‹ Notes et documents pour servir à l'histoire de LyonChapitre 22 sur 26 · SG · texte numérisé non relu

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positif sur la manière dont mourut celui sous lequel Jésus a souffert » non plus que sur le lieu où il a cessé de vivre? La plupart des historiens ou plutôt des chroniqueurs s'accordent à dire qu'en punition de ses cruautés et de ses concussions, il fut exilé à Vienne (1) , où, par un effet de la justice divine , il éprouva tant de traverses qu'il se tua de désespoir, l'an II ou Tan III du règne de Caiigula (2). Suidas, qui florissait, à ce qu'on croit, vers la fin du ixc siècle, le fait mourir à Rome sous Néron , et il est fort étonnant que D. Cal met et les nombreux biographes de Pilate aient négligé le témoignage de ce lexicographe. Ce témoignage était pourtant assez curieux pour qu'on ne le passât passous silence. En voici la traduction faite sur l'édition de 1705 , Il , 63 :

« Néron fut le premier persécuteur de l'Evangile (3) , ensuite il tua sa mère et finit par se tuer lui-même. Dans sa jeunesse, il s'était livre à l'étude de la philosophie , et , entr'autres choses, il s'était enquis du Christ, car il le croyait encore parmi les vivants. Dés qu'il eut appris que les Juifs l'avaient crucifié, il en fut irrité, et ordonna qu'on lui amenât chargés de chaînes, Anne, Caïphe et Pilate, qui était alors gouverneur de la Judée , afin qu'il sût par eux comment on avait procédé dans le jugement du Christ. Anne et Caïphe dirent qu'il avait été jugé suivant les dispositions de leurs lois , et qu'on n'avait porté aucune atteinte à la majesté du prince; qu'au reste tout s'était fait avec l'agrément de Pilate (4). Satisfait de ces explications , Néron renvoya Anne et Caïphe absous , mais il fit jeter Pilate en prison. En ce temps-là ,

(1) Lelievre a consacré à Pilate un chapitre de son Hist. de Vienne; il y a consigné des détails assez curieux extraits d'une ancienne vie «le S. Mainert, évoque de Vienne au ve siècle. Aymar «lu Rivail , auteur d'une histoire du Dan phi né , écrite en latin et publiée par M. de Terrebasse , en 1844 , nous apprend que la femme de Pilate se nommait Progitla; mais il ne nous dit pas où il a trouvé ce nom quia échappé aux biographes.

(2) Gabtiel Naudé . p. 189 de son Mascurat, cite un livre apocryphe de Vita et morte Pilati , où il est dit que Pilate lua son frère; qu'il égorgea le fds d'un roi d'Angleterre, et qu'il fut à la fin homicide de lui-même.

(3) Terlullien , dans le chap. V de son Apologd'que , dit « que Néron est le pre- « mier qui lira le glaive contre les chrétiens. » Toutefois, il est à remarquer que ret empereur eut des chrétiens à son service dans son palais. Voyez St-Paul, Philipp. IV, 22; Agobard , Epist. ad proccres Palatii , 1 , 193, édit Bnluz.; M l'abbé Grcppo , Trois mémoires relatifs à l'hist des premiers siècles , p. 6.

(4) Voyez Jésus devant Caïphe et Pilate , par M. Dupiu , Paris, 1828 ou 1840, in-18 ; Ragione di staio dcl presirtnite délia Giudea nella passione di Crislo, par Antoine Mirandola: Bologne, 1(>30, in 4 Catal. Lamberty , Paris , Silvcstre , 1842 , n" 135) ; les dissertations sur le même sujet par Christian Thomasius .Guillaume Goès, Jean Steiler, Daniel Maphanasius fmasque de Cartnach), J. C. Haremberg, J. G Hoffmann, etc., ete. On peut consulter aussi les anciens sermonaircs car il n'en est peut être point, qui , en préchant In Passion, n'ait apostrophé Pilate. Maxime de Turin, qui flonssait sous Théodose le jeune , dit dans une de ses homélies , que Pilate , bien qu'il se soit lavé les mains . ne se lavera jamais de son crime. — La conduite équivoque et làrhc du gouverneur de la Judée pendant le procès de Jésus, a donné naissance à plusieurs proverbes. On dit vulgairement d'un avocat ignorant : C'est un avoc tt de Pilate , par allusion à ce que ce magistrat . tout en reconnaissant l'innocence de Jésus, disait : JVo-t invenio cauram. On dit aussi à un homme qui vous renvoie a un autre dont on ne tirera pas plus c> r.iison que de lui : Fous m? renvoyez de Caïphe à PilaU. Voyez ci-de$siw la uAc 2.

Simon le magicien était à Rome. Un jour , il eut avec Pierre une dispute eu présence de Néron qui , pour les mettre d'accord , envoya quérir Pilate. Tous trois étant devant lui, Néron demanda à Simon s'il était le Christ. Je le suis , répondit celui-ci. Néron lit la même question à Pierre qui répondit : Je ne suis pas le Christ ; il a été enlevé au ciel devant moi. Alors Néron demanda à Pilate lequel des deux devait être appelé Christ. «Ni l'un ni l'autre, répondit Pilate, car Pierre était « disciple du Christ. Or «amené pour cela devant moi , et ayant dit « qu'il ne connaissait pas le Christ , je le renvoyai. Quant à Simon , il « m'est tout-à-fait inconnu ; il n'a pas la moindre ressemblance avec le « Christ. Kn elle! , il est Egyptien ; son corps est obèse ; ses cheveux « sont longs; il est noir, et sa forme diffère entièrement de celle du « Christ.» Alors Néron, irrité contre Simon qui avait menti, et contre Pierre qui avait renié son maître , les chassa de son palais. Quant à Pilate , il lui fil trancher la tète pour le punir d'avoir fait mourir un si grand homme sans Tordre de l'empereur (1).... »

Claude de Rubys , Hist, de Lyon, p. 65 , traite de fable le récit de Suidas. 11 pense avec raison qu'il faut plutôt ajouter foi au témoignage d'Adon , qui, le premier, a placé à Vienne le lieu de l'exil et de la mort de Pilate. Du temps de cet èvèque , la tradition venait encore à l'appui de ce témoignage ; et quoique la tradition , comme on l'a si bien dit , change le plus souvent la vérité en mensonges , et les mensonges en d'autres mensonges (2) , on ne peut disconvenir qu'il y a quelque chose de réel daus une opinion populaire dont l'origine se perd dans la nuit des temps. Adon gouvernait l'église de Vienne au ixe siècle , et il est assez probable que cette tradition existait déjà quand il écri\it sa Chronique. Toutefois nous ferons observer en passant , que , dans ce qu'il a dit de Pilate, il a reproduit presque mot pour mot le texte d'Orose, historien de la fin du iv° siècle, qui ne dit point (livre vu, ch. 5) en quelle ville fut relégué et mourut le gouverneur de la Judée. La même absence d'indication de lieu se fait aussi remarquer dans Cassiodore (t.l , p. 376 , édit. de 1679), dans Eusèbe (Chron., p. 179 de redit, de 1658), enfin dans Grégoire de Tours (Hist. de France, t. r, 23.)

Un des écrivains de la Byzantine, Georges Cédrenus, qui vivait au xi° siècle, raconte ainsi la fin de Pilate : « Sous le règne de Caïus

'{) On retrouve \^ même rëcil avec quelques légères variantes dans la Chronographic <le Jean Malalas, un des écrivains de la Byzantine, p. 234 et 580 de l'édition de Bonn. Suidas et Malalas attendent un traducteur français, le premier surtout qui est si souvent cité pour des faits qu'on chercherait vainement ailleurs. Son curieux article sur Jésus Christ a été traduit par Sablier, dans la t. IV de ses Variété*.

[2] De Bruix , Reflexions diverses. — « Après avoir lu les divers récits des faits qui se sont passés sous nos yeux , pouvons-nous avoir confiance dans la tradition et l'histoire. » Boistc , JHct. de la langue française. Ajoutons avec Hoffmann , un des plus judicieux critiques modernes, que l'erreur, en passant de plume en plume, finit par devenir une vérité, et que si, après un ou deux siècles, un homme de bonne foi s'avise de la relever , on lui oppose l'autorité de vingt écrivains qui se sont copiés l'un l'autre, comme si un suffrage répété vingt fois pouvait compter pour vingt suffrages. Œuvres, t VIII , p. 13».

César , Ponce-Pilale , en proie à diverses calamités , se tua , suivant les uns , de sa propre main ; suivant d'autres , accusé devant César, à cause du Christ, par Marie-Magdelène, on l'aurait mis dans une peau de bœuf avec un coq , une vipère et un singe , et il serait mort exposé aux rayons du soleil; d'autres enûn prétendent qu'il mourut, après avoir été êcorchè à l'instar d'une outre (Hist. Compendium , 1 , 343 , édition de Bonn, »

Un compilateur du xne siècle, Pierre Le Mangeur, en latin Comestor, ainsi nommé, dit-on , à cause de la quantité de livres qu'il avait lus ou plutôt dévorés, suppose que Pilate fut exilé à Lyon (1), où il était né (2) , afin qu'il y « mourut vilainement en l'opprobre et infamie de sa génération. »

St-Antonin , archevêque de Florence, mort en Mô9, dit aussi que Pilate fut exilé à Lyou où il était né, undè erat oriundus (Opp., ï , 44 1 , édit.Lugd. , 1586).

Jean de Marconville , après avoir dit dans le chap. 47 de son Recueil mémorable des cas merveilleux s publié à Paris , en 1563 , que Pilate se précipita du haut d'une montagne dans le lac de Lucerne, en Suisse , ajoute : « La commune renommée de ceux du pays est que tous les ans , Pilate se montre là en habit de judicature, mais que celui, ou celle qui le voit , meurt dans l'an (3). »

Un fameux prédicateur du xvi° siècle, Diego de la Véga, raconte

(1) Pilate n'est pas le seul personnage de la Passion que la légende ni t conduit à Lyon. De ce nombre est Hérode Antipalcr; mais on prétend que , ennuyé de son exil , -ce prince alla chercher un refuge en Espagne où il périt misérablement avec Hérodiade (A. P., Xotes et docurrients , année 39). — Scvcrt, se fondant sur quelques actes apocryphes, donne pour un fail certain la fondation du monastère de l'Ile-Barbe, par Longin , qui perça Jésus d'un coup de sa lance. Voyez Colonia, Hiêt. UU»t 1,236; Thilo , Codex apocnjphis , 1, 586; Calvin , Traité des reliques, p. 171 de ses (Œuvres françaises , Paris , 1842 , et la Biogr. lyonn , art. Longin.

^2) On conserve dans la B. de Grenoble une relation inédite du voyage d'Antoine Astesan en France et en Italie, en 1433. L'auteur s'exprime ainsi dans la partie de son voyage qui a trait à Lyou :

Dicilur hac etiam gencratus in urbe fuisse Pontius ex coiiu damnato eallidus ille Pillatus nomen relinens ab utroque parente : Nam pater illustris Tus , mater fœmina vilis Pilla molcndino fuit illi assueta paterno.

Voyez les Amœnitales litl. de Schelhorn, XI (VII), 384. — Nous ferons observer qu'il est encore un personnage de la Passion auquel on a donné une origine gauloise ; témoin ces vers d'une vieille chanson populaire cités dans le Msiagiana :

Judas était normand ; tout le monde le dit ; Entre Caen et Houcn , ce malheureux naquit. Il vendit son seigneur pour trente marcs comptants. Au diable soient tous les Normands !

(3) Voyez Conrad Gcs.icr, Descriptio montis fracli , sive montis Pilali juxta Lu' cernum in Helvelia, et Jean du Choul, Pilali montis in G allia Descriptio , dans le recueil décrit par Clément, Diblioth, curieuse , IX , 161. Voyez aussi le Dict. de Trévoux , article Pilate.

très sérieusement , mais comme une tradition , que Pilatc fut appelé à Rome par Tibère , à cause de la mort du Christ. Pour désarmer le César irrité, il se présenta devant lui revêtu de la robe sans couture deNotre- Seigneur. Tibère, en le voyant, se sentit désarmé , le reçut avec bonté , et le renvoya comblé d'honneurs. A peine fut-il sorti, Tibère redevint furieux et le fit rappeler ; mais dès qu'il eût reparu , ses sens furent calmés. C'était la robe du Christ qui opérait ce prodige qui se renouvela plusieurs fois. A la fin, Tibère, instruit de la ruse de Pilate, ne put contenir son courroux, et fulmina contre lui la sentence de mort (Luxr evangelica, pars 11 , p. 798, édit. Colon. , 1655, in-12).

Josephe, livre 18 , chap. 5 , de son Histoire des Juifs, avait déjà rapporté que Pilate fut mandé à Rome par Tibère , mais il ne dit point que ce fut à cause de Jésus. Voici à quelle occasion : « Les Samaritains s'étaient assemblés en armes et se disposaient à se rendre sur la montagne de Garisim, conduits par un imposteur qui avait promis de leur (aire voir des vases sacrés que Moïse y avait enfouis. Pilate les prévint , et s'étant avancé avec sa cavalerie et son infanterie , il occupa la montagne; ensuite il alla les attaquer près du bourg de Tyrathaba qu'ils assiégeaient et les mil en fuite ; il en retint prisonniers un certain nombre, et fit trancher la tète aux principaux. Les plus qualifiés des. Samaritains allèrent demander vengeance à Vilellius , qui gouvernait alors la Syrie. Us soutenaient qu'ils n'avaient jamais songé à se soulever contre les Romains , et que s'ils s'étaient assemblés à Tyrathaba , c'était pour se soustraire aux violences de Pilate. Vîtellins accueillit les doléances des Samaritains et enjoignit à Pilate daller se justifiera Rome. Contraint d'obéir, Pilate quitta la Judée , après l'avoir gouvernée pendant dix ans; mais , à son arrivée à Rome, Tibère avait cessé de vivre. Avant son départ de la Judée , le gouvernement de celte province avait été douné à Marcelle», ami de Vitellius. » Voilà tout ce q:ie Josephe nous apprend sur Pilate.

Il ne nous reste plus qu'à parler d'un légendaire , qui , d'accord avec le plus grand nombre des chroniqueurs qui l'ont précédé , suppose que Vienne fut le théâtre de la fin tragique du juge de Jésus (1). Ce légendaire est l'auteur annonyme (2) d'un livre ayant pour litre : La

(i) M. Peignot rapporte dans ses Singularités quatre textes différents de !a prétendue sentence de Pilate contre J. C. Nous croyons qu'il en existe un plus grand nombre. Il yen a une en italien à la fin d'un volume in-16 de IV et 52 f., imprimé à Savone, en 1522, par Joseph Bcrruerio, sous ce titre : — Collectante de rose noue spirituals zoe Sonnetti Lande Capitoli et Slantie con la sententia di Pilalo et moite cltre cose divotissime composte da diuersi clarissimi Poeti : Historiato. Recollecto per mi Xicolo dicto Z opina. — Ce livre , dont la B. de Lyon possède un exemplaire (n. 17896) , est orné de figugnresen bois dans le texte. H a échappé à Panzcr , qui ne cite qu'un seul ouvrage imprimé à Savone par le même typographe (t. X . p. 27). — Bayle, dans son Dict., art. Cornélius, cite un Discorso publié à Naplcs, en 1588 , par un fameux jurisconsulte .

tences attribuées à Pilate. Ce Cimiltc Borello. omis dans M.irûri et d.msla Hiojr. wiiv. ,

(2) Les trois écrivains qui faisaient alors à Lyon des versions et des abrégés hislori-

Dettruclion de Jérusalem et lu Mort de Pilule, livre dont l'édition la pUi$ ancienne et la plus rare est très probablement celle de Lyon , in-4° gothique sans date. Je la crois de 1488 , car l'exemplaire que possède la bibliothèque de l'Académie royale de Lyon est relié avec le petit abrégé en français du Vita Christi de Ludolphe (1) qui porte cette date. Le caractère typographique est le même dans les deux opuscules dont le papier offre une roue dentée , marque distinctive d'une papeterie lyonnaise de cette époque. Rien de plus drolatique que le récit de la mort de Pilate , dans ce curieux livret. Si Rabelais fût né dix ans plus tôt , je serais tenté de le lui attribuer; mais , en 1488 , il n'avait encore que quatre ans. Il est très probable que ce livre est un des premiers qu'il aura lus , car le bon moine qui Ta composé , a bien certainement eu l'intention d'instruire et d'amuser tout à la fois les petits enfants et leurs grand'méres. On va en juger par l'analyse que nous allons donner de son récit.

Le pieux légendaire suppose que, pendant le siège de Jérusalem , Pilale sortit de la ville et se rendit à Titus, en le conjurant de supplier son père de le prendre à merci; mais Vespasien fut inexorable, et fit direàPilate qu'il n'aurait merci de lui, pas plus qu'il l'avait eu lui-même de Jésus. Pilate fut donc retenu comme prisonnier de guerre et envoyé à Rome. Traduit devant le sénat qui le déclara coupable de lèze-majesté divine et impériale , il fut condamné à mort. La sentence porta qu'il serait juslicié à Vienne où il avait pris naissance. Conduit en cette ville par dix chevaliers de l'empereur, Pilale, en attendant qu'on fit les apprêts de son supplice , qui ne devait pas durer moins de vingtdeux jours , fut d'abord mis dans un puits, ensuite dans une tour à trois étages qui était sur le pont de Vienne. Des gens armés occupaient le premier et le troisième étage de cette tour ; Pilate était au second. Tout ayant été disposé pour l'exécution de la sentence , des soldats reçurent Tordre d'aller le chercher; mais tout autour de la tour et des créneaux, il y avait une si grande quantité de diables qui criaient : Jl est nôtre! il est nôtre! que c'était chose horrible et merveilleuse à voir. Toul-àcoup la tour trembla si fort que les chevaliers et les justiciers qui s'y trouvaient en sortirent et vinrent se réfugier sur le pont. A peine y furent-ils que la tour s'enfonça dans le Rhône comme dans un abyme. Alors les justiciers s'adressant à des pêcheurs : Il faut, firent-ils, que

ques en français, étaient le dominicain Jean Batalicr 'ou Bolhalicr , Pierre Farget et Julien Macho, l'un et l'autre augustins Celui-ci est principalement connu par «a traduction du Miroiter de la rédemption de lumain lignage, Lyon, 1479; in-fol.. où l'on trouve une histoire de Pilate qui diffère encore de toutes les autres. On y rapporte que, pour ne pas subir la sentence qui le condamnait à mort , il se occist de sort propre couteau à Rome, et que son corps lié à une grosse pierre, fut jeté dans le Tibre, mais qu'il en fut retiré à cause des inoudatious excitées par les mauvais esprits ; qu'il fut transporté à Vienne et précipité dans le Rhône , où ces mêmes esprits recommencèrent le même jeu, ce qui porta les habitauts de Vienne à le sortir de l'eau et à le sepulturer an territoire de Losanne (fol. n. III}.

(i) Voyez le Manuel de M. Brunei , IV, 32» , et le n ccu de la BibliofraphU lyonnaise du XVe siècle.

vous alliez avec un bateau et des cordes là où est la tour , et voir si elle est entrée bien profond... Quand les pêcheurs virent que l'eau tournait toujours , ils dirent qu'Us ne s'en approcheraient pas avant d'avoir essayé s'il y avait péril ou non. Ils prirent donc un bateau et une corde d'environ quatre cents toises; ils lièrent le bateau à l'un des bouts, puis ils montèrent sur le pont à l'endroit où l'eau tournait; ensuite ils laissèrent aller le bateau tant que tout fut entré dedans , excepté le bout de la corde qu'ils louaient, et auquel ils attachèrent un grand tonneau rempli de liège; puis ils le lâcheront , et tout entra, bateau , corde et tonneau , là où la tour s'était fondue. Ainsi mourut Pilate , et onc puis on ne retrouva rien , ni de lui , ni du bateau, ni du tonneau rempli de liège. L'eau y tourne encore , et le pilier où il devait être justicié resta dressé sur la place de Vienne. Or les diables firent loutes ces choses, afin qu'il ne se repentît pas; car si on l'eût justicié , il se fût repenti , et il eût été perdu pour eux. Ils le firent aussi pour l'avoir en corps et en âme, afin qu'il fût damné à tout jamais (1).

De pareils contes pris au sérieux par le menu peuple tendaient à perpétuer dans nos contrées une opinion qui s'est singulièrement affaiblie depuis que Nicolas Chorier en a fait voir assez clairement toute la fausseté dans ses Recherches sur les anliquilez de Vienne (2). Aujourd'hui , grâce au progrès des lumières, si un cicérone s'avisait de dire à un voyageur quelque peu lettré : « Voici la tour de Pilate; voici sa mai- « son (4); voici son prétoire; voici son tombeau (3); » ce touriste ne manquerait de lui répondre avec Horace :

Crcdat Judacus Apclla.

En définitive , nous croyons que la question de savoir comment et en quel lieu Pilate a terminé sa vie restera pour les curieux une énigme qui ne trouvera peut-être jamais un OEdipe.

(1) Il a été public a Lyon, en 1827, une tragédie en 5 actes et en vers, intitulée Pilate , par M. Percnon. Ce drame se termine par la mort du gouverneur de la Judée, qui se pend sur la scène. Si jamais cette pièce est représentée, nous engageons l'acteur qui remplira le rôle de Pilate , à lire le chapitre XXIV de la Jeune fille de Pcrth , par sir Waller Scott. II y verra comment on peut pendre un homme sans q jc la mort s'en suive.

(2) P. 28 etsuiv.de l'édition de Lyon, 1683-, in-12. Voyez aussi Moréri, art. Vienne.

(3) Cette maison avait appartenu à ffumbert Pilati , secrétaire du dernier dauphin du Viennois, Ilumbcrt H. Son nom a été facilement confondu avec celui de Pilate . qui n'étant inconnu a personne , l'a emporté sur celui de Pilati inconnu à tous. — H existe à Lyon, sur là colline de Fourvière , une maison appelée Pilota , du nom d'un riche bourgeois qui la possédait sous Louis XIV. Comme elle est voisine de la rue JuiveriCj il se trouvera sans doute, un jour, quelque chroniqueur qui ne manquera pas de supposer que cette maison doit son nom h Pilate , et que probablement il y a pris naissance:

(4) Cillimaquc, cité par S. Jérôme, disait trois siècles avant J. C. : « Ils seront tou- « jours d'insignes menteurs, ces Crétois qui , par un mensonge sacrilège, ont élevé nu « tombeau à Jupiter, et prétendent que c'est le sien, » Voyez les Notas sur i Ociariu» de Minucitts Félix, p. 237, édit. :lc Lyon , !8'<3, in-8

1605. — Christophe i Clavii tVi Sphaemm Joanis de Sacro Bosco

Commentarius. Nunc quarto ab ipso auctore recognitus, etc. Lugduni, stimplibus Joannis de Gabiânj. (Excudebat Guichardus Jullleron). 1603. ln-i°, — Cette édition est omise dans la Bibliogr. astronomiq. de Lalande, où l'on ne trouve pas, non plus, une 5e édition publiée à Lyon, en 1607 , in-4°par ffttg. de la Porte el Jean de Gabianû , imprimée par Jacques du Creux dict Molliard.

1602. — Chronique de Savoye, extraicte pour la plupart de l'histoire de M. Guillaume Paradin. Troisième édition, enrichie et augmentée en divers eudroils , et continuée jusques à la paix de Tan 1601 . A Genève. De l'imprimerie de Jean de Tournes. M. DCI1. In-fol. — Dédicace au Roi (Henri I V ) par Jean de Tournes , l'éditeur et le continuateur de cette Chronique. — La première édition publiée à Lyon par Jean de Tournes (1er du nom) et Guillaume Gazeau, 1552, in-4° , est dédiée par G. Paradin h Jacques d'Albon, seigneur de Saint-André, gouverneur du Lyonnois. La seconde est de 1561 , in-fol. ; elle a été imprimée par /an de Tournes (2° du nom). — Paradin , I. 3 , c. 96 de sa Chronique , après avoir fait l'éloge de Véglise de Brou et de son beau

pavé, sur lequel on a quasi regret de marcher, ajoute : « Il tne

souvient que y estant y avoit un gentilhomme qui, faisant conscience de cracher sur ce pavé, cracha au visage d'un gros vilain pâtissier ayant le nez tout fleuri de gros boulons teincts escarlate, disant qu'il n'y avoit rien en toute l'église plus sale pour cracher quecesluy-là (1). » Cette anecdote est, comme tant d'autres, renouvelée des Grecs. Diogène Laerce, dans sa Vie d'Arislippe, rapporte un fait tout semblable: « Simus, maistre d'hostel chez Denys, faisoit voir à Arislippe sa maison toute pavée à compartiments de marbre et meublée magnifiquement , quoiqu'au reste Simus ne fust qu'un misérable esclave de Phrygie, et de plus un faquin. Arislippe luy cracha au visage , et cet honneslc homme eu demeura un peu interdit. Mais , pardon , seigneur Simus , lui dit-il ; tout est si beau céans, tout y est si bien paré , si bien ajusté, que, pour ne rien gaster* j'ay crû qu'il valoit mieux cracher sur vous, que de salir la place.*.. » Tanncgui Lefèvre, auquel nous avons emprunté celle traduction , fait la remarque suivante : « Ce que dit icy notre autheur « (Diogène Laerce) me semble mieux convenir à Diogène (le cynique) « q^i'à Jristippe, et je doute fort de cette histoire. Notre philosophe « étoil trop galant homme pour en user de la sorte. » Nous ferons observer qtf Arislippe , toujours au rapport de Diogène Laerce , reçut un jour de Denys un crachat au visage , et qu'en galant homme il eùdura cet affront sans en témoigner aucun ressentiment* « Un de ses amis l'ayant rencontré le lendemain : « Quoy , Arislippe , lui dit-il , souffrir de lelies indignitez? — Vous n'y songez pas, répondit Jristippe; mille pauvres pescheurs se mouillent souvent jusqu'à la peau pour n'attraper peut-être qu'un goujeoa , ou quelque méchante sardine; vous ne vou-

(i) Voyez ta Reehsrchn hi$l3ii'j'ijs $t archhhgiriusi s ir l'éfit: d> Brou , par J. Bal a; Uoi,rg , 1844, •»-£.

driez pas que Je souffrisse un peu de flegme qui tombe sur mon visage pourpescher un turbot ou un saumon? C'est l'entendre mal, ne vous en déplaise. » Même traduction.

1 602. — Discours exécrables des Sorciers , tirez de quelques procès faicts à plusieurs de la même secte , avec une instruction pour un juge en faict de sorcellerie. Par Henry Boguet.... Lyon , Pilleholte, 1602 (1). Petit in-8°. — Outre cette édition , M. Brunet en cite trois autres ; Paris, Binel, 1603, pet. in-8° ; Rouen, Osmont , 1606, petit in-12; Lyon , 1610, pet. in-8°. Voyez les Publications de 1608.

1602. — Histoire dis drogues, épiceries et de certains médicamens simples y qui naissent ès Indes tant orientales qu'occidentales, divisée /

en deux parties Le tout fidèlement constaté..., sur la version

latine de Clusius : par Antoine Colin , apothicaire juré de la ville de Lyoo,el par luy augmenté de plusieurs figures. A Lyon , par Jean PUleholte , 1602. ln-8°. — Parmi les pièces liminaires sont des vers latins et françois de plusieurs auteurs, à la louange de Colin , de deux de ses frères, Claude et Çosmc , suivies de son portrait où l'on voit qu'en 1602, il avait 40 ans.

1602. II oVOrnano Marte, delcapitano Biassino Leca detto Jlcione. Stampato in Bourdeo. M. DGII. Pet. in-8°. (B.dcM. le Cw de Gregorj). — Ce poème en 24 chants a pour auteur un Corse; il est in ottava rima , et n'a pas moins de 690 pages. Il contient le récit d'une partie de la vie et des faits d'armes du maréchal oVOrnano. On y trouve, p. 128 et suiv, , des détails très circonstanciés sur son entrée à Lyon et sa prise de possession de cette ville , en 1594 , au nom A* Henri IF ; et , p. 182 et suiv. la description de l'entrée de ce monarque à Lyon.

1602. — Lettres du Pcre Nicolas Pi 'mante , visiteur de la Compagnie de Jésus ez Indes orientales : au R. P. Claude Jquaviva, gênerai de la inesme Compagnie : datées de Goa, le^21 décembre 1599 : traduites du latin imprimé à Borne. A Lyon, par lean Pillehotte , M. DCIÏ. Petit in-8°de 1H pages.

1602. — Le livre de Taitlevent, grand cuisinier de France.... Lyon, pour Pierre Rigaud, 1602. 2 parties en 1 vol. in-16. — Il existe plusieurs autres éditions lyonnaises de ce livre ; une des plus anciennes est probablement celle qui fut imprimée dans la maison de feu Barnabe Chanssard , sans date , et que nous avons indiquée dans le supplément de notre Bibliogr. lyonnaise du XF* siècle , n° cccxxvn bis. Voyez aussi M. Brunet, Manuel , iv , 391 . — TaWevent ou Taillevant était le Queux c'est-à-dire, le grand cuisinier du roi Charles FIL Voyez la Monnoye sur la Croix du Maine.

1602. — De Mnltiplici anathemafe juris œquivalente ad nominalim liber (sic)... Authore Jacoljo Sevcrtio, theologo Parisiensi. Parisiis, apud

(2) M. Brunei , n, 8897* «le ta Tttblt méthodigus de totj Manud , ciU une iditiou de Lyon de 1603.

Aico'aum Biton. 1602. Pet. in-8°. — Lorsque Severt livra cet ouvrage à l'impression , en août i60l , il était officiai et vicaire général de Gaspard Dinet , évôque de Mâcon , auquel il le dédia. Voyez les Publications de 1601.

1602. — Ordonnances generaks , (aides par Mgr le Reverendissime Evesque de Mascon , pour le reniement de son Diocèse : publiées Tan du salut 1602. A Lyon, par Jean Pilleholte. 1602. ïn-8°. — Dédicace (VJtUoine /Vrou, prêtre , à Gaspard Dinet, êvêque de Mâcon.

1602. — La Practique de r Orthographe françoise , par Claude Mermet , escrivain de S. Rambert en Savoy e , demeurant à Lyon. Troisième édition. A Lyon , par Pierre Rigaud. 1602. In-16. — Voyez les Publications de 1583 , date de la première édition de cet ouvrage, qui fut encore réimprimé en 1612. — Mermet , comme auteur dramatique , a un article dans VHist. du Théâtre François des frères Parfait , tome 3, pag. 471.

1602. — Relations des Pères Loys Froes et Nicolas Pimenta, de la Compagnie de Jésus , au R. P. Claude Jquaviva , gênerai de la mesme Compagnie : concernant l'accroissement de la foy clirestienne au Jappon et autres contrées des Indes Orientales és années 1596 et 1599. Traduites du latin imprimé à Rome. A Lyon, par Jean Pillehotte. M. DCII. Petit in-8° de 175 pages.

1602. — - Stimuli virtutumadolescentiœ christianœ dicali , libri 1res : conscripti primum Jingualtalica à D. Guilliel. Baldesano... nunc recens in gratiam sodalium exterarum nationum latine redditi à quodam Societatis Jesu.... Lugduni , apud Joan. Pillehotte. 1602. In-16 (B. do . Lyon).

1602. — Joannis Pierii Valeriani Bellunensis Hieroglyphica.... Lugduni, sumptibus Pauli Frelon (ex lypograpbia Claudii Morillon). 1602. Jn-fol. — A la suite, et avec une nouvelle pagination, se trouvent la Declamalio du même auteur pro sacerdotum barbis et ses Poemata (B. de Lyon).

1 602. — La Fie de Madame Saincle Barbe , par personnages. Lyon, Pierre Rigaud. 1602. In-16. — Catal. Sole inné , Suppl. au tome I, n° 73; Brlneï , îv, 616. Voyez les Publications de 1605 et de 1608.

1603. — Janvier 3. Un acte du Consulat , portant cette date , atteste l'existence d'un usage singulier : on y voit qu'on était venu déposer à rilôtel-dc-Ville une perluisane qui avait été placée sur le corps du feu capi laine Lacombe , penon du quartier des Terrequx, lors de ses obsèques. Le Consulat se réserve de statuer sur cette pertuisane, laquelle , « par droit de guerre et commune observance de la ville , doit appar- « tenir à celui qui s'en est saisi le premier, à l'entrée de l'église où « ledit défunt a été inbumé. » C. B., Mèl., p. 3ï.

1G03. — Janvier 23. Séance consulaire. Bonaventure Nugo , imprimeur de cette ville , expose qu'il a entrepris d'imprimer V Histoire de cette vide , composée par le sieur de Rubys ; qu'il y a déjà longuement

travaillé, mais que, n'ayant pas moyen de parachever, il recouroitau Consulat pour le prier de l'aider d'une somme de 1 00 écus au moins , «ans laquelle il ne pourroit terminer cet ouvrage; les priant de considérer que tel livre ne pourra guère avoir de débit hors cette ville , ni mesme eslre vendu ic.y , si ce n'est à quelques uns des plus curieux. — Et ledit sieur de Rubys comparant aussi , ayant certifié qu'il en a privilège du Roy , et qu'il s'estoit lousjours promis que le public , à l'honneur duquel cet ouvrage tournerait, supporteroit partie de la dépense, joignant , pour celte cause, sa prière à celle de l'imprimeur , à ce qu'il plaise au Consulat les aider d'une somme de 100 écus. — Les Consuls esctievins considérant que , comme la ville ne peut que rapporter d'un tel ouvrage beaucoup d'honneur et de profit qui passera à la postérité , aussi pourroit-il advenir qu'il se trouveroiten iceluy plusieurs choses desquelles aucun particulier voudroit tirer quelques mauvaises conséquences contre les droits , honneurs et privilège de la ville , et la mémoire de nos anceslres : à ces causes , et sous protestation que ce livre de l'histoire, dont est question et tout le contenu en iceluy ne puisse estre tiré à aucune conséquence pour pouvoir faire préjudice au gênerai ou particulier de ladite ville cl au Consulat, corps et communauté d'icelle , le Consulat fait compter audit imprimeur 236 livres, à la charge de remettre au Consulat deux impressions de ladite Histoire reliés en bois, couverts de basane pour eslre remis et conservés aux archives , etc. S. — Le 26 Juillet de cette année , Rubys dédia au Consulat la quatrième partie de son Histoire , qui ne fut publiée qu'en 1604. Voyez ci-après au 16 septembre.

1603. — Janvier el février. Froid rigoureux. Reins, p. «509; Calendrier de Lyon pour 1730, p. 332.

1603. — Février 19. Le roi donne une déclaration par laquelle il admet à Yéchevinage les non-natifs de la ville de Lyon , qui auraient au moins dix années de résidence dans cette ville, comme chefs de maison. Quant aux fonctions de prévôt des marchands, elles sont exclusivement réservées aux natifs de la ville. — Le parlement de Paris, appelé à vérifier celte déclaration, la modifia par un arrêt du 24 mat, en portant à 12 années l'obligation de résidence dans la ville, et en ajoutant la condition d'une propriété d'au moins 10,000 livres de valeur, soit dans la ville , soit dans la province du Lyonnais. J. Moiiur, VI , 50. Voyez aussi Pierre Matthieu , Uisl. de France, édition de Paris, 1606 , in-8°, p. 448 et suiv. , et le Recueil de Barbier , p. 63 et 66. « Il faut beaucoup de temps, dit Pierre Matthieu , pour faire un bon citoyen , et nul n'en peut porter le nom, sans premier en avoir monstré les effets. Il est des hommes qui font leur fortune loing de leur pays comme des arbres qui sont transplantez d'un lieu à l'autre, fis sont tousjours estimez estrangers jusqu'à ce qu'ils ayenl jeté de profondes racines et communiqué leur fruit. Si on les arrache après . ils appartiennent au fond qui leur a donné la nourriture el l'accroissement, et non à celuy de leur première naissance. »

1603. — Avril 8. SHnce cvisxlwre. Les quatre courriers de la plu-

part des savetiers de cette ville demandent une place pour étaler leurs ouvrages , attendu les défenses à eux faites d'étaler sur le pont de la Saône , et parles rues delà ville; ils ont proposé la place des Cordelien, et il a été ordonné que lesdits savetiers se retireront à ladite place , avec défense d'étaler et vendre aiUeurs. On charge le voyer de leur y choisir un local commode. S.

1603. — Avril 15. Le Consulat délivre à Jérôme Martin , de Cologne , un-certificat portant qu'il est arrivé à Lyon au mois de février dernier et qu'ït y a séjourné jusqu'à présent; que pendant ce temps il a exposé publiquement en vente plusieurs huiles , onguents et remèdes à diverses maladies , et fait expérience de l'art de chirurgie en plusieurs occasions , tant en public qu'en particulier, avec grand abord et affluencede personnes qui seroient allées à lui pour se pourvoir d'huiles, onguents, etc. , ou pour se faire panser et médicaracnler , servant les pauvres gratuitement , sans que les médecins , chirurgiens et apothicaires de cette ville s'en soient aucunement formalisés , et qu'aucun particulier en ait eu mécontentement , etc. S.

1603. — Avril 17. Le Consulat fait défense aux épiciers et aux confiseurs de vendre des dragées composées d'amidon t qui est un bled corrompu , malsain et très dangereux à la santé , au rapport des médecins auxquels il en a esté parlé : au lieu que lesdites dragées doivent estre de sucre bon et naturel , sans autre meslange que des fruits, graines , espiceries et autres choses semblables. » S.

1603. — Avril 24. Le Consulat rend une ordonnance de voierie pour les constructions sur la rue. Il y est dit , entr'autres dispositions, que l'on ne pourra poser ou faire pavé de pierres de taille appelées cadettes , larmiers de caves , etc. , sans en avoir demandé la permission. S.

1603. — Mai 7. Le Consulat présente requête à M. de la Guiche pour l'engager à supplier le roi de retirer la garnison qui est dans cette ville depuis huit mois. On lui représente que les cinq compagnies qui la composent, placées vers les portes , sont logées chez des artisans et gens pauvres en ces quartiers ;.... que les étrangers sont réduits plutôt à se défendre que disposés à offenser ; que lous les nuages ont été dissipés par la prudence du roi ; que le peuple se repose sur l'amour du roi pour ses sujets , sur celui dudit sieur gouverneur, etc. S.

1603. Mai 22. Le voyer de la Ville représente au Consulat que le Rhône se trouvant bien bas pour l'ordinaire en ce temps, c'étoit l'occasion favorable de reprendre deux ouvrages très importants à la ville , d'approfondir et élargir la brassière du fleuve qui est vers le boulevard St^Clair , le long de la courtine de la ville, tant pour la sûreté d'icellc, que pour fournir de l'eau au* moulins,... et la seconde pour la réfection des piles du pont du Rhône dont les défauts paraissent en ce moment mieux que jamais. Il ajoute que la réparation du pont pourra se faire plus aisément , plus vite et plus économiquement, en retirant du Rhône des grosses pierres de taille qui paraissent dans la rivière t au

dessous du pont , à-peu-près vis-à-vis où souloit être la tour de Bêchevf/tn. — Le Consulat autorise le voyer à faire exécuter ces travaux. S.

1603. — Juin 26. Installation des nouveaux échevins, élus le 8 de ce mois. — Le sieur rincent Richard , deuxième échevin , député en cour, ne prêta son serment que le ô août, à son retour de Paris. S. ; Rubys, p. 519.

1603. — Juin, Grandes chaleurs; longue sécheresse. — Les moissons commencèrent le lendemain delà saint Jean-Baptiste dans le Beaujolois. — Note écrite par Thomas Girin , prêtre curé de Monlmelns , dans la marge d'une page de l'exemplaire qui lui appartenait et que possède aujourd'hui la Bibliothèque de Lyon, d'un volume in-8* ayanl pour titre : Les Lunettes des princes composées par noble home Jehan Meschinot, etc. Lyon, Jacq. Jrnoltet , s. d.

1603. — Joût 23. Les obsèques de Messire Jnloine Camus, chevalier, seigneur et baron de Riverie. — Le Consulat y assista , ainsi que les hôpitaux , auxquels il avait fait de grands legs. S. ; Pernetti, I , 42 1 ; Biogr. lyonn. , p. 57.

1603. — Août 28. Le Consulat fait un nouveau règlement pour le Collège de la Trinité* On y trouve, entr'autres dispositions, que les régents mangeront à la table commune; que l'un d'eux sera répétiteur des enfants , qui parleront c ontinucllement latin, etc. Voyez ci-après au 3 juillet 1604.

1603. — Septembre 2. Lettre d'Henri IV k M. de Refuge.

« Monsieur de Refuge , j'ay faict expédier mon edict sur le rétablissement des Jesuistes en mon royaume aux lieux que je leur ay permis, et pour ce que ma ville de Lyon en est, et que mon edict ne peultestre veriffîé en ma court de parlement de Paris que après la St-Martin , a cause des vaccances , et que les exercices des Collèges commencent à la St-Remy, j'ay bicu voullu que des à ceste heure , ils commencent à jouyr de la grâce que je leur ay faicle , et à s'establir conformément à icelluy mon edict , afin que vous teniez la main avec le sieur de la Gmche auquel j'en escrits pareillement , qu'ils n'y soient aucunement empeschès ; et je prieray Dieu qu'il vous aye Monsieur de Refuge en sa saincte garde. Escrit à Rcuen le 2e jour de septembre 1603. Signé Henry ; plus bas Ruzé. » — Nous sommes redevables à M. Chelle, conservateur des archives de la préfecture du Rhône , de la copie de cette lettre dont l'original est dans le dépôt eonBéà ses soins.

1603. — Septembre 4. Le Consulat donne un certificat aux enfants de noble Jacques Séve , conseiller au siège présidial de Bourg, fils de feu noble Matthieu Séve, bourgeois de Lyon, qui avait été échevin en 1566, etc. S. — Les tablas consulaires donnent pour échevin en 1566, Pierre et non Matthieu Sève , qui était protestant et qui avait pour femme Marguerite Camus.

1603. — « Le dimanche 7* septembre, veille de Nostre-Dame, fut vue

une nuée rouge au ciel, et par aprez devint aussi clair que de Jour, qui estoit sur les dix heures du soir, et dura presque un quart d'heure. — Le vendredy , 10e dudit moys , sur les deux heures du soir , passa un brandon de feu venant du coste de vent , sur ceste ville de Lyon , et gettoit étincelles de feu, et dura environ un quart d'heure. » Ârch* duRh., XU, 181.

1603 ou 1604. — Septembre 16. Sur la demande de Claude deRubijs, et ensuite de sa déclaration que « vu son âge et incommodité de sa per- « sonne et de son habitation qui est fort éloignée des affaires, il n'est « qu'il puisse rendre l'assiduité et le devoir requis en la charge de procu- « reur gênerai de la ville....,» le Consulat ordonne que le sieur Jacques Moiron demeurera en ladite charge, etc. — Le 28 du môme mois, Jean Goujon fit des protestations contre cet acte, étant , disoil-il , défendu par un arrêt du Conseil privé , de le troubler dans l'exercice de son office de procureur gênerai. Une instance s'engagea entre lui et le Consulat; un nouvel arrêt du Conseil du 26 octobre Jsui van t donna gain de cause iiJcan Goujon. S. Voyez ci-dessus au 15 juin de la présente année , et août 1600.

1603. — Septembre.... Editdu roi relatif au rétablissement des Jésuites. — On lit dans la première page de cet édit : «.... Nous leur avons, en faveur de S. S., pour la singulière affection que nous lui portons , encore accordé et permis de se remettre et établir eu nos villes de Lyon et Dijon , et particulièrement de se loger en notre maison de la Flèche en Jnjou> pour y continuer et établir leurs collèges et résidences.... » — Les Jésuites étaient sortis de Lyon depuis les premiers jours de 1596 (voyez ci-après au 3 juillet 1604). — Ce fut principalement aux sollicitations du P. Coton , député par ses supérieurs à la Cour de France, que les Jésuites obtinrent leur rétablissement, l e P. Colon avait prêché à Lyon, pendant la Ligue , avec le plus grand §uccès, dans l'église de Sle-Croix et dans la cathédrale. Après la réduction de cette ville , il se relira dans le Forez, et prêcha le carême à Roanne. Les Lyonnais curent souvent recours à son crédit lorsqu'il devint le confesseur du Roi. Quand il quitta la Cour en 1617, le P. Coton vint à Lyon dans la maison du Noviciat de sa Compagnie , et prêcha l'Avent dans la primatiale. L'année suivante , il prononça en celte ville l'oraison funèbre de Nicolas de Neufville, seigneur de Filleroij (1). En 1620, il publia, à Lyon, sa Recheute de Genève plagiaire (2). Depuis cette époque nous ne le retrouvons plus à Lyon. Il mourut à Paris , le 19 mars 1626 (voyez les Publications de 1610). — Suivant d'Hcrbigny , le grand père du R. P. de Lachuise avait été prévôt des marchands de Lyon , et avait pour femme la sœur du P. Coton. Voyez

(1) Sotvell , p. 670; Lslong , n. 3636.

(2) A la fin de cet ouvrage est un cahier de 14 pages, non compris le feuillet du titre, intitulé : Eloge sur les actions les plus signalées et immortelles d'Henry le Grand, dressé en françois par Pierre de Matthieu . historiographe du Roy , et traduit en lie— Inieu, grec et latin, par trois Porcs de la Compagnie de Jésus. A Lyon , par Micolas Jullieron, 161», in-l.

Etat de la /V., par BoulawviUiers , t. VII , p. 268 do ledit, do Lnmhtj* Voyez aussi le CûiaU des Manuscrits de la B. de Lyon, n. 1110 et 1453.

1603. — Octobre 8. Le Consulat écrit au sieur de Bubys , à Si* Jtidtê du Cbing (1) :

« Monsieur , Messieurs les Jésuites se présentent icy pour estre restablîs; nous desirons que la chose se fasse avec les circonstances que l'affaire requiert , et pour cest effect nous instruire de tous les contracte et conventions que ces Messieurs ont ânes avec le Consulat. Nous avons bien recouvert le premier contract fait avec le bon père Etnond Juger , lors de leur establissemcnt; mais l'on nous a dit qu'il y a eu du depuis plusieurs autres traiclez avec eut , desquelz ncantmoins nous n'avons ny mémoire de la teneur * n'y les dates , o\i pour te moins les années auxquelles ilz ont esté laietz, pour les pouvoir trouver dans noz registres. Vous avez assisté à tout cela , et ny a personne qui nous en puisse rendre raison que vous, «Ml vous plaist vous rememorier, comme nous vous en prions , et de nous adresser un mémoire le plus exprès , et avec la pins grande diligence qu'il vous sera possible , par où nous puissions entendre le frtus qu'il se pourra des particularité* , et surtout recognoistre les temps au plus près de chacune convention , pour en pouvoir faire recherche. Nous attendons voslrc response avant que nous resouldre à rien , sur lasseurancc que nous avons que vous obligerez le public de ce bon office; demeurans sur ce , Monsieur , vos très affectionnés à vous servir. Les Prévost , etc. Lyon , ce 8 octobre 1603. » S.

1603. — Novembre 15. Lettre du Roi à M. de Chcrrières : « Monsieur de Ghetrieres , encores que pour cesle heure , il ne se présente subject dé vous faire despeschc particulière, ny d'ailleurs grandes nouvelles à vous faire scavoir , je n*ay pas voulu touttefois perdre la commoditn du passage du sieur de Haulleville, sans vous dire celles de ma santé qui est > Dieu mercy , fort bonne , aflin que vous en puissiez asse tirer nies hons serviteurs que vous verrez. Je n'avois pas proposé de foire icy long séjour, estimant que les pluyes et le mauvais temps ne me te pcrmettroient pas ; mais > puisque le temps continue à estre bon , je demeure en ceste opinion d'y continuer mon Séjour le plus que je pourray » comme je fay aussy celle de commencer en l'année prochaine, dès le premier moisd'icelle , le voyage que je n'ay peu faire en cestc*cy. Quand vous pourrez avoir quelques nouvelles de ce qui se felct en Satoye et. en Piémont , comme aux autres estâts de voz voisins , j'auray ce plaisir que vous m'en faictes part ; trouvant estrange la rigueur que l'on tient de là les monlz à mes subjeetz sous le prétexte de la contagion, mcsmemenl pour ceux qui viennent de ma ville de Paris , qui n'en fust , Dieu mercy, il y a plus de cinquante ans, plus nette qu'elle n'est aujourd'huy ; ce que vous pourrez faire asseurer par tons ceux que vous avez par delà , qui escripvenl

(<) Ancienne seigneurie tlana la paroisse de St-iHdiér (n ly>rtnati<

ordinairement dehors. (Test ce quo je vous diray pour ceste foys. Sur ce, je prie Dieu, Monsieur de Chevrieres, vous avoir en sa saiucle garde. De Fontainebleau, ce 15 novembre 1603. Signé Henry ; plus ' bas Forget. — A Monsieur de Chevrieres , chevalier diî mes ordres , conseiller en mon Conseil d'estat, et mon lieutenant du gouvernement de Lyonnois. »

1603. — - Décembre 9. Lettre d'Atari IV à M. de Chevrieres, chevalier de ses ordres, etc.

« Monsieur de Chevrieres , j'aj^eserît aux Prévost des marchands et eschevinsde ma ville de Lyon (1), qu'en procédant par eulx à l'esleclion des officiers de ladite ville qui dr>ibvent entrer en charge pour Tannée prochaine , ilz ayent à différer d'admettre à celle de prevost des marchands jusqu'à ce qu'ilz ayent sur ce ma volonté ; et , à cet effect , qu'ils m'envoyent la nomination des trois qui auront eu le plus de voix pour ladite charge , affin que j'en choisisse l'ung d'iceulx : et leur mande aussy de vous advertir de ladite nomination , afûn que vous m'en poissiez donner votre advis , comme vous ferez incontinent , de celluy que vous estimerez estre le plus propre et capable. Vous leur ferez bailler madite despesche, et les advertyrez de se despouiller, pour ladite nomination, de toute passion et affection qui auroit autre considération que celle de mon service et du bien de ladite ville. Je parts presentemeàit pour m'en retournera Paris, où je crois que là et ez environs , je passeray une partye de l'hy ver. Sur ce , je prie Dieu , Monsieur de Chevrieres , vous avoir en sa saincte garde. Ëscript à Fontainebleau, ce !28 novembre 1603. Signé Henry; plus bas Forget. » S. Voyez ci-après au 9 mai 1606,

1603. — Décembre 21. Lettre d'Henri IV au Consulat : « De par le Roy. Très chers et bien araez , nous avons veu, par vostre despesche , la nomination que vous avez faicte pour la charge de prevost des marchands de noslre ville de Lyon , de deux personnes qui nous sont et l'ung et l'autre fort agréables, pour lesrecognoistre d longtemps affectionnez à nostre service ; mais puisque le sieur de la Salle (2) a eu ce graud avantage en la pluralité des voix et suffrages, nous avons advisô de le choisir et eslire pour ladite charge de prevost des marchands en ladite année prochaine , et vous mandons et enjoignons de l'y admettre promptement , et aux autorité, honneurs et prééminence qui appartiennent à ladite charge; et à ce ne faictes faulte. Donné à Paris, le xxj° décembre 1603. Henri ; plus bas Forget.* — Cette lettre fut rendue le lô, à 10 heures du soir, au Consulat , qui, dans son assemblée du lendemain, arrêta que le syndicat serait publié le dimanche 28.

1603. — « Le mardy 23 décembre, fut pendu à Lyon une aorct>ra ,

t't) Cette lettre a été laissée en blanc dans les registres du Consulat. S.

(2) Art'ti Henry , seigneur dn i i Salis . conseiller du roi. son maître d'hôtel ordinaire . trésorier de France en la généralité d'Auvergne. Il succédait d.uis la charge d« prévôt des marchands à Humbert Grollier . sieur du SoltiL

estant le bourreau aprez luy finir la vit* , le corps de ladile sorcière tumba en terre, la teste demeura au haut du gibet avec la corde. » Arch. duRh., XII , 181.

1603. — Dimanche 28 décembre. M. de Fevoil , substitut du procureur général au parlement de Grenoble, prononce Yoraison doctorale dans I église de St-Nizier. — Le lendemain, le Consulat lui lit payer trente livres.

1603. — Jacques de la Fayette et Gaspard de Saconin-Pravieux sont reçus comtes de Lyon. D'Aibais , t. III. Voyez ci-aprés , année 161 6, adcalcem.

1603. — a Cette année, le roi qui vouloit eslablir en France de» manufactures d'or et de soie, lit commandement aux généralités de Paris, Orléans, Tout s et Lyon , de faire des pépinières de meuriers blancs pour nourrir les vers à soye, enlin distribuer en toutes les paroisses de ces generalitez des meuriers blancs et des greines , avec un livre pour servir de méthode dans cette entreprise. M. et S. — Ce livre est celui qui a pour titre : La Cueillele de la soye, parla nourriture des vers qui la /bnf,etc, par Olivier de Seires; Paris, Jamet Meltayer , 1599, in-8. Nous devons à M. Matthieu Bonafous une édition annotée de ce tr.;ité , Paris, 1843 , in-8. — Le passage qui suit est extrait du Kecucil présenté au roy de ce qui se passa en l'assembléedu commerce (tenue en 1604)au Palais, à Paris,elfaict par La/femas, contrôleur gcueraldudit commerce :

« L'établissement du plant des meuriers et art de faire ha soie en France , avec Tentreprinse de toutes sortes de manufactures d'icelles et des plus excellentes, que les François étoient contrainte aller quérir bors du royaume , et de transporter plus de six millions à cet efiect par chacun an , sans retour d'aucunes marchandises , ni commcdilez que de musc et senteurs, afîiquets de luxe, et toutes sortes de poisons do çorps et d'esprit; lequel établissement commence à floriret réussir au contentement d'une infinité de gens de bien et d'honneur , dès l'an passé 1603, ez génèralilez de Paris , Orléans, Tours et Lyon , et pour la présente année au gouvernement de Poitou , soubz la faveur et sage permission de Monseigneur de Rosny , et dont les profits sont prêts à recueillir dans peu d'années par l'abondance des feuilles de meuriers, qui ont esté et seront plantez et semez en nombre infini , et qui doivent procéder et s'accroislrc pour la nourriture des vers, qui s'en fera par après sans aucune dépense , si ledit establissement n'est interrompu par défaut de continuer ou par la malveillance des envieux ennemis du public. Voyez les Archives curieuses de l'histoire de France , lre série , t. XIV, p. 221 , et la Biogr. univ., art. Traicat.

1603. — Publications : Corpus omnium velerum poclarum latinorum.... cui praefixa est uniuscujusque poetae vila... à P. B. P. G. (Pelro Brossaeo (1), palricio Gaiense). Lugduni, in officiua Ilug. à

(1) Voyez HAauiKu, Anonyni., rn. 20(31, et au lieu de liasiaeo dans cet arlicle lisez Brostaco.

Porta » suinptibus Joan. de Cabiano et Sam. Girard. M, DCIll , 2 loines. ia-4 (B. de Lyon, 10445). —Réimprimé à Genève- en 1627 et en lfHQ, môme format. — Les fables de Phèdre ne se trouvent pas dans ce Corpus, quoiqu'elles eussent été publiées par Pithou, en 1596, et plusieurs fois réimprimées depuis. Le savant éditeur pensait sans doute, avec plusieurs doctes critiques de son temps , qu'elles étaient, non de Phèdre, mais de Nicolas Perotti , célèbre grammairien du xv° siècle. — Pierre de Brosses , patricien de Gcx , était (ils de Jean , conseiller du duc de Savoie (l). Il publia , en 1604, à Lyon, son Tlwsaurus accursianus , et ses Rcmtssiones qui font partie du Novum sexium volumen de l'édition du Corpus jurig, dile du Lion moucheté , imprimée auxdespens de Paul Frellon. Il a fourni des additions pour le Grand Dictionnaire françoiS'latin , publié à Lyon , iwur Jacob Stoer; 1614, in-8, Ços tra^ vaux ne sont pas les seuls qui aient occupé la vie active de Pierre de Brosses (voyez les publications de 1595 et de 1606). — Le gran,4 succès qu'obtint le Corpus de Pierre de Brosses , engagea le P, Alexandre Fiehet à publier à Lyon, en 1616, un Chorus poetapuni auquel il ajouta quelques poètes du Bas-Empire et les principaux poètes chrétiens; mais, en revanche , il expurgea tous les anciens poètes , et, comme l'a remarqué lo P, de Colonia {Hist, liu.,\l, 708), il semble avoir pqr^ô la délicatesse un peu trop loin. Catulle, dans son Pisser Lesbiae , débute par ce vers ; Ivgete , à génères Cupidinesque ; le père Fichet lui fait dire : Lugete, alilvum, çhori fréquentes, Au reste, ce Jésuite n'est pas le premier qui ait mis en pratique les sages conseils de Quintilien, qui voulait que l'on supprimât, des poètes latins, destinés à l'éducation de la jeunesse, tous les passages capables de blesser la pudeur. Plusieurs autres Jésuites avaient déjà fait des suppressions dans les auteurs classiques , et notamment le P. Juger dans l'édition qu'il avait publiée à Rome , en 1558, des Epigrammcs de Martial. Ces expurgations leur ont valu ce trait malin que l'on attribue à Joseph Scaliger , mais que l'on chercherait vainement dans le recueil de ses poésies :

Scjlicet hi Patres faccrchacc, qiiam scriberc iiialtint . Quao malunt vates acrlberc , quam façcrc (3).

Gudin , 1. 1 , p. 2 de ses Contes , cite , sans en nommer l'auteur , ce même distique avec des variantes :

Nimirum critîcus facere id , quam scribere mavult , Quod mavalt vatos wrtberç, quam facerc ;

(1) Piàrre de lirons oit un des aïeux du célèbre président ds Drosses, dont le fils a été préfel du Rhône.

(2 En c'i Mvlnnt »• : Clique dans les Epigrainnut d'fiUwi. n>us y avens roneoiitr4 celui-ci (VII . ÎU):

Qui sapitis, nolilc meuui cast-arc libcllmn, <iignat adliuc alios ul liber iste libre*.

Et il le traduit ainsi :

Te) q\ii blanic un auteur qui fie cherche qu'à, rire . Kait tout ce qu'il raconte , et souvent beaucoup pire.

Voyez ci-dessus au V octobre 1507.

1Ç03. — Daemoniaci, hoc est , de ob&essis a spiritibus daernoniorum haminibus , liber wmm,.., auctore Petto Tkyraeo, Soc. Jesu, doçtore theologo. — Lugdmi , apud ^oa/iH, PiUehotte. M. CUL In-8. Voyez lesfV MiaiaouK de 1 $99 ({oc* tti/êila. . ; .

1603. — &piï de Mardigras, ou in'«( don»** en /a £our d* /Kj^wo^ relsestablie en la raijalh ville de Satadois, Par lequel nonobstant la g*r rantie des Epicurois et Alheismates, opposition des Esleuz de laFerlanderie, Malade.*, Pauvres , Artisans , Amoureux , Dames, Gueux et Je fermier de la Boucherie de Caresme, Mardigras avec tous ses supr pots est banni du ro*s)rt et Empire de ladite Cour, pour le temps et espace de quarante et un jour. A Lyon, par les Suppôts de Caresme. 1603. fn-32 de 33 p. — M* ^éon Cailhava possède un exemplaire de cette pièce , composée par un légiste qui ne s'est pas fait connaître. Après VJdverlimuutHl au lecteur amy se trouve ce plat qualrin :

Lecteur , ne pense pas que , faute de sagesse , Ait fait parler ainsi ce livre follement , Majg popse que je. veux soub* tel doguisqœeiit Te forcer 4c h divine adresse,

16Q3. — Formulaire fort récréatif de tous çwlrac 11 , etc., par Bredin le Cocu (Bènoist du froncy), etc, l yon, Jean-rBaptistc Çros, 1603. In-16. — Edition citée par M. Brunei, t. U de son Manttel , p. 310 (voyez les Publications de 1594 et de 1610) — Un jeune Bordelais , M. Gustave Brunei , qui cherche à marcher sur les traces de son célèbre et savant homonyme, a cousu la Note suivante à la page 17 de sa Notice sur une édition inconnue du Pantagruel , etc. (Pari? , Tecnener , 1834, in-8) : « Nous serions tenté de reconnaître dans Benoit du « TYeney , le véritable auteur du Moyen de parvenir.... Benoit du « Troncy était fort versé dans l'étude des auteurs classiques , que le

• Moyen de parvenir met en scène; il a publié une traduction dq « Traité de la Consolation de Cicéron ; il avait déguisé sa paternité du « Formulaire dans une anagramme dont le voile n'a été levé que de- « puis peu (1); enfin la verve, les saillies, le style rapide et net , la « phrase pittoresque et hardie, le sans gène du Mayen de parvenir,

• se retrouvent dans les actes passés devant le notaire Bredin. La haute » graisse de l'un de ces livres est déjà tout entière dans l'autre , quoir

• que contenue dans de plus justes bornes. Benoit du Troney mourut

:) Depuis plus «le 23 ans. Voyez BiiuifcR , n. 6814. — M. 0, BrunH , p. 26 de

sa Notice, cite une édition du Formulaire de 1893. Nous ferons remarque? que l'exemplaire du Catalogue Falconttel portait cette date.

« vers 1600 (1) ; peu après celle époque , le Moyen de parvenir futim- « primé pour la première fois (2). Nous pensons que l'écrivain lyona nais n'avait osé lui laisser voir le jour de son vivant. Après son décès, « son manuscrit trouva uu édileur qui eut de bonnes raisons pour ne « pas se faire connaîlre. Nous livrons cette conjecture à l'appréciation « des explorateurs de notre vieille littérature facétieuse. » — Nous ne ferons, quant à présent, aucune observation sur la note de M. Gustave Brunei ; nous nous réservons d'y revenir , lorsque nous enregistrerons les Publications de 1610; en attendant, nous le renvoyons, lui et nos lecteurs , à ce que nous avons dit p. 181 de l'ouvrage publié à Lyon vers les premiers jours de 1841 , sous le titre de Lyon sous la Ligue , et nous nous félicitons de voir qu'il s'est rencontré avec nous ; car nous présumons bien qu'il ne nous a pas lu. — En rendant compte de l'édition du Formulaire de 1594, nous avons reproduit, après l'avoir retouchée, une traduction que nous avions faite à la prière de M. Peignot , du Testament de -M. Grunnius Corocotta Porcellus. Alors nous ignorions que M. CoUombel avait inséré dans son Histoire de S. Jérôme , t. I , p. 21-24 , une traduction de cette facétie , qui diffère un peu de la nôtre, et dans laquelle il a supprimé quelques legs peu convenables , dit-il , et peu décents. Toutefois nous pensons qu'il aurait pu y laisser le legs de la vessie aux petits garçons , qui n'avait rien d'inconvenant ni d'indécent. A la page 468 du tome II de sa monographie , M. Collonibet rapporte que S. Jérôme désigne habituellement Ruflin par le nom de Grunnius; c'était, ce nous semble, le cas de dire que l'illustre saint appelait ainsi son antagoniste par allusion à l'un des noms de M. Grunnius Corocotta Porcellus,

1603. — Œuvres de Clément Marot. Lyon, Jean de Tournes. 1603,

in- 16 , fig. en bois. Voyez ci-aprés , Publications de 1604, et ci-dessus celles de59l£*

1603. — Paraphrase sur la Pharmacopée divisée en deux livres , par M. Briçon Bauderon.... troisiesme édition.... À Lyon , par Pierre Rigaud. 1603. In-12. — Parmi les pièces liminaires sont deux pièces de vers à la louange de Bauderon , par G. la Grive , maistre apothicaire à Lyon. — En ce temps là , la Pharmacopée de Bauderon était le manuel de tous les apothicaires. Pierre Rigaud en donna une 4e édition en i607 , in-12. Dans celle que publièrent Claude Rigaud et Claude Obert, Lyon, 1627 , in-8 , et qui contient les additions de Gralian Bauderon , fils de l'auteur, se trouvé un sonnet en faveur de ces additions , par M. Landrier , conseiller au siège présidial de Lyon.

1603. — Les Pléiades du sieur de Chavigny , Beaunois, etc. A Lyon, chez Pierre Rigaud. 1603. In-8. — Dédicace à Henri IV, datée de Lyon , ce dernier jour de mars 1603. — Ce livre n'est remarquable que par un titre admirablement gravé par Jacq. Fornazoris; l'on y

(1) 11 mourut, si je no me «rompe, vers les premiers mois de 1602. Voyez ci-dessus au 4 avril 1602.

(2) Voyez ci-apres les Publications de 1010.

voit un Henri IF en pied , entrj la Fortune et la Justice qui lui offrent, la première, uu glaive , UU3 ti^e de laurier, line couronne, etc.; la seconde, une branche d'olivier, etc. Voyez le* Publications de 1606 et de 1608.

1603. — Prosopographie ou Description des hommes illustres, etc. par Antoine du Ferdier.... A Ly on , par Puul Frelon. 1603. In-fol. 3 vol. — Antoine du Ferdier est mort le 25 septembre 1600. Cette édition fut publiée par son fils Claude , qui la dédia le 1er juillet 1603 ,à Maximitiànde Èelhune , duc de Rosny. La première édition , publiée à Lyon par Antoine Gryphius en 1573, n'avait qu'un volume in-4°. Les nombreuses additions que Cliude du Ferdier y a faites, n'ont pas amélioré cet ouvrage qui en lui-même est fort peu de chose ; ce n'est , dit très bien le P. Niceron (XXIV , 279), qu'une misérable rapsodie de faits qui se trouvent beaucoup mieux ailleurs , à l'exception cependant de quelques particularités sur les savants de son temps, qui ne sont que là , mais qui sont en petit nombre. Nous aurions voulu en extraire un dialogue en vers sur l'invention de l'imprimerie , qui se trouve dans le tome 3 , p." 2175 ; mais sa longueur et sa médiocrité nous en ont détourné. Bien 'certainement ce dialogue est un des premiers essais de la muse de Louis Garon, connu par d'autres pièces du même genre f

1603. — De recta nom>num impositions : a Pmto Tyardaeo Bissiano, Cabilonensi episcopo. Lugduni, apud Jacobum Roussin , ad Dominicanos. M. DCIII. In-8° — En tête de ce volume est une lettre de l'auteua à son imprimeur , Jacobo Roussin induslrio et eleganti typograplio , laquelle se termine ainsi : a Has igilur lucubrafiunculas ad te milto , « ut eas tuis typis quam correcte poteris publico mandes. Brève qui- « dem est opusculum : sed jucundum sua varie ta te , nisi fallor , lecto- « ri bus lu tu ru m. Caeterum Deus Opt. Max. induslriam tua m magis et « magis efflorescere, fœcundosque in tuam et publicara utilitatem « fruclus producer« jubeat. Bene vale , mi Roussin , et me mutui ter « ama. — Ex meo Bragniano. Tuus ex animo ad omnia obsequia pa- « ratus , Pontus Tvardakus , antiq. Cabilon episcopus. » Pontus de Jtjard avait alors 83 ans et s'était retiré dans sa terre de Bragny, proche de Ferdun sur Saône, où il mourut le 23 septembre 1605. « Il avait conservé jusqu'à la (in de sa vie toute la vigueur de son corps et de son esprit... Il mangeait beaucoup et buvait de même, sans mettre jamais d'eau dans son vin, quelque violent qu'il fût. En se mettant au lit, il avalait toujours un grand verre de vin pur , sans que sa santé en fût altérée. Bail lot et plusieurs autres écrivains ont trouvé que ce n'était point assez, et ont substitué au grand verre dont parle de Thou , un pot, en disant qu'il avait coutume de boire un pot de vin pur, avant qu'il s'endormit. » Papillon , B. des auteurs de Bourgogne , tome 2 , p. 334. Pontus de Tyard fit gémir plusieurs foi» les presses lyonnaises. Nous ne citerons que ses Erreurs amoureuses qui furent imprimées par Jean de Tournes , 1549, petit in-S°. C'est un recueil de vers érotiques à la manière de Pétrarque. La première pièce est adressée à notre Maurice Scève qui chantait alors sa Délie, — En 1551, Benoit Textor , mè-

deGtn natif de Pont d$ Vaux en Bresse, lui dédia un traité Intitulé ? De la Manièrt dè prVsettièr de pestikMe et de guérir selon les bons anthetrrs; à Lyon, pâl* «Mm dè Tournes et Guillaume Gâteau, petit in-8°. Quelques passages de cette dédicace peuvent faire croire que Textot était protestant, et ce qui confirme cette conjecture, c'est que parmi les piétés à sa louange , il s'en trouve deux de Thèoàote de Beze , et une de Louis Enoc , qui était aussi protestant. On y trouve de plus un dizain de Lucrèce Carrel, Mascmnoise, présenté à dame Jane, femme de l'auteur. A la page 154 de son livre , Texlor mentionne un René Piltateaitt apothicaire excellent, qui florissait a Lyon, en 1645 , et qui n'existait plus en 155Ô. Pontus de Tyard a un article dans Niceton, tome XXI. Comme l'orthographe de son nom a souvent varié , les auteurs de la Biographie universelle^ après avoir renvoyé de Pontus à Tyard , se sont décidés à lui donner une place sous celui de Thîardi mais ils auraient dû Faire un nouveau renvoi en répétant son nom parmi les articles qui commencent par Tîiy* Son véritable nom était Tyard , et c'est ainsi qu'il signait , comme on le voit sur le frontispice d'un exemplaire de l'ouvrage de Marsilc Ficin, de Pila libri 1res, Paris, Th, Richard, 1550, in-8°, Taisant partie de la bibliothèque de M. Breghot. Voyez aussi sa notice dans le tome IV de la Gallia chrisliana , où Ton cite son épitaplie iatine dans laquelle sa mort est placée au IX Calend. octobr.... iGOS, Voyez ci-anrèS au 23 septembre 1605.

1603. — SenteniiaeetSimiliaeœ Demostfikms Oralionibus et Epistolis in certa virtutum ac viliomm capila c&llectae , auetore Jo. Làino. CoL Allobrog , ap. /o. Tornesium (1) 1603.1n-12. — -Edition citée par S. F. G. Hoffmann, Lexicon Bibliogr. , tome 2, p. 39. — Les sentences de Démosthènè ont été souvent réunies à celles de Cicéron , et il en existe un assez grand nombre d'éditions. Elles ont été traduites par François de Betleforesl, Pari3, 1674, et Lyon, Jnl. deHursy, 1582, in-16. lien a été donné un choix plus considérable dans un opuscule publié sous ce titre : Démostkéniana , ou Recueil des bons mots, sentences et apophikeg* mes de Démosthènè ; Lyon, inip. de Mougin-Rusand , in-8° de 63 pages, — Les rédacteurs de la Revue dè bibliographie analytique , en rendant compte de *ct Jna(i84A, p. 420) , ont reproché à l'auteur d'avoir omis l'historiette que voici, et qui nous a été conservée par II pi en : Démosthènè, dans son plaidoyer pour la Cour&ntré (p. 378 et 402 du Démosthènè de M. Sliivènari) s'était écrié : « Es chine cst-41 l'hèle dAlexan- * dre ou son mercenaire (u /-<*)? » L'orateur qui, en prononçant ce dernier mot) avait placé l'accent sur la pénultième syllabe, au lieu ée le mettre sur la dernière , fut interrompu par le jeune poète Ménandre qui répéta le mot comme il devait être dit. et tout le peuple de faire écho, en le répétant avec lui. Alors Démosthènè continuant et s'adressant à Eschinc , lui dit : « Tu entends leur réponse. » —Nous

(I) Voyes le Démctthèmde Wolf , éijit. in fol., p. 376, 2' col.; les Œuvres de Tourreil , t. Il , p. 3o*2. — Nous ferons remorquer (\u'Utpien n'a pas d article dans la Biogr. univ.

pourrions signaler plusieurs autres omissions , mais non est his ïocus.— Voyez les Publications de 1694 (Oflfcttw*...) et celles de 1606 (I)cmoslhenis...).

1603. — C. Cornelii Tacili quae ex tant.... Gnomologia et distinct is breviariis aucta... Lugduni , apud Joan. Pilleholte. 1603. In-16.

(SCHWEIGER.)

1603. — Traité de l'origine des anciens Jssassins porte-couteaux : avec quelques exemples de leurs attentats et' homicides és personnes d'aucuns Rois , Princes et Seigneurs de la chrestienté , par Denys le Bey de Batilly, maistre des resquestes de Navarre , et commis président de Metz. Lyon , Pincent Vaspaze. 1603. In-8°. Catal. La Valliere-Debure , Hist., n° 5186 et 5187. — Ce traité est assez étendu ; il fut fait en 1595 , au sujet de l'attentat de Chastel , et de celui qui fut commis auparavant en la personne de Henri ///par Jacques Clément. Lelong , n° 19604. { :

1603. — Marci Hieronymi Fidae... Opéra... Lugduni , apud Joan. Pillehotte. 1603. In-16.- Caract. ital. — Presque tous les ouvrages de Vida ont été traduits en français. Un de nos compatriotes M. Matthieu Bonafous , auquel on doit une bonne traduction en vers du Bombyx , se propose de publier une édition critique du texte des œuvres complètes du poète de Crémone. Nous sommes persuadés qu'un pareil travail sera favorablement accueilli par tous les amis des Muses latines.

1604. — Janvier 28. V Eglise réformée de Lyon acquiert , par contrat passé devant Me Benoist Coursan , les livres provenant de la succession de feu M. de Brunes , au prix de 413 livres , deux sous , six deniers. L'inventaire de ces livres se conserve dans la Bibliothèque de l'Académie royale de Lyon , où il est joint à un second inventaire par ordre alphabétique, à la fin duquel on lit: < Je soubsigné déclare avoir tous les livres contenus au présent inventaire , appartenans à l'Eglise reformée de Lyon , pour les représenter et rendre quand besoin sera au Consistoire de ladite Eglise.... Lyon, ce 15 janvier 1649. A. Rouph, pasteur. » — M. Delandine qui a parlé (sous le n° 1466 de son Catalogue des Mss de la B. de Lyon ) de ces deux inventaires, se trompe quand il dit « qu'ils font connollre la plupart des livres « imprimés dans le seizième siècle sur les controverses théologiques « du temps. » Il y a dans ces inventaires, qui contiennent tout au plus douze cents articles , des classiques latins, et des livres sur toutes sortes de sujets. On n'y trouve pas certainement la centième partie des livres imprimés au 16e siècle sur les controverses théologiques du temps. Quant aux prix mis à ces volumes , ils sont si bas qu'il est impossible de ne pas reconnaître que cette estimation n'a pas été faite par un libraire , et que, dans tous les cas, l'appréciateur a eu pour but de frauder les droits du fisc. Voici trois articles pris au hasard, qui pourront confirmer ce que nous avançons :

SummaSancli Thomae, P 2 vol., Lyon, Gionti, 1587, cuir, 7 1. 10s.

Biblia latina, f° Basic, 1551, cuir. ........ 12 s.

Biblia hebraea Rob. Steptiani , 4° 1640 cl 1646. 2 vol. cuir s ,...41.

1604. — Mars 4. Lettre d'Henri ffa « Noz sieurs et bien amez les Doyen et Comtes de t'église de Lyon : • >r

« De par le Roy. Chers et bien amez , ayans recongneu la bonne intention qu'a le sieur dp St-Germain-d'4pchon de vouer et reserver à Dieu et à son service Pierre-Louys d'Àpchon , l'un deses filz, et le soing qu'il a eu très grand jusquesà présent de le rendre digne de ceste devotte et pieuse profession , nous avons estimé avec ce que nous y avons veu de l'inclination de son pere, qu'estant de fa qualité deeeulx qui sont admis aux comtez et dignitez de vostre église, vous auriez tousjours bien agréable de le recepvoir eu vostre compagnie ; mais ledit sieur Dapchon se promet beaucoup plus de facilité à ceste promotion de sondit filz si nostre intercession en cest endroit intervient avec ses prières et mérites pour lesquelz et ce que nous sçayons des bonnes parties et vertueux desportemens de sondit filz, nous vous prions de toute affection que vous gratifûez ledit Pierre-Louys dapchon de la première dignité de Comte qui vacquera, et nous tesruoigner en ceste occasion par tout ce que vous pourrez de favorable traictement envers ledit d'jpckon , combien vous estimez ceulx qui vous sont recommandez [de nostre part, et ont si bien mérité de nostre bienveillance , comme à celle du sieur St-Germain, son pere , auquel espérons que vous accorderez fort volontiers ceste grâce , comme nous laluy souhaittons favorable, nous ne vous en ferons autre plus grande instance par la présente que nous finirons priant Dieu vous avoir, chers et bien amez , en sa saincte garde. Escrit à Paris, le iiijc jour de mars 1604. Signé Henry; plus bas Potier. » A. M.

1604. — Mars 13. Mort,â Borne ? du cardinal (VOssat — Cet illustre prélat avait pour maître de chambre et secrétaire , Pierre Bossu, I yonnais , lequel fut son héritier avec Béné Courtin , d'Ajjgers. Pierre Bossu lui fit dresser un tombeau dans l'église S. Louis des François. Gilliu christ., 11, 395 (lrc êdil.). M. — Le 23 septembre 1602/ le cardinal d'Ossat écrivit de Borne à M. de PiUçroy :

« Mon secrétaire, qui depuis dix ans en ça écrit sous moy les despe* cbes que j'ai faictes au Roy et à vous tant en chifre qu'autrement , est d'ailleurs un fort homme de bien, modeste , fidèle , secret , diligent et tres-zeléau service de S. M. , et comme tel a eu communication de tout ce que j'ay faict, dict et escript.... Et pour ce que je voy que S. M. despart des pensions sur des bénéfices , et autrement, à ceux qui luy ont faict service longuement, j'ay estimé démon devoir de luy représenter les services de mondit secrétaire, et de vous prier , comme je fais de toute mon affection, qu'il vous plaise la supplier de ma part , qu'elle daigne étendre ses bienfaits à ce sien sujet et serviteur.... Vous asseurant , au reste, que je metlray ce bien au rang de ceux qu'il a pieu à S. M. me faire à moy-mesme... Mondit secrétaire s'appelle Pierre Bossu , est natif de Lyon, âgé d'environ 33 ans, allant vestu

de long despuis que je fus faict cardinal... » — Pierre Bossu n'obtint point de pension, mais Henri IV le nomma fon aumônier ordinaire par lettres patentes du 9 mars 1606. A. M., Corresp , t. XIII; Niceron,

1604. — Juin 10. Is.%bei.lb àndiœini , savante en poésie, et l'une des plus célèbres comédiennes de son temps, meurt à Lyon des suites d'une fausse couclie. On lui fit de magnifiques funérailles , et il est à présumer que c'est dans l'église des Jacobins où les Italiens avaient leur sépulture, qu'elle fut inhumée. Son mari fit graver sur son tombeau une épitaphe dont Bavle et Morêri né donnent que la première partie ; voici la seconde que Joly a consignée dans ses Remarq. critiques, p. 129:

Carissima nœor, fsabella dulcissima , Franciseus tùus hoc tibi monumenlttm curaril. Si carel gemmis , non caret lacrymis. Mecum fletu amarissimo Lvgdunenses omnes ingemuerunt. Quiescat corpus in tumulo , et anima quiescat in Deo. Anna Sal. 1604. die \0Jumi(\).

« Isabelle Andreini , remarque JoLy, mourut certainement le 10 juin « 1604 ; cependant TEpitrc dèdicatoire de ses Lettres , est signée par « elle-même, et datée de Venise Je 14 mars 1607. C'est sans don le « une faute d'impression. » 11 y a aussi une faute de date que nous ne savons comment corriger dans l'anecdote suivante extraite du Cliatsc ennui de L. Garon , p. 435 de l'édition de 1628 :

« En l'année 1621 que Braguette (2) estoit à Lyon avec Isabelle Andrcyniet toute sa troupe italienne, quoy qu'il atlrapast beaucoup d'argent, tant en montant sur le théâtre au Change pour y vendre ses drogues avec ses bouffonneries, qu'en ses comédies , fui neanlmoins attrappé par un allVonteur nommé Pancerolte. Voicy comme le faicl se passa. Braguette , à l'heure du change estoit eu marché avec un peintre de ce qu il luy donnerait pour pourlraire une grande toile pour l'ornement et embellissement de son théâtre , de quoy ne pouvant tomber d'accord , les parties se retirèrent sans rien faire. Or Pancerntte qui avait oiïy tout leur marché, voyant Je peintre loing , ne perdit point temps , accosta Braquette, se dît estre peintre, et l'assura de le servir en toute fidélité et à son contentement. Braguette convient du marché avec luy , et lui donne trois pistoles d'arres et la toile pour expédier son prix faicl. Pancerolte promet de luy. rendre dans huitaine sa besogne bien et deuement parfaite: Quinte jours se passent , voire trois semaines, sans que Braguette entende des nouvelles de son peintre, qui l'occasionne de s'en plaindre estant sur son théâtre; mais c'est en vain , il n'entend point parler de 5a Panccrotle. Enfin le rencontrant un jour fortuitement en la rue SaincUlean, il lui demanda si la toile de son théâtre estoit peinte , et, si elle ne l'esloit , qu'il la luy rendit telle qu elle serait avec ses trois pistoleâ. Panccrôllc asscuré, saris s'es-

(t) On trouve un bel éloge d'fcubcllc Andreini dansTlfitf. de France de P. Matthieu t 2, p. 440 de 1 editipu de Pari, ,vi000 , i.,,8.

(2) Dans le Lyonnais et dans fa Bresse , Bragutik est encore aujourd'hui ié a nonyme de saltimbanque.

tonner dit à Braguette : « Monsieur , vous vous trompez et me prenez « pour un autre , je ne suis pas peintre ; je suis bien maistre cordon-

< nieràvostre service, » et lui monslra une paire de souliers neufs qu'il portoit sous son bras, avec son compas à prendre les mesures. Notre Braguette , après avoir longtemps disputé avec Pancerotte , et voyant qu'il n'en pouvoit tirer autre raison , se relira après lui avoir dit mille injures. Entre ceux qui les regardoient , il y en eut un qui dit : « Je voy bien que c'est , un affronteur a attrappé un char- « latan. »

1604. — Juin 15. W Jean Goujon avoit été nommé procureur général de la ville de Lyon , le ô octobre 1600; il étoit en ce moment député en cour pour les affaires de cette ville, et il avoit , sans en avoir prévenu le Consulat , sollicité et obtenu l'office de conseiller du roi , juge gardien et conservateur des privilèges et foires de la ville. Le Consulat irrité déclare que les deux offices sont incompatibles et donne la charge de procureur gênerai de la ville à Jacques Moiron, avocat en la sénéchaussée et siège présidial de Lyon, natif de cette ville. — Le lendemain Jacques Moiron ayant accepté la charge à laquelle il avait été nommé, fut immédiatement installé. On lit dans le procés-vei bal de sa réception : « II lui a esté baillé sa place sur les fleurs de lys , au haut « du banc du bureau du Consulat , à main senestre de M. le Prévost

< des marchands , même lieu et place qui fut baillé à feu Me François « Dufournel et depuis au sieur Jean Goujon (\).»» » Voyez ci-dessus au VT sept., et au ô oct. 1600.

1604. — Juin..., Le Conseil général de la communauté de Sisteron, qui, dans sa séance du 5 de ce mois, avait projeté l'établissement d'un collège de Jésuites > qui devait être depuis la Rtiéiorique en bas (sic) r écrit au Provincial à Lyon, pour lui faire connaître le vœu des habitants (2). — L'année suivante, la ville de Sisteron traita avec le pro^ vincial Christophe Balthazard et Michel de Coyssard. Mais ce ne fut que le 30 mai 1606 que la première pierre du bâtiment destiné au collège fut posée, à la suite d'une procession solennelle où l'on remarqua, entr'aulres , le P. Kicjieoine, provincial de la province de Lyon. Ed, de Laplake , Hisl. de Sisteron, 11 , 175.

1604. — Juillet 3. Traité entre le Consulat elles Jésuites du collège de la Trinité. Les parties adoptent un plan d'études plus étendu : quatre classes de grammaire , une d'humanités , une de rhétorique , trois

(1) Cet aote est signé par /. Moiron. Nous ferons remarquer que Pernetti et plusieurs autres biographe s ont écrit Moyron.

(2) La même année , le P. Bernardin Castor . ancien recteur du collège de Lyon , qui avait prêché le carême à Sisteron , fut accusé par quelques ennemis des Jésuites, » d'avoir médit et detracté de Sa Majesté . en préeliant la parole de Dieu- » Le Conseil de Sisteron, révolté de cette indignité, s'empressa, dans une délibération ad hoc et prise à l'unanimité , de repousser l'accusation dont le P. Bernardin était l'objet. Ed. de Laplane , Hisl. de Sisteron , u , 173. Voyez ci-dessus , 9 novembre 1589 , et 4 moi 1592. — iNé à Sienne en i 544, le P. BemqrdUn Çtsstor mourut à Rome, le 15 mars 163*.

autres pour la philosophie , sont établies. Le Consulat leur accorde à cet effet une rente de 6000 livres , et l'exemption des droits d'entrée sur le vin nécessaire pour la consommation du collège. Alm. de Lyon, pour 1788, p. 300. Voyez ci-dessus , septembre 1603. — Pour conserver le souvenir de leur rétablissement , les Jésuites firent placer, au-dessus de la principale porte de leur collège , l'inscription suivante , que le P. Menestrier nous a conservée dans son Eloge hist. de la ville de Lyon :

Hoc SS. Trinitatis colibgivm Henricojv. Cirai stianissmo regb

PmLiRERTO DE LA GviCHE GVBERHATORE MERCAT. PRABPOS1TVS COSS. Q- LVGD.

PlETATIS DOCTRINAEQCE CAVSA SOCIETATI lESV ADDIXERYNT.

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