‹ Notes et documents pour servir à l'histoire de LyonChapitre 5 sur 26 · IMPRIMERIE DE MOUGIN-RUSAND · texte numérisé non relu

IMPRIMERIE DE MOUGIN-RUSAND

Halles de la Grenelle.

Errata.

Page 5 , ligne 41 , et tlotno , lisez : ex domo. — Page 6 , ligne 2 , ul speciare , lisez : ut extpeclare.— Page 6 , ligne 5 , confidenter, lisez: con/idenles. — Page 15, ligne 22 , Wyer, liiez : Wier. — Page 19 , ligne 25 , Narcissa Young, lisez : Nartitsa Temple. - Page 24 , ligne 35 , 1526 , lisez : 1562. - Pâgé 27 , ligne pénull., pilic , lisez : piété. — Page 34 , ligne 34 , conlrainl , lisez : contraints. — Page 37 , ligne 24 , l'influence , lisez : l'exercice. — Page 42 , ligne 4 , meute , lisez : meurtre. — Page 42 , note, ligne 1 , qui le possédait, lisez : qui possédait. — Page 43 . ligne 24, celui du mois de décembre , lisez : celui de décembre. — Page 43 , li^nc 49 , en 1761 , le Perron fut acquis, etc., lisez : le Perron fut légué, en 1762, à l'Aumône générale par Jean-Pierre Giraud , bourgeois de Lyon. — Page 44 , ligue 35, St-Symplorien , lisez : St-Symphorien. — Page 47 , ligne 35 , forlxtiiêr, lisez : fortuitô. — Page 50 , ligne 39 , C , lisez : Ce ; lignes 40 et 41 , avoir fait dé resserrer profession , lisez : avoir fait profession de. — Page 51 , note , ligne 2, Andrœ Fusii, lisez : Andréas Frusii ; même note, ligne 3, dont il dut se rappeler en 1667, lisez : qu'il dut se rappeler en 1567. — Pige 54, ligne 34 , ordonnance auparavant , lisez : ordonnance ou auparavant. — Page 55, ligne 6, et lieux, lisez : ez lieux. — Page 63 , vers 2 , infuiiy lisez : infïuil ; vers 3 , cam'w, lisez : canis. — Page 64, ligne 1, Tissier, lisez : Teissier. — Page 66 , ligne 15 , fluentam , lisez : fluenta. — Page 69 , ligne 25 , qui fit, lisez: qui firent. — Page 84, ligne 27, Scriptura, lisez: Scripiurœ. — Page 85, ligne 1 , Francix, lisez : Fronda. — Page 86, ligne 26, Siguiier, lisez: Singulier.

llistoria qnoquo modo scripta delectat.

Pu». Juw. Epist. v, 8.

nÈGKE DE CHARLES IX (2).

1560.— Décembre. Une ordonnance de Charles IX, rendue à Orléans, octroie le règlement des pauvres de la ville de Lyon aux bourgeois et citoyens qui seront élus administrateurs de l'Aumône d'icelle , avec attribution de justice. Conf. des Ord.9 p. 65; Menestrier , Notes inèd. ; Dagier, Hist. de V Hôiel-Dieu de Lyon , I, 1 09 .

1560. — Décembre ai. Antoine Giraud, docteur ez-droits , prononce l'oraison doctorale , et reçoit 20 livres pour ses honoraires.

1560. — Le cardinal de Tournon fait imprimer les statuts synodaux de l'Eglise de Lyon, Statuta synodalia , etc. ( Lugduni , excudebat Joann. Ausaltus {Jean Ausoult ) , i56o , in-4* ). Voyez ci-dessus , année i557 , et ciaprès , année i566.

1560. — Lettres patentes qui permettent à Claude Gruippon de Guillien , escuyer, sieur de Sainct-Julian , d'ouvrir les mines et minières qu'il pourra trouver dans toute l'étendue du royaume. — Ce sieur de Sainct-Julian avait découvert un grand nombre de mines , tant au « pays du tteaujolois,

(1) Ces notes ou documents font suite à ceux que l'auteur a publiés dans tes Annuaires de Lyon , de 1838 , 1839, 1840 et 1841. Les articles' signes M suul extraits des Mss. du P. Menestrier ; ceux signés S sont tirés des Mss. de l'abbé J. N Sudan.

(2) Ce prince , successeur de François II, parvint à la couronne le 5 décembre i56o , et

mourut le a3 mai i5;4.

« Auvergne et Lyonnois, qu'en Dauphipé, Langucdoe , Provence , etc. ». Recueil d'isambert, xiv,

1560. — «Les réfugiés de Florence, dispersesdans plusieurs villes del'Europe , après le débris de leur naufrage, avoient fait à Lyon un consul cl quatre procureurs pour retenir quelque chose de ['ancienne république, et s'étoient obligés vies el biens pour rétablir la liberté de leur patrie. Ils tcnoient leur assemblée en une maison de Lyon , ou depuis on a bâti les Capucins, et les meilleures familles de Florence y a voient part... ». P. Matthieu , Hût. de François //, p. 254.

1560 — circa. En ce temps-là, il existait à Lyon, tout a la fois, environ treize cabinets de médailles, ou du moins treize amateurs de numismatique ou d'archéologie , qui pouvaient avoir recueilli plus ou moins d'objets appartenant a ces sciences. Le célèbre Hubert Goltz a placé à la suite de son Julius Cœsar , Bruges, i565, in-fol. , une épître aux amateurs d'antiquités qu'il avait connus dans ses voyages, dans laquelle on trouve la liste des treize amateurs de Lyon. Archives da. Rhône, vin , i44 i C. B., Nouv. mcl., p. 42 et 5j.

1561. — Janvierix. Le Consulatordonne au voyer de la villc'de faire abattre les boutiques récemment bâties contre les murs de l'église de St-Nizier, et d'intimer au chapitre de St-Nizier , de payer les gages de l'exécuteur de la haute-justice, fixés à trenle livres par année , à de'faul de quoi ou fera o vuider tous les merciers établis au devant de ladite église...». — Ces gages avaient été alloués à l'exécuteur de la haute justice «pour lui « tenir lieu des droits qu'il percevôiU soit à chacune des portes de la ville , « soit au marché de St-Nizier, sur les vivres apportés par les paysans. » Act. consul, du 17 juin i5Gi ; Nouv. arch. du RJi. y I, 5i. Voyez ci-dessus au 5o avril 1 5fk>.

1561. — Avril 18, à 2 h. etdemic après »uV/t, François Giuntini, astrologue, nék Florence, le 7 mars 1.Î22, arrive à Lyon. — - Voici en quels termes le P. Meneslrier parle de ce personnage dans ses Notes chronologiques:... «Giuntini, qui prenoit la qualité de docteur théologien, étoit un carme apostat. S'étant retiré a Venise , comme en un lieu de liberté, il y exerça , pour subsister, l'office de correcteur de livres , avec celui d'astrologue judiciaire , .dont il faisoit profession... 11 y fit connoissance avec Jacques Nardi, citoyen de Florence , qui avoit composé l'histoire de son pays depuis l'an 1 444 jusqu'à i55i, et qui la lui donna à transcrire : Giuntini en fit deux copies , et en retint une pour lui. Un libraire de Venise, Louis Delli Avanzi, qui vouloit réimprimer la description de toute l'Itaie, de Frère Alberli de Bologne, chargea Giuntini , en i55o, du soin de revoir cette nouvelle édition, et «l'y faire quelques nouvelles additions ; mais des affaires fâcheuses obligèrent le moine apostat de quitter Venise , et de venir chercher en France , un asyle plus sûr que celui d'une ville où il commcoçoit à être trop connu. Arrivé à Lyon , il eut recours à son exercice ordinaire de correcteur de livres,... Et, comme il y avoit plusieurs marchands florentins riches et puissants , il trouva accès auprès d'eux , et tant par ses corrections de livres que par sa profession d'astrologue judiciaire, il amassa des sommes d'argent assez considérables, il fit imprimer par T h ibaud Ance lin , en i58a, l'histoire de Nardi, et la dédia al molto magnifico M. Nicolo Arrigfà , gentilhuomo fiorentino. Il ajouta à cette histoire un Discorso sopra lo stato délia mognificacillà di Lione, et le dédia à un autre Florentin, M. Zenobe Giovanini, nobil fiorentino. Giunliui, prend dans cette dernière dédicace, le titre de

fhUore theologo. C'est au commencement de ce discours" que, pour faire le philosophe et l'esprit fort, il dit qu'il a fait le changement de la demeure de Florence à celle de Lyon , d'autant plus volontiers qu'il sait que les anciens philosophes ont dit que tout le monde , à quiconque y naît, n'est qu'une ville , parce que le sage se fait son pays , en quelque endroit qu'il se trouve, que partout l'année, est divisée en quatre saisons, que le soleil s'y lève le matin et s'y couche le soir; que les étoiles se découvrent de tous les endroits où: l'on est; que l'homme naît et meurt partout , et qu'ainsi , il ne voit pas quelle différence, en cela, il peut y avoir entre Florence et Lyon... ». Ménestrier aurait pu ajouter que Giuntini fit l'horoscope des principaux personnages de Lyon , tels que Mandelnt , M. de la Mante , Michel-Antoine de Saluées, Maurice du Peyrat, l'archevêque d'Espinac, etc. , etc., tous assez bons ou assez simples pour croire h l'astrologie judiciaire, science à laquelle Giuntini , bien certainement, ne croyait pas , et qu'il n'exerçait que pour s'enrichir h leurs dépens. — Nous engageons M. Renouard à lire l'art. Gicntini . dans le Suppl. de la Biogr. univ. , et a rectifier ce qu'il a dit , p. xv de sa Notice sur les Junte. Voyez ci-apKs, année 1590.

1561. — Mai 29. Les échevins de Lyon enjoignent h François Coulaud , receveur de cette ville , de payer ;\ Guillaume Guéroult , poète en latin et en françoys, la somme de six ècas d'or, vallons quinze litres tournois , parce qu'il avait dédié au Consulat de ladite ville , un Traictè fait ou traduit par lui , sur V administration des républiques. — Au dos est la quittance et la signature de Guéroult. Nouv. arch, du Bh. , I , Si. — Guillaume Guéroult, s'il faut en croire Théodore de Bèze ( Vie de Calvin ) , appréhendant d'être puni a Genève , à cause de sa vie scandaleuse, était venu chercher un asyle à Lyon, chez son beau-frère Balth izar Arnoullet , un de nos plus habiles imprimeurs; mais la gratification qu'il reçut du Consulat, témoignerait qu'il menait à Lyon une vie plus régulière qu'auparavant. 11 n'a point d'article dans la Biographie universelle, quoiqu'il en méritfit un. On trouve la liste de ses ouvrages dans les Bibliothèques de La Croix du Maine et de du Verdier. M. Brunet en a décrit quelques-uns dans son Manuel du Libraire. L'abbé d'Artigny , Nouv. mém. II, 5-4» nous apprend que Guéroult était le directeur de l'imprimerie de Balthazar Arnoullet, qui avait aussi une librairie à Vienne en Dauphiné, et que c'est à eux que Servct s'adressa pour faire imprimer son Christianisme restiiutio , etc. , qui parut au commencement de i553.

15GI. — Juin 5. • Esmotion populaire. — Le jeudy , jour et feste du Corps de Dieu, cinquiesme juing mil cinq cens soixante vng. — Ledit jour, le peuple estant assemblé en l'esglise St-Nizicr pour aller a la procession du précieux corps de notre Seigneur accoustumé estr'e porté chascun an îed. jour : et Messieurs les conseillers de ladite ville ayant fait assembler dans l'hostel commun de lad. ville les deux cens arquebousîers pour obuier que aulcuoe esmotion et scandale ne aduinl led. jour soubz ombre de la religion , suyuant les lettres du Roy : iceux arquebusiers conduicts par le capitaine noble George Renoard , estant en bataille en la place audeuant de lad. csglise durant que lad. procession pusseroit : ainsi que messirc Cuy Esmyon , chanoyne de lad. csglise, qui portoit le ciboire nu reliquaire ou reposoit led. précieux Corps de noslrc Seigneur, soiloit de lad. csglise estant soubz le poille qui estoit porté par quatre prebstres habituez de lad. esglisc, descendant de la caladc tirant contre la rue de la Grenelle , suruînt un jeusne homme eslrangicr, nouucllemcnt venu en lad.

ville , homme de mestier et de mechaniqucs , soy disant natif de flryc (sic) , nommé Dcnys de Valloys (sic), lequel furieusement de faict aguet et propoz délibéré , commb il l'a confessé , se jecta sur led. chanoyne Esmyon , s'esforsant luy oster et arracher des mains led. ciboire ou reliquaire où reposoit led. précieux corps de nostre Seigneur , h quoy faire il auroit esté empesché par lesd. capitaine et arquehousiers qui l'auroient prins et rendu prisonnier es mains de la justice , et pour appaiser la fureur du menu peuple qui se seroil fort esmu et scandalisé dud. acte ainsi témérairement faict , luy auroient faict son procès , et après sa confession faicte , qu'il , seul, dès le jour précédant, auroit prémédité, conspiré, et entreprîns de ce jourd'huy arrascher des mains du prebstre led. précieux corps de noslre Seigneur qui seroit porté processionnellemcnt , et pour ce faire, d'exposer sa vie, auroit -esté exécuté led. jour audeuant la porte de lad. esgli*c de St-Nizier, où après luy auoir couppé le poing, auroit esté pendu et estranglé en une potence et après mis en quatre quartiers et sa teste mise sur le pont de Saône. Nonobstant lequel scandale aduenu au deuanl de la porte de lad. esglisc de St-Nizier , faict par led. de Valloix (sic), messieurs les lieutenans civil , cryminel et particulier, voyans et entendans que le menu peuple de la paroisse de St-Nizier se leuoit et mectoit la main aux armes , frappans, tuans, et mulilans tous ceulx qui se trouuoieut emmy les rues qu'ils soubsonnoient estre huguenaulx sans cause, occasion ny connoissance de cause, ains seulement à la seulle et prerayere parolle du premyer d'entre eulx qui appeloit ou cryoit à l'huguenault , scroient venuz auec les sergens tant de la seneschaussée que cour ordinaire dud. Lyon pour paciffier led. menu peuple, et pour ce faire auroient faict mettre en ordre envyron soixante desd. arquebousiers de la ville qui marchoient premyers et après les banyères , torches et peuple de lad. paroisse St-Nizier où il y en auoit aulcuns qui portoient leurs espe'es toutes nues et basions de toute sorte pour la tuytion et deffence dus prebstres et gens d'esglisc qu'ils firent marcher processionnellement à la manyere accoustumée jfesques à l'hospital du pont du Rhosne , et dud. hospital , reuenant par la rue Mercière à lad. esglise de St-Nizier. A laquelle procession assistaient lesd. sieurs lieutenans, aulcuns des conseillers du siège présidial, Messieurs les aduocats et procureur du roy qui virent et furent presens qu'en ycelle procession y cust troys ou quatre esmotions populaires faictes par aulcunes personnes mechaniques , gens de mestiers et incogneuzqui disoient estre assemblez , et auoir pris les armes pour deffendre les gens d'esglisc : la premyere esmotion faicte en la station qui fut faicte en la Grenette , entrant en la rue du Puys-Pclutz; l'aultre auprès dud. Puys-Pelulz; l'aultre auprès dud. hospital du pont du Rhosne, où Monsieur le secrétaire de lad. esglise St- Nizier qui portoît led. reliquaire oucyboire, pour l'esmotion et tumulte du peuple assistant à lad. procession qui estoit ainsi esmu et perturbé, fut contraint de se retirer dans l'esglise dud hospital où l'on eust nouuelles que led. peuple du cousté de rue Neufve , durant que la procession de l'esglise St- Picrre y passoit, estoit entré par force dans le colliege de la Trinité appartenante lad. ville et communauté de Lyon, duquel colliege ils auroient tiré et entraisné' hors M* Barthélémy Aneau , principal recteur dud. colliege, et après lui avoir baillé plusieurs coups d'espees, allebardes ctaullrcs basions sur sa personne, l'auroient inhumainement tué et occis et layssé mort estendu au milieu de lad. rue , au grand scandale des petits enfants escoliers et aultres estudians and. colliege. » Registre des actes consulaires de la ville de Lyon, fol. xlv et xlvj. — Le document que Ton vieut de lire , et

que nous publions pour la première fois , ne laisse plus aucun doule sur la véritable date île la fin déplorable du malheureux Aneau. Cette date se trouve encore confirmée par un autre acte du Consulat qui, dans sa séance du lendemain 6 juin , commit quatre de ses membres, les sieurs Grollier , Faure, Sève et Gabiano «pour donner ordre au scandalle et meurtre aduenu à la personne de Me Barthélémy Aneau , pcincipal du collège de la Trinité, qui, le jour du Corps de Dieu, auoit esté occis par quelques personnes allant à la procession, où estant au dcuantdud. collège par la porte et sur les murailles de derrière seroient entrez en icelie , et sur les galleries auroient trouué led. Aneau , principal , feignant le tenir du nombre des Huguenaulx, le comme dessus, l'auroient occis sans aucune information ni permission du juge... » — Voyez sur la fin tragique d'Aneau , Rubys, Hist. de Lyon, p. 58() ; Seyert, Ârchiepiscop, Lugdun., p. 400 ; Le Laboureur , Mat.* II, 1 1 ; P. de Saint-Romuald , Trésor chronol. , III , 519 ; Menestrier , Eloge hist. , p. 82 ; Colonia , Hist. Litt, , II , G?3 ; J. Morin, Hist de Lyon , V , 148; Biogr. lyonn. , art. Àkeau ; J. Demogeot , Notice hist. sur le collège royal de Lyon ( Lyon, imprimerie de Léon Boitel, 1840). Voyez ci-apres au i«r»uzj i565.

1561. — Juin i5. Le Consulat, sur la requête de la veuve de Barthélémy Aneau, ordonne « que l'on priera la justice d'informer sur la vérité de l'homicide à la requête de ladite veuve ethoirs, pouraprès, selon la vérification qui en sera faite , en être fait poursuite et adjonction, ainsi que le Consulat verra être à faire par raison.». S. (Copie de C. B, x, 1 1 1 ). — Bcauchamps, Recherches sur les théâtres , I , 358 , et Cochard , Notice sur Aneau ( Nouvea ux mélanges de M. Breghot , p. 2o3), disent que la femme d'Aneau aurait partagé le sort de son mari, si, comme nous l'apprend le P. Menestrier, Art des emblèmes ( Paris , 1684 , in-8) , le prévôt de Lyon ne l'eût sauvée en V emprisonnant. Il est bien question d'Aneau, p. 10, de l'cJition citée de l'Art des emblèmes, mais on n'y dit rien de sa femme. C'est Bayle , art. JtJNirs ( Fr. ) , riîin. E', qui a rapporté cette circonstance , que François Junius a consignée dans sa Vie écrite par lui-même (Voyez ses Opéra theologica, I. 10). Ce François Junius , vulgairement appelé du Jon , né à Bourges, en i545 , faillit être tué, en même temps que B. Aneau, dont il était le disciple et le compatriote; il ne dut son salut qu'à la fuite. Aneau , suivant Junius, ne fut pas la seule victime immolée en cette occasion à h fureur du peuple; voici le récit de l'autobiographe : « ... Nam cum exçitato Lugdunitumuliu ad S. Nicasii (sic), diefesto (vocant) Corporis Dominïshe Saci'amenii, strages passim atque promiscue in altéra urbis parte , quœ inter jluenta Rhodani Ararisquesita est, ederentur : cœpit furibunda plehs hos illos etiam domo rapere, et domum ipsam in qua ium agebam circumsidere arctissime , commota sacrificuli çipov verbis , qui prœdicabat , falso ei domo eadem eccirisse ho'ninem quivim ipsi atlulerat , et socramenti sui delubrum eff/egerat. Tcgebat autem sacrificulus hac defensione imprudentiam suam : id enim irse fecerat , quum attonitus eorum numeris qui ex tumultu alibi cœpto obviam occurrebant ad arma, eosque inimicos ratas , se in domum quam primam apertam tidit proripuisset , suumque delubrum tel sacrarium , quod gestabat manibus , ad porlam domus impetu magno allisisset. Atque hoc mendacium midtis permagno constilil. B. Anulo crepta ri la et aliis aliquot : Anuli uxor parum fait quin a plehe in Ararim projt'ctretur , visi interxentu Cathaj"ini Joannis prœfedi et angariorum c quorum cpislatœ liberata fuissft abductaque in carcerem : domus nostra arinaiis circumelusa et pressa tariquam in hostico. Prospcctans quidam a muro molitor mi?tatur mihi : me a se noium prœdicat : non effugiturum e suis manibus pronunliat : de summo pan'etc

cui Installât contalur hasta , utrum commode in aream cum hastœ suœ fnlmtnia insilire posset : ita exarseratin me , ut spcctjre non posset dum ad se apportareniur scatœ. Ego quijam ter antica et postica porta fueram conatus e/fugerc , ut vidi ivsanum hominem in me cogitare infestumirruere , adeo adanticam portant, quam tum furiosi Mi minime obwvabant , confidenier armalorum ordinilius , qui totius illi vici (No vu m appellant) latera tegebant conferlissimi : caque porta tffugio : par medios numéros armatorum currens , verberatus , pulsus , ex privatis aliquot œdibus , ex curia dejectus , tandem trans Ararim venio , <7i alteram partem oppidi 9 u/// silebant omnia , iumultu vacua atque clamoribiis. Aberat tum ah urbe viroptimus Lconardus Pornasius (i), Piemantœ dominu* ad quem certis de causis recipere me eonsilium erat. Qui gerebat negotia illius dubitans , cognita , u/rw>n i/jj/s oui mi/u atVo illa per illud tempus tuta futura esset , commodato me pallio instruit; ail curio/temS. Irenœi ^honestum et humanum rirum, me deduci curât , ubime jubetadhoramunam aut alteram subsistera. Inde extra oppidum abducor a quodam pœdagogo , cwt'Georgio Colino nomen , et circumrpicio utrum ex amicis quemqttam ruri inventurns essem. Postquam verojejunus plus satis oberrossem frustra , in œdes ruslici cujwdam xerno , non procul ab insula quœ in Arari supra Lugdunum est; rus liais ille excipit humanissime... Lugdunum revers us eo ipso die res rneas recipio quascunque manus furum intégras mihi reliquerant ; et salulatis amicis, posl aliquot licbdomadas , rébus que convasatis , revenio domum ( Biturigcs). — Voyez aussi la Notice sur Junius , dans les Mèm. de Niceron , xvi.

1561. — Août 4. Edit. de Charles IX , qui ordonne d'abattre et mettre par terre auvents, saillies, etc.

1561. — Septembre 20. Le sienr Gravier, député en cour par la ville de Lyon, écrit nu Consulat: « ... M. le maréchal de Saint-André n'est plus des « affaires ni du conseil ; au moins il n'y e>t entré depuis que 'ques propos « rocheux que le roi de Nararre eut aver lui, à cause de M. de Savigny « (l'abbé Antoine d'Albon), jadis son lieutenant à Lyon.-. » . — M. de Savigny qui avait tout récemment reçu ordre de se rendre à son archevêché d'Arles, et de quitter le gouvernement de Lyon , fut remplacé par François d'AgouIt. premier comte de Sault, «l'un des plus sages et accorts mondains , et qui le mieux sçauoit dissimuler, qu'on eut sceu choisir en toute la court : car, quoy qu'en son urne, il adherast aux protestans, comme les effects le firent paroistre, il sceut si bien, en tout ce qui estoit de l'extérieur, trancher du catholique, qu'il n'y auoit nul qui l'en sceut juger estre autre. 11 oyoil la messe à deux genoux; il se communient toutes les bonnes festes , et se conle^soit à ce tant renommé frère Ropiîcl, religieux de l'ordre des Frères mineurs,... tenu en ce temps-là, pour le fléau de Calvin et de sa secte à Lyon... Ilubys, p. 589; J. Morin , V, i52. — Le comte de Sault, né vers i528, était fils de Louis d'Àgoult de Montauban , et de Blanche de Lévî, fille du comte de Vcntndmir ; il avaitétéélevépage de François I", en i5/j5, et avait épousé, en i55^, Jeanne de Vcsc. Il était, en i56o , lieutenant de la compagnie de gendarmes du maréchal de Sl-André. Charles IX, auquel il avait rendu de grands services, érigea la terre de Sault en comté, peu de temps avant de l'envoyer à Lyon, où il arriva vers les premiers jours d'octobre i56i , avec le titre de * lieutenant pour le roi au

(1) Léonard Poiiiaz ou Pounmz , soigneur de Picdmnnlc , fut échevin en 1563 . Cl et 65. Aneau lui avait dédié , en 155C , sa liaduclion du 3e Livre des Métamorphoses d'Ovide. C. R. Xottv. met., p. 197. Vovey, ci-après, 31 Janvier 1568.

gouvernement du Lyonnois, en l'absence du maréchal de Saint-André.* (luy Allard , Hist. générale des familles de Bonne, Crequi , de Blanche fort , . d'Jîgoull) etc.. , p. io5 ; Le Laboureur , Ma:. , II , i5, 10 cl 1 15.

1561. — Octobre 16. François d'Agouh. , comte de Sault, nouvellement nommé ( en remplacement de M. de Savigny) lieutenant-général pour le roi en la ville et pays de Lyonnois, en l'absence de Mgr. le maréchal de Saint-Alldrè , arrive en poste à Lyon. Les échevins, qui. étaient allés à sa rencontre, l'accompagnent jusques en la maison do sénéchal, noble Thomas deGadagne, où il dîna. — Le même jour, dans la soirée, le comte de Sault *e rendit à l'archevêché poor y prendre son logement. Les échevins qoi s'y présentèrent, loi ayant remontré qoel'on faisait journellement des prêches à la mode de Genève , et qu'il était à craindre qu'il n'en résultât quelque émotion populaire, le comte de Sault leur répondit qu'il en avertirait le roi , les priant toutefois « attendant le bon vouloir de sa Majesté,... de contenir le « peuple en paix et tranquillité, tant du côté des protestons que de Messieurs « de l'égli-e, pour obvier qoe aucun scandale n'advienne en celte ville. » Notes de M. Sudan, qui fait observer que c'est pour la première fois qu'on voit le mot protestant dans nos actes consulaires. — L'église prolestante de Lyon avait alors pour ministres Jacques ttufli , les sieurs d'Anduse, Paiani , l'agesi et Pierre Virel. Beze, Hist. ecctés., m, 216.

1561. — Octobre 19. Le comte de Sault écrit au roi : Sire, Je n'ay vollu faillir à vous faire entendre suyuant la despesche que je vous fis hier , Testât en quoy j'auois trouué les affaires de ceste ville quy ne sont pas sans grands troubles , encore* qoe par la vigilance de monsieur le seneschal et de vos officiers, ils ayent empesché jusques ici qu'il n'y soyt suruenu grande esmotion. Cy est ce que voyant que ceulx qu'on nomme euangelistes à viure plus ouuerlement qu'ils n'avoyent accoustumé , ayant despuys quatre jours uuant mon arriuée acheslé une maison (1), laquelle ils ont fait accommoder et echaffauder pour «'y pouvoir tenir josques au nombre de trois mil personnes y preschant et faisant leurs prières ordinaires tous les jours à huys clos , aussy allant aux baptistères en plein midv, accompagnez de deux ou trois cens personnes sans armes , toutes lesquelles choses donnent occasion au peuple de s'esmouuoyr, et sy n'estoyt la vigilance qu'on s'y use et a-t-on procédé par cy deuant , il en fust suruenu quelque scandalle. Et pour vous faire entendre , Syre, comme je y ay procédé despuys mon arriuee : après auoir faict assembler les gens de vostre justice et le corps de la ville , j'ay envoyé queryr ceulx de ceste religion. Leur ayant commaudé de se désister de prescher et mesme en ce lieu quy sembloyt estre érigé comme ung temple, jusques à ce qu'aultrement il n'aparust de la voollanté de vostre majesté : à quoy ils m'ont faict responce qu'ils voulloyent demeurer très hnmbles sujects etoheyssans, mettant leur vie et leur bien pour vostre majesté, mais quant à leur aine l'auoyoient desdiée à Dieu. Et voyant leur obslination , je n'y ay vollu autrement procéder que premièrement je n'eusse aduerty vostre majesté tant pour ce qu'il no me seroyt possible de les empescher sans user de la force , de laquelle il me semble ne m'estre loysible , veu qu'il fauldroyt que m'aidasse du peuple qui emmorroyt vne esmotion telle d'où sensuyuroyt la

(i) Celle maison qu'on nommait la Générale, éiait située au coin rie la place dos Cordcliers et do laruedela Grenetle. C'est la veuve de Jeau Chasteliei , trésorier général dePîémout, qui l'avait vendue aox Protestants. Golooia, Hist. litt. , II, 638; Alm. de Ly on du i^Stf , p. xxtix; C. B. , Met. des rues de Lyon, art. Générales {rue des).

totalle ruync de celte poure ville , sans l'effusion de sang de beaucoup de gens. Dans lesquelles choses tant pour l'importance qui touche au service de vostre majesté que aussy pour estre aduerty de vostre voullanlé , je vous supplieray très humblement me commander clairement comme il vous plaict que je m'y conduise , afin que, suyuent icelluy , je le mette en exécution et puisse tenyr vostre peuple en bonne obéissance et en paix et union , supplyant le Créateur vous donner, Syre, en sunté, très heureuse et longue vie. De Lyon , ce xix d'octobre 1571. 0 — Le P. Colonia ( Hist litt. , 11 , 640 ) , ne nous a donne qu'un extrait de cette Lettre qui nous a paru assez intéressante pour être publiée en entier. C'est la première du Registre que possède la bibliothèque de Lyon , des 35 Lettres et despesckes adressées au Roi parle comte de Sault, et dont la dernière porte la date du 3o juin i562. Comme elles sont encore inédites, du moins nous le croyons , nous les donnerons sous leurs dates. Peut-être reconnaîtra-t-on , en lisant celte correspondance , que le comte de Sault, quoiqu'il ait abjuré plus lard la religion de ses pères pour faire cause commune avec les Protestants, ne mérite pas le reproche que lui ont fait Rubys, Rleneslrier et Colonia , d'avoir livré la ville de Lyon aux troupes du baron des Adrelz.

1561. — Octobre 27. Le comte de Sault écrit au roi : « Syre, Despuys la dernière despesehe que j'ay faicte à vostre majesté par vng mien gentilhomme exprez , samedi dernier, messieurs du chapitre de l'esglise de Lyon auec les officiers de monsieur l'archeuesque et quelques bourgeoys me firent les resmonstrances quy sont contenues en vng cahier de papier que j'cnuoye à voslredite mijesté auec l'acte que je demanday de la présentation d'icelles quy est au présent. Et par ce , Syre , que je congneuz par la teneur desdites remonstrances, que, entre aultres choses, ilzse plaignoycnt de ce que aulcuns de l'esglise prestcndue refformée, en ceste ville, portoyent les armes et en faisoyent amas, ce que de leur part pour culx preualloyr à l'cncontre desdicts sectateurs de ladite esglise ils tendoyent à fin qu'il leur feust permis de porter les armes. Pour obuier à tout cscandalle, ayant le tout premièrement communiqué aux gens et officiers de vostre majesté en ce siège, et heu sur ce Ieuraduis lequel j'envoye aussi deuers vostre majesté , jemanday le jour d'hyer venir par deuers moy toutes les parties , et après plusieurs remonstrances que leur feis de l'obseruation des edicts et ordonnances de vostre majesté et commandement de les garder de poinct en poinct sur les peines y indictées. Finablement d'une part et d'autre, ils declairarent qu'ils entendoyent d'estre et voulloyr demeurer toutes leurs vies très bons et très loyaux subjects et seruiteurs de voslredite majesté et fairoyent d'une part et d'aultre cesser ledit port des armes. Et mepresentarent ceuîx de ladite esglise refformée la requeste que j'enuoye pareillement à vostredite majesté, pour, sur le tout, pourueoyr et me commander ses bons voulloyrs et plaisirs, par ce, Syre, que je double fort que ces partialitez et diuisions apportent une grande ruyne de la ville par diminution de commerce ordinaire, comme il se veoyt de jour en jour, et enfin crainte de ne pouuoyr contenir de telle façon les vngs et les aultres qu'ilz ne prennent les armes et viennent aulx mains, tant ils semblent anymez et bandez. Et par ce plairra a vostredite majesté , Syre, m'ordonner particulièrement sur le contenu desdites requestes et remonstrances ce que luy semblera meilleur pour le bien de son seruice pour lequel je feray tout ce que me sera possible en ce monde , comme très humble et très obéissant subject et seruileur d'icelle.

« Syre, je supplye le Créateur, etc. De Lyon ce xxvij* d'octobre i5Gi. 1

— Octobre 5o. Lu comte de Sault écrit au roi : « Syre, Sur ce que je metloys peine de (n'informer el bien recongnoislre Testât des affaires de ceste ville * et ce , entre aullrcs choses, qui concerne le bien du seruice de vostre majesté et du reppoz publique , je receuz hier sur le tard les lettres qu'il auoyt pieu à vostredite majesté m'escripre du xxiiijc du présent , par lesquelles j'ay congneu vostredite majesté, par aduis ou aultrement, auoyr doublé qu'il y ayt en ceste ville quelques soldartz secretz en séjour, dont pour n'auoyr peu entendre le desseing, vostredite majesté, m'ordonne m'enquerir plus amplement pour luy en rendre compte, ce que je suis après faire, Syre, et continueray tant que j'espere en sauoyr la nue vérité , dont je ne fauldray certiBer incontinent vostre dite majesté. Pour laquelle neantmoins rellcuer de peine contre l'oppinion que dessus, je certificray cependant que à mon arriuée en cedit lieu je y ai trouué quelques genlilzhommes cappitaines bien congneuz attendant icy monsienr de Nemours quy s'en va en Sauoye, et aussy y trouuay le comte de Collini qui y a faict séjour par l'espace d'environ deux moys tant pour le faict de la traicte des grains de monseigneur de Sauoye, que pouraultres siens négoces et affaires , car il est tenu pour grand négociateur. — Et pour m'asseurer du costé des fortifications de cestedite ville me suys, transporté tout à l'envyron d'icelle , lesquelles j'ay trouué du cousté le plus doubteux qu'est du Itosne, fort ouuertes et mal remparées, et seioyt bien acquis pour la sûreté de la ville y faire besongner en bonne diligence s'il playt à vostre majesté ordonner aydes pour ce faire , pour ce que le recepuenr desdites fortifications m'a dit qu'il n'a que trois mil Hures à amplier en cest endroit, quy est bien petite somme heu esgard à la réparation qu'il y appartient faire , sur quoy vostredite majesté ordonnera ce que luy plairra.

• Syre, je supplye le Créateur, etc. De Lyon, ce xxxe d'octobre i56i. » Colonia, il , 641.

1561. — Novembre 5. Le comte de Sault écrit au roi : a Syre , Je receuz hier tant par le gentilhomme que j'auoys envoyé deuers vostre majesté , que par le cheuaulcheur porteur des présentes, les lettres qu'il a pieu â vostredite majesté m'escripre , le contenu desquelles ayant mys à exécution, je vous en feray , Syre, une plus ample despesche en peu de jours, aduisant ce pendant vostredite majesté que, Dieu grâces, les affaires de ce lieu passent en assez bonne sillancc et repoz on je m'essayeray de tout mon pouuoyr les entretenir, ayant au surplus, Syre, mys entre les mains du poste de cette ville , la despesche que faict vostredite majesté à Monsieur de Bordilhon , et donné bien exprès commandement audit poste d'en faire le debuoyr, comme estant ladite despesche de grande importance au bien de vostre seruice , ce qu'il m'a asseuré faire comme j'espere vostredite majesté sera deument certifiée en peu de jours.

«Syre, je supplie le Créateur, etc. De Lyon, ce njc de novembre i56i. »

1561. — Novembre 12. Le comte de Sault écrit au roi : « Syre, je receuS le deuxiesme du présent les lettres tant closes que pattentes qu'il a pieu à vostre majesté m'envoyer du xvnj* du passé par le gentilhomme que j'auoys enuoyé deuers icelle et entendu par icelluy la créance que lui auez commise à me dire. Pour à quoy pourueoyr, mesme à faire vuyder du lieu prochain de l'hostel commun de cette ville cculx de l'esglise prétendue reformée, je leur feis entendre l'intention et volknlo de vostredite majesté estre quilz s'en despartissent; ce qu'ils ont faict, et se sont retirez en deux aullres endrotets de ceste ville où ilz font presche puvs un jour ou deux. Sabmedy

dernier je feis publier tant en jugement que publiquement à son de trompe par les carrefours de eeste ville, le contenu desdites lettres patentes, et pour regarder du moyen que l'on pourront tenir pour les fairé garder et obseruer mesmc en ce, quy concerne la retraite particulière des harquebouses, pistolles et pislolletz, je manday tant ceulx du clergé, de la justice, que du corps et consulat de la ville, pour cnscmblement délibérer duditfaict, lesquelz après en auoyr chascun particulièrement donné leurs aduys , je trouuaj tons de très bonne voilante a obeyr et satisfaire au contenu desdites lettres ; mais me remontrarent que "l'importance de ladite exécution gisoyt aulx nations estranges lesquelz ne pourroyent aisément porter la recherche et transport de leursdilcs armes en danger de leur donner quelque occasion de s'en aller, et diminuer par ce moyen le commerce et traffic ordinaire des marchandises. Ce neantmoins et parce qu'il est ordonné en ce lieu d'auoyf penons et quaterniers quy tiennent roolle en cha*cun quartier que leur est distribué du peuple qui y habite, je feis faire commandement à cry publique à tous manans et habitans de ceste ville qu'ilz et chascun d'eulx en son quartier eussent dans trois jours ù mètre es mains desdits penons ou quaterniers toutes etchasounes des harquebouses, pistolles et pistolletz qu'ilz ont par deuers eulx pour après estre mises par inuentaire au lieu que je leur ordonneroys , et oultre ce bailler par déclaration toutes les aultres armes qu'ils ont en leurs maisons et puissance», et après les serrer et mettre si seurcment que leurs enfants et seruiteurs n'en puissent porter sinon par la forme presoripte par lesdites lettres sur les peines indictées par icelles ; à quoy lesdits penons commencent à vacquer , et y feray procéder , Syre, le plus dextrement que me sera possible, contenant tousjours les bons et obeyssans en leur dcbuoyr , et faisant paroyr par potences plantées en certains carrefours, la peine préparée aux contreueuants et refractaires : et n'y feray chose dont je ne donne souuent aduiz à vostredite majesté , de laquelle j'ay aussi receu les lettres du troisiesme du présent auec vng double de l'assurance que ceulx de Dieppe ont baillé à monsieur de Boillon , de quoy oeulx de l'csglise prétendue refformée en cedit lieu me font reffuz de faire le semblable qui m'augmente de plus l'espérance de contenir le tout eo paix et repoz, à qnoy je metray toute peine et diligence que me sera possible. Et m'a esté remonstré, Syre, par les prevosts des mareschaulx, lieutenant de robbe courte et aultres officiers de vostre justice en cedit lieu, que si le port desdites harquebouses, pistolles ou pislolletz leur est prohibé, il leur sera très dangerenlx de pouuoir exercer leurs estais et offices piour la hardiesse que premhontlcs malvivantz de leurcourirsus mesmes ez enuyrons de ceste ville ou ilz ont faict ce qu'ilz ont peu pour aprehenderaulcuns voleurs tenans les champs dont aulcuns desquelz sont après eschappez et esuadez des prisons que ne s'estudieront à rien mieulx que à tuer lesdits preuost, lieutenant de robbe courte ou ses dits archers. Sur quoy plairra à vostredite majesté bien penser, car aultrement je ne les pourroys employer eu aulcuns lieux ou ilz se vouloissent transporter se librement que s'ils se voyent garnys desdits harquebouses , pistolles ou pislolletz. Aussy est à considérer, Syre, que les troys maisons et compaignies de banque en ceste ville auxquelles vostre majesté a permis, en faisant venyr d'Espaigne et entrer en ee>te ville de Lyon, jusques à la somme de seize cent cinquante mil escuz, pistollets , d'en pouvoyr tirer et sonrtyr les deux tiers, ont jusques ici tyré et sorty de grandes parties pour Ytallie et Bezançon quy pourroyt importer et venyr à conséquence au bien du service de vostre majesté , de quoy je l'ay par ce bien volcu aduertyr pour peser ce faict ; car il ne vous reste que

vng tiers desdites sommes, et tes estrangers en ont deux quy est ie double et plus grand moyen de subside en temps doubteux , sur quoy voslre majesté m'ordonnera ce qu'elle verra meilleur pour le bien de sondit seruice si lui plaist.

« Syre, jesupplye le Créateur, etc. De Lyon, ce xij" novembre i56«. »

P. S. «Syre, après les présentez escriptesles nations m'ont porléla requeste que j'envoye à vostre majesté, comme aussi ont faict ceulxde l'esglise prétendue refformée de ceste ville , auxquelles mesmes quant à celle dodiles nations , je n'ay voleu taire aullre response que celle qu'est contenue au bas de leur requeste jusques à ce que voslre majesté m'avt ordonné là dessus çe que luy plaira pour obuier à quelque jalosic que cculx de la ville quy sont voz naturel* subjects en pourroyent prendre. »

1561. — Décembre 5. Le comte de Sault écrit au roi : « Syre , Farce que votre majesté pourroyt auoyr quelque double drs affaires de par deçà par diuers proppoz que plusieurs sellon leurs passions pourroyent escripre 1 1 semer tant par lettres que autrement, j'en ay bien voleu faire entendre le n.iyf à vostredite majesté , vous aduisant, que ayant entendu que de la part de monseigneur de Sauoye estoyent approchez de cette ville soixante ou quatre vingtz cheuaulx ne sçachant à quelle fin , -j'enuoyay incontinent la part on ils estoyent quy est à Mirebel , lieu de I'obeyssance dudit seigneur, distant de ceste ville de deux lieux, vng gentilhomme mien pour scauoir . recongnoistre et me rendre compte que estoyt : mais aduant son retour et arriuée , vint par deuers moy le sieur de JVlontt'ort , l'un des depputez de la part dudit Sr de Sauoye ( pour ce que passe entre voslre dite mnjeslé et son haltesse) , lequel me dict qu'estant venu à sa congnoissanee que l'on faisoyt en cette ville quelque double de la susdite trouppe et que ce fust à maluaise fin, il m'en voulloytbien asseurer , et par ce me dict que pour l'assurance des titres et documentz que ledit seigneur de Savoyc faisoyt apporter en ce lieu, son conseil auoyt faict suyurc et accompaigner lesdils titres et pappyers par quelque nombre d'hommes à chcual jusques audit lieu de Mirabel où s'estant trouué ladite compagnie bien plus gronde que n'auoyt ordonné ledit conseil , incontinent lesdils depputez à leur arriuée audit lieu l'auroyent reduicte à dix. chevaulx qui accompagnoyent lesdils titres et pappierg jusques en ceste ville, comme leur auoyst ordonné ladite hallesse , ainsy que m'a dict ledit de Montfort , ou ^>ar ce je ne veoy, Sire , que doubler ne craindre. Et sy aultre chose suruient de ce couslé là plus important au bien de vostre dit seruice , je ne fauldray en donner incontinent aduis à vostredite majesté. — Et parce que je veoy bien que l'exécution de vostre ordonnance sur le faict de la retraicte des armes à feu pourra auoyr long traiet en ce lieu , et que à vng besoing vos subjects en icelluy en pourroyent demeurer en nécessité, j'en ai bien voleu aduiser vostredite majesté pour y pencer et regarder de quelque aultre moyen de prévision pour le règlement de ce dit lieu, parce que, aumoyen des estrangers, il ne se peult manyer comme les aultres, encores que aulcuns ayent obey à ladite ordonnance baillée par déclaration et mys leursdites armes à feu entre les mains de leurs penons, sur quoy plaira à vostredite majesté pencer et m'ordonner pour son contentement ce que j'auray à faire là dessus , n'ayant pour ceste heure aullre chose , dont je doive aduertyr vostredite majesté, et par ce je supplye en cest endroit le Créateur vous donner, etc. De Lyon , ce ve décembre i56i .

P. S. « Syre , par ce que depuys les dernières lettres que j'ay escriptes

A vostredite majesté touchant les desniers qui sourtroyent par sa permission pour aller en Ytallye et ailleurs hors ce royaulme montant Ihors jusque» à la somme de seize cens cinquante milescuz, s'est présenté vng aultre party de six cens mil pour vng nommé Bernardin de ceste ville , je n'ay vouleu faillir aduertyr vostredile majesté , que en ce temps lesdites parties montantz deux millions deux cent cinquante mille escuz dont ne vous en reste que le tiers, encores que les desniers viennent d'Espagne pourroyent hien accommoder les estrangers et y pourroit auoyr quelque préjudice pour ce nerf quy est le principal de toutes enlreprises et que pour vng qu'il vous en eouste ilz en ont deux, par quoy plairra à vostredite majesté y bien pencer et me resoldre de ce que j'en arey par cy après ù observer: car ceulx quy ont lesdites parties s'en servent journellement de bien grandes sommes d'au! tant qu'il est dict par leurs lettres et privilleges qu'ils les peuuent sourlyr à vne ou plusieurs fois. »

1o61. — Décembre ai. M. de Sault mande en son logis, Antoine Vincent, liarthelemi de Gabiano et le sieur Mole , notables protestants , et les y met aux arrêts pour n'avoir pas satisfait à l'ordre qui avait été donné aux protestants de ne plus tenir leurs prêches dans la ville. Les notables arrêtés s'excusent sur ce qu'ils avaient usé en vain de leur influence pour faire cesser les prêches, ayant eux-mêmes déclaré qu'ils s'en absenteraient jusqu'à ce que M. le duc de Crussolqui devait apporter les ordres du roi, fûtarrivé. M. de Sault commet aussitôt un capitaine de sa maison, deux conseillers et les sieurs de Gabiano et Vincent, «pour aller en la maison du sieur de Myons où se « faisoient les assemblées et prêches remontrer aux prédicants qu'ils eussent « à obéir aux commandements qui leur avoient été faits, leur déclarant 0 que dans le cas où ils ne voudroient pas obéir, le gouverneur assemblerait a les forces de la ville et celles du roi pour leur courir sus comme rebelles. » Les deux prédicants de'clarent qu'il est de leur devoir de se transporter là où le peuple est assemblé dedans ou hors la ville; qu'en cela ils ne désobéissent en aucune manière aux ordres du rok J. Morin, v, 1 56.

1561. — Décembre 23. Le duc de Crussol arrive à Lyon pour s'instruire de la véritable situation de cette ville et en rendre compte au roi «qui l'avait revêtu de toute l'autorité nécessaire pour remédier aux maux les plus pressants. » Colonia, 11, 643.

1561. — Décembre 24. Le comte de Sault écrit au roi : 0 Sire, ayant receu par cy deuant les lettres qu'il a pieu à. vostre majesté m'escripre du xxviij* du passé par lesquelles entre aultres choses vostredite majesté, ayant veu ce que je luy auoys escript par mes dernières lettres du xije dudit moyspassé sur la manyere de procéder au faict des presches en deux endroicts de la ville par ceulx de la nouvelle religion après s'estre despartis du logis qu'ilz auoyent prins près l'hostel commun de la ville, m'auroyt escript que par ce qu'il estoyt grandement à craindre que s'estant ainsi despartys en divers endroicts, cela ne engendra et suscitast parmy le peuple quelque mulination et escandalle , vostredite majesté desirroyt bien pour à ce remédier qu'ils sortissent cl se retirassent ez fortz bourgzxou ailleurs hors la ville, comme auoyent faict et faisoyentceulxde Paris, Orléans, Bloys cl aultres bonnes villes, à quoy je les persuaderoys et lairoys en sorte qu'ilz en usassent de mesmes de paour des inconuenients, suyuant les lettres de vostredite majesté. Et aduant qu'en voulloyr donner cognoissance aux aultres de la ville , j'auoys mandé ceulx qui m'auoyent cy-deuant présenté la requesle et remonstranees par forme d'asseuranoc et déclaration d'obéissance de ceulx de ladite reli-

glon, et leur ayant faict reoyr et peser les voulloyr et intention de voslredîte majesté et les raisons qui à ce la mouuoyent , je leur auroys persuadé et exhorté le plus amiablenient que in'auroit esté possible de suyvrc le contenu desdiles lettres de voslredite majesté pour euiter les inconuenients quy s'en pourroyent ensuyure , et ce leur auroys reyteré par plusieurs tbys , eu tant qu'enûn ilz m'auroyent accordé de faire sortir et aller faire prescher hors la ville leurs mynistres, comme ilz enauroient monstré quelque contenance par effaict, et seroyent allez en partie par quelques jours au fort bourg de la Guillotière au delà le Ilosne , mais despuys ineuz de quelque mauluaise volanté et oppiniastrelé se seroyent désistez d'aller plus hors ladite ville et seroyent reuenuz en leur logis accoustumé où ilz ont faict et font presche tous les jours et quelquefoys deux foys le jour. De quoy aduerty, j'ay derechef par plusieurs foys mandé ceulx quy m'auoyent faict ladite promesse et déclaration , les sommant d'obseruer le contenu en icelles, et, en ce faisant, faire deffendre lesdits presclies en la ville, sur peine de désobéissance à vostredite majesté, à laquelle ilz respondroyent d« tout ce que seroyt par ceulx de ladite nouuelle religion qu'ilz prelhendoyent représenter, attenté au préjudice des inhibitions par moy à eulx faites de plus prescher en ladite ville, attendu la commotion qui estoyt entre le peuple, obéissant et ayant observé le contenu dez esdicts et ordonnance de vôtredite majesté, que je ne pouuoys plus contenyr qu'il ne leur courut sus , ce quy viendroyt au grand escandalle et ruyne de ladite ville, dettriment et 1res grand préjudice du bien et seruice de vostredite majesté, et par ce au péril eminent de leurs vies pour estre subjects astrainetz et tenuz d'en respondre , comme ;>yant stipullé et promis toute obéissance et deue révérence à ce que leur seroyt par moy ordonné et commandé pour le seruice de vostredite majesté , mesmes en ce faict quy est d'importance et très grande conséquence pour le reppoz de la ville. Et voyant, Sire , que lesdits depputez ne pouuoyent que faire en cest endroirt , j enuoyay deuers ceulx de lad. prétendue religion refformée, assemblez en presche , troys des conseillers de la ville auec vng gentilhomme mien pour entendre d'eulx s'ilz ne voulloyent obeyr et sortyr de la ville ou désister de prescher en icelle , ce qu'ilz auroient déclaré ne pouuoyr faire comme eslant chose contraire à la voilante de Dieu ne de vostre majesté , demandant veoyr lettres patentes d'icelle prohibition desdits presches , aultremenl ilz persisteroient en iceulx , bien scaichant qu'il n'y auoyt aulcunes semblables lettres ny commandement exprès de les faire vuyder. Et à la vérité, Sire, les lettres de de vostredite majesté ne contenoyent ledit exprès commandement , comme , soubz la révérence de vostredite majesté, elles debuoyent , pour donner plus d'auethorité et de pouvoyr aulx commis et ministres d'icelle de la faire obeyr. Et là dessus je recoys sans cesse requeste tant du clergé que du reste dn peuple de la ville pour faire cesser et désister lesdits presches, ce quy me fait doubler, Sire , que s'il n'y est bienlost procédé par vostredite majesté , ou par lettres en très exprès termes, clauses et conditions pour les faire vuyder avec impositions de peine ou par les forces militaires, il sera tresmal aisé de se seruir de ceulx de la ville , par ce qu'Uz sont dcsja assez animez dp ne les puys guieres plus contenir qu'ilz ne viennent aulx mains contre ceulx de ladite religion pour les exterminer, chose quy seroyt par trop dommaigeable et d'interest au bien du seruice de voslredite majesté pour l'effusion du sang quy s'en pourroyt ensuyvre et la pernicieuse conséquence de l'exemple aulx aullres endroicts du royaulme. Par quoy, Sire , après qu'il aura pieu à vostredite majesté estre

bien informée de tout ce qu'est passé jusques icy en ce lieu par le procèsverbal que je luy enuoye , luy plairra me faire entendre sur le tout ses bons vonlloyrs et commandcinens que je mettray peine à suyvre en tant qu'elle puisse aunyr contentement. — Sire, je supplie le Créateur, etc. De Lyou ce xxnij* de décembre i56i. »

1561. — Décembre 26. Le comte de Sault écrit au roi. « Mon souverain seigneur. Sire , je receuz bier par la main de monsieur de Crussol l'ordre douta pieu a vostre majesté m'honnorer à l'augmentation de l'honneur et aucthorilé duquel et de ce qui concernera le bien et seruice de voslredile majesté , Sire , j'espere faire tel debnoyr sans y espargner aulcune chose que j'aye en ce monde, aius ma propre vie. Yostredite majesté en aura c ntentement , et sur ce remerciant très humblement voslredite majesté , je supplie le Créateur, etc. DeLyonce xxvr* décembre i56i. » — La veille, jour de Noël, le comte de Sauft avait reçu , dans l'église de Saint-Jean et pendant une messe solennelle , le collier de l'ordre de Saint-Michel, des mains d'Antoine de Crussol , premier duc d'Uzès. Rubys , p. 3oi ; Colouia , u , (>45.

1561. — Décembre 28. Les protestants transportent leurs prêches à la Guillotière. Colonia, 11, 646 ; J. Morin , y, i5?.

1561. — Décembre 29. Le comte de Sault écrit au roi : « Syre, estant arriué en ce lieu monsieur de Crussol , je lui ay faict amplement entendre comme les affairesy passoyent, mesmes ceulx du faict de la religion, et la lecture du procesverbal dont j'ay naguieres enuoyé une copjùe a vostre majesté , et ce faict, à ce que les commandements de vostre majesté fussent mys à exécution nonobstant le reffuz d'y obeyr qu'auoyent au parauant faict ceux de de la nouuelle religion. Àuons ledit sieur de Crussol et moy tant persuadé les principaux d'entre eulx , que finalement ils sortirent le jour d'hyer au nombre de six à sept mil, et firent trois presches au fort bourg (sic ) de Laguilhotiere au delà du Rosne, où je m'essayerai de les contenir pour le faict desdicts presches le plus qu'il me sera possible : mais je double, Sire , que estant le nombre si grand , et ayant à sourtyr deux ou trois foys le jour par la porte du pont du Rosne pour aller audit fort bourg de Laguilhotière, passans entrouppespar le trauers de lapluspartde la ville, comme il en est de besoing , ilz s'attachent de parolles et de faict auec les aultres de lad. ville et enfin viennent aulx mains, ce quy ne se pcult faire sans grand desordre et scandalle : et partant, pour à ce obuier, considérez aussi qu'il n'y aqu'un autre fort bourg hors ladite ville sans aultre lieu proche d'icclle pour les acoromoder, il plaira à vostre majesté, Sire, penser du moyen que se pourra d'ailleurs tenir en cest endroit pour son contentement , et m'en faire entendre sa vollanté sy luy plaist par ses lettres bien expresses et le plustost pour le danger que je voy pouuoyr aduenir en la demeure et retardation , dont la réparation seroyt bien mal aysée à faire , et aussy pour donner quelque asscurance aulx estrangers sur le double qu'ils font d'une esmotion popullaire et discontinuation du commerce ordinaire où vostre majesté , Sire , pourroyt aussi beaucoup souffrir incommodité et perte pour la diminution de son revenu ordinaire en ce lieu. Sur toutes lesquelles particularitez j'attendray les commandements de vostre majesté ; contenant tousiours en reppoz et tranquillité la ville , à ce que aulcung desordre n'y aduienne, et à ce que suruiendra ne fauldray tenyr souuent aduertie vostredite majesté. — Sire, je supplye le Créateur /etc. De Lyon, ce xxix de décembre i56i. » Colonia, 11, 646*.

1 î>G 1 . — Gabriel de Saconay, préoenteur de l'Eglise de Lvon, un des plu» ardents antagonistes delà Réforme, publie une nouvelle édition de VÂsseriio sepiem sacramentorum adversus Lut/ierum, attribuée à Henri VIII , roi d'Angleterre (Lugduni, Guill. Rovillius, in-4"). La préface placée en tête de cette édition excita la bile de Calvin qui publia, la même année, contre l'éditeur, une diatribe dont M. Audin nous a donné une analyse dans le chapitre xviu de son Hist. de Calvin. « Honneur à Gabriel, s'écrie M. Audin, en termi- « nant ce chapitre , honneur à Gabriel dont les écrits exercèrent une si u grande influence sur les instincts religieux de ses concitoyens ! Il a bien « mérité de l'Eglise et du pays. Que l'Eglise l'inscrive parmi ses défenseurs ■ les plus éloquents, et que Lyon h#i réserve la couronne qu'elle doit au « patriote qui la sauva du joug de la Réforme!... Otez, ajoute M. Audin, «< ôtez de Lyon Gabriel de Saconay, le P. Henrici, de l'ordre des Cordeliers , « le P. Pyruset le P. Maheu, Jacobins , le P. Ropilel, de Tordre des Mi- « niraes, le P. Possevin, Jésuite , et cette cité n'appartiendra plus à la « France : en perdant sa foi , elle perdra sa nationalité. »

1561. En ce temps la, vivait à Lyon un imposteur nommé Pierre Brabançon (ou liarbançon) qui parlait du ventre à volonté, faisant accroire que c'était la voix d'un mort qui demandait que l'on fît quelque chose pour lui. Il trompa une ûlle de Paris qu'il voulait épouser , et le fils d'un riche marchand de Lyon duquel il tira six mille francs , afin d'aller faire, à la Terre- Sainte, un pèlerinage pour le repos de l'âme de son père. yVyer, Prestiges , livre n , eh M.

1561. — Séjour u Lyon de Denis Lambin. — Cet illustre critique y publia, à son retour de Rome où il était allé avec le cardinal de Tournon , la première éditiondeses Notes sur les Odes d'Horace, apud Joann. Tornœsium^ in-4°. Lu dédicace de l'auteur à Charles IX, est datée de Lyon, Idib aprilibus , anno cb. b. lxi. — M. Renouard s'est trompé lorsqu'il" a dit, finales des Aide, p. 201, que l'édition de Venise, i566, in-4", contient une préface à François, cardinal de Tournai/ ; c'est Tournon qu'il fallait écrire.

1562. — Janvier 14. Le comte de Sault écrit au roi : « Syre , je receuz le deuxiesme du présent les lettres qu'il auoyt pieu à vostre majesté m'escripre le xxiij* du passé auec un mémoire de plusieurs particularitez des aflaires de deçà auquel particulièrement je respons, ainsy que vostredite majesté pourra veoyr et entendre par l'aduiz que je luy enuoye présentement ; et seulement par la présente, je respondray au faict des munitions et ponldres que l'on pourroit auoir faict entendre à vostredite majesté* estre retirées au lieu de Montluel, que je n'en ay encore euaulcune cognoissance , mais en avant esté bien informé, comme j'en ferny diligence, je ne fauldrav donner incontinent asseuré aduiz à vostredite majesté. J'ay aussi veu , Sire, les lettres de revocation des traictes de deniers que m'ont montrées les officiers de vostredite majesté en ce lieu, lequel je ne fauldray obseruer. comme je l'av desja faict entendre à aulcuns des particuliers "de ce lieu anxquelz permissions de telles traictes auoyent esté octroyées , et ne pense touleflois, Sire , que vostredite majesté entende auoyr compreins une partie de soixante trois mil trois cens trente trois escuz dont elle faict paiement à Monseigneur de Sauoye pour partie du dot de madame la duchesse sa femme , comme appert par la lettre de vostre dite majesté dont coppie est cy incluse , afin qu'il vous plaise, Sire, faire une déclaration pour le regard de ladite partie. — Quant au faict de la religion , ceulx de la noimeile feirent dimanche dernier la ceyne au faulx bourg (sic) de Lagnilhotiere en bien

grand nombre , sans que pour ce il y eust autcunc e9mcute en la ville , fut à l'aller ou au -retour, comme aussi je y faisois prendre bonne garde à ce que n'en sourdit aulcune scandallc ne desordre entre le peuple. Et ne font maintenant ceulx de ladite nouuelle religion qu'un presche par jour , en sorte qu'il» ne vont qu'une fois le jour audit fort bourg (sic) bien paisiblement et sans rumeur : en quoy je les contiendray le mieulx qu'il me sera possible, snyuautla voilante et intention de vostreditc majesté et jusques à ce que il luy ayst pieu aultrement en ordonner. — Et quant à ce que l'on prethend l'élection des escheuins de ceste année auoyr estë faicte contre la forme accoustumée, y ayant introduit et receu deux Sauoisiens naturelz , je suis bien aduerti , Sire, qu'ils sont gens de bien, bons et oppulentz citoiens : mais pour obuier à suspition, s'il plaisoyt à vostre majesté faire ung edict gênerai par lequel elle prohiberoyt la réception des estrangers et non naturels subjects du royaulme en l'administration des affaires publiques et du corps de la ville , ceste remonstrance demeureroyt ouverte et sans regarder plus en particulier que le gênerai et vniuersel du royaulme. Ne voyant icy aultre chose digne de faire ceste plus longue à vostreditc majesté, sur tontes lesquelles particullarilez , j'attendray ce que plaira à vostre dite majesté en ordonner, contenant tousjours le mieulx qu'il me sera possible les choses en eslat, afin que aulcung desordre n'y aduiegne. — Sire, je supplye le Créateur , etc. De Lyoa , ce xiiije de januier i56i ( i56a , nouv. style ). »

1562. — Janvier 17. M. de Sault écrit au roi : « Sire , Messieurs! les conseillers et escheuins de ceste vostre ville de Lyon m'ont fait entendre et bailler par escript plusieurs particullaritez tant des charges qu'ils supportent gratuitement de long temps pour vostre seruice que d'une nouuelle imposition et contribution à la taille dont ilz se sentent fort greuez et plus avilliz, considéré l'honneur dont il a pieu aux feux roys , prédécesseurs de vostre majesfé, décorer ceste cité tant de priuilleiges de noblesse que d'immunitez et franchises de telles contributions aux tailles auec les rustiques et laboureurs, en memoyredes bons et recommandables seruices et subuention, que à leur besoing ils en ont receu, à quoy toute la ville n'a jamais manque, soyt par emprunt que plusieurs aullres aydes , fraiz et subsides supportez pour leur seruice, plus amplement contenus et spécifiez par le menu en vng memoyre que j'envoye présentement a vo9tredite majesté, lasupplyant très humblement ne voulloyr permettre que leur dits priuilleiges, immunitezet exemptions des dites tailles soyent en aulcune chose altérez, mais plustost leur donner argument de poursuyure de mieulx en mieulz ce qu'ilz ont de bonne volanté voué à votre seruice, comme les biens et personnes, et auoyr esganl aulx charges que de nouueau s'imposent à l'entrée des vins, quy viendra toute à la foulle de la ville , parce que le paysan ne vendra son vin ù la charge de payer ladite entrée, mais tumbera sur l'achepteur quy est de la ville et en a besoing. Aussi plaise à vostredite majesté, Sire, commander que la somme de soixante mil livres ordonnée par voz prédécesseurs estre leuée par chacun g an pour la fortification de ladite ville, soyt continuée à cest effaict par l'espace de quatre années pour rcraparer et fortifier le costé du Rosne où elle est toute ouuerte et descouuerte , faisant une bien grande partie de ladite fortification, comme j'ay veu , Sire, et méritant bien en ce temps estre continue et poûrsuyvy, pour rendre ceste frontière plus asseurec et hors de danger , considéré la multitude des estrangers et diversité d'inclinations et voullantez mal aisée à congnoistre.

« Sire , je supplye le Créateur , etc. De Lyon , ce xvij« de jaouier 166a. » ( i56a, n. s. J. »

1562. — Janvier 25. M. de Sault écrit au roi : « Sire , Considérant messieurs du clergé de ceste ville la callamité de ce temps , et que le plus asseuré moyen pour remetre tous affaires desordonnez à leur estât premier et deub, estoit de s'adresser par très humble supplication à Dieu, ils auoyent aduisé de faire dimanche prochain une procession gencralle en oeste ville et m'en auoyent communiqué : sur quoy, encores que tel acte fut bon, sainct et louable , craignant néanmoins que pour la contrariété des vœux et oppinions de plusieurs, en telle assemblée s'en trouua de mauuais et séditieux, et de là vint quelque desordre , je leur remonstray ( mesmes au vicaire gênerai de monsieur le cardinal de Tournon en cest archeuesché) ces particularitez, et qu'il n'y auoyt sur ce aucung commandement de vostre majesté , et partant que'j'estois plustost d'aduis de suspendre de faire ladite procession jusques à ce qu'il eust pieu i\ vostre majesté m'ordonuer là dessus sa volante, et que de ce je lui fairois une despeche, comme je feis jeudi dernier par monsieur le baron de la Garde auec lequel j'en auoys conféré , présent ledit vicaire. Desppys , Sire , et le jour d'hier matin vindrent par deuers moy lesdits sieurs du clergé solicitez par plusieurs notables bourgeoys et bons citoyens de ceste ville, lesqnelz me feirent semblable remonstrance que dessus tendant à bonne fin et honneur à Dieu pour le faict de ladite procession , ausquelz ayant parlé de mesme façon , et faict entendre le contenu de madite despesene , s'y sont conformez, désirant, Sire, le bon plaisir de vostredite majesté estre , permettre que ladite procession soyt faicte par ledit clergé, de demain en huit jours qui escherra au premier du moys de feburier prochain et environ l'entrée de caresme , et de ce m'envoyer incontinent voz lettres en bonne forme portant clauses d'inhibitions et deûences à toutes personnes, manantz et habitantz de ladite ville de ne donner aulcung trouble, destourbier ou empeschement priué ou publique audit clergé en faisant ladite procession sur peine de prompte pugnition corporelle, comme ayant commiz crime de leze-majesté et contreueneu aulx volantcz, edietz et ordonnances d'icellc. — «Sire, je supplye le Créateur , etc. De Lyon, ce xxiij deJanuier i56i ( i56j, n. s. ). » Colonia,

1562. — Janvier 25. M. de Sault écrit au roi : « Sire , Estant venu par deçà monsieur le baron des Adretz , et faict un tour en sa maison , après auoyr obserué quelques endroicts et places plus propices et commues en Dauphîné, pour la garde du passage, il en a remarqué, entre autres, deux , dont l'une est le chasteau de Quirieu sur le bort de la riuiere du Rosne , et l'aultre nommé Anthon, à l'entrée de la riuiere d'Ain en celle dudit ftosrie ; et parce que ledit chasteau de Quirieu se retreuue assez despouruu des choses nécessaires à l'effaict que dessus , comme m'a dit ledit baron en auoyr donné aduis àf vostre majesté , et plus amplement discouru des moyeas que l'on pourroyt tenir à acommoder A vostre service Icsdils ehasteaulx, mesmes celluy dudit Quirieu , en y metant quelques pièces d'artillerie et munition, lit sur ce qu'il pleust à vostredite majesté ordonner à monsieur de la Motte-Gondrin y pouruoyr de ce que serovt nécessaire : ayant au surplus , Sire , prié ledit sieur baron voolloyr avec quelques cappitaines qu'il a auprès de luy faire quelque séjour icy, tant à cause de la foyre que d'une procession generalle que messieurs du clergé de ceste ville desiroyent faire tant de icculx que à la solicitation de plusieurs bons bour-

geoys et citoyens de cesdite ville , et dont j'ay escript par deux foys à vostredite majesté pour m'en ordonner ses bons plaisirs et voilante que je suis attendant , contenant toujours le mieulx qu'il m'est possible les choses en estât. — Sire , je supplye le Créateur , etc. . De Lyon , ce xxv" de januier i50i ( i56a, D. $.). • Colonia, 1 1 , 64a.

1562. — Janvier 3o. M. de Sault écrit au roi : « Sire, J'ay cy deuant soutient aduerty vostre majesté comme ceste ville estoyt fort ouucrte et descouuertc du cousté du Rosne qui est le plus dangereux endroict pour faire une surprinse , et quy meritoyt bien y faire besongner sans perdre temps. Toutesfoys j'ay esté aduerty par le trésorier desdictes fortifications qu'il ne pouuoyt recepuoyr son assignation qui est de trente mil liures tournoyses jusques à la sainct Jehan prochain quy seroyt , Sire , sauf la reuerence de vostre majesté, ung peu bien tard pour faire les appareils nécessaires. Car auant qu'ils fussent faietz et mys en place , nous serions presque en hyver; et ainsi le meilleur temps pour bastir et fonder le long du Rosne , qui est ez moys de Juing et Julles où ladite riuiere est plus basse, seroyt inutillement coullé , dont il est besoing se seruir pour mettre les estoifes en place , afin de les employer en temps deu et prompteraent pour faire les fondements bons et solides , à quoy les deniers sont requis et nécessaires. Et par ce plairra à vostredite majesté , Sire , considérer et ordonner ladite partie de trente mil liures ou lu meilleure portion estre deliurée au plus tost audit trésorier, afin que incontinent que la commodité se présentera de besongner à ladite fortification , elle me soyt pardenée et ce pendant les prouisions requises et nécessaires en cest endroict puissent estre faictes. Au surplus , Sire , j'ay receu les lettres qu'il a pieu à vostre majesté m'escripre en faneur de Vestin, maitre des courriers à Homme , pour luy faire desliurer ou à son comyz par deçà la somme à quoy se pourra monter les neuf deniers que les banquiers ne luy auoyeut volu payer pour n'auoyr satisfait a l'ordonnance de vostredite majesté , et l'ay communiqué au consul des nations et banquiers expéditionnaires de Homme , lesquelz m'ont remonstrô qu'ilz ont procès pendant par deuant monsieur le seneschal de ceste ville Sur le règlement du payement du port desdits paquetz , et que par cela y estant accessoire, il sejugeroit avec le principal, et ce pendant m'ont demandé coppie desdites lettres que je leur ai octroyées , ne sçachant pour ceste heure que pouuoyr ordonner là dessus , estant empeschée l'exécution du contenu desdites lettres. — Sire, je supplye le Créateur , etc. De Lyon, ce xxx* de l'amu^ 1 56 1 ( i56a, n. s. ). » Colonia , 11 , 642.

1562. — Février 3. Le comte de Sault écrit au roi: « Sire, Allant le sieur de Larthaudierc deuers vostre majesté pour particulièrement luy faire entendre que c'est de la place de Quirieu , et quel seruice elle pourroyt espérer d'icelle, ainsi que m'a escript par lui monsieur de la Motte-Gondrin, j'ay bien voleu accompaigner ledit sieur de Larthaudiere de ce mot de lettre pour vous aduiser , Sire , que estant ladite place accommodée de ce quy est nécessaire pour vostre seruice, ce sera vne grande sûreté non seulement pour le Daulphiné , mais aussi pour cestuy et mesme pour ceste ville quy est au surplus en assez bon reppoz, Dieu grâces.— Sire , je supplie le Créateur, etc. De Lyon, ce troye de feburier i56i ( i56a, n. s. ). »

In62. — Février 4. Le comte de Sault écrit au roi : « Sire , Messieurs du clergé auec le corps et consulat de ceste ville sont venuz au jour d'huy par deuers moy et m'ont remonstré que puys quelques jours ceulx de la nouuelle religion ont faict des sépultures ausymintiere'( sic ) de l'Hostcl-Dicu d'icelle,

selon leur forme de religion : et d'au liant que oe n'est selon l'ancienne obseruance, ilz en demeurent scandalisez , ce quy pourroyt apporter en conséquence sur ladite diversité raurmeure entre le peuple , et de là quelque desordre , considéré mesraes que suyvant l'edict et ordonnance n'a gueres faicte par yostredite majesté et cognue en ce lieu, il est dict que ceulx d» ladite nouuelle religion se retireront hors les villes pour l'exercice de leurdite religion (i) , en quoy semble vostredite majesté auoyr comprins tous actes. Et d'aultant toutefois qu'il n'est dict spécifiquement paricelluy comme ceux de ladite nouuelle religion se deburont gouuerner pour le regard desdites sépultures , je vous ay bien voleu aduertir, Sire, qu'il est de besoing que vostredite majesté déclare là dessus sa volanté et intention : car chascung d'eulx se disant, comme il faict, habitant et domicilié en la ville et d'aultant recepvable audit symintiere ( sic ) de PHostel-Dieu où il se présentera quelque corps d'entre eux à mètre en terre , s'il aduenoyt qu'il y feut empesché et reffusé , ce pourroyt estre cause de sédition et trouble, en la ville. Parquoy plairra à vostredite majesté , Sire , faire là dessus une déclaration comme luy plairra que les choses passent pour obuier à quelque maluaise entreprinse et pernicieuse conséquence, et me commander ce que j'auray à faire obseruer et garder en cest endroict pour son contentement. — Sire , je supplye le Créateur, etc. De Lyon, ce iiij' de feburier i5Gi (i56a nouveau style) ». — Il paraît que c'est à cette époque qu'on peut faire remonter l'usage qui s'est conservé jusques ver* 1789 d'inhumer les Protestants dans les cours de l'Hôtel-Dieu ( Voyez l'Histoire de cet hospice par Etienne Dagier, année i56i ). — C'esldaus une de ces cours, celle dite le Jardin de la pharmacie, que repose la dépouille mortelle de Narcissa Young, qui mourut à Lyon , et non à Montpellier, le 8 octobre 1706. La pierre lu ulula ire delà fille de l'auteur des Nuits, existe encore dans ce jardin. C. B. Nouv. mêl., p. 363; Lyon vu de Fourùcrcs , p. 474- Voyez ci-après , année i58o, et mars i5g8.

1562. — Février 19. Le comte de Sault écrit au roi : «Sire, J'ay cy deuant certifie vostre majesté de la réception des lettres qu'il luy auoyt pieu m'escripre du xvije du passé pour l'entretenement du règlement des ports des paquetz de Romme en çà , faict par vostredite majesté à la solicitation de des Vestin (sic), maistre des courriers audit lieu, et comme les marchands banquiers et expéditionnaires demeurans en ceste ville auoyent demandé copie desdites lettres pour y respondre , ce que je leur auroys octroyé. Despuys et ce jour d'huy , Sire, les consulz des nations auec lesdils expéditionnaires m'ont baillé par escript leur responce signée de leurs «nains que j'enuoye présentement à vostredite majesté, pour icelle veue auec les lettres dudit règlement et ouy ledit Vestin (sic), quy est à la court, ordonner ce que plairra à vostredite majesté' estre obserué et gardé en cest endroict pour son contentement. — J'ay aussi receu , Sire , les lettres qu'il a pieu à vostredite majesté m'escripre du vme du présent par lesquelles elle m'ordonne de me saisir d'vng nommé Poste/ (2), ce que j'ay faict, Sire, n'ayant trouué toutes-

(0 En exécution de cet édit ( du mois de janvier i56o ) , les Protestants établirent un prêche à la Guillotière , dans une maison dite la Maison rouge « parce qu'ils la firent par le - dehors peindre de rouge. » Rubyt , p. 892.

(2) Le fameux Guillaume Postel. Si le P. de Colonia avait lu en entier les lettres du comte de Sault , il n'aurait pas manqué de faire mention de celle-ci dans son Ht st. Litt. Nous ne croyons pas que les biographes de Postel aient rien dit de son emprisonnement et de son séjour à Lyon. Nous saisirons cette, occasion pour rappeler que plusieurs ouvrages de ce fécond

fois de luy chose esc&ndaleuse ny de mauluaise voilante ou exemple, et neantmoins je le retiendray seurement jusques à ce qu'il ayt pieu à vostredite majesté aultrement en ordonner : et supplyeray très humblement vostredite majesté qu'il luy plaise auoyr pitié dudit PosUl pour la paoureté quy est en lui, estant ioy subuenu des bienl'aicts del'ung et de l'autre * et n'ayant d'ailheurs de quoy se pourveoyr, quy serait cause d'une grande misère en luy par longue détention. — Sire, je supplye le Créateur, etc. De Lyon, cexxixe de feburier i5Gi ( i56a , n. s. ). »

1562. — Mars 3. Le comte de Sault écrit au roi : <c Sire , Je receuz le dernier du passé les lettres patentes et edict de vostre majesté avec les lettres closes qu'il a pieu à vostre majesté m'escriprc du xviîj« dnd. moys pour l'exécution du contenu en ladite despcsche , de laquelle , et pour mieulx procéder en ce fuict , j'en confcrcis aueo les officiers et gens de la justice de vostredite majesté en ce lieu, lesquelz ne furent d'aduis de faire publication pour ceste heure desditz edict et lettres patentes y attaichées, pour les raisons qui sont plus amplement touchées et desduttcs par leur aduis que j'enuoye présentement à vostredite majesté. Ne cognoissant icy au reste , Sire , fort grand besoing de publier lesdites lettres patentes, parce que, exécutant le contenu en icelles, et remettant en la ville ceux de la nouuelle religion , il est à doubtcr qu'il en sorte de grandes crieries. Et pour ceste heure chacung se comporte et dedans et dehors lad. ville assez doulcement en la religion , ce que a aussi esté l'une des causes pour laquelle j'ay différé la publication mesine desdiles lettres pôur estre lesdites pièces connexes et attaichées ensemble , affin que personne n'en cognoisse rien jusques à ce que vostredite majesté, ayant vcu ledit aduis et pesé la conséquence, luy cust pieu me donner aultre commandement par lettres bien expresses que j'attendray, surceanl ce pendant la publication dud. edict et continuant tousjours les aflaires de ce lieu en Testât que les veoy qui n'est que bon et paisible , Dieu merci , pour ceste heure. Et pour le regard des aultres lettres patentes touchant la sortie des boys à faire nauires , galleres et aultrès vaisseaulx, Sire , je les fairay publier aux lieux où il en peult estre besoing. Mats de cestuy il n'en sort uulcung bois propre à tel effect , si ce n'est le passaigier descendant pour le seruicc de monsieur de Sauoye , qu'il tyre de ses pays , auquel, si plaistà vostre majesté que je donne arrest, je le fairay, après auoyr heu de vostredite majesté commandement là dessus.

« Sire , je supplye le Créateur, etc. De Lyon ce iij* de mars i56i . ( i56a , n. s. }. »

écrivain ont été imprimés à Lyon ; nous ne citerons que le suivant dont nous avons trouvé le titre dans les notes inédites de Mercier de Saint-Léger , sur la vie de G. Postei , par le P. des Billons : De la première vérité humai/te où sont contenues les sources , causes , vertu et pouvoir de la loi salique deduicte selon la vraye antiquité; à Lyon, chez Jean S eut grain , iSSg f in-i6' de 77 pages, non compris la table des chapitres. — Dans une autre note, le savant abbé fait observer qu'on ne connaît aucun livre de G. Postel publié avant i538 , et qu'ainsi on ne doit pas lui attribuer les Merveilles du monde, imprimées à Lyou par Olivier Amoullet , i 534, iu-8°, citées par du Verdier , ni , 99. Guillaume Postel mourut le G septembre i58 1 . Voici la buarre épitaphe que lui fit J. Edouard du M ou m : ■

Postel ayant posté toute poste mortelle ,

Son beau los mis en banque -eus quatre coins mondains ,

Cesse enfin de poster : et ses coursiers hautains ,

Gagnent le rendcn-vous de l'étable éternellé.

Nouv. navres ( 1 58 2 ) , p. 271.

1562. — Mars 18. M. de Sault écrit au roi : « Sire , Encores qu'il aye pieu à Yostre majesté me faire entendre par vostrc despesche du viij« de ce moys que vostredite majesté n'auoyt jamais entendu de m'enuoyer les cinq cens hommes que le sieur de la Garde me escripuist m'auoyr esté accordes pour la conservation , obéissance, tranquillité et seureté de ceste Tille , si est ce , Sire , que , pour ma desoharge , je n'ay vollu faillir par la présente vous faire entendre que, recongnoissant tous les jours le peuple se anymer l'ung contre l'autre et augmenter en furie par les menaces quy se font parmy les villes de vostre royaulme , et la conséquence que ce seroyt au seruice de vostredite majesté la où il suruiendroyt en ceste icy quelque grand desordre, à quoy il m'estimpossible d'empescher sans ladite force, n'y pouuantde plus servir les parolles : à cestecause je supplieray très-humblement vostre majesté me donner meilleur moyen d'y pourueoyr quejen'ayà présent. Car aullrementjecrains merveilleusement que ceste ville ne souffre beaucoup. Je suis aussi attendant responce, aux lettres que je despeschay à vostredite majesté le troysiesme de ce moys, par lesquelles luy faisois entendre les causes pourquoy je n'avoys fait publier les lettres patentes et cdict de januier lequel me seruiroyt de beaucoup pour contenir le peuple en paix.

« Sire, je supplye lè Créateur , etc. De Lyon, ce xviije de mars i56i , aduant Pasques (i56a , n . s.) » .

1562. — Avril 4. Le comte de Sault écrit au roi : « Sire , Prévoyant que, parla malice du temps, les affaires de ce royaulme et mesmes de deçà, au lieu de s'adoucir, se pouuoient tellement aigrir qu'il seroyt en fin mal aisé d'y remédier , je me suys aduisé d'enuoyer ce mien gentilhomme deuers vostre majesté pour lui faire entendre toutes les particularités qui me meuvent à sa despesche, laquelle congneue il plaira à vostre majesté, Sire, y faire pouruoyr, et le plus tost sera bien le meilleur, aflin que le péril ne vienne de la demeure, et ce pendant me commander ce que j 'aura y a faire pour le contentement de vostredite majesté. — Sire, je supplie le Créateur, etc. De Lyon , ce iiije d'apuril i56a. »

1562. — Avril i5. Le comte de Sault écrit au roi : « Sire, J'ay reçu ce jour d'huy, par le sieur de Puyllobier que j'nuoys envoyé deuers vostre majesté, les lettres qu'il a pieu à vostredite majesté de m'escripre , ensemble les commissions qu'il vous a aussi pieu , Sire, m'envoyer pour leuer deux compaignies, à quoy jedonnerayle plus prompt ordre que me sera possible et des ce jour despesche deux cappitaines à ces fins pour leuer des gens de quoy je me puisse fier et respondre de leur debuoyr a vostredite majesté. Et quant aux précédentes commissions que vostredite majesté prétend , comme elle m'escriptpar lesditc's lettres, m'auoyr auparavant enuoyées pour leuer aultres deux compaignies, je ne les ay encores reçues, ains simplement un mot d'aduiz par vos lettres du iiij* du présent sur la délibération que faisiez de la lcuée desdites deux compaignies. Et par ce ,voullant cependant à mon pouuoyr obuier à tout inconuenient que la callamité de ce temps pourroyt apporter contre le bien de vostre seruice en ce lieu, j'auroys amplement conféré de tout auée messieurs du clergé pour le bon nombre de gentilshommes et aultres personnes d'honneur qui en sont , messieurs voz officiers en la Justice et messieurs les conseillers et escheuins de la ville , lesquels pour un prompt secours m'auroyent offert cinq cens hommes souldoyez pour vng mois pour contenir les affaires de cest lieu en estât. Encores que je ne m'y Yollusse beaucoup fier en ceste force, pour crainte de partialité, si est ce que, attendant la venue desdites deux compaignieB,jc lésai receux, et seront

par tout ce jour enrôliez , comme j'ay plus amplement escript à vostredite majesté le xije du présent, aduisant vostredite majesté que ledit jour il y eust en ceste ville quelque rumeur , et combien que ce fust peu de chose, si est ce qu'il y demeura sept ou huit morts et beaucoup de blessez. Et despuys se sont mieulx contcnuz, de façon que, si une foys lesdites compagnies pcuuent estre icy paruenues, j'espere faire mètre les armes bas à ceulx que jusque* icy ont refusé le faire, suyuant ce que vostredite majesté m'ordonne par lesdites lettres. — Sire, je supplye le Créateur, etc. De Lyon, ce xve d'apuril i56a. »

1562. — Avril \-. « Le comte de Sault écrit nu roi : «Sire , Je receuz le sepliesme du présent les lettres qu'il auoyt pieu à vostre majesté m'e.scripre le dernier du passé par lesquelles elles me mandoyt lui renuoyer la déclaration qu'elle auoyt faicte sur l'edict de la religion du moys de jnnuier dernier touchant les villes de frontières, ensemble ce que en auoyt esté enregistré au greffe, ce que je fais quant auxelites lettres, mais quant au registre, par ce que c'est vng grand et gros liure, il n'a pas été possible san* corruption duditliure où plusieurs semblables lettres sont enregistrées. Et par ce suffira que je fasse veoyr à ceulx de la nouuclle religion vozdites lettres closes dudit dernier du mois passé, pour les contenter de congnoistre que vostredite majesté n'entend aucune publication estre faicte de ladite déclaration. Et quant à l'autre chef «lesdites lettres closes par lequel vostredite majesté déclare ne pouuoyr satisfaire aux frais de la force de cinq cens hommes que je luy auoys demandé pour la seure garde de ceste ville, et que aussi il ne luy en sembloyt pourlborsen estre besoing, mais que si la ville se voulloyt mètre en ceste despence sans qu'il vous coustast vng seul denier, vostredite majesté regarderoyt par après si elle le debuoyt faire ; et despuys ayant aussi receu les lettres- de vostredite majesté du quatryesme du présent pour la leuée de deux compaîgnies, doublant par le snecez des choses qui passent pour ce jour en cestuy vostre royaulme que les affaires de vostredite majesté prinsent quelque altération par deçà, mesme en ceste ville, en attente de ce que vous plairoyt ordonner pour la leuée desdites deux compaignies , j'auoys le neufviesme de ce moys, mandé messieurs du clergé, pour le bon nombre de gentilz hommes et aultres personnes d'honneur qui en sont, messieurs les officiers de vostre majesté en la justice et aussi messieurs les conseillers et escheuins de ladite ville : et après auoyr remonstré le péril des affaires, et de combien importoit au bien de vostre seruice la seure garde de ceste ville, mesme auxdits conseillers et escheuins qui prethendoient en auoyr contract exprès auec vostredite majesté , et à ces fins tenyr en foy et hommage d'icelle les clefs des portes , auroyent tous ensemblementaduisé de tnetre le faict en délibération consulaire, et à ces fins convoquer et assemblertous les plus notables de la ville en Thostel commun d'icelle pour se resouldre de quelque prompt expédient afin d'obuier à vne entreprinse. Et despuys ce jour d'huy seroyent lesdits officiers de la justice et conseillers de la ville venuz par deuers moy, et m'auroyeut dict qu'ilz s'estoyent assemblez comme je leur auoys ordonné , et auroyent aduisé de former de quelque bon nombre d'hommes , mesines jusques à quatre ou cinq cens , pour la tuition et deffence de ladite ville et entièrement faire ce que je leur ordonneroys : et pour la soulde et entretenemeut d'iceulx , d'autant que ledit hostel commun n'a au jour d'huy aulcune chose quy leur vieune en espargne , se seroyent retirez par deuers le sieur de Malras(i)i le requérant leur voulloyr fornir cequy seroyt nécessaire pour

(I) François Rogier de Malras, trésorier général de Lyon et du Languedoc, lecrétaire et

renlrclenncment desdits soldat» , à tout le moins fur le* deniers perceuz de» sommes dont lud. ville souloyt jouyr , «t que despuys n'a gueres, par vertu de lu commission de la réunion du domaine de vostre majesté auroyeut esté saisiz , lequel leur a fait responce que de ce il n'auoyt auculne charge de vostre majesté , et partant il ne leur fourniroyt aulcuns deniers, et qu'ilz esloyent destinez ailleurs et à aultres fins : me remonstrant par ce lesdits conseillers qu'ilz no sauoyent comme pourueoyr au soustennement desdits fraiz, encoresque chacungd'eulx vol t exposer sa personne et ses biens pour le scruice de vostredite majesté : neantraoins despuys ayant pesé la conséquence de ceste affaire, seseroyentresoluz de fournir ledit nombre de cinq cens hommes, et s'essayer chaeung de contribuer le mieulx qui. leur seroyt possible a la soulde et entreteneinent d'iceulx, espérant que vostredite majesté les fera rembourser de l'aduance desdits deniers , et dez ce jour ilz se doibuent assembler pour faire ladite leuée qui sera choisie en la ville et (comme tous logez -en leurs maisons) seront plus aisez à conduire mesincs que de cinq cens il n'y en aura que deux de la nouvelle religion sans s'affectionner auculnement sinon à ce que leur sera par moy ordonné ou a leur cappitaine pour le seruice de vostre majesté , et le tout pour vng moys, attendant ce pendant que plaise a Dieu remetre les affaires de ce royaume en quelque meilleur estât , en quoy, Sire, semble bien , sauf la reuerence de vostredite majesté, qu'il y auroyt grande apparence de debuoyr solaiger lesdits conseillers et coinmunaulté de la ville, et les debuoyr gratifier de quelque chose, aulmoins de les tenir immunes et exempts des contributions si servilles que la taille, tant pour les entretenir es libertez et franchises de noblesse dont les feuz roys voz prédécesseurs les ont décorez en considération des bons et recommandables seruices et subuentions qu'ilz en ont receuz en leurs affaires , que pour leur augmenter le cueur et volante de faire de mieulx en mieulx, comme je les y veoy plus que affectionnez. — Sire, je supplye le Créateur, etc. De Lyon , ce xvijc d'apuril i56a. »

1562. — Avril ai. Le comte de Sault écrit au roi : « Sire , Ayant receu par le gentilhomme que j'avoys enuoyé deuers vostre majesté la despesche u'il a pieu à vo-tredite majesté me faire du viij* du présent où esloyent eux commissions pour leuer deux compaignies d'arquebuziers , je fis entendre a messieurs du consulat de ceste ville en cela vostre voilante mesme l'urgence des affaires quy le requieroyt, lesquels m'auroyeut faict là dessus plusieurs remonstrauces et offres des forces de la ville , sans y admettre des estrangers, quy a mis ceste affaire jusques icy en longueur, parce que je vouloys bien aduertir vostredite majesté de tout ce qu'est passé en cest endroict, comme elle pourra estre certifiée par le procès verbal que je luy enuoye présentement. Èt neantmoingz ce pendant n'ay laissé d'cuuoyer leuer l'une desdites compaignies pour plus grande seureté, comme estant force neutre , attendant ce que plaira à vostredite majesté m'ordonner, ayant de tout congneu et entendu. — Sire , je supplie le Créateur, etc. De Lyon, ce xxj° d'apuril i56a. »

1562. — Avril 22. Mort a Saint-Germain en Laye, de François de Tournon , cardinal archevêque de Lyon. — Il avait succédé à Hippolyte d'Esté , et fut remplacé par Antoine d'Albon. Il fut aussi gouverneur de Lyon après Pompone de Trivulce et avant Jean d'Albon. Voyez son article dans la

contrôleur général des guerres. Jean Louveau lui avait dédié sa traduction des Problèmes Je/orne Garimbtrt , Lyou, G. Roviile , 1559 , petit in-8°.

Biogr. lyon. , p. 299, et ajoutes aux sources qui y sont indiquées : Nie. Bourbon , Nugœ^lib. a,carm. 90 ; Muret, Epitt. I, 46 et 47; Le Laboureur, Maz. , n , 16. Voyez ci-dessus , année i56i , et ci-après , 9 septembre i5(>4«

1562. — Avril 25. M. de Sault écrit au roi : «Sire, J'ay fait entendre puys deux jours à vostre majesté ce que j'auoys exécuté au commandement qu'il luy auoyt pieu me donner tant par ses lettres closes que par deux commissions que m'auoyt apporté de sa part le gentilhomme que je lui auoys enuoyé, et les remonstranceset offres de force que m'auoyent faict les escheuins de ceste ville pour ne les charger de garnison estrangere , le tout par vngbien ample proecs-verbal que j'ay enuoyé i\ vostredite majesté, l'ayant aussi aduertie que nonobstant lesdites remonstrances et pour plus grande seuretéde ceste place, j'aurois mandé leuer vnc desdites compaignies, pour le payement de laquelle ayant ce jourd'huy esté aduisc par vng commiz du sieur de Beauclerc , trésorier de l'extraordinaire delà guerre, qu'il auoyt quelque lettre d'adresse au sieur gênerai d'Aibene ; j'ay enuoyé parier audit sieur gênerai , lequel m'a faict responec n'auoyrde ce aulcune assignation , au moyen de quoy ledit commiz l'auoyt sommé de luy declairer quel mandement il auoyt de fournir au payement de ladite coinpaignie , lequel luy a faict mesme responce, comme plus amplement apperra à vostredite majesté, par l'acte que je luy enuoyé présentement, aflin que icelluy veu , il luy plaise faire donner assignation certaine par deçà pour le payement de ladite coinpaignie, parce que aultrement elle me demeureroit sur les bras ou du peuple qui la porteroyt mal aisemeut en ceste ville , a cause de la soulde qu'ilz payent de cinq cens hommes leuez pour la garde d'icelle, ainsi qu'est porté par ledit proces-verbal , pour euiter la garnison estrangere. Voullant bien au surplus, Sire, rendre compte à vostredite majesté comme ont esté despartiz lesdits cinq cens hommes, a scavoyr troyscensde l'ancienne religion à lu garde des portes et des chaînes qui sont sur la riuyere, et les deux cens de la nouuclle religion à faire escorte à ceulx qui vont à leur presche pour obuier à toute jalousie et scandalle quy aultrement se pourroyt sourdre et mouuoyr entre les habitans pour ladite diuersité de religion qui semble contenir en quelque reppoz ladite ville a quoy je m'essayeray de tout mon pouuoir , sans y rien espargner pour le seruice de vostredite majesté. — — Sire, je supplie le Créateur, etc.- De Lyon, ce xxve d'apuril i5fia. »

1526, — Avril 26. M. de Lansac, allant à Trente , de la part du roi, convoque, en passant à Lyon, les plus notables catholiques et protestants , au logis du Plat. Là, de concert avec M. de Sault, il s'efforce de les porter ji l'union et à la concorde. Les protestants répondent qu'ils n'ont d'autre désir que de vivre en bonne intelligence avec les catholiques , et pour garantie de leurs intentions pacifiques , ils offrent de donner caution de cent mille écus , pourvu que les catholiques en fassent autant, et qu'il leur soit permis d'établir un temple dans la ville. On ne put s'entendre sur ce dernier point ; toutefois on se donna la main et on s*embrassa de part et d'autre. J. Alorin, v, 139.

1562. — Avril 27. Le comte de Sault écrit au roi : « Sire , J'ay receu par monsieur de Maugiron les lettres qu'il a pieu à vostre majesté m'escripre du xviij* du présent, au contenu desquelles et de ce que ledit sieur m'a dict de la part de vostredite majesté , je mettray tout pour la satisfaire ; et quant à ce qu'elle faict doubte de quelque sinistre entreprise sur ceste ville par les

•ïurs de Perault et de Changy, estimant qu'ilz y sont en séjour, ou pour le oings bien souuent, je vous aduise, Sire, qu'il y a ung moys que ledit Pe-

rouit n'y a point esté, ains s'en alla incontinent que la sene fut faicte quy tut à Pasques, et quant aux Changy, ils en sont partiz et n'y furent venuz, il y a plus de quinze jours. Comme de tout ce et aullres particularitez oullre la despesche bien ample que j'ay faicte à vostredite majesté passé huict jours , ce gentilhomme vous sçaura rendre l>on compte. Et par ce , Sire, qu'il vous plaiseque ledit.sieur de Maugiron m'as«iste en ce lieu pour quelque temps, je desireroys bien qu'il pleust à vostredite majesté me permettre faire vng voyage à la cour pour luy descouurir plus amplement comme toutes choses sont passées jusques icy en cest liei^ de quov j'attendray vostre commandement, contenant au reste lousjours les affaires de deçà en meilleur repoz qu'il me sera possible. — Sire , je supplie le Créateur , etc. De Lyon , ce xxvij* apuril i56a. «

1562. — Nuit du 5o avril au i«r mai. Surprise de Lyon par les calvinistes du Dauphiné réunis à ceux de Lyon* Voyez la Prinse de Lyon et de Montbrnon ( réimprimée à la suite de la Notice sttr F. de Mandelot f par A. P. , Lyon , Barret , 1 85 r , in-8'); Rubys, p. 3g4; J. Morin , v , i6t. Voyez aussi un poème latin ayant pour titre : De Tristibus Franciiv , publié pour la première fois, d'après le M s de la H. de Lyon, par M. Léon Cailhava , Lyon , Louis Perrin, i&4°> in-8% figures dans le texte (i).

1562. — Mai î (Dimanche). Le comte de Sault écrit au roi : « Sire, Vostre majesté aura peu entendre parle gentilhomme que je lui despcschay exprès lundi dernier ( 2.5 avril), comme les affaires de ce lieu passoyent , et ïa diligence que j'auoys faicte d'y pouruoyr suivant les lettres patentes de vostre majesté, tant pour la leuée d'une compagnie que conuoeation de l'arrière-ban quy n'est pas encores arrivé, par aussi je ne receuz la despesche de vostre majesté que lundi dernier au soyr et incontinent je despeschay par tout, et là-dessus est interuenu l'aduis de la mort de M. de la Mollegondrin,quy fut lundi dernier vers les cinq heures du soyr : tellement quecculxde ccsle nouvelle religion ayant recongneu le mandement dndil arrière-ban cl leuée de compagniesen Auvergne, ont été si altérez (et non altérez, comme a lu le P. de Colonia) , que ce les a meus de se desborder pour oppinion qu'ils disent auoir qu'on Les voulloyt exterminer , que la nuit de mercredi dernier venant au jeudi, ils se mirent tellement en armes que incontinent ils forcèrent les corps de garde que j'auoys mys cz places et en l'hostcl de la ville combien qu'il y eust bonne résistance, auec effusion de sang, et se saisirent des esglises quy dominoyent les places à la part de S.-Nizier auec aussi ledit hostel de la ville où ils prirent les armes et artillerie de ladite ville quy leur donna meilleur ( et non par malheur, comme a lu Colonia ) moyen de gaigner le pont en ça, et feyrent des places du cousté du Change le mesraes

(i) Le comte de Saiilt, que Rubys , Saconay et quelques autres historiens accusent d'avoir méuagé la prise de la ville aux protestants, s'était logé, lorsque l'entreprise était sur te poi ni d'élre exécutée, daus le cloître de S t- Jean, avec une troupe de gens nlhdés commandée par le capitaine Verlicr, sou domestique,» non pour conserver l'église comme il publioit . mais pour - empêcher que les chanoines dont la profession ne rabat rien du courage qu'ils tiennent de ». leur naissance, ne se fortifiassent dans leur cloislre fermé alors de toutes parts, ou qu'en sol icitant en armes avec leurs gens, ils ne se joignissent aux bourgeois catholiques pour leur donner «« courage et traverser ainsi son entreprise. » Le Laboureur Maz. u, 16*. — Ce dernier écrivain ajoute que le lendemain de la prise de Lyon, le comte de Sault, qui jusqu'alors avait fait profession de la foi catholique, leva le masque , et alla au prêche, au vu et su de tout le monV , abandonnant les catholiques à la fureur de leurs ennemis. Voyez ci-dessus au 1 9 octobre *

que des aultres, et en après vindrent planter leurs pièces vis-a-vis de seans , là où Hz me tiennent assiégé auec messieurs les comtes , de sorte, Sire, qu'ils se peunent dire maistres de toute la ville, fors du chasteau de Pierre-Sise où j'auoys mys des harquebusiers. Mais il ne fault doubler qu'ayant saisi l'artillerie qui est céans, il leur sera aisé d'y entrer.

« Sire, je supplye le Créateur , etc. De Lyon ce premier de may 1 56a. Colonia, n , 65 1.

1562. — Mai 4- Le comte de Sault écrit au roi : « Sire, Despuys l'aduis que j'ay donné à votre majesté par un£ gentilhomme que je luy ay envoyé exprès, estant icy arriué le sieur des Adretz , j'ay essayé de donner quelque consolation au peuple extrememeqt désolé, tant pou' le faict de la Religion que libre commerce, quy e.stoyent les poincts principaux ou ceulx des) nations m'ont faict plus grande instance, qui les commence à retenir joinct l'asseurance que je leur ay donnée de leur assister de tout mon pouuoyr. Combien que j'eusse proppoxé de m'en partir, voyant que l'authorité par la force des armes tenues par ceulx de ceste nouuelle religion m'estoyt ostée , et encores demeure dcucrs eulx pour le regard des forces et clefs de la ville , comme plus amplement sera vostre dite majesté informée par le secrétaire de la ville présent porteur. Sur quoy j'attends de vostredite majesté la prouision pour le debuoir et obéissance a elle deue aflin que je puisse faire congnoistre quelle est sa volonté et le tout en bonne forme aflin qu'on n'en fasse doubte. — Sire , je supplye le Créateur , etc. De Lyon ce iiij0 de may 1*62. »

1562. — Mai 5. Le baron des Adretz, chef de l'infanterie du prince de Condé, prend le commandement de la ville de Lyon par ordre du prince ; « toutefois il n'entreprend rien sans le communiquer à M. de Sault, gouv verneur de cette ville.» Prime de Lyon, p. 9; Garnier, Hist. de Fr., xy , 5o2. Voyez aussi Yffisi. eccl. de The'od. de Beze, ni, ai5. Nous ferons observer -que tout le xie livre de cette Histoire contient une relation des événements qui se sont passés à Lyon durant cette période. — Rubys (Privilèges , p. 29) nous représente les calvinistes maîtres de Lyon o par l'espace de « quinze mois...., pillans et saccageans les temples et lieux sacrez, violans « les monastères; et pour le faire court, ne laissant espèce de cruauté de « laquelle ils n'usassent contre les personnes et biens des pauvres Catholi- « ques fidelles a Dieu et au Roy, sans respect d'Age, de sexe ni de profession. « Jamais, ajoule-t-il, les Goths ne diffamèrent de telle façon la ville de « Rome, comme a ceste malheureuse secte de gens, ceste pauvre ville de— « solée... » Voyez aussi Cochard, Descript. de Lyon, passim , et notamment p. 33 et 74-

1562. — Mai 12. Le comte de Sault écrit au roi : « Sire , Vostre majesté aura peu entendre et congnoistre par la despesche que luy aura présenté le secrétaire du consulat de ceste ville ce que despuys l'esmeute aduenue en icelle auroyt esté capilullé (1) auec ceux de cette nouuelle religion, sauf le

(ly V..i«-i le te.\te de la capitulation : « 1° Il est accordé , entre aultres articles, que tant de In ville que des est ranger* , un louera mille ou deux mille hommes proleslaus pour la garde de la ville et assetiraoce des hnbitans , soldoyez , partie par ladite ville, partie du retenu des ecclésiastiques. — 2" Que quelques uns absentez pour certaines contrariétés à cause du faict de la religion , pourront retourner librement. — 3° Qu'il ne se dira plus de messes. — 4° Que rhaetiu sera libre en sa religion ( voyez ci-après au 14 Juillet /. — 5° Que l'on eslira douze des phr* capables protestaus pour < sire Juges avec les consuls 6* Qu'il ne se pourra tenir consulat, saus que les nouveaux conseillers y assistent. ~ Prime de Lyon , p 9.

bon plaisir de vostre majesté, pour essayer de contenir le peuple, mesmesén taisant dire messe, dequoy neentmoingz ne se pouuoyt assetirer. Les preslres et gens d'esglise s'en sont tous fouys et partant eda demeure sans effect quy est cause que les marchands estrangiers et beaucoup des naturels , auec plusieurs anciens bourgeois et de toute profession délibèrent j'en aller , et desjapour le regard des nations en sont beaucoup despartis: en quoy ceste vostre ville, Sire, souffrira et en conséquence voi droitz grande diminution, perte etdommnige, oultre le scandalle que ( encores pour ce jour) apporte la ruyne et démolition que Ton continue ù faire au cloistre de l'esglise de S. Jehan, desja en partie desmantelé de son ancienne closture, et quelques maisons estautdans iceluy, après avoyr mys par terre tous les hautelz, ymaiges et figueures, presché selon la nouuelle religion; faict bapthesmes et mys tous les ornemens, reliquaires et calices en leur puissance, toutes fois par inuentaire dont le peuple de l'ancienne religion se mesconte fort, tant parce qu'ilz n'ont point de messe que pour veoyr la difformité dudit temple et des deux contigus. Quant au chasteau de Pierre-Size, il a temporisé jusques à samedi dernier (7 mai) que l'on y conduict trois canons, et pour ne se veoyr le cappitaine ancien dudit lieu assez fort, et que plusieurs de sa compaignie declararent ne voulloyr combattre, comme il appert sous leur seing. Ledit chasteau s'est rendu environ le midi, et garnison mise dans icelluy, nonobstant les remonstrances que leur auoyt faict uug mien gentilhomme que je y avoysmys. — Sire, je supplye le Crealeur, etc. De Lyon, ce xij* de may i562.» Colonia, 11. , 652.

1562. — Mai i3. Calvin écrit de Genève à ses frères de Lyon : « Trèschers frères, il y a déjà long temps que nous avons attente de vos lettres , pour avoir occasion, en vous respondant, de nous descharger de ce qui nous pesé fort sur le cœur. Mais despuis le changement qui est advenu à Lyon, nous n'avons point reçu un seul mot ny de la compagnie des Anciens, ce qui nous fait penser qu'il y a eu desordre beaucoup, veu que vous sollicitez d'aucuns de secourir ù vostre esglise, et que vous n'en faites nul semblant, mesme quand le sire Hicrosmedes Gouttes passa nagueres par icy , combien qu'il requist qu'on envoyast des ministres pour vous aider , il déclara qu'on ne lui avoit donné nulles lettres. Cependant nous oyons des nouvelles qui nous causent grande angoisse. Nous scavons bien qu'eu telles esmotions, il est bien difficile de se modérer si bien qu'il ne s'y commette de l'excès, et excusons facilement si vous n'avez tenu la bride si roide qu'il eust esté à souhaiter; mais H y a des choses insupportables dont nous sommes contraints de vous escrire plus asprement que nous ne voudrions. Mais nous serions traistres à Dieu , à vous et à toute la chrestienté , en dissimulant ce que vous avez fait à notre grand regret. Ce n'est pas un acte deceut qu'un ministre (Jacques/?«/?ouRnffy) se fasse soudait ou capitaine : mais c'est beaucoup pis quand on quitte la chaire pour porteries armes : le comble est de venir au gouverneur de la ville , le pistolet en main , et le menacer en se vantant de force et violence; car voicy les mots qu'on nous a recitez, et que nous avons entendus par tesmoins dignes de foy : « Monsieur, il faut « que vous le faciez, car nous avons la force en mains. » Nous vous disons rondement que ce propos nous est en horreur comme un monstre. Nous avons aussi fort détesté ta crie qui a esté faite de par le gouverneur et les ministres. Nous mettons en mesme rang les passeports et choses semblables desquelles l'énormité a degousté , voire aliéné beaucoup de gens de l'Evangile, et a troublé et fasché toutes gens qui ont quelque pitié et modestie. Eneore n'estolt-ce pas assez, si on n'eut couru les champs pour lever butin

et pilîîage des taches et 'autre bétail , voici despuis que monsieur le baron des Adretz est là arrivé avec autorité, lequel n'a pas approuvé telles insolences , dont ceux qui se vantent d'estre ministres de ta parolle de Dieu n'ont eu honte de se mesler. Maintenant ces vieilles playes nous ont esté rafraischies quand nous avons o\iy que les rapines qu'on avoit tiré de l'esglise de Sainct-Iehan ont esté exposées en vente au dernier offrant, et despeschées pour cent douze escus. Mesmes qu'on a promis aux soldats de leur distribueràchasqu'un sa portion. Vray estque M. Rufi e6t nommément charge' de toutes ces choses, mais il me semble que vous estes en partie coulpables de ne l'avoir réprimé , ayant liberté et puissance de ce faire. Car , s'il ne se soumet à une correction , qu'il cerche où il bastisse une esglisc à part. Nous ne pouvons vous remonstrer doucement ces choses que nous ne pouvonsouir sans grande honte et amertume de cœur. Or, combien qu'il soit tard d'y remédier, si ne pouvons non pas nous tenir de vous prier, au nom de Dieu, et exhorter, en tant qu'en nous est , que vous mettiez peine à recompenser les- fautes passe'es , et surtout d'empescher toutes ces voleries et pilliages. Car plustost il faudroit quitter de telles gens et s'en .séparer que d'exposer l'Evangile à tel opprobre, en s'accouplant avec eux. Desia il y a du zele inconsidéré à faire ces ravages qu'on a fait aux temples; mais de ce qui fut fait ù la chaude, et par quelque dévotion, les gens craignants Dieu n'en jugeront point ii la rigueur. De ces butins que pourra-t-on dire ? A quel titre sera-t-il licite de ravir ce qui n'est à aucune personne privée? Si les larrons sont punissables, c'est double crime de dérober le bien public. Parquoy si vous ne voulez estre hays et détestez de tous gens ^de bien, mettez ordre que telles offenses se réparent; car si vous y tardez plus, nous craignons bien que vous n'y veniez jamais ù temps. En quoy nous prions Dieu qu'il vous guide d'esprit et prudenre , etc. De Genève, le i5 de may. » — Cette lettre dont le Ms est à la B. du roi, a été publiée pour la première ibis par M. Audin dans VHist. de Calvin et de ses écrits , il, 4' 8. On trouvera dans cette histoire des détails curieux sur les relations de Calvin avec plusieurs Lyonnais, et sur les efforts qu'il fit pour répandre ses erreurs dans notre cité et pour y planter son étendard. Nous avons môme quelques raisons de croire que son médecin ordinaire, qui se nommait Sarasin (c'est ainsi que M. Audin écrit son nom, n, 45s), est notre Philibert Sarrazin , qui avait prononcé, en i545 , l'oraison doctorale, et qui avait passé à Genève, en i55i , avec sa fille Louise , mentionnée par Colomiès, dans sa Gal(ia orientons, p. no. Philibert était aussi le père de Jean- Antoine , né à Lyon, connu par deux ouvrages de médecine écrits en latin. Celui-ci eut un fils, Philibert, deuxième du nom, auteur, suivant Colonia (Hist. titt., u, 799), d'Fpîtres médicinales, publiées en i635. Voyez Pernetti, 1, 255.

1562. — Mai 21. « .... Les huguenots qui se nomment evangelistes et un nommé le capitaine de Saint-Vincent de Lyon vindrent à Thoissey pour pour faire démolir les croix dudit Thoissey, lesquelles furent démolies et aussi celles de St-Didier, et le jeudy suivant qui fut la fête du St. Sacrement de l'autel, autrement appelée la Fête-Dieu, se fit le service audit Thoissey et St-Didier, et le lendemain qui fut vendredy, on trouva les croix démolies, et iceluy vendredy fut baptisée Eve, fille de Claude Bruliard de St- Didier et de Philippe, sa femme, de Thoissey, par le ministre desdits huguenots» — Amy lecteur, si tu ne trouves au présent livret des baptisez ceux que tu cherches, il te faut noter que, pour les troubles qui commencèrent en l'an 1062 et durèrent jusqu'en l'an 67, plusieurs desenfcnsde cette paroisse furent baptisez à Bcy , à Illia et autres lieux circon voisins, ù l'occa-

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sion de ce qu'en ce temps les hérétiques qui s'appellent huguenots occtipoient Dombes et dechasserent les gens d'église et tous autres gens de bicij , comme tu pourras bien amplement voir par les histoires dudit temps. Signé : Duc, prestre, vicaire de St-Didier de Chalaronne. » Tiré du registre des actes baplistaires de la paroisse de St Didier de Chalaronne-lès-Thoissey. M. — Voyez, sur les ravages des protestants, Severt, La Mure, etc.; les Archives du Rhône, v, i58 et suiv.

1562. — Mai 23. Le P. Gayette, gardien du couvent de St.-Bonaventure' est massacré, sur le pont de Saône, par des calvinistes (l'abbé Pavy» Grands Cordeliers de Lyon, p. 92). — C'est paF erreur que cet événement a été placé par quelques historiens au a3 mars. A cette époque les protestants «'étaient pas encore maîtres de Lyon.

^562. — Mai 24. Le comte de Sault écrit au roi : « Sire, Vendredi dernier au soyr arriva en ceste ville le secrétaire d'ieelle, et comme vostre majesté est assez aduertic, la forte et par là l'authorité estant es mains du sieur desAdretz , en usant en cest endroict, il se saysit dudit secretairé ensemble de la despesche que me faisoyt vostre majesté, et nu corps de la ville, et après auoyr le tout veu et Jeu, il m'enuoya seulement le jour d'hier les lettres missiues de vostre majesté ouuerles , et despuys estant par moy. ensemble ledit corps et consulat de la ville, sommé et requis de me rendre la commission en forme de lettres patentes qu'il auoyt plu à vostre dite majesté ro'enuoyer et à eulx la despesche que a saysie , il nous a faict une commune responce, asçauoir qu'il n'auoyt aucun respect aux despesches qui seront faictes en vostre conseil ce pendant que vostre majesté et la royne serez captifs, comme il prétend que vous soyez, et ne jn'auroyt vollu bailler ladite commission, de manière que ne l'ayant peu recouurer, je ne puys exécuter (en ce qu'elle contient) le commandement de vostredite majesté; dont j'ay protesté, comme aussi lesdits conseillers, contre ledit sieur des Adretz, ainsi qu'il apperra à vos dites majestez par l'acte que je leur enuoye présentement. Pareillement. Sire, monsieur Congnet, ambassadeur pour vostre dite majesté en Suysse, avec le sieur des Pasquier ont envoyé en ceste Tille un secrétaire dudit sieur ambassadeur exprès pour faire aduancer le payement des pensions des Suysses, m'escriuant qu'il ne tenoit que ù cela que les gens qu'ils ont à fornir à vostre dite majesté ne passent céans, et partant que je Icisse commander au trésorier juge de s'advancer porter ou envoyer lesdits deniers , ce que j'ay faict: mais là dessus ledit juge m'a remons- ■ tré lesdits deniers auoyr esté saisiz et arrestez entre ses mains par ledit baron des Adretzauec inhibitions etdeffences de n'en vuyder ses mains sur peine de sa vie. Et ayant vollu remonstrer audit baron la conséquence de ce faict et le retardement du seruicc de vostredite majesté , il m'a faict telle responce que déssu9 de n'auoyr aulcung esgard à chose de présentement despeschee en vostre dit conseil, ainsi que desja il auoyt faict à la protestation faicle contre luy de semblable arrest et saisye de deniers qu'il auoyt faict ez mains des frères Camus, commis à la recepte gencraJle de la subvention accordée par le clergé de France, pour le rachapt du domaine de vostre dite majesté, comme elle aura peu estre informée auant la venue de la présente despesche, et sera aussi par l'acte que luy enuoie ledit trésorier des ligues par ce porteur exprès, quy est un moyen seur d'empescher et relarder tous les affaires de vostre dite majesté et mettre, comme je veoy approcher, ceste ville en toute désolation et ruyne. Au surplus, Sire, ayant esté mys le canon devant le lieu de ViUefranche en Beaujolloys, et sommé de se rendre , il a

faict des le jour d'hyer , ne pouuant résister à la force. — Sire, je supplye le Créateur, etc. De Lyon, ce xxiii)™6 de raay i56a. »

P. S. «Sire, despuys la présente escripte le sieur Claude Camus, l'ongdes frères susdits, couinais à ladite recepte de subuention du clergé, m'est venu remonstrer que au moyen de la saisie faicte desdits deniers entre leurs mains, comme ils ont aduerty vostredite majesté , ils n'ausent enuoyer perceuoir les deniers de leur dite charge aux receptes parlicullieres, craignant qu'ilz soycnl saisiz sur les chemins ou bien prins entre leurs mains , désirant que je leur donnasse quelque permission lu dessous , ce que je ne puyspour n'auoyr la force en main : en sorte que s'il n'y est pourveu aultrement par vostredite majesté, Sire , il sera mal aisé que sentiez le profil t de ladite subuention de longtemps , et qu'ils ne soyent constraints aduenant une nécessité de vuyder leurs mains de quelques sommes , ce qu'ils craignent grandement leur aduenir. » Colonia, n, 653.

1562. — Mai 28. M. de Sault écrit au roi : « Sire , encores que j'aye puys dimanche dernier aduerty rostre majesté par vng homme enuoyé exprès deuers icelle par le trésorier juge , tant de î'arrest et saisye faicte entre les mains dudit juge des pensions des Suysses que aultres choses y passant, si est ce que , allant ce présent porteur deuers vostredite majesté de la part de monsieur Congnet, ambassadeur pour icelle au pays de Suysse, j'ay bien vollu aduertir vostredite majesté, Sire, que despuys mesdites dernières lettres il n'est suruenu en ce lieu auculne chose de nauuelle, ains y sont les affaires en mesme estât, comme pourra plus amplement certifier vostre dite majesté cedit présent porteur. — Sire , je supplye le Créateur, etc. De Lyon , ce xxviij"0 de may i56a. »

1562. — Mai ... Fauste Socin , un des fondateurs de la secte à laquelle on a donné son nom , se trouvait alors à Lyon ; il y apprit que Lélius Faustin , son oncle, était mort le 16 de ce mois, a Zurich ; il se rendit immédiatement dans cette dernière ville. Biog. univ. , xlii , 5a4-

1562. — Juin 4. Le comte de Sault écrit au roi : « Sire, parce qu'il y a ja quelque temps que je n'ay receu aulcunes lettres ne commandement de vostre majesté , estimant ce estre la cause de la difficulté des passaiges et recherchement des advis par l'ouverleure des lettres. Ët, la dessus ayant receu de messieurs du clergé de ceste ville une requeste qu'ils m'ont présentée afin d'avoyr permission pour leuer les dismes de ceste moysson , je l'ay bien vollu enuoyer par un gentilhomme exprès à vostredite majesté, avec les conclusions de votre procureuren ceste seneschaucée, pour sur icelle entendre la voilante' de vostredite majesté, et après en disposer comme lui plaira m'ordonner, et au plus tost , a cause que le temps de la récolte commence à passer, et que ceulx de la nouuelle religion se veulent ingérer d'établir commissaires à la perception desdites dismes, dont je me duubte qu'ils se vouldront après preualloyr , sur quoy pourroyt suruenir quelque uouuel desordre, contre le gré et intention de vostredite majesté , encores que l'on dise le tout procéder de son autorité, comme plus amplement vostredite majesté pourra estre certifiée par cedit gentilhomme; et ce pendant neantmoins, et à la consignation du droit de quy il appartiendra, j'ay faict publier à voix de trompe la réliction du revenu des gens d'esglise de ce diocèse à vostre domaine, établissant commissaires en iceulx les censiers et fermiers quy sont trouvez saisiz des baulx à ferme ou bien y en commetant d'aultres à mesmes fins , ainsi que le tout apperra à vostredite majesté , Sire , par

les actes que je lui enuoie, ne luy faysant la présente plus longue d'aulcune» particullaritez, sinon pour supplyer très humblement le Créateur qu'il donne, etc. De Lyon ce iiijme de juing i56a. »

1662. — Juin 7. Le comte deSault écrit au roi : « Sire, Je receuz le jour d'hyer les lettres qu'il a pieu a vostre majesté m'escripre du premier du présent par lesquelles elle m'ordonne l'aller trouuerla part où elle sera, pour à quov satisfaire , j'ay ce jour d'huy mandé messieurs de ia justice et consulat de la ville , et leur ay communiqué le commandement de vostredite rriiijesté par lesdites lettres, lesquels m'ont faict là dessus plusieurs remonstrances. Toutes foys ne laissé je de me préparer pour m'acherayner, le plus tost qu'il me sera possible deuers vostredite' majesté suyuant sondit commandement. Sire , je supplye le Créateur , etc. De Lyon ce vijmc de juing i562. »

1562. — Juin 11. Le comte de Sault écrit au roi : « Sire, sur ce que je me preparoys à satisfaire au commandement qu'il a pieu à vostre majesté me ^ donner par ses lettresdu premier du présent, suyvant ce que je luy ay desja escript, ceulx de la nouuelle religion, mesmes les chefs quy sont en ce lieu pour le faict des armes, vindreot à moy lundi dernier au matin et me'declararent que estant advertis que je m'en voulloys aller deuers vostredite majesté , nonobstant les remontrances que m'auoyent faictes les conseillers et escheuins de la ville, ilz empescheroyent mon despart de ce lieu. Sur quoy je leur feis veoyr le> lettres contenant les commandemens qu'il auoyt pieu à vostre majesté me faire pour les causes y contenues, qui est le peu de seruice que pour ceste heure je luy faisoys en ce lieu, n'y ayant d'eux aucune obéissance , auxquelles ilz me dirent qu'ils n'auoyent aulcung esgard, parce qu'elles esloyent seulement de vostre conseil, et fafetes pendant la captiuité de vostre personne occupée par leurs aduersaires. Et pour obuier à mon despartement et l'empescher de faict, m'enuoyarent cinquante harquebuziers pour ma garde, m'ostant par là tout moyen de commander , sur quoy ont esté prins les actes que j'enuoye présentement à vostredite majesté , laquelle je ne fauldray incontinent tousjours tenir aduertie de ce que suruiendra important au bien de son seruice. Sire, je supplye le Créateur, etc. De Lyon le xi"e de juing i56a. »

1562. — Juin ai. «Ordonnances faictes par le roy et monseigneur de Blacons, lieutenant-general de monseigneur des Adretz, touchant le revenu du clergé du diocèse de Lyon , et pour la quottisation des inanans et hahitans de ladite ville, auec la deffen.se de s'injurier ni mettre la main aux armes l'un contre l'autre, à peine d'auoir le poing coupé ( Imprimé à Lyon par Benoist JRigaud. i56a, in- 8°). » S.

1562. — Juin 3o. Le comte de Sault écrit au roi : « Sire , suyvant ce qu'il a pieu à vostre majesté de faire entendre par le cappitaine Puyllobier, et despuys ordonner à messieurs les conseillers et escheuins de me laisser partir de ceste ville pour m'en aller en ma maison , j'ai tant faict, que en fin ilz m'ont levé l'empeschement qu'ilz me donnoyent à partir; en sorte que je suis résolu de m'achemyner ce jour d'huy 4 pour au plus tost possible me rendre en madile maison, et après faire ce que plairra à vostre majesté me commander: laissantee lieu assez en repoz et tous les habitants en fort bonne deuotiun de se conserver en vostre obéissance, n'en ayant moingdre volanté ceux qui y sont en armes, mais je doubteroys, Sire, et comme je l'ay entendu d'eulx et en ay desja aduerti vostre majesté' par ledit cappitaine Puyl-

lobier que s'il* se voyent forssés et presse» d'en partir aultrement que par voye amiable , ils se veuillent ayder de la fareur qui leur est offerte des gens du cousté de Berne, Zurich et Neufchastel : leur ayant desja enuoyé soixante ou quatre vingts soldats qu'ilz ont receus pour sa petite quantité. Et au surplus mandent auxdits quantons que pour cesle heure ils n'en ont besoing de plus grand nombre , se confiant neantmoins que l'occasion se présentant ils leur seront tousjours propices, ce quy metroyt les affaires de cedit lieu en telle combustion que ce porroit estre en conséquence l'entière ruyne d'icelle et très grand perte en cestuy vostre royaulrne. Au surplus Sire, j'ai receu par quelques escoiliers allemands venus naguieres de Bauges, la requeste que j'euvoye à vostredite majesté par laquelle luy apperra comme estant arrivés près St Pierre le Motier ils ont esté desvalltsez tant de leurs chevaulx que argeut par ung nommé de Mpntcauquyer. Sur quoy ils supplyent très humblement leur estre pourveu et par ce. Sire, qu'ilz sont ainsi que j'ay entendu de bon lieu et maysons d'Allemaigne et en pourroyent faire plainte à leurs purent qui les pourroyent rcuoequer a cueur et en faire quelque plus grande instance par deuant vostre ditemajesté, je l'en ai bien voullu au parauant aduertir aflin qu'elle s'en pouruoye comme elle a acoustumé en toutes choses. Sire, je supplye le Créateur, etc. De Lyon ce dernier de juing i56a. » — Cette lettre est la dernière de celles que contient le manuscrit de la B. de Lyon. — Il paraît que le comte de Sault quitta alors Lyon, comme il l'écrivait au roi, et qu'il n'y revint qu'après l'édit de pacification du 18 mars i563. Voyez ci-après au g juin i563.

1562. — Juillet 14. Ordonnances de par le roy nostre Sire, touchant le régime et pollice des manans et habitans en la ville de Lyon. Publié (sic) le quatorziesnie de juillet mil cinq cent soixante-deux. A Lyon, par Benoist Rigaud. i56*j. Petit in-8°. — M. Francisque Michel, professeurs la faculté des lettres de Bordeaux, nous a communiqué un exemplaire de ces ordonnances qui ne contient que les quatre premiers feuillets, lesquels nous ont paru assez importants pour être reproduits : «De par le roy et monseigneur le baron des Adretz. — On faict assauoir à tous marchans, habitans en la présente ville, forestiers ou estrangers fréquentans les foires de ladicle ville, que, pour entretenir le commerce, il leur est permis sortir ou faire sortir hors ladicte ville la mesme marchandise ou d'autre de semblable valeur et somme qu'ilz feront entrer, dont ilz feront apparoir par la certification qu'ilz seront tenus prendre des receueurs et contreroleurs de la doaune, signée de leurs mains, au commis à faire ses passepors desdLotes marchandises pour la sortie d'icelles. Et seront traictez lesdicts marchans en toute asseurance, tant de leurs personnes que de leurs biens , s »ns qu'il leur soit faict, mis, ny donné aucun trouble, destourbier ou empescliement.

Sera aussi permis à toutes personnes de quelque estât, qualité , nu condition qu'ilz soyent , amenant viures et victuailles dans ladicte ville hors des pays de Dauphiné, Lyonnois et autres lieux circonvoisins de douze lieues à la ronde, d'enlever hors d'icelle de marchandise pour la somme que monteront lesdits Viures et victuailles.

Etaûln que les susdits puissenè aller, venir, seiourner en ladicte ville, et s'en retourner en toute assurance sans aucun empescliement : inhibitions et deffenses sont faictes à tous capistaines , enseignes, caporalz et autres des garnisons de ladicle ville et lieux circonvoisins , tant de pied que de cheval, de ne prendre ny arrester chevaulx, muletz, bœufs, iuments ny asnes portans et conduisans dans ladicte ville marchandises , munitions , viures , victuailles et autres choses, ny en retournant, soubs quelque couleur, pre-

texte ou occasion qu'il* puissent prétendre : ains leur donner toute aide, faneur, confort et escorte si besoin est, à peine de la hart.

Et pour obuier à toutes surprioses, monopole?, conspirations pour la scurté et deffence de ladicte ville : on faict assauoir à tous lesdits manans et habitans de quelque estât, qualité ou condition qifilz soyent , que , dans le clochierdc Sainet-Nizicr, incontinent aprèshuictheuresdu soir, les sentinelles tludict clochier sonneront, en signe de retraicte, la cloche iusques à la demie heure : après laquelle passée, et le son de ladicte cloche cessé, leur est fait exprès commandement de se retirer chascun en sa maison, sans aller ni Tenir par ladicte ville auec leurs armes ou sans armes, sur peine de prison et dix livres d'amende. Sera toutes fois permis à ceux qui feront duement apparoir auoir affaire par ladicte ville, ladicte heure passée, de y aller en petit nombre de deux ou trois au plus, selon la qualité des personnes, portant lumière et sans aucunes armes. Enioignons aux sentinelles, corps-de-garde, et à ceux qui y commanderont, de les faire accompagner iusques au lieu où ilz pourroient déclarer vouloir aller, pour entendre la vérité du faict : et où ilz trouveront variété au dire, tant de celui ou ceux qui iront par ladite ville , que de ceulx ou ils voudront aller parler, les feront mettre en prison iusques au lendemain qu'ilz en aduertiront le conseil, pour y pouruoir ainsi que de raison.

Deffences sont aussi faictes à tous soldatz tant de la ville que estrangiers, et aussi aux manans et habitans, et tous autres qui seront dans ladicte ville de ne tirer harquebousades après que la garde sera posée, iusqu'à six heures' du matiu , sinon aux soldats de garde en cas de nécessilé, sur peine de perdition des armes, prison et amende arbitraire, ainsi que le cas méritera, pour la première fois, et pour la deuxiesme de trois coups de cordes : et à tous soldatz de ne donner fausse alarme, à peine de la vie.

Puis aussi qu'il a pieu à Dieu chasser hors ladicte ville toute idolâtrie, *t que c'est chose grandement pernicieuse viure sans religion , est enioint auxdicts manans et habitans de ladicte ville, qui souloyent tenir la part de l'église romaine, de quelque estât, qualité ou condition qu'ilz soyent, de fréquenter les presches qui se font ordinairement en ladicte ville , et les aller ouyr «à tout le moins deux fois la semaine, saaoir le dimanche et rnercredy qui sont iours de prières, à peine de dix livres d'amende pour chascune foys qu'ilz seront delfaillans, applicables les deux tiers aux prières (sic) et le tiers à celui ou ceulx qui dénonceront les deffaillans et contreuenans à la présente enionclion , etc. Voyez ci-dessus au 12 mai,

i 562. — Juillet rg. Arrivée de M. de Soubise. — Le baron des Adrets part pour le Dauphiné. J. Morin, v., ijo. — M. de Soubise était envoyé à Lyon par le prince de Condé pour y remplacer des Adrets da«s le commandement militaire de cette ville. A son arrivée , il trouva les couvents tous pleins de catholiques qui y étaient « gardez estroitement.» II les fit mettre en liberté, et leur permit de sortir de Lyon avec leurs femmes et leurs enfants « en « payant la rançon à laquelle chacun d'eux fut breveté. Il ne demeura nul t catholique en la ville qui eut moyen de se nourrir dehors , et en furent a les villes de Chambéry, Bourg en Bresse, Montluel et autres villes de Sao voye et de Bresse tellement peuplées qu'elles sembloient des petits « Lyon. » M. de Soubise avait amené avec lui la vicomtesse d'Aufoeterrc, sa sœur, « de laquelle les dames catholiques de la ville reçurent grand faveur « et courtoisie.» Rubys, p. 396.

1562. — Août 8. François Fabrice Scrbellon, parent du pape, fait déca-

pter, à Avignon, messirc Jean Pcrrin , seigneur de Parpaille, président à Orange , — « lequel avolt sacrilegement saisi et pillé tous les reliquaires « d'Orange qu'il avoit transportés àLyoneX convertys en monnoyepour sou- • doyer ses satellites et faire la guerre à Dieu. » Ce'sar de Nostradamus , Histoire de Provence, p. 795 ; Ménage, Dict. étymol.\ art. Parpaillauts.

1562. — SeptembreZo. Mort de Jean II du Peyrat, capitaine d'une comgagnie de chevaux-légers, tué au siège de Beaurepaire « les armes au poing , « combattant pour sa religion et san roy, contre les troupes des protestants « conduites par le baron des Adrets...» Rubys , p. 376. — Jean II du Peyrat était fils de Jean du Peyrat mort en janv ier 1 55o ; il était fiancé à Clémence de Bourges, surnommée la perle des damoiselles Lyonnoises, qui ne put survivre à sa douleur, et qui mourut la même année, à la fleur de son Age. Elle avait chanté et joué devant Henri II, en 1 548 , lors de l'entré© de ce prince à Lyon. Rubys, p. 584 ; Notes de Laurent-Josse Le Clerc sur Colonia. — C'est par erreur que, dans la Biogr. lyonn., on a mis la mort de cette dame célèbre a l'année 1 55y. Clémence était l'amie de Louise Labé qui lui avait dédié la première édition de ses œuures, le a4 juillet 1 555. Elle habitait dans la maison du seigneur de Myons, général de Piémont, son père, laquelle avait alors issue sur la place des Cordeliers et sur la rue de la Grenette. C. B. , Mil. et JSouv. mél., passim; Clerjon-Morin , v. 1 5 1 .

1562. — Septembre... L'église de Saint- Just est démolie parles calvinistes. — Déjà le magnifique cloître voisin de cette église avait été rasé par les soldats provençaux et genevois du baron des Adrets, auxquels avaient été contraint de s'adjoindre les habitants de Saint-Just et de Saint-Irenée. Voyez V erbal et in formation faite par l'autorité du roy CharlesIX de la ruine de l'église , cloistres, maisons canoniales... de Saint-Just de Lyon, etc. Lyon, 1662, in-4". — Les différentes maisons religieuses de Lyon firent dresser de pareilles informations, en 1564; ina>s H ne paraît pas qu'elles aient été imprimées. On doit en trouver les originaux dans les archives du royaume et dans celles de la ville de Lyon et de la préfecture du Rhône. Voyez ci-après, t565.

1562. — Novembre... «Le seigneur de Soubise, commandant à Lyon et dans le gouvernement du Lyonnais, veut activer la construction des fortifications de cette ville. Les personnes qui devaient fournir des hommes paieront à l'avenir deux sols par semaine et par homme qu'ils devaient fournir. Les trentesix penons de la ville seront chargés de recueillir cet argent. Les étrangers qui sont venus s'établir dans cette ville seront soumis à la même taxe suivant leur fortune. On les contraindra ù la payer par toutes les voies de droit jusqu'à la prison. Les penons feront un rigoureux recensement de leurs quartiers, feront vendre, chez ceux qui auraient refusé de payer la taxe, des meubles jusqu'à concurrence de la cotisation fixée , sans aucune acception de personnes, sous peine de s'en prendre à eux.» — Extrait inséré dans les Nouvelles archives du Rhône y i, 219, où cette ordonnance a été donnée sous la fausse date de 1597.

1562. — Décembre i5. Les maîtres des métiers et les terriers annulent l'élection faite , l'année précédente , des six conseillers qui devaient servir pendant celle-ci, attendu qu'ayant abandonné la ville , ils devaient être considérés coinime indignes de leur charge. On procède en conséquence à l'élection de douze conseillers au lieu de six, et on arrêle « qu'avant qu'ils se puis- « sent ingérer en la cause publique, ils seront tenus de rapporter, de mes- « sieurs du consistoire établi à Lvon , certification de leur foi. » J. Mûri 11 ,

156^. — Décembre îg. Mort de Jacques d'Albon , maréchal de Saint-André, gouverneur de Lyon. — Il avait succédé à Jean, son père , le 25 août i55o , et fut remplacé par Jacques de Savoie, duc de Nemours, nomme par lettres du 27 décembre 1&62.

1562. — Décembre 21. André Martin, principal du collège de la Trinité, prononce l'oraison doctorale dans le temple de S.-Nizier. J. Morin, v, 175. — Il est à croire qu'André Martin embrassa la réforme pour conserver sa .place pendant l'occupation des calvinistes. Il avait succédé à Barthélemi Aneau ( voyez ci-dessus au 12 juin i56i), et mourut en i565. Après sa mort, le collège fut remis aux jésuites. C. B., Nouv. mél.f p. 2i5; J. Morin, v, 21 3. Voyez ci-après , i" mat i565.

1562. — Les conseillers recteurs de l'Hôtel -Dieu de Lyon changent le costume des sœurs desservantes de cet établissement. Au lieu de robes blanches, elles porteront à l'avenir des robes noires avec des tabliers de toile blanche et des coiffes qui ne seront pas empesées, à l'instar des femmes simples de la ville. On leur enjoint, ainsi qu'aux serviteurs de la maison , d'assister aux prêches et autres exercices qu'y feront les ministres de la réforme, d'y vivre en paix et ne causer aucun scandale. Dagier, Hist. de C Hôtel-Dieu de Lyon , 1, 1 10.

1562. — Mort de Matthieu de Vauzelles, avocat du roi au parlement de Doinbes, etc. Il avait été juge-mage de Lyon etéchevin (en 1624). On a de lui un Traictè des péages , Lyon, Jean de Tournes , i55o, in-4", « plein de « fort belles et doctes recherches. » L'Epistre de l'auteur au lecteur , datée de Lyon, ce xiie de décembre i549> esl su»vic de ce dixain de Maurice Scaeve (sic) «en grâce de si charitable et vertueuse œuvre de l'autheur :

Qui pour la famé , ou l'honneur entreprend ,

Entre Mortelz c'est chose autant louable ,

Et qui labeure à son besoing , il prend

Part de la gloire à luy seul proufî table.

Mais par sus tout est saintement louable ,

Et tel tousiours i'estimeray celuy

Qui sans espoir de loyer ou d'appuy ,

Fors de vous , Loix , sainctes et éternelles ,

Trauaille au bien et publiq' et d'autruy

( Comme on pcult voir ) à l'ombre de vos esles. »

On trouve à la fin du volume une bulle de Sixte IV, datée du ie" juin i486 a contenant pleniere remission à tous les bienfaiteurs de l'Hostel-Dieu « de Lyon.» Parmi ces bienfaiteurs, Matthieu de Vauzelles cite , p. i5a de son livre, « feu messire Guichart de Pavie, prieur de Montrottier, lequel « fit faire plusieurs beaux édiûces et chapelles, tant celles des Sybilles en « l'abbaye d'Esnay , dont il estoit enfermicr (sic) que audit Montrot- « tier, et autres ses bénéfices : et fit plusieurs belles fondations, et mesme- « ment par toutes les églises de Lyon : le reste donna auv poures dudit a Hostel-Dieu. Car il auoit priuilege du pape de pouuoir tester à pies causes a bon et vallable, Vt in simili consuluit Barba. Consil. xxiu vol. r. » Matthieu de Vauzelles est encore auteur d'une Consultation écrite en latin sur le testament de Pierre Peyron, notaire à Lyon, qui avait institué pour héritières universelles ses deux filles Jeanne et Marguerite laquelle avait légué tes biens que son père lui avait laissés â Jean do Vauzelles, prieur de Montrottier.

Cette Gonsultation dans laquelle Matthieu de Vauzellesplaide la cause de Jean de Vauzelles contre les frères Fourrier, fils de Jeanne Peyron,fut imprimée par J. de Tournes, Lyon, i552 , in-40 de 29 pages (IL de Lyon, 56 , nà 19039). — Jean de Vauzelles , probablement frère de Matthieu , était parent de. Maurice Scève; il est auteur de quelques ouvrages mentionnés par La Croix du Maine qui a omis celui qui a pour titre : Les Simulachres et historiées faces de la mort , etc. , à Lyon, soubs Vescu de Coloigne (enseigne de François Frellon , libraire), m. d. xxxvui , in-4", à la fin duquel 00 lit : u Excudebant Lugduni Melchior etGaspar Trechsel fratres. i538. » Ce livre* que M. Brunet a décrit, Man, m, 345 5 ne porte pas le nom de l'auteur , mais il est précédé d'une dédicace, en tête de laquelle on lit : « A moult « révérende abbesse du religieux couvent Sainct-Pierre de Lyon , Madame « Jehanne de Touszele, Salut d'un xray zèle. » Or, on sait que ces derniers mots d'un vray zèle étaient la devise que Jean de Vauzelles substituait à son nom. Voyez son article dans la Biogr. lyonn. , p. 5o8, et les Recherches de M. Peignot sur les Danses des morts, p. 55 et suiv.

1562. — Mort, à Bourges, de Pierre Prestreau ou Petreau , célestin . nt à Lyon, auteur d'un poëme latin , resté inédit , sur l'apparition de S. Pierre Célestin , aux habitants d'Aquilée, poëme dont voici les deux premiers vers :

Segnis apollineos torpor ne obnubilet artus , Ocius exsurgens , Mtuula , rumpe moras ; /

— La môme année, mourut un autre célestin du couvent de Lyon, Pierre de Sure , qui cultiva aussi la petite muse latine. Becquet cite les premiers vers de trois de ses poèmes; celui de la Translation de S. Pierre , Célestin, commençait ainsi :

Musula , si quœris gracili satiata eothuroo Egregise virtulis opus...

Le 6eul ouvrage de Pierre de Sure qui ait été publié, a pour titre : Le Voyage spirituel du Pèlerin de la Sainte-Mère V Eglise romaine ( S. Pierre de Luxembourg), jadis illustrissime cardinal, avec sa vie; à Avignon, chez Jean Parmentier, i56a, in-8°.

1563. — Mars 18. Les protestants, maîtres de Lyon depuis le 3o avril de Tannée précédente, adressent au roi un mémoire qui fut publié sous ce titre : La juste et sainte deffence de la ville de Lyon , etc. , Lyon , i565 , petit in- 8° ( réimprimé dans les Archives curieuses de l'/ùst. de France ).

1563. — Mars... Edit de Charles IX qui établit des juges pour terminer les différends qui interviendront poura raison de Ja levée et perception des droits de la douane (1) de Lyon , etc. Privilèges des foires de Lyon, p. 3g6.

(1) Douane. Spelraan dit que les Italiens ont emprunté ce mot des Français. Dictum, ce sont ses mots , a telonio Lugduni Gailorum, cui id nominis ; atque indè translatent in Ita- Uam. Le P. Meneslrier qui écrit doane , dit au contraire et avec raison que ce mot vient de l'italien dogana. Ce furent , suivant lui , les Lombards qui introduisirent en France cet impôt , t et qui en ont longtemps tenu la ferme. Hist. cous., p. tai. Voyez le Dict. étymologitj, de Ménage , I , 4'^° '» 'c Glossarium d'Adelung , v. Doana X'Hist. des sciences mathêmaùq. en Italie , par G. Libri ; H , 287 , et le Dict. des rues de Lyon , par M. Breghot du Lut ; voyez aussi infra, année 1574 , "d calcem.

— «Antérieurement au régne de François /er, une seule douane existait à Lyon, et le droit ne se payait que sur les draps de soie et d'or et d'argent venant de l'étranger. C'était une protection accordée aux fabriques de Lyon et de Tours. François 1er étendit les droits de douane sur les matières premières, c'est-à-dire, sur les soies teintes et cuites venant de l'Italie , de l'Espagne et du comtat Venaissin. Le droit était de 5 pour cent , lorsque les soies devaient se consommer dans le royaume. Il devait être perçu à Lyon , et on l'augmenta de a et 172 pour cent âu profit de la ville... En 1 547 , année de de lamort de François Ier,.. . on emprunta en foire de Lyon, 6,85o,844 livres 10 sous, probablement en avance sur la recelte courante... En i564, Charles IX. substitua ]e pont de Bonvoisin à la ville de Suze, pour l'entrée des marchandises d'Italie (et fit , le 4 avril de cette année , un nouveau règlement pour la douane de la ville de Lyon ). Sous Henri III, Lyon devint te siège de la jouaue pour toutes les marchandises du Levant , et Narbonne pour les étoffes et marchandises d'Espagne. Les marchandises venant d'Angleterre , de France et d'Allemagne, destinées pour l'Italie et les cotes d'Espagne, furent tenues d'aborder à Lyon et d'y acquitter les droits de douane. Cette obligation onéreuse fit chercher au commerce étranger une navigation directe avec l'Italie, et les Hollandais et les Anglais s'empressèrent de la lui procurer. » Hist. de l'Economie politiq. , par le vicomte Alban de Villeneuve Bargemont, 1, 343 et suiv. ; Hist. de Lyon , par J. Morin, yi, 76 et suiv.

1563. — Juin 9. Le Consulat adhère à I'édit de pacification du 18 mars précédent , dans lequel il est dit que les ecclésiastiques rentreront en la ville , dans la possession de leurs biens, et dans l'influence du culte catholique ; que deux temples seront affectés à l'église réformée, et que défenses seront faites aux sectateurs des deux cultes de s'outrager et provoquer. — Le Consulat se borne à prier le roi de ne pas permettre que les ecclésiastiques « voysent par la ville processionnellement portant leurs reliques et idoles « accoustumées. » J. Morin, v. 189. Voyez aussi Le Labourenr, Maz. 11, 16.

— Un des articles de I'édit de pacification portait que ceux qui étaient gouverneurs des provinces et de ville quand survinrent les troubles reviendraient dans leur gouvernement. Le comte de Sault n'avait pas tardé à revenir à son poste ; mais «ayant osté son masque, il n'alloit plus à la messe, ains faisoit profession de calvinisme. • Rubys, p. 399. Voyez ci-dessus , a5 septembre i56i , et ci-après , 5 juillet 1564.

1563. — Juini5. Le maréchal de Vieilleville, commis par le roi pour faire exécutera Lyon I'édit de pacification du 18 mars , arrive en cette ville. Rubys, p. 399; J. Morin, v, 190; Ménard , Hist. deNismes, iv , 33o. Voyez ci-après , 5 juillet i564 el septembre i5yo.

1563. — Juin 19. Charles du Moulin , célèbre jurisconsulte, qui se trouvait alors à Lyon , y public son Catéchisme. — Irrités de cette publication qui pouvait les compromettre , Messieurs du Consistoire le firent arrêter et mettre en prison , sur une accusation calomnieuse. M. de Soubise lui ayant donné des" juges devant lesquels il comparut, du Moulin fut élargi le 20e jour de son emprisonnement. Niceron, xxxiii , 90 , 96 et 11 5. — L'accusation calomnieuse dont parle Niceron, est probablement celle qui attribuait à du Moulin un livre qui parut alors à Lyon , sans nom d'auteur ni d'imprimeur, la Défense civile et militaire des innocens et de l'Eglise du Christ. Ce livre qui paraissait attaquer l'autorité absolue de la Couronne , fut censuré par le Cou-

sistoire et dénoncé â M. de Soublse qui ordonna que tous les exemplaires seraient supprimés « sous peine à ceux qui s'en trouveront saisis, et qui les t auront distribués..., d'être pendus et étranglés, sans aucune forme et figure « de procès, et sans espérance de grflce ni de modération de peine. » J. ftlorin, v, 190. Voyez aussi Teissicr, Eloges des hommes savants, 11 , 263.

1563. — Juin 24. « De par Monseigneur de Vieilleville , maréchal de France et lieutenant-général pour le Roy ès pays de Lyonnois , Dauphine, Provence et Languedoc, — il est ordonné que nonobstant la publication de l'édit de la paix pour accommoder ceux de la prétendue religion reformée , qu'il ne sera rien innové des lieux où les prédications se fout pour le jourd'huy, jusque à di me riche pour tout le jour, et commenceront dès lundy , ensuivant, faire leurs presches ès temples des Cordeliers et de Confort de là la Saône : «t deçà la Saône, au lieu nommé la Ghana où de présent sont les enfants orphelins, auquel lieu ils continueront l'exercice de leur religion iusques à ce qu'ils ayent basti les lieux qui serviront cy aprez à cet efl'et, et pour ce faire, entendu les grands frais qu'ils ont à fournir pour licenlier les gens de guerre qu'il faut premièrement deliurer, nous leur avons donné temps de construire lesdits lieux jusques à six mois à compter du jour et datte de ces présentes : après lequel seront tenus réellement et de faict se départir desdits temples aumesme estât qu'ils les auront trouvez : et néantmoins pourront retirer les sièges qu'ils ont faicts aux autres temples pour l'ezereice de leur religion. Défendant à toutes personnes de quelque qualité et condition qu'ils soient, tant de l'une que de l'autre religion, de contrevenir à nostre présente ordonnance sur peine de punition corporelle. Et afin que personne n'en prétende cause d'ignorance, avons ordonné les présentes eslre publiées a son de trompe et cry public ès carrefours et lieux accoustumez en cettedite ville. Donné à Lyon le 24* iour de iuin i563. Ainsi signé Vieilleuille. Par commandement de mondit seigneur le maréchal de Neufville. M. ; Paradin, p. 373.

1563. — Juillet iCr. Les foires qui, pendant les troubles , avaient été transférées à Chalon-sur-Saône , sont rétablies à Lyon par une ordonnance du maréchal de Vieilleville. Paradin, p. 365 et 373; J. Morin, v, 192.

1563. — Juillet 18 {Dimanche). Le maréchal de Vieilleville fait célébrer la première messe à St-Jean où il assiste avec les magistrats de justice , qui étaient revenus par son commandement pour reprendre l'exercice de leurs fonctions, et qui étaient tous catholiques. — La messe fut dite par le P. Emond Auger, Jésuite , qui prêcha avec tant de zèle qu'il ût pleurer tous les assistants. Pendant l'office , le comte de Sault , qui avait embrassé le calvinisme, se promenait avec sa garde sur la calade -de St-Jean , pour empêcher qu'il n'y survint aucun désordre. Rubys, p. 4oo ; A. P., Notice sur Emond Juger (Lyon, Barret . 1828 , in-8°) — M. Morin , ffist. de Lyon , v , ïqS , place au 29 août le rétablissement du cnlte catholique â Lyon ; c'est une erreur, du moins nous le croyons , et nous pensons que la date du 29 août doit être celle du jour auquel le service divin fut célébré dans toutes les autres églises , d'après l'ordre du roi communiqué au Consulat, par le comte de Sault, le 26 du même mois d'août. Nous ajouterons avec Rubys , p. 400, que le P. Auger, à partir du 18 juillet , avait continué à dire la messe et a prêcher tous le* jours à St-Jean, et qu'il fut secondé «par le bon frère Jacques Pyrus , « prieur des Iacobins, que les Protestans avoyent longuement tenu prison-

« nier à Pierre-Seize... » — Une seule église, celle des Corde Hors, resta aux prolestants pour l'exercice de leur culte, mais prévoyant qu'ils ne pourraient pas la conserver, ils obtinrent du maréchal de Vieil le ville la permission d'édifier un temple sur les fossés de la Lanterne. « Et lors , dit Rubys , p. 4oa , ils se mirent tous grands et petits , hommes et femmes , à porter la terre pour combler lesdicts fossez, et faisoit bon voir les damoyselles deux à deux, restroussces jusqu'à mi-jambes, montrant la greue,et la chausse bien tirée, portant le benot par les manilles , chantants leurs chansons de Marot et de Beze , à gorge dcsployée , et se faisoyent maintes belles collations es jardins de là environ , non sans beaucoup de commodité pour les amoureux... » J. Moriu, v , 197 et 319. Voyez ci-après, septembre , 1567.

1563. — Juillet.., Les chanoines de la cathédrale reviennent dans leur église. M.

15&3. — Août 10. Les Protestant* tiennent à Lyon le quatrième synode national des églises réformées de France. — Pierre Viret, alors ministre de l'église de Lyon, remplit, dans ce .synode , les fonctions de modérateur et de secrétaire. Un médecin de Lyon , Jérôme Bolsec, y figure dans le rôle des ministres déposés et vagabonds, et y est qualifié d'infame menteur et apostat. Aymon, Synod. nat. , t. 1 , part. 11, p. 5a et suiv. ; Ducatiana, p. 567 ; J. M. V. Audin, Hist. de Calvin, 11, 255.

1563. Septembre*.. Publication de l'ordonnance- de Charles IX du iode ce mois contenant « défenses de publier ou imprimer aucun livre ou écrit en ryme ou en prose, sans permission du seigneur roy, sous peine d'être pendus et estranglez. » Il fut aussi ordonné « que trois fois l'an seroit faite la visite des officines et boutiques des imprimeurs , marchands et vendans livres à Lyon, par deux bons personnages d'église, députés l'un par l' arche vesque, et l'autre par le chapitre dudit lieu, avec eux le seneschal de Lyon. » Conf. des Ordonnances, p. io3i. M.

1563. — Octobre... Le P. Emond Auger fait imprimer son Catéchisme et sommaire de la religion chrétienne avec un Formulaire de diverses prières catholiques et plusieurs advertissemens pour toutes manières de gens ( Lyon , Michel Jove, in-16). La permission qu'obtint Michel Jove , imprimeur-libraire, pour publier ce Catéchisme, fut donnée par le sieur Dufournel , lieutenantgénéral, sur le certificat de Jean Cyberand, officiai de la primatic de Lyon , et vicaire substitué du cardinal de Ferrare, archevêque et comte de Lyon , le 16 octobre i563. — Ce Catéchisme , si rare aujourd'hui, eut un grand nombre d'éditions, et fut traduit en latin et en grec. Sébastien Nyvelle en débita, dit-on, dans la seule ville de Paris, en l'espace de huit aos, 42,000 exemplaires. Il est a remarquer qu'on fixe au même nombre les Protestants qui furent convertis par le P. Auger. C. B. Nowo. mit., p. ai5. Voyez cidessus, 19 juin.

1563. — Le roi Charles IX désirant se décharger d'un grand nombre de gens de guerre étrangers qu'il avait en son royaume, auxquels il devait des sommes notables , fait publier un édit pour l'aliénation des biens immeubles du clergé du royaume , jusqu'à ( concurrence de ) cent mille écus de rente. « L'exécution de cet édit (rendu en mai i5t>3 ) fut fort pressée. Les départements faits', le diocèse de Lyon fut cottisé à la bomme de 68 mille livres pour une fois, pour le payement de laquelle les officiers du roi travaillèrent si diligemment que la justice ordinaire haute , moyenne et basse de l'arche-

vêquedcLyon fut mise en criées et adjugée au roi pour la9omme de 5o mille livres, et pour le supplément de prix, le roi assigna audit archevêque douze cents livres de rentes à prendre sur la recette générale de Lyon , et de plus récompensa en offices royaux tous les officiers de Ladite justice. Et ainsi cette justice ordinaire qui étoit entre les mains de l'archevêque de Lyon , fut unie et incorporée à la sénéchaussée et siège présidial de Lyon, et fait domaine de la Couronne... » Dupuy, Traitez touchant Us droits du Roy , p. 8^5. — On lit. dans le même ouvrage, p. 548 : « Pour ce qui est de la ville de Lyon et du Lyonnois , la seigneurie et la juridiction dont les archevêques jouissoient d'ancienneté sous la souveraineté et le ressort de nos rois , le transport par échange en fut fait en l'année i3ia , au roi Philippe-Ie-Bel et ses successeurs, par Pierre de Savoie , archevêque de Lyon. Et encore que le roi Philippe-le-Long eut remis et quitté sans juste ni légitime occasion ses droits a l'archevêque, en l'année i3ao, néanmoins en l'année i563 , le roUCharles y rentra et continua la possession de ses prédécesseurs.

1564. — ^rriï i5. Antoine du Pinet (i) dédie au comte de Sault les Plante, pourtraietz et descriptions de plusieurs villes et forteresses, tant de l'Europe , Asie et Afrique, que des Indes et terres neuues, etc. A Lyon , par Ian d*Ogerolles , M. D. txiiu. In-fol. — Le comte de Sault est qualifié par du Pinet, de a chevalier de l'ordre du Roy, et lieutenant dudit seigneur à Lyon. •» A la suite de la Dédicace est une « Description de la seigneurie de Sault, et depen- « dances d'icelle , etc. » Vient ensuite une Ode à Monseigneur le comte de Sault, Gouverneur du Lionnois, par N. 11. P. ( Nicolas Reynault ou Regnaud , Parisien ), etc., etc. La description de Lyon, précédée du plan gravé de cette ville , occupe les pages 29-3;. Du Pinet y répète à peu près tout ce que Champier avait dît avant lui ; nous n'en extrairons que les dernières pages qui font connaître l'état de Lyon à cette époque :

v ... Lyon est aussi fort riche en manufactures : de sorte qu'il y a peu de villes, je ne diz pas en France , mais en Europe, où les artizans ayent meilleure commodité de faire proffit qu'en ceste-cy. Aussi l'a-on (sic ) tousiours tenue comme un Fondigue (2) de deniers. Sur quoy je m'esbahiz de l'opinion d'aucuns, qui pensent les deniers des Banquiers estrangers tant Allemans, Italiens , que Espagnols, et Portugallois avoir esté, et estre cause delà richesse de Lyon. Vray est que où le maniement des deniers est , il apporte, par nécessité, profit. Mais à qui ? n'est-ce pas à ceux qui le uianyent , qui enfin , souz ombre de mille esc 11 z de monstre , et de bonne parade, pour vn an , ou deux , viennent à auoir promissions et crédit de dix mille , voire de vingt mille escuz , et puis laissent vne faillite pour mémoire de leur prud'hommie ! Joinct que tout ce qu'ilz manyent (hors-mis la marchandise d'AIIemaigne) n'est que superfluité et destruction totale d'un royaume. Du temps de ce9 braves roys de France , qui portoient les chapperons à borrcletz et à cornette, et les cheveux longs, à la fioëinienne, pensez-vous que les gentils-hommes et cheualiers laissassent de donner coups * de lances à cause de leurs chausses à queues, ou à la martingale ? Vne Damoisellc vestue de fine escarlate rouge, ou violette, ne sentoit-elle aussi bien sa femme de bonne maison , que nos'femmes de court font aujourd'huy avec lcur9 droguetz de soye, et leurs estamioes de toyle d'ortie ? En ce tempslà, le marchand estoit aysé à remarquer d'auec le gentilhomme , et le genlil-

(1) Ou Pinet , né à Besançon , a fait un long séjour à Lyon , et y a publié la plupart de ses ouvrages.

(a) Bourse , douane , dépôt , etc. Voyez Roquefort , Glossaire , V° Ponde et Fondic.

homme d'auec l'homme de longue robbe (i) : et tous néantmoins vestuz de draps de laine. Lors n'estoit question qu'vn simple bouchier, ou ortizan Lyonnois portast vn ascoustrement de trente escuz de façon , sans l'estouffe , tontes les Testes. Tous n'auoient pas la douzaine de paires de chausse de douze escuz la pièce , comme nous y avons veu de nostre temps. Mesmc qui ne les pouoit auoir , se roettoit à ribler , a voler cappes , et a crochelter boutiques , la nuyt, et le tout pour estre aussi braue et si hault au gibet , que son compaignon. Et d'où venoit tel désordre, sinon de la bombnnce et superfluité desdrapsde soye practiquée etmoyennéeà Lyon par les banquiers estrangers, qui , souz ceste douce poyson , ont tiré tous les deniers hors de ce royaume. Je ne diz mot des reventes et finances dont les diables Sainct Martin (sic) de ces vsuriers et succeurs despoures mal-aduisez , ont ruyné tant de bonnes maisons. Et par-ainsi, vous, Messieurs de Lyon, ne soyez trop eschauffez après telles denrées : dressez, en vostre ville, des arts et traffiques nécessaires à la conservation de vostre republique, et qui induisent les nations estranges à vous venir rechercher. Si le cours des draps de soye cesse, restablissez la laine en son entier , et luy déférez l'honneur qu'elle a eu de tout temps. Ne fait-il aussi bon voir un gentilhomme auec un collet de maroquin ou de buffle, qu'auec un pourpoint de satin bien broché et pourfillé ? Si fait certes. Pour cela néantmoins ie ne veux nier que les draps de soye ne soient faitz pour l'vsage de l'homme, et que le chrestien n'en puisse vser, et s'en servir, modestement et auec actions de grâces : mais seulement ie taxe l'abus, lequel i'ay veu si grand en ceste ville, que les tailleurs y estoyent princes , et comme petitz roys , tant estoyent grandes et superflues les façons des habillemens. L'homme chrestien se contente d'estre honnestement et simplement vestu : aussi fera la femme d'honneur, sans estre ialouse de l'attiffet de sa voysine. Et principalement auiourd'huy que la reformation euangelique y a lieu. Qui estvn poinct fort à noter. Car il n'y a eu Ordonnances royaux, Siège Présidial, Lieutenant criminel , luge criminel, ny Prévost, qui ayent sceu ny peu abbaisser la superfluité des habitz, destruire la paillardise, les blasphèmes, et les voleries ordinaires auxquelles ceste poure ville estoit tant subiecte , quelque force qu'ilz ayent mise après. Et neantmoius dez que ceste saincte semence Euangelique y a esté semée , on a veu tout cela evanouïr , comme fumée , pour le moins les desordres n'y sont plus si vulgaires qu'ilz estoyent du passé. Recognois donc ( ô ville de Lyon ) ceste main de Dieu , et tu seras heureuse. Ne pense pas que le Diable fasse tes foires riches et marchandes. Tout ton bien vient de Dieu , et d'iceluy fault attendre ta prospérité. Iette donc ton espérance en luy, durant les trauerses que tu sens à présent, et il t'exaucera. Pense à la grande grâce qu'il t'a faict, veu le changement qui aduint en toy le dernier d'apuril de l'an passé mille cinq cens soixante deux, que le tout a esté faict, sans effusion de sang. Y eut- il onc peuple plus acharné l'vn sur l'autre, qu'estoyent les Euangelistes, contre ceux qui tenoient le party de l'Eglise de Homme, veu mesmes les aduertissements qu'ils auotent des entreprinses contre eux dressées : et comme on

(1) «Userait i désirerpour lesmanufacturesdeLyon, disait, deux siècles plus tard, le marquis de Carraccioli, qn'on s'habillât autrement qu'avec de la mousseline et de la toile. On ne voit plus les femmes qu'en déshabillé , toujours en blanc , en hiver comme en été , et cette mesquine monotonie ne ressemble en rien à la véritable parure. On a beau changer de robes toutes les semaines , comme c'est toujours la même' toile et la même couleur, cela n'a rien de paré. Aussi voit-on la femme du commun aussi bien vêtue que la duchesse. C'est un délire qui ne peut pas toujours durer. » Voyage de ta Raison ; Paris , 1770, chap. lxxiu.

déliberoît leur fermer la porte du pont du Rosne, pendant qu'ils seroyentau presche au faux-bourg de l'Eguillotiere , pour estre, par après , à la mercy de certains gentilz-hommes du Dauphiné et de Sauoye ? Le chapple et meutre de Vassy et de Sens , de queleguillon leur a-t-il servy : et m es me ce qu'vn gentilhomme du Dauphiné dit à Lyon, au logis du Plat , qu'il en falloit exterminer la semence ; et que encores sa chemise estoil chaude et teinte du sang des Huguenotz de Sens ? Et néantmoins , ô Dieu , le tout est, iusques à présent , passé en telle modestie, que si tu chasses hors de toy et vengeances et pilleries, et que tu te conformes à la doctrine preschee au milieu de toy , tu serviras d'exemple de bénédiction aux autres villes de ce royaume , et accroistras ton los et renom de iour en iour. De quoy Dieu t'en doînt la grâce. Amen. »

1564. — Juin 1. Fête-Dieu. « Messieurs de S. Jean font la procession solennelle accoustumée d'estre faietc tous les ans ce jour-là. — Furent les rues tapissées, et y assista M. le mareschal (de Vieille- Ville) suivy d'une multitude infinie de peuple de tous les ordres et estats de la ville. Et durant icelle M. de Saull se promenoit par la ville avec sa garde, pour empescher qu'il n'y aduint point de desordre. » Rubys , p. 402 ; Le Laboureur , Mat. , 11, 17.

Iô64. — Juin i3. Entrée de Charles IX et d'Henri, prince de Bearn ( depuis Henri IV ). Rubys, p. 4°a ; Cérémonial de Fr. , 1, 898; Entrée solemn. , p. 78; Alm. de Lyon de 1746, p. xjij ; J. Morin, v, 200.— Voyez aussi Recueil et Discours du voyage du roy Charles IX par Abel Iouan, Paris , i566, in-8°. Voici le passage de cet ouvrage qui a trait au voyage de Charles IX ù Lyon : Après avoir passé deux jours à Chaions sur Saune , le roi partit de cette ville, s'embarqua le 5 juin sur la Saône 0 en un beau batleau que Messieurs de Lyon lui auoyent enuoyé', et alla « coucher à Mascon... » Le roi partit de Mâcon. le 19 , « et se rembarqua «* en sondit batteau,... pour aller coucher à l'Isle (Barbe)... » Le samedi 10 , « le roy s'en revint par eau pour aller souper à Lyon , au logis de M. le » Mareschal de Vieille- Ville , puis retourna coucher à l'Isle. » Le lendemain dimanche, lu roi « disna et soupa audict lieu et coucha à Lyon ( où il resta tout le jour suivant). » Le mardi i3 « le Roy, après disner passa la v rivière de la Sone pour aller faire son entrée en ladicte ville. »

1564. — Juin a4. Déclaration du roi , datée de Lyon, qui interdit l'exercice de la religion reformée dans les lieux de résidence royale. — Lhopital était alors chancelier. Mém. du Clergé, vi , 95; Recueil d'Isambert, xi , 170 ; J. Morin , v , 201.

1564. — Juin 28. Lettres patentes contenant le règlement des poids, aulnes et mesures de France, à l'instar de Paris. M.

1564. — Juin 29. Charles IX va dîner et souper au château de Beaure- . gard, 'belle petite maison (paroisse de St-Genis-Laval ). Il y trouve son frère, Monsieur d'Anjou , et revint coucher à Lyon. Abel Jouan , Voyage du roy par son royaume, < te. — «Catherine de Mcdicis qui aimoit fort les Florentins établis en France, fut bien aise d'aller avec le roi. son fils, dans un château (1) quiappartenoit à un de ses compatriotes,... Thomas II de Gadagne ,

(1) Le baron Jean-Baptiste de Fisicat qui le possédait ce châtean en 1789 , et qui y faisait sa résidence , mourut victime de la teneur le. 18 dérenibre 1793 ; deux de ses frères, Pierre Thomas de Fisicat, ancien chanoine d'Ainay , et M. fe marquis de Fisicat , le vendirent en détail , vers les dernières années de l'empire , à différents particuliers qui , préférant l'utile à l'agr.'able, ont fait disparaître peu à peu les belles salles d'ombrage, principal ornement de celle ancienne villa. Lyon. Spon , Recherche des antiquités de Lyon, p. 196.

qui.... épousa Hilaire de RJarconnay , et qui en eut Claude de Gadagne> seigneur de Bcauregard qui épousa , au château de Saligny, le i5 juillet 1604» Eléonore de Saligny, Gllc de Lourdin-Gaspar de Coligny, seigneur de Saligny ( Du Bouchet, Preuves de VHist. de la maison de Coligny, p. 1 178 ). »» Notes sur Abel Jouan , par le marquis d'Aubais. ( Pièces fugitives , tome /er ) ; Cochard , Arch. du Rh. , 111 , 95.'

1564. — Juillet 4. Charles IX , ayant appris que le duc et la duchesse de Savoie se disposaient à venir lui présenter leurs hommages, se rend audevant d'eux à Miribel pour les y attendre , et dine au château de cette ville. Abel Jouan , V oy, du roi, etc.; Paradin, Hist. de Lyon, 1. 111 , c. 5q ; Théod. Laurent, Hist, de Miribel. p. 8. — C'est par erreur que M. Fievee, Biogr. univ. , art. charles ix, a dit que ce prince rendit à Lyon, ce même jour 4 juillet , l'ordonnance qui ûxa le commencement de l'année au mois de janvier. S'il faut s'en rapporter aux auteurs de Y Art de vérifier les dates, 1 , 408, cette ordonnance aurait été rendue au château de Roussillon , le 4 août suivant. Toutefois, Charles IX n'aurait fait que renouveler l'article 5g de l'édit de Paris du mois de janvier i563 (probablement i564, n. s.), lequel article porte : «Voulons et ordonnons qu'en tous actes , registres, ins- « truments, contrats, etc. , l'année commence doresnau^ntet soit comptée » du premier jour de ce mois de janvier.» — C'est Raoul Spifame, avocat au parlement de Paris, qui eut le premier l'idée de commencer l'année au premier janvier; mais il était réservé au chancelier de Lhopital de faire cesser toutes les différences dans la manière de compter l'année en France. — Les secrétaires du roi exécutèrent l'édit au mois de janvier qui suivit celui du mois de décembre i564; mais le parlement ne commença à l'exécuter qu'au mois de décembre i566. Prost de Royer, Dict. deJurisp., iv , 759 et 8î*3 ; Biblioth, de l'Ecole des chartes, tome a , p. «187. Voyez ci-après , 1 novembre i58a.

1564 (et non 1563). — Juillet 5. Départ du maréchal de Vieilleville (J. Morin, v , 191 ). — Avant son départ, M. de Soubize et le comte de Sault quittèrent Lyon, emportant tout ce qui leur appartenait. Mémoires de Vieilleville , 1. x, c. xm (où ce dernier fait a été placé par erreur sous la date de septembre 1570). — Vers la fin de cette même année 1Ô64, le Consulat (qui était «partagé de catholiques et de protestants» ) fît présent de

mille écus d'or sol à M. le duc de Nemours, gouverneur de Lyon, pour qu'il fît rappeler le comte de Sault. Notes de M. Sudan qui renvoie à un

acte consulaire du ao octobre i58o. Voyez ci-dessus au i5 janvier i56a, et ci-après au 10 novembre 1 56j. — Le comte de Sault «avoitété destitué de

« son gouvernement à l'instance des trois estats de la ville et pro-

« vince lyonnoise, et le sieur de Losses mis en sa place. » Le Laboureur, Maz.y 11, n3.

1564. -~ Juillet 6, Charles IX , accompagné de la reine-mère, du duc d'Anjou et du prince de Navarre (depuis Henri IV), se rend, suivi des principaux seigneurs de sa cour, d'abord au château de Beauregard où il dîna , et ensuite au château du Perron, alors possédé par Albisse d'Elbène, qui leur offrit une magnifique collation. — Albisse d'Elbène, d'une ancienne famille de Florence, et Lucrèce Cavalcanti, sa femme, avaient acheté le château du Perron (situé à Oullins, près Lyon ) d'Antoine de Gondy. Après différentes mutations, et en 1761, le Perron fut acquis par les administrations de l'Aumône générale de Lyon. Voyage du roy, par Abel Jouan*, Archives du Rhône , 11, a88. Voyez ci-dessus , 2Qjuin.

1 564. — Juillet 7. Déclaration du roi portant que le Solliciteur général du roi n'est pas tenu de la consignation exigée par l'édit de novembre i563. — En Angleterre, le procureur général s'appelle encore Solliciteur général. — Ce doit être aussi à Lyon que Charles IX rendit une autre déclaration , datée du 14 juillet, portant que, dans les villes qui ont un siège d'Archevêché ou d'évôché , ou une cour de parlement, l'élection des prévôts des marchands , maires, échevins et autres officiers municipaux sera double â l'avenir. Recueil d'Isambert , xi, 1 72.

1564. — Juillet 9. La violence de la peste qui s'était manifestée a Lyon depuis quelques jours , engage la cour à quitter Lyon et à aller en Dauphiné.

— Le roi avait séjourné a Lyon vingt jours « durant lesquelz il prenoit plai-

• sir à s'esprouuer sur la rivière après souper, et à faire sonneries Moresques

- qu'il faisoit bon vcoir. •> Charles reput à Lyon l'ordre d'Angleterre , en retour du sien qu'il avait envoyé à la reine Elizabeth. Abel Jouan , Voyage du roy.

Avant son départ de Lyon , le roi ordonna qu'il serait construit une citadelle sur la colline de St-Sébastien. Arch. du R/i.9 vm, 21, et x, 3 i 5 (voyez ci-après, au 3 mars i566 et au 3o juillet i588). — La reine-mère ayant laisse' M. de Birague à Lyon, pour gouverner en l'absence du duc de Nemours, le pape Pie îv en fut très-mécontent; car il taxait Birague de luthérianisme. P. Matthieu, Hàt. de Charles IX , c. 5. — Le 4 &oût9 la cour était au château de Roussillon. Voyez ci-dessus au 4 juillet' — - Suivant Rubys, Privilèges , p. 3o, la contagion de peste fut telle et si extrême « que

• les deux tiers pour le moins du petit menu peuple en mourut, et la plus « part du reste des habitans fut contrainct s'enfuir ça et là pour éviter la « mort, et en fut iaditte ville tellement deshabitée que l'herbe croissoit par

• les rues...» — On lit dans une lettre adressée par le Consulat à Henri IV, le 5o mai 1598 , qu'il mourut ù Lyon en 1 564 « plus de 60 mille personnes , « pour n'y être demeiré aucun de qualité pour y tenir la police. » S.

1564. — Septembre 6. Mort à Montagny, près Lyon, de Jacques de Clèves , fils de François de Clèves, duc de Nevers et frère de François II. Guy Coquille , Hist. de Necers3 p. a53.

1564. — Sep tembre 9. Antoine d'Albon, élu archevêque de Lyon (en remplacement du cardinal de Ferrare, avec lequel il avait permuté en i562), prend possession de son siège dans l'église de Sl-Symplorien-le-ChHteau, en Lyonnais, où les chanoines de St- Jean s'étaient retirés à cause de la peste. Cochard, Arch. du Rh,, v, 140. — Suivant le Gallia Christiana, ce serait à St-Syraphorien d'Ozon, en Dauphiné. Nous avons lieu de croire que M. Cochard était mieux instruit. Ce fut aussi, suivant ce dernier historien, à St-Symphorien-le-Chateau que le chapitre de Lyon se retira pendant la peste de i58i. Arch. toc. cit. — Le nouvel archevêque ne vint à Lyon que vers les fêtes de Noël. On ne lui fit point d'entrée. Rubys, p. 4o4; J. Morin, v, 2o3. Voyez ci-dessus , 22 avril i566.

1564. — Etienne et Guillaume de La Barge , chanoines, rendent au chapitre trois calices, deux bassins, trois chandeliers, deux encensoirs , "deux galères, deux burettes et un reliquaire qu'ils avaient emportés pendant les derniers troubles. — Deux autres chanoines rendent un reliquaire de la croix enchâssée en or avec douze pierres précieuses el quatre perles. — Les* dégGts faits à Lyon par les huguenots sont estimés plus de 5o,ooo écus, non compris la ruine des maisons. M.

1564. — Le chapitre soutient ne devoir aucun fief au duc de Mont-

pcnsier , souverain des Dombes , mais , ou contraire, qu'il le doit au chapitre, à cause de Trévoux, Chalamont, Montmerle, Beauregard et Chûtelard, conformément aux transactions passées entre le chapitre et les prédécesseurs du duc. M.

1 565. — Avril 5. Pierre Viret dédie à Renée de France son livre de l' Estât et conférence de lavraye religion, etc. — Sa dédicace est datée de Lyon. Arch. du Rli., vi, 554» Voyez ci-après, n Juillet i5yr.

1565. — Avril.,, « En ce mesme temps vindrent nouvelles que, dans la ville de Lyon, s'estoit levé une nouvelle secte aultre que calviniste et viciste (i) laquelle en l'escole des huguenots avoit baillé positions pour disputer , et disent qu'il ne faut aultre sacrement que le baptesme, et pour ce différèrent leur cene. » Journalde Bruslart, t. i, p. i65 des Mém. de Condè.

i565. — Avril ... Charles IX envoie à Lyon le sieur de Tavelles , gentilhomme ordinaire de la chambre, pour y recevoir les ambassadeurs des Ligues suisses qui viennent jurer le renouvellement d'alliance convenu entre lui et les Suisses. Il recommande aux habitants de les bien recevoir, et de leur faire o présent de vins, conûtures et aultres honestetez accouslumées en semblables cas. » Nouv. ardu du Rh,, î, 218 et 219. — Le 3i mai suivant, le Consulat donna aux ambassadeurs suisses un banquet où il y eut « cent trente personnes d'assiette et douze platz bien garniz. — Les frais de ce banquet s'élevèrent ù 5a3 livres, ia sols, 6 deniers tournois. Voyez les Documents tirés des archives delà ville (de Lyon, par M. Godemard ) , p. 29-31.

1565. — Mai 1. Remise est faite des clés du collège de la Trinité, par deux conseillers-échevins , au P. Emond Auger, jésuite , lequel en prend provisoirement possession, au nom de sa compagnie, en vertu de l'autorisation qui lui avait été donnée par le Consulat. — Les jésuites éprouvèrent bien des obstacles avant de pouvoir s'établir à Lyon où les protestants étaient alors très-nombreux. Depuis près de quinze années tous leurs efforts avaient été impuissants, et, s'ils vainquirent les répugnances du Consulat, il parait que ce fut grâce à la protection toute-puissante de l'archevêque Antoine d'AIbon. Dès 1 55 1 , et par lettres patentes d'Henri II, du mois de janvier, ils avaient obtenu la permission de fonder un collège à Paris, mais « non ès autres villes. • Recueil d'Isambert, xiii , 178; Hallam , Hist. de la litt. de l'Europe, t. n , p. 65 de la traduction française. — Suivant Menestier (notes inédites) , les jésuites furent mis en possession du collège par Néry de Torvéon, lieutenant et magistrat criminel en la sénéchaussée et siège présidial de Lyon. Voyez ci-dessus, 2t déc. i56a, et ci-après , 28 août 1762.

1565. — Juin 6 ( le mercredi après l'Ascension). Messire Antoine d'AIbon préside un synode des recteurs et curés de son diocèse.. M* Jean Henrici, son suffragant, évêque de Damas , y fait lecture des statuts dressés par l'archevêque. — Ces statuts furent publiés l'année suivante par Léonard Janier, prêtre de St-Etienne-de-Furan et chanoine de St-Rambert-en-Forest , dans un volume ayant pour titre : Probation des Saincts Sacremens de l'église, etc. Paris, petit iu-8°, réimprimé , ibid, 1577, in-16.

1565. — Juin ai. four de la Fête-Dieu. Un avocat qui avait loué le pre-

(1) W'tkUfuies, suivant l'éditeur des Mem.dc Candi ,— peut-être faut-il lire Hussite qu'on écrivait alors Viùttc ou Visite.

mierétagede samaisonà un catholique, ayant vouluj'empêeher de tapisser, et ayantinjurié un conseiller du présidial qui était intervenu, est arrêté parM.de Losses , et conduit en prison. — Traduit en justice , cet avocat fut condamné à faire, la torche au poing, amende honorable devant le siège du présidial et devant l'hôtel de M. de Losses, et en dix mille livres d'amende qui furent emloyéesà reconstruire le palais royal de Roanne qui, suivant Rubys, en avait ien besoin. Hist.de Lyon,?. 4o5et5o2. — M. de Losses qui avait été nommé lieutenant-général au gouvernement de Lyon en remplacement de H. de Sault, était capitaine des gardes écossaises. Il avait été gouverneur d'Henri IV, dans sa jeunesse; la reine Marguerite parle de lui dans ses Mémoires. Menestrier, Notes chronolog., année i56i ; Rubys, Hist. p. 404 et 407; le même, Privilèges, p. 37. Voyez ci-dessus , 5 juillet i564«

1565. — Juin 29. Jour de S. -Pierre. « ... Comme les catholiques de la paroisse de St-Pierre se rejouissoyent entre eux, dansants en la place qui est au devant de l'église , comme ils avoyent de cousturae d'aneienneté , voilà un ministre protestant, nommé Ruffy, accompaigné d'un nommé Terrasson , lequel, pour avoir eu quelque commandement en là ville durant les troubles, se faisoit renommer capitaine, sort de sa maison, là voisine , et prend de gorge les catholiques, d'où s'esmeut grand rumeur ; et vint-on de verbis adverbera , et fut Terrasson terrassé , et demeura mort estendu sur la place. M. de Losses y accourut avec sa garde ; mais il ne peut jamais trouver qui avait fait le coup. Et néanmoins il fit emprisonner par soupçon plusieurs catholiques qui , puis trouvez innocents , et l'information veiie au conseil privé du roy, furent eslargis. Et Ruffy qui se trouvoit chargé d'avoir esté te promoteur et la cause du scandale et du désordre, fut chassé de la ville.» Rubys, p. 406; C. B. Mél. p. 169. Voyez ci-dessus , "au 4 septembre i56o.

1565. — Juillet 3i . Claude de Rubys est reçu à i'estat de procureur- général delà ville et communauté de Lyon , ensuite de la résignation qu'en avait faite à son profit , moyennant honnête récompense , maître Pierre Grolier qui l'avait eu par la résignation de Jean de la Ressée, son prédécesseur. Rubys, p. 406.

1565. — Septembre... RI, de Losses est rappelé à Paris par Charles IX , qui le remplace par le président de Birague. Celui-ci arrive à Lyon vers la tin de ce mois , et prend les rênes du gouvernement, en l'absence du duc de Nemours ( qui avait succédé comme gouverneur de Lyon , au maréchal de Saint-André, tué à la bataille de Dreux). Rubys, p. 4o4 et 4°7» Pendant son séjour à Lyon , de i565 à i568, M. de Birague fut la terreur des Huguenots. «Illes malmena, les écarta, et les défit en tant de rencontres « qu'il en acquit le glorieux titre de Marteau des hérétiques et de défenseur « de lafoy .. » Eloges hisl. des Cardinaux illustres , par Henry Albi (Jésuite ) ; Paris, 1744? in-4°> P« 354.

1565. — Octobre 3. Ouverture solennelle des classes du collège de la Trinité. — Le P. Perpinien , Jésuite , prononce à cette occasion une harangue latine qui fut imprimée sous ce titre : De retinendâ veteri religione ad Lugdunenses. Ce religieux était arrivé à Lyon, le 18 septembre précédent, pour y expliquer l'Ecriture-Sainte, mais il fut bientôt appelé à Paris où il se trouvait au moisfde juin del'année suivante , et où il mourut le 28 octobre de la même année. Ses lettres contiennent des particularités curieuses pour l'histoire de notre ville. Ce Jésuite, omis à tort dans la Biogr. univ. , a un art. dan? Moréri.

1565. — Octobre 1%. \Iort à Paris de Jean Grolier , trésorier général des

armées françaises dans le Milanais, ambassadeur de François Ier à la cour de Rome, le Mécène des gens de lettres, et le premier bibliophile de son temps. Il fut inhumé dans l'église de S. Germain des Prés. On lisait sur son tombeau :

Cy gist Messire Jean GroLier en son virant chevalier seigneur vicomte d'Aguisy, trésorier de Milan et de France en la charge et trésorerie outre Seine et Saône , général des finances du roi) qui trespaisa te 22 octobre i565. Priez Dieu pour lui.

Et au-dessous de son effigie :

Johanni Grolerio, Insubriœ dudum, Galliœ nuper qnœstori castiss. fideliss. integerr. V . C. virtutum omnium imprimis et xenerandœ antiquitaiis observantiss. studiosiss. Anna et Jacobella /itiœ, Antonius et Pctrus nepotes parenti cariss. m. m. m. P. P. vixit annos lxxxvi. Obiit xi kal. novembr (1).

1565. — Pose de la première pierre de la nouvelle e'glise de S. Just. Rubys, p. I39. — Cette nouvelle e'glise fut construite sur les fondements d'un logis connu sous le nom de Saint-Antoine, acheté, par le chapitre, de François et Jean Langlois, le 21 septembre i564« Ce n'est qu'au commencement du xviii0 siècle qu'on a élevé la nef et la façade, et c'est en ? 747 que l'on y a mis la dernière main. Cochard, Not 'ce sur te bourg de Saint- Just , p. xix. — En 1756, pendant qu'on bâtissait une nouvelle chapelle destinée à des stations sur les ruines de l'ancienne église de Saint-Just , détruite par les Huguenots en septembre i562 , on découvrit trois tombeaux antiques avec leurs inscriptions ; le premier était celui de Flavius Florentius, ex tribun, militum qui vixit annos lxxxvu, mititavit xxxvin, et positus ad Sanclos probat. ann. xvi ; le 2* celui iVAlutalo ou Alwalon^ archevêque de Lyon, vers la fin du ix" siècle ; et le 5* celui d'une jeune fille appelée Leucadia , consacrée à Dieu. Le premier tombeau contenait un squelette entier couvert de sa peau. A celte occasion le peuple ayant vénéré ces reliques , comme si elles eussent été de quelques saints , M. de Rochebonne , archevêque de Lyon, lança , le 12 décembre de la même année, un mandement qui ordonna de murer les portes de la nouvelle chapelle. Archives du RJi. , iv , 167, et xm , 205; Mèm. de CAcad. des inscriptions , xvm , 242.

1566. — Mars 5. Fondation de la tour de la citadelle de S. -Sébastien , dont Charles IX avait ordonné la construction ( voyez ci-dessus au 9 juillet i564)- — L'astrologue Junctin s'exprime ainsi , à propos de cette fondation : Tuiris Lugdunensis fundationi fortuiler interfui , sedhanc horam ( 21 post meridiein ) non approbavi, quoniam Mars quadrangulabattir Soli, et Saturnus conjunctus erat Lunœ, et Mercurius dominus horoscopii infortunatus e*'at : quare nunquam hoc œdificium ad perfectionem perveniet , etc. Spéculum astrologie, 1, 817. Voyez Laval, ffist. des troubles , livre iv, ad calcem , et ciaprès , au i5 juillet i588.

1566. — Mars... Mort de Louise Charly, dite Labé, surnommée la Belle- Cordière , célèbre par sa beauté et par ses talents littéraires , née vers 1Ô25. — Claude de Rubys qui avait environ 27 ans lorsqu'elle mourut , et qui a dû la connaître, a porté sur elle le même jugement que Jean Calvin (2) et

( 1) Voyez sur Jean Grolier son article dans la Biographie lyonnaise , p, r3yt et ajoutez aux sources qui y sout indiquées : Amett, Aninauiry into the nature and form 0/ the book» , page* i3o. el suiv.

(2) Voyez les OEuvres de Lovize Labé, Lyon , 1824 , p. xli.

Pierre de Saint-Julien (i). Voici en quels termes il s'exprime, p. 27 des Privilèges des hahitans de Lyon publiés en i5?4 ; Entre lesquels martyrs « (ceux de la primitive église) furent la vertueuse dame Blandine que Pa- « radin devoit proposera nos dames de Lyon pour mirouer et exemplaire « de vertu et de chasteté, et non cette impudique Loyse L'Abbé, que cha- « cun sait avoir fait profession de courtisanne publique jusquesàsa mort... » Il est à remarquer qne Paradin qui n'est mort qu'en i5go a laissé sans y répondre cette accusation que Rubys a renouvelée de plus fort, dans Y Avantpropos de son HisU de Lyon, publiée en 1604. Voyez la Biogr. lyo/in. , p.. 160 ; les Arch. du Rh. , 1, 35, et lu , 160 ; les Tablettes chronol. d'A. P. , année 1824 » <*d calcem.

1666. — Septembre 1. Fêtes à l'occasion de l'entrée de la femme du gouverneur, la duchesse de Nemours. — II y eut entr'autres réjouissances «une charavary ou chevauchée de l'asne contre les maris qui s'estoyent laisser -battre à leurs femmes , qui fut chose fort plaisante à voir, et fut de l'invention d'un nommé Jean Perron, imprimeur, et l'un des gardes dù maistre des ports, homme fort facétieux et propre pour telles inventions. » Rubys, p. 409. Voyez le Recueil faict au xray de la cheuauchèe de l'asne, etc. Lyon , Guillaume Testefort , pet. in-8°, réimprimé par les soins de MM. Duplessis, Breghot et P. , Lyon , Barret , 1829, in-8*. , — et ci-après , 17 noxembre i5;8.

1566. — Décembre 1. Mort d'Humbcrt de Masso , trésorier de France, échevin en i554 , inhumé dans l'église de S.-Paul avec cette inscription :

». o. m. ffumb. de Masso , patritio Lugd. coss. un, quœstori regio de rep. opt. merito et Clementiœ Grol cr , ejus conjugi carissimé , Antonius Guiotus , Joannes , Petrus , Claudius et Magdalena parentibus optimis et pientiss. œterno fœdere conjunclis. — P. C. Obiit ille anno %pi hdlxvi. Cal. dec. œtatis siue lxiii, Ula anno mdlxxx. xiv cal. Jan. œtatis lxxiii.

1566. Le roi envoie ù Lyon deux cents suisses pour la garde de la ville. M.

1566. — Le chapitre passe procuration à Pierre de Pinac ( Epinac ) et à Marc de Passac , chanoine, afin de s'opposer à la publication du concile de Trente, pour ce qui concerne l'article qui révoque les exemptions de chapitres , étant en possession d'exemption de l'archevêque pour eux et tous ceux de leur église , avec leurs domestiques sur qui ils ont toute juridiction. M. ; Biogr. univ. , art. Epinac ( d' ).

1566. — Le chapitre répond à la demande que le roi lui avait faite de changer la rente noble que l'archevêque et le chapitre avaient dans la ville contre ce que la reine avait en Auvergne. Cette pièce, dit le P. Menestrier , est curieuse , et contient de fort belles choses de l'église. Notes inéd.

156(3. — Suppression de la fête du Guy. Voyez Prost de Royer , Dict. de Jurispr. , art. A -Guy- Tan -neuf, et les Statuts de V église dt Lyon , promulgués en i566 et en 1667.

1566. — Mort , à Limay-les-Mantes , de François de Larbent, célestin du couvent de Lyon où il était entré en i5ia. — Il fut successivement prieur dans plusieurs maisons de sa congrégation. Il coopéra à la version de la Bible, donnée en i55o par les docteurs de Louvain , et publia à Paris , l'année suivante, une traduction du Paradisus animœ d'Albert le Grand. 11 a

(i) GemelUs ou Pareilles , Lyon , 1584 , p. 324 .

laissé en manuscrit un Traité des articles de ta foi, selon leur analogie avec la musique. L'auteur, suivant^Pernetti, 1, 33 1, soutient, dans ce bizarre ouvrage, que « tout ce qui appartient à la foi consiste dans le nombre , le poids et lu « mesure ; il dérive de là le rapport de la foi avec la musique... La basse , « la taille et la haute-contre désignent la foi, l'espérance et la charité,... <« Les articles de foi sont marqués par les jointures des doigts ; c'est latabla- « ture des sons , etc. » — Les biographes varient sur l'orthographe du nom de ce religieux ; du Verdier et Bccquet l'appellent de V Ârbcn , et dom François, Àrbtn, sans particule; nous croyons que son véritable nom est Larbent, car c'est ainsi qu'il est nommé dans un acte consulaire du 8 février i53i ( i53a, n. s.)- Peut-être était-il né à Jrben, village du département de l'Ain.

1567. — Septembre i4» Les échevins de Lyon aliènent aux Jésuites le collège de la Trinité, en stipulant toutefois, par respect pour les actes de 1627, que la propriété du collège et même les accroissements qui pourraient y être faits, reviendraient à la ville, si la Société en quittait la direction. Ârch. du Rhône , vu. — L'abbé du Tems , Hist. du Clergé de France^ iv , p. 38a , donne à cet acte la date du 17 septembre. Voyez ci-dessus , au iet mai i565.

1567. — Septembre 28. Charles IX adresse à M. de Birague, lieutenantgénéral de la province de Lyonnais , en l'absence du duc de Nemours , deux lettres datées , l'une de Meaulx , l'autre de Paris. — Ce prince était sur le point de signer la première de ces lettres, lorsqu'il fut averti que ceux qui s'étaient élevés contre l'autorité royale marchaient droit à lui pour le veuir enfermer dans Meaux où avec lui étaient logés ses Suisses : « Ce que voyant , dit-il dans la seconde lettre, je me suis résolu de monter à cheval et emmener avecques moi lesdicts Suisses pour me mettre dans ceste ville de Paris : chose qui m'a si bien et heureusement succédé que, Dieu mercy, j'y suis de présent, comme aussi sont lesdicts Suisses , lesquels ils ont essayé d'entamer et les combattre, mais ils s'en sont si mal trouvez qu'ils n'en ont rapportéque lahonte. Dont je vousaibien voulu advertir, afin que, si, suivant leur coustume , ils faisoyent courir leurs bruitz accoustumez d'y avoir eu quelque avantage, vous puissiez certifier à tous mes bons et loyaux «ubjects qu'il n'en est rien... * — Ces deux lettres ont été imprimées , Lyon , Michel Jove, 1567, pet. in-8\

1567. — Septembre... Le P. EmondAuger qui se trouvait à Tournon , étant secrètement averti que les religionnaires cherchent à surprendre Lyon , part aussitôt, et se rend chez M. de Birague. Il lui fait part de ses craintes qui sont confirmées par un boucher catholique , qui s'était sauvé de MScon où les Calvinistes venaient d'entrer, et qui, arrivant à franc étricr, le dimanche soir, jour de S. -Michel, 29 septembre, donna comme nouvelle certaine l'intention des Protestants de s'emparer de Lyon , lorsque minuit sonnerait à l'horloge de St-Nizier; signal convenu, disait-il , avec les réformés qui étaient dans la ville, où ils devaient forcer tous les postes de l'intérieur et faire main basse sur les catholiques , pendant que l'armée des calvinistes enfoncerait les portes de Lyon. M. de Birague convoque à l'instant les bourgeois les plus notables et les plus dévoués à leur patrie et à leur religion. A peine en a-t-il réuni quelques-uns, que le prieur des Dominicains, effrayé des mouvements que les réformés faisaient depuis la chute du jour dans les environs de la place Confort, vint lui en donner avis. Les bourgeois prennent aussitôt les armes , et vont occuper sans bruit les postes les plus importants, et surtout ceux qui ayoisinent les remparts. Sur ces entrefaites , le

P. Augcr, qui avait mandé les horlogers de la ville, intime à celui qui était chargé de régler l'horloge de St-Nizier , l'ordre d'eu arrêter la sonnerie , et enjoint aux autres de faire sonner différentes heures d'une manière irrégulière à toutes les autres horloges des églises et des édiGces publics, afin que les conjurés attentifs au signal convenu, ne pouvant, dans la confusion de toutes ces horloges, se trouver en masse au rendez-vous à l'heure indiquée , y vinssent ou trop tôt ou trop tard, suivant qu'ils seraient diriges par le mouvement déréglé des sonnerie6. Le stratagème d'Àuger réussit à merveille , et les Protestants voyant leur complot découvert , se retirèrent en désordre, ou tombèrent dans le piège qu'ils avaient tendu aux Catholiques. Ceux du dehors ayant vainement attendu que minuit sonnât à St-Nizier, et se doutant bien que leur projet avait été déjoué, partirent avant la pointe du jour, et, pour se dédommager d'avoir échoue dans leur entreprise , ils se dirigèrent sur Vienne et sur Valence, où ils mirent tout à feu et à sang. A peine les Lyonnais eurent-ils échappé an danger dont ils avaient été menacés pendant toute la nuit , qu'ils se portèrent aux deux temples des calvinistes , et les rasèrent de fond en comble (i). A. P. 5 Notice sur Emond Au ger. Voyez aussi le Résumé de CHist. de Lyon , par A. Jal ; les Archives du Rhône, iv , 161 ; l'Almanach dt Lyon pour 1746, p. xliii ; J. Morin, v, 218. — Parmi ceux qui avaient trempé dans le complot du 29 septembre , llubys cite (Prtxilèges , p. 58) Jacques Baronnat, l'avocat de Baiz, Perrault le cadet, de Saint-Chaumond, tous partisans de l'amiral Coligny, lesquels tenaient, avec les autres rebelles, leur consistoire au logis de la Girofflèe.

1567. — Octobre 10. Publication d'une ordonnance rendue par M. de Birague , gouverneur en l'absence de M. de Nemours (imprimée, Lyon, Michel Jote, 1567, pet in-8°de 4 pages), rendue la veille, et conçue en ces termes; « Deffenses sont faictes à tous de quelque qualité et condition qu'ils soyent , qui ont esté par cy devant de la religion prétendue reformée, tant ceulx qui se sont reduicts et reconciliez que aultres non reduietz, d'eulx enrôler et mettre des compagnies qui ont esté adressées pour le service de sa Majesté , tuition et deffence de ceste ville , à peine de la hart : Et sur les mêmes peines enioinct ausditz de la religion prétendue reformée , reduietz et non reduietz , qui se sont mis esdictes compagnies , et ont esté enroolez, de poser les armes, se mettre hors des dictes compagnies , et eulz casser dedans ce iourdhuy : Et enioinct aux cappitaines de les casser et désarmer incontinent, sans que lesdietz réduietz et reconciliez, et qui pourront cy après estre reduietz et reconciliez puissent porter armes quelconques par la dicte ville, ny en tenir en leur chambre , maisons et habitations, ni ailleurs, directement ou indirectement, par personnes interposées , soubz quelque couleur ou prétexte que ce soit. C, néantmoins est réservé ceulx qui se seront trouvezséditieulx ou auoir fait de resserrer profession de foi par faintise et simulation. — Pareillement sont faictes deffenses à tous penons , quaterniers et aultres de ne permettre au-

(1) L'un de ces temples avait été construit, en juillet 1563 , dans les fossés de la Lanterne , aux Terreaux : l'autre est probablement celui qui avait été bâti sur la place de la Fleur de Lys, et qui , après sa destruction, fut remplacé par une boucherie que les recteurs de PHôtel- Dieu firent construire en 1568, et non en 1562, comme l'a dit M. Dagier , dans l'Histoire de cet hôpital. — Plus tard, et peut-être sous Henri IV, les Protestants fircut bàlir un temple dans la rue Paradis, et le conservèrent jusqu'à la révocation de l'édit de Nantes, époque à laquelle on en disposa pour y former un établissement de charité destiné au soulagement des pauvres lionteux et des indigents de la paroisse de St-Nizier. Journal de Lyon de I787 » p. 250 et 310; Cockard , Description de Lyon , p. 95 ; J. Morin, v, 197 et 219. Voyez ci-dessus , 18 juillet 166 3 ; et ci-après , année 1 570 et 1600.

cune marchandise, biens , meubles et aultres eslre transportez et mys de de maison en aultre , encore que ce fut en maison de catholique, sans nostre commandement et ordonnance , sinon par les personnes qui ont esté et seront commis et députez par nous, les officiers de la Justice, ou le consulat de ladietc ville, ausquelz penons , quaterniers et aultres estenioinct de prester la force, aide et faneur nécessaire ausdicts députez. — Que ceux de la dite religion prétendue reformée qui ne sont de qualité et respect, et n'ontbiens, estats, négociation et traffîque notable , soient ( sic) seruiteurs ou maistres , artisans et aultres, seront tenus vuider la ville dedans ce iour , et sortir par la porte neufue sainct Vincent. Et ne pourront s'assembler que deulx ou trois pour le plus. Et à eulx faict deflences de s'assembler en plus grand nombre par quelque commandement que ce soit , à peine de confiscation de corps et de biens, sans qu'ilz se puissent aider ou seruir des permissions qu'ils pourroient cy deuantauoir sur ce obtenues. Leur deûendant expressément n'en recourir plus à nous, ni aux officiers de la iusticc. — Aussi sont laites de ffenses sur mesmes peines à toutes personnes de quelque estât , qualité ou condition qu'ils soient, catholiques ou aultres, de ne recevoir, tenir, cacher ou lalîter aucuns de ladite religion prétendue reformée : Ains leur est eniointde reueler incontinent à nous et à iusttce les lit uxet endroicts esquelz ils se retirent et lalitcnt pour être promptement prins et appréhendés et mys es lieux pour ce destinés et ordonnés. — Pareillement est faict commandement à tous les m a naos et habitans de la ville de Lyon de ne faillir à se trouuer les iours qu'ilz seront de garde, la part qu'ilz seront commandez par leursdicts penon , quaternier et dizenier, et n'habandonner leur corps de garde, soit de iour ou de nuict , sans congé' de leurdit penon ou quaternier, sur peine de soixante solz d'amande pour la première fois : laquelle sera employée par lesdits penons ou quaterniers aux frais des corps de garde. — Arrêté au conseil ledixiesme iour d'octobre l'an mil cinq cens soixante sept. Signé : U. de Bibague.

1567. — Octobre ij. Le Consulat remontre à M. de Birague que , parmi les marchandises des Protestants, on a saisi des livres dans les magasins des libraires de cette religion , et demande qu'il soit commis des personnes a pour « distraire et séparer les bons livres des autres. » — Le triage fut fait, à ce qu'il p. irait, parle P. Emond Àuger , et les livres hétérodoxes furent brûlés sur le pont de la Saône, durant les trois nuits consécutives qui précédèrent la fête de Noël. Kubys, p. /|i3; J. Morin, v , aa3 ; A. P. , Notice sur Emond Auger (i).

1567. — Ootobre 5o. Ordonnance de M. de Birague faisant « commande à tous habitans de Lyon d'obeyr à leurs penons , quaterniers etdizeniers, et aux gens de guerre de ne prendre rien chez leurs hostes sans payer de gré à gré, et ne loger es maisons, sans permission de M. le gouverneur, sur peine de punition corporelle et d'amende , etc. » — On voit dans cette ordonnance que la milice lyonnaise avait alors deux places d'armes , l'une du côté de Fourrière , sur la place St-Jean ; l'autre du côté du Rhône , sur la place des

(i) En i558, te P. Auger avait publié, à Rome, uue édition des Epigrainmes de Martial, ab omnirerumûbscenitateverborumque turpitudine vindicatay opéra et ïndusttia Andrœ Fusii... On remarque dans sa préface un souhait dont il dAt se rappeler en 1667 : « Uliuam sane ex tanta « doctissimorum virorum multitudine , qui ubique terrarum sunt , surgat unus qui non Mar- « tralem solum melius restituât... , sed Horatium etiam , Catullum , Tibullum , Propcrtinm , « Ovidium et reliquos ila corrigat , ut veteres illi omnes codices , qui turpitudineiH admixtam « habent, comborahtlr !... <J. B. , A'our. mil. , p

Cordelîers. (Imprimée ; Lyon , Michel Jove, «56;, pet. in-8n de 4 Juillets). Voyez ci-après au 3 1 juillet i568.

1567. -^Novembre 10. François d'Agoult, comte de Sault , qui avait été lieutenant pour le roi au gouvernement de Lyon de i56i à 1 564 9 est tué à la bataille de Saint-Denis où il portait les armes pour les Protestants. — Etienne Valencier, Forésien, publia, Tannée suivante, un Discours sur la mort du comte de Sault dont il avait été' le secrétaire, Paris, in-8°. Voyez ci-dessus, au S juillet i564 et au ai juin 1 565.

1667. — Novembre... Le duc de Nevers qui venait de chasser les Protestants de Vienne , fait son entrée à Lyon où l'on venait de recevoir la nouvelle delà victoire remportée à Saint-Denis. — Ce double succès fut célébré par une procession générale. J. Morin , v, 225.

1567. — Décembre, 11. M. de Birague rend une ordonnance conçue en ces termes ; a De par le roy, etc. L'on fait assauoir que, suiuant les lettres patentes de sa maiesté du vingt-cinqieme (sic) d'octobre dernier , iteraliues inhibitions et defences sont faites à toutes personnes de quelque estât, qualité ou condition qu'ils soient, de n'achepter ou faire achepler directement ou indirectement, pendant les prcscns troubles, de ceux de la Religion prétendue reformée, aucuns biens meubles ny immeubles :Lesquels, suiuant la volonté et intention de sadictc majesté, nous auons saisy et mis entre les mains du roy et ordonne qui (sic) seront régis par commissaires pour iceux conseruer et en rendre bon conte et reliqua (sic), quant et a qui il appartiendra. — Sont aussi faictes très expresses inhibitions et defences à tous receueurs, fermiers, locataires, et autres personnes estans débiteurs et redevables d'aucuns deniers, censives, rentes, pensions, louages de maisons, baux d'héritages, redeuances enuers ceux de ladicle Religion prétendue reformée, de ne leur payer, bailler, ni délivrer aucuns deniers endeblés pour quelque cause ou occasion que ce soit, sans l'ordonnance de sadicte majesté ou la nostre. — Si est enioint ausdicls debilans, et ù tout autre de ladicte ville et senechaucée de Lyon, de quelque qualité , nation, traûc ou négociation qu'ils soyent, et lesquels peuvent auoir en leur puissance , et ont retiré pour leur asscurance des biens meubles et marchandises desdicts de la Religion , venir dénoncer et déclarer, dedans trois jours , au palais ou au parquet des gens du roy, les meubles, marchandises, debtes, noms , actions et obligations deus auxdicts de la Religon pour en faire registre et en estre cy après ordonné ce que sadicte maiesté verra estre à faire par raison, etc. Fait au conseil le vnzieme (sic) iour du moys de décembre, l'an mil cinq cent soixante sept. R. de Birague. » — Cette ordonnance, criée, lue et publiée le lendemain , fut imprimée par Michel Jove, petit in-8" de 7 pages.

1567. — Décembre 21 . Claude de Rubys prononce l'oraison doctorale dans l'église de St-îSizier. — Il n'en avait point été prononcé depuis celle d'André Martin , en i56a, sous la domination protestante. (Rubys, p. 4 1 4 î J. Morin, v, 225). — L'usage de prononcer un discours devant le peuple , le jour de St. Thomas , ù l'occasion de l'élection des nouveaux conseillers de ville, remonte sans doute à l'institution du Consulat, mais nous croyons qu'il serait assez difficile d'en préciser l'époque. Toutefois cet usage était constamment pratiqué dès avant 1421 , puisque le Consulat désigna, le 22 • décembre de cette année, Jean Levîste (un de ses membres), et à son défaut Jean Paterin (chevalier ez armes et ez lois, de quo v. Arch. du Rh., vi, 55o ) , pour faire le syndicat aux gages accoustumés. Ce serait un tableau assez curieux que celui où l'on offrirait par ordre chronologique les noms des

orateurs de cette fête municipale, et où l'on donnerait une courte notice sur ceux de ces orateurs qui, s'étant distingués par leurs actions ou leurs écrits, ont été omis dans les biographies. Mais il y aurait probablement bien des lacunes dans cette liste; car nous avons déjà vu qu'à diverses époques, le consulat ne pouvait pas trouver d'orateurs. En i55i , par exemple, il lut obligé de louer, au prix de vingt livres tournois, l'éloquence d'un d'octeur écossais ^ que nos actes consulaires nomment Florent Volusan. Ce docteur qui n'a d'article ni dans Moréri ni dans la Biogr. univ. , était déjà à Lyon en i538, puisque l'on trouve une pièce de vers qui lui est adressée dans le recueil de poésies latines que Gilbert Ducher publia, cette année , cher Srfb. Gryphc. Il reçut, en i54o, la visite de Oonrad Gesner qui lui rend ce beau témoignage , fol. *45 de sa Bibliothèque, édition de 1 545 : « Nos hominem « (Florentium Volusenum (sic) Lugduni vidimus, anno i54o, juvenili « adhuc aetale ; et magnam ab ejus eruditione perventuram ad studiosos « utilitatem expectamus. » En i53g, Volusan avait publié, chez Séb. Gryphe, une oraison latine, sous ce litre ; Commentatio quœdam theoLogica : sire precatio tanquam in aphoiismos disserta, io-8°; réimprimée à B31e, 1 544, in-i2(B. du roi, D.,6435). En i543, il publia une ode de Tranquillitate animœ, qui fut réimprimée à Bâlc, en i55i , et ù Edimbourg, en 1751 , avec quelques poésies pieuses qui ont été iusérées, ainsi que son ode,jdans les Detitiae poelarum Scotorum. Il mourut à Lyon, comme le prouve cette épitaphe que lui fit son illustre compatriote , George Buchanan (Epigr., 11, 12) :

Hic Musis , Volusene, jaces, carissime, ripam

Ad Rhodani , terra quam procul à patria ! Hoc meruit virtustua, tellus quœ foret altrix Virtutum , ut cincres conderet illa tuos (i).

Le dernier orateur de la St. -Thomas fut le savant helléniste, Etienne Clavier, qui, à peine flgé de aa ans, prononça, le 21 décembre 1784, un très-beau discours où il avait pris pour sujet Y Influence du commerce sur les gouvernements. Jaloux des applaudissements prodigués à son camarade de collège, Pierre-Edouard Lémontey lui décocha cette épigramme , d'autant plus impertinente que le jeune Clavier était fils d'un épicier-droguiste ;

Si , du docte Rollio empruntant le langage , Tu nous fis perdre hier une heure à t'écouter , Tu devrais aujourd'hui , plus prudent et plus sage, Découdre les cahiers de Ion savant ouvrage , Et les mettre en cornets pour le mieux débiter.

1567. — Décembre a5. M. de Birague rend une ordonnance portant, entre autres dispositions: «... Commandementa tous ceux de la religion prétendue réformée qu'ils ayent à vuider la ville dans les vingt-quatre heures... pour toutes préfixions et delaiz, sans laisser en leurs maisons, autres que leurs

(1) « Volusenus est un nom d'emprunt, une espèce de latinisation du nom de Wil.sou.Watkins, Hht. dict. , nous apprend que Florent Wilson naquit dans le comté de Murray t-u Ecosse , l'an 1500 , qu'il reçut des leçons d'Erasme à Râle, qu'il professa au collège de l\a\arre à Paris, et mourut l'an I557. Le même biographe place ce dernier événement en Ecosse : l'épi taphe faite par Buchanan prouve que c'est une erreur. On lit dans l'épitre dédicatoire au comte d'Aran , mise par Bar (h. Aneau à la téie de sa traduction des Eiublémes d'Alciat (Lyon, G. Rouille, 1549), un pompeux éloge de Florent Volusen, sous le rapport de son érudition dans les langues anciennes et modernes. » C. B.

femmes ou une chambrière pour In garde d'icelles.. ..» Revue du Lyonn., u , 507. — «Et parce que les protestons estoîent cause de ceste guerre (la guerre civile) , il fut advisé de chercher moyens qu'elle se fit à leurs despens. Et à v ces fins , on constitua prisonniers plusieurs des principaux d'entre eux au couvent des Célestins et ailleurs, sous bonne et seure garde, desquels aucuns se firent catholiques, les, autres se rachepterent par bonne somme d'argent, puis vuiderent la ville. L'on dressa aussi un magasin en la ville, que l'on nomma le magasin du roy , où furent portées les marchandises que l'on trouva dans leurs boutiques et magasins, lesquelles on leur permettoit racheter pour la moitié ou quelquefois plus ou moins de ce qu'elles valoient, sinon on les vendoit au plus offrant et dernier enchérisseur , et s'en tira de bons deniers...» Rubys , p. 4»3»

1567 ou 1668. — Persécuté par l'inqui«ition à raison de ses opinions religieuses, Gastelvctro était venu se réfugier à Lyon. Le f » u ayant pris à la maison où il était logé, il se mit à crier la Poetica, ta Poetica, salvatemi laPoeticoL On ignore si ce célèbre critique resta longtemps à Lyonavantde retournera Chîavenne où il s'était d'abord réfugié; mais il est constant qu'il y demeurait le 20 janvier 1567, car on trouve cette date'écrite de sa main sur un manuscrit original de la Poetica d' Aristotile, en ces termes : In Lione sopra il Rodano U ai xx di Gennaio Cannodi Cr'tsto 1567 (probablement i568 , n. s.). Niceron, vu, 229 et 23a; C. B. , Nouv. mél., 249.

1568- — Janvier 27. M. de Birague rend une ordonnance ainsi conçue : « Sur les remonstrances faicles par le seigneur archevêque de la ville de Lyon tendans à ce que nostre ordonnance, par laquelle est enioinct à tous ceux de la Religion prétendue reformée vuyder ladicte ville, soit exécutée contre ceux qui se disent estre reduicts a l'Esglise catholique par feintise et simulation. Et après que sur lesdictes remonstrances, lesconscillers et eschevins de ladicte ville ont esté ouys, lesquels se sont ioints avec ledict archevesque, requerans pour les causes contenues auxdictes remonstrances, l'effect et entérinement d'icelles. — Nous René de Birague, etc., par l'auis du conseil auquel tout a esté communiqué, auons dict et déclaré que par la susdicte Ordonnance et commandement faict ausdicts de la religion nouuelle vuyder ladicte ville , ne sont exempts ceux qui depuis ladicte ordonnance auparauant bien tost après les presens troubles, se sont reconciliiez à l'esglise catholique par feinte et simulation, et pour auoir occasion tant seulement demeurer en ladicte ville et fréquenter les manans et habitans d'icelle, au moyen de quoy, d'autant que leur présence est pleine de suspition, et pour la seurté de ladicte ville et pour obvyer aux entreprinses et conspirations que l'on pourroit faire, contre le repos et estât d'icelle, et pour bonnes et iustes causes et considérations : Itératif commandement est faict ausdicts de la religion , de vuyder hors de ladicte ville , dans trois iours , de l'effect et exécution de laquelle ordonnance ne seront exempts sinon ceux qui sont paisibles non suspects d'aucuns troubles et sédition, et lesquels se sont réconciliiez à l'Esglise catholique, apostolique, romaine, faisans acte et exercice d'icelle, et mesmement ceux qui, suyuant leur promesse volontairement faicte lors de ladicte reconcilliation , ont receu les saincts sacrements de pénitence et de l'autel , ou qui les receuront dimanche prochain , iour de jubilé, suyuant la bulle de nostre sainct Pere, publiée en ladicte ville le vingt-cinquiesme du présent mois de janvier. Et sinon aussi ceux qui ont pouuoir de demeurer en ladicte ville par notre permission et ordonnance. Et est enioinct aux curez, vicuires et autres personnes ecclésiastiques

qui ministrcronl lestlîts sacretnens d'en tenir registre, duquel ils remettront, le cnardy ensuyvant, un extrait signé de leur main au greffe de la seneschaucée et siège prcsidial de Lyon, pour estre soigneusement et sans acception de personnes procédé à l'exécution de nostre ordonnance, laquelle, àGn que aucun n'en puisse prétendre cause d'ignorance, sera publiée à son de trompe, cry public parmi ladicte ville, et lieux et endroicts accoustumés à faire proclamations. Faîct le vingt septiesme janvier mil cinq cent soixante huict. Signé R. de Birague.» — Cette ordonnance publiée le même jour, fut imprimée par Michel Jove, pet. in-8° de 4 feuillets.

1568. — Janvier 5i. Ordonnance de messieurs les Seneschal et gens tenans le siège presidial en la ville Lyon, contre les détenteurs des biens de ceux de la religion prétendue reformée : ensemble les noms et surnoms des séditieux et rebelles contre la majesté du Roy nostre Sire. A Lyon, par Michel Jove, i568, avec priuilege. Petit in-8° de huit feuillets dont le dernier est blanc. — « De par le Roy : Sur la requeste faicte de par les gens du roy en la senesehaussée et siège presidial de Lyon, itératif commandement est faict à toutes personnes de quelque e6tat , nation, traficq et qualité qu'ilz soyent, privées ou publiques, notaires, tabellions, greffiers, procureurs et autres : Que suyvant les lettres closes et patantes de sa maiesté du treizième de ce moys de janvier, qui ont or, argent monnoyé ou non monnoyé, bagues, joiaux et autres meubles, cedulles ou obligations, et qui possèdent à recepte, louage ou ferme, aucuns bénéfices, rentes, maisons, terres, fermes ou seigneuries appartenais à ceux de la prétendue nouvelle religion, séditieux et rebelles qui se sont eslcvez en forme d'hostilité, à l'encontre de sa maiesté et de ses bons et fidèles subiects : ont porté les armes auec les factieux, séditieux et rebelles, et ne se sont retirez en leurs maisons, dans lé temps préûx, et de ce prins actes , suyvant les lettres patentes sur ce expédiées et publiées en ladicte ville. Et ceux qui encores portent lesdictes armes, soit au camp desdicts séditieux, ou és villes, ebasteaux et autres lieux et endroicts de ce royaume, ou de ceux qui les aydent et fauorisent de leurs biens et moyens, ont fauorisé, sceu , participé et eu cognoissance de l'entreprise, conjuration, conspiration faicte contre sadicte maiesté et son estât, sans l'anoir reuelé à sadicte maiesté, ou à ses Officiers et Juges, comme bons et fidèles subiects estoyent tenuz faire, et aussi tous ceux qui ont, possèdent et tiennent desdicts biens, marchandises, meubles et immeubles, Hures, papiers, tiltres, enseignemens, cedulles ou obligations : sçauent et cognoissent les personnes qui ont et possèdent desdicts biens , qu'ilz et chacun d'eux, ayenl, deux jours après la présente publication faicte, à venir dire, desclarer et reueler, pardeuant le Seneschal et gens tenans le siège presidial de Lyon, et en leur greffe, ce qu'ilz ont et détiennent ou sçauent estre détenu ou possédé. Et ce sur peine d% perte et confiscation contre les vns et les autres de tous et chacuns leurs propres biens, Icsquelz en cas de default ou contrauention , sadicte maiesté les a déclarez acquis et confisquez. Et à fin que personne ne prétende cause d'ignorance, qui sont ceux des biens desquelz les déclarations doiuent être faictes au greffe de ladicte seneschaucée , entre autres ensuyvent leurs noms, surnonsdes chargés et preuenuz des cas dessusdicts : assauoir,

George Penct, diet Janot.

Vng nommé Archimbaud, espicier (i).

(i) C'est daus sa maison , près de l'église de ia Pialière que les protestants avaient tenu leur premier prêche, eu 1561. Biogr.lyon. , p. 14.

Jean de Fontbonne. 5 Pierre d'Orléans.

Vng nommé Chausson, clerc et solicitent-. Jacques Debaiz.

Henri Laneau.

Vng nommé Pusin, taincturier.

Le filz de George Aulbreth (1).

Ilosarges, serviteur dudict Aulbreth.

Authoine Pupter, surnommé la Croix-Blanche de Chazelles. Michel le Coyuetier.

Jacques Lusset, forbisseur.

Jean Boursier, aussi forbisseur , demeurant souzla teste d'or, rue Tupin. Vng marchand de 611et, demeurant en la rue près Sainct Pierre , qui » espousé la niepce de feu Alexandre Carcaillon. Claude Jussieu, tissotier.

L'aduocat Trumel.

Jacquemct, ferratier.

Vng marchand de draps , demeurant près la maison de George Aulbreth. Matthieu Coton, vendeur de fer en la rue Chalamont. Vn nommé Charbonneau.

Anthoine de Boys, canabassier.

Vng nommé Megret.

Vng autre nommé Guillaume, imprimeur.

Vng nommé maistre Bernard, menuysier demeurant en rue Neufue. — Et son fils nommé Valentin.

. Le cappitaine Noytellon.

Charles Lenot.

Le neueu dudict Lenot.

Vng nommé La Vallédre. — Vng nommé Tesson, mercier, tous deux demeurans en rue Mercière, vendeurs de quincaillerie et de fillcure d'or.

Anthoine Bouillon, commis à la doânc du roy. Les deux frères d'vng nommé Collin dict Marco. Le frère du capitaine Beaufort.

Hector Baudin, procureur du roy à Saincte Colombe.

Jacques Dorliat, hostelier demeurant en la rue du Boys.

Vng nommé Chabert.

Vng nommé le cappitaine Broutet.

Le seigneur de Changy. /

Vng nommé le capporal Moral.

Vng nommé La Roche.

Vng nommé Sabatier, serùiteur de François Ponthus. Symon Julien , du lieu de Brignais.

Vng nommé Le Gardier, dict Cotin.

Les deux frères Biemy : assavoir, l'vn seigneur de Beins , et l'autre seigneur de Monteux.

Vng nommé le iuge Puto.

Vng nommé la Garde du boys (sic).

Le procureur Argo.

(1) George A.ulbrethou Obreth avait été conseiller de ville , en 1568. M. Morin l'appelle Obreit dans son Hist. de Lron^ji ,12.

Françoys Rivière.

Jacques IJarberet pelletier, demeurant en la* rue du boys.

Jehan Goyet, du bourg de Saincte Colombe.

Anthoine Vincent, marchand libraire.

Jehan Darut, aussi marchand.

Pierre Pitinieu, surnommé la Jacquiere, cordier.

Jehan Douxsainct, mercier.

Maistre André de Baiz, aduoeat en ladicte seneschaucée et presidiaU

Jacques Baronnat ( voyez ci-dessus , p. 5o ).

Gabriel Veny, marchand de drap de soye.

Léonard Prunas, dict le Piedmantc ( voyez ci-dessue, p. 6 ).

Pierre Benoist Seue.

Henry de Gabiano. — Jehan de Vassan, marchons de ladicte ville. Maistre Jehan de Castellas, esleu pour le roy au pays de Lyonnois. Symphorien Tellusson. — Hierosme Desgoutes , aussi marchans : et George Aulbreth, maistre d'hostel du roi. Le capitaine La Villate.

Jehan Armant, de Belleuille.

Jehan Couchet.

Jehan Grusellier, bouchier, surnommé le Colombier , dudict Belleville.

Le baron de Sainct Lagier. ,

Vng nommé Chasteney, rousseau , de Yillefranche.

Vng nomme Odin de la monnoye.

Le capitaine La Chapelle.

Le seigneur Chasteaumorand.

Le baron de Torcy.

Vng qui estbeaufrere du seigneur de Poncenas. Le capitaine Jailly , de Tisy.

Sadurel, prevost des mareschaulx de Foretz. Philibert Du Rieu , dict Fiston, de Charlieu.

Pierre Gueytiere, et René Gueytiere, filz du cheuaucheur de Sainct Symphorien.

Vng nommé le Prouenpal , de Tarare.

Vng nommé Bourdon , qui n'agueres faisoit la poudre à la Rigodiere en cestedicte ville.

Claude Charreton , dudict Belleville.

Jehan Ruffy, dudict lieu.

Les père et filz Tronchet.

Maistre Jehan Perdrigeon , clerc de cestedicte ville.

Vng nommé Sainct Clair, archier du prenostdes mareschaulx dudict Lyon.

Charles Bernod, qui souloit estre lieutenant dudict preuost.

Jehan Constantin , d'Ance.

Le capitaine Sainct Vincent.

Les trois frères Vallée, de cestedicte viUe.

La Roche, seruiteur de feu Jacques Gimbre.

Vng nommé Guillien, capporal.

Vng autre nommé La Conche, lancespesade du capitaine Annibal. Vng autre nommé Gourdan, maistre d'espée.. Vng autre nommé le Grand Matthieu de la rue Neufue. Vng rousseau surnommé de Langres, qui n'agueres estoit de la compagnie du capitaine La Tour, aueo lesdicts Matthieu et Gourdan. Vng autre nommé La Porte.

Les frères dudicl Jehan de Vassao.

Le seigneur de Sainct Traiet.

Vng nommé de Morgues. Vng autre nommé Vrsin, ministre.

Vng autre nommé Bernard, clerc de maistre Lusson , notaire.

Le seigneur de Montplaisantin.

Le Gris de Mascon.

Le capitaine Misery.

"Vng nommé Bollieu, boiteux.

Le capitaine de Tornus.

Les quatre frères Dagonneau.

Pierre Blein, laboureur, de Limonnoys.

Chalan Crespin , commissaire des viures. 4

Le capitaine Genette.

Trois hommes eux disans scruiteurs du thresorier Juge. Anthoine Perrin.

Ledict thresorier Juge.

Barthélémy de Gabiano.

Michel Faure, drappier, demeurant près le Change. Vng nommé Durier, beaufrere de Clément Gautier. Vng nommé Cellarier.

Maître Jehan de Sainct Chaulmont, dict Tranchecouilïe. Jehan Petit.

Jehan Perraod, cordonnier, de Tarare.

Siruingesde Tisy, beaufrere dudict Guytieres. L'vn des frères de Micard, habillé de bleu. Maistre Jacques Commin , de Chaiiieu.

Matthieu Le Meure de Regny.

Jehan Mareschal.

L'hoste de l'escu de France de Rohanne. Pierre Bouchier.

Anthoine Conte, harangier (marchand de harengs).

Le filz de la dame Jehanne Paix, demeurant près ceStedicte ville.

Le facteur de la boutique de feu Jean Gaultier.

François Vallanson.

Le capitaine Burlct , velouticr.

Jehan, surnommé Fontaney. et un autre nommé le Pas, son frère. Ledict capitaine Annibal.

Annet Faure, tondeur de draps.

François Basin.

Lambert La Rousse , de Sainct Vincent.

Matthieu Seue.

Le seigneur de Loyse. , Le seigneur des Fossez.

Le capitaine La Sauge.

Les deux frères Nicolas , merciers dudict Lyon.

Vng cordonnier borgne, qui autrefois a esté serùi teur du baron deSainct riuier, et a présent seruiteur dudict des Fontenay. Vng nommé Bullion , seigneur de Layet.

Anthoine Pize.

Le greffier Dauphin.

Maistre Jehan Rauel, barbier.

Les deux frères Seneton, eux disans seigneurs de la Reclaye, et quatre leurs serviteurs.

Vng nomme Ranquet.

Vng autre nommé Daigne.

Anthoine Legris.

Pierre Froment, autrement Fromenti, libraire. Jehan Tricault, seigneur de la Place.

Yng tainsturier de soye, appelé sire Jehan, portant barbe noire.

Jehan Perier.

Nicolas Populus.

Jehan Armand.

Vng nommé Belllcat,

Hugues l'Enfant.

Le baron de la Grolle.

Maistre Pourchier, advocat.

André Broutet.

Pierre Gindre de Salomon, boucher, beaufrere de maistre Obret.

Jehan Coignet , soliciteur.

Le seigneur de Poncenas.

Le seigneur Dambierle, dict Rolliers.

Jehan Pelletier , tisserant.

Maistre Claude Marchand.

Le capporal Hautain.

Maistre Nicolas l'arquebousier.

Maistre Jehan le Masson.

Gabriel l'imprimeur.

Jehan Galliot.

Estienne Volant.

Hhrosme de Brun.

Jehan d'Auvergne.

Pierre Chantebeuf.

Vng nommé Léonard.

Le capitaine La Grange et son frère.

Guillaume le courdonnier, qui souloit demeurer en la rue de la Lanterne. Vng autre maistre Claude, aussi courdonnier. Maistre Michel le forbisseur.

Vng nommé Estienne Tissotier, boutonnier. { Vng autre appellé Pierre, le prevost des mareschaux de ce pays de Lyonnoys, nommé Pierre Jehan.

Le cuisinier du capitaine Sainct Vincent. Estienne Boniour, marroquinier.

greffier de Saincte-Foy, homme grand et gros , qui porte barbe noire. Le fourrier dudict capitaine Annibal.

Les frères Deseraulx, de Prouence.

Le seigneur de la Bastie, soy disant thresorier. Hugues le Guimpier.

Pierre Guimpier, beaufrere dudit Hugues.

Vng nommé Brunet.

Paule , cordonnier.

Maistre Benoist Josserand.

Le seigneur du Mont.

Vng nomme Jean Pierre

Le seruiteur de Loys Ponchon.

Françoys Dcsgoutes, seigneur de Chastellus.

Bernard Cheneuier.

Vng nommé Jourdain, dudict Lyon.

Vng nommé Ciencourt, orpheure, fourrier de la compagnie dudict AnnibaU Le capitaine Pierrefeu, lieutenant duditt seigneur de Loyse. Pierre Faure.

Loys Dombain.

François Chollat.

Trois frères gantiers, demeurant en rue Mercière. Jehan Souillot.

Jacques Commun, dudict Charlieu.

Vng nommé Carron.

Quatre seruiteurs dudict Symphorien Tellusson. Et maistre Mouche, courdonnier en ceste dicteville.

Et sera la présente criée et proclamation imprimée et attachée aux portes du palais, place des Changes, aux deux descentes du pont de Saône et portes de ladicte ville et lieux des iurisdictions de ce ressort, et sans toutefois que par la présente criée et exeqution desdictes patentes soit faict aucun preiudiee aux jugemens des procès desdites accuser, et à leurs défenses et faicts Justificatifs. Faict au Conseil, ce trentiesme iour de ianuier, l'an mil cinq cent soixante huict. Signé :

De Torveow. De Villars.

De La Fa y. Lmosm.

Dv Bvrih. Bussillet.

Vandel. Grollier.

De Lohgveil. ,

L'ordonnance c y devant insérée et escritte : prins appelle avec moy Balmont Boyssiere , la trompette ordinaire de ceste ville de Lyon : a esté criée , leuc et publiée és deux descentes du pont de la Saonne^ à la part des Changes et de Cllerberie, au lieu de la Grenelle, place de Confort, et autres carrefours et places publiques de ceste ville de Lyon, à haute voix, cry public et son de trompe, La copie de laquelle ordonnée (sic) estre mise et a/figée (sic) és lieux et endroicts dénommez par icelle , ont semblablement esté mis et a/figez : afin que du contenu d'icelle nul n'en puisse prétendre cause d'ignorance, par moy Jehan Bruyères , crieur public et iurè du roy nostre Sire en la ville de Lyon, les an et iour que dessus. I. BRLYERES. — Cette copie a été faite, en septembre i85o , sur un exemplaire que possédait M. Francisque Michel, aujourd'huiprofesseur ù la faculté des lettres de Bordeaux.

1568. — Mai 22. Publication à la séneschaussée de Lyon de l'édit du roi, du 23 mars précédent, sur la pacification des troubles du royaume.

1568. — Juillet 5i. Ordonnance de M. de Birague qui enjoint . «â tous manaus et habitans de la ville de Lyon qui sont inscriptz et dénommez es molles des penons, d'aller en garde es lieux et endroicts qui leur seront commandés et de n'en bouger jusqu'à ce que la garde soit leuée, sur peine de cent sols contre vn chacun défaillant, pour {a première fois et du quadruple pour la seconde , et d'amende arbitraire et punition corporelle pour la troisiesme, etc. » — Imprimée à Lyon par Benoist Rigaud , petit \i\-S" de 4 f. — Voyez ci-dessus , 3o octobre 1.567.

1568. — 4oût(\. Antoine du Verdier dédie à Guillaume de Gadagne , sénéchal de Lyon, un opuscule en vers, intitulé : Antithèses de la paix et de ta guerre , sur te bruit gui court l avec le moyen d'entretenir la paix , etc. A Lyon , par Benoist Rigaud. m. d. lxviii. In-4°. — Nous y remarquons ce passage : <•.... Vous estes le Mœcenas des hommes studieux: ce qu'entre « plusieurs autres Francisque Roussel , docte et excellent musicien, a expé- « rîmenlé. Comme donc en recognoissance de vos singuliers bénéfices en- .« vers soy, il a voué à vostre Seigneurie, partie de ses compositions mu- « sicales (qui égalent ou peu s'en faut, l'harmonie des neuf cieux, et a lesquelles seront fort bien reçues de la postérité), aussi je vous donne « (sans comparaison) ces miens vers, d'autant bon cœur epe je suis « vostre , etc. »

1568. — Aoât 7. Une ordonnance de M. de Birague contient les dispositions suivantes : « De par le Roy : Il est ordonné que tous hosteliers , cabaretiers, et autres faisans estât de loger estrangers, seront tenuz les declairer et donner par escript aux penons et quaterniers de leurs quartiers, lesquels penons et quaterniers seront tenus en aduertir monseigneur le gouuerneur. Faisant commandement ausdits estrangiers laisser les armes qu'ils porteront 9 aux portes de la ville , entro les mains et puissance du commis ordinaire ausdictes portes. Lesquelles leur seront rendues par ordonnance dudict sieur gouuerneur.

« Que toutes personnes, Allemans et autres de quelque qualité et nation qu'ils soyent, tant Allemans que autres qui feront entrer armes à fust, tant harquebuttesque pistolles etpistollets pour les vendre, seront tenuz le venir déclarer aux escheuins qui feront entendre audict gouuerneur sauoir sa volonté sur la vente et distribution d'icelles. Le tout sur peine et conGscation desdites armes et des marchandises qui se trouueront emballées auec icelles. Et pour cet effect seront veucs et visitées au dohanne du Roy ou bien en leurs magazins, ainsi qu'il sera ordonné , et par manière de prouision jusques ace que autrement soit ordonné. — Que tous quaterniers et dizeniers, et autres habitans de la ville seront tenuz obéir à leursdicts penons , pour aller en garde , le iour , quand il sera ordonné, sur peine de cinq îiures d'amende. Lesquels penons et quaterniers seront tenuz porter le nom et roolle des deffaillans , pour le regard de ceux du Rosne à monsieur de Combellande, et monsieur de Sainct Joayre pour faire pourueoir par monsieur Sala, cappitaine de la ville, a l'exécution desdites amendes. — Qu'il ne sera loisible à personne aller, et se trouuer par les rues sans lumière , après que la cloche de Sainct Nizier aura sonné la retraicte. — Que tous ceux de la religion prétendue reformée ne pourront tenir seruiteurs estrangiers, s'ilz ne sont catholiques , sur peine d'estre banniz et chassez de la ville, et amende arbitraire. — Que inhibitions et deffenses seront faictes à tous soldatz et autres, de quelque estât, qualité et condition qu'ilz soyent, lascher harquebouses , assauoir, de malin auant le iour, et le soir l'heure de sept sonnée. — Faict à Lyon, le sepliesmc iour du mois d'aoust, Tan mil cinq cens soixante huict. Signé: R. de Birague. — Et sont faites tres-expresses deffenses à tous soldatz et autres, de quelque qualité qu'ilz soyent , de ne se loger en aucunes maisons , sinon par la permission de mondit sieur le gouuerneur , ou de ceux qui seront par ledict sieur à ce commis et députez. Signé : R.de Birague. — La présente ordonnance aeslè leuc , criée, etc., les an et jour que dessus. Sigué : C. Thevenon. — * Imprimée à Lyon par Benoist Rigaud, i568, in-8" de t\ feuillets.

1568. — Le Consulat achète la place des Cordeliers, et fait abattre les murailles qui la fermaient , ainsi qu'un grand portail qui était vis-a-vis la rue Grcnette. Foderé, p. 38ô.

1568. «Bodin assure que , depuis i5i5 jusqu'en i568 , il se trouva en France plus d'or et d'argent qu'on en aurait pu recueillir en deux cents ans. L'industrie des artistes, l'activité des commerçants, l'établissement des rentes constituées sur l'Hôtel-de-Ville , et celui d'une banque ouverte à Lyon à 8 pour cent, furent les principales causes de cette abondance {Art de vérif. Us dates , i, 640 ).» — Bodin nous apprend encore que « les Baschats a et marchands de Turquie avoient argent a intérêt à la banque de Lyon , « et qu'ils,y étoient sous le nom de leurs facteurs pour plus de cent raille « écus.» République y 1. vi, c. 2. Voyez ci-dessus, année i543 et i5 avril i564.

1569. — Avril 4. Procession générale à l'occasion de la victoire de Jarnac. J. Morin , v , 23q.

1569. — Avril 24. Le Consulat arrête qu'il fera les démarches nécessaires pour obtenir du roi l'érection d'un parlement à Lyon. En même temps, on demandera que les immeubles des Protestants qui ont fui de Lyon , soient vendus. — • Le Consulat, dans la même séance , déclare qu'il y a nécessité « de repeupler la ville qui est diminuée d'un tiers de ses habitants ; n'estant « besoin que ceulx qui l'ont abandonnée (les protestants) y rentrent jamais, « si ce n'est qu'ils se réduisent à la vraye obéissance et religion de leur « roy. » S. Voyez ci-dessus, au 17 novembre 1 554 » et au 5i janvier i568 ; ci-après , janvier

1569. — Juillet a8. M. de Mandelot , gouverneur de Lyon ♦ en l'absence du duc de Nemours, ayant.mandé les échevins en son logis, pour pourvoir a la sûreté et conservation de la ville, et , ce faisant , obvier aux pratiques et entreprises qui se pourront faire , par ceux qui sont et ont été de la prétendue religion reformée, il a été délibéré ce qui s'en suit : « Il est ordonné que les conseillers eschevins feront entendre particulièrement aux penons qu'ils aient à se saisir dez demain au matin de tons ceux de la pretenduereligion reformée qui ne sont reduicts , et iceux emprisonner, savoir , en delà de la Saône, aux Carmes , Célestins et Cordeliers, et deçà la Saône, aux prisons de l'archevêché. — Seront faictes deifenses aux femmes desdits non reduicts de sortir de leurs maisons pour quelque occasion que ce soit , sur peine d'estre emprisonnées comme leurs maris. — Il est expressément enjoint à tous ceux de la prétendue religion qui se disent réduicts de demeurer dans leurs maisons , leur en deffendant l'issue jusqu'à ce que autrement soit ordonné, et sur peine de la vie , sans toutefois que pour cela ils soyent exempts d'envoyer à la garde quand il leur sera enjoinct par leur penon , ou fournir argent pour cet efïcct. — Enfin on enjoint à ceux qui feront lesdiles saisies et emprisonnements, de ne toucher aucunement aux meubles des maisons des susnommés. » . S.

I569. — Antoine-Guillaume Sala est nommé capitaine de la ville de Lyon , en remplacement de François Sala , son oncle , démissionnaire. — Il en exerça les fonctions jusqu'à sa mort arrivée en juin i58o, et il eut pour successeur Iinbert Grollier , sieur du Soleil. Rubys, Privilèges, p. 92. Voye* ci-après , année i575.

1569. — En ce temps-là, on trouva à Lyon, dans des fondements, une pierre sur laquelle un plaisant avait écrit que telle année , un tel jour , la messe cesserait. Les Genevois faisaient grand cas de cette inscription , et

fondaient là dessus de grandes espérances en faveur de la réforme de Calvin. Riais tout bien calculé, on vit qu'en effet le jour marqué était le vendredi-saint, jour auquel on ne dit pas la messe. Saint-Foix , Essais sur Paris (OEuvres, y , 406).

1569. — Gabriel de Saconay publie son Discours des premiers troubles advenus àLyon, avec l'Apologie pour la ville de Lyon, confre le libelle faussement intitulé : laiuste et saincte defence de la ville de lyon.-. A Lyon , par Michel love , in-8°. — L'auteur nous apprend , dans son avis au lecteur , qu'il avait composé ce discours en i565 , l'année même où fut publiée la Iuste et saincte defence , un peu avant la réduction entière de Lyon, et que s'il ne l'avait pas alors livré au public, c'est parce qu'il avait voulu , à l'exemple du roi qui avait pardonné à ses sujets rebelles , que leurs fautes passées demeurassent assoupies; mais que leurs nouvelles tentativesen i56? et en 1 568 , l'ont porté à le faire imprimer. Cependant il hésita encore , puisque son livre , dont le privilège est daté du 7 février i568 , ne parut qu'en 1Ô69. Toutefois il est à regretter qu'au lieu d'une diatribe virulente, noyée dans un déluge de citations de textes sacrés et profanes , Saconay ne nous ait pas laissé un récit exact et détaille des faits et gestes des protestants, pendant qu'ils furent maîtres de Lyon. Il est fâcheux surtout, qu'il ne se soit pas étendu davantage sur les actes de vandalisme des soldats de des Adrets; il lui eût été facile de justifier ce qu'il avance à la page 28 de son livre : « Lyon, par manière de « dire tout de marbre , a été rendu par les troubles tout de terre. »

1570. — Avril 17. Edit du roi qui confirme les privilèges, exemptions , immunités, franchises et libertés des habitants de la ville de Lyon , Rubys , Privilèges, p. i3.

1570. — Mai 1. Michel-Antoine-Saluccs de la Mante est nommé parle roi , capitaine et gouverneur de la citadelle de Lyon , en remplacement du feu sieur de Chambéry.

1570. — Août 19. Mort,àSancerre,de Pierre deMondoréou Montdoré, Parisien, auteur d'un commentaire latin sur le X* livre des Eléments d'Euclide ; Paris , Vascosan, 1 55 1 , in-40 ( Schweiger, III ) , et de trois pièces en vers latins , insérées dans les Delitiœ poelar. Gallor. ( 11, 7m ). La première de ces pièces fut composée à Lyon , où il paraît que l'auteur exerçait alors quelque emploi de judicalure , mais nous ignorons en quelle année et sous uel litre. Cette pièce, adressée a un médecin d'Orléans , nommé Guélauld Ad Guetaldum, medicum cl. ) , débute en effet par les vers suivants :

Hic nbi lents Arar Rhodani torrent ibu s undis Infuit atque cito jan fertur in «quora cursu , Et caniia cinctas à Ucva conspicit Alpes Frigoribus sedet ille tuus fessusque sedendo est ; Dam lites hominum dirimit , non litigiosus , Octobresque nimis queritur distare calendas, Quiuetiam ad visos referens suspiria montes , Saepe gémit , etc.

Pierre de Montdoré, omis dans la Biographie universelle , a un article dans Moréri , où on le fait naître à Orléans , quoique Scévole de Sainte-Marthe dise positivement qu'il naquit à Paris, Lutetia ortum (Elogiorum lib. I. ) Il était ami de l'Hospital , qui lui composa une épitaphe en latin. De Thou l'a mentionné deux fois , Hist. t. xivu et lu, éd. de 1735,11,810 et 111,

i4o. Tissier , Hommes savants, le fait aussi parisien. — M. Patin, dans son Discours sur la vie et les œuvres de J. A. de Thou , après avoir dit que cet illustre et protond écrivain a « mêlé dans son livre, quelquefois d'une mate nière un peu bizarre , les intérêts de l'érudition et ceux de la politique » , ajoute en note : « C'est ainsi qu'en racontant les massacres d'Orléans, cette sanglante imitation de la Saint-Barthélémy , au milieu de la douleur qui pénètre son ûme et qu'il répand dans son langage , il trouve encore des regrets pour la bibliothèque du savant P. de Mondorè, dispersée et détruite dans ces jours de désordre. Ce trait est caractéristique dans sa naïveté ; il suffirait seul pour faire comprendre jusqu'à quel point la passion de la science préoccupait alors les esprits. De Thou trahit son siècle en se trahissant lui-même , et l'historien devient aussi un des faits de son histoire. » Mélanges delitt. , p. 241. — Quelque juste que paraisse la remarque de M. Patin, ne pourrait-on pas lui objecter que , dans les temps les plus orageux , et même au plus fort de la terreur , la passion de la science , et surtout celle des livres, n'a jamais cessé de préoccuper beaucoup d'esprits. Notre histoire littéraire en offre, à toutes les époques, des exemples sans nombre.

1570. — Septembre... Le maréchal de Vieilleville tient à Lyon; il y fait publier et exécuter l'édit de pacification donné à St-Germain-cn-Lnye , au mois d'août précédent. — L'art. VIII de cet édit autorisait les protestants A faire dans le gouvernement du Lyonnais l'exercice de leur culte « aux faux- « bourgs de Charlieu et en ceux de St-Genis-Laval , » mais comme on ne leur permit pas de s'y installer , ils établirent leur prêche à la Guillotière, au territoire de Bechevelin , dans la maison de Pierre Jean, prévôt des maréchaux « qui tenoit le party des Protestants. » Rubys , p. ^ ig ; J. Morin , v, 241. — Pendant le séjour à Lyon du maréchal de Vieilleville , vingt-deux individus furent mis à mort « pour violements et voleries nocturnes avec « assassinats. » — Après cette exécution, le maréchal quitta Lyon pour se rendre à Grenoble. Mémoires de Vieilleville , 1. x, chap. 111 et iv. — Le lait de l'exécution des vingt-deux individus appartient peut-être à l'année i565 , du moins nous le présumons. Il en est de même de ce qu'on lit au même endroit, sur M. de Soubise et sur le comte de Sault. Ce dernier n'existait plus en 1570; il avait été tué à la bataille de St-Denis , le 10 novembre 1567. Voyez ci-dessus , au iS juin i563 etau 5 juillet 1564. Voyez aussi Moréri, art. Scepeiux.

1570. — - Novembre 1. Philibert Bugnyon , « docteur es droitz et aduoeat en la seneschaucée( sic) et siège presidial de Lyon , o dédie « à monseigneur « Larcher, conseiller du roi en la vénérable Cour de Parlement à Paris , et « intendant sur lefaict de la Iusticcde Lyon,» un opuscule en vers intitulé : Les plaintes et regrets des trois estatz du royaume de France. A Lyon , par Benoist Rigaudy m. d. lxxi, petit in-8° de 8 pages. — Cette pièce dans laquelle l'auteur déplore les calamités de la guerre, se termine ainsi :

Pour contenir le peuple en estât et office , Il ne faut qu'une bonne et fort breue justice Qui n'accepte personne , et face à un chacun Droicture et équité en priué et commun. Une telle justice en France est nécessaire Pour maintenir le bon et punir son contraire. Au surplus si le roy a conseil d'abolir Un tas de gros impostz, ensemble de tollir

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