, les banz et ploz avec les marques d'un qui vouloit marquer les cuirs , et y eut -un tumulte du peuple , et en fut prins des prisonniers de ceulx qui se inesloyent de Testât du cuir, comme cordonniers et autres dudit estât. » — Au moys de may suivant, il y eut une autre grande division à cause de ladite marque des cuirs, en la douane, au port Sl-Eloy et rue de Flandres , et furent lesdites marques , ploz et livres qu'ils tenoyent en leur bureau , jetiez en Saône avec grand danger des personnes de ceux qui marquoyent et se mesloyent des cuirs, et, à cet effet , fut prins prisonniers des cordonniers et maroquiniers dudit estât des cuirs. » Jrch. du Rh., XII, 176.
1598. — Jvril 30. Déclaration du roi pour l'enregistrement des articles secrets de Yédit de Nantes. — L'article 27 de cette déclaration est ainsi conçu : « Sera permis à ceux de ladite religion (prétendue réformée), de quelque qualité qu'ils soyent, d'habiter, aller et venir librement en la ville de Lyon et autres villes et places du gouvernement de Lyonnais , nonobstant toutes défenses faites au contraire par les syndics et eschevins de ladite ville de Lyon , et confirmées par S. M. » On ne trouve pas l'enregistrement de celte déclaration dans les registres des parlements. Voyez le Recueil d'isambert, XV, 204 , et ci-aprés, octobre 1685.
1598. — Mai 30. Le Consulat écrit au Roi :
« Sire , vos prédécesseurs Roys bien advertiz que les afflictions de maladie contagieuse quasi communes en plusieurs villes de vostre royaume, fout des désolations extresmes en ceste-cy : et que , quand il plaisait à Dieu l'en visiter , les principaux babitans d'icelle et mesme les officiers de judicature et autres avoient accoustumè s'en retirer incontinent , comme il est advenu en l'année 1564 , qu'il y mourut plus de 60 mille personnes , pour n'y être demeuré aucun de qualité pour y tenir la police. Gela auroit été cause que leurs Majestés , considérant l'importance de ceste frontière qui seroit pour demeurer du tout abandonnée , y survenant pareille occasion , auroient accordé à ce corps de ville , entr'autres choses , qu'ils y pussent, en tels événements , députer et contraindre les magistrats de la justice et autres , et bourgeois d'icelle, de vacquer à l'intendance du fait de la santé publique, quand il en seroit besoin; octroyant de leurs grâces à ceux desdits officiers, que leurs offices seront conférés aux héritiers de ceux qui decederoient audit temps dedans ceste ville. Ce qui a esté de tel fruit que encores que despuis ladite concession, il ne s'y est passé peu d'années que nous n'ayons eu quelque ressentiment de ladite maladie ; toutefois l'expérience a fait connoistre que le remède , moyennant la grâce de Dieu , y a plus rapporté que tout autre que l'on eut su imaginer. — En ceste charge , sire, le sieur de Torvéon , lieutenant criminel en ce siège, a été d'autant plus souvent appelé , que les effets du bon devoir qu'il y a mis , ont
toujours été très utiles, et même eu la présente année que le mal ayant été apporté de Savoie et s'étant coulé en plusieurs maisons , avant que Ton s'en fust apperçu , le meilleurs secours que l'on avoit mis en avant, fut de remettre ledit sieur de Torvéon en ladite charge, en laquelle il a tellement travaillé que nous tenons pour assuré qu'il y a pris une grosse maladie , de laquelle il est présentement détenu. Sire, son père qui, estant derunedesprincipalesctdes plus anciennes familles de cette ville , tenoit le même office de lieutenant général criminel , avoit eu cet honneur d'avoir heureusement commandé ici comme lieutenant gênerai au gouvernement , et tout ainsi que ses mérites l'avoient appelé à Tune et l'autre charge , aussi s'en seroit-il si dignement acquitté, qu'il délaissa, par son décès , beaucoup plus de réputation à sa mémoire que de biens à ses héritiers. Plusieurs des premiers seigneurs de vostre Couseil qui ont connu cesluy-cy son flls , parmi les grandes affaires qui se sont succédées despuis qu'il a succédé audit office , peuvent tesmoigner à Vostre Majesté qu'il en a fait de mesme. Nous la supplions donc très humblement qu'il lui plaise avoir égard à ce tesmoignage que le public est obligé vous rendre des mérites d'un personnage si digne : et ce faisant , au cas qu'il vienne à décéder de ceste maladie en laquelle il est tombé en ce temps de contagion et vacquaut en la charge de député d'icelle , vostre bon plaisir soit de conserver ledit office de lieutenantgénéral criminel à deux petits enfants qu'il a , avec la pension qu'il avoit plu à Vostre Majesté de lui continuer. Quoy faisant , Sire , le deuil que ceste ville et province porteroit justement de la perte du père, seroit adouci de l'espérance que l'on auroitque lesdits enfants , favorisés de vostre grâce, pourront parvenir à quelque rang pour y exercer, au bien de vostre service et de nous tous, la vertu héréditaire de leurs pères, qui jà se manifeste en eux. Nous prions Dieu, Sire, etc. » S.
1598» — Mai 31. Henri IV écrit à M. de la Guiclœ , gouverneur de Lyon , pour lui annoncer que la paix a été conclue le deux de ce mois, à rervins , entre la France, 1 Espagne et la Savoie , et pour qu'il ait à la faire publier à son de trompe, le 7 juin, dans l'étendue de son gouvernement. Mém. de la Ligue, édit. in-4 , t. VI.
1598. — Juin 2. Séance consulaire, — Sur les remonstranecs des sieurs recteurs de Vhospital du pont du Morne de ceste ville , concernant le refus qui est faict par les sieurs recteurs de l'aulmosne générale de recepvoir les enfans nourris audit bospilal estans en aage de se pouvoir habiller, a esté ordonné que , au premier jour du Consulat , lesdits recteurs de l'aulmosne générale seront mandez et priez pour estre sur ce ordonné, et y estre pourveu ainsy que de raisou.
— Sur ce que lesdits recteurs de Phospital ont aussy remonstré que Monsieur Parchevesque , quoyque soit Monsieur l'ofïicial ordinaire , veult entreprendre jurisdiction sur eulx contre ce qui est des coustumes ordinaires de toute ancienneté et contre la bulle du pape Sixte Ml , qui a prohibé audit seigneur archevesque et à l'ordinaire d'y rien en- Ireprendre , et mesmes ces jours passez , a ledit officiai donné certaine
sentence , par laquelle il leur enjoinct de recepvoir une ehambrîcre qu'ilz avoient chassée pour les vices dont ilz ne Favoient jamais' pu chasticr, et, à faultc de la recepvoir, menasse de faire fulminer des excommunications contre eux, a esté arresté que le sieur prevost des marchands , accompagné du sieur de Muzino , au partir de ceste assemblée , s'en iront trouver ledit sieur officiai pour en Iraicter avec luy , et, ce faict, y pourveoir selon l'exigence du cas, pour eropescher que les privilèges de ceste ville soient enfrainetz et [obvier à plus grand
scandalle. A. C.
1598. — Juin 6 ou 16. Mort de Claude de Torvàon, lieutenant criminel en la sénéchaussée d> Lyon , ûls de Nèry de Torvéon , lieutenant du roi au gouvernement de Lyon , et de Catherine de Chapponay. — Il avait épousé en premières noces, le 28 août 1677 , Eléonore Puyver , morte en décembre suiv., et en secondes noces, le Ier février 1578 , Marie Neyret, de la paroisse de S. Pierre-les-Nonnains. — - Il fut inhumé dans l'église des £jfesfc>w(l). Rcbys, p. 454; J. Morin, V, 338. Voyez ci dessus au 29 mai 1594.
1598. — Juin 16. On lit dans les actes du Synode national , tenu à Saumur par les Protestants , article XV : « A la requête de M. Turquet , « député de l'église de Lyon , on écrira à ladite église pour l'exhorter « à rétablir quelque ordre pour sa conduite, et sunout un Consistoire.» AYMON , Synodes nat., H , n , 208. — Quel est ce Turquet ? est-ce Louis ou son fils Théodore? Voyez ci-dessus Publications de 1591. — Nous ferons remarquer que Rabelais comptait au nombre de ses bons amis , un de ses contemporains Jean Turquet, auquel on attribue un Epigrammc signé Nature quite , qu'on lit en tête du 5e livre de Pantagruel. Ce Jean Turquet , sur lequel on peut encore consulter les commentateurs de Rabelais, èdit. de Dalibon (t. Vif , p. 213) , était probablement de la même famille qu'Etienne Turquet qui , dans un acte consulaire du 17 mai 1536 (copie de C. B., t. Vil , p. 493) , est qualifié de premier inventeur et auteur, en cette ville (de Lyon) , des métiers de draps de soie. Voyez nos Documents , au mois d'octobre 1536.
1598. — a Le samedy 20e juing , aunomduPere, du Fils et du S. Esprit, fut publié en ceste ville, par tous les carrefours , la paix générale , dicte Paix de Vcrvins , entre le roy de France et le roi à'Espaigne , et le duc de Savoye, avec grande solemnité, et le dimenche suivant fut faict feu de joye au milieu de la Saône , au devant Te logis de M. de la Guiche , gouverneur , estant sur deux bateaux, ayant esté basti une tour à quatre eslages, avec un pourtraict de femme armée, tenant une espèe au poing et plusieurs dragons à l'environ ; et fut mis le feu sur le soir , environ huict heures et demy , et les pièces tirées avec grande resjouissance du peuple; et continuèrent lesdits feux de joye
(1) Furent aussi inhumés dans cette église , l*abbo de Toroéot , grand obéancter de S. Just, qui avait harangué Henri IV, au nom du clergé de Lyon , eu 1593 , et CaMcri;:e de Chapponay , morte en février 1600.
long-temps de penonage en penonage. » Arch. du Rh.,\\\ , 176. — « La machine du feu d'artifice (tiré le dimanche) représentait la fameuse lour de Babel , bâtie par la Rébellion , la Guerre , l'Injustice , la Fureur , la Trahison , etc., qui y estoient représentées , de l'invention de Pierre Matthieu. Le gouverneur, M. de Vie , intendant de justice , le prevost des marchands et les eschevinsimirent le feu à ce bûcher. » Menbstrier , Ehge hist. \\oyez aussi le tome XXV du Recueil vert de laB deLyon,n°k25201.
1598. — « Le... Juillet , despartit M. de Bothéon (Guillaume de Gadagne), seneschal en ceste ville, pour aller trouver le duc de Savoye à Chambénf , pour jurer la paixfd'cntre les princes catholiques. » Ârch. d&JlA.fXIf, 177.
1598. — « Le 6 aoust, jourjde la Transfiguration Noslre Seigneur, tomba la fouldre^dujciel sur l'église des Carmes , et tua au clochicr un des religieux nommé le Brigan , fils d'un chirurgien de ceste ville , sur lequel I on ne cogneut point de blessures en son corps, sinon qu'il luy avoit esté emporté un peu de 6es souliers, au dedans , vers la cheville; laquelle fouldre entra Mudit clochicr dans ladite église par le dessus d'une vitre , où/estoit figurée l'image Noslre-Dame , sans rompre ladite vitre. » Arch. du\Rh., XH, 176.
1598. — Septembre 6. Madame de Vie éloit logée dans la rue de la Juiverie, où avoient paru quelques accidents de contagion. Le voisinage l'allarme ; elle désire de loger dans un lieu plus aéré et plus éloigné. Le Consulat lui propose plusieurs localités; elle n'en voit pas de plus convenable que la maison du sieur Pavie, bourgeois de Lyon , située place de Bellecour. Le Consulat en écrit à ce propriétaire , qui estoit alors à S. Symphorien-le-Chastel , et l'engage, pour faire plaisir à cette dame , et en même temps à la ville » lui permettre d'occuper dans sa maison deux ou trois petites chambres où elle puisse se retirer avec Messieurs ses enfans et ses demoiselles. — M. de Fie, mandé par le Roy t étoit à la Cour. S. Voyez ci-aprés au 3 1 octobre.
1598. — Septembre 7. Mort, à Paris, de Pierre Bullioud , procureur du Roi au siège présidial de Lyon , fonctions dont il s'était démis depuis peu de temps. — Il avait été député , comme premier échevin , par le Consolât auprès d'Henri IV, qui faisait alors le siège d'Amiens ; à son retour , il fut atteint, à Paris, d'une maladie violente , qui , eu sept jours, le conduisit au tombeau. — Il s'était distingué dans les barricades de 1589, et avait, pour renforcer son penonage de la rue Tramassac , fait venir des renforts du Plâtre et de Sl-Vincent. Il parait qu'il ne quitta pas Lyon pendant la Ligue (voyez ci-dessus au 9 novembre \ ^89). Il eut , de son mariage avec Marie Guilberl, plusieurs enfants ; l'un d'eux , Pierre, deuxième ou troisième du nom, né le 27 janvier 1588, est auteur d'un Lugdunum sacro-prophanum , resté inédit.
1598. — Septembre.... Henri IV accorde à Pierre Matthieu un privilège pour l'impression de ses ouvrages. — Ce prince lui avoit or-
donné des l'an 1596 d'écrire son histoire (1); plus lard, il le nomma son historiographe. Matthieu prit celte qualité , pour la première fois , dans l'épitre dédicatoire de son Histoire de France , imprimée en 1606. Niceron , XXVI , 232.
1598. — Octobre 31. Lettre d'Henri //'au Consulat :
« De par le Roy. Très chers et bien amez , nous renvoyons par de'à le sieur de Hc, pour y continuer sa charge d'intendant de nostre justice. Et parce que nous avons grande créance en sa suffisance et dévotion à nostre service, vous ne sçauriez faire chose qui nous soit plus agréable que de vous gouverner et conduire par son conseil et advis en toutes les affaires et occurrences qui vous pourront cy-après survenir, estans bien asseurez qu'il ne vous conseillera rien qui ne soit pour vostre bien et advancement de noslrcdit service; et d'aultant qu'il est amplement iuformé de nostre intention sur toutes choses , et qu'il vous la scaura bien représenter de bouche, nous ne vous ferons point, pour ceste heure, plus long propos. Donné à Monceaulx, le dernier jour d'octobre 1598. Signé Henry; plus bas Forget. » S.
1598. — t Décembre 28. Claude de Salemard de Ressis est reçu chanoine de l'église jde Lyon (2). — Il était fils de Geoffroy de Salemard , écuyer , seigneur de Ressis , et de Magdelaine de Fondras. S.
1598. Nicolas Lippius, habile mécanicien, natif de Bàle , construit la fameuse horloge qu'on voit encore dans l'église de S. Jean. Cocbard, Description de Lyon, p. 245 ; Biogr. lyonn., 'p. 171. Voyez ci-dessus , année 1558.
1598. — Les Religieuses de Sainte^Claire s'établissent à Lyon. Rubts, p. 459; Mm. de Lyon de 1755 , p. 48; Arch. du Rh., IX , 161 ; Biogr. lyonn., art. Langes (Louise de).
1598. — Publications : V Accueil de Madame de la GuicheàLyon, le lundy vingt-sepliesme d'avril M. D. XCVIII (Lyon , Jacques Roussin , 1598). In-8 de 54 pages et un f. non chiffré. — Cette relation est de Pierre Matthieu. Voyez le Catal. de M. de Soleinnc , t. V, n° 138.
1598. — Cl. Claudiani Opéra. Lugduni , Ant. Gryph. 1698. In-12. — Gaullien avait déjà été imprimé à Lyon, en 1535 et en 1548 , par . Séb. Gryphe ; en 1551 , par les frères Bering; en 1561 , par les héritiers deSéb. Gryphe; en 1589, par Antoine Gryphe. Voyez les Publications de 1606 et de 1615.
(I ) Un jour que Matthieu lisoit au roi quelques passages de cette histoire où H partait de son penchant pour les femmes : « A quoi bon , lui dit ce prince , de révéler mes « faiblesses ! » L'historien lui fit sentir que cette leçon n'était pas moins utile à son fils que celle de ses belles actions. Le roi réfléchit, et après un moment de silence : « Oui, « dit-il, il faut dire la vérité tout entière. Si on se taîsoit sur mes fautes, on ne croi- « roit pas le reste : eh bien, écrivez-les donc, alfin que je les évite. » Encyclopédiana de 171H , p. 339.
(2) Cette même année, fut aussi reçu chanoine de l'église de Lyon Jacques de Rebé. Voyez d'Aubaîs , Pièces fugit., t 111. 1 ,• ;
1598. — Les deux plus grandes , plus célèbres et mémorables rcsjouissances de la ville de Lyon. La première pour l'entrée du très-grand, trèschrestien , tres-victorieux prince Henry III! ; Roy de Frrance etde Navarre (à Lyon, le 4 septembre 1595) : la seconde pour l'heureuse publication de la paix. Avec le cours et la suite des guerres entre les deux maisons de France et d'Auslriche (Par Pierre Matthieu) A Lyon , par Thibaud Ancehn. M. D. XCVIII. ïn-4 (B. de Lyon , 24710, t. IX).
— Au verso de ce litre est un permis d'imprimer, sans signature, avec la date du 1er juin 1598. La relation de l'entrée est la même que celle qu'avait imprimée Pierre Michel , en 1595. Il paraît que cette première édition fut tirée à si grand nombre , qu'il en restait encore assez d'exemplaires pour que Thibaud Jncelin , afin de s'en défaire , usât de supercherie , en l'accolant à un nouvel ouvrage de P. Matthieu , lequel a son titre et sa pagination particulière :
Les Causes , le cours et les effects de guerre entre les deux maisons de Fiance et d'Autriche , despuis l'an M. D. XY jusques au traicté de paix de Vervins , M. D. XCVIII. Avec les feux de joye pour la publication. A Lyon , par Thibaud Jncelin. M. D. XCVIII. In-4 de 80 pages. Voyez le Catal. de M. deSoleinne , t. V, n° 136.
1598. — Discours de la vérité des causes et effets des décadences , etc.» des monarchies y empires, etc.; par Claude Duret. Seconde édition (titre rafraîchi). Lyon, Jlérit. de Benoist Rigaud (1). 1578. In-8 (B. de Besançon, Hist., 1047). Voyez les Publications de 1595.
1598. — Discours véritable des cruautés qui se sont exercées par le s Loups , près de la ville de Bar-sur-Aube. Lyon , 1598. In-8 (Catal. Méon, p. 410). . . " •
1598. — La Guide des arts et sciences et Promptuaire de tous livres tant composez que traduicts en françois. A Paris , par François Jaquin, In-12. — L'auteur de ce livre est Philibert Mareschal , sieur de la Roche, prêtre, lequel a mis sa signature au bas de ce quatrain dédicatoire , adressé à Mgr Forget , conseiller du roy en ses conseils.... et président au Parlement de Paris :
Monsieur , lorsque faisiez reluire la justice
Et teniez les Grands Jour» , sont deux ans , à Lyon ,
Ce livre se dressoit, lequel d'affection
Vous offre celui qui est à vostre service.
La Guide est une espèce de bibliothèque française très abrégée , mais qui, étant postérieure de 14 ans à celles de la Croix du Maine et de du Verdier, peut fournir un certain nombre d'articles omis par ces deux écrivains. Elle est divisée par ordre de matières , grammaire, rhéto-
(1 ) Benoist Rigaud , imprimeur-libraire, exerçait sa profession depuis 1336; il vivait encore en 1597. On lit son nom sur le titre d'un graod nombre d'ouvrages cités dans le Manuel de M. Bruriet. Nous présumons que Simon Rigaud , libraire a Lyon , de 1602 à 1634, était son fils. ■ • ■ . •
rique, dialectique, mathématique, philosophie et ses divisions comprenant théologie, poésie, art militaire, écriture, peinture, etc., histoire , mélanges* Sous chaque matière , l'auteur rapporte les noms des auteurs par ordre alphabétique. Mais le grand défaut de cette nomenclature est que l'on n'y trouve ni la date, ni le lieu, ni le format, omission dont se justifie l'auteur, en disant que ces livres chacun jour se rimprimenl. Il parait avoir abrégé le plus souvent la Croix du Maine et du Verdier. Extrait d'une note.de Mercier de Saint-Léger.
1598. — Isocratis Paraenesis , hoc est Prœeepla de Officiis , etc. Haec omnia graece eu m latina interpret. (ffieronymi IVoifiï), etc. Lugduni , apud Jacobum Roussin. 1598. In-16. — Ce petit volume a été réimprimé dans le même format , à Genève , en 1638 , sumplibits Joannis de Tournes , Reip. et Academiae Genevensis Typographi (B. de Lyon, 16191).
1598. — - Deorbis Caloplrici seu mapparum mundi principiis, descriptione acusu libri très... Editio secunda. Ad illustrissimum reverendissimumque D. D. Alexandrum Rupifucaldium» Àulhore primum. Deinde recognitore Jacobo Severtio, Belli-Jocensi , sacrae theologiae doçtore parisiensi. Parisiis, apud Ambras. Drouart. 1598. In-fol. — Les pièces liminaires et les huit premières pages du texte manquent dans l'exemplaire de ce livre que nous avons sous les yeux , et qui appartient à la B. de Lyon. Lalande l'a compris dans la Biblioth. aslronomiq., sans rien dire ni de l'ouvrage ni de l'auteur. — Secert , dans son livre , a consacré plusieurs pages à la ville deBeaujeu (1) et à ses sires. On n'y trouve rien de remarquable sur Lyon ySevert dit seulement que cette ville fut appellée Lugdunum à lugubri colle. Il n'est pas le premier qui ait donné cette étymologie qui ne vaut pas mieux que toutes celles qui ont été proposées jusqu'à ce jour. Voyez ci-dessus au 10 novembre 1 595 , et au l7fltT/7 1597.
1598. — Pedacii Dioseoridis Anazarbaei opéra quae extant omnia. Ex nova inierpretatione Jani Antonii Saraceni Lugunaei, Medici. Sumtibus haeredum Andreœ Wecheli , Claudii Marnii et Joan. Aubrii. 1598» Cum S. Caesareae Majeslalis Privilegio (dato Viennae die 25 mensis Maii , anno 1582). — Dédicace de l'auteur à Henri IV, roi de France et de Navarre , datée du 1er mars 1 598 , et signée Jan-Antonius Saracenus Lugdunensis (2). — J. A. Sarrasin avait déjà publié un traité de
(1) Suivant XAlm. de Lyon de 1760, p. 175 du Dictionnaire, Jacques Severt naquit h Severl, fief en Forez. Ou a de lui un assez graud nombre d'ouvrages d'histoire et de théologie. Il était théologal de l'église de Lyon, chanoine et doyen de l'église de Beaujeu , où il est mort après 1628. M. l'abbé Sudau dite , dans ses Extraits des archives de la ville do Lyon, u»aclc do U janvier 1603 , où figure un Laurent Severt, natif do Beaujeu , marchand canebassier à Lyon.
(2) Théodore de Beze> à l'occasion de cette publication, adressa à Sarrasin une pièce de vers qu'on trouvera dans les Delitiae poetar. gallor. de Grutcr, t. III , p. 645 , et qui se termine ainsi : , ... .
Vive igilur, Saracene , diu , longumqao superstes , ' fi Exsurgftt donec soboles te digne parente ,
Qua tu egeas nunquara, sis cuuclis utilis artc.
la poste, de Peste commentarius, Genève (I), 1571, réimprimé à Lyon en 167*2 et en 1689. — Sarrasin était protestant; un poète Genevois , Pierre Enoc, lui a adressé des vers que Ton trouvera dans ses Opuscules poétiques, Genève, 1572, petit in-8. — On lit dans le Dictionnaire d'Eloy, t. IH , p. 401 , que Nostradamus eut en 1547 , pendant qu'il était à Lyon , quelques contestations avec Jean-Antoine Sarazin , un des médecins les plus accrédités de cette ville. M. Eugène Barreste , dans sou Nostradamus publié en 1840, est entré à cette occasion dans quelques détails qui nous paraissent peu dignes de foi (voyez nos Documents , au 4 mai 1555). — Le centuriateur de Salon connut à Lyon , en 1547 , un médecin qu'il appelle PhiU Sarracenus; voici ce qu'il en dit dans son Excellent et très util opuscule à tous nécessaire de plusieurs exquises receptes , etc. Lyon, Benoist Riqaud, 1572, petit in-8 (2) , p. 203 :
«.... La non pareille cité de Lyon esloit ny a gueres pourveue d'un ff personnaige d'incomparable scavoir qui est Phil. Sarracenus , qui « des miens premiers principes moy ja aagé Pavois instigué , que j'ay « ouy dire qu'il s'est retiré à Yillb^Franche : Mi. non invideo : mais il a me semble que veu sa doctrine , qu'il ne devoit aller la , car leur
« règne ne sera gueres durable » Que voulait dire Nostradamus
par ces derniers mots? entendait-il parler des protestants? nous le présumons , et nous avons quelques raisons de croire que par Ville- Francbe, il a voulu designer Genève, où Philibert Sarrasin s'étoit retiré, en 1551 , avec sa fille Louise et son fils Jean-Antoine, Obscur dans ses vers, Nostradamus l'est aussi quelquefois dans sa prose. S'il a eu quelques démêlés à Lyon , en 1547 , avec un médecin du nom de Sarrasin, il est à croire que ce n'est pas avec Jean-Antoine , qui devait être alors bien jeune. Celui-ci fut l'ami de Théodore de Beze qui lui a adressé une pièce en vers latins , à l'occasion de son édition de Dioscorides (f. 357 de ses Poemata varia , 1597 , in-4, sans nom de ville). Jean Antoine fut aussi le correspondant d'isaac Casaubon (voyez ses Epistolae , Hagae-Comitis, 1638). Le médecin ordinaire de Calvin se nommait Sarrazin; c'était probablement Philibert , pére de Jean-Antoine (voyez VHist. de Calvin, par M. Audin , t. If, p. 452). Nous ajouterons que Philibert Sarrazin prononça V Oraison doctorale à Lyon, en 1643 , et que son petit fils, qui avoit aussi pour prénom Philibert , publia en 1623 des Epilres médicinales , citées par le P. de Colonia,i. II. p. 799 de son Hist. VU.
Déjà Bezc lui avait adressé des vers lorsqu'il donna son édition de Platon. Même recueil, même page.
(1) Ce traité est précédé d'une épilrc dédicatoire de l'auteur & son père , datée du 1er novembre 1971.
(2) A la page 203 dj ce traité , Nostradamus parle d'un fabricant de sirop rosat , nommé Rèné Hespillierverd, qui existoit à Lyon du temps qu'il y éioft,« l'an 1547 de peste, « qui estoit un personnaige qui en (test estât faisoit un homme de bien ..» Un des plus curieux chapitres de ce même traité contient uac recette pour composer au vray le Poridumamatoriivn adVeterem, duquel usoyent les anciens. On. peut y ajouter ce que l'auteur dit sur le même sujet à la p. 31 de son livre.
1698. — Pindari Olympia, Pylhia, Nemea , Jsthmia. Cacterorum octo Lyricorum carmiaa , Alcaei, Sapphus, Stesicori, Ibyci, Anacreontis, Bacchylidis, Simonidis, Alcraanis, noonulla eliani aliorum. Editio IIII. Graecolatina H. Stcphani, recognitione quorumdam interpretationis locorum et accessionis lyricorum carminum locupletata. Lugduni, apud Joan. Pillehotte, sub sigoo Domine Jesu. M. D. XCVIII. ln-16 de 584 pages, plus un feuillet sur le reclo duquel on lit : Lugduni , ex typographia Joanms Hanard, alias Jàmet , anno salulis 1689. B. de Lyon, n° 16429. — Cette édition omise dans le Lexicon bibliogr. d'Hoffmann , n'a pas échappé à Schweigher. Rien n'annonce que le titre en soit rafraîchi , et il pourrait bien y avoir une faule d'impression dans le millésime qui est à la fin du volume , où , par erreur, l'ouvrier aura mis 1689 au Heu de 1698. C'est une de ces transpositions qui ne sont pas sans exemples. Quoi qu'il en soit, l'édition de Pillehotte est probablement la 4e du Pindare d'Estienne, et si c'est en 1698 qu'elle a été exécutée , il serait très possible qu'elle eût été revue par lui dans l'espace de temps qui s'est écoulé entre son retour à Lyon et sa mort (voyez ci-dessus mars...). — Le dernier traducteur de Pindare est un helléniste lyonnais , M. Peyrault Maynand, qui a publié sa version avec le texte en regard et des notes. Le premier volume édité en 1837, contient les Olympiques , le deuxième, en 1843 , les Pythiques ei\es Isthmiques. Le dernier qui est sous presse, terminera cet important ouvrage.
1698. — Bemonstrance sur Vinlerdiction ou défense faicte de ne hanter les tavernes : Avecq' l'instruction de ceux qui tiennent taverne : Déclarée et descripte en vers françois. A Lyon , par lean Dinet. M. D. XVIII. In-8 de 16 p. (B. de Lyon, 25201 , t. XXV). — L'auteur anonyme de cette satire a bien voulu
mettre par escripturc Une excellente et belle pourtraicture , Quefeit jadis A pelles peintre insigne. ... . . . . Or dooeques un Vergier» Il ayoit peinct délectable à merveilles, Fort bien orné de barres et de treilles , D'arbres plaisants et herbes sentant bon.
11 y avoit
Chaires et bancs f sièges fort délectables
Pour s'y asseoir , et de bien belles tables ;
Abondamment de viandes parées
Pour maintenir les vies bien-heurées ;
De tous ceux-là qui se y asseoyent ,
Et avec joyc ensemble y banrquetoicnt.
Sobriété leur hostesse s'appelle ,
Laquelle avoit servantes selon elle ,
Servants à table avec joyeuse face ,
En diligence et avec grande grâce : 1
Réjouissance une d'eux s'appeloit ,
Et Modestie aussi l'autre on nommoit ;
Plus l'autre aussi de nnyfve heauté , On l'appeloit ma dame Uonnesteté.
Une autre femme , environ le milieu.
Qui président hautement en ce lieu , Estant vestue ainsi qu'une déesse.
Car elle estoit Reync en lhostellcrie , Ayant sur teste une couronne insigne .
De beaux bourgeons qui sortent de la vigne ,
Autour de soy ayant des Damoysellcs, Mesmcs beaucoup de femmes et ancclles Qui dés godels et grands tasses tenoyent.
L'une avoil nom Folie par droicturc , L'autre Insensée , et l'autre aussi Luxure.
Une autre aussi avoit nom Oubli ance ; ............ *
Seurriliti (t) y csloit mesmement .
Plaisanterie aussi pareillement, Avec Brocard , leur frère, ce moqueur.
Accompagné de la Noiset leur sœur.
Ces quelques vers suffiront pour donner une idée de cette Allégorie (2) , où lautçur décrit, eotr'autres maladies que la débauche engendre , la GoulU 9
Laquelle estoit d'une forme hydeusc , Car elle avoit les membres relirez , Les joints aussi fort gros et empirez : Aux mains et doigts de gros nœuds endurcis , . ' ' Tant ils estoyent croches et mal unis.
Hydropisie ayant couleur de plomb , Qui tourmentnil beaucoup et rudement, .
Faisoit enfler le ventre tellement " Qu'un tambourin
Après avoir achevé la description du tableau d'Àpelles qui n'est pas sans quelques rapports avec celui de Cébés, l'auteur engage ses lecteurs à vivre saintement , et à ne pas hanter les tavernes; c'est aussi le conseil que donnait le philosophe de Ferney , quand il a dit :
O mes amis! vivons en bons chrétiens....
(!) L'Académie n'apascru devoir accorder à ce mol ledroît de bourgeoisie; cependant on le trouve dans plusieurs de nos principaux lexiques. Chapelain n'avait pas craint de l'employer , lorsque , dnn.s sa Liste de quelques gens de lettres , il a dit eu parlant de Molière : « Sa morale est bonne , et il n'a qu'à se garder de la scurrilité (voyez ses Mélanges, p. 192). Notis le rencontrons dans le PI 'marque de Tallomant : a Cicérou tombe quelquefois dans la bouffonnerie et la scurrilité. » Nous pourrions citer encore plusieurs écrivains modernes , et notamment M. de Maistre qui s'en est servi dans son premier livre du Pope, chap. IV.
(2) Il est à remarquer" que Jeun-Baptiste Rousseau a aussi adopté le ver» de dix syllabesdansse^W^,*. H F r
1598. — Les Six livres de Mario Equicola d' Alveto , de la Natur$ dyAmour, tant humain que divin , etc., mis en françois , par G. Chappuis. Lyon, J. Vexjml , 1598. In-12. — Catalogue Perrichon, 1791 , n°940 (1). Voyez ci-après, Publications de 1009 (V Image de la Constance..»). . .
1598. — C.Sollii Sidonu àpollinaris Arvernorum episcopi Opéra, Ex veteribus libris aucta et emendata. Ad reverendiss. et amplissimum virum Guitardum Rataeum^ Monspeliensem, etc. Lugduni , apud Joannem Pillehotte. M. D. XCVÏIT. ïn-8 de 28 pages non chiffrées , pour le litre et les pièces liminaires, de 352 pages pour le texte , et de 156 p. pour les notes de Pierre Colvius et de Jean de Wouweren , suivies de 4 pages non chiffrées, contenant Terra ta et l'extrait du privilège du roi, daté de Paris, le 17 février 1598, et octroyé à Amlyroise Drouart qui Ta transmis à Pillehotte. — II existe un autre tirage de cette édition avec ce titre :
C. Sollii Sidoxii Apollisarr Arvernorum episcopi Opéra, ex veteribus libris aucta et emendata : notisque Pétri Colvii feurgensis illustrata. Lugduni, apud Joannem Pillehotte. M. D. XCVttî. ln-8 de 16 pages pour les pièces liminaires , de 352 pages pour le texte , et de 155 pages pour les notes. Nous ne saurions décider auquel de ces deux tirages il faut accorder la priorité. Voyez ci-dessus ta& Publications de 1£52.
tÔ98. — Souspirs spirituels...., par Claude Lebrun, avocat Beanjolois. A Lyon , par Jacques tioussin. M. D. XCVIIÏ. In-Î2. — Dédicace au duc de Montpensier souverain de Douées, suivie de six pièces de vers à la louange de l'auteur , qui publia , la môme année , chez le même libraire et dans le même formai :
1° De la Vraxje repentance du Chrestien (2). — Dédicace à M. Masuyer, conseiller et thresorier gênerai du duc de Montpensier , suivie de trois pièces de vers à la louange de l'auteur.
2° L'Enthousiasme , ou Ravissement de rame par l'oraison. — Dédicace à M. Brularl de Sillerr/ , conseiller du roy, etc. (3), suivies do trois pièces de vers à la louange de l'auteur.
(1) L'abbé Dominique Perriehon, chanoine ehamarrier de S>. fmil , * Lyon possédât unoCorl Mie bibliothèque , Uont le catalogue fut imprimé par «/. B. Delamoliitm , I.yon , 17.91, in-&- Mercier de Saint Léger, dan», ses uotes inédites, cite plusiaurs livres très rares qu'il avait vus chez cet amateur, et notamment un certain nombre d'édi tiens du XV" siècle. François Br#l . libraire à l«yen place du Collège , qui acheta , en 1702, cette bibliothèque , moyennant 21,000 livres, mourut sous la hacho révolutionnaire , le 13 décembre 1793, avec M. Baroud du Soleil et pluaieui» outres fcyonnais. Dans son arrêt de mort, François Bret est qualifié de bouquiniste; il était né | Çrenoble, en 174;>. Voyez le Moniteur de ta librairie du iOjuin 1.813.
(2) Voici le début de cet ouvrage : « Le souverain Monarque de l'univers . après avoir empcrlé le lambris de la voûte cclcstc d'un nombre infinUe. lumières, brillantes... rempli l*air des divers escadrons volants des oyscaux , les eau* tant, douces que satèes. , d'exaims, de poissons escaillez, etc.
(3) On lit dans celte dédicace : «... Comme je recogneu, lorsqu'il vous nleust m'honorer de tant, passant par nostre Villefranche, de recevoir, d'un œil plus favorable qnô je ne meritols , les inepties que je fis rouler sous la presse , Fanncc 94, sur VOracU ah Prothés ou les Trophées de Sa Majesté, pour recognoissanec, etc. » Voycs ci-dessus aux PuMiaation* de 1594 , Œuvres ds Jean Godard.
3' Le Jhuriraict de Henry JF ', roy de France cl de Navarre. Cet opuscule est précédé de six pièces de vers à l'éloge de Lebrun. On a encore de lni :
1° La Harangue prononcée au Sene de Sainct Luc à Lyon, le mercredy xix Octobre 1583. A Lyon (s. n. d'imprimeur). 1583. ln-8 de 22 pag. — Dédicace à Pierre de Pinac , archevesqué et comte de Lyon , etc., datée de Lyon , ce 19 d'octobre 1583, et signée de la Rochettk.
Ce ne fut pas Lebrun qui prononça celte harangue, mais ce fut M.Laurancin, obéancier de «S» Jusl, et officiai de l'archevêque de Lyon. Elle commence par une phrase semblable à celle qu'on lit au début de ta Fraye repen tance du Chrestien.
2° Discours sur la conversion du sieur Cholet , jurisconsulte lyonnois , à la religion catholique, etc. À Lyon, chez Pierre Rigaud. 1614. In-8 de 38 pages.
3* Les Pracès civil et criminel, contenant la méthodique liaison du droict et de la pracliqne, elc. A Lyon, chez Pierre Rigaud, 1618, in-4 (1). — Dédicace h M. du Sattiey , sieur de Farennes, avocat en parlement, datée de Villefranclie, le 1er janvier 1618 , et dans laquelle se trouvent ces vers :
Vous donner des caerils. c'est proprement porter Des eaux dans l'Océan » des feux à Jupiter , Des flesches à l'Amour, des palmes- à la Gloire.
Parmi les pièces de vers à la louange de l'auteur » il y en a uue de Jean Godard» A la suite de cette dédicace est le portrait de Lebrun, dans la légende duquel on lit : Jelalis anna 57. 161/.
Le premier livre dw Procès civil est dédié à M. Seve, lieutenantgênerai en la senesebaussee de Lyon. Les autres livres sont loua dédiés à diverses nqtabilités.
1598. — P. Statii Papinii Opéra qnaê1 extant , Jo. Bernartius ad libres réfères recensuit et scholiis lllustravft. Lugduni , apud Joan* Pïrtehotle. 1598. hr-12de 455 et 189 pages (B. de Lyon, 16838).
1598. — De Turcarum moribus Epitome. Barlholomaeo Georgievitz Peregrina auctore. Emidebat Joannes Torneshts. 1598, In-16. fig. dans le texte» — L'épllre dédicatoire de l'auteur D. fnnocentio de Monlex S. E. R. Diacono Cardînali > etc., est datée de Rome , Idibus septen> bris 1552. Cest probablement en celle année que parut la première édition de l'opuscule de Georyiewitz , qui fut réimprimé à Paris Tannée suivante (1553 , în-16). 11 est à présumer que l'édition de 15&8, n'est pas la seule qui ait été imprimée h Lvon , et que l'auteur , à son
(l) Celle édition doit être la seconde. Jo présume que la première a dû paraître eu 1616 ou 1617; car le privilège du Roi est daté du il août 1617. Cet ouvrage a élé réimprimé h Hyon, en 1628 ef en Î6I3. J.c portrait de U Brun sa trouve aussi dans ce*, deux dernière* édîlion*.
retour en Franco , séjourna en cette ville ; c'est ce qu'il nous apprend dans la pièce suivante qu'on lit à la fin du volume : ' , ' '
Lugdunnm postquam veni pepegrinus ob tirbc , . /
Aperto miles suscipit hospitio, Qui lacerum , squalidumquc vidcns mcque ahsquc décore
Compluin , sit facto cogilat eequid opus. Exuor extemplo trita, data commoda restis ,
Ut ruine in vulgns comptior ii*c queam. ». » "i * ■ *,
Nec ego judiciuni metuo lima m que periti fu.-. • «*
Ingcnii , livor soins obesse polcst:
Quarc aj;c, qualis sim sincera pcrlcgc mente :
Suftieiet , sacris si placeam ipse viris
1599. — Janvier 9. Mort de Pierre d'Epinuc , archevêque de Lyon, chancelier de Mayenne sous la Ligue , etc., nè au château d'Epinac en Forez, le 10 mai 1540. Il avait succédé à Antoine d'Albon , en 1574 , et fut remplacé par Albert de Bellièvre (1). Il avait été aussi abbé (VAinay ; mais il paraît que , pendant la Ligue , son bénéfice passa sur la léte de Michel Chevalier qui y fut maintenu par arrêt ; c'est ce que nous apprend une note qu'on lit en marge de sa notice dans la Chronique inédite de la 1res ancienne abbaye royale cTJisnay, par Jean Marie de la Mure , dont la Bibliothèque de la ville de Lyon possède une copie écrite en 1735 , environ 50 ans après la mort de l'auteur. Delandine, qui a donné une analyse de ce manuscrit ( n° 1335 de son Catalogue) , dit que Lamure a extrait une grande partie de ses remarques , 1° d'un Missel imprimé à la fin du xv° siècle , et qui est devenu très rflre ; 2° d'un Cartular're manuscrit très précieux par son antiquité, souvent cité par nos anciens historiens , et qui probablement n'existe plus;... Nous sommes heureux d'apprendre à ceux de nos lecteurs qui peuvent l'ignorer, que ce Cartulaire existe dans le très précieux cabinet de M. le Conseiller Cosle. Quant au Missel , celui de l'abbaye d*Ainay n'a pas été imprimé à la fin du xv° siècle ; il l'a été pour la première fois, en 1531 (1532, nouveau style;; en voici le, titre et la souscription :
Incliti anobij Alhanatensisin diecsi Lugd. ordinis diui benedkti missale nuq (nunquam) anlea impssum... . — Expensis.... Ballhasardi de Thuerdi nobili sanguine clari priorisque clauslralis incliti monaslerij Athanalen. emillere ad laudem dei optimi salutifereque virginis ac diuorum archimonachorum Benedkti ac Martini : neenon sanctorum omnium. Si quid décorum in prefalo missali cernant : illi sit gloria cuius perfecla sunt opéra : atque opris imperfectiones non nouit : si vero quidpiam erratum compertu fuerit : prime impressioi dada est venia. Innullo si quidem peccare potius estdiuinitalisquainhumanitatis. » * , i •
(1) Voyez sur Pierre dlipinar , sa notice par A. P. dans la Biographie universelle , et ajoutez aux sourers qui y sont indiquées ; C. dk Rubys , îlist. de f.yon , p. 114 ; Si YEn-r, Vhmn'J. p. 3; C Labittk, Prédicateurs de la Ligue, pas.ùtn.
Dormitasse quadoquc diclus est homerus. Impressus m dicto monasterio alhnnalen, Anno dni M. gcccg. xxxi. vi idus aprilis. Laus Deo. In-fol. golh. à 2 col. de 24 f. non chiffrés, suivis de ccxviijet de Iviijf.— LcP. de Cohnia, Histoire littéraire, 11,426, a mis avec raison ce livre au nombre des bijoux de la Bibliothèque des Jésuites de Lyon , l'exécution typographique est fort belle, et le volume est orné d'un assez grand nombre dé' vignettes. Il y a une grande conformité entre les caractères de ce Missel et ceux du Missel à l'usage de l'église de Lyon, imprimé par Phrre le Hongre, en 1500.
1595. — Février 1 1. Séance consulaire, a Sur la requeste de César Carnet, natif de ceste ville , disant qu'il est chargé de femme et trois petits enfans , et que le feu roy {Henri ///) , pour aucunement luy donner moyen de vivre et le récompenser de la perte d'un œil que Sa Majesté , jouant au pallemail , luy auroit frappé , l'auroit pourveu , soubz Je Consulat, en la charge de commis aux chaisnes d'Esnay, de laquelle Il auroit paisiblement jouy jusques à la Saincl Matthias 1589, qu'aullre auroit esté mis en sa place , depuis lequel temps et la réduction de ceste ville à l'obéissance du Roy , le suppliant se seroît plaint au Consulat et présenté requesle à ce qu'il fust restably en sa chargé ou en telle autre qui seroil jugée propre, sur laquelle requeste auroit esté ordonné que la première place vacante d'aulcuns desdils commis lui estoit des lors defferée , et estant adverly le suppliant de la desmission de Benoisl Michon , commis à la porle de Vehe, a requis lesdils eschevins de l'en pourveoir. — « Attendu qu'il a desja eslé pourveu d'aultre commis à ladite porle de Pierre-Size , au lieu et place dudit Michon, a esté ordonné que , advenant vacation de quelque charge dont ledit Carnet soit cappable, il en sera pourveu. Signé Thomé. » A. M., Corrcsp., t. 1S. >f . . f
1599. — Février 17. &0ssat écrit de Rome à M. de Fillerog : n «... Le 8 de ce mois , me furent présentées des letlres de nomination à l'abbaye de Yhle~Barbe , de l'ordre de S. Renoisi , par la résignation de Parchevesque de Lyon , en faveur de Jean Huguet , prêtre du diocèse de Lyon, et estoient lesdiles lettres datées du dernier novembre 1598 , et contresignées Forget ; mais , de bonne fortune , j'avois esté, deux jours auparavant, averti de la mort dudit archevêque , qui fut cause que je refusai d'y mettre Yexpediatur , combien que j'en fusse fort pressé , à cause qu'on a voit retenu une date de ladite abbaye, du mois de décembre ; mais on n'avoil envoyé les lettres de nomination, sinon quand on vit ledit archevesque mort. Ainsi j'ay conservé la nomination de ladite abbaye au Roy, qui la donnera par la mort à qui il luy plaira.... » — Les bulles néanmoins , dit le Laboureur, ne laissèrent pas d'être expédiées à la requête du baron de Lux (neveu de d'Epinae) , qui èloit le maîlre de l'abbaye; mais il ne voulut jamais permettre que Jean Huguet en prît possession; il finit pourtant par s'en défaire , et elle fut donnée à Pierre de Chaslillun , fils de Jérôme , mort président en la sénéchaussée de Lyon. Mimira, I, 6ô. Voyez ci-après au 5 juin 1609.
U99. — Mars 27. Lettre de M. de Bellièvre au Consulat : ...
« Messieurs, je reçois à beaucoup d'honneur et de faveur que le choys qu'il a pieu au Roy de fere de mon ûtz , le nommant au Pape pour archevêque de Lyon, vous soit si agréable, comme, par vos lettre*, il vous plaist de me le tesmoigner. Je scay comme dès longtemps vous avez aymè les miens, et moy en particulier, qui aussy, pour tout ce qui a despendu de moy , je me suis fort franchement et frdellement employé, comme aussy ont fatel mes prédécesseurs » à tout ce. que j'ay sceu concerner le bien et conservation de voz afleres. Je scay que mon ûlz qui a , comme on m'escrit de Rome , obtenu la confirmation de noslre Saincl Pere , persiste en la mesme volonté en laquelle je l'ày nourry, et les conseils que jeluydonneray tendront lotisjoursà se comporter en sorte, en l'administra lion de sa charge, comme le devoir d'un vray pere et pasteur l'oblige de fere, oultre ce que Vamityc dont ît vous plaist de l'asseurer, l'affectionnera, et moy avecques lui, à la prospérité de voz afleres. Sur ce , me recommandant bien humblement et de tout cœur à voz bonnes grâces, je prie Dieu de vous donner , Messieurs, longue et contente vie. C'est de Lyon, le 27e jour de mars 1599. Votre bien humble et affectionné serviteur. Relue-
VRb. * S.
1599. ~ Mai.... M. de la Guiche députe Pierre Matthieu aux étals du Daupkhié\ pour demander, au nom des marchands de Lyon, la suppression de la douane de Vienne (1). — Matthieu a inséré le Discours qu'il prononça à cette occasion , dans le tome 1er de son Hi$tK d* Henry III I , fol. 167 et suiv. de l'édition de 1605, in-4. Voici quel? ques unes des notes que l'auteur a mises en marge des pages qui contiennent ce discours :
« Lyon se ruine sans commerce. — Qui doute que la ville de Lyon n'ait esté enrichie et embellie par le commerce des estrangers „ qu'il se souvienne qu'auparavant les principaux endrotets de. la ville n'estoient habitez ,. et que ta boucherie esloit à l'un des bouts du pout (de Saône) , et qu'il n'y avoit point de place à l'autre. — Tout le commerce des deux mers se peut communiquer à Lyon moyennant sept lieues de traverses , qu'il faut faire depuis Marcigny- les-Nonnains , qui est sur la loyre, jusques à Beavjeu (2) qui est sur la Saône. — Lyon sans commerce est un désert. — Le Rhùne et la Saône sont les veines qui portent le sang et la nourriture dans Lyon. — Lyon est l'œil des Gaules. » — Toute l'éloquence de Matthieu fut en pure perte , la douane de Vienne fut maintenue.
(1) La Douane de Vienne avait été établie par un des articles de la cafritnfation de celte rille. lors de sa réduction, le 24 avril 159». Voyez P Ma mise . toc ait. et tes NottvelUs arek. d* Rk.+ II. 6t.
(2) Beaxijeu n'est pas sur la Saùue; c'est BelletiUe. La tau te n'est pas de l'imprimeur, mais bien de Matthieu x ear it y a, non pas 7 lieues, mais au moins 10 fieuesde laSaôn* » la Loire. Quoiqu'il en soit, son vœu a été réalise*. Vers l'année tTOO.Rf. de Nogtt dê Varennes, nn des phw riches propriétaires dn canton de Bêanjeu , conçut et fit exéeuter le projet de la belle route qui , partant du port de PelleviUe iur la Sa4**, va finir au
1699. — Juillet 29. « Philippe Hurautl , comte de Chiverny , chancelier de France, étant mort, celui qui en porta la nouvelle à Henri IV, lui dit : Sire , M. le Chancelier est mort. — Non , répartit le roi , allez chez M. de Bellièvre et vous le trouverez là. » Notes du P, Meneslrier. — Les provisions de M. de Belliècre sont datées do 2 août. Voyez le Recueil d'Isambert , XX , 1 .
1599. — Joùl I. M. de Fie écrit à Joseph Juste de la Scala (vulgo Sealiger) :
« Monsieur, je m'asseure que M. Casaubon vous aura souvent tesmoigné mon absence de ceste ville par commandement du Roy , tantôt aux estats du Dauphiné , tantost en Felay et ailleurs, et me promets ausay que si , pour justes occasions , je ne vous ai escrit , comme je l'ay souvent désiré , que ledit sieur vous aura tousjours asseuré de mon service et rendu tesmoignage de me* occupations, nonobstant lesquelles voua n'eussiez laissé d'avoir de mes lettres si elles eussent peu accroistre votre contentement ou repos. Je vous supplie donc, Monsieur, une fois pour toutes, vous servir de moy en tout ce que vous m'estimerez propre , et si, sur ce subject , vous en désirez quelque preuve, 1 adressant à mon frère qui commande à Calais, il me la fera prompte ment tenir t et j'y.satisferay avec toute la diligence qu'il me sera possible. Le sieur Casaubon vous escrit sur son séjour et ouvrage , qui me gardera de vous en faire discours. Je continueray à vous remercier du portraict qu'il vous a pieu nfeovoyer, duquel je me revancheray avec usure s'il y a quelque chose de par deçà qui vous soit utile . ou agréable.. . Vostre bien humble et plus affectionné serviteur. De Vic. De Lyon, ce premier jour d'aoust 1699. » — Cette lettre est extraite des Epislres fmnçoises des personnages illustres et doctes, à Monsieur Joseph Juste de la Scala , mises en lumière par Jacques de Rêves; Harderwyck, 1624 , in-8. — En tète de ce recueil est une tettred'ifrnri/r, datée du camp devant Rouen, le 3 décembre IÛ91. Voyez ci* après au 8 février 1608 , et au 21 janvier 1609.
1599. — AoùX. 15. Mort de Louise Grolier , femme de Nicottrs de langes, inhumée dans l'église de S. George , avec cette inscription:
Aelernae memoriae Lodoicae Grolier malro. honorait*, lectis. pru- (tanlis. Pomini Nirolai de Langes nobilis. praesidis Lugdun. et Dombe* , etc. vxor caslis. fîdis. diledi*. quae posiqttam xxxxiii. ann. Mine vl. offens. cum vira vkr. in aet. fluxumorb. hydr. conflici. non
port dr Pouilly sur lu Loire, en traversant la chaîne des montagues du Beaujolais. Voyez la Notios mr le canton de Beaujeu, par MM. Coehard etd'Aigueperss» t. XI . p. 241 et suiv. des Archives du Rhône. — Je présume que AL Nagu de Varennes doit être le môme que Charles de lSragu de f'arennes . appelé le marquis de Nagu , lieutenant dans le régiment du Roi, infanterie, en 1750, petit fils de Joseph- Alexandre ds pfagu, marquis de Vurenues , sénéchal de Lyon, lieutenant-général des armées du roi, clc (Test peut être aussi le mémo que Clauds Charles Jostph dî Varennss. ex-marquis, A^é de 7i ans, condamné à mort par lu Commission révolutionnaire de Lyon, le 1er pluviôse an 3 (20 janvier t794). Voyez le Di^t. d>s la Noblesse de La Chcnayc Desbois , et le Diet, des Condamnés de Prudhomme.
tu
ta m obiit quant ahiil infœlicè aqbcuIù Id. P. de Lting. o. on, B. M. H. M. P. C'Âon&r) .quos idem thalamus, idem quoque lurnulus hujus fraqilù naturae reparqliomt judicii Uomim et aeternae vitaey die m ev pestantes cqmpUcïuttn\ Pixit ann. Lvm. wenses ... Oies.... obiit amw cio. xçix. xv Kal. Au(j. fB. de Lyon, t. III du recueil 19033) , Voyez ci-après au 6 avril 1608.
1599. .— Août 27. Déclaration du' roi sur l'exemption et affranchissement des tailles tant ordinaires qu'extraordinaires pour les biens que tiennent les habitants de Lyon au pays deLyonnois. — Imprimé , Lyon, Thib. Ancelin et Gw'ch. Jullieron , 1C00, in-8 (B. de Lyon, 23415 , t. 1).
1599. — - Joui.,,, Mort d'André Berod Amyot, custode de Sainte- Croix , célèbre par son dévouement pendant la peste de 1582. Pernelti lui a donhèpar erreur Je prénom d'Antoine (voyez ci-dessus au 22 septembre 1582). — 11 avait succédé, comme custode à André Berod Amyot , son onele / premier du nom , qui mourut en 1554 , après lui avoir résigné sa custoderie. Le Chapitre métropolitain avoit nommé pour le remplacer , Léonard Sarrasin, théologal de l'église de Lyon qui prit possesskm de la custoderie, sans quitter la théologale, « pouri« quoi il avoit obtenu dispense, étant deux bénéfices dans la même « église, sub eodem lecto; » mais André, s'élant pourvu en Cour de Rome , fit déclarer valable la résignation faite en sa faveur par son oncle , et fut reçu et mis en possession le 22 décembre 1554. — Léonard Sarrasin était encore à Lyon L'année suivante. C'est lui qui fit la préface du Missale juxtâ rilumsancte ecclesie Lugdunensis , publié par les héritiers de Jacques Junte, et imprimé par Corneille des Septgranges, in-fol. goth. L'abbé Sudan (Notes inédites sur le clergé de Lyon), nous apprend que « quelque temps- après rétablissement le service divin à Ste- Croix depuis l'occupation de Lyon par les Protestants, et l'évacuation de cette église dont ils avoient fait un Prêche , les paroissiens de Ste-Croix s'adressèrent au Chapitre, eten obtinrent qn'à l'avenir, on chanteroit, les dimanches et fêtes, la messe paroissiale à Sle-Croix, et qu'on y feroit les publications de mariage. Les custodes avoient allégué qu'il leur ètoit difficile de satisfaire à ce vœu, attendu les charges de leur service canonial; cependant cette ordonnance fut remplie et acceptée d'un commun accord. » — André Berod Amyot, par son testament du 24 décembre 169/, élut sa sépulture dans la Chapelle de la Trinité, à Ste- Croix, et institua pour héritier André Amyot , son neveu , avocat à Lyon. S.
1559* — Novembre 4. Françoise de Clcrmont Tonnerre , abbesse de S. Pierre, fille d'Antoine, onzième du nom , et de Jeanne ée'Faiïtàers , meurt après avoir gouverné son monastère pendàht près d*uri dèmi-
%ï\ ♦..*#!.. >v .1 . . \ .Si •• .»«•'.."* it I . -, .lit ,'«•;' '}••<, y.i tt ii,c,
\) Léonard Sarrasin étoîl (le la Société Je Navarre ; après avoir été professeur au Collège Le Moine , il fut élu, le 10 octobre 1555 , recteur de 1 Université- Voyez son art. dans la Biogr. hjomn, et ajoutez aux sources qui y sont indiquées: Menfstiuer , .Vo/ff inéd., année 15»* , et Lelong , Biblioth. de la Francs, ri. 8857.
siècle. Qo a consigné son épitapltc dans le Callia Chrisliana, IV, -288 . Elle avait succédé à Jeannette Touzèfe , et elle fut remplacée par Françoise <U Bea\ivilliqrs , nommée le 3 janvier 1600. — La rue. Qennont , ouverte, en 1582, pur un terrain qui. dépendait de l'abbaye $l-Pierrc \ doit spn UQniâcelteabljesse.
1599. — Décembre V*.. Gaspard de Fondras est reçu comte de Lyon. — Chrislophe .de Fondras , son frère, avait aussi été reçu comte en 155£. D'Aubais, t. HL — Six autres personnages du nom de Fondras l'ont été pareillement. —Cette môme année 1599, Claude de Damas le fut aussi.
.1599. — « Le samedy 4 décembre * sur les huit heures du soir, entra en ceste ville M< le. prince duc.de Savoye , par la. porte St-Sebas- Jien, et logea en larchevesehé , et le mardy septiesme jour dudit moys, i ledit seigneur duc de «SawyeTlesparlil de cesle ville pour aller treuver le roy de France à Paris, et s'en alla par la porte de Feyse , sur le midy. » Arch, du Rh., XII ,177. — L'Estoile dit que le prince de Savoie (Charles Emmanuel) partit de Lyon Je jeudy 9 décembre , après y avoir resté trois jours; il s'est .probablement trompé sur cette date. — Sclly nous apprend dans ses Mémoires (livre XI , t. II de l'édition de 1747) que le roi lui ordonna de ne rien oublier du côté des finances et de l'artillerie, pour faire faire à Lyon , au duc de Savoie, la réception ordinaire des souverains étrangers. « Je crois, dil-il , que ce ^rjnçe n'eut aucun sujet de se plaindre de moi , mais qu'il n'en fut pas de. même des Comtes de Saint-Jean qui lui refusèrent certains honneurs que les ducs de Savoie soutiennent qu'on doit leur rendre dans ce chapitre , comme comtes de Villars...... » — Ce fut par ordre du Roi ,
selon P. Matthieu (1) , que les chanoines de Lyon refusèrent au duc de Savoie la place de chanoine d'honneur dans leur cathédrale, qu'ils avoient accordée au duc son père; et cela par une raison très-naturelle, qui est que le comté de Hllars étoil sorti de la maison de Savoie depuis ce temps là. Celle cérémonie consistoit à présenter la chappe et l'au- , musse au duc de Savoie , à l'entrée du cloître , à lui donner rang dans l'église parmi les chanoines , etc.
1699. Décembre Lettre d'Henri IV à la reine Marguerite , sa
femme. :
« Ma seur , les délégués de nostre sainct pere pour juger de la nullité de nostre mariage , ayans enfin donné leur sentence (2) à nostre commung désir et contentement , je n'ay voulu diCTerer davantage à vous visiter sur telle occasion , tant pour vous en informer de ma part que pour yous renouveller les assurances de mon amitié. Partant j 'envoyé lesieur de Beaumon t exprès pour fairecesl office,auquel j'ay commandé
(1) Histoire d'Henri \V . 1,11, p. 32» de l'édition in-fol. Paris, 1631 Matthieu y donne de Jougs deuils. sur l'ciitréo à Lyon du duc ^ùSpyoic,
(2) Le nu riage d'Henri IV n vec arguerite de l'alois fut déclare nul par sentence des Couimissaircs du P^pe du 47 décembre i."00. Aride vèrif. les dates , I, 666.
Mode vous dire, ma saur, quj si Dieu a permis que le bien de nostre conjonction ait esté dissoubs , comme la justice divine Pa faict , autant pour nostre particulier repos que pour le bien public du royaume, je désire aussi que vous croies que je ne désire pas moingts vous chérir et aymer pour ce qui est advenu que je faisois devant. Au contraire, auray plus de soing de tout ce qui vous concerne que je n'avois, et vous feray cognoistre eu toutes les occasions que je ne veux plus estre doresnavant vostre frère simplement de nom, mais aussy d'effect , digne de la confiance que j'ay entendu par Berthier , et recognu par la lettre que vous aves escriple par luy que vous aves prinse de la sincérité de mon affection : aussy suis-je tres-satisfaicl de l'ingénuité et candeur de vostre lettre précédente , et espère que Dieu bénira le reste de nos jours d'une amitié fraternelle accompaignée d'une félicité publicquequi les rendra très heureux. Consolez vou^donc, je vous prie , maseur , en l'attente de l'une et l'autre sur l'assurance que je vous donne d'en contribuer de ma part ce que vous debves espérer en la puissance de vostre bon frerc Henry. »
Réponse de Marguerite.
« Monseigneur, vostre Majesté, a l'imitation des dieux, ne se contante de consoler les créatures des biens et faveurs , mais daigne encores les regarder et consoler en leur affliction. Cest honneur qui tesmoigne celluy de sa bien veillance est si grand qu'il ne peut estre çsgallê que de l'infinie volunté que j'ay vouée à son service. Et ne me falloit en ceste occasion moindre consolation , car bien qu'il soit aisé de se consoler de la perte de quelque bien de fortune que ce soit une pourtant qui a l'ame et la naissance telle que je l'ay , le seul respect du mérite d'un roy sy parfaicl et sy valeureux , en doit retrancher par la privation toute consolation. Et est marque de la générosité d'une belle «me d'en conserver un immortel regret , tel que seroit le mien , si fa félicité qu'il luy plaict me faire ressentir de l'assurance de sa bonne grâce ci protection , ne le bannissoit pour changer mes plaintes en louanges de- sa bonté et des grâces qu'il lui plaict me départir, de quoy vostre Maiesté n'honorera jamais personne qui la représente avec plus de révérence et de désir d'en mériter la continuation par treshumbles et tresfidelles services qui me rendent digne d'estre tenue de vostre Majesté vostre treshumblc et tresobeissante et affectionnée seur Marguerite. Manuscrits de la B. de Lyon , n° 1439.
1599. — Mort d'Antoine de VAubepin, grand custode de l'église de Lyon. — -I! était fils d'Edouard de VAubepin, écuyer, seigneur de Chigny et de Laye , ef de Jeanne de Dio (?) en Bourgogne. — Antoine du Colombier, chanoine de Lyon, étant mort en 1573 , le chapitre avait d'abord conféré ce canonicat hJeand'Iyny, neveu de M. de Mandelot , gouverneur de Lyon mais , au commencement de l'année suivante, il le donna à Antoine de r Aube pin qui fut reçu le 3 décembre 1574 , après qu'il eût fait le serment qu'on exigea de lui qu'il n'avoit jamais été régulier. — Le lo janvier suivant, Antoine de VAiôcpin fut pourvu par l'a rchevôque (Pierre d'Epinac) delà dignité de grand custode, et fut
aussitôt reçu par le Chapitre. — Le 20 décembre 157$ , par sentence de la sénéchaussée de Lyon , un sieur Pblaillon , acquéreur de maison/, jardin , vigne , etc., situés à Lyon , au territoire de Montagnieu , rue de Tire-Cul , à présent appelée de Tunes, près de la porte de la ville dite de Confort , fut condamné à payer au grand custode les lods de son acquisition au prorata des servis qu'il y perçevoit, et au couvent d'Ainay, suivant la proportion de i[7 et 1|29 desdits fonds. — En 1679, le Chapitre ordonna que le grand custode nommeroit, suivant les bulles et les règlements , huit prêtres et huit clercs pour le service de l'église de S. Etienne; qu'autrement on y pourvoi roi t. — Cette même année 1579, Antoine de lAubepin , en sa qualité de grand custode , forma demande pardevant le juge de Miribel contre Jntoine Aricste , frère sans doute du célèbre poète Lotis Aeioste (1) , trésorier du cardinal d'Est (2) , pour reconnoitre et payer les lods et servis de l'acquisition faite par ledit Ariosle d'un tenement de maison et terres situées aux côtes du village de Neyron en Bresse, prés Montluel, à lui vendu par Nicolas Durand , peintre. Le grand custode obtint , le 8 mai 1579 , une sentence contre ledit Arioste et le vicomte de Montluel, intervenant au procès, lesquels en appelèrent au juge des appelations qui confirma la sentence par jugement des 20 et 22 février 1582 , en suite duquel ledit vicomte se départit de la cause , mais dont fut appelé par ledit Arioste, qui auroit par arrêt du (1 mat 1584 , été dôclaré non recevante. Mais quand on voulut procéder à l'exécution , ledit Arioste se trouvant absent et retiré à Ferrare , il fut procédé suivant les formes usitées pour les absents. Jjinûn intervint une sentence en exécution qui fut rendue par le juge 4$H»W ;15 décembre 1584. — Ën 1595 , le Chaire de l'église ^t^bji.wj^ de louera des laïcs des portions
de sa majson/aUcndti qu'elle n'étoit destinée que pour son logement Wlui u> ses nottiinés, ~ Peu de temps avant sa mort, Aïrtotné de Vjéubtpin résigna sa Custodèrîe entré les mains de Pèvêque d'Aubin , administrateur d'à siège vacant, lequèl pourvut de cette dignité Charles de Bresseuil. qui avait été reçu chanoine le 25 juillet 1599 , ensuite de
la résignation dé Claude Cha'smes. S.
1599. — Publications : Jacobi Bassenlini Discursus astronomicus latinè versus per J. Tornaesium. Lugd. 4599, In-fol. — Edition citée dans la Bibliogr. aslronomiq. de Lalande, — Jacques Bassanlin, Ecossais, avait publié cet ouvrage en français pendant son séjour à Lyon , sous ce titre : Astronomique Discours,.,.. A Lyon, par lan de Tournes , 1557, in-fol. S. — La dédicace à Caiharine, royne de France, est datée de Lyon le premier octobre 1557. Deux ans auparavant, il avait publié en cette ville, sa Paraphrase de C Astrolabe. Alors résidait à Lyon un autre Ecossais, Florence. ff tison, plus cou nu sous le nom de Folusan, qui avait
(1) Le chantre de Roland n'a point eu de frère du nom d'Antoine. Le plus jeune do ses quatre frères , né eu 149§, se nommait Alexandre. Il est à présumer qu'Antoine était un des fils de Gatasso , second frère de Louis. —,
;2) Quel est ce cardinal d'Est? celui qui fui archevêque de Lyon . IHppolf/te d'Est , j lus connu sous le nom du cardinal de Ton arc , ne vivait plus eu 1570 ; il était mort à, R«>ve, en 1372, peu de temps après avoir passe à Lyon avec Tr.rqt-ato Tassu.
prononcé la harangue de la S. Thomas en 1661 , etJsur lequel nous avons donné (jueluués détails au 2 r décembre .1667 ,
1599. — Le contr'empiredcsscienées étiernvsléredesasnes, P.P. P.P.» avec un paysage pOetiC sur divers subjets- , été. Lyon1 Fïânçois Jubry 1599. In-16 (Calaî. de M. Vxoilel le Ùuc , p. — É'anteur s'ap' puyantdans sa préfacé sur cè que <Tânciénnément plusic^s venoferif « aux escollés a AtTièrics , qui du co m mencemori t cétéSenï' édqed ,' put? « de philosophes âe\<M(ïïùiil sophistes, et à la fin paf succession dé temps' « se trouvoient idiots , » s'attache à* prouver le néant et là va^iitè des? sciences et des arts. Cè paradoxe, tant de fofrs reproduit , lui foufrnif des vers assez piquants, et quelques rares morceaux qui ne manquent pas de gaîté ni de verve; mais c'est les acheter urt pétr cher que de les chercher parmi cinq ou six mille vers ehvironv V. L. D.'
1599. — Loca infesta, hoc. est, De infestis ob moteslantes daemoniorum et defunclorum hominum spiritus, lacis, Liber uous.... Authore Pctro Thyraeo Novesiens. Soctetatis Jesu D. theologo , etc. Lugduni , apud Joann. Pillehotte. M. D. XCIX. In-8. Pierre Thyraeus, jésuite , naquit à Nuits en 1532, et mourut à IVirlzboutg , le 3 décembre 1601. 11 a beaucoup écrit sur les superstitions, les possessions , les apparitions , etc. Dom Calmet et l'abbé Lenglet du Frèsnoy se sont aidés de ses écrits pour traiter les .mêmes sujets. 11 a Un article dans les Mémoires de PaqUot , ti XVII , dans Moréri et dans Feller ; mais il a été omis dans la Biogr. uriiv; Voyez ci-aprés, année 1603. , ; ;; . «, t , \
■-'.''t fV •. • * < ' ' , . , . , • • .. . , 'iiii l'> <lllli lllil 1 ' . f ' 1
1599. — rlfÇs premières OBuvres poè'lùjuès àu capitatyie 1 Laspkrùè (Jîarc de Papillon) , revéues et augmentées par l'autejii\ A* Çaesar du Bourbon, duc (fè Fendo-me , gouverneur des nays dé Bretaigne él dé Lyon nois. Paris , Jean, ÙcsscUn ,v 1599 , (ftoCJÊT^ '^I 356;
Viollet lk Duc , Calai., p. 319). — César dè. Fendôniê . fi\s naturel5 de Henri IV ci de Gabrielle dEslréës. . ri fi en juin loSfa , àvtrit alors1 S kns. Voyez, ci-dessus au 15 septembre \Ml>.
1595. — Les OEuvrcsdc M. François Rabelais, docteur en médecine, A Lyon, par Jean Martin. i599. Trois part, en 1 vol. in-1'2. (Bulletin du Bibliophile, 1843 , n° 845). — Voyez les Publications de 1B00. — M. Peifjnot, dans son Dict. des livres condamnés, dit, ét bien certainement on l'avait déjà dit, que le roman de Babelàis avait été censure par la Sorbonne et condamné par le Parlement ; si Cela était , nous avons quelques raisons de croire que les nombreuses réimpressions des OEuvres du curé de Meudon auraient été saisies. Si Rabelais â été censuré et coudamné , c'est par les Jésuites. Dêùx d'entr*éux , le P. Garasse et le P. Théophile Raynaud, lui ont fait une rude guerre, et chose digne de remarque , c'est que le P. Garasse a formellement déclaré qu'il ne l'avait jamais lu (1). Nous ferons aussi observer que ces deux Jésuites ont eu quelques uns de leurs ouvragés mis à l'index et censurés par la Sorbonne.
1) Voyez Og:f.r , Vemure d ■ • la Itoctrï/ie citi ieiise, p. 32.
1-599. — Ordonnances contenant le rtigkmeni provisionnel (» pour la' police de la ville- de Lyon et faukebourgs ficelle , faictau bureau esta^ bly eiv ladite ville par les commissaires à ee commis et députez suivant
l'etftet de Sa Majesté. A Lyon , par Pillehotle. 1599. In-4 L'édition
originale , imprimée par Michel Jove , en 157.1, in-4 r est précédée d'oMe dédicace de Philibert Bugnyon » à M. de Chàlillon , président ès c<*W$ de (a senesebaucée , siège presidial et parlement de Dombes , datée de Lyon, la vigile de Pasques, le 21 de mars 1573. Ces ordonnances qui n'ont pas moins de 68 pages coh tiennent des documents fort curieux sur le prix des denrées, des gages, des journées, des transports, ele*} elles furent arrêtées par six commissaires dont voici les noms; le président de Chàlillon, G. Grolier, F. Grolier , César Gros , Anihoine Scarron H Laurent Bonei.
Î5#9. — Les PeSchertes".... par Otristophe de Gatnon, Lyon , Thib JhCélin. 1599. ïn-12. — Onvraçc écrit en vers.
1599. — Le Stil ordinaire de la senesc haussée et siège presidial de Lyon. Recueilli par M. André Verney , procureur és cours dudit Lyon; A Lyon , pur Thib. Jncelin. M. D. XCIX. Petit in-8. — Dédicace de l'auteur à Benoist Blanchcl, seigneur de» la Chambre , docteur ès droits, et lieulenant-gcneral au pays de Robannois , datée de Lyon, le jour des roys 1699. — Il y a plusieurs réimpressions de ce traité de procédure,; celle de Lyon , Simon Rigaudon été revue et augmentée par Claude des Verneys Taynè , procureur aux cours de Lyon.
1599» ~- Thèaphrasti Noiatioms mprunu Jsaacus Casauuojus recen suit y in Isrtinum serupionenv YQrlit et jibro commentario illustravit. EéUtiOélleta recogpnta , et aliquot capjlibus auela ex Mss. Cum ind ice triplici.i.. iLugduni j apud AntonijW'tfe Harsy (Éxcudebat Guicftardus Jullieron). Iâ99. In-8 (B, du Lyon.), — ; Dédicace de Casaubon à Nicolas Brulard de Sillmj , datée de février, 1592^ et suivie d'une préface par Pierre Matthieu. La. première édition de ce livre avec la version et les notes de Casaubon avait été publiée à Lyon , chez François te Preux, en 1592. Ën 1612, la veuve d'Antoine de Harsy en donna une nouvelle édition où ne se retrouve pas la prélace de P. Mullhien , qui méritait pourtant d'être reproduite à cause des détails littéraires qu'elle contient sur Casaubon et sur le Mécène de ce savant helléniste , Emeric de Fie , qui était alors intendant de Lybn. Voyez ci-après au 16 septembre 1601; ci-dessus au 27 septembre 1596
1599. — Le Tomteaii de damoiselh Louise de Grolier, femme de noble lYicolas de Linges, seigneur dudit lieu , Laval , Cuires et Vaize , conseiller du Roy, président en la senesebaussèe , etc. Par J. Pis. d'Juverg. 1599. In-4. — Titre pris sur un Catalogue manuscrit rédigé par l'abbé Sudan.
A) Au lieu de provitionnel , ou lii provisionnai daus l édition de 1.173 , donl la mairie de Lyon possède un exemplaire daus ses archives ( recueil in-4 , cartonné. L'édition de 1599 se trouve citée daus un catalogue manuscrit de l'abbé Sudan.
1599. — Traittédes reliques.. ., par J. Calvin , etc. A Genève , par Pierre de la Roviere. M. D. XCIX. In-12. — Lorsque les sectateurs de Calvin s'emparèrent de Lyon en 1562, ils y détruisirent tout ce qui élait à l'usage du culte catholique, livres , manuscrits , statues , croix , vases , etc. Les reliques furent brûlées ou jetées dans les égoûls; toutefois la piété des fidèles en sauva un grand nombre , et lorsque les Huguenots eurent été forcés de déguerpir, quelques églises retrouvèrent leurs reliques. Voici celles dont Calvin parle dans son Traitlé, dont la première édition parut à Genève , en 1543 :
<* La coupe où J. C. donna le sacrement de son sang à boire à ses apostres se monstre à Nostre Dame de V/sle, prés de Lion..,. » P. 6,
«.... Le joyau le plus ferial esL des douze peignes des apostres qu'on monstre à nostre Dame de l'Isle sur Lion. Je pense qu'ils ont esté du commencement là mis , pour faire accroire qu'ils estoyent aux douze persde France , mais depuis leur dignité s'est accreûe, et sont devenus apostoliques. » P. 57.
«-.... Saincte Ànne, mere de la Vierge Marie , a l'un de ses corps à Apt en Provence , l'autre à Nostre Dame de l'Isle à Lion » P. 58.
« Ils (les catholiques) ont canonisé celui qui perça le costé de N. S. en la croix, et l'ont appelé S. Longin. Après l'avoir ainsi baplizé , ils lui oui donné deux corps , dont l'un est à Mantouc , et l'autre «i Nostre Dame de l'Isle près Lion. » P. 59.
« Que diray-je de...... sainct Loup , qui est à Ausserre , à Senes , à
Lyon , et faisoit-on accroire qu'il estoil à Genève? » P. 67.
Symphorien Champier donne dans sa Rebeine (Lyon 1529) , la description des reliques qui existaient de son temps cher les moines dé Vlsle Bctrbe; et le P. Meneslrier , à la fin de ses Divers caractères , la liste des Antiquités sacrées que possédait encore la ville de Lyon en 1694. Yoyez aussi à la suite de YMmanach spirituel publié à Lyon en 1698 , in-12, l'état des églises de cette ville et des reliques qui y sont honorées.
1599. — Les Travaux sans travail de Pierre Davity, nal if de Tournon en Vivaroys.... A Paris, pour Gilles Robinot , 1599. In-12 de 12 f. non chiffrés et de 372 pages. — Ce volume contient des mélanges en prose et en vers, entr'autres des lettres missives parmi lesquelles on en trouve à l'adresse de M. de Langes , président en la sénéchaussée de Lyon ; de M. de Feynes , comte de St-Jean de Lyon , de M. de la Camelle , avocat au présidial de Lyon; de M. Frère (l), avocat au même siège; de M. Barraut, de Lyon. Ce sont des lettres familières qui n'offrent aucun fait historique. A la page 347 est une pièce de vers sur le trespas de Jan Luc (cousin de l'auteur) , qui mourut de peste à Lyon , l'année 1586. — Pierre Davity , seigneur de Monlmarlin , gentilhomme ordinaire de la chambre du roi , né à Tournon en 1572, mourut à Paris vers 1635 ; il a, dans la Biographie universelle, un article par M. Weiss , qui n'a pas mentionné un petit livre de cet auteur , le Bannissement des folles amours.... A Lyon , par Barthélémy Pincent 9 1618. In-12 de 125 pages Les approbations sont de Lyon ; la première
(f Voyez larticlo Frf.he (Jean), dans la Bingr. lymnaUt, p. 117.
esl signée du F. J. Foderé, docteur en salncte théologie. L'ouvrage le plus important de Davity est celui dont la première édition fut publiée en 1617 , à Paris , sous ce titre : Les Estais et principautés du monde, in-4. Ce volume ne contient que Y Asie En 1637 , il en fut fait à Paris une édition, en 4 volumes in-folio , avec cet autre titre : Le Monde , ou Description générale de ses quatre parties ; mais il paraît que Davity mourut pendant l'impression du premier volume qui contient la description de VJsie; le second qui contient V Europe, fut composé par François Ranchin , avec les mémoires laissés par Davity. Nous reproduirons plus tard la description que l'on y trouve de Lyon, et nous nous bornerons, quant à présent , à en extraire le passage suivant :
« Le peuple de Lyon est courtois et bon , laborieux et plein d'industrie. Comme il est meslé de plusieurs estrangers, Italiens ou Allemands, lesquels y fondent domicile, il peut aussi participer de leurs humeurs. Il est aspre au gain et au trafic, habile et diligent après ses affaires. La hantise des estrangers civilise les ha bilans qui sont propres et magnifiques en habits, de mesmes que Jes femmes qui sont belles généralement et pour le commun. La noblesse du pays est courtoise et bien nourrie (élevée), le paysan rusé, quoyque grossier en apparence...» Voyez ci-après les- Publications de 1637.
1600 — PitÉViVr des Marchands : Pierre de Bâillon, seigneur de Saillans , baron de Jons, chevalier de Tordre du roi , gentil-homme ordinaire de sa chambre (t). — Echevins : Roland Henry , — Claude de Bourges, — Claude Regnaud, sieur de rauldemart (conseiller du roi et élu en l'éleclion de Lyonnois) , — Maurice Poculot (commissaire ordinaire des guerres (2).
1600. — Janvier 6. Gaspard Dinel , nommé en 1598 , évèque de Maçon , est sacré par le Cardinal de Joyeuse. — C'est à ce prélat que l'on doit la découverte de l'ancien autel d'Àvenas (3) , monument qui a été le sujet d'une dissertation insérée dans le tome Ier de la Revue du Lyonnais , et reproduite avec des corrections dans VÀlbum du Lyonnais de 1844. — Les Ordonnances synodales de ce prélat furent publiées à Lyon , en 1602. In-8. Lelono, n° 6602.
(1) Pierre ds Bâillon était fils d^ Pierre Bagîioii ou B lillony , eschevin en 1550; il naquit cette année là , le 16 de février . à \ II. 17 m., après minuit. Junctin lui fit son horoscope. A l'Age de 31 ans. il fut dangereusement malade. En 1589 , il *e fil connaître par son dévoûment à la cause royale, mais il échoua dans les tentatives qu'il fit pour procurer l'entrée de Lyon aux troupes du roi. Noies i édites de Mencstiicr, année 1599 ; manuscrit d> la B. du Lyon, w 1363; Biogr. lyonn.
(2) En 1479 , un sieur Poculol voulait détruire les aqueducs d'Bcu/fj/; le Chapitre de S. Just le traduisit devant les tribunaux, qui ne permirent pas cet acte de vandalisme. Nie. Cochard sur Nie. Chômer, Antiquités de Vienne, IV, 3.
(3) Petite commune voisine de Beaujeu . ainsi nommée, dit-on, parée qu'il n'y croit que de l'avoine, mons avenarum. Nous avons oui dire . en visitant cette paroisse , en I83i. que, d'après une ancienne tradition , le nom qu'elle porte lui venait de ce qu'on lisait jadis sur une pierre placée au dessus d'une fontaine dédiée à la Vierge . AVE N. A. S., qu'on doit traduire, ainsi : Ave noslrarum a timarttm saloatrix. La première étymologic nous parait plus vraisemblable.
1600. — J^irffr'89.'l4îUied^iirii^aMfC9nsalat: .«.-Beipar lelRoy. Chers<et bien amez, voullans savoir au vroy ce qui se levé par forme id'oclroy en toutes filles de nostre roya^ne , -nous vous faisons la^presenje, à ce que vous ayez , incontinent içelle receue , à envo>?er en noslre Conseil,, JestaMetous les octroys oui -ont estèatcordezipar nospredecesseurs e.1 nous à nostre ville de Lyon, •on quel temps et; à quelle $omroe ilz se peu vent monter, et àquQy les 'deniers sont destinez et employez ; .qt à:ce n^faictes fiaultesur Janl que craigniez ide npus désobéir ; car ,tel est post.re .plaisir. .Donné à Paris , le dernier jour tdc février 1600. — Usigoajure du RftWroU avokvèté oubliée. Au bas signé LuiUier. » S.
1600. — Même Jour 29 février. Lettre de Mi de iïosny., duc de Sully w Consulat :
« Messieurs, vous .verrez par ©elle que le'Roy vous escript , comme Sa Majesté désire d'estre eclaireye de ce qui . se* levé. par iforme d/oetroy en vostre Ville, et me recommande avoir ee«soing parlicollier dèrluy faire eegnoistre, comme estant chose dépendant de ma charge de grand voyer. C'est pourquoy j'ay bien voullu accompagner |a lettre de S. M. de laipresente, pourvoi» prier de» satisfaire Je plus tost quM vous sera possible à ce qu'elle vous mande, et m'adresserrie tontseurement. t estant ee mot pour aultre sujet , je pesons en diray davantage, priant Dieu vkhjs avoir,, Messieurs, eu sa sainçle garde, fle Paris, le dernier de febvrier 1600. Vostre , plus humble amy à vous servir. Rosny. » 8.
1600. — j4vril9. Dimanche, jour de Quasimodo. « Les Huguenots de Lyon venant de faire leur cene et leur preschede Chandieu en Bauphiné , furent. assailliz àla GuiHotièrCi et par le long de larue jusques vers YHospital et itei/ccour<* par les enfants et autres dumenu peuple qui leur jetoyent des pierres et se moquQyeot d'euix et de leur presche , les appelant en disaat \tFreU){%, vous venez de vostre diabk de presche* . » Arch. du M., HU — Freioiz doiUvoir la,même $tymologie que •frelater qui vient sans doute de /rat«- On appelle à Lyon celui qui triche au jeu un frouillon , mot «|tte feu Elimw Motard aurait dû mettre dans son Dicl. du mauvais langage.
1600. — Juin 15. Messieurs du Grand Conseil au Consulat:
a Messieurs, ayant eu commandement du Roy d'aller pour ^exercice de la justice en sa ville de Lyon , pendant le séjour que S. M. fera en icelle ou és environs; à ceste cause, nous envoyons devers vous nostre fourrier , affin de marquer et faire noz logis; à quoy nous vous prions vouloir entendre, et faire en sorte que les vivres n'enchérissent du prix ordinaire, pour nostre venue : et n'estant la présente à aullres fins, nous prions Dieu , Messieurs ^vous donner, en bonne santé , longue et heureuse vie. De Paris , ce 15e jour de juinglGOO. Les Gens lenans le Grand Conseil du Roy bien vostres. » S.
1600. — Juin 17. Lettre d'Henri IV au Consulat :
a Dcnarle Rov. Chers et bien amez, nous avons commandé aux
gens de nostre Grand Conseil de se rendre au plustosten notre ville de Lyon pour l'exercice de leurs charges; et parce que nous desirons qu'ils y soient logez et accommodez, nous vous mandons que vous ayez avec leur fourrier , présent porteur , qu'ilz envoyent exprès par do la pour cesl effect , à regarder en quel lieu et endroict de nostre ville moins incommode pour vous et plus commode pour eux , vous les pourrez faire loger : de quoy nous escrivons aussy au sieur de la Guiche , afttn que vous y regardiez ensemble , et donniez ordre que nostre intention soit effectuée. Donné a Fontainebleau, le 17e jour de juing 1600. Henry ; plus bas de Neufvîlle. » S.
1600. — Juin 17. Lettre d'Henri IV à M. de la Guiche : « Monsieur de la Guiche , j'ay commande aux gens de mon Grand Conseil de se rendre au plustost en ma ville de Lyon pour l'exercice de leurs charges. Ils envoyent devant, pour y faire marquer leurs logis, ce porteur qui est leur fourrier, que j'ay voulu faire accompagner de ceste lettre , affin que vous lui permettiez de les y loger et les y faire recevoir, accommoder et favoriser lorsqu'ilz y arriveront; car c'est chose que je désire , et en quoy vous me ferez service très agréable J'en escris aux Prévost des marchands et eschevins de madile ville , affin que , de leur part , ilz y apportent toute facilité, comme je me prometz qu'ilz feront : et n'estant la présente pour aullre effect, je prie Dieu , Monsieur de la Guiche , qu'il vous ayt en sa saincte garde. Escrit à Fontainebleau, le xvij6 jour de juin 1600. Henry ; plus bas dé Neufville. •> S.
1600. — Dimanche 26 juin. Le Roi écrit de Fontainebleau à M. de Rosny :
« .... Je parliray mardy matin sans faute pour me rendre à Moulins mercredy ; cependant je vous prie de faire en sorte qu'à mon arrivée à Moulins, je trouve tellement mes affaires ébauchées que je n'y séjourne que cinq ou six jours au plus , pour me rendre incontinent a Lyon où vous ferez advancer le régiment de mes gardes, mes compagnies de chevaux légers et le plus de vostre équipage que vous pourrez, affin que je les y trouve a mon arrivée. Adieu, monamy.... Mém. de Sully , I, 462 de l'édit. princeps.
1600. — « Lé mérCrédy 6e Juillet , arriva en ceste ville , M. l'archevesque (1) et son père, M. de Bellièvre , chancelier de France, et le grand conseil du roy , et le lendemain arriva mille hommes de la garde du roy, qui logearent à la Guillotiere et à la Croix-Rousse , et les suysses de la garde du roy furent logez à Feyse , et ledit jour M. l'archevesque de Lyon fit son entrée dans l'église de St-Jehan. » Arth. duRh.,XU, \7S.
(1) Albert de Belliècre uuè h Paris > mais eonçu h Lyon , suivant Severt, Chronologies , p. 315. où on lit : in utero malerno conceptus Juigduni. Ses bulles qui lui avaient été données par CUmtM VIII , sont datées du IV des calendes d'avril. Il fut sacré & Paris da ns la chapelle de Marie de Médicis, près S. Eustache Voyez ci après 12 décen» bre 1604.
1600. — Le Dimanche 0a juillet, arriva le roy en ceste ville , sur les trois heures du soir , et entra par la porte de Veyze , et logea en l'archevesché. » Àrch. du Rh. XIÏ, 178 ; Rubys, p. 415; P. Matthieu, Hist. d'Henri IV, \ , 674 et suiv., édit. de 1611 ; Guichknon , Hist. dê Bresse , p. 108; Cochard , Séjours d'Henri IV à Lyon , p. 100 et suiv.; Jw Mown , \, 453. Voyez ci-après au 9 décembre.
1600. — Juillet 18. Le Consulat certifie que nobles Antoine et Claude dit Verdier, pére et fils, sont habitants et résident à Lyon à présent , qu'ils y font acte de citoyen , comme ils l'ont toujours fait , et qu'ils sont comme tels immatriculés ez registres de la ville. S. Voyez ci-dessus , au 9 novembre 1588 , et ci-après au 2ô septembre.
1600. — Juillet 31. M. de Neufville (île Villeroy), écrit de Lyon à 11*. de Rosny :
t.... Je n*ay peu jusques à présent vous escrire aucune certitude de nostre négociation, avec les députez de Monsieur de Savoyc..., Ces gens cy n'ont encore voulu signer les articles que je vous envoyé sous le bon plaisir de leur maistre; ils marchent sur les espines , dont je suis tresmal édifié. Mais le Roy espère que vostre venue et vostre équipage qui arrive journellement les fera parler franchement.... » Mém. d$ Sully f ï , 462 , édit. princeps.
1.600. — Juillet 31. Le roi étant à Lyon -, désirant gratifier et favorablement traiter le, sieur Alexandre Reverony (1) , résidant à présent à Lyon , lui a permis de tirer et faire tirer de l'arquebuse.... sur toutes sortes de gibier, tant loups que renards , ou autre gibier non défendu par les ordonnances , nonobstant les défenses généralement sur ce faites , de la rigueur desquelles sadite Majesté a dispensé ledit sieur Reverony par le présent brevet qu'elle a voulu signer de sa main , et être contresigné par moi son conseiller d'étal et secrétaire de ses commandements. Siijné Henry, et plus bas Forget. » Communiqué par M. Sigismond Reverony , neveu de feu M. Reverony , de son vivant directeur de la condition des soies.
IGOO. — Août 1er. Le Consulat fait payer 4 éçus Itf aux Suisse* qui ont fauché, par commandement dq Roi , les chardons de. la place de Bellecour , pour la montre ijes gardes frauçoises et> suisses de S. M.
1600, — : Août 5. Le Consulat ètoit depuis quelque temps eq-diflicullé avec le Chapitre de l'église de Lyoff , au sujet de la pr^s^ance et prééminence qu'ils prélendoient mutuellement dapslescérémpiiies.etjes fêtes publiques. JL'aflairc avoit été portée par le Chapitre aji/ÇopseH c|u Roi. Le Consulat , après aïoir reçu des instructions eA^
(i) Suivant \c. baron Reverony Saint-Gyr , M|H, p. 230- de la Princesse de Ntvers (Pari*, Barba, 1823). le duc de Nemours aurait été arrêté le 18 septembre 1593 . sur lo pont <le A'aôni; au milieu tle sa troupe , par un corps de la miHeo municipal? , commandé par un gentilhomme lyonnais, nommé 4lexandts Reverony. Aiit'oivra m< tiiifor, lil , 427.
Plusieurs des principaux et plus anciens bourgeois et habitants de la viile , lit dresser des remontrances qui furent insérées dans le registre des actes consulaires où elles occupent une trentaine de pages. KHes contiennent un grand nombre de faits plus ou moins exacts ; si nous ne les reproduisons pas, c'est parce que nous pensons que tous ces faits se trouvent dans VHistoire de JUjon que Claude de Rubys publia quatre ans plus tard.
1600. — « Lesamedy 1 2e aoust , le roy despartit de celle ville et alla à Grenoble avec une armée qu'il menoil contre le duc de Savoye. » — « Ledit jour , fut prins, par les gens du roy , la ville de Bourg en Saroye, et Lagayde audit Savoye , par le moyen du pelart. La Citadelle de Bourg lint coup. » Arch. du Rh., XII , 178. — Avant son dépari , le Roi avait passé procuration au grand duc de Toscane, pour épouser en son nom Marie de Médicis , nièce de ce prince. Rubys , p. 455-6 ; J. Morin , V, 453.
1600. — Août 26. Antoine de Grollier de Serviere cède au roi , en échange de la terre el juslicc de la Salle de Quindeux , sa maison voisine du Port du Teinple, destinée à y placer Vateiier monétaire qui était alors dans la nie du Sauf. Cochard , ftesetipt. de Lyon , 88 ; A. P., Variétés y p. 13.
1G00. — Août.... « Henry, par la grâce de Dieu, roy de Franco et de Navarre, à tous presenset à venir salut : avons receu l'humble supplication de Claude Rubys , conseiller au siège presidial de Lyon et procureur gênerai de la communauté de ladite ville , contenant qu'à l'entrée des dernières confusions qui ont eu cours en ce royaulme , il se seroit laissé emporter aux persuasions d'aucuns de noz subjeetz rebelles, qui auroienl par leurs mauvaises impressions desbàuché sa fidélité, de façon qu'il se seroit licencié et desparty de l'obéissance due au feu roy nostre tresbonoré seigneur el frère (que Dieu absolve) , et à nous ; et favorisant ladite rébellion , se seroit licencieusement porté hors des bornes que Dieu et la nalure lui prescrivoient , et , poussé de mauvais desseing, auroit offensé, lanl de paroles que d'accusation escriple , la memoyre de nostredit feu seigneur et frère et la nostre. El neantmolns recognoissant ledit de Rubys les factieux desporteroens des Ligueurs ne pouvoir subsister Contre nostre autorité pour eslre la plupart des villes et subjeetz de nostredit royaume , mesme ladite ville de Lyon réduite en nosire obéissance , et désirant renoncer à toutes pactlbns ligueuses comme illégitimes, auroil, pour preuve de son repentir, faict el presté, le premier mars 1594 , panîevant nostre senesclial de Lyon ou son lieutenant , le serment de fidélité à nous dû , nonobstant lequel nostre cour de parlement de Paris auroit décerné décret de prise de corps contre ledit de Rubys , e( Iuy faict appeler à trois briefs jours , et faict saisir ses biens, à raison de quoy il se seroit absenté de noslredite ville jusques à ce que ^ en considération de nostre édit do mois de janvier 1596 , faict pour la pacification desdils troubles, par lequel toutes recherches des choses advenues pendant b'sdils troubles ul
à l'occasion d'iceux demeurent Jéteinles^et abolies sans en pouvoir h l'avenir faire aucunes poursuites; il nous a très humblement supplié et requis luy vouloir octroyer noz lettres en tel cas requises et nécessaires ; sçavoir faisons que, désirant l'entière observation d'iceluy nostre edil , et reunir noz subjeclz en concorde soubs nostre obéissance , et ayant égard au serment de fidélité qu'il nous a fait , cy attaché et soubs le contrescel de nostre chancellerie, à iceluy de Rubys , de nostre grâce spéciale , pleine puissance et auctorité royale , avons quitté , remis et pardonuô, et par les présentes signées de nostre main , quittons , remettons et pardonnons tous cas par lui faits et commis pondant lesdits troubles et à l'occasion d'iceux, tant de parole que par écrit, contre la memoyre de noslredil feu seigneur et frère et la nostre ; lesquels, de noz plus amples grâces que dessus, nous avons éteint , aboly et supprimé , éteignons, abolissons et supprimons par lesdiles présentes, sans qu'aucunes recherches s'en puissent faire à l'avenir ? l'en quittant, remettant et pardonnant, en tant que besoin est ou seroit, loute peine et amende, en quoy, pour cause desdilscas et escrilz, il pourrait estre encouru envers nous et justice, en mettant à néant tous jugemens , procédures , décrets qui s'en pourraient estre ensuivis contre ledit de Rubys , lequel nous avons remis et restably , remettons et restablissons en ses bonnes famé et renommée, estais , offices et biens, desquels nous luy avons faict et faisons pleine et entière main-levée ; imposant sur ce silence perpétuel à nos procureurs généraux presens et à venir , leurs substituts et tous autres. Si donnons en mandement à nozamez et féaux conseillers, les gens tenant nostre cour de parlementa Paris, et à nostre amé et féal conseiller en noz conseils d estât et privé , chevalier de noz ordres , gouverneur et lieutenant gênerai ez pays de Lyonnois , le sieur de la G niche , seneschal de Lyon ou son lieutenant, et à tous noz autres justiciers et officiers qu'il appartiendra, que de tout le contenu ci-dessus, ensemble de noz dietz edils, ilz fassent , soufTrent et laissent ledit sieur de Rubys jouir et user pleinement et paisiblement , car tel est nostre plaisir. Et afïin que ce soit chose ferme et stable à tout jamais , nous avons fait mettre nostre scel aux présentes, sauf en autres choses nostre droict et l'autruy eu toutes. Donné à Lyon, au mois d'aoust , l'an de grâce 1600, et de nostre règne le 12e. Signé : Par le Roy, Forgel, et scellé du grand scel royal de cire verte sur lacs de soie verte et rouge , et à côté Contenta viclos. » — Ces lettres furent entérinées au Parlement le 1er septembre suivant. — Les lettres d'attache de M. de la Guiche pour l'exécution des lettres patentes, sont datées du 16 septembre 1604. S. — Voyez ci-après , à cette dernière date.
160f). — Septembre 4. Lettre d'Henry IV * M. de la Guicha :
« Monsieur de la Guiclie, j'ay commandé au sieur de Bourg de lever et mettre sus un régiment de dix compagnies de gens de pied de cent hommes chacune , et luy en ay faict expédier les commissions nécessaires, pour m'en servir aux occasions qui se présentent; et parce que je désire que deux desdites compagnies soient levées en ma ville de
Lyon , je vous prie de faire faire la levée (ficelles eu madite ville, et je leur feray donner moyen de vivre , on attendant qu'ils se rendent en mon armée ; de sorle qu'ilz ne seront aucunement à la foulle des liabitans de madite ville , ny de ceulx du plat païs; mais faictes user de diligence en ladite levée, et je le tietidray à service très agréable; priant Dieu qu'il vous ayt en sa très saincie et digne garde. Kscritau camp de Chamous, le 4e jour de septembre 1600. Hexry ; plus bas de Neufville • S
1000. — Septembre 10. Lettre d'Henri IF au Consulat : « De par le Roy. Très chers cl bien amez , nous avons commandé au sieur de Bourg VEspinasse, de lever et mettre sus un régiment de mil hommes de pied , sous dix enseignes, pour nous en servir en noslre armée de Savoye : et parce que nous croyons que vous pourrez secourir ledit de Bourg de quelque nombre de corceletz, pour rendre ledit régiment mieux armé , nous vous avons bien voulu escrire ceste lettre pour vous prier, comme nous faisons, de le faire accommoder de cent corceletz pour cest eiïoct, et nous en recevrons contentement , et nous ferez service très agréable. Donné au camp de Chamoz , le 10e jour de septembre 1600. Henry; plus bas de Ncufvillc. » S.
1600. - — Septembre %&.«Jntoine du Ferdier, seigneur de Fauprivas, « venant de Paris à Lyon , à la suite du roi , et de Lyon allant en sa
« maison de Forez , mourut assez subitement au lieu de Duerne »
— H était né à Monlbrison > le 11 novembre 1544. Voyez son article dans la Bîogr. lyonn.; ci-dessus au 13 janvier 1594; les Publications de 1604 , etc., etc. ,
1G00. — Octobre 5. Le Consulat averti du decés de Me François Dtifournel, procureur-général de la ville, et duement informé de la suffisance, capacité et religion catholique, apostolique et romaine de Jean Goujon , né , marié et domicilié en ladite ville , l'a commis et député à ladite charge..., en laquelle il a été de suite installé. S. Voyez ci-dessus au 17 avril 1594 , et corrigez la note qu'on lit au bas de la page. Voyez encore ci-après au 1 5 juin 1604.
1600. — Octobre 17. Lettre d'Henri IF au Consulat-
t De par le Roy. Très chers et bien amez , vous estes bien advertiz comme la royne nostre épouse doibt arriver en briefà Marseille , et bientost après s'acheminer en noslre ville de Lyon , et d'aultant que , pour la commodité de son passage , il est besoing de faire reparer quelques endroitz des chemins qui sont fascheux et difficiles, mesmes pour les coches et chariots dont elle amènera quantité avec elle, nous avons bien voulu escrire la présente pour vous ordonner et enjoindre de faire travailler en toute diligence au chemin d'entrée d'entre Lionel Fienne , avec l'assistance des paroisses voisines que voulons y estre conlminctz par les juges des lieux, à ce que lesdits coches et chariots y puissent commodément passer; et à ce ne faictes fanlte sur tant que desirez nous complaire; car tel est notre plaisir. Donné à Cfuimbery , le xvije fc jour de octobre 1600. iïrxitv , et plus bas Forget. » S.
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1600. — Novembre 11. Harangue prononcée à l'ouverture des plaids de la Sainct Martin , par M. de Fillars , lieutenant-général en la sénéchaussée , etc. :
« Serons-nous toujours condamnez à rouler ce rocher de Sisyphe , sans pouvoir amolir le rocher de voz cœurs , sans pouvoir eschaufler voz courages , sans pouvoir animer voz mortes et mornes affections au reslab lissement de la justice ?
a Serons-nous toujours contrainctz a recepvoirvoz promesscsà vous obliger par serment solempnel au debvoir de voz charges , sans espérer de vous en voir jamais acquitès, sans assurance de vous rencontrer véritables ?
c Avez-vous quelquefois pensé à la grandeur , à l'importance dè l'action pour laquelle nous sommes annuellement assemblés en ce lien?
« Avez-vous quelquefois appréhendé ce qui vous touche parliculliercment , et que c'est vous qui vous obligez à Dieu par un vœu public de servir au repos et au salut des hommes?
« Avez-tous jamais estimé que le serment que vous faites aujour^ d'huy n'est pas nécessaire parce qu'il est commandé , mais a esté commandé parce qu'il estoit nécessaire ?
« Il estoit à la vérité nécessaire, lorsque les serments estoient tenus pour sacrosaincts , lorsque la parolle estoit l'obligation la plus estroilte etja plus assurée entre les hommes; mais il ne l'est plus maintenant que la parolle de l'homme n'est que du veat , ses promesses que du verre , ses serments qu'artifices pour decepvoir. *
« Nostre Juslinien , en ses dernières et nouvelles constitutions, avoit desja trouvé aussy bon de remettre le serment , comme en ses premières loix il avoit jugé utile de l'establir. Il en donne une belle raison: En vain, dit-il, on demande le serment, lequel tout aussitost , par une mauvaise coustume , est oublié. Ce grand empereur vouloit dire que le serment n'avoit pas esté institué pour un lien d'iniquité.
« Le serment est un bon cflect d'une mauvaise cause; un bon fîlz d'un mauvais pere. Le pere du serment est le péché , sa mere l'inlidellité, et neantmoings le fruîct est agréable , sy nous voulons en faire nostre proffict.
« Entre les Grecs, ceux qui estoient communément tenuz et feputez pour gens de bien, n'esloient point aslrains au serment ; ils estimoient que les bonnes mœurs debvoient tenir lieu de serment ; c'est pou rquoy ils refusèrent le serment de Xenocrates; sa réputation lui tint lieu de serment.
« Les Esseniens tenoient pour convaincu de mensonge celuy à qui on ne croyoit point , sans qu'il appelât Dieu en tesmoignage.
• Les Romains ont demeuré fort longtemps que le simple serment gouvernoit Testât; aussy Polybe, contrainct par la force de la vérité, blasme sa nation de manquement de parolle, quoy qu'elle jurât et rejuràt avec des extraordinaires imprécations; loue et magnifie la loyauté des Romains , qui » sans autre obligation que du serment , gardoient et observoient ce qu'ils avoient promis, et n'avoient aussy rien de plus sacré entre eux que le serment qu'ils appeloient sacrement.
Les soldats , bien qu'enrôliez, n'eussent osé frapper en guerre , sans avoir prestè le serment. Les Consuis, à la fin de leur Consulat, afïermoienl par serment public qu'ils avoient employé toute leur industrie , toutes leurs veilles, tous leurs labeurs au bien et utilité de la chose publique. Le serment estoit presté avec beaucoup de cérémonie , et receu pour un grand tesmoignage de leur probité et légitime administration.
« Heureux et sages tout ensemble estoient les Phrygiens qui ne juraient jamais , ni ne contraignoient personne à jurer. Ils estimoient beaucoup plus honorable garder la foy sans serment, que se mettre au hazard du parjure. Four la crainte du parjure , les anciens ne nommoient point le nom de leurs dieux.
« Le serment estoit parmi les anciens en telle révérence qu'ils croyoient que leurs dieux mesmes, ayant donné les undes stygieuses pour assurance de leurs promesses, y venants à manquer, recevront quelque sorte de punition (1).
« S'ils estimoient que le parjure fut punissable en la personne mesme de leurs dieux , combien devoient-ils craindre pour eux les peyncs qui suivoient de près un si grand crime. Ils avoient aussy par la 1res grande providence de Dieu , à eux neangtmoins inconnue , grande occasion de craindre et eviler le parjure , puisque, oullre les peynes très rigoureuses establies par les loix et coustumes de chaque païs , encore nous remarquons dans les mémoires de l'antiquité qu'il y avoit des miraculeuses et exemplaires punitions contre ceux qui abusoient des jurements et des serments , comme les eaucs en Sicile , csqueltes ceux qui avoient faulcé leur serment , estouflbient tout incontinent; au con* traire , les véritables estoient garantis de tout mal.
a En cesle fontaine appelée de Jupiter, estant bue par un
parjure , luy remplissoit les mains et les pieds de sy cuisants ulcères qu'ils estoient contraincts de rechanter et reclamer la vérité.
« Jristote parle d'une aultre fontaine en laquelle les vraies et jurées signatures sur nageoient sans aller à fonds; lesfaulces, au contraire, y perissoient.
« En Sardaigne y avoit des eaues qui aveugloient les parjures et guerissoient les yeux de ceux qui juraient de bonne foy.
« Tous les registres du passé sont pleins d'exemples et de remarques sur ce subject que le temps ne nous permet pas de remarquer. Nostre intention est seullement de vous faire appréhender le serment que vous avez à faire aujourd'huy avec ses circonstances.
« Le prophète disoit que tout serment doit estre accompagné de la vérité , du jugement et de la justice. Examinons celuy qui se doit faire par vous. J'y recognois la justice , parce que la fin de voslre serment est de faire florir la justice ; j'y recognois le jugement , parce que vostre serment est faict en public , »»n ce lieu que nous appelons en jugement.
Maïs c'est avec regret que je n'y trouve psincl de vérité , qui est le
(l)Voyez les notes sur le 33« chapitre de VOctavius de Mmueins Félix ; Lyon 1B4* , in-S.
seul effect du seraient. Le passé nous fait craindre pour l'ad venir; nous appréhendons pour vous l'obligation en laquelle vous rentrez tous les ans , de laquelle vous ne vous désobligez jamais.
« Je diray hardiment que les payens font bonté aux chresliens : ils faisoienl bien plus grand estât de leurs serments , et neanmoingls il y a aultant de différence de leur serment au nostre , que de la terre au ciel , que de leur fausse religion à la vraye cognoissance que nous adorons. S'ils estimoient le serment une chose sacrée, combien plus les chresliens honoreront-ilz celte action qui est vrayment religieuse.
« Nous ne jurons point par Osiris , comme ceulx de Thebes , ny par le soleil , commes les Pênes, ny par Proserpine , comme les Siciliens , ny par Socrales , comme les Philosophes , ny par Hercules , comme les Romains , ny par Castor, comme les femmes , ny par les choux , comme les Ioniens , ny par les capes , comme Zenon , ny par les aulx et les oignons , comme les Egyptiens , ny par les idolles et faux dieux , comme plusieurs payens; mais nous jurons par le nom ineffable du Dieu vivant , que nous ne debvons nommer qu'à bouche close , qui ne doibt estre pris en vain, de ce grand Dieu,dis-je, que Trismegiste nomme seul-sainct , seul nom engendré , seul éternel seigneur de l'Eternité.
« C'est une grande impiété de vouloir que ceste infinie , immuable et incompréhensible essence , que Platon appelle le commencement, le milieu et la fin , par qui, pour qui, et autour de qui sont toutes choses, ce grand Dieu, ce grand Dieu pere de vérité , soit le tesmoing de nostre laschelè , que la saincteté de son nom couvre nostre meschanceté , sa justice nostre trahison , sa vérité noz piperies.
« A ce propos et 1res à propos, sainct Thomas dict que le serment est un acte de religion essentiellement, parce que Dieu y est nommé et prins pour tesmoing, et adjoute trois belles et recommandables considérations qui ne peuvent appartenir à l'homme ; la première, parce que Dieu ne peult mentir, estant la vérité mesme; la seconde, qu'il est partout , et par conséquent voit tout; la troisiesme, qu'il sçait tout , et par conséquent ne peult rien ignorer. L'homme, au contraire, est tout mensonge , qui ue voit que ce qui est à ses pieds, c'est-à-dire , ne regarde , ne considère que ce qui est de sa propre et corrompue affection , est ignorant de tout point, ne se cognoissant soy -mesme ; con* cîud parlant ce grand docteur que le serment est un acte de nostre religion sainct et sacré.
« Les Hebrieux qui , par l'oracle à'Jpollon, ont esté e9liraés d'avoir seuls la sagesse en partage avec les Caldêms, usent d'un mesme mot pour signifiûer le seiment , le nombre sept et le repos ; c'est ce nom de sabat, nom plein de mystère ; il signiffie le serment ; aussi signiffie-t-il le jour du Seigneur qui est nommé au serment , duquel le sainct nom est le sceau du serment ; il signiffie le nombre sept : <> ! que nous pourrions icy dilater nostre discours cl philosopher sur ce misterieux nombre ! je ne m'y amuseray poinct pourtant, parce que je me souviens, de ce mesme lieu, vous avoir aullre fois représenté ce mystère traie
tant.de l'excellence de la justice , et vous faisant voir qu'en la saincte hiérarchie des esprits célestes, les trônes qui sont au septiesme degré en montant, sonl les sièges où la divine sapience tient les assises, et delà envoie çà bas avec abondance les fruits de la justice. Venons au troisiesme : ce mol de sabat signiflic encore le repos, parce que Dieu est dit s'estre reposé ce jour là de l'ouvrage de ce grand univers. Estimez-vous pas aussy que le serment soit un vray repos d'une bonne conscience? L'on s'assure , l'on se repose sur l'affirmation accompagnée du serment» > .
« Au contraire, combien de troubles et travaux le parjure apporte à une conscience , quand les continuelles syndereses luy vont représentant l'enoi mité d'un si grand forfait!
« Le parjure est un crime de leze-majestè divine, encore que l'on jurât par les faux dieux , comme disoit S. Augustin, combien plus grand estant le serment fait par le vray Dieu.
« Sy nous vous avons c) -devant faict voir que ce crime a esté de tout temps suivi d'une punition cl vengeance divine, voire que les créatures insensibles , contre leur propre naturel , s'armoient de qua- Htez dommageables pour luy faire la guerre , pensons-nous qu'il demeure aujourd'hui impuni entre les Cbrestiens. Je manquerois au subjet et à la matière si je voulois représenter les exemples de la divine vengeance , qui sonl trop commungs en Tune et l'autre loy ; il me suffit pour abréger (de rappeler) que les lois civiles n'ont point voulu establir de peyne particulière contre le parjure; mais les empereurs ont estimé que c'estoit assez de dire que la religion du serment violée et mesprisée a voit Dieu pour vengeur ; qu'ils entendoient parler du serment auquel Dieu est nommé , qui ne mérite pas moings que des supplices éternels.
« Les jurisconsultes vouloient que celuy qui juroit par le génie du prince, s'il se parjuroit, fut battu de verges; mais la loy divine veult que qui abuse du nom de Dieu éternel , soit éternellement puny.
« Qu'il me soit icy permis, comme par digression , d'improuver la mauvaise cou s tu nie que vous laissez glisser en voslre pratique , de commencer vos procès par le serment de la partie , contre toute forme, avant mesme que le faict soit esté aucunement contesté. Apprenez icy que celuy qui demande légèrement le serinent à sa partie , coopère au parjure , est coupable de mesme peyne ; il luy faut dire ce que disoit S. Augustin : Toy qui demandes le serment , si tu donnes occasion à ta partie de se parjurer , qu'as-lu gaigné ? tu as perdu son aine et la tienne.
« Et à la vérité, pour mon opinion , je treuve les serments catégories du tout inutiles en ce mesebant siècle auquel nous vivons. Puisque, après le serment , on est receu à faire des preuves de ses faits , à quel propos mettre en bazard les hommes, qui , de leur naturel , ne sont que trop enclins au mensonge et à se parjurer , puisque , d'ailleurs, la preuve est receue contre le serment?
« Le serment décisif seul debvroit estre en usaige, et ectuy-cy est
plus que tollerable , puisque ta partie est faicle- juge de si cotise, et bien que peu de personnes, en venant à ce poinet, s'acquittent de leur dobvoir, celuy neanmoings qui le deffere e*t sans cotripe, puisquiL met le feu et l'eaue , comme l'on diel , entre les mains de «a partie , et luy donne occasion de sauver son aras , en conservant à auliruy ce qui luy appartient.
« Revenons à nostre premier 0k Croyez que dest avec un grand regret que nous vous attendons, le tableau en main, pour recepvoir vo» sermens, ou, si j'osoisdire, vos parjures. Nous espérons neanmoing» que ceste remonstrance aura quelque pouvoir sur les mouvements de vos ames , et vous rendra véritables en vos promesses , diligents et affectionnés en vos charges. C'est ce que nous desirons; c'est ce que voulons attendre de vos bonnes voluntés. . -«»
• Ne permettez pas que le serment donne créance de vostre vertu* faictes plustost que les véritables etfecls de vos wgtës deportemens relèvent l'honneur de vostre serment. a
a Non , ne permettez jamais qu'au lieu que l'acte du serment que vousdebvoz à ce jour, doibt estre parmy les sacrés registres de ca greffe , qu'on soit contrainct , comme djsoit cet ancien , les esoripre dans Teau.
< Nous ne vous présentons pas , comme en Livonie, un fer tont rouge sortant de la fornaise pour tenir entre vos mains pour Assurance de vostre serment; nous vous présentons un tableau où L'image* da Pieu vivant est pourtraitte , où sont tesmoings (es quatre saincts secrétaires du ciel, au rapport desquels Dieu a voulu que sa loy print créance par toute la terre. Ce sont des circonstances qui vous doibvent faire appréhender la grandeur de eestapte ; adjoutons-y le génie du prince T l'authorité de nostre grand roy, cest Henry-le-Grand , le nouvel le renom de ses royalles vertus qui le rendent digne du sceptre de ^univers, l'honneur et l'obéissance que nousdebvonsà ses oomrnandements , eê souvenons-nous de ce quil luy plewst nous commander et nous re* commander , quand nous eusmes ce bonheur de luy offrir lesvmus do nostre service , qu'il remetloit sur nous ce grand et pesant fardeau de do la justice, peur descharger envers Dieu et sa conscience et les nostres.
« Venez donc, résolus de jurer de coeur et de bouche , ce à quoy vous estes assez obliges , et naturellement et civilement , à ce que le peuple puisse on paix recueillir Iç doux fmict do nos labeurs cbm~ mun-gs. » Manuscrits de la B. de Lyon , »° t439v
1608. — Novembre 13. Lettre d'Henri ÏV * A noz très chers et bien amaz les prevost des marchands, csehevins, officiers, manans et habitans de nostre ville de Lyon :
« De par le Roy, Très çhers et bien amez , ayant résolu de faire ta célébration de noz nonces en nostre ville de Lion où la royne nostre très chère épouse s'achemine , estant pour cest effect partie de nostre ville de Marseille , nous vous avons bien voulu escripre ceste lettre par laquelle nous voulons et vous, mandons que vous *ve*A préparer
toutes choses en no&lre ville do Lyon , tant pour la célébration de nordictes nonces que pour la réception de uoslrcdile épouse : de quoy nous escriVons présentement au sieur de Rothéon , alun que * de sa part, il y tienne la main aveu* vous, et y apporte ce qui luy sera possible, comme amis l'attendons et espeiotis.de Voz communes aflections à nostre service. Donné a Montmtillan , le x\j° jour de novembre 1600. Signé f&KiiY ; plus bas éi NeufLilfc. » S. — Celle lettre a été imprimée, p. 123 des Entrées tolenrt elles dans lu ville do Lyon, etc. IL €odemaid l'a aust insérôè dans ses Document , où il l'a datée du *vn° iour de novembre.
t600. — Novembre 19. Le sacristain de Si-Nizier exhorte les chanoines de son églisé à se conformer aux ordonnancés synodales qui défendent a tous ecclésiastiques, de quelque dignité qu'ils soient , de n*a!!er par là ville, sans être revêtus de leurs robes ou bien de grands hiùûteau.t jusqu'au talon , avec une Soutane dessous jusqu'au genou. 5.
1600. — « Le'dimanche 19 novembre , fut faict jtfocesslon générale en ceste ville à cause de la prisé de Monlmeillan en Sam/ê , et de toutes les autres places que le roy à prinséâ ëh Sauoye. » Jtrch. du Rh.t XII, 178.
1600* — Novembre 31. M. le chancelier de Bellièvre écrit au Consulat :
« Messieurs yj'èsery à »lons. delà Guiché qu'il m'est du tout impOssiblé dé fere Séjourner la Rèyne plus de cinq jours entre cy et Lyon ; et niàntmoings on la pourra loger a la Ferratidiere , on on la priera ne voûter attendre de 1ère son entréè jusques à Dimanche prochain, i'ay commandement du Roy de haster l'acheminement de ladite uamè Vers Lyon. Sur ce, me recommandant humblement à voz bonnes grâces , je prie Dieu , Messieurs , de vous donner longue et contente Vie. C'est de Fùltntè , le 21 jour de novembre 1000. Vostre bien humnie et affectionné à voit* fere service* Bbllubvre. » S.
1600. — ' Décembre 2. Marie de Mèdicis arrive au faubourg de la Guillolière où elle prend son logement au Logis de la Corone, au pied du pont du khônè. Catëï , Septénaire ; Matthieu , Hist. de Henry IV, U 1. p. 674 , édition de 1611 ; Calendrier de Lyon pour 1730, f>. 326 ; J. Môbix, t , 453; Jrch. dû M., XII , 178.
1600. — Décembre 3. >■> La ftoyne suivie des princesses et des seigneurs de la cour, alla ouyr la messe à la Mothe , et y disna. On avoit dressé un théâtre qui donnoit tout à face entré les deux tours qui regardent la ville , et sur lequel elle pouvoit entrer de sa chambre.... Tout le clergé alla en procession à la Moihe. L'obéancier de sainet Just, qui noria les vœux et les prières de son ordre , fit la harangue. Monsieur le Chancelier fut eu ceste action l'interprète à la lloynede la ville» Après les harangues finies , la ïloyne se relira en sa chambre , attendant que les troupes lussent avancées pour cheminer en la ville , lesquelles passèrent en cesl ordre. Preh.iereuienl marchoit le Prévost
des maréchaux seul , avec ses officiers et archers; les trente six penonagesde la ville; une grande troupe de gens de cheval, tant de la suite de la Royne que d'autres; ceux de la ville et république de Luques,- ceux de Florence ; ceux des villes impériales et des cantons Suisses, Grisons et S. Gai ceux du siège presidial devant lequel marchoienl les archers de robbe courte , et la compagnie du chevalier du guet ; grand nombre de seigneurs et gentils hommes , tant François qu'Italiens, à cheval ; Don Jntonio de Medicis seul à cheval, et une grande troupe d'estafiiers autour de luy ; après les ex consuls et notables bourgeois de la ville; les commandeurs et chevaliers du sainct Esprit; les pages de la Royne sur chevaux richement harnachez ; la haqueuée de parade de la Royne. En cest ordre , elle arriva à la porte du pont du Rhosne où elle estoit attendue par le Prévost des mar: chands, lequel , avec les autres eschevins, lui présenta le poésie et les clefs de la ville avec sa harangue. Ce devoir achevé, il monta à cheval, et prit son rang devant la litière de la Royne. Devant luy marchoient les gladiateurs et les maistres d'escrime , les mandeurs et les officiers de la maison de ville. Le poésie de la Royne estoit porté par quatre eschevins. Après elle venoient les princesses , duchesses et autres grandes dames de la Cour en leurs carrosses, suivies des chariots delà Royne. En cest ordre , sa Majesté entra en la ville , l'artillerie tonnant, les trompettes, haubois et instrumens de musique sonnans avec grand' mélodie ; les rues tapissées , les principales places ornées et embellies d'arcs, portiques , pyramides et théâtres. Le milieu du pont de la rivière de Saône estoit couvert d'un grand berceau de verdure , sous lequel es toient douze niches à jour, et douze remplies de statues des princes delà maison de Medicis, à la mémoire desquels il estoit dédié par cette inscription sur le premier front : Imn\ortali$ domus Medkeae Virlutiet Celsiiudini. — - Après la représentation de la place du Grand* Palais , sur l'arcade estoient posées les armes de larchevesque et de la grande église de Lyon : ce fut où la Royne changea de poésie, et où Mgr l'archevcsque de Lyon reveslu des habits pontificaux, et assisté des doyen, comtes et chanoines de l'église cathédrale , reçut Sa Majesté, et lui dit :
< Madame , il y a douze cens ans que Dieu a pris ce royaume en sa garde et spéciale protection , luy donnant successivement des vertueux et prudens roys , qui l'ont gouverné sous sa conduite et inspiration : ce qui se rerognoisten ce qu'il a renversé les desseins et quelquefois la fortune de tous ceux qui ont essayé de l'esbranler. Ainsi, pour la défense des Israëliies, armant le ciel d esclairs et de tonnerres , il a défait l'armée de ses ennemis : ainsi il a fait pleuvoir ses grâces sur noslre roy, lequel, l'ayant fait florir de toutes sortes de prosperilez il a voulu aussi douer pour l'accomplissement de ses bénédictions d'une si vertueuse royne pour son espouse , qui estant sortie de la très illustre et généreuse race de Medicis, nous représente non-seulement la mémoire, mais aussi les vertus de son aycul, ce grand et vertueux prince, le grand duc de Cosme. La prudence, la vertu, la magnanimité sont si naturelles à vostre maison qu'elles y sont rendues qualitez insepara-
Mes Ce qui , outre l'obligation que nou* avons de rendre très humble service à rostre Majesté, nous remplit d'admiration et allégresse, adressant nos vœux et nos prières à Dieu pour sa postérité et sang. Le temps des Alcyons approche que la mer se rend calme et paisible pour quelque petit nombre de jours. Et maintenant nous espérons l'assurance de cest Estât pour une longue suite d'années. »
« Monsieur le Chancelier qui avoit esté t'interprète des autres sur le théâtre de la Mothe , ne se trouva pas icy près de la Royne pour lui faire entendre ce que Monsieur son tifs luy avoit dit. Et neanlmoins Sa Majesté monstra en sa response qu'elle étoit desja informée de la doctrine et des mérites de ce prélat La Royne fut conduicte en la
grande église où se chanta le Te Dcum laudamus , et de là en l'archevesché. » Traité du mariage du Roy , à la suite du Recueil de Vhist. de
France A Lyon, par Léon Satine, 1614, in- 16 (B. de Lyon ,
1600. — Décembre 8. Louis de Fervins , nommé à l'archevêché de Narbonne , est sacré à Lyon , par le cardinal de Joyeuse , en présenee de la majeure partie de la Cour. Gallia Christ. M.
1600. — Samedi 9 décembre. Henby IV arrive à Lyon.
«.... Pour éviter la presse et confusion des curieux,... on fit courir un bruict que le Roy n'arrivoit que le lendemain , si bien que la plupart des altendans se retirèrent , et laissèrent le logis îde leurs Majestés comme on le desiroit. Quand le Roy arriva , la Royne estoit à son souper , et la voulant voir et considérera table, sans toulesfois eslre recogneu, il entra jusques en la saletle qui estoit fort pleine, tant de gentils hommes servants que de quelques autres : mais il n'y eut pas plustost mis le pied qu'il fut recogneu de ceux qui estoient plus près de la porte; ils se fendirent pour luy donner passage, ce qui ût que Sa Majesté sortit à l'instant , sans entrer plus avant. La Royne s'apperceut bien de ce mouvement, dont toulesfois elle ne fil autre démonstration que de pousser les plats en arrière à mesure qu'on la servoit , et mangea si peu qu'elle s'assit plustost par contenance que pour souper. Après qu'on l'eut desservie , elle sortit incontinent , et se retira en sa chambre. Le Roy qui n'attendoit autre chose , arriva à la porte d'icelle, en faisant marcher devant luy Monsieur Le Grand , qui frappa si fort , que la Royne jugea que cedebvoit estre le Roy , et s'avança au mesme instant que Monsieur Le Grand entra, suivi de Sa Majesté, aux pieds de laquelle la Royne se jetla. Le Roy l'embrassant et l'ayant relevée , ce ne furent que honneurs, carresses et baisers, respects et devoirs naturels. Après que les compliments furent passez, le Roy la prit par la main et l'approcha de la cheminée, où il parla à elle une bonne demie heure, et s'en alla de là souper, ce qu'il fît assés légèrement. Cependant il fit advertir Madame de Nemours qu'elle du t de sa part à la Royne, qu'il estoit venu sans lict, s'attendant qu'elle luy feroit part du sien, qui devoit leur estre commun des lors en avant. Madame de >Tcinours porta ce message à la Royne , laquelle fit response : « Qu'elle « n'estoit venue que pour complaire et obeyr aux volontez de Sa
« Majesté , comme sa très humble] servante. » Ceja luy estant rapporté, Sa Majesté se ût déshabiller et entra en la chambre delà Rovne, qui esloil desja au lict , et lors les princesses et autres dames donnèrent lieu par leur retraicte à l'accomplissement du mariage » Traiçlé du mariage du Roy , à la suite du Recueil de l'histoire de France,.. A Lyon , par Léon Savine , 1614, iu-16 (B. de Lyon, 24736) ; Calendrier de Lyon, pour 1730 , p. 237 ; Arch. du Rh., XII, 178; J. Morin, V, 453*
1600* — * Décembre 16 (samedi). Entrée solennelle du cardinal AU dobrandin , neveu et légat de Clément VIII (1). François Vieit , ftr* meux mathématicien , qui se trouvait alors à Lyon s oÔrit à ce prélat son traité pour la réformalion du Calendrier ( Relatio calendùrii veri Gregoriani ; Parisiis > 1600 , lu-foL)- De Thou * HùH. ùniv. — Le car^ dihal avait pris son logement dans l'abbaye d'Âinajr. Voyez le Caltftdrierde Lyon pour 1730, p. 327.
1600. — Décembre 17 (dimanche). Henri IV et Marie de Médicis reçoivent la bénédiction nuptiale dans l'église de Sl^Jean, ou la messe fut célébrée par le cardinal-légat (2). — Pendant le séjour à Lyon de leurs majestés , il y eut toutes sortes de réjouissances; la éalle des cler§éont de Si- Jean fut convertie en salle de spectacle , et une troupe de comédiens italiens y donna des représentations. Les beaux esprits firent a l'envi pouriJ/eirie de Médicis, un grand nombre d'anagrammes, entre lesquels on peut rappeler celui-ci : Mira arnica Dei , — Dame ici désirée. Voyei Hubys, p. 45o; Matthieu, jHiêt. de France , tome 2 , livre 2 ; Guiuiknon, Bresse, p. 108; Cocuard , DescrqHion , p. 166; J. Morin, Hist. de Lyon , V » 453 , otc, , etc.
1«00. — Dée*m!>te 21. M. de la Cameile , avocat, prononce l'oraison de la St-Thomas,
1 600. -— Décembre 23. Le Roi , par te tires patentes datées de Lyon , ordonne au présidia! de mettre , toute affaire cessante, les Protestants en possession du local qui léur avait été assigné pouY l'exercice de leur culte , dans la paroisse tfOiillins , en conformité de l'édit de ffanlès (dii mois d'avril 1508). Cette détermination avait été arrêtée par les commissaires du roi , le 6 septembre précédent , après de longues Conférences. Les Protestants furent installés le .Il décembre dans la grange de Ariurent Tfievenct, qu'ils avaient choisie pour leur servir de temple. Cette
installa' ion fui faite par Pierre de Montconis , lieutenant-général cri-
(t) « Entre les gei» doctes qui UQeompagnoient le lésât . estoiont tfeux grands prédicateurs, un capuci in , et D. yaul , «le l'ordre fies Théalins de Paul drafle.... >» Pfc Matthieu, Uist. dUcnrlUu , t. I , fol. 320 .le F «-dit du 1603. — -Matthieu , dans sa table , ajoute que /> 7»rt/// prcclia devant le roi et la reïne.
fâ) Le grimu* aumôtàer de Fruicé, Iteynatid dé-BttOtne, ki'àViiit pa« kctootapiçûé lé roi à Lyon , mais le cardinal du Pirroiii alors premier uumônief f s'y trouva , et ce fui h lui que S. M* s'adressa pour avoir, la permission de manger de la viande le samedi, suivant la coutume des diocèses dédiés à Notre-Dame. Vovcz le Perrouiàtia , p. 102.; Aàcnox, Chapelle iT*.t W»fs <h l'rimrfi , it, ft8t , H le Brr'bonittna , t. H, p. 30» des Mêm. <\e Brnyè. 1 ' <''■':'■' ■
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minel , et pleïf* Auslrcin , lieulen int p.irtïcalitsr civil en la sénéchaussée. Auparavant les Protestants s'assemblaient sous des tentes dans la propriété de Claude Mouton. En 1622 , l'archevêque de Lyon étant rentré en possession de la seigneurie d'Oullins (voyez ci-dessus au 26 septembre 1577) , parvint à obtenir, le '10 juin 1630, un arrêt du Conseil qui obligea les Protestants à transférer l'exercice de leur culte à St+ Romain-de-Couzon , où ils restèrent jusqu'à la révocation de l'édit de Nantes (22 octobre 168S). Cocuard, Voyagea OiUlms , p. 9; Dagibr, Hist. du Grand Hàtcl-Dieu , f , 179.
1600. — Décembre 31. Claude deRubys dédie le premier livre de son Histoire véritable de, la ville de Lyon à Messire Pomponio de Belticvre, chevalier, seigneur de Griynon , grand chancelier de France. Cette dédicace est datée de la maison de YJnliçaille , qui appartenait alors à Symphorien Buitie.r. — \< Histoire de Lyon par C. Rubys ne fut publiée qu'en 1604. Parmi les pièces préliminaires du premier livre est un quatrain adressé à l'auteur par B. T. , que nous croyons fclrc Benoît du Troncy. — Le 2e livre est dédié à Philibert de ta Guiche , gouverneur de Lyon ; le 3e à Jlphonce Delbene, êvôque d'Jtby et abbé de Haute-Combe ; le 4e aux notables bourgeois , marchands et autres habitants de tous ordres et estais de la ville de Lyon. Cette dernière dédicace est datée de YÀnticaille, le 25 juillet 1603. Elle est précédée d'une épigramme laline In Zoilum, par Maurice de Fenoit , chanoine et maître de chœur de l'église de Sl-Jusl de Lyon , conseiller au parlement de Dombes , neveu de l'auteur.
1600. — Décembre. M trie de Médicis fait mutiler dans l'église des CêlesUm le magnillquc mausolée en marbre blanc où gisait la dépouille mortelle des Pazzi de Florence. — Les Célestins qui sans doute auraient pu s'opposer à cet acte de vandalisme , sollicitèrent d'Henri IF de nouveaux privilèges; ce prince leur fi* une réponse que nous ne reproduirons pas , mais on la retrouvera dans les Variétés de Sablier, m, 4ii.
1600. — Pendant son séjour dans notre ville, Henri If fut reçu comte de Lyon. D'Aubais.
1600. -r- Le prix de la viandeesi pour le bœuf de deux sols la livre; pour le mouton et pour le veau d'un sol six deniers. Dagier 1 . 181.
1600. — « L'ouverture du Jubilé de cent ans révolus se fit à Lyon , Van 1600, avec «te grandes sole nui te z,. Les personnes les plus distinguée de la vil Le donneront des marques d'une piété sincère cl d'une dévotion rare et si exemplaire, que le peuple, à leur Imitation, s'adonna, pendant touj.ee saint temps, à toutes sortes de bounes œuvres; et on peut dire que si le Saiut-Pére ouvrit tous les Irésors de l'Eglise pour obtenir , par la miséricorde de Dieu , l'entière remission des pechea , les riches et les plus commodes ouvrirent leurs trésors temporels pour le soulagement des pauvres, qui , jour et nuit, invoquoient la clémence divise de répandre ses bénédictions sur tous ceux qui leur distribuoienl des aumônes eu abondance , et avec tant de charité... » Calendrier de
Lyon pour 1730 , p. 32*2. — Le nombre des pèlerins qui se rendirent alors à Rome , lui considérable. « L'Hôtel-Dieu de Lyon était le refuge des pauvres passants qu'il logeait et nourrissait pendant trois jours; la dépense extraordinaire qu'occasionna ce passage devint si excessive, que les recteurs furent forcés de remontrer aux magistrats que l'Hôpital ne pouvait plus longtemps en supporter les frais sans l'assistance de la ville... » Dagier , 1 , 180. — Cette année le mal vénérien se propagea d'une manière effrayante et scandaleuse dans notre ville. « Peut-être les fêtes royales qui eurent lieu alors attirèrent-elles dans nos murs un plus grand nombre de prostituées. Quoi qu'il en soit , le traitement qu'offrait Y Hôtel-Dieu, loin d'être une cause de moralité, semblait favoriser et entretenir la débauche. Il occasionnait de grandes dépenses qui absorbaient en grande partie les revenus de la maison Une mesure d'ordre devint indispensable ; les recteurs décidèrent qu'on n'admettrait au traitement que les personnes de l'un ou de l'autre sexe qui pourraient justiûer que le mal n'avait point pour cause le dérèglement de leurs mœurs, mais leur était survenu par des circonstances indépendantes de leur volonté La cure des vénériens était confiée , en ce
temps là à un chirurgien nommé Pierre Chevelu, qui mourut vers la fin de l'année 1610, et qui fut remplacé par sa veuve, laquelle* fut retenue pour panser et médicamenter les vérolés , aux dépens et hors de i Hôtel-Dieu.., » J. E. Pétrequin, Essai sur VHist. chirurgicale de l'Hôtel-Dieu de Lyon.
1600. — - Au commencemeni de cette année la dette de la ville ne dépassait pas un million. — En 1548 , sa dette n'excédait pas 200 mille livres. — Depuis 1594 où Lyon avait reconnu l'autorité du roi , plus de 300 mille écus avaient été dépensés spécialement pour son service , ou fournis à son trésor. J. Morin , VI , 16.
1600. — Le Collège de médecine ou Aggrégation de Lyon eut beaucoup de peine à faire vérifier ses états au parlement de Paris, surtout l'article qui portait qu'on donnait cent écus pour y être aggrêgé (Gui- Patin , lettre 71e). — Ce droit d'entrée fut depuis beaucoup augmenté dans ce collège, de même que dans toutes les autres aggrégalions. On n'observait nulle part l'art, de l'édit de 1707 qui réduisait ce droit à 50 livres; toutefois , les aspirants n'osaient se plaindre dans la crainte de se donner l'exclusion pour toujours , quelque mérite qu'ils eussent. C. B. Voyez ci-dessus , \9juin 1676.
1600. — ( Circa). Mort d'André de Rossant , avocat et poète , né à la Guillotière, alors un des faubourgs de Lyon. C'était le premier faiseur d'anagrammes de son temps , et il affectait tellement ce genre d'écrire qu'il en composa un traité qu'il intitula de YOnomastrophie , ou l'art de retourner un nom en changeant de place les lettres qu'il contient. Luimême anagrammatisa son nom français en celui de Art donné des arts, et son nom latin , Andréas Derossantius , en celui de Ardens , ardens os vatis. Toutefois , il ne se borna pas à ces bagatelles difficiles; il se jeta tête baissée dans la Ligue et lui consacra sa plume. Après la mort de Henri III , il publia contre ce prince un libelle qu'il dédia à Cha-
pelle-Marteau , en l'invitant à faire dresser une slalue à Jacques Clément aûn que le peuple l'honorât comme un saint. Après la réduction de Paris , il chanta la palinodie, et fit des vers et des anagrammes à la louange d'Henri IV. Toutc9 ses productions sont recherchées par les bibliophiles qui les poussent à des prix exorbitants dans les ventes aux enchères. Voyez la Bibliothèque de la Croix du Maine, tome i, p. 20; celle de l'abbé Goujet* tome xvi ; le Calai, de la B. du roi , B. L. , tome i , p. 504, et le CeltlieUênisme de Trippault, article Trappe, où on lit que de Bossant était < un bomme de bien versé dans les deux langues ; » mais Trippault disait cela en 1586 , et alors cet bomme de bien ne s'était pas encore fait l'apologiste du régicide. Nous persistons h lui attribuer les Syllogismes en quatrains pour l'élection d'un roy que dous avons cités parmi les Publications de 1589.
1600. — Publications. Le Discours de fa réception et magnificence qui a esté faicte à Ventrée de la Boyne en la ville de Lytm. A Paris, pour Benoist Chalonneau et pour Silveslre Moreau , 1 600. hi-8°.
1600. — L'Entrée de la Beine à Lyon le 111 décembre M. D. C. (Par P. Matthieu). A Lyon , par Thibaud dncelin. In-8°. — Titre gravé. ( B. de Lyon, 18947 bis).
1600. — * La Flores ta Espagnola ou le Plaisant boccage , contenant plusieurs comptes, gosserfes , brocards , etc. Lyon, J. Didier. 1600. In-12. — Selon leCalatogue La Faîtière Nyon , n09 10896 et 12480 **, fe traducteur de cet ouvrage dont l'auteur est Melchior de Santa-Cruz> se serait nomme de PissevHn ou P<w*t?m. Voyez le Manuel de M. Brunet , îv , 202 » et les Becherches sur les Fables de Lafontaine, par M. Guillaume, p. 47 et 57.
1600. —Le Jardin de Poésie de Christophle de Gamm, avec sa Muse divine. Lyon, CL Morillon. 1600/ID-12.
1600. — Medicus, seu ratio , ac via aplissima ad recte himdiscendam, tum exercendam Medicintxm. Ad Tyrones. Auclore lacobo Pons , medico Lugdunensi. Acces9erunt, in Tyronûmgratiam, brèves in Historiam gêneraient plantarum Bovillii annotationes ejusdem auctoris. Lugduni , apud Joanixem Pilteholle. 1600. Pet. in-8e. — Jacques Pons est auteur de plusieurs autres ouvrages qui témoignent de sa science. Le plus rare et le plus recherché est son Sommaire traité des melons , Lyon , Jean de Toume&% 1583 , petit în-4°, dont il existe un exemplaire imprimé sur vélin à la B. du roi , décrit par Van Praël , m , 6t.
1600. — Œuvres Je Rcrbeletis. Lyon, Martin, 1600, in-12 (B. de Roue* )c ~- Lyon efct peut-être la ville de France qui a produit le plus grand nombre d'éditions de Rabelais, au xvi6 siècle; cependant son livre avait été mis à l'index par le concile de Trente , et les personnes pieuses se seraient fait quelque scrupule de le conserver dans leur bibliothèque. Un grand aumônier de France , Nicolas Bourbon le jeune, qui avait été l'ami Henri IV, nous prouve qu'il est avec le ciel des accommodements. « J'ai eu longtemps, dit-il, un Rabelais, mais il n'étmt pas à moi ; c'étoil celui de M. Guyet qu'il avoit laissé en mon étude. Il
se confessait tous les ans qu'il avait un Rabelais qui n'éloit pis chez lui, et moi, je me confessais d'en avoir un qui n'étoitpas à moi (Borboniana, tome h , p. 310 des Mèm. de Bruys). » Deux autres cardinaux, Jntùine Duprat et Jean du Bellay quittèrent, dit M. Peiynot , plus d'une fois leur Bréviaire pour lire Rabelais ( Manuel (la Bibliophile, i , 190). Ou peut encore mettre au nombre des amis du curé de Meudon l'auteur des Essais : « Entre les livres simplement plaisants , nous dit-il (livre 11, ch. x) , je trouve , des modernes, le Decameron de Boccace , Rabelais , et les Baisers daJekan Second (I), s'il les fault loger soubs ce tiltre, dignes qu'on s'y amuse... » — J'ignore si le très docte évèque d'Jvranches , quia si bien traité de VOrigine des romans, avait un Rabelais dans sa bibliothèque , mais ce dont le bibliophile Jacob ne s'est pas douté , c'est que Monseigneur Haet possédait un exemplaire très bien relié du Moyen de parvenir , que lui avait donné son digne et savant ami , le célèbre Saumaise; c'est ce que nous apprend l'Illustre prélat , p. 127 de son Commentarius de rébus ad eum pertinenlibus. Voyez les Publications de U»96,del599, de 1608 et de 1610.
1600. — ta Portraits de$ chastes dames , dédiez à très vertueuse damoiselle, mademoiselle de Claplisson (2), par le sieur du Souhait. Lyon, par les héritiers de Benoist Rigaud, 1680. In-12. — Bulletin de Techener, 1843 , p. 433. — Li B. de Lyon ne possède pas cet ouvrage, mais elle a les suivants : I. Discours sur l'attentat à la personne du Roy par Nir cole Mignon. Dédié à Sa Majesté par le sieur du Souhait. A Lyon , par Thibaud Jncelin. ch. fo. C. In-8° de 15 pages. H. Le Pacifique ou / • ■'• . • 4 . ■ • i . • '» V
(I) Il faut ajouter au témoignage de Montaigne sur Jean Second, ceux de J. B. Rom seau et de l'abbé Fragnicr , qui font regarde « comme un des plus excellents poètes « latins modernes. » Ou peut y joindre encore celui de M. Boissonade , qui, adoptant l'ancien jeu de mots sur le nom de ce poète, le qualifie ainsi : Poêla nulli recentiorum secundus. Mais Montaigne ne s'est pas contenté de louer Jean Second; il l'a cité plusieurs fois, et sans que les commentateurs s'en soient aperçus. Je puis vous en indique»- deux exemples : le premier est digne de remarque ; ear îl porte sur ces deux ver»:
Ense maritali nemo eonfossus adultcr
Purpureo stygias sanguine tinxit aquas- , k
dont vous parlez (p. 80) comme ayant fait l'objet de nos recherches. Le hasard rient de me faire tomber sur les OEuvres de Jean Second , et j'y ai rencontré avec quelque plaisir ce fameux distique dans son Elégie VII (vers 71 et 72). Le second endroit ou Montaigne allègue Jean Second sans le nommer, est dans le même chapitre (Essais. Ilf, 8, t IV, p 264 , édit. de Lcfevrc , 182») ; il y cite ce vers :
Nec roihi deficiat calor hic hieraantibus annis ,
qu'un commentateur a conjecturé avec raison être d'un moderne* On4ettfoove, en effet, dans l'Elégie III du môme poète. Ces remarques sont peut-être un peu minutieuses, mais sans doute elles ne paraîtront pas dénuées de tout intérêt aux deux ou trois hommes de lettres qui , à ce qu'on assure , s'occupent en ce moment d'une nouvelle édition critique des Estais , dont le besoin se fait sentir . malgré les excellents travaux dont ils ont éié déjà l'objet (Note communiquée par M. Breghot). .
(2 Je présume qu'au lieu de Claplisson .,il faut lire Clapisson. Il y avait alors à Lyon un magistrat, Fraiçois Clapisson , natif de la paroisse de Dargoyre , en Lyonnais, sur lequel on peut consulter Pguxern , 1 , 421. Voycî ci -dessus uou. 1597 , et ci-après les publications de 1607. • • « • ' »
VJnli-Soldai François (sans uom d'auteur) , 1604. Pelit in-8° de 139 pages , sans nom de ville ni d'imprimeur (voyez Barbier, Jnonym., »os 13709 et 173&). — /M Soufmil est encore auteur d'une traduction de VIliade* en prose. Boileau, chant iv de Y Art iwéiique , le cite parmi les écrivains qu'on ne lit guère plus,
1600. — Stances sur l'amour conjugal et mariage du Roy , par J. B. Q. A Lyon, chez Claude Morillon , 1600. Iu-8°. — • Il y a 66 stances et « 4 sonnets au Roi et à la Kclne. On y trouve plus de zèle que de poê~ « sie. » Goijet, xv, 21.
1600. — le Triomphe des nopees du grand Henry If, Roy de France, et Marie de Medkis, princesse de Florence , par Jacques dcMeirier , advocat, Lyon , Claude Morillon. 1600. !n.8°. (B. du Roi , B. L., n° 4793.)
1601 . — Janvier 18. Jacques Marchisetti, Pisan, docteur en théologie, prononce en langue toscane , dans l'église de S. Jean , un discours panégyrique de la paix , en présence d'Henri ÏV ', de la reine et du car* diual Aldobrandin. M.
1601. — Janvier..,. Euslache de Refuge est nommé intendant de Lyon, en remplacement d'Emeric de Fie (1). — Voyez çi-après au 4 mai et au 4 décembre.
1601. — Janvier.,.. Mort de Guillaume de Gadaigne, seigneur de Bothéon , inhumé le 19 dans l'église des Jacobins (2). Il était fils de Tito-
(1) Voyez sur Etncric de Vie , YHist. de Fr. de P. Matthieu , II j 300 , édlt. de 1009 ; Epistolae Jsaaei Casauboni , passim ; Niceron , xvm , 122, et le Dict. de la noblesse de La Chenaye- Desbois. — Quant à Eustaeke de Refuge , voyez ci-après, aunéc 1007 , ad ralcem.
(2) En 1817 , après la démolition à jamais déplorable de l'église des Jacobins , ou découvrit , eu faisant des fouilles dans le sol de la Chapelle de St-Thomas , dite des Florentins , une médaille qui faisait sans doute partie des monnaies mises sous la première pierre de cette chapelle , lors de sa fondation , faite par Thomas de Gadaigne , Florentin établi à Lyon. Celte médaille offrait d'uu côté le portrait en buste de Thomas dé Gadaigne vu de profil, le corps vêtu d'une robe à plis et la tête couverte d'une loque, avec cette légende : De Guadagms ci-Flor. Sur le revers était cette inscription :
Nobilis Thomas de
GUADAGNIS. Cl Vf S
Flou, consiliahi us atque ordinarivs Magister DOMUS Cil RISTIAMSSIMI FRAN
CISCI P.» Gallor R. ac nu (a:> medio. uamc cappe (Uam) Faciesdam CURAVIT