AN. D. M. DXX
Feu M. Coehard , h l'occasion d< la découverte de ce médaillon, composa un uiémoire qu'il lut à l'Académie de Lyon , et qui est resté déposé dans les archives de celle compagnie. Le laborieux académicien fait observer que le contrat passé entre Thomas de Gadaigne et les Dominicains pour l'érection de la chapelle de S. Thomas , est du 14 décembre 1520; ce qui donne lieu de croire que le graveur du médaillon s'est trompé dans la date qu'il a mise au bas de l'inscription.
mas ; il avait été sénéchal de Lyon et lieutenant général deJLyonnois , Forez et Beaujolois. Il fut remplacé comme sénéchal par son gendre , Antoine d'Hostun, seigneur de la Baume, et comme lieutenant général par Jacques de Miotans, seigneur de Chevriêres et de St-Chawnont , premier baron de Lyonnois (Rubys, p. 457). — Guillaume de Gadaigne était resté fidèle à la cause royale , lorsque Lyon arbora l'étendard de la Ligue, Le 5 avril 1589, il écrivit au Consulat la lettre suivante, dont l'original est conservé dans nos archives municipales (Correspondance, lome xvi ) :
« Messieurs, a veq la permission de Monseigneur de Nemours, je me retiré en ma maison avéq regret, avant mon départ de n'avoir prins congié de vous outres Messieurs-, pour "n'avoir esté asamblé le giour que je partis , qui m'a occasionné vous esoripre se petit mot pour vous dire et assurer que an tous lieus où je seray, vous i avez et aurez foute ma vie un très affeezionè compatriot désirant de continuer la hdelylé et servisse que je vous ay monstré toujours au tout ce que concernera lonheur et le bien de ma patrie ; et ne sederay jamais à persone vivante qui aye esté ou oui sera, qui me exedde de voluntè ny de fait , à esposer ma vie et amploier mes moïens pour le servisse du général et pour le vostre partiqulier, messieurs, à qui , après avoir salué voz bonnes grases de mes plus humbles recommandasions, je prleray Dieu vous donner , Messieurs, très longhe et huruse vie. De Beaure£ai»d,*e cinqme avril 1689. Vostre humble compatriot très affeezionè à vous fere servisse. Gadaygne. »
1601. — Janvier 20. De par le Roy. On faict scavoir à tous que nostre tressainct Pere le Pape Clément VIU , ayant par l'entremise d© l'illustrissime et reverendissime cardinal Jldobrandin, nepveu de Sa Sainctctè et légat d'icelle et du Sainct Siège apostolique, terminé et composé tous les différents motifs de la-guerre commen/cée l'aouée dernière entre Sa Majesté et Monsieur le duc de Satoye , Sadite Majesté voulant à Fadvenir vivre en bonne paix et amitié avec ledit Duc , suivant le traité de paix faict en la ville de f'ervins lé deuxiesmé jour du mois de may , Tan 1598 , entre Sadite Majesté et le Roy d'Espagne, deffend tous actes d'hostilité eslre faicts dans les pays, terres et seigneuries, ot contre les sujecls dudit duc, pour quelque cause et prétexte que ce soit, etc. Faict à Lyon le vmgtiesme jour de janvier 1601. Signé Henry, et plus bas de Neufville. « Louis Garon fit, à cette occasion, des vers qu'il dédia au cardinaXlJ Idobrandin » et ^u il Pub,ia 80118 ce lllre : Le Bien de la paix entre les Ckresliens. » — • M. Voyez ci-après au 14 mars.
1601. — « Le i9* janvier fut chanté le Te Dexun à Si-Jehan , en réjouissance de la paix d'enlre le roi de France et le duc de Savoyw. » Adu Ru., xir, 179. — Le traité de paix avait été signé à Lyon , le 17 de <e mois. La Bresse , le Bugey , le Falromey et le pays de Gex furent réunis à la France, en échange du marquisat de Saluées. Recueil d'Isambert , xv, 245. Voyez ci-après au 14 mars.
1601. — Janvier 21 (dimanche). « Le roy est desparti de cesle ville pour s'en aller à Pùris , et le lendemain lundy , 22* dudit moys , la royoe est despartie pour s'en aller trouver le roy. » A. du Rh., xii, 179. — C'est par erreur que, dans les Pièces fugitives publiées parle marquis d'AuDAis (NéL t. i, p. 39) , on a mis le départ du roi au 18 décembre précèdent.
1601. — Mai 4. Le Consulat écrit aut députés ûi la ville en Cour:
« Tl nous semble vous devoir donner advis d'ung petit accident
qui advint bier en celte ville, afin que, s'il s'en parloit par delà, comme nous sçavons que la renommée des mauvais evenemens croist tousjours en allant, vous en puissiez respondre au vray. Sur les bonnes Testes dernières , M. de Chevrieres et M. de Refuge ayant pris de bonne part ce que nous leur feismes entendre de la coustume que nous avons en cesle ville de preveoir et pourveoir , en pareil temps, à ce que toutes choses passent en seurelé et tranquillement, trouvèrent bon que nous fissions assembler les capitaines des quartiers auxquels ils recommandèrent de veiller , chacun endroict soy, aux scandales qui pourront advenir par l'indiscrétion du menu peuple qui quelqucfoys ne se peult contenir de se chaslouiller sur le faict de la religion , parce que l'establisscment de la prétendue reformée qui a esté laict puis nagueres est chose si nouvelle à plusieurs, que La plupart des catholiques de cesle Mlle est venue au monde depuis que ledit exercice en fust banny. Tout esloit bien allé jusques au jour d'hier , qu'estant arrivé dans un basteau , au pcrt du Rhosne , près les Cordeliers , un habitant de Genève avec sa femme et sa famille , l'imprudence plustost que la malice du commis à veiller à ce qui arrive aud. port, fust cause de faire attendre ces gens là si longuement , avant de leur permettre l'entrée , que plusieurs de ceulx de la religion eurent loisir de les y aller recevoir, d'où procéda 1 altercation 1° avec quelques enfants , et en après avec d'aultres plus grands de ces pauvres gens de rivière, qui habitent en ce quartier là / et qui sont la plupart, comme vousscavez, Savoysicns, et tous goncrallement pleins d'indiscrétion , et y eust des coups de poings et quelques coups de pierre rués, dont nous estant venu ce bruict , nous allasmes trouver messieurs de Chevrieres et a\c Refuge , où celuy de Genève fust amené et ouy en sa plaincte, et le commis du port ayant esté sur ce enquis, il fust advisô que , pour l'exemple, il devoit estre desmis de sa charge , ce que nous avons exécuté cejourd'huy , et institué ung aultre en son lieu. Nous avons supplié messieurs de Chevrieres et de Refuge , de vouloir bien examiner rafTalre jusques au bout , résolus que nous Sommes de nous y rendre parties, à ce qu'il s'en ensuive exemple. H est bien à craindre que nous ne fassions semblable démission du lieutenant et de l'enseigne dudit quartier , s'ilz n'ont de quoy se couvrir de négligence' qui semble tenir quelque chose de connivence, en quoy nous serons d'aultant plus sévères , s'il en est besoing, que lesd. lieutenant et enseigne ne sont pas personnages de grand estofife. Vous sçavez que led. quartier est des plus mécaniques , etc. S. »
1601. — Mars ô. Lettre d'Henri //'au Consulat :
« De par le Roy. Très chers et bien a niez, noaz avons faict commandement au sieur du Refuge , maislre des requestes ordinaire de nostre Hostel , de s'acheminer promptement de par de là , pour vaquer à ia commission que nous lui avons donnée , tant pour l'intendance de nostre justice, que pour celle des affaires particulières de nostre ville de Lyon , au lieu du sieur de Fie que nous avons envoyé en Suisse, Il part amplement informé et instruit de noz intentions sur le faict de ladite charge, lesquelles il vous fera entendre : et vous nous ferez service bien agréable de vous y conformer de point en point, et de tenir tousjours bonne intelligence et correspondance avec ledit sieur du Refuge, et luy rendre l'honneur et le respect qui est deu à sa qualité et mérite ; vous asseurant que , de sa part , il ne manquera pas de vous donner toutte satisfaction de ses comportements, selon le commandement particulier que nous luy en avons faict. Donné à Paris , le 15* jour de mars 1601. Signé Henry; plus bas Forget. » S.
1601 . — « Le mercredy 14e jour de mars fut publié en ces le ville la paix entre le roy et le duc de Savoye , et fut bruict que la Bresse demeurait au Roy , et le marquisat de Saluée au duc de Savoye ; ce qui fut véritable. » A, du Rh., xn , 179.
1601 . — Mars 25. M. Bâillon de Saillans , prévôt des marchands , député de la ville en cour avec Jean Goujon , écrit au Consulat :
a Messieurs , ce mot est pour vous donner advis de notre heureuse arrivée à Paris , cejourd'huy 25 mars. Nous avons faict le voyage gaillardement. J'ay esté voir M. le chancelier et M. de Refuge , qui receut noz lettres si à-propos, que sans icclles il seroit desja en chemin. Je n'ay point sceu encore entretenir mondit sieur le chancelier de noz affaires; il m'a remis à demain.... Il sera à-propoz que vous m'envoyez lettres de M. de Gastines, par lesquelles il donne advis au Conseil ou à M. de Rosny, comme il est impossible d'establir la Pancarte à Lyon, car l'on m'a desja asseuré que nous l'aurions, quoi que je scache faire ny dire , et que ledit sieur de Rosny en butte à cela , etc. » De Bâillon. — Le 29 du même mois , le député Goujon écrivait au Consulat :
« M. de Saillans a faict la révérence au Roy , et recherché tous
les moyens d'avoir audience de S. M. , en la bonté seule de laquelle reste espérance pour noz affaires , car M de Rosny , soit qu'il ayt con-* ceu haine particulière contre la ville, ou qu'à tous autres il fasse le semblable, nous a, du premier coup, tellement estonnez , que c'est chose incroyable- M. de Refuge vers lequel nous pensions avoir refuge , départ demain assurément. Reste M. le Chancelier qui nous escoute, non seulement en particulier, et quand nous voulons, mais nous aime, -qui n'ose au Conseil dire mot , tant M. deRomy a pris d'autorité. C'est
ce qui nous menace de beaucoup de mal. La douane a esté ce-
jourd'hui eslroussèe (1) à M.Jannet pour 72,500 escuz, et parce que nous craignions que Vestrousse d'icelle... ne feist particulier préjudice à nos
M Ancien mot. Voyez le Dici de Trévoux.
interests..., nous en avons communiqué à M. le Chancelier, qui nous «i donné advis d'intervenir, lorsqu'elle s'adjugeroit, pour supplier, comme a faict M. de Saillans , le Conseil, que ce fust sauf ce qui nous a sur ladite douane esté accordé et confirmé par le Roy , à la forme des autre» bauk. C'est là-dessus que M. de Rosny a descbargé sa colère et dict « que la ville de Lyon ne vaidt rien au Roy , au contraire luy couste par « an cent mille escuz; que les habitans sont des mutins et séditieux qui « n'ont voulu recevoir la Pancarte ; au contraire l'ont déchirée ét efla- « cée aux lieux où elle a esté afligée , comme luy en avoit esté escript « (devinez par qui , il est fort aysé) ; que le roi n'est pas plus tenu de « maintenir ce qu'il a accordé , que l'on ne veult obeyr à ses comman- « démens et resolutions; que c'est chose qui s'establira , et que jusques « à ce qu'ainsy soit, que nous ne lèverons rien sur les douanes. > À quoy , comme l'on a voulu respondre et luy satisfaire en plein Conseil , il n'a jamais rien voulu ouyr ; et tout ce que l'on a peu de bon avoir de luy , c'est que l'on lui remist noz lettres que vous estes priez d'envoyer
promptement , et aussy un estât abrégé de ce qui a esté, puis l'esta-
blissement de l'entrée du vin , receu et payé de toutes natures de deniers pour le faict de noslrc communaultè; car il dict tout hault que la pluspart a esté appropriée à ceulx qui ont esté en charge. Si, en ces deux points, nous luy pouvons satisfaire , et ayant parlé au Roy , il en pourra peut-estre arriver moings de mal , etc. S. ; tome 22 de la Corresp. consulaire, xvie siècle.
1601. — Avril 5. Lettre d'Henri IV au Consulat :
« De par le Roy. Très chers et bien amez, nons avons veu en la despesche du sieur de Chevrieres les grandes réparations qui sont pressées et nécessaires , raesmes pour la réfection des murailles de nostre ville de Lyon, dont l'advis nous estant venu depuis que Testât de la despence que nous pouvions faire en ceste année , pour la fortification de noz places frontières, a esté conclud et résolu, nous ne pouvons plus, en ceste année, trouver moyen d'y satisfaire de noz deniers : et la nécessité desdites réparations estant telle qu'elle ne peult porter le retardement jusques en l'année prochaine , nous ne voyons au lire moyen d'y satisfaire , que de faire les fondz de ladite dispence sur l'octroy que nous vous avons nouvellement confirmé. A ceste cause , nous voulons et vous mandons que Visitation estant faicte de ce à quoy pourra monter ladite despence , vous y faictes satisfaire des deniers dudit octroy , afin que l'on y travaille promptement : à quoy vous adviserez de n'y faire faulte, comme estant question de «cureté et ornement à vostreîlite ville. Vous n'y pouvez avec vostre honneur defiaillir, comme, si vous le faisiez, nous ne vous voulions pas celler que nous en demeurerions offensez, comme plus particulièrement vous entendrez dudit sieur de Chevrieres , nostre lieutenant gênerai en la province, selon la charge qu'il a de nous. Donné à Paris , ce 5 avril 1601 . Signé Henry , et plus bas Forget. » S.
1601 . — Joril 8. Le sieur Thomé , secrétaire du Consulat , écrit au sieur Goujon , député en Cour :
« Je scay que vous avez plus de courage que voz lettres. Toutes
choses sont difficiles au commencement , cl à la Cour plus qu'ailleurs* Après la tourmente vient la bonasse. La devise des pou rsui vans en cour doit être : Fluctuamur non frangitnur undis ; mais vous verrez d'autres plus amples consolations dans la lettre que Messieurs de co corps de ville font à M. de Saiilans cl à vous. Je ne vous en dirai plus que ce mot : que c'est là que les hemmes se font cognoislre .et que l'yssuc de vostre légation sera si heureuse que vous prendrez envie d'y retourner depuis qu'une foys vous aurez recogneu le guet, et que le sucoès aura esté meilleur que vous ne l'avez premièrement espéré. Je ne vous laisseray point despourvu de ce que je sçauray et pourray pour animer voz forces , et contribuer à la deffenec* Je croy que ceste despesche me donne de quoy rendre ung brave combat. Ce faict , quand la victoire ne vous demeureroit bien entière , vous aurez toujours assez d'honneur d'avoir bien combattu , et contre ung fort et puissant adversaire. Icy l'on tient que les Lyonnois ne sont lions que le soir el brebis au matin. Mais à la Cour on les lient tous autres , et dict-on que jamais ils ne se rendent. Àussy est-ce le moyen de bien faire parmy telles gens que ceux par les mains de qui vous avez à passer. C'est le lieu où il faut faire de thppes cœur , comme l'on dit : et vous tous qui n'estes que cœur , pourriez-vous de cœur faire trippes? Non , certes î personne ne veult croyre que vous ayez appréhendé les affaires , mais plustost que vous desirez que l'on cogooisse de quelle difficulté ils sont.... »
1601. — Mai 1er Les ouvriers imprimeurs ayant à leur tète le Seigneur de la Coquille , parcourent la ville en récitant de plaisants devis. Voyez les PubliqQtiont de cette année (Plaisants devis}*
1601. — • Mai 4. Lettre d'Henry ff h M. de Chevrieres : « Monsieur de Chevrieres , j'ay veu le prevost des marchands de ma ville de Lyon par deçà, auquel j'ay parlé des réparations de ladite ville, et comme j'enlendoïs que fa despence en fust prise sur les deniers de l'entrée du vin , sur quoy il m'a remonstre que lesdits deniers estoienl tous afleclez et destinez par estât qui en avoit esté dressé en mon Con seil, si bien qu'ils n'y pou voient plus toucher. Mais quand cela ne seroît point, s'il fallait que la despence desdites réparations fust portée sur ladite imposition devin, que tout ce qui s'en peull lever n'y pourroit pas suffire, d'autant que- ladite despence est pour monter à plus de 300 mille escuz. Lorsque vous m'escrivistes dernièrement sur cesubjet, et qne j'ordonnay auxdils prevost des marchands et esehevins de Lyon de se charger de ladite despence , j'enlendois que ce ne fust que quelque légère réparation qui ne deust pas monter à plus de 2,000 escuz; mais estant question de toute ta twliffiealion de la ville , c'est chose à quoy il fault pourvoir par d'au I très expédients , comme je suis bien résolu de faire en ce cas. Mon intention n'est pas que ladite ville eii demeure aultrement chargé uy qHe l'ordre qui a esté pris sur le feict de là distribution des deniers de ladite entrée de vin soit perverti. Sur «a, je prie Dieu , Monsieur de Chevrieres , vous avoir en sa saincte et digne garde. A Paris , le 4* jour de may 1601. Signé Hknrt ; plus bas Potier. — Adresse : A Monsieur de Chevrieres , che-
valier de mes ordres, cappitaine de cinquante iiommcs d'armes de mes ordonnances , et mou lieutenant gênerai en Lyounois. » S.
1601. — Mai 8. Lettre d'Henry IF au Consulat:
« De par le Roy. Très chers et bien amez , sur ce qui nou9 fust , ces jours passez, représenté par aucuns de nos principaux olliciers de la province, du mauvais estai où se retrouvent les murailles de nostre ville de Lyon , estimant qu'ils voulussent parler de quelque démolition nouvelle qui y fust survenue depuis nostre parlement, laquelle se pust réparer a peu de frais , nou9 feimes expédier noz lettres closes , par lesquelles nous vous ordonnasmes de faire celle despence sur le fonds des oclroys que nous vous avons accordez pour les affaires communes fie ladite vilie ; mais ayant depuis esté informez que i'advis qui nous avoit esté donné , s'cnlcndoil de toute la fortification d'icelle nostre ville en gênerai , à laquelle nous sçavons que voz deniers d'octroy ne sçauroieut satisfaire , et pour laquelle aussy nous avons faict aultres fondz, nous vous avons bien voullu faire la présente pour vous decla rer que nous n'avons point entendu vous y astreindre par noslredicte précédente , ains seulement de reparer et empescher la ruine de ce qui sera en péril éminent esdites murailles , attendu que c'est vostre interest d'eslre toujours bien cloz. Et pour ce qui est de la fortification de noslredile ville , suivant les desseings qui en ont esté cy devant faiclz, nous adviserons d'y pourveoir lemieulx que fairese pourra. Donné à Paris, le 8e jour de may 1601. Signé Henby , et plus bas Potier. » S.
1601. — yi/at 26. Lettre du Roi à M. de Rosny :
« Mon cousin , j'escrivis à ceux de mon conseil des finances , le 20 de ce mois , I'advis que j'avois eu de l'arrivée eu ma ville de Lyon , des deux ambassadeurs que la seigneurie de Denise envoyé vers moy , afin qu'ils advisassent à donner ordre à leur réception, logement et traillement , .... A Fontainebleau, le 26° jour de may 1601. Signé Henry, et plus bas de Neufmlle. » Mém. de Sully, collection Michaud, 1, 387.
160J. — « Le 26 may, fat enterré un homme à la Guillotière , a 6 heures du soir, lequel on entendit plaindre, et le lundy , sur le midy , on le déterra, qui n'avoit que un linceul, etestoit couvert de terre, et estoit encore en vie, et mourut un peu aprez qu'il eut esté déterré , et demeura en terre 32 heures. Nota que voulant sonner la cloche pour luy le saniedy, la cloche rompit, ets'appeloit ledi homme Claude Rey , qui pesoit. » Ârclx. du Rh., Xlï , 179.
1601. — Mai 28. Lettre de M. de la Guichew Consulat :
« Messieurs, j'avois sceu par Monsieur de Chevrieres l'insolence qui estoit arrivée contre ceux de la religion , et luy avois mandé que je croyois qu'il estoit nécessaire qu'à ce commencement on y tinst la main un peu redde , parce qu'autrement.... le peuple s'en licentieroit fort aysemenl ; et en faisant recognoistre au Roy et à Messieurs de son Conseil que l'on a faict faire exemple par la justice , cela leur .fera cog-
noistre que ce désordre ne provyent que par quelque merlu peuple , qui n'est ny soubztenu, ny autorisé de personne , de façon quô cela me faict croyre qu'il n'en scauroit sortir rien de mauvais pour ceux qui commandent , ny pour la ville. Je vouldrois que la santé de ma femme me peult permettre de vous aller retrouver des à cestsbeure; mais je fus contrainct encores hier de la faire saigner. Je vous prierai tous, en attendant que si vous cognoissez que je vous puisse rendre quelque service , tant au gênerai qu'au particulier de la ville, de croire que ce sera avec aultant d'affection que vous me treuverez prest à le faire , elc. Voslre bien affectionné à vous servir. La Guiche. — Chaumont , ce xxviij6 may 1601. » A. M., Correspondance , t. XVf.
1601. — Juin 19. Le Consulat, sur la demande de Messieurs de Sl-Nizier, arrête que les quatre vitres , au-dessus de la grande porte do l'église de St-Nizicr , seront faictes et posées aux dépens de la ville , et seront faites toutes blanches, excepté que les armoiries du la ville seront mises en chacunedesdiles vitres. S.
1601. — Juin 16. MaJame de Torvéon écrit à M. Thomé, secrétaire du Consulat :
« Monsieur mon nepveu , cesle est pour me ramenlevoir à voz bonnes grâces , et vous advertir de noslre bon'pourtement en ceste bonne ville de Montbrison , aussi pour vous supplier bien humblement de nous faire tant de faveur que de nous faire tenir les lettres de Monsieur de la Bastie par la voye de M. Sorlet , incontinent que les aura receu. Je vous supplie aussy prendre la peyne d'envoier celuy que je vous envoie à la poste, et faire osier la couverture qui s'adresse à vous. J'ay grand regret, et ne puis que je ne rougisse de vous tant importuner, mais vous nous avez desja tant obligé en vostre endroicl que jamais Monsieur de la Bastie et moy vous rendrons humble service. Je le dis avec aultant d'affection et bonne vol Ion té que je vous demeure sans fin , Monsieur mon nepveu , vostre plus obéissante tante à vous servir, De Torveox. — « Si madamoiselle ma niepee veoit la présente, elle y trouvera avec vostre permission mes humbles recommandations à ses bonnes grâces et de ma petite niepee Calhau, A Montbrison* ce 16 juin 1601. • S.
1601. — Juillet 27. Mort de Claude du Soleil , officiai du diocèse, conseiller du roi en la sénéchaussée et siège présidial de Lyon , sacristain de S. Just et de Fourvière. — Il fut inhumé dans l'église de Ste- Croix. — En 1596, il avait résigné sa place de sacristain à son neveu , François du Soleil , docteur ez droicts , officiai ordinaire du diocèse, et conseiller en la sénéchaussée et siège présidial de Lyon. Mémoire pour Filai Deville, par M. Jolyclerc, avocat; Lyon , 1751 , in-4 (B. de Lyon , n° 19029). — Claude du Soleil fut aussi custode do Sainte-Croix, et receveur du Comtal et des deux aumônes de l'église. Il résigna , peu de temps avant sa mort , sa cusloderie à son neveu , François du Soleil, qui mourut vers 1616. Notes de l'abbé S.
1801. — « Le jeudy 2e jour d'acws/ , fut pondu et eslranglé, suites Terreaux , un nommé Gaignon de St-Jehan d'Angely , lequel avoit iaict certain sacrilège à St-Pieire-les-Ncrmains , et se fil catholique trois ou quatre heures avant que d'eslre pendu , et fut exhorté par un cordelier et un capuchin qui le conduisirent jr.ïques à sa mort... » Jrch. duitt., XII, 179.
1601. — Septcmbi'e 17. haac Casaubon qui, depuis le 30 mai précédent , séjournait à Lyon pour y presser l'impression de son Jthènêe , et qui logeait avec sa famille chez M. de Fie, eut le chagrin de se brouiller avec cet intendant, parce qu'il refusa de l'accompagner en Suisse , où il étoit envoyé de la part du Roi. Celte hrouillerie jointe à d'autres motifs , engagea Casaubon à partir pour Paris avec sa femme et ses enfants. Il paraît que le conseiller Pierre Matthieu lui rendit alors quelques signalés services ; cjr , à son arrivée dans la capitale , Casaubon lui écrivit une lettre qui se terminait ainsi : a... Vale, amico- « rum intime , et me amare perge. Ixor pro tuo numéro immortales « tibi gralias agit. Vilain langucnlihus nohis inter navigandi molest lias eo munere biduo fere fovisli , servasli. llerum vale. Lut. Par. 16 Kal, oct. cid 13 ci. » Voyez Isaaci Casauboni Epislolac, p. 674, édit. de 1638. — Voici une traduction de cette lettre :
•* Si vous pouvez y prendre quelque intérêt, très cher ami, vous saurez que , grâces à Dieu, nous sommes arrivés à Paris sains et saufs. Nous avons passé quinze jours en route; tous les éléments semblaient conjurés contre nous. L'eau nous manquait , l'air était toujours troublé , toujours battu de vents contraires. N'avons-nous pas même une fois couru le danger d'être incendiés? Je ne dis rien de la difficulté qu'il y avait d'amener jusqu'ici une femme enceinte. Je ne dis rien des fréquentes défaillances de Charlotte , confiée à nos soins par une illustre dame. Je ne dis rien des innombrables chagrins que nous avons endurés dans ce voyage. Au reste , tout cela n'a rien été en comparaison des tracasseries que l'on nous a suscitées à La Charité , où l'on nous a fait un procès, en prétendant que les malles de ma femme et mes caisses de livres étaient des marchandises , et où Ton a condamné à une amende de plus de quatre pièces d'or un malheuroux batelier. C'était nous battre sur les côtes d'autrui , car ce malheureux n'avait pas un sou pour payer l'amende. Voilà la probité; voilà l'intégrité des juges de La Cliarité 1 Dieu veuille leur donner pour celle raéchancelè insigne un esprit meilleur , ou bien anéantir leur race 1 Notre triste sort a changé de face à Orléans , ville très belle et Irés agréable. Nous y avons trouvé des amis nombreux et parfaits; on nous y a donné des livres qui ne sont pas sans valeur. Partis de là contents et joyeux, nous sommes arrivés à Paris, le 3ejour, la fortune nous souriant de tout point; c'a été la fin de notre pérégrination. Ce sera aussi la fin de cette lettre; car, si j'ai tracé hâtivement ces lignes, cela vient non pas de l'abondance de mes loisirs, mais de la force de l'affection. Adieu, 6 le plus intimede mes amis ! conti nuezàm'aimer. Ma femme vous rend d'éternelles act ions de grâces pour votre présent. Nous étions languissants au milieu des fatigues de la
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navigation; c'est avec ce cadeau que vous nous avez entretenus et conservés près de deux jours. Adieu encore. Paris, ce \7 septembre 1681. * Voyez ci-dessus au 27 septembre 1596, et les Publication* de 1699.
1601. — «Le mardy 18 septembre, sur les deux heures et un quart du matin, fit un tremblement de terre en cestc ville : Dieu veuille nous en préserver ! » Jrch. duRh., XII , 179.
1601. — Septembre 27. Lettre iV Henri IF au Consulat: « De par le Roy. Très chers et bien amez , le jourd'huy , dix heures du soir, la Reine noslre espouse est bien heureusement accouchée d'un fils (1) , et, grâces à lieu , la merc et l'enfant s'en portent bien , dont je n'ay voulu différer davantage de vous en adveriir par le sieur de VEspinay , l'un de noz gentilz hommes servans, présent porteur , que nous despeschons exprès, affin que de tant plustost vous participiez à cette bonne nouvelle, par laquelle Dieu lesmoigne qu'il continue tousjours ses bénédictions sur cest estât. Il ne faut manquer aussy de luy en rendre treshumbles grâces publiques et particulières. Ce que nous nous asseurons que vous ferez bien volontiers, comme feront tous noz bons et affectionnez serviteurs , amateurs du bien et repoz de cest estât , dont cette grâce que Dieu nous a faicte en est un tresbon fondement. Donné à Fontainebleau , le 27e jour de septembre 1601. Signé Hekry ; plus bas Forget. » S.
1601. — a Le Dimenche 30 septembre, fut faict feu de joye en ceste ville , d'un filz masle que le roy de France et de Navarre avoit eu de la royne , en rcsjouissance dudit prince Delphin ( depuis Louis XIII, né à Fontainebleau , le 27 septembre). — Le mardy 2 octobre suivant , fut faiet procession générale en ceste ville , et furent les bouticques fermées tout le jour , pour rendre grâces à Dieu de la venue du petit roy Delphin. » Jrch. du Rh., XII, 180. — L'evôquede Tarses, sufiragant de Henné, assista à cette procession , et célébra la Grand* messe dans l'église de S. Jean. S.
1601. — Décembre 16 (Dimanche). « Acte pour l'élection des sieurs Prévost des marchands et eschevins , où sont survenus M. de la Guiche et M. de Refuge qui vouloient faire nommer le sieur Alard (2) dont il y eut grand bruit, d'aultant qu'il n'éloit pas né à Lyon. » Parchemin du P. Mcneslrier , p. 82. Voyez infra au 2 décembre 1602.
1601. — Décembre 21. W Huet, avocat à la seneschausséc , pro: nonce l'oraison doctorale.
1G01. — L'an 1601 , le sieur Orlandin (3), maistre des courriers
(1) Cet enfant qu: fut ensuite Louis X///, avait iié conçu à Lyon. Voyez Y Horoscope du Boy , par lequel la ville de Lyon ayant heu l'honneur de. la conception de Sa Majesté , clic est sa vraye patrie, etc., par François Goujon; Lyon, Aïe. Jullieron , 162 i , in-4.
(2) Probablement Pierre Allant , né à Rive-dc G,er , qui ne fut nommé échevin qu'en 1007 , cl qui mourut pendaut son Consulat.
(3) On lit p. 43 de la Recherche des antiquités de Jacob Spon : « A la montée du Gouguillon , dans la cour de la maison «le Monsieur Orlandin , que les religieuses du
du costè d'Italie, ayant une metayricau village é'Irigny , à deux petites lieues de Lyon , en la seconde colline , en Ire les deux grands chemins allans à Verneyzon etMillery , faisant fouyr pourclorre de pizey un petit bois auprès de sa maison , en tirant la terre , qui estoit le 4 matj , commença à découvrir une très grande pierre de marbre blanc qui l'invita de voir plus outre , et découvrant la terre, il trouva un grand sepulchre couvert qu'il lit ouvrir, où fut veu un grand homme couché de son long , tenant d'une main une phiole de verre, dans laquelle s'y trouva encore quelque reste d'huille. Le sepulchre ne fust pas plus tost ouvert que le corps s'en alla en poussière. L'indisposition de la saison fut cause que ledit sieur Orlandin ayant tiré le grand sepulchre lit recouvrir le reste , attendant quelque autre commodité. En ce fait I on y remarqua des choses es l ranges : c'est qu'il n'a jamais esté écrit ou ouy dire qu'il y ait eu là église , cimetière , bataille , ni chose qui ail pu ranger ces corps (l^n ce lieu ; l'autre qu'il n'y a aucune forme , figure , mer rai n ou marque qu'il y eut jamais basliment, outre ce que l'on trouva tous ces corps disposez en rang , et par ordre, tous joignans et de mesme longueur, desquelz les uns av oient des phiolcs , tous les pieds tournez au soleil levant , centre la rivière du Rhosnc. M. Conin (2) , médecin , fut mené sur les lieux pour voir les phioles, mesme celle du sepulchre , en laquelle restoit encore un peu d'huille , qu'il recogncul estre huillc de baume, ce qui est véritable , car je Tay veu. » — L'anecdote qu'on vient de lire se trouvait écrite à la main sur les marges de la page 412 d'un exemplaire de Y Histoire de Lyon de G* Paradin , ayant appartenu aux Jugustins de la Croix- Rousse. A la fin du même volume , au-dessous de la dernière des Inscriptions antiques, on lisait celle note qui paraît avoir été écrite comme l'anecdote précédente vcis la fin du XVIe siècle ou au commencement du XVIIe.
a Nota que Perradin (sic) s'est montré trop peu curieux à rechercher l'antiquité des grandes mazures qui sont encore en la montagne de Former e , qui viennent descendre jusqu'à St-George , dans lesquelles fut descouvert, en commençant l'église des Minimes, l'endroit et lieu où souloienl estre les fournaises et la Monnoye eslablie par les Romains , auquel lieu fureni trouvées une infinité de formes de terre cuite pour forger des médailles , el entre autres en fut trouvé de Julia fia , de Manrnxea , de Scvere , d'Alexandre et de Gela , et d'autres encore in-
Verbe incarné ont acquise depuis peu , est cette belle pierre, que notre ancien antiquaire , M. du Choul, qui a écrit de la religion des Romains, y «voit fait apporter; car c'estoit là sa maison, et on y voit encore ses armes sur la porte. (ïuîchard a cité celte inscription dans son livre des Funérailles; mais l'aradin, ni les autres historiens île Lyon n'en font point mention.... » Pernetti , l. 177 rapporte qu'Alexandre Orlundi' ti prêta, en lo96t une somme de 439 mille livres à llenri IV (voyez les Publicatio' s «le 1604 (Diverses leçons).
(1) L'auteur de cette note, après n'avoir parlé que d'un corps . en mentionne plusieurs. Nous présumons qu'il a o:nis involontairement de parler d'une seconde fouille qui a fait découvrir les autres corps.
(2 < Nous pi rfvum );is qu'au lieu de Co k'.i . il faut lire Connain. Voyez infra , au 1er ja - l ier 1000.
cogneues qu'on a depuis congneues , ni moins fait mention d'aucunes médailles , lesquelles sont en si grand nombre en ladite ville , que quasi la quantité fait mescroire la vérité, ou donne indice que ç'ayent esté espèces de monnoyes, parce que il y a trois et quatre telz en la ville qui en pourroient fournir plus de deux mille d'or fin , et dix fois autant d'argent , et est le nombre de bronze et de cuivre si grand , que chascun en est fourny. Entre autres feu M. Laurencin (l) , prieur de S. Yrigni , s'en est veu plus de deux mille, tant de cuivre que d'or et d'argent , avec infinies singularitez de statues , graveures et autres antiquitez , qu'on pouvoit estimer son cabinet un trésor pour une antiquité. Les sieurs Chalmazel, doyen de S. Jean (2) , et de Langes (3) président , feront cognoistre à la postérité qu'ils ont eu autant de soin d'en recueillir que autre qui les ait prévenus. » Jrch. duRh., XII, 210; Nouv. mélanges de C. B., p. 327.
1601. — Claude de Rebé S. reçu comte de Lyon. D'àuraïs , Pièces fugit., t. III.
1601. — Passage à Lyon du duc de Bêthune, ambassadeur près du Saiut-Siège , se rendant à Rome , accompagné de Mathurin Régnier. — Eu 1593 , l'illustre satirique avait déjà passé à Lyon avec le cardinal de Joyeuse, qui se rendait aussi à Rome.
1601. — Fondation de la communauté des Religieuses de Sainte- Claire , par Louise de Langes , fille du président de Langes et de Louise Grollier, femme de Ballhazar de Fillars, président et lieutenant-général en la sénéchaussée et siège présidial de Lyon. Rcbys , p. 459 ; Fodére , ad calcem ; Calendrier de Lyon pour 1730 , p. 330; Jim. de Lyon de 1755.
1601. — « Les recteurs de V Hôtel-Dieu informés que les Protestants sont enterrés au cimetière de cet hôpital , quoiqu'ils ne soient accom- . pagnés que des soldats du guet , ordonnent aux serviteurs de la maison de ne permettre à l'avenir aucune inhumation de ce genre , que sur la représentation d'un ordre écrit de M. de la Guiche, gouverneur de Lyon. » Dagier, I, 166. Yoyez aussi Pernetti , 1, 305, et cidessus mars 1598.
1601. — Les parlements de Dijon et de Grenoble débattent au Conseil la jurisdiction de Bresse ; ceux de Lyon désirent un parlement auquel elle soit annexée. Elle est attribuée à ceux de Dijon. M.
1601. — Publications. Abbregè pdellc de la vraye origine et généalogie des François.... Par Noble Claude du Pré , sieur de Faux-plaisant, Conseiller du Roy tres-chrestien en la cité de Lyon... A Lyon, par Thibaud Ancelin, 1601. Petit in-8°. — On y a joint Apologie contre un livre intitulé Calacrxse du droict romain , avec une Epistre dedicatoire à la Jurisprudence. Imprimé à Lyon le vin février 1601 . — L'auteur de la Ca-
\\) Voyez sur ce pr'cur la IJingr. lyonnais..', p. 165.
(2) Claude Talaru de Chalmazel , mort le i'ô février 161 1.
(3) Xicolas de Langes , mort en m rit 1606
tacrise est Pierre A llard ( voyez ci-dessus , les Publications de 1597). — Parmi les pièces liminaires de VAbbregé fidetle, est un Sonnet de Philippe du Pré , escoiier de Tholose , fils de Claude , un Disticlum Jani Emicheni Arverni , une Epigramme latine d'André de Mornieu, en regard du portrait de l'auteur, au bas duquel on lit : Claudivs Pratvs, FrANCO- Gallvs, Annoaelal, suac lvii. Ainsi Claude du Pré entra dans ce monde vers 1544 , et, comme il nous l'apprend , à la p. 17 de son Abbregé , c'est Lyon qui fut le lieu de sa naissance ; il le dit encore , p. 6 verso de Y Apologie . et il nous apprend , p. 34 verso qu'il fut aussi écolier de l'université de Toulouse , où il composa ces deux vers par lesquels il termine sa réfutation de la Catacrise :
Esto , novis alios rébus stutliisquc tencri : At synccra fiilcs , simplex , raihi cara vetustas.
Voyez les Publications de 1 G 1 4 .
1G01 . — Publications. Le Diogene François tiré du grec , ou Diogene Ijiertien touchant les vies, doctrines, et notables propos des plus il lustres philosophes... Traduit... par M. François de Fougerolfes , doc- 1 leur médecin , avec des annotations , etc. A Lyon , pour Jean-Ant. Huguelan. M. DCÏ. ïn-8°. Dédicace à Loysde Galles , datée de Lyon , le 2 mars 1601. — Sonnet à louange du traducteur, par /. A. de Chavigny. — Les vers dans cette version sont traduits en vers , mais la poésie de Fougerolles est aussi plate et aussi triviale que sa prose. Les six jolis vers que Platon adresse à Xanlippe, en lui offrant une orange , fournissent à Fougerolles la matière d'un sonnet. M. Victor Le Clerc , le digne interprète des pensées du philosophe grec, a fort bien rendu ce madrigal :
Prends cette pomme d'or qui roule devant toi ; Que ce ga#c amoureux te rende moins cruelle .. Et si les ymx oucor se détournent de moi . Songe que tes beaux jours se flétriront comme elle.
Voyez l'article Fougerollks dans la Biogr, lyonn. , p. 115.
1 60 1 . — Oulielmi Du-Peyralii Lugdunensis Spicilegia poetica et Amorum libri III. A Paris, chez Jeremie Porto*. 1601. In-12. Voyez supra les Publications de 1593.
1601. — L'Histoire ou Chronique du Seigneur Geoffroy de Fille-Har-
duin Représentée de mot à mot en ancien ne langue françoise ,
d'un vieil exemplaire escrit à la main, qui se trouve dans les anciens archives de la Serenissime République de Venise Ensemble la description delà prinse de Constaulinople , extraicte de la fin des Annales de Nicete Coniales , historien grec... de nouveau mise en françois. A Lyon , par les Héritiers de Guillaume Rwillc , 1601. lu-fol. divisé en 2 parties ayant chacune son titre el sa pagination distincte (B. de Lyon , 4274). Rien n'annonce quel est l'auteur de la version de l'extrait de
Nicètas; il faul qu'elle ait échappé à bien des bibliographes , puisque la Biographie universelle «Vu dit pas nu mot. M. Brxmet, en parlant de celle édition de Pille-Ilardomn , fait observer qu'on lit dans le Journal de Guillaume Paradin (1) ce passage remarquable, sous la date du 30 octobre 1572 : « Mon Entre retourna à Lyon pour l'aflaire dont a voit « escrit Roville pour recouvrer le livre de Geoffroy de Fille-Harduin « pour ung Vénitien nommé Paulo Bamusio , qui le vouloit conférer « avec sa copie. » Manuel du libraire , iv , 633.
1601 . — L'Histoire de la conqueste despaude Bresse et de Savoy e , par le Roy tres-ebrestien. (Dédié) à Monseigneur de Bosny , par le sieur de La Popeliniere. A Lyon. M. DCï (sans nom d'imprimeur). In-8° de 158 pages (B. de Lyon, 2585). — A la fin du volume, versa la louange du roi , par un anonyme , deux sonnets sur le môme sujet par /. du Nesme, suivi d'un autre sonnet par un anonyme à Messieurs des cours de parlement.
1601. — La Naissance de Venfant dauphin» Mis en lumière en langue latine par M. Papirius Masson : et depuis traduit en françois sur la copie imprimée à Paris. A Lyon, par Thibaud Ancelin. M. DCI. In-8° de 15 p. (B. de Lyon, 25201, tome 28). — A la suite de celle traduction est un Sonnet et un Chant pastoral , dont voici le dernier couplet :
Sus donques, d'un verd rameau D'olive ceignons nos testes , Et chantons dessous l'ormeau En dansant des chants agrestes.
Voicy le temps qui est beau Pour jouir des amourettes ; Rien jiu monde n'est plus beau Que d'aimer nos p.istorellcs.
Vive le prince dauphin
Qui a mis la guerre à fin.
1601. — Oraison panégyrique de la paix..., prononcée en l'église métropolitaine ùcSainct Jean , devant les tres-chresliennes majeslez du Roy et de la Royne, y assistant l'illustrissime et révérend issime M. P. cardinal Aldobrandin , légat du S. Siège apostolique , et plusieurs princes, seigneurs et officiers de la couronne de France, le 18e jour de janvier 1601. Par Jacques Marquiselti , dePise, docteur cri théologie, etc., et traduite par Claude Vczu, Bressan. A Lyon , par Claude Morillon, 1601 . In-8° de 23 pages. (B. de Lyon , 23416 , tome I. ) — Cinq pièces de vers de l'invention du traducteur sont à la suite de celte Oraison (2). Ce Claude Vezu a été omis dans la Biographie du dép. de VAin , publiée par M. Depery , Bourg, 1835-1840, 2 vol. in-8°. Il existe encore des
(1) Ce Journal a été publié , en 1837 , par M. d'Aigueperie , qui a bien voulu nom permettre do le reproduire dans nos Variélis.
(2) Une autre traduction est citée dans Ielong , n° 19789 , mais elle est anonyme et imprimée à Paris , la môme année .
Fezu dans le canton de Tiévoux; il y en a un qui a servi l'Empereur et qui a tait ses premières campagnes en Allemagne.
1601. — Plaisants devis récitez par les Supposts du Seigneur de la Coquille , le premier jour de may , 1601. A Lyon, avec permission. Petit in-8° de 24 pages (B. t'osle). — Au verso du titre sur lequel est une ligure emblématique représentant Typosine , déesse de l'imprimerie, sont ces deux sixains :
Au Seigneur de la Coquille (I).
Nostrc Seigneur de la Coquille , Homme prudent et vertueux , Faicl publier parmy la ville Le siècle paisible et heureux ; Il fait voir par 1 Imprimerie , Que toute la guerre est finie.
AUX SUPPOSTS.
Vous estes supposts , vraya trompettes Des personnes les plus parf-uctes , Des plus grands et nobles seigneurs ; Sus donc, que chacun vous guerdonne D'une verdoyante coronne Comme l'honneur des Imprimeurs.
Les Devis sont en vers de huit syllabes; ils portent pour signature une L et un G , initiales de /Louis Garon , connu par d'autres poésies de ce genre. Plusieurs notabilités sont louées dans ces Devis ; de ce nombre , l'archevêque de Lyon
Duquel la dévote prière
De Dieu n'est point mise en arrière ;
M. de la Guiche
Qui rarement a son pareil :
De Lyon il est le soleil ,
11 est vaillant comme un Achille ,
On l'ayme et craint dedans la ville ,
Et ainsi comme un vieux Nestor ,
Eu France il est plue cher que l'or.
Le seigneur de Chevrieres
Qui sert d'un Ulysse en la Frauct Pour sa sagesse et éloquence ;
Le sénéchal de Bothéon
Qui renverse et qui met par terre L'ennemy le plus obstiné ;
(1) Les imprimeurs appellent Coquille uiw*- lettre employée pour une autre dans la composition , et le plus souvent , û Lyon , ce mot signifie une lettre cassée. Chaque année, le 1er mai , les imprimeurs parcouraient la ville en récitant des vers le plus souvent analogues à la circonstance. Cet usage existait déjà eu 1529.
Le noble seigneur de Refuge
Qui nous est nssrurtf refuge ;
M. le président de Fillars
Qui très dignement
Exerce la judicaturc.
Toutes les plaisanteries qui viennent après ces éloges roulent sur un poète nouveau
Qui forge dans son cerveau En mangeant de la barbotaine.
La pièce que voici clôt ce petit livret :