‹ Notes et documents pour servir à l'histoire de LyonChapitre 7 sur 26 · COMBAT DE FRANÇOIS I" CONTRE ON SANGLIER · texte numérisé non relu

COMBAT DE FRANÇOIS I" CONTRE ON SANGLIER

« Voici un traict de gentillesse du roi François 1er , qui mérite d'être signalé aux curieux, d'autant que les historiens n'en ont pas parlé , et qu'au demeurant il montre mieux que ne font les pompeux discours comment ce vigoureux Valois savait bailler une estocade. L'anecdote nous est garantie par un vieux serviteur de In maison du roi , qui l'a consignée dans un livre destiné à François Ier lui-même. Ce livre qui fait* partie des Mss. de la Bibliothèque royale (1) , est sigulier entre plusieurs moins à cause des histoires qu'il renferme, que parce qu'ayant été coiriposépar un courtisan pour le roi son maitre; cependant l'offre en a été gratuite et désintéressée. Du moins c'est ce que l'auteur se plaît à affirmer dans ce quatrin dédicatoire :

Vostre loyal serviteur, et suhget Obéissant , vous envoyé ce get Dont nul avoir il ne quiert , ne pourchasse Fors uug petit de vostre bonne grâce.

a Le bonhomme s'appelait Nicole Sala. Il avait été varlet de Louis XI et de Charles VIII, panetier du dauphin Orland (fils de Oharles VH1), maître d'hôtel de Louis XII. François Ier, à son avènement, l'envoya finir tranquillement ses jours dans son hôtel de l'Antiquaille à Lyon (2). En reconnaissance de ce bienfait, Nicole Sala , qui était quelque peu clerc , s'avisa de composer, malgré ta goutte et ta colique, un livre qui pût servir ensemble à Tact) Supplément français , u° 119. Lenglet Dufresnoy , dans son Histoire de Jeanne d'Arc , a donné un curieux extrait de ce Ms. relatif à la Pucelle, t. 2, p. 49. Note des éditeurs de la B. des Chartes qui auraient pu ajouter que le P. Labbe en a aussi donné un extrait , t. 1 , p. 7 14 et suivantes de son Abrégé royal , et que le Combat de François /«r contre le sanglier fait partie de cet extrait. Toutefois nous ferons observer que le Ms. extrait par le P. Labbe, portait 1« n° 180 de la Galerie. Voyez Lelong , Biblioth. , n° 26966.

(2) -Tous ces détails sont tirés du prologue de N. de Sala. * — Ajonlez-y que W. Sala suivit Charles vïn , en la conquête de Naples. Voyez le P. Labbe , loc. laud. »

musement et à la glorification de son jeune souverain. TI a choisi pourthème les Hardiesses des grands rois et empereurs. A l'exemple des beaux écrivains de son jeune temps , il prend son début dans une apparition fantastique. Quatre divines pucelles viennent s'ébattre et deviser sous son toit. On arriva à parler du beau François , de ses gestes à Marignan. Sur ce sujet les demoiselles sont intarissables. Les vers ( car elles parlent en vers) leur pullulent à la bouche pour vous délayer les moindres détails dans le plus de mots possibles. C'est l'amplification des on dit du jour. L'une vante l'intrépidité du roi qui lui fait endosser son armure fleurdelisée pour être mieux connu de tous ; l'autre raconte avec quelle dextérité il s'est débarrassé par trois coups de taille de sept Suisses qui l'entouraient à un moment. Une autre lui met dans la bouche uu discours semblable à celui qu'au dire de quelques uns, le roi Philippe-Auguste tint avant la journée de Bouvines... Suivent les louanges de Louise de Savoie , toujours inséparables de celles de son fils daus les panégyriques de ce temps-là ; après quoi Nicole Sala est mis en demeure, par ses visiteuses , de raconter quelque chose à son tour. Il accepte volontiers la partie , mais en narrateur imp toyable , car ayant commencé son récit par le combat de David et de Goliath, il le continue en suivant l'ordre des temps jusqu'à l'action qu'on va lire , laquelle eut lieu le 26 mai i5i5(i).

« Ce fut au temps que le bon roy François fit le mariage du gentil duc de Lorraine et de madamoiselle Renée de Bourbon. En ces nopees il ne faut demander quelle compaignie y fut, car je vous peux bien dire qu'elle pouvoit estre comparée aux assemblées qui se soulloient faire en l'hos:el du bon roy Artus : car tant y eust à celle feste de princes, princesses, dames et damoiselles, chevaliers et gentilz hommes, que tout le chasteau d'Amboise en fut plein. Le roy qui sans cesser ne faisoit que penser comment il pourroit de jour en jour donner plaisir à cette belle compaignie, s'aduisa entre aultre passe-temps qu'il enverrait ses veneurs en la forest d'Amboise pour illec trouver le moyen de prendre, à force de cordes, quelque vert sanglier de quatre ans , et îe lui amener tout vif. Ce qu'il commanda fut fait : car ung tel comme il avoit devisé fut prins et mis dedans ung grand coffre fait de groz barreaux de chesne bien bendé de fer . propice à ce mestier : et après avoir le trappon du coffre bien fermé, mis fut sur ung char, ettrainé jusquesdansla cour dudict chasteau , le roy qui moult désiroit de , en ce lieu , le combattre corps à corps devant les dames, en fust destourné par les prières de la royne et de madame la régente sa mere : si s'en souffrit pour l'amour d'elle , et se pensa* alors qu'il feroit attacher des fantosmesà cordes au milieu d'icclles, pourveoir comme celle furieuse beste lesassauldroitde prime veue. Sa bauge estoit faicte à ung coing, toute couverte de branches et feuil es. — Or, y avoit-il à l'environ la court du chasteau , galleries basses ei haultes et quatre viz (escaliers) par où on entroit et montoit aux galleries. Tous ces passages estoient très-bien bouchez de grozbahuz, coffres et aultres choses pour empescher le sanglier d'entrer es galleries, lesquelles estoient pleines de gens que les ungs montoientsur les aultres. Le roy qui s'estoit mis sur la gallerie entre le portail et les chambres de la royne , qui estoient presque devant le puis , devisant

(1) « Il y a toute apparence que le beau Ms. de- la B. royale fut exécuté cette même année 1515 , et que Nicole Sala le tint prêt pour l'offrir au roi lorsqu'il reviendrait de la guerre d'Italie. C'est ce qu'on peut inférer tant de la composition du livre , que du frontispice en miniature dont il est orué. On y voit le quai de l'Archevêché de Lyon et l'église de St-Jean ; derrière s élève la montagne de Fourvières : Notre-Dame au sommet , sur la croupe l'hôtel de l'Antiquaille. Le roi s'achemine vers cette résidence , et Nicole Sala qui est venu à sa rencontre , lui fait à genoux l'hommage de son livre. »

avecques ses gentils hommes, attendoit que les dames fussent acoustrécs et aranohées pourvoira leur aise , et quant temps seroit de commander qtie la trappe fut haulcée , et getter le sanglier hors pour voir ses escarmouches. Le roy doneques voyant son poinct, fait signe à ceulx qui la charge avoient, de hausser le trappon pour faire ouverture à la maulvaise beste ; ce qui fut lost fuit. Si en sortit hors tres-furieusement le sanglier héricé et tarquetant ses marteaulx (faisant claquer ses défenses) , qui sembloit que ce fussent orfèvres. Aux fantosmes s'en vint de course, et à sa grant dent Jes commença à dessirer , et les faisoit tournoyer çà et là autour des cordes , qu'il sembloit que ce fussent joueurs de souppresses. Cette maulvaise beste s'amusa ung temps après ces fantosmes. Ceulx qui estoient aux galleries basses la arauldoient (lui crioient après ) , et il revenoit à eulx de cource ; mais il ne pou voit saillir si hault. Il alloit tournoyant tout autour, une fois le trot, aultrefoiz la course , et tant vira par léans qu'il vit à l'entre de la vis qui estoit auprès du portail une brèche mal taudissée, par où il luy fut bien advis qu'il passeroit. Si vint heurter d'un grant zélant ( eslan ) àcellc entrée, si fort qu'il renversa les deux coffres qui le passage estouppoient tellement qu'il entre ès premières galleries.

Il ne failli demander si ceulx furent espouvantez qui léans estoient. Hz se essaient de reculer, maisilz ne peuvent pour la presse qui yestoitsi grande. Les ungs se prindrent à monter sur l'acoudouer des galleries et embrassoient les piliers pour se jeoteren la court , si besoing eust esté. Et ne se faut point csmerveiller si l'on y devoit avoir peur, car ilz n'avoient nulz bastons propices à eulz deffendre d'une si cruelle beste; avecques ce que l'ung eust einpesché l'autre. Toutesfoiz le sanglier ne vint point à eulx , ains s'en va monter la visdudict portail. Si prent son chemin droit où estoil le roy, lequel se fustbien gesté dedans la chambre de la royne s'il lui eust pieu ; mais il ne daigna , ains fit reculer à son doz tous ceulx qui en sa compaiguie estoient . et voulut aitendre le Sanglier tout seul pour voir qu'il voudra faire ; mais ce fut par une aussi grande assurance comme s'il eust veu venir à luy une demoiselle. Ne demandez pas en quelle fréeur fut lors la royne et madame la régente , voire toute la compaignie, qui en tel péril veoient le roy. Nul n'ozoit passer son commandement de se mectre entre deux , combien que cinq ou six de ses gentilz hommes le voulsissent faire; mais il ne le souffrit. Le sanglier d'entrée venoit à luy tout le pas. Le roy qui jamais n'étoit sans' une bonne forte espée tranchant et poignant ceinte a son costé , y mit la main , si la tire. Quant le sanglier se voit approuché de luy environ la longueur de deux toises , si s'empreint de grant viveté pour luy cuyder donner de sa dent parmy la cuisse et luy faire playe mortelle. Mais le roy qui est hardi et assuré, desmerche ung deray pas et de celle bonne espée qu'il tient au poing, lui donne de pointe en l'escu ( poitrail ) , par une si grande force qu'il la lui passa tout au travers du corps. Le sanglier se voyant atainct laisse le roy, et s'en va descendre par l'aultre vis qui estoit devant le puis , et marcha dedans la cour environ cinq ou six pas, puis tomba mort. Vous ne sçauriez pas croire la joie que la royne et Madame eurent quant elles virent le roy eschappé de ce péril. — Soyez seures , Mesdames, que de toutes les contenances hardies que je vis oneques , ce fust celle du gentil roy François; et ce que je vous ay dit, je vis à l'ueil ; et ne croy point que oneques hardiesse du roy fut plus gaillardement esprouvée que celle fut. » — «... Car j'ay teusiours ouy dire que celuy qui asseuremeot attend un san- « glier attendra bien un homme. • Cette dernière phrase termine le récit dans le Ms. cité par le P. Labbe. v

1574. — Janvier 6. Mort* dans le couvent des Cordcliers, de Jean Henriey, surnommé le Fléau des hérétiques, évêque de Damas in parlibus, et sutFragant d'Antoine d'Àlbon , archevêque de Lyon. Biogr. lyonn. — L'évêché de Damas, après la mort d'Henricv , fut donné à Jacques Maistret • de Tordre des Carmes , qui succéda aussi à Henricy dans les fonctions de suffragant de l'archevêque de Lyon. Maistret fut un des plus fougueux partisans de la Ligue. Des lettres-patentes du 1 5 janvier i5gy ordonnèrent la saisie de ses biens, «comme prévenu d'attentat contre lu .personne du roi. • Alors il s'était réfugié à Aix en Savoie ( et non en Proveuce ) , et il y mourut le 6 juin i6i5. La bibliothèque de Lyon possède l'exemplaire qui lui a appartenu du Compendium de Robert Gaguin, Paris , i4p7 , in-fol. , édition décrite par M. Brunet, suppl. , n . 6o, et citée par Delandine, Catal. (Hist. ), il, 4o3. Jacques Maistret est auteur d'écrits théologiques. Voyez son article dans la Biogr. lyonn., et ci-après, au ai fe'vrier 1595.

1574. — Janvier 18. Gilles Garnier, natif de Lyon , est, en exécution d'un arrêt du parlement de Dole , brûlé dans cette dernière ville « pour « avoir , en forme de loup-garou, ayant mains semblant pattes, dévoré m plusieurs enfants, et commis autres crimes. » Laroche-Flavin , Arrêts du parlement de Toulouse , I. 11, titre xu , art. ix. Biogr. lyonn.. — La véritable date deTarrêt qui a a été imprimé à Paris et à Lyon , en i5?4 » es* Ie »G janvier i5?3, v. s. , 1074 , n. s.

1574. — Janvier .... Mandelot convoque au palais de Roanne les officiers de la justice et les consuls écherins, afin de présenter nu roi trois sujets pour l'office de procureur du roi, vacant par la mort de Pierre Bullioud (1). Après cette nomination , on fit une semblable présentation au roi pour l'office de lieutenant du guet à Lyon , mais ce qui est remarquable , c'est qu'ayant fuit ces nominations , rassemblée se crut en droit de présenter au Pape le prieur des Jacobins de Lyon , afin que Sa Sainteté le nommât suffragant de l'archevêque de Lyon ( Antoine d'Albon qui s'était démis de son siège , l'avait laissé vacant ). — Vers le même temps , il fut encore question de soliciter du roi l'établissement d'un parlement à Lyon , ainsi qu'il avait été arrête, en avril 1569 , d'en faire la poursuite auprès de S. M. , ce que les guerres et les troubles avaient empêché. S. — Déjà une première tentative avait été faite à ce sujet , en i536, durant le séjour de François Ie' dans notre ville. Claude de Bellièvre, ancien échevin , adressa à ce prince , au nom de ses concitoyens une Requête, écrite en latin , « pour establir parlement à Lyon. » Cette pièce se trouve à la fin de son Lugdunum priscum , dont le manuscrit original , resté inédit , se conserve dans la bibliothèque de l'Ecole de médecine de Montpellier. Comme elle nous a paru assez curieuse pour mériter de voir le jour, nous l'offrons à nos lecteurs :

UCM«>ui. Kegi.

« Octavins Augustus Munatio Planco viro consulari etpretorio procurante Lugdunum condidit , prima nique et su m ma m judicialem sedem esse jussit, ac pro Ceitica Lugdunensem sedem norainavit : Jubeas , chrislianissime Rex, senatorii ordinis anliquum decus reslitui, et eris nobis éecundus conditor

(1) Ce Pierre Billloud était probablement de la même famille qu'an antre Pierre Bullioud qui fut aussi procureur du roi au siège piésidial de L\on , i l qui mourut le 7 septembre 1597 .

Mo g. lyonn.

ta

felix impcrii scmper Augustus. Sic Camillus urbis à Gallis incensœ restaurator, secundus Romulus tlictus est, longé mclior ac beatior quam qui conilidit.

Ad tucndiim hujas regni precipuuin limitem et late arcendos finitimos populos nullum mijitare praesidium neque autoritpte , neque perpétua fide firmius constitui potest quam si hic togatos , Rex optime » liminarchas prefieias. Et quemadmodum Justinianus imperator praefecto preiorii Africa? curam demandavit.ut in trajecto Hispaniae is observaret quid in Hispania et Francorum GalJia agerctur, consentaneum est ut in hoc ccleberrimo Galiiarum emporio praefectos prelorio constitutos habeas ad presentiendtim observandumqtie quid finitimi Allobroges , Sequani , Helvetii , Germant , quid cl factionès Italiua tnolianlur.

Lugdunenses Galli sunt jurïs italici. x» tabularum leges ac jus civile scriplum sempcr illibate retinuprunt. Cettri autem sub Parisiens! ditione supremaconstituli ab hoc prtscripto juris abhorrentes ferme propriis utuntur consnetudinibus. Quis non pulaverit œquum tribunalibus disjungi quos cœli temperies legumque et morum manifeste séparât divcr&itas?

Quiscivium nostrorum non misereatur qui, velu tihyperbore» grues autemissarii Arabes, prolevibus plerumque litibus et appellationumnugis dirimendis , per trecentum milJiaria magno sumptu cogantur assidue Parisios comrnigrare?

Ëxternis plané mercatoribus odiosumqnibus sit facilius Taprobanam, Calirutium aut Cathcios navigare quam ex immenso illo Parisiensi pelago litigatricem navem vix triennio toto reducere. Civili quoque lege sancitum est à ionginquis regionibiis jii^tilia? implementum non esse requirendum , nec his incommodis plebein afîicî debere ut pro pecude, porcello , forsan , vel gallina seu alia quapinm re exigua , ad remotas provincias ingemiscentem ferre inopiam compellanlur. Vide, serenissime princeps , quam perspieua sit hujus pnrlamenti public» utilitas et urgens nécessitas.

j£quo animo ferrent Lutetiani, si non eodem luto semper volutemur et abjecto vetere fermento simus azimi ; nec est quod queranlur ipsi , tanta et inexplicabili litium multitudine ad nauseam usqtie onasti, si hanc provinciolam veluti tenuein vestimenli Gmbriam ab his dîvelli desideramus. Concédant hoc nobis non gravate inemores majores suos Lugdunensi arœ et primai ibi judiciaria: potestati olim colla subjecisse. Priscae autem hujus notlra? dilionis ingens est et fidèle testimonium adhuc vigens primatialis sedes Lugdunensis , quae Parisios, Senones, Camules, Genabenses, Turohes, Andes, Annonças oivitates, Heduos et untrersam Celticam in jurisdictione ecclesiastica late complectilur.

Supremi consilii plantulam in Dombis nobis dedisli , et miramur quod illa in ubere gleba et îrriguis campis non crescat. Sane, 6 Rex inclite , nisi nobis irradiaveris , et solem justitlae amplifleaveris ac incrementum dederis , non tiescet. Kmiite spirilum tuum et creabuntur, et renovabis faciemterrœ, rives ejus inehrians, multiplica genimina et lœtabitur germinans.

Tholosam, Rhoiomagum, Burdegalam , Divionem, Gratianopolim, Aquas Sextias, urbes parlamenteas si non superamns , saltem œquamus loci dignilate et anliquis ornamentis , jucundâ cœli facie , nobîlissimis fluviis in hane peninsulam confluenlibus, emporio famigerato, opportuno ex terra rum gentium accessu et successu , annonœ copia, splendidis œdibus , populi constate, virorum eximiorum honestissimo ordine , ac omnium hominum in te virum principem intçgerrima fidclitatis constantia. Quid plura ! Jure igitur citra coutenlionem et invidiam adaequatos petimus honores.

Décideras, ô Rex opulcnlissime , tuam Galliam in hoc regni ftontispicio

florentissimain ot admirabilem reddere ; da seoatum , et civitatem habebis omnibus numeris absolutam , longé ornatiorem quam si mille pyramides, coiossos , fornices, aquœductus , thermas , amphilheatra kt. id gémis vulgi oblectamenta instruxeris.

Europœ feruntur tria maxima flumina ab eodem propemodum Alpium jugo nascentia : Danubius, Rhenus et Hhodunus : ergotuura Rliodanum una daiissima et bene dotata comitate fac insignem : tune Rhenum cum sua Agrippina Colonia, et Danubium cum sua Buda facile despiciemus.

Secundus Athenas et in eis fecundissimos graeese atque lalinae erudilionis oratores et causidicos sacra illa Ara olim nobis œdiûcavit et praestitit ; cerlo fausta illa sidera , quae tune nobis fulserunt non.sunt diinota , nec de le cil fecundus ille terrœ geniusqui in liane diem plurimi* litteris et virtulibus preastantes promere non desinet , quorum bona pars in tuas parlamenteas curias à te, ô Rex prudentissime , asoita, non sine laude prsesidet. Itaque operœ prelium ac facile fuerit ut hic senatum bonis auspiciis feras cum prompta habeas felicium ingeniorum seminaria.

Ttillius Servius Roinanorum rex urbis Romae pomerium ampliavit , duosque colles Viminalem et Quirinalem urbi adjectos novis mœnibus inclusif, ac re-iam illic transtulit, quod celebrior esset locus et novis edifleatoribus et incolis frequentior. Nos tuo auspicio , magniOcentissime Rex , collem unum latum patentem Allobrogibus obversis novo muro ralidissimo quidem et hostibus tuis terrifico ciuximus , sed interius toto colle nuda est area , œdibus et propugnatoribus vacua. Jube modo illic parlamenteum palatium statut | et extemplô nova tecta , densos viros, frequentissimos civium ordines in populosam civitatem consurgere laetaberis. Quœ non minus erit perpetuuin tuae magnitudinis monimentum ad immortalem lui nominis gloriain , quam fuerunl Alexandria magni Alexandri , Antiochia su! Antiochi , et Bitantlna Constantinopoli? sui Constantini magni.

Tn Ca?sarum familia firmato imperio Romani imperatores et duces ad Gallieas, Britannicas, Germanicas et Hispanicas expeditiones è Lugdunotanquam è tutissiina spécula et Palladis arce ingentium bellorum sumebant auspicia et propitialis diis ad ara m maximum de summis rébus consilia inibant arma et latos exercitus velut è Marlis oflicina recensebant , lantusque erat nobilissima» Lugdunensium colonise favor et cumulatus honor , ut ex eadem permultos insignes virlute viros ad amplissimum Romani senatus ordincm nllectos et patribus conscriptis annumeratos fuisse legamus. Extat hujusce rci recens simul et antiquum ac locuples testimonium nobilis illa tabula tenea nuper in pra'dicto colle effossa quam Germanicus in memoriam Drusi palris posuit et dicaviu Hic est ille Drusus Tiberii Cœsaris frater, vir rébus grstis clarissimus, qui primus sub Augusto de Germania justum triumphum egit , et diu cum uxore Lugduni diversatus, genuit eumdem Germanicum ac Claudium postea imperatorem , eo die natum quo primum ibi Ara illa dignitatis eximiae à lx Gallorum gentibus , totidem ibi staluis positis , divo Augusto fuit consecrata. IMo?ter autem Germanicus à Tiberio adoptatus inromparabili virtutis prœstanlia omnium laudes exuperavit, profligatis iterum Germanis, Germanici cognomen tulit,quem defunctum populus romanus et universus orbis incredibili mœrore luxerunt. Reges quoque ad indicium inaximi luctus barbam posuerunt et uxoruin capila raserunt. Quid vero liaec tabula è penitissimis hujus civitatis ruinis eruta portendit ? quid presagii est quod nisi te régnante in lucem gestivil crumpere? Profecto , Rex magnanime , felix illud sœculum in te liberisque luis summae spei ac spectatissima.» indolis rcnov-'.tum i ri ♦ et ad inclilas Victoria* portendi conjectutnus,

ut te , uti Drusum alterum , hos autem Germanico similes aucto imperio eoospiciamus. Ceterum ut tabulas rationem , et quasi vaticinium , ne dicam fatum , expleas , reliquum est ut nobts senatorios honores restituas , quod bonum faustumque sit tibi et proli generosissimœ.

Domine Rex qui judicas recte , et actionibus tuis assistrieem semper habes sapientiam , intellexisti rogationes nostras de longe et funiculum nostruin investigasti : cognovisti novissima et antiqua , largire fidelibus tuis hanc quamad tuos démenti» pedespetimus, supremœ tuœ justitiœ unciam unam veluti virgulam ex aromatibus, unciam , inquam, quam in tuœ magnificentiae et glorifie libram redundabit ; divina plane erit ista magnificentta quae te hilarem datorem non imminuet , sed longé ditiorem, potentiorem , sublimiorem , beatiorem , Deo maximo optimo autore , efïiciet.

Si quis adversetur, parati sumus ad eamdemaram causamdicere , repetita priscailla pœna, ut victi in propinquum flumen mergantur. •

1574. — Mars .... La ville de Lyon fournit un secours de cinq compagnies , décent hommes chacune, à François de Bourbon, duc de Montpensier, pour faire la guerre aux bandes de Monlbrun qui ravageaient le Dauphiné et le Vivarais , et qui, interceptant le cours du Rhône, rendaient impraticable tout commerce par eau. Rubys , p. 424*» Arpkr&UTRk.j vu, 369; J. Morin, v, 266.

1574. — Avril 5. Antoine d'Albqri fait la etédicàfce de la nouvelle église de

St-Just. Le Laboureur, Maz. 11 y ii. \

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Noua terminons ici U cinquième partie de ces tfoiéset documents. L'année prochaine , nous publierons la sixième partie qui commencera a^ei-le règne de Henri III.

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