LE TCMBEAU DE LA GUERRE
Cy gist sous ce tumbeau la guerre
Morie et estendue par terre ,
Et qui n'a rien plus que les os :
Sus , Chresticns , d'un sainct et bon xele ,
Priez incessamment pour elle ,
Qu'elle soit tousjours en repos.
Toyei les Publications de 1594 et celles de 1610.
1601. — Sumtna omnium excommunkationum , et casuum reservatorum , tam papalis et apostolicœ quam episcopalis absolutionis , in très partes distincta , etc. Authore Jacobo Secertio , theologo parisiensi. Paris. , apud Nicolaum Buon , 1601 , in-8°. — Dédicace à Albert de Bellièvre , archevêque, comte de Lyon , sans date et ainsi terminée : Lugdui i , ex scholis et cathedra praedecessoris tui antiquissimi Dîvi Irenœi , martyr is ac protoprimatis. — Dans son avis au lecteur , Severl nous apprend qu'il composa cet ouvrage à Paris, et que, quand il l'eut achevé, il fui obligé de venir à Lyon pour y remplir les fonctions auxquelles on l'avait appelé, celles d officiai et vicaire-général de Màcon (voyez les Publications de 160*2). Severt fit , dans la suite , une traduction française de cette Somme qu'il livra au public en 1621 , mais c'est à Lyon qu'il la fît imprimer.
1601. — Le Temps passé de Claude Mermet Lyon, héritiers de
Benoist RUjaud, 1601. Pet. in-8°. Edition plus complète que celle de Lyon, Jrnoullet, 1585. In 8°. — Voyez le Catal. Lavallière-Nyon , n° 13027 , et le Manuel de M. Brunei, lll , 368. — Claude Mermet n'est plus connu que par ce quatrain qui est devenu proverbial :
Les amis de l'heure présent* Ont le naturel du melon :
Il faut en essayer cinquante Avant qu'en rencontrer un bon.
1602. — Janvier 15. Lettre àfienri IF au Consulat : « De par le Roy. Très chers et bien araez , encore que nous ne doublons point que les gens d'Eglise ne vous soient assez recommandez , toutesfais ayant une particulière alTeclion et dévotion au monastère des Chartreux de nostre ville de Lyon , nous vous avons bien voulu escrire ceste lettre , aftin que vous ayez les religieux dudit ordre et ladite maison en toute bonne et favorable recommandation, et que, se présentant une occasion de les gratiflier, vous leur fassiez paroistre que ceste lettre ne leur aura point esté inutile f et vous nous ferez service très agréable. Escript à Paris, le xv® jour de janvier 1602. Signé Henby , et plus bas de Neufville. » A. M.
1602. — Février 20. Mercredi des Cendres. « Tout le earesme , M. de Joyeuse , prince , qui s'est rendu capuehin , a presché à Sle-Croix , en ceste ville de Lyon. » Arch. du Rh.f XII , 180.
1602. — Mars 16. Arrêt du Conseil d'état portant que « és convois et enterremens des morts esquels seront envoyées torches ou fiambleaux pour honorer leurs funérailles, celles des Comteo de Lyon seront portées au lieu plus honoroble, après celles de Sa Majesté et de l'archevesque , et avant celles des prevost des marchands eschevins de la ville de Lyon; et pour le regard des feux qui seront ordonnés à l'advenir pour rejouissance publique , celuy que feront les Comtes de Lyon, attendu le commandement qui leur en est fait par Sa Majesté , sera allumé avant Ions autres , comme estant le feu royal. » B. de Lyon , t. II, n° 19035.
T02. — Jvril 4. M. Tliomas du Troncy , fils du secrétaire Tknoist du Troncy , avoit été condamné par sentence de la sénéchaussée , â rendre au Consulat tous les registres et papiers qu'avoit son père , concernant les affaires de la ville. Le Consulat arrête qu'il lui en sera donné décharge par inventaire. — La remise futefieetuée le 16 avril , et on lui fit payer 15 écus pour ses peines. S. Voyez les Publications de 1603.
1602. — Avril 11, Lettre d'Henry IF au Consalat :
« De par le Roy. Très chers et bien amez , nous vous sçavons fort bon gré du soing que vous avez de nous advenir diligemment de la dispute qui estoit survenue par de là entre les sieurs de la Guiche et de Chevrieres , mais aussi de ce que vous vous estes entremis de tout vostre pouvoir pour les accorder; prevoyantbien que, oultre ce qui estoit de vostre particulier , il y alloit aussi de nostre service et du repos de la ville. Nous avions auparavant la réception de vostre despesche esté ad ver liz dudit différend, nous y avions desja interposé nostre auctorité , en cas qu'elle y leusl nécessaire ; mais nous doublions bien qu'ilz estoient trop sages et bien advisez pour rien faire en cela mal a propoz, et dont nous puissions estre offense/. , comme nous en eussions eu beaucoup de subject s'ils en feussent passez plus avant, mesmes en ladite ville où ilz sont ordonnez pour la tenir en toute tranquillité et repos. C'est pourquoy ilz eussent eslê moins excusablos
s'ils y eussent esté cause de tumulte et desordre. Il ea est advenu aussy ainsy que nous l'avions jugé , ayant eu advis comme ilz se sont accordez, et sont demeurez bons amys eteontens Pua.de l'aultre; dont nous avons esté fort ayst , comme nous le serous tousjours que tous noz serviteurs, mesmes ceulx de leur qualité soyent en bonne intelligence en toutes nos villes, speciallement les principalles n'ayant par là subject d'aucune esmotion , et qu'elles demeurent paisibles» et les haT bitants d'icelle bien uniz les uns avec les autres , qui est ce que nous vous recommandons , et à quoy vous nous ferez service bien agréable de tenir la main de tout vostro pouvoir. Donné à FotUainebleau , le 1 1° jour d'apvril l'an 1602. Signé Henry; plus bas Forge t. * S.
1602. — AfoM4, Lettre d'Henri /fàM. dcRcffuqe :
a Monsieur ' ds Rsffuge , les armemsns que faict le roy d'Espagne , lant par terre qu o par mer, me donnent subject, avec les advis que j'en ay d'ailleurs , de craindre et appréhender quelque intelligence sur mes villes. C'est l'occasion pour laquelle j'ay commandé au sieur rte la Guiche de retourner en son gouvernement, et asseurer par sa présence celle de Lyon, sur laquelle l'on m'a adverty que noz voysins ont entreprise : et encores que je me confie assez en la fidellitè et vigilance des habilans d'icelle, touteflbis il est nécessaire que ledit sieur de la Guiche donne ordre et pregne garde que chacun face son bon deb voir de se garder. Il fault aussy faire refaire les ponts le vy s de là ville, et réparer les breschesqui en ont besoing, ainsy que j'escris au preVostdes marchands et eschevins de ladite ville, aftin qu'ils y employent les deniers d'octroy et autres desquels ilz disposent par ma permission; car je ne puis, fournir à présent des fondz de mes finances qu'avec une très grande incommodité , à cause des aultres despences qu'il fault que je face. Je scay quelle est vostre affection à mon service , et la créance que conservez envers lesdils prevost des marchands et eschevins; partant disposez-les à se resouldre à celle despenec , en préférant la seureté et utilité publique à toutes considérations privées , et en surplus assistez ledit sieur de la Guiche de tout ce qui vous sera possible , et vous employez à tout ce que mes bons subjeetz et serviteurs de ladite ville se rallient et unissent ensemble en ceste occasion , qui n'importe pas moins à leur propre salut et conservation qu'au bien de mes affaires, suivant ce que M. de la Guiche vous dira; priant Dieu , Monsieur de Reffuge, qu'il vous aye en sa saincte garde. Escript à Tours, le M0 jour de may 1602. Signé Henry, et pins bas (le ffeufville. » S. Voyez ci-après au 7 septembre.
1602. — Juin 2. Le P. Antoine de Bologne , minime, nommé à l'èvécliê de Die , est consacré à Lyon , dans l'église de 5. Picrre-les- Dames, par Jean Fabre, suffragant d'Embrun, assisté de Gaspard Dh ml , êvèque de Màcon, et de Robert Berthclot , évêque de Damas. Cna.
GENERALE OR1). 1IINOR , p. 384. M.
1C02. — «.... Au moys de Juing , fut adveré une trahison qui se conspiroit contre le roy de France, par le marescbal de Biron, le prieur
d'Auvergne, dit de pressât loi comte A' Auvergne, et autres qui furent ledit moys mis prisonniers à la Bastille à Paris , et commença Ton dès lors à faire bonne garde en eestc ville de Lyon et par toute la France.» Arch. du rt/t., XII, 180.
1602. — Juillet 23. Demoiselle Claire Dupuy, veuve de noble Claude Laurencin , seigneur de Tallnyers, et noble Benedict Laurencin , bourgeois de Lyon,avoicnt une maison à Lyon louée par la ville pour le serr vice de M. de Refuge. Ls Consulat leur fait payer le prix de cette location. S. Voyez ci-dessus , 12 septembre t£94. »
1602. — « Le mererady 21e jonr d*Aons! , est tumhê la fouldre du ciel snr le cloehier de-' 5. •/îist'de Lyon , et oTensi quatre jeunes hommes qui esloyent dans ladite église , et fofenterré un qui estoit mort le lendemain.... » Arch. du Rh.} XII, 180.
1602. — Joàtïl. Ato/a* d* BelUêore , fils d« Pjini me . ne le 21 uoûf 1583 , est reçu conseiller au parlement de Paris, « bien qu'il n'eût pas encore atteint l'âge ordonné par les lois pour être admis dans les charges de judicalure ; mais sa capacité plutôt que la faveur du Chancelier, son père, lui firent mériter cet avantage (Moréiïi). » Amelot de la Iloussaije dit dans ses Mémoires , t. I , p. 306,. que JVicolas de Bdlièvre « êtoit un bon homms qui aimoit fort à boire , et que ses « valets le (iouchoîent tous les jours , sans qu'il se sentit mettre au lit. »
1602. — Septembre 1. « Le comte de Fiesque^ en passant à Lyon , et visitant le gouverneur (M. de la Guiche) , luy avoit donné une lettre de la part de son maistre , laquelle il envoya au Roy , qui trouva ceste procédure bonne, et respondant luy dit un trait mémorable : « Il n'estoit point nécessaire de m'en voyer ceste lettre , si c'eust esté seulement pour me donner confirmation de vostre fidélité , car je la tiens si asseurée qu'elle n'avoit besoing ny de celle là ny d'autre. Mais les plus sages se tiennent tousjours au\ formes anciennes, dont celle là est des principales de ne voir ni escouter rien de la part des princes eslrangers, sans le sceu et le congé de son maistre. » P. Matthieu , Hist. de Henri IIII , t. 2 , fol. 169 de l'èdit de 1605, in-î°.
1602. — Septembre 7. Lettre du Roi au Cousulat :
t De par le, Roy. Très chers et bien amez , nous escrivons présentement au sieur de la Guiche les advis que nous avons do quelques entreprises qui sont sur nostre ville de Lyon , lesquelles on veult exécuter par surprises , et lui commandons qu'il vous face reprendre les armes, et donner ordre que vous pourvoyez à la garde de voz portes en faisant force patrouilles la nuict; estant bien certain que l'on ne vouspeult mal faire que par surprise. Cependant nous envoyons cinq compagnies du régiment du Sr du Bourg VEspinasse pour renforcer nostred. ville de Lyon, et vous mandons que vous ayez à seconder les bonnes intentions dud. Sr de la Guiche , et veiller avec luy à vostre conservation selon la fiance que nous avons en vous, et l'affection que vous avez à nostre service; vous ass'urans qu'outre qu'il s'agit en cela aultant de vostre salut et interest que de nostred, service, nous recognoistrons le bon
debvoir que vous y ferez en tout ce qui s'offrira our voslre bien et advantage. Donné à Juilly, ce vije jour de septembre 1602. Signé Henry; plus bas de Neufville. » S.
1602. — Septembre 11. Lettre du Roi au Consulat :
« De par le Roy. Très chers et bien amez, nous avons estimé que les troupes espagnoles, qui ont nouvellement passé les monts , deussent aussysans intermission continuer leur voyage pour passer en Flandres , ; mais nous avons depuis esté advertiz qu'elles doibvent séjourner en Savoye tout cet hy ver prochain , qui est un advertissement suffisant de se tenir soigneusement sur ses gardes en toute cestc frontière , mesme en nostre ville de Lyon , où elles tourneront plus volontiers leurs desseings qu'ailleurs, si elles avoientà entreprendre quelque chose. C'est pourquoy nous avons bien voulu vous faire part de cest advis, affin que vous redoubliez votre soing et voz veilles pour empescher qu'il ne se trame rien au préjudice du repos et de la sûreté de lad. ville. Nous avons aussy advisé, pour vous y ayder, de faire entrer dans le bastion de St-Jehan deux compagnies du régiment du Sr de Bourg; remettant au sieur de la Guiche de luy demander celles qu'il estimera plus à propos ; nostre intention n'estant de les y tenir qu'aullant que lesd. trouppes espagnolles séjourneront en Savoye , et que nous ayons peu fortifier nostre frontière de par de là; car si lesd. trouppes passoient plus oultrc , comme si elles ont volonté , il fault que bientost elles s'en déclarent, parce que les chemins leur deviendront tousjoursde plus en plus incommodes, nous retirerons lesd. compagnies et les remettrons dans led. régiment. Cependant elles ne vous seront à aucune charge, faisant d'ailleurs pourveoir à leur payement et entretenement; qui est ce que nous avons à vous dire pour cette fois. Donné à Monceaux, le xje jourde septembre 1602. Signé Henry ; plus bas Forgel. » S.
1602. — Le lundy 30 septembre , furent haulsées les monnoyes , savoir : L'escu à trois francs cinq sols, le teston à quinze sols six deniers , et la pièce de quinze sols à seize sols, et fut publié ledit jour , à son de trompe, par la ville de Lyon , que l'on ne useroit que en terme de livres, comme de centescus à trois cens livres.» Arch. duRh., xn, 1SI .
1602. — Au raoys de septembre , fut un tel desbordement de l'eau d$ la Saône, que tout le faubourg de Veize fut rempli d'eau entièrement et toute la plaine de Veize, la rue de la Pescherie aussi , et, par la force de l'eau , les espérons du pont de la Saône renversez, et fit icelle Saonc un très grand mal , tant en cestc ville de Lyon que aux champs; et fut le pont de Saône chargé tant de gueuses que de pierres et autres choses , afin qu'il ne tombast : et commença ladite inondation le 18 dudilmot/s de septembre , et dura quinze jours. Audit temps arriva une garnison ile plusieurs compagnies en ceste ville.» Jrch. duRh. , xn, 180; Rubys , p. 509; P. Matthieu , Hisl, de France , édit de 1606, tome 2, p. 385 (1); Du Verdier, Pmsopographie , édit. de Lyon, 1605, t. 3, p. 2G04. Voyez ci-dessus décembre 1570.
[1) « Ccsto înon«l.itio:i , «lit P. Mutthitu , fui plus grande et plus furieuse que relï
1602. — Novembre 10. Lettre du Rot au Consulat :
t De par le Roy. Très chers et bien araez , nous avons esté bien adverliz par les despesches du Sr de la Guichequt le lieu où ilfault tenir la garnison du Chasteau de Pierre-encise pour la garde d'iceluy a esté si mal entretenu, qu'il est quasy tout découvert , et ne se peull quasy plus habiter par les soldulz de lad. garnison , et toutesfois qu'il s'y peult remédier avec peu de despence , pourveu que ce soit proraptement , car ,. s'il est différé davantage , le mal augmentera , de sorte que ce qui se peut à présent reparer pour peu, ne se pourra cy -après faire pour beaucoup; et parce que c'est chose qui concerne la seureté de la ville, et à quoy vous devez principalement avoir esgard, nous voulons et vous ordonnons que vous ayez promptement à y pourveoir , et remettre ce lieu en Testât que lad. garnison y puisse demeurer à couvert. Et à ce ne faictes faulte. Dmnè à Fontainebleau , le x novembre 1602. Signé Henry ; plus bas Forgel. » S.
1602. — Décembre 2. Pendant son séjour à Lyon , en 1600 , Henri IV > par une déclaration donnée de son propre mouvement , a voit voulu que les charges du Consulat fussent atteclées aux seuls natifs et vrais habitants de celte ville. Les habitants non natifs enavoient été offensés ; ils faisoient des démarches pour obtenir que la déclaration du roi fût révoquée. Le consulat convoqua une assemblée des notables dans laquelle il fut arrêté que des remontrances seroient adressées aux députés de la ville qui se trouvoient alors à Paris. Nous n'extrairons de res remontrances , qui ont huit pages in-folio , que le passage suivant :
« Quels sout ceux qui viennent habiter Lyon? S'ils sont François,
ce sont des apprentis qui devenus les uns marchands , les autres artisans, après avoir fait leur fortune, s'en vont ailleurs avec ce qu'ils ont bultinè , sans laisser autre trace d'eux que la ruine des naturels de la ville auxquels le nom et litre de courtoisie a été de tout temps pour l'urbanité avec laquelle ils ont coûlume de recevoir en leur ville toutes sortes de gens , ou bien ce sont des personnes qui , après avoir fréquenté le présidial , deviennent procureurs ou avocats et quelques uns parviennent à l'office de judicature; ou bien encore ce sont des Espagnols , Italiens , Allemands , Savoisiens, Comtois et autres étrangers, lesquels ven oient sous le privilège des foires, et quand ils y ont fait fortune ou faillite, ils s'en retournent en leur pays , et ne laissent à Lyon que le regret, aux uns de leur avoir laissé faire le profit qu'ils dévoient avoir, et aux autres le desespoir de s'être fiés en ceux qui leur emportent tout leur bien.... » S. Voyez Rubys , Histoire de Lyon, p. 610, et ci-après, au i9 février 1603.
qui assembla le Rhosnc et la Saône en la place Confort , mais non si terrible qu'une autre qui advint , il y a cent et dix ans, au mois de février, avec telle véhémence et impétuosité , que les vagues et ondes passoient par dessus le pont, et abatirent une arcade devers le Change. » — Le même historien ajoute en marge : « Il y a un acte de eeste inondation entre les mains de M. Chalon , vicaire en l'archevescbé de Lyon , du 13 février 1490. »
1602. — Décembre \ 2. Lettre du Roi au Consulat
« De par le Roy. Très chers et bien amezj nous avons veu que le procîs-verbal de rassemblée qui fut tenue le 2 deceinoysen l'Hostel commun de noslre ville de Lyon , comme vous c6liez demeurez en bons termes d'accord sur le diûerend qui est entre les habitants de lad. ville nez en icelle, et les autres non regoicoles, qui s'y sont transplantez d'ailleurs, et y sont de longues années babitans, sur ce qu'ils disoient pouvoir estre admis aux charges de prevosl des marchands et eschevins de lad. Ville, comme les autres : pour le moings que vous aviez accordé de ne procéder à aulcune nouvelle eslection qui est à faire pour l'année prochaine , que vostredit accord ne fust parfaict ou qu'il n'y en eust jugement de nous. Et combien que nous sommes bien asseurez que vous ne vouldriez pas au préjudice de ce que dessus , procéder à aullre nouvelle eslection , toutesfoys nous n'avons voulu laisser de .vous faire ceste-cy pour vous dire que nous avons bien agréable que vous ayez ainsi commencé à traicter amiablement cest affaire , et désirerions que vous le puissiez terminer et conclure d'ung commun consentement , sinon attendre le jugement qui en sera faict par nous, qui entendrons en nostre Conseil les raisons des ungs et des aultres, vous deffendant cependant de procéder à aulcune nouvelle eslection des deux eschevins qui sont à faire en ceste année , ainsi qu'il a esté par vous traicté et promis, et comme plus particulièrement vous fera entendre de nostre part le sieur de la Guiche , auquel vous donnerez toute créance. Donné à Fontainebleau, ce xije décembre 1602 : signé Henry, et plus bas Forget. » S.
1602. — Décembre 29. Lettre à' Henri ÏVm Consulat :
t De par le Roy. Très cbers et bien amez, nous vous avons cydevant faict entendre que encores que nous eussions ordonné que le différend qui est entre vous pour le regard de l'eschevinage , fust jugé en nostre Conseil, toutesfois nous aurions plus agréable que vous en eussiez accordé amiablement ensemble , comme nous sommes bien adverliz que yous en avez esté en bous termes , et qu'il a tenu à fort peu de chose que ladite convention n'ait esté achevée. Et parce que c'est toujours le meilleur, moyen de composer les différends qui sont entre mesmes citoyens que les conférences volontaires, d'aultant que des jugemens il en demeure tousjours quelques marques de division , ce que nous entendons estre bien considéré par plusieurs des principaulx d'entre vous, désirant bien cest affaire se terminer plustost par accord qu'aultrement , et aussy qu'il tienne à peu de chose qu'il ne soit faict. C'est pourquoy, désirant aussy de nostre part qu'il s'effectue , nous avons ordonné aux deppulez qui sont icy de la part des ungs et des aultres de faire un voyage par de là , pour remettre sus le dernier accord qui avoit esté proposé entre vous; et s'il y avoit quelques points dont vous ne puissiez convenir, de se remettre à l'arbitrage, tant du sieur de la Guiche que aultres de noz serviteurs, s'il est besoing, comme vous entendrez particulièrement par lesd. depputez, en la créance desquelz nous ayons remis ce que nous avons à vous dire davantage. Sur
ce subject. Donné à Paris ce 29e jour de décembre 1602. Signé Henry ; contresigné Forget. » .— Celte lettre a été insérée dans le procès-verbal de la séance consulaire du 14 janvier 1603. S.
1602. — « La recolle du vin fut forb petite, qui causa que le vin valut à vendanges et lout le long de Tannée, jusqu'à quatre et cinq escuz l'asnée. Il mourut resté et partie de l'automne, un grand et quasi incroyable nombre de petits enfans de verollc et rigeollc (sic) , ce qui fut une espèce de contagion en la ville. » Rui vs, p. 509.
1602. — Alexandre Bouillioud, qui était alors avocat du roi à Lyon» était natif de Bourg- Jrgental en Forez. — Il paraît qu'il n'était pas parent des Bullioud de Lyon. S.
1602. — Noble François Fibrcri (?) avait èlé longtemps détenu dans
les prisons d'une ville du Piémont , on ne sait pour quelle cause Sa
femme avait fait vœu de servir, une année entière, les pauvres de Y Hôtel- Dieu , si son mari recouvrait la liberté. Cet beureux événement étant arrivé, elle se présente aux recteurs, qui la reçoivent à l'Ilotel-Dieu , du consentement de son mari. * Dagikr , 1 , 189.
1602. — Un paysan qui travaillait dans une vigne près le village de St-Mar lin-la- Plaine , qui dépendait du comté de l'église de St-Jean de Lyon , trouva dans celle vigne un petit cailloux tout broché d'or. « J'en eus, dit Pierre Matthieu (1), le premier advis. De Fie, surintendant de la justice à Lyon , eut commandement d'y faire travailler. La première production fut admirable, et entre plusieurs pièces qui s'en tirèrent , j'en monslray une au Roy aux Tuileries en laquelle l'or paroissoit et poussoit comme des bourgeons de vigne.... Le Roy fit voir celte pierre au duc de Mayenne, qui se promenoit avec luy , et à plusieurs autres princes et seigneurs, n'en faisant pas moins d'estat que le Portugais, cent ans auparavant, avoit faict d'un grain d'or qui pesoit trente deux livres.... » Vainement nous avons cherché cette anecdote dans un assez grand nombre d'auteurs, qui ont écrit sur le règne d'Henri IV; on ne la retrouve pas même dans l'édition in-fol. de X Histoire de France de lierre Matthieu , publiée à Paris , en 1631 , deux ans après sa mort. Quant à là coupe d'or, qui provenait de celte prétendue raine, et que l'on prétendait exister encore , suivant Jlléon Dulac (2) , dans le trésor de l'abbaye royale de St-Dcnis , il est à regretter que cet écrivain n'ait pas indiqué son garant. Voyez notre article sur ce sujet dans le tome 2e de la Revue du Lyonnais, p. 65-68.
1602. — Mort d'Etienne de La Barge, archidiacre et comte de Lyon, vicaire général sous Pierre d'Epinac. Exilé de Lyon, comme ligueur, après la réduction de cette ville , il y rentra après la paix de Vervins. Il fut inhumé dans la chapelle du Saint-Sépulcre à St-Jean , où gisaien
(1) Histoire de Franc*. Paris , Î709 , iu 8 . t. II . p. 707.
(2) Mèm. pour sertir à l'hist. nat. des provinces du Lyonnais, t. II . p. 181. L'auteur de ces Mémoires s'est trompé, en renvoyant pour la miiic d'or, à Matthieu Paris. Il aurait dû savoir que ce chroniqueur anglais est mort eu
Louisde Lfi Barge, son oncle, et Guillaume, son frère puîné. D. Thomas, Mém. sur la ligue, note 31 de la copie de M. S.
1602. — Publications. Jpophthegmalaex probatis graecae latinaeque linguœ scriptoribus, à Conrado. Lycosthkne, aulhore damnato, collecta.. ab omui obsccenilale et impielate purgata.... Patrum societalis Jesu studio et opéra. Lugduni , apud Jacobum Roussin. M. DCH. ln-8°. (B. de Lyou , n° 19769 ). — Outre les impiétés et les obscénités , on a retranché de cette édition Y Index personarum vel eorum , quorum dicta referuntur, index cependant très utile qui se trouve dans l'édition non expurgée, publiée à Lyon en 1584 par Antoine de Harsy. — Il existe un assez grand nombre de recueils d'Apophlhegmes. En voici un qui aurait mérité de figurer dans la table méthodique du Manuel de M. Brunet; il a pour titre :
Jpophthegmala gra?ca , Iatina , italica . gallica, hispanica; collecta à Cerardo Tuningio , Leidensi , J.-C. Exofficina Plantiniana Raphelengii. ch. la. cix. In-8°.
Bartoli ayant demandé à l'abbé Rive des renseignements sur Tuningius, en reçut une lettre qui se trouve p. 137 de la Chronique littéraire' L'abbé Rive, après avoir dit ce qu'il savait sur Tuningius y et il en savait très peu , entre dans quelques détails sur ses Apophthegmala. « J'en connois, dit-il , une édition in-8° exécutée à Leyde en 1609; elle est très rare; car j'ai parcouru plusde 160 catalogues pour la trouver , et je ne l'ai vue que dans un seul (celui du maréchal d'Estrêes, t. 1, Belies lettres) ... Meursius ne l'a pas connue et n'a pas môme su que ces Apophlhègmes ont été imprimés. » L'abbé Paquot , tome 7 de ses Mémoires , a consacré une notice à Gerardus Tuningius qui naquit à Leyde, en 1566 , et qui mourut à Bruxelles , le 19 août 1610 ; il y décrit l'édition des A\)ophthegmata de 1610, et n'en cite pas d'autres. La B. de Lvon en possède un exemplaire, et j'en ai vu un dans celle de M. Alfred de Terrebasse. Les Apophthegmes qu'a recueillis Tuningius sont assez bien choisis ; cependant je suis de l'avis de l'abbé Paquot , l'auteur aurait pu supprimer quelques saletés qu'il y a fait entrer , surtout dans les trois dernières parties. Je doute fort qu'un mot qu'il met, p. 55, dans la bouche d'Henri ÎV, soit vraiment de ce prince. Nous ne le reproduirons pas ici et pour cause. Tallcmant des Rèaux eût été certainement moins scrupuleux qne nous. » Tuningius rapporte p. 70, un autre mot qui est réellement d'Henri IV, et que Bouchel avait déjà consigné dans sa 35e sèrée : « Le grand Roy françois s'esmerveillant du langage breton, un gentilhomme Breton bretonnant exalta sa lançrue , jusques à dire à sa Majesté que Jésus Christ estant en la croix avait parlé Breton , et que Heli Lamasachlmi estoit Breton. Le Roy le luy accorda, disant que Nostre Seigneur parla Breton , parce qu'estant entre deux larrons, il vouloit estre entendu d'eux. » Celte dernière anecdote a été mise en vers et se trouve daus un Essai sur Martial publié à Lyon , l'an de Rome MM. D. LXIX.
160*2. — Apparatus lalinac lecutionis, in usum studiosae juventutis
post Afarit Nitolii prSiicipla ex X. T. Ciceronîs llbris collectas. Auctore Jlexandro Scoto... Lugduni,sumptibus ,/oanm$ PiUehotte. — A la fin du vol., sur un feuillet blanc : Lugduni , ex typographia Hugonis Gm/ei. Jnno DominiM. DCII (B. de Lyon, 3045).
1602. — L'Arithmétique de Jean Trenchant.... A Lyon , par les PiUehotte, 1602. In-8°. — Dédicace à M. de Mandeloi l , gouverneur de Lyon, datée de celte ville, ce 9 juillet 1577. — Du Verdier cite une édition de 1571 , et La Croix du Maine, une également de Lyon , de l'an 1558, «auquel temps l'auteur florissoil, dit-il, en ladite ville.» Outre ces trois éditions, nous en mentionnerons deux autres imprimées aussi à Lyon, l'une en 1608 , pour Jean de Gabiano, l'autre de 1643 , chez la vefve Claude Rigaud et ses 01s. Il est à croire que Jean Trenchant était Lyonnais , el que c'est principalement pour ses compatriotes qu'il a composé son livre, lequel parait avoir été élémentaire pendant près d'un siècle. — Lyon, qui dispute à Genève la gloire d'avoir engendré Barreme(\), a produit un assez grand nombre d'arithméticiens; nous nous proposons d'en donner un jour le catalogue. Voyez ci-après, années 1648 et 1671.
1602. — De la Bonté et Mauvaistié (sic) des femmes. Par Jean de Marconville, gentilhomme Percheron. A Lyon, par Pierre Rigaud. M. DC. II. Très petit In 8° de 245 p. — De l'Heur et Malheur du mariage : Ensemble les loix connubiales de Plularque traduictes en François par le môme. Même libraire, même date, môme format. 223 p. - Voyez sur ces deux ouvrages et sur leurs auteurs, Niceron, tome 35, p. 92 et suiv. — Jean de Marconville est auteur d'un ouvrage encore plus curieux; c'est son Recueil des cas merveilleux advenuz denozans, etc. Il y rapporte , chap. xiv, le Cas eslrange d'une fille d'Allemagne qui fui deux ans sans manger; au f. 129 et 130 , c. xlvii , le Ccls eslrange d'un lac qui est en Suisse , qu'on appelle le lac de Pilale. L'auteur est de l'avis des chroniqueurs qui veulent que PUate se soit tué de sa propre main à Piétine en Dauphinè. Ce point historique a été le sujet d'une dissertation insérée dans un journal de Lyon (le Rliône du 25 août 1841 ). Nous la reproduisons, après y avoir fait de nombreuses additions :
Il est peu d'hommes dont le nom soit aussi populaire que celui de Pilale (2). Des millions de chrétiens le prononcent chaque jour , le matin et le soir (3) ; mais comment se fait-il que l'on ne sache rien de
(1) Suivaiit Laurent Josse Leclerc , Addit. manuscrite à la Biblioth. de Bichelet , Bar rème était provençal. Voyez dans la Biogr. lyonn.t son article et celui de Hugues Bey.
(2) François de Ncufchâteau , Notes sur Gil-Blas, livre VI , ch. 1 , donne , comme imitée d'Owcn , la nièce que voici :
Qu'est-ce qu'un nom dont on se flatte ? Do tous ces grands Romains quel est le plus fameux ? lit ce Caton , César ou tel homme comme eux ?
Point du tout : c'est Ponce Pilatc.
(3) Nos ayeux disaient d'un homme mal famé : « On parle de lui comme de Pilato dans le credo. » Voy ez les Illustrée proverbes ; Paris , 1363, t. I , p. li 1.