‹ Notes et documents pour servir à l'histoire de LyonChapitre 4 sur 26 · HALLES DE LA GBEWETTE · texte numérisé non relu

HALLES DE LA GBEWETTE

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POUR SERVIR A HISTOIRE DE LA VILLE DE LYON

DEPUIS l'ANHÉE 1485 (,}.

Historia qnoquo modo scripta détectât, Pu*. Jirjr. Epist. V,«f ,

R1GKS DE CHARLES VIII, DIT LA.FFABLE (î).

1484. — Des lettres de convocation pour les étals-généraux du royaume sont adressées au sénéchal de Lyon. — L'assemblée des trois ordres se tint dans l'église de St-Jean; les députés élus' furent : Claude Gaste, doyen de Péglise primatiale (nommé par erreur Gascon dans le Recueil de Quinet. Voyez ci-dessus , année 1454 ) ; Guichard d'Albon, seigneur de St-André ; Jean Palmier, docteur ès lois , juge-mage de Lyon ; Bertrand de Sallefranque , prévôt de Lyon; Antoine Dupont, clerc, notaire royal et procureur général de la ville. Arch . du Rh. , vm , 3o.

1484. — Février 7. La cour de parlement autorise Jean du Peyrat l'aîné

(1) Ces Notes et Documents font suite à ceux que l'auteur a publiés dans les j4nnuaireJ dt t.yon de i838 et de 1839. Les articles signés d'une M. sont extraits des manuscrits du V. Menestrier ; ceux signés d'une S. sont tirés des manuscrits de l'abbé J. N. Sudau.

(a) Ce prince , successeur de Louis XI , parvint à la couronne le 3o août 1483.

et Jean du Peyrat le jeune , marchand» de Lyon , à faire entrer dans cette ville les marchandises d'épiceries qu'ils ont fait venir du Levant , et qui sont en Savoie en DauphÎBé et ailleurs, nonobstant les défenses faites depuis peu par les' trois états de Languedoc, et le tout «par manière de provision. * Registres du Parlement de Paris. M.

1484.— L'évêque d'Utique dédie^par ordre de Charles de Bourbon, l'église desCordeliers sous le vocable de St-Bonaventure qui avait été canonisé deux ans auparavant, et qui fut alors déclaré le patron des enfants de la ville. L'abbé Pavy, Grands Cordeliers. Voyez ci-dessus , année i3a8.

1484. On trouve dans un acte d'appellation par les procureurs du roi et

de la ville de Lyon, interjetée du décriement qui a été fait à Montpellier des foires de Lyon en 1484, les traits suivants :

« Lyon d'ancienneté étoit une ville bien peuplée de beaucoup de riches cens et étoit une des clés du royaume; et, depuis 160 ans en ça, a été cause par deux fois du bien et recouvrement dudit royaume; la première pour le reboutement que se aida à faire contre les Anglois (en i36.. ), à la journée de Briguais, qui est à deux lieues de Lyon ; la seconde, à la journée d'Anton, en Dauphiné, aussi près dudit Lyon, contre les Bourguignons et autres leurs alliés, qui fut il y a environ 54 ans ( i43o ), en quoi les habitans dudit Lyon firent grands frais , et employèrent leurs personnes et biens , tellement que , à Dieu mercy , la journée fut pour le roi.

« Ils disent que aucuns particuliers du Languedoc voudroient parvenir à un damnable propos savoir faire tant par moyens subtils qu'il ne sortira hors du royaume, et n'y entrera aucune marchandise, sinon par les ports ou havres du pays de Languedoc par le moyen des gallées et galléasses d'iceux particuliers , ainsi que feuz Jacques Cuer ( Cœur ) et Guillaume de Varye (peut-être de Varey ) s'étoient parforcés de faire , et firent chacun en sou endroit, par certains petits espaces de temps, contre le profit delà chose publique. Mais Dieu y pourvut, tant par la mort qui les surprit que autrement. Cela seroit la plus grande plaie que l'on pourroit faire au royaume, et feroit renchérir les marchandises du Levant surtout, etc. » S.

L'écu d'or valait alors 28 gros.

1485. Le roi transporte à Bourges deux foires de Lyon , celle de la

quinzaine de Pâques et celle de la mi-août Mais ces foires n'y subsistèrent

que deux ans , à cause d'un grand incendie arrivé le jour de la Magdeleine, 22 juillet 1487 , environ le temps de Vêpres. M.

1485. — Claude de Feugères ou de Fougères ayant été élu doyen par le chapitre, tout le clergé assiste à sa prise de possession en chantant le Te Deum et l'oraison de S. Jean. Mai. de l'Isle-B. , 11 , 345 ; M. Voyez ciaprès, année 1492-

1485. Jean Palmier, docteur ès droits, et Bertrand de Salle franque ,

prévôt de la ville de Lyon , députés aux états -généraux convoqués à Tours. M.

Jean de Varey était alors courrier de Lyon.

1485. — Les traits que l'on va lire sont tirés d'un mémoire adressé aux commissaires du roi, au sujet des foires de Lyon, au nom du cardinal de Bourbon, du chapitre et des conseillers et habitants de Lyon, ù eux joint le procureur du roi en cette ville :

• La ville de Lyon fut fondée par Munatius Plancus , disciple de Cicéron , lequel Munatius gouvernoit une partie des Gaules, et depuis su fondation elle a été réputée une des principales villes du royaume.

« L'empereur Auguste divisa les Gaules en quatre parties, scilicet in JquitanoSy Belgas, Celtas et Lugdunenses ; que par l'inspection de la clôture de cette ville , des édiûces qui sont autour et dans icelle , il est bon à voir que ça été autrefois moult grand' chose.

« En icelle, anciennement, et il y a passé mille ans, ainsi que [récite Straboo , y souloit avoir de grandes et belles foires ; que, à l'occasion des guerres et pour ce que ladite ville fut détruite par les Vandales , lesditcs foires furent interrompues.

« Lorsque le feu roi Charles (vu) alla de vie à trépas, il [n'y avoitpas plus de 1000 à 1200 feux à Lyon; ce qui étoit bien peu de chose eu égard à son grand circuit.

« Lorsque les foires se tenoient à Genève , on y vendoit de grandes quantités de draps de laine venant de Flandres 9 Angleterre, Fribourg et autres pays étrangers, montant à plus de 400,000 fr.; que de ce royaume, la draperie qui se vendoit audit Genève, soit de Normandie ou d'autre part, ne montoit pas à 100,000 fr. ; que depuis que lesdites foires ont été établies à Lyon, on n'y vend sinon les draps de ce royaume qui montent à plus de 800,000 fr. ; ce qui a fait que dans le Berry , Poitou , etc. , se sont tirées plusieurs draperies pour envoyer à Lyon.

0 De même auzdites foires de Genève se vendoient des toiles de Constance , d'Allemagne et autres montant à de grandes sommes, et aussi quantité de blancherie, cuirs tannés et grosse pelleterie, et que de ce royaume il n'en venoit que très-peu ; mais quand les habitans du pays de Bourbonnois , Forez, Lyonnois, Rouergue, Vivarez, Dauphiné , etc., ont vu la grande distribution qui se faisoit en ladite ville, ils se font efforcés faire toiles , cuirs, pelleteries; que toutes ces choses se vendent audit lieu de Lyon , où on les échange pour marchandises étrangères comme draps de soie et épiceries ; que la draperie qui se vend à Lyon et venant de ce royaume , monte tous les ans ù plus de 8 à 900,000 fr., et auparavant il ne s'en vendoit pas à Genève pour 100,000 fr.

« Les pays de Forez , Beaujolois , Roannois , Charolois et Bresse se sont mis à faire grosses toiles qui se vendent tous les ans à Lyon, et montent à plus de 25o,ooo fr., et on n'y en menoit point à Genève.

« La grosse pelleterie venant d'Auvergne, Limosin, blancherie, cuirs tannés qui se vendent à Lyon, montent par an à plus de aoo,ooo fr.

«Il se vend aux foires de Lyon plus de 60 charges de safran qui montent par an à plus de 80,000 fr. , qui Yi'ent du pays Roannois , Forez, Lyonnois , Yivarez , Gévaudan , où l'on s'est 'mis à le cultiver depuis l'introduction des foires. Auparavant on ne recueilloit pas i5 charges. Il s'y vend aussi environ 70 charges de safran pris en Quercy, Albigeois et autres pays voisins. Auparavant la pluspart du safran qui se vendoit en ce royaume venoit de Catalogne , de la Marche d'Ancône , la Romagne, le royaume de Naples et les autres pays d'Italie , qui en fournissoient autrefois plus de 80 charges , et à présent pas »5 charges.

• Les marchands d'Allemagne apportent auxdites foires d'Allemagne cha^

que aanée grande quantité d'argent blanc, et telle année plus de 5o,ooo , de 60,000 marcs qu'ils échangent en marchandises et denrées qui viennent de ce royaume. Ces marchands ne vendroient pas si les foires étoient portées plus loin dans l'intérieur du royaume.

« La ville de Paris amène à Lyon grande quantité de bonnets, et de plus des épingles pour plus de 3o,ooo fr. >♦.»■.'

« Le roi tire grand profit desdites foires ; car les gabelles et impositions foraines, qui ne montoient qu'à 3,ooo fr., valent de présent plus de 8,000 fr. Quand le roi a besoin de quelque grande somme, il la trouve aisément à Lyon. Jadis , quand le roi faisoit faire des achats de harnois de guerre , il falloit aller à Milan et hors du royaume ; à présent il en trouve tant qu'il en veut au moyen desdites foires.

« Si l'on ôtoit les foires de Lyon, on feroit dommage au royaume de a millions d'or et plus par an; car auparavant il falloit acheter les marchandises nécessaires, hors du royaume, a deniers comptants, et aux foires de Lyon on ne fait qu'échanger. Il s'y vend bien plus de marchandises du royaume que l'on n'en amène des pays étrangers.

« Avant que lesdites foires fussent ù Lyon, il n'y avoit pas une bonne foire en ce royaume , parce qu'elles n 'étaient pas aux extrémités, mais au milieu du royaume. Toutes les grandes délivrances se faisoientù Genève pour les marchandises qui venoient d'Allemagne , d'Italie, Savoye et Arragon, cette ville étant en pays de limites. Les autres grandes délivrances se faisoient à Anvers. La foire du Lendit qui est foire franche , e'tablie d'ancienneté , ne voit point de marchands étrangers et seulement ceux de Rouen et de Paris. De même celle de St-Denys, quoique franche.

«Si l'on objecte que toutes monnoies étrangères s'y mettent, et qu'on y met tel prix qu'on veut , ce ne sont pas ceux de Lyon qui y mettent le prix, mais ceux de Paris ou de Languedoc, qui vont en Flandre et autre part hors du royaume acheter monnoies faibles, les font porter à Lyon pour leur donner cours à la grande foule du royaume , etc. , etc< »

On peut bien regarder ces appréciations comme on peu exagérées, suivant l'Usage dans les procédures. On n'a pu trouver l'enquête qui fut faite en i485 à Lyon sur tous ces points; les dépositions auraient fourni d'autres détails. S.

1485 ( cire*) * *** Mort, à Grenoble , de jGuy-Pape, célèbre jurisconsulte, né à Lyon, et non à St-Symphoritn*d'Oton. Biogr. tjonn., p* a 14. Voyez endessus, au 3 octobre i^iS.

1486. — Octobre 2. Antoine Basqui , fils d'Edouard Basqui , échevin à Lyon en 1476, est nommé recteur de l'Université de Bourges. Il portait d'azur, un bâton de pèlerin de gueules en bande , brisé d'une coquille d'argent en abyme. Devise : Labor improbus omniaùncit. M.

1486. ' — Les artisans et gens de métier, par voie indirecte et sous prétexte de régler certaines confréries, avaient entrepris • de rompre l'aht eienne liberté et franchise de la ville , et rendre leurs métiers jurés. Et à m ce leur tenoit la main le juge ordinaire de l'archevêque, qui faisoit état de • tirer grosse somme de deniers des serments que ferolent par-devant lui « ces prétendus maîtres jurés...; » mais le consulat eut recours au roi qui, par ses lettres patentes datées de Tours le 14 décembre i486, débouta les artisans de leurs prétentions. Rubys , 346.

1486. — Florenus moneta regùsvalebat decem octo albos magnos regios sine soie. (Ex iwsTRrwENTO pensioriis annuœ debitœ dominis religiosis monasierii Athanacensis per Phitippotum Montagnat mercatorem, recepto coram Antonio Bertrandi officiali lugdun. Per Joannem Ckandon, notarium. M.

1488. — Septembre i3. Mort de Charles de Bourbon. — « Son corps fut placé dans la chapelle archiépiscopale, sur un marbre blanc où il reposa un an ; puis il fut transporté au couvent des Pères Célestins de Paris, pour Cire inhumé dans la chapelle de St-Louis qu'il avait fait bâtir , située à côté de la chapelle des dix mille Martyrs dont il avait posé la première pierre ( le aa juin 148a). Ses armes, accompagnées de deux épées flamboyantes, se voient encore en ladite chapelle. » Antiquités des Célestins de Paris , p. 385; Mazures de l'Isle-Barbe , i,u36. — Les historiens varient sur la date de la mort de ce prélat. Nous croyons devoir la placer au i3 septembre avec le P. Menestricr qui parait avoir pris cette date dans un ancien registre de l'Eglise de Lyon, intitulé Magnus Liber obituum ecclesiœ Sti-Johannis lugdunensis. Poullin de Lumina et l'abbedu Teins la mettent au 14 ; les auteurs du Gatlia christiana au 17. Ces derniers ont pris pour la date de la mort de Charles celle de l'élection de Hugues de Talaru par le chapitre. Biogr. lyonn. , p. 46.

1488. — - Le chapitre , après la mort de Charles de Bourbon , destitue tous les ofGciers et en nomme de nouveaux. M.

— Charles de Savoie, qui était à Lyon, est reçu chanoine d'honneur comme comte de Villars. M.

1489. — Charles VIII, qui était allé à Notre-Dame d'Embrun pour faire ses dévotions , revint par Àrras à Lyon où il séjourna jusqu'aux fêtes de Noël. Chorier, Hist. du Dauphiné,?. 4o3,§ iv.

1490. — Le chapitre de l'Eglise de Lyon emprunte 100 écus d'or de Laurent de Médicis , banquier de Florence, tenant banque à Lyon avec François Sachetti et compagnons. M. — Cochard» dans sa Descript. de Lyon , p. 168-9, cite un semblable prêt fait en i4<)3 par Laurent de Médicis au même chapitre. Laurent , dit-il, était un des descendants de Jean de Médicis qui, en i555, était négociant à Lyon où il possédait un emplacement voisin du Grand-Théâtre et sur lequel a été construit l'hôtel du Nord. Voyez ci-dessus, année 1479, et ci-après , années i543 et i5?o, et la Biogr. lyonn. , art. Même 1 s.

1491. — Juin u. «Pour aucunement recompenser Gilbert du Gué, chambellan et sénéchal de Lyon , Claude de Lenoncourt , écltanson et bailli de Vitry , et Jacques de Betfc, son valet tranchant , des grands , louables et rccommandables services par eux rendus tant a l'entour de sa personne qu'autrement, le roi leur concède et accorde la moitié des amendes et con0scations faites sur les fuux-monnoyeurs desd. sénéchaussées. » M.

1491. — Mars i3. M* Barthélémy Bellfèvre, notaire royal, et Françoise Fournier sa femme acquièrent du consulat le vieil hôtcl-de-ville , du côté de rue Longue , place de la Fromagerie. Menestrier, Parchemin , p. 82. Voyez ci-dessus, année 1461.

1491. — Juillet... Dans le courant de ce mois, et un lundi, s'ouvrit le tournoi où BaVard , à peine 3gà de 18 ans , donna pour la première foi.-» des preuves de sa valeur. A. de Tcrrebasse , Hist. de Bayard ; hrch. du R/i. , xi, 19. Voyez ci-après, au y novembre i4q5.

1491. — Décembre i3. A l'occasion du mariage de Charles VIII avec

Anne de Bretagne , on frappe ù Lyon la première monnaie qui offre le buste de nos rois. Biiot , Hist. métalliq. de la république de Hollande , p» a de Y Avertissement ; Art. de vérif. les dates , n , 668 ; Mém. de Trévoux y mai 1757, p. iaoa-iao4 ; Variétés d'A. P. , p. i3. Voyez ci-après, 37 juillet 1498.

— Josse Bade vient s'établir à Lyon, où il professe les humanités. Il y épouse ThalieTrechsel, fille d'un de nos plus célèbres typographes. Il ne quitte Lyon que vers le commencement du xvie siècle pour aller se fiier à Paris. Biogr. lyonn. , p. ai.

1492. — Janvier 3i. Le consulat fait payer à Jean de Paris, pour la peinture par lui faite tant à l'escu et armes du roi, posées au-devant de la porte de Bourg-Neuf, ensemble au lion posé sur la pile dernièrement refaite au pont de Saône auprès des maisons sur ledit pont, 12 livres tournois. S. Voyez , sur Jean de Paris , la Biogr. lyonn., art. Perréal (Jean ).

1492. — Décembre 37. Suivant une délibération qui avait été prise lors de la venue du roi à Lyon, le consulat fait payer à chacun des conseillers vieux et nouveaux, 10 livres tournois , pour les aider à s'habiller d'écarlate. S.

1492.— La ville fait payer à M* de St-Magrin , frère de feu M. de la Barde, jadis capitaine et sénéchal de Lyon , 3oo livres , par accord pour ses appointements de six ans, échus lors de la première venue du roi, suivant l'arrangement fait avec Antoine Fournier, écuyer, jadis serviteur de la Barde. S.

1492. — - Les archers et arbalestriers , habitants de la ville , qui depuis plusieurs années s'assemblaient au mois de mai pour leurs exercices, demandaient la concession des mêmes privilèges qu'ils ont dans les autres villes, et surtout que celui qui serait élu pour avoir frappé le papegault, fût exempt de toutes charges de la ville. Après une délibération prise avec les notables , le consulat leur accorde ces privilèges. S.

1492. — Le commandeur Eugène de Beauvoir fait restaurer l'église de St-George. — C'est ce même commandeur qui fit construire l'hôtel de la, Commanderie de St-George qui appartient aujourd'hui à M. Layat, ancien magistrat. Cochard, Descript. lyonn. , a5a3. Voyez ci-après , année 1498.

1492. — On trouve, cette année, dans les registres du parlement, un Louis Bellièvre, sommelier ordinaire de panneterie du roi. M.

1492. — Claude de Feugères, doyen, ayant résigné sa dignité entre les mains du Pape, le chapitre veut en élire un autre. De Feugères s'y oppose , avec deux de ses adhérents. Toutefois on élit Claude de S t- Marcel; mais Claude de Feugères préside comme auparavant. M. Y oyez ci-dessus, année i485.

1493. — Mars ai. Charles VIII, par ses lettres données à Lyon , veut et ordonne que toutes personnes de quelque qualité qu'elles soient , résidant à Dijon , soient tenues de faire guet et garde, etc. Pérard , p. 39a. M.

1493.— Mars a5. Pose de la première pierre du couvent de l'Observance, fondé par frère Jean Bourgeois. — Jean de Rely, évêque d'Angers, bénit cette première pierre. Jean Baile , archevêque d'Embrun, se trouva à cette cérémonie. G allia christ. , in Arch. Ebrod., p. 68 ; Rubys, p. 348 ; M. l'abbé Pavy, Cord. de CObserv. , p. 53-59. Voyez ci-après, au 19 août i494*

1493. — Juillet 11. Le cardinal de Lyon assiste au lit de justice tenu par le roi , en cet ordre : le roi , le duc de Bourbon , le cardinal de Lyon , le comfe d'Angoulesmc , le comte de Montpensier, etc. M.

1493. — Simon de Phares , établi à Lyon où il avait fait bâtir Une maison avec un grand cabinet contenant 200 volumes de livres singuliers, y enseignait publiquement l'astrologie judiciaire. Il fut pour cela interdit cette année par l'archevêque de Lyon , et arrêté par l'official. Dom Liron , Singularités hist. , 1 , 5 14 et 3i5. C. B. Voyez ci-après, 1595.

1493. — II y avait alors une imprimerie à Mficon. Yan-Praët {Vélins de la 2?. du roi, 1,148). décrit un Diurnale matisconense , Matisconae , Michaet Vensler, i4<)3, in- 1 8. Ce bel exemplaire, dit le savant bibliographe , a été acquis dans une vente faite à Lyon en 1812; figure sous le n" 117 du Catal. des livres de M. Rast.

1494. — « Certain temps après , le roi eut propos d'aller à Lyon, et

y mena la royne , et tousiours Monseigneur d'Orléans en leur compagnie. Audit Lyon se commencèrent à faire de merveilleuses chères : car pour le temps ceuls de la ville, dames et autres se meltoient sur le bon bout : car il leur étoit tout de nouveau de voir grande seigneurie ; mais depuis ils s'y sont bien appris. En la saison que le roi Charles fut premièrement à Lyon, il

ouvoit avoir 24 ou 25 ans, et avoit avec luy un nombre de jeunes gentilsnmmes tout pleins de bonne volonté, lesquels ne désiroient que s'employer en toutes choses plaisantes et agréables , ainsi que jeunesse désire.... lise fit durant ce temps audit Lyon plus largement de joustes et tournois, combats à la barrière et autres entreprises d'armes à plaisance, qu'il ne s'étoit fait auparavant longtemps.... Les behourdis se faisoient parmi les rues de la

ville et le plus souvent les grandes chevaleries se faisoient en la rue de

lajuiferie : car la les chevaliers de la queste trouvoient les plus belles et bonnes avantures selon ce qu'ils désiroient. Les grandes et bonnes chères qui se faisoientpourl'heure,exercèrentetélevèrent la cour du roi qui étoit en sa fleur de jeunesse, de faire de hautes entreprises : car communément jeunes gens veulent voir choses nouvelles.. .. et luy fut mis en propos le voyage de Naples où il entendit volontiers. ... » Extrait d'une Hist, msstede France finissant en t5io, citée dans les notes des Mém. de Commines , tome xn, p. 479 de la Collection des Mèm. sur CHist. de Fr. , édit. de 1785.

1494. — Mai i3. Charles VIII arrive à Lyon, lieu du rendez-vous de l'armée qui devait aller faire la conquête de Naples. Itinéraire des rois de Fr. ; St'Gelais , Vergier d? honneur.

1494. — Juin... Par ses lettres patentes datées d'Auxonne, Charles VIII confirme et rétablit les quatre foires de Lyon. Conf. des Ord. , p. 665 , § 29; Privilèges des foires de Lyon , p. 61.

1494. — Juillet 17. Lettres patentes de Charles VIII, datées de Lyon et par lesquelles il est enjoint de marquer les étoffes de soie du sceau de la ville où elles ont été fabriquées; il est en outre fait défense de porter des draps d'or, d'argent, de soie qui n'auraient pas été fabriqués en France, etc. Nouv. arch. duRh., 11,1 33.

1494. — Août 1 . Charles VIII part de Lyon avec son armée ; ce qu'ayant appris Alexandre VI , ce pape envoie aussitôt vers Bajazet II, à Constantinople , afin d'en obtenir secours cohtre le roi de France. Ephémérides de P. de St-Romuald. — Charles était arrivé le i3 mai précédent a Lyon, où il menait joyeuse vie.... 11 abrégeait les jours par des repas, et les nuits se prolongaient pour les voluptés. — - Arnauld du Ferron cité par Sismondi, Hist. de Fr. , xv, i56. — Charles avait été' sur le point de renoncer à son expédition ; mais le cardinal Jules de la Rovèrc, neveu du pape Sixte IV ,

le vint voir à Lyon, et rengagea a partir. Sponde, ad ann. i494* Voyez aussi la Vie du duc de Valentinois, écrite en italien parTomaso Toniasi, p. a6 de l'édition in-4°. M. — Charles VHI,après avoir quitté Lyon, s'arrêta à Vienne en Dauphiné, d'où il partit pour l'Italie le 23 août. Avant son départ il emprunta d'un marchand de Milan, résidant ù Lyon, ciuquante mille ducats , « moyennant pleigcs qui s'obligèrent vers ledit marchand ; et y fus , pour « ma part , dit Philippelde Commines, pour six mille ducats. » L. vu, c. 4« Voyez aussi le Mascurat de Naudé , p. 548, i" édit.

1494. — Août 19. Mort de Frère Jean Bourgeois » célèbre prédicateur, né ù St-ïrivier de Courte, fondateur, en i4<)3, du monastère des Cordelier» de l'Observance. Le P. Théophile Raynaud , qui lui a consacré une notice dans son Hagiologium, n'a pas cru devoir rejeter un fait miraculeux qui avait déjà été rapporté par Foderé dans sa Narration topo graphique. Frère Jean Bourgeois voulait passer la Loire pour aller de Feurs à Montbrison. Le patron refuse, de le prendre dans sa barque, parce qu'il n'avait pas de quoi payer le prix du passage. Etendant alors sur les eaux son manteau , après y avoir fait la croix avec la main, il s'y assied avec son compagnon , et tous deux parvinrent fort heureusement a la rive opposée. Frère Jean , dans cette circonstance, s'était sans doute rappelé que S. Gildas et S. Raimond de Pegnafort avaient eu recours au même expédient. Voyez sur Frère Jean Bourgeois la Biogr. lyonn., p. 47, et sur S. Gildas, ['Université catholique , vin, i45.

1494. — Novembre. Mort ù Lyon d'Adam Fumée, chancelier de France. — Sa seconde femme, Thomine Ruzé, mourut quinze jours après lui, et voulut être inhumée dans l'église de Stc-Croix. Elle avait Cuit son testament devant Etienne Martin, prêtre custode de cette église, le 29 septembre précédent. — Pendant son séjour à Lyon , a Adam Fumée avait fait arrêter en cette ville « Jean Baile et son secrétaire jusqu'à ce qu'il eût les originaux des procès « faits aux Vaudois dans le diocèse d'Embrun. Il y en eut une charge de « mulet. » Perrin , Hist. des Vaudois, p. 191. — Jean Baile -, archevêque d'Embrun, était mort, suivant duTems, au mois de septembre précédent. Clergé de F/\,iv, 268. Voyez ci-dessus, au 25 mars i4g3, et pour les Vaudois, années 1 160 et i/|55 ( au 25 novembre).

1494- — M. Depping, p. 32 1 des Juifs au moyen ùgei cite sous ce millésime un contrat par lequel Salomon de Nevers, marchand juif de Tarascon, et Jean Napolon , négociant à Marseille , fournissent a l'Eglise de Lyon quatre pièces d'étoffes en soie et or , moyennant cent florins. Voyez cidessus, année i5ç)3.

1494 (circa). — - Galeotto Marzio , un des plus savants hommes de son temps, avait quitté la cour de Hongrie pour venir en France, à la prière de Louis XI. Il rencontre le roi aux portes de Lyon, et veut descendre de son cheval pour le saluer; mais comme il était fort gros, il tombe rudement, se casse la tête, et meurt aux pieds du roi. Colonia , 11, 390 ; Moreri , Biogr. unit. , etc. — Les historiens varient sur la date de cet événement qui , suivant Tiraboschi, ne serait rien moins que fabuleux. L. 1 1 , c. xxx, t. vi , p. 588 de l'édit. de Florence, in-8*. ,

1495. — Juillet 5. Mort de Claude Gaste, doyen du chapitre de St-Jean depuis i4&&. H avait été ambassadeur de Louis XI auprès du Pape; il fut député aux Etats de Blois en 1484, et à ceux de Tours en i485. Du Tems, iv, 389. Voyez ci-dessus, 'année 1484.

1495. — Septembre 25. Guillaume Mignart publie à Paris les Complaintes

êt enseignements de François Garin , marchant de Lyon , etc. In-4". — Il existait déjà une édition de cet opuscule sans date et sans nom d'imprimeur , mais comme le papier offre la fameuse marque de la roue dentée, il est vraisemblable qu'elle sort des presses lyonnaises, et qu'elle a été faite vers 1480. M. Durand de Lançon en a donné une nouvelle édition ; Paris , impr. de Crapelet, i83a,pet. in-8°, tiré à looexempl., dont un sur vélin. Voyez, ci-dessus , année i46o.

1495. — Novembre 7. Entrée solennelle de Charles VIII à Lyon. Paradin , p. 276; Pli. de Commines, Mém., p. 273, éd. de 16^9; Cérémonial fran fois, f,685 ; Colonia, 11, ; Relation des entrées solennelles , p. 76; Itinéraire des rois de France ; (à la suite de la Pe partie du T. 1 des Pièces fugitives pour servir à l'Hist. de Fr. ); Cochard, Descript. de Lyon, p. 77 ; Sismondi , Hist. des Français s xv , 24. — Les historiens s'accordent pour mettre cette nouvelle entrée de Charles VIII à Lyon à l'année 1495 ; cependant on lit dans un Précis des événements arrivés à Lyon depuis sa fondation jusqu'en Cannée i5oo, et inséré dans YAlmanach de cette ville pour 1745 : «Charles VIII ayant « conquis le royaume de Naples, revint à Lyon et y fit une seconde entrée « magnifique le 7 novembre i494> comme roi de Naples, de Sicile et de « Jérusalem. Il ordonna des réjouissances, des fêtes de courses , de joùtes « et de tournois qui se firent dans les rues de la Grenette, de la Juiveric et «• de St-Jean. Le chevalier Éayard, Pierre du Terrail , s'y signala par-desv sus les autres, etc.» L'auteur de ce Précis, que nous croyons être le bibliothécaire D. Thomas, à qui sont dus les Mémoires sur laLigue que nous avons publiés dans la Bévue du Lyonnaise trompe bien certainement sur la date de l'année, puisque Charles VIII se trouvait en Italie a« mois de novembre i494>>1 se trompe aussi en mettant le tournoi danslequel se distingua Bayard, après la conquête du royaume de Naples. Nous pensonsavec M. Alfred de Terrebasse que ce mémorable tournoi eut lieu en 1491 » comme il l'a marqué dans son intéressante Histoire du Chevalier sans peur et sans reproche. Au reste, il paraît que D. Thomas avait sous les yeux, en écrivant le passage que nous avons reproduit, la page où Ruhys parle du même événement ; or, à la septième ligne de celte page, la 549' de son Histoire, on lit 27 d'octobre 1494» au Weu de 27 d'octobre 149^, jour auquel Charles, revenant en France , arriva à Grenoble.

1495. — Décembre.... Edit de Charles VIII , roi de France et de Sicile , qui donne la noblesse aux conseillers de la ville de Lyon et à leur postérité. — Cetédit, daté de Lyon, accorde plusieurs privilèges aux citoyens de cette ville. — Kubys et Poullin de Lumina ont reproduit cet édit, le premier dans ses Privilèges , le second dans son Abrégé chronologique.

1495. — Charles VIII visite le cabinet de Simon de Phares, et entend pendant plusieurs jours ses leçons d'astrologie. Dom Liron, Singularités hist., 1, 3i5. — Voyez ci-dessus, 1493.

1495. — Jean du Pcyrat , marchand, citoyen de Lyon, et Claude Garniere sa femme, avaient fait édifier dans l'église de St-Paul une chapelle (dite du Crucifix) à l'honneur de Dieu et de la glorieuse Vierge Marie. Ils y fondent à perpétuité des messes eucharistiales à notes, des messes de trépassés,etc. Le P. Menestrier nous a conservé dans ses Noies manuscrites l'inscription qui contenait cette fondation.

1495 (circa). — L'étrange frénésie qui , suivant le récit de Plutarque ( De mulierum virlutibus), s'empara autrefois des filles de Milet, saisit tout à coup

les filles de Lyon ; elles prennent un tel dégoût de la vie que les unes se précipitent dans les puits, les autres s'étranglent ou se poignardent. Vnyex, sur ce singulier événement dont le souvenir ne nous a été conservé que par des écrivains étrangers à notre ville, les Arch. duRh. , v , Q6i , et les Mélanges de C. fi. , p. 2ÔO-63.

1496. — Mai... Lettres patentes de Charles VIII, données à Lyon , contenant des privilèges accordés à la faculté de médecine de Montpellier. Astruc, Mém. pour servir à Chut, de cette faculté, p. 1 io-i*4- ^« ^. — Voyei, sur le séjour de Chartes VIII à Lyon, en 1496, les Mém. de Commîmes , t. xin, p. 199-207 de la Collection des Mém. pour sertir à CHist. de Fr. ; les Additions à Monstrelet ; Reute du Dauphins, 11, ôo5.

1496. — Juin 26. M* Antoine Dupont , procureur-général de la ville de Lyon et secrétaire du consulat , expose au consulat qu'il est important de diviser ces deux charges. On lui lais5e celle de procureur-général de la ville , et on donne celle de secrétaire et clerc du consulat ù Me Georges de la Noyerie , derc notaire royal. On ordonne que ce dernier fera inventaire de tous les papiers qui sont dans les archives de l'Hôtel-de-Ville et dans l'église de S. Jacqueme ; enfin on arrête que tous les mandements seront expédiés et signés par le secrétaire, et au lieu de conlrôle , signés par un des conseillers présent à la passation de ces actes.

— Le consulat, attendu le décès d'Humbert de Varey et de Guillaume fiaronnat qui avaient la conduite des deux bannières de la ville servant au fait de la guerre, ordonne que M. le visiteur noble, Pierre Palmier, aura lit charge de la bannière du côté du Royaume, et M. le visiteur, sieur Louis du Perricr, comme tuteur d'Antoine de Varey, celle du côté de l'Empire. M.

1496. — -Juillet 1.9. Antoine de Villars , conseiller syndic, annonce au consulat qu'il a fait enregistrer au parlement de Dauphiné les lettres d'an o blissement, dons et octrois accordés à la ville par le roi. M.

1496. — Le chapitre refuse pour doyen Antoine de Feurs , nonobstant sa résignation , parce qu'il n'était pas chanoine. — Ant. de Feurs avait été reçu conseiller clerc au parlement de Paris, le 8 janvier 1 4«)4- M.

1497. — Août 12. L'ordonnance que nous allons reproduire est extraite des Documents publiés par M. Godemnrd, ancien archiviste de l'flôtel-de- Ville de Lyon : a L'on faict commandement de par le Roy a tous et chascuns malades, entaches delà grosse veyrofle et aultres maladies, demandans l'aumosne, que auiourd'huy par tout le iour ils ay«nt a sortir de ceste ville, et ce sur peyne d'estre bannis et foytes. — Item. L'on faict commandement de la part que dessus que s'il y a aulcune personne , qui depuis dix iours ^n ca ayt eu maladie quelconque, qui le vieigue dire aux officiers ou aultres qui a ce seront depputes, et ce sur peyne de confiscation de corps et de biens et auec inionction que si aulcun est trouue faisant le contraire, l'on prendra tous ses biens meubles et ustensils de sa maison , lesquels publiquement seront brusles. — Item. L'on faict commandement comme dessus a toutes manières de gens de la ville qu'ils ayent a lauer tous leurs estables , rues , boucheries, tripperies et tous aultres lieux infaicts une foys Ja sepmaine , ebascun en son endroict, pareillement que Ton ne iecte eaux infaictes et corrompues, comme eaux de arans , merlus et trippes es dictes rues, et ce sur peyne de cent sols pour la première fois et aultres peynes qu'ils pourront encourir en faisant le contraire. — Hem. Que tous aultres deflfen?«s faictes

par cy deuaot touchant ta police de lacdite ville soyent gardées et obseruees sur les peynes eu icelles déclarées. -—L'an mil quatre cens quatre vingt et dix-sept et le samedy xii* iour du moys d'aoust, par le commandement des officiers du Roy nostre sire, a Lyon» les articles cy dessus escriptes ont este leus et publies a voy de crie et son de trompe es deux bouts du pont de So&ne et aultres carrefours de ladicte ville de Lyon , lieux accouslumes a faire cris et publications en la manière; accoustumee, et ce en la présence de plusieurs personnes illec estans et assembles en grand nombre. — • Soit faict Vidirnus extraict du papier du Roy, couuert de peau, commençant feuillet 261 et finissant au feuillet 269. Aqiourduy 12e de januier mil cinq cens ettroys. Signe: Ramel, Fbacdcy. » — Cette ordonnance a cela de curieux qu'il y est fait mention d'une maladie dont l'introduction en France était toute récente. A ce sujet nous ferons obseçver que , suivant Dom Calmet ( Biblioth. Lorraine , p. 263), notre illustre médecin Symphorien Champier «est le second « de la nation française qui ait fait mention des maladies vénériennes , et * qu'il est le premier qui en ait traité dogmatiquement. ( Voyez son Àggre- « gator Lugdunensis , x 5 1 5 , et un petit chapitre de curâ pudendagrœ qu'il a « mis à la fin de son Miroir, i5io ). Cependant, ajoute le savant abbé de a Senones, Astruc Ta oublié dans sa Bibliothèque des auteurs aphrodi- « siaques. » — Le premier de la nation française qui ait fait mention des maladies vénériennes est probablement l'auteur anonyme du Regimen Saïutitis en françois , imprimé ù Lyon en i5oi.

1497. — Mort de Me Jacques Berziau , notaire et secrétaire des guerres du roi. Plusieurs cardinaux et autres grands seigneurs de la cour assistent îk ses funérailles. Son corps fut porte à la sépulture par douze Ecossais, archers de la garde du roi. L'Herraite, Noblesse de Touraine, p. 462.

1498. — Janvier i5. Le consulat ordonne que Barthélemi Bellièvre et François Tourvéon, conseillers , vaqueront a ranger et mettre en ordre les papiers des archives. M.

REGNE DB LOUIS XII, DIT LE PERE 00 PEl'PLB (l)

1498. — Juillet 27. Les conseillers généraux de la chambre des monnaies donnent aux conseillers de la ville de Lyon la permission^ qui leur avait été demandée de forger en la Monnaie de celte ville des pièces d'or et d'argent en forme de médailles avec les portraits et effigies du roi et de la reine » pour en faire présent à leurs majestés, ainsi qu'aux seigneurs et dames de leur suite, lors de leur entrée û Lyon. M. — L'année suivante, la ville de Lyon fit frapper une grande médaille avec cette légende : Felicb Ludovico

REGNANTE DD0DBC1M0 GESARE ( sic ) ALTERO GAUDET OMNIS NATIO. Papon ,

Hist. de Provence , m, 5?5 ; Mêm. de Trévoux, mai 1757, p. 1202-4. Voyez ci-dessus , i3 décembre 1 491 •

1498. — Juillet.... Louis XII confirme , par des lettres patentes datées de Paris, les privilèges des quatre foires de Lyon , et met au néant « les appel-

(1) Ce prince, successeur de Charles VIII , parvint à la couronne le 7 avril 1498.

« lalions, procès et procédure» qui depuis auroient esté ineues et intentées, « à cause de la.... translation desdites foires à Bourges, etc. » Privilèges des foires de Lyon, p. 8a.

1498. — Le P. Menestrier nous a conservé dans ses Notes manuscrites l'inscription suivante qui fut gravée cette année sur la porte du bâtiment de la Commanderie de St-George , en lettres gothiques : « C'est l'entrée de la « maison MonsieurSt-Jean-Baptiste et du bon chevalier St-George, laquelle u maison a esté faicte et accomplie par Messire Humbert de Beauvoir, che- <« valier de l'ordre dudit Monsieur St-Jean-Baptiste de Jérusalem et com- « mandeur de céans. Fait le i" jour d'octobre, l'an 1498. » Colonla l'a reproduite dans son Hist. titt. , il, ^20. Voyez ci-dessus, année i^^5.

1498. — Octobre 18. Le vicomte de Valentinois , César Borgia , qui avait été nommé gouverneur de Lyon , arrive en cette ville , venant de Rome d'où il était parti le ier de ce mois pour apporter le chapeau de cardinal à George d'Amboise, archevêque de Rouen. — A son arrivée à Lyon, le chapitre lui offrit des présents et lui donna la comédie à Portefrau sur un théâtre public découvert, suivant l'usage de ce temps-là. Viceçomiti Valentinensi gubernatori regio urbem ingredienii solemniter Capitulum obtulit munera , et ad Portam Fratrum eidemex theatro drama exhibait. Act. capitul, 1. 3o, fol. 227. M. Voyez les Additions à Monstrelet , fol. 98 v° ; Aubery, Hist. du card.y ( éloge du card. d'Amboise ) ; Brossette, Eloge hist., p. i35. — Le vicomte de Valentinois eut pour successeur, comme gouverneur de Lyon, le marquis de Vigève. Voyez ci-après, année i5oj.

1498. — Quelques citoyens de Lyon, qui s'exerçaient au jeu de l'arbalète, s'organisent en confrérie et prennent saint Sébastien pour patron. Rubys, p. 364» — Voyez ci-après, années i5oo et i5o2.

1498. — Le poëte Guillaume Dubois, plus connu sous le nom de Crétin, passant à Villefranche en Beaujolais, fait connaissance avec Jean le Maire de Belges, qui y résidait, et qui était clerc des finances au service du roi et de Monseigneur le bon duc Pierre de Bourbon. Crétin l'engage à cultiver les lettres et à faire usage de ses talents. Moréri, Voyez ci-après , année 1509.

1499. — Janvier 28. Le consulat autorise M. le conservateur Thomassin à ouvrir, sur ses fonds , une rue à ligne droite près Notre-Dame de Confort , traversant jusqu'à la rue de la Blancherie. C'est la rue que l'on nomme encore aujourd'hui de son nom, rue Thomassin. M. ; Colonia , 11, 367; Pernelti , 1,170.

1499. — Juin 25. Le consulat arrête que les conseillers feront faire une robe de camelot tanné pour l'entrée du roi , et qu'il sera alloué pour cela à chacun dix écus qui leur seront payés par la ville. M.

1499. — Juillet 7. Défenses sont faites aux lépreux des maladeries de Belmonl et de la Magdeleine qui étaient en grand nombre , d'entrer dans la ville , tant que le roi y sera. Le consulat arrête que , durant ce temps , on leur donnera dix sous par semaine. M. — Voyez ci-dessus, 19 juillet 1426.

1499. — Juillet 10. Entrée de Louis XII. — La reine Anne sa femme ne s'y trouva pas , parce qu'elle était enceinte (Rubys , p. 353) ; elle ne vint à Lyon que l'année suivante, le 19 mars. Nouv. addit. de Monstrelet, fol . 98 v°. — Voyez ci-après, 3o juin i5oo.

1499, — Juillet 17. Le consulat se proposait d'offrir au chancelier Guy c|c

Rôchefort deux flacons d'argent , et à Madame la chancelière six tasses et deux aiguières d'argent : l'un et l'autre refusent ces présents. M.

1499. — Décembre 23. Hugues de Talaru, qui avait été élu archevêque de Lyon en i488 par le chapitre , se démet de son siège en faveur d'André d'Espinay son compétiteur. Voyez ci -après, au 10 novembre i5oo.

1499 - 1500. — Conseillers échevins : Claude Guerrier , Louis Thèse , Guillaume Dublé, François Tourvéon, Claude Laurencin, Jean de Bourges, Pierre Burbenon, Pierre Palmier, Jacques Baronnat, Jean Rôchefort, Benoît Buatier, Pierre Renouart. — Ces douze conseillers sont les premiers qui aient joui du privilège de noblesse accordé aux échevins de Lyon par les lettres patentes de Charles VIII du mois de décembre i4q5.

1500. — Mars 3o. Sur la nouvelle que les Français allaient livrer bataille à Ludovic, duc de Milan, plusieurs gentilshommes de la cour partent de Lyon. Le lendemain, le roi, qui se trouvait à la Tour-du-Pin, apprend que Ludovic est assiégé à Ferrare.— Le 1 1 avril (vigile de Pâques fleuries) , le roi , étant aux champs, entre Lyon et le village de St-Laurent ( de Mure ), reçoit une lettre du cardinal d'Amboise qui lui apprend que Ludovic Sforce a été fait prisonnier. Il ordonne aussitôt de faire des feux de joie et des processions solennelles. Lui-même va en personne ù Notre-Dame de Confort et dans plusieurs autres églises de Lyon, rendre grâces à Dieu. M. et S. Monstrelet, fol. 99 v° ; Rubys , p. 353 ; Pièces fugit. pour servir à l'Hist. de Fr. , 111 , 2o5.

1500. — Avril 1". Mort d'Antoine Dupont, procureur-général de la ville. — Le consulat, « en considération de ce qu'il avoit bien et longuement servi,» envoie 12 torches à ses obsèques. M.

1500.— Avril a3 ,jour de Saint-George. La reine part de Lyon pour aller à St-Claude « ù moult belle compagnie; mais auant qu'elle reuint, elle fut « commère du prince d'Orange, car sa femme étoit accouchée en ce temps « d'un fils. » Nouv. addit. de Monstrelet. Voyez ci-dessus, 10 juillet i499«

1500. — Avril*... François de Paule ( St. ) , étant à Lyon , le roi lui donne la chapelle de St-Roch de Tolose pour bâtir un monastère de son ordre. Calel, Hist. du Languedoc, p. 220; d'Auton, p. 262. — Ces deux auteurs placent ce fait à l'année i5oi ; mais en avril i5oi le roi n'était pas à Lyon. Peut-être faut-il le mettre à i5o3, car Louis XII se trouvait également à Lyon au mois d'avril de cette dernière année.

1500. — Mai 2. Le seigneur Ludovic (Sforce) est amené h Lyon. — «Il avoit « une robe de camelot noir à la mode de Lombardie, et étoit monté sur un « petit mulet. » Le prévôt de l'hôtel et le sénéchal de Lyon furent au-devant de lui , et le Grent prisonnier de par le roi, puis on le mit au château de Pierre-Scize : « et pour veoir ledit Ludovic, y auoit grand nombre de gens « par les rues par où 11 passa : et estoit le roi à Lyon. » Mer des hystoires. — ■ Le i4du même mois, le seigneur Ludovic fut, parle vouloir du roi et du conseil, mis hors du château de Pierre-Scize, et conduit au château de Loches, près de Bourges. — Le 17 juin suivant, le cardinal Ascaigne., frère de Ludovic, fut amené à Lyon prisonnier du roi, et renfermé ù Pierre-Scize ; mais il fit tant qu'il fut en la grâce du roi, et eut la France pour prison. Nouv. addit. de Monstrelet, fol. 102 v\; Rubys, p. 353 ; P. Matthieu, Hist. de Louis XII, p. 123 ; Cochard, Calendrier 'pour 1829, p. 40.

1500. — Mai 12. Ce jour « fut fait ù Lyon le mariage de Mgr. de la Roche ,

baron de Bretaigne, et de la princesse de Tarante, fille de Don Frederick de Naples : pourquoy turent faictes joustes et esbattetnens presens la Royne , dames et damoiselles ; et avec la reine estoit la femme du comte Gn Hache , et en aucuns lieux de la ville furent faictes joustes et tournois. Ledit seigneur de la Roche espousa le xviu« jour de raay à Ste-Croix près St-Jcan de Lyon, dont de rechief on fict jouste en la Grenette. Les gentilshommes ioustoient à cheual de bois , et lisses de cordes couuertes de drap de soye , qui estoit une chose si mignonnement faicte que merveille et très ioyeuse à vcoir. » Mer des histoires ; Nouv. addit. de Monstrelet, fol. 102 v*.

1500.— Mai 22. Tournoi à outrance entre sept gentilshommes de la reine Anne , et sept autres de Louis XII. Vulson, Théâtre d'honneur, \. i, c. xvui ; Preuves de l'histoire de Coligny ; Vie de Louis XII, p. 125.

1500.-— Juin ai. Mgr. le cardinal d'Amboise et Mgr. de La Trémoille venant de Lombardie arrivent à Lyon. Arec eux était le seigneur Jean- Jacques ( Trivulce , marquis de Vigève ) , lequel amena aa femme en France. Nouv. addit. de Monslrelet, fol. 102 v°.

1500 — Juin 3o. Le consulat autorise Clément Trie à seconder de tout son pouvoir les joueurs qui se proposent de donner une représentation de la Vie de sainte Ma gdeleine ; il leur prête les costumes et tout ce qui avait servi pour la représentation donnée en i4î)4j l°rs de l'entrée de Charles VIII et d'Anne de Bretagne. M.; Arch. du Ah. vu, 407. — Voyez cl-dessus, année i483 , et ci-après, année i54o.

1500. — Juillet. La duchesse de Lorraine, «fui était allée avec son fils ù St-Claude, vient à Lyon. Le roi retient son fils à sa cour, et la reine fait présent à la mère qui retourne en Lorraine « d'une haquenée blanche très- « richement accoustrée de brodure , c'est assavoir de velours cramoisy « semé de cordelières. » Mer des hyst. , 11 , clxxxiiij , édit. de Davost.

1500. — Juillet 21. Le roi et la reine partent de Lyon pour aller a Troyes en Champagne , « h cause que l'ambassade d'Allemagne y devait venir. » Mer des hyst.; Addit. de Monstrelet, 102 v°. ; Pièces fugitives pour servir à VHist. de Fr., m , 2o5. — Durant son séjour à Lyon , la reine qui logeait à l'archevêché, ne pouvant dormir a cause du hruit des cloches, le chapitre <. ordonna qu'on ne sonnerait que la troisième. M.

1500. — Juillet 26. Nicolas Machiavel et François délia Casa , chargés par la république de Florence d'une mission a la cour de France , arrivent a Lyon où ils croyaient trouver le roi. Trompés dans leur attente , les deux .illustres Florentins quittent Lyon le 3o , après y avoir acheté des habits et des chevaux, et s'être procuré des serviteurs, parce que, dans la rapidité de leur voyage, ils n'avaient songé qu'a obéir et à se rendre en toute hfite auprès du roi. Machiavel, son génie et ses erreurs , par A. F. Artaud , tome 1 , p. 46, 49, 5o, 64, 125 et i83. Voyez ci-après, janvier i5o4 et juillet i5io.

1500. — Juillet 26. Mort à Lyon du roi d'Yvetot. — Il fut inhumé dans l'église de Ste-Croix. Nouv. addit. de Monstrelet. — Ce roid'Yvetot ne seraitil point Jean Beaucher , qualifié de chevalier roi d*Yvetot dans un rôle des gages de cent gentilshommes de l'hôtel du roi ? Voyez VHist. de Charles VIII parGodefroi, et une brochure intitulée : Du royaume d*Yvetot, etc., Rouen, »835, in-8°, p. 25.

1500. — Juillet 28 (dimanche malin). Chute de la pénultième arche du pont du Rhône, vers Bechevelain. Mer îles hyst.) Nouv. addit. de Monstrelet, fol. 102 v".

loOO. — Novembre ro. André d'Espinay , archevêque de Lyon, meurt û Paris dans l'hôtel qu'il possédait sur le quai des Célestins. — Il fut inhumé dans l'église de ces religieux de Paris, avec celle épitaphe : Cy gist Révérend Père en Uieu9 André d'Espinay , cardinal archevesqae de Lyon et de Bordeaux , primat de France et d'Aquitaine, zélateur et bienfaiteur de l'Ordre des Célestins, qui très passa à Paris aux Tournellts le 20e jour de novembre , l'an de grâce i5oo. Priez Dieu pour luy. M. — Cet illustre prélat, chargé de bénéfices, était doué d'un courage héroïque. « On le vit , suivant un historien moderne , « à la bataille de Fornoue , couvert de son surplis, fortifié par un morceau « de bois de la vraie Croix, combattre vaillamment a coté du roi Charles « VIII. » Diogr. lyonn. — Voyez ci-dessus, a3 décembre 1499» et ci-après, au j3 février i5oi.

1500. — II existait alors a Lyon des confréries ou compagnies d'arbalétriers, de francs-archers et de coulevriniers qui avaient obtenu divers privilèges, et dont les statuts avaient été approuvés. On voit dans le préambule d'un recueil qui va de i5o3 à i5o6 «que ceux de ces compagnies qui abattaient le Papegeai qu'ils avaient accoutumé de tirer au premier du mois de mai de chaque année , étaient obligés de prêter serment entre les mains du procureur et du secrétaire de la ville, au-devant de l'hôtel commun , en faisant montre de leurs bandes , de s'assembler toutes les fois qu'ils seraient commandés par les conseillers de ville , pour la garde , défense et affaires de la ville. On donnait aux rois et à leurs bandes un déjeuner, par forme de banquet, au-devant dudit hôtel commun. » Arch. du Rh. vin, 4l°~411, — Voyez ci-dessus , année 1498 , et ci-après , année i5on.

1500 {circa). — Pierre Sala, d'une des familles de Lyon les plus distinguées dans la magistrature, fait élever sur les ruines du palais des préfets du prétoire une maison somptueusement bfitie , et dans laquelle H réunit les monuments de l'antiquité que ce quartier offrait en abondance. — Ce fut cette destination donnée à cette maison qui la fit nommer P Antiquaille , dénomination que l'on ne trouve nulle part avant cette époque , et qui lui fut dès lors consacrée. Pierre Sala était en i485 conseiller et président aux enquêtes du parlement de Paris, chevalier de St-Jean. Notes chronol. de Menestiier ; Biogr. lyon. , art. Sala ; Arch. du Rh. vu , 543 ; Histoire de l'hospice de V Antiquaille, par M. Achard-James. — Voyez ci-après, année 1660.

1500. — Mort a Paris de Jean Le Yiste, seigneur d'Arcy, conseiller du roi Louis XII , chevalier , président des états -génrraux, etc., inhumé aux Célestins de Paris. Antiquités des Célestins de Paris, p. 416; Biogr. lyonn., art. Vistb (Le).

1500. — «En cestuy an deuant Noël la rivière de Sone fut gelée jusques à Mascon , dont, a cause qu'il ne venoit à Lyon bled ny autre chose, le pain y fut chier. Et le jour de St-Thomas après, le Rosne creut si fort jusques environ le di?ner, que c'estoit merueilles , et ne le veit-on jamais en demy jour croistre si fort. » Merdes hyst.; Noivs. addil. de Monstrelet, fol. 102 V.

1500. — Le P. de Colonia , Hist. litt., Il, 4ao> cite parmi les écrivains du xv* siècle, un Jean de Cuchar mois ou de Cuchermois « dont le nom « se trouve , dit-il , assez souvent dans nos fastes consulaires à côté des « noms de Bellièvre , de Maurice Sève , de du Peyrat et de nos autres vé- « ritables savants....» Il y a dans ces lignes plus d'une méprise. Il n'existe aucun Jean de Cucharmois ou de Cuchermois dans nos fastes consulaires ; l'ichevin ou conseiller de ville du nom de Cuchermois se nommait Jacques, et

siégea au consulat en i5i5et i5i6. Avant lui un Henry de Cucnermois avait éte'conscillerde ville en 149a. Cet Henry est probablement le même personnage qui avait fait un voyage dans la Terre-Sainte, qui est nommé dans les Sainctes Pérégrinations de Iherusalem de frère Nicole le Huen, publiées à Lyon en 1488. 2° Le Maurice Sève ou Scève, qui fut échevin en i5r>4 et en i5og, ne doit pas être le même que le Maurice Scève, poëte, au plus tôt vers i53g, et qui était encore vivant en i56a. Notes inédit, de L. Josse le Clerc, sur Colonia ; C. B. , Nouv. Mil. , p. 445-47*, Biogr. lyonn. , art. Ccchermois et Sève.

1501. — Janvier 20. M. Jean Cottereau , secrétaire et conseiller du roi en la chambre des comptes de Paris, donne centécus à MINI. les conseillers pour créer une pension de 10 livres 10 s. pour faire sonner les clochettes et l'aire réveil tous les lundis et veilles des trépassés «au long des rues par toute la ville , pour avoir souvenance de prier Dieu pour les trépassés. — Jean Cottereau était marie' à Marie Turin, fille d'André Turin , seigneur de Jarnosse. S. — Voyez les Nouv. Mil. de C. B. , p. 442.

1601. — Février i3. Le chapitre élit pour archevêque François de Rohan. — Voyez ci-dessus , au 10 novembre i5oo , et ci-après, au 24 août i5o6,

1501. — Avril 29. Mc Jean de Chaponay , président de la chambre des comptes du Dauphiné, remontre au consulat qu'il est noble et doit jouir de l'exemption , n'étant tenu qu'aux réparations et fortifications; mais pour que cette exemption ne soit pas à la charge du pauvre peuple, il demande seulement quelque rabais sur sa nommée. Les conseillers le cotisent à deux livres par denier; il s'en contente. S.

1501. —Titan 2. Louis XII arrive à Lyon, accompagné de La TrémoMIe, de Trivulce et des principaux capitaines qui avaient pris part à la glorieuse campagne d'Italie. — Le roi , pendant son séjour à Lyon , ayant repu la nouvelle de la prise de Capoue et de Fabrice Colonna, alla en rendre grâces à Dieu dans la chapelle deN.-D. de Confort , et fit faire des feux de joie. Nouv. addit. de Monstrelet, t. m, fol. 102 v°; Jean d'Auton, C. xxxvm , p. 128 ; Hist. du XVIe siècle, par P.-L. Jacob, i,386. — Le roi, par lettres patentes du 10 juillet suivant , établit le parlement d'Aix ; il partit de Lyon le 21 juillet suivant pour se rendre à Blois. Sept jours après son départ, une arche du pont de Lyon s'écroula dans le Rhône ^ qui, impatient à voir s'éloi- « gner le roi , signala sa douleur par la chute d*un pont. » Claude de Scyssely p. io4 Additions de Monstrelet, fol. 102 V. ; Pièces fugi t. pour servir à Vffist. de Fr. , m , 205 ; Hist. du XVIe siècle , par P. - L. Jacob , 1,399. — Voyez ci-après, année 1 5 1 1 .

1501. — «Le bastard René de Savoie oui, par les intrigues de ses ennemis, avait été chassé de Savoie, s'était retire vers le roi qui l'avait pris sous sa protection. Il le suivit dans son voyage , et vit le duc de Savoie A Grenoble où ils se dirent quelques aigres paroles ; le duc menaça le bastard , mais le roi prit sou parti, ce qui fâcha le duc qui se retira à Chambéry. » M.

1501 . — Août 10. Mariage à Lyon de Claude de France avec le fils de l'archiduc. Pièces fugit. pour servir à l'Hîst. de Fr. ,111, 2o5.

1601. — Septembre 8. Incendie du couvent des Célcstins. — Le roi était alors à Lyon ; il y était revenu vers le milieu du mois précédent , et il n'en repartit que vers la ftn d'octobre. D'Auton , C. vi ; Paradin, p. 280 ; Lyon anc. et mod. , 1 , art. Célestirs.

1501.— -Septembre 18. Le roi sort de Lyon pour aller chasser en Dauphiné. Pièces fugit. pour servir à l'Hist. de Fr. , m , 2o5.

1501. — Septembre 20. Philibert , duc de Savoie, règle avec François de Rohan , archevêque de Lyon, les droits et prétentions des archevêques de Lyon dans les paroisses de la Hresse et du Bugey du ressort de son diocèse. Guichcnon, Hist. de Bresse , p. 218.

IÔ01 . — Septembre 27. Le roi nomme par lettres, en date de ce jour,Claude delà Baume, sieur d'Albergemcnt, pour son chambellan ordinaire. Guichenon HUt. de Dresse, p. 36. — Le duc Pierre de Hourbon et Madame Anne de France, sa femme, vinrent à Lyon pendant le séjour du roi. D'Anton, p. i?.5 et 126.

1501. — Octobre 12. Lettre du roi, datée de Lyon, relative à la restitution des biens des habitants de la Frayssinière , accusés d'être Vaudois. Perrin, p. 140 et 145 ; d'Auton , c. 46, p. 159.

— Vers la fin de ce mois , Louis XII partit de Lyon pour dois. Pièces fugit. pour servir à l'Hist. de Fr. , m , so5.

1501. — Octobre 17 (Dimanche). Mgr. le cardinal d'Amboise fait son entrée à Lyon « à cause qu'il fut fait légat de France. Ladite entrée fut trèsbelle et somptueuse , les rues tendues de très-riches tapis ; et furent joués plusieurs beaux mystères par les rues ou il passa ; et étoit le peuple trèsjoyeux de sa venue à cause que fui fait le traité et appointement de paix entre les princes chresliens, laquelle paix fut criée le samedi devant Noi 1, dont furent faits feux de joie par les habitants de ladite ville.» Mer des hyst.

1501. — Trithèmc rapporte que «en ce temps là il y avait à Lyon un Italien nommé Jean, et qui aima mieux se faire appeler Mercure , parce qu'il enseignait toutes les sciences qui avaient élé enseignées par tous Jes anciens, Hébreux, Grecs et Latins, qu'il se vantait de surpasser en sagesse et en érudition. Il menait avec lui sa femme et ses enfants qui étaient vêtus de lin, et qui, à l'exemple d'Apollonius de Tvane , portaient au cou une chaîne de fer. Affectant une gravité extraordinaire, il se donnait aussi pour prophète , mais c'était un imposteur ; car il se flattait de connaître la véritable transmutation des métaux , et il professait la magie naturelle que l'on sait avoir été si appréciée des anciens rois et des sages. Favorablement accueilli par le roi de France, on dit qu'il fit à ce monarque deux présents magnifiques, â savoir une épéc contenant 180 petits glaives, et un bouclier enrichi d'un superbe miroir. ---11 racontait dans certain petit livre , qu'il avait fabriqué cèiie épée et ce bouclier sous certaine constellation, et il indiquait l'effet secret qu'ils devaientproduire par la force de la nature. Le roi, voulant enfin éprouver la science de cet homme, ordonna aux médecins de disputer avec lui. Ceux-ci rapportèrent qu'il avait un savoir surhumain et qu'il surpassait en intelligence tous lcsmortels. L'or que le roi lui avait donné, il le distribua aux pauvres, et, content de sa pauvreté , il ne se réserva absolument rien. » Tel est le récit de Trithèmc. Sponde, qui en a consigné le texte dans ses Annales ecclésiastiques ( ad ann. t5oi , n°xn ) , s'étonne avec raison de la négligence des écrivains français qui n'ont rien dit de.ee Jean Mercure. Touteibis, depuis Sponde, plusieurs auteurs, tels qucGabriel Naudé, le P. de Colonia et Dom Liron, en ont parlé. Ce dernier nous apprend dans ses Singularité* historiques , 111 , 481 , que « Jean Mercure paraît avoir offert â Lyon, au roi Louis XII, cette ann< e ; i5oi ), son livre intitulé : K r/tortationcs in llaT-

bar os , Turcos , Sàt/ias Johannis Mercurii Corigiensis oerornatœ , imprimé sans doute à Lyon , et qui l'a depuis été û Anvers , en lâoa. »

1501. — Astruc, de Morbis venereis , n , 558 , décrit un opuscule dont la souscription est ainsi conçue : Cy-finist le Regimen sanitatis en francois : Le remède contre la peste : un g petit traité des urines; Et ung remède contre la grosse verolle. Imprime à Lyon le ix. iour de iuing l'an mil cinq cens et ung. In-8".

— ( Voyez aussi Brunet , Man. , art. Rigime de sàito , et ci-dessus, 12 août 1497. ) — L'auteur anonyme du Regimen sanitatis en français, qui pourrait bien être Symphorien Champier, a dû bien certainement connaître plusieurs ouvrages où il est traité de l'une des maladies qui figurent sur le titre de son livre , et qui ont été publiés en Allemagne vers la fin du xve siècle , notamment par Joseph Grûenbeck ou Griienpeck. Un de ces ouvrages a pour titre: De Mextulagba alius morbo gallico r sans date et sans nom d'imprimeur ; un autre: Tractalus de pestilenti secria site mala de Framos originem remediaque eiusdem continent, etc. Auguste ( Vienne en Autriche) , in-4* goth. A la Gn de ce dernier traité est une pièce de vers intitulée : Querhnonia mentagiicL Hain , n° 8089 et seq.

1502. — Le chapitre de St-Jean fait enlever de l'église de St-Paul un tableau d'argent , parce que la procession de cette collégiale s'était faite avant celle de St-Jean. — « Lorsque le chapitre de St-Jean passait en procession devant une autre église, et que le clergé de celle-ci oubliait de faire sonner, il y avait lieu à une amende qui était également encourue chaque fois qu'un autre chapitre manquait à ses devoirs vis-à-vis de la grande église. Alors le chapitre de St-Jean donnait ordre à un de ses serviteurs d'aller prendre, dans l'église en défaut, des gages que l'on ne restituait qu'après l'acquittement de l'amende. » Coehard, Descript. de Lycn , p. 9.4^.

4502. — Leséchevins obtiennent du sénéchal de Lyon ou de son lieutenant,qui alors leur tenait lieu de gouverneur,de faire de la confrairie de l'arbalète (instituée en 1498), une compagnie de 200 arquebusiers qui seraient « tenus de s'assembler et marcher quand et la part où leur seroit commandé pour le service dli roy. Et pour les assembler et conduire, leur fut donné celuy qu'ils appellent le Roy, qui est celui qui gaigne le prix du Papegay , qu'ils souloyent tirer tous les ans à la Pentecoste. » Rubys, p. 364. — Voyez ci-dessus, année i5oo.

1502. — Mort de Renoît Mellier, maître des requêtes sous Charles VIII.

— Son fils qui se nommait aussi Benoit, et qui fut procureur du roi et conseiller de la ville (en 1 5 16) , fit mettre l'inscription suivante sur le tomber u de son père et de sa mère , inhumés dans l'église de St-Nizier :

Nobilis hac tegitur uroa Benedictus avara

Mellier , edoctus jura paierai fori , Jungitur huic conjux Francisca , semper honesta

Quae prior officio reddidit ossa solo.

Hinc animae cœlo referentes sunipta snb illo

Vivant felices coaditione pari.

Quos conjunx'tt umim conjugiwn

Cunjungat unum sepulcmm , i5oa.

Nous n'avons pas besoin de faire observer que les deux dernières lignes de cette inscription , que nous reproduisons d'après Pernetli, 1, 519, sont en prose , quoiqu'elles soient disposées comme les vers qui les précèdent.1 Per-

netti cite plusieurs Lyonnais dignes de mémoire qui portaient le nom de Mellier ; le plus célèbre est Guillaume, jurisconsulte du xvi* siècle, à qui l'on doit plusieurs ouvrages mentionnés dans la Bibliothèque de du Verdier, et qui fut l'ami de Ducher, de Voulté et de Charles Fontaine. Nous avons vainement cherché son article dans Y Histoire littéraire du P. de Colonia, qui lui devait au moins une courte mention. Voyez la Biogr. tyonn. , p. 187.

1503. — Janvier 11. Geoffroy de Pompadour, évêquedu Puy, chanoinecomte de Lyon, fonde une distribution d'une livre de pain et dunliard en urgent à tous les chanoines et incorporés à l'église cathédrale qui assisteront à matines, depuis le commencement jusqu'à Laudate Dominum, et à la grand' messe, jusqu'à YAgnu$ Dei. Il donna pour celte fondation, qui fut acceptée par le chapitre, 1300 livres. Hist. de S. Martial de Limoges , m , 740.

1503. — Février 1. Les conseillers arrêtent d'aller le lendemain auprès de M. le légat (le cardinal d'Amboise), pour le supplier 1* de permettre aux habitants de Lyon de manger de la viande le lundi et le mardi de la première semaine de carême, en donnant des aumônes pour l'hôpital du Pont du Rhône ; a" d'accorder à tous ceux du diocèse dispense pour manger lait et fromage pendant tout le carême , en donnant l'aumône pour réparer l'hôpital de St-Laurent-des-Vignes C'est ainsi que le cardinal d'Estouteville

obtint permission pour tous les fidèles du diocèse de Rouen et d'Evreux d'user de lait et de beurre durant le carême, en faisant des aumônes pour réparer l'église de Roues , et ce fut de ces aumônes que fut bfilie une tour que Ton nomme encore aujourd'hui la Tour du Beurre, et dont l'archevêque Robert de Croismart avait posé la première pierre le 10 novembre i485. M.

1503. — Mars aa {Mercredi). L'archiduc Philippe, qui était venu pour traiter de la paix entre la France et l'Espagne , fait son entrée solennelle à Lyon. — Il prit « gîte à l'abbaye d'Ainay , jlieu très-beau en belles prairies, « entre les rivières de Ronne et de Sonne qui là se joignent ensemble.»

— Le lendemain il entendit, à St-Jean, la messe qui fut chantée par ses chantres. M. ; Arch. du Rh. , vu , 83.

— 39. Le roi arrive à Lyon , et va loger à l'Archevêché. — La reine arrive le surlendemain.

— Avril a C Dimanche ). Le roi , la reine et l'archiduc assistent à la messe qui fui chantée a St- Jean par les chantres du roi et par ceux de l'archiduc , en présence du cardinal d'Amboise et d'autres cardinaux et prélats. — Après la messe, la paix qui avait été conclue enlre le roi de France et Ferdinand-le- Catholique par l'archiduc (gendre de Ferdinand) fut publiée à Lyon.

— 9 ( Dimanche des Rameaux). Le roi, la reine et l'archiduc assistent dans la cathédrale au sermon, à vêpres et à cotnplies. D'Auton, c. a5 et 3a ; Sponde, n° a ; Champier, Trophœi Gallor. , tract. 2.

1503. — Avril ai. « Le roi estant à Lyon fait une abolition des péages, « treu79 imposts et aultresnouueaulx subsides mis sus depuis cent ans.... Il « octroyé différents privilèges auxmarchans frequentans les riuicresdu Rosne « et de la Saonne.... » Il ordonne de « os ter de dessus lesdictes riuières le£ « escluses , pescheries , nassiers.... et autres choses empeschans le cours « desdictes riuicres ...» Mer des hyst. , fol. clxxxiv, v°, édit de i5o6.

1503. — Juin 10. Mort de Guillemette d'Albon , abbessc de St-Pierrc.

— Voici son épitaphe telle que le P. Menestrier l'a consignée dans ses notes inédites : «Cy gist vénérable et religieuse dame Guillemette d'Albon en son vivant Abesse de ccans, Prioresse de St-Syinphorien cl de Pouilly, laquelle

trcspassa le dixicsme luin Ai. 1)111. » — Sur la même tombe on lisait encore: « Icy repose F. Robinet d'Albon en son vivant hoslellier de Savigny, prieur de Mornan et de Rendans , frère germain de ladite dame , lequel trespassa le deuxième septembre M. DU. » — Ces deux inscriptions se retrouvent dans le Gallia christ. , îv , 287, mais avec des variantes dans les mots et dans les dates.

1503. — Juin i5 ( jour de la Fête-Dieu). Le roi, accompagné de grande noblesse, assiste à la procession de St-Jean et suit le St-Sacrement qui était couvert d'un drap d'or que portaient quatre sieurs de son ordre et de son gang. — Vers les premiers jours de ce mois, l'archiduc d'Autriche, qui était allé à Bourg visiter Marguerite d'Autriche , sa sœur, femme de Philibert duc de Savoie , était revenu à Lyon ; il en repartit le 17, encore malade , pour retourner en Bresse auprès de sa sœur. — Il avait pour secrétaire maître Pierre Ancbemant, natif de Cuyzeaux,en Bourgogne, «personnage de grand « sçavoir et fort exercité aux affaires des princes. » Paradin, qui nous ap- • prend celte circonstance, était probablement petit-fils ou petit-neveu de Pierre Ancbemant; car la mère de cet historien se nommait Catherine Ancbemant, ou Anchemand. Chroniq. de Saxoye, I. 111, c. 94 ; M. d'Aigueperse, Variétés d'A. P. , p. 140.

— Pendant le séjour du roi furent célébrées à Lyon avec toutes sortes de magnificence et réjouissances^ les noces de Ladislas , roi de Hongrie, avec Anne de Foix. Rubys, 354*

— René de Brosse, dit de Bretagne, vient à Lyon pour suivre auprès du roi la réintégrande du comté de Penthièvre. Augustin de Pas, p. 69.

1503. — Décembre 2. Louis XII, par lettres patentes données à Lyon , exempte du logement des gens d'armes, les docteurs et régents en l'université de médecine de Montpellier. — Astruc a donné le texte de ces lettres dans ses Mém. pour servir à l'JJist. de la faculté de mèd. de Montpellier , p, i i4-i i5.

1503. — Dècembreoi. Mort, à Lyon, de Louis de Luxembourg , comte de Ligny. — Le roi, les gentilshommes de cour , les manants et habitants de Lyon furent bien marris de cette mort , et non sans cause , car c'estoit un seigneur bien aymé de chacun. Nouvelles additions de Monstrelet ; Dreux du Radier, Bihlioth. du Poitou, 11, 59; Moréri , article Luxemdoubg , n° xiv.

— 1503. — Les religieuses de N.-D. de la Déserte quittent l'habit de Ste- Claire , et reçoivent de Jules II l'autorisation de passer sous la règle de St-Benoit. Du Teins, îv , 4°8* Cochard , Descript. de Lyon, p. iqj. — a L'archevêque île Lyon , F'rançois de Rohan , ayant voulu faire la visite du monastère de la Déserte, l'abbesse, dame Antoinette de Saint-Amour de Foucraine et ses religieuses se dirent de l'ordre de St-François, et exemptes de la juridiction de l'archevêque ; les religieux de St-François s'étant présentés pour faire la visite , elles répondirent qu'elles étaient de l'ordre de St-Benoît , et sous l'Ordinaire qui enfin les obligea de le reconnaître pour leur Supérieur, et leur donna des règlements. » Le P. Menestrier, à qui nous avons emprunté cette anecdote, l'a placée, sans doute par erreur, dans ses Notes inédites, & l'année 1 5 1 1 ; Antoinette de Saint-Amour ne fut abbesse qu'en 1621. Voyez le Gallia chrisliana , îv, 290. Voyez aussi suprd^ qnnee i3o4 , et infrà , 1 2 juin 167 5.

1503 ou 1504. — Cosmc Pazzi, noble florentin, neveu de Léon X , homme très-versé dans les lettres grecques et latines, vient demander au roi que Pise soit rendue aux Florentins. Il fait un nouveau voyage accompagne' de Pierre Soderino , et conclut à Lyon avec Louis XII un traité par lequel les Florentins promettent de ne pas se joindre a ceux qui se proposeraient de recouvrer Milan. Ughelli, in Aretinis Episc. 1, 480. Le P. Mcnestrier, après avoir consigné cet article dans ses Notes , sous Vannée i5o4, ujoute : Tempus legationis ditigentius inquirendum.

1504. — Janvier a8. Nicolas Machiavel , charge par la république de Florence d'une mission auprès de Louis XII, vient à Lyon et y séjourne jusqu'à la fin de février avec Nicolas Valéry et Ugolin Martelli qui faisaient partie de la même légation. Œuvres de Machiavel , trad. par Periès, t. vu, passim. — Voyez ci-dessus , juillet i5oo, et ci-après , juillet i5io.

1504, n. s. — Aide l'Ancien publie son Monitum in Lugdunenses typograp/tos; Venetiis, xvimartii M. D. III ( i5o4, n. s. ) , sur un feuillet in-fol.

* Les petites éditions in-8% imaginées par Aide, dit M. Renouard (i) , étaient une imagination trop heureuse pour ne pas être promplement remarquées par les Lyonnais qui , de tout temps habiles spéculateurs , durent considérer cette nouvelle sorte d'éditions comme une branche de fabrication très-lucrative, qu'il était à propos de naturaliser dans leur ville. Esl-il cependant bien vrai que ce fut aux Lyonnais que vint l'idée d'entrer ainsi en partage de profit avec le savant éditeur vénitien , ou lurent-ils mis en œuvre par des étrangers, des Vénitiens venus exprès à Lyon pour y ordonner ces in-8" de contrebande qu'ils n'auraient pu décemment , ni même sans risque , exécuter à Venise , à côté de l'imprimerie aldine ? C'est un problème historico-typographique qui ne peut se résoudre que par induction, bien que toutes les probabilités soient contre les Giunli de Venise, ainsi qu'on le verra dans le cours de ces notices. Quoi qu'il en soit, Aide eut à peine publie' ses premiers in-8' à Venise , qn'ils furent réimprimés à Lyon dans le même format, avec un italique assez bon pour ces temps-la, et sur un papier passable. Jusque-là il n'y avait ni contrefaction , ni le moindre manque de délicatesse; car, malgré les privilèges du souverain pontife et du sénat de Venise, il n'était ni de droit public, ni de droit divin qu'Aide approvisionnât exclusivement l'Europe entière de ses impressions. Mais ce qui fut véritablement répréhensible, et en quoi ceux qui ordonnèrent et exécutèrent ces in-8Q méritent le nom de contrefacteurs, c'est qu'au lieu de chercher légalement à faire de bonnes éditions pour rivaliser, surpasser même celles d'Aide, ou tout au moins les remplacer pour les lecteurs peu difliciles, ils ne firent autre chose que les copier servilement; et ne mettant ni date, ni nom de lieu et d'imprimeur à leurs livres, dont le premier feuillet porte la préface d'Aide avec son nom, ils disposèrent tout pour faire passer ces éditions lyonnaises comme étant d'Aide et imprimées à Venise. La fabrication de ces livres étant une spéculation purement mercantile , elle se fit sans doute avec autant de parcimonie que de précipitation ; car tous ces premiers volumes sont remplis des fautes les plus grossières , ce qu'Aide ne manqua pas de faire remarquer. Désolé de se voir si promplement contrefait au mépris des privilèges et de» analhèmes du souverain pontife, et malgré les difficultés qu'il croyait exister dans la gravure , la fonte et l'emploi d'aussi petits caractères , il

(1) Annales de l'i/nprimeric des Aide, ttlit. de 18 3', , p. ôoi cl suit.

publia cet avis dont j'ai déjà parlé, et dans lequel, après avoir exposé ses griefs et ses chagrins, il signale quelques-unes des énormes bévues de ses contrefacteurs. Mais s'il 6e plaint avec raison de la fraude des Lyonnais , s'il est fondé à faire connaître l'inexactitude de leurs réimpressions , il devient injuste lorsque, pour dire du mal des caractères qu'il trouve, comme de raison, fort inférieurs aux siens, il leur reproche comme un défaut capital d'avoir l'air français, gallicitatcm quamdam sapiunt. 11 est difficile de comprendre en quoi des caractères d'imprimerie peuvent avoir ou ne pas avoir l'air français , et en quoi ils pourraient être pour cette raison ou meilleurs ou plus mauvais; toujours est-il vrai qu'Aide s'est permis

une injure gratuite, et surtout aussi inutile que mal amenée Aide ajoute

ensuite dans son Avis que les lettres capitales des Lyonnais sont très-mauvaises : Grandi usculae item s tint perquam déformes. 11 a raison; mais les siennes sont-elles beaucoup plus belles ? Un autre reproche dont on apercevra aisément le peu de justesse, est celui de n'avoir point de lettres liées deux à deux , ou trois à trois : Adde quod vocalibus consonanles non connectuntur, sed separatœ sunt. In noslris plerasque omîtes incicem connrxas, manumque menticnles , npcrœ pretium est vt'dere. On a abandonné avec raison celte bizarre méthode de lier ensemble plusieurs lettres ; idée qui avait pu venir à un imprimeur dont le but était de donner un caractère imitant les manuscrits, mais qui , dans la pratique, ne peut avoir d'autre effet que de rendre les fontes infiniment plus dispendieuses pour les imprimeurs, et la composition bien plus embarrassante, quoique cette complication de lettres ait pour but de la rendre plus expéditive.... Pour en revenir à nos Lyonnais ou à ceux qui les faisaient agir, il paraît qu'ils mirent à profit les reproches de l'habile homme dont ils avaient négligemment copié les mauvaises éditions. Ce fut pour eux un avertissement d'apporter plus de soin à la correction des impressions ultérieures; mais d'abord pour donner le change aux acheteurs, et tirer profit de ce qui aurait pu au contraire ruiner leur entreprise, ils se hâtèrent d'imprimer plusieurs feuillets ou cartons ayant pour objet de faire disparaître du Juvénal et de quelques autres volumes une partie des fautes signalées par Aide dans son Monitum; de sorte que, cet Avis à la main, les acheteurs pouvaient n'en être que mieux trompés. L'activité de la fabrique lyonnaise de ces in-B* latins et italiens ne fut donc nullement ralentie ; et ce qui ne se réalisa que trop souvent , ils réussirent à débiter trois et quatre éditions de la plupart des ouvrages par eux copiés, avant qu'Aide en eût écoulé ses éditions premières : la peine fut pour l'imprimeur-bcmme-de-lcltres , et le profil pour les imprimeurs-négociants et un peu pirates. Après les deux ëditions sans date que, vers i5o5 » les Lyoïmais avaient faites du Vaière Maxime* ils le réimprimèrent encore en i5o8 et en i5ia , tandis qu'Aide ne réimprima qu'en 1 5 1 4 *on édition de i5oa. II en fut de môme de Virgile, Juvénal et Perse ; Pétrarque (i), Catulle , Lucnin , Ovide, etc. , dont ils firent presque coup sur coup deux et même trois éditions sans date , qui peuvent se distinguer en ce que la plupart des secondes ont seules les feuillets chiffrés. De leurs autres éditions de ce genre, ils firent sans doute aussi plus d'une réimpression sans date, ce que j'ai de'jà en partie vérifié. — Ces contrefacteurs ont complètement atteint leur but; ils voulaient que leurs volumes sans correction, imprimés sur un papier assez commun , fussent confondus avec les élégantes et

(0 Voyez, sur une édition de l'étrarque qui parait être une conlrrfcrçon aldinc, les Archives du li/niic , xii , a 35 et suiv.

correctes éditions des Aide et des Giunti; et5 malgré le peu de probabilité d'une telle méprise, la confusion a eu lieu, et complètement, pondant trois siècles. Ce n'est que depuis la découverte d'un exemplaire de l'Avis d'Aide, par lui imprimé en i5o5 ( i5o4 , n. s. ) , qu'enfin on a cherthe a distinguer ces éditions lyonnaises que jusque alors même les bibliographes les plus instruits avaient presque toujours annoncées comme imprimées par les AUe ou par les Giunti. Feu l'abbé (Mercier) de Saint-Léger m'ayant rendu le service de me faire connaître cette pièce vraiment pre'cieuse pour l'histoire littéraire des Aide , je m'appliquai dés lors à rassembler les édition*» lyonnaises, afin de découvrir à quels imprimeurs il fallait les attribuer. Je vis bien pour 1 5 19 sur un César, pour i52i sur un Lucain , et sur un Virgile, le nom de Guil. Huyon calchographus ; ce qui constituait Guil. Huyon, imprimeur en ces années, mais sans rien éclaircir pour les éditions les plus importantes, celles qui n'ont point de date, et appartiennent aux premières années du xvie siècle. J'ai depuis découvert un Balthasar (de Gabiano), ayant en i5o8, et en la même année un Barthélémy Trolb , dont on trouve encore un Juvénal en 15^5; mais ce Troth , libraire, qui a publié beaucoup de livres en tout genre, n'a rien imprimé; et toutes ses éditions sont marque'es impemis B. Troth ou Trot , quelquefois avec le nom de l'imprimerie. En i5io, je trouve Jacques Myt , qui paraît avoir remplacé l'imprimeur Balthasar dont il n'est plus question; mais de ce Jacq. Myt je n'ai vu , des petites éditions imitant les Aidines, que le seul Martial de 1 5 18 : s'il en a imprimé d'autres, on n'y voit pas son nom. Il travaillait encore plusieurs années après , et cependant son italique est bien le même qu'employa Guil. Huyon chalcograpkus en 1 5 19 et en i52i. Probablement pour ces petits volumes qui, avec un in-40 sans date, sont tout ce que l'on connaît des impressions de G. Huyon, celui-ci aura acquis une fonte de cet italique chez le fondeur auprès duquel Myt s'approvisionnait. On connaît encore un V alertas Maccimus de Jacques Mareschal, i5i5, in-8°; mais je ne sais si ce volume est italique. — 11 résulte de tout cela que jusqu'en i5o8 l'imprimeur de ces éditions in-8*, tantôt contrefactions , tantôt simples imitations des Aidines , demeure encore inconnu ; qu'en i5o8 elles étaient faites par un nommé Balthasar; en i5io, et jusqu'en i5i8,par Jacques Myt, et peut-être aussi par Jacq. Mareschal; enfin à dater de 1 5 1 9 9 par Guill. Huyon, et que de i5o8 à i5a5 Barlh. Troth a fait faire à ses dépens chei ces différents imprimeurs un certain nombre d'éditions de

ce genre Peut-être se découvrira-t-il de ces in-8° avec date de i5o2a

i5o6, et portant un nom d'imprimeur, ce qui achèvera d'éclaircir l'histoire de ces éditions — Quel fut d'abord, ajoute M. Renouard dans une note de cette dissertation, quel fut d'abord le véritable entrepreneur de cette fabrication interlope ? Les apparences sont contre les Lyonnais ; mais M. Pinkerlon, d'après Pexamen d'un volume in-8% imprimé ù Lyon par Jacq. Myt, pour Jacq. Franc. Giunta (le premier livre de St. Thomas d'Aquin sur les Sentences de Pierre Lombard), se croit fondé à assurer que ces livres se firent pour le compte de lui Ant. Giunta de Venise. II en déduit avec sagacité les raisons dans une dissertation qu'il a pris la peine de m'adresscr et dont je donne ci-dessous la traduction française, à la suite des éditions lyonnaises, et du Monitum d'Aide... » — Voici , sauf quelques retranchements, celte dissertation ou plutôt cette lettre:

« Je pense que vous sourirez en voyant que vous avez blâmé les pauvres imprimeurs allemands établis à Lyon pour des travaux dont le seul *nt était de leur procurer ouvrage et subsistance , tandis que votre blâm»

devait tomber sur une grande et opulente maison de Venise, véritable et .seul auteur île cette fabrication déloyale. Les Allemands , en ce temps-là « étaient des gens simples et honnêtes, se livrant de bonne foi à Pcxereice de leur profession , et demeurant étrangers à toute fraude et artifice. — Mais , dira-t-on , quel motif, quelle circonstance pouvaient induire une maison de commerce établie à Venise à ordonner à Lyon des fabrications dont l'effet était de frustrer le respectable Aldus des justes profils que méritaient ses talents, son goût et son industrie ? Il y en avait plus d'un : d'abord In fraude exécutée à Venise eût été trop facile à découvrir, et trop évidente pour échapper à la rigueur des lois ; mais voici les deux principaux motifs :

— Ie les privilèges pontificaux et impériaux accordés à Aldus rendaient l'Italie et même l'Allemagne des pays très-peu sûrs pour des fabrications rivales , qui ne pouvaient s'exécuter qu'en violation formelle de ces solennelles concessions. La France, au contraire, jouissant alors des libertés de l'Eglise gallicane confirmées parla Pragmatique-Sanction, n'était aucunement tenue de respecter les privilèges pontificaux ni ceux du chef de l'Empire. — 2° La grande foire de Lyon était alors ce que devint ensuite celle de Francfort-su r-le-Mcio, et ce qu'est depuis un certain temps celle de Leipsick , le centre du commerce des livres et de beaucoup d'autres sortes de marchandises de l'Italie, de l'Allemagne, de la France etdci Pays-Bas. L'Angleterre même, malgré son éloignement, était quelquefois représentée à cet immense marché. Aussi voyons-nous que les libraires et les imprimeurs de Ljon, favorisés par ces débouchés commerciaux, étaient beaucoup plus nombreux que ceux de Paris, dont le débit parait avoir été plus local et plus circonscrit. Après ces explications préliminaires, je crois pouvoir vous assurer d'une manière positive que les seuls ordonnateurs et propriétaires de la grande fabrication qui contrefit à Lyon les volumes d'Aldus, pendant un certain nombre d'années , furent les opulents , les renommés, les nobles Giunti , ou Giunta, de Venise. — Je ne pense pas que Philippe Giunta de Florence ou ses héritiers aient en rien participé à cette frauduleuse fabrication. Philippe fut un savant et habile imprimeur, et jamais il n'a parlé d'Aldus qu'avec: une sorte de respect. lia, à la vérité, fait emploi du petit italique , dès l'année i5o5, dans son Peirarcha in-8", et dans plusieurs autres volumes latins et italiens de ce même format; mais cet emploi , qu'il a ensuite continué sans interruption, prouverait presque seul qu'il n'aurait pas eu recours à une imprimeiie étrangère. Il n'a point adopté le lis pour sa marque typographique avant i5i2 , année dans laquelle on le voit sur un yépulcius in-8°, et ce n'est que vers 1 5 1 5 qu'il en a fait plus habituellement usage. Cette marque a pour supports deux enfants, et je ne vois rien qui en indique la couleur ; au contraire Luca-Antonio Junla ou Giunta employa le lis dès i49°5 on 'e voit en rouge sur le Ditta mundi «le i5oi (i). Plusieurs de ces contrefactions lyonnaises portent le lis rouge ; et dans un volume de i52o auquel je dois ma découverte , et qui est l'occasion de ce Mémoire , les supports sont deux lions que l'on sait faire partie des armes vénitiennes.

— Bandini a donné une liste des publications de Luc-Antonio Giunta qui commencent en 1482 et finissent en 1 558 9 année où l'on voit ses héritiers paraître. Dans la souscription du Tito Litio , 1/197 , in-fol. , et dans beaucoup d'autres, il est qualifié nobilis ou noble ( titre qui n'était pas sans impor-

(1) Ce lis est noir dans l'exemplaire de notre Bibliolh. royale; il csl rouge sur le titre d'un Breviarium romanum , 1 '197 , in-40 Note de M. Renouant

tance A Venise ) ; et celte maison était si opulente, qu'un de ses descendants, Tommnso, mariant ses deux filles en i6a0 et 1628, leur donna à chacune une dot immense (suivant Bandini, 100,000 scudi faisant plus de 600,000 fr., monnaie actuelle ). — II est aussi à remarquer que, [quoique domiciliés à Venise , les héritiers de Luc-Antonio Gîunta continuèrent à y employer des imprimeurs allemands. On voit que l'Allemand Pierre Scoeffer leur a imprimé te Opère di L. Alamanni, i54a, in-8*, et plusieurs autres ouvrages ; préférence qui probablement était motivée sur le bon marché qu'ils trouvaient auprès des ouvriers de cette nation. — Au reste , l'avarice bien connue de Luc- Antonio a flétri sa réputation , et les contrefactions lyonnaises ne serviront pas à la réhabiliter. — ► Une édition in-8% en lettres gothiques, du premier livre de S. Thomas d'Aquin sur les fameuses Sentences de Pierre Lombard, le père de la théologie scolastique, donne sur cette piraterie bibliopolique des éclaircissements que confirment plusieurs autres circonstances de détails. Cette édition est imprimée à Lyon, en i5ao ; elle porte sur le titre la figure de Thomas d'Aquin, gravée en bois avec les initiales ainsi doublées : I Z F I Z F. Le Z est l'initiale du nom de Giunta ; en patois vénitien (Zonta) : au-dessous est le lis rouge, marque ou armoiries des Junte.. . Voici donc le lis rouge que nous avons déjà vu sur plusieurs contrefactions. L'imprimeur est précisément Jacques Myt, dont on a le nom sur une de ces éditions in-8° Aldinas mentienies; et probablement il a été aussi l'imprimeur de celles qui ont été faites de i5io à i5i8. Ajoutez les deux souscriptions de ce curieux et intéressant volume, et l'évidence devient complète. A la fin de l'ouvrage, verso du folio 374, est celle-ci : Explicit primant scriptum senteniiarum Diti Thome AquinatU..... lmpressum Lugduni, impensis honoratî viri Jacobiq. Francisci de Giunta tt sociorum florentini: in œdibus Jacobi Myt chalcographi anno, etc. —Sur un feuillet détaché, à la fin de la table et du volume, on voit encore le lis rouge avec les deux lions et les trois lettres I ZF, et au-dessous la souscription suivante : Exprès s a Lugduni , patrono honoratoviro Jacoboq. Francisco de Giunta et socior. (sic). Florentino : chalcographo lacobo Mit (sic) : hecognitore , etc. — Il parait que Iacobus ( q. qui et) et Franciscus sont les noms de la même personne , nomme nous dirions aujourd'hui Jacques-François. Bandini, qui est beaucoup trop pauvre au sujet des éditions lyonnaises des Junte, et qui ne s'est pas même douté des contrefactions, suppose que q. est là pour quondam, et il ne peut trouver aucun Jacques, excepté celui qu'il marque dans sa généalogie des Junte, comme fils de François (lequel François était né en 1448 ). Ces fabrications ayant commencé à Lyon de i5oi à i5o3, on peut croire avec Bandini que Jacques-François était fils de François frère aîné de Philippe et Luc-Antonio , et que, par conséquent, il était le neveu de ces deux imprimeurs.... Quoi qu'il en soit, ce patron, cet honoraide des deux souscriptions ci-dessus, ayant des associés ( socii) , ces associés ne pouvaient $tre d'autres que ses parent», chefs de la grande maison de Venise (1) : car les Allemands qui imprimaient pour lui et à ses frais étaient dans une position commerciale infiniment au-dessous de celle de leur honoré patron. II est

(1) Ces associés ne seraient-ils point les mêmes que ceux qui firent imprimera leurs frais en i5?o et i5ai , par différents typographes, plusieurs traités de Nicolas Tudeschi et de Paul de Castro ? On lit à la fin du vol. qui contient les traités de Nie Tudeschi : Lugduni, impensis Notabimum mercatotum /.ugdunensîum, anno x5»o mense Augusto ; et à la fin des différents traités de Paul de Castro : Lugduni, impensis Nobiliom mercatontm l.ugduruns., tS%\. Voyei Panzer , Annal. , vu , 3ao et 53i. A. P.

pas qi

eu le droit de faire usage du lis rouge qui élait une propriété particulière, ainsi qu'il est prouvé par le procès dont je parlerai plus bas. On ne dira pas que Jacques-François établi à Lyon, était le seul auteur de cet contrefactions. Nous venons de voir qu'il se donne des associés : voici comment je prouve que ces associés étaient les Giuntl de Venise. Les armes formées du lis rouge avec les lions étaient spécialement celles de Luc-Antonio , sans la permission duquel son neveu même n'aurait pu en faire usage. — Le savoir et les talents d'Aldus étaient employés à reproduire les chefs-d'œuvre

qu'acquérait Aldus par 1 emplc

tions de petites formes qui se débitaient à grand nombre, il envoya son neveu à Lyon pour y fabriquer des éditions semblables, ce qui n'aurait pu se faire sans risques à Venise. SI déjà Jacques-François eût été établi à Lyon, et dans une situation indépendante, il n'y aurait pas lieu à lui reprocher, comme conlrc&ction , des livres qu'il aurait imprimés en France en lettres italiques sous son propre nom, et nonobstant les privilèges qu'aurait obtenus Aldus. Mais les publications de Jacques-François semblent calculées pour la consommation de l'Italie, où les éditions aldines in-8° avaient dû mettre en vo«*"ue les ïivres de oe format portatif. — On ne peut sàvoir si Jacques-FVançois, qui mourut à Lyon avant 1 556, y aura été établi définitivement avant i$38, année de la mort de son oncle Luo-Antonio. Ses héritiers, que l'on voit paraître dans cette année i5!>6 , furent deux filles * Jeanne et Jacqueline, ainsi qu'il résulte d'un procèsque Jeanne, l'une des deux, intenta, en l'année 1678, a Un florentin Philippe Tinghy qui, A Lyon, avait pareillement pris pour enseigne et marque de ses impressions la fleur de lis florentine conservée par Jeanne, comme héritière de l'établissement des Giùntiou Jonctv. Les détails de ce procès, intéressant pour la jurisprudence de la librairie/ se trouvent conserve's dans un volume assez rare imprimé à Paris en 161 a, in-8% sous ce titre: Recueil de plaidoyer notables de plusieurs

anciens et fameux advocais de la cour de parlement, etc. (1) Tinghy,

condamné à Lyon en première instance, succomba aussi dans son appel au parlement de Paris; et par arrêt de la Cour du ai juin 1^79, la demoiselle Joncty conserva l'emploi exclusif de sa marque et enseigne , comme l'ayant premièrement occupée. » — M. Ilenouard revient encore sur les contrefacteurs des éditions aldines, p. xiv de sa Notice sur les Jante , publiée ù la suite de sa dernière édition des Annal, de f imp. des Aide. Nous y renvoyons no» lecteurs.

1504» -"-/«»* îôk Messire de Sl-Graire, assisté d'un docteur en droit, arrive à Lyon, et< le lendemain * il est conduit ù l'abbaje d'Ainay où le roi et son conseille transportent aussi. ffisU du xvie siècle, par P.-L. Jacob, 11, 3i8.

1504. «L'an i5o4 furent premièrement vues ces dévotes et pitoyables

processions qui furent appelées 1*S Processions blanches, à cause que les pauvres genà dé Village, hommes, femmes et petits enfants, passoient par la ville conduits par les curés et vicaires de leurs paroisses, et la croix devant,

(1) Voyez aussi Guenois , Conférence des Ordonnance!, t. 11, p. io85 , édit. de 1678 , et A. C. Reuouard , Traite des droits d'auteur, t. I , p. 1X1. A. P.

allants en procession à Nostre-Dame de l'isle et autres lieux de dévotion* tous npds et affublés d'un linceul blanc, criants avec une voix si pitoyable, qu'il n'y a voit cœur si endurci qu'il n'en fût meu à compassion : Sire Dieu , miséricorde! ou bien : Sainte Marie , mère de Dieu, priez pour nous. Ce quiexcita ce pauvre peuple à telle dévotion, fut une grande famine et disette de tous fruits, lors survenue , et de laquelle moururent plusieurs milliers d'ames tant à la ville qu'aux champs , et qui fut causée par une sécheresse qui commença .dès Le mois de mors, a l'occasion de laquelle l'on ne put semelles petite blés; les autres demeurèrent en terre sans venir à maturité : et forent les ri-vières, fontaines et ruisseaux tellemept taris que les bestes m ou r oient de soif par les champs, et les chiens eiwrageoient. » Rubys, p. 354. Voyez aussi la Mer des hystoires, t, », fol. clxaxvi, v% On y trouvera quelques circonstances que Rubys a négligées, telles que la suivante : « -Environ Je mois de septembre y auoit à Lyon en la riuiere de Saône m nombre de petits an gui Ho us gros comme ung petit doigt et, non psoit on « «nangier. » Lêc. ort.«-« La mauvaise et dure saison dura tout un an, dit Paradin, p. «8*, et yalojt alors* Lyon Jebichet de bl£ de vingt et six à vjn£t *t sept «ois. » Voyez ci- après,. années i55i, i£34 et 1573*

1504. — Christophe d'Uttenheim, évêque de Bûle , écrit aux chanoines do Lyou pour leur demander s'ils ont ouï dire que Jean Cerson ait fait des «ni racles, et s'il est vrai que Laurent Bureau, confesseur du roi, ait ressenti les effets de ila colère céleste pour avoir méprisé ,ee serviteur de Dieu. — Les chanoines, dans Leur réponse, font l'éloge de Çerson , et disent que le confesseur du roi, loin d'être son détracteur, a toujours été son panégyriste ; que frère Laurent, docteur *n théologie de Paris, de l'ordre des Carmes, a composé à la louange de Gerson quelques vers qui ont été mis sur son autel à St-Paul. Ils ajoutent que frère Laurent» maintenant évêque de Sisteron , confesseur rdu roi , a prêché à Lyon , pendant six carêmes , devant les rois, le clergé et le peuple. CoLombi, ,in Opusc. L. iv, de Gçstis episc. sistatic., p. 1&7 et 168 ; du Tems , j , i3o; Spon , Jntiquit. de Luouy p. 33 ; Colonia , 11 , 376. — Voyez ci-dessus , années i4»9 > et ci-après 1645.

1504. *— Ouverture de la rue Sala, par la fa mille Sala ,de alontjustin, sur une partie du ténement du Plat qui lui appartenait. G. u > DkU des rMcs de Lyon; Biogr. lyonn., art. Sala..

1505. — • Mai 6. Mort d'Antoine du Terrail , abbé d'Amay, oncle du chevalier Bayai t. — Il avait succédé, vers i458, à Antoine H du Terrail, fils

.de Pierre , seigneur de Bayart, tué à la bataille d'Azincourt. Gallia cfirtsi. , iv , 34o« Biogr* lyonn. , p. 535.

4505. -•— Jean Drou in ou Droyn , d'Amiens , qui a translaté 'de vers en prose la Vie des trois Maries, composée par Jean Venelle , poète français du xiv* siècle^ jlance cette apostrophe aux femmes de Lyon:.... «Votre désir ne « est que en beaux habillements et riches bagues. Vostre cueur est de tout « à danser, rire , railler et gaudir à tors et a travers. Vos grands monda - « nitez , vos testes accoustrées de perles, chaisnes et pierreries seront-elles « cause de vostre saulvement ? Certes , je croy que non. Vos obstinations et ■« vouloirde faire pis seront-dls cause d'amaader vostre vie? Certes, je crayque « non. » — M. C. B. qui a reproduit, d'après M. Cuchard, ce passage dans ses Mélanges, p. a55, observe que Venejtte, dans son apostrophe, s'adressait aux femmes en général , et ajoute que l'on œ voit pas pourquoi Jean Uroyn l'a dirigée contre les femmes de Lyon en particulier. ( Voyez les Mêm. de l'abbé

d'Artiguy, iv , àùj ). — Toutefois il est certain que Jean Venelle tint ;i Lvnn et qu'il assista au chapitre gênerai que les Carmes tinrent dans cette ville , en i3#jf . Voyez la Biblioth. carmelitana, u , i3a ; Brunet, Man. du Libr. , art. Radius Asceasics ; la Revue du Lyonn., n , i5o.

1506. — 'Avril a5. Claude Gravier, notaire royal, est nommé secrétaire de la ville , en remplacement de George de la Noyerie , décédé. M.

1506. — Avril 27. Le consulat promet à M. Le Charron, élu député aux états-généraux du royaume , 3 livres tournois par jour, pour ses frais, et 5osous aussi par jour, à chacun des deux autres députés. — On leur donna 3o écus d'or à compte, prêtés par Guillaume Andrevet. Les députés furent de retour le 10 juin , et, le 16 du même mois, le consulat approuva ce qui avait été conclu à Tours. Chacun des conseillers se soumit, par serment sur les saints Evangiles, a procurer l'entier accomplissement du mariage de Madame Claude de France avec M. de Valois , et dans le cas où le roi décéderait sans laisser d'enfants mâles, à reconnaître le même M. de Valois pour roi et souverain seigneur. Un double de cet acte fut envoyé à Louis XII. Un des députés, M. de Laurencin, ne voulut rien exiger de ses frais. Arch. duRh. , vm, 3i.

1606. — Juin 4* L'évêque suflfragant de Lyon , Guichard de Lessart, appuyé auprès du consulat la requête de deux religieux du couvent des Augustins qui demandaient qu'on leur prêtât une place aux Terreaux, dans les fossés de la Lanterne , pour y jouer le jeu de S. Nicolas de Tolentin, que ces religieux voulaient faire représenter. — Les conseillers y consentirent pourvu qu'on ne touchât pasaux murailles de la ville, et qu'on remit les Terreaux en leur premier état, et sous la condition encore • que lesdits religieux bailleraient bonne caution civile.» Arch. duRh., vu, 407; M.Victor de la Prade, art. Aucustins, t. 1 de Lyon ancien et mod. — Ce mystère fut représenté , suivant M. Cocha rd , en 1507 , en présence du roi , de la reine et de toute la cour. Descript, de Lyon , p. 101 . — Voyez ci-dessus , années 14*6, i447» i483 , i5oo , et ci -après, années i54o , 1607 , etc.

1506. — Août 14. Révérend père en Dieu, Mgr. François de Rohan, fds du maréchal de Gyé, archevêque de Lyon et d'Angers, fait son entrée à Lyon a moult triumphalement, • à laquelle entrée furent faits plusieurs mystères par les rues où il passa, que l'on avait tendues de tapisseries. Le jour suivant, fête de VAssumption Nostre-Dame , il chanta la grand' messe en l'église de St-Jcan , en grant pontificat. Mer des histoires , fol. clxxxv , édit. des Angeliers; Addit. de Monstrelet, fol. 107 v"; Act. capiiul., I. xxxu,fol. c)4etseq. (Voyez ci-<Iessus, \o février i5oi, et au 10 novembre i5oo). François de Kohan eut pour suflïagant Guichard de Lessart , sous le titre d'évêque d'Hiéropolis : Guichard dtail religieux de l'ordre des Augustins , docteur de la faculté de Paris, et professeur au couvent de Lyon. H y a une lettre de lui à la tête des ouvrages demédecinede Symphorien Chantier. Notes inédit, du P. Menestricr.

1506. — Procès contre les Frères prêcheurs, appelants d'une commission de l'archevêque de Lyon , relative aux pestiférés. M.

1506.— Versée temps-là il existait a Lyon une société littéraire à laquelle on a donné le nom d' Académie de Fourvières , et qui tenait ses assemblées dans la maison de Y Angélique f ainsi appelée du nom de Nicolas de Langes , un dt ses membres (1). Le seul monument authentique qui nous ait

(i) Voyez, sur telle ma*;*ua , Astre Dam*, de Fourrières , par .M. l"abbt Ulwur , p • tOi i t

clé conservé de cette Acudémlé, est, suivant M. lfreçhot du Lut une lettre d'Hïimbert Fournier, datée de i5o6, adressée à son ami Symphorie» Champier , insérée à la suite d'un recueil d'opuscules latins de ce même Champier, imprimé à Lyon Tannée suivante (u) , et que le P. Meneslricr a presque entièrement traduite dans sa Bibliothèque curieuse, Trévoux, 1704 » tome 11, p. 120-126 (3). Yoici cette traduction, qui ne nous a pas paru indigne d'être reproduite :

« Vous désirez de sçavoir ce que nous faisons surcelte fumeuse montagne de Fourrières consacrée à la sainte Vierge Mère de Dieu. Nous y rivons dans le célibat et dans un parfuit repos , appliquez uniquement aux lettres , et embrassant de jour et de nuit les beaux-arts que nous ne quittons point. C'est ainsi que nous tachons à réparer les pertes de notre jeunesse» n'ayant point d'autre déplaisir que celui d'avoir laissé échapper tant d'heures et tant d'années , qui se *ont écoulées dans une molle oisiveté et dans la bagatelle , dont nous portons la peine maintenant, comme nous en pleurons la perte, que nous nous'efforçons d'adoucir, et, s'il se peut, de réparer par un meilleur usage du temps. Toutes nos occupations sont honnêtes et relevées. Nous traitons de la religion , de la mort, de la manière de régler les mœurs, et de polir et perfectionner l'esprit par les sciences utiles. C'est de quoi nous parlons souvent sous notre grand Socrate, André Viçton (4), homme d'une rare vertu et dont je ne sçaurois assez vous faire connoitre le mérite dans lu brièveté d'une lettre , puisqu'un volume entier auroit peine à vous l'exprimer. Vous seriez charmé de son esprit , de ses talents, de fa candeur et de l'innocence de ses mœurs qui répond parfaitement à sa profonde pénétration dans les mystères de la théologie. Nos amis nous viennent souvent visiter, quoiqu'en petit nombre : car il est difficile dans la foule d'en trouver beaucoup de parfaits, et du caractère que nous les pourrions souhaiter. L'un des principaux est le sieur Gonsalve de Tolède (5), que je puis appeler l'autre œil de notre Académie. lien est l' Apollon et le Praxitèle, puisqu'il n'excelle pas moins en la connoissance et en la pratique des Arts libéraux , qu'ami des plus habiles maîtres en toutes ces professions , et si distingué d'ailleurs parmi les sçavants (6).

nùv. — Nicolas de Langes mourut en novembre i5a5 ; il ne faut pas le confondre avec son fils qui portait le même prénom , et qui tint une si belle conduite, en i5?2, lors des Vêpres lyonnaises.

(1) Mélanges biogr. , p. 406; Jrch. du Rli. , v , a5<$ ; vi , 3a5, 3ag-33o ; vu', ai4. (a) Àrch. du Rh. , m , 400.

(3) Cet ouvrage parut sous le voile de l'anonyme : son auteur mourut à Paris, le ai janvier 1705 ; il était né à Lyon , le 10 mars i63i .

(4) André Victon. Nous avons vaiuemeut cherché dans les Biographies le nom de ce théologien.

(5) Médecin, originaire d'Espagne , auteur de plusieurs ouvrages oubliés aujourd'hui. M. le comte de Fortis , par une singulière inadvertance, l'a nommé Gonsalxe de Cordoue : tout en qn'il a dit dans son Voyage pittoresque , en parlant de l'Académie de Fourvicres , manque d'exactitude ; il a été trompé par Poullin de Luminaet par ceux qui, après lui, bot fait de l'histoire avec leur imagination et sans se donner la peine de recourir aux sources. C. B.

(6) Par une autre lettre également insérée dans le recueil des opuscules de Champier, et datée aussi de i5o6 , Humbert Fouruîer nous apprend que Jean le Maire de Belges, poêle et historien, dout Clément Marot fut le disciple , avait assisté quelque temps auparavant aux exercices académiques de Fourvières. Ou ue connaît donc que (rois personnages qui aient réellement assisté à ces exercices , Gonsalve de Tolède , André Viclon et Jean le Maire. On doit re garder comme Ppocrt plies «1 fuites à plaisir h» listes que le P. de Colouia et Poullin de l.u-

« Après que nom arens donné une juste mesure de temps ù nos muse» et a nos conférences académiques et réglées , nous nous refâchons un peu de ce travail sérieux» et nous nous divertissons à faire de petits contes et à des plaisanteries, où il n'entre rien de mordant , ni de malin , mais cette agréable urbanité que Cicéren a si bien décrite en ses dialogues de l'Orateur, lorsque C ras s us, Scevola, César, Camille et Sulpitius s'entretenoieot ensemble dans leurs jardins de Tuscule, au temps des vacations du sénat. Quelques-uns débitent des nouvelles, tantôt de la guerre des Turcs contre les chrétiens , et d'autres pareilles choses. Je me fais quelquefois dans cette assemblée le singe de Pétrarque, et je leur chante des sonnets en rimes toscanes ; un autre déclame en orateur sur quelque sujet d'éloquence ; d'autres y font les personnages de charlatans, de magiciens et de bouffons, par de» récits de comédies qui réjouissent h compagnie : on représente quelquefois les transformations de Circé , les erreurs de Méduse , et les scènes tragiques de Sénèque. Notre Socrate (André Victon) ne s'amuse pas à nous raconter les fables de Mida.«, ni les inventions ou les songes des poètes 5 mais, taujours également grave et sérieux , îl -nous entretient de l'incertitude de ta vie et de la pensée de la mort , qui est la vraie philosophie de l'âme, et nous apprend à mépriser les plaisirs caducs de cette vie et les faux biens qui raccompagnent et qui f abandonneront bientôt sans nulle espérance de retour.— Aprèsces solides instructions, nos Orphées prennent leurs instruments et chatouillent agréablement nos oreilles, jusqu'à donner de la jalousie aux oiseaux du voisinage, qui accourent en foule pour entendre leurs concerts, qu'ils s'efforcent en vain d'imiter par leur gazouillement. — Votre beau-frère joint sa flûte à ces doux accords de luths et de guitares, et nous enchante comme une sirène. — Nous quittons ces doux amusements pour des passetemps moins sédentaires, et , sortant des chambres et des salles pour aller sur des terrasses et dans des allées de jardins , nous y faisons des parties de jeu aux palets , aux boules et aux quilles , afin eue le corps ait , aussi bien que f esprit , sa part à nos exercices ; nous allons ensuite nous reposer sur des terrasses , d'où nous voyons agréablement toute la ville sous nospieds ; nous voyons la fumée qui s'élève de ce grand nombre de cheminées de toutes les maisons, si fort au-dessous de nous , que eette fumée se dissipe avant que de pouvoir s'élever jusqu'au lieu où nous respirons un air pur ; nous entendons le son des cloches ,1e bruit et le murmure de ceux qui naviguent sur la Saône , ou qui trafiquent dans la ville. Los échos des montagnes voisines nous répètent ce bruit d'une manière encore plus douce; mais le plus beau spectacle est la vue de la campagne et de cette vaste plaine à qui les montagnes de Dovuphinc et de Savoye font une enceinte de théâtre de plus de dix-huit lieues en hémicycle, où nous voyons des forôts, des vjgpes, des jardins , des-prex et des collines où rien de voideet de stérile ne choque les yeux. Mois c'est assez badiner, en voulant vous représenter l'application

de nos études et de nos divertissements » Sedj'am satis jocatum et abunde,

ut arbitror , siiccessu* studiorum noslrorum , fata , fortunasqne presenli ctmrta d&cripwnus.... Vale diù (dix.Lugdu.xxi, anno J)omini aicccccvi. »

1507. — Marsy. Le consulat ordonne 4a construction du Port du Templ*. M.

1607. — Avril ao. (Quelques Auteurs modernes ont mis sous ceUe date

mina nous ont données des hommes et même des 'femmes Je lettres qu'ils supposent avoir été membres de cette Académie , qui n'en hit pas moi us le berceau des muse» lyonnaises , à la reuaissnnoe des lettres. C. Bregbot et ) 'aube Caliour , hc. ci(>

l'établissement à Lyon des pénons. Nous ignorons sur quoi ili se sont fondés. — Voyez ci-dessus, année 1464.

1 507» — * Juillet i5. Symphorien Champier dédie au cardinal d'Amboi&e son Trophœum Gallorum. 11 prend , dans cette dédicace , le titre de physùus lugdunensis. M.

16Q7»-~Juille1 1 7 (samêdf). Louis Xll,revenant de son voyage de la conquête et réduction de Gênes, fait son entrée à Lyon, accompagne de plusieurs prince» et seigneurs, précédé de son grand écnyer, au-devant duquel étaient les trompettes et les clairons. — Sa réception fut extrêmement brillante ; le procès-verbal qui en fat dressé a été inséré dans la Relation des entrées solennelles , Lyon, 1752, io-4% Voyet aussi la Vie de Louis XII, pard'Auton, p. 333 , et les Nouvelles arch, du nh. , 11 , 1 5a , et ci-dessus, année 1 5oi. — Pendant le séjour du roi s\ Lyon, Georges d'Amboise reçut , dans l'église des Jacobins, le chapeau de cardinal qui lui fut remis par Réné de Prie, cardinal de Bayeux. Gallia christ. , 11, 34199 et in Massil. , p. 665. M.

1507. — Le marquis de Vigève, de la famille des Trivulce, était alors gouverneur du Lyonnais. — Voyez ci-après, année i5i5 , et ci-dessus, année 1492.

1508(1507, t. s.). -^Février no. François de Rohan, archevêque de Lyon , fait publier un volume intitulé : L'instruction des curet pour instruire U simple peuple.—* Il est enioincl a tous les cures , maistres des escolles , d'hospitaubr , et aultres par tout lircheueschè de lyon et dangiers dauoir auec eulx Ce présent livre : et en lire souvent. Et y a grans pardons en ce faisans. In-4° de %n\ t. goth. sans nom de ville ni d'imprimeur; terminé par ces vers disposés ainsi au bas du dernier fol. verso :

Quiconque icy estudiera Udg grant moyen ttouuer pourra

Diligemment et de bon coeur , Pour plaire à Dieu ton créateur.

Ce volume contient : Le livre des trois parties... composé par vénérable docteur M aisire Jehan de Oerson, jadis chance Hier de leglise de Paris : pour l'instruction de tous simples chrestiens ( en latin et français), et Le Hure de Jesas qui est sommaire du Hure dessus d. Les commandements de Dieu et de l'Eglise, mis en vers français, qui sont au fol. XII (et tels que nous les disons aujourd'hui, sauf quelques légères variantes ), ne seraient-ils pas, ainsi que la traduction de l'ouvrage entier, l'œuvre de quelque religieux de notre ville où ce petit livre avait déjà été imprimé en 1490 ? S'il fallait s'en rapporter a la Mure, (Hist. eccU de Lyon , p. 204)» ce serait en i52i que François de Rohan aurait fait imprimer) à l'usage des curés de son diocèse, le Prône et les Instructions populaires du pieux docteur Jean Gerson ; mais il se trompe , car le mandement qui est à la tête du livre porte la date de i5o? ( v. s. ) , et l'impression a dû suivre immédiatement. Toutefois il ne serait point étonnant qu'il en existât d'autres éditions. M. Van-Praeten décrit une, publiée à Paris, 1 54 ■ « in-8*, et imprimée par le commandement de l'archevêque de Rbeims. Licres sur vélin des Biblioth. publiq,9 1, 199.

1509. ~~Mârs 19. Le roi écrit au consulat, en faveur del'évêque du Puy , une lettre que celui-ci rendit lui-même au consulat : « Chers et bien amex , nous avons âceu que combien que les chanoines et chapitre de l'église Monsieur St-Jean de Lyon ayent élu doyen de ladite église noslre amé et féal conseiller l'evesque du Puy, tant en faveur et contemplation de nous que pour

les grand* sens et vertus qui sont en la personne dudit evesque* néanmoins aucuns s'efforcent par moyens indirects lui donner empeschement en sondit doyenné dont vous auons bien voulu escrire à ce que de vostre part faites audit evesque du Puy, en faveur de nous et de Son bon droit, tout le port et faveur que possible vous sera à obvier aux troubles et empeschements que ses parties adverses s'efforcent injustement lui donner , et nous ferex plaisir et service très-agréable, car tel est notre plaisir. Donné a Blois, le 32 février i5ou. Signé Louis, et plus bas Cottebbab. — A nos chers et bien amex les consuls de nostre bonne ville et cite de Lyon. » — Il y avait eu opposition de la part du précenteur, fondée sur l'incompatibilité de deux bénéfices. M. — Cetévêque du Puy était Godefroy de Pompadour qui mourut en 1 5 1 4 • et qui eut pour successeur Antoine d'Estaing, évêque d'Angoulême.

1509. — Août 16. Le roi part de Lyon pour aller à Blois. D'Auton , p. 33q. M-

1509. — Août 27. Départ de la reine Anne de Bretagne. — Le lendemain , Jean Perréal de Paris, peintre et valet de chambre du roi, écrit au consulat « que la royne avant son parlement de Lyon lui a dit qu'elle estoit très-con- « tente de la ville et de ce qu'elle y avoit demeuré ; qu'elle a trouvé ladite « ville et les habitants en icclle si bons et de si bonne sorte qu'elle en aura « longtemps mémoire, et que, quand ceux de Lyon voudront quelque chose « de vers le roi, elle sera contente que l'on s'adresse à elle à cause du vou- « loir qu'elle a à faire plaisir à ladite ville , etc. » — Jean le Maire de Belges, qui était alors à Lyon, nous apprend dans sa Légende des V éni tiens que inessire Symphorien Champier avait tiré Jean de Paris « des mâchoires de « la mort , esquellesil s'était engouffré par trop grand labeur, abstinence « et vigilance... : parquoy, ajoute-t-il, ledit messire Symphorian... a mérité • la couronne civicque , quia civem servavit. »

1509. — Jean le Maire de Belges ayant obtenu, le 3o juillet, un privilège du roi pour faire imprimer ses I Uustrations des Gaules , messire Claude le Charron , docteur ès-droits , lieutenant général de Gilbert du Gué, chevalier , bailli de Mâcon et sénéchal de Lyon , député en cette partie , lui donne ses lettres d'attache le 20 août. M. — Voyez ci-dessus , année i^gS. Voyez aussi les Mélanges de Ç. B. , p. 204 et 407.

1509. — Août 24. Le roi (Louis XII venant de Valence, arrive à Lyon et va loger à l'Archevêché'. — Le même jour au soir, la reine ( Anne de Bretagne) arrive aussi à Lyon , venant égalementde Valence par eau. Au sortir du bateau , les conseillers lui font la révérence, et Claude Thomassin, l'un d'eux , lui adresse une harangue. — Le lendemain 25, les conseillers se rendent auprès du roi qui est pareillement harangué par Claude Thomassin. Le seigneur roi leur fait bon accueil et bonne réponse : il leur dit que s'ils veulent quelque chose pour la ville, « qu'ils viennent à lui, et qu'il fera « ce qui sera besoin et nécessaire. » Actes consulaires, — On lit dans la Description de Lyon , par Cochard, p. 21 : « Louis XII, à son retour d'Italie, en i5og, fit élever sur le pont de la Guillotière, à la limite de la séparation du Lyonnais et du Dauphiné (alors la Guillotière dépendait de cette dernière province ) , une colonne qui rappelait la victoire qu'il venait de remporter (le 14 mai) sur les Vénitiens.»— Cette colonne, sur laquelle on lisait : Lvdovicvs XII Francis Bkx Ex Veretiis victobiaii eeportans. P. C. An*. M DIX, fut abattue en i56a par les prolestants. Rubys, p. 355. — Un des amis de Corneille Agrippa lui écrivit , à l'occasion de cette victoire : Nova quœ cir-

toimferuntur hie sont hœc , 1. 1 , p, kj. — il parait, par le* lettres «l'Agrippa et de ses amis, qu'ils avaient fait une espèce de société pour escroquer de Partent, sous prétexte d'avoir le secret d'en faire# et surtout de l'or. II yy avait dans ce,tte société des Flamands, des Lorrains et des Français. Agrippa' en était le chef; et comme il avait de l'espritet du savoir, et qu'il parlait facilement latin et assez bien , il enseignait , il haranguait "et pratiquait la médecine. Landulphe , un de ses collègues, et qui était italien , se trouvait alors à Lyon où il l'invitait à venir (1. i , ep. la). Il cite un Estienne qu'il avait envoyé à Dôle, pour faire venir Brixianusët Antoine Xantus de Nevers. M. — Voyez ci-après, années i524 et i52j.

— Pendant son séjour à Lyon, Louis XII envoya vers le roi des Romains on docteur chapelain du cardinal d'Amboise, que celui-ci ne voulut pas ouïr et retint prisonnier. Dès que Louis en fut instruit, il fit arrêter quelques Allemands qui étaient venus auprès de lui, et les fît mettre à Pierre-Scise où ils restèrent jusqu'à ce que le chapelain du cardinal d'Amboise eût été mis en liberté. D'Auton, Hist. de Louis XII , p. 353.

Io09. — Le duc Charles de Bourbon, qui avait suivi le roi dans son voyage de Gênes , vient à Lyon , après avoir été régalé à Chambdry par le due de Savoie. Marillac , p. a45. M.

1510. — Mai 25, Le cardinal d'Amboise meurt à Lyon , dans le couvent des Célestins. — Le noble prélat avait été atteint de la maladie populaire qui courait alors, et à laquelle on avait donné le nom de coqueluche. Cette maladie inconnue aux médecins prenait, au dire de Rubys , p. 555 , les gens par la tête et les rendait comme insensés.

4510. — Juin... Ordonnances de Louis XII , datées de Lyon , «touchant « les bénéfices pour les gradués. » Code Henry , I. i , p. 36.

1510. — Juillet y. Nicolas Machiavel passe à Lyon pour se rendre à Blois. — Voyez ci-dessus , juillet i5foo et janvier i5o4«

1510. — Louis XII réunit à Lyon une assemblée d'hommes d'état , dan* l'objet'd'a viser aux moyens d'abréger les procès. — L'ordonnance a laquelle ils concoururent ne fut publiée que le 7 avril 1Ô12. Cochard, Arch. duRh., vi, 3a8.

1510. — François de Rohan préside le concile national qui avait été convoqué à Tours , par ordre de Louis XII. Ce fut dans ce concile que le clergé de France ordonna que l'on chanterait dans toutes les églists du royaume , a l'élévation de la messe , ces quatre vers :

O salutaris hostia

Qiue cœli pandis ottium ,

Bella prémuni hostilia;

Da robur . fer auxilium.

Les chantres de la chapelle du roi substituèrent d'abord aux mots fer auxilium , ceux-ci : serva liliutn ; plus tard les deux derniers vers furent changés ainsi : „

In te conûdit Francia , Da pacem , serra lilium.

C'est avec cette dernière variante que l'Eglise de Lyon chanta cette strophe jusqu'en 1790, daps les prières solennelles qu'elle faisait pour le roi et la famille royale. Coiofiia, 11 , 442; Pernetti, 1 , a5g.

1511. — Janvier ai . Le consulat délibère d'écrire à Al. le trésorier Rober-

tel, afin d'avoir pcimission du roi de laisser prèrlier un cordelicr de la. grand* manche, nommé frère de Nery, «qui est grand clerc et très-bon prescheur , nonobstant qu'il ne soil réformé , et quoique le roi en eût écrit nu chupilre pour ne le laisser prêcher. » AcU cons. ( i5io, v. s.) S.

— Le mime jour. L'arohevêque de Lyon ayant reçu des lettres du roi qui lui mandait qu'il avait prolongé l'assemblée du concile général de tout le clergé de France» assigné au ier mars prochain, jusqu'au i5 du même mois , exhibe ces lettres aux conseillers, afin qu'ils s'aident • à donner ordre tou- « chant les vivres , et pour tenir la ville en santé et propreté, en quoi les « conseillers out offert de faire leur devoir. » S.

1511. — Mars 19. Bazoche , courrier du roi , remet aux conseillers une lettre ainsi conçue : « De par le Roy, tres-chers et bien-amez , nous envoyons par de là Bazoche pour faire le logis de nous et de nostre train et compagnie et des prélats qu'avons mandés audit lieu pour le faict du concile de l'Eglise gallicane. Et pour ce faites-le obéir et accompagner , en manière que tout soit bien accoustré à nostre arrivée : et sur ce, le croyez de ce qu'il vous dira de par nous. Donné à filois , le 12 de mars. Signé Lotis, et plus

bas HOBERTET. »

— Mars 2i. Le consulat convient avec Bazoche et l'archevêque que le roi logera aux Àugustins, S.

1511. — Avril 11. Louis XII se rend à Lyon, où il avait convoque le concile de l'Eglise gallicane. Sismondi , Hist. des Franc. , xv, 588 ; HUt. du xvi* siècle, par P. L. Jacob , îv , 226 et suiv. ; Revue du Dauphinè , 11 , 208. — L'assemblée se tint dans le réfectoire du monastère des Augustins qui avaient fait ouvrir une grande porte sur les fossés de la Lanterne , afin de procurer une entrée plus commode à la salle du concile. Cochard, Descript. de Lyon, p. 191 ; Lyonanc. et mod. , art. Aogcstiws. — L'archevêque de Lyon ordonna que, pendant la durée du concile, le logement dans les hôtellerics serait fixé a 9 sous par jour pour un homme et son cheval ; la disnec à

5 s. G d. , le souper à 5 s. 6 d. , la journée du cheval 3 s. 6 d. , le pot de vin

6 deniers , etc. Arch. du JîA., vu, 406. — Voyez, sur le séjour du roi à Lyon, en i5n , le Journal de Louise de Savoye (Collection Petitot , tome xvi , 1'* série , p. 592 ) ; la Revue du Dauphinè , 11 , 206.

1511. — Ao&ii\. Louis XII donne à Lyon des lettres patentes pour l'érection du parlement de Provence. M. — ( Ce parlement avait déjà été établi par lettres patentes du même roi, données à Lyon le 10 juillet i5oi ). Geoffroy Sula , lyonnais, y fut conseiller clerc en i5ai , tandis que l'un de ses frères était inaîtie d'hôtel chez le roi , et un autre chevalier de l'ordre et capitaine de la ville. M.

15tl. — De violents débats s'étaient élevés entre Antoinette d'Armagnac , abbessc de St-Pierre , et François de Rohan , archevêque de Lyon, qui , voulant ramener les religieuses Je St-Pierre a une vie plus régulière , leur avait détendu d'assister aux processions et de sortir de leur couvent , sous peine d'encourir les censures ecclésiastiques. L'abbesse et les nonnains soutenaient qu'elles étaient exemptes de la juridiction de l'arche v êque , cl, refusant de lui obéir, elles s'étaient pourvues au pape qui nomma un commissaire pour connaître de ce différend. Celui-ci excommunia l'archevêque. Le roi et le parlement intervinrent ; l'excommunication fut levée , la paix fut rétablie, et la réforme s'effectua bon gié mal gré. Cochard , Descript. de Lyon , p. i3i.— Voyez ci-dessus , année 1 453 , et ciarn-s . années 1 5 1 5 , i5i6 et i5u;.

1511. — Un maçon nommé Didier, en travaillant à la Châmarreiie , fut accablé sous les ruines d'une muraille, où il demeura plus de deux heures et demie avant qu'on eût pu enlever environ cinquante charretées de marrain sous lesquelles il fut trouvé sain et sauf, à cause d'un vœu qu'il dit avoir fait à la Croix. Sur sa demande , le chapitre lui permit de faire dire une grand' messe à la tribune, et de sonner la grosse cloche. M.

1511. -— Le P. Menestrier a consigné, sous cette année., l'article suivant dans ses Notes inédites : « Ce fut ù son retour d'Italie que Louis XII mit dans ses drapeaux la devise vltvs àvos trois , non pas pour en faire l'.lme de sa devise du porc épie, avec lequel ces paroles n'ont nul rapport, mais pour marquer par ces mots qu'il avoit vengé les Français, que n6s romanciers ont/ait deicendre des Troyens chassés de leur pays. Cependant il faut avouer que ce3motsn'étoient par fort beaux pour les victoires que le roi avoit remportées , et que les deux mots continus et eminus de sa devise du porc-épie étoient incomparablement plus justes et plus nobles, puisque plusieurs savants l'ont considérée comme le modèle d'une devise parfaite. » — Le P. de Colonia s'est emparé de cette note, qu'il a retouchée et insérée dans son Hist. titt. , il, 44° *» m,iis H 6*est bûm gardé de citer la source où il l'avait puisée. Au reste, ce n'est pas le seul emprunt qu'il ait fait au P. Menestrier, dont il avait tous les manuscrits sous la main.

1512. — Juin.,. Louis XII accorde au consulat la levée de plusieurs droits sur les marchandises pour subvenir aux frais de construction des fortifications du côté de Jiresse , entre le Rhône et la Saône ; il laisse , par les mêmes lettres patentes, le soin au consulat de faire ces travaux de la manière qu'il croira la plus profitable a la défense et à la sûreté de la ville de Lyon. Archives consul. , tome V.

15l2. — Juillet ao. Louis XII écrit aux Lyonnais qu'il leur envoie le sieur de la Voulte, son conseilleret chambellan, pour adviscr aux réparations qui sont nécessaires en la ville de Lyon , etc. Documents de M. Godemard . n- 49.

1512. — Juillet ai. Jules II, qui * de berger était devenu loup, » frappe d'interdit le royaume de France, et en particulier la ville de Lyon où devait se continuer le concile de Pise, devant lequel il avait été cité par Louis XII. — Ce pape avait entrepris « de casser, annuler et révoquer les foires franches de Lyon, et de les iransférer à Genève, en défendant à toutes personnes* sous peine d'excommunication, de ne plus aller commercer ou trafiquer aux foires de Lyon. » Rubys , p. 355 ; Chateaubriand , Etud. hist., iv , 239 , éd. originale. Yoyetle diplôme pour l'interdiction de Lyon dans la 5' session du concile de Latran. — Quand Jules II eut déclaré la guerrè à la France , le poëte Gilbert Ducher, que nous retrouverons plus tard à Lyon, fil contre ce pape, qui commandait son armée en personne, une épigramme latine dont voici la traduction :

Pour aller disputer la victoire à Louis ,

Jule avait fait sortir ses guerriers asservis

Des murs où triompha jadis le grand Pompée.

Dans le Tibre soudain jetant alors ses clos ,

Il dit à ses soldats , en ceignant son épée :

« Dans les combats auxquels nous sommes appelés ,

• De quel secours pourraient être les clés de Pierre ?

« Le glaive qu'avait Paul doit suffire à la guerre. »

1512. — Octobr*lfi. Guillaume Guerrier, courrier de Lyon, apporte au consulat l'un des placards engrosses lettres y mis dans les carrefours de Lyon, portant ces mots ; »

Marrait z , vuidez , vuidez !

Car si vous ne vuidez , Le bois enchérir ferez , Et vous gardez de Tholose approcher ; Car si vous y allez ,

Bruslés serez, Ainsi qu'a esté de Motyna, Docteur in medicina.

Au sujet desquels placards plusieurs marchands de Montpellier et d'Espagne fréquentant les foires, craignant qu'on n'ait voulu les désigner, ou que le peuple ne le présumât ainsi , pourraient s'éloigner, etc. , on ordonne une recherche exacte des semeurs de ces placard*, pour en être fait punition. S. De Rozoi, Annal, de la tille de Toulouse, m, a63. — Voyez ci-après, au 5 janvier 1 5 19 , et au 5 mars i533.

1512. — Octobre 5j. Pierre Chavct est désigné pour faire le sermon de la S. Thomas. — Il le fit en effet, et, suivant l'usage, on le lui paya 3o sous. S.

1512. — l e chapitre de Lyon députe, pour assister au concile de Lyon , le chantre et le custode avec deux autres chanoines. M. Act. capit. de St~ Jean, I. xxxm.

1512. —Cette année courut par Lyon un certain bruit sourd que la ville devait périr dans peu de jours, et ne savait-on qui avait été le premier auteur de ce bruit, ni d'où il ëtait venu, et en était néanmoins le peuple en grand effroi ; les prédicateurs exhortaient les habitants à pénitence , jeûnes et bonnes œuvres pour apaiser l'ire ôe Dieu. Par ordre de l'archevêque, on fit un jour de dimanche une belle et dévote procession générale , on l'on vit 70 bannières tant des églises que des confréries des métiers. Un bon père cordelier, nommé frère Muleti ou Mulet (Claude), prêcha avec tant de zèle , de larmes et de sanglots, que toute l'assistance , hommes, femmes et petits enfants, se prosternèrent par trois fuis en terre , criant à hante voix , et la larme à l'œil : Sire Dieu, miséricorde ! Rubys , 355 ; Fodeic, 8i3.

1512. — Le chapitre de St-Jean, le clergé et le consulat font un compromis par suite duquel le clergé doit être tenu a faire 1 16 cannes et demie de muraille pour les fortifications de la ville, « depuis Ja Saône tendant ver» « le Rhône. » La taxe du clergé fut de i5oo livres. 11 fut convenu que l'archevêque donnerait 3oo liv. ; le chapitre 600; l'abbé d'Ainay 200; St-Paul a5o ; St-Pierre 5o ; St-Nizier 5o ; Fourvières 10; la Platière 20; St-Antoine i3;la Commanderie de St-Georges 3o ; le Curé 10; St-Michel 3; St-Vincent 5; St-Saturnin 6; l'Hôpital du Rhône 5 ; l'Hôpital Ste-Catherine 5; le chapelain de St-Cosme 5 , les Céleslins i5 ; les Jacobins 10; St-Ronaventure 5; les Carmes 5, elles Augustin* 5. — L'année suivante, le clergé fit une seconde imposition de i5oo livres pour continuer les fortifications. M. Voyrz le? Anh. du Rh., v, 45o et suiv. — Voyez ci-après, année i5/43.

1513. — * Février.... Les cardinaux de Caravajal et de St-Sérerin qui étaient au concile de Lyon , ayant appris la mort de Jules II ( décédé lu ai de ce mois ) , parlent aussitôt de Lyon pour aller à Rome. Arrivés à Livourne , ils y apprennent que Léon X avait été élu pape le 1 1 mars. Ciacoconius , m, 3a3. M.

1513. — Les Suisses ayant assiégé Dijon « firent une belle peur à ceux de Lyon qui craignoient, s'ils prcnoient Dijon, qu'ils ne vinssent puis assiéger leur ville ; mais cet orage s'évanouit par un pont d'or que leur fit le sieur de la Tremouille , lors gouverneur de Bourgogne. Cet effroi qu'eurent lors le* Lyonnois donna sujet plus tard a maistre Barthélémy àneau, principal du collège de la Trinité, de représenter par gausserie , en des jeux publics, une grosse brayette qui faisoit peur à un lion.» Rubys , p. 556 ; C. B., Mélange» , p. 278. — Voyei ci-apres , année i54a.

1514. — Janvier... François de lloban officie, comme diacre, aux obsèques d'Anne de Bretagne , morte le 9 de ce mois. Gallia c/irist.9 îv , 18t. — Rubys, qui met parerreur la date de la mort de cette vertueuse princesse, au a janv ier , ajoute que « ... le roy porta tel dueil qu'il en cuida mourir de « r«:gret , et fut-on contrainct pour le resjouir de le faire monter sur cette « jeune hacquenée d'Angleterre qui le mena au bout de l'an en paradis....» H ist. de Lyon% 356. — Louis mourut en effet un an moins neuf jours après Anne de Bretagne. — On trouvera dans le Secret des finances de France, par N. Froutnenteau, i58o, pet. in-8", l'Estat des deniers teuez au dioctsr et ressort de Lyon, du temps du roi Lof s douzième, livre second, p. 4©9 à 4i6 : « C'est le propre du lyon , dit l'auteur, p. 4'»» de deuorer; aussi Lyon a autant deuoré d'hommes durant le temps de cest estât, que les subsides , imposts, surcharges et insolences des gens d'armes y ont détruit de familles. La postérité' , comme je croy, ne croira iamais lacentiesme part de ce qui en est. • Les détails que F roumenteau nous donne sont extrêmement curieux pour l'histoire financière et politique de Lyon , sous Louis XII et Henri III.

1514. — Septembre 26. Séance consulaire. Les maîtres imprimeurs, savoir: Jacques Sacon , François Fradin , et Jean de Cambra j ; maître Richard Gentilhomme et Laurent Yllaire, compagnons imprimeurs, demandent que le consulat se joigne à eux pour obtenir punition et justice contre quelques aventuriers qui courent sur les compagnons de leur métier , et en ont blessé quatre ou cinq jusqu'à la mort. On leur répond et objecte les insolences faites par lesdits imprimeurs , même depuis huit jours qu'ils ont voulu outrager le guet de la ville et blessé le lieutenant du capitaine. Cependant , comme ils offrent de remettre aux mains de la justice ceux des imprimeurs qui ont méfait , les conseillers les somment de remettre ceux qui ont insulté le guet. Ils répondent que lesdits accusés sont absents , mais que, quand ils pourront les avoir , ils les livreront volontiers. — Le consulat arrête de faire prendre les délinquants par autorité de justice, et d'y envoyer main-forte des archers et arbalestiers. — Quatre furent saisis et condamnés a être bannis , après avoir été fustigés par les carrefours de la ville par l'exécuteur de la haute-justice ; ce qui fut exécuté pour trois ; le quatrième, nommé Roboam , se porta appelant. S. — Yoyei ci-après , année i555.

1514. — Octobre 3. Le consulat reçoit des lettres du roi, relatives à l'exécution des arrêts rendus au parlement pour la rcfonnalion de l'abbaye de St-Pierre. S. — Voyea ci-dessus, année 1 5 x 1 .

1614. — Octobre 3i. Un ri? e rai n de St-George , qui avait volé du bots duos les Brotteaux de la ville , est condamné par le maître des ports à porter une torche allnraée, en criant merci à Dieu , depuis la prison jusqu'à l'hôtel commun , où il demandera pardon aux conseillers , etc. S.

RÈCNB DE FRANÇOIS I" , LE Pb«S DES LETTRES (l).

1515.— Juin 3os Entrée de Mgr. Charles de Bourbon, connétable de France. — Les rues furent tapissées depuis St-Jean jusqu'à la porte de Bourgneuf. Il y eut une Ystoire sur la place du Change : c'est a savoir une fille signifiant Force royale , tenant une épée nue en sa m;iin dextre, et de l'autre un fourreau semé de fleurs de lys; sur sa ceinture était écrit Espérance, devise dudit seigneur connétable; les autres filles étaient deux Vertus exhaussant l'honneur dudit seigneur : il y avait encore un personnage signifiant ledit connétable , vêtu d'une huque aux armes dudit seigneur , et deux anges tenant un écriteau sur lequel on lisait : Praeibis ante faciem Domini parure vias ejus (mots qui faisaient allusion à la prochaine arrivée du roi).— Les maréchaux de Lautrec, de la Palisse et Jean-Jacques Trirulce vinrent aussi à Lyon vers le même temps. Marillac, fol. rôt v*.

1515. — Juillet 12. François I", se rendant en Italie , fait son entrée à Lyon , accompagné de la reine Claude , son épouse , et de la duchesse d'Angoulême, sa mère. Ces deux princesses, pendant tout le temps du voyage du roi , restent à Lyon et logent au cloître de St-Just. — C'est dans ce même cloître que la reine mère reçut dix ans plus tard cette fameuse lettre dans laquelle François Ier lui disait, en lui apprenant la perte de la bataille de Pavie: Madame. de toutes choses ne m1 est demouré que l'honneur et la vie qui est sauve.., phrase que l'on a traduite par ce mot si célèbre : Tout est perdu , fors l'honneur. Voyez le Bayle de M. Beuchot , art. François Ier. Le savant bibliothécaire de la Chambre des députés y donne le texte pur de la lettre de François l«r, citée, mais légèrement altérée dans VHistoire deParis de Dulaure. — Les membres du consulat allèrent au-devant du roi : ils étaient habillés de robes de damas tanney , et de pourpoints de satin cramoisr ; ils étaient accompagnés des Lucquois habillés de robes de damas noir, des Florentins habillés de robes de velours; venaient ensuite les enfants de la ville habillés d'accoutrements blancs , comme de draps d'argent , velours et satin blancs. Nouteltes Arch. du Rh. , u , î3o.

1515. — Le marquis de Vigève , gouverneur de Lyon , demande au chapitre de l'argent pour achever les murailles de la ville. Act. cap., xxxiv. — Voyez ci-dessus , année i5ia.

1516 — Murs ia. Le roi est à Lyon. — Il y était le i4 , le 20 et le a6 de ce mois, le 2, le la , le 17 et le a8 avril. Le dernier jour d'avril , il était à Colombiers. AL

I0I6.— Mars 14. François I" octroie, par lettres patente», différents pri- (1) C« prince , meetneur de Louii XII , panrinl à 1a eoiiroant la Ie' janvier i5iS.

vilcges aux marchanda des villes impériales d'Allemagne qui fréquentent les foires de Lyon. Rubys, 559.

1516. — Mai 10. Le roi , la reine et Madame vont visiter la roche de la Balme ou de la Daume , en Dauphiné. M.

1516. — Mai 28. Environ 5 h. après midi , François Ie» part de Lyon pour aller à pied au St-Suaire ù Chambéry. Preuves de Savoye\ 4^7. — Il s'y était voué l'année précédente , ù la journée de Marignan , et rendit son vœu , lui vingtième. M. — (Le départ du roi de Lyon pour Chambéry est mis , par erreur, au 25 novembre dans les Ephtmerides du P. de St-Romuald.)— Le 7 juin le roi était à la ïour-du-Pin , et le 8 juillet à Lyon. H.

1516. — Août 11. Les artisans s'étaient ligués pour faire changer la forme des élections municipales ; ils voulaient que les échevins ne se mêlassent plus de nommer les maîtres des métiers chaque fois qu'il y avait lieu à procéder à une nouvelle élection d'échevins , et qu'aucun terrier ne pût y assister.... ; qu'à eux seuls appartint à l'avenir la nomination des maîtres des métiers et l'élection des échevins. Ils voulaient, en outre, que cette élection ne se fît plus en l'Hôtel-de-Ville, mais dans la chapelle de St-Jacquème , comme elle se faisait anciennement , avant l'acquisition de l'Hôtel-de-Ville. Ils s'étaient pourvus au parlement, où la cause fut plaidée solennellement pendant deux audiences, et terminée dans celle du 11 août par un arrêt qui débouta les artisans de toutes leurs demandes. Rubys, p, 55g et suiv.; Paradin , 267. — Voyez ci-dessus , année i486,

1516. — Le monastère de St-Pierre est uni à la congrégation de Chesal- Benoît. — Cette union a duré jusqu'en i<535, Du Tems, 17,407.

1516. — Révocation de l'évêché de Bourg. — L'abbé 4'Ainay est commis par le pape pour faire exécuter cette révocation, Guichenon , Preav. 81. M. — Voyez ci-après, année i52i.

1517. — Juillet i3. Un sacristain de St-Paul, nommé Machard , fait un testament qui contient des détails eurieux sur les usages de cette époque. L'abbé Pernelti, Lyonn. dign. de mèm. , 1 , 297-301 , nous en a donné le

ommaire.

1517. « — Décembre 22. Mort d'Hugues de Talaru qui avait été élu archevêque de Lyon en 1488 , et qui , ayant eu pour compétiteur André d'E>pinay, céda ses droits à ce dernier le 2.5 décembre de l'année suivante.

1518. — Avril 16 (lundi). Les conseillers de ville assistent à une procession générale faite par ordre de l'archevêque, ensuite d'une lettre datée de Caen , que le roi lui avait écrite pour lui annoncer qu'il avait reçu du pape un bref par lequel S. S. lui donnait sa bénédiction, ainsi qu'à la reine, au dauphin , aux princes alliés du roi et à tous ses sujets. S.

1518. —Octobre... Mort, à l'hôpital de Gênes, de Jean Collin, célestjmle Lyon. Biogr. lyonn. Catal.

1519. — Janvier 5. Le consulat donne audience à frère Valentin Levin , religieux de l'ordre de St-Dominique , inquisiteur de la foi catholique, qui exhibe certaines lettres closes et missives que le roi sire écrit à MM. les gouverneurs de cette ville, par lesquelles il mande donner audit inquisiteur aide , port , conseil et faveur, en procédant pour lui à l'exécution de certaines lettres patentes que ledit seigneur lui a envoyées et adressées pour procéder à l'inquisition des tnarrau* et hérétiques. Les conseillers, après avoir vu ces lettres, lui répondent «que, ainsi qu'il plaît audit seigneur tnaii-

m dcret commander, ils obéiront et feront tout ce qui leur sera possible , * quand besoin sera , et requis en seront. » — On trouve une lettre latine qui semble plus ancienne, adressée de Genève le i3 avril . sans millésime , par frère Pierre, prieur provincial de France, de l'ordre des Prêcheurs, en réponse ù celle que ceux-ci lui avaient écrite pour que le frère Raphaël restât à Lyon, où il serait très-utile par sa doctrine et sa prédication ; à quoi frère Pierre répond 1' que son intention est de l'y laisser, tant qu'il sera jugé utile, et qu'il plaira aux vénérables seigneurs de l'église de St-Justde lui continuer l'office de lecteur (de l'Eglise de Lyon); a* quant à l'office d'inquisition, il consent, en faveur de ladite ville et l'utilité du peuple, que le frère Raphaël l'obtienne et l'exerce à la louange de Dieu et augmentation de la foi , et ce dès que frère Nicolas de Sagiaco aura quitté ledit office ou y aura renoncé ; et il lui écrit pour qu'il s'en démette. Mais comme frère Raphaël n'a pas encore 4o ans requis par le droit , il faudra avoir dispense du souverain Pontife, pour l'obtention de laquelle lesdits conseillers, ou messieurs de l'église de St-Jean , voudront bien solliciter. S. — Voyez ci-dessus , au 8 novembre i5ia.

1519. — Une commission est adressée au premier président de Dijon (c'était Hugues Fournier), pour informer sur la rébellion de quelques habitants de Lyon. Div. off. , n* aoo. — Voyez ci-après, au fmars i520.

1519. — Transaction entre Antoinette d'Armagnac, abbesse de St-Pierre de Lyon , et MAI. de St-Just pour les limites du dixme de Myons et de Vcnissieu. M.

1519 et 1520. — La ville est atteinte de la peste. On fait des quêtes, et on exige des contributions des confréries. S.

1520. — Mars 7. Commission du roi François Ier au sieur Adam Fumée , sieur des Roches, et au seigneur de Che?rières, garde du corps , pour aller faire informer à Lyon de certains monopoles et mouvements du peuple contre les|conseillers de la ville. Dit. 0^.,n"aoa.--Yoyezci-dessus,a/uWi5iQ.

1520. — Mai ai. Le consulat visite la chapelle de St-Jacques, et ordonne que l'on ôte certaines armes (armoiries) nouvellement faites dans cette chapelle , «tant es verrières qu'ailleurs, et qu'on y mette celles de la ville. » S. — Ces armes étaient probablement celles de Jean de Chaponay. — Voyez ciaprès, au 8 septembre, et ci-dessus, au 2a juin 1222.

1520. — Juin 19. Me Pierre Chausson , chevalier , et Claude Chausson, perpétuel de l'Eglise de Lyon, fondent, en faveur des pauvres de l'Hôtel- Dieu, intitulé N. -D.de Pitié , ia dîners pour les la premiers lundis de chaque mois , comme il sera ordonné par les conseillers recteurs de l'hôpital. Ils veulent que la veille de chacun de ces lundis soient dites vigiles des morts , et le lundi une grand' messe des trépassés. Ils donnent pour celle fondation laoo livres en capital, ou une pension de 66 livres tourn. — P. Bernod,citoyen de Lyon , fonde aussi un dîner le jour de St-Joseph, ety affecte une renie de 100 liv. tourn. S.

— Même jour. Jean Dodicu, seigneur de Vély, demande que le consulat veuille nommer et intituler la rue Chanay rue des Dodieux, parce que cette rue a été faite, et le fonds baillé par feu M° Jacques Dodieu son père, et se meut de sa directe. On y délibérera. S. — Voyez ci-après, année i558.

1520. — AoClX 22. M. Matthieu de Vauzelles, juge-mage de Lyon, agissant tant en son nom qu'en celui de son frère ( Jean ) de Vauzelles, prieur

de IVfontrotler, expose au consulat qu'il a fourni et donné, tant pour acheter la Grange-Blanche en faveur de l'hôpital du pont du Rhône que pour les bâtiments et les lots, jusqu'à 1700 I. tourn. Aujourd'hui il remet de plus 400 1. pour racheter une pension due sur cette grange a St-Just, à St-Paul, etc. , faisant en tout 2100 I. t. Il demande que les conseillers s'engagent à faire chaque année, sur le retenu de ladite grange, un repas pour les jours qu'il nommera. Il veut que cette grange ne soit jamais aliénée ni appensionnée ; autrement il veut qu'elle soit substituée à MM. de St-Jean, etc. S. Pernetti, 1,322 et suiv. ; C. B. Mélanges , 336.

1 520. — Septembre 8. M. le président Jean de Chaponay ayant été prié par les conseillers de se rendre ù l'hôtel commun , Symphorien Champier, président , lui dit « que d'ancienneté la chapelle de St-Jacquème étant prés sa « maison, apparie noit à la ville; que d'ancienneté cette chapelle étOit libre « par son entrée et issue ; que cependant il a construit contre les murs de « ladite chapelle plusieurs bâtiments et fait fenêtres', clôtures et autres édi- * flees préjudiciables À ladite chapelle; que même il occupe une chambre <• étant au fond et au-dessus de ladite chapelle , où continuellement se sou- « loient tenir les titres de la ville , le requérant de remettre lesdits bâtiments « et chapelle au premier état. » — A quoi ledit sieur de Chaponay a répondu qu'il n'a rien fait, ni voudrait faire au préjudice de la chose publique ; qu'il n'a fait aucun bâtiment de nouveau , ni chose préjudiciable à ladite chapelle , laquelle chapelle il ne veut pas dire qu'elle ne soit à la communauté, ne aussi le confesser; et ce qu'il a fait , ce a ètcjusto titulo , car it a abenevisé de Messieurs de St-Nizier les lieux et places où il a bâti : néanmoins il requiert que la chose soit vue avec ses titres, et par vision d'iceux il se trouvera qu'il n'a rien fait qu'il n'ait dû faire. S.— Voyez ci-dessus, au 22 juin 1222.

1520. — Septembre 8. Le consulat ordonne de faire Une prison de la chambre où était la recluse a l'hôpital, pour y mettre tes repenties quand elles l'auront me'rité. S.

1621. — Charles-Quint s'était emparé de l'abbaye de Longchamp , au diocèse deTournay , dont le cardinal Louis de Bourbon était abbé. Pour le dédommager de cette perte, François Ier, par lettres du i3 février, lui donna l'abbaye d'Ainay qu'il ôta a Philibert Naturel de la Plaione qui s'était jeté dans le parti de l'empereur. M. —-Le Gallia chrûtiana ne met Louis de Bourbon abbé d'Ainay qu'en i532.

1521. — Juin 1. Jean de Calluault , évGque de Senlis , meurt à Lyon, en revenant de Home. M.

— Juin 10. Geoffroy Sala, né à Lyon, est reçu conseiller au parlement de Provence. C. B.

1521. — Décembre 6. Les conseillers vont faire la référence à Monseigneur de Bayard, logé en l'hostel M. l'eslu de Vinolx, et ledit sieur de Bayard leur présente une lettre du roy dont voici la teneur: — « A nos trèschers et bien-amez les conseillers de notre bonne ville de Lyon. — De par le Roy. — Très-chers et bien-amez , nous envoyons présentement par delà notre amé et féal conseiller , chambellan et chevalier de notre ordre , le seigneur de Bayard, pour les causes et raisons qu'il vous déclarera. Si voulons et mandons que vous le croyez de ce qu'il vous en dira, tout ainsi que vous feriez notre propre personne. Et, au demeurant, ferez ce qu'il vous ordonnera pour notre service, et qu'il n'y ait faulte. Donné à Compiègne ,

4e 24* jour de novembre. Signé : François ; et plus bas : Robe rte t. »— ■ Ensuite ledit seigneur de Bayard pour sa cre'ance a dit que le roi entend de rechef venir en cette ville , pourquoi il lui a donné charge d'en aduertif tesdits conseillers, afin qu'ils donnent ordre à raccoustrer et préparer son logU, aussy tenir ladite ville nette , faire vuider toutes imroondicités et gens infects si aucuns en y a , au mieux qu'il sera possible. Pareillement donner ordre que l'on n'enchérisse les viures. À quoy les sieurs conseillers ont dit et répondu qu'ils y feront tout leur possible, et y mettront la plus grande diligence qu'ils pourront, offrant en toutet partout obéir audit seigneur , etc.

Et là lesdits conseillers ont requis M. le courrier, juge ordinaire sur la politique de la ville, qu'il veuille donner ordre auxdits officiers, et faire obéir les refusants : ce qu'il a offert faire , et ordonné une crie estre faite par la ville sur ce que dessus. — On fit présent à Monseigneur Bayard, pendant son séjour en cette ville, de 32 simaises vin blanc et clairet de 16 deniers la simaise, dont le prix montant à 2 livres 2 sols 8 deniers fut payé le 17 du même mois de décembre. Voyez sur Bayart ( car c'est ainsi que ce nom doit s'écrire) et sur ses différents séjours à Lyon, l' Histoire de ce grand capitaine publiée par M. de Terrebabse, Lyon, Laurent; i855, in-12.

1621. — Rétablissement de l'évêché de Bourg en Bresse. Guichenon, Preuves, 85. Voyez ci-dessus, année i5i6, et ci-après, année i534.

1522. —Avril 5 , à 7 h. du m. Le roi arrive à Lyon par la rivière de Saône , accompagné du cardinal de Lorraine , de l'amiral Bonnivet, et d'un petit nombre d'autres personnages. Il entend la messe à St-Paul, dans la chapelle de N.-D. , et va loger en la maison du capitaine Jean Sala. — Le lendemain Dimanche, les conseillers se rendent à l'Archevêché pour haranguer le roi, qui leur répoudit-qu'il était vertu faire bonne chère en ceste sa ville pour quelque temps avec ceux de sadite ville. M. et S. — Le roi aurait pu ajouter qu'il était aussi venu pour demander a sadite ville des hommes, et surtout de l'argent. C'est ce que témoignent les actes consulaires de l'époque.— Henri III, qui vint aumois'd'août 1 582 visiter les Lyonnais qui ncPattendaient pas, se souvenait probablement de la réponse de François Ier quand il dit aux échevins, qui s'excusaient sur le défaut de réception , qu'il était venu les < voir pour manger des melons. D. Thomas , Mêm. sur la Ligue , p. 16.

1522. — Mai 19. «... Environ 2 h. après midi , en la maison de l'archevêque, le hérault d'Angleterre, Clarence, défia mon fils, et en après qu'en tremblant de peur il eut déclaré que son maître étoit notre ennemy mortel, mon fils lui répondit froidement et si a point, que tous les présents étoient joyeux et néanmoins ébahys de sa claire éloquence. » Louise de Savoye, Journal, — Voyez aussi Preuv. de CHist. de Savoye , £\5q.

1522. — Le P. Menestrier a consigné à la fin de cette année , dans ses Notes inédites, une liste de quelques personnes qui occupaient alors des emplois ou exerçaient leur profession à Lyon; en voici un extrait: — Noble et puissant seigneur Messire Louis Mille, chevalier, seigneur de Chevrières, sénéchal de Lyon , bailli de Mâcon et capitaine de la garde du roi notre sire; — Jean du Peyrat , lieutenant général du bailli de Mûcon , sénéchal de Lyon ; — Néry Mazy , conservateur des privilèges des foires ; — Claude Laurencin le jeune, receveur des tailles pour le roi au pays de Lyonnois; — noble et religieuse personne frère Guillaume le Groin, commandeur de St- Gcorges de Lyon et receveur du prieuré d'Auvergne . Robert Albizii, raar-

chand et citoyen de Florence; — Antoine de Gondi, florentin, bourgeois et marchand; — Olivier Simon de Gadagne et Pierre Olivier Simon de Gadagne , son îils , citoyens et marchands de Florence ; — Nicolas d'Elbène , marchand florentin , etc. , etc.

1522. — Mort de Pierre Sève; — de Maurice Sive, docteur en droit, citoyen de Lyon ; — de Jean, Michel et Barthélemi Se ve, frères de Maurice. M. Voyez, sur les principaux membres de cette famille, leur art. dans la Biographie lyonnaise, i83q, in-8°.

1523. — Septembre 6. François I" , étant à Lyon , donne à Jean Brinon , commandant au parlement de Rouen pour la garde du petit scel près sa personne , commission d'interroger l'évêque du Puy et autres complices du connétable de Bourbon , qui était au bourg de Tarare. Labbé , Eloge hist. de FrançoUVy p. 3i4- — Antoine de Chabanncs , évêque du Puy, avait été arrêté à Lyon pendant que le roi y était, et il devait être conduit à Paris. M.

1523. — Septembre 25. Lettres patentes de François I'r données à Lyon, contre les aventuriers qui '^désolent le bonhomme (le peuple). — Ces lettres patenteront l'original existe aux archives du royaume, ont été insére'es dans le Bulletin universel de M. de Férussac , sciences hist. , année i85o, p. 354- 36o. C'est un document fort curieux pour l'histoire, et qui tend à faire considérer les troubles qui agitaient la France en i525, comme ayant été un peu plus sérieux qu'on ne pourrait le penser d'après les relations de cette époque. Les excès des bandes années dont la France était alors infestée, v sont détaillés et dépeints sous les plus fortes couleurs. Les individus qui composaient ces bandes, et leurs chefs y sont déclarés ennemis du souverain et de l'Eut, et mis , comme nous le dirions maintenant, hors la loi. C. B.

1623. — Novembre il. François Ier, qui séjournait à Lyon depuis le 21 août précédent', confirme les anciens privilèges des habitants de Dombes , etc. M. Nouv. Mélanges de M. C. B. , page (\\ 3.

1523. — Décembre 10. François Pc, par une charte datée de Lyon, déclare qu'il se départ de tous les droits qu'il pouvait avoir contre hi maison de Savoie. Guichenon, Hist. de Savoye, Pr. , 4<)3-

1523. — François I", ayant conquis la principauté de Dombes, établit à Lyon, pour l'administration de la justice de cette principauté', un conseil souverain , qui prit le nom de parlement de Dombes dès i558. En i56o, le pays de Dombes rentra entre les mains de ses anciens maîtres, qui maintinrent le parlement, lequel continua à sie'ger à Lyon jusqu'en 1596 , époque à laquelle il fut rendu sédentaire à Trévoux. En 1762, Louis XV acquit, par échange du comté d'Eu, la principauté de Dombes. Le parlement fut confirmé et commença dès lors ù rendre la justice au nom du roi de Françc. qui le supprima par un édit du mois d'octobre 1771» et créa en la ville de Trévoux, par un édit du mois de janvier 1772, une sénéchaussée et siège d'élection réuni qui tint ses séances dans le palais ci-devant occupé par le parlement. Du Cange, Glossarium, vw Parlamentum ; Alm. de Lyon pour 1789, p 161 ; Annuaire historiq. pour x839 , p. ib'3.— Voyei ci-après , 18 avril 1544.

1524. — Février 34. Mort, ù Lyon, d'Etienne Poncher, garde des sceaux de France sous Louis XII , archevêque de Sens , etc. Chalmcl, Hist. de Touraine , 11 , 393. —Son corps fut transporte à Sens. Moréri.

i/>24.— Février. Henri-Corneille Agrippa <le Netteisheim, si connu p;>r ses ouvrages et pur ta rie aventureuse , vient à Lyon. Charmé dq son vaste, savoir, Symphorien Bullioud, uu «le nos .plus célèhres Lyonnais, le présente, à la cour qui le comble de faveurs. Sa femme étant accouchée, d'un fils , le cardinal de Lorraine et la marquise de Saint-Priest le ttenuent sur les font» (Colonia, Hist.titt., 11,711}. — Il nous reste cT Agrippa un certain nombre de lettres datées de Lyon, où il avait de nombreux partisan»; il comptait parmi eux le père Jean de la Grene, gardien du couvent de saint Bonaventure, et André Briau , médecin du roi ( Epist. , m, 54 ). Il fit un nouveau séjour a Lyon en i526 et 16*7. ( Voyez ses Œuvre» publiées par l«ft frères Bering , t. 11, p. 68 1 et suiv. ) Il quitta Lyon h 6 décembre i5-J7 » pour se rendre à Anvers. Il arriva à Paris le ao du même mois, et v resta jusqu'à» i5 juillet suivant (Notes inédit, du père Menestrier, année |9S»)« M. Cochard, Descript. de Lyon, p. 189, rapporte qu'Agrippa, durant ses divers séjours dans nos muw, logeait chez le* Garnies. Suivant ce même écrivain, il aurait été renfermé à Pierre-Scisc pour avoir fait un libelle contre Louise de Savoie, mère de François Irt (Calendrier de 18*9, p»4» V"^* fallait

de sa mort , U aurait maudit son chien qui senait allé- se noyer éana la Saône; mais ce fait a été contesté, et il paraît avéré qu'Agrippa mourut à, Grenoble,, en »535. Joly, Rem. sur Boyte; Pesnetti % 1 , »53; G. B, Mél, p* 5 16 Journal de Çinstr. publiq. , août et sept. 1839.

1624. — Le capitaine Franget avait rena\r aux Espagnols» Fontarâbie , dont 11 était le gouverneur ; ayant été arrêté au sortir de la place pat Lautrec , et conduit à Lyon, il fut traduit devant un conseil 6V> guerre. Condamné corn ue biche et traître, H subit la plus honteose dégradation sur un échafaud dressé dans la grande place publique de eette ville ( probablement au lieu de la Grenctte où se faisaient alors les exécutions). Art de térif. Us dates, 1 , 634. — Cet événement a été placé par erreur dans la Biogr. lyonn* , art. Fbancet, à l'année i5a3.

1624. — Le chapitre de Lyon, se fondant sur la m osa le, sur le texte des

Apôtres et des Pères de l'Eglise ,, ordonne aux habitués et prêtres de son

église de renvoyer dans les six jours, de chez eux , leurs gouvernantes (focarias), et toutes les femmes suspectes d'incontinence. Ceux qui, dans le délai indiqué, n'auront pas obtempéré à cet ordre, perdront le titre d'habitués de l'église et les émoluments, sans préjudice des autre» peines. On finit par rappeler, d'après un texte de saint Grégoire, que ceux qui ont l'autorité en main doivent s'en servir pour corriger les mœurs de leurs subordonnés. Nouvelles Arch. du Rh. , 1, 90.

1526. — Le mardi i&9 dernier jour de février 9 M. de Montpezat, l'un de* gentilshommes de la maison du. roi , et le vicomte Ad ri an r secrétaire de Madame la duchés^ d'Alençon, venant en poste de l'arme'e et siège du roi qu'il tenait devant Pavie, vinrent heurter à la porte du pont du Rhône, environ la minuit, pour entrer en la ville, auxquels fut ouverte ladite ponte par Humbcrt Gimbre, l'un des conseillers de ladite ville, et Beitotst Chastillon, ayant en garde les clés de ladite ville de la pari de mesdils sieur* les conseillers; lesquels de Montpczat et vicomte, incontinent qu'ils furent entrés, dirent et affirmèrent aux dits Gimbre et Chnslillon que vendredi dernier passé, fêle de saint Mathias, 24 février, les Espagnol-» avaient levé ledit siège et rompu l'armée dudit seigneur, cl que ledit seijjucur et plusieurs

autres grands *el«rncurs de «ou roj aum« étoient prisonniers, et graad nombre de gens dudit seigneur mort».

Huec fuit al ru dies uigro scalpeuda lapillo.

( Ce vers est dans le registre des actes consulaires. )

Le lendemain deboone heure, les conseillers et quelques notables remirent les «lés des principales portes à gens apparents et de confiance, ils arrêtèrent de Taire visiter L'artillerie et les munitions de la ville, demander tous les pennoniers , quarteniers et dixeniers pour qu'ils se préparassent, chacun en sa charge, de faire savoir à tous leurs gens qu'ils se tinssent accoustrés et prêts pour se trouver quand ils seront mandés; commettre six personnes dont deux seront des personnages apparents pour garder chaque porte, pour ne laisser entrer ni sortir gens qui ne soient de bonne connaissance ; en chaque quartier de la ville faire guet de dix hommes de nuit qui seront reconnus par deux conseillers, chacun à son tour. On chargera les pennoniers et quarteuïers de savoir quels vivres il y a en la ville; faire tendre les chaînes traversant la Saône, même celles de devant Ainay. Les portes du Rhône et de St-Marcel ne s'ouvriront de nuit sans la permission de deux conseillers qui fes feront ouvrir, s*îfs voyent qu'il soft besoin ; — de mêmeà la porte de Pierre-Scise. Onr avertira le sénéchal qu'il prenne garde au Château de Pierre-Scisc, advenant te cas d'éminent péril qui est à présent, etc. , etc.

— 2 Mars. On, charge le capitaine Jean Sala d'ordonner six bateliers au port de Roanne, et autres six au port St-Paul des plus prudhommes r\ loyaux pour passer et repasser les gens, depuis six heures du matin jusqu'à cïnq ou six heures du soir, et le soir leurs bateaux seront enchaînés pour la nuit. Ils ne pourront non plus descendre plus bas que la maison de Mfonsei gneur de Lyon, ni monter pfus haut que Picrre-Scise. Tous les autres ba" teaux seront enchaînés, arec défense aux autres bateliers de passer jusqu'à nouvel ordre.

— 3 Mars. Les conseillers ont été avertis de quelques nouvelles par un maître <Fhêtel de Mous. d'Embrun, venant du camp, lequel est arrivé cette nuit en diligence , et a annoncé que le roi a été fait prisonnier de guerre devant Pavie, vendredi dernier. Sur quoi les conseillers ayant délibéré, arrêtent de se transporter vers Madame Ta régente et M. le chancelier logés à St-Just,elc; et de suite lesdits conseillers se sont transportés au logis de ladite dame, auquel lieu M. le sénéchal de cette ville leur est venn demander pour* quoy ils étoient illec, mêmement que Madame s'en ebahùsoit ; qulls s'en retournassent y et que pour l'heure Hs nepouvoieut parler à Madame. Néaninoinsl'on loi avoit ditqu'Us venoyentobeyr anx commandements demadite dame et à- son eonseil, lequel" leur a fait réponse qu'ils s'en pouvoient retourner, et que, quand il sera besoin de s'y trouver, il leur fera assavoir. S.

— bMars. Précautions pour la défense de la. ville, etc.

— 7 Mars. Madame la régente pourvoit CharLes Alleman , seigneur de Laval., de La charge de lieutenant général par commission du gouvernement du Dauphiné, par lettres datées de St-Just sur Lyon. — Charles A lie ma n était cousin du chevalier Bayart dont la mère était sœur du père de Charles.

— Même jour. La végente donne le gouvernement du Dauphiné au marquis de Saluées. M.

— 9 Mars. Les conseillers sont mandés par le chancelier pour se trouver au

conseil élroit,et ù trois heures après midi s'y étant rendus, le chancelier leur dit qu'ils étoient assez advertis des piteuses nouvelles qu'ils avoyent eues du roy ; que jeudi passé ils étoieut venus au logis de Madame ta régente, faisant leur devoir envers elle; et pour ce qu'elle étoitsi troublée desdites nouvelles , elle n'a pu leur parler; qu'elle leur sçait bon gré de ce qu'ils étoieot venus leur offrir ce que de bons loyaux sujets doivent faire a leurs princes et gouverneurs du royaume, et que, en temps et lieu, leur bonne volonté seroit reconnue. Il les engage a prendre bonne et soigneuse garde de la ville, et à la réparer au mieux et le plus diligemment, etc. S.

1525. — Avril il. Mort de Charles d'Alençon, époux de Marguerite de Valois, lequel avait fui à la bataille de Pavie, et était venu se réfugier à Lyon, où il avait pris son logement dans la maison de l'obéancier de St- Just. « .... Il décéda moins de la douleur de la défaite de Pavie, comme le dit le vulgaire des historiens, et après eux l'abbé Goujet, que de honte de l'avoir occasionnée par une retraite inexcusable....» Dreux du Radier, Bibliotheq. du Poitou, v, ia3. Les funérailles du duc d'Alençon, qui fut enterré à St-Just, se firent avec une grande pompe, le premier mai suivant. Rubys, p. 36.

1525. — Août 8. Louise de Savoie part de Lyon pour accompagner sa fille la duchesse d'Alençon, qui avait épousé le roi de Navarre , Henri d'Àlbret... Hodiè recedit princeps rnea, comitaturque filiam ituram in Jlispaniam. Corn. Agrippa, Ep. 79, L. 111. M.

1525. — Louise de Savoie accorde ù Constantin Fradin, libraire et citoyen de Lyon, la permission d'imprimer certains livres. Elle prend les qualités suivantes: « Louise, mère du roy, duchesse d'Angoumois et d'Anjou , comtesse de Maine et de Gien , régente en France.» Cette permission se termine ainsi : Donné à St-Just sur Lyon, le xvne iour de nouembre i5a5. M.

1626. — Le P. Menestrier donne, sous cette année, une liste de différents personnages; voici les principaux:

Noble Pierre de Bourgogne, chevaucheur d'écurie et tenant la poste pour le roi. — > Vénérable et egrege personne M' Matthieu de Vauielles, docteur ès droits, juge-mage de Lyon. — Noble homme François Dupré, sieur de Champagnieu et de Bourgoing, et honorable homme Philibert de Villars, bourgeois de Lyon, fermiers du' tirage du sel de la part du royaume. — Me Aymar de Beaujeu, licencié ès loix, bourgeois de Lyon , juge des terres et châteaux de l'Eglise de Lyon. — Philibert de Villars, tuteur de François Turin , seigmeur de Charly. — Jean Sala, capitaine de Lyon, garde des munitions de guerre du roi à Lyon. — M. François Fournicr , procureur génév ral de la ville et commune de Lyon. — Barthélémy Bellièvre, grand- vicaire de François de Rohan. — Jacques Fenoil le jeune et Jean Bellièvre , marchands de Lyon. — Guillaume Dodieu, courrier de Lyon. — Chanoines de St-Paul: Matthieu Bellièvre, chantre, Claude Builloud , sacristain, Claude Dublet, Catherin Bellièvre, Ant. de Mondescrt, Jean de Pierrevive, Humbert Maistre et Philippe Le Charron, chanoines. — R. P. en Dieu Maistre Théode de St-Chamond, abbé de St- Antoine, commandeur de la Coin manderie de Lyon.

1526. — Réception du cardinal Salviati, légat.

— Cette année, on propose de faire un parlement à Lyon. M.

1526. — Le général Boyer est nommé sénéchal de Lyon. — Ce général alors était en grand crédit; mais depuis il tomba en disgrâce. Quand il vint

prendre possession de la charge de sénéchal, le consulat lui fit don de l'état et office de capitaine de la fille de Lyon. Rubys, p. 36a. — Voyez ci-après , ■année i53o.

1527. — Février i y , jour de la Septuagésime. Exorcisme de sœur Antoinette Grolée, religieuse de l'abbaye de saint Pierre, qui se disait possédée par l'esprit de la sœur Alix de Tesieux, religieuse de la même abbaye. — Un procèsverbal de cet exorcisme fut rédigé par Adrien de Montalembert, aumônier de François I*\ qui le publia sous ce titre: La merveilleuse histoire de l'esprit qui depuis naguère* s'est apparu au monastère des religieuses de Saint-Pierre de Lyon; Paris , i528, in-4* goth. Henri-Corneille Agrippa traite de sornette le récit de Montalembert, et le qualifie d'imposteur et d'homme sans conscience. « Je n'ai garde, dit l'abbé d'Artigny, d'en porter le même jugement; c'est bien assez de penser qu'un zèle ardent, mais peu éclairé, a conduit la plume de Montalembert, dont il paraît que le but principal a été de fournir un préservatif contre les luthériens qui, déjà répandus en France, combattaient ouvertement la doctrine de l'Eglise sur le purgatoire. » Mém. vu , 179. Voyez aussi Pernetti, 1 , 3?3; Cochard , Descript. de Lyon, p. i3i, etc. ; ci-dessus, années i453 et i5i 1 , et ci-après , année i653.

1527."— Juillet ai. Le consulat, sur la proposition de Symphorien Champler, de Claude Bellièvre et de François de Rohan, archevêque de Lyon, acquiert des courriers de la confrérie de la sainte Trinité une partie des granges que cette confrérie possédait sur les bords du Rhône, pour y fonder un collège. — Il fut stipulé que ce collège porterait le nom de Collège de la Trinité. Le premier principal fut Guillaume Durand, lyonnais , et le second Claude deCublize, qui fut destitué par le consulat, et remplacé, eni54o, par le célèbre Darthéiemi Aneau qui était déjà un des professeurs de l'établissement. Cochard, Descript. de Lyon% p. 112; Arch. du Rh.y xiy 8a et suiv. ; C. B. , Nouv. met, p. 199.

1527. — Décembre 16. « Au parlement, attendant que le roy y arrivât , les archevêques de Lyon , Bourges et Rouen eurent entre eux différend vuidé pour ce jour, sans préjudice de leurs droits pour l'avenir, que celui de Lyon auroit le premier, Bourges le deuxième, Rouen le tiers. » Du Tillet, Rec. des Rois, art. Prélats de Fr. — Ce fut le chancelier du Prat qui adjugea la préséance à l'arehevêque de Lyon, par un arrêt provisionnel, après avoir pris l'avis des présidents au mortier et conseillers des parlements , députés aux états convoquas à Cognac en Angoumois. M.

1528. — Mars %u Ouverture d'un concile provincial tenu à Lyon. — L'évêque de Mâcon y présida, en l'absence de l'archevêque de Lyon, et exposa les motifs qui avaient fait assembler le concile; savoir: le danger de la religion attaquée par les hérétiques; la nécessité de pourvoir à la réformation des mœurs , et la levée des subsides que demandait le roi pour la délivrance des deux princes ses enfants. On y lit ensuite six décrets, dont les quatre premiers contenaient des anathèmes contre la doctrine de Luther et contre ses ouvrages ; les deux autres regardaient plus particulièrement la réformation des mœurs. Galtia christ, et du Tems, ir. — François de Rohan était probablement auprès du roi; ce fut lui qui alla, cette année, au-devant du cardinal d'Yorck, ambassadeur de Henri VIII, roi d'Angleterre, lorsque cet ambassadeur fut reçu ù Amiens par François Ie'. La Morlière, Antiquités a" Amiens , p. a 3.

1528. — Avril i5. Le consulat donne les instructions suivantes à Hugues

Dupuy, docteur , et 4 Claude Gravier , notaire royal et secrétaire de la ville de Lyon , députés par cette ville pour aller en wur devers le rojr : « pour ce qui est du bruict que le roy nostre sire veult requérir et faire demandera ludicte ville de Lyon une grosse somme d'argent en forme d'octroy , qui seroit chose impossible. Quant ils seront en cour, feront les remontrances des grans charges et affaires de îadicte ville, qu'elle a supportées et supporte chacun iour, et de la paoureté du populaire et habitants d'icelle mesmement qui s'en suyuent.

Premièrement les grans despenses qu'ils ont l'aides pour clourre Iadicte ville du costé de la Bresse et Savoye , qui estoit deelouse depuys le Rosne iusques à la Sosne, au~d«ssubs la montaigne Sainct-Sebastien, distant d'une demye lieue francoyse, depuis sept ou huict ans en ça à cause du doubte de guerre que Ton auoil, pour faire de grans tranchées, bouileuarts, remparts de boys et de terre, aux propres cousis et despens desdicts habitants, lesquels la pluspart, et fnulte d'uuoir argent pour y fournyr, y alloient besongner en propres personnes iour et nuyct , pour obeyr au commandement du Roy, de ses gouuerneurs et de ses commissaires qu'il y desputoit.

Item9 pour ce que lesdicts remparts, bouileuarts de boys et de terre, venoient à deccader depuys troys ou quatre ans en ça, le Roy et Madame sa mere régente leur ont commandé , tant en leurs propres personnes qu'en leurs gouuerneurs et commissaires, de faire lesdictes clostures, murailles et bouileuarts de muraille, chauU et pierre , pour estre à perpétuité deffen sables ; ce qu'ils ont faict et font Journellement , comme bons et obeyssans subiects , tellement qu'ils ont faict et continué ladicle muraille depuys le boulleuart qui est au-deuant de Pierre-Sciw , sur Sosne , Iusques au dict Sainct-Sebastien, ou il y a plus de soissante mil toises de grosse muraille . de la largeur de quinze a seise pieds , et ladicle muraille fournyede terre de son haulteur au-dedans de la ville, tellement qu'elle est de ce costé imprenable et telle que par artillerye ny aullrcment on ne la pourrait rompre ny esbrecher.

Item, on faict Iedict fyoulleuart mesmement celluy de Sainct-Sebastien , qui est l'entrée et est sy beau et si deffensable que au royaulme de France ne à cent lieues à l'entour rien n'a paru de pareil.

Item , ne reste que de continuer Iadicte muraille depuys Iedict boulleuart Sainct-Sebastien iusqu'au boulleuart qui est le Rosne, à quoy ils Yacquent et besongnent iournellement a la plus grand diligence que faire se peult.

/trm, pour faire et continuer lesdicles clostures, murailles et bouileuarts, ils ont tout prins sur eulx. Car fault entendre que Iadicte ville de Lyon est la plus pauurc ville de deniers de ce royaulme, qui n'a pas troys cens'francs de reuenus par an, qui n'est pas pour paieries oITiclers ordinaires. Ains leur a conuenu leuer tous ces deniers sur eulx en forme de collecte et sur leurs vins entrant en ludicte ville , prix des fermes dont tellement ont esté et sont chargés que plus ne peuuent.

Item , sont fort chargés Je la réparation du pont du Rosne, tant de pierre que de boys, qu'ils auoient iournellement à reparer et entretenir, autrement il deccaderait a cause de l'antiquité d'icelle et de l'impétuosité dudict Rosne qui couste chacung an d'entretenir, aussi entretenir les arches et pessieres faictes au-dessubs dudict pont pour obuier que le Rosne ne laisse son cours près de la ville, de trois a quatre mille liures qu'ils se leuent sur eulx.

îtern , depuis deux ans en ça ou environ , depuis la prinse du Roy nostre Sire par commandement de madicte Dame sa mère régente et des capitaines, leur convint de faire de grans boulleuarts et ramparts de boys et de terre audessubs la montaigne Sainct-Just près de Trion qui cousteront grans deniers prins sur eulx, et que bien que Messieurs de l'Esglise tiennent la pluspart des biens et terres nobles , neanlmoings ils en furent soullagés et n'en paierent rien, et est le tout tumbé sur le populaire et habitans de ladicte ville.

Item y remonstreront la paoureté desdicts habitans lesquels depuis sept ou huit ans en ça ont esté , ainsi qu'il a pieu à Dieu , atteints de peste ; et ,

{>our y obuier et suruenir en cors commun a porter de grans fraitz, le popuaire la pluspart long-temps a esté fugitif; au moyen de quoy et de la stérilité du pays qui est estroict et les viures si chers qui ont eu grant poine a viure , car ladicte ville n'a aulcune magnifacture soit de drapperye de laine , de soye, de mercerye, bonneterye, quinquanerye, tapisserye, niaultresque ont les aultres bonnes villes et pays de ce royaulme comme Pari», Rouan, Bourges, Tours, Anjou , Champaigne , Languedoc, Prouence et aultres.

Item , si ladicte ville a quelque bruict ou apparence , c'est au moyen des marchans et marchandises que l'on y amené d'Italye, dfAllemaigne et aultres quartiers de ce royaulme , que l'on y amené pour y vendre et traficquer au moyen des foyres, et après que les ont vendues et eschangees, ils les emmènent et emportent leurs gains, et après ladicte ville demeure en son premier estât et paoureté.

Item , ils ont supporté les passaiges des gens de guerre allans de la les monts. La pluspart de ladicte ville ont esté et sont appaouris tant au moien des guerres que des banques roustes faictespar les estrangers qui y fréquentent, font les proffîcts et gains, tellement s'il y a ung escu de gain les estrangers en emportent xzxv s. (35 sous).

lUm , feront toutes aultres remontrances nécessaires pour avoir exemption dudict octroy s'il est possible , et s'il n'est possible du tout, à tout le moing qu'il soit de quatre mil ou six mil liures qui est le taux et octroy que ladicte ville a accoustumé faire au Roy en ses grans et urgens affaires.

Item , remonstreront que ladicte ville a octroyé et fourny audict Sire qui desia les a faict requérir pour ces très urgens affaires six mil Hures tournois, cette présente année qu'il leur a convenu la pluspart prendre et emprunter à interest qui leur conuienl rendre, et si en doiuent encore à M. Ambroys de Noyt commis de M. le trésorier des partyes casuelles d'Apestigny rail liures qui n'ont pas encore esté payées.

Touchant les bleds :

Remonstreront que ce pays de Lyonnois est estroict et stérile, et n'y croist de bled pour nourrir les habitans et passans trois mois de l'année , sinon qu'il en vieigne de Bourgongne qui est leur mere nourrice, dont In traicteest fermée, et ce peu qu'il en est venu la pluspart a passe pour mener en Prouence par mandement du Roy et de Monseigneur le gouverneur de Bourgongne , tellement que ladicte ville est en doubte de tumber en grosse famine et nécessité sy n'y estpourueu, par quoy tascherons obtenir lettres , pour ne laisser passer aulcuns grains , si n'est par exprès mandement du Roy, et encore s'il y a exprès mandement qu'ils en laisseront la moictyé pour la prouision de ladicte ville.

Pour. Us, draps de soj« :

Zte/n, feront diligence de recouurer le procès intenté au gfanfcoonseîl entre losdicts conseillers demandeurs d'une pari elles fermiers des draps de sove d'autre^ pou* rainon de cinq mil et oinq cens, mires que lesdiets- fermiersdoiuent càascuog an à iadicte tiHe par les moyens déduits audiet procès, qui sonfeprouués par les eoquestes que lesdivt* depputés porteront et surtout fairout finira consultation pour aduàser le meilleur moyen de {aire expédier tedicl procès ou auoir prouision pour estre payés des arreraiges et continuation poiyr Ta4ujînir%

lienhy camonatreroBl que serait impossible foupnir à Iadicte aide et réparaAiojisaos. estre payés desdicis fermiers , toinct qu'il» ont desia peins b mt or est xx vil linres pour fournyr au Roy pour aduanee sur les aides et gabu lies , ainsi que a esté ordonné par Monseigneur le lieu tenant -général de Languedoc , ooimnissairo estant présentement à Lion.

Item y obtiendront continuation du dixième du vin et barrage du pont du IVosne pour dix ans , avec déclaration du Roy que les nobles soient tenus paier ledict barrage , attendu qu'il est question de réparation dudtct pont.

Données et accordées en l'église des Jacobins par Messieurs Claude Bellieure dort., Claude Paqaelet, Jean Sala , Symori Caille , Ant. Sanneton , Guyot Henry , Eyonard Montaignat, Guillaume Juge et Rolin Eaure, conseillers de Iadicte ville et communauté de Lyon. Le xxr* auril mçxxviu.

1528. — Septembre 10. François I*' reçoit, dans la gcajwj? salle du pajais, le déû, de Charles-Quint, en présence des princes , cardinaux , prélats et grands officiers de la couronne.— L'archevêque de Lyon , primat des Gaules, était, au-dessus de l'archevêque de Bourges , primat d'Aquitaine *et des ajrcflevê-i ques d'Aix et de Rouen. M.

1528.— Mort de Pierre Renouard , négociant,, ancien conseille* de viUe. (en i5oo), un de ceux qui ont le plus contribué au rétablissement de l'église de St-Nizier. — » C'est lui qui entreprit de refaire l'ancienne crypte où. l'on déoosa' cette même année, 1 5 2$, les répliques, de St-Ennemond. Ses héritiers, pour accomplir les intentions de ce pieux citoyen , élevèrent un autel magnifique à la place de l'ancien qui fut démoli. Pérnetti, i , 229; Cochard, Dtsctxipt. de, hyûn , uvj*

1529 (152&\ v. s,). Mars \2.-r-Séance consulaire. Messire Claude Bellievre a exposé que depuis quatre ans en ça, un nomme Roland Gerbaud, habitant de ceste ville, faisant miner une sienne vigne en la coste St-Sebastien a trojuué deux grandes tables de cuivre ou d'areyn antiques et toutes escriptes, lesquelles sont en vente, et sont enviées par plusieurs personnes qui ont pouvoir de largement despendre ; a dit aussy qu'il les a vues , et qu'à son jugement ce.spnt antiquailles aussy; belles que gneres- se treuvent, et qui. sont dignes d'eslre par là ville retu-eés pour; estrç aftgjees en quelque lieu!à> perpétuelle mempiije : mcsmenient qu'en., içelles lames, et tables y a paroles aurxanfc a. cognoistre l'ancienne, dignité de cette ville de Lion , et que pour qee causes il a traité avec le dV Roland, pouy&avioi q lesdé, tables, Teignant toutes, (ois- que, c'estpit pour Ipy-m.cfirae,, à.ce qu/e içeluy Uohuid ne tint le prix, plus roJ/d,e s'il, septoit que la ville eust de,sjr les,a,uoic : et tant a fqiet, quecle naoypn eJtj aide du sieur Hugues de la. Çorte,. qjie içeluy Roland s!est jpu,é à l$s. baille^ 58 escus.au spjei* (1), qui, ne seroU grande despense à la, vil|eK vu que, le*

(1) L'écu au soleil valait 4o sols. Le Blaoc, Traité det monnoy a ; pag. 326, édit. de i6fl3.

métal qui pesé six quintaux 5o lîures vaut ù fondre 52 ou 54 escus : ét auroit la tille, non sans cause, grand regret si lesd. pièces estoieut transportées ailleurs » ou si elles tOmboient en main de quelqu'un qui, par fauté d'entendre ce que c'est » les tnit en fonte : ét tjue si elles demeurent ici et sont aflîgées en lieu où les gens sçauans en puissent avoir la lecture , ce sera grande consolation nul gens de la ville quand il» verront un certain tesmolgnagé de la dignité dè leurs maieurs, et servira d'aiguillon es vertus pdr imitation désdlcts m a leurs , et d'avantage grand honneur à toute la Ville pv>ur ce Çde (manu* lés bons seigneurs et sçavans personnages par cy passant verront qué lad. villè tient bon compte de l'antiquité qui est à vénérer — Auront iceux paysans présomption, véhémente que îcéllé tille est munie de gens de bien. Quoy oui, Messieurs le* conseillers ont aduisé d'aller ensemble voir lesdictes lames , lesquelles ils ont veues en mesme instant , et avoir entendu et sceu que ledit Roland ne veut rabattre aucune chose de ladicte somme de 58 escus sol., ont pour la ville retenu lesd. tables pour les causes susdictes, lesquelles» sur le champ ils ont fait apporter fcrt l'Hostel commun ou elles seront affigée» au lieu ainsy que par eulx sera cj-après aduisé, et pour ce ont ordonné estre baillé audit Roland ladite sommé , avec acte que iceluy Roland promettra par serment que s'il recouvre les pièces en tout ou en partie qui par rupture lont distraites d'icelle? tablés , il les deliurera incontinent a là ville, eh receuarit tant seulement la taleur du métal à l'estime commune , auec aussy acte que si mesd. seigriétlrs les conseillers veulent faire chercher lesd. tables , faire lé pourront à leurs dépens, et en dédommager led. Roland , si aulcun dommage il supportolt fcour laditté cherché. S.«— Vojréz ci-dé$suà , almtèfo.

lS29.^^tr« *5< (DkMncke,jourd9 St-M are. ) Eifteutè populaire <Éite la Rabaynes parce qu'elle se oOnvertit ert rober et pilleF : car, eh éffét , celte même populace (fœœ poputi) j prenant son prétexte sur ée que lé bichet dé bled était monté jusqu'à 35 Sols;.;, criant tout haut que les riches avbiéHt arrisqué les bleds , et les laissoient pourrir en leurs greniers plusttost fcjué dè les vendre aux pauvres gens à prix raisonnable,... se mit par troupe èt courant la ville se rua par force dans les maisons de ceux qui a volent bruit d'être riches, et , sous ombre de chercher des bleds , se mit à rober* piller ét saccager, meubles, habits, vaisselle d'argent, etc. Les séditieux dortoient le» tonneaux de vin hors des caves, et les défonçoient en pleine rue , contrai-^ gnant les passans de boire , voulussent-ils ou non. — Les maisons qu'ils maltraitèrent le plus furent celles de Symphorien Champier, médecin, et d'Imbert Gimbre , riche épicier y tous deux échevins. L'abbaye de l'isle- Barbe eutatrssilenr tisite,et né fut pas plus épargnée que les lieux prophanés. II fallut que le Magistrat filât doux à l'endroit de ces troupes de voleurs ,. jusqu'à ce que le gouverneur, Pompone Tfivulcé , auquel la tille soudoya, pour un mois, une compagnie de trois cents ho tain es de piéd, sous la charge de noble Antoine de Varey* et le sieur de Boutiéres que lé roy f ehtovà, ayant mis leurs forces ensemble , firent pendre autant de ces robéùrs ét pillards qu'ils en rencontrèrent , et par cetté danse finit la féte. Rubys p. 365. — Voyea une Relation de cette émeute par S}n>£ho rien Ghampier > ( décrite par M. Brunei , Suppt. u , 5o5 ) t réimprimée dans lé Censeur du i5mars i835 ; Les Grands Cordetiers de M. l'abbé Pavy ; \e%Arch. du Rh. * îx, a5i et suiv. Voyea aussi Paradm* p. 282 ; Menestrier, Dit. carnet.* p. 162; Colonia, 11, 485; F.-Z. Collombet, Etudes sur Us Hist. du Lyonn.. 1 , 12. — Nous croyons que Pernetti s'est trompé lorsqu'il a dit, 1 , 257» qué «c'est cet événement qui décida le consulat à demander à nos rois la

* permission d'entretenir à ses frais , pour sa sûreté, une garde de i/|uhoui-

* mes qu'on appelle arquebusiers, etc. » L'établissement de la compagnie des arquebusiers doit dater, comme on l'a déjà vu, de i5oa. Rubys , 364-5.

1529. — Mai i. Les imprimeurs plantent un pin devant l'hôtel de Théodore Trivulce , maréchal de France , gouverneur de Lyon ; Clément Marot et Etienne Dolet firent, à cette occasion , le premier, des vers français que l'on trouvera, tome m, p. 36 de ses Œuvres , édition de 1731 , in-13 ; le second, des vers latins que nous croyons devoir reproduire parce qu'ils sont moins connus.

TYFOCAAFHI Ll'GDUKI.

Fuerit Tityro ille Deus ei qui permisit

Que vellet agresti calamo ludere , et aguos

Bovesque ducere libéré per florentes

Campos ; eris uobis Deus qui permitti»

Soliia firui nos Uetilia et liber ta te ;

Ob id viridem pinum cousecralam

Accipe Yultu atque auiwo tibi quo consecrmla est.

Louis Tolozan, prévôt des marchands et commandant de la ville de Lyon, est le dernier magistrat à qui on ait fait l'honneur de la plantation du Mai , en 1786. Voyez sa Notice par M. Passeron; Lyon, L. Boitel, 1837, in-8\

1529. — Juillet i3. Henri Heintzellius (Patricius Augustanus ) est tué à Lyon (Lugduni in Galliis), Junctin , Spéculum , 1 , 457.

1529. — Novembre i.Mort, à Rhodei , de Français d'Estaing, comte etchamarrier de Lyon , puis évêque de Rhodez. — C'est lui qui avait fait rebâtir la Chamarrerie qui était à côté de l'église de Sl-Etienne. Ces deux monuments ont été démolis au commencement de la révolution. Colonià / 11, 4 23 ; du Tems , 182.

1529. — Philibert de Fougères requiert le chapitre, en vertu de ses degrés, de lui conférer le canonicatet dignité de chamarrier qu'avait tenu François d'Estaing, décédé au mois d'octobre. Le chapitre répond, a voir déjà fait ce qu'il devait faire. Il s'oppose à la prise de possession du nouveau chamarrier avec d'autres gradués.

1529. — Pierre Tourvéon , bourgeois de Lyon, fait bûtir la maison de.* Tournelles près Choulans. — L'année suivante if obtint du chapitre de St-Just la permission de recueillir les eauxfluentes dans le chemin, pour les conduire dans ses fonds.

1530. — Le roi nomme Jean d'Albon , sieur de St-André , bailli de Mâcon et sénéchal de Lyon , et presqu'en même temps il le pourvoit du gouvernement duLyonnois, Forez, Beaujolois, Dombes, Rourbonnois, etc. Al. — Voy. ci-dessus, année 1626.

1530. — Passage et séjour à Lyon de Clément Marot. Arch. du Rh. 'iv, 523; C. B. , Mèl. etJSouv. mél.> passim. — Voyez ci-après , i536.

1530. — Catherine de Médicis passe à Lyon , et prend à son service Marie-Catherine de Pierre-Vive , femme d'Antoine II de Gondi , alors banquier en cette ville. M. de Courcelles, Hist. généal. des pairs de France, v , art. Gondi.

1531. — Joût5i. Mort, à Lyon , de Claude de Haussonville , évêque de Sisteron. Columbi in Sistarc. episcop., p. 169 ) Gallia christ. , p. io35. M*

1531. — «Le roi François I", sur ce que les officiers de la justice ordinaire de l'archevêque de Lyon avoient fait de grandes traverses au gouverneur par lui envoyé a Lyon, et qu'ils prétendaient que les biens confisqué» sur les Génois, déclarés ennemis du roi, estant lors demeurans, leur appartenoient , il autorisa les actions du gouverneur , et évoqua à sa personne tous les différends survenus pour le fait des Génois , et donna commission au sénéchal de Lyon d'informer des concussions et malversations commises par les officiers de M justice ordinaire dudit archevêque ; et cependant ordonna par provision la suspension de ladite juridiction ordinaire; défendit aux juges, sur grandes peines, d'en faire aucun exercice, et commit pendant cette suspension le sénéchal de Lyon ou son lieutenant pour exercer ladite justice ordinaire. — Cette justice ainsi exercée quelque temps , l'archevêché de Lyon tomba entre les mains de personne» de grande autorité près dit roi, qui eurent assez de crédit de se faire rendre cette justice, qui fut exercée comme auparavant... » Dupuy, Traitez touchant les droits du Boy y p. 872. Voyez ci-dessus, année 1 1 16, et ci-après, 1 55 1 . — Le P. Menestrier (Notes inédit. , année 1 53 1 ) nous apprend que ce fut Jean du Peyrat, lieutenant général en la sénéchaussée, qui exécuta l'arrêt par lequel le roi avait interdit les officiers de justice de l'archevêque et du chapitre.

1531. — Une famine affreuse désole notre contrée , et fait affluer à Lyon un grand nombre de malheureux. On recourt à des quêtes pour fournir à leur subsistance. — La générosité des citoyens fut telle qu'après la cessation du fléau il y eut un reliquat de 596 livres, 2 sous 6 deniers, qui servit de base à l'établissement de Y Aumône générale, établissement qui subsiste encore sous le titre à* Hospice de la Charité. Rubys, 366; Arch. du Rh., v, 298 et 4oi , vi, 8, x, 7 ; Lyon ancien et mod. ,tome 1 , p. 43 Bl suiv.; Biographie lyonn. , art. Cléberc.

153 1. — Lazare Baïf , a son retour de Venise où il avait été trois ans ambassadeur , passe par Lyon d'où il écrit à Pierre Uruneau , qu'il avait tenu quelque temps auprès de soi pour lire avec lui Démosthène que l'un et l'autre traduisaient : « Lazarus quidem Baïfius, cujus incredibilis erudilio cum summâ jucunditate conjuncta nunquam satis laudari potest , nuper Lugduno Miteras ad me dédit, perbreves quidem illas, sed amoris valde kigniticantes. » Epist. Raynaldo Chandonio. M.

1532. — Avril 11. Frère Sanctès (c'est ainsi qu'on appelait le savant orientaliste Sante-Pagnino ), prescheur jacopin , vient remonstrer au Consulat qu'il seroit nécessaire de faire l'aumosne générale aux pauvres comme l'année précédente, et que ce seroit grosse charité. Il dit que combien que Mgr. l'archevesque et Messieurs de l'esglise veulent faire et fournir autant comme l'année passée , pour cela ne faut cesser , et que chascun doit faire son debvoir. On lui respond que le Consulat, en ce qu'il pourra des deniers communs, y subviendra. Pareillement lesdicts seigneurs conseillers, comme particuliers, feront leur debvoir et parleront aux commis qui regissoient l'aumosne l'année passée, et les prieront d'en prendre la charge, et de donner leur advis. Extrait des actes coasulaires. — Voyez ci-après, 24 août i536.

1532. — Juin 3. Fran.-ois Rabelais écrit de Lyon à André Tiraqueau , le même qui donnait chaque année à l'Etat un livre et un enfant , une lettre latine que l'on trouve , ainsi que trois autres adressées à diverses personnes et aussi datées de Lyon , dans le tome vm du Rabelais de MM. Esuaangart et Johanneau. — Au mois de novembre de cette aunée ,

Rabelais entra comme médecin à l'Hôpital de Lyon , à la place de M. Pierre Roland. Le i5 février suivant, il fut payé pour les trois mois de novembre, décembre et janvier , à raison de 4° livres par an. Il resta a l'Hôpital jusqu'à la fin de février i534, avant Pâques. M. Pierre Cas tel, médecin , lui succéda. Actes consutairts. — Dans un rôle de pennonage de i535 , on trouve dans une des dizaines du quartier de la rue du Boys, rappelé eh marge, M. François Rabelais comme faisant partie d'une des dizaines de ce pennonage. 2Vo/«s de l'abbé Sudan. — Rabelais mourut ù Paris le 9 avril i553, sur la paroisse de St-Paul où il fut inhumé. — Eptiémé rides de Pierre de St- Romuald. — Voyez, sur le séjour a Lyon de l'auteur de Gargantua, la Ëiogr. lyonn.f art. Rabelais.

1532. — Octobre, Mort de Théodore Trivulce, maréchal de France , gouverneur de Lyon — Il fut enterré dans l'église des Jacobins. 11 avait succédé, en i5ao, au marquis de Vigève qui étaitaussi un Trivulce, et fût remplacé par son neveu Pompone Trivulce. Biogr. lyonn.

1532. — Clément VII confirme aux comtes de Saint-Jean le privilège de ne recevoir que des gentilshommes de quatre races, et cite une semblable bulle du pape Martin V.

— Barthélemi de Luco, suffragant de Lyon, est reçu par le chapitre au nombre des vingt surnuméraires qui reçoivent la livraison. M.

— Le reclus de la recluserie Saint-Pipoy était alors M* Antoine Tissot. M.

1533. — Janvier 5. Mort de Symphorien Builloud , évêque de Soissons, eé à Lyon en 1480. — Il avait été gouverneur du duché de Milan, ambassadeur de Louis XII auprès de Jules II, etc. , etc. Biogr. uni». C. Dormay, Mit. deSoissons^ p. 5 18. — Pemetti, 1 , 23 5, a mis par erreur la date dé la mort de ce prélat au i5 janvier.

1533.— Mars'S. Le lieutenant du roi, Jean du Peyrat, fait publier une ordonnance dont voici le texte: • De par le Roy, l'on fait commandement à tous marautx (voyez ci-dessus, 8 octobre i5ia,et au Sjanvi&r i5 19 ,bellitrei et bellHresses, coquins valides et vacabons qui vont mendier leurs vies, qu'il* aient a vutder la ville dans aujourd'hui : ou sinon que demain au matin ils se rendent aux fousses de Sainct-Sebastien poor illec travailler et porter les terres, sans mendier aulcunement par 1» ville, et là Hz seront nourri»; et ce sur peine du fouet et du bannissement.— Item, l'on fait commandement a tous pauvres , lesquelz ont accoustumé « mendier parmy la ville et par les « églises, qui sont enrolléset qui ont brevetz pour avoir aulmosne i d'aller « prendre leur aulmosne es lieux pour ce ordonnez , qui leur ont esté baillez, « en leur faisant inhibition et deffense a peyne du fouet, de ne plus demao> « der ne mendier par les esglises, ne aux maisons et portes des habilans. « Et s'il y a aulcun qu'il ne soit enrollé, ilz se retirent par devers les commis, « lesquelz au résidu auront la charge de la justice , de faire exécuter tout « ce qu'il appartiendra pour l'entretenement de ladicte aulmosne.

« item, l'on fait commandement à ung ebacwi qui sçaw» queUun de ses • voysins ou autre qui aura mandement aVmlmosne ou n'y aura pitié, qu'il « le vienne reveller au Commis de ladicte aulmosne pour y pourveoif .

Item, aux paavres passagiers estrangier» a esté ordonné qu'ilz se retireront aux Corde liera Sainct-Bonaventure, la ou ih auront une aulmosne pour un Jour, et pour nne foys: et icelle recette, ne pourront mendier par lesrues de la ville , sur la peyne susdtete.

lltm , l'on Tait inhibition et deffense à ceulï qui prendront l'aulmosne pour euh. on leur* entas de non se trouver aux tavernes, ne à i«a \1 berlape, à peyoe destre prive* de hidicte aulmosne, et du fouet.

/ton , l'on fait inhibition et deffense à toute manière de gens de noivi* nirjeuxdede*, cartes, quilles et autres jeux et berlans, à pey,e du fouLV ar eet»»x qui se trouveront joyans et permettront joyer en leurs jardins»

item, pareillement est deffendu aux habitans de ceste ville.de rni*l„.

1&33.-. JHM 26. Entrée de la reme Eléonore d'Autriche, seconde femme de François V. Rubys, p 5G0. - . La Reine partit de Phle-Bathe eTvïnt de banne heujeau bourg de Ve.ze où, sur un beau théâtre, accomna-néeaV, plus grands seigneurs et dames de la Cour, elle vit passer toutes les°comDa gnics qui étoient alb es a« devant d'elle pour la recevoir- MM les Gomt^ et Chanomes de l'Eglise de Lyon s'y rendirent avec tous les officiers ée l'Ar cbevêque; ils furent sui vis du Lieutenant-général de la Sénéchaussée d^yon accompagne des conseillers du paiement des Dombes , du Juse-mase du Prévôt de la marche du Pleureur et Advocat du Ro'y ell XTXto poya»x, devant lesquels marchaient à cheval- les sergens et officiers de La S nechaussee, pornmt des casaques à une manche de satin bleu semé de ûeurs de *ysd or, et teiKMent chacun en main un bâton bleu semé aussi de fleors de rys. Le Gouverneur ovarchoit ensuite avec plusieurs seiimeura- U ™1~T de, Arquebusiers de 1* ville au nombre dl sfx Î^S^^J!^^ tvoi* officiers: capitaine, lieutenant et enseigne ;7o Florentins en non/ po^adev^rs nniv et hauts de chausse de fatin c^amoU^ ^ dèchique^n wteve* de broder.es marchoient après leur capitaine, suivi du lieutenant et cfeUnsevgpe. Leco.Ua.nedu Bourchanin avoil35o hommes en bel ordre le

cajwtexnedes Blancbrers, six vmgts; le capitaine de laplace du Bois 5oo ham

H 3" ,C CaPitafnc d*8 Coutu^ , 3oo hommes Te

Cordopers, 400; les Selliers, 90; les Teinturiers, 5oo; le Puy-PeTu , Jo" Ipingliers, 9o ; Tissotiters, 4oo ; 45o de St-Vincent ; le St-EsprU, , 60 rue' Neufve, 100; les Pelletiers, ,5o vestus de noir avec la devise de la Reine en Wu« manches;! kl* totptiotew.i, aoo, vestes de trfetas cramoisv et de Tatin vert, a.vep la, devise de l« Reine sur la manche droite ïe S

toile « d^eot, ett^V^riouge^ Wanc de d,*p de sj>,e a,veo la, dev«e de la Reine en broderie : leur ensei- &ne bJanche avec un. bon rouge. Après eux marchoient lès Lucquois , su v s

A ï T a 'm C00Sa} 'eslV*'UD« ~bede velours cramoisy violet

doublé de satin Le * Allemands ujarehoien* après. Successivement nLurent

eux vestu de leurs livrées. Douze trompeUe* veslus des livrées de la ville en precedoiept les Conseillers, devant lesquels estoient Uurs mandeuilnortant verges et leurs manches rouges avec un lion en broderie, : les, Conseils ves-

des enfants le France , princes et princesses. » - Le récit qu'on vient de Uro

JSÏT Â Pflr G,lbcrt du Plaix, imprimée par Jehan Grès-

au tome dù Cérémonial François V , par Thcod. Godcfroy, p. 804-816.

î 533-— Mai 27. Entrée de François, dauphin et premier fil* de France. — Le lendemain on fit aussi une entrée au chancelier du Prat qui se rendit à Marseille bientôt après avec le roi et toute la cour, A la rencontre du pape Clément VII qui y Tint avec tout le sacré consistoire. Rubys, p. 366.

1534. — Janvier 4. Une bulle de Paul III réunit à l'archevêché de Lyon l'évêché de Bourg que le pape Léon en avait démembré, et supprime cet évêché. Guichenon, HisU de Bresse, 21 , Preuves, 85. — Voyez ci-dessus, année i5n.

1534< — Juin 19. Un des plus gracieux poètes latins qu'ait produits la Hollande, le jeune et aimable Jean Second, arrive à Lyon où sa bonne fortune lui fait rencontrer deux de ses amis , le poëte Hilnire et le peintre Corneille.— Le chantre des Baisers fut admis dans le palais que la cour occupait, et assista à une fête brillante que présidaient le roi et la reine. C. B. , Nouv. mil,, p. 189. — Jean Second mourut à Tournay, le 11 octobre i536. — La première édition de ses Baisers est probablement celle qui parut à Lyon sous ce titre :

Joannis Secundi hagiensis Bas ta etalia quœdam (Annibalis Cruceii Mopsus9Molossi MonomachiaoX Fracastoris Carpus). Lugduni, apud&6. Gryphium, i53<), in-4* de 61 pages. — L'exemplaire que nous avons eu sous les yeux porte sur le titre: Ex libris Joannis Huguetani Lugd. J.-C. — N i ce ro n, Mém. xvi, 242 , cite une édition du même format , publiée aussi a Lyon , en 1 536 ; mais cette date doit être fautive, puisque l'édition de 1 53g est précédée d'une lettre de Michel Nerius à L. Annibal Cruccius, ainsi datée: Buri xm Calen. Maias. M. D. XXXVIII. Nerius jette dans cette lettre quelques fleurs sur la tombe du jeune poëte, et pense qu'il lui payera un tribut digne de sa mémoire en publiant des vers dont il tenait une copie de l'auteur lui-même. La Biographie universelle ne mentionne pas cette édition, et indique comme la première, celle qui parut à Utrecht en 1 54 > • Cependant 9 d'après Niceron, (oc. cit., il en aurait été fait une à Paris en i538 dont celle de Gryphe ne serait peut-être qu'une réimpression. Elle ne contient que dix-huit Baisers , suivis de quatre pièces en vers latins à la louange de Jean Second , la [première d'André Alciat, la seconde de L. Annibal Cruceius, et les deux autres de Jérôme Monlius,

1534. — « Sécheresse extraordinaire. — Les processions blanches furent si fréquentes que l'on ne voyoit soir et matin autres que ces pauvres gens de village , hommes , femmes et petits enfants, tout nus et seulement affublés d'un linge blanc, qui alloient criants avec voix pitoyable, et la larme à l'oeil, en leur gavot: Sancta Maria! d*ayguy,d'ayguyy cTayguy!.. » Rubys, p. 566. — Voyez ci-dessus, année i5o4*

1534. — Passage et séjour à Lyon du comte de Pitigliano et d'Ortensio Landi, un des écrivains les plus spirituels et les plus extravagants de cette époque. Jean Angel Odone qui se trouvait alors à Lyon , et qui avait été le compagnon d'études de Landi, écrivait de Strasbourg, le 29 octobre, à Gilbert Cousin, qu'il avait entendu Landi, pendant son séjour a Lyon, dire qu'il n'estimait que J.-C. et 'Cicéron. Lugduni verô hoenobis repetebat apophihegma : Alii altos legunt f mihi solus Christus et Tullius placet , Christus et Tullius solus satis est. Pendant son séjour à Lyon, Landi fit imprimer chez Séb. Gryphe deux dialogues latins : Cicero relegatus, et Cicero revocatus, etc., qu'il dédia à Porapone Trivulce, gouverneur de cette ville. Ces dialogues furent réimprimés la même année à Venise (Panzcr, xi, 53/|). Landi revint*

Lyon vers la fin de i5'|3, et y publia ses Paradossi, livre impie et scandaleux. ftïc'm. de Niceron , xxi, 1 1 5 ; Biogr. univ. , art. Landi ; Tiraboschi, libre» m, c. vf ; Bayle , art. Laxdo (sic); Argelati ; Scriptor. mediot., 781.

1535. — Mai 8. Le parlement de Paris ordonne que l'archevêque de Lyon, François de Rohan, sera interrogé par deux commissaires de la cour sur les excès à lui imputés. Mss. de la Biblioth. de Lyon, n* 1025.

153Ô.— Novembre 16. Lorsque les réformés se furent emparés de Genève et en eurent chassé les ecclésiastiques et les religieux, ils sollicitèrent pour s'y maintenir des secours , non-seulement en Suisse , mais encore en France. Il leur vint un secours d'environ 600 hommes, qui étaient sortis de Lyon et qui trouvèrent les passages fermés par les Savoisiens à Salleneuve.

Cette levée , dit Spon , était la plupart de gens originaires de Genève , imprimeurs et autres artisans commandés par un imprimeur nommé Robohan avec un autre capitaine, Français de Montbel, sieur de Veray. HUt. de Genève, 1, a63. — Le sieur de Veray ne serait-il pas le même personnage qu'un sieur de V irieux qui fut à cette époque député de Lyon à une réunion d«francs-maçons en Allemagne? ( Lettre du docteur L... du 4 sept. i838 ). — Voyez ci-dessus, Septembre i5i4»

1 536.— Décembre 10. Lettre de François I" qui pourvoit le cardinal Nd«- Tournon de la lieutenance du gouvernement de Lyonnois, Auvergne, Foret, Beaujolois, Dombes , Bugey , Valromey, Dauphiné, Provence, etc. Chambre des comptes du Dauphiné. Menestrier , Notes inédit. — Fleury donne ces lettres sous la date du 10 octobre i556, et il en rapporte le texte, p. 146 de son HUt. ducard. de Tournon.

1636. — Février 17. François Ier arrive à Lyon. — Suivant V Itinéraire des rois de Fr. ,ce prince était à Lyon le 26 du même mois, le 19 avril , le 9 mai, le 14 juillet et le 10 octobre de cette année.

1636. — Juillet 7. t Ledict jour a esté faicte procession depuis le eonvent des Celestins jusques au convent des Jacobins, où estoyent le Roy , la Royne , MM. les Enfans de France ; et estoit bien tapisse d'un costé et d'autre : et a esté porté le Corpus Dominipour ce que 3 ou 4 jours auparavant la saiocte et sacrée hostie (placée) sur l'autel principal desdicts Jacobins , estant en une custode d'y voire, avoit esté dérobée; à laquelle procession assistoyent toutes les processions des églises de Lyon sans marcher, ains tenant chœur d'un costé et d'autre de ladicte rue ; et y estoyent Messieurs les conseillers tenans à leurs mains une chandelle de cire blanche ardente : et marchoyent au devant les trompettes , après les chantres et les archers de la garde; MM. les chanoines de St-Jean , après MM. les cardinaux et évesques, après un cardinal portant Nostre-Seigneur soubs un poêle de velours noir semé de fleurs de lys d'or, après le Roy tenant une torche ardente, et la Royne et Mesdames filles de France avec la Royne de Navarre; après princes, princesses suyvant et dames de la Court, qu'il faîsoit beau voir. » S.

1536. — Août 24. Mort de Sante-Pagnino , dominicain, savant orientaliste et habile prédieateur , né à Lucques vers 1470. — Le P. Esprit Rotier, inquisiteur de la foi à Toulouse, qui se trouvait alors à Lyon , s'exprime ainsi dans sa réponse à une lettre des citoyens de la nouvelle Babylone : « J'ai été témoin de la solemnité des obsèques de ce grand homme; la pichet la reconnaissance des Lyonnais y ont paru avec tant d'éclat , qu'on eût dit que ce n'était pas la mort d'uo particulier qu'on pleurait, mais celle du

père commun du peuple. On voyait à la suite de «on cercueil Un grand nombre des premiers citoyens en habits de deuil ; plus de trois cents des plus distingués avaient un flambeau à la main, et la douleur paraissait générale. Ayant demandé quel était donc le sujet de ces honneurs extraordinaires , on nie répondit que toute la ville de Lyon se reconnaissait redevable de la conservation de sa foi au tèle de Paguino et à sa. vigilance ; car, si oe saint religieux n'eût élevé la voix comme une trompette , pour avertir le peuple du danger qui le menaçait de près, toute la ville se trouverait aujourd'hui luthérienne. » Touron , Hommes illustres de V ordre de St-Dominiq. , iv , 90. — François Ie» avait fait don à Sante-Pagnino d'une somme de cent écu«, à prendre chaque année pendant cinq ans sur ta recette générale du roi à Lyon. Le 21 août i536, trois jours avant sa mort, Frère Sanclès (c'est ainsi qu'on le nommait A Lyon) passa quittance , dans sa chambré, des deux tiers d'une année de cette rente à Antoine Gondy. Le uS du même mois, Frère Multhieu (Leonardus Matihœi DarcerU Lucensîs), sous-courrier du couvent des Frères prêcheurs de Lyon, reçut dudit situr Gondv» quarante écusd'or que défunt vénérable Sanctès Pagninusavait ordonné de payer audit frère Matthieu. 1» Tous ces documents joints à plusieurs autres que nous pourrions citer prouvent que Sante-Pagnino est mort en i536 et non en i5/ji, comme l'ont écrit plusieurs biographes. « — Frère Sauctés fut inhumé a la porte du chœur de l'église des Jacobins. Biogr. lyoït. Voyei cMessus , 1 1 avril i532. — La Bibliothèque de Lyon possède quelques volumes qui ont appartenu a Sante-Pagnino î l'édition princept A*Homhre, Florence , 1488; l'édition aldine àcsRhetoret grœci , Venise, i5o8; l'ouvragede Jean Reuchlin de Rudimentis hebraicis, libri 111 , Pfortzheifi), i5o6, in-fol., etc. -*—-Oé lit tome 1 , page 472 de la traduction de YHist» dt là Lit t. de V Europe , etc. , de Henri Hallam, que Pagnino imprima ù Venise, en i53o, une édition da Koran qui fut aussitôt saisie. Il ne s'agit point ici» comme on pourrait U croire, de Sante-Pagnino , mais d'un imprimeur qui se nommait Alexandre Paganinl, et en tattn Paganinus ; Terreur que nous relevons est probablement le résultat d'une faute d'impression. — Voyer Brunei, Mun.> 11» 406; et ci-dessus, 11 dtril i552.

— Ce fut à l'instigation de Sante-Pagnino , que Thomas de Gadagne , riche banquier de Florence, établi à Lyon, Gt bâtir vers ce temps-là y dans le quartier de la Quarantaine, un hôpital destiné aux pestiférés. NicolasBotirbon l'Ancien, qui , dans ses Nugte , a rendu plusieurs fois hommage à la iété et à la bienfaisance de Thomas de Gadagne , lui adressa ces vers lib. vin, carm.xii) :

Pestilitas magna m quando s*vit in vi b3 ,

Quô fugieut tanto eorpora lac ta malo ? Quô f ugient ? at cerlè ait* portentur oporlet : Ne simtil et reliquos opprimai atra lues. Tu , pie Gadagni , cômmuneis natus ad ustis, lugentem aediilcas egregiamque domum :

Quô migrent , ubi cnrenlur , qui peste Jahwant :

Vidi ego , qui Rhodanum pigrior iutral Arar. frefge , vir , iûiô héros : quisquis réclame! et oustet : Pergfe, ibsta , ut sauctum perficiatur opus.

1536. ~ÀoûU Le roî quitte Lyon pour aller ao secours de la Provence, envahie par les. troupes de Charles-Quint. Une pièce de Kicefcis ficurb*»

témoigne de l.t belle conduite de Jean du Peyrat , lieutenant du roi au gouvernement de Lyon. Voici cette pièce , qui se trouve dan» le vm« livre des Nuga* de ce poète qui résidait alors dans nos murs :

Débet tibi Lugdunutn civitas poteus,

Débet , quis hoc negaveril ?

Tidi ipse , vidi nuper , qua prudeutiu ,

Modestia , arte , gratia , Compresser»* Germanici impetmu agmiuis ,

Portas voknlii iogredi :

Adeo uibil ta» barbaruro est usquaiu , tua

Quod non domet fectindia.

Quid limita f ta vigilante , civibus licet

Penpire ioaureoi utramlibet.

— Voyer Rubys, Hlst. èX;o»,p. 569,

1556- — Octobre, François Ie* se trouvant à Lyon, à son retour de I» caropague de Provence, octroie, sur la demande des conseillers de ville, des lettres patentes en forme de cbarte , par lesquelles il veut, pour attirer eu France les ouvriers en velours, Génois et tous autres étrangers , que ces ouvriers puissent acquérir à Lyon, et dans tout le royaume , des biens meubles et immeubles, et en disposer comme bon leur semblera , sans être tenus de prendre lettres de naturalité ou d'aubaine , etc. t etc. — Ces lettres furent enregistrées eu parlement de Paris , Je dernier jour du mois d'août de Tannée suivante. Rubys, p. 370 ; Nouv. arcli. du /M., 11, 129; jéreh* du Rh.y vin, 129. Voyei ci-dessus, au ^"novembre 1466* — Les premiers étrangers qui paraissent avoir profité du bénéfice de ces lettres patentes, furent Etienne Turqnetti ou Turquet et Bnrthélemi Nariz , manufacturier» de Quiers, qui vinrent s'établir avec leurs compagnons ouvriers dans le uartier St-George , qui était alors, avec celui de la Juiverie , le centre u commerce de Lyon. Pernetti, i,238; Cochard , Desa -iption de Lyon, p. 187.

4536. — Octobre y. Un arrêt du grand conseil , convoqué extraordinairement à Lyon, condamne à la peine de mort Sébastien Moniécuculli , accusé d'avoir empoisonné le Dauphin. — Plusieurs historiens et notamment M* de Sismondi (Sût. des Français, zn, 52y) se sont trompés lorsqu'ils ont dit que c'est à Tournon que le Dauphin but l'eau glacée qui fut la cause de sa mort. Ou lit dans l'arrêt du 7 octobre qu'il fut empoisonné à Lyon, dans la maison du Plat. Ce qui adonné lieu à l'erreur de ceux qui ont placé la scène du prétendu empoisonnement à Tournon , c'est que le jeune prince , quoiqu'il eût été incommodé sur-le-champ du verre d'eau qu'il avait bu à Lyon,, ne partit pas moins pour Tournon où il mourut quatre jours après. Àrch. du ^.,1,397; Alm.de Lyon pour 1746, 2* partie, p. xxxij. — Moniécuculli fut exécuté dans la grande rue de la Grenette. — Le poêle Ronsard pouvait se ♦rouver à Lyon ù cette époque ; car il était entré au service du Dauphin trois jours avant fa mortde ce prince , qu'il a déplorée en vers. Le Laboureur , Tombeaux des personnes illustres , p. 3o.

— Octobre 10. Sur le point de quitter Lyon pour se rendre en Picardie ' le roi fait publie! la patente dont voici la Uueur : « Frauçois, par la grâce de

Dieu, roi de France : Gomme l'empereur notre adversaire, repoussé et chassé de Provence par la force de: nos armes , se seroit de présent retiré en Italie, pour derechef cuider nous endommager, avons délibéré de lui résister; pour à quoi parvenir, voulons établir un lieutenant gênerai, représentant notre personne, avec la direction, conduite, regard et superintendance de nos affaires en nos pays de Lionnois, Forer , Auvergne , Beaujolois, Dombes, Bresse, Bugey, Veronnets ( Valromey ) , Dauphiné , Provence et les frontières du Languedoc , Bourgogne, marquisat de Saluces et pays de Piedmont : Et comme voulons qu'il soit personnage d'authoritc, dignité et prudence congrue au gouvernement de telles affaires, sçavoir faisons que les choses que dessus considérées , mêmement la grande et singulière amour, vouloir et affection que dès long temps notre très-cher et féal Cousin et grand ami le C. de Tournon démontre chaque jour au bien, utilité et commodité de notre royaume , nous conGant fermement sur la prudence , loyauté, intégrité, diligence et grande conduite d'icelui; pour ces causes Tétablissonsparces présentes lieutenant gênerai représentant notre personne audit pays de Lionnois , etc. A Lion, le 10 octobre , de notre règne le 22. » Ch. Fleur/, Hist. du Car d. de Tournon , p. 146. — Voyez ci-dessus , au 10 décembre i535.

1536. — Passage et séjour de Clément Marot à Lyon. Voyez la 53* Epitre de ce poète au cardinal de Tournon , et la 54' intitulée : Adieu à la ville de • Lyon. — On retrouve encore Tannée suivante Marot à Lyon. Notes des commentateurs sur sa 46* èpigramme; C. B., Mélanges, passim. —Voyez ci* dessus, mai i5ag, et ci-après, mai i538.

1536. — Ce fut environ vers ce temps que Jean Calvin, ayant été soupçonné d'avoir embrassé le parti des luthériens, quitta Paris et amena à Lyon quelques-uns de ses disciples ; entr'autres Louis du Tillet , Pierre et Bertrand de la Place, qu'il mena ensuite à Genève. Le frère de Papire Masson le dit dans une addition au chap. îv de la Vie de Calvin écrite par son frère. M. — Voyez ci-dessus, 16 novembre i535.

1536. —Philibert De l'Orme, qui était allé en Italie pour se perfectionner dans l'art où il s'est illustré, revient à Lyon où il préside à la construction de plusieurs édifices. On admire encore, dans la maison, rue Juiverie , n° 8, une galerie qu'il exécuta pour Antoine Builloud, receveur général des finances de Bretagne. Cochard, Descript. de Lyon, p. 225 j Revue du Lyonn* , 11 , 3*3.

1536. — Etablissement de l'Arsenal. Description de Lyon, par Cochard, p. 60; Arch. duRh., vii, 35 1.

1536. — Mort à Paris de François de Rohan , archevêque de Lyon. — Le parlement, ayant été invité à ses obsèques, répondit qu'il lui déférait volontiers cet honneur, quoiqu'il n'eût coutume de le décerner qu'aux princes du sang et aux premiers magistrats. Son corps fut ensuite transporté à Lyon, et inhumé dans le milieu de la nef de l'église primatiale. La Mure rapporte que ce prélat fit imprimer, pour l'usage de son diocèse, les Instructions populaires de Jean Gerson. Du Teins, Clergé de Fr., iv, 58o. — Peu de temps après la mort de cet archevêque, François Ie' fut reçu avec le rochet et l'aumusse, à l'entrée de l'église primatiale de Lyon, en qualité de chanoine honoraire. Du Tems, loc. cit,

1537. — Janvier 22. Le roi remercie très-affectueusement le cardinal de Tournon , gouverneur de Lyon, d'avoir fait un emprunt de 40,000 livre».

chei les banquiers de Lyon, à trois pour cent par mois. C. Fleury , Hùt. duCard. de Tottrnon, p. 146. — 11 est a remarquer que les banquiers de Lyon exigèrent l'engagement personnel du cardinal deTournon, etne voulurent traiter qu'avec lui.

— Le cardinal Polus , légat de Paul III en France et en Flandre , passe quelques jours à Lyon.

— Février. L'évêque de Lausanne, chassé de son diocèse par les Luthériens, vient chercher un refuge à Lyon. Hist. du Card. de Toumon, p. i65.

1537. — Septembre ou Octobre, Hans Ludovic de Landeberg, capitaine des lansquenets, un des principaux colonels du duc de Wittemberg, est arrêté prisonnier à Lyon, « où, après son procès fait, il eut la tête coupée sur un « eschaflault, au lieu de la Grenette. » Mém. de Martin du Bellay, tome xxi, p. 273, Collection de Petitot.

1537. — Octobre, environ le 6. Le roi, qui faisait marcher son armée en toute diligence contre les lansquenets qui s'étaient approchés de Pignerol, arrive à Lyon. Mém. de Martin du Bellay, t. xix, p. 273 de la Collection Petitot.

— Octobre, environ le 10. Le Dauphin part de Lyon, prenant le chemin de Grenoble. Ibid. , p. a?5.

1537... — Jacques V, qui allait se marier a Magdelninc fille de France, vient à Lyon où il rencontre son futur beau-père. Anquetil, Hist. de Fr, , tomev, p. 3^9, éd. de 1822.

1538. — Janvier 24* Des lettres patentes de François Ier autorisent la construction d'une boucherie sur les fosses de la Lanterne, pour remplacer celle de l'Herberie dont S. M. avait ordonné la démolition , à cause de la mauvaise odeur qu'elle répandait.— Les bâtiments de cette boucherie , dite des Terreaux , furent incendiés en 1614 et en 1734. L'emplacement qu'elle occupait, et qui contenait 14,880 pieds de terrain, fut cédé par le consulat à l'Hospice de l'Aumône générale, par acte du 2 juin 1735. C'est alors que l'on rebâtit les deux grands corps de bâtiments parallèles, tels qu'ils sont encore aujourd'hui. Cochard, Guide, p. 197.

1538. — Maii5. Clément Marot, qui se trouvait alors à Lyon, dédie àmessire Nicolas de Neufville, seigneur de Villeroy,/* Temple de Ùupido. inséré dans l'édition de ses Œuvres, imprimée à Lyon par Jehan Barbon, i55g, in-16, et qui se vendait chez Françoys Iuste. — En tête de cette édition est un avis de Marot à ceux qui par cy-devant ont imprime ses Œuvres, lequel avis est daté de Lyon , ce dernier jour de juillet i538. Ce même avis a été reproduit avec quelques changements, et en forme d'épître à Estienne Dolet, dans l'édition donnée par cet illustre imprimeur, des Œuvres de Marot ; Lyon , i543, in-8°. La dédicace à Nicolas de Neufville, dont nous avons parlé tout à l'heure, est au verso du feuillet 10; elle se retrouve au feuillet 9 recto dans l'édition de Dolet, Lyon, i543; elle n'a pas été reproduite dans l'édition publiée à Lyon (parSulpice Sabon), à t'enseigne du Rocher, i545, in-8*.

1538. — Juillet 3o. François Ier, voulant faciliter les abords du Palais de Justice, donne le jardin de ce Palais à la ville, pour être converti en place. — Telle est l'origine de la place de Roanne , où Ton construisit un port à la même époque. — Le Palais avait été acheté vers les premières années du XIV' siècle, et c'est depuis cette époque que la justice s'y rendit. Arch. du Ji/i. , xm , 20 ; Cochard, Descript. , p. 229.

15S8. — Antoine de Gouvéa, né à Beja en Portugal, vers i5o5, rient i Lyon. II y fait la connaissance d'Emile^Ferret, professeur de droità Avignon, qui l'engage à reprendre l'étude de la jurisprudence à laquelle il paraissait avoir renoncé pour la littérature. Après être resté environ deux ans avec Ferret, il se rendit à Paris et revint à Lyon vers le commencement de i54i ; il y publia un Virgile, un Térence et une version latine de VJsagoge de Porphyre. Il fit aussi imprimer, chez Sébastien Grypbe, le recueil denses poésies latines, Epigrammatum libri duo et Epûtola quatuor, in-8\ Ce volume parut avec la date de i54o, mais il est de iS^i , nouv. st. L'épître dédicatoire (Ant. Goveanus Jacob. Belnato') est datée de Lyon, x. Cal end. Febru. Gouvea devint un grand jurisconsulte, et fut le rival de Cu| as. Il mourut a Turin , en i565.

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1538. — Gilbert Ducher, d'Aigueperse en Auvergne, qui a fait un assez long séjour à Lyon, publie ses poésies latines, sous ce titre : Gilberti Ducheni Vultonis Aquapersani Epigrammatum libri duo. Apud Seb. Gryphium , Lu gduui, i538, in-8'. Voyez son art. dans \e$uppl. de la Biogr. univ., et dans la Biogr. lyonn. — Nie. Bourbon l'Ancien, Nugarum lib. i, carm. ccxx , qualifie Ducher d'orateur et de poète; ce qui annoncerait que s'il a réellement été professeur au collège de la Trinité , comme le dit Colonia, Hist. Utt. , h, 067, il a pu y professer les humanités. — François Juste, imprimeur-libraire à Lyon , publie une nouvelle édition de la traduction du Courtisan deBalthasar de Castillon , revue par Estienne Dolet, petit in-8*. A la fin du volume est une lettre de François Juste à M. du Peirat (Jean du Peyrat) , lieutenant général pour le roi à Lyon. Barbier, Anonym., 5, i55. — On trouve aussi dans les Nugœûe Nie. Bourbon, Lyon, Gryphe , i538 , in-8", plusieurs pièces adressées à Jean du Peyrat, ad Joan. Duperatium, Lugdun. supprœfectum.

i$39. —Février 36. Hippolyte d'Est prend possession de l'archevêché par son procureur Jean Paye. M.

1539. — Septembre... Publication de Pédit rendu par François I*r à Villers- Gotteret , portant qu'à l'avenir les arrêts el les actes seront rédigés en français.

i539. -—Mort de Symphorien Ghampier, écrivain polygraphe, né à St- Symphorien-le-Château , en Lyonnais, vers 147a. Arch. du Rh., x, 249; D. Caltnet, Bibliot/u Lorraine, art. Ghampier et Dumas ; F. - Z. Collombet , Etudes sur les hist. lyonn., 1; Biogr» lyonn.

1539. — Bonaventure des Periers, qui a fait un assez long séjour à Lyon, y compose plusieurs pièces de vers dont la plus remarquable a pour sujet l'ancienne fête de l'Ile-Barbe. — G'est aussi dans nos murs que des Periers a fait son Çymbalum mundi. Michel Parmentier, imprimeur-libraire à Lyon, donna une édition de cet ouvrage et prit le masque de Benoist Bonyn, qui avait été aussi imprimeur à Lyon, mais qui très-probablement avait alors quitté cette ville. Biogr. lyonn.; Barbier, Anonym. , 3,562. — Un autre littérateur, Nicolas Bourbon l'Ancien , de Vandeuvre , florissait aussi a Lyon en ce temps-là , et très-certainement il faisait partie de la société des savants qui s'y trouvaient alors réunis, comme on le voit par les vers qu'il adressa à Jean du Peyrat, à Ant. Perard, à Voulté , aux trois Scève ( Maurice , Jean et Guillaume), au médecin Louis Chesneau (Querculo), à P. Sali.it, à Gilbert Ducher, à Charles Fontaine , à Jacques Caille, à Aymar de Beaujeu ( il qua«

lifie ces deux dernier» de Lyonnais ), à Jean Raynier ou Raynier (Raenerio ), etc., etc. Voyca Nicolai Borbonii,. Nugarum libri oclô ; aputl Sth. Gryphium, Lugduni, 1 558 , in-8". Outre ce volume, N. Bourbon a encore public a Lyon : i* Paedagogia, sive de puerorum moribus, i636, in-4% cité par Niceron, xxvi, Si ; a* Tabellœ élément ariœ , pueris ingenuh pernecessariœ ; apud Joann. et Franc. Frellaeos (sic) fratres ; i53g, m-8* , réimprimé à Paris, la même année. On trouve à la fin de ce livre une lettre de Nie. Bourbon ( D. L. R ubellœ > pue II œ leciissimœ) , datée de Lyon Tertio CaUn. Decembris, anno... M. D. XaXVIIÏ. L'auteur nous y apprend qu'il est réconcilié avec le poète Voultè , ét maudit les bavards qui les avaient brouillés. Nous voyons, par une pièce du même recueil Ç VH1, eu ) , que Nicolas Bourbon emprunte le nom de Rubella pour solliciter contre ses envieux l'appui de Guillaume Paradin.

1540. — Février a. Trois jeunes seigneurs , Jacques Bouton de St-Burry, seigneur de Corberon, Claude de Bcauffremont baron de Senecey, et Philibert de Sercy , étaient venus à Lyon « pour acheter des joyaux et des draps de soye destinés à leurs fiancées ; ils avoient pris leur logement dans l'hostellerie du Porcellet , près St-Eloy, et là, après avoir fait très-joyeuse chère, ils voulurent coucher tous trois dans'le même Ut. L'un deux, ayant un livre en rit h me Françoise entre les mains avec une chandelle de cyre, lisoit pour augmenter Taise et la joie de ses compagnons... quand tout à coup, et vers la minuit, le plancher de leur chambre tombe sur eux et les ensevelit sous ses ruines. » Barthélemi Aneau et quelques autres poètes firent à cette occasion des vers que l'on trouvera , page 5a6 de PHist. gènialogiq. de la maison de Bouton^ par Pierre Palliot, Paris, 1671 > in-fol. Voyei aussi Paradin, ffist. dé Lyon, p. 3og. Quelques historiens ont placé par erreur cet événement au a« mars.

1540. —Mai 17. Entrée do maréchal de Ferrare. Attn. de Lyon de 1746 , p. XXXtii.

1540. — Juillet ag. Règlement qui fixe les droits d'entrée dans le royaume, de» draps d'or et d'argent , de soie, crêpeà, etc. ttouv. arch. du Rh.9\, 14-30.

1540. — Novembre 11. Séance consulaire. On apprend que les Mais ires imprimeurs veulent s'en aller à Vienne en Dauphiné, à cause d'un article de l'arrêt rendu à Moulins sur la poursuite des compagnons imprimeurs. — Le consulat déclare qu'il fera ses efforts pour conserver cette belle portion du commerce de Lyon ; car on a fait jadis de grands frais pour attirer l'imprimerie à Lyon. — Le fils du secrétaire de la ville est délégué et envoyé pour obtenir la réforme de l'arrêt, aux gages accoutumés de 35 sols par jour. ► Voyez les séances consulaires du3o décembre 1540, et du 10 septembre 1 54a*— -Les débats entre les maîtres imprimeurs et les compagnons se terminèrent, après plusieurs scènes tumultueuses 9 par un accord qui porte la data du i*r mai i543. S.

1540. — Cette année fut nommée l'année des vin» rôtis, à causé de sa grande sécheresse. M.

1540. — Charles de Sainte-Marthe est appelé à Lyon pour y professer les langues française , latine , grecque et hébraïque. -~ Il y publia la même année set Poésies françaises chez Claude Nourry , dit le Prince, et les dédia à la duchesse d'Etampes , ainsi que son Livrs des Amis, dédié au secrétaire

d'Avunson. Dreux du Radier, Biblioth, de Poitou , v, 116-118; C. B. » Mélanges sur Lyon, p. 35 1. — Charles de Sainte-Marthe était encore à Lyon le i5 juin i54*. Dreux du Radier, loc. cit. , p. 108.

1540 {circa). — Jean Neyron , lyonnais , qui avait assisté à la représentation du Jeu de saint Nicolas de Tolentin et à celles de quelques autres Mystères données à Lyon parles Augustins, mû de dévotion envers la passion du Fils de Dieu, employa les grands biens que son père lui avait laissés à acheter des granges voisines du jardin des Augustins et du couvent des Dames de la Déserte. Possesseur de ce vaste emplacement, il y fit bâtir un grand théâtre avec le paradis au-dessus et l'enfer au-dessous , environné tout autour d'échafauds en forme de galeries pour recevoir les plus apparents de la ville. Ces galeries avaient trois étages l'un sur l'autre, et il y avait au-dessous une place grande et spacieuse avec des bancs pour le menu peuple; le tout bien clos et couvert contre l'injure du temps. Là, par l'espace de trois ou quatre ans, les jours de dimanches et les fêtes, après dîner, furent représentées la plupart des histoires du vieil et nouveau Testament, avec la farce au bout, pour récréer les assistants. « Le peuple , dit Rubys , avait son esprit tendu les jours de testes de présent, privé de cette manière , d'esbattement, ils passent les festes aux berlands et aux tavernes, où, après avoir bien bu, ils se mettent après à déchiffrer le roy , Testât, le magistrat, qui sont semences de sédition. » Hist. de Lyon, p. 370; Notes du P. Menestrier ; Arch. du Rh., vu , 407; M. Victor de la Prade , Lyon anc. et mod. , art. Aucusfcms. — Le P. de Colonia, Hist. litt., 11, 43o, et, d'après lui, l'abbé Pernetti, Lyonn. dignes de mém.9 1, 148, rapportent que l'on fit un recueil des pièces qui avaient été données sur le théâtre de J. Neyron, et que l'on imprima en i5429 sous ce titre : Le très-excellent et saint Mystère du viel Testament représenté par personnages , auquel sont contenues Us histoires de la Bible. Ce livre, ajoutent-ils, imprimé en deux tomes in- fol., est aujourd'hui extrêmement rare. Ni l'un ni l'autre ne donnent le lieu de l'impression, et il est à croire que l'édition dont ils parlent est celle de Paris, Jehan Real, décrite par M. Brunet, Man. , 11, 545. Le P. Colooia, qui a cité une cinquantaine de vers de ce drame, l'attribue au fameux poêle Choquet; mais il est fort douteux qu'il soit de lui. Choquet ne serait auteur que du Mystère de V Apocalypse , qui complétait les différents mystères tirés de l'Ancien et du Nouveau Testament. Au reste, le P. Colonia se trompe quand il fait entendre que lesdeux volumes de 1542 contiennent un recueil des pièces jouées sur le théâtre de J. Neyron. Ce théâtre n'avait été ouvert que depuis deux années environ, lorsqu'on publia le Mystère du viel Testament, etc. Tant qu'il subsista, on dut représenter bien d'autres histoires,a\ec la farce au bout. (Voyez ci-après, année i54a. ) Ce théâtre fut probablement fermé, comme tous ceux du même genre, en 1 548 : car un arrêt du 17 novembre de cette année abolit ou supprima la représentation des mystères et toutes sortes de spectacles. — C'est probablement à cette époque que doit remonter l'origine du théâtre de la Crèche, où l'on représente encore aujourd'hui de petites pièces dont le sujet est tiré de l'Ancien et du Nouveau Testament

1540 (circa). — Mort de Pierre Grosnet , poëte français, né à Toucy , diocèse d'Auxerre , auteur d'un Blason et îoutnge de la noble ville et eitéde Lyon , C. B. , Nouv. mil. , p. 81.

1541. — Juillet a8. Séance consulaire. Le juge ordinaire de la ville avait ordonné qu'il serait fait un mole pour vendre bois à brûler, dont la grandeur

et la largeur devront être déterminées pnr justice. — Le consulat arrête que le mole sera de 4 p»«ds de longueur sur 4 de largeur, et le bois de ^ pieds de long. S.

1541. — Septembre 5. Les conseillers vont faire la révérence au roi de Navarre, logé en la maison du grefGer Fontville; le prince leurfiiit bon accueil, et offre faire o tous les plaisirs qu'il pourra. » Actes cons.

1541. — Septembre a3 ou 37. Entrée du roi , de la reine et du dauphin. — Le roi loge à Ainay. S.

1541. — Décembre 28. Edit (de François Ier ) « contenant règlement de l'imprimerie pour la Tille de Lyon , et défense d'imprimer aucun livre sans permission du grand scel. — On lit dans le préambule de cet édit que les compagnons imprimeurs s'étaient « bandez ensemble pour contraindre les « maistres imprimeurs de leur fournir plus gros gages et nourriture plus « opulente que par la coustume ancienne ils n'ontjamais eu... » Recueil de Fontanon, tom. iv, pag. 467. — Voyez aussi les lettres patentes du 19 juillet 1642, même recueil, page 4^9*» l'arrêt du conseil du 11 septembre i544> page 470 ; l'édit du roi du mois de mars ifyx , page 473, suivi de plusieurs autres édits relatifs à l'imprimerie ; G. A. Crapelct, Etudes sur la typogr. , tom. 1 • p. 53 et suiv. ; le P. de Colonia , HUt. titt. , 11 , 621.

Le procès entre les maîtres imprimeurs et leurs compagnons avait éclaté ver* i538. Procès d* Estienne Dotet (Paris, Techener, i856, in-ia), page 7. Voyez ci-dessus, 11 novembre i54o.

1541. — On représente au collège de la Trinité un drame en vers de Barthélemi Aneau, intitulé : Lyon marchant . Arch.du Rh.9 vu, 34a ; C. B. , Nouv, mêl.^ p. 191. — Vers ce même temps on publia, probablement à Lyon, un dialogue intitulé : La Farce des tliéologastres à six personnages, petit în-4% format d'agenda, s. d. , sans nom de ville ni d'imprimeur. — Cet opuscule pourrait bien être de l'auteur du Cymhalum mumfr, Bonaventure des Periers, qui a fait un assez long séjour à Lyon. C'est de lui que se servit Dolet, en i534, pour mettre au net le premier tome de ses Commentaires sur la langue latine. Il assista , le i5 mai i53g , à la fête de Notre-Dame , à l'Ile - Barbe, et fit une description en vers de cette fête. Des Periers mourut vers i544» et, peu de temps après sa mort, le Recueil d'une partie de ses œuvres fut publié à Lyon, chez Jean de Tournes, par les soins d'Antoine du Moulin, Méconnais, qui annonce dans un avis placé au dernier feuillet de ce recueil qu'il se proposait de faire imprimer plusieurs autres pièces qu'il avait recouvrées depuis, et qui paraissent être restées inédites. Des Periers était à moitié huguenot; et quoiqu'il n'eût pas abjuré le catholicisme, il avait embrassé les opinions des novateurs. C. B. , Nouv. mil. , p. 353 et suiv. — On ne connaît qu'un seul exemplaire de la Farce des théologastres ; c'est celui que possède M. le conseiller Coste, et sur lequel M. Duplessis a fait faire la réimpression qu'il a publiée en i83o, et qui n'a été tirée qu'à 64 exemplaires. Voyez les Etudes sur les Mystères , etc. , par Onésime Le Roy , p. 4°8 et suiv.

1541. — Guillaume Paradin vient à Lyon et présente son ouvrage de antiquo statu Burgundiœ à Estienne Dolet qui, le voyant bien écrit, l'accepte et le dédie, tant en son nom qu'en ,celui de Paradin, au chancelier de Mont ho Ion. M.

1542. — Juillet 19. Lettres patentes du roi François I,r. portant commisstop au sénéchal de Lyon ou à son lieutenant, pour l'observation etentreiene-

ment de l'édit du »8 décembre 1 54 1 , contenant règlement de l'imprimerie pour la ville de Lyon, etc. G. A. Crapelet, Etudes sur latypogr. i, 56.

1542. — Novembre n.Oo lit dans un acte consulaire sous cette date, qu'avant rétablissement des foires, Lyon était une petite et pauvre ville, mais que depuis cet établissement et le passage ouvert en Italie, grand nombre d'artisans et gens de tout métier s'y rendent pour tenir boutique et y besoigner; que depuis l'édit de Louis XII, la ville s'est accrue, non-seulement de la moitié, mais des quatre cinquièmes tant en nombre de gens de métier que par les maisons que l'on y a élevées, et qu'on y élève journellement au grand

profit du roi et de la ville La première création de deux foires franches

à Lyon fut autorisée par lettres patentes du 9 février i^ig. — L'édit de Louis XII est de juillet 1 49^» il porte que les quatre foires par année, établies à Lyon par des édite antérieurs, sont confirmées et de nouucl estabJùs en tant que mcsiier est.

1542. — Décembre 12. Séance consuiaire. On projette d'éloigner les fours à chaux qui sont entre la porte de Bourgneufet Vaise , a-find'obvier â la puanteur et fâcherie des habitants et des passants... On propose de les placer audessus du chSteau de Cuire, du côté du matin et de hVesse. — Comme on le voit, les fours a x;liniix de Vaise ont une assez belle antiquité, puisqu'ils ont une existence qui date d'environ trois siècles. En 102g, les voisins de cette jusine incommode renouvelèrent leurs plaintes et les consignèrent dans un journal. Le propriétaire du four déclara qu'il se défendrait 61* on l'attaquait sérieusement , et qu'il opposerait la prescription. Ce de'bat, qui ne paraît pas avoir eu de suite , n'échappa point aux rédacteurs des Arcfiives du Rhône; l'un d'eux , M. Rreghot du Lut ( voyez Nouv. mél. , p. 100 ), saisit cette occasion pour rappeler qu'un poëte lyonnais, Maurice Soève, dont la célébrité' fut presque égale à celle de Ronsard, avait parlé de ces fours à chaux dans sa Délie dont la première édition fut publiée en 1644, à Lyon, chez Snlpice Sabon, petit in-8". Voici quelques-uns des vers de notre poè'tc :

Comme au faulxbourg les fumante* fornaiws Rendent obscurs les oirconvoisins lieux , hv l'eu ardent de mes si grandz mesaises Par mes soupirs obtenebre les cieulx .

En ce faulxbourg celle ardente fornaise N'esleue point si haull sa forle ataim> Que mes soupirs respandent à leur aise Leur grand' fumée en l'air qui se pouwneine.

1542. -—Le cardinal Nicolas de Gaddi , florentin, abbé d'Ainay , reçoit le roi dans son abbaye. Rubys , p. 36'j. — Lors du sac de Rome par Je connétable de Bourbon, eo 1627, Nicolas de Gaddi vint se retirer en France auprès de François Ier qui lui donna plusieurs bénéfices. Il paraît qu'il se conduisit assez mal à Lyon : car on exposa au consulat, dans sa séance du a5 juin i547* u(\ue Tonavoit discontinué, depuis cinq ans en ça, le service divin dans son abbaye, parce qu'il en avoit chassé les moines et les officiers ; — qu'il avoit supprimé les aumônes fondées par les feus abbés et officiers ; ... qu'il avoit fait lever par ses commis et députés tout le revenu de f abbaye , et l'avoit fait transporter hors du royaume, etc., etc.» îl fut ordonné «j>tr

bonne et mûre délibération qu'aux dépens et adjonction de la ville, on poursuivra et contraindra ledit abbé a entretenir en ladite abbaye tel nombre de moines et officiers qu'il y sou bit avoir par fe passé pour y célébrer le service divin et continuer les aumônes générales tomme de toute ancienneté, et que, pour ce, l'on fera, tant envers le roi que son conseil, toutes poursuites , requêtes et adjonctions avec les officiers destitués.» S. — Nous ignorons quelle fut l'issue du procès intenté par le consulat àPabbé d'Ainay ; mais il est bien constant qu'il fut obligé de se retirer, et qu'il alla rejoindre sa famille à Florence où il mourut le 27 février i552 ou 55. 11 fut aussi évêque de Sarlat depuis 1 535 jusqu'à sa mort. Voyez sa notice dans je Gallia christiana,

1542. -"Décembre 30. Mort de Jean Voohé , poëto latin, quia séjourné de i536 a i538 à Lyon, où il a composé la majeure partie de ses poésies. Biograph. lyonn. Voyez aussi le Bulletin du Bibliophile, septembre i838, p. 319.

— Le cardinal François de Tournon se démet de ses fonctions de gouverneurde Lyon ; il est remplacé par Jean d'Albon (fils de Guichard) , seigneur de Saint-André.

1542. — Imbert de Tournon se fait recevoir chanoine de St-Just Pa-

radin, cité par Cochard , Descript. de Lyon, p. 293 , rapporte qu'Imbcrt portait uu surplis sur une courte robe de damas , une aumussc sur le bras, et l'épée au côté; et que Jacques, son frère, évêque de Valence, l'ayant vu dans cet équipage, s'écria ; « Voilà mon frère qui représente bien les trois états ! »

1545. — Janvier 9. Guillaume du Bellay, seigneur de Langey, vice-roi de Piémont, qui était parti malade de Turin pour venir donner au roi quelques avis importants, « trépasse à Saint- Saphorin sur le mont Tarare (St- Symphorien-dc-Lay ). * Mémoires de Martin du Bellay , t. xix , p. 592 , de la Collection Petitot. Joachimdu Bellay, un des bons poètes de cette époque, passant, après la mort de François P\ à St-Symphorien, pour se rendre en Italie, fit, ù la louange du seigneurde Langey, deux sonnets que l'on trouvera fol. 206 et 207 de ses Œuvres françoises , Lyon, 1^70, in-8\ Ce fut sans doute alors que, s'arrêtant à Lyon, il adressa des vers au chantre de Délie, notre célèbre Maurice Scève (fol. 037) ; mais ce ne doit être qu'à son retour d'Italie que le poète angevin fit ce sonnet sur Lyon (fol. 385) , qui est aussi adressé à Maurice Scève :

Scève , je me trouvay comme le (Ils d'Anchisc Entrant dans l'Elisée , et sortant des enfers , Quant , après tant de monts de neige tout couverts, Je vy ce beau Lyon, Lyon que tant je prise.

Son étroite longueur que la Saône divise, Nourrit mille artisans et peuples tous divers : Et n'en déplaise à Londre , à Venise , à Anvers , Car Lyon n'est pas moindre en fait de marchandise.

Je m'étonuay d'y voir passer tant de courriers , D'y voir tant de banquiers , d'imprimeurs , d'armuriers, Plus dru que l'on ne voit les fleurs par les prairies.

Mais je m'étonnay plus de la force des ponts Dessus lesquels on passe , allant de là les monts , Tant de belles maisons, et tant de métairie;

1543. — Bodin met à cette année l'origine de la banque de Lyon. L. vi ,

c. 2 de *a République. — Ce publiciste blâme cet établissement, et attribue en partie les engagements énormes contractés par François I*r ù la facilité que ce prince avait eue d'y trouver des fonds. — Voyez ci-dessus, année :479-

1544.— Avril i8. Le parlement de Dombes, séant à Lyon, enregistre un édit de François Ier, du mois d'avril de l'année précédente, qui confirme les privilèges des habitants de Dombes , établit à Lyon la chancellerie de Dombes, et commet à la garde du scel de Dombes M. Jean du Peyrat, lieutenant général en la sénéchaussée de Lyon. — Voyez ci-dessus , année i525.

1544. — Août 3 et 10. Jean d'Albon , sénéchal et gouverneur de Lyon , passe une revue générale des citoyens de cette ville.-r-Il s'y trouva dix-huit mille hommes en état de porter les armes. — Cette même anne'e, ce gouverneur, à l'occasion de l'irruption de Charles-Quint en Champagne , avait fait élever des remparts au confluent du Rhône et de la Saône , pour défendre la ville de ce côté. — Sous Henri IV, ces remparts furent ornés de plusieurs rangs d'arbres dont le premier , suivant l'auteur d'un article inséré dans les Arch. duRh.y vu, g3 , aurait été planté par Sully ; mais cette circonstance nous paraît douteuse ; car nous lisons dans le même recueil, même volume, p. 277 : « On voit encore dans quelques villages de nos provinces de vieux ormes appelés Sully , parce que ce ministre renouvela l'ordonnance qui enjoignait de planter dans chaque commune un orme sur la place publique où se tenaient les fêles baludoircs et les marchés. » Voyez ci-dessus, 3 aaût 147^. — C'est par erreur que dans les Arch. duRh., loc. cit. , on a donné a Jean d'Albon le prénom d'André. Vojez Rubys , p. 372-73.

1545. — Février 27. Le consulat ordonne de fermer le collège de la Trinité, « pour le regard des martinets qui vont et reviennent audit collège; et quant aux pensionnaires, on les tiendra serrés audit collège jusqu'à la fête de Pâques, et jusqu'à nouvel ordre.» Actes cons. — Suivant Ducange, on donnait alors le nom de martinets aux écoliers vagabonds, c'est-à-dire aux externes.

1545. — Juillet 17. Mort de gentille et vertueuse dame Pernette du, Guillet , Lyonnaise, célèbre par ses Poésies dont M. Breghot du Lut a donné une nouvelle édition avec des notes et un glossaire, Lyon, imp. de Louis Perrin, i83o, in-8°. Biogr. univ. , suppl. — Nous devions déjà à M.' Breghot une édition des Poésies de Louise Labbé , sorties des mêmes presses, 1824, in-8°. Tout récemment il a publié un poëme latin ine'dit de Philibert Girinet , Le Roi de la Basoche, avec la traduction française en regard et des notes, Lyon , impr. d'Ant. Périsse, i838 , in-8°. Ce Philibert Girinet, chevalier de l'église de Lyon, et trésorier de l'église de St-Etienne, était né à St-Just-en-Chevalet. Son poëme a dû être écrit vers le milieu du xvi° siècle , mais avant i55o.

1546. — Juin 24. Jubilé à l'occasion du concours de la St-Jean-Baptiste avec la Fête-Dieu.

1546. — Août 3. Supplice d'Etienne Dolet, pendu et brûlé à Paris, sur la place Maubert. Voyez son art. dans la Biogr. lyonn. , et le Journal des Savants, Paris, i836 , p. 249.

1546.— Pierre Foumelet, de Louanen Normandie, commence à prêcher la réforme , dans une maison particulière , à quatorze ou quinze personnes feulement, tous bons marchands et hommes d'apparence. Ayant été déequ-

vert et contraint de se retirer, Jean Fabri, depuis ministre de Genève, lui succéda et continua jusqu'à la Noël i5$y ses prédications dans une réunion qui s'était accrue de 85 personnes; mais ayant été découvert ù son tour, il fut obligé de fuir. Pierre Fournelet revint pour le remplacer, et on lui adjoignit Claude Monier qui fut brûlé à Lyon en 1 55 1 . Bèze , Hist. eccl. , i, 56, 77 ; m , 3i 5.

1546. — Septembre 6. Mort de Jean Cléberg, surnommé le Bon Allemand, né ù Berne ou ù Nuremberg, vers i485. — On ne sait rien de positif sur les premières années de ce personnage, dont le nom vivra longtemps dans la mémoire du peuple. Toutefois il est certain qu'il avait embrassé la profession de marchand, et que sa fortune le mit dans le cas de se livrer à de grandes opérations financières. S'il était de Nuremberg, il est probable qu'il fut du petit nombre de ceux qui s'expatrièrent , lorsqu'en i53o les habitants de cette ville arborèrent l'étendard de la réforme et signèrent, les premiers, la Confession d'Augsbourg. Quoiqu'il en soit, Clébergse trouvait ù Lyon en i533, époque ù laquelle le consulat fonda, sous le titre d'Aumône générale , un établissement destiné à soulager les pauvres pendant les temps de disette ou de contagion. Cléberg fut un des premiers souscripteurs de cette œuvre, et donna, dans l'intervalle de i533à i546, année de sa mort, 8,545 livres. Peu de temps après s'être fixé à Lyon, Cléberg avait épousé Pelonne de Bonzin , native de Tournay en Flandre, veuve de Jean de la Forge, dont elle avait un fils encore en bas âge, Etienne, seigneur d'Ars. Une ancienne tradition veut qu'elle ait fait bâtir la jolie villa de Champ, sur la rive gauche de la Saône , entre l'île-Barbe et Lyon , où l'on voit encore un pavillon que l'on appelle la tour de la Belle Allemande. Cléberg, à la bourse duquel François Pr avait eu recours, fut nommé, par lettres patentes du dernier mars i543, son valet de chambre ordinaire. Peu de temps après, les commissaires, chargés par le roi de l'aliénation des biens du connétable de Bourbon, lui vendirent les terres de Chastelard et de Villeneuve en Dombes. Cette acquisition le porta sans doute à ajouter à son nom celui de sieur de Chastelard; car c'est ainsi qu'il est appelé dans une lettre que François Ier lui écrivit le 1 1 décembre de la même année, pour le remercier de l'avoir asecouru en prest d'une bonne v somme d'argent. » Ce monarque lui écrivit encore, le n mars 1 545 ( i546, n. s. ), la lettre que voici: « Seigneur Jehan Cléberg, i'ai receu vostre lettre du 5e de ce mois , et par icelle veu ledebvoir et diligence que vous avez faict et faictes des empruns que ie veulx faire à Lyon, dont ie vous sais très bon gré: et voyant, ainsi que vous me mandez, que les marchands n'y veulent entendre que mon filz le dauphin ne s'y oblige comme moy, l'en seray content, et desiù mopdictfilz l'a ainsy accordé, dont vous pouvez advertir les marchands, afin qu'ils tiennent leur argent prest, ainsy que me le mandez, et sur ce, seigneur Jehan Cléberg, ie prie Dieu qu'il vous ayt en sa garde. Escript à Paris , le 1 ie iour de mars i545. Signé François, et plus bas, Bochetel. » — Cléberg avait encore acquis, le 17 mars 1644 ( i545, n. s. ), un ténementqui avait appartenu aux anciens comtes d'Angers, situé à l'angle de la Çrand* Côte et de la rue Neyret, réuni depuis un an au monastère de N. D. delà Déserte. Cette même année i544« il tut invité par les administrateurs de l'Aumône générale à assister aux délibérations du bureau, quoiqu'il n'en fût pas membre, et vers le même temps il fut nommé, par les terriers de la ville, membre du consulat. Mais il refusa ces honorables fonctions donnant pour motif de ce refus son grand âge , les soins qu'exigeaient l'éducation d'un fils unique valétudinaire et figé de cinq ou six ans, enfin les

affaires dont le roi l'avait chargé; toutefois il paraît que sa démission ne fui pas acceptée, puisque son nom figure dans la liste des conseillers de ville. Quoi qu'il en soit, le Bon Allemand ne vit pas la fin de son consulat; car il mourut le 6' septembre i54& i«o ^5 août précédent, il avait fait sou testament devant M° Pierre Dorlin, notaire a Lyon : il légua 4ooo livres a V Aumône générale, et disposa de sa fortune en faveur de sa femme et de son fils David Cléberg. Quant à ses armures , espées , hacquebutes , et autres bas tons et instruments de guerre, il les légua à Etienne de la Forge, fils du premier lit de Pelonne de Bonzin. Jean Cléberg demeurait alors place du Plâtre, dans lu maison appelée de St-Âmbroise , dont remplacement est aujourd'hui occupé par la belle maison des héritiers de Louis Tolozan de Monfort. Un siècle après la mort du Bon allemand, sa postérité était éteinte ; mais la presque totalité de sa fortune ayant passé entre les mains de l'avocat Jacques Moyron, celui-ci la transmit, par son testament du ia octobre i65i, à V Aumône générale. Quelques écrivains veulent qu'une statue en bois placée sur un rocher, dans le quartier de Bourgneuf, et sur une place publique, appelée dans les anciens plans de Lyon , place de Af. de ta Roche, ait été élevée par les Lyonnais à la mémoire de Cléberg; mais cette allégation n'est justifiée par aucun document authentique, ni par aucun historien antérieur a 1760. Tout porte à croire que cette statue existait de temps immémorial, et qu'elle avait primitivement été érigée en Phonjjejir^de quelque divinité gauloise ou romaine. C. IL, Mélanges, p. 239 :^]\Dlcl;^des rues de Lyon , p. 5o.

Nous Utroftiqoa* ici la treizième partie de ces NttUt al Documents. L'anuèe prochaine, nout publierons la quatrième partie , qui commencera avec le règne de Henri II.

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LYON

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